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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
jeudi 1 mai 1890
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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Références

L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1890-05, Collections de BAnQ.

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illME Année 3 1er MAI 1890 Numéro 9 JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTEES J.CLOUTIEK, Rédacteur-propriétaire Prix de l’abonnement : UN DOLLAR par an, invariablement payable d’avance Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction, devra êo à l’école normale Laval ; celles concernant l’administratif" no.30, rue de la Fabrique, Québec.F.J.O.CH1UVEÂU Celui qui a été une de nos gloires nationales depuis bientôt un demi siècle tuent de s’éteindre à l’âge de 70 ans.M.Chauveau naquit à Québec en 1820.Sa vie entière a élé consacrée à faire connaître, aimer et admirer le nom canadien-français.Il a été député, ministre, premier ministre, surintendant et ministre de l’Instruction publique.Lorsque la mort est venue le ravir à ses compatriotes, il était membre du Conseil de l’Instruction publique et shérif de Montréal.C’est comme orateur et écrivain qu’il passera à la postérité.Chaque fois que 110s grandes fêtes nationales revenaient, il était désigné comme l’interprêtre le plus fidèle et le plus éloquent de la nation.Ses écrits et ses discours demeureront, car ils sont tous marqués au coin du patriotisme le plus pur et le plus éclairé.Le Catt aôa b Cloutikr, professeur E, imprimeurs-éditeurs.SOMMAIRE.— Nécrologie: L’honorable P.-J.-O Chauveau.—Actes officiels: Erection et délimitation de municipalité scolaire.—Pédagogie : Utilité des études pédagogiques.—Causerie pédagogique — La lecture d’après M.Germain.— Partie Pratique : I, Dictée — Phrases détachées.—II, Dictée—L’Arabe et sa jument.—III, Dictée—Le déluge, par Chateaubriand—Divers: Almanach utile—Petite revue.—L’habitant canadien — Annonces.Les dépouilles mortelles de notre illustre frère ont été déposées dans la chapelle des Ursulines de Québec.Dors en paix, O noble figure, à l’ombre de cet antique couvent des filles de Marie de l’Incarnation, communauté aussi ancienne que notre histoire et qui protège sous sëspieuses ailes l’école normale Laval des filles que tu fondas il y a trente-trois ans ! Cette école normale, ainsi que celle des garçons, est un monument impérissable dressé sur ta tombe, monument que tes successeurs n’oseront jamais détruire par respect pour ta mémoire.C.J.Magnan.Actes officiels Département de l’instruction publique Délimitation de municipalités scolaires.Détacher de la municipalité scolaire de “Notre-Dame des Anges,” dans le comté de Missisquoi, le lot Ko.357 du cadastre de la paroisse de Saint-Sébastien, dans le comté d’Iberville, ainsi que les lots Nos.76, 77, 78, 93, 94 et 154 du cadastre de Stanbridge,' dans le dit comté de Missisquoi, et les annexer à la municipalité, scolaire de “ Saint-Sébastien,” dans le dit comté d’Iberville. 130 L’ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE Département de l’Instruction publique Erection d'une nouvelle municipalité scolaire.Département de l’Instruction publique Délimitation de municipalités scolaires.Détacher de la municipalité de “ Saint-Poly-carpe, ” dans le comté de Soulanges, le village de Saint-Polycarpe et l’ériger en municipalité scolaire distincte sous le nom de “ Village de la Station du Coteau,” avec les mêmes limites qui lui sont assignées par la proclamation du quatorze de février 1887.Avis de demande d'érection de municipalité Annexer à la municipalité de “ Sainte-Agnès de Ditchfield,” dans le comté de Beauce, la municipalité de “Saint-Charles Borromée,” telle qu’assignée par l’-arrêté en conseil No.410, du 23 octobre 1886, et comprenant les lots depuis le No.1 jusqu’à celui No.33, tous deux inclusivement, de3 neuf premiers rangs du canton Spaulding, dans le dit comté de Beauce, et rappeler le dit ordre en conseil No.410.des p: de fair jel le°r des iéf s inclio litote Détacher de la municipalité de St-Norbert, dans le comté d’Arthabaska, les lots Nos.326, 327, 328, 329, 330, 331 et 332 du cadastre de la paroisse de St-Norbert, et ‘les annexer à la municipalité de Chester-Nord, dans le dit comté, pour les fins scolaires.GÉDÉON OUIMET, ^Surintendant.AVIS De demande d'érection de Municipalités.Annexer à la municipalité scolaire de Saint-Donat, dans le comté de Eimouski, l’emplacement sur lequel est bâtie l’école de l’arrondissement No.2, de la dite municipalité, et le détaeher de celle de Saint-Luce, pour les fins scolaires.Avis de demande d'érection de Municipalités.Eriger en municipalité scolaire la ville de Vic-toriaville, dans le comté d’Arthabaska, avec les limites qui lui sont assignées dans le statut sanctionné le deux d’avril courant, intitulé : “ Loi constituant en corporation la ville de Victoria-ville, et crigeant la municipalité de la paroisse de Sainte-Victoire d’Arthabaska,” et ce, sous le nom de la Municipalité de la ville de Victoriaville, dans le comté d’Arthabaska ; Et d’ériger aussi la paroisse de Sainte-Victoire d’Arthabaska, sous le nom de la Municipalité de la paroisse de Sainte-Victoire, dans le comté d’Arthabaska, avec les mêmes limites que celles décrites dans le dit scatnt, le tout pour les fins scolaires.GÉDEON OUIMET, Surintendant.;-0-o — le et ver PEDAGOGIE UTILITÉ ET BUT DES ÉTUDES PÉDAGOGIQUES t: Qu’est-ce que l’art de l’éducation, disait au commencement de ce siècle, un philosophe, si ce n’est l’application de règles déduites de notre expérience ou de celle des autres sur les moyens les plus efficaces de cultiver les facultés intellectuelles et morales.” Paroles pleines de sens, qui tracent à chacun de nous la marche a suivre pour arriver à bien élever la jeunesse.Et d’abord, qui ne sait que l’expérience est en toute chose le résultat de la pratique de la vie ?Dans l’art d’élever les enfants, elle est le résultat de la pratique de l’éducation.Nulle à l’origine, et c’est naturelle^ ment le cas des jeunes gens qui débutent dans la carrière, l'expérience va en croissant à mesure qu’on avance en âge.C’est à une condition pourtant, celle d’observer avec attention.Sous ce v rapport, les meilleurs éducateurs, si l’on nous permet d’employer ce mot encore peu usité, mais qui le sera davantage quand on comprendra mieux l’importance de l’éducation sont ceux qui observent le mieux.L’observation, toutefois, appliquée à l’é location n’est point simple, comme on pourrait le croire ; elle est double, au contraire ; elie comprend à la fois l’observation des enfants et celle de soi-même.L’observation des enfants est l’étude de qu’un I porl fail B [villi): L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 131 WfJ, agi dgpiiii 'Glÿl'ES- JIS races ( i caractère et de leurs dispositions, de ;s aptitudes et de leurs penchants, faite eux-mêmes, afin d’arriver à la connais-e des moyens dont l’emploi permet le ix de faire pénétrer dans leur intelli-;e et leur mémoire les notions qu’on leur donner, de prévenir