L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 février 1889, vendredi 15 février 1889
9me Année 15 FÉVRIER.1889 Numéro 4 JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTEES ,-cvV CïiOlJTIEK, liêilacteis1 AIDE PAR UN COMITE \î c'V j W" v DATION *aire Prix de l’abonnement : UN DOLLAR par an, invariablement payable d’avance Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction, devra être adressée à J.-B.Cloutier, professeur à l’école normale Laval; celles concernant l’administration, à L.J.Demers & Frère, imprimeurs-éditeur^, no.30, rue de la Fabrique, Québec.SOMMAIRE :—Actes officiels : Nomination de commissaires et demande de délimitation de municipalité scolaire.— Quatre - vingt - quinzième conférence de l’association des instituteurs de la circonscription de l’école normale Laval.— Pédagogie : Pédagogie pratique — Méthodologie — (Suite) — Nouveaux règlements scolaires— Le rôle du maître et celui du livre.—Partie pratique : I, Dictée—Une légende—II, Dictée—La maison de neige — III, Dictée—Un ouragan dansl’Ilede France.—Arithmétique.— Problèmes.— Algèbre.— Divers : Conférence d’instituteurs_______Statisti- ques.—Pensées Annonces, Actes officiels Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en conseil en date du 29 janvier dernier (1889), de nommer M.Zotique Francœur à la charge de commissaire d’écoles pour la municipalité de l’Abord à Plouff, dans le comté de Laval, en remplacement de M, Osias Lavois, qui ne réside plus dans la dite municipa lité.Bureau du Secretaire.Québec, 29 janvier 1889.Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, en conseil de nommer M.John McCaw, garde-chasse de la ville de Sherbrooke, à la charge de juge de paix sous l’autorité de l’acte 33 Victoria, chapitre 12.Département de l’Instruction publique Québec, 20 janvier 1889.Avis de demande pour changer les limites d’une municipalité scolaire en vertu de l’ai tide 1973 S.R.Q.De changer les limites de la municipalité scolaire de Ajlwin, comté d’Ottawa, de manière à inclure le 9e rang du canton de Alwin, comté d’Ottawa.o- o- : Quatre-vingt-quinzième conférence de l’Association des Instituteurs de la circonscription de l’école normale Laval tenue le 26 janvier 1889.Présents :— M.l’abbé T.G.Rouleau, Principal de l’école normale Laval, M.l’abbé A.Caron, Assistant-principal, M.Jos.Letourneau, président de l’association, MM.F.X.Toussaint, N.Laçasse, J.B.Cloutier, J.Ahern, D.Frève, C.Lefèvre, professeurs, MM.B.Lippens, T.Beaulieu inspecteurs,MM.B.Pelletier, Frs.Page, E.Dnpras, L.A.Guay, G.H.Gauthier, F.X.Guay, S.Giguère, M.Arsenault, I.Thibeaudeau, A.Jacques, C.J.Magnan, M.P.Roy et M, E.Lavoie ecclé siastiques, et MM.les élèves-maîtres.Comme il n’y a pas eu de séance au mois d’août, les minutes de la réunion de mai dernier sont lues et adoptées.Sur proposition de M.F.X.Toussaint, les 50 L’ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE / mêmes officiers sont continués dans leur charge.M.J.B.Cloutier propose, secondé par M.F.X.Toussaint: qu’à l’avenir la conférence du mois d’août soit abolie et que les élections aient lieu à la réunion du mois de mai.Adopté.Avant de procéder aux affaires de routine, M.Cloutier dit que les membres de l’association ont un devoir bien doux à remplir, celui de féliciter Mgr Bégin à l’occasion de son élévation à l’épiscopat, et présenter leurs hommages au nouveau principal de l’école normale, M.l’abbé T.G.Rouleau.A cet effet, M.F.X.Toussaint propose, secondé par M.B.Pelletier et il est résolu : Que cette association présente ses plus chaleureuses, ses plus sympathiques,ses plus cordiales félicitations à Mgr.de Chicoutimi pour l’insigne honneur que Rome vient de lui décerner en l'élevant à l’épiscopat.Les instituteurs de cette cire inscription, tout en regrettant son départ d’au milieu d’eux, espèrent qu’il voudra bien continuer de leur accorder sa protection, lorsqu’il s’agira de leurs intérêts devant le conseil de l’instruction publiciue.Qu’ils croiraient manquer gravement à leur devoir, s’ils laissaient passer cette occasion sans offrir à Sa Grandeur l’hommage de leur respect et de leur profonde gratitude pour les services signalés qu’elle leur a rendus et sa bienveillance à leur égard.Que copie de cette résolution soit envoyée à Mgr de Chicoutimi.Il est ensuite proposé par M.N.Laçasse, secondé par M.J.B.Cloutier et résolu que : Les instituteurs de cette circonscription saluent avec bonheur l’élévation de M.l’abbé T.G.Rouleau au poste important de principal de l’école normale Laval.M.le nouveau principal a vaillamment gagné ses épaulettes dans la famille enseignante, puisque depuis quatorze ans il a suivi avec le plus vif intérêt toutes les questions qui touchent à l’instruction de la jeunesse.Ses aptitudes pédagogiques, ses grandes qualités, son zèle infatigable sont une garan- tie assurée qu’il remplira avec honneur et avantage les nombreux devoirs de sa charge.M.l’abbé Rouleau remercie en termes émus les membres de l’association et les professeurs de l’école normale pour l’accueil bienveillant qu’ils lui fout.11 dit être très heureux de vivre au milieu de ceux qui ont passé leur vie au service de l’institution qu’il a l’honneur de diriger depuis quelques mois.M.Laçasse reproche aux inspecteurs et aux instituteurs de ne pas assister en assez grand nombre aux conférences.M.Toussaint rappelle le vieux temqs où les conférences se tenaient à St-Roch.Alors un plus grand nombre d’instituteurs assistaient à nos réunions.M.Létourneau fait remarquer qu’à cette époque les instituteurs étaient en plus grand nombre aux environs de Québec.M.G.J.Magnan prend la défense des instituteurs, et sans excuser les insouciants, il dit qu’en général le pauvre maître d’école, qui retire $150 à $200 par année de salaire, ne peut, sans nuire aux obligations de sa famille, faire des déboursés pour payer les frais d’un voyage pour assister aux conférences.M.Magnan suggère que les associations devraient demander au gouvernement de la province une aide d’argent pour permettre aux instituteurs dese rendre régulièrement aux réunions pé lagogiques.A cet effet, il est résolu que MM.Ahern et Magnan iront présenter une requête au gouvernement, le priant de faire voter par la législature une somme de $200 pour chaque circonscription,et que ces sommes soient déposées entre les mains des Principaux des écoles normales Lavai et Jacques-G irtier.Adopté.M.Toussaint dit que le gouvernement Mercier parait en faveur des instituteurs et qu’il est convaincu que le Premier-ministre verra d’un bon œil cette juste demande des instituteurs.Ces bonnes paroles à l'égard de l’honorable Premier sont couvertes d’applaudissements.MM, les inspecteurs Beaulieu et Lippens 51 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE res.e sa é»arl d'ao- et MM.les professeurs Cloutier et Laçasse prennent part à la discussion.M.J.B.Cloutier attire l’attention de l’association sur les questions concernant le dessin, parues daos Y Enseignement primaire du 2 Janvier 1889.Voici la première et la iriricipale question posée par M.Cloutier : Le dessin doit-il être enseigné aux jeunes enfants des écoles primaires et pourquoi 1 M.Lippens parle longuement sur l’impor-ance de Renseignement du dessin dans les écoles primaires.Il dit que tant que les règlements concernant les bureaux d’examinateurs ne seront pas plus efficaces, l’enseignement intelligent de cette branche rencontrera beaucoup de difficultés.La plupart des candidats qui reçoivent des diplômes élémentaires et modèles par les bureaux d’examinateurs ignorent les premiers éléments du dessin.M.C.Lefèvre, professeur de dessin à ’école normale Laval fait une conférence admirable en réponse aux questions sur le iessin posées par M.Cloutier.