L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mars 1885, lundi 16 mars 1885
5me Année 16 MAES 1885 .Numéro 6 JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION PARAISSANT LE let ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTÉES T * J.-1Î.CLOUTSEK, lléflactcnr-propriétaire Prix de l’abonnement : UN DOLLAR par an, invariablement payable d’avance Toute .correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction, devra être adressée à J.-B.Cloutier, professeur à l’école normale Laval ; celles concernant l’administration, à L.J.Demers & Frère, imprimeurs-éditeurs, no.30, rue de la Fabrique, Québec.SOMMAIRE.—Pédagogie : La classe enfantine, par Gillotin.— Bibliographie.— Leçon de catéchisme.—Partie pratique: I, Devoir d’invention.—II, Les grues.—III, Exercices de langue.— Analyse littéraire.— Grammaire — Orthographe.—Poésie à mettre en prose— L’Ane retrouvé.—Arithmétique — Problèmes —Algèbre.— Divers : La surface des mers.—Liste des principaux mots dont l’orthographe à été modifiée ou adoptée par l’Académie française—Les dépenses de la Reine d’Angleterre—Annonces.PÉDAGOGIE LA CLASSE ENFANTINE DIRECTION GÉNÉRALE Nous 11e ferons pas un long exposé des principes de pédagogie qui doivent nous guider dans l’enseignement et dans l’éducation de la classe enfantine.Ces principes sont connus, et nous ne nous préoccuperons que des moyens d’en faire une sage application.• 1 i Aapplication des principes : point de départ.— Il ne faut pas oublier que la petite classe est un commencement, un point de départ ; et, comme le dit excellemment de Guimps, u le véritable point de départ n’est pas dans les livres, il est dans la nature; il n’est pas dans les mots, il est dans les choses ; il n’est pas dans les discours du maître, il est dans l’expérience personnelle de l’enfant; il n’est pas dans ce qui le distrait, il est dans ce qui attire son attention ; il n’est pas dans-ce qui lui est indifférent, il est dans ce qui l’intéresse ; il n’est pas dans ce qui l’ennuie, il est dans ce qui lui fait plaisir ”.Ces aphorismes nous serviront de règle pour renseignement et L’éducation dans la classe élémentaire ; nous souvenant que l’enfant vit surtout par les sens et qu’il ne s’intéresse guère qu’à ce qn’il peut voir et toucher, nous nous garderons bien de lui présenter des abstractions ; il 11e les comprendrait pas.Nous Lui montrerons les choses elles-mêmes, et nous l’inviterons à les examiner ; nous lui exposerons des faits sur lesquels nous provoquerons ses réflexions.Lorsque nous aurons à lui raconter la vie d’un personnage réel ou fictif, lorsque nous lui ferons des récits de morale ou d’histoires, nous devrons nous appliquer à rendre notre exposition si vive, qu’elle forme pour ainsi/ dire tableau : car, s’est encore par la faculté la plus voisine des sens, par l’imagination, que nous pouvons captiver l’attention de l’enfant, saisir fortement son esprit et pénétrer jusqu’à son cœur.Il ne faut jamais perdre de vue que les pages du livre ou les paroles du maître ne seront comprises qu’autant qu’elles y trouveront des échos, qu’elles y réveilleront ues idées ou des sentiments précédemment acquis.Or, si l’enfant avant son entrée à l’école, a déjà reçu dans la famille une première éducation, le maître ne saurait pourtant y appuyer avec cou- 66 L’ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE fiance : il doit en sonder les bases, compléter et rectifier des notions souvent erronées et ne compter sûrement que sur ce qu’il aura établi lui-même.Au moral les enfants nous arrivent avec des dispositions bien diverses, confiants et naïfs, s’ils ont été doucement élevés ; oh ! ne détruisons pas par une attitude trop sévère cette aimable confiance et cette naïveté pleine