ou de cornbat-au besoin l’invasion ou le développent des défauts, de seconder l’essor des •nés inclinations, et de faire contracter îabitudes qui doivent être le résultat de ucation et qui sont la garantie d’une vie ¦ale et vertueuse.ette énumération, longue en apparence, pourtant fort incomplète ; elle n’em-sse qu’une partie des points sur lesquels se porter l’attention des maîtres.Il it, d’ailleurs, de la piésenter à l’esprit ir qu’on reconnaisse aussitôt combien iservation des enfants est indispensable à ii qui veut réussir dans l’œuvre de l’édu-ion.n’en est point ainsi de l’observation de même.Si, pour peu qu’on y réfléchisse, voit sans peine combien il importe d’étu-repotr la nature des êtres qu’on s’est chargé ormer, pour travailler avec succès à leur 'ectionnement intellectuel et moral, on comprend pas aussi bien comment l’ob-vation de soi-même peut être nécessaire accomplissement de cette tâche.Rien tel st plus vrai cependant.Le succès de nos èuteOns et de nos avis, dans l’enseignement oissaibme dans l’éducation, ne dépend pas seu-aent de la disposition de nos élèves, il ave )end aussi de nous et de notre manière tgir avec eux.ue de fois, en effet, selon notre disposi-du moment, nous les reprenons d’un chagrin et bourru, nous les gourmands, les punissons pour de légères fautes dans d’autres circonstances, passeraient 1» Perçues ou ne motiveraient de notre part une simple observation ! Si nous prêtions oreille attentive, ne pourrions-nous pas endre quelquefois nos élèves dire entretout bas, dès le matin.“ Gare à nous ! va mal aujourd’ hui ; le maître est de mau-lse humeur.” Et en effet, presque toute la élite illeoi eseï ifi pool ll( classe se sent de celte mauvaise humeur; les gronderies et les punitions pieu vent sur la tête des écoliers et l’on se sépare mécontents les uns des autres, après une classe qui n’a pas profité à l’instruction, mais qui, par contre, a beaucoup éloigné du but.Que de fois nous brusquons ces pauvres enfants, parce qu’ils ne comprennent pas des choses que nous ne leur avons peut-être pas expliquées d’une manière assez claire, leur imputant ainsi un tort qui n’est qu’à nous ! Que de fois aussi, dans notre désir d’arriver promptement au but que nous nous sommes tracé, nous nous irritons de la lenteur des élèves, nous les pressons, nous les harcelons, sans nous apercevoir que ces impatiences et ces brusqueries ne font que jeter encore plus le trouble et la confusion dans leur esprit ! Si l’on veut bien nous permettre de parler de nous, ce qu’on excusera sans doute d’au tant plus aisément qu’il ne s’agit pasj de nous louer, mais plutôt de nous accuser, nous dirons que toujours, en rentrant en nous-même après une leçon qui nous avait peu satisfait, soit parce que les élèves avaient mal compris et nous avaient fatigué par leur ignorance, soit parce que nous n’avions pas réussi à les intéresser ou^bien à agir sur leur esprit et leur cœur, nous avons été forcé de reconnaître que la faute en était à nous, spécialement à nous, el non à nos élèves.Nous n’avions pas su nous y prendre, nous n’avions pas commencé par où il fallait, ni suivi l’ordre convenable ; la patience nous avait fait défaut, et, en voulant aller trop vite, nous avions donné des explications insuffisantes et par suite obscures ; notre parole n’avait eu ni le ton persuasif qui gagne les cœurs, ni cette chaleur communicative qui les pénètre et les transforme.Nos élèves, en réalité, n’étaient pas coupables ; c’était nous, nous seul qu’il fallait accuser.Que de fois nous avons du nous faire cet humiliant aveu ! Mais il nous a été profitable eu ce qu’il nous a graduellement empêché de retomber aussi souvent dans les mêmes fautes.—V Evangéline. 132 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE CAUSERIE PÉDAGOGIQUE TERMINOLOGIE GRAMMANTICALE Toute science, tout art a son vocabulaire spécial dont la connaissance complète et strictement précise est indispensable pour l’étude de cet art ou de cette science.Il y a d’abord les mots techniques n’ayant qu’une acception exclusive : métalloïde (chimie), sinus (trigonométrie), trille (musique).Il y en a d’autres qui appartiennent aussi au langage ordinaire, mais qui prennent dans les sciences qui les emploient un sens étroit et tout à fait particulier : action, exception (jurisprudence), spéculation (philosophie,) etc.Or, les enfants, que la nécessité de s’instruire oblige à aborder de bonne heure une foule de mots de ce genre, répugnent par nature à cette assimilation.Tenez ! le système métrique, qui n’est pas au fond bien compliqué, serait dix fois plus tôt et plus facilement appris s’il n’était pas hérissé de noms aussi insolites que rébarbatifs.Mais qu’v faire?la science n’a pas été inventée pour les enfants, et, si ses voies sont parfois pénibles à suivre, c’est à nous d’y conduire nos écoliers avec assez d’habileté et de précaution pour les y faire avancer à pas sûrs et sans trop de fatigue.Donc, s’il est exact de dire, comme l’a dit un penseur, qu’une science n’est qu’une langue bien faite, on voit combien il importe de fixer exactement le sens des termes employés, pour prévenir toute erreur ou toute-obscurité.On me dira : il y a les définitions.Cela est vrai.Mais d’abord je ne suis pas bien sûr qu’on s’attacne toujours à les faire assez minutieusement comprendre (et dans une définition le moindre détail est important !), au lieu de se contenter de les faire répéter de confiance ; puis la définition ne dit pas tout ce qui serait utile à dire ; enfin, dans les livres élémentaires mis entre les mains if P aie- CCS lî.Cf des élèves, tous les termes techniques sont pas définis.Prenons quelques exemples pour précis ma pensée et la justifier.Je les empruntei à la terminologie grammaticale, où les e pressions se prêtent moins qu’ailleurs a d comparaisons concrètes et offrent par cons quent un sens plus difficile à faire saisir.On définit l’adjectif ; un mot qui marcp les qualités du substantif ou qui le déte mine en y ajoutant (suivant le cas) une id de possession, d’indication, etc.Cette simp donnée ne saurait permettre à des espri enfantins de ne pas confondre, par exempt comme ils le font si souvent, ce adjec démonstratif avec ce pronom démonstrat —On leur dit : le pronom ce se distingue l’adjectif ce en ce que le premier précè immédiatement le verbe être : ce sont amis ; au lieu que ce adjectif démonstratif! toujours placé avant un nom ou un adjec qualificatif : ce livre, ce grand arbre.Lq cri rium est commode, mais peu rationnel, semble, à présenter ainsi les choses, qu n’y ait là qu’une simple coïncidence,—cor tante, sans doute, mais ne résultant point l’essence môme des mots en question.Au lieu de cela, dites : le mot adjec, signifie jeté vers, mis à côté de (sous-enti du : du substantif).Le propre de l’adjec est donc d’etre mis à côté d’un substant tandis que le propre du pronom [pro nom pour le nom) est de le remplacer.