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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
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  • En son nom
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La vie des communautés religieuses /, 1969-05, Collections de BAnQ.

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la VI© des communautés religieuses MAI 1969 ADMINISTRATION La Vie des Communautés religieuses est publiée par les Franscis-cains de la Province Saint-Joseph au Canada.La Direction est assurée par le R.P.Laurent Boisvert, o.f.m., assisté d’une équipe de théologiens de diverses communautés religieuses.Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles.Secrétaire et administrateur : V.F.Réal Prévost, o.f.m.On souscrit directement à la revue, sans l’intermédiaire des librairies ou des agences.Tout ce qui concerne la revue (envoi de manuscrits, consultations, service bibliographique, administration) doit être adressé à : La Vie des Communautés Religieuses 5750, boul.Rosemont Montréal 410, Canada Souscription : $4.00 Tél.259-6911 La VIE des communautés religieuses MAI 1969 Vol.27 - n° 5 Richard Bergeron, Les « nouveaux » religieux face à l'o-o.f.m.béissance et à l#autorité.Après avoir signalé certaines imprécisions concernant Vobéissance religieuse, VA.affirme que cette obéissance est une manière spéciale de vivre « Vobéissance de la foi » exigée de tout vrai disciple du Christ, quelle est aussi un moyen particulier de l’intensifier en nous.Quant à l’autorité, elle doit être exercée par une personne adulte, lucide, courageuse, prudente, humaine, dans la vérité et dans la charité ; en un mot, elle doit être évangélique.M.-A.Santaner, Au service de la connaissance de Dieu o.f.tn.Cap.Pour que la vie religieuse se maintienne et redevienne prospère, il faut quelle se veuille au service de ce qui est sa fin propre : la recherche de la connaissance vécue et vraie du Dieu de Jésus-Christ.Voilà pourquoi les responsables de la vie religieuse doivent être avant tout des maîtres spirituels, capables d’aider les autres à connaître et à aimer Dieu.Rencontre avec le P.René Voillaume Les livres LES “NOUVEAUX” RELIGIEUX FACE À L'OBÉISSANCE ET À L'AUTORITÉ Les progrès techniques et sociaux et les courants de pensée qui circulent dans le monde ont profondément modifié les comportements de l’homme et ses manières de penser.Les « nouveaux » religieux sont le produit de cette civilisation technique qui se développe sous le signe de l’abondance, de la planification et de la sécularité.Ils sont marqués par cet enthousiasme pour le progrès qui les tourne résolument vers l’avenir au détriment du passé.Ils sont habitués à un rythme de vie qui est différent de celui de la communauté religieuse traditionnelle.Ils ont un sens aigu des valeurs communautaires et sociétaires et ils s’estiment solidaires de toute l’humanité.Ils trouvent intolérable de vivre dans une société fermée.Ils préfèrent le courage à la prudence, la spontanéité à l’ordre, la compétence à l’expérience, la contestation à l'installation, la recherche sincère à une vérité imposée.Ils sont d’une franchise déconcertante.Ils ont plus de respect pour une vie authentique que pour une vie « édifiante ».Ils sont profondément marqués par cette atmosphère de liberté de pensée qui n’hésite pas à mettre en question les valeurs les plus saintes.Ils abhorrent le sophistiqué et l’i-nauthentique.Ils affichent une foi profonde dans la personne humaine, qui est appelée à se dégager de ses conditionnements pour s’épanouir dans la liberté, la sincérité et la vérité.Les « nouveaux » religieux sont facilement anticléricaux ; ils supportent mal tout ce qui sent le cléricalisme dans la pensée, dans le comportement ou le costume ; et ils veulent se libérer d’une sacralisation indue des valeurs et des tâches temporelles.Une telle attitude psychologique est-elle compatible avec l’obéissance religieuse ?A en croire certains, les « nouveaux » religieux auraient perdu le vrai sens de l’obéissance ; ils ne croiraient plus à 130 l’autorité, n’auraient plus de respect pour elle, discuteraient les ordres reçus et feraient fi des structures et des lois existantes.Ce serait de jeunes turcs révoltés ne faisant qu’à leur tête et ignorant jusqu’à l’ABC de la vie religieuse qui consiste à « mettre sa volonté entre les mains d’un supérieur ».Tout cela est-il bien exact ?Qu’il y ait parmi les « nouveaux » religieux des individus irresponsables qui méritent ces accusations, personne ne le conteste.Mais la masse des « nouveaux » religieux échappe à ces diatribes.Quelle est donc leur véritable attitude en face de l’autorité ?L'obéissance démythisée Les « nouveaux » religieux estiment que l’essence de l’obéissance ne consiste pas à se mettre sous une autorité que l’on choisirait librement.Ils trouvent illégitime pour un adulte de se mettre spontanément et sans raison sous la volonté d’un individu que Dieu n’a pas constitué comme ayant des droits sur lui.Le Pape, l’évêque, le gouvernement civil, etc., sont des autorités antérieures à nous et qui s’imposent à nous indépendemment de notre vouloir personnel.Et l’homme a le devoir d’épanouir sa liberté à travers les conditionnements de ces autorités.Mais qu’un homme décide de confier sa vie à la gestion d’autrui et de placer sa volonté sous une juridiction étrangère, cela ne représente en soi aucune valeur morale, parce que la liberté est un bien que l’homme a le devoir d’administrer selon ses responsabilités propres.La liberté est l’instrument de l’auto-création de l’homme.Le simple fait de confier cette liberté à la gérance d’une volonté étrangère n’est pas de soi positivement moral.En tout cas, ce n’est pas nécessairement plus méritoire que l’autonomie qui assure la prise en charge intégrale de son existence personnelle.Car il n’est pas dit qu’il soit toujours plus difficile d’obéir que d’assumer totalement ses responsabilités et de prendre les initiatives qu’imposent les circonstances de la vie.Cette mise en tutelle serait même immorale si elle était une fuite de ses responsabilités ou une peur des ennuis de la vie.Le fait brut de se mettre sous la volonté d’autrui devient partie intégrante du conseil évangélique de l’obéissance quand il est motivé par une intention, une motivation évangélique, quand il s’enracine dans la recherche du Royaume.En outre, les « nouveaux » religieux ne voient plus dans le supérieur le héraut et l’interprète infaillible de la volonté de Dieu.131 Ils ne croient plus que la cloche est nécessairement la voie de Dieu qui leur demande de se lever ou de se coucher, de manger ou de prier, de parler ou de se taire.Ils ne croient plus que les lois expriment nécessairement la volonté de Dieu sur nous.Ils ne croient pas davantage que le commandement du supérieur, considéré dans son contenu objectif, manifeste nécessairement ce que Dieu attend d’eux.Ils n’ont aucune garantie que la cloche, la loi ou le commandement coïncident objectivement avec les exigences de la volonté de Dieu aujourd’hui, même s’ils sont juridiquement et moralement justifiables.Rien ne les assure que le contenu objectif de l’acte commandé exprime la volonté de Dieu.Car qui pourra jamais connaître la sagesse abyssale du plan de Dieu sur le monde et la dire aux hommes ?De plus, pour les « nouveaux » religieux l’obéissance n’est pas un simple moyen destiné à garantir l'harmonie dans une communauté et la coordination de ses membres en vue du bien commun.Il faut des règlements pour assurer la bonne marche d’une communauté.On doit s’y soumettre.En elle-même, cette soumission est semblable à celle du laïc qui observe les lois de la circulation, qui ne fume pas pendant son travail, qui doit être à l’usine à huit heures.A ce niveau, les « nouveaux » religieux considèrent que leur obéissance n’est qu’une simple soumission à l’instar de celle de tout homme.La soumission à ces « lois » ne constitue pas l’essence de l’obéissance religieuse, même si, au plan phénoménal, elle semble en recouvrir le contenu quotidien.Enfin, aux yeux des « nouveaux » religieux, l’obéissance religieuse, considérée comme soumission spontanée à une autorité choisie librement, n’est pas directement à l’image de celle de Jésus-Christ, bien qu’elle puisse être concrètement une participation à sa croix.Le Christ s’est fait obéissant.Son obéissance au Père constitue le contenu de son existence et la forme même de sa vie.Toute sa mission s’exprime en termes d’obéissance.Jamais il n’agit selon ses caprices ; il accomplit toujours la volonté du Père en y soumettant sa liberté humaine.Il s’applique à découvrir les exigences de Dieu sur lui et y conforme sa vie en toute fidélité.Toute sa vie n’a été qu’une obéissance radicale.A la fin, il se soumet jusqu’à la mort à des autorités qu’il na pas choisies, mais qu’il a trouvées en place en prenant la condition humaine dans un milieu juif.Le 132 Christ ne s’est jamais rendu dépendant d’une autorité étrangère qu’il aurait choisi spontanément.Jamais il n’a demandé à Pierre, le chef des Apôtres, d’être son supérieur.Jamais son obéissance au Père ne passe par le truchement d’une autorité qu’il se serait donnée à lui-même.Notre obéissance religieuse est à l’image de celle de Jésus seulement en tant qu’elle est soumission radicale au Père.Et cette soumission au Père se réalise fondamentalement dans l’acte de foi avant de s’exprimer par le vœu d’obéissance.C’est d’abord la foi qui est obéissance radicale à Dieu.En ce sens, le Nouveau Testament parle d’obéissance à la Parole (Rm 6, 17), d’obéissance à la vérité (IPI, 22), d'obéissance à l’Evangile (2 Th 1,8), d’obéissance à la Bonne Nouvelle (Rm 10, 16).Autant d’expressions qui explicitent ce que Paul entend par la très belle formule : « l’obéissance de la foi» (Act 6, 7 ; Rm 1, 15 ; 16, 26).Par notre foi nous nous désapproprions de notre volonté propre en optant pour les valeurs que Jésus nous propose et en réglant notre vie non d’après nos caprices et nos intérêts, mais d’après la volonté du Christ, d’après les exigences évangéliques.Et l’obéissance religieuse, qui consiste essentiellement dans une adhésion définitive à une forme de vie en conformité avec les conseils évangéliques, fournit un cadre apte à la réalisation d’une meilleure obéissance de la foi.En d’autres termes, on doit considérer l'obéissance religieuse comme une modalité d’expression de l’obéissance de la foi.Par ce biais, elle s’insère dans l’obéissance du Christ au Père.L'autorité repensée L’attitude des « nouveaux » religieux en face de l’autorité se fonde sur une vision théologique particulière des valeurs engagées dans l’obéissance et l’autorité.Voici, rapidement esquissées, les grandes lignes de cette conception théologique.L’Eglise est le peuple de Dieu en marche vers la rencontre de son Seigneur.L’Eglise porte en elle la révélation de Dieu ; en elle la Parole devient vivante.Cette Parole est comme une lumière qui illumine sa route et lui indique la volonté du Seigneur.Cette Parole interpelle l’Eglise aujourd’hui.Cette Parole est un appel à un dépassement continuel, à un dégagement toujours plus profond des 133 superfétations inutiles et à une fidélité toujours plus grande à la volonté du Seigneur.Cette Parole est aussi un envoi vers le monde.La Parole est dite à l’Eglise pour le monde.La Parole est une nourriture ; mais elle est aussi un programme d’action.Grâce à la Parole qui l’envoie, l’Eglise ne peut être fermée sur elle-même ; elle doit être ouverte au monde ; elle est essentiellement missionnaire.L’Eglise n’est pas une grandeur juxtaposée au monde ; elle est dans et pour le monde.Elle a une mission, une tâche particulière à réaliser dans le monde.Pour accomplir cette tâche, l’Esprit a pourvu l'Eglise de charismes multiples et infiniment variés.Chaque chrétien reçoit de l’Esprit un don particulier en vue du bien de l’Eglise et de l'accomplissement de sa mission dans le monde.Tout individu a une vocation particulière ; il a une tâche spéciale à accomplir.Et s’il ne la réalise pas, il manquera toujours quelque chose à l’édifice de l’Eglise et à la construction du monde.Cet appel particulier de l’Esprit s’inscrit dans la nature de la personne, ses qualités, ses talents, ses dons spirituels ; et il découle des exigences concrètes et particulières de la Parole, Aussi le chrétien doit-il se mettre à l’écoute de la Parole pour saisir les exigences spécifiques de la volonté de Dieu sur lui.Certains chrétiens estiment qu’il leur est préférable de réaliser cette vocation particulière dans une vie de célibat en communauté.Ils estiment qu’une vie en communion avec d’autres hommes partageant le même idéal les aidera à mieux saisir les exigences de l’appel de Dieu sur eux et à mieux les mettre en pratique.Et ils décident d’opter pour une communauté qui propose, à l’intérieur d’une structure déterminée, un idéal de vie conforme aux conseils évangéliques.Or — et c’est ici que nous débouchons sur l’autorité et l’obéissance religieuses — une communauté d’hommes ne peut exister sans une autorité.S’engager dans un idéal de vie communautaire, cela inclut la nécessité d’une soumission à une autorité vivante.Devenir religieux, ce n’est pas se mettre sous la volonté d’un supérieur, mais partager le mode de vie d’une fraternité à l’écoute de la Parole.C’est en fonction des quatre réalités : Eglise, monde, individu et communauté, que l’on doit envisager l’autorité et son exercice.La Parole de Dieu est la norme de toute vie et de toute auto- 134 rite humaines.Personne ne peut prétendre à la possession intégrale de la Parole de vérité.C’est la Parole qui nous possède en nous envahissant comme une réalité vivifiante et non comme une vérité abstraite et spéculative ; elle nous possède en s'imposant à nous avec l’autorité du Christ ; elle nous possède enfin en transcendant nos pensées et nos formules humaines, si bien qu’elle ne peut à proprement parler être saisie par l’homme.En toute rigueur de termes, nous ne pouvons pas dire que l’Eglise possède la Parole de vérité.La Parole est confiée à l’Eglise comme un don divin.L’Eglise n’en devient pas pour autant propriétaire ; la Parole ne devient jamais son bien à elle.Aussi l’Eglise doit-elle continuellement vivre en état de service de la Parole.Cela veut dire qu’elle doit se laisser saisir plus profondément par la Parole en cherchant à en comprendre les exigences vitales et à en saisir les appels pour aujourd’hui.La Parole n’est pas un livre.Le livre des Ecritures devient Parole de Dieu quand il est porté par l’Eglise qui se sent interpelée dans la foi ici maintenant.C’est aujourd’hui que la Parole est vivante et qu’elle lance son appel à travers les hommes de notre temps, à travers les consciences individuelles et collectives, à travers les grands événements de notre époque.L'appel de la Parole a lieu maintenant.Et si nous ne l’entendons pas aujourd’hui, peut-être que la Parole nous dira autre chose demain ; et nous aurons été infidèles à son appel.Aujourd’hui, si vous entendez sa voix .L’aujourd’hui de la Parole exige une fidélité de tous les jours.Demain, il sera peut-être trop tard.L’appel de la Parole ne se fera plus entendre ; demain la Parole nous interpellera autrement.C’est cet appel de la Parole qui aujourd’hui détermine la tâche de l’Eglise.Cette tâche est toujours commandée par les exigences actuelles de la Parole.La Parole crée la mission.Cette Parole qui interpelle l’Eglise universelle s’adresse de façon particulière, avec des exigences propres, à chaque communauté de chrétiens comme à chaque individu qui la compose.La Parole détermine aussi la mission de la communauté aujourd’hui, comme elle détermine la vocation et l’orientation de chaque personne dans la communauté.Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux, dit le Seigneur.Cette présence de Jésus n’est pas muette ; elle interpelle chaque jour la communauté et ses membres.Cela veut dire que personne dans la commu- 135 nauté ne peut prétendre monopoliser l’appel que la Parole du Seigneur adresse à la communauté.La saisie de la Parole ne peut se faire parfaitement par un seul individu.Car pour saisir l'appel de la Parole sur la communauté et sur les personnes qui la composent, il faut dépasser le cadre de la communauté elle-même et s’ouvrir aux appels que la Parole fait à l’Eglise en faveur du monde.La présence est active non seulement dans l’Eglise mais au coeur même du monde.Ainsi les grands événements qui se produisent dans l’Eglise et le monde sont des Paroles qui interpellent les chrétiens.La vie de Jésus correspond parfaitement au dessein de Dieu ; elle est, pour ainsi dire, la transposition anthropologique du plan de Dieu sur l’homme.La vie de Jésus nous révèle le Père ; elle est « parlante » de Dieu ; elle est Parole de Dieu.Et elle devient pour le croyant la clé d’interprétation de l’histoire.A l’aide de cette clé, il doit déchiffrer et interpréter les événements majeurs de la vie de la société et de la vie des individus.Ces événements sont vraiment signes d’une Parole de Dieu ; ils deviennent « parlants » pour nous ; et le chrétien y lit une Parole qui 1*interpelle.Saisir la Parole, quelle tâche difficile ! Cela suppose une connaissance profonde des grandes orientations théologiques et pastorales de l’Eglise et de ses grands besoins actuels ; cela suppose que l’on connaisse les urgences complexes du monde contemporain ; cela suppose la connaissance des structures de ce monde et des diverses sciences de l’homme, car l’appel de Dieu aujourd’hui ne fait pas fi de la vérité humaine que ces sciences révèlent.La complexité croissante de la vie moderne et la nécessité de la compétence dans une foule de domaines rendent la saisie de la Parole si difficile qu’aucun individu dans une communauté ne peut s’estimer apte à découvrir, seul, les exigences de la Parole sur la communauté et sur chacun de ses membres.C’est pourquoi il revient à la communauté elle-même, c’est-à-dire à chacun de ses membres selon ses charismes personnels, selon ses connaissances et selon sa place dans la structure de la communauté, de découvrir les appels de la Parole en tâchant de déchiffrer les signes des temps et de lire le message de Dieu à travers les choses, les événements et les hommes.Que devient l’autorité dans une telle perspective ?L’autorité est une donnée seconde par rapport à la communauté.On doit se garder de sortir le supérieur de la communauté ; il n’est pas au- 136 dessus mais dans la communauté.Le supérieur doit résolument renoncer à une vie parallèle à celle de ses frères — vie parallèle entrecoupée de rencontres où deux pouvoirs s’affrontent plus ou moins ouvertement, où deux puissances sont mises en présence : celle du supérieur et celle des sujets.Le supérieur doit avant tout « vivre avec », comme un frère parmi d’autres frères, comme un chercheur de Dieu parmi d’autres chercheurs de Dieu.La communauté a une responsabilité particulière par rapport aux appels de la Parole.Tous les frères sont co-responsables, chacun à sa manière, de la responsabilité de la communauté.Par rapport au monde extérieur, le supérieur joue le rôle de porte-parole et de représentant de la communauté ; il doit la refléter et parler en son nom.Par rapport aux membres de la communauté, il remplit la fonction d’éveilleur et d’animateur.Son rôle particulier consistera à instaurer dans la communauté une atmosphère où la connaissance mutuelle et le dialogue pourront fleurir, et à animer la communauté afin qu’elle puisse arriver plus facilement à la découverte de la Parole de Dieu qui aujourd’hui s'adresse à elle et à ses membres.Le