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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Novembre-Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • En son nom
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Références

La vie des communautés religieuses /, 1985-11, Collections de BAnQ.

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I ; fK 5 nov.-déc.1985 des communautés religieuses La vie des communautés religieuses Directeur : Laurent Boisvert, o.f.m Comité de rédaction : René Bacon, o.f.m.René Baril, o.f.m.Pierre Bisaillon, o.f.m.Laurent Boisvert, o.f.m Secrétariat : Rita Jacques, s.p Liliane Caron r.s.r.Rédaction et administration : La vie des communautés religieuses 5750 boulevard Rosemont Montréal, Canada H1T 2H2 Tél.: 259-691 1 Courrier de la deuxième classe Enregistrement n° 0828 Composition : Graphiti Impression : L'Éclaireur Ltée La revue paraît cinq fois par an Abonnement: de surface: 10,00$ (45 FF) (300 FB) par avion: 13,50$ (65 FF) (425 FB) Sommaire Vol.43 — nov.-déc.1 985 Camil Ménard, ptre.Le péché et la pratique péni-tentielle 259-274 Benoit Lacroix, o.p., Les jeunes ont-ils la vocation ?275-288 La présente réflexion porte sur la crise des pratiques de l'Église à l'égard du péché.Plusieurs questions retiennent l'attention de l'A.Comment se posent les problèmes à l'heure actuelle?Sous quel angle l'instauration du Règne de Dieu par Jésus fait-elle apparaître le péché des hommes?À quelles conditions le péché peut-il disparaître?L'Église cherche-t-elle à faire entrer les fidèles dans une voie de croissance, de libération et d'autonomie?Comment une gestion des pratiques péniten-tielles pourrait-elle contribuer à la construction d'une communauté plus vivante ?L'Auteur rappelle les valeurs positives et négatives recherchées par les jeunes aujourd'hui.Il montre ensuite que nos démarches dans la pastorale des vocations doivent se rapprocher de leurs préoccupations.Puis il évoque les divers visages que le Christ a pris à travers l'histoire vocationnelle.Enfin, il discute les mots qui concernent plus immédiatement la pastorale des vocations.Louise Gosselin, Une ermite franciscaine 289-298 Monique Dumais, o.s.u., De la descendance d'Angèle Mérici 299-308 Jésus-Christ est pour l'ermite son pivot central.Elle a en outre quatre pôles de vie : la prière, la solitude, le soutien fraternel et le travail.Elle termine par quelques réflexions sur : la prière et le pécheur; moi, pécheur.Dieu nous conduit autant par nos imperfections et nos échecs que par nos temps de grâce et de réussite.Après avoir tracé un portrait d'Angèle Mérici, l'A.présente Marie de l'Incarnation qui a profondément marqué la descendance des Ursulines du Canada.Celles-ci se sont rapprochées de la forme de vie consacrée, initiée par leur fondatrice.Elles sont davantage situées dans le courant de la vie ordinaire, en communion aux aspirations et aux inquiétudes du monde d'aujourd'hui.Tables de l'année Le péché et la pratique pénitentielle Camil Ménard, ptre * Entreprendre une réflexion théologique sur la pratique ecclésiale relative au champ sémantique que nomme le mot «péché» soulève à l'heure actuelle des difficultés tout à fait différentes de celles posées naguère à la traditionnelle « pastorale des péchés».Il s'agissait pour cette dernière de bien préparer les confesseurs à juger les actes du pénitent, en leur donnant les connaissances morales suffisantes pour évaluer la gravité des fautes en fonction des circonstances.Il fallait en même temps transmettre aux prédicateurs les connaissances théologiques de base sur les fins dernières, en particulier sur les supplices de l'au-delà promis aux pécheurs dans l'enfer et le purgatoire.Ajoutons à ces deux éléments l'image d'un Justicier implacable et l'obligation canonique de tout avouer ses fautes à son confesseur au moins une fois l'an et nous voilà entrés dans cette «pastorale de la peur» si bien décrite par Jean Delumeau1, dont les effets se sont fait sentir jusqu'à tout récemment.La crise entourant la pratique de la confession a mis en question l'univers idéologique, symbolique et rituel qui articulait cette pastorale axée sur le souci des âmes.Une crise représente, on le sait, une phase critique dans l'évolution d'un ensemble organisé ; c'est un moment de déstabilisation qui peut se solder par la survie, la transformation ou la disparition des formes culturelles rejetées.* Université du Québec à Chicoutimi, Qué.1.Delumeau, J., Le péché et la peur.La culpabilisation en Occident (XIIIe-XVIIIe siècles), Paris, Fayard, 1983.259 Dans la présente réflexion portant sur la crise des pratiques libératrices de l'Église à l'égard du péché, il s'agira moins de chercher à promouvoir telle ou telle forme de restructuration — par exemple, le sacrement de la réconciliation dans sa forme communautaire — que d'examiner de quelle façon ce tout structuré et cohérent qu'est l'activité réconciliatrice de l'Église pourrait être repensé en fonction du projet évangélique de Jésus.Plusieurs questions retiendront notre attention.Comment les problèmes se posent-ils à l'heure actuelle ?Sous quel angle la lutte de Jésus en vue d'instaurer le Règne de Dieu fait-il apparaître le péché des hommes?À quelles conditions ce péché peut-il disparaître ?Dans la poursuite actuelle de ce projet, il faudra se demander si l'Église veut intervenir uniquement au plan des personnes à travers l'utilisation de la culpabilisation ou si son intervention dans la vie collective est vue de façon plus large.Veut-elle réaffirmer son autorité et son pouvoir sur les consciences — il faudrait alors ressusciter une pastorale de la peur — ou faire entrer ses fidèles dans une voie de croissance, de libération et d'autonomie?Quelle symbolique faudrait-il utiliser dans ce cas pour signifier ce que l'être humain d'aujourd'hui entend sous le mot «péché»?Enfin, comment une gestion plus efficace des pratiques libératrices — pénitentielle et autres — pourrait-elle contribuer à la construction d'une communauté plus vivante?Puisque l'expérience et la notion de péché n'existent que par référence à un principe divin et que leur contenu varie selon la conception qu'on a de la divinité2, il y aura sans doute lieu de se demander en terminant si, au cœur de la crise actuelle du péché, notre époque n'est pas en train de vivre un nouveau rapport au Dieu de Jésus-Christ.Telle est du moins l'hypothèse qui va guider notre lecture de la situation présente.2.Voir J.M.Pohier, « Péché », dans Encyclopaedia Universalis, vol.! 2, Paris, 1980, p.661.260 I.Regards sur la situation actuelle à la lumière d'une recherche récente La pratique de l'Église reliée au «péché» recouvre des aspects si divers qu'il faut nécessairement se fixer des limites dans l'exploration d'un sujet aussi vaste et complexe.C'est à partir du rapport réciproque existant entre le péché et la pratique pénitentielle de l'Église que nous allons examiner comment se pose actuellement le problème du péché dans le peuple chrétien.Le choix de cette perspective s'impose pour une double raison.D'abord il nous apparaît exact de dire avec L.-M.Chauvet : « L'homme n'est jamais sujet au péché s'il n'est en même temps sujet de la pénitence»3.Cela signifie que la notion de péché s'inscrit, par nature, dans l'ordre religieux, de telle sorte que la conscience de cette réalité présuppose l'existence des rites et des médiations symboliques à travers lesquelles l'existence pécheresse peut se dire et être surmontée.Toute modification dans l'administration de la pénitence entraîne de ce fait des changements touchant le sens même du péché.L'autre raison qui motive notre option s'enracine dans cette conviction que l'intervention pastorale exige un long détour par l'observation du vécu et par l'interprétation des résultats obtenus à la suite d'une patiente analyse.Il me paraît important de présenter dans cette perspective les résultats d'une vaste enquête réalisée auprès des catholiques du diocèse de Chicoutimi au cours des années 1977 à 1979 (donc avant la parution du nouveau rituel).Cette recherche portait sur la pratique du sacrement de pénitence.Elle poursuivait un double objectif : identifier les principales causes reliées à la désaffection croissante des catholiques à l'égard de ce sacrement, dans le but de favoriser l'émergence de nouvelles formes d'expression religieuse du pardon (ou de la réconciliation) 3.Chauvet, L.-M., « Pratiques pénitentielles et conceptions du péché », Le Supplément n° 120/121 (mars 1977).p.41.Cet article a beaucoup inspiré mes réflexions.261 plus adaptées au contexte culturel contemporain.La recherche devait conduire à l'élaboration de nouvelles voies d'action pastorale en ce domaine.1.Témoignages personnels L'équipe a choisi de privilégier dans un premier temps une approche surtout qualitative des données recueillies auprès de groupes et de personnes rencontrées en entrevues qui duraient de deux à trois heures.Ces témoignages ont été enregistrés, puis retranscrits et systématiquement classés.Le matériel accumulé aurait pu donner lieu à une publication analogue à celle intitulée: La confession en contestation, qui donne le compte rendu de l'enquête réalisée auprès des lecteurs de la revue Témoignage chrétien en 1970.L'analyse de ces données a été faite à partir d'une grille d'identification construite en fonction de diverses catégories telles qu'elles se dégageaient des entretiens (confesseur ; catalogue des péchés; aveu; péché mortel; refus d'absolution; confessionnal ; etc.).La fréquence des expressions clé ainsi que la charge émotive avec laquelle elles étaient émises ont servi de critères pour coder le contenu de ces expressions.Cette première opération nous a amené à tirer les conclusions suivantes.Contrairement aux affirmations maintes fois entendues, ce n'est pas la perte du sens du péché qui explique l'éloignement des catholiques à l'égard du sacrement de pénitence.Le problème se situe plutôt au niveau des formes symboliques et rituelles dans lesquelles l'expérience du pardon divin s'est exprimée jusqu'à maintenant.Les gens interrogés réclament un lien de rencontre plus propice au dialogue.Ils veulent vivre avec le confesseur une expérience religieuse satisfaisante; c'est pourquoi ils attendent de ce dernier une ouverture d'esprit centrée sur leur propre devenir, sans être polarisés comme autrefois sur un catalogue de péchés à partir duquel ils se sentent obligés d'avouer leurs fautes.Ils n'oublient pas avec une insistance surprenante que l'Église est un lieu d'accueil pour tous, spécialement ceux qui vivent des situations irrégulières.Toutes les formes de refus (refus d'absolution; refus d'accès au pardon) leur paraît un abus de pouvoir qu'ils dénoncent 262 au nom de la miséricorde divine.Pour eux, accepter de se soumettre au rite pénitentiel tout en sachant que nombre d'entre leurs proches n'y ont pas accès, établit une sorte de complicité jugée de plus en plus inacceptable, car ils se sentent solidaires des pécheurs et responsables de leur devenir.À cette première étape de la recherche, l'équipe a décelé dans la pratique des chrétiens interrogés une recherche de vérité et d'authenticité qui les amenait à prendre une distance critique à l'égard d'un rite devenu insignifiant.On pouvait dans une certaine mesure interpréter leur abstention comme une contestation larvée, voire un contre-rite destiné à libérer le sacrement du pardon de son carcan individualiste, plus juridique qu'évangélique.2.Test d'attitudes Pour vérifier cette hypothèse avec plus de rigueur, l'équipe a choisi d’utiliser dans un deuxième temps un test d'attitudes — inspiré de l'échelle d'Osgood — établi à partir de sept adjectifs spécialement axés sur l'émotion et orientés sur une base d'échelle de + 3 à - 34.Le répondant devait inscrire sa charge émotive pour chacun des adjectifs présentés à chaque item.L'opération s'est effectuée en deux étapes.Le questionnaire a d'abord été rempli par un groupe témoin de 100 personnes choisies selon divers critères (âge ; sexe ; pratique religieuse ; état civil ; profession ; etc.), puis il a été rempli par un total de 227 répondants choisis au hasard.L'analyse des résultats n'a pas fait ressortir de différences significatives entre les deux groupes, de telle sorte que les réponses ont finalement été regroupées (N = 327).Parmi les facteurs atteignant les sommets négatifs les plus élevés, on retrouve les items suivants : péché mortel, refus d'absolution, refus d'accès au pardon.La contrepartie positive donne, comme facteurs les plus valorisés : la 4.Je résume ici les travaux réalisés par deux membres de l'équipe, MM.Denis Bouchard et Robert Dufour.Les résultats de leur recherche se trouvent dans un mémoire de maîtrise intitulé: Principales causes conscientes de la désaffection du sacrement de pénitence au Saguenay, Chicoutimi, novembre 1979, 93 pages (non publié).263 célébration communautaire, l'absolution, le pardon aux autres et la prise de conscience individuelle.On remarque dans cette échelle d'attitudes une accentuation très forte sur l'absolution en tant que parole déclarative d'un pardon et d'une réinsertion effective dans la communauté.Loin de rejeter toute forme rituelle, les chrétiens affirment la nécessité de célébrer avec d'autres la miséricorde divine appelée à les rejoindre au cœur de leur ambiguïté fondamentale.Ils confirment en même temps l'importance d'une démarche personnelle de réflexion qui les acheminera vers une conversion plus authentique.Comment expliquer l'attitude très négative rencontrée à l'endroit de l'item «péché mortel»?Elle s'explique sans doute par l'importance exagérée que l'on accordait naguère à l'aveu des fautes.Ne sachant plus quoi avouer ni comment l'avouer, les chrétiens repoussent un concept trop associé dans leur expérience à la tyrannie des consciences et au pouvoir clérical.Ils souhaitent une autonomie plus grande dans la rencontre qu'ils veulent réaliser avec Dieu, sans mettre en question pour autant la médiation du confesseur.Toutefois ils attendent de ce dernier moins un acte de jugement qu'une parole de miséricorde et d'encouragement.Alors que le rite pénitentiel passé gravitait autour de la confession, le rite souhaité par les répondants est centré sur le pardon divin, dont la célébration doit conduire au pardon effectif donné aux autres.On comprend dans cette perspective pourquoi le refus d'accorder ce pardon à un chrétien est ressenti comme une blessure et un véritable scandale, car un tel geste bloque le dynamisme libérateur qui part de Dieu afin de réconcilier le monde.L'interprétation des résultats obtenus lors de la seconde étape de la recherche nous a semblé corroborer à merveille l'hypothèse que nous avions dégagée à la suite de nos premières entrevues.La source du malaise grave qui amène les catholiques à réduire considérablement leur pratique pénitentielle jaillit de la médiation ecclésiale elle-même et de sa pratique à l'égard du péché.Malgré certains efforts d'adaptation sur le plan rituel, l'Église a conservé face au péché la même attitude et le même discours tout en présentant un visage différent de Dieu, ce qui a entraîné une 264 distorsion progressive dont nous ressentons maintenant les effets.C'est donc tout le discours théologique sur le péché qu'il faut déconstruire et reconstruire pour que, « rejoignant la visée culturelle où s'exprime l'interprétation de soi aujourd’hui, il puisse être reçu comme l'écho de la Parole de grâce dans laquelle se révèle le péché», comme le dit si bien L.