(1) M.N.Laçasse, secondé par M.D.Frève, impose qu’une humble demande soit faite au conseil de l’instruction publique le priant l’enjoindre aux commissions scolaires d’ac-aorder aux instituteurs une journée de congé supplémentaire pour leur permettre d’assis-er aux conférences.Adopté.Il est aussi entendu que M.N.Laçasse édigera et adressera cette demande à qui e droit.Les sujets suivants : “ 1° Quelle doit être a nature de l’enseignement de la tenue des ivres dans les écoles de différents dégrés ?Ie La nécessité pour les instituteurs et insti-utricesde posséder des connaissances hygiè-îiqaes et les bien appliquer dans leur école espeetive, ” sont inscrits pour la prochaine onférence.Proposé par M.N.Laçasse secondé par M.b’uno Pelletier et résolu : Que cette conférence a appris avec peine a mort de M.Gabriel Labonté, l’un de ses a (1) Nous publierons in extenso, la conférence 6 M.Lefèvre dans notre prochain numéro.membres fondateurs.Que le regretté défunt avait su par sa bonne conduite et ses excellentes qualités d’instituteur, mériter l’estime et la considération des commissaires, des contribuables et de ses élèves, dans toutes les localités où il a enseigné.Que copie de cette résolution soit transmise à sa veuve éplorée.A la prochaine réunion MM.Ahern et Magnan donneront, chacun une conférence.A midi la séance est ajournée au dernier samedi de mai 1889.G.J.Magnan, Sécrétaire.-—o -o- O- PEDAGOGIE PRATIQUE Méthodologie.(Suite) Q.—Quesl-ee que la méthologie ?R.—C’est la partie de la pédagogie qui apprend à enseigner d’une manière efficace, et d’après des règles établies, les différentes branches d’instruction obligatoires dans les écoles.Q.—Quel but général l’instituteur doii-il poursuivre dans l’enseignement de toute branche ?R.—Il doit en poursuivre deux ; 1° enseigner la branche qu’il a en vue ; 2° profiter de cet enseignement pour développer l’intelligence de ses élèves.Q —Quelle interprétation faut-il donner à cet aphorisme pédagogique : Il faut que le professeur professe ?R.—Gela veut dire qu’il faut que le maître communique directement et oralement les notions nouvelles qu’il veut enseigner et non pas surcharger la mémoire des élèves de phrases, de formules, de mots incompris et qui ne disent rien à son esprit.11 doit faire comprendre et ensuite apprendre.Q.—Quel doit-être le rôle des manuels classiques dans l’enseignement ? 52 L’ENSEIGNEMENT PKI MAIRE R.—Si le maître professe, c’est-à-dire, s’il communique directement à ses élèves les connaissances qu’il veut leur faire acquérir, le livre leur apprendra à dire convenable ment et avec exactitude les règles qu’ils auront apprises de sa bouche meme.Sans cet indispensable auxiliaire, ils ne sauraient le faire, attendu que leur vocabulaire est encore trop restreint.Q.—Gomment sont classés les écoles de notre province ?R.—Elles sont classées de la manière suivante, savoir : Elémentaires, Modèles, Académiques.Q.—Quelles sont les branches qui doivent s’enseigner dans les écoles élémentaires?' R.—Les branches qui doivent s’enseigner dans les écoles élémentaires sont : la religion, la langue maternelle, la géographie, l’arithmétique, l’histoire sainte, ceile du Canada, le dessin, l’agriculture, la tenue des livres en partie simple.11 est aussi très important d’apprendre aux élèves à rédiger des lettres d’affaires, des billets promissoires, des reçus, etc.Q.—Jusqu’à quel point ces branches doi-vent-elle être enseignées dans une école élémentaire ?R.—Si les élèves fréquentent l’école assez longtemps, il faut leur apprendre à lire d’une manière intelligente, la grammaire jusqu’à la syntaxe, l’arithmétique jusqu’à la règle de trois inclusivement, en suivant la méthode de l’unité, les éléments de la géographie, toute F histoire-sainte et celle du Canada, et de plus les premiers éléments de l’agriculture et du dessin.Q.—Quelles sont les branches à enseigner dans une école modèle ?R.—Toutes celles exigées dans une école élémentaire, auxquelles on donne plus de développement ; et de plus la syntaxe, l’analyse logique, la composition, l’arithmétique dans toutes ses parties, un peu d’algèbre (facultatifs), le toisé des surfaces, la tenue des livres en partie double, l’usage des globes, l’Histoire de France et d’Angleterre.Q.—Que comporte l’enseignement d’une" école dite académique ?R.—Dans ces écoles, peu nombreuses eijH cette province, il faut approfondir toutes lesf 1 ,.idi branches étudiées à l’école modèle et yfcu; ajouter l’enseignement du latin.X Enseignement religieux 8C& Q.—Quelle doit être la nature de l’enseignement religieux donné par un institutefnj laïque ?R.—L’instituteur est obligé de donner ses élèves des connaissances en matière 1 religion ; il doit surtout la leur faire aimei et pratiquer.Le premier de ces deux point1®' surtout est celui auquel il doit les plus par ticulièrement s’attacher.Le catéchisme e M'1 l’histoire sainte, voilà le domaine dans lèMJi limites duquel il doit se renfermer.1 (H Catéchisme.—Le catéchisme est la partie I' laquelle le maître doit attacher le plup-d’importance.Il en fera apprendre biepW scrupuleusement le mot à mot.Quand au explications, il fera connaître le sens de mots et des phrases, sans entrer dans daM détails qui exigeraient des connaissance pii théologiques qu’il ne possède pas.Histoire sainte.— Dans l’histoire sainte l’instituteur aura plus de l’attitude que pou le catéchisme, et pourra entrer dans tous le détails que ses connaissances propres lu fourniront.Le meilleure marche à suivre pour ce enseignement est de raconter à toute la class les événements bibliques sous foi me d récits simples et dans un langage à la porté des élèves.L’emploi de tablaux est trè efficace, lorsqu’on peut s’en procurer.«sujet H: rop vite, èves coi ne les au us graiK -yii{ réussirai Ild Langue maternelle Q.—Que comprend l’enseignement de 1 langue maternelle ?R.—H comprend la lecture, l’écriture, grammaire et la composition.MRejtei L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 53 reuses toutes Lecture Q.— Quelle est la branche à l’enseignement de laquelle le maître doit attacher le pins d’importance après le catéchisme ?!L—C’est la lecture, car elle est le fondement, la hase, la clef de toutes les connaissances.UL:.Q.—Combien distingue-t-on de sortes de engages ?1 1 tenue ¦Milieu onner Hère i re aime iipoia R.