— Dès K® la lumière est faite, et ce qui n’était q l’application inintelligente d’un procéf empirique devient une opération éclairée jugement.Et le mot détermine, que j’ai écrit plus ha combien d’enfants savent au juste ce qu veut dire ! Vous faites analyser les mots : monchap^ noir.Vous faites écrire à mon : “ adjecti détermine chapeau''’ et h.noir: “adjecti qualifie chapeau ”.Pourquoi à l’un l,qua fie ” et à l’autre “ détermine ” ?Sans con ter qu’on pourrait soutenir que mon quali aussi chapeau, puisqu’il lui attribue uneq lité, celle de m’appartenir ! (Ceci estindisi sent lalïi m L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 138 tae, car si j’écris : mon propre chapeau, nul jfte que le mot propre, qui n’indique pas ,tre qualité que celle-là, est un adjectif lificatif.) yez donc soin d’expliquer le mot déter-e_ Déterminer, c’est faire connaître ctement de quelle personne ou de quel et q est question.Dans l’expression : mon peau noir, ce n’est pas la couleur du cha-u qui le désigne : il y a tant de chapeaux rs ! c’est le mot mon., à moins que je ie plusieurs chapeaux noirs, auquel cas lotgj: mais dû m’exprimer autrement, i quille meme, certains maîtres font écrire: îcaslj?, article simple, détermine.” Le ne déterre rien.Quand je dis : Le cheval de mon ïmr&estnoir, cheval est bien déterminé (toilers à la condition que mon frère n’aitqu’ un ,eval) mais il l’est par son complément, e mon frère,” et non par l’article le.Celui-annonce simplement que le nom qui le suit nier Jra déterminé.Je ne saurais dire, en effet, ns une étrange obscurité : Le cheval est noir, J faut que je dise de quel cheval j’entends nuj rler, c’est-à-dire hue .Ie le détermine.Mè-[ e si j’emploie ce nom dans un sens général: ' e cheval est un quadrupède intelligent, c’est la mite de la phrase qui indiquera ce sens, fallait connaître que j’entends parler non d’un idividu, mais de l’espèce cheval, ce qui est core une manière de déterminer le mot.Et les temps des verbes ! Présent, passe, utur, cela se comprend.Mais en voici un ni se nomme imparfait.Quel singulier nom! i-t-il quelque tare secrète, qu’on lui ait in-igécette dénomination humiliante ?Pour le laver d’un pareil soupçon, il suffit ’analyser le mot : une racine, jûu'L et deux jréfîxe : per (changé en par) et in (changé en m), Le préfixe per (ou par) indique l’achèvement., G’ est dans ce sens qu’on dit: u par-faire, parachever son oeuvre.” Le mot parfait (qu’on trouve dans quelques grammaires à la place du passé défiai) indique donc une action complètement terminée : César conquit la Gaule.Le préfixe in en im marque une négation.Vimparfait doit donc indiquer une action ou un état n’ayant pas encore pris fin au moment où se place l’action prin- cipale : Je lisais quand vous êtes entré (je n’avais pas fini de lire).Les mots futur antérieur présentent une contradiction apparente.G’estqu’ici comme tout à l’heure, le moment de l’action s’établit par rapport au moment de faction principale ; et, l’action principale étant au futur il peut se faire qu’une autre action quoique antérieure à celle-là, soit néanmoins au futur aussi : J e serai partis quand vous reviendrez.Il s’agit de deux faits à venir, mais dont l’un, mon départ, précédera l’autre, votre retour.Verbe impersonnel, verbe unipersonnel : laquelle de ces dénominations faut-il préférer?Gela dépend.—Si vous voulez marquer que ces sortes de verbes ne se conjuguent qu’à une seule personne, dites: ver be unipersonnel.— Si vous voulez marquer que l’action qu’ils indiquent n’est faite par personne, n’a pas d’auteur agissant: il faut, il tourne, dites verbe impersonnel.Il est évident que je n’ai pas la prétention de rien apprendre aux maîtres en rappelant ces notions élémentaires.J’ai voulu simplement appeler leur attention sur les obscurités que présentent pour leurs écoliers mille termes ou rubriques constamment employés par ceux-ci et qu’on ne se préoccupe pas assez, je crois, de leur expliquer.Dira-t-on qu’on no saurait entrer avec des élèves d’écoles primaires dans des discussions de ce genre ?.C’est une erreur absolue.Il est bien entendu, d’ailleurs, que là comme en toutes choses on devra éviter de tomber dans l’excès.Mais les quelques points que ie viens d’indiquer font assez voir que de telles questions sont plus faciles à expliquer que cent vérités dont on aborde la démonstration, dès le cours moyen, telles que le rapport de l’are avec le mètre carré par exemple, et les relations réciproques des multiples et sous-muh tipies de fini et de l’autre.Quant à futilité qu’il y a à donner de tels éclaircissements, elle est indiscutable.La grammaire sera par là rendue plus lucide et plus intéressante, au lieu de n’être pour nos écoliers qu’une suite de formules indigestes et incomprises.Roger Liquirr. 134 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LA LECTURE D’APRÈS M.GERMAIN Je commence par l’enseignement élémentaire de la lecture et de l’écriture, et je vous convie à me suivre, par la pensée, dans une école primaire.Nous avons devant nous un instituteur de la vieille école, formé dans un établissement normal peu après 1842 ou antérieurement ; peut-être même n’a-t-il jamais suivi les cours d’une école normale.Voyons comment il enseigne la lecture et l’écriture élémentaires.Consultons d’abord le livret de lecture.11 est imprimé en lettres moulées et ne permet guère de combiner l’écriture et la lecture.Les voyelles viennent d’abord, en second lieu la longue série des consonnes, puis un nombre interminable de combinaisons ou syllabes, et enfin, mais beaucoup trop tard, des mots et de petites phrases.Voyons l’instituteur à l’œuvre.Au moment où nous entrons, ses élèves ont le livret ouvert devant eux.L’instituteur prononce lui-même les syllabes et les fait ensuite répéter par les enfants : c’est là toute la méthode.Ce qu’il a fait le matin pendant une grosse demi-heure, il le recommencera l’après-midi, et le lendemain ce sera la même chose.Comment occupe-t-il la division inférieure pendant qu’il enseigne aux autres élèves ?Les petits enfants passent des heures entières couchés sur leur livret qu’ils déchirent pour se distraire, ou bien ils imitent sur l’ardoise les caractères imprimés du livret.Le dessin des caractères imprimés aide à graver la forme des lettres dans l’esprit., mais il est nuisible à l’enseignement de l’écriture et ne présente aucune utilité pour la vie pratique.J’ai rencontré beaucoup d’écolesflamandes où la lecture s’enseignait ainsi.Je suis heureux de dire qu’à l’heure présente le nombre de ces instituteurs arriérés est très restreint.Quittons cette école ou règne la routine et rendons-nous à l’école voisine.Nous y rencontrons un instituteur formé j uliîé( lisait lanifl6 lisait jCitOB litres Dés' lien et à l’école normale, un homme qui aaprislp^ principes de la méthodologie et cherche ait appliquer.Nous constatons d’abord qu’il fait marche de pair renseignement de l’écriture, de lecture etde l’orthographe.Il se1,dit avecra son qu’il faut exercer à la fois l’ouïe, la vue |icede( la parole et la main.Comment donne-t-il son enseignement?D’abord dans les premiers exercices, il soin de prononcer des mots ayant une signi fication pour les enfants ; il écarte de cet façon le caractère abstrait de l’enseignemen de l’écriture et de la lecture.Ces