Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • En son nom
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

La vie des communautés religieuses /, 1959-10, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LA VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES publiée par les RR.PP.Franciscains du Canada paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, en fascicule de 32 pages N.B.Les abonnements commencent en JANVIER.PRIX DE L’ABONNEMENT: $2.75 Tout changement d'adresse est accompagné de la somme de 25 cents.Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.5750, boul.Rosemont, Montréal 36.Tél.: CL.9-6911 Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général d'Ottawa.M.le Chanoine Cyrille LABRECQUE.Éditeurs responsables : Les Frères des Écoles Chrétiennes.Secrétariat : 959, rue Côté, Montréal 1, P.Q., Canada.Téléphone : Fr.Bertrand, é.c., UN.1-5431*, (local 1) de 2 h.à 5 h.de l'après-midi tous les jours, excepté le samedi et les fêtes.Ô Communauté fondée par le saint Curé d’Ars La communauté des Sœurs des Cinq Plaies de Jésus a été fondée en France par le saint Curé d’Ars (archiconfrérie) et le chanoine Adrien Colomb de Gast, à qui il avait confié son œuvre.Après quelques années d’épreuves le cardinal Caverot accordait à la petite communauté, l’approbation canonique le 15 août 1885.La fondation dans le diocèse de Montréal a eu lieu le six novembre 1945, sous la protection de Son Exc.Mgr Joseph Charbonneau, archevêque de cette ville et de M.l’abbé Bruno Presseault, Le deux février 1952, S.Em.le cardinal Paul-Emile Léger acceptait officiellement la communauté, comme diocésaine, avec son Oeuvre, toute spéciale du soin des enfants, visant surtout à encourager les mamans, afin qu’elles n’entravent pas l’œuvre de Dieu, à leur foyer.Le but intime de cette communauté est l’action de grâces, pour le grand bienfait de la Rédemption et pour tous les événements heureux ou malheureux, qui, permis par le Bon Dieu, deviennent rédempteurs ».La Vierge au pied de la Croix est le modèle à copier.En conséquence les Sœurs des Cinq Plaies de Jésus doivent n’avoir qu’une ambition devenir chaque jour de plus en plus, avec Marie, des corédemptrices du genre humain, cela par leur vie spirituelle intense et dans leur apostolat, par un dévouement allant jusqu’à l’oubli le plus total de soi, pour faire le bonheur des enfants qui leur sont confiés.Leur maison principale à Montréal est située à 11,960 boul.Persillier.Depuis leur arrivée, ces religieuses s’occupent des enfants des cours pré-scolaires.La communauté dirige les écoles maternelles de Ste-Odile et de Notre-Dame-du-Bel-Amour.Les religieuses de cette communauté portent la robe et le voile noirs, ainsi qu’un sous-voile blanc retombant sur les épaules.La couronne blanche est ornée au centre d’une croix imprimée en rouge, caractère de leur attachement aux Plaies de Jésus; enfin une guimpe blanche et une médaille reproduisant la Vierge des Douleurs et le Conir des associés à T archiconfrérie; cette médaille est suspendue à un cordon rouge. LA VIE D€S COmmunAUT€S R€LIGI€US€S Vol.17, n.8 MONTRÉAL Octobre 1959 ARTICLES HISTOIRE — S.Em.le card.Léger Le P.Louis Querbes, missionnaire catéchiste.226 DOCTRINE — P.Norbert Fournier, C.S.V.Le Catéchisme, notre première mission.231 ' \ PÉDAGOGIE — F.Georges-Étienne Desjans, C.S.C.Perspective théologique.241 VALEUR COMPLÉMENTAIRE — Adrien-M.Malo, O.F.M.Lieux Saints et catéchisme.254 COMMUNICATIONS Communauté fondée par le S.Curé d'Ar s.c.2 Annuaire pontifical 1959.c.3 Adapter /’enseignement.230 Trois cent religieuses aux fonderies.230 Tombeau de S.Pierre.240 Mise au point sur le Père Pio 256 HISTOIRE L€ P€R€ LOUIS QU6RB6S missionnniRe cflTécHisïe Le 30 mai 1959 était célébré en l'église S.