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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
mercredi 15 février 1888
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1888-02, Collections de BAnQ.

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8me Année 15 FEVRIER 1888 Numéro 4 ENSEIGNEMENT PRIMAIS JOURNAL D’EDUCATION TT D’INSTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTEES J.-13.CÏjOUTSEK, Jï&é«lsiet*i88.r-''>rop&siétaïre AIDÉ PAR UN COMITÉ ATION Prix de l’abonnement : UN DOLI^nN- * variablement payable d’avance Toute correspondance, réclamation, etc., concerns Avu-uon, devra être adressée à J.-B.Cloutier, professeur à l’école normale Laval ; celles concernant i au ministration, à L.J.Demers & Frère, imprimeurs-éditeurs, no.30, rue de la Fabrique, Québec.SOMMAIRE—Actes officiels:—Nomnation de commissaires et syndics d’écoles—Délimitation de municipalités scolaires—Conférence d’instituteurs.— Pédagogie : Éducation — Reproduction de l’Evangéiine.— L’analyse grammaticale et logique—Le Moniteur Belge.Partie pratique : I, Dictée—La Noix—II, Dictée—L’armée française à Crécy____III, Dictée—De l’impression de l’homme en face des ruines.—Leçon dé choses—L’air que nous respirons.—Arithmétique—Problèmes—Algèbre.— Divers: Poésie— Sans espoir—Blanche-main—Pensées—Proverbes et maximes.— Les enfants gâtés.—L’École et la famille_ Faits scolaires_Annonces.Actes Officiels Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par Ordre en Conseil en date du 21 janvier dernier, (1888), de faire les nominations suivantes, savoir : Commissaires d'écoles.Comté de Chambly, paroisse de Chambly.- -M.Patrick Fryer, en remplacement de M.William Fryer, absent de la municipalité.Comté de Laval, l’Abord-à-Plouffe.—M.Osias Lavoie, en remplacement de M.Ephrem Char-trand, absent de la municipalité, Banlieue de NuD., de Québec.— Docteur Edmond Gauvreau, en remplacement de feu Eleusippe Larue.ÉRECTION DE MUNICIPALITÉS Détacher de la municipalité de Saint-Malachy, dans le comté de Dorchester, tout le terrain d’environ cinq arpents de front sur trente de profondeur, occupé par Patrick Burns, et les deux terrains occupés séparément par Joseph Fitz-morris, de sept acres et demi de front sur trente de profondeur respective, ces trois lots situés sur le septième rang de Saint-Malachy, dans l’arrondissement No.4, les annexer à la municipalité de Saint-Edouard de Frampton ouest, dans le même comté, pour les fins scolaires.GÉDÉON OUIMET, Surintendant.23 janvier 1888.Departement de l’Instruction publique AVIS Demande d’érection en municipalilé scolaire, en vertu de la 5e sec.41 Vict., ch.6.Eriger en municipalité scolaire distincte, la nouvelle paroisse de Saint-Sylvère,” dans le comté de Nicolet, avec les mêmes limites qui lui sont assignées par la proclamation du 7 d’octobre 1887.Département de l’Instruction publique AVIS Demande d’érection eu municipalité scolaire en vertu de la 5e sect., 41 Vict., ch.6.Eriger en municipalité scolaire le canton Delisle, dans le comté do Chicoutimi, avec les mêmes limites qui lui sont assignées comme tel canton, sous le nom de “ Le Cœur de Marie.” 50 L’ENSEIG-NEMENT PKIMAIEE Departement de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un Ordre en Conseil en date du 21 janvier dernier (1888), de détacher de la municipalité scolaire de Forsyth, dans le comté de Beauce, tous les lots depuis et y compris le No.23, du canton Forsyth, jusqu’à la ligne du canton de Dorset, et les annexer à celle de Saint-Sébastien d’Aylmer, dans le même comté, pour les fins scolaires.Département de l’Instruction Publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOU VERNEUR, par un Ordre en Conseil en date du 25 janvier dernier (1888) de détacher de la muni cipalité d’Aldfield, dans le comté de Pontiac, le territoire suivant, savoir : Rang No.1, lot No.'8 jusqu’au lot No.54 inclusivement.Rang No.2, lot No.11 jusqu’au lot No.54 inclusivement.Rang R.R, E., lot No.1 jusqu’au lot No.16, inclusivement.Rang R.R.W., lot No.1 jusqu’au lot No.17 inclusivement, et l’ériger en municipalité scolaire distincte sous le nom de “ Aldfield Sud.” -ooo- Conférence (Plnstitnteurs Quatre - vingt - douzième conférence des instituteurs de la circonscription de l’école normale Laval, tenue le 28 janvier 1888 Présents :—M.l’abbé T.G.Rouleau, assistant principal ; B.Lippens, J.Prémont, écrs., inspecteurs; MM.Jos.Létourneau, président; P.X.Toussaint, X.Laçasse, J.-B.Cloutier, C.Lefèvre, J.Ahern, A.Guay, P.Provençal, J.É.Aubé, J.Dutil, S.Giguèie, A.Vallée, J.Perron, J.Paradis, J.Dion, A.Savard, F.-X.St.-Laurent, J.D.Frève, MM.E.P.Roy, J» Jobin, ecclésiastiques ; et les élèves-maîtres de l’école normale.M.le Président lit une lettre de M.J.Magnan, secrétaire; informant l’associatiou qu’il ne pourra pas se trouver à son poste, vu les nombreuses occupations qui le retiennent.Sur quoi M.J.D.Frève est appelé à agir temporairement comme secrétaire.Les minutes de la dernière séance sont lues et adoptées.M.F.X.Toussaint fait quelques remarques très importantes sur la manière dont on enseigne encore la géographie et l’arithmétique dans la plupart de nos écoles primaires.On s’applique trop, dit-il, à faire réciter aux enfants des leçons par cœur qu’ils ne comprennent pas.Il n’y a pas assez de gymnastique intellectuelle quand il s’agit d’enseigner ces deux branches.Si on leur parle du Canada, on n’ose pas avancer plus loin, de crainte de franchir trop tôt la frontière des Etats-Unis.Alors