La vie des communautés religieuses /, 1 janvier 1953, Janvier
E a COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Vol.11, n.1 MONTRÉAL Janvier 1953 SOMMAIRE DROIT DES RELIGIEUX Adrien-M.Malo La definition de l'état religieux.2 APOSTOLAT Simon Arsenault Appels des âmes à l'unité.5 COMMUNAUTÉ DE CHEZ NOUS F.M.M.Institut des Franciscaines Missionnaires 14 CONSULTATIONS — COMPTES RENDUS — INFORMATION Nihil obstat: Hadrianus-M.Malo, O.F.M.Montréal, 3 décembre 1952.Imprimatur: •f* Paul-Émile cardinal Léger, archevêque de Montréal.2080 OUEST, RUE DORCHESTER — MONTRÉAL, 25 CANADA Lfl VIE D€S communflUTés r€ligi€US€S Vol.11, n.1 MONTRÉAL Janvier 1953 ARTICLES ADRIEN-M.MALO, O.F.M.La définition de l’état religieux.2 SIMON ARSENAULT, S.V.Appels des âmes à l’unité.5 F.M.M.Institut des Franciscaines Missionnaires de Marie.14 INFORMATION Bénédiction de S.Ém.le Cardinal Léger.23 Cours de formation religieuse.24 Cing Clarisses de Valleyfield essaiment à Sherbrooke.24 CONSULTATIONS 1.Hésitation d'une professe à la veille des voeux temporaires 27 2.Indulgences à l'acte d'acceptation de la mort.27 3.La soie couleur or peut-elle servir à confectionner les vête- ments liturgigues.28 4.Une messe dite pour les défunts doit-elle être la messe des défunts?.28 5.Que faire guand l'eau bénite à l'offertoire est renversée ?.29 6.Les ornements amples seront-ils mis de côté ?.29 7.Quand peut-on chanter les services funèbres annuels ?.29 8.Peut-on obliger les religieuses à s'engager dans le saint esclavage ?.29 9.Le gain des indulgences de la Portioncule dans une cha- pelle de communauté.30 10.La ligue sacerdotale de communion.31 LIVRES Cérémonial du célébrant et des ministres sacrés par Marcel Dubois, rédemptoriste.22 Gouverner.c’est aimer par F.-X.Ronsin, S.J.13 Pie X par Charles Ledré.26 DROIT DES RELIGIEUX la Définmon dé l'état ReuGieux Le Code de Droit Canonique formule la définition de l’état religieux.Elle se lit au livre deuxième du Code, qui traite des personnes, soit des clercs dans la première partie, soit des religieux dans la deuxième partie, soit des laïques dans la troisième partie.C’est dans le premier canon de la deuxième partie, qui forme proprement le traité canonique des religieux, que se trouve cette définition.Voici tel qu’il se présente dans la traduction française autorisée le texte du canon 487.(( L’état religieux, c’est-à-dire la manière stable de vivre en commun, par laquelle les fidèles se proposent d’observer, non seulement les préceptes communs, mais encore les conseils évangéliques, par les vœux d’obéissance, de chasteté et de pauvreté, doit être considéré par tous avec honneur ».Ce canon réunit deux éléments: la définition de l’état religieux et l’obligation pour tous de le considérer avec honneur.Arrêtons-nous ici à la définition elle-même de l’état religieux.Elle compte sept éléments qui exigent quelques mots d’explication.1.La vie en commun.Les théologiens et les canonistes ont discuté et discutent encore pour savoir si la vie en commun appartient à l’essence de l’état religieux.Ce n’est pas le lieu d’entrer ici dans ces discussions.Retenons ceci: en pratique, selon le concept juridique actuellement formulé par l’Église, l’état religieux comporte certainement la vie commune.Aujourd’hui l’état religieux ne peut pas exister sans un minimum de vie commune.Une personne quelle qu’elle soit qui ne suit pas une certaine forme de vie commune ne peut pas être considérée comme un vrai religieux.Abstraction faite des lois de l’Église actuellement en vigueur, il semble que l’on doive reconnaître la possibilité de l’état religieux sans la vie commune.Ainsi les ermites, les vierges, les veuves, qui dès les premiers siècles de l’Église se sont consacrés à Dieu par la profession des vœux, alors que la coutume n’avait pas encore introduit les monastères avec clôture pour les religieux, ce qui n’a commencé qu’au début du vine siècle, appartiennent-ils à l’état religieux.Grâce à eux, la poursuite de la perfection chrétienne dans l’état religieux date des débuts de l’Église. LA DÉFINITION DE l’ÉTAT RELIGIEUX 3 En quoi consiste la vie commune actuellement nécessaire pour l’état religieux ?L’incorporation à une communauté ou à une société imposant une fin commune que les membres doivent poursuivre par les mêmes moyens et les mêmes observances sous la vigilance et la dépendance d’un supérieur suffit-elle ?Faut-il exiger en plus l’habitation au moins habituelle sous un même toit ?Il semble qu’aujourd’hui l’habitation sous un même toit conformément au canon 594 § 1 soit absolument requise.Voici la raison.Dans la constitution provida mater ecclesia