supérieur, comme tous les frères et avec eux, cherche à découvrir les appels de la Parole ; son rôle particulier sera de favoriser cette attitude d’écoute dans la communauté.Une fois l’appel de la Parole découvert, la communauté verra à conformer l’acte à la Parole.Le supérieur, en vertu de sa tâche, possède le charisme de l’autorité.Toujours à l’écoute de la Parole de Dieu, le supérieur a un pouvoir spécial pour discerner la qualité des inspirations d’un frère ou de la communauté.En dernier lieu, après avoir vécu, dialogué, prié avec tous ceux dont il a la charge, il peut et doit prendre position, même si sa décision ne rencontre pas parfaitement la pensée commune.En aucun cas pourtant, sa décision ne peut ignorer le consensus auquel la communauté est arrivée à la suite de sa recherche de la Parole.Ce serait un abus de l’autorité de s’élever au-dessus de la commuauté et de décider comme elle l’entend sans respect aucun pour le consensus commun.Je ne me situe pas ici, on le devine bien, au niveau du train-train quotidien.Le supérieur peut bien décider à sa guise de quelle couleur il faut peindre la clôture du jardin, quelle sorte d’ampoules électriques il faut mettre au lustre, ou qui va présider la célébration eucharistique.Toutes ces choses relèvent de la charge qui lui est 137 confiée dans la communauté.Il est libre d’agir dans son domaine propre comme il l’entend, selon le meilleur de son jugement — tout comme les autres titulaires des différentes charges.— A ce niveau, le supérieur peut décider comme il l’entend au meilleur de sa connaissance.Mais quand on se situe au niveau qui est le mien ici, au niveau de la Parole, c’est-à-dire au niveau où se vit vraiment l'obéissance religieuse dans sa substance même, c’est-à-dire au niveau des orientations et de la mission d’une communauté, et de la voca-ion et de la vie des personnes qui la constituent, alors les choses changent du tout au tout ; car il s’agit alors d’une question de fidélité créatrice de la communauté et des personnes au Christ-Jésus.Si là encore l’autorité garde son droit de décider, elle ne peut en user sans tenir compte du consensus de la communauté.Autrement elle s’érigerait en propriétaire de la communauté et se poserait pratiquement comme sa propre norme.La Parole saisie aujourd’hui est donc la norme ultime à laquelle la communauté, sujets et supérieur, doit conformer sa décision.La vérité est le principe directeur qui doit présider à la recherche des appels de la Parole.Dans le domaine de l’action, la recherche des exigences de la Parole se fait en fonction d’un engagement existentiel de la communauté et de ses membres, donc en fonction d une attitude à prendre ou d’une conduite à suivre en réponse à 1 appel de la Parole.A ce niveau de l’agir c’est l'opportunité ou la convenance — et non plus la vérité — qui est le principe directeur immédiat de notre démarche.En d’autres termes, si la décision de la communauté et de l’autorité doit être conforme aux appels de la Parole, elle doit également respecter les exigences de l’opportunité, c’est-à-dire tenir compte des circonstances concrètes.L’opportunité doit présider à la mise en œuvre de la décision et trouver les modalités concrètes susceptibles de favoriser concrètement la fidélité à la Parole.Certes la vérité et l’opportunité ne peuvent pas en principe se contredire ; car le véritable bien de l’homme ne va jamais à l’encontre de la vérité de Dieu.En pratique cependant le vrai et l’opportun ne coïncident pas toujours.L’opportunité devra parfois tempérer les exigences de la vérité au profit du bien commun ou du bien des personnes.En d’autres termes, le mieux est parfois ennemi du bien.Le mieux, c’est ce qui correspond aux exigences totales et idéales de la Parole aujourd’hui ; le bien, c’est ce qui correspond aux requêtes de l’opportunité.Il y a presque toujours un écart entre 138 la réponse idéale et abstraite à la Parole et la réponse concrète que les circonstances imposent.Dans le domaine de l’action, on devra donc toujours prendre le point de vue de l’opportunité.On doit viser à une mise en œuvre opportune de la vérité.Le critère de l’opportunité, c’est la fin que l’on poursuit dans son action ou décision, — cette fin devant être intégrée dans le projet de sa vie personnelle et dans la finalité de la communauté.Une action ou une décision qui serait totalement étrangère au projet personnel ou à la finalité communautaire serait inopportune même si, en soi, elle était bonne et vraie.Le critère de l’opportunité, ce n’est pas la bonté morale ou la vérité, c’est la finalité.Toute opportunité qui ne se fonderait pas sur ce critère serait fausse et dégénérerait en opportunisme, qui est l’attitude politique de celui qui, poussé par son intérêt, se conforme aux circonstances au détriment de ses principes et du bien des hommes.De plus, la vérité a une valeur universelle et absolue ; l’opportunité n’a qu’une valeur relative et particulière parce qu’elle est déterminée par le hic et mine des situations concrètes.Ce qui est opportun dans un pays ne l’est pas nécessairement dans un autre ; ce qui était opportun hier, ne l’est pas nécessairement aujourd’hui.L’opportunité varie suivant les lieux, les temps et les personnes.La communauté, supérieur et sujets, sera appelée à prendre des attitudes divergentes et mêmes opposées suivant les temps et les personnes.Cela exige une grande lucidité dans la saisie des situations concrètes.Au contraire de l’opportunisme qui est lâcheté, l’opportunité demande du courage, car elle pourra parfois commander une action qui va matériellement à rencontre d’une loi faite à Rome, parce que cette loi est tout à fait inopportune à Montréal ou à Tokyo ou dans la jungle du Pérou.L’opportunité est une forme de nécessité et la nécessité n’a pas de loi.L’opportunité crée nécessairement la diversité dans les formes et les attitudes.Ce décalage entre la vérité abstraite et la décision pratique, causé par l’intervention du principe de l’opportunité, risque de s’approfondir davantage quand intervient le principe de l’économie.J’emploie ce mot au sens newmanien.L’économie est la loi qui règle les rapports entre les hommes.Elle est faite de réserve, de modération, de patience et de temporisation.L’attitude économique est celle qui respecte la situation particulière de chacun et tient 139 compte de ses catégories mentales, de ses connaissances et de ses dispositions psychologiques et morales, dans le but soit de l’amener graduellement à une saisie totale de la vérité, soit d’obtenir de lui un meilleur rendement, soit enfin de ménager les exigences de la charité.La vérité peut être dure, froide, parfois homicide ; elle peut être incomprise et inacceptée.Aussi le principe de l’économie doit-il intervenir chaque fois qu’il s’agit d’attitude concrète ou de décision pratique.La position de saint Paul devant le problème des idolothytes est un exemple typique d’une décision économique (I Co 8).L'autorité désirée L’attente des « nouveaux » religieux à l’égard de l'autorité concerne autant les personnes qui l’exercent que la forme impersonnelle quelle revêt à travers les temps, c’est-à-dire les lois, les constitutions, les coutumiers.Les « nouveaux » religieux espèrent vivre l'obéissance dans un contexte vital plus humain, plus authentique et, conséquemment, plus ouvert à une attitude de foi profonde et dans un dialogue simple et franc dont les interlocuteurs répondent aux exigences les plus élémentaires : être soi-même et accepter l'autre inconditionnellement.A titre d’orientation, disons que l’attente des « nouveaux » religieux semble se centrer sur trois points •essentiels : le supérieur lui-même, l’exercice de l’autorité et enfin le supérieur au sein de la communauté.Les « nouveaux » religieux désirent d’abord que le supérieur soit un adulte qui a déjà réalisé un certain accomplissement de lui-même, un adulte qui sait se prendre en charge et être responsable tant de son passé que de son présent ; un adulte qui peut ainsi engager et soutenir un dialogue réel avec tous ses frères.Cette maturité humaine est la base d’une foi adulte ; rengagement chrétien qu’est la profession suppose ce minimum de liberté spirituelle et de courage pour répondre à Dieu dans la fidélité et pour vivre cette option avec vérité au cœur même des drames de l'existence.Il y a un lien entre la maturité humaine et le dynamisme d’une foi adulte.Les hommes qui mettent leur foi en Dieu et qui acceptent un de leurs semblables pour les guider espèrent bien trouver en lui cette double maturité, humaine et spirituelle.Chez un adulte, on espère découvrir beaucoup de lucidité.140 Cette lucidité se rapproche étroitement du discernement qui est la qualité des voyants et de ceux qui savent discerner dans leur temps et parmi les hommes de leur entourage les signes divins d’une époque.Le supérieur doit être lucide pour percevoir ces appels et envisager concrètement avec la communauté les réponses qu’il faudra apporter à cette interpellation divine.Cette lucidité est aussi une attention à chaque personne qui forme la communauté et y participe.Elle ne peut écarter les personnes et les événements, car Dieu parle par eux.Le supérieur doit aider chaque membre de sa fraternité à se réaliser pour accomplir ainsi la volonté du Père sur lui.Cette lucidité est à sa manière une contemplation de l’œuvre de l’Esprit au sein de la fraternité et de ses membres et en même temps une admiration qui débouche en action de grâces et en agir.Une fois saisis avec exactitude les appels divins, le supérieur doit avoir le courage de conformer l’acte à la Parole et d’entraîner la communauté dans ce mouvement ou de la suivre.Ce courage exige bravoure, risque spirituel, responsabilité et fidélité créatrices.Cette énergie est nécessaire ‘lorsqu’il s’agit