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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1972-05-31, Collections de BAnQ.

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[" Dossier sur ©S \"gangsters\u201d syndi par Claude MASSON de notre bureau de Québec QUEBEC \u2014 Le ministère de la Justice est à préparer un dossier qui s'intitule \u201cdossier intimidation\u2019\u2019 et qui sera composé des \u201cépisodes de violence, d\u2019intimidation et de chantage eaux que nous avons connus au Québec depuis quelques mois\u201d.Ce dossier, qui sera rendu public lorsque complété et qui donnera lieu à des poursuites contre les personnes impliquées, sera livré à la population pour qu\u2019elle soit saisie \u201cdes manoeuvres et des actions qui ont été perpé- et les / trées dans certains endroits du territoire du Québec et qui visaient à intimider, à faire chanter et à violenter la population\u201d.Dans un langage qu\u2019on ne lui connaissait pas et sur un ton qui ne laissait aucun doute sur ses intentions futures, le ministre québécois de la Jus- révo tice, M.Jérôme Choquette, a annoncé cette mesure qui s\u2019inscrit dans l\u2019objectif premier de son ministère pour la prochaine année : le law and order.Sorti* tans précédent Dénonçant ouvertement \u201ccertaines forces révolutionnaires\u201d et certains lution \u201cgroupes de gangsters qui ont réussi à s'implanter dans des mouvements syndicaux légitimes\u201d et invitant par ailleurs le mouvement à faire au plus vite un \u201cménage dans sa propre maison\u201d en vue \u201cd'éliminer ses éléments indésirables\u201d, M.Choquette a clairement indiqué que le rôle premier de naires son ministère, pour l'année qui vient et peut-être même pour les années futures, sera \u201cle maintien de l\u2019ordre public et de la paix sociale au Québec\u201d.C'est alors que les députés entreprenaient l'étude des crédits du ministère Voir DOSSIER-CHOC en page A 6 L'UQ et les créditistes appuient Choquette; le PQ est \"très déçu\" de noire bureau de Québec QUEBEC \u2014 \u201cBeaucoup de gens croient- que le nombre constitue la justice et que la violence doit être la maîtresse du logis.Quand on constate aujourd'hui l\u2019acharnement avec lequel certaines gens s'attaquent à l'autorité gouvernementale, à l'autorité judiciaire.à l'autorité policière, on s'interroge avec raison quant au sort qui peut être réservé à la population du Québec.\u201d Telle a été la réaction formulée par l'ancien ministre de la Justice et leader de l'opposition officielle, Me Rémi Paul, à la déclaration faile hier par le ministre Jérôme Choquette contre les \u201cforces révolutionnaires\u201d et les \u201cgroupes de gangsters\u201d qui auraient infiltré les syndicats au Québec.Selon lui, l\u2019intimidation et le chantage pratiqués par ces individus \u201cs\u2019adressent à toutes les couches ou classes de la société\u201d.Les créditistes sont d'accord Par ailleurs, le porte-parole du Ralliement créditiste, qui est le clan op- Voir L'UQ en page A 6 Le plus grand quotidien français (fAmériqin Montréal, mercredi 31 mai 1972, 88e année, no 96, 130 pages, 10 cahiers ?15' ¦dfr- mm mm 'mmm® AUJOURD'HUI !fV v* v.- » Des bagages déchiquetés et du sang, c'est tout ce qu'il reste apiès que trois Japonais eurent ouvert le feu sur 250 à 300 personnes dans l'aéroport international Lod, à Tel-Aviv, en Israël.Armés de fusils automatiques et de grenades, ils ont tué 26 personnes et en ont blessé 72 autres.Le FPLP: une réponse au massacre du 8 mai téléphones UPI L'une des victimes de l'attentat terroriste de l'aéroport Lod de Tel-Aviv est transportée vers l'hôpital Tel Hashomer.L'un des membres du trio de terroristes s'est suicidé à l'oide d'une grenade, le deuxième a ete abattu et le troisième a ete capturé. A 2 LA PRESSE, MONTREAL, MERCREDI 31 AAAI 1972 Secteur public: après c'est la méfiance et la par François TREPANIER de notre bureau de Québec QUEBEC \u2014 .Après avoir repris sur une note plutôt optimiste, les négociations entre le gouvernement du Québec et le Front commun des trois centrales syndicales ont retrouvé, hier, kur air d\u2019antan s'enlisant à nouveau .dans un climat de méfiance et de suspicion.Résultat pratique de ce changement .d'atmosphère: ce n\u2019est que mardi pro-; 'chain et non aujourd\u2019hui que l'on ;saura officiellement si oui ou non les négociations aux tables sectorielles revendront.; \u2022 Tout dépendra d'une proposition que -soumettra ce jour-là le ministre de la .Fonction publique, M.Jean Cour-noyer, sur le fameux problème de la sécurité d\u2019emploi.- Ce problème devait faire l'objet de discussions hier alors que les négociations reprenaient en comité restreint.Cependant, il n\u2019y a pas eu de discussion, M.Coumoyer n\u2019ayant pas eu le temps de mettre au point la formule de compromis qu\u2019il avait évoquée vendredi dernier.Au cours de la rencontre à huis clos que trois journalistes dont celui de LA PRESSE ont pu suivre cachés derrière une porte, M.Cournoyer a plutôt proposé que les négociations à la table centrale soient reportées au il juin et que d'ici là, les négociations aux tables sectorielles reprennent immédiatement comme il l'avait demandé la semaine dernière.C'est cette proposition de M.Cour-noyer qui a soulevé la méfiance des chefs des centrales qui s\u2019attendaient, dès hier, à des \u201couvertures\u201d et à de nouvelles propositions de la part du successeur de M.Jean-Paul L'Allier.Surpris de ne pas être mieux informés sur le nouveau mandat de M.Cournoyer, les chefs des centrales se sont vivement opposés à l\u2019ajournement du 11 juin et ont indiqué qu'ils ne convoqueront pas les tables sectorielles tant qu'ils n'auront pas obtenu de détails plus précis sur les nouvelles formules de compromis qu'entend leur soumettre le gouvernement.Parlant sur un ton plus intime que devant la grande table centrale, MM.Marcel Pepin, Louis Laberge et Yvon Charbonneau ont ensuite tenté de savoir quelle recommandation M.Cournoyer soumettra ce soir au Conseil des ministres au sujet des amendements à la loi 19.Cependant, M.Cournoyer n'a pas voulu répondre aux questions qui lui étaient posées à ce sujet et il a plutôt réitéré son appel pour que les tables sectorielles reprennent leurs travaux.Devant cet imbroglio, les deux parties ont finalement convenu de se rencontrer à nouveau mardi prochain alors que M.Coumoyer soumettra les principes de sa formule de compromis sur la sécurité d\u2019emploi.Quant aux tables sectorielles, elles seront probablement convoquées aujourd'hui même pour mercredi prochain mais ce n\u2019est qu\u2019après avoir pris connaissance de la proposition de M.Coumoyer que l\u2019on saura si oui ou non elles siégeront.Les dirigeants des centrales ne voient pas en effet comment ils pourraient faire siéger ces tables sectorielles alors que le gouvernement ne leur a fait aucune offre précise.