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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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La vie des communautés religieuses /, 1954-05, Collections de BAnQ.

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Vol.12, n.5 MONTRÉAL Mai 1954 SOMMAIRE RADIOMESSAGE Pie XII Que les trois splendeurs de Marie deviennent nos lumières.130 FORMATION RELIGIEUSE Cardinal Léger Un Institut supérieur de religion .139 SPIRITUALITÉ Edouard Gagnon Tenir jusqu'au bout.149 CONGRÈS RELIGIEUX CANADIEN C.C.C.Le cardinal Valeri présidera.154 MARIOLOGIE C.Balic Le Ile congrès mariologique international 155 CONSULTATIONS — INFORMATION — COMPTES RENDUS LES LIVRES — ACCUSÉS DE RÉCEPTION AVEC LA PERMISSION DES SUPERIEURS ECCLESIASTIQUES Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.CANADA Lfl VIE D€S communflUTes ReuGieuses Vol.12, n.5 MONTRÉAL Mai 1954 ARTICLES PIE XII.— Que les trois splendeurs de Marie deviennent nos lumières.130 S.ÉM.LE CARD.LÉGER.— Un Institut supérieur de religion.139 ÉDOUARD GAGNON.— Tenir jusqu’au bout.149 C.C.C.— Le cardinal Valeri présidera.154 C.BALIC.— Ile congrès mariologique.154 INFORMATION Billet de Pie XII au Card.Micara.158 CONSULTATIONS 42.Peut-on changer l'horaire de l'office pour le réciter en chœur ?.159 43.Boit-on rémunérer le confesseur extraordinaire pour ses services ?.159 44.Bans les lettres testimoniales, F expression: sous la foi du serment a-t-elle encore un sens depuis le nouveau code ?.159 45.Supérieure locale non appuyée par sa supérieure générale .160 46.Que penser d'une religieuse qui sort d'une communauté et cherche à entrer en une autre ?.160 LIVRES La Doctrine spirituelle de Dom Marmion par M.Phi- lippon, O.P.148 Le Coeur du Christ par Jean Galot, S.J.148 Au Cœur de notre rédemption par J.Cantinat, C.M.153 Le Mitron de Vienne, S.Clément-M.Hofbauer par G.Hunermann.157 RADIOMESSAGE QU6 L€S TROIS SPL€nD€URS D€ mflRI€ Deviennem nos LumièRes Le 8 décembre 1953, Pie XII adressait à I Action Catholique italienne un radiomessage qui contient une riche doctrine.Le texte en a été publié dans les Acta Apostolicae Sedis 45 (1953) 848.Voici la traduction qu'en a donnée La Documentation Catholique 51 (1954) 395-402.Lorsque, s écartant des foules, Jésus rassemblait autour de lui les apôtres et les disciples et leur parlait, non en paraboles (Matth.xm), mais en toute clarté, le ton de sa voix devait être particulièrement émouvant et affectueux.Nous voudrions qu’il se passe quelque chose de semblable, chers Fils et Filles de 1 Action catholique italienne, aujourd’hui que le progrès de la technique moderne vous unit en quelque sorte plus étroitement à Nous, en Nous permettant de parler cœur à cœur avec chacun de vous: pretre assistant, homme, femme, jeunes gens, fuciniy diplômé de l’Université, maître.Aujourd’hui, vous êtes tous ensemble, sans offrir pourtant le magnifique spectacle de vos mémorables rassemblements ni faire retentir, en ce moment, les cris de fête et les acclamations de vos immenses phalanges.Aujourd hui, nulle rumeur, nulle clameur.Mais vous êtes tous réunis et Nous pouvons parler à tous, et, tandis que Nos yeux materiels restent comme à demi fermés, voici que se présente à Notre esprit un spectacle étonnant: d’innombrables âmes éparses dans l’Italie entière et concentrées maintenant autour du Pere commun pour ecouter sa parole et recevoir sa bénédiction.Il Nous semble vous voir rassemblés dans les églises, grandes églises de ville et chapelles, petites mais proprettes, d’humbles pays presque perdus dans les montagnes; ailleurs, dans les salles paroissiales ou dans la modeste maison de votre bon curé, et peut-être y a-t-il la, aux écoutés, Nous y songeons avec tristesse en même temps qu’avec une toute spéciale affection, — une petite nichée de membres d Action catholique tout en larmes auprès de leur père et pasteur, parce que la furie du démon a dirigé tous ses coups sur la paroisse, réussissant a y porter la désolation et la mort et à la réduire pratiquement en désert. LES TROIS SPLENDEURS DE MARIE 131 LE LXXXVe ANNIVERSAIRE DE LA FONDATION DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE Voici, chers Fils et Filles, que Nous entrons — comme le fait Notre voix — dans vos maisons, pour Nous placer à côté de vous, grands-pères et grands-mères, chers vieillards silencieux, jeunes gens pleins de vigueur, et jeunes filles au visage reflétant le printemps.Avec une particulière tendresse, Nous Nous approchons de vos chers enfants, devenus peut-être un peu remuants, auxquels à la fin de ce message, Nous voudrions exprimer un désir spécial.En vous voyant tous réunis, spontanément se présente à Notre esprit l’image d’une grande famille, à laquelle la variété de ses membres n’enlève pas le parfum de l’amour, qui engendre la concorde et conserve la paix.Et dans cette famille c’est grande fête; une fête pour tous, parce que tous s’approchent de l’autel et renouvellent l’offrande de soi-même à Dieu, en jurant encore une fois fidélité absolue à l’Église.Une fête toute particulière pour les chers jeunes gens, auxquels vont, comme de juste, Notre paternelle complaisance et Notre très affectueux souhait.Ils commémorent aujourd’hui le 85e anniversaire de leur fondation, puisque c est en 1 annee lointaine 1868, au cours d’une nuit de prière en l’église Sainte-Rose de Viterbe, que germa du cœur de Mario Fani le premier rejeton, ou plutôt la première racine du robuste tronc de l’Action catholique unitaire, instituée en 1922 et à laquelle le statut de 1946 servit de règlement toujours en vigueur.Nous désirons nous entretenir familièrement avec vous, comme fait un père avec ses propres enfants, partageant leurs joies, leur confiant ses inquiétudes, leur exprimant ses désirs.Et comme c’est aujourd’hui aussi la fête de la Mère commune, fête commémorative de la date centenaire à laquelle Notre glorieux prédécesseur Pie IX, en vertu de son magistère infaillible, enchâssa une nouvelle perle dans sa couronne, en la proclamant Immaculée, Nous aurons devant les yeux l’image de la Très Sainte Vierge, en vous parlant et en vous invitant à la regarder, pour rester sous son charme, pour l’imiter et pour vous sentir soutenus et protégés par elle.Nous aurons pour guide la liturgie sacrée (Off.in Assumptione B.M.V., passim), qui ne se lasse pas de l’appeler: (( pulchra ut luna, belle comme la lune; electa ut soly resplendissante comme le soleil; terrible comme une armée rangée en bataille, terribilis ut castrorum acies ordinata ». 132 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES LE RAYONNEMENT DE LA VIERGE MÈRE lo Tout d abord, chers Fils et Filles, regardez Marie, « belle comme la lune, pulchra ut luna ».C’est une façon d’exprimer sa sublime beauté.Comme elle doit être belle la Vierge! Que de fois nous avons ete frappes par la beaute d’un visage angélique, par le charme d’un sourire d’enfant, par l’attrait d’un regard pur! Et il est certain que dans le visage de sa propre Mère, Dieu a rassemblé toutes les splendeurs de son art divin.Le regard de Marie! Le sourire de Marie! La douceur de Marie! La majesté de Marie, Reine du ciel et de la terre! De meme que la lune brille dans le ciel obscur, de même la beauté de Marie se distingue de toutes les beautés, qui paraissent des ombres a cote d elle.Marie est la plus belle de toutes les créatures.Vous savez, chers Fils et Filles, combien facilement une beaute humaine, qui est comme l’ombre d’une fleur, ravit et exalte un cœur; quels ne seraient donc pas les sentiments de ce cœur, devant la beaute de Marie, s il lui était donné de la contempler directement, face à face?C’est ainsi que l’Alighieri vit dans le Paradis (chant xxxi, vers 130-135), au milieu de «plus de mille anges en fête, sourire une beauté, qui ravissait de joie tous les autres saints »: Marie! Cependant, son visage ne reflète pas seulement la beauté naturelle.Dieu a versé dans son âme la plénitude de ses richesses, par un miracle de sa toute-puissance et a fait passer dès lors dans le regard de Marie quelque chose de sa dignité souveraine et divine.Un rayon de la beauté de Dieu luit dans les yeux de sa Mère.Ne pensez-vous pas que le visage de Jésus, ce visage que les anges adorent, devait reproduire en quelque sorte les traits du visage de Marie ?Ainsi, le visage de tout enfant reflète les yeux de la mère.Pulchra ut luna.Heureux celui qui pourrait te contempler, Mère du Seigneur; qui pourrait s extasier devant toi; puissions-nous, ô Marie, demeurer avec toi, dans ta maison, pour te servir toujours! MARIE MÉDIATRICE ET DISTRIBUTRICE DES GRACES 2o Mais l’Église ne compare pas seulement Marie à la lune; se servant encore de la Sainte Ecriture {Cant, vi, 10), elle évoque une image encore plus forte et elle s’ecrie: « Tu es, ô Marie, electa ut sol, resplendissante comme le soleil.» LES TROIS SPLENDEURS DE MARIE 133 La lumière du soleil est bien différente de celle de la lune: c’est une lumière qui réchauffe et qui vivifie.La lune brille sur les grands glaciers du pôle, mais le glacier reste compact et infécond, de même que persistent les ténèbres et que dure la gelee durant les nuits lunaires de l’hiver.La lumière de la lune n’apporte pas la chaleur; elle n’apporte pas, non plus, la vie.Le soleil est une source de lumière, de chaleur et de vie.Or, Marie, qui a la beauté de la lune, resplendit aussi comme le soleil et diffuse une chaleur vivifiante.En parlant d’elle, en parlant à elle, n’oublions pas quelle est notre vraie Mère, car c’est par elle que Nous avons