L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 janvier 1898, Janvier
WÆk'.C.DASVai).PH0T0-C8AVEUB, QUEBEC ' m$*osée ni d’eau ni d’acier, mais de l’espace compris entre l’acier et l’eau.Il y a dans la surface d’un bifteck moins de nourriture qu’il n’y en a dans l’odeur de ce bifteck.Il ne faut pas croire non plus que la ligne forme partie de la surface.J.Ahern.LANGUE ANGLAISE LEÇONS D’ANGLAIS D’APRÈS LA METHODE NATURELLE PAR J.AHERN - (Tons droits reserves).Leçon quatorzième Review previous lessons.The sentences of last lesson when united loill be : 1.Columbus and Jacques Cartier were great discoverers.2.Montreal and (Quebec are cities.3.The St.Maurice and the Saguenay are rivers.4.Quebec, Ontario, New Brunswick and Nova Scotia, are provinces.5.The potato, onion, and cabbage are vegetables.6.The apple, pear, peach and plum are fruits.Q.What is the subject of the first sentence?Ans Columbus and Jacques Cartier.Q.What is the predicate of the first sentence ?Ans.were great discoverers.Similar questions for the other sentences.Underline with a single line the subjects of above sentences, with a double line the predicates. 198 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Dictate the following sentences : The boy plays.The boy skates.The boy slides.Q.How many sentences have you written ?Ans.I have written three sentences.Q.Read the first sentence.Ans.The boy plays.Q.Read the second sentence—Read the third sentence.Q.What is the subject of each of the three sentences ?Ans.The words : The boy.Q.Name the predicate of the first sentence.Ans.plays.Q.Name the predicate of the second sentence.Ans.skates.Q.Name the predicate of the third sentence.Ans.slides.Q.Unite these three sentences into one.Ans.The boy plays, skates, and slides.Unite the following into single sentences: -, ( The doy barks.£ The dog bites.0 { The bee makes honey.I The bee makes wax.(The girl studies.The girl reads.The girl writes.f The farmer sows.1 The farmer plows., The farmer harrows.(The farmer reaps.4 < ("The grocer sells tea.) The grocer sells coffee.'i The grocer sells sugar.(The grocer sells molasses.DICTÉE THE ASS IN THE LION’S SKIN An Ass once put on a Lion’s skin.It did not fit "him very well, but he found that ip It he could frighten all the timid, foolish little animals, so he amused himself by chasing them about.By and by he met a Fox, and tried to frighten him by roaring.“ My dear Donkey.” said the wise Fox, “ you are braying, and not roaring.I might, perhaps, have been frightened by your looks, if you had not tried to roar ; but I know your voice too well to mistake you for a Lion.” VIOLETS Under the green hedges after the snow, There do the dear little violets grow ; Hiding their modest and beautiful heads Under the hawthorn in soft mossy beds.Sweet as the roses, and blue as the sky, Down there do the dear little violets lie ; Hiding their heads where they scarce may be seen, By the leaves you may know where the violet has been.J.Moultrie. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 199 GEOGRAPHIE 2ÈME LEÇON.—LA CARTE D’üN VILLAGE Représenter toutes ces choses sur une feuille de papier, comme les verrait un oiseau qui volerait juste au-dessus du village, c’est faire une carte de géographie.La figure 2 représente cette carte.On y voit l’église C ; les rues R ; la maison d’école E ; la rivière RV ; le pont P ; les chemins CH ; les routes RO ; les coteaux CO ; et les bois BO.'imvMüi.v/Mt?.ïïM WA O v •wMH' vVWMWWW Fig 2.