-M.Chauvet5.Telle est la conclusion que nous avons nous-même tirée.Elle ouvre une piste de réflexion qu'il importe de suivre si l'on veut aider l'Église à surmonter la crise actuelle.II.Éléments de réflexion théologique La question théologique qui se dégage de nos recherches se pose dans les termes suivants.S'il faut changer le discours théologique sur le péché pour remédier à la crise pénitentielle actuelle, sur quelle base allons-nous réorganiser une pratique devenue désuète et inacceptable pour nos contemporains?Pour ouvrir un nouvel horizon de sens, rien de mieux que de raconter une histoire.En voici une qu'on m'a fait entendre dernièrement et que je reprends à ma façon.Un petit village perdu à l'orée des bois vivait dans la peur parce qu'un loup menaçant rôdait dans les environs et s'attaquait aux enfants imprudents.Un jour, deux d'entre eux furent dévorés.Les habitants organisèrent une battue pour tuer le loup, mais l'opération fut un échec, car le loup se sauva et revint plus furieux que jamais.La terreur s'installa dans le village.Plus personne n'osait sortir.On s'imaginait voir le loup partout, même autour des maisons qui restaient barricadées.Devant une telle situation, on pria saint François d'Assise de leur venir en aide.Son amour et sa connaissance des animaux les aideraient peut-être à se débarrasser du loup.Le saint se rendit dans le bois.Il rencontra le loup, conversa avec lui puis revint dire 5.Chauvet, L.-M., o.c., p.61 265 aux habitants que le loup était installé dans les bois pour y rester.Il n'y avait pas d'autre solution que de vivre avec ce loup et de le nourrir.Les habitants furent très déçus d'entendre une telle solution.La plupart refusèrent de collaborer, mais quelques-uns sortirent en cachette et se mirent à donner au loup sa ration quotidienne de nourriture.C'est ainsi que le loup cessa de dévorer les enfants et que la paix revint dans le village, du moins chez ceux qui savaient que le loup n'était plus menaçant.1.Parabole de l'ivraie Cette histoire de loup fait penser à la parabole de l'ivraie racontée par Jésus.Dans ce champ qu'est le monde, il y a les sujets du Royaume (le blé) et les sujets du Malin (l'ivraie).Les serviteurs ont le désir de se débarrasser de l'ivraie, mais Jésus demande à ses sujets de vivre avec leurs ennemis et même de les aimer.On ne devient vraiment sujet du Royaume que le jour où l'on surmonte sa peur en luttant contre son ennemi par l'amour.Alors que les Pharisiens barricadent la porte de leur cœur parce qu’ils ont peur de Dieu et de la racaille des pécheurs, Jésus ouvre sa porte au nom de sa relation filiale avec Dieu et de son amour offert à tous.Sa pratique libératrice prend la forme d'une lutte contre le péché d'incrédulité, ce péché insidieux qui amène les hommes à penser que l'amour ne peut surmonter la mort.Le péché — avec la division intérieure et extérieure qu'il cause — prend son origine dans ce doute fatal, dont la foi au Dieu-Père est le seul antidote.La coexistence demandée par Jésus entre le blé et l'ivraie prend un caractère historique.Cela veut dire que les sujets du Royaume doivent apprendre à vivre continuellement avec leur péché.L'erreur consisterait à penser que la progression dans la vie du Royaume fait cesser un jour ou l'autre ce combat.L'apôtre Paul répète pourtant sans arrêt que la lutte entre la chair et l'esprit fait partie intégrante de la dynamique de l'expérience chrétienne, qu'elle est même signe de la présence active de l'Esprit-Saint.La peur du péché conduit l'homme à la panique et à la folie.Pour se sécuriser intérieurement et pour combler ce manque qu'il est incapable de faire disparaître — tuer le loup, c'est-à-dire faire 266 disparaître l'Autre dont il tient son origine —, l'homme se réfugie dans des idoles de toutes sortes avec lesquelles il entretient un rapport narcissique d'où ne jaillissent que la division et la mort.La lutte contre le péché au nom de la foi procure au contraire la sérénité et la joie.En regardant sur la croix avec un regard d'amour la conséquence de son péché — heureuse faute, dit un hymne bien connu —, le croyant nourrit son ennemi; il l'apprivoise en se le réappropriant et en l'accueillant dans la vérité.Ce nouveau rapport engendre une libération profonde et radicale, parce que celle-ci ne vient pas de l'homme, mais de Dieu et de son pardon.Ce pardon inconditionnel est cause et condition de la disparition du péché sur la terre.Lui seul peut apporter la paix entre les peuples.2.Deux points importants Il est inutile de prolonger davantage cette interprétation du péché dont nous avons relu les sources évangéliques.Nous en dégageons deux points importants pour la suite de nos réflexions ; a) plutôt que de mettre l'accent sur les péchés actuels que le sacrement viendra «laver» par la confession, il vaut mieux ne jamais perdre de vue le péché fondamental d'incroyance qui nous habite et qui est source de nos péchés actuels; c'est lui, le loup avec lequel il faut vivre et cohabiter; b) l'attitude envers le péché commande des stratégies pastorales correspondantes (corrélatives).L'attitude évangélique à retrouver n'est pas la peur, mais la lutte amoureuse.C'est à partir de cette attitude qu'il faut reconstruire la pratique pénitentielle de l'Église.Notre système judiciaire s'oriente d'ailleurs dans cette voie depuis plusieurs années.Au lieu d'avoir peur du criminel, on cherche à vivre avec, à le réhabiliter et même à lui faire purger sa peine au cœur du monde par des actions humanitaires.Que dire aussi de toutes ces sessions et de tous ces volumes qui intéressent tant nos contemporains parce qu'ils les aident à mieux se connaître et à mieux s'accepter.Notre culture a soif de vérité et d'authenticité, quoi qu'on en dise.Ce sont de telles pierres d'attente qu'il faut discerner et évangéliser.267 Ml- Jalons pour une pratique pénitentielle renouvelée Il est admis depuis au moins dix ans que l'Église catholique traverse une phase critique au niveau de sa pratique pénitentielle6.Une telle constatation signifie que c'est toute l'Église en tant qu'institution de salut qui est mise en question.Car une crise aussi radicale l'atteint dans son essence même et dans sa raison d'être au cœur du monde.On reconnaît volontiers la nécessité de prendre un virage mais dans quelle direction ?La voie à suivre nous semble ouverte par l'évolution de la conscience chrétienne et par sa soif d'autonomie.D'abord et avant tout, il faut débusquer les relents de la traditionnelle pastorale de la peur du péché, avec son cortège d'individualisme, d'irrationalisme et d'aliénation.L'Église doit consentir à faire mourir son pouvoir sur les consciences, surtout quand on sait que ce pouvoir repose en grande partie sur des peurs suscitées dans le peuple par les clercs eux-mêmes : peur de soi, peur de l'autre, peur de la femme, peur de ne pas détester suffisamment son péché, peur d'oublier des péchés, etc.7.La peur maintient l'individu dans l'incertitude et dans l'isolement.Loin de libérer du péché, elle renforce son pouvoir et provoque la chute.La pratique libératrice de l'Église doit donc commencer par une libération des consciences, qui consistera à exorciser les diverses peurs grâce auxquelles elle a maintenu ses fidèles dans une ferveur réelle, mais douteuse et peu épanouissante sur le plan humain.1.Une lutte amoureuse Pour remplacer cette attitude néfaste, l'Église aurait intérêt à développer une attitude de lutte amoureuse contre le péché, fondée sur l'expérience pascale de la victoire de l'amour sur le mal et sur l'acceptation du péché d'incrédulité, source de nos péchés 6.La bibliographie sur ce sujet est immense.Dans cette abondante littérature, le numéro 61 de la revue Concilium (janvier 1971) reste un instrument de réflexion toujours valable.7.Cette affirmation s'appuie sur l’ouvrage de Jean Delumeau, cité en note 1.268 quotidiens, comme faisant partie intégrante de notre expérience chrétienne.Il s'agit en somme de réarticuler le champ d'expérience nommé par le mot «péché» en fonction de la vie présente, et non plus seulement en rapport avec le destin éternel.Les croyances en l'au-delà sont en effet passablement confuses de nos jours et il apparaît avec évidence que la valeur libératrice d'une religion (ou d'une foi) ne se mesure plus à sa capacité de délivrer l'être humain des supplices éventuels qui l'attendent après la mort.Ce qui compte pour les Québécois, par exemple, c'est l'orientation morale que la religion permet de donner à leur vie, c’est aussi la force qu'elle leur procure dans les épreuves de l'existence.L'influence encore considérable exercée par la religion dans leur vie se situe sur ce plan existentiel et fortement personnalisé, à tel point d'ailleurs que le discours officiel de l'institution semble une source de référence de moins en moins suivie, si l'on en juge par le nombre de positions romaines avec lesquelles les Québécois sont en désaccord8.L'interprétation de soi s'exprime aujourd'hui dans une visée culturelle axée sur le besoin de sens et sur le dépassement de soi en vue d'une plus grande autonomie.Pour rejoindre ces schèmes culturels et y faire entendre la Parole de grâce, il importe de s'appuyer sur le besoin de conversion ressenti par l'être humain à l'écoute du processus d'auto-transcendance.Cette perspective existentielle si bien développée par J.Moingt nous permet en effet d'accéder au sens du péché et au besoin humain de libération en utilisant un discours compréhensible pour l'homme d'aujourd'hui.Résumons les principales articulations de cette théologie9.Celui qui entre dans le processus de dépassement de soi se sent entraîné dans un mouvement qui fait sans cesse reculer les limites du sacrifice de soi.Il ne peut justifier lui-même cette obligation.Et pourtant il éprouve qu'elle est la vérité de la vie.Il se sent entraîné 8.Voir les résultats du sondage intitulé : «L'Église d'ici et la papauté», publié dans Le Devoir, 8 septembre 1984, cahier 5.9.J.Moingt, « La révélation du salut dans la mort du Christ», dans X.Léon Dufour, A.Vergote et al.Mort pour nos péchés, Bruxelles, Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, 1979, pp.117-172.269 par une force intérieure qui n'a ni son origine ni son terme en lui-même.Ce dynamisme correspond à l'appel de l'inconditionné.Le refus de cet appel pour s'enfermer en soi et posséder la vie conduit à traiter les autres en objet et à établir des rapports de domination.Cette expérience du refus comme rupture d'harmonie développe un sentiment de manque, non seulement par rapport à ses frères blessés, mais aussi envers cet appel intérieur au dépassement.Pour surmonter cette situation et revenir dans les voies de l'humanisation, il sent le besoin d'être pardonné et de pardonner : il se sent traversé par une Transcendance.La découverte du péché, c'est d'abord la découverte de l'inconditionné comme vérité de l'être.C'est ensuite l'expérience de se dérober à la force qui nous pousse à avancer par peur de l'Autre et de l'avenir, peur qui s'enracine fondamentalement dans un refus de foi (incrédulité).Puisque la lumière permettant d'éclairer cette expérience ne peut jaillir du monde, il apparaît avec évidence que la pratique pénitentielle de l'Église doit porter principalement sur la révélation en tant que dévoilement, c'est-à-dire parole qui nous apprend, d'une part, à nommer cet appel au dépassement et à lui obéir et, d'autre part, nous fait découvrir pourquoi nous avons besoin d'un libérateur pour lutter contre nos forces d'inertie et nous permettre enfin de surmonter notre incrédulité.Ainsi s'ouvre un chemin d'espérance qui apporte au pécheur la paix véritable dans la mesure où la parole libératrice de l'Église «est moins occupée de lui fournir de quoi juger comment sa liberté a joué par rapport à son péché en tant qu'il est du passé, que de l'inviter à user de sa liberté, rénovée par le pardon de Dieu, pour désormais mieux vivre selon l'Alliance et pour éventuellement prendre en charge les effets présents et à venir de ce qu'il a fait» 10.2.Le regard vers l'avenir Orienter le regard vers l'avenir plutôt que vers le passé amène à changer les éléments symboliques autrefois reliés à la pratique 10.Pohier, J.-M., «Péché», dans Encyclopaedia Universalis, vol.12, Paris, 1980 p.662.270 pénitentielle de l'Église.Lorsqu'on était préoccupé par la question de savoir comment déterminer exactement le degré de gravité objective d'une faute dans le but d'aider le pénitent à mieux avouer toutes ses fautes, c'est la symbolique de la souillure qui était mise de l'avant et les textes bibliques utilisés portaient sur les commandements auxquels on avait éventuellement désobéi.Le pécheur voyait son péché comme une tache qu'il fallait laver afin de retrouver sa pureté baptismale.Il devait rejeter les mauvais fruits que son action avait engendrés et craindre toute compromission avec le mal.L'Église-mère se présentait alors comme un havre de salut, le seul lieu dans lequel le chrétien devait habiter s'il voulait se protéger contre les dangers occasionnés par ce loup qu'est le monde.Vatican II a heureusement changé cette ecclésiologie.Toutefois le discours relié à la pratique pénitentielle n'est pas encore tout à fait articulé sur cette conception d'une Église dans le monde, au service du monde.Maintenant que l'Église se comprend comme signe et lieu d'une libération divine intra mondaine, il faut reprendre la symbolique de la croissance et de la construction si chère à Jésus.Les paraboles du Royaume serviront à illustrer cette espérance en la fécondité de la semence divine.Le péché apparaîtra moins comme une tache que comme un obstacle, une chaîne, une fermeture, bref un frein qui retarde et entrave la réalisation du Règne de Dieu dans le monde.L'appel à poursuivre la lutte contre le péché entreprise par Jésus le Christ continuera à dynamiser la conversion de chaque chrétien au Dieu créateur et à son action régénératrice conduisant au surgissement d'un monde nouveau.En changeant de cette manière l'arbre de son cœur, le chrétien ne verra plus le péché comme une excroissance extérieure à son être; il le verra plutôt comme une réalité de son existence qu'il doit apprivoiser et surmonter grâce à sa foi au Dieu-Père.Si l'Église situait la lutte contre le péché au cœur de l'existence chrétienne, elle serait amenée à gérer autrement la culpabilité inhérente au péché ainsi que le sort réservé au pécheur.La pratique disciplinaire actuelle consistant à exclure du rite de réconciliation une catégorie de plus en plus nombreuse de membres 271 contribue, comme G.Defois l'a magistralement démontré, à maintenir la communauté dans un climat de peur semblable à celui que l'on rencontre dans nos sociétés qui succombent souvent à la tentation «de réprimer le mal et la violence au lieu d'en traiter les causes» 11.Or ce traitement obligerait à institutionnaliser l'expression des péchés et à articuler les rapports de péché sur un projet pascal, c'est-à-dire de passage.En d'autres termes, il faudrait que le rite pénitentiel cesse d'être un simple effacement abstrait du péché pour devenir le lieu d'élaboration d'un discours où se disent les péchés de la collectivité et de chacun afin d'arriver à un consensus actif.