reçu la vie divine.Elle Nous a donné Jésus et, avec Jésus, la source même de la grâce.Marie est médiatrice de grâces.Electa ut sol.Sous l’action de la lumière et de la chaleur du soleil, les plantes fleurissent et donnent des fruits; sous l’influence salutaire de ce soleil, qui est Marie, fructifient les bonnes pensees dans les âmes.En ce moment, peut-être, êtes-vous déjà entièrement sous le charme qui émane de la Vierge Immaculée, Mere de la divine grâce, médiatrice de grâces, parce qu’elle est Reine du monde.Oh! puissions-nous avoir la voix de saint Bernard, qui ne se lassait pas de louer, de chanter, d’admirer, d’exulter devant le trône de la Vierge! Oh! puissions-nous posséder la langue des anges pour être à même de dire la beauté, la grandeur de leur Reine! Repassez l’histoire, chers Fils et Filles, l’histoire de votre vie: ne voyez-vous pas un tissu de graces divines ?Vous pouvez penser alors: dans ces grâces, il y a l’intervention de Marie.Les fleurs sont écloses, les fruits ont mûri dans notre vie, grâce à la chaleur de cette Madone resplendissante comme le soleil.Et puis, vous avez prié ce matin ?La grâce qui vous a invité à faire un acte si exquis de piété a été sans doute une grâce spéciale de Marie, elle est venue par Marie.En ce moment, vous écoutez Notre message en l’honneur de la Vierge: quelques paroles ne pénètrent-elles pas, peut-etre, plus profondément dans votre cœur, en éveillant de bons sentiments et les désirs de ferveur ?C’est une grâce, qui parvient à vos âmes par l’intercession de Marie, avec la lumière de ce soleil du ciel qu est Marie.Espérez-vous bien arriver un jour au paradis, moyennant la grâce de la persévérance jusqu’au dernier instant de votre vie ? 134 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Comptez-vous mourir dans la grâce de Dieu ?Cette grâce, elle aussi, vous parviendra à vous, les dévots de Marie, sous l’effet d’un sourire de sa part, d’un rayon de ce soleil.PUISSANCE SURNATURELLE DE MARIE ^3o L’Église emprunte une autre image à la Sainte Écriture et 1 applique a la Vierge: Marie est belle en elle-même comme la lune, elle diffuse autour d’elle des rayons comme le soleil; mais contre l’« ennemi » elle est forte, elle est terrible, telle une ’armée rangée en bataille.Actes ordinata.En ce jour de joie et d’allégresse, Dieu sait combien Nous voudrions pouvoir oublier 1 aprete des temps que nous traversons! Mais les dangers qui menacent le genre humain sont tels que Nous ne devons jamais cesser pour ainsi dire —* de jeter notre cri d alarme.L « ennemi » est là qui fait pression sur les portes de l’Eglise, qui menace les âmes.Et voilà un autre aspect — très actuel —-de Marie: sa force dans le combat.Déjà, apres la malheureuse chute d’Adam, la première mention de Marie, suivant l’interprétation d’un grand nombre de saints Pères et de Docteurs, Nous parle d’inimitiés entre elle et le serpent, ennemi de Dieu et de 1 homme.De même qu’il est essentiel pour elle d être victorieuse du démon.Préservée de toute tache, Marie a foulé aux pieds la tête du serpent tentateur et corrupteur.Quand Marie s’approche, le démon s’enfuit; ainsi se dissipent les ténèbres, lorsque le soleil se lève.Où est Marie, là n’est pas Satan; où est le soleil, là n’est pas la puissance des ténèbres.REPRODUISONS LES VERTUS DE NOTRE MERE Chers Fils et Filles de l’Action catholique italienne, ah! si ces trois plendeurs de Marie devenaient vos lumières! Si les trois images de la Sainte Écriture s appliquaient réellement à chacun de vous et à l’association tout entière.Nous voudrions tout d’abord que vous, chers Fils et Filles de Marie, vous cherchiez a reproduire dans votre âme sa beauté surhumaine.Vivez donc, à son image, en union parfaite avec Jésus.Que Jésus soit en vous, que vous soyez en lui, jusqu’à la fusion de votre vie avec sa vie.Que rayonnent dans votre esprit les splendeurs de la foi; comme Marie, voyez, jugez, raisonnez, selon Dieu.Que LES TROIS SPLENDEURS DE MARIE 135 votre cœur aspire, autant que possible, à l’intégrité de son cœur, que rien n’a séparé des autres et qui a conservé pour Dieu toute sa chaleur, ses palpitations, sa vie.Que; les pensées de votre esprit, que les ardeurs de votre cœur n’aient pour objet que Dieu seul.Fils et filles de Marie, que votre âme ait des traits semblables à ceux de la Mère du ciel.Faites passer à travers un monde enveloppé dans les ténèbres et couvert de fange des faisceaux de lumière et le parfum d’une pureté incontaminée.En second lieu, Nous voudrions que vous soyez comme le soleil, lequel réchauffe et vivifie.Que la chaleur de votre amour réchauffe les personnes et les choses qui vous environnent.Que votre présence se signale en tous lieux par l’ardeur de votre charité.Le démon a submergé la terre sous la haine; faites revivre, prédominant, l’amour.Combien sont encore mauvais, parce que, jusqu’à présent, ils n’ont pas été assez aimés.Vivifiez tout ce qui tombera sous 1 influence de vos rayons.C’est-à-dire, soyez comme Marie et avec Marie, des instruments de vie dans les âmes qui, aujourd hui, meurent de froid et de faim, mais pourraient retourner à la maison du Père, si vous les décidiez pas vos paroles et les entraîniez par votre exemple.Enfin, appliquez-vous aussi la troisième image de Marie: soyez forts contre l’« ennemi )).Ici, il ne s’agit plus seulement du profit spirituel de chacun de vous, mais de votre collaboration pour le bien des âmes que l’Action catholique tout entière qui, dans chacun de ses membres, doit être belle comme la lune et vivifiante comme le soleil, sache se montrer, en face de l’« ennemi », forte comme une armée rangée en bataille.Et voilà que Notre réunion familiale revêt l’aspect d’un « appel au rapport » de la principale des sections laïques de la grande armée catholique d’Italie.UNE LUTTE TERRIBLE EST ENGAGEE Dans Notre récente Encyclique Fulgens Corona, Nous avons encore une fois dénoncé la réalisation d un plan épouvantable « pour extirper radicalement des âmes la foi du Christ », pour 1 envahissement du monde par l’ennemi des hommes et de Dieu.Et ce sont des hommes — de malheureux hommes, — qui servent d’instruments pour cette œuvre destructrice! A 1 heure actuelle, est engagée une lutte qui croît presque chaque jour en proportion et en violence; il est donc nécessaire que tous les chrétiens, mais 136 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES spécialement tous les militants catholiques (Matth.xxv, 41) tous ceux qui ont voulu se passer de Dieu et sont demeures jusqu au bout obstinés dans l’impénitence.Cependant, il y a des batailles dont l’issue n’est pas certaine, car elles dependent aussi de la bonne volonté des hommes.Dans certains secteurs, l’« ennemi » a prévalu; il faut reconquérir le terrain perdu, c est-a-dire les âmes egarees, afin que Jésus règne à nouveau dans les cœurs et dans le monde.Chers Fils et Filles, Nous sonnons encore une fois le rassemblement, certain que tous sans desertion d’aucune sorte —1 vous répondrez à Notre voix.Sous le regard de Marie, Reine des victoires, préparez-vous à vivre, pour ainsi dire, dans un climat de mobilisation générale, prêts à n’importe quel sacrifice, prêts à n’importe quel héroïsme.NECESSITE ET CONDITIONS ü’UN RELEVEMENT SPIRITUEL Nous avons invité les fidèles du monde entier à profiter de 1 Année mariale, qui commence aujourd’hui, pour promouvoir des manifestations d hommage à Marie dans ses sanctuaires.Mais ce qui presse particulièrement, c est que soit accompli un effort commun pour acheminer 1 Italie vers une renaissance religieuse intégrale. LES TROIS SPLENDEURS DE MARIE 137 Pour qu’il en soit ainsi, il faut, naturellement, préparer un plan rationnel, qui vous enrôle tous d’une façon organique et que vous ayez soin d’agir suivant une stratégie précise et bien étudiée, en marchant en bon ordre, les yeux attentivement fixés sur les buts à atteindre.A cet effet, il est nécessaire de renforcer votre union intérieure, en accentuant toujours plus le caractère unitaire de votre organisation, en accueillant ensuite tous ceux qui se présentent, comme compagnons d’armes, pour livrer coude à coude le même combat.L’armée catholique est composée aussi d’autres forces qu’il serait insensé d’ignorer et de contrecarrer.Il y a une place pour tous et on a besoin de tous dans cet immense front à couvrir, pour repousser les assauts de l’(( ennemi ».Rappelez-vous toutefois qu’il n’y a pas de bon dispositif de bataille si, tout en tenant compte des différents éléments et des capacités diverses, n’est pas assurée l’unité du commandement.Aussi vous exhortons-Nous vivement, et avec vous, toutes les forces catholiques à vous laisser guider dans le travail^ apostolique par celui que l’Esprit-Saint a désigné pour diriger l’Église de Dieu.En même temps qu’on choisit les « objectifs », il faut en outre observer l’ordre des valeurs: vous devez donc préférer le spirituel au matériel, le définitif au provisoire, l’universel au particulier, ce qui est urgent à ce qui peut être renvoyé à un autre moment.Quant à la tactique à observer, rappelez-vous que l’approche individuelle est celle qui donne les meilleurs résultats.Grâce à la « base missionnaire » l’Action catholique a déjà entrepris un travail unitaire, en ce sens qu’elle sort de ses centres pour aller porter la vérité à des pays lointains.Mais cette méthode ne produira de bons effets que si l’Action catholique tout entière cherche à l’appliquer et si elle travaille en collaboration avec les autres forces catholiques.C’est la recommandation même que Nous fîmes