— On distingue deux sortes de langages, le langage parlé,et le langage écrit.Lire n’est pas autre chose que de rendre le langage écrit en langage parlé.L’un et l’autre se composent de mots, et ces mois sont eux-mêmes formés de syllabes et les syllabes de lettres.plus pa p hisme < dans li ' partie’ 1 le pli I re bie ?and aa ^ SMS ill • ans dt I ssaiict I saint i nepdi I tousli ; ' res li inr c aclas ¦ me 11 porli s! U ï Ifi; Q.—Par où faut-il commencer?R.—Par les lettres, puis ensuite les syllabes, et après les mots Q.—Que faut-il observer en enseignant les lettres ?R.—Il faut observer que les mots dans le langage parlé se rendent par des sons et dans le langage écrit par des signes.Il faudra faire comprendre à l’enfant la différence qui existe entre le signe et la chose signifiée; donner de nombreux exemples à ce sujet.Q.—N’y a-t-il pas quelque écueil à éviter dés le début ?R.—Oui, il faut prendre garde d’aller trop vite, ou d’avancer avec deux ou trois élèves dont la perception est plus prompte que les autres, et faire perdre le temps à la plus grande partie de la classe.Q.— Que doit faire l’instituteur qui veut réussir à bien enseigner la lecture?R.—Il doit étudier avec soin les différentes méthodes en usage et choisir celle qui offre le plus d’avantages pour conduire au but qu’il se propose.Q.—Qu’entend-on par méthode de lecture ?R.—Par méthode de lecture on entend la marche à suivre dans la combinaison des lettres pour former des syllabes et des mots d’après un ordre rationnel et méthodique.Par extension on donne aussi le nom de méthode à des opérations qui ne sont à proprement parler que des procédés.C’est ainsi par exemple que l’on dit : l'ancienne méthode d’épellation, nouvelle méthode, méthode phonique, syllabique, méthode par émission de sons, etc.Q.—Qn’est-ce que la méthode dite ancienne épellation ?R.—Cette méthode consiste à donner aux consonnes le nom que tout le monde leur connaît, savoir lé, cé, clé, eÿe, gé, etc; 2° chaque syllable est considérée comme ayant autant d’éléments que de lettres, par exemple : école, s’épelle ainsi : é accent aigu, è cé, ô cô, éco, elle e, le, école, cheval, cé, ache, e, che, vé â elle, val, cheval.Mais ce qui caractérise surtout cette méthode de lecture, et qui l’a fait repousser absolument en France, en Belgique, en Suisse, etc., c’est l’absence de tout ordre, au moins logique et raisonnable, non seulement dans la classification des lettres, mais dans celles des syllables et de leurs éléments, dans leur combinaison et dans l’agencement des exercices pratiques qui s’y rapportent, exercices dépourvus d’ailleurs de toute application immédiate et à la fois intéressante et utile, et plus encore le silence qu’elle garde sur les moyens et procédés à employer par le maître dans tont le cours de cet enseignement,.Q.—Faites connaître les autres méthodes.Les nouvelles méthodes se distinguent toutes de l’ancienne en ce qu’eiles donnent aux consonnes une appellation différente, qu’elles les désignent par leur valeur, r-’est-à-dire par le son le plus rapproché de celui que l’on entend lorsqu’elles se rattachent à une voyelle ; ainsi, au lieu de dire bé cé dé effe on dit le, que, de,fe, etc.Ou divise ordinairement ces nouveles méthodes en trois, savoir: 1° la méthode de Port-Royal, où les consonnes sont désignées par leur valeur, mais où l’on suit l’ancienne épellation en décomposant les syllabes en autant de parties qu’elles ont de lettres.2° La méthode phonique ou la nouvelle épellation, où la syllabe ne se décompose qu’en deux éléments; le son et l’articula- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 54 lion, exemple : bâton, s’épelle, bé,â, bk,teon bâton ; clie a cha, pe eau peau, chapeau.3° La méthode syllabique, ou méthode sans.épellation où l’on se contente de prononce!' les syllabes sans les décomposer, ainsi ; sévérité se lit : sé-vé-ri-té.Q.—Quelle est celle de ces diverses métho des qui est la préférable ?R.— C’est la méthode phonique, car elle est beaucoup plus rapide que les autres, et les enfants qui apprennent à lire par cette méthode ne lisent jamais d’un ton chantard ou monotone, parce qu’elle fournit le moyen de parler la lecture.Bien que nous donnions la préférence à la méthode phonique, nous ne voulons pas, néanmoins, malgré ses nombreux défauts, exclure l’ancienne, car l’instituteur doit compter avec les préjugés.Dans certaines localités, les parents, les autorités scolaires mêmes s’opposent ouvertement à l’introduction de ce nouveau procédé d’enseigner à lire.La nouveauté n’existe que pour le Canada, car en Europe, l’ancienne méthode est tout à fait abandonnée.Encore une fois, l’appellation des lettres n’est qu’un détail, un simple procédé dans une méthode; nous en dirons autant de l’épellation elle-même : tout cela ne forme pas un élément important d’une méthode, bien loin de la constituer dans son entier et de la distinguer essentiellement des autres.Une véritable méthode de lecture consiste dans l’arrangement, la disposition, l’enchaînement logique des lettres, des syllabes, des mots et des phrases.Il faut que tout y soit coordonné de manière à ce que l’élève puisse toujours marcher du connu à l’inconnu, du simple au composé; on ne doit amais présenter à l’enfant une syllabe ou un moL dont il ne puisse retrouver l’élément dans ce qui a déjà été appris.Par conséquent, cette disposition logique est indispensable dans le premier livre de lecture, et si celui-ci est bien fait, on est certain de réussir, même en suivant l’ancienne épellation.Dans ce dernier cas, les progrès seront plus lents, le travail plus ennuyeux pour b maître et les élèves, mais enfin, en suivanl une marche rationnelle, on obtiendra certainement des résultats satisfaisants.Il est donc très important que l’instituteur ou l’institutrice apporte un grand soi ni dans le choix d’un syllabaire, et ce choix est d’autant plus difficile que dans la plupart| de ceux que nous avons, il y a absence complète-de toute méthode.Dans celui qui a été le plus en vogue autrefois et qu’on trouve encore dans quelques écoles arriérées, les seize premières pages sont employées à présenter à l’enfant les vingt-cinq lettres de l’alphabet sous toutes les formes possibles et impossibles.Lettres majuscules et minuscules, romaines, italiques, gothiques, américaines de Handcock, de Madison, lettres comparées, lettres liées ensemble.Après l’interminable kyrielle du bé â bâ et du be etle à blâ, ou dorme à épeler les mots suivants : couteau, chien, papillon, arrosoir, et ainsi de suite.En examinant tout ce gâchis, on serait porté à croire qu’on a choisi à dessein ces mots pour les jeter sans ordre, les uns à la suite des autres, au grand découragement et du maître et des élèves.En effet, pour épeder logiquement les mots ci-dessus, il faut avoir vu les voyelles composées, les diphtongues et les sons équivalants, chose à laquelle on n’a pas même pensé dans le livre en question.