«Célébrer la réconciliation dans l'Église inclut la mise en oeuvre d'une Communauté autre afin de porter collectivement nos ambiguités de faute, de désordre et de violence.En étant la société du péché, l'Église se révèle la communauté de I espérance, c'est-à-dire du transfert en solidarité de ce que la faute constitue en destruction des consensus» 12.Organiser la lutte contre un ennemi avec qui il faut vivre développe le tissu communautaire et renforcit le corps social, alors que marginaliser le traitement attribué au mal règle provisoirement un problème qui finira par dissoudre ce corps.L'Église réussira à créer une communauté vivante le jour où, à l'exemple de l'Église primitive, elle maintiendra les pécheurs et les saints unis dans un même projet de faire naître de nouveaux tissus sociaux fondés sur la libération divine.Conclusion Il m apparaît évident que les chrétiens contemporains sont en train de découvrir une conception très riche du péché, parce qu'elle jaillit de la source évangélique elle-même.Après avoir subi pendant des siècles une pratique ecclésiale qui les gardait prisonniers du giron maternel sécurisant, mais, hélas, aliénant, ils se sentent tout à coup entraînés au large, poussés par un vent de liberté dont la 11.Defois.G., «Le rite pénitentiel entre la violence et la réconciliation», Le Supplément n° 120/121 (mars 1977).p.131.12.Idem.p.132.272 violence les oblige à revenir à l'intérieur d'eux-mêmes pour se donner de nouvelles règles d'action.L'éthique de l'innocence peureuse fait place à l'éthique de l'autonomie, de la responsabilité et de la solidarité.Ainsi se dessine un nouveau sens du péché dont les contours encore mal définis obligent néanmoins l'Église à réajuster sa pratique pénitentielle si elle veut être un lieu de libération personnelle et collective.Parmi les multiples ajustements à opérer, il ressort que c'est le traitement rituel du péché qu'il importe avant tout de corriger afin de créer un tissu communautaire vivant et dynamique.Toutes les exclusions disciplinaires devraient être revues dans une perspective de lutte effective, qu'il ne faut pas confondre avec un pardon affectif insignifiant.Un pardon facile et abstrait ne vaut pas mieux qu'une exclusion irrémissible car, dans les deux cas, le péché n'est pas pris en considération pour lui-même, il est masqué, refoulé, repoussé en dehors du champ de la conscience dans la forêt obscure où il suscite la peur et la fermeture sur soi.L'attitude offensive proposée par Jésus consiste au contraire à lutter contre le péché au nom du Dieu-créateur sans illusion ni fausses attentes.Comme l'ivraie pousse avec le bon grain, le péché fera toujours partie de nos existences d'êtres finis et il faut apprendre à vivre avec lui aussi bien sur le plan individuel que sur le plan collectif.Nos sociétés ont malheureusement tendance à réprimer la violence par la violence.Au nom de la sécurité nationale, elles excluent durement les déviants sans chercher à comprendre leur malaise et sans tirer profit de cette situation pour refaire les consensus sociaux.La tâche d'une Église orientée vers une pratique libératrice effective consiste à devenir au sein de notre monde hanté par ses peurs un lieu d'analyse lucide sur le mal qui retarde la progression du Règne de Dieu dans le monde.Vu en face dans la foi, le mal est démasqué, apprivoisé, il perd sa puissance angoissante et il peut être surmonté grâce à la force de Dieu.Si un nouveau sens du péché apparaît dans la conscience chrétienne, c'est sans doute parce que le visage de Dieu se montre maintenant sous un jour nouveau.Le Dieu autoritaire et menaçant, 273 le Dieu qui empêche l'homme d'être homme, est définitivement mort.À sa place naît le Dieu de l'alliance en Jésus-le Christ.Ce Dieu ne fait plus peur, car il est perçu comme un Dieu-avec-nous, présent au cœur de notre humanité pour susciter un dépassement progressif dans la voie d'une recréation du monde par l'amour.C'est en son Nom que les personnes veulent échanger, progresser et lutter contre le mensonge et l'illusion.En somme, l'être fini que nous sommes a besoin de s'entendre dire que l'Être Infini nous aime non pas malgré, mais avec notre finitude, car telle est notre condition de créature.Le loup avec lequel il faut vivre, n'est-ce pas cette finitude dont nous avons si peur et que seul Dieu peut nous rendre capable d'aimer?274 Les jeunes ont-ils « la» vocation ?* Benoit Lacroix, o.p.** À chaque fois que je parle des jeunes, je pense aux plages d'Arromanches et aux cimetières de Normandie.Plus de vingt cimetières dans la région.Dix mille croix sont savamment alignées à Omaha Beach.Aux cimetières canadiens à Beny-sur-Mer, sur la route d'Argentan, les croix indiquent 20, 23, 25 ans.C'est peut-être à ces jeunes que nous devons d'être ici.Encore aujourd'hui, c'est aux jeunes qu'appartient l'avenir.« La jeunesse est le radar du monde.» Comment au nom du Christ pouvons-nous faire appel à leur goût d'aventure?Quels sont leurs idéaux?leurs possibilités?leur réalisme ?Il n'est sûrement pas facile dans la situation ecclésiale actuelle de parler de vocation, d'engagement, de durée, de vœux perpétuels, de célibat.La jeunesse est provisoire, elle imagine et vit à sa manière l'amour, le travail, la religion.L'Église lui apparaît comme une superstructure bien organisée dont le clergé serait le propriétaire.L'opinion publique facilement jalouse, pharisaïque, hostile, la comprend peu ou mal.Au centre du christianisme se dresse une croix : tous en ont peur ! Ainsi, pour nous rendre compte des façons dont les jeunes envisagent maintenant la vocation, il faut faire un détour.Comme le bon samaritain qui quitte sa route pour aller aux autres, à ceux qui ne sont pas de sa culture.* La première partie de cette réflexion est parue dans La vie des communautés religieuses 43 (1985) 229-239.** 2715, Chemin Côte Sainte-Catherine, Montréal.Que.M3T 1B6.275 Justement pour relever le défi de parler des jeunes qui passent et d'une vocation qui dure, nous rappellerons des valeurs positives ou négatives recherchées par les jeunes d'aujourd'hui; puis nous verrons comment nos démarches dans la pastorale des vocations doivent se rapprocher de leurs préoccupations.En troisième lieu, nous évoquerons les divers visages que le Christ a pris à travers l'histoire vocationnelle.Enfin, nous discuterons des mots qui concernent plus immédiatement une pastorale des vocations.I.Valeurs positives et négatives Quant à leurs valeurs ?Quelles sont les valeurs positives ou négatives qui préoccupent ceux que la société persiste à appeler les jeunes d'aujourd'hui ?Je les cite d'abord dans leur langage assez brutal qui n'en reflète pas moins une mentalité parfois primitive: — «Je veux faire ma vie.C'est ma vie.Elle m'appartient maintenant que je l'ai.» — «Mes parents m'ont imposé la vie.C'est assez.À moi la suite.» — « Demain je vivrai, eux ne seront plus là.» — «Leur société est programmée à l'avance, comme celle de l'Église catholique.» — « La drogue, c'est comme prendre du gin pour mon père.» — « La sexualité, c'est le problème de nos parents.C'est pas si mal, c'est naturel.Eux, ils sont "poignés”, ils ont peur.» — «On n'a pas le droit de s'engager à vie, à jamais.C'est téméraire, présomptueux.Le droit de changer d'idée est un droit essentiel.» 276 Ce dernier point mérite une courte explication.Les jeunes ne voient pas les bons effets de la continuité et leurs propos renvoient plutôt à la permanence des professeurs, professeurs à vie, titulaires, agrégés, permanents, c'est-à-dire assis, rouillés! De même, ils craignent un clergé titulaire, des prêtres à vie, des religieux une fois pour toutes.Ils redoutent ce qu'ils ne connaissent pas, eux qui, pour la plupart, vivront de travail partiel, à la pige.Plusieurs croient que la vie à fidélité successive est plus enrichissante que la vie à fidélité continue.Un type de culture ouverte Ce genre de réactions correspond à un type de culture dont nous voudrions rappeler les grands traits tels que nous les avions énoncés dans la revue Relations en mars 1982 (p.72-73).D'abord reconnaissons que leur culture est plus vaste, plus internationale, davantage reliée à l'actualité, plus généreuse dans ses intentions mais moins hiérarchisée; elle est moins unifiée, moins durable en un sens que celle des années 1960.Avec des trous de mémoire énormes, des vides déconcertants.C'est une culture sauvage.Il y a de tout, mais rien — sauf quelques exceptions privilégiées — de vraiment continu.L'information a supplanté la formation; la curiosité a remplacé l'étude proprement dite; le besoin d'apprendre vite a délaissé les réalisations si importantes de la culture humaine.Les jeunes vivent majoritairement d'extraits, d'anthologies, de «bouts» de télévision, de radio populaire.L'on sait leur immense appétit de voir, de savoir, de voyager, de vérifier, de participer.Leur culture est encyclopédique, au jour le jour, selon les appels du moment.Il s'agit d'une culture réelle mais compartimentée et sans lien préétabli.Ils ont hâte de savoir, mais ils ont tout aussi hâte de passer à autre chose.La démission spirituelle de plusieurs de leurs maîtres leur fait beaucoup plus de mal qu'on veut bien le penser.Ils tolèrent de 277 moins en moins les complexes religieux des aînés et leurs moqueries trop faciles.Non, les jeunes n'ont pas envie d'embarquer dans le bateau mystérieux d'un passé houleux qu'ils ne connaissent que négativement.Dans cette culture faite de synchrétisme et de naïves aspirations, plutôt loin de la culture classique, on dirait que: la coutume devient critère de moralité; l'instinct remplace la raison; l'intuition tient lieu de logique; l'expérience succède à la loi ; la liberté consiste moins à choisir qu'à défier, à contester, à dévier ; la sincérité est purement subjective ; La dépendance ?Jamais.La solidarité ?Oui.Quatre temples Dans cette culture «juvénile», il existe quatre «temples» de vie et d'action dont le premier est l'univers, le cosmos, ce tout rempli d'énergies, d'ondes et de vibrations.Le second est celui de l'esprit.Dans l'être humain réside une identité, un monde d'imaginaire, de sentiments, d'idées et un potentiel à identifier.Le troisième, c'est le corps.Le corps, c'est ma maison.Il n'appartient pas aux autres, encore moins à l'Église.Enfin il y a le temple du coin, l'église paroissiale où j'entre à Noël, à Pâques, à un baptême, à un mariage et où j'entrerai pour mes funérailles.Les divers chemins de salut Quant aux possibilités de salut, aux manières de tirer partie de la vie, les jeunes répondront instinctivement qu'il n'y a pas que le christianisme pour en venir à bout, plusieurs voies de salut s'ouvrent devant eux.Ils parleront de salut par la fraternité, par la connaissance, par la santé [mon corps, mon psychique), par l'action, par le pouvoir, par l'argent, par la qualité de vie, etc.Il y a aussi la 278 réincarnation qui consisterait à se laisser dissoudre dans le grand tout.Oui et non ! Leur culture, généreuse à bien des égards, comporte des contradictions qui sautent aux yeux.Essayons de surprendre cette génération des jeunes dans la vie même de leurs contradictions les plus flagrantes : — Ils défient leurs parents, mais ils adorent leurs grands-parents.— Ils n'aiment pas que notre Église soit si âgée, mais ils adorent le patrimoine religieux.— Ils n'aiment pas les dépendances, mais ils cultivent les généalogies.— Ils font beaucoup de bruit, mais ils voudraient le silence.— Ils veulent être libres, mais ils rejoignent les sectes les plus totalitaires.— Ils préfèrent les innovateurs, mais dans la majorité des cas ils sont des répétiteurs de slogans, de mots, de musique, d'arts, etc.— Ils sont pour l'autonomie de la personne, mais ils courent vite à l'appartenance au groupe privilégié.— Plusieurs sont des parasites; ils attendent tout de leurs aînés.— Ils disent non à la société programmée, mais ils veulent tous leur ordinateur.