\u2022 Tu ne me donnes rien sur la sécurité d'emploi, a fait remarquer M.Pépin à M.Cournoyer.11 n'y a même pas de minimum d\u2019ouverture au sujet de la définition du mot \"poste\u201d qui est relié aux offres salariales.Si tu veux que I on convoque les tables sectorielles.fais-nous des propositions \" l'optimisme, suspicion Quant au ministre de la Fonction publique, bien çu\u2019il ne l'ait pas déclaré en des termes précis, il semble que ce soit surtout pour justifier son attitude au Conseil des ministres au sujet de la Loi 19 qu\u2019il ait tant insisté pour obtenir la reprise des négociations aux tables sectorielles.\u201cVous attendez quelque chose de moi, a signalé M.Coumoyer.Moi, j'attends un geste de votre part.Faites au moins siéger une table.\u201d \u201cNon\u201d, ont répondu les chefs des centrales se demandant comment ils pourraient justifier un tel geste alors que le gouvernement n\u2019a pas encore montré ses cartes.Qu\u2019adviendra-t-il maintenant ?Si les centrales syndicales avaient accepté liier soir de convoquer même une seule table sectorielle, certaines sources indiquent que M.Coumoyer aurait probablement donné suite aux recommandations du front commun et suggéré défaire disparaître complètement de la loi 19 la possibilité d'un décret.Cette condition n\u2019ayant pas été respectée, on croit que la Loi 19 maintiendra cette possibilité mais on ignore si elle comportera un échéancier.rles paqcs swr æ Toure BEAuTé,\u201e£r çi/EL PARrOM Fâuj MUS D/ëf os'.Je suie en SL/iSSe.U Droits ré»#rve* La Commission Gendron devra terminer son travail avant 1973 Sharp propose une discussion avec l'URSS sur la réduction des forces armées en Europe par Marcel DESJARDINS BONN.\u2014 Le secrétaire d\u2019Etat aux Affaires extérieures du Canada.M.Mitchell Sharp, a suggéré, hier, qu\u2019un groupe de pays membres de l\u2019OTAN, plutôt qu'un seul délégué, engagent des discussions avec l\u2019Union soviétique sur une réduction mutuelle et équilibrée des forces armées en Europe.Par ailleurs, le Canada s'est rallié a Ja très grande majorité de ses allies pour réclamer que les entretiens sur une réduction éventuelle des forces armées en Europe se déroulent simultanément, quoique séparément, avec la conférence sur la sécurité européenne qui doit maintenant avoir lieu a Helsinki, en Finlande, à la fin de l'année en cours.Le ministre canadien prenait la parole lors de l'ouverture de la session ministérielle d e 1 Organisation du Traité de T Atlantique-Nord (OTAN l qui a débuté hier et qui se termine aujourd'hui à Bonn.En préconisant une approche collective aux entretiens sur la réduction mutuelle et équilibrée des forces armées en Europe, M.Sharp constate que la mission Brosio a échoué et qu il faut par conséquent trouver une autre formule.La suggestion canadienne revêt une importance particulière à ce moment-ci.vu l'importance que les pays de l'OTAN attachent au déroulement simultané d'une négociation sur la reduction des forces armées et de la conférence sur la sécurité.Comme la dernière semble être dans le sac.il faut absolument faire démarrer les entretiens sur la présence des forces armées en Europe si on ne veut pas compromettre la tenue de-la conférence sur la sécurité européenne.é - On se souviendra que les membres -île l'OTAN, lors des séances ministé- rielles de l'automne dernier, à Lisbonne, avaient désigné M.Mniio Brosio.secrétaire général sortant de l\u2019organisation.pour entreprendre les sondages préliminaires avec l'URSS et les pays membres du Pacte de Varsovie.Or.la mission Brosio a échoué, les Soviétiques affirmant que la réduction des forces années en Europe ne devait pas être uniquement l'affaire des deux blocs, mais qu\u2019elle devait appeler la participation de toutes les nations du continent européen.M.Sharp espère donc qu'une opproche collective, même si elle ne déborde pas le cadre des pays de l'OTAN, en autant que les discussions préliminaires sont concernées, convaincra les Soviétiques et leurs alliés.Le ministre canadien, dans son exposé à ses collègues de l'OTAN, a décrit une conférence sur la réduction des forces armées comme \u201cun forum de 34 nations\u201d.Dans l'esprit de M.Sharp, les nations neutres, qui ne font partie d'aucun des deux blocs militaires européens, seraient donc présentes à ces négociations même si on croit nécessaires des préliminaires.La France est un des rares pays membres de l\u2019OTAN qui n\u2019insistent pas sur le déroulement simultané de ces deux délicates opérations.De fait, hier, le ministre des Affaires étrangères de France, M.Maurice Schumann, a soutenu que ces deux rondes de négociations ne devaient pas se dérouler simultanément et qu elles ne devaient même pas avoir lieu dans la même ville.La France, dont les forces armées ne sont pas intégrées à celles de l'OTAN, défend une position minoritaire.M.Sharp a expliqué, pour sa part, que l'OTAN ne doit pas se laisser aveugler par l'euphorie qui découle de la visite du président Nixon à Moscou et des accords qui en ont résulté.par Claude MASSON de notre bureau de Quebec QUEBEC \u2014 Si.en apparence, le gouvernement Bourassa parait avoir servi, hier soir, un véritable ultimatum à la Commission d'enquête Gendron sur le statut de la langue française au Québec, lui ordonnant de terminer ses travaux d\u2019ici le 31 décembre 1972 sans quoi elle serait dissoute, c'est au fond avec le plein accord des commissaires que cette date-limite a été fixée.Dans un bref communiqué publié à Tissue de la rencontre d'une heure entre le chef du gouvernement et le président de la Commission.M.Jean-Denis Gendron.il y est dit notamment.\u2014\tque M.Gendron a informé le premier ministre de l'impossibilité de lui remettre immédiatement des recommandations sur la langue de travail.\u2014\tque M.Bourassa a informé le président de la Commission qu'il avait l'intention de dissoudre la Commission au plus tard le 31 décembre 1972; \u2014\tque le chef du gouvernement a convoqué tous les commissaires à son bureau pour 17 heures aujourd'hui.Ce communiqué, qui se voulait draconien à l\u2019endroit de la Commission, n'est qu'une répétition fidèle de la décision prise depuis le mois de novembre dernier par le conseil des ministres et prolongeant le mandat de la Commission Gendron jusqu a la fin de cette année.Si, à ce moment-là.la Commission n'a pas remis son rapport final au sgouvemement.\u201ctous les documents pertinents à son enquête\u201d devront être remis au premier ministre, avait dit M.Bourassa il y a déjà six mois Trois rapports d'ici la fin L'ultimatum apparent de M.Bourassa a été interprété par les observateurs comme une façon de la part du gouvernement de remettre sur le dos de la Commission les délais apportés dans l\u2019élaboration d'une politique de la langue.Cette interprétation a été renforcée du fait que trois des cinq commissaires rejoints par des journalistes ont carrément affirmé que tous, tant du gouvernement que de la Commission étaient bien d\u2019accord pour mettre fin Tetley: la politique du PQ donnerait au Québec une économie de succursales par Cyrille FELTEAU Le manifeste lancé récemment pur ; Parti québécois n'offre pas de solu-on aux problèmes du Québec et de es S,000,000 de citoyens.Selon le mi-islrc des Institutions financières, des ompagnies et des Coopératives du juébcc.M.William Tetley, \u201cla politise qu'il prône réduirait le Québec a îë économie de succursales \".