de charme ! Quelquefois nous les voyons craintifs et comme effarouchés : c’est qu’on leur a fait de l’école un épouvantail ; rassurons-les alors en les traitant doucement et avec bonté ; ils n’en seront que plus attachés à l’école, lorsque ce séjour qu’on leur avait présenté sous des couleurs si effrayantes, deviendra pour eux un asile agréable où leur cœur s’épanouira: peut-être, hélas : un lieu béni, contrastant avec les rigueurs brutales du foyer domestique !.D’autres enfin se présenteront avec des allures plus décidées : hardis, entreprenants, .disposés à la domination.Calmons-les un peu et laissons faire : ces défauts passeront vite; quelques jours suffiront pour adoucir les angles, et nous verrons le petit supérieur prendre sa place parmi ses camarades et se contenter de la sience.Ainsi, l’éducation sociale commencera par l’école ; le sentiment de la justice, oblitéré par les adulations de la famille, se développera par l’expérience de la vie commune.Au physique enfin, l'enfant apporte un besoin de mouvement d’autant plus vif qu’il répond à un développement rapide des organes du corps et qu’il n’a subi jusqu’alors aucune espèce de contrainte Ce besoin d’exercice, il faut que l’école lui donne une satisfaction légitime, et qu’elle ne cloue pas le pauvre enfant durant des heures entières à une table où l’ennui le prend, et avec l’ennui, le dégoût de la classe ; il n’entend plus, il n’écoute plus, son unique préocupation est de savoir quand finira son supplice.Besoin de mouvement des enfants.— Varier les exercices est de nécessité absolue : quand un enfant est demeuré vingt minutes assis il éprouve un irrésistible besoin de changer dr> position ; donnons-lui un repos de cinq à dix minutes, une demi-récréation suivie d'un exercice qui puisse s’accommoder de la station droite ou même se faire au dehors.L’école est encombrée de préjugés et de vieilles routines difficiles à déraciner ; ainsi nous supposons qu’il n’est possible d’étudier sérieusement qu’entre les quatre murs d’une classe.C’est une erreur.Sans doute, il est des exercices qui ne peuvent être exécutés qu’en classe; mais il en est d’autres qui gagneraient à être faits en plein air.Pour étudier un minéral, une plante,- un animal domestique, nous ne voyons pas l’utilité de demeurer au dedans ; il serait au contraire plus aisé de le faire dans la cour, au jardin, avec la plante et la fleur sous les yeux ; à la basse-cour devant une volière, et en présence de l’animal vivant, dont les images ne donnent qu’une idée approximative.L’image est bonne pour représenter les organes extérieurs de la bête ; mais ses mœurs et sa conformation intérieure n8 peuvent être bien saisies, bien observées qu’en présence de l’être vivant.L’édude en est plus profitable parce que l’enfant s’y intéresse davantage.Les leçons ainsi faites ne s’oublient jamais : elles restent ineffa-çablement gravées dans le souvenir des élèves et, de plus, elles les initient aux véritables procédés de la science.Malheureusement ce n’est pas dans les traditions : la pression des habitudes routinières l'emporte, et l’on cherchera des objections : Le désordre, par exemple, qu’occasionneraient ces dérangements ; comme s’il n’était pas plus facile de maintenir l’ordre dans une cour ou dans un jardin que dans une salin de classe, ou la liberté des mouvements est gênée par le manque d’espace et l’encombrement des tables et des bancs.Promenades scolaires : éducation du sens du beau.