de prendre position quant à un événement ou une personne.Ce courage spirituel n’est pas bohème ; il sait user de compétence, de la sienne et de celle des autres.Il sait aussi approfondir un problème et méditer un événement.Les circonstances exigent souvent des connaissances que le supérieur ne possède pas toujours ; la compétence des autres aidera à opter pour un jugement droit et à le mettre en œuvre avec force.L’autorité sait user de prudence.Lorsqu’on parle de prudence, on n’entend pas les ronronnements d’un homme incapable de décision ou ses éternelles hésitations.Ce mot indique une capacité de conduire les autres avec justesse, d’adapter des exigences générales à des hommes bien concrets, de trouver les temps opportuns et les.circonstances favorables.En exigeant comme supérieur un homme lucide, courageux, compétent et prudent, les « nouveaux » religieux espèrent que l’exercice de son autorité en sera marqué ; ils désirent un exercice humain de l’autorité.L’autorité d’un supérieur religieux doit aussi répondre aux exigences d’une saine psychologie.Il y a tout un fondement humain à l’exercice de l’autorité.Le fait d’être juridiquement nommé supérieur ne crée pas pour autant un meneur d’hommes.Même si l’obéissance religieuse fait appel à des motifs de foi.141 1 autorité qui la demande n'est pas dispensée de tout son caractère naturel.L’obéissance et l’autorité chrétiennes exigent l’« assuma-tion » de leurs composantes humaines.L’autorité s'exerce en faisant appel à des relations inter-humaines basées sur la confiance mutuelle, le tact, le respect absolu des êtres, etc.Les « nouveaux » religieux ne veulent plus d’une attitude angélique ou surnaturaliste : celle-ci est souvent un camouflage d’une impossibilité d’agir avec les religieux comme un homme réel qui lui aussi a livré sa vie au Père dans le Christ.Pour obéir, faudrait-il être moins humain ?Et pour exercer 1 autorité, faut-il que le supérieur se situe à un niveau qui le dispense d’être homme ?Les « nouveaux » religieux désirent fondamentalement que le supérieur soit au sein de la communauté comme un animateur plutôt qu'une police ; moins un gardien de l’ordre établi qu’un homme de Dieu qui sait marcher avec ses frères dans une aventure spirituelle commune.En fait c'est tout le sens de l’autorité évangélique que plusieurs espèrent vivre avec leur supérieur : une autorité de service, une autorité moins préoccupée de sauvegarder sa puissance que d’exercer le ministère de la charité et de l’unité au cœur de la fraternité.Cette autorité est un service des personnes dans la vérité et dans la charité.Un service des personnes.L’au-torité véritable semble d'abord une connaissance et une reconnaissance des personnes qui forment la fraternité.L'autorité-service s’applique à connaître ceux qui lui sont confiés et cette connaissance doit déboucher dans une reconnaissance des autres, dans un respect et une acceptation des personnes comme différentes, avec leurs charismes, leurs qualités, leurs grandeurs, sachant bien que tout être est « don de Dieu » et ainsi, une grâce à accueillir.L’autorité accepte aussi de toujours renouveler l’idée qu'elle se fait des personnes ; en somme elle désire ne jamais transposer sur les personnes vivantes le caractère parfois statique de sa propre pensée.Cette attitude d’ouverture constante à chaque personne permet d’accepter le cheminement spirituel de chaque être et son renouvellement qui est assuré en lui par l’Esprit, car toute fidélité créatrice est en fait une souplesse à ce même Esprit.L’autorité-service respecte ces différences et accepte réellement la polyvalence des types religieux.Elle assume aussi les hommes avec leur pauvreté et leur misère, avec leurs défaites et même avec leurs 142 péchés, surtout avec leurs péchés : « Ils (les ministres) auront soin de ne pas se fâcher, de ne pas se troubler à cause du péché d'autrui ; car la colère et le trouble empêchent la charité en eux-mêmes et dans les autres ».C'est François d'Assise qui parle ainsi dans sa Règle (II Reg.VII, 3).Dans la vérité.Toute autorité est en fonction des personnes ; elle est envisagée comme moyen de les aider à vivre leur engagement chrétien et religieux dans la vérité.Cela suppose que le supérieur se situe lui aussi dans une attitude d’écoute et d’accueil de la vérité, non seulement par une audition attentive de la Parole du Christ recueillie dans l’Evangile, mais par une attention à chaque frère en qui Dieu s’adresse à nous et avec qui il nous invite à lui répondre.Le supérieur écoute ses frères ; il essaie de percevoir avec eux quels sont les engagements nécessaires à l'ensemble et aux individus et quelles énergies concrètes permettent de les accomplir.Ainsi, un certain consensus est engendré par toute la communauté et la décision du supérieur est prise en référence à la pensée commune.Dans la charité.L’illumination commune par la vérité se vit dans la charité.Le supérieur est le principal artisan de l’unité de la communauté.Cette unité n'est pas une conformité à certaines idées ou une soumission aveugle à des lois, mais un lien qui soude les personnes les unes aux autres dans leurs différences d’opinions, de mentalités, etc.Il s’agit d’une unité personnelle dont la consistance sera l'acceptation des autres et une démarche commune vers la Vérité qui débouche dans un agir conséquent.Cette attitude de charité commande une autorité de type pastoral.L’autorité fait adopter une position « économique » et opportune dans la mise en œuvre concrète de la vérité.En principe la vérité mériterait qu'on s’y livre spontanément, mais il existe toujours un écart entre la vérité absolue et la compréhension qu’en ont les personnes.Nous approchons la vérité avec notre humanité.Les perceptions d'une même vérité sont fort diverses d’une personne à l’autre.Le supérieur et les membres de la fraternité doivent accepter un dialogue franc et honnête pour partager ensemble des perceptions complémentaires de la vérité et construire une ligne de conduite qu’ils reviseront au fil de leur existence.Cette opportunité pastorale doit quand même éviter de dégénérer en lâcheté ou en peur : elle n’est pas refus ou compromis facile face aux exigences 143 de la vie chrétienne, mais personnalisation dynamique de celle-ci.Il importe que l’obéissance soit une donnée dynamique et non la forme plus ou moins camouflée d’un esclavage personnel ou collectif.L'autorité pratiquée L'autorité évangélique n’est jamais omniprésente ; elle refuse de tout tenir en main et de se sentir en tout responsable à la fois de chaque individu et de la communauté.L’autorité n’agit pas en propriétaire ou gérant de la communauté.Elle ne se camouffle pas derrière un rideau de mesures disciplinaires ou derrière un système plus ou moins développé de contrôles de toutes sortes.Elle se refuse d être une « donneuse » de permissions et une maîtresse de discipline.Elle favorise l’initiative personnelle et ne craint pas les manifestations imprévues d’une liberté originale.Elle ne cherche pas à se substituer à la conscience personnelle des sujets.L autorité évangélique tient toujours compte du consensus de la communauté et elle met tout en œuvre pour qu’il se manifeste librement.Elle évite de s’entourer de laquais ou de prendre des décisions sous l’influence de quelque éminence grise.Elle sait que cette façon de faire risquerait de détruire les relations franches et ouvertes entre les membres de la communauté, et laisserait place aux racontars, au favoritisme, quand ce n’est pas aux délations.L’autorité évangélique refuse de prendre l’opinion d'un seul pour celle de la communauté.La consultation n est pas un acte de condescendance artificiel du supérieur qui « s’informe auprès de ses sujets ».L’autorité évangélique se fonde sur la confiance à l’égard de l’individu et de la communauté en qui 1 Esprit du Seigneur s’exprime et agit réellement.Lautorité évangélique doit éviter de succomber à la tentation du compromis.Sous prétexte de charité, cette « autorité de compromis » fait tout pour éviter les confrontations entre les frères.Elle consulte, hésite, modère et ne prend finalement de décision que forcée par les événements.Les solutions apportées dans ces conditions seront souvent le fruit d’un opportunisme à courte vue.L’autorité évangélique rejette toute attitude d’indécision et de compromis, surtout là où il y a conflit de générations et divergence marquée 144 d’opinions et de mentalités.Elle est moins prompte à blâmer ceux qui avancent qu’à exciter ceux qui refusent de marcher, évitant ainsi de se ranger du côté des dormeurs.Elle sert moins souvent de frein que d’accélérateur.L’autorité évangélique évite l’usage de pieux mensonges et de demies vérités pour se justifier, et refuse de s’exercer dans un climat de manœuvres politiques où chacun joue sa carte dans le secret.Elle ne tolère aucun bruit d’argent autour de ses décisions.Elle évite le camouflage parce qu’elle n’a rien de gênant à cacher.Tout un monde de mystère malsain est parfois créé autour de l’autorité et laisse place à toutes les suppositions possibles.L’autorité évangélique agit dans la limpidité et la simplicité et ne se cache jamais sous de faux prétextes, qui d'ailleurs ne réussissent à duper personne.L’autorité évangélique ne prétend pas appuyer ses décisions sur des principes « immuables et transcendants ».C’est une autorité particulièrement accessible.Le supérieur est toujours rencontré comme personne humaine et jamais comme celui qui tient la place d une autre autorité, elle-même impersonnelle.Il ne se réfugie jamais derrière des lois ou des coutumes, derrière une tradition en tout vénérable, derrière une expérience éprouvée ou finalement derrière d’autres supérieurs eux-mêmes inaccessibles.Il n’est pas à priori le défenseur de l’ordre établi