rendus à l’étude de l’Amérique ou de l’Europe, les enfants oublient bientôt le Canada, faute d’y revenir assez souvent.Il faut les faire voyager sans cesse sur la carte murale, tantôt par bateau à vapeur, tantôt par chemin de fer.Soit, par exemple, faire charger un navire au Chili, de peaux, fruits, etc., puis faire transporter ces effets à Québec ou à Montréal ; les enfants apprendont ainsi les différents moyens de transport, les produits des pays étrangers ; puis ils pourront nommer les ports de mer, les formes gouvernementales des divers états, etc., sur le parcours de leur voyage qui sera pour eux un excellent exercice aussi intéressant que pratique.M.Toussaint insiste aussi sur l’enseignement des exercices de calcul oral, surtout ceux qui se rattachent aux usages de la vie pratique, de manière à donner à l’enfant une habileté, une promptitude et une sûreté suffisantes pour qu’aucune difficulté commerciale ne l’arrête au cours d’une solution.M.J.B.Cloutier donne ensuite lecture d’une conférence très intéressante et très pratique sur la calligraphie.Il s’attache surtout à faire sentir l’imporLance qu’il y a pour les instituteurs d’apporter à l’enseignement de cette branche tout le soin possible.Il traite ensuite la question au point de vue théorique et pratique, et démontre, par de nombreux exemples, qu’il faut faire analyser l’écriture comme on fait analyser des phrases de français lorsqu’on enseigne la gram- itenses •ID.inis la ier am pren-lastique deux lO n'oit hirtrop rendosa la carte j qui:® ore11 fSll'l iii^ elite1' hetou ÿjî^f l/ Vf* maire, c’est-à-dire, faire decomposer les lettres dans leurs éléments les plus simples en faisant donner aux élèves la raison des choses.Après avoir parlé des différentes méthodes employées, il ajoute que les séries de cahiers que nous avons aujourd’hui dispensent l’instituteur de se casser la tête pour savoir laquelle il doit adopter, puisque toutes ces séries sont faites avec le plus grand soin et sont copiées les unes sur les autres ; mais ces cahiers, pour être employés avec efficacité, ont besoin des explications du maître et de démonstrations sur le tableau.M.l’inspecteur Lippens félicite M.Cloutier sur l’utilité de cette conférence et partage sa manière de voir dans la marche à suivre, pour cet enseignement.Le maître, dit-il, doit tracer d’abord, en même temps qu’il donne ses explications, les lettres au tableau noir, sous les yeux des enfants, afin que ces derniers voient les mouvements du maître et puissent plus facilement l’imiter sur le tableau noir, ces lettres étant groupées de deux ou troisàla fois; mais il faut une surveillance très active de la part du maître, pour que les élèves puissent concentrer tous leurs efforts sur une imitation aussi parfaite que possible des modèles proposés.Après avoir parlé longuement de la différence qu’il y a entre l’écriture européenne et l’écriture américaine, il se prononce en faveur de cette dernière parcequ’elle est beaucoup plus simple, plus naturelle et plus facile dans ses éléments, et nous permet d’écrire avec une plus grande rapidité.M.Lippens lit ensuite un extrait du “Moniteur des Instituteurs primaires” sur l’abus que l’on fait encore dans les écoles primaires de l’enseignement de l’analyse grammaticale et logique.On tient trop à la décomposition des mots, à la méthode obligée, à la formule aride, au squelette du mot qui ne dit rien à l’intelligence de l’enfant ; l’analyse grammaticale comme logique n’est particulièrement que du domaine oral.En fait d’analyse grammaticale, dit M.l’inspecteur, on pousse trop loin la décomposition des parties de la phrase ; on cherche quand même, à anatomiser, à disséquer des expressions inséparables ; c’est agir comme une couturière qui, sous prétexte de prendre le patron d’un habit, le réduirait en charpie, en donnant pour raison que les fibres de l’étoffe sont des éléments encore plus simple que les morceaux qu’on a assemblée pour faire l’habit en question.Analyser, continue M.Lippens, serait, selon moi, de faire connaître aux enfants l’espèce des mots, la place qu’ils occupent dans le discours, la manière de les ortograplrier ; le reste est une question oiseuse.Il est ensuite question du fonds de retraite.MM.J.Prémont, inspecteur, F.X.Toussaint, J.Letourneau émettent diverses opinions sur les sujets proposés.Proposé par M.J.Ahern, secondé par M.J.B.Cloutier, et résolu : Qu’une humble adresse soit présentée à la Législature provinciale, la priant d’amender la 49-50 Vict., chapitre 27, en ajoutant à la section 11, après les mots “ le fonctionnaire marié ” les mots : “ les fonctionnaires mariés avant le 1er juillet 1886, et qui se sont conformés aux dispositions de la 43-44 Vict., chap.22, n’ont pas de retenue additionnelle à payer pour les années écoulées avant la mise en force de la 49-50 Yict., chap.27, afin d’assurer une demi-pension à leurs veuves.” 