-Viateur, à Outremont, le centenaire de la mort du P.Louis Querbes.En cette fête, S.Em.le card.Léger prononça le sermon dont nous reproduisons les deux premières parties.Né le 21 août 1793, dans les jours néfastes de la Terreur, Louis Querbes reçut à cette date même le saint baptême.Cette promptitude à pourvoir à la régénération de l’enfant reste symbolique de la vaillance intrépide de ses parents, de leur foi et de leur loyauté chrétiennes.La tourmente apaisée, Louis est accepté comme enfant de chœur de sa paroisse à Saint-Nizier.Il trouve en effet sa joie à servir au Saint-Sacrifice comme aux saints Offices de l’Eglise.La piété semble lui avoir été octroyée avec le baptême.Elle se manifeste sans commande et envahit davantage tous les jours son existence.Il devient le protégé de Monsieur Besson, curé de la paroisse, qui, discernant les prévenances de Dieu sur cette âme d’élite, lui assure les études qui lui ouvriront la voie au sacerdoce.Le jeune Louis Querbes n’a jamais douté de l’appel divin à la prêtrise.Sans cesse tourmenté cependant du désir de se dépenser le plus efficacement possible au service de l’Eglise et des âmes, plus d’une fois il voulut tenter le don total de l’état religieux.Docile aux directives du guide de son âme, il restera attaché au ministère paroissial comme vicaire à Saint-Nizier au lendemain de son ordination puis comme curé de Vourles où il se dévouera jusqu’à sa mort.Confrère du saint Curé d’Ars, au Séminaire, il recevait le sous-diaconat à la cérémonie au cours de laquelle saint Jean-Marie Vianney devenait diacre.Ces deux Lyonnais mourront à l’œuvre, à quelques jours d’intervalle et la piété catholique célèbre cette année leur centenaire.Notre admiration des vues de Dieu est grande à la pensée « qu’il y eut à la fois, dans le même diocèse, deux saints curés de village, deux centres de conversion, deux foyers de surnaturelle charité, et même, du point de vue simplement humain, deux héros qui, chaque jour, tiraient de leurs propres forces un rendement à donner le frisson )).De fait, des œuvres innombrables ont marqué la carrière de votre Fondateur dans le ministère.Son dévouement à l’Église s’y manifeste par l’assiduité austère aux devoirs quotidiens de l’assistance LE P.LOUIS QUERBES, MISSIONNAIRE CATECHISTE 227 aux pauvres, de la visite des malades, des séances au confessionnal, de la direction spirituelle des âmes, du catéchisme paroissial, de la prédication dominicale.Comme vicaire à Saint-Nizier, il prodigue sa sollicitude à l’agrandissement et au progrès de l’école cléricale.Le recrutement sacerdotal lui tient au cœur et la formation des jeunes lévites est pour lui une œuvre capitale.C’est ce que déclare nettement son historien: « Mais ce n’était pas tout d’augmenter la tribu des jeunes lévites, l’important était de les préparer pour le sanctuaire, en protégeant et en faisant éclore les germes de vocation que la grâce avait déposés dans leur sein.Dans ce but, l’abbé Querbes déploie toutes les ressources de son zèle ».Toute sa vie, il consacrera ainsi ses énergies en faveur des vocations sacerdotales.Voilà certes une manifestation des moins équivoques du dévouement à l’Église: se dépenser pour fournir au Corps Mystique des cellules vitales d’où jaillit la sève directement puisée aux mérites du Christ.L’abbé Querbes aime l’Église de toute son âme, de toutes ses activités.Son action liturgique fut remarquable.L’on a noté aussi avec édification, sa dévotion au pape.« Il demeurera toujours sans la moindre déviation, orienté vers Rome », déclare son biographe qui appuie son affirmation en écrivant: (( Deux fois au moins il commente le TU ES PETRUS, prêchant la fidélité, l’amour, le respect à l’égard du Saint-Siège.Il montre dans le successeur de Pierre « le fondement contre lequel l’erreur, l’impiété, les railleries sacrilèges, les menées sourdes, les persécutions » sont venues tour à tour se briser.(( Dans toutes les persécutions communes, voyez, dit-il, les pontifes romains pleins de zèle; et, dans celles qui furent spécialement dirigées contre le Saint-Siège, quelle majesté dans les fers ».Et, rappelant quelques paroles du prisonnier de Savone et de Fontainebleau: « que je voudrais donc, s’écrie-t-il, les faire entendre à tout l’univers ».Rien n’est plus facile (( que de former sa foi » en l’appuyant sur le roc de Pierre; rien n’est « plus consolant » que de la sentir ainsi inébranlable ».Tous les sermons, instructions, prédications de retraite du saint Fondateur, reflètent son dévouement à notre Mère la Sainte Église, en même temps qu’ils en témoignent.C’est encore ce dévouement à l’Église que consacre la fondation de votre Congrégation.Les fenants furent l’objet constant de la sollicitude