publiée par Pie XII le 2 février 1947 sur les Instituts séculiers, ceux-ci sont comparés aux instituts religieux proprement dits.Il y est dit que ces instituts different les uns des autres en ceci que les instituts religieux proprement dits imposent à leurs membres la vie commune, c’est-à-dire l’habitation sous le même toit, ce que ne font pas les instituts séculiers.2.La stabilité.Cette vie en commun doit être ferme, durable, fixée, et mettre les personnes qui l’embrassent dans cette condition spéciale de vie qui dans le langage commun porte le nom d’état, comme l’état sacerdotal, l’état laïque, l’état religieux.3.Les fidèles seuls peuvent entrer dans l’état religieux.Les personnes qui ne sont pas baptisées ainsi que les hérétiques en sont exclus.Voir le canon 538.4.Les préceptes communs désignent les commandements de Dieu et de l’Église.Ils obligent tous les fidèles sans exception et pour tous ils sont nécessaires au salut.5.Les conseils évangéliques se distinguent des commandements en ce qu’ils ne sont pas obligatoires et qu’ils font partie de l’évangile.Ils tendent non pas tant à assurer le salut qu’à procurer une plus grande perfection spirituelle.Ils consistent en des prescriptions et en des exhortations dictées par Jésus pendant sa vie mortelle.L’évangile du jeune homme riche en fournit un exemple typique.Après avoir indiqué au jeune homme que pour se sauver il doit garder les commandements, Jésus ajoute: « Si tu veux être parfait, va, vends tes biens, donnes-en le produit aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux; puis viens, suis-moi )), Mt 19, 17-21.6.Les vœux se présentent comme l’un des moyens très sûrs de donner la stabilité à un genre de vie.Cet effet leur a toujours été 4 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES reconnu par l’Église.Aussi l’état religieux ne se conçoit-il guère sans la profession des vœux.7.La pauvreté, la chasteté, U obéissance.Les conseils évangéliques sont nombreux et dans les instituts religieux plusieurs sont professés et pratiqués, comme celui de racheter les captifs, de se dépenser au salut des infidèles.Mais le 13 août 1887, la S.Congrégation des Evêques et des Réguliers a déclaré que l’Église n’admet pas actuellement que dans les nouveaux instituts religieux d’autres vœux soient émis en plus des trois vœux accoutumés: ces autres vœux sont compris dans le vœu d’obéissance.D’ailleurs l’obéissance, la pauvreté et la chasteté sont considérés comme les trois principaux des conseils évangéliques.Leur efficacité vient de leur aptitude à supprimer les obstacles à la charité qui constitue essentiellement la perfection chrétienne.La pauvreté enlève la concupiscence des yeux et la recherche des biens temporels; la chasteté enlève la concupiscence de la chair et le partage du cœur; l’obéissance enlève l’orgueil de la vie et le désordre de la volonté dans l’emploi des moyens de perfection.Les mêmes conseils font du religieux un holocauste parfait immolé à Dieu: par la pauvreté sont offerts les biens extérieurs, par la chasteté les biens du corps, par l’obéissance le bien par excellence: la volonté qui modère et régit toutes les facultés de l’être humain.De cette définition officielle de l’état religieux, il résulte que trois éléments essentiels sont requis pour constituer l’état religieux: • un certain mode stable de vie commune, • la poursuite de la perfection chrétienne ou évangélique, • la profession des trois vœux d’obéissance, de pauvreté et de chasteté.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.m Legs pour les Petites-Sœurs des Pauvres Les Petites-Sœurs des Pauvres de Mineola, dans l’État de New-York, viennent de bénéficier d un legs de 2 325 000 dollars de la part de Mrs.Margaret Davis, décédée en 1948.Ce legs est destiné à financer l’établissement d’un centre hospitalier dans le Colorado.— {Reuter.) APOSTOLAT fippeLS D€s nmes fl cuniTé1 L’Esprit du Christ, qui habite en nos cœurs, pourrait-il cesser un moment de nous faire souhaiter ardemment ce que le Christ lui-même a si fortement désiré: l’unité parfaite ?Aussi les vrais disciples de Jésus ont-ils constamment, et de façons diverses, recherché pour eux et pour les autres, fidèles ou infidèles, cette bienheureuse union avec Dieu et cette concorde si enviable dans l’Église et dans le monde.Aujourd’hui plus que jamais peut-être, à raison même de nos divisions, le souffle de l’Esprit nous pousse à travailler pour l’unité.C’est incontestable.Il suffit de vous mettre aux écoutes des âmes pour vous en convaincre.Vous entendrez des cris tragiques.Tout un ensemble de faits éveille en nous la conscience de l’unité