— Ils disent non au conformisme, mais ils portent tous des jeans.Et ainsi de suite.279 Finalement, et c’est sérieux: ils n'ont plus que des besoins.Peu connaissent le dynamisme conscient du désir qui, on le sait, est provocateur d'idéal et d'action.Le goût de l'expérience spirituelle Malgré ces contradictions et ces apparences, beaucoup ont vraiment le goût de l'expérience spirituelle et souvent de l'expérience de Dieu.Plusieurs valeurs de notre temps — et n'en doutons pas — les intéressent au plus haut degré.Avec d'autres mots parfois, ils éprouvent les mêmes aspirations pour la liberté, la responsabilité, le partage, la vérité des gestes et des sentiments, pour l'œcuménisme, le féminisme et l'internationalisme.Quelles formes prend leur spiritualité?1.Une forme mystérieuse.Ils ont le sens du mystère, le goût de l'ésotérisme, de la métaliturgie, des rites inédits.Si les sectes les attirent, c'est qu'ils y trouvent de quoi rêver, imaginer, se rendre aptes au merveilleux.2.Une forme cosmique.Plusieurs retrouvent peu à peu la nature, les arbres, les saisons, les fleurs, l'expérience du silence.Jusqu'à l'alimentation qui se fera peut-être de plus en plus sélective et naturelle.Nos jeunes rentrent au paradis terrestre ! La médecine naturelle les passionne.3.Une forme communautaire.Là, nous trouvons le besoin du clan, l'appétit social, la nostalgie de la «famille» nombreuse, le sens de la solidarité humaine mais vécue à un niveau plus restreint.C'est la tentation continuelle des clubs, des minicommunautés et des cellules autoprotectrices.4.Une forme expérimentale et inachevée, en ce sens, et je l'ai dit, que la « loi» s'avère remplacée par l'expérience.Il faut dire que rien encore chez eux n'est stable.Aucune volonté apparente de durer dans un engagement spirituel ou même social ne transparaît.Leur «spiritualité» fait penser aux premiers cheminements des 280 pionniers.On part, on veut partir; on commence, mais on ne sait pas, on ne veut pas nécessairement savoir où cela nous mènera.Ils se tournent vers la spiritualité de la route indéfinie et du désert.Cependant pour une minorité de jeunes radicaux d'esprit, le goût est fort de s'engager dans un risque absolu : il y a le rejet de la société, l'utopie d'un groupe meilleur, la volonté de contourner ou même de détruire le système soit en l'ignorant, soit en le combattant.Nous nous retrouvons ainsi avec des sectes religieuses étrangères à la mentalité québécoise, avec des engagements politiques mal évalués.La spiritualité de ces jeunes de droite surtout, et de gauche, va de pair avec une générosité d'illuminés et une croyance à la supériorité des minorités.Eux et nous.Il serait peut-être intéressant de nous attarder pour comparer leur expérience de Dieu et la nôtre à travers les événements de l'histoire.Nous, nous disons que Dieu se manifeste à travers l'événement via son peuple, sa Parole, ses signes sacramentels, mais surtout à travers Jésus que nous cherchons dans des lieux privilégiés, par exemple à l'église, et dans un temps privilégié: le dimanche.Eux, ils cherchent Dieu à travers le merveilleux, la convivialité et l'expérience cosmique.Une minorité recherche Dieu dans l'expérience mystique personnelle.Et cette minorité est davantage intéressée par les expériences spirituelles fortes: l'érémitisme, la vie monastique, etc.Il faut dire que, dans un tel contexte, la vocation religieuse court le grand risque de ne pas être comprise, de passer inaperçue ou de laisser indifférent.Nous savons, nous, que la foi est non seulement un don de Dieu, mais qu'elle transcende aussi l'expérience et l'événement; tandis que pour plusieurs jeunes elle paraît s'appuyer sur des événements anciens et parler un langage qui « n'est pas de ce monde».281 La nouvelle vague des vocations arrivera avec des rêves plus ou moins mystiques; elle sera portée à l'angélisme ou même au radicalisme contre le matérialisme ambiant.Ces jeunes voudront donner leur vie à Dieu, à Jésus, dans une communauté vivante d'Église; ils voudront servir l'humanité.Leur audace, leur franchise et leur espérance carrée, qui défient les traditions trop bien établies, auront de quoi faire trembler les vocations traditionnelles.II.Pastorale des vocations Responsable des vocations, mais comment?Le temps est venu de parler directement du responsable des vocations face à tous ces défis d'une nouvelle culture.1 - Le responsable des vocations est invité par l'Église à suivre le conseil de Jésus: «Priez le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson» (Mt 9, 37).Jean-Paul II vient de rappeler aux évêques du Japon que la prière reste le premier moyen, le moyen essentiel de promouvoir les vocations.Il faut, répète-t-il très préoccupé par cette question de la relève, beaucoup invoquer la Vierge Marie.2- Une deuxième attitude du responsable des vocations serait de proposer l'idéal dans toute sa pureté première.Même s'il se rencontre des religieux, des prêtres, qui vivent à une altitude plutôt basse, même si certains ont capitulé devant l'exigence évangélique, il ne doit pas adapter ses propos à la mode du temps.Dans sa lettre aux prêtres le jeudi saint 1985, Jean-Paul II parlant des « ouvriers peu nombreux», de la nécessité de la prière et des points de repère concrets à établir, conclut: «Nous ne devons pas craindre d'exiger beaucoup des jeunes».C'est ainsi que nous ne devrions pas hésiter à leur parler de vie mystique, de terre de feu, de la vraie vie au-dedans de nous.« Poème de l'Esprit de Dieu», la vie intérieure est une force spirituelle d'où tout peut jaillir.« S'il était possible de sonder un cœur, l'étonnement serait de découvrir au tréfonds une attente, la silencieuse attente d'un amour» (Frère 282 Roger, de Taizé, Lettre du désert, janvier 1985).Peut-être faudrait-il aussi leur mentionner le silence, le silence intérieur, la petite chapelle du cœur, la cellule portative.3- Une autre disposition du responsable des vocations est celle du courage, de la fierté en faveur du célibat consacré pour le Christ.«Il est grand, ici aussi, le mystère de la foi.» L'opposition des gens est significative.Disons-le sans arrogance: «La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas comprise.» La foi en l'avenir du royaume nous apprend les multiples sens prophétiques de notre «solitude».Nous savons que, de toute façon, la Parole de Dieu aura le dernier mot.Nous sommes les témoins de la toute-puissance de Dieu.Le ciel et la terre passeront, mais la Parole de Dieu, source de tout appel, ne passera pas, elle est notre appui, notre principale motivation.Jean-Paul II dirait: «N'ayons pas peur !» 4- Ce même pasteur universel, Jean-Paul II, dit et redit qu'il faut investir le meilleur de ses forces dans la formation et la promotion des vocations.Aussi honneur à vous qui êtes responsables des vocations! «Souvenez-vous: servir les jeunes, c'est servir l'Église! C'est une tâche prioritaire, en face de laquelle souvent doivent être subordonnés et orientés d'autres tâches, engagements, intérêts.Aimez les jeunes comme le Christ les aime.Connaissez-les et faites-vous connaître personnellement.Allez auprès d'eux parce que souvent eux-mêmes ne viendront pas spontanément.Faites-vous surtout instruments courageux de l'appel que le Seigneur adresse aux jeunes.» (Message pour la Journée mondiale des vocations, 25 janvier 1985).5- Mais, et très souvent, autre est le semeur, autre est le moissonneur (cf.Mi 6, 15).Le promoteur est semblable au Christ qui recrutait des disciples: «Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir» (Mt 20, 28).«Celui qui voudra devenir grand parmi vous, se fera votre serviteur» (Mt 20, 26).Il en est, en effet, du royaume de Dieu comme d'un homme qui jette la semence en terre ; qu'il dorme ou qu'il soit debout, la nuit ou le jour, la semence germe et grandit sans qu'il ne sache comment.D'elle-même, la 283 terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, enfin du blé plein l'épi (cf.Mc 4, 26 et suiv.).6- L'heure est aux témoins plutôt qu'aux théories, a-t-on dit.Il convient, dès lors, que le promoteur des vocations soit un témoin convaincu de l'initiative de Dieu et de son propre rôle de médiateur.Aux évêques du Sénégal le 21 février 1984, Jean-Paul II rappelle qu il faut des prêtres et des religieux capables de démontrer le don total par la «simplicité dans la manière de vivre et un style de vie qui encourage les jeunes à les suivre».7- Il s'agit d'une vision humaine et culturelle de l'avenir même de l'Église.Promoteur et promotrice des vocations, vous vous devez de ne plus donner seulement des motivations spirituelles aux jeunes, si nobles soient-elles, mais aussi de leur offrir des projets à caractère humain, social et culturel, des projets «charnels», évidents, personnalisés, possibles à quelques mois près.«La foi n'est pas vraie si la chair ne vibre pas» (Lamartine).Il faut changer le monde, penser autrement l'avenir.Il faut présenter aux jeunes moins des recettes de vie spirituelle que le goût du risque, de l'amour concret des peuples, des pauvres, des enfants, des hommes, des femmes, la joie de servir, la nécessité d'être des agents de paix.Comment les communautés religieuses traditionnelles ont-elles commencé?Par des fondations difficiles, dans des milieux précis, pour des services humains déterminés.Je pense à Mère Marguerite Bourgeoys et à sa première école, à Mère Émilie Gamelin, à Mère Marie-Rose, à Mère Marie-Léonie.Aujourd'hui, c est au tour de Mère Teresa, de Jean Vanier.On s'est moqué des religieuses Missionnaires de l'Immaculée-Conception et de leurs petits Chinois, mais encore là il y avait un projet, une oeuvre concrète.Même chez les contemplatifs, il en fut ainsi : Thérèse de Lisieux (+ 1897) vient au Carmel pour les prêtres qui deviendront ses enfants.La bienheureuse Élisabeth de la Trinité, pourtant brillante pianiste, entre elle aussi au Carmel, en 1901, pour y rencontrer Dieu dans le quotidien ordinaire.Saint Benoît fonde la communauté des Bénédictins pour réunir ses moines au nom du travail manuel et de la louange de Dieu.Saint François entend 284 revenir à l'idéal de la mendicité évangélique.« On ne joint les mains que si elles sont vides.» Saint Dominique groupe ses prêtres autour des évêques pour la prédication aux hérétiques : il veut des champions de la foi contre les cathares et les albigeois.Rappelons-nous que les jeunes de maintenant sont attirés par des oeuvres missionnaires humanitaires et caritatives.Ils ont dans le sang l'esprit missionnaire; ils sont prêts à partir demain pour aider les pauvres ici et là; ils aiment ceux qui courent aux plus démunis ; ils ont l'impression qu'il faut s'exiler pour agir vraiment.Par exemple, un groupe d'étudiants du Cégep Montmorency partent pour Haïti, durant les vacances, en vue d'y aider les pauvres.Est-il trop tard?Sommes-nous trop riches pour leur proposer des projets éducatifs, sociaux, etc.?Nous, nous les attendons avec des années de claustration souvent artificielles, noviciat, postulat, auxquelles leur santé psychique résiste mal.Pourtant la volonté d'un don total est là.Aux évêques du Gabon un 19 février 1982, Jean-Paul II suggère d'associer davantage leurs prêtres gabonais « aux responsabilités ecclésiastiques, car il faut qu'ils s'habituent à prendre la relève à tous les échelons».L'idée est la même : rendre l'appel de la vocation moins abstrait, moins lointain.Le futur religieux et la future religieuse doivent savoir qu'il leur faut non seulement un grand amour du Christ uni à l'esprit de prière, mais aussi qu'ils sont attendus par l'Église pour un «travail» précis, urgent, apostolique, qui les obligera à toutes sortes de renoncements et peut-être à des études austères.III.Les divers visages de Jésus Jésus vit.Ressuscité, il demeure avec nous.«Jésus de Nazareth», «Jésus superstar», «L'Évangile selon saint Matthieu» de Pasolini, l'oratorio «Jésus Christus» à la basilique Notre-Dame de Montréal (1986), autant d'événements artistiques, autant de visages possibles depuis l'Enfant de la Crèche jusqu'au marcheur d'Emmaüs.Mais c'est toujours le même Seigneur.Précisément, les artistes 285 prouvent que l'approche de Jésus varie selon les siècles et les cultures.Chaque époque a ses goûts et ses préférences.La première représentation romaine de Jésus fut celle du Bon Pasteur.À Byzance, on a longtemps peint Jésus assis en majesté, à la manière d un empereur.Le Moyen Âge latin a préféré Jésus debout, en longue tunique monastique.Le beau Dieu d'Amiens.Aux grandes périodes de misère, l'on montre surtout Jésus flagellé, défiguré, torturé.C est le Christ de Rouault.En Orient, on aimera le Christ de la compassion.En Amérique du Sud, le Christ devient un pauvre, un travailleur exploité, ou parfois un libérateur, tel celui qui chasse les vendeurs du Temple.Au Québec, sous l'influence de I héritage européen des XVIe et XVIIe siècles, on a vu beaucoup de Christ en croix.Peu d'images représentaient la résurrection.Et aujourd'hui?Nos jeunes du Québec et du Canada français en général n'opteraient sûrement pas pour un Christ capitaliste ou bourgeois.Ils opteraient, croyons-nous, pour un Christ public marchant sur les routes et s'adaptant toujours au peuple qui le réclame.En même temps se dessine un autre visage du Christ: celui du Christ de la tendresse et de la générosité, celui qui ne condamne pas, qui ne juge pas, qui est généreux, qui n éteint pas la mèche qui fume encore, prêt à attendre la fin des temps pour séparer le bon grain du mauvais.Il semble que de plus en plus les jeunes d'ici se réfèrent plutôt au Christ «doux et humble de cœur».Ils veulent créer des liens; ils n ont pas peur des amitiés ni des clans.Leur capacité d'aimer en Église est grande.La tendresse missionnaire et le tout à tous d'un Jésus guérisseur et libérateur les attirent.Une lecture sociale de la vocation du Christ s impose au moment où nous leur parlerons de célibat, de vie consacrée, du tout à tous.IV.Autres temps, autres mots Nous en arrivons à la dernière étape de cet exposé: celle du vocabulaire.Non, il n est pas facile de parler de la vocation aux jeunes d'aujourd'hui.C'est même toute une aventure.Beaucoup de mots, y compris le mot vocation, sont piégés, sécularisés, déphasés.Ou, comme ils diraient: déboulés, décrampés.Faut-il 286 pour autant traduire, dans leur langage quotidien ce qui pour nous est sacré, et tout réduire à la mode du jour jusqu'à dire : O.K.pour le Christ; le célibat: y a rien là! la charité, c'est super; dans la prière, on est au bout ! Aussi les formules radicales de l'Évangile les rejoignent en plein cœur, par exemple quitte tout, vends ta maison, va ailleurs.Les récits évangéliques n'ont pas à être adaptés aux caprices du moment.Devrions-nous dire en passant que les Évangiles, le Cantique des Cantiques, le livre de l'Apocalypse, leur plaisent beaucoup: ils y trouvent du sensualisme et des peurs dont ils ont besoin.Non, nous n'avons pas à alléger ni les phrases, ni les récits, ni les cérémonies, pour les attirer.La Parole de Dieu sait faire son chemin mieux que nos discours.Il s'agirait cependant, et comme disait le Christ, d'apprendre à tirer de son trésor et du neuf et de l'ancien (cf.Mt 13, 52).Autre point: celui des mots traditionnels.Il y a des mots qu'il convient de réévaluer ou même de modifier ; des mots qui ont pris trop de place par rapport à l'ensemble d'une pastorale moderne des vocations; des mots qui, dans le langage parlé, durcissent le message transcrit.Ainsi vœux, obéissance, pauvreté, chasteté ont perdu leur saveur, sinon leur sens, auprès des générations qui viennent.Si je leur parle de vœux, plusieurs se croient arrivés au temps des Fêtes ; si je leur parle d'obéissance, ils sourient.Parlons-leur de promesses libres, de sincérité à longue durée, de solidarité (vs obéissance), de partage (vs pauvreté), de don total de leur vie aux autres.Au fond, il convient de revenir à l'essentiel du langage évangélique, à l'eau de source, comme qui dirait.En somme, et selon la plus ferme théologie, nous résumerions tout le service de la pastorale des vocations des derniers temps du XXe siècle avec les mots concis, décisifs aussi, de Jean-Paul II: «Vous êtes appelés par Dieu pour être ensuite envoyés par Jésus en Église comme missionnaires de l'amour universel, dans une offrande totale de votre existence.Vous y vivez non pas tellement pour votre promotion que pour les autres, pauvres de la foi et pauvres de la vie matérielle, par solidarité et dans l'amitié partagée.287 Vous aimez le monde, comme Jésus l'a aimé et l'aime encore.Ce monde n est pas votre ennemi; pas plus que votre corps et votre activité.L idéal n est plus tellement celui du refus que celui de I offrande, cette terre n'est plus tellement à rejeter qu'à rendre plus parfaite en vue de nouveaux cieux et de nouvelles terres, tout cela à la manière de Jésus s'offrant à son Père et de Marie, mère de Dieu, la Vierge du Fiat».L important malgré tout, c'est de garder vivante l'espérance.La communauté chrétienne n est pas seulement un lieu d'expériences, elle est aussi un lieu d'extraordinaires défis.L'histoire le raconte.Le Christ a parlé du grain de sénevé mis en terre pour devenir plus tard un grand arbre.C est quand les feuilles tombent que déjà se prépare le printemps.Je pense à nos paysans qui, justement, préféraient les labours d'automne parce que durant l'hiver la terre travaillait.Ne craignons pas la dureté des saisons.Espérons ensemble.