l’an dernier aux hommes d’Action catholique; aujourd’hui, Nous vous la faisons spécialement à vous, très chers jeunes gens, qui fûtes les premiers à naître et qui êtes encore si remplis de vigueur et de fraîcheur.Soyez, aujourd’hui et toujours, les avant-gardes hardis de cette armée pacifique, dans un esprit de parfaite union^avec tous et de complet dévouement aux pasteurs qui guident l’Eglise, 138 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES LA PRIÈRE DES ENFANTS Et maintenant, Nous tenons à adresser un dernier mot aux petits garçons et aux petites filles à l’écoute, pour leur exprimer un de Nos désirs.Vous rappelez-vous combien vous aimait Jésus et avec quelle tendresse il vous accueillait ?Parlant aux foules, il vous proposait comme modèles pour entrer dans le royaume des cieux.Le Pape aussi vous aime, comme vous aimait Jésus.Vous êtes les préférés du Pape, comme vous étiez la pupille des yeux de Jésus.Eh bien! chers enfants, le Pape a besoin de votre aide.Le Pape a tant de soucis, tant de craintes au sujet de ce monde menacé de ruine! Voulez-vous aider le Pape?Voulez-vous aider l’Église à sauver le monde, à sauver l’humanité en péril ?Alors, levez au ciel vos yeux limpides et purs; joignez vos petites mains et offrez à Jésus votre innocence.Dites à Jésus qu’il sauve l’Église, qu’il sauve les âmes.Soyez, par la prière, par vos petits sacrifices, les anges protecteurs de l’Action catholique tout entière, laquelle met en vous tous ses espoirs.Voici que Nous Nous agenouillons et récitons avec vous une prière.Unissez-vous à Nous pour faire une douce violence à votre Mère céleste: « O Vierge, belle comme la lune, délices du ciel, dont les bienheureux contemplent le visage dans lequel se mirent les anges, fais que nous, tes petits enfants, nous te ressemblions et que nos âmes reçoivent un rayon de ta beauté, qui ne se ternit pas avec les années, mais resplendit dans l’éternité.O Marie, soleil du ciel, réveille la vie partout où il y a la mort et éclaire les esprits là où sont les ténèbres.En te réfléchissant dans le visage de tes enfants, accorde-nous un reflet de ta lumière et de ta ferveur.O Marie, forte comme une armée, donne à nos troupes la victoire.Nous sommes si faibles et notre ennemi nous menace avec tant d’arrogance! Mais sous ton étendard nous sommes sûrs de le vaincre; il connaît la vigueur de ton pied, il craint la majesté de ton regard.Sauve-nous, ô Marie, belle comme la lune, resplendissante comme le soleil, forte comme une armée rangée en bataille, soutenue non par la haine mais par la flamme de l’amour.Amen.» Cité du Vatican Pie XIL FORMATION RELIGIEUSE Un inSTITUT SUP6RI6UR D6 R€LIGIOn La présente année laissera sa marque dans le domaine des initiatives favorisant l’étude de la religion chez les religieuses.En octobre 1953, la faculté de théologie de l’Université de Montréal inaugurait des cours de théologie pour les jeunes religieuses munies d’un baccalauréat.De même, du 26 janvier au 30 mars, à la maison-mère de la Congrégation Notre-Dame, des cours furent donnés sur la vie intérieure par M.Yvon Charron, P.S.S.et sur l'état religieux selon le Code de Droit Canonique par le R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.Ces derniers cours, réservés aux supérieures, à leurs assistantes ou conseillères, aux maîtresses des novices et des professes temporaires, réunirent plus de 300 religieuses.Le 30 mars, S.Em.le cardinal Paul-Émile Léger comblait les vœux de ce groupe intéressant en venant couronner les cours de ses paternelles directives.Nous sommes heureux de pouvoir reproduire ici un résumé substantiel de ces paroles précieuses et autorisées.Nous avons introduit dans le texte l’indication des points saillants.— N.D.L.R.© Nous clôturons en ce moment une année universitaire assez exceptionnelle.Vous vous êtes réunies, durant cette année, pour étudier les choses de Dieu.Vous saviez pourtant votre catéchisme; vous connaissiez l’essentiel de votre religion, et cependant vous avez constaté qu’il y avait encore, dans la science religieuse, des domaines que vous n’aviez pas approfondis.Et cette année n’aurait-elle eu pour résultats que cette constatation, qu’elle aurait été très fructueuse.Vous savez par expérience qu’on ne s’improvise pas professeur de mathématiques, de philosophie ou de littérature.C’est un véritable cauchemar pour les Supérieurs d’instituts enseignants, au début de l’année scolaire, de trouver des sujets compétents pour telles ou telles matières du programme.En effet, pour enseigner, il faut connaître non seulement la matière, mais aussi la manière de transmettre cette matière à l’auditoire.Lorsqu’il s’agit de l’enseignement religieux, on est porté parfois à improviser.Ainsi, la classe de catéchisme est très souvent sacrifiée: on a l’impression que tout le monde est capable d’enseigner le catéchisme.Voilà la première erreur qu’il faut dissiper. 140 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES LES TROIS GRANDES QUALITES DU PROFESSEUR DE RELIGION Pour enseigner la religion, il faut tout d’abord bien connaître la matière; ici moins qu’ailleurs il ne faut pas se contenter d’une connaissance superficielle.Connaître scientifiquement une matière, cela veut dire: partir de principes bien établis, descendre aux conclusions, et savoir établir le lien essentiel qui existe entre les principes et les conclusions.Je crois que c’est là la définition de la science.Mais quand il s’agit de la religion, il y a une autre qualité que le professeur doit connaître: c’est l’art de transmettre le Message.On peut connaître une science et ne pas être capable de la transmettre aux autres.Il y a des docteurs en telle ou telle discipline qui sont de bien piètres professeurs.Le vrai professeur possède des qualités qui lui permettent de rendre sa science vivante.Il lui faut la clarté dans l’exposé, l’assurance dans l’affirmation.Pour cela, il doit être capable d’appuyer ses textes sur l’enseignement des maîtres, des docteurs, de façon à ce que cet enseignement soit bien conforme à la tradition.Quand il s’agit de l’enseignement de la science religieuse, il y a une troisième qualité, qui n’est pas exigée des professeurs des sciences profanes, mais qui est essentielle à ceux et à celles qui veulent enseigner le message évangélique: c est le souci de faire vivre ce Message.Voilà donc les trois grandes qualités du professeur de religion: connaissance de la matière, art de transmettre le Message et souci de le faire vivre.CONNAISSANCE DE LA MATIERE Arrêtons-nous un instant, si vous le voulez bien, à la première qualité, qui répond à ce que vous avez essayé d’obtenir durant cette année d’études: connaissance de la matière.Tout d’abord, avant d’ouvrir les livres qui traitent des problèmes religieux: dogme, morale, histoire de l’Église, Droit ecclésiastique, il faut développer en soi un désir.Très souvent, on étudie une science, parce qu’on y est forcé par les circonstances; on n’est pas nécessairement convaincu de la nécessité d’approfondir le sujet.Je crois que dans le domaine des sciences religieuses, une constatation doit être faite: c’est l’effroyable ignorance dans laquelle nous vivons tous.Que savons-nous de Dieu ?Et nous ignorons le problème de l’Église.Connaissons-nous cette société parfaite, dans laquelle nous vivons et que les premiers chrétiens appelaient: notre mère la sainte Église.Nous UN INSTITUT SUPÉRIEUR DE RELIGION 141 sommes ignorants des choses religieuses, parce que très souvent nous avons gardé dans le domaine religieux une âme d’adolescent.AME INFANTILE DANS L’EXPERIENCE VECUE DE LA RELIGION Nous avons toujours l’âge « d’aller au catéchisme ».L’étude de la religion ne nous a pas fait grandir dans la foi.Le catéchisme fut plutôt un aide-mémoire, un manuel comme tous les autres manuels, qui nous aidait à retenir un texte que nous devions reproduire au moment de l’examen.Si nous savions le mot à mot du catéchisme, nous avions une bonne note, mais notre religion personnelle était toujours celle d’un enfant.Les grands mystères de notre sainte religion ne faisaient pas partie de notre vie religieuse; nous n’en vivions pas.Notre religion se résumait dans les émotions que nous éprouvions au moment des grandes fêtes.Lorsque nous apercevions, à la chapelle, une parure de première classe, nous avions l’impression que la religion était plus vivante.