du Père Querbes dans le ministère.Il les réunissait chaque jour pour leur faire le catéchisme; il les initiait à la liturgie, leur apprenant le plein-chant et des cantiques.De ces contacts journaliers avec les jeunes, il sentait 228 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES sourdre en son âme une angoisse qui allait s’accentuant toujours.L’absence d’écoles et d’instituteurs à Vourles condamnait les enfants à l’ignorance.Il s’assura bientôt les services de deux religieuses des Sœurs de Saint-Charles pour l’instruction des filles.Mais restait le cas des garçons.Ce problème tenaillait l’âme apostolique du curé.Son dévouement à l’Eglise, éclairé et fortifié à la lumière de l’histoire, sa prédication rappellera souvent les gloires de l’Eglise de Lyon.Saint Just et son fidèle clerc saint Viateur retinrent sa particulière prédilection.La vie de ces Saints du 4e siècle indiqua à son âme fervente un idéal de vie au service de l’Église du Christ.Il discernera dans le dévouement de Viateur à son évêque, la vocation de l’instituteur, de l’éducateur catholique.A cette flamme, s’éclairera pour son âme une nouvelle étape de sa vie de fils de l’Église.Les évêques, les pasteurs de paroisses, comme saint Just, trouveront leur Viateur et celui-ci l’assistera dans l’œuvre primordiale de la formation des jeunes.Rêve splendide de la plus généreuse et totale oblation ! Le Père Querbes, dont la vie fut si totalement donnée, se constitue lui-même le premier, instituteur, Clerc de Saint-Viateur.Après des années de réflexion et de prière, à la suite d’appels intimes réitérés et de plus en plus pressants, il décide de s’adjoindre des compagnons, des fils, et de les lancer dans l’Église comme auxiliaires des pasteurs pour l’instruction et l’éducation de la jeunesse.La Congrégation des Clercs de Saint-Viateur s’établit et reçut bientôt l’approbation sollicitée de Rome.« Comme beaucoup de prêtres de ce temps, le curé de Vourles est missionnaire dans l’âme.Ses paroissiens ne tardèrent pas à s’en apercevoir.Et pour lui l’idée de catéchisme est indissolublement liée à celle de mission.Le remède fondamental à la déchristianisation, c’est l’instruction religieuse des enfants et des adultes.Jeune prêtre, il songe à fonder des (( Missionnaires catéchistes ».Il n’a pas réalisé ce projet, du moins sous ce titre, mais il est révélateur de son état d’âme et l’on peut bien dire que c’est cela qu’il a été lui-même tout au long de sa vie, un missionnaire catéchiste et aussi un missionnaire du catéchisme ».« Le Père Querbes était né pour le commandement, écrit son biographe qui énumère, à l’appui de son avancé, les traits qui caractérisaient le vénéré Fondateur: « volonté énergique, constante égalité d’humeur, pleine possession de lui-même, un air et un ton d’autorité naturels, une physionomie ouverte et grave, un jugement droit, une raison ferme, en garde contre les influences de la passion; LE P.LOUIS QUERBES, MISSIONNAIRE CATECHISTE 229 avec cela, un grand cœur, un dévouement et un amour sincère; pour la jeunesse, un esprit de foi et une piété remarquable )).En même temps qu’une description du chef, ne trouvons-nous pas ici les qualités du véritable éducateur ?De telles dispositions mises en effet au service d’une noble ambition comme chez le Père Querbes que tourmentait le souci de former (( une génération chrétienne », devinrent normalement génératrices d’une influence effective auprès des enfants, des jeunes et des adultes aux-mêmes.Une génération chrétienne, elle était nécessaire à la France qui sortait du marasme révolutionnaire.Le curé de Vourles s’y dévouera de toute son âme par les œuvres et particulièrement par le catéchisme.La catéchèse est toute inspirée du but à atteindre.« Il commence par enseigner Dieu et le sens religieux de la vie, fidèle, à la tradition évangélique et paulinienne.Ce qui ne l’empêche pas, comme Jésus et comme saint Paul, auxquels il rérère sans cesse, de travailler en même temps à l’éducation morale de ses paroissiens, en fondant sur l’Ecriture et sur le Dogme son enseignement moral », explique le Père Létinier au sujet du Fondateur, missionnaire catéchiste.Fidèle à sa grâce, à l’appel d’En-Haut, il entend perpétuer, par sa famille religieuse, cette action apostolique.Il forme ses fils par son enseignement et ses exemples.Aussi quand le Frère Fayard du premier contingent missionnaire à l’Industrie (Joliette) s’employa dès son arrivée à l’enseignement du catéchisme aux enfants de la première communion, son zèle fut-il couronné d’un succès merveilleux.