(A suivre.) o-o—o NOUVEAU REGLEMENTS SCOLAIRES if35 wî#{| r 0 usa»1 - d'en bir del y p Cette loi) fsiif suite êtree sieffi ceux ara div Gi Nous avons parcouru les règlements du comité catholique de l’instruction publique sanctionnés par arrêté en conseil du 17 juillet 1888.Ces règlements se rapportent aux examens des candidats, au brevet d’inspecteurs d’écoles ou d’instituteur, aux différents programmes, aux bureaux d’examinateurs, aux devoirs des inspecteurs, des instituteurs et des commissaires d’écoles, aux bâtisses et au mobilier scolaires, etc.Comme ces règlements seront distribués sous peu à tous les intéressés, nous ne les reprodui- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 55 rons pas textuellement dans V Enseignement 'primaire, mais nous conseillons fortement aux instituteurs et institutrices de les lire attentivement, de les étudier avec soin, de se les rendre aussi familiers que possible, d’y référer souvent, d’en faire enfin, leur indispensable vacle mecum, afin de les connaître tous jusque dans leurs plus petits détails.Cette étude leur sera personnellement d’une grande utilité, et leur fournira de puissants moyens de succès dans l’accomplissement des devoirs de leur charge.Nous appelons dès maintenant leur attention sur quelques articles en particulier, ainsi que sur le programme d’études approuvé, qui doit être exécuté fidèlement.D’après ce programme, les élèves de première, de deuxième et de troisième année, appartiennent au premier degré, et ceux de ^quatrième année au second degré du cours élémentaire, la cinquième et la sixième année constituent le cours modèle, et le cours académique comprend la septième et la huitième année.Les matières obligatoires dans chaque division ou année sont très clairement définies.Grâce à ce programme, l’instituteur saura d’une manière plus précise ce qu’il doit enseigner.Afin d’aider l’instituteur dans l’exécution du plan d’ensemble, ce qui ne laisse pas de présenter des difficultés pour les personnes qui n’ont pas fait d’études particulières sur l’enseignement, le programme est suivi de notes pédagogiques, dont nous ne saurions trop recommander l’étudeactive.Ces notes indiquent la marche à suivre, la méthode à appliquer, le but à atteindre dans l’enseignement ds différentes matières.Elles contiennent aussi un paragraphe très important sur le Cassement des élèves et la direction générale de l’école.C'est par une étude attentive de ces notes que l’on peut se rendre compte de l’esprit du programme, car ou ne doit pas oublier que ce n’est pas une exécution machinale et servile de ces règlements que l’on exige, l’important c’est que l’on enseigne conformément aux lois pédagogiques qui ont présidé à leur composition.Ainsi d’après ce programme, l’enseignement verbal et intuitif précède l’étude des.textes clas- siques, on fait surtout appel aux sens extérieure chez les commençants.On donne à la mémoire la place qui lui convient, et on s’adresse avant tout à l’intelligence.On stimule le zèle des élèves en unissant toujours la pratique à la théorie ; enfin la distribution des matières est faite de manière à ce que chaque année du cours d’études serve de répétition au cours précédent et de préparation pratique au cours suivant.On arrive aux généralités au moyen de nombreux exemples.On revient sans cesse sur les mêmes objets, et autour des notions déjà acquises on groupe les notions nouvelles.Les exceptions s’ajoutent à mesure que l’on ramène sur le tapis les règles générales déjà étudiées précédemment.Ce que nous venons de dire suffit pour démontrer que celui qui tenterait de mettre en pratique ce programme sans une préparation soignée et une étude attentive, ne saurait obtenir de succès satisfaisants.Que les instituteurs et les institutrices l’aient constamment sous les yeux, qu’ils le consultent sans cesse, qu’ils lisent et relisent les notes qui l’accompagnent, et eux-mêmes comme leurs élèves y trouveront leur profit.Sur certains points, les nouveaux règlements améliorent la condition du personnel enseignant.Ainsi, dorénavant, ce sont les commissaires qui doivent fournir dans chaque école, les poêles ou autres appareils de chauffage, les pelles, les tisonniers, les boîtes à bois, les pendules, cloches d’appel, timbres, ete.; il en est de même pour la craie, les brosses, les seaux, les tasses, les balais, les journaux de niasse.Ils devront faire balayer les classes tous les jours, et faire laver les planchers au moins tous les deux mois.Pendant la saison froide, ils feront allumer le feu une heure avant la classe ; ils ne pourront jamais exiger ces travaux des instituteurs ou des institutrices.Ces règlements, ainsi que ceux que nous allons citer encore, ont force de loi aujourd'hui, et les titulaires des écoles ont le droit d’exiger que les commissions scolaires s’y conforment.Les heures de classes sont limitées entre neuf heures du matin et quatre heures du soir.La récréation de midi doit-être d’au moins une heure et un quart.Le matin et l’après-midi, vers le 56 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE milieu de la classe, il y aura une récréation d’au moins dix minutes afin de ventiler la salle de classe.Les commissaires peuvent prescrire que la durée des classes soit moins longue.Les inspecteurs ne pourront accorder des prix dans les écries qu’aux conditions suivantes : que les commissaires d’écoles se conforment à la loi sur tous les points en général ; que le grogramme soit suivi aussi fidèlement que possible; que l’école soit bien tenue, et qu’on y trouve un ré-gistre pour les visiteurs.Il y a, tant pour les instituteurs que pour les élèves, un règlement complet qui précise les devoirs respectifs des uns et des autres et fera éviter bien des difficultés.A partir de l’année prochaine, les candidats au brevet d’instituteur seront tenues de passer des examens plus sérieux et plus sévères que par le passé.Dans le nouveau programme on a fait disparaître une anomalie qui sautait aux yeux.On exigeait dans les écoles l’enseignement du dessin, de l’agriculture, de la lecture raisonnée, de la composition littéraire, etc., et on n’exigeait pas ces connaissances des candidats ; ils pouvaient obtenir leur brevet tout en ignorant plusieurs matières qu’ils étaient tenus d’enseigner.On a changé cela.Dorénavant, on donnera un sujet de rédaction et on demandera l’explication raisonnée d’une page de lecture, même pour l’obtention d’un diplôme élémentaire.Nous trouvons que cela est raisonnable et logique.On ne peut pas enseigner ce qu’on ignore, bien que Jacotot ait dit le contraire.Une personne qui ne sait pas écrire une lettre convenable au point de vue du style et de l’orthographe, et qui ne sait pas rendre compte de sa lecture, ne doit pas êlre à sa place dans l’enseignement.Pour l’arithmétique on demandera des regies d'application, et non pas seulement des règles purement théoriques et abstraites.On conçoit que la mise en opération de ces nouveaux règlements resterait lettre morte, dans la plus grande partie des cas, sans l’intervention directe de l’inspecteur.C’est sur ses épaules que retombe tout le fardeau, car les jeunes insti-u trices qui n’ont pas fait à l’école normale une étude spéciale de l’enseignement