¦Qfest l'un des grands reproches que i.\u2019Tetley formule à l'adresse du ma-iieste et du parti dans une critique h six fioints qu'il exposait hier midi evant les membres du Club Kiwanis aint-Georges à l\u2019occasion de leur décrier hebdomadaire.\u201cSelon le manifeste, dit-il, il est fan- que dans un Québec séparé les èges sociaux des compagnies quitte-jient Montréal pour Toronto.Cette ertc par le transfert aurait des confluences énormes si Ton considère u apparemment 50.000 personnes trn-lillent dans des sieges sociaux de mipagnies à Montréal et que peut-;re 100,000 autres sont employées in-rectcment par les mêmes sociétés.\" lie ministre des Institutions financiers.rpii procède en ce moment à une ude critique approfondie du mani-ste intitulé: \u201cQuand nous serons \u2022aiment chez nous\", reproche égalc-ient à scs auteurs d\u2019avoir opté pour i socialisme irréaliste, inspiré en ande partie d'un ouvrage du seeré-ire du parti socialiste français, rançois Mitterand.paru en France us le titre: \"l'a socialisme du posse e\".Eu appendice de son discours.j Tetley souligne les correspondants.troublantes entre une dizaine! de k.nts importants du manifeste et le re de M.Mitterand.l'un des lea- ders du mouvement socialiste français.\"Est-ce là la solution pour le Québec.demande M.Tetley.Est-ce la solution qu'il faut pour une économie en expansion?Quel en serait le coût en dollars, en liberté, du point de vue du niveau de vie?Aurions-nous raison de nous jeter entre les mains d'un seul gouvernement qui professe des vues aussi favorables à la centralisation?\u201d Quel système monétaire?Le ministre signale ensuite que le Parti québécois n'a pas encore pris position en ce qui concerne l'option \"union\u201d ou \u201cmarché commun\u201d, la forme de ce marché commun et qui en serait le ou les partenaires.\"Ainsi, dit-il.le manifeste ne mentionne pas quel serait le système monétaire du Quebec après la séparation.Serait-ce le système monétaire canadien?Le dollar canadien?Il est évident, dit-il.que les plus ardents séparatistes envisagent cette éventualité d'un très mauvais oeil.\" M Tetley affirme que le manifeste du PQ n'a pas résolu la question de savoir comment un Etat séparé pourrait agir seul hors d'un marché commun.C'est là.dit-il, l\u2019un des principaux dilemmes du manifeste et du Parti québécois.Comment le Québec peut-il être séparé et en même temps économiquement sain dans le monde industriel moderne?De l'avis du ministre des Institutions financières, ce serait très, très difficile et les sacrifices économiques qu'il faudrait payer seraient très élevés.La place des coopératives Dans quelle mesure la liberté iràHvi-duelie.personnelle, sera t elle permise dans une économie centralisée, dirigée par le haut, en vertu du \u201cPlan\u201d ?se demande M.Tetley.\u201cC'est là, dit-il.Tune des questions qui demeurent sans réponse dans le manifeste du PQ.\u201d Dans le futur Etat péquistc, la plupart des media d\u2019information seront contrôlés par le gouvernement.Et quelle sera la place des coopératives dans cet Etat contrôlé ?Il ne semble pas y avoir de place pour elles dans le \u201cPlan\".L\u2019une des principales faiblesses du manifeste du PQ, selon M.Tetley, est son absence de position nette en ce qui concerne la langue au Québec.Le PQ est-il favorable à l\u2019unilinguisme français ou plutôt à un vague bilinguisme accordant une certaine priorité au français ?Impossible de le savoir à la lecture du manifeste.Comment devient-on une compagnie du Québec ?De l'avis de M Tetley, certains passages du manifeste du PQ et du document en annexe intitulé: \u201cQui contrôle l'économie du Québec ?\u201d sont d'inspiration tendancieuse, sinon raciale.On y fait la distinction entre les compagnies québécoises et \u201canglo-canadiennes\u201d pour ce qui a trait aux nationalisations futures.La Coopérative Fédérée, la Coopérative agricole de Granby, Bombardier, Marine Industries sont considérées comme des compagnies québécoises et donc, non sujettes à la nationalisation.Par contre.Molson, établie au Québec depuis 1800.est envisagée comme anglo-canadienne.de même que Power Corporation, possédée par Paul Desmarais, un Canadien français de Sudbury maintenant installé à Montréal.Commebt devient-on une \"c o m p a g n i c du Québec\" ?demande M.Tet.cy à l'existence de la Commission Gen-dront le 31 décembre prochain.Tous les commissaires occupent d'importantes fonctions professionnelles et iis ont du sacrifier passablement leur travail permanent pour consacrer des heures et des jours nombreux à la Commission d\u2019enquête.D'ici la fin du mandat, il est à prévoir que trois rapports seront remis au gouvernement: le principal et le plus attendu traitera du français comme langue de travail: le second abordera les droits linguistiques et le statut des groupes ethniques et des futurs immigrants et un troisième engloberait la langue d'enseignement cl des communications.Si M.Gendron n'a pu remettre dès hier au premier ministre des recommandations préliminaires touchant la langue de travail, c'est en raison des nombreuses enquêtes, sondages, travaux de recherches qui viennent iout juste d\u2019être remis, en totalité, à la Commission.Ces divers travaux font l'objet d'analyses, de synthèses en vue d'apporter des conclusions concrètes, des recommandations précises et de rédiger le tout.I,es trois commissaires interrogés ont affirmé que.contrairement aux rumeurs, il n'existe aucune dissension au sein de la Commission.Bien sur, certains commissaires ont entre eux des vues différentes mais il n'y a pas de mésentente.Les rapports qui seront soumis feraient même état des divergences de vue.notamment au sujet de la langue de travail, mais il n\u2019y aurait pas nécessairement publication d'un rapport minoritaire comme cela arrive souvent dans lLs commissions d'enquête.Les delais se multiplient La commission d'enquête Gendron sur la situation de la langue française ut les droits linguistiques au Québec a été formée au mois de décembre 1903 par le premier ministre Jean-Jacques Bertrand, au moment de l'étude du bill 84.père du fameux bill 63.La commission devait remettre ses travaux un an plus tard.Son budget original était fixé à $100,000.La commission s\u2019est vu accorder plusieurs délais et elle terminera ses travaux avec trois ans de retard et des dépenses dépassant largement $2 millions.Les commissaires expliquent ces nombreux retards et les sommes d'argent élevées cjui ont été dépensées par la complexité du problème linguistique.les changements de mandat qui ont eu lieu lors de l'arrivée au pouvoir du gouvernement Bourassa et les coupures effectuées dans les travaux de recherches.Selon eux, le terme original de 12 mois était beaucoup trop court pour l'envergure des problèmes à étudier.Ils comparent leurs travaux à la Commission d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme (Lauren-deau-Dunton i qui a coûté plus de $3 millions et s'es! étendue sur plusieurs années.VOYEZ NOTRE ANNONCE EN PAGE H-16 MONTRÉAL TAPIS & CARREAUX LTÉE ^lARTT Souliers de haute qualité, élégants et très confortables.Mocassin en cuir graine fin.Blanc, brun, noir Largeur B de 8 a 1 4.C de 8 a 1 3.D de 7 a 1 5 E de 9 a 13.Léger supplement pour 12\u2019 2 a 15 '35 Modeleunifermantsur3 oeillets, Cuirde veau souple inipoité.Brun ou noir.Largeur A de 8\u2019 7 à 1 5, B de 9 a 1 3.C de 7' j a 15.D ou E de7 a 15.EEde8 a 14.Leger S 0 fl 95 supplement pour 1 2' ?