du monde.Les rapprochements physiques dus à la facilité des transports, le développement des relations économiques, culturelles et scientifiques, une connaissance plus exacte des misères et des grandeurs humaines répandues sur toute la terre, sans doute aussi le travail intime de la grâce, autant d’attraits vivement ressentis pour tous les hommes, nos frères.Mais en même temps, que de fossés se creusent entre nous, que de barrières s’élèvent, nous coupant la route, que d’entraves aux embrassements désirés ! Situation vraiment tragique qui aboutirait au désespoir, si l’amour n’était plus fort que la haine et que la mort.Ne voulant pas désespérer, des âmes de plus en plus nombreuses, à des degrés différents de désintéressement et d’engagement, se jettent dans la mêlée avec leurs prières, leurs sacrifices, leurs talents, dans le grand dessein d’enrayer la désagrégation du genre humain, d’en reconstituer l’unité selon le plan divin, en lui donnant pour tête le Christ et pour corps l’Église du Christ.Ames nobles et généreuses, c’est sur vous que comptent Dieu et l’Eglise.C’est vers vous que soupirent tant d’autres âmes qui secrètement réclament le Sauveur.C’est vous qui exprimez la voix (1) Ces pages sont tirées d’un livre qui paraît au début de ce mois et qui a pour titre: Ut Sint Unum! Appel aux Apôtres de l'Unité, laïques, religieux, ecclésiastiques.Il a pour auteur le R.P.Simon Arsenault, s.v., compte 160 pages, se vend un dollar.On peut se le procurer chez l’auteur lui-même 675, rue St-Dominique, Jonquière, ou par l’intermédiaire des plus importantes librairies. 6 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES souvent inarticulée de millions d’êtres humains qui veulent la paix et le bonheur.Aux accents encore faibles de leurs prières ou de leurs soupirs, vous apportez le renfort de votre foi, de votre espérance et de votre charité.Vous êtes le levain qui soulève et qui unifie.Faites-nous entendre vos appels à l’unité.© Et d’abord transmettez-nous un écho de cette inquiétude latente que portent en elles les âmes privées de Dieu.Rien d’impressionnant comme le tableau religieux du monde.Un catholique doit le connaître de mémoire, le tenir devant ses yeux constamment.Pas de meilleur aliment pour notre zèle apostolique.Sur une population globale de deux milliards deux cent millions» combien, pensez-vous, sont catholiques ?Aux dernières statistiques» nous comptions pour environ quatre cent millions.Il s’agit, bien entendu, des catholiques officiels ou inscrits.De ce nombre, quel est le pourcentage de ceux qui pratiquent leur religion ?De certains pays, comme la France qui figure en bloc, ou peu s’en faut, sur le registre du catholicisme, soit pour trente-cinq millions, n’a-t-on pas dit que trois millions cinq cent mille seulement— et donc dix pour cent— sont fidèles à leurs devoirs religieux ?On aime à croire que ce calcul est mauvais; on se plaît à penser que c’est mieux ailleurs.Nous sommes biens excusables de nourrir ces illusions à l’amère pensée que nous ne compterions dans le monde que pour moins de cinq pour cent de la population, et que ce petit troupeau contiendrait quatre-vingt-dix pour cent de brebis sèches, galeuses ou boiteuses.Mais à quoi bon se boucher les yeux, ou les détourner de la réalité, ou rechercher des trompe-l’œil ?Regardons plutôt de nos deux yeux grands ouverts la pitoyable situation religieuse de notre monde catholique.La vue de ces âmes si pauvres en vie chrétienne, qui ne peuvent pas être heureuses et qui pourtant aspirent toujours au bonheur, cette vue nous stimulera peut-être à de saintes entreprises.Ces âmes crient vers nous par leurs misères, si non par leurs désirs.Que dire des autres dix-huit cent millions de non-catholiques ?Pour eux aussi est mort le Christ.Eux aussi sont faits à l’image de Dieu.D’eux également il faut affirmer avec saint Augustin que leur cœur est sans repos tant que Dieu ne l’apaise pas.Voici d’abord les chrétiens dissidents, ceux que nous appelons avec une certaine tristesse nos frères séparés.Frères dans la foi au APPELS DES AMES A L’UNITE 7 Christ, nous ne le sommes plus ni sur d’autres points de la foi véritable, ni dans la charité, ni dans la soumission au successeur de Pierre.Héritiques et schismatiques se chiffrent aux environs de trois cent cinquante millions.Les sectes protestantes se partagent à peu près deux cent millions, tandis que le nombre des schismatiques est approximativement de cent cinquante millions.Ils sont presque autant que nous à errer loin du foyer maternel, sans nos certitudes, sans nos sacrements, sans guide unique et infaillible.Nous n’avons pas