« Pieux, habile à parler à leur imagination et à leur cœur, catéchiste modèle formé à l’école même du P.Querbes, il exerça sur eux une si salutaire influence, que.le curé de Saint-Paul voulut l’avoir pour ses enfants.Saint-Paul est distant d’une lieue de Joliette; il allait le prendre en voiture tous les jours à une heure de l’après-midi et le ramenait à cinq heures.Le F.Fayard, continue l’historien, eut le bonheur de préparer, cette année-là, dans les deux paroisses, cent dix-huit enfants à leur première communion ».Ces nouvelles d’un apostolat dévoué et efficace devaient apporter au Père Querbes la plus grande consolation.L’établissement du Canada la ménagea au Fondateur après l’insuccès apparent de certaines missions antérieures dans d autres milieux.« Pour la première tois, il voyait le succès couronner une de ses entreprises en pays lointain.C était la justification de sa conduite, la récompense de son zèle et un encouragement à persévérer dans cette voie, c’était 230 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES la réponse du Ciel à ses ferventes prières, à sa foi inébranlable.Il n’avait pas eu tort de tourner ses regards et ceux de'ses enfants hors du diocèse de Lyon, hors de France, vers les pays qui réclamaient des ouvriers évangéliques; il n’avait pas eu tort d’élargir ses ambitions, à la mesure de son amour pour Dieu ».Montréal t Paul-Émile, card.Léger Adapter l’enseignement de la religion Le très Révérend Mervyn Charles Edwards, évêque de Worcester, a averti ses professeurs d’instruction religieuse dominicale qu’il leur faudrait une poigne plus solide pour enseigner la religion aux enfants de notre siècle atomique.Il a déclaré qu’on pouvait toujours chanter aux tout petits des hymnes sur les lapins, les moutons et les fauvettes, mais que les enfants plus âgés trouveraient ça tout simplement « moche ».« Rappelez-vous » dit l’évêque, « que les enfants d’aujourd’hui sont élevés avec les idées de voyages interplanétaires.Nous vivons dans un monde compliqué ».Il a ajouté que le travail des catéchistes consistait plus à faire des « soldats chrétiens » que de « gentils fidèles statufiés ».Trois cents religieuses aux fonderies de Shanghai, en Chine A Shanghai, trois cents religieuses chinoises de toutes Congrégations (Auxilia-trices du Purgatoire, Franciscaines de Marie, Sœurs de la Charité, Ursulines, etc.) sont concentrées dans l’enclos Saint-Joseph (Zah-Sè-yeu), ancien couvent de l’Ordre de la Présentation.Chaque matin, de bonne heure, elles doivent toutes se rendre à « l’usine métallurgique ».Celle-ci n’est autre que l’ancienne résidence des Jésuites de Zi-Ka-wei, située à quelques centaines de mètres de l’Enclos St-Joseph.Le travail consiste à fabriquer de l’acier dans des fourneaux miniatures et il est effectué en commun avec les prêtres de Shanghai.Le nombre des ecclésiastiques employés à ces travaux est inconnu.De temps en temps, des groupes de religieuses sont conduites aux séances d’endoctrinement qui se tiennent au grand séminaire de Zi-Ka-wei; les cours de rééducation politique se donnent dans la chapelle du grand séminaire.Ce grand séminaire abrite 800 jeunes gens et jeunes filles destinés, après une éducation « appropriée », à devenir des leaders politiques.Le nombre de trois cents religieuses astreintes à ces « travaux forcés » ne semble pas exagéré, si l’on sait qu’en 1949, à la veille de la conquête communiste, le diocèse de Shanghai comptait 525 religieuses chinoises.Dans cette même circonscription ecclésiastique il y avait alors 202 religieuses non chinoises, qui toutes ont été expulsées.La R.S.Marie-Lucie Ho, des RR.SS.de l’Immaculée-Conception de Montréal, a été condamnée à trois ans de « stricte surveillance » au chantier de travail de Canton. DOCTRINE Le cmécHisme, noTR€ PRemi€R€ mission Depuis quelques années on parle beaucoup du catéchisme dans notre milieu canadien-français et surtout dans nos communautés