Évidemment, les signes extérieurs sont nécessaires, parce que nous sommes composés d’esprit et de corps; mais il est incontestable qu’une belle parure à la chapelle nous donnait des émotions plus vives que l’entrée dans la classe de catéchisme.Ce sont là des réactions d’enfants! Combien de novices, dans nos maisons de formation, gardent cette âme infantile en face des problèmes religieux! Elles aiment les grandes fêtes et volontiers elles passeront une heure devant le Saint Sacrement à se laisser bercer par les émotions qui flottent dans le temple.Mais sonnez la cloche, appelez ces mêmes novices en classe, faites-leur un bon cours sur la Trinité, sur les relations qui sont le fondement même de la vie trinitaire: cette nourriture plus solide, les accable; elles ont l’impression de perdre leur temps; elles aimeraient beaucoup mieux retourner à la chapelle! Pensez-vous que, plus tard, ces religieuses pourront transmettre le Message ?Non.Elles transmettront leurs émotions, mais non pas le Message évangélique.Nous devons donc être bien convaincus que l’ignorance religieuse nous menace.Tout d’abord, parce que nous avons gardé une âme infantile dans l’expérience vécue de notre sainte religion; parce que notre catéchisme est plutôt un manuel, un dictionnaire, que nous consultons comme tous les autres livres.Le catéchisme est comme un dictionnaire que nous consultons pour savoir si telle action est péché ou non.Et puis, il y a chez nous 142 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES l’absence de curiosité religieuse.Le savant est curieux, il veut apprendre; le domaine de la vie, du réel, de l’univers, captive son attention.L’étudiant en médecine est curieux: il veut tout connaître de l’organisme humain.Le géologue est curieux: il ouvre les entrailles de la terre pour savoir quels sont les âges des différentes formations de l’écorce du globe.Les vrais savants possèdent une grande curiosité intellectuelle; si cette qualité manque, il est évident que l’esprit demeure indifférent devant tous les problèmes, le problème religieux comme les autres.Or, l’indifférence devant les problèmes religieux conduit une generation a 1 ignorance religieuse, et l’ignorance religieuse est le pire fléau qui puisse affliger la sainte Église, parce quelle conduit une génération à J’incroyance et à l’apostasie.Les drames spirituels qui ont affligé l’Eglise ont toujours été causés par l’ignorance.AVANT L’INFORMATION, LA FORMATION Devant cette constatation, il faut apporter des remèdes.Le premier remède à apporter, c’est une intelligence militante.On ne pardonne à personne la médiocrité, et cela dans tous les domaines.Vous ne confierez pas vos affaires à un comptable médiocre.Vous ne consultez pas un médecin médiocre.Or, est-ce que vous n’admettez pas la médiocrité, au point de vue de l’enseignement religieux?Aussi, avant l'information religieuse, il est nécessaire de poser une base solide qui s’appelle la formation religieuse.L’information religieuse est assez facile: on n’a qu’à feuilleter toutes les revues qui paraissent.Rares cependant sont les revues de haute tenue scientifique, même au point de vue religieux.Et cependant, même avant de parcourir ces revues d’études religieuses, il est nécessaire de poser une base.C’est pourquoi, nous avons voulu cet Institut supérieur où les religieuses viendront se former.Elles commenceront par étudier les réactions de nos contemporains devant le problème religieux.Si l’on vous posait cette question comme examen de fin d’année, combien de pages pourriez-vous écrire ?Il est nécessaire de connaître le milieu vivant dans lequel on jette la semence évangélique.Quelles sont les préoccupations des grandes filles qui sont dans vos couvents, et à qui vous faites la classe de catéchisme ?quel est leur milieu de vie, famial et social ?quels sont leurs loisirs ?Ce qu’elles pensent ?Ce UN INSTITUT SUPÉRIEUR DE RELIGION 143 que tout ce monde pense: l’inutilité de Dieu dans la vie, et dans la société; l’inutilité de l’Église devant les problèmes sociaux qui se posent.Pour combattre cet athéisme pratique, il faut déclarer une guerre à mort à la débilité de la culture religieuse.SOUCI DE PERPÉTUELLES DÉCOUVERTES Au fond, nous ne sommes pas seulement des ignorants, mais nous sommes des craintifs: nous avons peur d’affirmer le Message, devant un monde qui a renié ce Message.Alors, que devons-nous faire devant cette nécessité urgente de répondre aux besoins de notre époque ?Tout d’abord, nous dire que la vérité, et surtout la vérité religieuse, réclame une découverte incessante.C’est cet esprit toujours en éveil dont je parlais tout à l’heure, cette disposition créatrice de l’esprit, qui s’appelle la curiosité.Il faut aller au problème religieux avec un esprit ouvert, un esprit qui cherche, un esprit qui se pose des questions.Souvent de jeunes religieuses, ardentes et qui sont de leur époque, voudraient transmettre le Message, avec tout leur enthousiasme; mais elles sont un peu paralysées et elles n’osent pas car elles seraient considérées comme des révolutionnaires, si elles présentaient le Message tel qu’il doit être présenté à la jeunesse d’aujourd’hui.Quelle responsabilité de la part de celles qui doivent diriger les études dans une communauté! Est-ce que nous sommes des initiateurs de vie spirituelle ?Est-ce que nous donnons à notre génération ce qu’elle demande ?Donc, la vérité, et la vérité religieuse surtout, réclame de notre part un souci de découvertes perpétuelles.Le professeur de religion doit toujours être en état d’éveil; il doit renouveler ses notes, changer son cours, varier les expressions, établir des forums, provoquer la discussion; il doit sortir de la routine et prendre les moyens nécessaires pour faire comprendre le message.FOI NON ACCOMPAGNÉE DE SCIENCE INFUSE N’oublions pas que la foi crée l’obligation de la recherche.La foi est un don, mais ce don n’est pas accompagné de la science infuse.Prenons une comparaison.Vous ne faites pas de sport, mais vous êtes tout de même assez mêlées à la génération actuelle pour comprendre le sport.Avant d’être un athlète, il faut avoir des muscles, 144 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES On ne s’improvise pas athlète, parce qu’on vient de lire les exploits d’un champion aux olympiades! Il faut avoir des muscles capables de recevoir la disposition permanente à agir.Et si l’athlète a fait entrer cette vertu dans ses muscles, pensez-vous qu’il peut se présenter ainsi dans l’arène ?Non.Il est obligé d’étudier les lois du jeu.Et ces lois varient: on peut être un champion à la balle-au-camp et un bien piètre patineur.Dieu a déposé dans notre intelligence une disposition fondamentale: le don de la foi par lequel notre intelligence est orientée vers la vérité, et qui lui permet d’entrer dans le monde surnaturel, tout comme un homme bien musclé peut entrer dans l’arène.Mais avant d’entreprendre la lutte contre le démon et le monde, il faut connaître les lois du jeu.Cela, ce n’est pas infus: il faut l’acquérir.Les athlètes se soumettent à des exercices qui durent des mois et des années; ils suivent un régime très sévère.Et nous croyons que la foi se résumerait à faire un acte passager: Mon Dieu, je crois.Non! La foi crée l’obligation de la recherche: cela nous l’avons oublié.Nous nous sommes réfugiés dans l’admirable paresse de ceux qui pensaient avoir tout reçu dans le don de la foi, alors que ce don est une obligation nouvelle à des recherches plus approfondies.De même que les païens, comme Aristote et Platon, ont cherché Dieu, l’Etre suprême, ainsi le chrétien a l’urgente obligation de chercher son Dieu.Qu’est-ce que c’est que la liturgie ?sinon une recherche de Dieu! Qu’est-ce que la prière ?Une recherche de Dieu! Mais dans une époque d’ignorance religieuse, on voit fleurir une foule de petites églises, et des sectes de toutes sortes.FORTE CULTURE RELIGIEUSE La foi crée donc l’obligation de la recherche et l’apostolat crée l’obligation de diffuser le Message.Voilà ce que doit posséder celle qui enseigne la religion.Elle a dû rechercher la vérité, éclairer sa foi et renouveler son désir apostolique.Or, ces obligations sont les nôtres, parce que nous sommes tous des apôtres.Vous avez toutes reçu le mandat d’annoncer le message évangélique par l’enseignement.Vous ne pourrez pas remplir ces obligations sans une forte culture religieuse.Je ne dis pas une connaissance religieuse, mais une culture religieuse.Le catéchiste ne doit pas connaître seulement son manuel.IQdoit être capable de faire remonter ses connaissances jusqu’aux UN INSTITUT SUPÉRIEUR DE RELIGION 145 principes supérieurs.La révélation est un fait positif, historique.L’esprit doit s’appuyer sur des fondements très solides pour s’élancer à la recherche de Dieu.Il faut jeter, dans la glaise mouvante de l’humain, les piliers qui iront rejoindre le roc des vérités qui ne changent jamais.Vous éprouvez une grande douleur lorsque vous découvrez des drames douloureux de crises de conscience et de vocation.Comment expliquer que cette grande fille modèle, qui avait été une novice exemplaire, qui avait prononcé ses vœux dans la ferveur presque brûlante de l’Esprit, soit après quatre ou cinq ans, en pleine crise de conscience ?Que s’est-il passé ?Il est arrivé ceci, que l’édifice spirituel de la vie religieuse était établi sur le sable, pour employer la comparaison de l’Évangile.(( Malheur, dit Notre-Seigneur, à l’homme qui a bâti sa tour sur le sable! Viendront les vents, les tempêtes, la pluie, et la tour sera emportée avec le torrent )>.Au contraire, vous rencontrerez parfois des âmes qui ont subi de violentes tentations.On a l’impression d’être devant des âmes déchiquetées.Tout l’édifice supérieur de leur perfection repose sur trois ou quatre piliers.Ces âmes ont résisté à toutes les tentations.Pourquoi ?Parce qu’elles avaient établi leur vie sur le roc solide de la conviction personnelle.Quand on est convaincu d’une chose, aucune puissance ne peut nous faire changer.Nous sommes convaincus: c’est devenu presque notre substance.SENS DE L’ÉGLISE Une haute culture religieuse suppose premièrement le sens de l'Église, sentire cum Ecclesia.Ce sens de l’Église, c’est quelque chose de bien précieux.Cela ne se définit pas.C’est une intuition, résultat de longues études.On a tellement étudié la doctrine de l’Église, que, à un moment donné, on pense comme elle.Alors, on a horreur des nouveautés, comme dit saint Paul.Mais comment développer ce sens de Tome qui discerne les tonalités ecclésiales ?Comment porter un jugement authentique sur une vérité ?Seul l’Esprit de Dieu peut accomplir ce travail dans une âme.Si on n’a pas cela, on peut savoir la théologie et ne pas la comprendre.La grande sainte Thérèse avait ce sens.Elle disait parfois: (( Moi, je ne suis pas théologien.)), mais elle cherchait les théologiens qui avaient le sens de l’Église.Elle avouait que ce n’était pas toujours facile d’en trouver un. 146 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES RÉACTION EN FACE DES SUPERSTITIONS Une forte culture religieuse provoque une réaction instinctive en face ces superstitions.C’est extraordinaire toutes les superstitions qui se mêlent parfois à la dévotion populaire.On possède des chapelets dont les grains renferment de l’eau de Lourdes! On fait des neuvaines à n’importe quel saint, et l’on oublie le principal: l’accomplissement du devoir d’état.On a une piété à l’eau de rose.Les revues en sont imprégnées et les âmes sont formées à cette école.Comment s’étonner si des religieuses formées à cette école, sont désemparées devant une épreuve ou au contact des grands problèmes de l’heure actuelle ?