à imaginer leur détresse, elle est assez visible, et ils ne la cachent pas eux-mêmes.Ce qui doit nous émouvoir le plus à leur spectacle, c’est la pensée que la plupart d’entre eux sont victimes de circonstances historiques, et non personnellement responsables de leur pauvreté spirituelle.Leur condition de bonne foi ne doit pas nous consoler trop facilement, car si elle les excuse, elle ne les enrichit pas.La même pitié doit nous étreindre le cœur quand nous pensons aux deux cent cinquante millions de Juifs et de Musulmans qui, retenant l’idée d’un Dieu unique, attendent encore ou rejettent le Christ, médiateur entre Dieu et les hommes.Malgré tous les mauvais souvenirs qu’ils ont laissés dans la mémoire des chrétiens, l’Eglise ne les abandonne pourtant pas.Elle prie pour eux, d’autant plus que, connaissant leur esprit secraire et leur opiniâtreté, elle compte peu sur les moyens humains pour les gagner au Christ.Derrière ces durcissements, sachons découvrir des âmes aigries auxquelles leur foi en un seul Dieu, au Dieu d’Israël, doit ouvrir d’immenses horizons chargés de nostalgie.Pour ces âmes aussi demandons la lumière qui les acheminera vers l’unité véritable en Dieu et dans son Christ.Et nous ne sommes pas au bout de ce lugubre spectacle.Il reste un milliard deux cent millions de paiens, de ceux que nous appelons païens, qui habitent les pays ou les régions que la révélation divine n’a pas encore atteints, ou si peu que rien, comparativement aux populations qui y fourmillent.Ames malheureuses auxquelles s’appliquent à la lettre les paroles du prophète, à savoir qu’elles vivent (( dans les ténèbres et à l’ombre de la mort )).Ames humaines comme les nôtres qui ne manquent ni d’esprit, ni d’aspirations, qui sont peut-être torturées par le désir de savoir davantage, qui souffrent dans leur propre incivilité, et, par surcroît, de notre si dure civilisation occidentale.Et si vous tenez à l’hypothèse de leur abrutissement, pouvez-vous vous en consoler allègrement, devant Dieu qui les a faites et qui a droit à leurs hommages; devant l’Eglise qui voudrait LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES les arroser toutes du sang de son Époux; devant votre âme elle-même qui reconnaît dans ces pauvres victimes autant de cœurs ayant droit elles aussi à la lumière, à l’amour, à la vie ?Ce coup d’œil général est déjà bien impressionnant.Nous aimons à croire que le Pape y revint bien des fois quand, à l’ouverture du grand jubilé 1950, il lança à toutes les âmes et à toutes les catégories d’âmes son vibrant appel à l’Unité.A l’initiation de notre Père commun et pour le plus grand bien de la fraternité chrétienne, enveloppons d’un regard voilé de tristesse ces innombrables multitudes qui soupirent après la paix du foyer, la paix économique, la paix politique, et surtout la paix religieuse dans l’union à Dieu par le Christ et l’Église.Dressons les puissantes antennes de notre foi et de notre amour pour ne perdre aucun de ces S.O.S.échappés des âmes en voie de perdition.Ineffable dilatation de nos cœurs aux dimensions du catholicisme authentique, de fait et de droit, embrassant toute l’humanité pour l’unir à la divinité ! Excellente façon d’éviter la mesquinerie et le crétinisme qui nous guettent si, ne chassant pas de nos âmes l’égoïsme, l’ambition et la jalousie, nous n’y attirons pas ce courant d’universalité qui nous ramènera, avec tous les frères que nous aurons aidés et qui nous auront soutenus, vers le foyer unique de l’éternel bonheur ! f) La voix des âmes apostoliques nous guidera dans l’exercice de cette charité catholique.Encore novices peut-être dans cet art, nous éprouvons le besoin de nous appuyer sur de meilleurs que nous.Ces voix saintes nous donneront le ton et nous soutiendront de leur concert.Si nous préférions les écouter au lieu de nous mêler à leur chœur, ce serait déjà quelque chose, un commencement et, infailliblement, un entraînement.On se rappelle les accents enflammés de Pie XII dans des pages qui précèdent.Doutez-vous un instant que de telles lumières sur l’unité à faire ne viennent du ciel ?Ces appels pressants au retour vers le fnyer paternel; ces invites répétées à une union divine et fra-nelle toujours plus profonde; ces supplications en faveur d’une paix générale et définitive; ce travail incessant accompli et organisé pour une vie catholique intense et la conquête de l’humanité par la bonté, dans la vérité et la justice, ne trouvez-vous pas que c’est authentiquement divin ?Avez-vous du mal à reconnaître que, si le Christ APPELS DES AMES A L UNITE 9 revenait visiblement parmi nous, il n’aurait pas d’autre