2o.En ajoutant à la section 42 de la 49-50 Vict., chap.27, les mots : “ et cet acte n’a pas d’effet rétroactif.” Proposé par MM.Laçasse, secondé par M.B.Lippens, et résolu : Que M.J.Bte.Cloutier etM.J.Ahern soient choisis pour préparer et présenter cette adresse à la Législature provinciale, au nom des membres de l’association des instituteurs de la circonscription de l’école normale Laval, Pioposé par M.X.Laçasse,secondé par M.J.Ahern, et résolu unanimement : lo.Que les membres de cette association désirent que la “ Commission administrative de la Caisse des Instituteurs ” donne aux fonctionnaires de l’enseignement des reçus pour chacune des sommes d’argent qu’ils payent à la Caisse des instituteurs comme retenue sur leur salaire : 2o.Que, pour rendre plus expéditif et moins onéreux l’envoi de ces reçus, le Bureau d’Edu-cation soit prié de les adresser aux secrétaires-trésoriers des municipalités scolaires en même 52 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE temps que la subvention aux écoles primaires, en renfermant dans la même enveloppe le chèque de la subvention et le reçu pour chaque fonctionnaire de l’enseignement dont le Bureau d’Éducation se sera payé la retenue ; 3o.Que Thon.M.Gagnon, secrétaire provincial, et l’hon.M.G.Ouimet, surintendant de l’éducation, soient le plus tôt possible informés de ces résolutions, afin qu’elles aient leur effet dès la prochaine distribution de la subvention aux écoles primaires de cette Province.Proposé par M.N.Laçasse, secondé par M.Abdon Guay, et résolu : lo.Que les membres de cette Association, après avoir considéré attentivement, dans l’Acte de la Caisse des instituteurs, la clause qui exige qu’un fonctionnaire de l’enseignement ait enseigné au moins dix ans pour avoir droit à une pension, regrettent que, d’après cette disposition du susdit acte, dans le cas de leur décès avant dix années d’enseignement, les instituteurs seraient forcément privés de faire bénéficier de la Caisse des instituteurs leur veuve ou leurs enfants, lors môme que leur retenue aurait été payée pendant neuf ans.2.Qu’en conséquence, c’est leur plus grand désir que cette clause soit supprimée, et remplacée par la suivante, savoir : Que, dans le cas où un fonctionnaire de l’enseignement décéderait avant d’avoir payé sa retenue pendant dix ans, les sommes d’argent qu’il aurait jusque-là versées pour lui ou pour sa femme, soient remboursées à sa veuve, et, dans le cas du décès de cette dernière, aux enfants du fonctionnaire de l’enseignement : la même disposition s’appliquerait également dans le cas d’une institutrice qui, étant veuve, décéderait dans les mêmes circonstances et laissant des enfants.A la prochaine réunion, M.Jos.Magnan traitera un sujet ; et M.A.Vallée donnera une conférence sur la Géologie.La séance est ajournée au dernier samedi de mai prochain, le 26.Par ordre, J.David Frève, Secrétaire pro tempore.EDUC ATION CHAPITRE II MOYENS DE RENDRE L’ENFANT ATTENTIF Sans attention, l’âme demeure dans un perpétuel engourdissement, et l’intelligence dans une distraction continuelle.On éveillera l’attention de l’enfiint, tout en la dirigeant sur divers objets, en lui faisant remarquer la quantité, la grandeur, la forme, la couleur, le poids, le goût, la composition, c’est le rôle que Pestalozzi recommande aux mères, il n’offre aucune difficulté.Malheureusement ce travail préparatoire est négligé dans beaucoup de familles, comme nous en avons acquis la preuve à nos dépens, par l’ignorance des notions les plus élémentaires chez de nombreux élèves à leur entrée à l’école.On distingue vite dans les classes les enfants qui ont le bonheur d’avoir une mère leur demandant sans cesse : ou, pourquoi, comment ?Après l’attention portée sur les objets extérieurs, l’enfent doit comprendre la nécessité de replier son attention sur lui-même, c’est-à-dire, d’examiner son état intérieur, ses impressions, le mobile de ses actes.Au moyen de cette double attantion il est possible de triompher de la distraction, ce fléau moral et intellectuel, d’où proviennent la plupart de nos fautes et de nos erreurs.Tout enseignement est inutile, sans résultat, si l’attention n’est pas éveillée; l’enfant a des oreilles, mais il n’entend pas ; et dans sa distraction, il n’acquiert aucune connaissance.Moins la force physique est développée, moins on divisera l’attention sur plusieurs choses différentes ; on ne s’occupera que d’une seule ; plus tard avec le développement de l’âge et de l’intelligence, on évitera l’accumulation d’idées, aboutissant à un savoir superficiel, à la légèreté d’examen.CHAPITRE III DU DÉVELOPPEMENT DE LA MÉMOIRE On a dit allégoriquement que la mémoire est la mère des muses pour montrer qu’elle engendre et nourrit les idées.Des exercices par intuition répétés avec per- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 53 dlllffl- .esté-site de y si ftl’in- sistance, dirigés par la prudence, sont les meilleurs moyens de fortifier la mémoire.Mais pour retenir, il faut comprendre.Il y a selon nous une mémoire matérielle et une mémoire formelle, c’est-à-dire, la mémoire des objets et celle de leur représentation.Gomme règles, nous recommanderons la pratique suivante : 1.Habituez l’enfant à regarder avec attention, à bien observer.2.Qu’il réfléchisse sur ce qu’il a vu.3.Donnez-lui des explications pour compléter ses observations.4.ISTe lui parlez d’abord que des objets qui sont présents ; faites qu’il les reconnaisse et qu’il s’en souvienne plus tard ; répétez-lui le nom de ces objets jusqu’à ce qu’il le retienne.5.Aucune mention d’objets absents, si les recommandations précédentes du no.4 ne sont pas remplies.6.Pour le ramener au passé, on parle du jour présent, de la veille, de la semaine passée, du fnois antérieur, etc.7.Chargez l’enfant de plusieurs commissions 4 faites lui répéter ce que vous lui recommandez le dire.8.Faites-le regarder attentivement diverses ormes qu’il décrira ensuite, les yeux fermés, txercez-le à reconnaître une personne au son de ù voix.I 9- Profitez pour lui former la mémoire de son oût à entendre raconter des historiettes ; qu’il ssaye ensuite de les reproduire, soit jusqu’à un îrtain point, soit jusqu’à la fin.Ne soyez exilant ni sur l’enchaînement des idées, ni sur les (pressions employées.Il suffit qu’il retienne les OOO.