et des structures existantes.Il sait que le mariage est facile entre l’autorité et la structure, que les deux font facilement bon ménage, et qu’elles se servent et se protègent mutuellement : la structure sécurise l’autorité et garantit son pouvoir ; l’autorité assure à la structure la protection de son prestige et de sa puissance et lui permet de demeurer intacte en dépit de la critique.Chaque fois que les « nouveaux » religieux se trouvent devant la structure, ils risquent de rencontrer l’autorité qui, en la défendant contre toute mise en question, se défend elle-même.Aussi l’autorité évangélique se garde-t-elle toujours de faire alliance avec le système et de s’identifier à lui.L’autorité évangélique est tolérante pour tout ce qui ne cadre pas parfaitement avec le système traditionnel ; elle comprend aisément qu’en face de la loi, le religieux peut avoir une interprétation pratique différente de la sienne.Elle ne ramène pas toutes les questions à des problèmes d’obéissance.Un religieux refuse-t-il de se 145 conformer à une loi ?L'autorité évangélique évite de qualifier son acte de désobéissance — puisque ce pourrait bien être un acte de lucidité et de sincérité qui met en cause, non l’obéissance du religieux, mais la validité ou la valeur de la structure imposée.L autorité évangélique ne manque jamais de prospective.Elle ne tient pas nécessairement à une conception de la vie chrétienne et religieuse « qui a fait ses preuves ».Sa vision du monde et de l’Eglise, où la communauté est engagée, a toujours de l'envergure et de la largeur de vues.Elle ne considère pas la communauté comme un ensemble « conformable » à des lois et à un style de vie établi ; mais elle recherche la confrontation vitale avec la réalité du monde et de l’Eglise.Autrement l’Evangile serait vécu en milieu fermé ; la communauté et la personne n’aurait pas de fait la possibilité de l'engagement évangélique qu’elles recherchent.Conclusion Disons que ces perspectives nous font passer d’une conception de 1 autorité qui a les solutions, à celle qui pose les questions, d’une vision isolationniste de l'autorité à une vision catholique où la relation supérieur-sujet est intégrée dans la mission de l'Eglise à l'égard du monde.Dans l’optique esquissée, l’exercice de l'autorité est très personnalisé ; il s’inscrit à l’intérieur d’une relation de connaissance et de reconnaissance.La primauté est donnée aux personnes et non à la structure.L autorité respecte le cheminement propre à chaque individu et favorise la polyvalence des types religieux.Elle suit le rythme de la vie parfois au détriment de la loi et du système.L’autorité se veut résolument dynamique : elle n'est pas là pour faire observer une loi, encore que l’appel de la Parole puisse s exprimer par une loi ou une coutume.Une telle conception de l’autorité permet d’intégrer l’obéissance religieuse à l'intérieur de la foi qui est essentiellement réponse à la Parole de Dieu.Richard BERGERON, o.f.m.5301 rue McKenna, Montréal.14 6 AU SERVICE DE LA CONNAISSANCE DE DIEU Peut-on dire que la vie religieuse, telle qu elle apparaît à un observateur impartial, soit vraiment une condition de vie favorisant au maximum l’avancee de 1 homme dans la connaissance de Dieu ?La question est grave.Répondons par les faits.Mille et mille fois telle ou telle jeune religieuse exprimant son vif désir de réussite professionnelle s’est entendu dire par quelque « maîtresse » : « Ma soeur, dans la vie religieuse, ce n’est pas cela qui compte ; c’est l’abnégation ! » Avant de dire ces paroles, a-t-on jamais pensé qu’elles peuvent avoir des conséquences néfastes pour l’avancée d’un être humain dans la connaissance de Dieu ?Il est normal qu un religieux, une religieuse, comme d’ailleurs tous les autres humains, aient pleine conscience que l’abnégation est une valeur fondamentale de l’existence humaine.Mais avant de faire abnégation de quelque chose, il faut avoir conçu de cette chose une saine et juste estime.Les hommes dont parle l’Ecriture ont passionnément désiré et aimé les biens matériels : richesse, terre, descendance.Avant d’accéder à 1 amour d’une cité céleste, ils ont vécu pendant des générations dans l’amour de la cité terrestre.Seule la perte de la cité terrestre les a conduits à comprendre que Dieu, le Dieu fidele, reserve a 1 homme d autres joies dans la possession d’un autre Bien.Il n’est pas bon de prétendre avancer vers la connaissance de Dieu autrement que par les voies que trace l’Ecriture.Lorsque l’initiation à la vie spirituelle s’appuie sur une négation de ce que les hommes estiment (compétence professionnelle en particulier) on prépare une vie religieuse qui ne conduira pas à l’approfondissement de la connaissance de Dieu.En toute existence humaine les expériences négatives viennent toujours assez tôt.La réflexion sur ces expériences sera beaucoup mieux assurée en des êtres qui auront eu 147 leur compte normal de joies vécues ; ceux-là sauront dépasser l’épreuve et y discerner l'appel à une transformation de leur « moi » ; ils seront capables de se « convertir » c’est-à-dire de se tourner vers le Dieu qui cherche l’homme dans le concret réel de ce que la vie donne à l’homme de vivre.La vie religieuse, surtout depuis qu’elle s’est recrutée en grande partie dans des juvénats et autres maisons « ad hoc », a pris les traits d une organisation où l’on épargne à des êtres humains une bonne part de ce que la vie, normalement, donne à tout homme de vivre.Ces êtres humains sont dispensés de la nécessité de s’interroger sur eux-mêmes : un noviciat et quelques années de formation sont censés leur avoir valu de connaître toutes les réponses à toutes les questions que l’homme doit se poser : attitudes, gestes, pensées et dispositions intérieures de l’homme qui « connaît Dieu » leur ont été en quelque sorte gratuitement remis dans la « corbeille de noces » de leur profession religieuse .sous réserve d’obéir ! L Ecriture, elle, nous montre Dieu se faisant connaître aux hommes à travers leurs tâtonnements dans l’effort pour devenir eux-mêmes : depuis Adam invité à se soumettre la terre, jusqu’à Israël mis en possession du pays de Chanaan .; depuis Jacob invité à sortir de la dépendance de son beau-père, jusqu’au peuple de Dieu initié à la véritable Sagesse.Toutes les étapes de la prise de conscience de soi par l’homme (personne et groupe) sont glorifiées dans l’Ecriture comme autant d’étapes jalonnant l’avancée dans la connaissance de Dieu.Ceci oblige à repenser le rôle de l’autorité dans 1 existence humaine aussi bien que dans la vie religieuse elle-même.Si le but de cette existence humaine est de connaître Dieu et si la vie religieuse se propose d’offrir à l’homme les conditions les meilleures d avancée vers cette connaissance, l’autorité ne peut y avoir pour rôle d’épargner aux personnes sur qui elle s’exerce les étapes et vicissitudes de l’existence à vivre.La formation dans la vie religieuse et le style même de cette vie fait parfois penser à un équipement orthopédique : des appareils, des barrières, des béquilles destinés à éviter tout risque de chute ou de faux-pas.Ceci vaut surtout dans les domaines où est en jeu l’idée que la communauté se fait d’elle-même.Les supérieurs sont en général les premiers à identifier ainsi l’honneur de leur groupe et des membres de leur groupe avec 1 honneur même de 148 Dieu.D’où la tendance à tout faire pour rendre faux-pas et échecs quasiment impossibles.Mais ces barrières et béquilles destinées à empêcher les gens de tomber ont bien plus souvent pour effet de les empêcher d’apprendre à bien marcher ! L’Ecriture montre Dieu laissant à Israël le temps de grandir et d’apprendre.Et Israël est ainsi allé vers Dieu de son pas titubant de « tout petit » (Os 11, 3) ; le pas de course et les « pas de géant » (;Pls 19, 6) ne sont venus que plus tard.Ainsi en est-il dans la vie humaine : Dieu se fait connaître à chaque homme et à chaque groupe d’hommes en les laissant apprendre à vivre en hommes, fallût-il pour cela que ces hommes, en apprenant à se conduire, titubent quelque peu et en viennent même à tomber.La manière dont Dieu s’est conduit est la plus véritablement respectueuse de l’homme.Agir autrement a pour seul effet de diminuer les chances de succès et même de priver de leur chance les moins doués.Trop souvent l’honneur de la communauté a consisté à priver des hommes ou des femmes de ce qui aurait pu être la chance de leur vie ; ou bien cette chance ne leur a été accordée qu’avec des limites ou sous leur responsabilité propre ; ce qui revenait à les affaiblir dans les moyens de réussir.On rencontre dans la vie religieuse bon nombre de ces êtres dont tout le problème intérieur vient de ce que « nul n’attend rien d’eux » ; ils ne sont ni le « trésor» ni « l’orgueil » de personne .Pour ces êtres, il eût mieux valu avoir un conjoint et des enfants : ils auraient rebondi sous le coup des échecs ; ils se sont laissés aller .(1) Il y a un fonds de « millénarisme » en bien des pratiques usuelles au monde de la vie religieuse.La communauté a été identifiée à la « Jérusalem céleste » descendue sur la terre.Dans cette « Jérusalem céleste », les fausses notes sont impensables ! Alors, on a pris son parti de faire taire des voix ! Mais l’autorité n’est plus exercée selon Dieu, lorsqu’elle en vient ainsi à priver fût-ce un seul (1) Disons cependant que ces aboutissements ne sont pas uniquement le fait du manque de confiance de la part des Supérieurs.On rencontre assez souvent de ces individus qui doivent leurs échecs d’abord au refus d’admettre eux-mêmes leurs propres limites.En même temps qu ils reprochent aux supérieurs de ne pas assez leur faire confiance, ces individus sont les plus chatouilleux pour exiger des supérieurs le secret sur leurs «impairs» et incartades.Ils veulent (hommes ou femmes) manger à la fois au râtelier de la liberté et au râtelier de la tutelle .! 