préoccupation que celle du Pape: unir entre eux et à Dieu dans l’Église le plus d’homme possible ?En vérité, la grande voix de Pie XII soupirant vers l’unité ^indique sûrement que l’Esprit du Christ est toujours présent à l’Eglise.Elle prolonge la prière sacerdotale du Sauveur.Puisse-t-elle nous inciter à pousser les mêmes « gémissements inénarrables )) ! Dans le même dessein, mettons-nous aussi à l’école des âmes missionnaires.Quelle phalange toujours grandissante d’apôtres l’Esprit n’appelle-t-il pas à se sacrifier pour que le nom du Père soit sanctifié, pour que son règne, qui est celui du Fils, arrive et que sa volonté soit faite partout, sur la terre comme au ciel ! Il y a ici un témoignage dont il nous faut bien connaître le prix.Et c’est un témoignage proprement contemporain.Sans doute l’Église a toujours suscité des dévouements pour la propagation de l’Evangile.La conscience de sa catholicité ne l’a jamais laissée en repos devant les immenses régions peuplées d’infidèles.L’Esprit du Christ qui travaillait si fortement dans l’âme de saint Paul en missions, n’a jamais cessé de souffler dans l’Église catholique.Sans buts politiques, pauvres de moyens humains, uniquement pour sauver les âmes, c’est-à-dire les unir à Dieu dans l’Église, de nombreux frères et sœurs dans la foi se sont élancés comme des géants dans la carrière de l’apostolat en pays de missions.Aujourd’hui plus que jamais.Des statistiques n’ont-elles pas révélé qu’il s’est fait autant de conversions de 1900 à 1930 que de 1600 à 1900, autant en trente ans qu’en trois cents ans ?C’est là un fait, du reste bien éloquent.Mais s’il nous était donné de pouvoir saisir les aspirations secrètes des jeunes qui se sentent appelés aux missions; si nous mettions en commun les confidences des missionnaires qui, au départ, vantent leur noble idéal, ou qui se stimulent contre la dure réalité une fois qu’ils sont aux prises avec elle; si des anges nous apportaient les paroles recueillies sur les lèvres expirantes des missionnaires qui offrent leur vie pour l’Eglise une et catholique: combien nous serions davantage convaincus de la grandeur de la cause qui fait naître tous ces enthousiasmes, qui mérite tous ces sacrifices et qui avance grâce à toutes ces immolations ! Impossible de ne pas voir que le doigt de Dieu est là pour exécuter le plan de Dieu lui-même: tout insraurer dans le Christ. 10 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Une idée nous vient alors tout naturellement: ces missionnaires sont-ils d’un autre sang que nous ?Et pourquoi se montrent-ils si ardents pour notre unité en Dieu, alors que nous, nous tournons sans cesse dans le cercle de nos intérêts mesquins ?Oh ! qu’il n’en soit plus ainsi ! Grandes voix des missionnaires, résonnez à nos oreilles.Transmettez-nous la voix de l’Esprit qui vous pousse à la conquête des âmes.Obtenez-nous un élargissement de nos esprits et de nos cœurs, plus d’envergure, plus d’ambitions religieuses, en un mot, un catholicisme plus authentique.Que par vos prières l’Esprit de Jésus nous forge des cœurs plus catholiques ! Il fut une petite âme qui n’alla jamais en pays de missions et qui pourtant connaissait tous les élans, toutes les ardeurs, tous les inassouvissements de l’âme missionnaire.C’est au point que l’humble carmélite, recluse dans son monastère toute sa vie durant, fut proclamée par l’Eglise, patronne des missions.Bien d’autres leçons de grandeur dans la petitesse nous furent données par sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.Mais retenons bien celle-ci.Elle nous fait voir les dimensions incommensurables de l’esprit et du cœur humains quand y habite l’Esprit de Dieu.Et qui nous dit que le succès prodigieux des missions contemporaines n’est pas dû aux prières de cette contemplative ?On racconte de son aïeule mystique, Thérèse d’Avila, qu’elle convertit, par ses propres supplications et celles de ses filles qu’elle formait à l’apostolat, autant de païens que le grand missionnaire de son temps, François-Xavier.La petite fille du XXe siècle n’en fit pas moins que l’ancêtre du XVIe.Du reste, saura-t-on jamais combien d’âmes de cette espèce l’Église cache dans son sein ?Ce sont, pour la plupart, des secrets de direction spirituelle.Mais il est indéniable que l’âme ne s’élève pas en Dieu sans se répandre du même coup sur la terre.