ÉPANOUISSEMENT DE LA PERSONNALITÉ RELIGIEUSE Cette culture imprègne alors la vie d’une saveur religieuse.L’âme elle-même devient remplie de son sujet et la solidité des convictions devient une qualité, une disposition permanente; c’est alors que la vertu de foi, qui est un don de Dieu, rencontre cette vertu acquise de la foi.C’est là le phénomène le plus mystérieux de la vie spirituelle.Les vertus infuses doivent rencontrer, en effet, à un moment, les vertus morales acquises.C’est à l’instant où la vertu morale infuse informe la vertu morale acquise, que la perfection chrétienne est réalisée.Et c’est alors que cette forte culture religieuse assurera l’épanouissement de la personnalité religieuse, de même que c’est dans une forte culture humaine que la personnalité humaine s’épanouit.Vous comprendrez mieux pourquoi nous tenons tant au développement de cet Institut supérieur de religion.Il faut que vous donniez à vos sujets une foi bien chevronnée, par l’étude, la réflexion, et la méditation, pour que vos Sœurs puissent éviter les engagements trompeurs qui menacent tant d’âmes religieuses, et qu’elles acceptent les responsabilités de l’action, après avoir accepté courageusement les responsabilités de la pensée.Il faut autant de courage pour penser que pour agir; et n’oublions pas que c’est après avoir pensé qu’il faut agir.Aujourd’hui, on va à l’action sans équipement.On se décourage pour avoir fait fausse route; on perd beaucoup de temps à trouver les formules de l’action, alors que, si on avait étudié, on pourrait, en un instant, dissiper les doutes et replacer les âmes dans le chemin de la lumière de Dieu. UN INSTITUT SUPÉRIEUR DE RELIGION 147 Voilà quelques réflexions que je vous livre à la fin de ces cours.Je félicite celles qui les ont suivis.Ce ministère de la parole est bien beau et vous devez l’aimer, vous qui enseignez; mais vous devez aussi comprendre que cet amour doit être accompagné de convictions.Ces convictions, vous les avez affermies, pendant ces semaines de cours spéciaux.SÉMINAIRE POUR RELIGIEUSES Je livre maintenant à vos méditations et à vos espérances, mes propres projets.J’espère bien qu’un jour cet Institut deviendra un Séminaire.Ce mot est très beau.La chose est plus belle! L’Église aime ses Séminaires où ses prêtres se préparent pour l’action.Il faudrait que les communautés enseignantes orientent beaucoup de leurs sujets vers un séminaire, c’est-à-dire vers une école de théologie: une école où l’on parlerait de Dieu, mais d’une manière authentique et dans le langage qui doit être celui qui a toujours été utilisé dans l’Église, pour exprimer les mystères divins.La théologie n’est pas une science qui s’improvise.Ça été le premier mot que je vous ai dit: on ne s’improvise pas mathématicien; on ne s’improvise pas théologien! La théologie est une science.La parole de Dieu est difficile a comprendre.Il faut que l’intelligence triture ce froment divin et que cette pâte mystérieuse reçoive la flamme de l’Esprit, pour produire le pain qui nourrit l’âme.Heureuses les religieuses qui pourront vivre, pendant une année ou deux, ce mystère divin! Je considère que toute ma vie sacerdotale est tributaire de l’expérience que j’ai vécue, durant ma deuxième année de séminaire.Cette année en avait été une de recherches.Nous étudiions les grands traités: De Deo uno, de Deo trino, de Deo créante; nous avions l’impression d’une grande brise qui souffle du fond de la mer; un vrai vent de Pentecôte venant directement du ciel! Quand une âme se laisse façonner par l’Esprit de Dieu qui agit dans l’Église, elle reçoit une empreinte, l’empreinte du « doigt de Dieu ».PRÉSERVATIF EFFICACE CONTRE LE DÉCOURAGEMENT Nous sommes appelés à reproduire en nous les traits du Fils de Dieu.Voilà la vocation du chrétien.Et tant que l’âme n’a pas 148 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES travaillé elle-même à sculpter en elle ces traits divins, par un commerce de plus en plus intime avec la parole de Dieu, elle ne comprend pas ce qu’elle est: c’est une âme profane, une âme laïque, une âme sans convictions, une âme qui peut être emportée par le moindre souffle de la tentation.Il n’y a pas de préservatif plus efficace contre la tentation et le découragement qu’une forte et profonde culture religieuse.Si vous voulez établir vos Congrégations dans les traditions séculaires de l’Église, donnez-leur l’espérance d’une conquête apostolique efficace.Demain, ne craignez pas de faire les sacrifices nécessaires pour envoyer vos sujets se plonger dans la fournaise ardente de la Parole de Dieu.Montréal Paul-Émile, cardinal Léger, archevêque de Montréal.Philippon, M.-M., O.P., La Doctrine spirituelle de Dom Marmion.Paris, Desclée de Brouwer 1954, 20 cm.316 pp.78 fr.b.L’A.divise son travail en 5 parties: L’emprise du Christ sur une âme, notre vie dans le Christ, la perfection de la vie chrétienne, sacerdos alter Christus, la mère du Christ.Dans l’introduction, il précise la place de Dom Marmion dans l’histoire de la spiritualité et le sens de son travail; dans l’épilogue, il présente en Dom Marmion le docteur de l’adoption.Dom R.Thibaut, dans une courte préface rend témoignage que l’A.a réussi dans son effort de pénétration de la mentalité bénédictine, telle que la concevait l’Abbé de Maredsous.Parmi les livres qui sont lus dans les communautés, Dom Marmion occupe une place de choix et nous sommes convaincus que l’ouvrage du P.Philipon sera accueilli avec enthousiasme.Jean Galot, S.J., Le Cœur du Christ.Paris, Desclée de Brouwer, 1953, 19 cm.265 pp.78 fr.b.La première phrase de l’introduction définit l’objet, la méthode et l’esprit de l’ouvrage: « Découvrir les sentiments intimes de Jésus, tels que l’Évangile nous les raconte ou fait pressentir, et pénétrer ainsi dans le cœur de l’Homme-Dieu, tel est le but de cette étude », p.7.Longue méditation sur tous les mystères de Jésus, qui témoigne d’une théologie sûre et même profonde, d’une exégèse pénétrante et d’une psychologie avertie.Tourné vers le Père, épris de sa mère, image du cœur de son Père, le Cœur du Christ est surtout livré aux hommes; ce dernier aspect occupe presque tout le volume: pp.76-245.Capable de nourrir la piété, ce livre apporte un aliment solide aux religieux et aux religieuses qui y puiseront une forte image de Jésus, fils du Dieu vivant.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. SPIRITUALITÉ T€niR JUSQU’AU BOUT Pour tenir jusqu’au bout devant l’épreuve, la difficulté et le temps, il faut à l’âme ces dynamismes, complémentaires de la vertu de force, que sont la longanimité, la constance et la persévérance.Grâce à ces trois vertus, nous pouvons attendre la récompense qui retarde, rester vertueux quand le devoir devient exigeant, et persévérer dans le bien jusqu’au bout d’une tâche particulière ou de la vie.Newman, le grand animateur du renouveau catholique en Angleterre au siècle dernier, prononça, à l’occasion du rétablissement de la Hiérarchie anglaise par Rome, un discours qui restera un des chefs-d’œuvre de la littérature, et une des plus belles expressions de la foi en Dieu.Il lui fallait montrer les merveilles de grâces par lesquelles Dieu voulait bien faire revivre dans sa splendeur l’Église catholique d’Angleterre, il lui fallait aussi montrer comment, depuis le Protestantisme et à travers les persécutions, une petite poignée de fidèles avaient tenu bon et assuré par leur persévérance la résurrection maintenant devenue possible.Et il expliqua que la vie est un perpétuel recommencement, qu’elle a besoin de l’épreuve et de la mort pour ne pas devenir orgueilleuse, mais que les heures les plus sombres sont l’avant-goût d’un renouveau et qu’il n’y a d’attitude sage que dans l’attente et la préparation de ce renouveau: « Nous avons tous l’expérience de l’ordre, de la constance, de la rénovation perpétuelle du monde matériel qui nous entoure.Frêle et transitoire est chacune de ses parties, sans repos et mouvants sont ses éléments, incessants ses changements, et pourtant il demeure.Ce monde est lié tout ensemble par une loi de permanence, établi dans l’unité; et, bien que mourant toujours, il revient toujours à la vie.Chaque heure qui vient ne fait que témoigner combien mobile et pourtant combien sûr, combien certain, est le grand tout.Le soleil se couche pour se lever encore; le jour est englouti dans l’ombre de la nuit, pour en renaître aussi frais que s’il ne s’était jamais éteint.Nous pleurons sur les bourgeons de mai parce qu’ils vont se faner; mais nous savons qu’un jour mai aura sa revanche en novembre, par la révolution de ce cycle qui n’arrête pas, — qui nous enseigne dans nos élans d’espérance à être sobre, et dans le fond de notre désolation à ne désespérer jamais.» 