149 être de la possibilité d’effectuer, par la croissance dans l’invention de soi-même, les étapes nécessaires à l’avancée vers Dieu.L organisation en vigueur dans la vie religieuse est encore plus marquée par le souci d’y rendre impossible le péché.Le contrôle de la correspondance est tout juste en train de disparaître ; que dire des « parloirs » de cloîtrées où l’on entend encore les bruits de chapelet de l’auditrice qui « piaffe » dans son coin ! Il n’est pas question de prôner l’imprudence systématique.Mais il faut reconnaître que des dispositions de contrôle ne correspondent guère à ce que l’Ecriture nous dit et nous montre d’un Dieu qui ne rend pas le péché impossible.Ces dispositions ont pu s’imposer en des circonstances où l’entrée dans la vie religieuse n’était pas toujours très spontanée ; leur maintien se justifie d’autant moins ! On demande trop souvent à des jeunes venus à la vie religieuse de « jouer » aux hommes parfaits par la mise en œuvre du style de vie propre à la famille religieuse : on inculque des attitudes et des gestes au lieu de laisser vivre à ces êtres la croissance du Christ en leurs personnes.L’on s’étonne ensuite de rencontrer la désaffection vis-à-vis de la formation reçue et la désinvolture vis-à-vis des pratiques en usage.C’est la preuve que cette formation et ces pratiques n’avaient pas engendré un « nouvel être » à l’intime du cœur.On ne fait pas avancer des êtres vers la connaissance de Dieu qui renouvelle l’homme en retirant à ces êtres les possibilités de vivre leur vie d’homme : même au nom du souci d’éviter à l’homme le péché ! La connaissance de Dieu n’est pas le fruit d’une prophylaxie faisant vivre des êtres dans une atmosphère soigneusement aseptisée.Elle s acquiert au grand vent de l’existence : à la manière dont Israël 1 a approfondie en vivant son histoire sur un des points du globe les plus fréquentés par les grandes migrations humaines ; à la manière dont les saints l’ont vécue dans la participation aux grands problèmes de leur temps.L’exercice de l’autorité dans la vie religieuse ne sera au service de l’avancée des religieux et des religieuses dans la connaissance de Dieu, que si l’autorité joue le jeu de la vie.Prendre en charge des êtres qui ont choisi de tout sacrifier pour connaître Dieu en plénitude exige qu’on ait pour premier souci d’aider ces êtres à découvrir quels traits veut prendre pour eux le visage 150 du Seigneur.Cela ne peut se faire qu’à partir du réel de l’existence.On voit ici combien il importe à l’avenir de la vie religieuse que tout chef de communauté sache non seulement « inventer » mais plus encore « laisser inventer » aux autres, surtout aux plus jeunes, les attitudes, comportements, dispositions par lesquels ils se rendront disponibles au DON que Dieu veut leur faire de Sa connaissance.La connaissance de Dieu prend toujours un visage de « création » : l’Ecriture l’atteste assez tout au long de l’Ancien Testament.Vatican II a éveillé les chrétiens à ce fait qui est un principe, en rappelant que c’est au sein même des situations humaines que se joue le Mystère du Salut (Gaudium et Spes).Dans leur ensemble, les communautés religieuses admettent sans difficulté aujourd’hui cet enseignement quand il s’agit de « rejoindre » incroyants, frères séparés, etc.« au point où ils en sont ».Mais on voit des hommes et des femmes investis d’autorité dans la vie religieuse prêcher et expliquer le contenu du Schéma XIII, puis oublier même l'existence de ce texte lorsqu’il s’agit de la prise en charge de « nouveaux venus » dans leur propre communauté.Vis-à-vis de ces « aspirants », on a tout naturellement l’attitude du possédant : on sait tout ce dont ils ont besoin ; on a pensé pour eux les formes et les formules ; on leur propose un style de vie tout fait (le style de vie en cours) sans imaginer que ces nouveaux arrivés puissent avoir à dire quelque chose.Pas question d’inventer .! François d’Assise, au XIIIe siècle, se disait prêt à recevoir des leçons d’un frère entré dans la fraternité une heure auparavant.Sait-on donner aujourd’hui aux aspirants à la vie religieuse la possibilité d’inventer des réponses aux situations qu’ils ont à vivre ?Il s’agit de jeunes dont les pairs dans la vie économique, professionnelle, politique et sociale inventent quotidiennement des réponses à des questions posées par l’existence.Si l’invention est une des conditions de l’avancee de 1 homme dans la connaissance de Dieu, lesquels sont les mieux placés pour progresser dans cette connaissance ?La crise des vocations à la vie religieuse ne se résoudra pas sans que la bonne réponse ait été donnée à cette question ! C’est à l’autorité de veiller à ce que, dans la vie religieuse, la mise en pratique d’us et de coutumes qui jadis exprimèrent la fidélité à la vie et à ses exigences ne soit pas l’ersatz de la fidélité à la 151 vie et à ses exigences aujourd’hui.C’est à l’autorité de faire que la vie religieuse soit le lieu où le dynamisme dont sont porteuses les générations nouvelles pourra le mieux se déployer dans la prise en charge des problèmes du présent et de l'avenir.Si l’autorité sait ouvrir toutes grandes les portes de la créativité et de l'invention, la vie religieuse redeviendra la voie de choix vers la connaissance de Dieu et elle y retrouvera son actualité.Cela demande que l’autorité ait su rediscerner et réassumer son rôle.Conclusion Pour que la vie religieuse se maintienne et redevienne prospère, il faut qu elle se veuille au service de ce qui est sa fin propre : la recherche de la connaissance vécue et vraie du Dieu de Jésus-Christ.C’est assez dire que les responsables de la vie religieuse, pour remplir leur tâche pastorale, doivent être des maîtres spirituels avant d’être des administrateurs.Aider autrui à connaître Dieu demande que soi-même on ait quelque peu le sens des voies par lesquelles on avance dans cette connaissance.Ces voies, l’Ecriture les a tracées une fois pour toutes : elles sont celles de la vie que Dieu donne à vivre à chacun.Pour être « serviteurs de ce mystère de Dieu » il est indispensable que le sens de l’invention et le respect de la liberté aillent de pair chez le responsable avec la Foi qui fait voir l’invisible.M.-A.Santaner, o.f.m.Cap.J 6 — Cognac France.152 RENCONTRE AVEC LE P.RENÉ VOILLAUME Question : La pratique de demander des permissions a été traditionnellement reliée au vœu de pauvreté.Dans une conception renouvelée de la pauvreté religieuse, peut-on dire que cette relation est justifiée ?De quelle manière et dans quelle mesure se rattache-t-elle au vœu de pauvreté ?Autre question : Dans les discussions sur le sujet du « Témoignage de pauvreté », on parle souvent de descendre au niveau des déshérités pour partager leur vie, etc.L’homme n’est pas appelé à la pauvreté, mais à la connaissance et à l’amour de Dieu, et c’est la volonté du Créateur que l’homme vive en « enfant de Dieu ».Notre effort ne devrait-il pas plutôt être un mouvement ascendant, c’est-à-dire, par l’éducation et un exemple de vie, travailler à hausser les déshérités au niveau d’une vie humaine pleine de dignité corporelle et spirituelle ?Ne serait-ce pas là le vrai amour des pauvres, le vrai témoignage apostolique : « Je suis venu sauver ce qui était perdu » ?L’œuvre des écoles est beaucoup critiquée sous prétexte que les écoles, avec leurs édifices spacieux, leur équipement moderne, etc., ne donnent pas un témoignage de pauvreté.Il serait préférable, dit-on, de fermer les écoles et de prendre soin des pauvres handicapés incapables de gagner leur vie, des vieillards, etc.Pourquoi opposer enseignement à pauvreté ?Pourquoi mettre 1 accent sur « Heureux les pauvres » plutôt que « Allez, enseignez » ?Une sœur enseignante qui se dévoue toute la journée dans les classes de 5 0 élèves avec une charité compréhensive et rayonnante, qui sacrifie son temps et souvent aussi ses talents ou ses désirs personnels pour instruire les enfants, ne donne-t-elle pas un témoignage de pauvreté ?et de pauvreté spirituelle, parce qu elle ne s’appartient pas et ne dispose que de très courts moments pour se recueillir dans la 153 prière ?Que manque-t-il à ce genre de vie pour qu’il soit accepté comme un « témoignage de pauvreté » ?Réponse : Je vais traiter en même temps ces deux questions.La pauvreté, bien quelle soit d’une certaine manière moins importante que la chasteté et le don de soi dans l’obéissance, pose davantage de problèmes complexes.La chasteté ne met en cause que le don de sa personne, tandis que la pauvreté rejaillit sur tout : budgets, maisons, etc.C est souvent très compliqué.Je pense que, tout d abord, une des difficultés provient de ce qu’on emploie le même mot de pauvreté pour désigner des réalités différentes.Et peut-être qu’on éclaircirait beaucoup le problème en précisant le sens de ces acceptions différentes.D’abord, il y a la pauvreté des béatitudes.La pauvreté des béatitudes, c’est le détachement progressif de tout ce qui est créé, de manière à devenir capables de se consacrer aux choses du Royaume de Dieu, d’être de plus en plus libres en vue des biens supérieurs du Royaume de Dieu.Le nom de la pauvreté, dans ce sens-là, c'est : « détachement ».Mais c’est un détachement qui risque fort, étant donné ce qu’est l’homme, de ne pas être réel, s’il ne s’accompagne pas d’une pauvreté extérieure suffisante.Je veux dire qu’on n’est pas vraiment détaché, si on n’est pas capable de se priver, au moins jusqu à un certain point, des biens dont on prétend être détaché.Il y a ensuite la pauvreté entendue dans le sens du « vœu » religieux de pauvreté.On pourrait dire qu’il s’agit d’un vœu de détachement.Le vœu de pauvreté, c’est le renoncement à l’exercice du droit de