à 15\tu 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défilé bruyamment dans les rues du centre-ville pendant plus de deux heures.Le char du \"Saint-Jean-Drapo\" ouvrait le défilé et le traditionnel petit mouton avait été remplacé par une tête de cochon.Les manifestants étaient escortés par des motards de la police qui n'ont eu à intervenir en aucun temps.Volte-face dans l'affaire Lemieux par Daniel L'HEUREUX Les positions respectives de la Ville de Montréal et des scs 8.00C employés manuels sont \u2018 irréconciliables et à moins d'un changement de part et d'autre d'ici jeudi, je crains fort que Je conflit va traîner en longueur: c'est ma conviction personnelle la plus sincère.\u201d C'est le conciliateur désigné par le ministère provincial du Travail dans le conflit opposant Montréal à ses cois bleus qui a fait hier cette déclaration au représentant de LA PRESSE, au cours d\u2019une conversation téléphonique.M.Yvon Dansereau se trouvait à Québec où il était notamment à la recherche, en compagnie de ses collègues du ministère, \u201cde formules, de modalités, de \u2018sauve-la-face\u2019 pour essayer de mettre fin à ce conflit\u201d.Êt il espérait hier trouver la solution permettant une reprise des négociations dès demain: \u201cOn essaie de faire démarrer ça pour demain\u201d, a dit M.Dansereau.La dernière séance de négociations entre les deux parties remonte à la veille de la grève des employés manuels, il y a près de trois semaines.Mais, à toutes fins utiles, il n\u2019y avait eu pratiquement aucune négociation durant les 80 jours de l'injonction qui avait mis fin, l\u2019hiver dernier, au premier arrêt de travail des cols bleus.M.Dansereau a reconnu qu'il pouvait être difficile de comprendre que Ln jeune homme de 18 ans qui avait les pieds liés par des chaînes a réussi hier soir à fausser compagnie à la police au poste municipal de Drummond ville.Gervais Caron s'était déjà enlui en février de la prison de Trois-Rivières et ce n'est qu'hier, qu'il a été retrouvé dans cette ville.1! a été transféré a Drummondvillc durant la journée car il était soupçonné d'avoir perpètre une série de vols avec effraction dans la région.Les circonstances de l\u2019évasion demeurent extrêmement imprécises.Le jeune Gervais était détenu depuis quelques minutes au deuxième étage de l'édifice de la Sûreté municipale et se préparait à être interrogé.Comme il Acquittement de Léo Tremblay QUEBEC (PCI \u2014 Le mystère de la fameuse collection \u201cDuplessis \u2019 reste complet à la suite de l'acquittement unanime, mardi, du principal accusé dans cette affaire, Léo Tremblay.Dans un jugement de 34 pages, les juges Antoine Rivard.George H.Montgomery et George M.Hyde, de la cour d'Appel du Québec, ont renversé le verdict de culpabilité de recel prononcé le 2 octobre 1970.Les trois juges déclarent que rien dans la preuve faite lors du procès, ne permet d\u2019affirmer que Tremblay, a déjà eu un contrôle sur les objets volés, ni qu\u2019il en a confié la garde à une tierce personne.\u201cIl s'agit là d\u2019un élément essentiel de l'offense qui n'a pas été prouvé et en conséquence le verdict de culpabilité de recel rendu contre Tremblay est déraisonnable\u201d, écrit le juge Rivard.Léo Tremblay, ex-chef du défunt parti nationaliste chrétien avait été trouvé coupable de recel et condamné à trois ans de pénitencier le 9 octobre 1970 par le juge Gérard Lacroix, de la cour.du Banc de la Reine, à l'issue d'un procès de trois semaines.L'accusation de vol qualifié avait été rejetée.Accident mortel Un automobiliste s'est tué vers U h.30 hier soir à l'entrée du pont-tunnel Louis-Hippolyte Lafontaine quand il a perdu le contrôle de sa voiture.Robert Poliquin, 24 ans, de Saint-Bruno, a été tué sur le coup.Son automobile a percuté contre un réverbère à la hauteur de la rue Ho-chelaga.deux parties qui se disent prêtes à négocier ne se rencontrent pas: \u201cmais les positions sont irréconciliables.\u201d.Pour sa part, le président du comité exécutif, M.Gérard Niding, a déclaré en fin d\u2019après-midi que la Ville n\u2019envisageait pas de demander d\u2019injonction pour le moment.Le conflit des cols bleus a été discuté au comité exécutif, hier, mais aucune position nouvelle n'a été prise.\u201cLe service du personnel a un mandat pour négocier et, de plus, le comité exécutif peut être réuni à quelques minutes d'avis\u201d, a dit M.Niding.Cherchant à éviter de commenter le conflit, M.Niding avait déclaré au début de l\u2019après-midi: \u201cLa situation est difficile, difficile, difficile.On est sur une corde raide\u201d.Par ailleurs, M.Niding estime que la situation engendrée par la grève des cols bleus \u2014 l\u2019amoncellement des déchets et ses conséquences \u2014 n'exige \u201caucune mesure spéciale\u201d.Effectivement, à la suite d'une réunion de spécialistes \u2014 à laquelle avaient été invités des représentants de ia division fédérale des aliments et drogues \u2014 le service des affaires sociales de la ville de Montréal a décidé d'écarter pour le moment la possibilité d\u2019épandre des insecticides sur les amas d'ordures, a laissé savoir son directeur, M.Jean Séguin.Ce dernier a cependant précisé que n\u2019y a pas d\u2019ascenseur, il a emprunté l'escalier, les pieds liés par une chaîne d\u2019environ un pied et demi et il a pu franchir la porte sans être arrêté ou aperçu.Personne n\u2019a entendu le bruit de la chaîne.La police affirme qu'il n'avait pas encore été interrogé.Au moment de son évasion.Gervais.qui mesure cinq pieds et huit pouces et a des cheveux blonds, portait un gilet et un pantalon bleus ainsi que des espadrilles grises.Les recherches vont se concentrer dans la ville de Drummondvillc.indique qu'il y avait suffisamment d'eau la question demeurait à l\u2019étude, les fonctionnaires recherchant des insecticides de portée moins forte que ceux qui avaient été envisagés jusqu\u2019à maintenant.Les produits qui avaient jusqu\u2019ici l\u2019attention des spécialistes de la ville entraînent, du moins les premières heures suivant leur application, des odeurs nauséabondes plus désagréables que les ordures elles-mêmes.L\u2019application elle-même pose plusieurs problèmes: dans des conditions idéales, rapporte M.Séguin, l\u2019insecticide est efficace pour une semaine.Mais il doit être vaporisé lorsqu\u2019il ne vente pas et de plus, il perd son efficacité sous l\u2019effet de la pluie.