mots son décomposés en syllabes.Pendant qu’ilécr au tableau noir, les élèves écrivent sur Par doise tout en prononçant les sons.L’exercic terminé, les enfants lisent, à tour de rôle tantôt ce qui est écrit au tableau, tantôt 1 dictée sur l’ardoise.Il veille à ce que chaque leçon, par 1 choix des mots et des phrases, offre un ali ment à la culture intellectuelle et morale sans jamais sortir du cercle d’idées et d sentiments que les exercices de langage e les leçons de choses ont déjà rendus, du| moins en partie, familiers à l’enfant.Il présente à l’élève les lettres une à une, d’après un mode de gradation logique, etilj cherche à arriver le plus tôt possible à la composition de mots et de petites phrases.Il évite avec soin de faire étudier des combinaisons qui n’existent pas dans la langue, et il introduit des exercices récapitulatifs dans chaque leçon.Le travail des premiers mois ne porte que sur des mots dans lesquels les lettres se prononcent de la même manière.Les enfants n’abordent l’étude des sons modifiés, des lettres muettes, etc , qu’après que les premières difficultés ont été vaincues.Pour prévenir l’ennui, l’instituteur donne des leçons très courtes, mais qui reviennent plusieurs fois par jour.La première leçon sur chaque difficulté nouvelle se donne au tableau noir; la seconde, à l’aide du livret.Afin de répondre au besoin de variété qui se manifeste chez l’enfant, l’instituteur alterne, autant que L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 135 possible, les exercices au tableau noir avec ceux qui se font au moyen du livret.Il répète souvent la meme leçon, mais, comme dit Montaigne, il a soin de la mettre en cent visages divers.Constatons que, dans les exercices, il s’efforce de combattre ce ton chanteur qu’on a qualifié de ton d’école.Il sait que la prononciation dépend de la manière d’émettre les voyelles, qu’elles doivent être prononcées avec netteté.Il sait que les mots doivent recevoir l’ac cent tonique et l’accent logique.Sans faire de théorie, il donne l’exemple dès les premières leçons, il enseigne à prononcer les mots convenablement, à placer l’accent là où il doit se trouver.Dès le premier jour, ses élèves prononcent bien et d’une manière accentuée.Il y a des écoles où l’on sépare les deux espèces de lectures : la lecture mécanique et la lecture expressive.Cette distinction est inutile : notre instituteur fait marcher de pair les deux lectures.Lorsqu’on compare cette école à celle que j’ai décrite en premier lieu, on se demande s’il ne faut pas profiter de l’expérience acquise, rassembler les élémeuts fondamentaux qui constituent la bonne méthode et se mettre ainsi en mesure de donner des directions aux instituteurs.C’est précisément ce que fait le programme du Gouvernement.11 indique qu’il faut conduire de front l’enseignement de l’écriture, de la lecture et de l'orthographe ; il montre la marche à suivre pour l’écriture, il recommande de ne faire lire que des leçons renfermant une notion utile et ne présentant, dans les premiers mois, aucune irrégularité d’orthographe et de prononciation.Il pre crit de combattre i’acceut local dès les premiers exercices, d’habituer les enfants à une prononriuion pure, à un langage bien articulé et suffisamment expressif, d’extirper le ton chanteur, le ton d’école.Tout ce qui porte à la controverse a été éliminé déprogramme.On y a inscrit préci- sément ce que tous les gens d’école, connaissant leur profession, étaient d’accord pour admettre.Quant aux procédés d’enseignement à suivre, le programme est muet ; on en a laissé le choix à l’appréciation des inspecteurs et des instituteurs, et l’on a bien fait.Je suis personnellement grand partisan de la méthode connue en Allemagne sous le nom de Schreiblessemethode (méthode d’écriture-lecture; ; on ne l’a pas imposée ; mais ce qu’on veut c’est que la lecture, l’écriture et l’orthographe marchent de pair, parce que ce sont les parties d’un meme tout, la représentation de la pensée, soit par des sons, soit par des signes.On n’a pas perdu de vue que ce premier enseignement doit contribuer au développement intellectuel et moral de l’enfant et l’on s’est attaché, dès les premières leçons, à faire lire des mots et des phrases ayant un sens, une portée morale.Voilà tout le programme pour la lecture et l’écriture élémentaires.Il a pour but de venir en aide principalement aux instituteurs médiocres, en leur traçant, d’après les données de l’expérience des bons maîtres, les règles fondamentales à suivre.Ceux qui ont observé les enfants savent combien il importe de leur faire lire des choses qu’ils comprennent.Je dirai tout à l’heure, au point de vue d’une autre branche, que l’enfant ne doit rédiger que les choses qu’il sait, qu’il pense, qu’il sent et qu’il veut.Dès le premier enseignement de la lecture, il faut appliquer ce principe.On ne perd jamais son temps à èffe logique.Je veux, pour ma part, que l’enfant, dès le début de ses études, soit persuadé qu’il ne faut absolument ne lire que ce qu’on com-pr< ml on du moins s’efforcer de comprendre tout ce qu’on lit.Il y a des écoles où 1 on ne s’occupe pas de faire comprendre le texte des lectures.Eh bien ! lorsque l’enfant aura contracté pendant un an ou deux l’hab.tude de lice ce qu’il ne comprend pas, il est a 136 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE craindre qu’il continue toute sa vie à lire et à parler sans réflexion.Ces explications peuvent suffire, je pense, pour cette partie du programme.Je crois pouvoir dire que l’auteur a profité des leçons des bonnes écoles, et qu’il a laissé aux inspecteurs et aux instituteurs un champ d’action très vaste.Je passe maintenant à un autre enseignement, à celui de la lecture expressive.Je pourrais prendre le degré moyen du programme, mais je serais beaucoup trop long si je devais traiter tout, je m’occuperai du degré supérieur.J’assistais un jour à une conférence d’instituteur dans la Flandre occidentale.Il y avait au programme une leçon de lecture à la division supérieure.Il était donc bien ici question de lecture logique ou expressive, comme on voudra l’appeler.Le sujet était l’explication de quelques strophes d’une pièce de Ledeganck, intitulée : Lofzavçj van list hind bij zijne ont ic aidai g.L’instituteur dans l’école duquel se faisait la conférence demanda à donner lui-même cette leçon.11 était relativement capable.Il commença la lecture du sujet, après quoi il aborda l’explication des mots les plus difficiles.Au cours de ses explications, il appliqua les bons principes ; il ne procéda pas par définitions abstraites : lorsqu’il s’agissaitde choses, il rappelait ce qu’il avait montré précédemment dans les exercices d’intuition; tantôt il remplaçait un mot par un mot plus simple, tantôt il se servait d’nn exemple et toujours il avait soin de contrôler ses explications en faisant composer de petites phrases par les élèves.Ceci n’avançait pas aussi facilement que je l’indique ici ; je me borne à tracer la marche que suivait l’instituteur.Tout cela est très bon, selon moi ; mais, à un moment donné, l’instituteur entre à pleines voiles dans