150 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES LA LONGANIMITÉ La longanimité est proche parente de la patience et on lui en donne souvent le nom.Elle a, comme la patience, à durer malgré l’épreuve; mais l’épreuve pour elle c’est le temps que la récompense, le bonheur total, met a venir.Nous devons vivre dans l’espérance du ciel, et cette espérance doit être le soutien de notre vie; mais outre cette vertu théologale dans la volonté, il faut dans notre sensibilité meme une vertu qui modéré la hâte excessive de parvenir au but, qui nous donne la force d’attendre sans découragement ce qui est loin.« Prenez donc patience, mes frères, disait saint Jacques, jusqu’à l’avènement du Seigneur— (il parle donc de cette patience qu’est la longanimité — ).Voyez le cultivateur: il attend le précieux fruit de la terre, il compte sur lui avec la confiance qu’il recevra la pluie de l’automne et celle du printemps.Prenez patience vous aussi; affermissez vos cœurs parce que l’avènement du Seigneur est proche ».(Jac., 5, 7.) « La magnanimité, lit-on dans la Somme théologique, désigne l’âme tendue vers quelque chose de grand, et la longanimité, vers quelque chose de lointain.Toutes deux se rapportent à l’espoir qui a en vue le bien, plus qu’à l’audace, la crainte et la tristesse, dont le mal est l’objet.La longanimité semble donc avoir des relations plus étroites avec la magnanimité qu’avec la patience.Elle a cependant avec celle-ci deux caractères communs: la patience, comme la force, supporte le mal en vue du bien; si celui-ci est proche, l’endurance est plus facile; s’il est lointain, tandis que le mal est présent, elle est plus difficile.— Le retardement d’un bien est par lui-même de nature à causer de la tristesse: l’espoir différé rend le cœur malade.La patience trouve donc à s’exercer là comme ailleurs.Ainsi donc, si l’on envisage, au point de vue spécial de la tristesse causée, et le retardement du bien qu’on espère, — ce qui est l’objet de la longanimité, — et le labeur opiniâtre exigé par le bien qu’il fait, ce qui est 1 objet de la constance, 1 une et l’autre sont des formes de la patience.Dans ces paroles de Cicéron: (( la patience supporte volontairement et aussi longtemps qu’il le faut des choses difficiles et pénibles, pour un but honnete ou utile », nous retrouvons ces trois vertus: la constance, que la difficulté du bien ne rebute pas, la patience qui supporte la peine, la longanimité qui sait attendre.» (22a2ae, q.136, a.5.) La longanimité combattra donc dans l’âme cette sorte d’impatience du résultat qui fait (( bâcler » la besogne ou qui surexcite au point d’enlever de l’ordre et de l’énergie dans l’action. TENIR JUSQU’AU BOUT 151 LA CONSTANCE « Il y a la constance vérirable et parfaite, écrit l’auteur du Paradis de l'âme, lorsque rien ne peut détourner l’homme de la perfection, ni le bonheur, ni l’adversité.Rien non plus, ni les menaces ni les flatteries ne l’amèneraient à transgresser ses vœux ou les commandements.Une preuve de la vérirable constance, c’est de ne point se relâcher en tout ce qui plaît à Dieu, malgré les menaces de mort ou la perte des richesses.)) Une certaine constance fait partie de toutes les vertus, puisque celles-ci doivent fixer assez fortement dans la poursuite du bien pour que les difficultés, — ou à l’inverse des attraits sensibles particuliers, — ne viennent pas à tout moment faire devier de la vertu.Mais il en est un peu ici comme de la force même.Là où une vertu particulière devient nécessaire c’est quand l’énergie de l’âme sait s’appliquer moins directement à la poursuite de la fin vertueuse qu’à la résistance nécessaire devant la difficulté ou les attraits trompeurs.Pour aimer le prochain selon les desseins divins, il faut la charité surnaturelle, mais quand il faut 1 aimer en souffrant avec lui, en supportant les aspérités de la vie commune ou en résistant aux tentations d’évasion vers des commerces plus agréables, la charité demande à se compléter par cette sorte de force qu’est la constance.Et il en va de même de toutes les vertus.Le bien et la vertu manquent rarement d’attraits en eux-mêmes.Quand on lui présente bien les choses, notre volonté se sent toute généreuse devant le devoir.Mais au moment de l’action les grandes difficultés, ou les petites difficultés qui se renouvellent, les obstacles du dehors qui ne varient que pour énerver graduellement les forces, tout cela explique le mérite, et malheureusement la rareté de la constance.La parabole du semeur n’est que trop réaliste: « Celui qui a été ensemencé aux endroits pierreux, c’est celui qui entend la parole et la reçoit aussitôt avec joie; mais il n’a pas de racine en lui-même, et ne dure qu’un temps: vienne une tribulation ou une persécution à cause de la parole, de prime abord il est scandalisé.» (Mt., 13, 20.) « La seconde catégorie d’auditeurs, commente le P.Durand, est celle des impulsifs, auditeurs superficiels et, à cause de cela, inconstants.Us ont été ensemencés à la façon du champ qui a reçu le bon grain dans les endroits pierreux.Us croient de prime abord, sans peine et même avec joie; mais ils ne tiennent 152 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES qu’un temps, faute d’avoir mesuré d’avance les difficultés de la tâche, ou encore, comme dit le texte, d’avoir jeté des racines profondes! A la première persécution, ce qui s’entend de toute contrariété, qui leur est suscitée à cause de leur foi, ils lâchent pied et cessent de marcher en la compagnie du Seigneur.De son vivant, Jésus-Christ a connu un grand nombre de ces disciples d’un jour; mais sachant l’inconsistance de leur cœur, il ne se fiait pas à eux.L’épreuve « scandalise » quand elle devient une occasion de chute.Les choses valent ce qu’elles coûtent, et le temps n’épargne pas ce qu’on fait sans lui.» (A.Durand, s.j., Évangile selon saint Matthieu.) La constance nous conduit tout naturellement à la notion de perseverance.Il y a cependant entre les deux vertus une réelle distinction.«La persévérance et la constance ont la même fin: la fixité dans le bien.Mais la difficulté que chacune doit surmonter n a pas la meme cause.Celle qui fait 1 objet de la persévérance vient de la duree meme du bien; celle qui fait 1 objet de la constance vient de tout obstacle extérieur, quel qu’il soit.C’est pourquoi la persévérance se rapproche de la force plus que la constance, parce que la difficulté qui vient de la durée est plus essentielle à l’acte bon que celle qui vient du dehors.» (q.137, a.3.) LA PERSÉVÉRANCE La persévérance est.cette force spéciale par laquelle nous tenons jusqu au bout dans la pratique de la vertu.« Deux choses peuvent affecter la moralité et la difficulté de l’œuvre de vertu: l’espèce même de son acte qui dépend de la nature de son objet propre; la longueur du temps, car s’appliquer longtemps à quelque chose de difficile constitue une difficulté particulière.C’est pourquoi persister dans le bien longtemps et jusqu au bout est l’objet d’une vertu spéciale.La persévérance est donc une vertu spéciale.La persévérance est donc une vertu spéciale qui a pour fonction de supporter, autant qu il est necessaire, la duree dans les œuvres de toutes les vertus.)) (q.137, a.1.) Persévérer c’est atteindre enfin le but dans la poursuite duquel on n’a épargné aucun effort.La persévérance, sous cet aspect, est une récompense de la vertu plus que la vertu elle-même.Et si l’on entend le mot de la persévérance finale, couronnement d’une vie vertueuse qui s’ouvre sur une éternité de bonheur, nous sommes en présence d’un achèvement qui ne peut être qu’un don gratuit de Dieu, « La persévérance, affirme saint Augustin, est un don de TENIR JUSQU’AU BOUT 153 Dieu par lequel on reste jusqu’à la fin fidèle au Christ ».« On peut entendre par le mot persévérance l’acte de persévérance poussé jusqu’à la mort, et alors elle exige un secours gratuit par lequel Dieu conserve l’homme dans le bien jusqu’au dernier instant.Le libre arbitre est essentiellement versatile, et la grâce habituelle de cette vie ne change pas sa nature; il n’est donc pas en son pouvoi**, même réparé par la grâce, de se fixer immuablement dans le bien, encore qu’il puisse le vouloir de propos délibéré; la plupart du temps nous sommes bien capables de le vouloir, mais nous sommes incapables d’exécuter.» (q.137, a.4.) On envisage ici la persévérance comme une vertu par laquelle, en attendant le don du bonheur éternel, notre volonté reste constamment tendue vers le bien et met toute son énergie à ne jamais dévier du but.On persévère dans l’accomplissement d’une tâche particulière, on persévère, avec la grâce de Dieu soutien de toute vertu, dans le travail, jamais terminé, de la perfection.« Il faut distinguer ici une double fin: celle d’une œuvre vertueuse quelconque et celle de la vie humaine.Il est de la nature même de la persévérance que l’on persévère jusqu’à l’achèvement de l’œuvre: le soldat, jusqu’à l’issue du combat; le magnifique, jusqu’au terme de l’entreprise.Mais il y a des vertus dont les actes doivent se prolonger durant toute la vie, par exemple, ceux de la foi, de l’espérance et de la charité qui ont pour objet la fin dernière de la vie tout entière.Par rapport à ces vertus, qui sont les principales, l’acte de persévérance ne s’achève qu’avec la vie.» (Q.137, a.1, ad 2.) Montréal Édouard Gagnon, P.S.S.J.Cantinat, C.M., Au cœur de notre rédemption.Paris, Téqui, 1954, 18.5 cm.192 pp.L’A.divise son sujet en 3 chapitres: La cène, la passion, la résurrection.Pour chacun il présente d’abord le texte inspiré, traduit du grec et harmonisé; puis il fait le commentaire du récit évangélique.Quelques articles ont déjà été publiés dans La Vie Spirituelle et La Nouvelle Revue Théologique.Cet ouvrage modeste et émouvant est destiné aux personnes qui méditent les mystères de la rédemption.Il n’admet pas la sueur de sang à l’agonie de Gethsémani; il ne place pas à l’Antonia la condamnation de Jésus.La sobriété de l’exposé plaira, j’en suis sûr, aux âmes religieuses.Adrien-M.Malo, O.F.M.Montréal CONGRÈS RELIGIEUX CANADIEN L€ CflRDinflL VAL6RI PR6SID6RA S.