—Passons à un sujet qui se rapporte au même ordre d’idées : les promenades scolaires.Est-ce qua la géographie locale ne serait pas mieux étudiée sur le terrain que devant la carte : et pense-t-on qu’un maître habile ne L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 61 : sauraitpas tirer d’une promenade plus de profit pour les élèves que d’une classe ordinaire, sans compter la satisfaction donnée au besoin d’exercice, et au besoin, non moins réel, de rompre de temps en temps„la monotonie de la vie scolaire ?Nous demandons pour la belle saison, la permission de faire l’école buissionnière, au moins deux après-midi tous les mois.Gomment se fait-il que nous ; ne voulions pas reconnaître que,*,en instruction comme en éducation, le point de départ : ne se trouve ni dans les livres, ni dans la parole du maître, ni dans la salle de classe, mais qu’il faut le chercher dans les dispositions de l’enfant et la nature qui l’entoure ?Si nous voulons que l’enfant l’aime, cette nature, il faut la lui faire connaître et aimer.Conduisons-le donc daus les champs ou dans les bois, le long de la rivière ombreuse ou sur la verte colline.Dirigeons secrètement ses observations : qu’il examine en passant la carrière avec ses bancs de roches superposés et les coquillages empâtés dans le calcaire ; qu’il soulève les pierres pour y recueillir des insectes et qu’il chasse aux papillons.Montrons-lui les fleurs, analysons-les, et surtout qu’il en compose artistement un bouquet pour sa mère.Attirons successivement ses regards vers toutes les beautés agrestes qui l’entourent, auprès desquelles il a passé vingt fois sans rien voir.Qu’il aime le ciel de son pays, le site verdoyant où sa vue se sera reposée ! Le village natal c’est la patrie pour l’enfant.Faisons-lui aimer la patrie en lui faisant aimer son village.On n’églige beaucoup trop l’éducation du sens du beau ; pourtant, c’est un élément de bonheur inappréciable ; il élève l’imagination et la détourne des choses grossières ; et, par son action bienfaisante, il peut contribuer a conserver dans l’enfance et dans la jeunesse la pureté de l’âme et l’innocence des mœurs, Gillotin.(a suivre) BIBLIOGRAPHIE Dans notre numéro du quinze septembre dernier, nous avons parlé du Premier livre de lecture courante, par M.G.W.Jeanneret, et cité les excellents conseils pédagogiques qu’il y donne.Nous venons de recevoir du môme auteur trois autres livres sur le même sujet, et pour l’envoi desquels nous lui offrons nos meilleurs remercîments.Le premier a pour titre : Premiers exercices de lecture et de récitation ; le second, Seconds, exercices de lecture, et le troisième, Manuel gradué de récitation française.Le premier livre, dont la gradation syllabique et le choix des mots ne laissent rien, à désirer, renferme quarante-cinq gravures dont chacune peut fournir la matière de nombreuses explications.Voici, d’ailleurs comment l’auteur conseille de se servir de l’ouvrage.Il donne pour type une vignette représentant une usine, page U.u Voici,.dit-il,, pour la première leçon, un canevas qui pourra servir de type pour toutes les autres : 1ère Série.—Par quel mot désignez-vous^ cette vignette ?(On désigne cette figure par le mol maison?usine, filature, etc.,)—Combien ce mot a-t-il de syllabes ?—Le mot usine a trois syllabes.Combien en a le mot maison ?.le mot fumée'T le mot cheminée ?etc.Dites-moi d’autres-mots où se trouvent deux, trois,quatre syllabes.Quels sons entendez-vous distinctement dans le mot u-si-ne ?(u, i, e).Connaissez-vous d’autres mots ou l’on entend aussi le-son u ?(lu-ne, plu-me, pru-ne) : le son i T (fini, pile, rire), etc.2eme Série.—Que représente cette figure T {une usine).—Que distinguez-vous dans lot.la vignette ?une maison, une cheminée, de la, famée.