« L'espérance ne déçoit point, parce que l'amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par le Saint Esprit qui nous fut donné» (Rm 5, 5).288 Une ermite franciscaine Louise Gosselin * Celui qui, animé d'un grand désir, se met en route pour un long voyage, doit remplir certaines conditions préalablement: être en bonne condition physique, trouver de bons amis sur sa route et être prêt à fournir une somme importante de travail.Le chercheur de Dieu désireux d'explorer son Mystère pour connaître davantage l'Amour, doit pouvoir se tenir debout, ce qui requiert une bonne ossature.Cette ossature pour moi, c'est JÉSUS CHRIST qui peut me rassembler, me tenir ensemble, et sur lequel je peux m'appuyer.C'est mon pivot central.Avec Jésus Christ qui agit comme un aimant au cœur de ma vie, je peux m'orienter.Quatre pôles me sont offerts: la Prière, la Solitude, le Soutien fraternel et le Travail.Cette manière d'aller à Dieu, je l'explique un peu dans les pages qui suivent, heureuse de me trouver ainsi «entourée d'une multitude de témoins» qui ont marché bien avant moi sur ce chemin de l'Amour.I.Jésus Christ, mon pivot central Le chercheur de Dieu part en voyage et pourtant cet ermite, ce priant vit en un lieu ! J'aime bien François d'Assise quand, les bras largement déployés comme pour embrasser l'univers, il dit à ses frères devant le ciel bleu et le paysage verdoyant: «Voilà notre cloître»; quand aussi, il explique que son frère le corps est la cellule où vit son âme l'ermite.Les deux vont ensemble n'importe * 7 87 a boulevard Providence, Lachute, Qué.J8H 3L9.289 où.Pour moi cet Ermite, ce moteur, cette vivance, c'est JÉSUS CHRIST, mon pivot central.Ma vie, toute ma vie a besoin de cette colonne vertébrale pour se tenir ensemble.Je peux aller n'importe où sans être désarticulée pourvu que j'y aille avec Jésus Christ, — d'autres l'ont dit avant moi.Partout où j'irai, cet Ermite habitera mon frère le corps, ma sœur l'enveloppe corporelle.C'est l'unique réalité à laquelle je ne peux ni ne veux renoncer.Avec Jésus Christ comme pivot central, je suis assurée d'une grande liberté de mouvement intérieur et extérieur pour explorer «la hauteur, la longueur, la largeur, la profondeur du Mystère de Dieu», tout en le laissant sonder mon cœur et laisser celui-ci pénétrer le cœur du monde.Ce voyage donc, et cette sédentarité se vivent en mon lieu et place humain, car il s'agit d'un voyage intérieur.Il n'est pas conditionné nécessairement par un lieu.Un auteur un peu ancien déjà, disait, à propos de Marie et de Joseph vivant à Nazareth : « Leur temps ?— C'est toujours l'heure d'aimer Jésus Christ ! Et leur pays ?— C'est partout le lieu d'aimer Jésus Christ !» Jésus Christ est donc pour moi à la fois le centre de ma vie, le sens de ma recherche et le terme du voyage.Il est en même temps le voyage et le lieu où je m'en vais puisqu'il est LE CHEMIN.Il tient en lui-même, en moi-même les deux bouts du chemin.«Je suis le chemin».(JN 14.6), « Nul ne va au Père que par moi».(JN 14.6), « Qui me voit voit le Père», (JN 14.9).Comme dit Jean Raguin, S.J., Jésus n est pas seulement la route vers, mais «il est les deux»: Dieu-la-Route, Père et Fils dans un même Souffle.Cette vivance intime à laquelle je crois, est le dynamisme sûrqui meguideetqui si souvent porte ma faiblesse pour me mener plus loin.Mon voyage est aussi long que de moi au Père et aussi près du terme que Jésus Christ est présent à ma vie, vivant en mon lieu, en son lieu: cet instant éternel.290 II.Quatre pôles de vie 1.Prière Je devrais déjà avoir tout dit sur la place, et l'importance, et le mode de prière du chercheur de Dieu dans ce qui précède, et ceux qui ont touché le But — comme aussi les tout-petits de la prière, qui y arrivent tout neufs et simples comme des colombes — pourraient me dire: «Tais-toi, c’est à l'Autre de parler!» Mais je n'ai pas touché le but, et maintenant je commence à parler.Je vais donc situer un peu ma prière.Pour moi, la prière comporte deux dimensions: l'intimité et l'immensité.• Intimité La prière m'est un besoin fondamental, vital comme rencontre intime avec Dieu.Rencontre qui me nourrit, qui me fait vivre.C'est l'aspect du repas, du repos dans la prière et dans la vie, du partage quotidien des joies et des soucis.Une rencontre d'époux à la recherche de la «connaissance» mutuelle qui est sans fin, dans une intimité toujours croissante et personnalisante, dans la mesure où Dieu le voudra et où je répondrai.Comme en toute relation personnelle, la prière est le lieu de mon courage et de ma persévérance; ç'en est même le lieu essentiel, sans quoi mon engagement actuel n'aurait aucun sens, quand on sait que ce lieu est Jésus-Christ-Trinité.• Immensité: Dieu-univers, Dieu-monde a) Dieu-univers — Le Dieu que je cherche dans la prière est aussi le Dieu cosmique, immense, bouleversant et qui transcende le temps.Cette vue élargit mon âme et l'empêche de se replier sur elle.J'appartiens à plus grand que moi.Ma vie s'inscrit dans ce grand dessein universel.De là surgit l'action de grâce et l'humilité en songeant que ce Dieu immense et mystérieux au Siècle des siècles peut accepter une alliance avec lui.291 b) Dieu-monde — Ma prière si elle est souvent solitaire, n'est pas isolée.Si je passe de bons moments seule à la petite chapelle des franciscains de La Grotte, à Lachute, je partage aussi leur prière communautaire quotidienne; et chaque soir, leur Eucharistie ou leur vigile, entourée des amis qui aiment se joindre à eux.Tous ensemble nous prions sur la ville et sur le monde.Mais même quand je suis seule je me sens inscrite dans la masse humaine vivante, et j'ai ma place au cœur de cette humanité comme existence simple et laborieuse, mais aussi comme priante unie aux autres priants du monde.«Je ne sais pas prier comme il faut», de cela je suis bien consciente, aussi j'essaie de me loger dans la prière du Christ, lui qui est louange et supplication, pardon et miséricorde, offrande désintéressée.2.Solitude J habite un petit logement au sous-sol de mes propriétaires à Lachute.J y vis seule, soutenue par la spiritualité franciscaine mais ne faisant pas juridiquement partie d'une communauté religieuse.La solitude s'impose donc tout naturellement à moi.Je l'ai recherchée aussi, parce que je la sais indispensable à l'écoute profonde de la Parole de Dieu qui crée et qui envoie, et je la trouve bonne.Mais je dois aussi m'y apprivoiser et parfois la défendre contre moi-même et contre ceux que j'aime aussi.Il y a des solitaires-nés (qui ne sont pas nécessairement des chercheurs de Dieu), d autres aiment la solitude mais doivent aussi s'habituer au désert qui épure, qui libère et qui devrait mener le priant à la transparence où Dieu seul est perçu et connu, pour soi et pour les autres.Solitude qui ramène tout à l'essentiel, cet Essentiel qui est l'UN.Le priant a des amis qui l'aiment et qui voudraient tant faire pour lui, et lui les aime aussi.L'amitié est une fleur délicate et précieuse qui exige un infini respect mutuel.Et c'est une grâce que Dieu fait, à l'ermite tout particulièrement, de lui offrir un ou des amis qui comprennent et soutiennent ce qu'il vit.L'amitié de partage à ce niveau est très rare, mais sur notre chemin nous rencontrons toute une gamme d'amitiés possibles, passagères ou 292 d'environnement.Aussi le priant doit toujours savoir revenir à la solitude, par crainte de se laisser happer.À cause de la prière, à cause de Jésus Christ.Tant que je ne serai pas parfaitement à l'aise dans toute la dimension du Christ, mon balancier de l'heure du temps continuera d'osciller entre mes amis, mes désirs, ma famille et le seule à Seul si important.Et pourtant, ce va-et-vient demeure un facteur d'équilibre.Parfois, aux jours où je me retire je ne suis pas toujours comprise, je fais de la peine et j'en éprouve.Par ailleurs, j'ai pu expérimenter que la prière solitaire et silencieuse, loin de me couper des gens tend plutôt à tisser entre nous des liens mystérieux, à créer de nouvelles relations et à approfondir parfois celles déjà existantes.Ma solitude d'ailleurs a toujours comporté un faisceau de relations amicales créées par les circonstances de lieux ou de rencontres spontanées.3.Soutien fraternel — Pain et Vin, Pain et Eau.J'aime exprimer en termes eucharistiques et familiers ces liens qui nous unissent et ce soutien fraternel de prière, d'échanges amicaux et d'entraide solidaire, par les expressions «Pain et Vin — Pain et Eau».L'Histoire de la manifestation de Dieu parmi les hommes a toujours été ponctuée par des temps de repas : ceux de la famille, de la route, des haltes, de l'accueil de l'étranger, des sacrifices et des fêtes du culte.Jésus Christ s'est promené sur les routes de la mer comme sur celles de la terre, comme en un lieu d'abondance et de rassasiement, comme autour de la table du monde, comme le pêcheur et ses filets pleins à se rompre, comme le semeur qui prépare la moisson, qui la récolte; comme la femme qui travaille le levain, comme le champ où se mêlent le bon et le nuisible, comme les grains de blé offerts à ses disciples à l'heure de la faim, ou du raisin fermenté qui coule généreusement à la noce, etc.Jésus, au jour de ses adieux et de son testament, nous a laissé le grain du bois redevenu grain de blé pour les filles et fils de l'Église, et son sang exprimé en vin d'Alliance offert à la ronde à ses apôtres comme signes de sa présence infaillible au monde.293 Notre vie peut ainsi devenir Eucharistie célébrée et Eucharistie partagée.Une action de grâces qui fait que nous aimons nous regrouper pour prier et louer Dieu alors que Jésus Christ consacré pour le monde entre les mains du Père nous est offert comme le ferment vivant qui fait lever toute la pâte, comme le grain de sénevé qui grandit, fût-ce au milieu des mauvaises herbes, parce que son être intime est d être Père et Esprit.Une action de grâces qui devient fête dans les rencontres, dans les pardons offerts et reçus, dans les chants et les rires autour de la table de la fraternité.C est là le bienfait de la vie de famille de ceux pour qui Jésus est connu et recherché comme la perle du Royaume.C’est la présence élargie de Jésus Christ à la table du monde.Et à cette table tous se retrouvent.Personne ne peut oublier ceux qui y sont assis en humiliés, maltraités, assoiffés et affamés, car la Justice du Royaume de Dieu pénètre jusqu à ceux-là que nous voulons voir heureux et libres.4.Travail: Gagne-pain-relation-monde, santé-équilibre, croissance.• gagne-pain-relation-monde Le priant solitaire d autrefois tressait des joncs pour en fabriquer des corbeilles ou des chaises qu'il allait vendre au marché.Ce travail fait aussi dans la prière lui permettait de se procurer le peu de choses nécessaires à sa subsistance.C'était aussi un facteur d'équilibre.Il rencontrait des gens sur sa route et au marché, gardant ainsi contact avec le monde pour lequel et dans lequel il priait.Même en souhaitant vivre très simplement, le priant d'au-jourd hui doit s accommoder des logis disponibles dont le coût de location et d'entretien est beaucoup plus élevé qu'autrefois.Cela exige qu on aille se chercher un salaire pour répondre à ses obligations de vie.Mon engagement à la prière ne doit peser sur personne, mais la nécessité de pourvoir à mes besoins matériels ne doit pas non plus faire obstacle à ma recherche de Dieu.J'ai donc opté pour un travail à temps partiel.Celui que j'ai actuellement est dissocié de 294 mon lieu d'habitation, car je n'ai pas suffisamment de ressources artisanales ou artistiques en moi qui me permettent de gagner suffisamment.Je souhaite d'ailleurs que mon travail me maintienne toujours au cœur du chemin commun et des problèmes concrets de la vie.Le priant solitaire a besoin de se trouver en contact avec d'autres personnes.Il est vite ainsi ramené à ses limites professionnelles, de tempérament, de relations, de communication, etc., ce qui le stimule à progresser.Et ce contact avec l'extérieur, sous quelque forme que ce soit, lui redonne sans cesse aussi le goût de la solitude.