\u201cTout ça mis ensemble fait qu\u2019on est très hésitant à utiliser ce type d\u2019insecticides.Mais d\u2019autres produits, de teneur moins forte, sont à l\u2019étude\u201d, a conclu M.Séguin.Quant à la possibilité d\u2019épidémie, les spécialistes du service des affaires sociales s\u2019accordent à dire qu\u2019il n\u2019y a pas de danger pour le moment, les grandes maladies contagieuses étant transmises par les déchets humains et non les déchets domestiques, dit-on.Et les cas de morsures par des rats n\u2019ont pas encore augmenté.Entre-temps, les représentants de la CUM et ceux des cols bleus de la Communauté (ils sont une soixantaine actuellement) participeront ce matin à une séance de négociation.Bien que représentés par le même syndicat iSCFP), les cols bleus de la CUM négocient une convention distincte de celle de leurs confrères de Montréal, mais la séance de ce matin pourrait avoir des conséquences sur le conflit entre Montréal et ses employés manuels.En effet, ce qu\u2019on avait présenté jusqu\u2019ici comme l\u2019offre de la CUM concernant la sécurité d\u2019emploi des cols bleus de Montréal est en réalité une clause qui est offerte aux cols bleus de la CUM.Elle contient toutefois une disposition pour que les villes voulant donner effet à cette clause envoient une copie de leur résolution à la CUM et au syndicat.Le syndicat a rejeté officiellement l'offre de la CUM, telle que présentée.Confirmant ce refus, un porte-parole syndical a toutefois émis l\u2019hypothèse que la clause en question puisse servir de point de départ à une négociation.Accusé de possession d'explosifs Un second individu a comparu en Correctionnelle, hier après-midi, pour possession illégale d\u2019explosifs que la police dit avoir été destinés à fabriquer des bombes pour le FLQ.Il s'agit de Jacques Desormeaux, 35 ans, du 21 rue Joyce, à Outremont, qui a nié sa culpabilité, lors de sa comparution devant le juge Louis Paradis.Il subira son enquête préliminaire en même temps que John Donald Mclnnis.un employé d'hôpital de 26 ans qui a été accusé du même délit, il y a quelques jours.H a été remis en liberté sous cautionnement peu après sa comparution, aux conditions maintenant usuelles pou} ceux qui ne possèdent pas de dossier judiciaire.par Léopold LIZOTTE L'affrontement décisif que l'on prévoyait pour ce matin entre le juge Alphonse Barbeau et l'avocat montréalais Robert Lemieux, sorti de prison seulement deux heures plus tôt.n'a pas eu lieu.Dans un geste tout à fait imprévu, en effet, la Couronne, qui était toujours représentée par son procureur-chef Me Stephen Cuddihy.mais qui avait à ses côtés un conseiller spécial, Me Fred Kaufman, a décidé de ne pas faire entendre d\u2019autres témoins pour continuer l\u2019enquête complète qu\u2019avait réclamée le tribunal lui-même pour faire la lumière sur les fuites relatives aux délibérations du jury qui s\u2019est montré en désaccord au moment de décider du sort de Jacques Rose.Me Cuddihy a tout simplement souligné qu'il n'y avait pas de faits nouveaux à souligner à la cour, et il a demandé le rejet de la demande de cautionnement que Me Lemieux, soit QUEBEC (PC) \u2014 Les remarques, faites la semaine dernière par le Juge Louis Fortin, de la cour des Sessions de la paix, sont inopportunes et ne peuvent qu\u2019entraver l'administration de la Justice dans un district où le travail se fait plus rapidement que partout ailleurs au Québec.C'est en ces termes que le bâtonnier du Barreau de Québec et les substituts du procureur général pour l'Est de la province ont répondu aux remarques du juge Fortin voulant que les magistrats subissent l'odieux des retards amenés dans l\u2019audition des causes criminelles alors que ce sont les avocats, tant du ministère public que de la pratique privée, qui sont les grands responsables de ces retards.Selon le bâtonnier du Barreau de Québec, Me René Letarte, il apparaît regrettable que des déclarations inopportunes créent au sein de l'administration de la Justice des malaises qui ne peuvent se traduire que par de plus grands inconvénients pour la société.Râle des juges \u201cL\u2019administration de la justice à la cour des Sessions de la paix, à Québec, relève du juge en chef et du greffier, le rôle des juges à titre individuel se limitant à rendre la justice\u201d, a souligné Me Letarte.Le bâtonnier précise que le juge en chef Albert Dumontier, de même que le greffier Gilles Lamontagne, qu\u2019il a consultés, se sont tous deux déclarés enchantés de la collaboration qu\u2019ils ont des avocats pour la bonne marche de l'administration de la justice.\u201cCette collaboration, ajoute Me Letarte, est presque unique dans la province puisqu'à titre d\u2019expérience, depuis déjà de nombreux mois, les avocats ont collaboré à l\u2019installation d\u2019un système voulant que l\u2019appel du rôle se fasse à 9h30 plutôt qu'à 10h du matin, comme cela se fait dans la presque totalité des autres tribunaux.\" D\u2019autre part, les substituts du procureur général soulignent, pour leur part, qu\u2019à Québec, les causes sont entendues plus rapidement que partout ailleurs dans la province.Don d'ubiquité \u201cPersonne n\u2019a encore le don d'ubiquité.ajoutent les substituts, et le procureur de la Couronne qui doit, chaque matin, se présenter devant un minimum de deux ou trois juges, ne peut évidemment le faire simultanément.Sans compter qu\u2019ils sont en nombre .absolument insuffisant.\u201d \u201cL?s propos du savant juge semblent constituer une défense à nous dit en passant, avait vainement voulu retirer.Avant de se rasseoir, toutefois, il a cité un cas de jurisprudence pour réaffirmer que le secret des délibérations était bel et bien établi devant nos cours, quoi qu\u2019en disent ceux qui veulent attaquer la validité du ser ment que l'on fait prêter aux jurés, depuis deux ans.Avant même que le procureur spécialement nommé par le Barreau pour représenter Me Lemieux, Me Michel Proulx, ait pu dire un mot, le juge Barbeau demandait à l\u2019avccat de Rose, qui avait pris place dans l'assistance avec Mes Jean-Serge Masse et Pierre Cloutier, s'il avait quelque remarque à formuler.\u201cNous considérons, répliqua ce dernier.que nous ne sommes tout simplement pas devant vous, parce que cette requête a déjà été retirée, et que vous siégez illégalement.\u201cCette illégalité, ajouta-t-il, s'entache également d'un huis clos complet, comme au temps de la fameuse Star ignorons quelles accusations: ceux qu\u2019il attaque ne l\u2019ont jamais, à notre connaissance, accusé de quoi que ce soit.\" Enfin le communiqué des substituts affirme que le district judiciaire de Québec, division criminelle, constitue sans doute le district le plus expéditif et le mieux administré de toute la province.Chamber.On n\u2019a laissé entrer dans la salle que ceux qui avaient des assignations.et il n\u2019y a pas moins de cin-' quante personnes qui attendent à la porte.\u201cJ en vois au moins vingt dans la Salle, rétorqua le tribunal.