ne sauraient en saisir toute la portée.C’est donc à lui, et à lui seul, de donner aux titulaires des écoles qu’il visite toutes les instructions, tous les renseignements dont ils ont besoin pour que ces règlements soient compris et appliqués, pour que les notes pédagogiques qui les accompagnent profitent à ceux ou à celles auxquels elles sont destinées.On pourra peut-être objecter qui l’inspecteur a déjà beaucoup à faire, et que, lui imposer un nouveau travail, serait l’exposer à négliger d’autres devoirs urgents.Nous savons que ces fonctionnaires ont une grande responsabitité, que leur tâche est très lourde, en tenant compte du maigre salaire qu’ils reçoivent, mais après tout, puisque l’on a fait de nouveaux règlements il faut les mettre en pratique, et qui, à part l’inspecteur, serait en mesure de les faire exécuter ?Tous ceux qui connaissent le mécanisme de notre organisation scolaire ont accueilli avec joie la refonte des anciens règlements.Mais puisque cette nouvelle mesure impose aux inspecteurs une tâche plus lourde et plus difficile, il serait de toute justice d’augmenter leur traitement en conésquence.Si, pour initier les instituteurs aux nouveaux règlements, ce fonctionnaire est obligé de passer une journée de plus par paroisse, pour expliquer à chacun ce qu’il doit faire, c’est une dépense de cinq à six piastres de plus à ajouter à ses dépenses ordinaires, et si son district se compose de dix paroisses, cela fera une augmentation de cinquante à soixante piastres, et s’il fait deux visites par année, cette somme sera doublée.Connaissant les bonnes dispositions de nos législateurs, tant ministériels qu’oppositionnistes, au sujet de la grande cause de l’instruction publique, nous soumettons ce3 faits à leur sérieuse considération, et nous sommes convaincu qu’ils n’hésiteront pas à voter une somme supplémentaire suffisante pour permettre aux inspecteurs d’écoles de donner aux instituteurs toutes les instructions nécessaires pour mettre à exécution les nouveaux programmes.Voilà, en résumé, une analyse succincte d’une mesure pédagogique dont la nécessité s’imposait depuis longtemps, et ceux qui se sont chargés de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 51 la pénible tâche de la mener à bonne fin ont acquis des droits incontestables à la reconnais-I sance de tous les amis de l’éducation de la jeunesse, et surtout du personnel enseignant, -O -0-~ - [ LE ROLE DU MAITRE ET CELUI DU LIVRE Le maître et le livre ont chacun leur rôle à l’école primaire.Le maître a la parole qui frappe, captive, démontre, explique, répète et imprime enfin les choses, les faits, les règles, dans l’entendement des auditeurs, t Le livre a aussi cette même parole, mais L fixée et non plus volante, condensée, résumée dans un certain nombre d’idées suffisantes pour rappeler le fond des développements donnés par le maître.Mais avant d’examiner par le détail ce que prescrivent, à l’égard de ces deux actions différentes, les principes de la pédagogie moderne, il n’est peut-être pas superflu de jeter un coup d’œil non pas sur les écoles de l’antiquité, cela serait bien inutile, mais simplement sur ce qui se passait dans nos propres écoles il n’y a pas plus de vingt à trente ans.Aussi bien, nos arguments ne pourront que gagner à cette comparaison, et les jeunes maîtres sauront non seulement ce qu’ils devront faire, mais encore ce qu’il leur faudra éviter.Transportons-nous donc, par la pensée, dans l’une de ces classes d’enseignement mutuel, vastes salles où une centaine d’enfants, quelquefois plus, se pressaient sur des enfilades de longues tables de dix à douze places chacune.Il est neuf heures du matin; les élèves viennent s’asseoir, et par un coup sec frappé sur l’estrade, le maître annonce qu’il va parler.Alors on entend cette sentence laconique prononcée d’une voix forte : Repassez vos leçons ! Aussitôt commence le brouhaha, bruit confus de cartons débouclés à la hâte, de livres feuilletés, bourdonnement sonore et continu qu’un autre coup de I signal arrête au bout de dix minutes : c- Aux cercles pour la récitation 1 ” Tout le monde se lève, les moniteurs se détachent des rangs et font face aux groupes, le livre à la main, ouvert à la leçon du jour, et munis d’un crayon et d’une liste sur laquelle sont inscrits les noms des élèves de leur division.C’est une leçon de grammaire qu’il s’agit de réciter.Le moniteur passe devant chaque élève, écoute attentivement si le mot à mot est bien rendu, note les fautes, les reprises, les répétitions, le mots passés, et, quand la série est épuisée, porte sa liste au maître qui dispensera suivant le cas, les récompenses ou les punitions.Après la récitation, on passe à la dictée, à l’analyse ou au calcul, mais c’est fini pour le livre: grammaires, arithmétiques, histoires sont serrées au fond du carton, d’où on ne les tirera que le soir à la sortie, pour noter le nombre de lignes à apprendre et à réciter le lendemain.Voilà quel était le rôle du livre dans les écoles lancastriennes : présenter à l’élève une matière qu’il devait apprendre par cœur et répéter en la comprenant comme il pouvait, très souvent sans en saisir le moindre mot.Quant au rôle du maître, il se bornait à une surveillance générale et à quelques explications données à la hâte au moment de l’indication de la leçon du jour.Et pourtant, à l’époque où Bell ou Lancaster propageaient le système, Rousseau avait déjà publié son livre VEmile, qui avait eu, dès l’origine, un immense retentissement.Frappé par l’abus que l’on faisait de la mémoire de l’enfant, il avait écrit ceci : u Emile n’apprendra rien par cœur, pas même des fables, pas même celles de la Fontaine, toutes naïves, toutes charmantes qn’elles sont : car les mots des fables ne sont pas plus les fables que les mots de l’histoire ne sont l'histoire.” (1) 1.Bien que Rousseau ait compris l’abus que l’on faisait de son temps de la mémoire, et qu’il ait essayé de i^agir contie un empirisme invétéré, l’absence de toute notion chrétienne dans son système rend son livre inacceptable.D’ailleurs il exagère énormément les théories qu’il expose. 