• santé-équilibre Les longs moments de station en prière doivent se compléter par des temps d'activités physiques.Le travail manuel aide à faciliter nos échanges physiologiques.Il nous remet en contact avec les choses, les belles choses de notre vie, de notre environnement, de notre précieuse matière humaine.Dieu se rit de nos normes de santé, de nos conditions d'équilibre, mais il nous demande aussi de demeurer «beaux» humainement, de prendre soin de notre enveloppe corporelle, tout comme il nous dit d aimer notre terre, de la fouiller jusqu'à l'atome et son ultime division.Je peux regretter de n'être pas spécialisée en toutes sciences, ni même en aucune, mais je peux du moins demeurer bien éveillée à la réalité du travail comme belle et bonne chose ! • croissance Il s'agit ici du travail intellectuel.La vie humaine est croissance sans fin.On l'entretient, c'est vital, par le dehors en la nourrissant, en la faisant respirer, etc., mais tout autant du dedans par la réflexion, la lecture, l'acquisition de connaissances.J'avoue ici une lacune.Depuis les 6 années consacrées à la prière, j ai surtout éprouvé le besoin de demeurer en présence de Dieu et j'ai encore peine à me persuader de prendre plus de temps pour lire.Aussi je ne suis pas brillante et ma science limitée n'éclabousse personne.Cela me préserve par contre des tentations du paraître, du faire-valoir.Cela, autrement dit, me tient à ma place.Et Dieu trouvera le moyen d'en tirer quelque chose.295 Voilà donc les divers éléments qui composent pour l'instant ma forme de vie.Ces quatre pôles, orientés vers Jésus Christ et dirigés par lui, mon pivot central, constituent mon fond de stabilité, si nécessaire à celui qui se consacre à la prière.Les personnes et les lieux peuvent se mouvoir, se transformer selon les circonstances, et moi avec, mais je reste avec Jésus Christ, cette présence de mon Dieu.III.Chaque chose à sa place En terminant ces lignes sur le travail, j'ajoute qu'il reste toujours subordonné à la prière, comme je l'ai dit plus haut.Il peut donc être appelé à se modifier ou à disparaître temporairement, si Dieu y appelle par ses signes, pour vivre par exemple, une étape plus strictement érémitique.ce que je souhaite d'ailleurs et qui m apparaît nécessaire.Quand l'heure en sera venue, je crois que je pourrai m'en remettre à Dieu de ce projet.Il y a une place dans I Évangile pour ceux et celles qui se confient ainsi à Dieu.Alors I univers entier leur est offert: «À quoi bon vous faire tant de soucis., regardez les oiseaux du ciel, votre Père céleste les nourrit.Regardez les lis des champs.Salomon n'a jamais été vêtu aussi bien!» «CHERCHEZ D'ABORD LE ROYAUME DE DIEU ET SA JUSTICE, ET LE RESTE VOUS SERA DONNÉ PAR SURCROÎT», (Le 12.22-31, Mt 6.25-33).Cette phrase se retrouve au cœur de la règle de Saint François pour les Ermitages, mais elle m'habite depuis très longtemps.Sans cesse au cours de ma vie, je m'y suis référée pour tenir, pour grandir.et même pour diminuer, dans la perspective du Royaume.C est I évangile qui nous plonge dans l'univers des pauvres, des petits, des démunis parfois, affrontés à toutes sortes de nécessités, d obscurités et parfois d hostilités.C'est l'évangile aussi des éblouis, des émerveillés toujours et pour toujours, qui font confiance à Dieu, qui s'en remettent à lui de tout.Ce qui n'enlève nullement l'obligation de gagner dignement sa vie.296 1.La prière et le pécheur Je voudrais aussi dire un mot sur la prière, en son fond, pour m'encourager, et avec moi ceux et celles qui peuvent douter parfois de leur vocation à la prière en quelque forme de vie que ce soit.Comme un arbre — comme un rocher — comme une goutte d'eau.Voilà la prière silencieuse, tenace, dénudée, solitaire et souvent isolée, en ce sens qu'elle n'est pas toujours comprise, qu'elle est même souvent décriée : « perte de temps.loisir creux."il y a tant à faire !".paresse, marginalité», etc.La réalité est que la prière est une force terrible, puissante et pesante, et ceux-là le savent bien qui voudraient l'empêcher d'être là tout simplement, comme un arbre où l'on peut venir se rafraîchir dans l'ombre et les bonnes senteurs; comme ce rocher où l'on touche la sécurité parce que le Christ en est le fondement; comme l'eau qui pénètre goutte à goutte et ne compte pas le temps.Force pesante qui porte en elle-même sa densité, mais en même temps si légère, si fluide, si rapide, comme le vent, comme l'eau qui parcourent le monde en un rien de temps, comme la lumière et comme une onde ; et vigoureuse aussi, et solide comme le Roc sur lequel elle s'appuie, elle pourtant si fragile en nos existences humaines.Une force tranquille et sage et pourtant si dérangeante, si encombrante, qui ne laisse à quiconque la côtoie aucun répit.Force vivante, et puissante, et dérangeante et si dynamique, que l'arbre coupé reprendra vie, que le rocher enlevé, il restera le Roc, que le débit interrompu, il restera l'eau des couches profondes.C'est un peu de cela la prière, et c'est aussi un peu du priant devenant peu à peu prière à partir de son arbre sec, de son rocher froid et dur, de son eau rare.Force tranquille et lente, fragilité rayonnante dans le dénuement.Faiblesse et Force de Dieu en nos vies.2.Et moi, pécheur Prière et pécheur vont assez bien ensemble! Le plus fort de mon expérience est peut-être d'avoir eu la confiance, avec la grâce 297 de Dieu, de m'engager dans la vie de prière alors que j'étais pécheresse et d'y persévérer par le même chemin.N'est-ce pas d'ailleurs le meilleur moyen de trouver Jésus Christ sur ma route, lui qui est venu pour les malades et les pécheurs, pour ceux qui ont besoin d un médecin ! Je pense que le reste de mon existence continuera de se dérouler sous le signe de la faiblesse et de I indigence, des avancées mais aussi des lâchetés: signe vivant de la Tendresse et Miséricorde de Dieu.Signe de sa Gratuité et de sa Fidélité sans faille, et merveille de l'Amour sur le Monde.Dieu nous invite à ces audaces, à cette confiance.C'est son appel à l'Humanité entière: «VENEZ À MOI, VOUS QUI PLOYEZ SOUS LE FARDEAU DE VOS FAIBLESSES.JE VOUS SOULAGERAI ENCORE ET ENCORE.» Conclusion Je n ai rien créé, rien innové.Je suis venue après d'autres, pèlerins comme moi sur les voies franciscaines de l'Évangile; moines et pécheurs, mais aussi vivants, chercheurs de Dieu et éveilleurs de l'Esprit.J'ai fait mon apprentissage de la prière ici, en côtoyant des franciscains chaque jour, en les regardant vivre et parler du Christ et de François; en priant avec eux, chez eux.Et j'ai été imprégnée de l'esprit franciscain comme par osmose, comme par le Christ, telle que j'ai pu décrire cette expérience de la prière dans les pages qui précèdent.La fréquentation des franciscains de La Grotte, à Lachute, m'a permis de mieux pénétrer la spiritualité franciscaine de fraternité universelle, de simplicité et de prière profonde, d'amour des choses, d accueil des personnes dans le respect de ce qu'elles sont, d infinie patience et tolérance, de confiance inébranlable, celle que seul le Christ peut non seulement offrir mais donner.C'est un hommage à la fraternité franciscaine que je rends ici, un hommage à la voie secrète de Dieu qui trace «des routes dans le désert», et qui peut faire crier les pierres de joie.298 De la descendance d'Angèle Mérici Monique Dumais, o.s.u.* Il y a 450 ans, le 25 novembre 1 535, Angèle Mérici fondait à Brescia, en Italie, avec vingt-huit femmes, la Compagnie de Sainte-Ursule.Pendant quatre siècles et demi, les Ursulines ont traversé pays, mers et continents pour « témoigner» à travers leurs tâches d'éducatrices « de la tendresse de Dieu et donner leur vie pour le rassemblement des enfants dispersés».1 Les Ursulines et toutes les femmes qui se rattachent à Angèle Mérici comme fondatrice fêtent cette année le quatre cent cinquantième anniversaire de la fondation de la Compagnie de Sainte-Ursule.Elles sont aujourd'hui 24,600 répandues dans le monde entier; de ce nombre, 8,000 vivent selon la Règle primitive.Elles sont réparties en différentes unions ou se retrouvent dans des monastères autonomes.Angèle Mérici, qui était désignée par ses contemporains « La Madré Suor Angela», a inauguré le 25 novembre 1535 le début * 66, Notre-Dame est, Rimouski, P.Q.G5L 1Z6 1.Alliance nouvelle.Constitutions et Règlements des Ursulines de l'Union canadienne.Québec, 1984, n° 55.299 d'une longue lignée de filles spirituelles.Pour commémorer cet anniversaire si important, j'ai pensé faire connaître la première mère spirituelle et quelques maillons de cette nombreuse descendance.Angèle Mérici Angèle Mérici est née entre 1470 et 14752, à Désenzano, sur le bord du lac de Garde, en Italie, de parents de condition simple mais aisée.Ayant perdu assez jeune son père et sa sœur et quelques années plus tard, sa mère, elle est recueillie par son oncle maternel, Biancosi à Salô, ville voisine où elle passa quelques années.Au cours de son adolescence, racontent tous ses biographes, Angèle eut une vision qui a été déterminante pour l'orientation de sa vie.À la moisson, aux champs, tandis que ses compagnons s'en allaient prendre leur repas, Angèle se retirait d'habitude pour faire oraison.Une fois, tombant en extase, il lui sembla voir le ciel ouvert et une procession merveilleuse d'anges et de vierges qui s'avançaient deux à deux.Les jeunes vierges chantaient et les anges les accompagnaient jouant sur différents instruments de musique.Ce cantique frappa tellement Angèle et resta tellement imprimé dans sa mémoire qu'elle sut ensuite le répéter elle-même.Tandis que la procession se déroulait, la jeune fille reconnut une des vierges, sa sœur, de bienheureuse mémoire qui peu de temps auparavant, était entrée au Paradis.Cette sœur s'arrêta, et toute la procession s'arrêta avec elle.Alors, elle prédit à Angèle que Dieu voulait se servir d'elle et qu'il lui demandait de fonder une Compagnie 2.«Son acte de baptême, s'il a jamais existé, n'a pu être retrouvé.» Note 1 : « Aux archives paroissiales de Desenzano on ne trouve les registres des naissances et des baptêmes qu à partir de 1525.Si l'on songe à la carence de Tadministration paroissiale avant le Concile de Trente, on n'en est pas étonné.» Teresa Ledo-chowska, o.s.u., Angèle Mérici et la compagnie de Ste-Ursule, tome 1, Rome, Ancora.1967, p.11.Je me réfère principalement au travail d'histoire rigoureux de cette ursuline polonaise.300 de vierges, que cette Compagnie allait croître rapidement, et d'autres choses semblables.3 Et pourtant Angèle dut attendre presque toute sa vie le moment favorable pour donner naissance à cette Compagnie, qu'elle n'avait cessé de désirer dans son cœur.Elle avait entre 60 et 65 ans quand elle fonda la Compagnie de Sainte-Ursule; elle mourut cinq ans plus tard, en 1 540.Très jeune, Angèle s'adonnait à l'oraison et à la vie contemplative.Elle demanda à prendre l'habit du Tiers-Ordre franciscain, afin de pouvoir communier plus souvent, car on ne permettait pas facilement à cette époque-là aux laïcs de communier fréquemment.Ce motif de piété eucharistique allait mettre Angèle en contact avec tout un courant de spiritualité fortement orienté vers l'apostolat.Elle reçut sa formation religieuse des Frères mineurs à travers leur prédication, et elle s'engagea à observer leur Règle.L'appartenance au Tiers-Ordre a été prise au sérieux par Angèle: «jusqu'à sa mort, elle se fera toujours appeler: Suor Angela Terziari.(.) Elle obéit aux ordres de ses supérieurs franciscains, elle porte l'habit du Tiers-Ordre, et c'est ainsi qu'elle se fera enterrer.»4 La plupart des portraits d'Angèle la montrent revêtue de l'habit de tertiaire.L'époque où vit Angèle est un temps plein de contrastes.Période d'innovation par les découvertes géographiques et techniques, elle est aussi marquée par des perturbations morales tant sur le plan social, que dans le domaine ecclésial.La société a vécu des guerres qui ont entraîné une décadence des mœurs.L'Église connaît aussi un clergé ambitieux, peu intéressé par le salut des âmes, alors que des groupes travaillent à la réforme à l'intérieur de l'Église.Angèle s'était justement engagée dans un de ces groupes appelé la Compagnie du Divin Amour, qui se livrait aux œuvres de miséricorde corporelle.C'est avec eux qu'Angèle se dévoua auprès des « incurables» du temps, les syphilitiques.3.Ibid., pp.18-19.4.Ibid., p.29-30.301 Peu à peu, Angèle se rendit compte qu’elle devait accomplir une tâche auprès des femmes.À cette époque de la Renaissance italienne, il s'y trouvait bien quelques femmes illustres et instruites, mais la majorité des femmes ne savaient pas lire et elles étaient condamnées à vivre sous une tutelle qui frôlait l'asservissement.Toujours traitées par la loi en mineures, les femmes de cette période étaient privées de tous les droits civiques ; elles ne pouvaient pas signer de contrats, prendre d'engagements, aliéner leurs biens, sans le double consentement de leur mari et de leur père.5 Angèle avait, certes, commencé avec l'équipe des vaillantes apôtres des Incurables à aider les orphelines en leur assurant un abri et en inaugurant un véritable apostolat d'éducation.Mais ce n'était pas suffisant.Theresa Ledochowska souligne que « la véritable trouvaille d Angèle, c'est d'avoir voulu atteindre la grande masse des jeunes filles qu on n'aura it jamais pu regrouper dans des instituts fermés ; de s'être préoccupée de celles qui n'étaient pas orphelines et qui néanmoins avaient autant besoin d'être soutenues; d'avoir enfin inauguré un système d'éducation en famille, sans enlever la jeune fille à ses parents, sans la retirer de son milieu, un système qui, au contraire, faisait des parents les collaborateurs des éducatrices.» 6 Angèle Mérici allait ainsi innover en proposant aux femmes une autre possibilité que les deux voies qui étaient alors permises aux femmes: «un mari ou une muraille»! Elle allait proposer la consécration vécue dans le monde.Par là, elle envisageait la réforme des foyers, grâce à la présence d'une consacrée sous le toit familial.Il va sans dire qu elle s’est heurtée à de violentes oppositions et de la part de l'Église et de celle des familles, mais cette innovation a eu des conséquences incalculables : il faut y voir I origine des congrégations actives contemporaines.7 5.Ibid., p.142.6.Ibid., p.146.7.Ibid., p.147.302 La règle qu'Angèle Mérici a proposée aux membres de la Compagnie de Sainte-Ursule est plutôt brève; elle ne contient que douze chapitres et présente plusieurs traits originaux : • don de soi radical au Christ vécu dans le milieu de vie habituel; • esprit apostolique très vivant, sans qu'aucune activité spécifique d'institut soit suggérée; • lien très fort de communion fraternelle entre des soeurs qui vivent dispersées — mais qui se rencontrent régulièrement; • exercice de l'autorité remis entre les mains de femmes à la tête desquelles est placée la mère principale.8 Ajoutons qu'Angèle Mérici a manifesté une grande liberté d'esprit quand elle dit dans le dernier legs de son Testament : « Et si, selon les temps et les besoins, il y avait de nouvelles dispositions à prendre ou quelque chose à modifier, faites-le avec prudence et bon conseil.» Elle donne aussi à ses filles une très grande assurance quand elle leur affirme : «Tenez pour certain que cette Règle a été établie par sa sainte main elle-même; et qu'il (Jésus-Christ) n'abandonnera jamais cette Compagnie ; tant que le monde durera.Car si c'est Lui qui l'a plantée, qui donc pourra la déraciner?Croyez-le, n'en doutez pas, ayez une foi ferme : il en sera ainsi.Je sais ce que je dis.Bienheureux qui s'en occupera vraiment ! » Marie de l'Incarnation Un siècle plus tard, en 1639, nous retrouvons Marie de l'Incarnation, de son nom civil, Marie Guyart, entrée chez les Ursulines à Tours, en France, c'est elle qui est venue en Nouvelle-France, une des premières femmes missionnaires au monde.Que s'est-il passé durant ce siècle?La Compagnie de Sainte-Ursule a connu des changements importants sous Charles Borromée, évêque de Milan.En 1581, celui-ci, en visite apostolique à Brescia, fait 8.Angèle Mérici dans la lumière de l'amour, une brochure réalisée par une équipe d'Ursulines, imprimée en Italie chez Canale, Torino, 1984, p.19.303 remanier la Règle de Sainte-Angèle; le gouvernement est complètement changé et passe au « Père supérieur» auquel la Compagnie est désormais soumise.La catéchèse est en outre mentionnée comme oeuvre de piété recommandée.C est la Règle de Ferrare, adaptation de celle que Charles Borromée avait donnée à Milan, qui fut adoptée dans une nouvelle fondation, cette fois-ci en France, par la jeune Françoise de Bermond avec un groupe fervent de catéchistes.En 1 594, elles se sont regroupées dans une première maison de vie commune, puis une seconde en 1595; elles sont devenues « congrégées.» En 1612, la Compagnie devint un ordre religieux, selon les prescriptions du Concile de Trente.Marie de l'Incarnation, en digne fille d'Angèle Mérici9, a été à la fois une grande contemplative et une femme très active.L'itinéraire de sa vie a été très spécial.Veuve à vingt ans, ruinée avec une liquidation sur les bras et un bébé de six mois au berceau, elle poursuivit le désir de se donner entièrement à Dieu, un désir qu'elle avait ressenti dès l'âge de sept ans.Quand son fils eut douze ans, en 1631, elle entra chez les Ursulines.Très rapidement, elle a entendu l'appel à la mission à travers deux visions.Elle partit donc en 1 639, avec une autre Ursuline et trois Hospitalières pour la Nouvelle-France où elle ne cessa de «consommer sa vie pour le service de Dieu et des pauvres sauvages.» Les premières Ursulines de Nouvelle-France se sont livrées à l'enseignement aux petites Françaises et aux jeunes Indiennes.Celles-ci avaient un problème d'acclimatation.Marie de l'Incarnation raconte dans une de ses lettres : « (Plusieurs filles) ne demeurent (chez nous) que jusqu'à ce qu'elles soient tristes, ce que l'humeur sauvage ne peut souffrir; dès qu'elles sont tristes, les parents les retirent de peur qu'elles ne meurent.Il y en a d'autres qui s'en vont par fantaisie et par caprice; elles grimpent comme des 9.H est étonnant d apprendre qu'on ne trouve dans les nombreux écrits de Marie de l'Incarnation qu'une seule référence à Angèle Mérici.304 "écurieux" notre palissade qui est haute comme une muraille et vont courir dans les bois.Il y en a qui persévèrent et que nous élevons à la française.» 