\"Ce n'en est pas moins le huis clos pour le public\u201d, répliqua Me Lemieux.Et la discussion se termina abruptement, le tribunal prenant tout simplement en délibéré la demande de cautionnement.Par la suite, Me Lemieux faisait lecture, dans la salle des journalistes, d\u2019une déclaration particulièrement virulente rédigée pendant son séjour à Bordeaux, et sur un ton qui ne laissait aucun doute sur le sentiment de véritable révolte qui l\u2019animait a ce moment-là.On sait que la semaine dernière, le jeune avocat avait été condamné a huit jours de prison pour avoir refusé de révéler certains incidents survenus au cours de leurs délibérations, et notamment la façon dont les voix s'étaient partagées.Me Lemieux avait invoqué le secret professionnel le liant à ces personnes, mais le juge Barbeau lui avait ordonné de répondre.Par la suite, le Barreau, saisi de l'affaire, avait demandé à Me Proulx de représenter son collègue devant la cour, prenant fait et cause pour la théorie de l\u2019avocat de Rose, à l'effet que ses relations avec les jurés qui l'avaient visité devaient être considérées comme privilégiées.La Couronne aurait toutefois pu faire témoigner, hier, le personnel de secrétariat de son bureau, pour obtenir d\u2019autres détails, mais dans un revirement encore une fois fort imprévu, elle ne l'a pas fait.La perle des bijoutiers DIAMANTAIRE 6725 St Hubert 272 2622 Noir.\tles OHa'Ue& SS8SSSSSSSSS8SSSSS! 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oublier, mais le climat était loin d'être agréable au début du ''mois de Marie\".Le soleil est ensuite apparu et ce fut la sécheresse.Et voilà qu'hier soir, cette pluie qu'on espérait est arrivée, sous forme d'orages.Cette photo, prise dans le tunnel de l'avenue du Parc, angle Van Horne, vers 21h30, pour qu'on parle d'inondation.Riposte du Bâtonnier du Québec aux accusations du juge Fortin A4 LA PRESSE, MONTREAL, MERCREDI 31 MAI 1972 i la presse M.Bourassa hausse le ton Le Premier ministre du Quebec s\u2019impatiente, et tout indique que le rapport que vient de lui soumettre le ministre adjoint des Affaires intergouvemementales, M.Arthur Tremblay, va l\u2019inciter à hausser le ton et à cesser d\u2019avoir recours à la persuation gentille dans ses relations avec Ottawa.M.Bourassa trouve que le fédéral dispose de trop de pouvoirs de dépenser, et il estime que ces pouvoirs dépassent ses responsabilités.En conséquence, il annonce qu\u2019il \u201cveut régler d\u2019une manière fondamentale le problème du \u2018pouvoir de dépenser\u2019 au lieu de lutter pour obtenir des concessions parcellaires du fédéral\u201d.D\u2019après le Premier ministre, des juridictions restent trop peu définies entre le fédéral et le provincial de sorte qu\u2019il existe plusieurs \"zones grises\u201d qu\u2019Ottawa envahit volontiers.Québec entend obtenir juridiction sur ces \u201czones grises\u201d, de même que le \u201ctransfert net des x*essources nécessaires à l\u2019exercice de ces juridictions\u201d.C\u2019est là une question vitale pour le Québec, d\u2019ajouter M.Bourassa, et la seule manière \u201cà première vue\u201d de rendre les relations fédérales-provinciales \u201csatisfaisantes\u201d.On croit comprendre que le Premier ministre commence à se détourner du \u201cfédéralisme rentable\u201d et conciliant qu\u2019il avait préconisé en accédant au pouvoir, pour adopter, à l\u2019avenir, la ligne dure dans ses relations avec Ottawa.Il songe même à partir en croisade avec l'Ontario pour forcer le fédéral à limiter ses dépenses au .profit des provinces.© Ainsi donc, encore une lois, il appert que notre fédéralisme va filer un autre mauvais coton.Cette forme de gouvernement offre le meilleur moyen de répartir le bien-être national et de réduire le coût de plusieurs services dans un grand pays comme le Canada.Mais ce peut être aussi la conjugaison pénible de plusieurs égoïsmes régionaux.Notre fédéralisme est un peu des deux.Le gouvernement d'Ottawa groupe des provinces riches et des provinces pauvres: des provinces qui donnent plus qu\u2019elles ne reçoivent, et d'autres qui reçoivent plus qu'elles ne donnent.Tous les gouvernements modernes se sentent présentement tiraillés entre deux tendances.D\u2019une part, la tendance centralisatrice qui s'affirme en vue d\u2019assurer à peu près le même niveau de vie à tout le monde et en vue d\u2019équilibrer le bien-être dans les zones et chez les classes défavorisées.Ces tâches incombent tant au provincial qu'au fédéral, et pour les remplir, les deux gouvernements ne peuvent pas s\u2019empêcher de devenir centralisateurs.D'autre part, la tendance décentralisatrice s'accentue elle aussi.Cette deuxième tendance découle surtout du fait que les gouvernements finissent par être débordés par le gigantisme qui caractérise certaines administrations provinciales, métropolitaines ou même municipales.Au fur et à mesure qu'augmentent les obligations de ces administrations.un besoin de décentralisation et d'autonomie se fait sentir.On se rend compte qu\u2019il faut décentraliser si l\u2019on entend favoriser la mise en place d\u2019administrations moins bureaucratiques et plus près du peuple.A cause de ces tendances, on assiste aujourd\u2019hui à un phénomène ambivalent.Les gouvernements fédéral et provinciaux se font volontiers centralisateurs, alors que les communautés urbaines réclament plus de pouvoirs et plus d\u2019autonomie de la part des gouvernements provinciaux, cependant que ces derniers réclament des pouvoirs accrus auprès du fédéral.La centralisation réduit les opérations gouvernementales et coûte moins cher.Elle se veut plus efficace.La décentralisation accroît le nombre de structures et coûte plus cher, mais elle se veut plus équitable et plus près des besoins du contribuable Mais trêve de théories.En somme, M.Bourassa veut plus d\u2019argent afin de faire face à des obligations croissantes.Il part du principe qu\u2019en certains domaines, notamment dans le domaine social, le provincial, mieux que le fédéral, sait où et comment dépenser l\u2019argent.Constitutionnellement, sa position est inattaquable même si, sur le plan des faits, certains peuvent soupçonner Québec de réclamer plus d\u2019argent dans le but premier d\u2019agrandir son empire, plutôt que d\u2019assurer une plus juste distribution du bien-être.Il se peut que le gouvernement de Québec veuille aider davantage les citoyens défavorisés.Mais il se pourrait bien aussi que l\u2019argent récupéré du fédéral serve à autre chose.Anciennement, on disait souvent que le fédéral envahissait les domaines que n\u2019avait pas su occuper le provincial.L\u2019institution des allocations familiales, en 1944.avait soulevé une tempête.Mais on avait alors une excuse.On disait que le fédéral accaparait presque tout le champ fiscal, ne laissant aux provinces que des miettes.L\u2019excuse ne vaut plus aujourd\u2019hui.Les provinces ont récupéré passablement de pouvoirs de taxation depuis 1944, et pourtant, le fédéral peut encore faire des siennes et s'en tirer avec les honneurs de la guerre.Il vient d'augmenter de quelque quinze dollars les pensions de vieillesse, ce qui a soulevé une nouvelle tempête.Si le fédéral avait remis ce quinze dollars au Québec, est-ce que ce dernier l'aurait versé aux vieillards?Peut-être que oui.mais quand?Le ministre Castonguay entend réduire ce montant de quinze dollars de manière à soulager aussi les personnes âgées de moins de 65 ans qui ne bénéficient d\u2019aucune