religieuses.Le nouveau Programme de religion du cours élémentaire, puis du cours secondaire, a déclenché chez nous un mouvement d’inquiétude et de renouveau pour rendre l’enseignement religieux plus efficace.Puis, nous avons observé de loin la crise du catéchisme en France il y a deux ans environ, crise qui nous a permis de faire le point et de repartir avec un élan nouveau.Enfin, la publication en français du catéchisme allemand connu sous le nom de Catéchisme biblique n’a pas manqué d’impressionner les catéchistes canadiens à la recherche d’une méthode vraiment biblique et liturgique pour enseigner le Christianisme aux jeunes.Comment avons-nous réagi concrètement et positivement en face de ces événements ?Que s’est-il fait chez nous, dans nos communautés religieuses, pour améliorer le cours de religion aux enfants et aux adolescents ?Signalons d’abord les cours de théologie organisés par l’Institut supérieur des Sciences religieuses de l’Université de Montréal où un nombre imposant de religieux, de religieuses et d’instituteurs laïcs a puisé un complément nécessaire de formation doctrinale.De plus, il s’est donné dans plusieurs diocèses des cours de pédagogie catéchistique et d’instruction religieuse plus avancée à de nombreux professeurs de religion avides de mieux remplir leur mission.Surtout n’oublions pas les cours de vacances en Sciences religieuses donnés à Val-Morin depuis deux ans avec la collaboration de l’Office catéchistique provincial et de la Fédération des Religieux éducateurs du Canada.Malgré ces efforts sincères il reste encore beaucoup à faire pour susciter dans notre province un véritable renouveau catéchistique.La récente Lettre pastorale sur Le Prêtre et T enseignement du catéchisme publiée par plusieurs de nos Evêques devrait normalement produire d’abondants fruits.Mais même dans nos communautés religieuses l’essor catéchistique laisse encore à désirer.Pourtant, d’après Jean Guitton, « au fond, comme on le voit dans les pays de Mission, ce n’est pas tant les Prêtres qui manquent que les Catéchistes )) (1).(1) Dimensions nouvelles du catéchisme par I’abbé Paul Vernhet.Toulouse, Ed.E.Privât, 1957, p.3. ê 232 LA vie DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Il ne sera donc pas inutile de nous arrêter brièvement sur la nature de notre mission de catéchistes afin d’en dégager quelques exigences actuelles dans notre milieu.— I — NATURE DE LA MISSION DE CATÉCHISTE Nous avons connu un temps, pas trop éloigné hélas !, où le catéchisme consistait à faire mémoriser aux jeunes les formules d’un petit traité de théologie.On n’y comprenait pas grand’chose, mais peu importe ! Il s’agissait de suivre une pieuse tradition.Cette laçon de faire a été dénoncée par H.Brémond: « La précision-même et la perfection théologique du catéchisme, ce consommé de doctrine où chaque mot prévient une erreur possible ou refoule une subtile hérésie, tout cela ne peut rien dire de réel à l’intelligence de l’enfant.Il est entendu qu’il faut qu’il sache par cœur, mais on ne peut demander d’emblée que ces pages géométriques entrent dans sa vie, le prennent et l’intéressent tout entier )) (2).Quel est donc le but du catéchisme ?N’est-ce pas de nourrir et d’éduquer la foi vive en annonçant une Doctrine de vie ?Sans doute, « la fonction spécifique et la fin prochaine du catéchisme est de transmettre le message de l’Eglise, de donner l’enseignement religieux.C’est par là qu’il joue son rôle nécessaire et primordial dans l’éducation religieuse totale.Si donc le catéchiste doit se préoccuper de la formation actuelle de la conscience de l’enfant, et de l’insertion dans sa vie de l’enseignement donné, il accordera toujours la priorité à l’instruction religieuse proprement dite » (3).Toutefois il s’agit de causer dans l’esprit des jeunes une Doctrine de Vie capable de les engager et de susciter chez eux une réponse personnelle et totale à la Bonne Nouvelle.En somme, le catéchisme n’est pas un enseignement comme les autres.NATURE DE L’ENSEIGNEMENT RELIGIEUX.Le cours de religion est avant tout la révélation d’une Parole vivante, l’annonce d’un Message de vie, l’initiation à un Mystère (2) L’Enrant et la Vie, p.198.