l’enseignement de la grammaire, se mit à analyser certaines expressions, perdit de vue le fond du sujet, et le reste de la leçon devint un enseignement grammatical pur.Après quoi il lut lui-même le morceau comme la première fois, en y mettant peut-être plus d’expression, et invita ses élèves à lire à leur tour.La leçon terminée, une discussion s’établit sur la méthode suivie par l’instituteur et l’un des meilleurs membres de la conférence formula ses observations.Voici en substance ce qu’il dit : Il félicita l’instituteur, mais il exprima le regret que les enfants n’eussent pas été invités à donner la preuve qu’ils avaient Iule sujet avant la leçon.Il est important, disait-il, d’habituer les élèves au travail personnel.Je ne pus qu’applaudir à cette manière de voir.Il admit les explications qui avaient été données du sens des mots ; mais il se plaignit que l’instituteur n’eût pas faitl’analyse des pensées, strophe par strophe, en montrant comment chaque pensée avait été développée ; en un mot, il regrettait que la liaison, filiation des idées n’eût pas été étudiée.C’était de l’analyse littéraire au petit pied que demandait le critique.Il est évident que cette analyse peut se faire dans une classe élémentaire aussi bien que dans une classe supérieure.Le tout est de garder la mesure.Pour cela il faut connaître la force de ses éffives, savoir ce qu’on peut et ce qu’on ne peut pas leur dire.Un enfant d’une division supérieure comprend parfaitement l’instituteur qui montre que telle pensée découle de la précédente et prépare celle qui suit.Après l’analyse de la pensée, il fallait aussi s’occuper de la forme; non pas faire une analyse littéraire détaillée, étudier les figures, etc.; mais il y avait certaines choses qui, au point de vue du style, pouvaient être mises en lumières.Pendant la leçon de lecture, il faut laisser de côté tout ce qui touche à l’enseignement grammatical, pour la raison bien simple que quand on permet à l’instituteur d’expliquer, dans une même leçon, un morceau au point de vue de la pensée et de la grammaire, il est certain qu’il le traitera uniquement sous ce dernier rapport.Pourquoi ?Parce qu’on est toujours prêt à expliquer de la gram- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 137 maire, qu’on esta même de parler delà grammaire à propos de tout; tandis que pour étudier des morceaux, sous le rapport des pensées, il faut une préparation sérieuse.Le défaut des instituteurs qui ne préparent pas leurs leçons, c’est de faire constamment de la grammaire et de l’analyse grammaticale.,Te dirai incidemment que, dans la Flandre occidentale, j’avais recommandé de séparer complètement ies deux genres d’explications.Dans la première leçon, l’instituteur devait se borner à l’étude de la pensée et ne faire d’incursion dans le domaine grammatical qu’au tant que cela était nécessaire à l’intelligence du texte.Ainsi, pour arriver au sens, il est parfois besoin de démontrer l’enchaînement de certaines propositions.Dans ce cas, l’incursion dans le domaine grammatical est légitime ; mais, quant à l’explication grammaticale du morceau, il faut la donner dans des leçons spéciales.Un exercice souvent négligé 'consiste à obliger l’enfant à rapporter, dans son propre langage, la lecture qu’il a faite, et ce dans le but de lui faire montrer qu’il a compris ce qu’il a lu.Il ne suffit pas d’étudier le sujet sous le rapport de la pensée, il faut aussi s’occuper du sentiment, il faut qu’un nouveau dialogue s’établisse entre le maître et les élèves dans le but de rechercher le ton général'du morceau, les mots à accentuer, les passages à taire ressortir, les nuances à marquer.Le succès dépend ici, plus qu’en d’autres matières, du talent de l’instituteur.Disons en passant que le talent de bien lire est rare, non seulement en Belgique, mais en France; M.le Ministre Bardoux, chargea, il y a peu d’années, M.Legouvé, de l’Académie française, de publier à l’usage des écoles un traité de l’art de la lecture.Nous venons de rappeler les règles fondamentales à appliquer aux leçons de lecture.Eh bien, le programme officiel s’est inspiré de ces idées.Prenons le troisième degré du programme, qu’y voyons-nous ?On nous dit qu’il faut faire lire des su'p ts littéraires en prose et en vers, propres à l’enseignement pratique des devoirs moraux.On en a vue ici l’éducation intellectuelle, l’éducation morale et aussi le concours que la lecture doit apporter à l’enseignement d 3 la langue maternelle ; les hommes d'émle savent parfaitement que la lecture expliquée forme l’essence des études de langue maternelle de l’école primaire.Mais la lecture ne doit pas seulement servir à l’éducation morale, il faut aussi qu’on lise pour s’instruire; de là, nécessité de met tre dans ies livres de lecture des morceaux en rapport avec les leçons de choses et les leçons d’histoire naturelle, non pas pour remplacer ces leçons, mais pour les compléter; c’est ce que le programme a indiqué en disant u Sujets servant de complément aux leçons intuitives sur les notions de sciences naturelles et les connaissances utiles.” Un exercice qui est négligé dans beaucoup d’écoles c’est la récitation expressive des morceaux étudiés.Lorsqu’un morceau en prose ou en vers a été expliqué convenablement, qu’il a été lu avec expression, qu’il a été bien travaillé, on ne doit pas avoir peur do le confier à la mémoire.On a trop médit de la mémoire.La mémoire est un facteur puissant des études, mais à une condition : c’est que les choses qu’on lui confie aient été expliquées, classées, coordonnées.Lorsque ce travail a été fait, pourquoi ne pas fixer dans la mémoire de l’élève des modèles littéraires qu’il retiendra toute sa vie.C’est le moyen d’aider à l’enseignement du beau ; c’est aussi le moyen de mettre dans l’oreille de l’enfant le nombre et l’harmonie du langage.C’est donc avec raison que le programme a prescrit la récitation expressive de morceaux préalablement expliqués.On voudra sans doute bien reconnaître que toutes les indications du programme sont basées sur la pratique raisonnée de l’enseignement de la lecture.—Le Moniteur. 138 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PARTIE PRATIQUE I DICTÉE PHRASES DÉTACHÉES Notre courte existence sera ^bientôt finie.— Un voyageur ne doit jamais se séparer de son manteau.—Un charretier conduisait dans un chemin fangeux un charriot attelé de six chevaux.—Les roues do charriot enfonçaient dans la boue.—Une grenouille, un jour, voulut devenir aussi grosse qu’un bœuf.—Le bœuf était très gros : la grenouille était très petite.—La grenouille s’enfla et sa peau creva.—Le vaniteux et l’orgueilleux ressemblent souvent ü.cette grenouille.— La lune brillait sur les carreaux tachetés de gouttes de pluie.—Le petit oiseau reste dans son nid jusqu’à ce que ses 'petites ailes soient assez for.tes pour le soutenir dans l’air.—Ne fermons jamais notre porte au malheureux qui a faim.— Les petits oiseaux commencent à chanter leurs joyeuses chansons.— Le printemps est la plus joyeuse saison de l’année.