—Que trouve-t-on dans une usine?' (du feu, des fourneaux, des machines), etc.On peut de cette manière continuer à questionner sur les objets fabriqués, sur le personnel de Vusine, sur les fonctions de chaque em— 68 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ployé, etc., et faire une véritable leçon de choses.Nous conseillons aussi de faire construire des phrases analogues à celles-ci, suivant les sujets : u U usine est un bâtiment.Le mot usine a trois syllabes.etc.Ces phrases simples, à construction directe et pleine, sont répétées par les élèves, jusqu’à ce qu’ils acquiè rent une prononciation correcte.— On exigera toujours des élèves des réponses complètes.C’est ainsi qu’on pourra mener de front et avec fruit les exercices de langage et 'les leçons de choses, pourvu que le tout soit à la portée du petit monde enfantin.” Chaque fois qu’il en est besoin, le maître trouve au bas des pages des notes explicatives sur les difficultés de prononciation et d’application.Le second ouvrage intitulé : Seconds exercices de lecture, contient deux cent vingt-quatre pages, quarante-six gravures, et est divisé en trois parties.La première contient des exercices gradués de lecture, d’écriture et d’intuition.Tout y est si bien ménagé que l’élève n’éprouve aucune difficulté à cette transition, Le caractère est gros, les syllabes séparées, les phrases courtes et d’une intelligence facile.La seconde partie est consacrée aux exercices de lecture courante, et la troisième est réservée exclusivement aux exercices de récitation.Les exercices de lecture courante sont groupés de la manière suivante : I.CHEZ NOUS La famille, les devoirs, Vécole, (32 leçons).II.AUTOUR DE NOUS Nos alentours, la campagne, les saisons., (80 leçons).III.LOIN DE NOUS Pays éloignés, animaux sauvages, productions rares, (15 leçons).Outre l’incontestable mériie pédagogique, de l’ouvrage, il fait plaisir de constater que.dans ces temps d’incrédulité que nous traversons, l’auteur ne craint pas de faire entrer le nom de Dieu dans ses leçons, et de mon trer par là que l’enseignement religieux doit occuper la première place dans l’école.On trouve souvent des phrases comme celles-ci : “ Remerciez Dieu, mes enfants, de vous avoir donné de bons parents.—Le cultivateur laboure, il sème, il plante et Dieu donne l' accroissement.etc., etc.Une petite brochure intitulée : Avis aux maîtres, sur les leçons de choses et l'enseignement intuitif", accompagne les “ Seconds exercices de lecture.Elle renferme én quelques pagesdes conseils très utiles et dont le maître pourra retirer un grand profit.Le troisième ouvrage, ayant pour titre : Manuel de récitation française, est uniquement destiné à la récitation.Il renferme quarante-neuf morceaux en vers et quinze en prose, dont le choix est des plus heureux.Nous nous proposons d’en reproduire plusieurs dans VEnseignement primaire.M.Jeanneret voudra bien nous permettre, en terminant, de le féliciter d’avoir si bien su se mettre à la portée des différents âges des élèves et leur fournir la nourriture intellectuelle qui convient à chacun.-c:-000-O- LEÇON DE CATÉCHISME Dans notre dernier numéro, nous avons parlé de l’enseignement de la religion et nous avons énoncé ce principe, que cet enseignement doit figurer en première ligne dans nos écoles.Nous disions aussi que le maître doit suivre en cette branche les conseils de son curé, que sans cela, il s’exposerait à faire fausse route.Ayant consulté à ce sujet un prêtre de nos amis, nous avons eu pour réponse que nous étions parfaitement dans le vrai, que pour éviter ce danger de faire fausse route, il conseillait ordinairement aux instituteurs de se borner à l’explication littérale du catéchisme.Bien plus, il a voulu nous prouver l’intérêt qu’il prend à cette question, en nous adressant un modèle d’explication du catéchisme que nous sommes heureux de communiquer à nos lecteurs.Il regrette que le temps ne lui ait L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 69 m et * pas permis de donner à ce modèle la perfection qu’il désire, et nous promet un autre travail pour le prochain numéro.DE LA COMMUNION DES SAINTS M.