58 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Rien de plus vrai, et il fallait que le nombre des instituteurs fût aussi restreint qu’il l’était pour que l’école mutuelle pût prospérer et eût môme une raison d’être.Nous verrons d’ailleurs tout à l’heure que Rousseau avait poussé la prescription de l’étude par cœur jusqu’à l’exagération.Le système pédagogique actuel qui substitue aux moniteurs l’enseignement direct du maître, a modifié complètement le rôle de celui-ci ; par suite, le rôle du livre a changé dans des proportions aussi heureuses, et nos écoles d’aujourd’hui, sous le rapport de l’enseignement qui s’y donne, ne rappellent en rien celles d’autrefois.Le rôle du maître à l’école primaire de nos jours est plus important que celui du livre ; il est essentiellement actif, et nous entendons parla que l’instituteur doit déployer les deux sortes d’activité, intellectuelle et physique.La valeur d’une leçon est basée sur ces deux qualités.Toute leçon de quelque nature qu’elle soit, est d’abord faite par le maître, et pour qu’elle soit bien faite, il a dû nécessairement y réfléchir quelque temps et en préparer les matériaux, autrement il court le risque de tomber dans l’incohérence ou de rester obscur ou incomplet pour les élèves qui l’écoutent.L’activité intellec tuelle trouve sa place dans cette préparation, ainsi que dans l’exposé qui la suit.L’activité physique s’exerce en même temps que les développements se déroulent; le maître ne reste pas inerte à son bureau où sa parole seule finirait par répandre l’ennui parmi son auditoire ; il se lève, étale devant lui les objets de son musée dont il a besoin, circule entre les tables, prend la craie, appuie ses démonstrations, éclaire ses explications par des exemples.Nous n’entrerons pas ici dans d’autres détails, ce serait sortir du sujet.Il est bien évident que les pi océdés p édagogiques em ployés pour faire la leçon diffèrent suivant que l’on s’adresse aux enfants des cours élémentaire, muyen ou supérieur.Ce qu'il importe seulement d’établir, c’est le rôle prépondérant du maître de la leçon, c’est qu’il ne doit être question du livre que lorsque la parole du maître est venue apporter la lumière, que tout est clair dans l’esprit de l’élève, et que celui-ci, en ouvrant sou livre, n’éprouvera aucune difficulté pour comprendre ce qui y est contenu.Alors apparaît le rôle du livre, et ce rôle, bien que secondaire, n’en est pas moins important.Le livre, comme nous l’avons dit au début, résume les développements don- ;; nés par le maître.Avec des enfants aussi .jeunes que les nôtres, ces résumés sont nécessaires ; il faut qu’à un moment donné, ; l’enfant puisse retrouver une règle de grammaire ou d’arithmétique qu’il a besoin d’appliquer, qu’il puisse relire un chapitre d’histoire sainte dont les faits, malgré la parole claire et frappante du maître, ne sont peut-être pas tous restés dans sa mémoire.Le livre est donc un auxiliaire précieux; il aide à rentrer en possession du sens des choses ou leur suite, et c’est, en général, tout ce qu’il faut lui demander.Le tort serait de vouloir que l’élève confiât à sa mémoire tous les mots qu’il contient et ici nous trouvons que Rousseau a raison de mettre en garde les maîtres contre cette tendance à demander à leur élève le mot à mot de leur leçon.Dans le cours élémentaire, le rôle du maî- 1 tre est pour ainsi dire de tons les instants, tandis que celui du livre est relativement restreint.L’enseignement y est tout oral, ce sont des interrogations, des recherches socratiques, des leçons intuitives, des objets dessinés ou des exemples inscrits au tableau ; le livre, au début (et nous mettons de côté bien entendu le livre de lecture) est donc à peu près inutile, mais le besoin s’en fait ; sentir dès que l’enfant commence à faire des devoirs écrits; et le meilleur livre de cours élémentaire sera celui dont l’exposé j suivra la marche indiquée par la nature, ' c’est-à-dire où l’exemple précédera la règle, 1 et où l’on n’aura consigné, au surplus, que jj les pasties du cours compréhensibles pour | les jeunes enfants.Dans le cours moyen, le maître expose L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 59 ses leçons d’une manière moins enfantine ; cependant, ici encore, c’est au moyen d’exemples nombreux et variés qu’il amènera la règle, et il pourra entrer dans plus de détails lorsqu’il s’agira de morale, d’instruction civique, d’histoire ou de géographie.Dans ce cours, le livre est toujours nécessaire ; l’élève y retrouve toutes les traces de la leçon, et les éléments de ses réponses lorsque lemaître l’interrogera le lendemain.C’est principalement à la maison que l’élève consulte son livre, mais on peut aussi con sacrer une heure spéciale dans la journée à l’étude des leçons, à la condition toujours qu’elles aient été exposées préalablement par le maître.Plus on s’élève, plus apparaît la nécessité du livre.C’est ainsi qu’au cours supérieur, en raison de la variété des programmes, du nombre des matières qu’ils comportent, du besoin de revenir souvent (comme au cours moyen d’ailleurs) sur ce qui a été enseigné il serait impossible, sans le livre, de faire une besogne sérieuse.Il faudrait que l’élève écrivît lui-même son cours, ce qui occasionnerait une perte de temps considérable et n’aurait aucun caractère pratique.Disons, en terminant, avec tous les pédagogues de cette époque, que Rousseau se trompe lorsqu’il défend à son élève d’apprendre les fables de La Fontaine.Il est bien vrai, en effet, que les mots des fables ne sont pas les fables, mais lorsque le maître a eu soin d’expliquer préalablement et le sens de la fable, et le sens des tournures grammaticales, et le sens des mots, non seulement il n’y a aucun inconvénient à ce que l’enfant apprenne la fable par cœur dans le livre, mais cette étude est de la plus haute importance pour cultiver sa mémoire, enrichir son vocabulaire de mots, d’expressions, de tournures dont il aura besoin pour s’exprimer et rédiger, et orner son esprit de saines maximes dont il fera plus tard son profit.Et non seulement l’étude des fables à son utilité, mais aussi celle de tout morceau de prose ou de vers provenant de nos auteurs classiques, pourvu que le sujet en soit à la portée des élèves qui l’apprennent.Tels sont les rôles du maître et du livre dans nos écoles primaires.Point de bonne leçon sans la parole du maître ; point de travail pratique sans le livre qui la rappelle.Bien que marchant l’un devant l’autre ces deux agents concourront an même but, et ils forment à la fois la trame et la chaîne de toute bonne méthode d’enseignement.A.Delapierre.-C —Q——- PARTIE PRATIQUE I DICTÉE UNE LÉGENDE On dit que le démon se présenta un jour devant un homme et lui dit en le menaçant: Tu vas mourir, à moins que tu ne m’obéisses et n’accomplisses un des trois commandements que je vais te faire : tue ton père, ou frappe ta sœur, ou bois du vin.Le pauvre homme, épouvanté, s’écria : Moi, tuer mon père qui m’a donné la vie, jamais ! Frapper ma sœur qui est si bonne pour moi, ce serait abominable, eh bien, s’il le faut, je boirai du vin.” Il fit comme il l’avait dit, il but et il devint ivrogne ; et un jour qu’il était ivre, il maltraita sa sœur et tua son père.IJivrogne-rie est le pire de tous les vices, il mène aux plus grands crimes.QUESTIONS ET EXPLICATIONS Cette dictée contient-elle un nom propre?Non.—Comment le savez-vous ?— Expliquez ce que c’est qu’un nom propre.Ce que c’est qu’un nom commun.— Qu’entend-on par les noms démon, ivrogne, ivrognerie.— Pourquoi l'ivrognerie est-elle le pire de tousles vices?Exercices et devoirs.Relever tous les noms de la dictée.Mettre au pluriel ceux qui sont au singulier, et au singulier ceux qui sont au pluriel.— Donner à chaque nom un qualificatif. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 60 II DICTÉE LES MAISONS DE NEIGE Les Esquimaux, habitants des sombres et glaciales contrées du nord de l’Amérique, vivent tout l’hiver dans des huttes de neige.Ces huttes sont arrondies, hémisphériques ; les ouvertures qui servent de fenêtres sont fermées avec de la glace en guise de vitres.On n’y fait pas de feu ; elles sont chauffées et éclairées tout à la fois par des lampes fumeuses ayant la forme d’une saucière ; ces lampes renferment de l’huile dans laquelle nagent un grand nombre de petites mèches qui, allumées, répandent une lueur rougeâtre.Quelquefois la chaleur des lampes, des chiens et des gens, est assez forte pour produire un commencement de fusion, et l’eau goutte des parois ; mais une simple friction avec de la neige nouvelle suffit à la réparation.On n’v voit aucun meuble; tout autour une couche de neige un peu plus élevée que le sol et recouverte de peaux sert de siège et de lit.Ces huttes sont très blanches et très propres lorsqu’elles viennent d’être construites, mais elles ne tardent pas à se salir, et au printemps elles commencent à fondre.Les Esquimaux les quittent alors pour habiter des cabanes construites au moyen de morceaux de bois apportés sur le rivage par les courants et provenant des contrées plus fortunées où les arbres peuvent croître.EXPLICATIONS ET EXERCICES Esquimaux (margeurs de poissons crus).Ils habitent particulièrement le Groenland (à montrer sur la carte).Ils sont comme les Lapons et les Samoyèdes, beaucoup plus petits que les autres hommes.Ils ont la tète très grosse et paraissent appartenir à la race jaune.La chasse et surtout la pêche sont leurs principales ressources.Ils font commerce de fourrures et de poissons.Le Groenland renferme les ours blancs, les renards, les rennes, les lié -res blancs, les chiens qu’on attelle aux tr.ineaux et dont on mange la chair ; beaucoup d’oiseaux aquatiques dont une espèce l’eîder, fournit l’étredon.Les mers sont habitées par les baleines et diverses espèces de phoques.Pendant l’été — très court, mais parfois très chaud — le sol se couvre d’un peu d’herbe courte et maigre qui, avec quelque arbrisseaux à baies, de petits saules et des bouleaux sont les seuls végétaux du pays.Le courant de la mer apporte des bois flottants aux habitants du Greenland.En hiver le soleil disparaît pendant six semaines; la clarté de la lune, des étoiles et surtout des aurores boréales diminue heureusement cette longue nuit.Rechercher dans la première phrase la partie qui remplit la fonction de complément déterminatif de Esquimaux.Remplacer ce complément déterminatif par une complétive déterminative et justifier la ponctuation de la phrase.Justifier l’emploi des épithètes sombres et glaciales jointes au nom contrées.— Lampes fumeuses : ces lampes ainsi que les marmites des Esquimaux, sont fabriquées avec une sorte de pierre appelée pierre ollaire.L’huile employée provient de la graisse des phoques.— Un commencement de fusion : la glace commence à fondre.On appelle fusion le passage d’un corps sous l’action de la chaleur, de l'état solide à l’état liquide.— L'eau goutte des parois : l’eau tombe des faces inter, nés de la hutte, c’est-à-dire des murs et du plafond.Distinguer goutter de goûter.— Friction: frottement.Le terme friction désigne plus particulièrement les frottement exercés sur le corps.Orthographe d'usage.— Allumées, participe passé de allumer.La terminaison mer après a, i, u, ai, au, on, n’a qu’un seul m.Exemple : blâmer, allumer, essaimer; embaumer, enflammer, dérivé de flamme fait exception.Elle s’écrit avec deux m après e Exemple : nommer, consomner ; excepté chômer.— Quitte, quitter : Itter ne s’écrit avec deux l que dans quitter et acquitter.— Contrée : la plupart des des noms en è quoique du genre féminin sont terminés par la finale masculine é.Ne prennent la marque du féminin et se terminent par ée lo que les noms qui expriment l’idée de contenance : la hottée ; 2o les parti- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 61 ripes passés des verbes employés au féminin comme substantifs : la mariée ; 3o certains substan tifs : contrée.V.D.-o-o-o- III DICTÉE UN OURAGAN DANS L’iLE DE FRANCE Un de ces étés qui désolent de temps à autre les terres situées entre les tropiques vint étendre ici ses ravages.C’était vers la fin de décembre, lorsque pendant trois semaines, le soleil échauffe Y Ile-de-France de ses feux verticaux ; le ventde sud-est qui y règne presque toute l’année n'y souflait plus; de longs tourbillons de poussière s’élevaient sur les chemins et restaient suspendus en l’air ; la terre se fendait de toutes parts ; l’herbe était brûlée ; des exhalaisons chaudes sortaient du flanc des montagnes et la plupart des ruisseaux étaient desséchés ; aucun nuage ne venait du coté de la mer ; seulement, pendant le jour, des vapeurs rousses s’élevaient de dessus ses plaines et paraissaient, au coucher du soleil, comme les flammes d’un incendie ; la nuit môme n’apportait aucun rafraîchissement à l’atmosphère embrasée; Yorbede la lune, toute rouge, se levait dans un horizon embrumé d’une grandeur démesurée.Les troupeaux abattus sur les flancs des collines, le cou tendu vers le ciel, aspirant l’air, faisaient retentir les vallons de tristes mugissements ; le Cafre même qui les conduisait se couchait sur la terre pour y trouver de la fraîcheur : partout le sol était brûlànt, et l’air étouffant retentissait du bourdonnemen t des insectes qui cherchaient à se désaltérer dns le sang des hommes et des animaux.Bernardin de Saint-Pierre.EXPLICATIONS ET EXERCICES Les tropiques: les régions comprises entre les deux tropiques.On appelle tropique, en terme d’astronomie, le parallèle terrestre, correspondant à la latitude de 23o 28’, qui sépare la zone torride des zones tempérées.Il y a deux tropiques : le tropique du Cancer, qui est situé dans l’hémisphère boréal, et le tropique du Capricorne, qui est situé dans l’hémisphère austral.- Ile-de-France : ou île Maurice, grande île de l’Océan Indien, l’une des Mascareignes, au sud-est de l’Afrique, fut découverte en 1505 par le portuguais P.Mascarenhas.Les Français la possédèrent de 1703 à 1810.Elle appartient maintenant aux Anglais.— Feux verticaux : feux qui sont placés haut au-dessus de la tête.—Exhalaisons : vapeurs, odeurs qui s’échappent de certains corps.— L'orbe de la lune : le globe de la lune.— Horizon embrumé : horizon chargé de brouillard, de brume.— Le Cafre : habitant de la Cafrerie, vaste région de l’Afrique australe.1° Soulignez tous les participes passés et justifiez l'orthographe de ces participes.2° Soulignez tous les pronoms et les analyser grammaticalement.3° Analysez logiquement la dernière phrase.-o—o—o- ARITHMETIQUE Problèmes 1.Un voyageur a marché 85 jours.Pendant 76 jours il a fait 29J- milles en moyenne et les 9 derniers jours il a fait 35 milles.Que1 le distance a-t-il parcourue ?Solution : 29§- x 76 = 2242 milles 35% 9 = 315 2557 milles.—Eép.2.J’ai gardé pendant 9|- ans un commis que je payais $320 par an ; à son départ, je lui devais $413 ; combien lui ai-je donné ?Solutions : 320 x 9| = $3040 Je lui avais donné : $3040 - 413 = $2627.