-LJ.O CL J.il U L[U 11 ICLICllUÜ ItîS ft jpms des principaux personnages et les faits # oire^ M filants : le reste viendra de soi ; et la diction .méliorera insensiblement.Au sujet d’une faculté aussi importante que la unoire, nous ajouterons que les parents et les itituteurs ne doivent pas laisser passer un jour is l’exercer ; mais on montrera de l’indulgence ir les enfants moins heureusement doués sous rapport.On engagera entre les élèves des luttes de mémoire sur une suite de noms prononcés lentement, sur des dates historiques, puis sur des idées sensibles, des définitions métaphysiques • oü bien on les engagera à apprendre le plus vite par cœur une strophe d’un poème, à réciter une lettre sans en changer le texte, à écrire sur l’ardoise une série de nombres que le maître efface tout de suite après les avoir tracés sur le tableau noir.La mémoire pouvant être affaiblie par les maladies, l’éducation agira sur le corps et sur l’âme pour conserver un salutaire équilibre.CHAPITRE IV DE L’IMAGINATION L’imagination étant la faculté au moyen de laquelle nous rappelons et nous combinons les images des objets qui ont fixé notre attention, il importe de rectifier les images fixées dans la mémoire des enfants ; il est surtout essentiel de veiller sur les idées que l'on sème dans ces jeunes intelligences, en ne permettant pas à l’ivraie d’étouffer le bon grain.Il importe de donner la religion pour règle, la raison pour contre-poids aux écarts de l’imagination.Commencez de bonne heure cette œuvre, car l’imagination s’éveille vite chez les enfants.La tâche de l’éducation est de conserver, de fortifier ce que Dieu a dispensé à chaque créature ; mais n’oublions pas que 1 imagination n’a d’influence salutaire qu’à condition d’être en équilibre avec les autres facultés de l’intelligence déréglée,elle s’expose à toute sorte d'égarements.On interdira donc les lectures dangereuses qui jettent dans un ordre d’idées romanesques ; et, tout en stimulant l’imagination, on s’efforcera de la diriger vers le beau, vers le bien, vers le juste.CHAPITRE Y DÉVELOPPEMENT DE LA RAISON C-’est le couronnement de l’édifice, la raison réprime les écarts de l’imagination, en recher- 54 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE chant les motifs de nos actes, de nos paroles, de nos opinions, en nous servant de guide.Elle occupe le plus haut rang parmi les facultés intellectuelles, la raison humaine n’étant qu’un reflet de la raison divine.Les parents et les instituteurs s’efforceront d’exercer la raison naissante des enfants, à comprendre les causes, à se rendre compte des effets produits.On détruit ainsi l’indifférence ou la légèreté ; on mûrit peu à peu la volonté et l’on délivre la société de ces êtres qui flottent au souffle de tous les vents, faute d’avoir une raison ferme, appuyée sur la religion et la morale.CHAPITRE VI APPRÉCIATION DES FACULTÉS INTELLECTUELLES DES ENFANTS En terminant ce résumé relatif à l’éducation intellectuelle, il ne sera point inutile d’indiquer la diversité qui existe entre les enfants sous le rapport des facultés intellectuelles, diversité qui modifie à chaque instant l’œuvre de l’éducation.Les jeunes instituteurs se plaignent souvent de l’incapacité de certains élèves, mais cette incapacité vient plus d’une fois des mauvaises méthodes employées.D’autres maîtres s’exagèrent les heureuses dispositions de leurs élèves ; mais avant de s’abandonner à cette double erreur ne faudrait-il pas acquérir une connaissance raison-née des enfants ?A cet égard, nous invitons tous les hommes d’école à méditer les principes d’éducation de Niemeyer.Analyser les indications lumineuses de cet éminent écrivain serait les affaiblir ; nous y renvoyons les instituteurs et les institutrices, ainsi que les parents jaloux de s’associer au développement intellectuel de leurs enfants.Faculté cle sentir ; mémoire et imagination, faculté de penser, éveil tardif de beaucoup d’organisations, variété infinie de facultés intellectuelles, et par conséquent modification continuelle des procédés, à employer dans Venseignement : voilà ce gui ressort des grand,rs réflexions de Nie-meyer.» U Evangeline.L’analyse grammaticale et logique Nous n’avons pas besoin de définir l’analyse grammaticale, et l’analyse logique.Tout le monde sait qu’au fond, la première n’est que la décomposition de la phrase en certains éléments qui sont les mots, et la seconde la décomposition de la phrase en d’autres éléments plus complexes qui sont les propositions.L’une et l’autre ont rencontré de zélés adversaires.On a continué et l’on continuera longtemps encore d’analyser dans les écoles.C’est qu’il y a là plus qu’une routine et une tradition tenaces : l’analyse grammaticale et l’analyse logique s’imposent et s’imposeront toujours.Comment voulez-vous qu’un enfant comprenne quelque chose aux règles multiples de notre langage et les applique sans trop d’hésitation, s'il n’est mis préalablement en état de reconnaître à première vue la nature de nos mots, leur nombre, leur genre, leurs flexions quelquefois si nombreuses, leur rôle dans la pensée et dans la phrase, etc ?Tant qu’il y aura une technologie grammaticale et des règles de grammaire, il nous faudra faire de l’analyse grammaticale.D’un