—Qu’entendez-vous par la Communion des Saints ?Par la Communion des Saints, j’entends la société qu’il y a entre tous les membres de l’Eglise catholique.M.-Q u’est-ce qu’une société 1 E.—Une société est une réunion d’hommes unis par les mêmes liens, par les mêmes lois, ayant part aux mêmes biens et soumis aux mêmes chefs.Donc, quand nous disons que les saints sont en communion, nous disons que tous les membres de l’Eglise catholique sont unis par les mêmes lois, ont part aux mêmes biens et sont soumis aux mêmes chefs.M.—Mais qu’entendons-nous par membres de l’Eglise catholique % E.—Nous désignons ainsi tous les fidèles vivants et morts.Les fidèles vivants sont les chrétiens qui, soumis au Pape et aux évêques, vivent encore et sont appelés d’une maniera spéciale : catholiques.M.— Les protestants sont-ils membres de / l’Eglise catholique % E.—Non, car ils se sont séparés du Pape et des évêques, ils se sont révoltés contre les lois de l’Eglise catholique et n’ont plus de part aux biens de cette dernière.M.—Quels sont les fidèles morts1 E.—Ce sont ceux qui sont morts dans la grace sanctifiante.Us se partagent en deux classes : ceux qui, n’ayant pas commis de péchés ou ayant expié ceux qu’ils ont commis, sont couronnés dans le ciel : c'est l'Eglise triomphante ; et ceux qui, ayant encore quelques péchés à expier, sont dans les flammçs du purgatoire : c'est V Église souffrante.M.—Comment nomme t-on la réunion des fidèles vivants soumis au Pape et aux évêques ?E.—L'Eglise militante.Quand nous disons :je crois la communion des saints, nous voulons donc dire : je crois que l’Église militante, l’Église souffrante et l’Eglise triomphante ne sont que les parties d’une même église, sont liées entre elles par des liens très étroits et participent toutes trois aux mêmes biens communs à tous les membres de chacune de ces églises.M.—Comment sommes-nous en société avec les saints qui sont dans le ciel ?E.— Nous les honorons comme un peuple honore les soldats qui ont remporté une victoire, nous implorons le secours de leurs prières, et ces Saints intercèdent pour nous auprès de Dieu.M.—Les Saints ont-ils le droit d’accorder des grâces l E.—Non.C’est Dieu seul qui est l’auteur de toute grâcô.Mais les Saints, étant les amis de Dieu, ont un pouvoir d’intercession et ils exercent ce pouvoir en notre faveur.N.E.—On conçoit que l’élève ne pourra donner des réponses aussi complètes que celles supposées dans la leçon ci-dessus, mais le maître devra, par de nombreuses questions, l’amener à en donner la substance.-ooo- PARTIE PRATIQUE I DICTEE DEVOIR D'INVENTION L’élève écrira en deux colonnes les noms suivants : les mots qui désignent des vertus à droite et ceux qui désignent des vices à gmche.La modestie, la calomnie, l’avarice, la crainte de Dieu, la politesse, le parjure, la sobriété, le zèle, la vengeance, la perfidie, l’am iur du travail, la piété, la haine, la docilité, la gourmandisé, l’hypocrisie, la mollesse, l’obéissance, la reconnaissance, l’ingratitude, la cruauté, la sincérité, l’envie, la franchise.CORRIGE Vertus.La modestie.La crainte de Dieu La politesse.La sobriété.Le zèle.L’amour du travail.La piété.L’obéissance.La reconnaissance.La sincérité.La franchise.Vices.La calomnie.L’avarice.Le parjure.La vengeance.La perfidie.La haine.La gourmandise.L’hypocrisie.La mollesse.L’ingratitude La cruauté.L’envie. 