« Celui qui aime Dieu, dit la sainte Écriture, devient un même Esprit avec lui )).Or on sait que cet Esprit plane sur le chaos de ce monde pour lui communiquer la lumière, la vie, la beauté, l’unité.Et l’âme divinisée se promène elle aussi parmi ces êtres déformés pour les inviter et les aider à prendre une forme divine afin qu’ils concourent avec elle, avec l’Église, avec le Chef bien-aimé à la gloire de la Trinité.Pie XII le rappelait récemment aux religieux: il n’y a pas deux charités, dont l’une nous dispenserait de pratiquer l’autre.La charité est en nous comme elle est en Dieu: centrée sur Dieu mais rayonnant universellement sur toutes les créatures pour leur communiquer la APPELS DES AMES A l’üNITÊ 11 vie divine.Toute vraie spiritualité est apostolique.Toute union à Dieu se prolonge en union fraternelle.C’est déjà comme cela maintenant, avec une tendance à d’incessants perfectionnements, jusqu’au jour de l’achèvement de l’unité.Combien de petites âmes l’ont éprouvé ! Engageons-nous dans leur sillage.© Ces appels des sommets ne vous suffisent-ils pas ?Etes-vous trop enclin à vous établir confortablement à mi-côte ?Satisfait de votre propre condition, restez-vous encore insensible aux poussées vers une vie plus élargie, plus généreuse, plus désintéressée, plus tendue vers la grande réalité humaine et divine: le Corps Mystique du Christ, l’humanité entraînée dans la vie bienheureuse de la divinité ?Vous sentez-vous incapable de lever plus haut et de porter plus loin vos yeux qu’on dirait fixés sur un point proche de vous ?Dès lors, abaissez-les ces yeux que fatiguent les pics élevés et les larges horizons.Regardez plus bas que vous, dans la plaine qui est à vos pieds.Regardez, et écoutez.Ce n’est pas un concert.C’est la cohue des âmes malheureuses, des âmes tentées, des malades, des miséreux.Ne détournez pas la vue.Soutenez, soutenez ce spectacle, jusqu’à ce que votre cœur s’émeuve de pitié.La beauté, la grandeur, la vérité ne vous soulèvent plus.Eprouvez-vous, voyez si vous êtes encore de la nature humaine.La pitié est le sentiment altruiste qui nous abandonne le dernier.Cela ne vous fait pas mal de contempler ces multitudes de frères et de sœurs qu’assombrit la noire tristesse ?Si vous étiez à leur place, quels seraient vos sentiments et qu’attendriez-vous des plus fortunés ?Oui, si vous étiez enfant sans parents, réduit à la plus affreuse misère, privé pour toute la vie d’instruction, d’éducation, de religion, n’aimeriez-vous pas qu’on s’occupât de vous ?Et pourquoi vous amuser à ce petit travail d’imaginative substitution de personne, les enfants n’ayant pas en général la faculté d’éterniser leur malheurs ?Mais vous, vous la possédez cette capacité de prévoir les conséquences d’une pareille situation de l’enfance abandonnée.Les cris déchirants que vous entendez ou que vous imaginez de la part de ces pauvres petits — coréens, chinois, russes, européens en grand nombre, et canadiens aussi — , sont pourtant moins pitoyables que l’avenir de ces êtres qui dégénèrent et qui deviendront des chefs de 12 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES dégénérés, à moins que vous ne soyez sensible à leurs maux.Leurs vrais cris réclament la paix, un foyer, l’ordre, la religion, Dieu en fin de compte, un coin dans la grande famille.Attardez-vous ainsi devant toutes les misères qui s’étalent à vos pieds.Foyers désunis où règne la grossièreté; usines et boutiques converties en enfers d’où montent la haine des classes et l’irréligion; lieux de plaisirs qui tuent le malheureux peuple, corps et âme; pays ravagés par la guerre où pullulent toutes les misères; hôpitaux et sanatoriums que hantent l’ennui, la révolte, le désespoir; âmes aigries par la souffrance morale ou en proie aux maladies spirituelles: vous en faut-il encore pour briser votre égoïsme et votre indifférence ?Tous ces êtres humains aspirent au bonheur, ont besoin du Sauveur, et c’est peut-être de vous qu’ils attendent tout cela.Us ont été comme vous promis au Fils par le Père, ils font partie de son royaume.Les laisserez-vous dans cette triste banlieue, dans cette géhenne dont la vue seule vous épouvante ?Car si vous entendiez la voix de ceux qui demandent d’être reconnus et traités comme des frères, si vous faisiez pour eux une prière, si vous vous mettiez en peine de diriger vers eux les rayons du soleil, leur sort s’améliorerait sans doute.Ce sont vos yeux, c’est votre sourire, ce sont vos mains qui leur apporteraient le soleil; à votre défaut, des anges se feraient les messagers de vos prières.Frères et sœurs, ne restons pas sourds plus longtemps à toutes ces demandes de secours.Us sont de notre race, tous ces malheureux.Us sont de la race de Dieu.Leur place est dans l’éternel foyer d’où est partie toute vie et où toute vie doit être consommée.Au besoin, indiquons-leur en la route.Donnons-leur les moyens de s’y rendre, tant bien que mal pour le matériel, le mieux possible pout le spirituel.Nous serions inexcusables de n’avoir rien fait quand il y a tant à faire, rien, pas même une prière.Qu’il n’en soit pas ainsi ! Prions du moins, (( prions beaucoup, et nous soulèverons par la prière ces masses corrompues par le souffle de l’industrie; prions ardemment, et nous réchaufferons ces millions d’âmes engourdies dans l’indifférence et tout absorbées dans les préoccupations de la terre (1) )).Puissent ces appels des âmes peupler nos esprits et nos cœurs ! Si jamais ils se logent bien au fond de nous-mêmes, ils ne nous lais- (1) Paroles du T.R.Père Le Prévost, fondateur des Frères de S.