Ém.le cardinal Valerio Valeri, préfet de la Sacrée Congrégation des religieux, présidera le Congrès religieux canadien, qui aura lieu à Ville Saint-Laurent du 26 au 30 juillet prochain.C’est ce qu’annonce le Secrétariat général du Congrès à Ottawa.D’autres dignitaires de cette sacrée congrégation romaine viendront aussi de la Ville Éternelle pour prendre part à ces assises, les premières du genre au Canada, qui doivent réunir quelque 1,700 religieux et religieuses de toutes les parties du pays.S.Ém.le cardinal Valeri présidera notamment la séance d’ouverture du congrès, à 4 h.30 de l’après-midi le 26 juillet, au Collège Saint-Laurent.LL.EEm.les cardinaux Paul-Émile Léger, archevêque de Montréal, et James Charles McGuigan, archevêque de Toronto, assisteront aussi à cette séance, de même que plusieurs archevêques et évêques du pays.Un dîner en l’honneur du cardinal romain, offert par les deux comités exécutifs du Congrès — les comités des sections masculine et féminine — suivra cette séance d’ouverture.Le cardinal Valeri, âgé de 70 ans, a été nommé au Sacré-Collège en même temps que S.Ém.le cardinal Léger, le 12 janvier 1953.Avant de succéder au cardinal Clément Micara à la tête de la Sacrée Congrégation des religieux, il avait été notamment délégué apostolique en Égypte, président du Comité central de l’Année sainte en 1950, assesseur de la Sacrée Congrégation de l’Église orientale.La Sacrée Congrégation des religieux a la charge de tout ce qui regarde le gouvernement, la discipline, les études, les biens et privilèges des religieux de l’un et de l’autre sexe, astreints à des vœux solennels et à des vœux simples, et des personnes qui, bien que sans vœux, mènent la vie en commun à la manière des religieux, ainsi que des tiers-ordres séculiers.Le Congrès religieux canadien fait suite au Congrès international religieux qui a eu lieu à Rome durant l’Année sainte.D’autres congrès religieux nationaux ont eu lieu depuis, notamment en Argentine, au Chili et au Brésil ces dernières semaines.Plusieurs autres auront lieu cette année, particulièrement en France.Ottawa c.c.c. MARIOLOGIE Le Ile Congrès (Tlariologique International Rome, du 24 octobre au 1 novembre 1954 Le 11 mars dernier, en présence des nombreux délégués des familles religieuses, des Universités, des Instituts culturels, des Académies et des Sociétés mariales, S.E.Mgr Louis Traglia, vice-gérant de Rome et président du Conseil Central de l’Année Mariale, se référant à la nouvelle publiée le 3 mars précédent dans L’Osser-vatore Romano, a proclamé officiellement que le Conseil Central de l’Année Mariale, considérant, comme il faut, le vœu approuvé d’un accord unanime par les théologiens et les mariologues réunis au premier congrès mariologique et au 8e congrès marial international de l’année sainte de 1950, convoque, à Rome, à l’occasion du centenaire de la définition dogmatique de l’immaculée Conception, en cette présente année mariale, le 2e congrès mariologique et le 9e congrès marial international pour clore heureusement et couronner la série des différents congrès mariais nationaux.A la suggestion de la Secrétairerie d’État de Sa Sainteté, le Conseil Central réserve la préparation et l’organisation de ce congrès à Y Académie Mariale Internationale, qui a son siège social à Rome, 124 via Merulana, à l’athénée pontifical antonien, dirigé par les RR.PP.Franciscains.La forme et la méthode du congrès seront absolument les mêmes que celles du congrès mariologico-marial, tenu en 1950 pendant l’année sainte.Le congrès mariologique comportera des sessions plénières et des sessions particulières, réservées particulièrement aux spécialistes en théologie et en mariologie.Le congrès marial, en plus des conférences opportunes de caractère éminemment pratique, organisera de nombreuses manifestations de piété dans les basiliques romaines et certaines expositions, comme celle de l’art marial, du livre marial.L’objet du congrès est la Vierge Immaculée considérée sous différents aspects.Le congrès mariologique considérera la Vierge Immaculée: a) dans le dogme: nature du privilège marial; ses fondements bibliques; ses relations avec la loi du pêché, la prédestination et la rédemption du Christ, le cœur de la Vierge, ses douleurs, ses autres privilèges; le lien de la définition dogmatique de P I.C.avec 156 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES les questions de F Église, de F infaillibilité pontificale, du progrès des dogmes, de la définibiliti des vérités de foi.b) dans l’histoire: doctrine des saints Pères et des théologiens, surtout scolastiques; différentes interventions des souverains pontifes, des évêques, des conciles, des rois; tradition en cette matière des différentes nations, églises, ordres religieux, universités; histoire des différents congrès, discussions, controverses particulières, par exemple le vœu du sang; littérature des différentes nations, époques; histoire de la bulle Ineffa-bilis Deus; importance de F encyclique Ad diem ilium du bienheureux Pie X, récit des solennités du cinquantenaire de la définition dogmatique de FI.C.c) dans le culte: origine, progrès, sens de la fête et des autres exercices de piété dans les différentes époques, nations, églises; sanctuaires, églises, autels ayant pour titre FI.C.; ordres religieux, nations, diocèses, villes, paroisses, confraternités, associations dédiés ou consacrées à FI.C.; culte de FI.C., du cœur immaculé de Marie.d) dans l’art: et figuratif, avant et après la Réforme, avant et après les apparitions de Marie; et littéraire: poètes chantant la conception immaculée, chants populaires, représentations de FI.C.Le congrès marial considérera la Vierge Immaculée surtout dans la vie de F Eglise: son influence salutaire dans la lutte contre les hérésies et les erreurs modernes, dans la rénovation catholique après la définition dogmatique de 1854, dans les différentes œuvers de charité et d'apostolat, sur F église du silence, la société civile et domestique; valeur et importance des apparitions récentes de Marie Immaculée: Catherine Labouré, Lourdes, Fatima, Beauraing.Chaque famille religieuse, université, institut culturel, société mariologique, académie mariale ou nation pourra avoir sa section propre, pourvu qu’elle porte uniquement sur l’objet décrit ci-dessus et qu’elle se conforme aux lois générales de direction adoptées en général par le congrès.C’est pourquoi nous prions instamment tous ceux qui désirent former quelque section particulière de faire connaître à Y Académie Mariale Internationale leur projet et le thème précis de leur section dans le plus court délai humainement possible, aucunement après le 15 mai.En effet, le programme absolument définitif doit être envoyé le 1 août.De même, tous ceux qui ont l’intention de lire ou de proposer quelque communication en session plénière ou dans les sessions particulières doivent renseigner Y Académie Mariale Internationale de leur projet et du titre de la question traitée par eux, pas plus tard que le 15 mai.Les communications doivent remplir de 10 à 15 pages in octavo.Pour les rapports, communications et discussions des sessions plénières, la langue latine doit être employée dans la mesure possible. LE IIE CONGRÈS MARIOLOGIQUE INTERNATIONAL 157 Pour les questions techniques et administratives, comme réduction du billet de chemin de fer, logement à Rome, qu’on s’adresse à Pcrcgrinatio Romana ad Petri Sedem, via della Conciliazione 10, Rome, Italie.C’est tout pour le moment; en temps opportun le programme définitif sera présenté.Toute correspondance doit être adressée à Congresso Mariologico-Mariano Internazionale, via Merulana 124, Roma (501), Italia.Pour l'Académie Mariale Internationale Rome P.Charles Balic, O.F.M., président.G.Hunermann, Le Mitron de Vienne, saint Clêment-Marie Hofbauer, rédemptoriste, traduit par l’abbé M.Grandclaudon.Mulhouse, éd.Salvator, 1953, 19.5 cm.300 pp.540 fr.L’A.divise son ouvrage en trois parties.Dans la première, il décrit les efforts persévérants de son héros pour accéder à l’autel; dans la deuxième, il montre le ministère dans la capitale polonaise; dans la troisième, il ramène son héros dans la capitale de l’Autriche.Cette vie est fortement romancée et se lit très agréablement.Elle ne contient aucune référence documentaire, bien qu’elle s’appuie sur une connaissance sérieuse des faits qui remplissent la vie mouvementée de ce héros de la charité, qui fut aussi le fondateur de l’Action Catholique.Né en 1751, mort en 1820, il fut canonisé en 1909.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.néCROLOGie R.P.Séraphin-J.Benoît, O.F.M.— R.F.Gédéon Courchesne, C.S.V.— R.S.M.-Colette-de-Jésus, — R.S.Marie-Mathilde-de-Jésus, O.S.C.— R.S.Binda Caroline Concessa O’Farrell, S.C.J.— RR.SS.M.-Anna Charland, dite S.Alfred le Grand, M.Annie O’Connell, dite S.M.-Dolorès, M.-Armeline Perrault, dite S.-Vitalius, M.