70 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE II DICTÉE LES GRUES Yoici encore un animal calomnié, un être dont le nom est synon3rme de niaiserie.Cependant les grues ne sont pas sans intelligence puisqu’elles savent se choisir des chefs.Non seulement elles en placent un à leur tête lorsqu’elles voyagent, mais elles en choisissent un second qui se tient à la queue de la Lande, et avertit par ses cris celles qui s’écarteraient de leur rang set dérangeraient l’ordre établi.Pour ces hautes fonctions, ne croyez pas qu’elles prennent au hasard ou qu’elles se Dissent entraîner par leur sympathie.: elles choisissent les plus âgées, celles, par conséquent, qui ont le plus l’expérience de la marche à faire et de la route à tenir.Puisqu'elles descendent à terre pour se repaître, le chef de la troupe veille pendant que les autres prennent leur repas : il a l’œil au guet et examine si aucun danger ne les menace, toujours prêt à les avertir par son cri s'il faut prendie la fuite.Si les grues veulent dormir, elles chargent trois on quatre d’entre elles de veiller sur toute la troupe, de faire la ronde et la sentinelle, et de les réveiller si elles aperçoivent un ennemi.=Quand elles sont en marche, si le vent devient très violent ou que l’aigle menace de les attaquer, «lies se resserrent en cercle afin de ne pas se laisser rompre ou de mieux résister à l’oiseau de Jupiter.I.—Sens des mots.—Calomnier: employer la ¦calomnie ; imputation que l’on sait fausse et qui blesse l’honneur et la réputation.—Niaiserie, chose niaise, qui annonce la sottise ou l’inexpé-rience.=Sympathie (de syn, avec, et pathos, passion), faculté de partager les affections, les sentiments, les goûts, toute la vie des autres.IL—Révision.—La fonction de chaque nom : Animal (compl.de la prép.voici, ou bien compl.dir.de la préposition implicite contenue dans voici : tu vois ici un animal)—Etre (nom c.joue le même rôle qu’animal)—Nom (sujet de est)— Niaiserie (compl, dét.de synonyme).Les grues (sujet de sont)—etc,=Les verbes actifs ou tran- sitifs : savent {ses irrégularités)—placent (remarques à faire au sujet de la cédille)—choisissent— avertit, etc.—Les verbes neutres ou intransitifs : voyagent— descendent (souvent transitif)=Les verbes pronominaux : se choisir—s'écarteraient —se laissnt entraîner.etc.III.—Dérivés et homonymes.Remonter du mot racine aux composés Nom : nornen, le mot qui désigne une personne, une chose, un animal (nommer, nominale, nomenclature, dénommer, ignominie, pronom,surnom, etc .—Bande (bander, bandage, bandeau, bandelette, etc.=Trouver les homonymes : Etre (être v., un hêtre)—Elle (elles, aile)—Mais (mai, mes, mets, il met) Pas (pat)— Guet (gué, gué, gai)—etc.-o-O-o- III DICTÉE EXERCICE DE LANGUE Analyse littéraire, Grammaire.Orthographe JÉRUSALEM 1.Avant la dictée 1.Autant que possible, mettre sous les yeux des élèves un tableau d’histoire sainte ou une gravure quelconque représentant la ville de Jérusalem, et leur faire remarquer, d’après le texte de la dictée, l’aspect des maisons et l’aspect général de la ville.Leur montrer sur cette image ce qu’on appelle dôme et minaret, et donner succinctement l’explication des mots mosquée, cyprès, nopal, paysage.Dôme, partie supérieure d’un édifice, construite en forme de demi sphère (montrer).Minaret, nom des tours des mosquées (montrer).Mosquée, temple des mahométans : on n’y voit ni autel, ni image, ni décoration quelconque.Cypres, arbre toujours vert.On l’appelle, arbre funéraire, parce qu’on le plante sur les tombes, Nopal, nom d’un arbuste.Paysage, étendue de pays que l’on voit d’un seul aspect. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE *71 1.Signalement des difficultés orthographiques : dome—minaret—mosquée—cyprès—nopal.3.Rappel des principales règles grammaticales à appliquer dans la dictée : adjectifs employés adverbialement—nombre du nom complément à l’aide des prépositions de, en—quelque déterminatif indéfini—distinction des pronoms se et ce —nombre du verbe être précédé de ce.4.Qui était Chateaubriand ?Le texte que je vais lire est extrait de la relation d’un voyage à Jérusalem fait par ce grand écrivain.Figurez-vous que vous êtes sur une des collines qui environnent Jérusalem (montrer à la carte) et que de là vous considérez l’aspect de cette ville.