propriété.On ne dira plus « mon » mais « notre ».Si ce n’est qu’un changement de langage, cela ne signifie pas grand-chose.Le vœu de pauvreté exige qu’on s’engage, pour la vie, à travailler à se détacher des « choses ».Est-il nécessaire de signaler qu’un des dangers des activités extérieures, c’est de nous donner l’occasion de nous attacher à nouveau à quantité de choses ?On devient propriétaire de certains moyens de l’apostolat, on devient propriétaire de ses activités, on devient propriétaire de la charge qu’on nous a donnée.Tout cela, c’est contraire à «l’esprit» du vœu.La troisième acception du mot « pauvreté » est la plus universelle : c’est à elle que tout le monde pense en prononçant le mot « pauvreté ».En ce qui concerne la vie religieuse, cela signifie le 154 fait de « vivre pauvrement », d’être matériellement pauvre.Je dis bien : matériellement pauvre, car une religieuse peut vivre dans sa cellule, sans rien posséder en propre, et cependant jouir de tout le confort d’un couvent moderne bien installé ; au fond, elle a tout ce qu’il lui faut.Or ce que les hommes d’aujourd’hui entendent par « pauvreté », c’est justement la pauvreté effective, la manière de vivre des pauvres.Or, ceci n’est ni nécessairement, ni immédiatement exigé par le voeu.Celui-ci ne nous engage qu à ne pas exercer le droit de propriété et à veiller à déraciner de notre coeur l’instinct de propriété sur les choses.Il y a des monastères — j’en confiais I — qui sont de vrais palais.On vit dans l’ambiance d une demeure de style, grandiose, et dans un cadre de beauté ; tout est beau, et les matériaux sont de prix.J’en connais un, tout particulièrement, où la vie est très agréable.Cependant chaque moine ne possède rien en propre, et ils diront : « Nous sommes parfaitement pauvres », Alors je dirais : « Mais entendons-nous ; de quoi s’agit-il ?» On peut comprendre qu’un religieux chargé d’un service temporel, comme de diriger des émissions de télévision, par exemple, ait besoin d’une automobile pour circuler et qu'il ait à sa disposition des appareils techniques coûteux.C’est légitime ; mais de quoi s'agit-il au point de vue de pauvreté ?Il peut, comme religieux, demeurer fidèle à son vœu.La question est donc de savoir si la vie religieuse exige une pauvreté effective.Or c’est justement cela que le monde réclame actuellement des religieux.On jettera continuellement cette exigence à la face des religieux et de l’Eglise et on leur dira : « Vous n’êtes pas pauvres ! » Et il faut bien l’avouer en toute simplicité, la plupart des religieux ne sont pas pauvres, dans ce sens où les hommes l'entendent.Mais les religieux doivent-ils répondre à une telle exigence, le peuvent-ils ?Tout le problème est là.Devant la revendication des hommes, à l’heure actuelle, n y a-t-il pas à se poser la question de vivre autrement qu’on ne l’a fait jusqu’ici ?Il semble que si on ne le fait pas, le message spirituel de l'Evangile ne sera plus entendu ni accepté, et que la vie religieuse sera, elle-même, un obstacle, un « contre-témoignage », comme on dit souvent.Et c'est vrai.Ce n’est pas la faute des religieuses, car elles se trouvent dans une situation de fait qui leur est imposée par les circonstances historiques.Il est certain que si on doit fonder un collège ou une université, il n’est pas question d’imposer aux élèves la pauvreté et donc 155 de les placer dans de mauvaises conditions de travail ou d’étude, surtout dans les classes supérieures.Les élèves ont droit à une université aussi commode et aussi moderne qu’une université d’Etat.Le problème n’est pas là.Mais on n’évitera pas à l’heure actuelle cette question : cette université est la propriété d’un Ordre religieux ; elle est donc le fruit de leurs richesses.C’est ce que le monde n arrive plus à accepter, si bien qu’on se trouve dans une situation qui n est pas commode du tout, et les décisions à prendre sont très difficiles ! D’autant plus — et c’est un nouvel aspect de la situation actuelle — qu’il y a, à côté de la pauvreté de vie des religieux, toute la misère des hommes ! Il y a la pauvreté du monde.Lorsqu’on s efforce d analyser l'attitude de la classe ouvrière à l’égard de l’Eglise, lorsqu on 1 entend répéter que les religieux, les prêtres sont pour le capitalisme et que l’Eglise est contre les pauvres, parce qu’elle est toujours politiquement du côté des riches, on est amené à se dire : « Mais pourquoi pensent-ils cela » ?Ce n’est pas parce que les prêtres sont riches ! En France, par exemple, où cette revendication était très forte, la masse des prêtres vit très pauvrement.Je rencontre souvent des curés qui me disent : « Je dépense moins qu’un ouvrier spécialisé, comment peuvent-ils me dire que je ne suis pas pauvre » ?Et je répondrai : « Ce n’est pas cela qu’ils veulent dire ; mais ils sentent que vous pensez « avec les riches », que si on parle avec vous, votre mentalité politique ira instinctivement du côté de 1 ordre et que tout ce qui est un peu révolutionnaire et socialiste vous effraie : ils sentent, en un mot, que vous n’êtes pas « avec eux ».Et on pourrait dire la même chose de l’Episcopat.Le fossé qui s’est creusé entre le monde ouvrier et l’Episcopat, en France, vient principalement de cela.Mais les ouvriers ne reprocheront pas à un évêque de rouler en voiture.Les ouvriers, cela leur est égal ! Les ouvriers ne reprocheront jamais à leurs chefs syndicalistes ou même à un député communiste d’avoir une voiture et de posséder une villa ! Pourquoi ?Parce qu’ils savent qu’ils pensent « ensemble », ils sentent que ces hommes ont compris le problème ouvrier.Vous voyez que le problème de la pauvreté est complexe ! L s agit de plusieurs choses ; du détachement, du voeu religieux, de la pauvreté matérielle et de cette situation vis-à-vis du monde des pauvres, de la classe des travailleurs.156 Je ne puis .pas vous donner de solution toute faite ! D ailleurs, il n’y en a pas qu’une seule, mais il y a toute une transformation à faire.Ainsi en est-il de la question posée au Japon de savoir s’il faut vivre avec les pauvres et descendre à leur niveau, ou leur apprendre à en sortir.Je dis : le problème est mal posé ! Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait faire les deux ! Peut-être oublions-nous trop que les laïques sur ce point peuvent être, pour nous, un exemple.Je connais bien des laïques qui vont travailler dans les pays sous-développés.On les appelle les coopérants.Ils y vont comme professeurs, ingénieurs, économistes, sociologues, agronomes, etc.Ils vont là pour apprendre aux gens à s’en sortir ! Or, parmi eux, il en est qui vivent très simplement et en amitié avec les gens ; cela ne fait aucun problème ! De même si on voyait des religieux ou des religieuses au service de la population, mais vivant •très simplement, cela ne ferait pas de problème ; ils n’auraient que leur salaire pour vivre, et on le saurait.Le problème commence, pour les religieuses, quand elles « possèdent » les œuvres ; ce qui ne veut pas dire qu’il faut s’en débarrasser ; mais il faut tout de même prendre conscience du problème que cela pose, et, en tout cas, faire attention à l’esprit.Je sais que le problème n’est pas facile.Il exige beaucoup de réflexion.Il y a là une question de mentalité : on doit savoir se situer, dans un pays, juste à la place qu’il faut.Je vous citerai un autre exemple, celui d’une Fraternité que nous avons fondée en Afrique.C’est la vocation des Petits Frères de simplement prier en partageant la vie des pauvres.Or, j’ai reçu à ce sujet les remarques très sévères de la part d’un fonctionnaire africain.Il disait : « Vous nous faites honte ! vous donnez le mauvais exemple ; nous voulons faire monter la population et vous venez vivre comme les plus pauvres ! C’est scandaleux ».Mais il y en a d’autres qui penseront différemment, et l’Evangile restera toujours une occasion de scandale.C’est pour vous dire que les choses ne sont pas faciles et qu’il est extrêmement difficile d’éviter la contradiction.Mais il faudrait que la contradiction, si contradiction il y a, porte sur des choses essentielles.Si c’est le scandale de Jésus-Christ, si c’est le scandale de la prière, si c’est le scandale de la foi, il n y a pas de problème.Ce que je vous dis là ne vous facilitera pas la solution du problème.Il est clair que les Congrégations qui possèdent des œuvres, des hôpitaux, des grands collèges ou des universités, se trouvent 157 dans une situation peu confortable.On m’a dit que certaines congrégations avaient décidé de liquider leurs universités.Ont-elles raison ?Ont-elles tort ?Je ne sais.Les grandes options générales ne sont peut-être pas les meilleures.C’est dans chaque cas particulier qu’il faut essayer d’appliquer la meilleure solution.Seulement, je pense qu une congrégation qui « possède » des oeuvres importantes d éducation devrait, de toute manière, orienter un certain nombre de ses soeurs vers des situations différentes.Ainsi des religieuses pourraient être au service de l’instruction des plus pauvres, car le problème se pose dans certains pays.Et plutôt que de posséder ses propres institutions, pourquoi ne pas se mettre davantage au service des gouvernements ?Ce sont des situations où les religieuses seront toujours les bienvenues, parce qu’elles manifestent alors un vrai désintéressement.Je crois que ce désintéressement, cet esprit de service est un témoignage que l’Eglise doit donner.Si elles possèdent leur hôpital, les gens diront : « Elles veulent prendre de 1 influence ».Si l’une de vous est envoyée comme infirmière dans un hôpital de l’Etat, on dira : « Elle vient pour servir ».Vous voyez la différence ! En constatant les besoins actuels et étant donné le nombre de religieuses qu’il y a au Canada, et l’immense besoin des pays en voie de développement, il est certain qu’il