autre côté, la pensée humaine se présente rarement sous la forme rudimen-taire d’une proposition isolée et réduite à ses parties constitutives.Le plus souvent, elle multiplie les sujets ou les attributs et les charge de compléments.Elle groupe % plusieurs idées autour d’une autre idée, plusieurs jugements autour d’un autre jugement afin de se compléter, de se nuancer, dt se transformer de mille manières.Mais, pourquoi les exercices d’analyse ont-ils donc soulevé de si hautes antipathies et de si grosses colères ?Mon Dieu, la rail son en est bien simple : les grammairien» ont abusé de l’analyse.Au lieu de décoin poser la phrase, ils l’ont disséquée, ils l’on anatomisée, en substituant au strict néces saire les curiosités, les subtilités et jusqu’au: fantaisies.Pour satisfaire à leur besoin dJ piai r H L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 55 creuser et de détailler, iis ont monté toute une machine, inventé une technologie, créé des nomenclatures et des systèmes : le sujet et l’attribut sont devenus simples ou composés, complexes ou incomplexes, les propositions se sont faites indépendantes, piicipales absolues ou principales relatives, incidentes déterminatives,incidentes explicatives,subor-don nées complétives, subordonnées circonstancielles, puis complètes ou incomplètes, explicites ou implicites, pleines on éliptiques, propositions infinitives, propositions participes, propositions affirmatives, négatives, interrogratives.De plus, les grammairiens, qui aiment à se chamailler, ne s’accordant pas entre eux.l’analyse logique surtout, cessa d’être un moyen, elle devint un but, une science, et malheureusement une science hérissée de mots étrangers, grecs et latins et longs “¦ de Bruxelles à Liège.” De leur côté les maîtres et les maîtresses, à en juger par les cahiers qui s’étalèrent dans les expositions,glissèrent sur une pente fatale : les analyses écrites leur fournissaient un prétexte pour livrer leurs élèves plus longtemps à un travail soi-disant personnel ; ils en profitèrent plus d’une fois pour se reposer ou vaquer à d’autres soins, et la moitié de la vie écolière se consumait à noircir des pages entières d’un pathos que la scolastique aurait pu nous envier.Indignés de cet abus, pris de pitié pour les pauvres enfants qui en étaient victimes, des hommes de cœur et de sens se sont élevés contre l’analyse, et, dans un accès de mauvaise humeur facile à comprendre, ont été jusqu’à vouloir la supprimer.Mais c’était là une exagération regrettable, dont nous nous garderons pour notre part.Nous dirons seulement ce qu’il faut chercher dans les exercices d’analyse, ce qu’on peut en attendre et, au moins d’une manière sommaire, comment il convient de procéder.Ce qu’il faut chercher dans les exercices d’analyse, c’est tout d’abord un moyen de plus d’accoutumer les enfants à réfléchir et à se rendre compte, de développer en eux le jugement et la rectidudede l’esprit.Ce qu’il faut en attendre, en dehors de ce résultat général, c’est, d’une part, l’intelligence des règles de la grammaire, de l’autre, une connaissance quelque peu approfondie de la lau gue elle-même, de son mécanisme, de ses tours et, dans une juste mesure, de ses idiotismes.Or, pour arriver à ce résultat, pas n’est besoin d’écrire jusqu’à satiété d’arides for mules, toujours les mêmes à un ou deux mots près, de répéter des centaines de fois : nom commun, masculin, singulier, sujet de.; proposition principale.; incidente., subordonnée.; sujet simple parce que.composé parce que., attribut incomplexe parce que.complexe parce que, etc., etc., etc.Pas n’est besoin non plus de faire des distinctions subtiles et à perte de vue sur la catégorie de propositions, d’expliquer quand même des tours ou des idiotismes dont l’origine nous échappe et qui n’ont pour nous d’autre raison d’être que l’usage.Il suffit que, de vive voix, dans un échange rapide de communications entre lui et son maître, l’élève fasse des remarques utiles, des observationsjudicieuses,rectifiées en tant que de besoin, sur les mots ou sur les phrases qui ont été prises pour thème de la leçon.Un thème spécial n’est même pas toujours nécessaire.Dans les grandes classes notamment, la dictée ou la lecture fourniront assez d’occasions d’appeler l'attention sur la nature des mots,sur lescirconstances particulières dans lesquelles ils se présentent et qui donnent lieu à l’application de telle règle ou motivent telle exception, etc.; de décomposer une phrase en ses propositions pour y reconnaître l’importance, le rôle ou la place logique de chacune d’elles, etc.Ainsi comprise, l’analyse grammaticale ou logique devient une véritable gymnastique pour l’esprit, appliquée à ce qui nous est le plus pressant et le plus nécessaire, à l’étude de la langue, à cette étude que le P.Girard considère comme la bise de toute éducation rationnelle, que, dans tous les cas, nous 56 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE pouvons au moins considérer comme notre principalinstrument de culture intellectuelle et morale.Nous la supposons d’ailleurs graduée, mesurée toujours à l’âge des élèves et à leur degré d’instruction.L’analyse grammaticale constate d’abord la nature des mots.Peu à peu elle s’étend à leurs propriétés, à leur rôle, aux rapports qu’ils ont entre eux et aux règles d’accords qui en résultent.Quant aux petits moyens à employer, nous n’y insistons pas.L’important est que l’intelligence travaille et s’exerce.De même, en analyse