-Vincent-de-Paul.Vie par Charles Maignen, 1, 306 c. APPELS DES AMES A L’UNITE 13 seront plus en paix assurément.Mais cette paix qu’ils chasseront n’était pas la paix véritable.C’était celle qui endormait Pierre à Gethsémani.La vraie paix consiste à suivre Jésus, à partager ses sentiments, à travailler de concert pour réaliser son rêve d’unité.Cédons à l’appel des âmes: c’est aussi l’appel de Jésus, et l’appel du Pape et l’appel de notre propre intérieur.Jonquière Simon Arsenault, S.V.COMPTE RENDU Ronsin, F.-X., S.J., Gouverner c'est.aimer.Paris, Éditions Spes, 1951, 20 cm.268 pp.570 francs.La science et l’art du gouvernement sont à l’ordre du jour.Pour favoriser ce souci de perfectionnement chez les religieux et les religieuses, l’A.fait sa part généreuse.En 1948 il publiait Pour mieux gouverner dont l’éloge n’est plus à faire; il a atteint son 15e mille, a été traduit en italien et a mérité les honneurs de l’Académie française.Le présent volume contient toute la substance du précédent.Original dans sa présentation, allégé des aspects trop techniques, mieux adapté à tous les lecteurs, il se recommande à toutes les supérieures et aussi aux prêtres qui y trouveront des renseignements précieux.Une traduction italienne et une traduction espagnole prouvent le succès de l’ouvrage et l’intérêt qu’il suscite partout.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.n€CROLOGI€ R.P.Hilaire Cholette, M.O.M.I.— R.P.Désiré Bergeron, M.O.M.I.— R.F.Bernard Robert, C.S.V.— R.M.Marie-Madeleine-de-Jésus, M.C.C.I.C.— R.S.Saint-Jean-de-Sébaste, C.N.D., née Marie-Élizabeth Bolger.— R.S.Sainte-Marie- Xavier, C.N.D., née Marie-Anne Bourbonnais.-— R.S.Pierre Chrysologue, S.C.P.M., née Marie-Reine-Rose de Lima Crevier.— R.S.Charles du Sacré-Cœur, S.C.P.M., née Bridget Helen Concannon.— R.S.M.-Claire-de-la-Croix, S.N.J.M., née Catherine Mahoney.— R.S.M.-Ignace-de-Loyola, S.N.J.M., née Maria Décary.— R.S.Saint-Alphonse-Rodriguez, C.N.D., née Marie-Célina Dyon.— R.S.Marie-de-Sainte-Léon-tine, S.C.S.D., née Émérentienne Desrochers.— R.S.Marie-de-Sainte-Brigide, S.C.S.D., née Margaret Ann Ellis.— R.S.Graciosa, S.C.P.M., née Marie-Milda Ferron.— R.S.Ste-Madeleine, S.C.H.G.M., née Régina Gagnon.— R.S.Saint-Pau-linus, C.N.D., née Mary Sarah-Ann Gillis.— R.S.Marie-Normand, S.S.A., née Adrienne Guay.— R.S.Amélia Jodoin, S.C.H.D.S.H.— R.V.Marie-Léda, S.A.S.V., née Cécile Landry.— R.S.Poirier, C.N.D., née Marie-Hélène Léger.— R.S.Sainte-Angéline-de-Corse, C.N.D., née Marie-Lucie Pichet.— R.S.Euphémie Sanders, S.C.H.G.M.— R.S.Wendelin, S.C.P.M., née Lena Theresa Stocklin.— R.S.Vianney, C.N.D., née Marie Poirier.— R.V.Marie-François-Xavier, P.S.F.M., née Marie-Laure Lavoie. COMMUNAUTE DE CHEZ NOUS insnTUT Des fRonciscflines missionnfliR€s D€ mflRI€ Le 6 janvier 1877, une Bretonne de Nantes, Hélène de Chap-potin de Neuville, venait déposer aux pieds de Pie IX les aspirations de son âme d’apôtre, et c’est du Vicaire de Jésus-Christ lui-même qu’elle reçut l’encouragement formel qui l’amena à fonder une nouvelle famille religieuse spécialement destinée aux Missions.(( Il fallait pour les femmes comme pour les hommes, a écrit Mgr de Gué-briant, le vénéré Supérieur des Missions Étrangères a Paris, il fallait un Institut purement Missionnaire où la vocation apostolique occupât le premier rang, et dont le but unique fût la conversion des infidèles, par des œuvres de tout ordre, adaptées aux conditions et aux exigences des pays respectifs.)) Et le grand Évêque missionnaire ajoutait: « Dieu se servit de Mère Marie de la Passion pour faire ce don à l’Église ».Hélène de Chappotin de Neuville naquit le 21 mai 1839.Ses parents, admirables chrétiens, lui donnèrent cette education forte et sérieuse qui trempe les âmes pour les luttes de la vie et fixe a jamais leurs aspirations vers les éternelles joies.La tendresse des siens, la fortune, le nom, la position de son pere ne purent éloigner d’Hélène les deuils et les epreuves.L enfant sut, par expérience, que