y a quelque chose à penser dans ce sens.Mais si on va vers ces pays qui ont besoin, il faut y aller dans un esprit de « service ».Il faut dire : « Voici, nous sommes tant d’enseignantes à la disposition du gouvernement pour les petites écoles ; qu’on nous place où il y a besoin ».C’est le plus grand témoignage qu’on puisse donner à l’heure actuelle.Je suis sûr qu il y a des possibilités, des essais à faire.D’autre part, cela ne signifie pas qu’il faille détruire tout ce qui existe ! C’est plus complexe que cela ! Je crois qu’une sérieuse réflexion s’impose.158 LES LIVRES Albert du Sacré-Cœur, o.c.d., Joseph, Fils de David et dernier héritier de la promesse (Vie spirituelle et Vie intérieure).Paris, Lethielleux, 1968 ; 128 pp., 9.60 F.Après Marie, saint Joseph est celui qui a touché de plus près au Mystère de l’Incarnation.Les récentes études bibliques permettent de mieux saisir la dimension de son rôle : accueillir le Messie et le rattacher à la race de David, afin que les prophéties soient accomplies.En présentant le père putatif de Jésus comme le dernier patriarche biblique et l’ultime héritier de la Bénédiction et de la Promesse, P A.l’insère dans la merveilleuse histoire du salut aux épisodes nombreux et variés.Chargé d’une mission bien particulière, saint Joseph reçut en même temps les grâces correspondantes.Le lecteur trouvera donc dans ces pages un court traité de joséphologie biblique.De Foucauld, Charles, Contemplation.Textes inédits.Paris, Beau-chesne, 1969 ; 192 pp., 14.50 F.Ces textes inédits, inspirés par l’Evangile, ont été transcrits d’un carnet manuscrit.Quelques lettres y ont été ajoutées.Dès la première page, l’ardent contemplatif déclare faire ces petites méditations pour se perfectionner et perfectionner son prochain.Il est convaincu que seule la prière introduit à la foi vivante et que, sans oraison, il n’y a que vain activisme.Ces notes sont empreintes d’une grande simplicité comme d’une grande humilité : signes d’une spiritualité authentique.Dans la préface, le Père Daniélou écrit : « A un moment où tant d’âmes ont soif de prière, ces méditations correspondent à un immense appel ».Denis, Henri, Frisque, Jean, L'Eglise à l'épreuve (Points de repère, 6).Tournai-Paris, Caster-man, 1969 ; 160 pp., 65 FB.Ce livre prêche l’espérance et le courage.Les temps sont durs.L’Eglise n’est pas épargnée ; elle est éprouvée, au sens propre du terme.Gardons-nous d’en désespérer.On voit ce qui est ébranlé, ce qui meurt.Il faut aussi s’attarder à ce qui naît, à ce qui vient.Pour le Maître les rayonnements de Pâques sont sortis des ténèbres du Vendredi saint.Dans son histoire, l’Eglise revit ces deux temps.Le chemin difficile qu’elle cherche présentement à se frayer, en étroite compagnie avec le monde, s’ouvre sur un renouveau aussi impossible à imaginer que la splendeur du Ressuscité au matin de Pâques.Malgré ses apparentes faiblesses, l’Eglise demeure la grande espérance d’un monde inquiet de son avenir.Garrone, Cardinal, La profession de foi de Paul VI.Introduction (Doctrine pour le peuple de Dieu).Paris, Beauchesne, 1969 ; 85 pp., 7 F.Le 30 juin 1968, pour conclure l’« Année de la Foi », Paul VI, chargé de confirmer ses frères, crut opportun de promulguer à nouveau et solennellement le contenu de la doctrine de l’Eglise catholique.L’on peut maintenant parler du « Symbole de Paul VI».En cette époque bouleversée et bouleversante, ce document, d’une extraordinaire ri- 159 chesse, répond à l’interrogation : « Catholiques, que sommes-nous encore tenus de croire ?» Le cardinal Garrone présente au Peuple de Dieu cette nouvelle profession de foi, reproduite en appendice.L’autorité morale et juridique de l’auteur, théologien et préfet de la Congrégation de l’enseignement catholique, garantit que cette longue introduction est une approche sûre de la confession du chef de l’Eglise.Guissard, Lucien, Littérature et pensée chrétienne.Tournai-Paris, Casterman, 1969 ; 240 pp., 150 FB.L’A.est critique littéraire à La Croix de Paris.Dans cet ouvrage, il étudie la fonction de la littérature dans le milieu culturel en général et dans le milieu chrétien en particulier.Certaines questions peu considérées jusqu’à ce jour sont abordées : l’écrivain dans l’Eglise, la littérature et la théologie, le prophétisme, l’avenir d’une littérature dans la culture sécularisée, etc.Lucien Guissard présente en même temps une vision largement panoramique de la littérature face à la pensée chrétienne ; quelques écritures reçoivent une attention spéciale : Léon Bloy, Bernanos, Claudel, Jean Montaurier, etc.Ceux qui de quelque façon s’intéressent à la littérature apprécieront cette production dûe à une plume experte.Rabut, Olivier, L'expérience religieuse fondamentale (L’actualité religieuse, 27).Tournai-Paris, Casterman, 1969 ; 192 pp., 150 FB.L’auteur essaie de pénétrer le profond mystère de la foi.Celle-ci n’est pas la simple conclusion logique d’un raisonnement, pas plus qu’elle n’est un conformisme ni un pur sentiment.En son fond, la foi est une expérience spirituelle, laquelle transforme l’existence de celui qui la fait.C’est ce phénomène divino-psychologique que ces pages s’attachent à déchiffrer, tout en discutant des différentes interpré- tations qui en sont données, soit par les croyants eux-mêmes, soit par des sciences (psychanalyse) ou des philosophies (marxisme).Cette nouvelle, loyale et profonde réflexion sur la foi aidera les chrétiens de notre époque à se fournir à eux-mêmes et à donner aux autres une réponse valable au problème central qui leur est posé ; d’où vient cet attachement, opiniâtre et engagé, à Dieu et à sa parole ?Roche, Jean, Saint Jean, scènes et personnages (Vie spirituelle et vie intérieure).Paris-Montréal, Lethielleux-Bellarmin, 1969 ; 109 pages.L’A., jésuite, a médité l’Evangile de saint Jean.Il imite l’apôtre dont il parle, lequel, à son dire, « prolonge l’enseignement du Maître ».Ses commentaires ne prennent pas l’aspect de hautes élévations mystiques.Ils s’arrêtent sur une vingtaine de récits évangéliques pour les éclairer d’une chaude lumière.Ces pages non seulement se lisent facilement, mais elles se « goûtent » étant le fruit d’une savoureuse contemplation personnelle.Elles devraient connaître une large diffusion.Zobel, P., Caplain, M., Roux, H., Kniazeff, A., La Vierge Marie (Eglises en dialogue, 8).Tours, Marne, 1969 ; 166 pp., 9.80 F.Dans le dialogue œcuménique, la Mère de Dieu demeure un grave et douloureux signe de contradiction.Cette contradiction apparaît surtout entre les chrétiens issus de la réforme d’une part et les catholiques, les orthodoxes d’autre part.La présente publication établit les positions respectives de ces parties en cause.Ces exposés devraient aider à pénétrer plus avant, non seulement dans une question débattue entre frères séparés, mais dans un mystère auquel tous sont conviés, dans la foi au Christ Jésus.160 Catalogue collectif des livres de culture religieuse en langue française, 1965, 1966, 1961.Paris, Le-thielleux, 1968 ; 188 pp., 8.00 F.Ce catalogue, publié par l’Union des Editeurs français d’ouvrages de Religion, indique les livres (classés par matière) édités au cours des années susmentionnées ; la table des principales collections, avec l’indication des titres parus dans chacune d’elles au cours de ces mêmes années ; des tables par titres et par noms d’auteurs.Ce catalogue intéresse particulièrement les libraires, les bibliothécaires, les chercheurs.Sur le chemin.La foi chrétienne présentée aux adultes.Tome 1.Publication du Centre de catéchèse du diocèse de Montréal.Montréal, Fides ; $1.00.Abondamment et très agréablement illustré ce premier cahier d’une synthèse de la foi chrétienne est prometteur.La religion y est dûment présentée en termes d’amour.Peut-être eût-il été préférable d’étayer le texte par des citations empruntées à la Sainte Ecriture, à la Liturgie, aux Pères de l’Eglise ou à des auteurs spirituels autorisés, plutôt que de faire uniquement appel à des compositions profanes et modernes, parfois her- métiques.Le lecteur percevrait mieux que cette nouvelle synthèse n’est qu’une mise en lumière d’éléments existant déjà et que, en son fond, la religion ne change pas.De plus, ces extraits seraient une invitation à s’abreuver à ces vraies sources de la spiritualité chrétienne.Il reste que cet exposé plaira aux lecteurs.Le coût d’achat de cette publication est étonnamment minime.Trop petite pour avoir peur.Journal d’une carmélite : Sœur Marie-de-la-Trinité (Marie-Jeanne de Monsabert, 180-1926) (Vie spirituelle et vie intérieure).Paris, Lethielleux, 1969 ; 240 pp., 13.00 F.« Trop petite pour avoir peur », ce sont les paroles mêmes de la carmélite à l’approche de la mort.Précédé d’un avant-propos qui tient lieu de biographie, ce journal est composé de notes intimes et de lettres.Il a souvent une saveur thérésienne.Les âmes croyant encore aux valeurs contemplatives se sentiront dilatées à la lecture de ces pages pleines d’humilité et d’aspiration à une vie d’union avec le Seigneur, pleines aussi de poésie, de finesse et de sentiments profondément humains.Ce livre témoigne des merveilles que Dieu sait opérer dans une âme qui se livre pour de bon à l’action de l’Esprit d’amour.ENTRÉ À LA MAISON DU PÈRE Nous recommandons à vos prières le fr.Angello Poirier, o.f.m , décédé à Montréal, le 30 avril, en l’hôpital St-Joseph de Rosemont.Il était depuis près d’un an au service du secrétariat de la Vie des Communautés Religieuses. la vie des communautés religieuses 5750, boulevard ROSEMONT MONTRÉAL 410, Qué., Canada FRAIS DE R ET DUR GARANTIS PD RT PAYÉ À BEAUCEVILLE SS* K * -D ACCUEIL «409 DE MONTREAL • OU 80N-C0N, LE RELAIS BE A (JR | VAGE 42 9 M42 9-| COURRIER DE LA DEUXIÈME CLASSE ENREGISTREMENT ND DS2B
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