—Les parents seront la cause de la perte de leurs enfants, s’ils les encouragent dans leurs mauvaises dispositions.EXERCICES ET ANALYSES Notre courte existence : analyser notre.Justifier l’orthog.de courte.—Manteau : comment les noms en eau forment-ils leur pluriel ?— Fangeux: comment les adjectifs terminés par un x forment-ils leur pluriel et leur féminin ?— Chevaux: le singulier de ce nom?Tous les noms en al forment-ils leur pluriel en aux ?—Une grenouille.aussi grosse : pourquoi grosse au féminin singulier 2—Sa peau : analyser sa.—Cette grenouille : analyser cette.—Ses petites ailes soient assez fortes : analyser ses.Justifier l’orthographe de petites et de fortes.— Leurs joyeuses chansons : analyser leurs.Pourquoi joyeus s au féminin pluriel ?Leurs mauvaises dispositions : analyser levas et mauvaises.Pourquoi ce dernier mot au féminin pluriel ?2O LE GOUT Croyez vous, mes enfants, qu’il soit nécessaire d’etre riche pour avoir du goût dans sa ' mise ?On ne paye pas fplus cher une étoffe d’indienne aux jolis dessins, aux couleurs harmonieuses, que la môme étoffe imprimée en teintes criardes.Et de cette étoffe il u’en coûte pas plus de faire une robe simple et seyante que de Varranger en falbelas ridicules pour singer les belles dames II est aussi aisé de disposer ses cheveux simplement, de façon à prêter au visage de la grâce que de se rendre ridicule par une coiffure prétentieuse ou mal plaisante, Et ainsi de tout jusqu’au moindre detail.Le goût ou l’absence de goût peut se faire voir dans le choix d’un bouton, d’un ruban, ou môme d’une boucle d’oreille.EXPLICATIONS Mise : manière de se vêtir.—Teintes criardes'.teintes qui tranchent trop fortement, qui font sur l’œil l’effet blessant que font des sons discordants sur l’oreille.—Seyant : qui va bien, qui sied .—Falbala : prop., large bande d’étoffe plissée que les femmes mettent au bas et autour de leurs jupes.On se sert souvent de ce mot par dénigrement pour désigner des toilettes excentriques, de mauvais goût, trop surchargées d’ornements.— Singer: imiter, contrefaire, avec l’infériorité qu’a le singe en contrefaisant l’homme.EXERCICES ET ANALYSES Croyez vous : quelle espèce de verbe ?(Verbe actif employé interrogativement).- On ne paye : qu’offre de particulier ce verbe?Le conjuguer.(Je faye, tu payes, it paye ou paie, nous payons, vous payez, ils payent ou paient.Je payais, nous payions, vous payiez; je payai ; je payerai ou paierai, ou paîrai ; je payerais, ou paieiais, ou paîrais; paye, papous; que je paye, que inus payions, que vous payiez ; que je payasse ; payant ; payé.On ne conçoit pas, dit Littré, pourquoi l’Académie ne conjugue pas ce verbe exactement comme employer, et ne substitue pas toujours l’i à ïy grec devant Ve muet).—On ne paye pas plus cher : pourquoi cher invariable? L’ENSEIGNEMENT PHI MAIRE 139 —Aux couleurs harmonieuses : justifier l’orthographe de harmonieuses.— Etoffe imprimée : justifier l’orthographe du participe.—Et de cette étoffe il rf en coûte pas plus de faire : la fonction de étoffe (compl.ind.de faire).— L'arranger : analyser V.Conjuguer et épeler le verbe à l’imparfait et au passé défini de l’indicatif.—Détail: rappeler la règle delà formation du pluriel dans les noms en ail.II D IC T É E l’Arabe et sa jument Un pauvre xArahe avait pour tout bien une magnifique jument : le consul (l) de France à Saïd (2) lui proposa de la lui acheter, dans l’intention de l’envoyer en France.L’Arabe balança (3) longtemps, mais il avait besoin d’argent; il y consentit et en demanda un prix considérable.Le consul mande (4) l’Arabe, qui arrive monté sur sa belle coursière, et il lui compte le prix qu’il avait demandé.L’Arabe couvert d’une pauvre natte (5), met pied à terre, regarde cet argent, il jette ensuite les yeux sur sa jument, soupire et lui dit : “ A qui vais-je te livrer ?à des Européens qui t’attacheront, qui te battront, qui te rendront malheureuse, reviens avec moi, ma mignonne, ma gazelle (G).Sois la joie de mes enfants ! ” Et laissant l’argent, il saute à cheval et reprend la route du désert.EXPLICATION DES MOTS ET DES PENSÉES (1) Consid.Titre qu’on donne à un agent diplomatique envoyé par un gouvernement dans une place étrangère, pour y protéger, non seulement la personne des nationaux en résidence ou en voyage, mais encore les opérations commerciales auxquelles ils se livrent.(2) S aid (ou Port-Saïd), ville de la basse Egypte, sur la Méditerranée, à l’entrée du canal de Suez.(3) Balancer.Etre en suspens, hésiter.(4) Mander que1quf un.Lui donner avis ou ordre de venir.(5) Natte.Sorte de tissu grossier fait de matières végétales qu’on entrelace de diverses manières (G) Gazelle.Nom donné à une espèce d’antilope remarquable par la douceur du regard la souplesse et la délicatesse des formes et la vitesse de la course.EXERCICES Quel est le sens de lui?Quelle foi ; et i on a-t-il toujours dans la phrase ?—Qu’est-ce que le mot en devant demanda ?—Quelle est la fonction de te dans ces expressions île battront te rendront malheureuse?Ce pronom est-il toujours complément direct ?—Donnez un exemple où il sera complément indirect.— Qu'est ce qu’un Arabe?Dites comment les Arabes soignent leurs chevaux et combien ils les aiment.Rapportez oralement l’anecdote ci-dessus.G.G.—Extrait de d Education Nationale.-o -o- III .DICTEE LE DÉLUGE Soit que Dieu (T), soulevant le bassin des mers, ait versé (2), sur les continents l'Océan troublé, soit que, détournant le soleil de sa route, il lui ait commandé (3), de se lever sur le pôle avec des signes funestes, il est certain (4) qu’un affreux déluge a ravagé (4) la terre.En ce temps-là (5), la race humaine fut presque anéantie.Toutes les querelles des nations finirent, toutes les révolutions cessèrent.Rois, peuples, armées (6) ennemies, suspendirent leurs haines sanglantes et s’embrassèrent, saisisd’ une mortelle frayeur.Les Temples se remplirent de suppliants qui avaient peut-être renié la Divinité toute leur vie (7) ; mais la.Divinité les renia à sou tour et bientôt on annonça que l’Océan tout entier était aussi à la porte des Temples.En vain les mères se sauvèrent avec leurs enfants sur le sommet des montagnes; en vain les hommes disputèrent aux cnrs effrayés la cime des chênes; l’oiseau même, chassé de branche en branche (8) par le flot toujours croissant, fatigua inutilement ses 140 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ailes sur des plaines d’eau sans rivages.Le soleil qui n’éclairait plus que la mort au travers des (9) nues livides, se montrait terne et violet comme un énorme cadavre (10) noyé dans les deux ; les volcans s’éteignirent en vomissant de tumultueuses fumées (11), et l’un (12) des quatre éléments, le feu, périt avec la lumière.Ce fut alors que (13) le monde se couvrit d’horribles ombres, d’où'sortaient (14) d’effroyables clameurs ; ce fut alors qu’au milieu des ténèbres,le reste des êtres vivants, le tigre et l’agneau, l’aigle et la colombe, le reptile et l’insecte, l’homme et la femme, gagnèrent tous ensemble la roche la plus escarpée du globe ; l’Océan les suivit, et, soulevantautour d’eux sa menaçante immensité, fit disparaître sous sès solitudes orageuses le dernier point de la terre.Dieu, ayant accompli sa vengeance, dit aux mers de rentrer dans l’abime ; mais il voulut imprimer sur ce globe des traces éternelles de son courroux: les dépouilles de l’éléphant des Indes s’entassèrent dans les régions de la Sibérie; les coquillages magel-laniques vinrent s’enfouir dans les carrières de la France ; des bancs entiers de corps marins s’arrêtèrent au sommet des Alpes, du Taurus et des Cordilières, et ces montagnes elles-mêmes furent les monuments que Dieu laissa dans les trois mondes pour marquer son triomphe sur les impies, comme un monarque plante un trophée dans le champ où il a défait ses ennemis.Chateaubriand.QUESTIONS io Pourquoi y a-t-il inversion dans l’ordre des propositions dont se compose la première phrase ?