logique, les propositions étudiées, suivant la marche indiquée par le P.Girard,seront extrêmement simples au début.Peu à peu aussi elles se compliqueront par l’addition de compléments et de propositions secondaires jusqu’à présenter la complexité de celle que nous avons citée plus haut.Mais cette complexité ne s’augmentera pas de termes barbares ou scientifiques, de distinctions subtiles qui ne peuvent intéresser que le philologue; aussi sobres que possible, nous repousserons tout détail de pure curiosité : ce qui donne une parfaite intelligence de la phrase, et que ce soit tout.C’est surtout dans les exercices que dirige et amène la parole du maître, que soutient l’émulation, le plaisir de trouver ou de répondre le premier : à notre avis, l’analyse grammaticale et logique est particulièrement du domaine de l’enseignement oral.E.T.-o—O-o- PARTIE PRATIQUE I DICTÉE la noix Sous un grand noyer qui s’élevait près du village deux enfants trouvèrent une noix.“Elle m’appartient! s’écria Ignace, car c’est moi qui l’ai vue le premier.—Non, elle est à moi, reprit Bernard, car c’est moi qui l’ai ramassée.Là-dessus une violente querelle s’engagea entre eux.u Allons, mes amis, je vais vous mettre d’accord,” leur dit un garçon plus âgé et plus fort qui survint en ce moment.En effet, il se plaça entre les deux enfants, ouvrit la noix et s’adressant à eux : “ Cette moitié de la coquille appartient à celui qui a.le premier vu la noix.L’autre appartient à celui qui l’a ramassée.Quant à l’amande, je la garde pour les frais du jugement.” Puis il ajouta en riant: “ Voilà quelle est la fin ordinaire de tous les procès.” (D’après Schmidt.) I.—Explications.—Rapprocher de ce conte la fable V huître et les plaideurs, et faire remarquer aux enfants qu’il est plus sage de s’entendre que de plaider ou de laisser intervenir un tiers dans une affaire en litige.A plaider on perd son temps, son argent et souvent sa réputation.=LAige : contestation, particulièrement en ]uAice.=Coquille : coque qui enveloppe l’œuf et la noix.Se dit aussi et surtout de l’enveloppe calcaire des molus-ques crustacés : limaçons, escargots, etc.= Amande : fruit de l’amandier, et par extension, toute graine contenue dans un noyau : amande de noisette, de noix, d’arbricot, etc.II.—Observations grammaticales.—Faire épeler les noms et les changer de nombre.— Rappeler les noms propres et les noms communs.—Insister sur les deux homonymes amande et amendé.III.—Reproduction orale libre.—Deux enfants trouvèrent une noix sous un grand noyer situé près du village.L’nn d’eux, Ignace, s’écria: “ cette noix m’appartient, car je l’ai vue le premier.” Mais Bernard, qui l’avait ramassée, déclara qu’elle était à lui.Là-dessus une violente querelle s’engagea entre les deux enfants.Mais un garçon plus fort qu’eux survint et les mit d’accord en donnant à chacun la moitié de la coquille de la noix et en gardant pour lui l’amande, afin de se payer, dit-il, des frais du jugement. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 57 II DICTÉE L’armée française a Crécy.L’époque de la guerre de Cent Ans est la plus douloureuse de notre histoire ; les défaites suivent les défaites.Ce n’est pas que la France manque de défenseur ; son armée est nombreuse et brillante ; on y compte au débus soixante mille hommes des communes (21, auatre mille chevaliers, trente-six comtes, six ducs et quatre rois (3).Elle est deux fois plus considérable que l’armée anglaise et pour le moins aussi brave, mais elle manque des qualités les plus nécessaires : la discipline (4) et la cohésion (5).Jaloux les uns des autres, les chevaliers prétendent tous au commandement et chevauchent sans ordre ; égoïstes et fous d’orgueil,ils se croient souillés au contact des troupes roturières (6).Leur arrogance (7) leur avait déjà valu le désastre de Courtray ; choqués de la bravoure des milices qui combattaient devant eux, ils s’étaient élancés au.galop et leur avaient passé sur le corps ; les roturiers ne s’étaient pas relevés, et les nobles étaient allés culbuter dans un canal.La leçon ne leur profita pas : ils commirent la môme faute en pré-* sence des Anglais, et essuyèrent à Crécy une défaite plus honteuse encore.lehugeur.—Histoire de /’ armée française.EXPLICATION DU SENS DES MOTS ET DES PENSÉES (1) Crécy.Petit village du nord de la France, aujourd’hui dans le département de la Somme, où l’armée française subit en 1346, la première des trois grandes défaites de la guerre de Cent Ans.Les deux autres sont: Poitiers (1356), Azincourt (1415).(2) “ Au douzième siècle, les habitants des villes formèrent des associations qu’on appela communes, pour résister aux exigences ou à l’oppression de leurs seigneurs.” La première commune fut celle de Mans (1067).(3) Ces quatie rois étaient Philippe de Valois, les rois de Navarre, d’Ecosse et de Bohême.(4) Discipline.Règle de conduite commune à tous ceux qui font partie d’un corps : obéissance à cette règle.Cette obéissance est la première qualité d’un soldat; aussi l’enfant doit-il s’v habituer dès l’école.(5) Cohésion.En physique, force qui unit les molécules d’un corps ; au figuré, forco qui unit les différentes parties d’un tout.(6) Les roturiers étaient tous ceux qui n’appartenaient pas à la noblesse.(7) Arrogance : fierté, hauteur, ton impérieux.OBSERVATIONS ORTHOGRAPHIQUES Ce n'est pas que la France manque de défenseurs : faire remarquer cette tournure propre à la langue française et souvent employée pour insister sur l’idée exprimée, on pouvait dire : la France ne manque pas de défenseurs.