allocation du fédéral, mais dont, les frais d'hébergement sont assumés par le Québec.Cet \u201cajustement\u201d se veut équitable, mais il paraitra fort impopulaire aux c eux des personnes âgées qui en feront les frais.Mais ne tournons pas le fer dans la plaie.Contentons-nous de souhaiter que les négociations constitutionnelles reprennent entre le fédéral et les provinces et qu'on en vienne à un accord le plus rapidement possible.La refonte de la Constitution n\u2019est pas seulement un problème québécois; c'est un problème canadien.Tant qu'il ne sera pas réglé, le pays vivra dans la crainte et l\u2019instabilité.Jean PELLERIN UeuBEUSEMEVr, ON A L'eSPQ/r OCyMPiQuE! PESPtREZ P/?OFONDéMevr\\ !.2.et3 (Droits rCicrvsa) L\u2019enfer, c\u2019est nous autres Il faudrait vivre entre ciel et terre pour ne pas constater l\u2019état lamentable des rues et des parcs de Montréal.Les déchets s\u2019accumulent un peu partout, des feux de circulation mal synchronisés multiplient les risques d\u2019accidents, les pompiers ne suffisent presque plus à éteindre les feux qu\u2019on allume ici et là.la moitié des piscines sont déjà fermées, bref.Montréal est devenue une ville qu'il faut s\u2019empresser de quitter le vendredi soir quand, bien sur, on en a les moyens et les possibilités.La grève des cols bleus affecte d'abord les petites gens, ceux qui doivent vivre dans des quartiers sans arbres, ceux qui ne peuvent se payer des oasis verdoyantes à la campagne, loin du bruit, de la fumée et des odeurs nauséabondes, ceux qui, le dimanche après-midi, n\u2019ont que les bancs des parcs publics pour se reposer, ceux qui, le samedi.amènent les enfants à La Ronde.La grève affecte d'abord ces gens-là, même si elle déplait aux autres.Cela, il faut le noter sans animosité mais en toute franchise, sans verser dans le mélodrame mais sans fermer les yeux sur les misères du monde ordinaire.sans faire d'antisyndicalisme mais sans distribuer de fleurs à la ville de Montréal.Pendant que la section 301 du Syndicat canadien de la fonction publique s\u2019en tient à ses demandes, les autorités montréalaises conservent un mutisme stratégique et celles de la communauté urbaine de Montréal se contredisent à qui mieux mieux.L'arrêt de travail des 8.000 employés manuels se poursuit maintenant depuis 19 jours.Où en est-on dans les négociations?On apprenait hier qu'elles n'avaient même pas repris.Un conciliateur du ministère du Travail, IM.Yvon Dansereau, tente de rapprocher les parties.Pour retourner à la table des négociations le syndicat attend un signe de la ville de Montréal: mais ce signe ne vient pas.La ville, de son côté, ne veut pas céder \u201cau chantage\".Du côté de la CUM, qui n'est pas directement impliquée dans le conflit, mêmes ténèbres.Le président Lawrence Hanigan se dit prêt à entamer des discussions avec le syndicat et la ville sur la question de la sécurité d'emploi.Tout en acceptant la proposition, 1 e vice-président Yves Ryan estime que M.Hanigan porte \"sa deuxième cas- quette de membre du comité exécutif de la ville de Montréal\u201d.Maire de Montréal-Nord, M.Ryan appuie pourtant la demande des employés manuels de Montréal.\u201cLa situation est difficile, difficile, difficile\u201d, conclut le président du comité exécutif de Montréal.M.Niding.\u201cOn est sur une corde raide.\" Fait-il allusion à la situation des citoyens.qui combattront bientôt les rats et les mouches, où à la situation des négociateurs municipaux qui.faute de vis-à-vis.ne peuvent accomplir leur travail?Il nous semble que les citoyens ont droit à un peu plus d'explications sur l'enjeu réel de cette négociation.D'un côté comme de l'autre de la barricade on fait aujourd'hui preuve d'un entêtement peu commun.Chacune des parties espère sans doute que l'autre cédera.C'est pourquoi nous n'aurons pas la naïveté de vouloir départager les torts.Qu'on commence d'abord par négocier: Ainsi on pourra identifier les vrais problèmes.Car.pour les Montréalais qui n'ont pas de salons climatisés ou des chalets à la campagne, la vie deviendra vite un enfer.Claude GRAVEL OPINION LIBRE Les ambiguïtés d'un Canada bilingue et multiculturel et de prendre position sur le fond par Guy.DUROCHER Cette communication, dont nous ottrons le texte intégral aux lecteurs, a été présentée hier par le professeur Rocher à une session sur \"le multiculturalisme au Canada\u201d.dans le cadre de la réunion annuelle de la Société canadienne de sociologie ei d\u2019anthropologie.Demain, paraitra la conclusion oe cette étude.On ne s'est pas encore assez rendu compte de I importante transformation que le Gouvernement Trudeau a récemment apportée à la définition de la nation canadienne, ni des conséquences que cette transformation risque d'avoir pour l'avenir culturel et politique du Canada.Dans le document déposé à la Chambre des Communes par le Premier Ministre le 3 octobre 1971.le Gouvernement Tru deau a fait part de sa réponse aux recommandations du livre IV de la Commission Royale d'Enquète sur le Bilinguisme et le Biculturalisme, et a fait état des mesures concrètes qu'il entendait adopter pour mettre en pratique la politique qu'il adoptait.Ce document, d'une grande importance, n'a pas connu la diffusion qu'il méritait.On y trouve en effet l'image que le gouvernement qui préside aux destinées du Canada se fait désormais de la société canadienne et de son avenir.Ajoutons que ce document est particulièrement intéressant pour les sociologues.Non seulement y trouve-t-on une déclaration politique, mais on y voit encore que celle-ci s'appuie sur une certaine ana lyse sociologique de la société canadienne.Il y a donc lieu pour le sociologue à la fois de juger de la qualité de cette sociologie dont s'inspire le gouvernement canadien même du débat.Je voudrais d'abord dire en quoi ce document innove par rapport à la conception que l'on avait jusque là du Canada, pour expliquer ensuite rapidement sur quelle base cette innovation s'appuie et exprimer finalement mon jugement personnel sur la nouvelle définition du Canada adoptée par le Gouvernement Trudeau.On comprendra mieux le changement apporté par le gouvernement canadien actuel en faisant un peu d'histoire récente.Le mandat confié le 19 juillet 1963 par le Gouvernement Pearson à la Commission Royale d'Enquète sur le Bilinguisme et le Biculturalisme exprimait très clairement une image de la société canadienne.La nouvelle Commission créée en vertu de l'arrêté ministériel était en effet chargée de \u201crecommander les mesures à prendre pour que la Confédération canadienne se développe d'après le principe de l'égalité entre les deux peupies qui l'ont fondée, compte tenu de l'apport des autres groupes ethniques à l'enrichissement culturel du Canada\u201d.Un peu plus loin, le même arrêté ministériel parlait du \"caractère fondamentalement biculturrel d e notre pays et de l\u2019apport subséquent des autres cultures\".Ainsi donc, dans l'exposé même du mandat qui créait la Commission Lau-rendeau-Dunton, le Gouvernement Pearson disait clairement la représentation qu'il se faisait de la réalité canadienne, pays bilingue