—Lecture expressive du texte.II.Dictée.Chateaubriand décrit en premier lieu l'aspect des maisons de Jérusalem.Ecrivez cette partie de la description.Les maisons de Jérusalem sont de lourdes masses carrées, fort basses, sans cheminées et sans fenêtres ; elles se terminent en terrasses aplaties, ou en dômes, et elles ressemblent à des prisons ou à des sépulcres.Chateaubriand décrit en second lieu l'aspect, général de la ville.Ecrivez.Tout serait à l’œil d’un niveau égale, si les clochers des églises, les minarets des mosquées, les cimes de quelques cyprès et les buissons de nopals, ne rompaient l’uniformité du plan.En troisième lieu Chateaubriand exprime la réflexion qu’inspire l’aspect de Jérusalem.A la vue de ces maisons de pierres, renfermées dans un paysage de pierres, on se demande si ce ne sont pas là des monuments confus d’un cimetière au milieu d’un désert.III.Apres la dictée 1.Exercice littéraire 1.Lisez le développement de cette première idee ; aspect des maisons de Jérusalem.Les maisons.à des sépulcres.1.Lisez le développement de cette deuxième idée ; aspect général de la ville.Tout serait à l’œil.du plan.3.Lisez le [développement de cette troisième idée ; réflexion qu’inspire la vile de Jérusalem.A la vue de ses maisons.d’un désert.4.Enoncez séparément les trois subdivisions de la première idée.1.Les maisons .sans fenêtres.2.Elles se terminent .en dômes.3.Elles ressemblent .à des sépulcres.4.Quelles expressions caractérisent l’aspect des maisons 1 Ce sont : lourdes masses carrées — fort basses — sans cheminées — sans fenêtres — en terrasses aplaties — en dômes — prisons — sépulcres.6.Quels détails donnent quelque variété à l’aspect général de Jérusalem ?Ce sont : 1° les clochers des églises ; 2° les minarets des mosquées ; 3° les cimes de quelques cyprès ; 4-.- les buissons de nopals.7.Que se demande le spectateur à qui Jérusalem se présente sous les aspects décrits dans les deux premiers alinéas de cette dictée ?Il se demande si ce ne sont .d’un désert.8.Qu’est-ce qui donne à cette ville l’apparence d’un cimetière.Ce sjnt lo les maisons de pierres ; 2 le paysage de pierres qui les renferme.— Les maisons sont comme les monuments du cimetière ; le paysage de pierres en est comme l’enceinte.II.Exercice grammatical 1.Pourquoi dit-on de lourdes masses non pas des lourdes masses ?Le nom masses pris dans un sens partitif est précédé d’un qualificatif ; dans tce cas on emploie simplement de au lieu de des, parce que le nom est déjà déterminé par l’adjectif.2.Déterminez la nature et justifiez l’orthographe grammaticale du mot fort.Fort modifie l’adjectif basses, donc ce mot est adverbe et par conséquent invariable.3.Justifiez le nombre des mots cheminées et fenêtres.Il faut ici le pluriel, parce que la préposition sans exprime le manque, l’absence de plusieurs êtres ; on parle des maisons et non pas d’une maison, donc absence d9 plusieurs cheminées, de plusieurs fenêtres. 