— On y compte: y adverbe de lieu,modifie compte, le mot y est encore pronom personnel ; ex.: f y penserai, y est mis pour à cela.—La plus douloureuse, les plus nécessaires.Montrer que l’article est variable dans les deux cas.parce que l’on compare l’époque de la guerre de Cent Ans aux autres époques de notre histoire, la discipline et la cohésion aux autres qualités nécessaires à une armée ; tandis que l’on dirait : C’est à l’époque de la guerre de Cent ans que notre histoire est la plus douloureuse ; c’est à la guerre que la discipline et la cohésion sont le plus nécessaires, parce que l’on compare une chose à elle-même ; le plus signifie au plus haut degré et forme une sorte de mot composé invariable.EXERCICES Souligner les abjectifs de la dictée.—Analyser grammaticalement et oralement lader nière phrase de la dictée.—Conjuguer au passé défini et au futur les verbes souiller essuyer, combattre.¦-o-0-o - 58 L’ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE 111 DICTÉE fit entendre dans mon cœur qui me disait: “ Si c’était Jà ta patrie !” Bernardin de Saint-Pierre.DE l’impression DE L’HOMME EN FACE DES RUINES Le cœur humain est si naturellement porté à la bienveillance, que le spectacle d’une ruine qui nous rappelle le malheur des hommes, nous inspire l’horreur, quelque, effet 'pittoresque qu’elle nous 'présente.Je me trouvais à Dresde, en 1765, plusieurs années après son bombardement.Cette ville, petite mais très commerçante et très jolie, formée plus qu'à demi de petits palais bien alignés, dont les façades étaient ornées en dehors, de peintures, de colonnades, de balcons et de sculptures, était alors presque entièrement ruinée.L’ennemi y avait dirigé la plupart de ses bombes sur Y église luthérienne de Saint-Pierre, bâtie en rotonde, et si solidement voù.tée, qu’un grand nombre de ces bombes fappèrent la coupole sans pouvoir l’endommager, et rebondirent, sur les palais voisins qu’elles embrasèrent et firent écrouler en partie.Les choses y étaient encore au même état qu’à la fin de la guerre, quand j’y arrivai.On avait seulement relevé, le long de quelques rues, les pierres qui les encombraient ; ce qui formait de chaque côté de longs parapets de pierres noircies.Plus du tiers de la ville était réduit dans le plus déplorable état.On y voyait aller et venir tristement les habitants qui étaient auparavant si gais, qu’on les appelait les Français de l’Allemagne.Ces ruines, qui présentaient une multitude d’accidents très singuliers par leurs formes, leurs couleurs et leurs groupes jetaient dans une noire mélancolie, car on ne voyait là que des traces de la colère d’un roi, qui n’était, pas tombée sur les gros remparts d’une ville de guerre, mais sur les demeures agréables d’un peuple industrieux.J’ai vu même plus d’un Prussien en être touché.Je n'éprouvai point du tout, quoique étranger, ce sentiment de sécurité qui s’élève en nous à la vue d’un danger dont on est à couvert: mais, au contraire, une voix affligeante se QUESTIONS ET EXPLICATIONS Le cœur humain.Le cœur est mis ici pour l’ensemble des facultés affectives et des sen-ments moraux, par opposition à Yesprit, qui est l’ensemble des facultés intellectuelles.Dites d’autres acceptions du mot cœur (Tant que mon cœur battra.Avoir le cœur gros.AvoiT quelque chose sur le cœur.Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur.C'est un homme de cœur .C'est un grand cœur.—Malheur, mauvaise destinée (mal et heur.) ïïeur est un ancien mot qui avait le sens de chance heureuse ou malheureuse, et qui n’a plus que celui de bonne chance (Il n'y a qu'hewr et malheur en ce monde.) Le bonheur est la continuité de Y heur.—Quelque effet pittoresque qu'elle nous présente.Faire remarquer dans cette locution que P adjectif indéfini quelque s’attache d’une façon particulière au pronom que pour former le complément du verbe de la proposition.Il semble que cette forme se soit abusivement établie au lieu de quel que soit l'effet.Aussi le verbe est-il au subjonctif.—Après son bombardement : il s’agit du bombardement sans succès par les Prussiens en 1760, bombardement qui pourtant détruisit 400 maisons,—Formée plus qu'à demi, plus qu’à moitié—Eglise luthérienne, église de la religion luthérienne.Quelques mots sur le fondateur de cette religion.—Bâtie en rotonde, en forme ronde à l’extérieur et à l’intérieur : déroba, roue.Rapprochez rotation, rotateur, rotondité, rotule, ainsi que les dérivés de rond et de roue.—Coupole, dôme : de cupola,, diminutif de cupa, coupe, par analogie avec une coupe renversée.—Au même état, dans le même état.—Parapet, mur à hauteur d’appui construit sur le bord d’un pont, d’une terrasse (parare, garantir, et petto, poitrine.)— Je n’éprouvripoint, etc.Analysez logiquement cette dernière phrase de la dictée.On remarquera que quoique étranger doit se traduire par quoique j'étais étranger, et on aura soin de rétablir, avant—si cédait là ta patrie—la principale sous-entendue—^ serais bien à plaindre—ou une proposition équivalente. L’ENSEIGNEMENT PRIM A IKE 59 Leçon de choses L AIR QUE NOUS RESPIRONS —Louis, pourquoi vous couchez-vous sur la table ?—Monsieur, j’ai mal à la tête.Et vous, Jules ?.—J’ai aussi mal à la tête.—D’où proviennent, donc aujourd'hui tant de maux de tête ?—Allez faire un tour dans le jardin, peut-être ces maux de tête se dissiperont-ils.— Et bien ! Louis, comment allez-vous ?—Monsieur, je ne sens plus rien.—Et vous Jules ?