—2o Ait versé,.ait commandé.Qu’est-ce qui veut ces deux verbes au subjonctif ?— 3o II est certain.Quel est le sujet réel de cette proposition ?— 4o A ravagé.Pourquoi ce verbe est-il à l’indicatif après un verbe unipersonnel ?— 5o En ce temps-là.A quoi sert l’adverbe là, ainsi placé ?—Go Rois, peuples, armées.Pourquoi l’article est-il supprimé devant ces noms?—7o Toute leur vie.Quelle est la proposition sous-entendue devant ce complément ?— 8o Do branche en branche.Pourquoi l’article est-il supprimé?—Au travers des.Pourquoi emploie-t-on ici au travers et non à traversé — 10e Comme un énorme cadavre.A quel mot se rapporte cette expression qualificative ?— 110 De tumultueuses fumées.Pourquoi cle et non pas des ?—12o L'un.Pourrait-on employer un au lieu de l'un ?— 13o Ce fut.que.Pourquoi ces mots sont-ils explétifs?— 14o D'où sortaient.Dans quel sens devrait-on employer dont, et non pas d’où, avec le verbe sortir ?RÉPONSES lo II y a inversion dans l’ordre des propositions dont se compose la première phrase, parce que les deux propositions qui devraient être au commencement et dont les autres dépendent, se trouvent à la fin ; ces propositions sont : il est certain qu'un affreux déluge a ravagé la terre.2o Ait versé,.ait commandé.Ci qui veut ces deux verbes au subjonctif, c’est la conjonction soit que, dont ils sont précédés.3o II est certain.Cette proposition a pour sujet réel la proposition suivante, 4o A ravagé, est à l’indicatif après un verbe unipersonnel, parce que l’on exprime une idée de certitude, et que les verbes unipersonnels ne veulent après eux le subjonctif que quand ils donnent au second verbe un sens de doute.do En ce temps-là.Les adverbes ci et là, qui se joignent aux pronoms celui, celle, se mette aussi après des subtantifs : l’adverbe ci, pour marquer une chose présente ou proche, l’adverbe là pour marquer une chose passée ou éloignée.Go Rois, peuples, armées.L’article est supprimé devant ces noms, pour donner plus de rapidité à l’énumération.7o Toute leur vie signifie, pendant toute leur vie.(8o De branche en branche.On supprime l’article devant un substantif, lorsqu’il y a répétition du même mot après une préposition.Si le premier substantif est précédé aussi d’une préposition, les deux substantifs forment alors deux compléments ; s’il n’y a de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 141 préposition que devant le second, ils forment ensemble, le plus souvent, une locution adverbiale, comme tour à tour, face à face, etc.9o Au travers des.On doit employer ici au travers et non à travers, parce que la lumière est supposée ne traverser qu’avec peine les nues qui lui font obstacle.10 Comme un énorme cadavre.Le mot comme signifiant semblable à, forme avec le 110m qui suit une expression qualificative.Grammaticalement, comme est adverbe modifiant se montrait, et un énorme cadavre est une expres-qualificative se rapportant à se.llo De tumultueuses fumées.On met de et non pas des, parce que le nom fumées, pris dans un sens partitif, est précédé d’un adjectif.12o L’un.On doit dire l'un et non pas un, parce que l’on parle de choses dont la quantité est déterminée.13e Ce fut,.que.Ces mots sont explétifs, attendu que, si on les retranche, le sens reste le môme.14e D'où sortaient.On emploie dont et non pas d'oie avec le verbe sortir, seulement quand ce verbe signifie, tirer son origine, être issu.ALMANACH UTILE 5me Mois MAI, 1890 31 Jours CD 'CD g CD -u B O Jour du mois.Jour de la semaine.FÊTES ET PATRONS [Pour Montréal, Québec et la région des fleuves St.- Laurent et Ottawa.Pour Toronto et la province d’Ontario, entre | les grands lacs.Lv.du soleil.Cou.du soleil.Cou.de la lune Lv.du soleil.Cou.du soleil.Cou.de la lune.h.m.h.m.h.m.h.m.h.m.h.m.S 121 1 J SS.Philip et Jacques, apôtres.4 48 7 7 3 51 4 52 7 2 3 51 1 122 2 y S.Athanase 4 47 7 8 4 13 4 51 7 3 4 14 123 3 s Invention de la Ste Croix 4 45 7 9 lever.4 49 7 5 lever.124 4 i> Ste.Monique 4 44 7 10 6 58 4 48 7 6 6 56 125 5 L Patronage de St.Joszph 4 42 7 11 8 13 4 47 7 7 8 10 126 6 M S.Jean, apôtre a.port.lat.4 41 7 13 9 28 4 45 7 8 9 24 127 7 M S.Stanislas 4 40 7 14 10 40 4 44 7 9 10 35 128 8 J App.de S.Michel 4 38 7 15 11 44 4 43 7 11 11 38 129 9 Y S.Grégoire IV 4 37 7 16 matin.4 42 7 12 matin.130 10 S S.Antonin év.de Florence 4 36 7 18 0 38 4 40 7 13 0 33 131 IL J> S.François Hicronymo 4 34 7 19 1 21 4 39 7 14 1 17 132 12 L Rogations 4 33 7 20 1 56 4 38 7 15 1 53 133 13 M a 4 32 7 21 2 25 4 37 7 16 2 23 134 14 M a 4 30 7 22 2 50 4 35 7 17 2 49 135 15 J Ascension 4 29 7 24 3 13 4 34 7 19 3 13 136 16 y S.Ubald, év 4 28 7 25 3 36 4 33 7 20 3 38 137 17 s S.Jean Nepomucène 4 27 7 26 coucher.4 32 7 21 coucher.138 18 i> S.Venant 4 26 7 27 7 30 4 31 7 22 7 26 139 19 L S.Pierre Célestin, pape 4 25 7 28 8 37 4 31 7 23 8 32 140 20 M S.Bernardin de Sienne, confr.4 24 7 29 9 40 4 30 7 24 9 33 141 21 M S.Valens, év.et mr 4 23 t-r l 30 10 37 4 29 7 25 10 29 142 22 J Octave de l’ascension 4 22 7 31 11 25 4 28 7 25 11 16 143 23 V S.Désidère 4 21 7 62 matin.4 27 7 26 11 58 141 24 S N.D.de Bonsecours.Jeûne.4 20 7 33 0 06 4 26 7 27 matin.145 25 ï> Pentecôte 4 19 7 34 0 40 4 26 7 28 0 34 146 26 L S.Philip, Néri, conf 4 18 7 35 1 08 4 25 7 29 1 04 147 27 M Ste Marie Magdeleine de Pazzi 4 18 n » 36 1 33 4 24 7 30 1 30 148 28 M S.Augustin.( Quatre-Temps.).4 17 7 37 1 55 4 24 7 31 1 54 149 29 J S.Maxime 4 16 7 38 2 16 4 23 7 32 2 16 150 3C V S.Félix, pape et mr.(JQ.-T.).4 16 7 39 2 37 4 22 7 33 2 38 151 31 H Ste Pétronille, vge.Quatre.