et biculturel, composé de deux peuples fondateurs et enrichi de l'apport d'un grand nombre d'autres groupes ethniques.C'est cette même définition qu'a adoptee la Commission Lauren- deau-Dunton.Tout au long de son rapport, elle parle du Canada comme d'un pays composé de deux sociétés, l'une francophone et l'autre anglophone, ou encore de \"deux cultures dominantes, l'anglaise et la française\u201d, ou de \"deux communautés\u201d constituant le noyau central de la nation canadienne.A ces deux sociétés historiquement premières sont venus s'ajouter des groupes culturels et ethniques de plus en plus nombreux dont l'apport est important.Ouvert à l'immigration, le Canada n'a jamais donné l\u2019image d'un pays qui se voulait assimilateur: il a plutôt adopté une attitude libérale à l'endroit des groupes ethniques qui venaient l'enrichir.Pour sa part, la Commission Laurendeau\u2019Dunton, à la suite du Gouvernement Pearson, souhaite la continuation de cette politique.Elle constate qu'en pratique les nouveaux citoyens canadiens s'intégrent à l'une ou l'autre des deux sociétés principales, anglophone ou francophone.Il s'agit cependant de savoir comment cette intégration peut continuer à se faire, sans pour autant que les groupes ethniques cessent de servir d'encadrement sociologique aux nouveaux Canadiens et d\u2019enrichir de leur contribution l'héritage culturel canadien.Dans sa déclaration du 8 octobre 1971.le Gouvernement Trudeau dit: \"Le Gouvernement répond non seulement d'une façon positive aux recommandations de la Commission mais, pour respecter l'esprit du livre IV, il désire les dépasser afin d'assurer le maintien de la diversité culturelle du Canada.\" Le moins qu'on puisse dire, c\u2019est qu'en s'exprimant de la sorte, le Gouvernement faisait une certaine entorse à la vérité.Car.en réalité.la prise de position du Gouvernement va carrément à l'encontre du mandat qui avait été assigné à la Commission et des conclusions auxquelles cette dernière en était arrivée.En effet, si le Gouvernement Trudeau conserve l'image d'un Canada bilingue, il rejette entièrement celle d'un Canada biculturel.Il met de côté l\u2019idée des deux peuples fondateurs, des deux sociétés, des deux cultures dominantes, et il opte pour une autre représentation du Canada, celle d\u2019une nation multiculturelle.Le document du 8 octobre 1971 affirme: \"Nous croyons que le pluralisme culturel est l'essence même de l'identité canadienne.Dire que nous avons deux langues officielles, ce n'est pas dire que nous avens deux cultures officielles, et aucune culture n'est en soi plus \"officielle\" qu'une autre.Le terme biculturalisme ne dépeint pas comme il faut notre société; le mot multiculturalisme est plus précis à cet égard.\" Concrètement, le Gouvernement se pose comme objectif \u201cd'encourager la diversification culturelle dans un cadre bilingue\".Cette prise de position officielle de la part du Gouvernement canadien constitue une innovation importante.elle rompt avec l'image d'un pays unitaire aussi bien qu'avec celle d'un pays biculturel.De plus, c'est une innovation qui a de lourdes conséquences pratiques.Elle se matérialise dans l'investissement de millions de dollars dans différents programmes destinés à appuyer la diversité culturelle canadienne.© Tentons de pousser un peu pius loin l'analyse de cette évolution de la part du Gouvernement canadien.Au-delà des visées politiques ou même électorales qu'on a pu prêter au Gouvernement Trudeau à ce sujet, comment celui-ci légitime-til son innovation?Il me semble qu en comparaison du Gouvernement Pearson et de la Commission sur le Bilinguisme et le Biculturalisme, limage canadienne qui nous est proposée par le Gouvernement Trudeau a un nouveau fondement ou une nouvelle base La ocsition de la Com- mission Laurendeau-Dunton et du Gouvernement Pearson était fondée sur une perspective à la fois historique et sociologique.La notion des deux sociétés s'appuyait sur deux faits, l'un historique, l\u2019autre sociologique.On notait d'abord que les deux communautés, anglophone et francophone, ont été à l'origine historique du Canada et ont doté ce pays des structures so-c i a I e s et politiques principales qu'on lu: connaît encore.En second lieu, on reconnaissait que c'est à l'une ou l'autre de ces deux communautés que s'intégrent les nouveaux Canadiens, à la fois, au point de vue linguistique et au point de vue culturel, même s'ils gardent des attaches avec la culture du pays d'où ils sont venus, eux-mêmes ou leurs parents.Par contraste, la position du Gouvernement Trudeau s'appuie sur ce que j'appellerais des fondements psycho-sociologiques.Voici en effet comment s'exprime le document du 8 octobre 1971: \"L'un des besoins fondamentaux de l'homme est un sentimen d'appartenance, et une bonne partie du malaise social contemporain \u2014 dans tous les groupes d'âge \u2014 existe parce que ce besoin n'a pas été satisfait.Les groupes ethniques ne sont certes pas le seul moyen de répondre à ce besoin d'appartenance, mais ils ont joué un rôle très important dans la société canadienne.Le pluralisme ethnique peut nous aider à vaincre ou à éviter l'homogénéisation et la dépersonnalisation de la société de masse.Des groupes ethniques vivants peuvent donner aux Cana-oiens de la deuxième et troisième générations, ainsi que des générations suivantes, le sentiment qu'ils sont liés à la tradition et aux habitants de diverses parties du monde et de diverses époques.\" La communauté ethnique apparait donc au Gouvernement Trudeau comme un des groupes primaires susceptibles de combler le besoin d'identité et de sécurité de l'homme contemporain et de contrer l'anonymat et l'anomie de la société de masse.C'est aussi en faisant appel à la osychologie sociale que le même document explique comment le multiculturalisme peut en même temps servir l'unité canadienne.\"Plus nous nous sentons en sécurité dans un contexte social donné, plus nous sommes libres d'explorer notre identité au-delà de ce contexte.Les groupes ethniques donnent aux gens un sentiment d'appartenance qui les met mieux en mesure de faire face au reste de la société qu'ils ne le pourraient comme individus isolés.La fidélité à sa propre culture ne diminue pas nécessairement, et normalement ce n'est pas le cas.la fidélité encore plus grande envers la collectivité et le pays.\u201d Cette distinction entre les fondements historico sociologiques et les fondements psycho-sociologiques de l'image du Canada peut sembler théorique.Pourtant, elle parait bien être à la source de deux représentations très différentes du Canada.La première met en relief le rôle central de deux communautés de base, auquel vient se gretfer l'apport culturel de tous les autres groupes ethniques.La seconde, celle du Gouvernement Trudeau privilégie plutôt la multiplicité des groupes ethniques, leur totale égalité culturelle autant que politique, dans le cadre du bilinguisme officiel du Canada.\u2014Bai presse- L A P R E SS as! publiée par LA PRE ' \u2019ll.7 rue Si-JacQi.es.Montreal.Se- 9 l
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