—Rép, 62 L’ENSEIG-N ÜRIENT PRIMAIRE 3.Dans une manufacture de chaussures, pendant 156 jours une machine a marché 14 heures par jour et le reste de l’année elle a marché 17 heures par jour.Cette machÎDe coud la semelle à 15 souliers ou bottes.Combien de paires de chaussures a-t-elle cousu des semelles pendant l’année ?Solution : L’année donne 300 jours d’ouvrage.156 x 14 = 2184 heures 300 - 156 = 144 x 17 = 2448 “ 4632 hrs.pend, l’année.4632 x 15 = 69480 69480= 2 = 34740 paires.—Eép.4.Un boucher a tué un bœuf pesant vivant 873 îbs ; quelle quantité de viande pourra-t-il vendre, si un tiers du poids est perdu comme déchet; combien produira le bœuf à 6J cts.la livre ?Solution : 873 = 3 = 291 Poids de la viande vendue : 873 -291 = 582 Ibs 6îj x 582 = $37.83 5.Un épicier a acheté 3676 îbs de sucre pour $202.18, et l’a revendue 7 cts.la livre.Combien a-t-il gagné ?Solution : Il a vendu : 7 cts x 3676 = $257.32.Il a gagné : $257.32 -$202.18 = $55.14.—Eép.6.Combien retirera-t-on à la banque pour un billet de $3592 à 7% pour 4 mois 10 jours?Solution : D’après la règle de 6% déjà expliquée, $3592 pour 2 mois à 6% donnerait TUx du capital, ou $35.92, et pour 4 mois le double, ou $35.92 x 2 = $71.84 + 10 jours = £ de 35.92 = 5.97.$71.84-l-5.98 = $77.82 = escompte à 6% et en ajoutant jf à 77.82 on aura : $77.81 + 12.97 = $ 90.79, escompte à 7% $3592 - $90.79 = $3501.21.—Eép.ALGËBEE Uu épicier a mêlé ensemb’e du thé de 90 cts.la livre avec d’autre de 28 cts.Le tout lui coûtait $61.20.Il a vendu ce mélange $0.50 la livre et a gagné $3.80.Combien de livres de chaque espèce avait-il mêlé ensemble ?Solution : Soit x le nombre de livres à 90 cts.; et y le nombre de livres à 28 cts.90x = le prix du premier, et 28//= “ second.90.e + 28// = le prix total.x + y = le nombre de îbs du mélange.50 (x f ?/) = le montant de la vente.(1) 50r + 50// = 6500 (2) 90j?+ 28// = 6120.Multipliez(l)par^|-28^-+ 28//= 3640.Soustrayez 62x = 2480 x = 40 îbs à $90 cts.Substituez la valeur de x dans (1) 2000 + 50//= 6500; transposez, 50//= (6500- 200) = 4500 y — 90 îbs à 28 cts.Preuve : 40 îbs à 90 cts = $36, 90ïb à 28 cts 25 20 $36.00 + $25.20 = $61.20, prix coû'ant.Daniel McSweeney.- O-0-0- CONFERENCE D’INSTITUTEURS \ De “ VElecteur''1 Au sujets de moyens à prendre pour que les instituteurs assistent aux conférences, M.C.J.Magnan prend la parole et dit : “ Les instituteurs assistent en petit nombre aux conférences; c’est bien malheureux, car dans ses réunions tout le monde profite de l’expérience des uns et des études des autres.Néanmoins les instituteurs qui ne viennent pas aux assises pédagogiques qui se L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 63 tiennent sous les auspices des écoles normales, ne sont pas toujours coupables de négligence, il s’en faut de beaucoup.La modicité de leur salaire est seule coupable.Un pauvre maître qui ne gagne que $150 à 200 ne peut pas, sans nuire à ses besoins domestiques, dépenser $10 par année pour payer ses frais de voyage de chez lui à Québec ou à Montréal pour assister aux conférences pédagogiques.Il a suggéré un moyen très pratique : les associations des instituteurs de Québec et de Montréal devraient prier le gouvernement de la province de faire voter tous les ans la modique somme de $200 pour chaque circonscription (il y en a deux), somme qui servirait, par l’entremise des principaux des écoles normales, à payer les frais de voyage de ceux qui se rendraient aux réunions.Ces quelques piastres rendraient un services immense à la cause de l’instruction primaire.M.Magnan ajouta que le gouvernement verrait certainement cette demande d’un bon œil, car l’honorable M.Mercier porte un très haut intérêt à ce qui touche de prêt l’instruction de la jeunesse.M.Toussaint, professeur à l’école normale, corrobora ce que M.Magnan avait dit, et déclara que le gouvernement Mercier faisait preuve d’un véritable dévouement à l’égard de la classe enseignante, si négligée dans notre province.Ces remarques sont accueillis avec plaisir par toute l’assistance.De la 11 Justice ” Notre jeune confrère, M.G J.Magnan, vient de recevoir une lettre très flatteuse de M.J.B.V.Géhant, ancien lecteur de l’université de Munich, Bavière, et auteur d’un grand nombre d’ouvrages pédagogiques, qui font autorité en Europe.M Géhant parle du livre de M.Magnan sur Y Enseignement primaire, en terme tout à fait sympathiques.Cette lettre est datée de Belfortville.STATISTIQUES D’après les dernières statistiques, le continent européen a une étendue de 6,233,060 milles carrés, dont 3,423,185 milles carrés appartiennent à la Russie, 391,000 à i'Autri-che-Hungrie, 338,000 à l’Allemagne.333,-435 à la France, 312,310 à l’Espagne, 231,915 à la Suède, 203,375 à la Norvège, 196.615 à la Grande-Bretagne et l’Irlande, 180,310 à l’Italie, 163,350 à la Turquie d’Europe et Bosnie, 88,810au Danemark,82.125 à la Roumanie, 55,690 au Portugal, 40,435 à la Grèce, 30,345 à la Servie, 25,875 à la Suisse, 20,225 à la Hollande, et 18,430 à la Belgique.L’empire russe en Europe couvre lui-seul plus de la moitié de tout le continent y compris le royaume de Pologne, le grand duché de Finland et une partie de la Cau-sasie.-o-o-o- PENSÉES La patience est un arbre dont la racine est amère et dont les fruits sont doux.Un cœur égoïste aime a être aimé ; un cœur chrétien aime à aimer sans retour.La fierté du cœur est l’attribut des honnêtes gens ; la fierté des manières est celui des sots.Le plus fin régal que l’on puisse offrir à la vanité d’un artiste, est celui de montrer l’émotion qu’on éprouve devant son œuvre.11 y a, dit un auteur anglais, trois choses auxquelles une femme doit ressembler et auxquelles aussi, elle ne doit pas ressembler.D abord elle doit ressembler à l’escargot qui garde constamment sa maison ; mais elle ne doit pas comme l’escargot mettre sur son dos tout ce qu’elle possède.En second lieu, elle doit ressembler à un écho qui ne parle que lorsqu’on l’interroge ; mais elle ne doit pas comme l’écho, chercher à avoir toujours le dernier mot.Troisièmement enfin, elle doit-être comme l’horloge de la ville, d’une exactitude et d’une régularité parfaite ; mais elle ne doit pas comme l’horloge faire assez de bruit pour être euten lue de toute la ville. 64 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DE LEÇONS DE CHOSES / à Vusage des Ecoles Primaires, Modèles et Académiques, 6/es Collèges, Couvents, etc., etc., etc.Par J.B.CLOUTIER, Projesseur à l'école normale Laval et Rédacteur de “ VEnseignement primaire.” Ce livre est indispensable à tous les instituteurs et institutrices qui ont à cœur de se conformer au désir du Conseil de l’Instruction publique au sujet des leçons de choses.En vente chez tous les libraires de Québec et chez MM.Cadieux et Derome J.B.Rolland, Beauchemin et Valois, à Montréal.LIVRES CLASSIQUES GRAMMAIRE DE LHOMOND AVEC SYNTAXE Revue par J.R.CLOUTIER DEVOIES GRAMMATICAUX PAR LE MÊME OU LE mm rüIBIKB 11711 BBS VXtWAWn PAR LE MÊME Tous ces livres ont été approuvés par le Conseil de l’Instruction publique, et sont en vente chez tons les libraires de Québec et de Montréal.
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