-f.J 4 15 7 40 3 00 4 22 7 34 3 03 •v tzj t) ^ 3 ° 2 o B 3 5 B' n JL «> ?a a , 5 = p et ra d 5>‘ • 2 to *—1 »—* o oo — CO t—< LO tO h-¦ Ci 00 h to o w H P" CO M LO ^ CD LO O 3 3 3 3 02 U1 M GO • * B • bO •—* Ci oo 00 t—1 o to ^ CO h-1 LO ^ 0 tO CD 3 3 3 3 CD 02 y Y1 ?d W \> ui H U1 O K B î> B a « H •O’ CJt g K'* S3 t—( a S Î2J CD CD & 3 K' » W O Ot 3- g S3 S H' W 142 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PETITE REVUE —Il y a à présent dans le Vermont, 17 églises catholiques, 58 prêtres, 15 couvents, un collège et 17 écoles paroissiales, où plus de 4.000 enfants reçoivent leur éducation.D’après le dernier rapport de la commission du commerce britannique, le total des exportations du Canada au royaume-Uni a été en 1889 de £91,136,338, soit une augmentation de £2,118,618 sur le chiffre de 1888.Le total des importations de la Grande-Bretagne au Canada a été l’an dernier de £5,429,890, soit une augmentation de £317,-613 sur la somme de 1888.La différence entre nos exportations et nos importations qui avait été en 1888 de £1,-905,483, s’est élevée l’an dernier à £3,706,-486.Cette situation mercantile est des plus satisfaisantes.Les princip iux articles de notre exportation sont les planches, les billots, les bêtes à cornes sur pied, le blé et la farine, les moutons et le beurre.Plusieurs personnes entretiennent encore l’idée que le vendredi est un jour malheureux.C’est une erreur.L’histoire nous donne autant de faits heureux que malheureux arrivés ce jour-là.C’est un vendredi que le général.Lee s’est rendu aux armées du Nord.Que la ville de Moscou a été brûlée ; Que Washington et Shakespeare sont nés ; Que l’Amérique a été découverte ; Que Richmond a été évacué ; Que la Bastille a été détruite ; Que le Mayflower a touché la terre d’Amérique ; Que la reine Victoria s’est mariée ; Que le roi Charles 1er a été décapité ; Que le fort Sumter a été bombardé ; Que Napoléon Bonaparte est né ; Que Jules César fut assassiné ; Que les batailles de Waterloo, de Marengo, de Bunker Hill et de la Nouvelle-Orléans ont été livrées ; Que Jeanne d’Arc a été brûlée sur le bûcher ; Que la déclaration d’indépendance a été signée ; Que le corsaire Surcouf a remporté sa plus éclatante victoire sur la fllotte anglaise.Par suite de l’augmentation de la députation votée à la dernière session, le nombre des députés à l’avenir, pour les fins provinciales dans la province de Québec, sera de 73 au lieu de 65.Voici quelques états qui ne manqueront pas d’intérêt : Sieges nouveaux Rimouski, Chicoutimi et Saguenay, St-Sauveur, Richmond et Wolfe, Drummond et Arthabaska et trois nouvelles divisions à Montréal.Voici comment sont composés les différents districts de la province : district de Québec Gaspé, Bonaventure, Rimouski, Mata-ne, Témiscouata, Kamouraska, 1’ Islet, Montmagny, Bellechasse, Saguenay, Chicoutimi, Charlevoix, Montmorency, Québec-comté, Québec-centre, Québec-est, Québec-ouest, Saint Sauveur, Beauce, Dorchester, Lévis, Lotbinière, Portneuf, Mégantic, Arthabaska et Drummond—26.District de Trois-Rivières Champlain, Nicolet, Trois-Rivières, St Maurice, Maskinongé.5 District de Richelieu Richelieu, Berthier, L’Assomption, Jo-liette, Yamaska.—5 District de Montréal Les six divisions de Montréal, Laval, Laprairie, Chambly, Verchères, Vaudreuil, Soulanges, Argenteuil, Deux-Montagnes, Ottawa, Pontiac, Huntingdon, Chateauguay, Beauharnois, Jacques-Cartier, Terrebonne, Montcalm, Hochelaga.—23. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 143 District de St-Jean St-Jean, Iberville, Napierville.—3 St-Hyacinthe Rouvi lie, St-Hyacinthe, Bagot, Shefford-4.St-François Sherbrooke, Compton, Stanstead, Richmond, Wolfe, Missisquoi, Brome.—7.Récapitulation lo Quebec.26 2o Trois-Rivières.5 3o Richelieu.5 4 o Montréal.23 5o St-Jean.3 6o St-Hyacinthe.4 7o St-François.7 73 -c-0-=>- L’HABITANT CANADIEN (l) Au physique même, l’habitant canadien rappelle le paysan normand ou breton.11 est petit, vigoureux, énergique.Ses ancêtres, venus de France à la suite des premiers explorateurs, Cartier, Champlain, Roberval, appartenaient à la race virile des cultivateurs et des soldats.Capables de résister ans intempéries comme aux fatigues, ils ont été au nouveau monde les premiers pionniers de la civilisation chrétienne.Parmi leurs descendants, seuls les enfants bien constitués ont pu supporter les rigueurs de l’hiver.Ainsi s’est formée par sélection une population robuste, aguerrie par un climat vif et sec.L’intelligence de “l’habitant” est prompte, sa nature patiente et réfléchie, sa volonté ferme et persistante.De ses pères, le Canadien a conservé la gaieté, l’imagination et les sentiments généreux.Au contact de l’Anglais, il a pris le goût des idées modérées.S’il n’a pas encore au même degré que celui-ci l’instinct des affaires, il fait cependant une plus large part que ses anciens compatriotes au sens pratique et à l’esprit d’initiative.Abandonnés par le (1).Ce portrait, bien que fait par un écrivain français, est absolument vrai.“ Vieux Pays ” en 17G4, les colons ont senti le besoin de se grouper pour lutter contre les exigences du vainqueur.L’amour du clocher est resté au fond de tous les cœurs.Quand il s’agit d’aller au loin, dans la forêt vierge ou dans la prairie sans limites, tailler un domaine aux familles qui se forment, on émigre par masses.Tandis que l’Anglais part seul pour ie Nord-Ouest et les Montagnes Rocheuses, le paysan canadien, guidé par un prêtre explorateur, tel que Mgr.Labelle, ou par un émule de Lavigerie, tel que Mgr Taché, fonde des paroisses, dans le nord-ouest et au Manitoba.L’habitant s’est fait en Amérique le champion du catholicisme et le propagateur de l’influence française.Patriotisme religieux, religion nationale, culte de la France et culte de Rome, s’absorbant l’un dans l’autre, tel est le double sentiment qui remplit l’âme du colon.Il sait, ce fils de nos paysans, que s’il parle aujourd’hui la langue de ses pères, s’il a conservé ses coutumes et ses lois, s’il forme sous la tutelle nominale de l’Angleterre une seconde Nouvelle France ou Nouvelle-Bretagne, c’est au clergé qu’il le doit.Seul, le clergé, dépositaire des traditions nationales comme des traditions romaines, pouvait déjouer le plan d’absorption qu’avait conçu la race conquérante.On parlait de faire le vide au Canada comme on avait fait le vide en Irlande; on voulait anrjlifier et protestantiser le pays.Confiant dans l’intelligence et le courage de sou curé, l’habitant vint à lui, et le curé comprit la grandeur de la tâche qui lui incombait.Les débris de la colonie, rassemblés par le prêtre, forment à l’heure présente un petit peuple avec lequel la métropole est obligée de compter.Ce peuple peut se diriger, assurer son avenir, débattre ses intérêts.Il le sait, mais il se souvient.11 se rappelle qu’au jour de l’épreuve il a remis le sort de la colonie entre les mains des seuls hommes capables alors de venir à son aide, et il entend payer de reconnaissance ceux qui ne lui ont pas ménagé les marques de dévouement.OsGAR HaVARD. 144 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DE LEÇONS DE CHOSES à l'usage des Ecoles Primaires, Modèles et Académiques, des Collèges, Couvents, 6te., etc.Par J.B.CLOUTIER, Professeur à l'ccole normale Laval et Rédacteur de “ VEnseignement primaire!' Ce livre est indispensable à tous les instituteurs et institutrices qui ont à cœur de se conformer au désir du Conseil de l’Instruction publique au sujet des leçons ' de choses.En vente chez tous les libraires de Québec et chez MM.Cadieux et Derome J B.Rolland, Beauchemin et Valois, à Montréal.LIVRES CLASSIQUES G KAM MAIRE DE LHOMOND AVEC SYSTTAXE Revue par -J.S.CLOUTIER I > E V i 11R S G R A M M A TIC A IJ X PAR LE MÊME taci mm j OU LE 11VBE BIS 1MFMTS PAR LE MÊME Çvi’!, Ions ccs livres ont été approuvés par le Conseil de l’Instruction publique, e sont en vente chez tous les libraires de Québec do Montréal.
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