—Moi, non plus.— Pourquoi, monsieur, avions-nous le mal de tête dans la classe, et pourquoi ce mal de tête s’est-il dissipé aussitôt que nous avons été dans le jardin ?—Cela tient à ce que nous n’avons pas pensé à renouveler l’air de la classe.—Cet air avait perdu ses qualités naturelles, il était vicié et vous a causé ces douleurs de tête,-qui ont disparu aussitôt que vous avez res piré un air pur.L’air est absolument nécessaire à la vie, je dirai même qu’il est plus nécessaire que le pain.Un homme, en effet, peut se passer de nourriture pendant un jour, deux jours même, tandis qu’il est impossible qu'il se passe d’air durant un quart d’heure.Essayez plutôt.—Louis, fermez votre bouche et serrez en même temps votre nez de manière à empêcher l’air de pénétier dans vos poumons par vos narines.Voyez combien de temps vous resterez dans cet état.Eh bien! déjà vous ouvrez la bouche.mais il n’y a pas encore une minute que vous avez commencé l’expérience.—Il m’a été impossible de rester plus longtemps, j’étouffais.—Voilà ce qui résulte en effet du manque absolu d’air, l’étouffement, autrement dit l’asphyxie.Le manque absolu d’air cause donc la mort.Un air profondément vicié ou altéré peut aussi produire le même effet.Mais quand l’altération de l’air n’est pas considérable, il n’en résulte habituellement que des malaises, des maux de tête comme vous Laves éprouvé tout à l’heure.L’air que nous respirons est un corps composé de deux gaz que les savants appellent oxigène et azote ; il contient en.outre une très petite quantité d’acide carbonique et de vapeur d’eau Invisible quand on le considère en petite quantité, l’air cependant a une légère coloration bleue ; mais pour que cette coloration apparaisse, il faut une épaisseur d’air énorme.De même, cet air que vous respirez si faci-, lement, sans le moindre effort, est une chose qui pèse, oh ! bien peu : mais enfin les savants nous disent qu’un litre d’air pèse un gramme et trois décigrammes.(Montrer ici un poids d’un gramme et expliquer que le décigramme est dix fois moins lourd.) Pour que les fonctions de la respiration s’accomplissent fidèlement, il faut que l’air demeure bien pur.—Bien des choses peuvent l’altérer ou le corrompre.D’abord l’acte lui-même de la respiration altère l’air.Nous avalons de l’air pur ; cet air pur, arrivé dans nos poumons, se décompose et nous rendons de l’air vicié ou altéré.De même les animaux par leur respiration, les fleurs, les fruits par leur odeur, le chauffage et l’éclairage et bien d’antres causes altèrent l’air plus ou moins profondément.Il faut donc renouveler fréquemment l’air dans les appartements que l’on habite, l’on s’en trouvera toujours bien et l’on évitera ainsi bien des malaises qui n’ont pas d’autres causes que la respiration d’un air vicié.v Pierre la Rivière.o-o-o 60 RENSEIGNEMENT PKlMAffiE ARITHMÉTIQUE Problèmes Multipliez j-f par 7 = Quelle règle peut-on suivre, lorsque le dénominateur est divisible par le multiplicateur ?Exemple :—à multiplier par 8.Multipliez -f x f et démentiez que le produit doit être moindre que le multiplicateur §.Calculez le produit de 49 + f-f multiplié par 5, sans transformer le multiplicande en nombre fractionnaire.Multiplier par 7, c’est chercher un nombre qui soit égal à 7 fois If.Or pour rendre une fraction 7 fois plus grande, on multiplie le numérateur par 7.Le produit demandé est donc : De là résulte la règle suivante : Pour multiplier uue fraction par un nombre entier, on multiplie le numérateur par le nombre entier en conservant le dénominateur.Soit -^\7¥ x 8.Le produit demandé doit être 8 fois plus grand que la fraction.Mais on peut rendre une fraction 8 fois plus grande en divisant son dénominateur par 8.Or le dénominateur 864 étant divisible par 8, on aura le pioduit demandé en divisant le dénominateur par 8 et en conservant le numérateur.On obtient ainsi : ÎïVtÏ = fW' L Une société s’est constituée au capital de $500.000 partagées en actions de $500 chacune.Elle réalise, la première année, un bénéfice de $32680.Quelle part de dividende recevra le porteur de 17 actions;?A quel taux a-t-il, cette année-là, placé son argent ?Solution : Il y a 1000 actions ; chaque action reçoit $32.68 cts.Pour 17'on touche $32.68 x 17 = $555.56.-Taux: $32.68-t-5 = 6.53%.—Rép.2.Trois associés qui avaient mis ensemble $8600, ont gagné $3720, Le premier a retiré en tout $4000 ; le 2° $3500 ; et le 3°, le reste.Quelles avaient été les crises de chacun ?Solution : Capital et gain $12.320 : Total des deux premiers capitaux et gains réunis $7500; capital et gain du 3°, différence, $4820.La mise totale est, par rapport à la somme du capital et du bénéfice, $8600 : 12320 = 860 : 1232 = 215.308.Les mises étaient donc: 1° $4000x 215.308 =$2792.21; 2«, $3500 x 215.308 = $2443.18 ; 3», $4820 x 215.308 = 3364.61.—Rép Une série de problèmes, avec solution par la méthode de l'unité 1.Si 20 barils de fleur coûtent $150, combien coûteront 45 barils 7 Solution : 20 coûtent $150.00 .’.1 coûtera ! - .1 et 45 coûteront -1 50 x 4r’ = $337.50.— Pép.2 0 1 2.Si 50 lbs de sucre coûtent $4, combien peut-on acheter de livres avec $13 ?Solution : $4 achèteront 50 .•.1 achètera 5f° et 13 achèteront = $162 50.—Rép.3.Si 48 hommes font un ouvrage en 24 jours, combien de temps faudra-t-il à 36 hommes pour faire le même ouvrage ?.Solution : Le temps que 48 hom.prennent c’est 24 jrs.“ “ 1 hom.prendra ce sera 24 x 48 et “ “ 36 hom.prendront
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