(3) Communiqué de /’ Episcopat français sur le catéchisme, dans La Documentation catholique, no 1261.29 sept.1957, col.1271-72. LE CATÉCHISME, NOTRE PREMIERE MISSION 233 d’amour.Aussi le catéchiste doit-il être à la fois un prophète, un héraut de la Bonne Nouvelle apportée au monde par Jésus-Christ en transmettant une doctrine solide et un pasteur, un apôtre qui nourrit la vie de foi dans les âmes qui lui sont confiées.N’est-ce pas Pie XII qui disait un jour à de petits espagnols: « Le Pape veut que, dans le catéchisme, vous appreniez à mettre Dieu au centre de votre vie, à connaître et à aimer Jésus, à vivre de sa grâce et dans la fidélité à observer ses commandements, à être bons, obéissants, appliqués et surtout pieux » (4) ?La Parole de Dieu se présente à la fois comme Vérité et comme Vie: elle doit déclencher un dialogue, une rencontre entre l’homme et Dieu.Le catéchisme, en conséquence, ne consiste pas en un cours de théologie en miniature, encore moins dans l’enseignement d’un beau système logique ou d’un code abstrait de défenses pour « éteindre » la liberté humaine.Il veut faire des croyants et des saints, non pas nécessairement des savants.Et comme cet enseignement s’adresse à des jeunes, il doit respecter leur psychologie et combler leurs aspirations tout en respectant la nature et les caractères propres du message chrétien qui nous apparaît comme quelque chose de divin, de personnel, de communautaire, d’universel et de vital.Cela ne nous empêche pas de lui garder sa forme didactique, comme c’est la coutume dans notre milieu.Mais la classe de catéchisme a besoin d’une atmosphère spéciale, d’un climat sacré à cause du but visé.D’autre part, l’enseignement religieux s’insère dans la pastorale de l’Eglise comme une de ses premières lignes de force.La vie liturgique, l’Action catholique, l’évangélisation des païens en pays de mission exigent tous un enseignement oral et vivant des vérités élémentaires du Christianisme.Même dans notre pays reconnu comme profondément chrétien — ce que certains commencent d’ailleurs à mettre en doute — il nous faut aujourd’hui un catéchisme renouvelé et adapté aux exigences psychologiques et sociologiques de nos jeunes.Nos chrétiens désirent une doctrine vraie, authentique, engageante.Nous n’avons plus le droit de leur servir une religion de façade, de conformisme et de formules ! Le catéchiste vraiment conscient de sa mission dans l’Église et fidèle au mandat qui lui est confié ne peut donc pas se contenter de faire mémoriser des réponses abstraites et sans vie, d’exiger de bons (4) Radio-Message au Congrès catéchêtique de Barcelone, le 7 avril 1946. 234 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES résultats aux examens officiels de catéchisme, encore moins d’utiliser le temps alloué à l’enseignement religieux pour raconter des histoires même édifiantes ou pour faire des exhortations morales sans fondement doctrinal ou sans rapport avec le point à traiter dans telle ou telle leçon.Se contenter des connaissances élémentaires acquises au cours de la jeunesse sans approfondir le Christianisme et sans chercher à acquérir les principes de la pastorale catéchétique, c’est manquer à son devoir d’état.Enseigner la religion comme une autre matière scolaire, sans y mettre son cœur et toutes les ressources de sa personnalité, sans développer en soi une véritable spiritualité de catéchiste, c’est compromettre l’efficacité exigée du catéchisme à l’heure actuelle.— II — EXIGENCES ACTUELLES DE NOTRE VOCATION DE CATÉCHISTES Certains s’étonneront peut-être de nous entendre parler des exigences nouvelles de la catéchèse à notre époque.Ne s’agit-il pas d’enseigner l’Evangile qui date de vingt siècles ?La Parole de Dieu n’est-elle pas la même aujourd’hui qu’il y a cinquante ans ?Le problème semble insoluble pour qui l’aborde superficiellement.En effet, on confond trop facilement la Parole de Dieu elle-même avec la formulation qu’on lui a donnée à telle époque de l’histoire.Est-ce que Notre-Seigneur, les Apôtres et les Pères de l’Église ont donné des cours à leurs auditeurs en suivant un ordre, une méthode et un vocabulaire comme ceux du Catéchisme du Concile de Trente ?Saint Paul, dont la lecture nous paraît pourtant assez difficile, a-t-il prêché aux Ephésiens et aux Romains avec