-Helen Black, dite S.Marie Alice, M.J.Napier, dite S.Régis, C.N.D.— RR.SS.Clara Pinkham, Sr M.de Nazareth, Sara Verville, Sr Ste-Zénaïde, A.S.V.— R.S.M.de Ste-Francesca, C.S.C.— RR.SS.M.-Claire-Isabelle, Antoinette de Marie, SS.NN.J.M.— R.S.M.de Ste-Christine, B.P.A.— R.S.M.-Crescence, P.F.M.— R.S.Marie-Anne Lefebvre, S.Mr.-Philippe, P.F.S.J.— R.S.St-Viateur, S.M.— RR.SS.Auguste-M.Macaire, Marie d’Egypte, Susanna, F.C.S.P.— R.S.M.-L.Mignault, S.C.S.H.— RR.SS.Ste-Éméria, St-Michel-des-Saints, P.S.S.F.— RR.SS.Marie-Austin, Marie-Azéline, Marie-Léopoldine, S.S.A.— RR.SS.Marie-Benjamine, Marie-Olympe, Marie-Thérésia, Marie-Valérie, P.M.14 avril 1954 R.I.P. INFORMATION Message de Pie XII À F occasion des célébrations solennelles commémorant à Assise le Vile centenaire du trépas de sainte Claire, le souverain pontife Pie XII a daigné faire parvenir le message suivant à !éminentissime seigneur, le cardinal Clément Micara, protecteur des Frères Mineurs et des clarisses qui dépendent de lui, le nommant pour la circonstance son envoyé particulier.Le texte italien a été traduit en français par le R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.AU SEIGNEUR CARDINAL CLEMENT MICARA A cause de l’affection singulière qui nous lie au monde franciscain bien-aimé et qui nous veut intimement présent à Assise pour la célébration sept fois centenaire du bienheureux trépas de sainte Claire, il nous est cher de déléguer votre Éminence comme notre envoyé particulier à une si grande solennité.Protecteur dévoué de la double famille du petit pauvre, votre Eminence sera' le messager joyeux de notre piété et de nos vœux.Auprès de l’urne bénie de la grande affirmatrice de la pauvreté évangélique, vous redirez au Seigneur notre reconnaissance affectueuse et celle de l’Eglise entière pour le témoignage toujours vivant et efficace rendu au cours des siècles par la grande disciple de François à l’idéal chrétien.Et pour nous, qui la formulons dans notre cœur, votre Eminence fera monter vers Dieu l’ardente prière que l’exemple lumineux de Claire, la noble petite pauvre, évoqué encore une fois dans le monde chrétien, secoué par la soif des biens et des plaisirs, rappelle à la sagesse de l’Évangile, seul gardien pour tous, individus et sociétés, de la paix vraie et stable.Nous voulons inspirée de ces sentiments la bénédiction apostolique que nous accordons encore une fois à l’entière famille franciscaine d’Assise et à tous ceux qui avec vous seront présents à la glorieuse célébration.Castel Gandolfo, le 10 août 1953 Pie XII.Adrien-M.Malo, O.F.M., traducteur. consuLTRTions 42.Notre petite communauté est tenue à la récitation chorale du grand office; il arrive assez souvent qu'au moment fixé pour telle heure, nous ne sommes pas 4 religieuses tenues au choeur et présentement libres d'empêchement légitime.Comme nous tenons à réciter tout F office au choeur, nous attendons que nous soyons 4 religieuses actuellement libres pour réciter T office.Il en résulte un changement continuel d'horaire et certains embarras de réajustement tous les jours.Faisons-nous bien de changer ainsi l'horaire pour réciter tout Ioffice au choeur ?Vous êtes louables de vouloir réciter tout l’office au chœur.Vous êtes moins louables de déplacer ainsi continuellement l’heure de l’office.Cela pour trois raisons.La première, c’est que vous constatez vous-mêmes les embarras qui en résultent pour la vie régulière de la communauté.La deuxième, c’est que la tradition assigne un moment aux différentes parties de l’office divin: prime, tierce, sexte se récitent dans la matinée; les heures de vêpres et de complies se récitent dans l’après-midi et la soirée.; il n’est pas permis pour la récitation chorale de l’office de négliger ces indications sans raison sérieuse.Enfin une telle pratique de changer continuellement l’horaire doit émousser le sens de la régularité qui doit régner en toute maison religieuse.Cette dernière raison vaut encore davantage, si vous avez dans votre communauté des postulantes ou des novices qui se forment à la vie religieuse; à ces personnes vous devez inculquer l’esprit de régularité et ces continuels changements d’heure ne contribuent pas du tout à développer le sens de la régularité.Voici ce que vous pourriez faire.Tracez un règlement, déterminez les moments de la récitation de l’office choral.A ces moments fixés, si vous n’êtes pas quatre religieuses libres, récitez quand même l’office: trois religieuses, parfois même deux religieuses seulement peuvent réciter l’office convenablement.Ainsi vous tenez compte de la régularité et de votre louable désir.Mentionnons en terminant que si vos constitutions ne prescrivent pas le contraire, quand quatre religieuses tenues au chœur ne sont pas au moment de l’office libres d’empêchement légitime, l’obligation chorale de l’office divin cesse.43.Est-ce vrai qu'on doit rémunérer le confesseur extraordinaire pour ses services ?Je n'avais jamais entendu parler de la chose.Le ministère des confessions est toujours gratuit.Si le confesseur extraordinaire doit faire des dépenses de transport pour se rendre dans la communauté dont il est confesseur extraordinaire, il serait équitable que la communauté prenne ces frais à ses charges.44.Dans les lettres testimoniale s, /* expression: sous la foi du serment a-t-elle encore un sens depuis le nouveau code ?Le canon 545 § 1 dit expressément que quand il s’agit de personnes qui ont été dans un séminaire, un collège, dans le postulat ou noviciat d’une autre religion, les lettres testimoniales doivent être signées par le supérieur sous la foi du serment. 160 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 45.Quelle conduite doit tenir une supérieure locale qui ne trouve pas chez sa supérieure générale P appui nécessaire à son autorité î Toute personne constituée en autorité doit respecter l’autorité des autres supérieures, quelles qu’elles soient.Autrement, il en résulterait des inconvénients graves pour la discipline et le bon ordre.Jésus a dit que tout royaume divisé en lui-même périra, Matthieu 12, 25.La supérieure locale ne se fait-elle pas illusion ?La chose serait bien possible soit par tendance psychologique, soit par attachement excessif aux affirmations des religieuses.Si ce manque d’appui est objectivement vrai, la supérieure locale pourrait aborder filialement la question avec sa supérieure générale; cette démarche qui semble difficile peut produire d’heureux résultats si elle est faite avec confiance, loyauté et esprit religieux.Malgré tout, il restera peut-être quelque chose de ce manque d’appui; la supérieure locale devra supporter avec patience une telle situation en priant Dieu de bien vouloir l’améliorer.46.On nous a dit que dès qu’une jeune fille n’est pas légitimement acceptée par une supérieure dans une communauté, il n'y a pas pour cette personne de vocation religieuse.Que diriez-vous dt celles qui sortent après la profession et cherchent à entrer ailleurs parce qu'un prêtre leur a dit qu elles ont la vocation religieuse ?Une jeune fille qui, sous l’influence de la grâce, entre dans la vie religieuse et est acceptée à la profession par les supérieures est normalement censée avoir la vocation divine à la vie religieuse.Ce jugement des supérieures reçoit une certaine confirmation de la déclaration du prêtre et des démarches de l’ancienne religieuse.En supposant que cette jeune fille, constatant l’appel de Dieu, désire y répondre généreusement, elle a commis une grave imprudence en sortant de communauté; il lui faut maintenant recourir à Rome pour pouvoir demander l’admission dans une autre communauté, puis elle devra subir le risque de se voir refuser l’admission dans les autres communautés.En un mot, par son inconstance elle s’est peut-être mise dans l’impossibilité d’obéir à l’appel de Dieu.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. LA VIE des COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES publiée par les RR.PP.Franciscains du Canada paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, en fascicule de 32 pages.N.B.Les abonnements commencent en JANVIER.Prix de l'abonnement : CANADA.îo en Toute demande de changement d’adresse est accompagnée de la somme de 25 cents.Directeur: R.P.Adrien-M.Malo, O-F.IVL TU • TU 6911 5750, boul.Rosemont, Montreal 36.Tel.1 U.b y i I Conseil de direction : , _____ S E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J -H CHARTRAND, vicaire général d'Ottawa.M.le Chanoine Cyrille LABRECQUE, directeur de la Semaine Religieuse de Québec.Éditeurs responsables : Les Frères des Écoles Chrétiennes Secrétariat: 959, rue Côté, Montréal UQ-, Canada , Téléphone: PLateau 9066*.(local 30) de 2 h.a 5 h.de l'après-midi tous les jours, excepté le samedi et les tetes.L6S LIVR6S ACCUSÉS DE RÉCEPTION Arsenault, Bona, Malgré Us obstacle, Québec, s.d.,19 cm J9* PP-Attente et') du Messie.Paris, Desclée de Brouwer, 1953, 21 cm.190 pp.Cantinat T., C.M., Au cœur de notre redemption.Pans, Tequi, 18.5 cm.PI.SS, an!^ Mère Marie-Xavier Voirin.Paris, Desclée de Brouwer, C^ZZTeeZl CÙ, Paris, Desclée de Brouwer, .953, 19 cm.255 pp.Lamontagne, Onésime, O.F.M, Um école de sfirilualilé populaire: le Tiers-Ordre.Lefebvre, Dou Georges, O.S.B., Prière pure et pureté de cœur.Paris, Desclée de Brouwer, 1953, 16.5 cm.156 pp.42 fr.b.Léon P Achille, O.F.M., Histoire de l’Ordre des Frères Mineurs.Pans, Éditions 0u.r“ M^ruotrerfdeX'ulou sain, Bernard.Nicole!, Cenlre PetemT^Ew'^.’.Le'lim derange',.Paris, Desclée de Brouwer, 1954, 18.5 cm.140 pp.48 fr.b.
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