72 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 4.Justifiez le nombre des terrasses et dôme.s Le spectateur voit un grand nombre de maisons ; donc il considère, en meme temps qu’une forme particulière, plusieurs terrasses, plusieurs dômes.5.Indiquez et justifiez la nature du mot tout (serait.J Tout est pronom parce qu’il tient la place d’un nom ; l'ensemble (des choses que l’on voit) serait.7.Rendre compte de l’orthopgraphe grammaticale de quelques (cyprès).Quelques détermine le nom cyprès ; il est donc variable et s’écrit en un seul mot.Quelques exprime ici la pluralité des cyprès (plusieurs cyprès : d’où le pluriel.7.Laut-il écrire le nom nopal au singulier ou au pluriel ?Motivez votre réponse.Il faut le pluriel parce que le mot nopal ne désigné pas seulement l’espèce de plante dont le buisson est formé, mais aussi un certain nombre de plantes.8.Même question sur le mot pierres, paysage de pierres.Le sens exige le pluriel, parce que le nom pierre présente à l’esprit deux idées, l’idée d’espèce et l’idée d’un certain nombre de pierres distinctes.9.On se demande si ce : Justifiez l’orthographe des deux pronons en italique.Le premier de ces mots s’écrit se parce qu’il est pronom personnel : le second s’écrit ce parce qu’il est pronom démonstratif.10.Pourquoi le verbe être au pluriel : ce ne sont.Le verbe être précédé du pronom ce se met ici au pluriel parce qu’il est suivi d’une troisième personne plurielle (des monuments) employée comme attribut.III.Exercices orthographiques et toxicologiques 1.Correction simultanée de la dictée.2.Recherche des racines ; terrasse (terre;— aplati (plat)—buisson (buis)—uniformité (forme) —paysage (pays).3.Dérivés des mots suivants : masse (masser, massif)—sépulcre (sépulcral, sépulcre) — plan (plane, planeur, planer, etc)—déstrt (déseiter, déserteur, désertion).4.Verbes composés des mots suivants : lourd (alourdir) — masse (amasser) — carré (équarrir) — prison (emprisonner) — plan (aplanir) — pierre (empierrer).-o-o-o- L’âne retrouvé Lucas à pied menait à son village Six ânes qu’à la foire il venait d’acheter.Quand il eut bien marché, fatigué du voyage, Sur l’un des animaux il crut devoir monter.Mais quelle fut sa surprise et sa peine De voir devant ses yeux cinq baudets seulement, Au lieu de la demi-douzaine Q.u’en partant il avait sous son commandement ! Trois fois il compte, il recommence, Et toujours oubliant l’âne qu’il a sous lui ; Trois fois de son mortel ennui Il sent croître la violence.En sanglotant le pauvre villageois Retourne sur ses pas : il court à droite, à gauche, Pendant quatre heures, il chevauche Par vaux, par monts et jusqu’au fond des bois.Après s’être donné vainement la torture, Il regagne enfin sa maison ; Et, sans descendre du grison Qui lui sert de digne monture, A sa femme il déduit sa piteuse aventure.Calme-toi, pauvre sot, lui dit-elle tout net, Tu n’en comptes que cinq, et moi j’en trouve sept.La même anecdote en prose Un jour, Lucas étant'allé au marché, fit l’acquisition de six ânes.R s’en revenait tout joyeux, comptant déjà tous les bénéfices qu’il allait réaliser sur sa tiansaction, lorsque, après plusieurs heures de marche, se sentant fatigué, l’idée lui vint de monter sur l’une de ses hôtes.Mais, ô surprise ! il ne voit plus devant lui que cinq ânes au lieu de six qu’il avait en partant du marché.Il les compte, les recompte, oubliant toujours celui qu’il a sous lui, et n’en trouve que L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 73 cinq: son anxiété est à son comble, son inquiétude extrême.Le bon villageois retourne sur ses pas, et pendant quatre longues heures court par monts et par vaux, cherche à droite, à gauche, fouille les bois, les taillis, rien ! Epuisé de fatigue, il regagne tout penaud son logis et sans descendre de sa monture, il raconte, tout confus, sa mésaventure à sa femme.Celle-ci éclatant de rire, lui dit: “ Calme-toi, pauvre sot, tu ne vois que cinq ânes, et moi, j’en vois sept.” -o-o-o- ARITHMETIQUE PROBLÈMES 1.La population des différentes provinces de la Puissance sont comme suit : Québec.,.1,413,000 habitants.Ontario.2,024,000 “ -Nouvelle-Ecosse.458,000 “ Nouveau-Brunswick.333,000 u Ile du Prince-Edouard.114,000
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