une formulation qui ressemble à notre ancien petit catéchisme ?Bien plus, est-ce qu’il le ferait aujourd’hui à nos jeunes canadiens ?Il ne s’agit donc pas d’une doctrine nouvelle, ni même de méthodes nouvelles.Si le renouveau catéchistique, surtout en Europe, a débuté par un changement de méthodes, il n’en est plus là aujourd’hui.De plus en plus, écrit Franz Arnold, on s’en rendit compte: ce n’est pas seulement à partir de la nature et des besoins des auditeurs, c’est aussi et surtout à partir du caractère propre de la doctrine, à partir du contenu de la Bonne Nouvelle, que le problème catéchétique et homilétique doit être résolu.Les exigences méthodologiques elles-mêmes ne peuvent être satisfaites d’une façon conve- LE CATÉCHISME, NOTRE PREMIERE MISSION 235 nable que si le problème est abordé du biais théologique » (5).Ce n’est pas la doctrine qui se renouvelle, c’est sa conception et sa présentation.Or celle-ci nous apparaît désormais intégrée à une activité pastorale, vivifiée par le renouveau biblique et liturgique.CARACTÈRE DU MESSAGE DE DIEU Quels sont donc ces caractères propres au Message de Dieu et seuls capables de rendre notre catéchèse efficace, authentique ?Interrogeons l’Eglise et voyons comment elle procède dans son enseignement.C’est Mgr Garrone de Toulouse qui résume le mieux la méthode de l’Eglise en trois propositions: « D’abord elle parle plusieurs langues et emploie plusieurs genres de formules.En second lieu, elle enseigne toujours le Credo et rien que le Credo.Enfin, elle ne désintègre jamais l’objet de la foi qui est complexe et revêt plusieurs dimensions » (6).Pourquoi l’Église parle-t-elle la langue de ses définitions, celle de sa liturgie et celle de sa vie à travers l’histoire ?Pourquoi centre-t-elle tout son enseignement sur le grand dessein de Dieu de « ramener toutes choses dans le Christ )) (7) sans sectionner le Christianisme en Dogme, Morale et Spiritualité comme en trois sciences distinctes ?Pourquoi enfin l’Eglise cherche-t-elle à intégrer son enseignement en un tout centré sur le Christ et son Corps mystique et fondé sur la mariage « Bible et Liturgie )> ?Nous voilà parvenus au cœur du renouveau catéchistique actuel.En efiet, le Christianisme n’est pas une matière comme les autres: il est revêtu de certains caractères qui font son originalité comme Message à communiquer.On peut résumer ces caractères en cinq principaux: Le Message de Dieu est divin, personnel, il est DOCTRINE DE VIE, il est COMMUNAUTAIRE et UNIVERSEL.En somme, c’est toute la Parole de Dieu qui se projette dans le monde revêtue de ces caractéristiques.Les négliger dans la catéchèse, c’est tronquer le Christianisme et le dénaturer; c’est tomber dans l’intellectualisme ou l’activisme.(5) Renouveau de la prédication dogmatique et de la catéchèse, dans Lumen Vit ce, vol.III n.3 p.499.(6) Quelle théologie donner au catéchisme ?dans la Documentation catéchistique, n.27, avril 1955, p.25-29.(7) Ephésiens, 1, 10. 236 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES LE MESSAGE DE DIEU EST DIVIN Si la Parole de Dieu que nous transmettons est divine dans son origine comme dans son contenu, il faudra en tenir compte dans renseignement religieux.On ne commencera pas par un exposé savant et abstrait, quel que soit le manuel utilisé.On partira du concret, de la vie, du sensible, pour introduire ensuite les auditeurs au cœur même du Mystère.Après cela seulement, il sera opportun, voire même nécessaire, d’exprimer la vérité acquise non seulement dans une prière ou une résolution, mais aussi dans une formule concise et systématique sur le plan intellectuel.C’est elle qui fait l’objet de la mémorisation.Au surplus, pour respecter le caractère divin du Message, la catéchèse doit se faire dans un climat et dans une ambiance sacrés.Cette atmosphère surnaturelle peut sembler, à première vue, s'opposa aux principes de la pédagogie active qui veut de la vie et de la joie au catéchisme.L’activité qu’il faut promouvoir dans l’enseignement religieux n’est pas synonyme de bruit, de mouvement extérieur et de bricolage.C’est une activité intérieure, de l’âme surtout, des facultés surnaturelles que sont les vertus infuses et les dons du Saint-Esprit.A cette fin, le catéchiste