la douleur fait verser des larmes; elle comprit tôt que nul amour humain ne pourrait répondre au don de sa virginale tendresse.A seize ans, le cœur d’Hélène (( se brisa d’amour pour Jésus ».Elle s’était donnée, elle ne regarda jamais en arrière.Le cloître l’attirait, la croix lui en barra le passage.Retenue dans le monde, Hélène se livra à l’oraison, à la pénitence, aux œuvres de charité.Un jour, l’obéissance l’envoya aux Indes: joyeuse, elle partit, ardente, elle se dépensa; sous sa direction, les œuvres devinrent prospères, des âmes nombreuses furent arrachées à l’enfer.Mais Dieu avait d’autres vues sur cette âme prédestinée, et, alors qu’aux Indes, les œuvres s’épanouissaient autour d’elle dans toute leur floraison, par des voies providentielles, il l’arracha à ses chères Missions et l’amena à Rome, centre de la foi et de l’Autorité suprême.Rome répondait à la double vocation d Helene de Chappotin; inclinée sous la bénédiction du Vicaire de Jésus-Christ, elle INSTITUT DES FRANCISCAINES MISSIONNAIRES DE MARIE 15 reçut de Pie IX, le Pontife de l’immaculée Conception, l’ordre de fonder une nouvelle famille religieuse; à Rome, elle allait, victime choisie, prier, travailler, souffrir pour le Pape et l’Eglise.Afin d’assurer le succès de sa mission, la Providence lui avait préparé un protecteur dans la personne du Rme Père Bernardin de Portogruaro, Ministre Général de cet Ordre des Frères Mineurs qui, à travers les siècles, a si ardemment travaillé pour la gloire de la Vierge conçue sans péché.Ame grande et généreuse, le Révéren-dissime comprenant les désirs d’Hélène, la noblesse de ses aspirations, la ceignit de la Corde Franciscaine et l’accueillit, elle et sa famille,' sous son manteau.En juillet 1882, au Colisée romain, dans l’arène qui vit sourdre à flots le sang des martyrs, Mère Marie de la Passion traça les Constitutions de l’Institut des Franciscaines Missionnaires de Marie.FRANCISCAINES Comme son nom l’indique, l’Institut appartient au Séraphique Patriarche Saint François d’Assise.La Règle du Tiers-Ordre régulier est inscrite en tête des Constitutions, dont l’esprit franciscain est l’âme, et qui peut être défini: Amour de Jésus et de Jésus crucifié, abandon à la Providence, pauvreté, zèle apostolique.Cet amour du Christ, amour d’imitation, tendre, ardent, pour l’humanité de Jésus Mère Marie de la Passion l’avait compris d’instinct, et l’enseigne à ses filles.« C’est en contemplant le mystère de l’Alverne, nouveau Calvaire, que nous comprenons dans toute son étendue la vocation séraphique; basée sur la pauvreté, elle nous unit à Jésus, depuis Bethléem, et nous livre à l’amour, pour nous dépouiller, nous crucifier, nous transformer en Notre-Seigneur, sinon par le martyre du corps, du moins par le feu de l’amour )).MISSIONNAIRES (( Des âmes, des âmes ! écrivait Marie de la Passion.Quand on pense qu’elles ont coûté le sang d’un Dieu, quand on envisage ce que Notre-Seigneur a fait pour leur rédemption, on se sent une passion d’arriver à les conquérir à Jésus )).Cette passion, elle la rendra agissante; ne connaissant pas de demi-mesure, elle ne limitera pas le champ d’action de ses filles.« Les Franciscaines Missionnaires de Marie se vouent à l’apostolat dans les Missions, s’y faisant les humbles auxiliaires des prêtres 16 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES missionnaires, et s’établissant, selon le désir du Saint Siège, dans les Missions étrangères, même les plus périlleuses et les plus éloignées », (Const, art.4).L’Institut dépend de la Sacrée Congrégation de la Propagande, et ses religieuses se mettent à la disposition des Vicaires Apostoliques pour toutes les œuvres qu’ils désirent leur confier.Cependant, leur prédilection ira toujours vers les petits, les pauvres, les déshérités, les souffrants.DE MARIE (( Continuer sur la terre, la mission de la Très Sainte Vierge, prêcher par leur vie, Marie Immaculée, son nom, son culte, ses gloires », telle est la vocation spéciale des Franciscaines Missionnaires de Marie.Mère Marie de la Passion avait vu en Marie Immaculée la première et la plus parfaite Missionnaire, portant partout Jésus: A Bethléem, à Nazareth ou dans l’Egypte idolâtre, et la première aussi, avec Joseph, adorant le Verbe incarné.Elle La contemplait dans sa vie cachée, s’efforçant de rapprocher les âmes de Jésus, leur Rédempteur, l’offrant, et s’offrant elle-même avec lui, au Calvaire.LA VIE MIXTE A l’exemple de la 1 rès Sainte Vierge et selon l’esprit franciscain} les Franciscaines Missionnaires de Marie unissent la contemplation à l’action.
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