10 Notons aussi que Marie de l'Incarnation a composé un dictionnaire français-algonquin, un dictionnaire algonquin-français, un dictionnaire iroquois, un livre d'histoire sacrée et choses saintes en algonquin.11 La vie mystique de Marie de l'Incarnation a été marquée par son mariage spirituel avec le Verbe incarné.Au cours d'une oraison probablement à l'époque des fêtes de la Pentecôte en 1627, Marie Guyart — elle n'est pas encore entrée chez les Ursulines — vécut un état d'union incomparable, voici comment elle le raconta : « En ce moment, cette adorable Personne (le Verbe) s'empara de mon âme, et, l'embrassant avec un amour inexplicable, l'unit à soi et la prit pour son épouse.» 12 Marie de l'Incarnation a vécu aussi des ravissements dans la Trinité qu'elle a décrits dans Témoignage, à la demande de son directeur spirituel.13 « La vue de la très auguste Trinité me fut communiquée.Ce fut là que je connus et expérimentai que le Verbe est véritablement l'Époux de l'âme.Cela est si profond que c'est un abîme.Tout ce qu'on peut en dire n'approche point de ce qui en est, et en cela, je me réjouis de la Majesté de Dieu et de ce qu'il est si grand qu'on n'en peut parler comme il faut.» 14 La vie de Marie de l'Incarnation a profondément marqué la descendance des Ursulines au Canada, ainsi que la vie de l'Église 10.Cité par Dom G.Oury, Marie de l'Incarnation, tome 2.Abbaye Saint-Pierre Solesmes, Québec.Les Presses de l'Université Laval, 1973, pp.497-498.11.Soeur Sainte-Marie, o.s.u., La Pédagogie de Marie de l'Incarnation.Montréal, Le Messager canadien, 1955, p.11.12.Dom Albert Jamet, Marie de l'Incarnation, Ursuline de Tours ; fondatrice des Ursulines de la Nouvelle-France.Écrits spirituels et historiques.Pans, Desclée de Brouwer ; Québec, L'Action Sociale, 1929-1939.Tome II, p.252, cf.Robert Michel, o.m.i., Vivre dans l'Esprit: Marie de l'Incarnation.Montréal, Les Éditions Bellarmin, 1975, p.206.13.Albert Jamet, Le Témoignage de Marie de l'Incarnation, Ursuline de Tours et de Québec, Paris, Beauchesne (v.1932).14.Témoignage, p.83.305 au pays et du monde entier.Décédée le 30 avril 1672, elle a été béatifiée le 22 juin 1980.Les Ursulines du Québec aujourd'hui Plus de deux siècles après la mort de Marie de l'Incarnation, les Ursulines se retrouvent un peu partout dans différentes villes et villages du Québec.Au nombre d'environ 678, elles se sont regroupées depuis 1 953 et forment l'Union canadienne des Ursulines qui a sa maison générale dans la ville de Québec.Elles entretiennent des relations continuelles et fructueuses avec l'Union romaine des Ursulines qui a sa maison générale à Rome.Il est écrit dans leurs constitutions : «Angèle Mérici renouvelle au cœur de I Église le prophétisme de la virginité consacrée.» 15 Ainsi, les Ursulines d'aujourd'hui sont invitées à se situer dans cette ligne de prophétisme.Le concile Vatican II leur a permis un «aggiornamento» qui les rend plus proches de la forme de vie consacrée, initiée par leur fondatrice.Devenues cloîtrées par la force des courants historiques, elles ont retrouvé une manière plus intégrée d'incarner l'Église dans le monde.Ainsi, elles sont davantage situées dans le courant de la vie ordinaire, ce qui leur permet de communier non seulement sur le plan spirituel mais aussi de façon très tangible aux aspirations, aux espoirs et aux inquiétudes du monde d'aujourd'hui.La vie apostolique s'ouvre toujours de plus en plus au grand axe de la promotion humaine et chrétienne, entrevue par Angèle.Les constitutions actuelles le définissent ainsi : L'Église et une longue tradition stimulent leur esprit apostolique et les invitent à participer à la mission d'éducation chrétienne 15.Alliance nouvelle, n° 2.306 par l'enseignement et le témoignage de leur vie.Elles collaborent ainsi à la promotion humaine et spirituelle de tous ceux auprès de qui elles travaillent.16 Il est même clairement indiqué que les Ursulines doivent s'ouvrir avec humilité et audace aux besoins de l'Église, en tenant compte des signes du temps.Humble et audacieuse dans son attachement à Jésus-Christ, la communauté, attentive aux signes des temps s'ouvre avec une grande disponibilité aux besoins de l'Église et met tout en oeuvre pour répondre concrètement dans le milieu où elle vit le message de l'Évangile.17 Les paroles d'Angèle trouvent donc leur réponse quand elle disait à ses filles: «Efforcez-vous de tout votre pouvoir, de marcher selon l'appel que Dieu vous adressera et de chercher tous les moyens et toutes les voies nécessaires pour avancer et persévérer jusqu'au bout.»18 Le chapitre général qui s'est tenu à l'été 1985 a bien indiqué que les Ursulines se préoccupent à la fois à ce que les écoles tenues par elles demeurent « des lieux privilégiés d éducation chrétienne» et à ce qu'elles trouvent des moyens de rassembler des jeunes, de travailler à la formation de laïcs autonomes et responsables dans l'Église et de mettre en oeuvre des moyens concrets de promotion humaine et chrétienne des femmes.Ces différents champs de travail apostolique correspondent bien à toute l'ampleur de la ferveur qu'Angèle a voulu déployer à travers les siècles.16.Ibid., p.56.17.Ibid., p.59.18.Angèle Mérici, Règle primitive de sainte Angèle, Prologue.307 «Suivez I ancienne voie et l'usage de l'Église, établis et confirmés par tant de Saints sous l'inspiration de l'Esprit-Saint.Et menez une vie nouvelle.»19 Cette phrase d'Angèle Mérici révèle bien les horizons sous lesquels la fondatrice voulait que sa descendance s'inscrive.À travers tous les cheminements à la fois audacieux et complexes de l'histoire des Ursulines, ce dynamisme d'une tradition vivante, c est-à-dire respectueuse et forte du passé en même temps qu'ouverte sur l'avenir, n'a cessé de rayonner et d apporter une participation intense, espérons-le, à la vie de l'Église et des sociétés où elles ont oeuvré.T9.Angèle Mér/ci, A vis adressés aux colonelles, septième avis.308 Retraites intercommunautaires 1986 FÉVRIER 10-16 (6j.) Semaine de l'Horeb.Michel Villemure ptre 28-7 mars (7j.) «Parole de vie, expérience de Dieu».J.M.Rocheteau s.j.MARS 23-30 (7j.) Montée pascale.Jean-Claude Drouin s.m AVRIL 10-16 (6j.) « Reviens à moi ».Retrouvailles avec le Christ dans l'Évangile.André Gélinas s.j.26-2 juin (7.) « Sur le chemin de l'Oraison avec Sainte Thérèse d'Avila».Claude Mayer o.m.i.JUIN 10-17 (7j.)«Sagesse chrétienne des Béatitudes».20-25 (5j.) « L'Esprit sans mesure».Jn.3,34.26-3 juil.(7j.) « Sur le chemin de l'Oraison avec Sainte Thérèse d'Avila».JUILLET 4-12 (8j.) «Aimer avec tendresse et marcher humblement avec ton Dieu».Michée 6,8.Jean-Luc Vannay ptre 21-28 (7j.) «Pour vivre et célébrer dans la reconnaissance notre communion en Jésus- Christ».René Bacon o.f.m.30-6 août (7j.) « Cheminement de vie chrétienne dans l'esprit de l'Évangile de Jean ».André Nottebaert o.m.i AOÛT 8-14 (6j.) « Mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur».Luc 1,47 (retraite mariale).André Nottebaert o.m.i OCTOBRE 16-23 (7j.) «Le Royaume de Dieu est tout proche, convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle».Jacques Beaupré s.j Maison de prière Marie Réparatrice 2975 Boul.Laviolette TROIS-RIVIÈRES, G8Z1E8 Tél.373-6646 ou 374-4655 Gérard M.Deschamps s.m.m Gérard Marier ptre Claude Mayer o.m.i.309 Fins de semaine 1985-1986 DÉCEMBRE 27-30: Jésus, lumière dans notre nuit.Yvon Daigneault, s.s.s.FÉVRIER 14-16 : Vers l'intériorité.MARS 14-16: Espace spirituel: la grâce» «Auprès du Seigneur est Retraites intercommunautaires 1986 MAI 1 -7 : « Abba » Vers le Dieu de bonté.Roger Poudrier, o.f.m MAI 16-23: «Il est fidèle, le Dieu par qui vous avez été appelés à la communion de son Fils J-C».Pierre Michalon, p.s.s.JUILLET 5-1 2 : «Vous êtes les temples de l'Esprit-Saint».Albert Roy, s.j.JUILLET 16-23 : Une perle de grand prix : la grâce, don de Dieu Yvon Daigneault, s.s.s.JUIL -AOÛT 27-2: Évangile de saint Marc: approche spirituelle Jean-Luc Vannay, prêtre AOÛT 10-17 : « Il est fidèle, le Dieu par qui vous avez été appelés à la communion de sen Fils J-C».Pierre Michalon, p.s.s.AOÛT 18-25 : « Reviens à moi » Retrouvailles avec le Seigneur André Gélinas, s.j.NOVEMBRE 1 2-18 : Annonce d'un jour nouveau.Michel Villemure, prêtre LE COUVENT DE BELŒIL est heureux d'accueillir toute personne ou tout groupe de personnes pour des jours de solitude, des retraites privées, des rencontres communautaires, des sessions de croissance.Couvent de Belœil 1056, boul.Richelieu Belœil, QC J3G 4R2 Pour inscriptions et Renseignements s'adresser à : Thérèse Foisy, s.n.j.m.Tél.: (514) 467-4442 Retraites intercommunautaires 20 juil.-26 juil.« Les femmes de l'Évangile et leur foi en Jésus» (complet).P.-Mourlon-Beernaert, s.j.27 juil.-2 août Deux ans après la VISITATION de Jean-Paul II.Mgr P.-Émile Charbonneau 3 août-9 août «La prière de Marie».Fernand Bédard, s.j.10 août-1 6 août L'Évangile de Luc «Approche spirituelle».Jean-Luc Vannay, ptre 1 6 sept.-23 sept.« N'Avoir que l'Amour».Jules Beaulac, ptre * Les retraites débutent à 20h00 et se terminent à 16h00 aux dates indiquées.INSCRIPTION : 20,00 $ PENSION : 1 32,00 $ Ermitage Sainte-Croix 21269 ouest, boul.Gouin Pierrefonds Qué.H9K1C1 Pour renseignements M.-Laure Courtemanche, c.s.c (514) 626-6379 311 Retraite intercommunautaire 1986 Thème: La docilité à l'Esprit-Saint par les Exercices spirituels de 30 jours de Saint Ignace.Animateur : Père Jean-Marie Rocheleau, s.j.Date: 21 mai au 21 juin 1986.Monastère des Augustines 1500, 18e Rue St-Georges Ouest, Beauce, QC G5Y 4T8 Inscription et renseignements: S.Gertrude Lortie, A.M.J.Tél.: (418) 228-6668.Retraite pour religieux et religieuses — 1986 Date: Mars 24 (soir) au 29 Thème : « L'amour extravagant du Seigneur » dans les prophètes et Le Prophète.Prédicateur : Réal Hogue, s.m.m.Maison Reine-des-Cœurs Rive Nord Drummondville, QC J2B 7T5 Tél.: (819) 472-5449 312 Retraites intercommunautaires 1986 Janv.-fév., 29-05 Nous avons cru en l'amour que Dieu a pour nous Février, 70-J 7 : Retraite avec la Bienheureuse Élisabeth-de- la-Trinité Février, 17-24: Le Royaume de Dieu est proche P.Réginald Tardif, c.ss.r.P.André-Marie Syrard, o.s.m.P.Jacques Beaupré, s.j.Mars, 03-70: Aux sources de la vie chrétienne et religieuse.Mars, 15-22: Nous viendrons à Lui et ferons en Lui notre demeure.(Jn 14-23) Mars, 24-31 : Prier en silence Mars-avril, 31-07 : Pour moi, vivre c'est le Christ P.Marcel'Pronovost, cap.P.François Carrière, cap.P.Roger Poudrier, o.f.m.Père Yvon Filippini, o.m.i.Avril, 21-28: Célébrons notre Foi Avril-mai, 28-05: Tu comptes beaucoup à mes yeux Tu as du prix et je t'aime.(Is 43,4) P.Gérard Therrien, c.ss.r.P.Paul Morisset, s.j.Mai.06-13: Mon Seigneur et Mon Dieu Mai, 19-26: Célébrons les merveilles de Dieu Mai-juin, 26-02: Pour vivre et célébrer dans la reconnaissance notre communion P.Fernand Bédard, s.j.P.Martin Marier, p.s.s.P.René Bacon, o.f.m.Juin, 08-15 : Laissez-vous conduire par l'Esprit Juin, 15-22: L'amour de Dieu dans notre vie Juin.22-29: Je cherche le Visage du Seigneur Juin-juiL, 29-06 : La vie religieuse dans les années «80» P.Yvon Filippini, o.m.i.P.Conrad Marcoux, p.b.P.Jacques Martineau, s.j.Mgr Paul-Émile Charbonneau Jui/.-août, 28-04: Jésus, les pauvres et moi Août, 04-11 : À moins de renaître d'En-Haut Août, 11-18: Découvrir le Christ dans l'Évangile Août, 18-25: Viens Esprit-Saint P.Yvon Filippini, o.m.i.P.Yves St-Arnaud, o.m.i.Père Jean Galot, s.j.M.l’abbé Maurice Cadorette.Maison Rivier «Centre de Renouveau Chrétien» 999, rue Conseil Sherbrooke, QC J1G1M1 Tél.: (819) 569-9306 Retraites ignatiennes — 1986 JANVIER 13-17 A.Ducharme s.j 26-2 fév.J.Beaupré FÉVRIER 2-9 J.Martineau s.j.16-23 R.Fortin s.j.23-2 mars P.Morisset s.j.MARS 2-9 R.Lachance s.j.16-23 J.Martineau s.j.23-30 A.Ducharme s.j.26-31 J.Levac + B.Bélair s.j 27-30 F.Larivière s.j.AVRIL 7-11 P.Morisset s.j.13-20 M .Marcil s.j.20-27 R.Fortin s.j.MAI 4-1 1 A.Samaan-Hanna s.j 4-11 J.Beaupré s.j.11-18 J.Martineau s.j.13-13 juin H.Gaulin s.j.18-25 R.Fortin s.j.25-1 juin P.Morisset s.j.26-3 juin G.Paiement s.j.JUIN 1-8 A.Gélinas s.j.9-13 A.Gélinas s.j.15-22 B.Bélair s.j.22-29 M .Marcil s.j.JUILLET 6-13 P.Morisset s.j.RETRAITES POUR LES ÉCONOMES DE COMMUNAUTÉS * Le royaume de Dieu Je cherche le visage du Christ En Église avec Jésus de Nazareth Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t'aime, Is 43,4 L'Eucharistie dans nos vies Je cherche le visage du Christ Semaine sainte (regards sur l'Eucharistie) RETRAITE VOCATIONNELLE * Triduum pascal RETRAITE SACERDOTALE : Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais c'est moi qui vous ai choisis.Jn 1 5,1 6 Le royaume de Dieu est au milieu de vous En Église avec Jésus de Nazareth The Spirit of Wonder : A Spirit of Joy, Prayer and Love Le royaume de Dieu La liberté dans le Christ RETRAITE DE TRENTE JOURS En Église avec Jésus de Nazareth Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t'aime.Is 43,4 FOI ET JUSTICE* (8 jours) «Reviens à moi».Retrouvailles avec le Christ dans l'Évangile RETRAITE SACERDOTALE Chercher et trouver Dieu en toutes choses Le royaume de Dieu est au milieu de vous Tu comptes beaucoup à mes yeux.Tu as du prix et je t'aime.Is 43,4 314 6-13 A.Samaan-Hanna s.j.7-7 août J.