verra à ce que le cadre extérieur, le local, l’heure de la journée, les procédés utilisés, le matériel didactique et les attitudes provoquées chez les auditeurs soient vraiment en harmonie avec le but à réaliser.Un Message divin ne s’enseigne pas comme un problème d’arithmétique, ni comme une leçon de géographie.LE MESSAGE DE DIEU EST PERSONNEL Le second caractère de la Parole de Dieu, c’est sa personnalité.Qu’est-ce à dire ?Le Christianisme, comme son nom l’indique, se trouve centré tout entier sur la Personne de Notre-Seigneur Jésus-Christ.Il est la Parole vivante et personnelle de Dieu.Le Christ n’est pas une idée confuse, une abstraction théologique; il est l’Envoyé de Dieu, l’Emmanuel, c’est-à-dire Dieu parmi nous.« Le Message, dit M.le Chan.Maiale, c’est essentiellement Jésus qui accomplit l’histoire ancienne et commence la nouvelle.Il est au centre; tout ce qui le précède conduit à lui; tout ce qui suit découle de lui (8).(8) Le Prêtre, Ministre de la Parole.Congrès de l’Union des Oeuvres à Montpellier 1954.Paris, Ed.Fleurus, 1954, p.82. LE CATÉCHISME, NOTRE PREMIERE MISSION 237 Connaître et aimer Jésus-Christ: voilà le Christianisme dans toute sa pureté.« Je suis la Voie, la Vérité, la Vie » dit-il lui-même.(9).En conséquence, notre catéchèse doit être christocentrique, ramenée au Seigneur en qui se réalise l’admirable échange entre l’homme et Dieu.Toute la synthèse du Christianisme se fait autour du Christ: unité verticale d’abord, ayant comme ordre le suivant: Dieu — Jésus-Christ — l’Eglise — le chrétien; unité horizontale également, dans laquelle on voit le Christ réunir autour de sa Personne: Bible — Dogme — Morale — Grâce — Eglise — Liturgie — Spiritualité — Histoire.Ainsi les jeunes se sentiront engagés à la suite d’une Personne bien vivante et attrayante.Us aimeront quelqu’un de concret, d’existant et pourront dire avec saint Paul: (( Pour moi, la vie c’est le Christ » (10).LE MESSAGE DE DIEU EST DOCTRINE DE VIE Le Message de Dieu consiste en une doctrine de vie: voilà son troisième caractère.« Je suis venu, dit Jésus, pour qu’ils aient la vie et pour qu’ils l’aient en abondance » (11).Dieu nous révèle sa Vie intime au sein de la Trinité; Il nous donne sa propre Vie par la Grâce; Il nous envoie son Fils comme Rédempteur et comme source de vie, par l’Eglise et les sacrements, Dieu augmente notre vie divine et nous conduit à la vraie Patrie au ciel.Il ne s’agit donc pas d’un système philosophique ou d’une simple science à connaître, mais bien d’un Message joyeux capable d’émouvoir les esprits et les coeurs et de déclencher la réponse libre et amoureuse de l’homme aux appels incessants de Dieu dans notre vie de chaque jour.Le catéchiste qui communique cette doctrine de vie ne peut se contenter de formules expliquées en classe et mémorisées ensuite pour les examens, ni d’un enseignement moralisateur, voire même casuistique, où l’on montre jusqu’où le pécheur peut aller sans risquer l’enfer ! Son devoir comme prophète qui parle au nom de Dieu et comme pasteur qui nourrit les brebis, c’est de favoriser le contact entre Dieu et les âmes qu’il catéchise.Son enseignement doit être à la fois positif et psychologique, c’est-à-dire respectant l’unité et l’intégrité de la doctrine autant que les ressources et les aspirations des personnes à qui il s’adresse.(9) Jean, 14, 6.(10) Philippiens, 1, 21.(11) Jean, 10, 10. 238 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES LE MESSAGE DE DIEU EST COMMUNAUTAIRE En quatrième lieu, le Message de Dieu nous apparaît avec évidence comme communautaire.Le Plan divin n’est pas avant tout le salut de chacun considéré individuellement, mais la gloire de Dieu procurée par l’édification définitive du Corps mystique.Construire l’Église qui est la grande famille des enfants de Dieu unis à Jésus leur Chef: tel est le but premier de notre existence terrestre si nous voulons parvenir au Royaume des Cieux.Evidemment, on remplit sa fonction dans la Communauté ecclésiale en se sanctifiant soi-même d’abord.Mais tous les efforts du chrétien pour progresser dans la vie intérieure doivent avoir une mystique et un esprit communautaires.Comme le Christ, nous devons dire:
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.