-M.Rocheteau s.j.13-20 P.Mourlon-Beernaert s.j 2C-20 août J.Martineau s.j.20-27 A.Gélinas s.j.27-3 août G.Pelland s.j.AOÛT 3-10 E.Hamel s.j.10-17 A.Gélinas s.j.17-25 P.Gervais s.j.24-31 A.Ducharme s.j.SEPTEMBRE 28-5 oct.P.Morisset s.j.OCTOBRE 5-12 J.Beaupré s.j.5-5 nov.H.Gaulin s.j.13-17 A.Ducharme s.j.NOVEMBRE 23-30 P.Morisset s.j.DÉCEMBRE 26-31 J.Levac + B.Bélair s.j.Maison des Jésuites C.P.1 30 - St-Jérôme, Qc J7Z 5T8 The Spirit of Wonder : A Spirit of Joy, Prayer and Love RETRAITE DE TRENTE JOURS Un seul Esprit dans le Christ et les chrétiens RETRAITE DE TRENTE JOURS « Reviens à moi ».Retrouvailles avec le Christ dans l'Évangile Jésus, notre espérance Marie, la Trinité, l'Église et nous «Reviens à moi».Retrouvailles avec le Christ dans l'Évangile 8 jours: Retraite d'Évangile Devenir libre Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t'aime.Is 43,4 Le royaume de Dieu RETRAITE DE TRENTE JOURS RETRAITE POUR LES ÉCONOMES DE COMMUNAUTÉS* Tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t'aime.Is 43,4 RETRAITE VOCATION N ELLE * Pour information : Père Gaston Bilodeau, s.j.ou S.Gisèle Ledoux, s.s.a.Tél.: (514) 438-3593 * Une description de l'expérience proposée dans cette session est disponible 315 Retraites au monastère d'Aylmer — 1986 21-23 mars: Préparation à Pâques 1 3-20 juillet : Jean-Marie Côté c.ss.r.Un étonnant chemin de BONHEUR : les Béatitudes.1 6-23 novembre : Jean-Marie Côté, c.ss.r.Un étonnant chemin de BONHEUR : les Béatitudes.1 2-14 décembre : Jean-Marie Côté, c.ss.r.Préparation à Noël Jean-Marie Côté, c.ss.r.Ouverture : 20: 00 — Cloture : avec le dîner.Ces retraites sont destinées avant tout aux religieuses; elles sont ouvertes aussi aux prêtres, religieux, laïcs.Inscription et renseignement: Le Monastère 161, rue Principale Aylmer, Qué.J9H 3M9 (819)684-1379 316 TABLES DE L'ANNEE 1985 1.Auteurs et articles BÉLANGER, Jacques, o.f.m.cap., Une espérance qui nous vient du sud.36 CAZA, Lorraine, c.n.d.Méditation sur l'Église.195 CERIANI, M.G., s.x., (voir INIGUEZ) D'AOUST, s.n.j.m., (voir INIGUEZ) DUCHARME, Alfred, s.j., Des problèmes nouveaux.246 DUMAIS, Monique, o.s.u.De la descendance d'Angèle de Mérici.299 FOURNIER, Norbert, c.s.v., Les communautés religieuses doivent-elles survivre, s'éteindre ou être «refondées»?.115 GAULIN, Suzanne, o.s.c., Une approche d'accompagnement 1 83 GAUTHIER, Roland, c.s.c.Le bienheureux Frère André, ser- viteur et apôtre de Marie.215 GOSSELIN, Louise, Une ermite franciscaine.289 HOGAN, William F., c.s.c.Pour une gestion selon l'Évangile 67 Trois points de réflexion sur la vie religieuse.159 INIGUEZ, B.S., b.p., M.G.Ceriani, s.x., M.N.D'aoust, s.n.j.m., Religieuses insérées en milieux populaires.84 LACROIX, Benoit, o.p., Responsable des vocations: quel ministère!.229 Les jeunes ont-ils «la» vocation?275 LÉGASSE, Simon, o.f.m.cap., Jésus a-t-il opté pour les pauvres ?20 MÉNARD, Camil, ptre.Le péché et la pratique péniten-tielle.259 PERREAULT, Georges, o.p., Service pastoral et croissance dans la foi.3 Croissance ou productivité : critères de vérification.68 La communauté religieuse : groupe de tâche ou de vie.131 POUDRIER, Roger, o.f.m., Prier avec les psaumes.48 Une expérience d'ermitage.105 RICHARD, Jean, m.s.c.Le coeur et l'esprit dans la Bible.175 ROBERT, Pierre, Esquisse d'une spiritualité de l'étude.240 317 SANTANER, M.-Abdon, o.f.m.cap., Dans l'inédit de la vie: comment aller de l'avant sans perdre tout repère ?.147 VAUGHN, John, o.f.m.Sur le discernement.97 2.Sujets Accompagnement : une approche : 183 ; fait de plusieurs réalités: 183; et la personne concrète: 185; découvrir les traces de l'Esprit Saint : 1 86 Action de grâce : Église, lieu d': 210 Agir et vie : 13 Alliance: voulue par Dieu et réalisée en Jésus-Christ : 1 54 André, frère: serviteur et apôtre de Marie: 215; ce qu'il a dit de Marie: 21 6 ; ses pratiques de piété mariale : 218; témoignages sur sa piété mariale: 219-223; portée pastorale de sa dévotion à Marie: 224 Angèle de Mérici : sa descendance: 299; sa vie : 300; et Marie de l'Incarnation : 303 Animation : un problème nouveau : 249 Appartenance: et possession de soi.136, à un groupe religieux: 137; servant à définir le groupe: 142; et aménagement approprié : 143 ; changer les autres ou se changer soi-même : 143 ; sa représentation : 1 70 Appropriation: de soi comme source de succès pastoral: 69, s'appartenir pour pouvoir appartenir : 1 35 ; la personne, source et terme : 1 35 Autonomie : et communauté : 141 Charisme : et fidélité : 1 63 Chasteté: pratique: 89 Christ: La «sequela Christi» et son aménagement communautaire : 139; la « sequela Christi » et la communauté de vie : 1 39 ; et l'Alliance réalisée en lui : 154 ; rencontré dans l'Église : 201 ; pivot central de l'ermitage : 289 Cœur: et l'esprit dans la Bible: 175; son symbolisme dans la Bible: 178; cœur nouveau et esprit nouveau: 179-181 Communauté (voir Vie religieuse) : doit-elle survivre, s'éteindre ou être «refondée»?: 115; réflexion sur leur avenir : 1 1 6 ; affirmations ambiguës : 11 8 ; exigences d'un vrai renouvellement : 11 9 ; pourquoi rester ensemble dans l'aménagement de la «sequela Christi»?: 134; et appartenance: 135-137 ; appartenance par le Christ : 137; l'histoire de chaque membre: 137; la «sequela Christi» et la communauté de vie : 1 39 ; la vie partagée : 139; les interactions communautaires: 140; l'autonomie dans le groupe: 141 ; définie en fonction de l'appartenance: 142; changer les autres ou soi-même : 143 ; le leadership d'un supérieur visant à se changer d'abord soi-même : 144 ; travailler sur le groupe ou sur les personnes: 145; Église, communauté de missionnaires : 208 Communion : des personnes et gestion des biens: 125; l'Église est une communion : 1 98 Consécration: en vie religieuse: 164; dans la Bible: 166; mise à part et témoignage: 167; pas question de supériorité : 1 68 Conversion : et péché : 270, et pratique de la pénitence : 270 318 Croissance : et productivité : 68 ; objectif premier: 68; comme critère de vérification: 68; par l'Institut séculier: 236 ; comme disciple en vie religieuse : 1 59 ; ses implications : 1 60 ; illimitée : 163 ; pôles et éléments : 235 Culture: et rencontre de l'Évangile: 236 ; ouverte et les jeunes : 277 Désintégration: ou tension créatrice: 169 ; sources différentes : 1 70 Dieu: de miséricorde et les psaumes: 56 ; et l’expérience de l'ermitage : 106; et l'Alliance voulue par lui: 154; et sens du péché : 272 Direction : (voir Accompagnement) Discernement : méthodes et attitudes : 97 ; exemples bibliques : 99 ; épisodes franciscains : 101 Disciple: croissance en vie religieuse: 159 Don : de soi, donc possession : 15 Église : et monde : 1 61 ; méditation sur : 195; l'Église, c'est vous: 196; une communion: 198; lieu de rencontre du Christ: 201; lieu de partage et d'amour : 202 ; lieu de réconciliation : 205 ; communauté de missionnaires : 208 ; lieu d'action de grâce : 210; lieu d’offrande eucharistique: 212; les vocations, don de Dieu à l'Église: 232 Ermitage : une expérience : 105 ; contact avec le «bon Dieu»: 1Û6; contact avec l'essentiel : 107 ; contact avec le pécheur qui est en soi-même: 107; et le silence : 109 ; et solitude : 110; et prière : 112 ; et mes limites : 113; une ermite franciscaine: 289; le Christ, point central: 289; et prière: 291; et solitude: 292; et soutien fraternel: 293; et travail: 294; et santé : 295 Espérance : venue du sud : 36 ; menacée partout: 36; et force de la vie: 38; neuve: 43; pour l'Afrique: 36 Esprit : le cœur et l’esprit dans la Bible : 175; son symbolisme dans la Bible: 176 Étude : et sa spiritualité : 240 ; action et sagesse : 241 ; voie et discipline : 242 ; service et vie : 244 Eucharistie: acte communautaire: 90; Église, lieu d'offrande eucharistique: 212 Évangile : et les pauvres : 22 ; évangélisation par les pauvres : 43 ; et gestion selon l'Évangile: 121 ; évangélisation des marginaux : 1 71 ; rencontre de la culture : 236 Fidélité : au charisme : 1 63 Foi : croissance et service pastoral: 3, et croissance chez le pasteur: 3; et histoire: 41; alimentation: 81; Alliance réalisée par l'obéissance de la foi : 1 54 ; en Dieu et dans les hommes : 156 Formation: intensive d'une relève locale: 38, 44; permanente des frères expatriés: 39; permanente: 46 Fraternité: petite fraternité et congrégation: 94; rapports tendus sur la formation et l'économique: 95; un problème nouveau : 248 Frère André : (voir André, Frère) Frères: attitude œcuménique: 40; accompagnement spirituel: 40; vie fraternelle prioritaire: 46 319 Gestion: selon l'Évangile: 121; agir avec justice : 1 22 ; et justice sociale : 123; et communion des personnes.125 Institut séculier: instrument de croissance : 236 Jean-Paul II: voyage au Canada: 195-214 Jésus: a-t-il opté pour les pauvres?: 20; vérité sur lui : 20; et option pour les pauvres: 26; pôle de référence: 235; ses divers visages: 285; et la vocation : 286 Jeunes : ont-ils la vocation : 275 ; leurs valeurs: 276; et la culture ouverte: 277; et les quatre temples: 278; et divers chemins de salut : 278 ; et leurs contradictions : 279 ; et goût du spirituel: 280; diverses formes de spiritualité : 280;et nous : 281 Marginaux : leur évangélisation : 1 71 Marie : et le Frère André : 21 5 ; portée pastorale de sa dévotion : 224 Marie de l'Incarnation: et Angèle de Mérici : 303 ; sa vie : 304 Mission : et foi : 4; ou missionnaire : 4 ; le projet: 74; le lieu: 75; Église, communauté de missionnaires : 208 Monde : et Église : 1 61 Obéissance: pratique: 88 Partage: Église, lieu de partage: 202 Pasteur: et croissance dans la foi: 3, agir et vie : 4 ; ambiguïté des activités : 6; agir et vie, deux versants d'une même réalité: 13; donne sa vie comment ?: 14 ; don de soi et possession de soi : 15; et appropriation de soi : 1 6 ; avant ses tâches : 68 ; intervention ou conversion : 76 ; comment vivre le temps : 77 ; évaluation de son travail: 78; contrariétés et frustrations: 80; alimentation de la vie de foi : 81 ; collaborateurs dans le ministère : 82 Pastorale : des vocations : 282 Pauvres: option de Jésus: 20, 26; et les évangiles: 22; qui sont-ils?: 27: solidarité avec : signe de Dieu : 31 ; et pécheurs : 31 ; nous évangélisent : 42 Pauvreté: pratique: 87 Péché: et pratique pénitentielle : 259; témoignages personnels: 262; tests d'attitudes: 263; réflexions théologiques: 265; parabole de l’ivraie: 266; peur du péché: 267; lutte contre: 268; lutter amoureusement : 268; un nouveau sens: 272 Pécheurs : et pauvres : 29-31 ; et prière : 297 ; je suis pécheur : 297 Pénitence: et relation à l'autre: 91; péché et pratique pénitentielle : 259; situation actuelle: 261; recherche récente: 261; témoignages personnels: 262; tests d'attitudes: 263; réflexions théologiques: 265; parabole de l'ivraie : 266 ; jalons pour une pratique renouvelée : 268 ; lutte amoureuse contre le péché: 268; regard vers l'avenir : 270 Personne: source et terme de l’appropriation : 1 35 ; à l'origine du groupe : 135 ; travailler sur le groupe ou d'abord sur les personnes?: 145; et accompagnement spirituel: 185 Prière: ambiguïté de ses activités: 7; des psaumes : 48 ; trop individualiste : 90; et ermitage: 112; 291; et intimité: 291 ; et immensité: 291 ; et le pécheur: 297 320 Problèmes (nouveaux): le vieillissement : 246 ; les fraternités : 248 ; l'ani-mation : 249 Productivité : et croissance : 68 ; comme critère de vérification : 68 ; passe après la croissance : 71 -72 Psaumes : prier par : 48 ; et expérience spirituelle: 49; et quatre attitudes fondamentales: louange, souffrance, pardon et sagesse : 51 -52 ; trois axes majeurs: création, histoire du salut, vie quotidienne: 53; et la Cause première: 55; et le Dieu de miséricorde : 56 ; et l'homme pécheur : 57 Réconciliation : (voir Pénitence) : Église, lieu de : 205 Religieux : textes disant ce qu'ils doivent être : 148 ; les écrits et la vie : 1 50-1 52 Religieuses : en milieux populaires : 84 Renouvellement : ses exigences : 1 1 9 Repère: Comment garder des repères dans l'inédit de la vie : 1 47 Sacré-Cœur: le cœur et l'esprit dans la Bible: 175 Service pastoral : et croissance dans la foi : 3 ; critères adéquats : 7-8 ; engagement professionnel et personnel : 10 Silence : et l'ermitage : 1 09 Solitude : et l'ermitage : 1 1 0 ; 292 Spiritualité: la prière: 90; et l'eucharistie : 90; et réconciliation : 91 ; quelques éléments importants: 92; et le rôle de la femme: 234; de l'étude: 240 ; diverses formes chez les jeunes : 280 Supérieur : leadership : viser à se changer d'abord soi-même: 144 Témoignage : et consécration : 1 67 Temps : comment le vivre : 77 ; ses tendances : 233 Travail : et ermitage : 294; et gain de la vie : 294 Ursulines : au Québec aujourd'hui : 306 Vie : et agir : 1 3 ; et espérance : 38 ; à la source de ce qui fait vivre : 1 53 Vie religieuse: (voir Communauté)'.enseignement fourni parlepeupleen Amérique latine : 85 ; communautaire : 85 ; habit religieux : 85 ; style de vie : 86 ; groupe de tâche ou de vie ?: 1 31 ; pourquoi rester ensemble ?: 131 ; pour accomplir une œuvre d'Église ?: 131 ; pour un mieux-être personnel et communautaire?: 133; points de réflexion: 159; et croissance comme disciple: 1 59 ; et fidélité au charisme : 1 63 ; et problèmes de la consécration: 164; et appartenance : 1 70 ; comme évan-gélisatrice: 171; en désintégration ou en tension créatrice: 169; approches et voies nouvelles : 1 73 Vieillissement : un problème nouveau : 246 Vocation : les responsables : 229 ; textes et principes: 230; une parole prioritaire: 230; don de Dieu à l'Église: 232; et tendances de notre temps: 233 ; pôles et éléments de croissance : 235 ; appel au vécu : 236 ; valeur de témoignage: 236; populaire: 239; silence et ascèse : 239 ; et les jeunes ; 275; et culture ouverte: 277; pastorale de la: 282; ses responsables: 282 ; et divers visages de Jésus : 285 ; le vocabulaire : 286 Vœux: pauvreté: 87; obéissance: 88; chasteté : 89 ; et prêtres ouvriers : 1 51 ; nouveau vocabulaire: 286 la vie des communautés religieuses 5750, boulevard Rosemont Montréal, Québec, Canada H1T 2H2
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