-La carte du village qui est représenté Lee.1.2.On peut représenter aussi d’une manière semblable, sur une feuille de papier, une étendue'de pays plus grande que le village et ses environs.On fait, par exemple, la carte d’un comté avec les rivières, les collines, les bois, les villes, les villages, les routes, les chemins et aussi les chemins de fer ; tout cela est marqué sur la carte du comté.On fait de même de la carte de géographie qui représente une province, tout le Canada ou les autres pays.C.-J.M.—d'après A.Seignette.SCIENCES USUELLES L’HOMME 2ÈME LEÇON.-COMMENT ON DIGERE.—(Suite) 6—La nourriture passe dans le sang_______Si on se fait une écorchure, il sort de notre corps un liquide rouge, c’est le sang.Le sang sert à aller porter la nourriture dans toutes 200 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE les parties du corps.C’est dans le sang qu’arrive, à travers l’estomac ou à travers l’intestin, le liquide qui a été formé par le morceau de pain digéré.COMMENT LE SANG CIRCULE 7—Cœur_____Le sang va porter la nourriture à toutes les parties du corps.Comment cela se fait-il ?Appuyons la main sur notre poitrine, un peu à gauche, nous sentons des battements, ce sont les battements de notre cœur.Le cœur est une masse de chair arrondi et un peu pointu vers le bas, qui se trouve dans la poitrine (C, fig.2).8__Artères, veines___C’est le cœur qui envoie le sang dans toutes les parties du corps par des conduits semblables à.de petits tuyaux et qu’on appelle artères.Les artères se divisent en un grand nombre de rameaux de plus en plus tins qui vont se distribuer dans toutes les parties du corps.Lorsque le sang, envoyé par les battements du cœur dans les artères, est allé dans tout le corps, jusqu’à l’extrémité des mains et des pieds (fig.2), il est ramené au cœur par d’autres conduits qui sont les veines.Les veines venant de toutes les parties du corps forment des rameaux de plus en plus gros qui se réunissent les uns aux autres ; elles conduisent le sang en sens inverse des artères et l’amènent ainsi jusque dans le cœur.Le cœur le pousse de nouveau dans les artères, et ainsi de suite.Fig .2.—Circulation du sang : C, cœur ; les artères sont représentées par des doubles traits, et les veines par des filets noirs.(D’après VÉcole moderne).HISTOIRE Pour cet enseignement, suivre la méthode concentrique, ainsi appelée parce qu’elle est comparable, à des cercles concentriques qui vont toujours s’élargissant.Cette méthode a pour objet de donner à chaque enfant, ne passât-il qu’une année à l’école, des idées générales sur les principaux faits de l’histoire de son pays.Elle a cependant un défaut : rendre l’enseignement historique trop superficiel.Cet inconvénient se corrige facilement dans le cours moyen et dans le cours supérieur en mettant des manuels bien faits entre les mains des élèves.A l’école primaire : cours préparatoire et élémentaire, tous les élèves apprennent l’histoire-sainte et l’histoire du Canada ; au cours moyen, tous les élèves étudient ces deux histoires, avec de nouveaux détails, et apprennent les principaux faits de l’histoire des Etats-Unis.Au cours supérieur, on complète l’étude des mêmes histoires en y ajoutant les principales notions des histoires de France et d’Angleterre. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE *201 Histoire du Canada.—Cours élémentaire.—1er Semestre : Colomb.— Cartier — Roberval — de la Roche — Chauvin — de Chates — de Monts — Champlain—les Sauvages—les Récollets — Louis Hébert, premier colon—le Frère Du Plessis—Fort St-Louis — les Jésuites — Prise de Québec par les Ivertk—Champlain revient à Québec—Trois-Rivières—Mort de Champlain— Collège des Jésuites à Québec—de Montmagny—Sillery—Ursulines—Hôtel-Dieu—Montréal—de Maisonneuve—les Iroquois—le P.Jogues—Conseil de Québec—le P.Daniel—Iroquois et Hurons —Sœur Bourgeois—Mademoiselle Mance—les Sulpiciens—Mgr de Laval—Dollard—Séminaire de Québec — Conseil supérieur—Talon—de Courcelles: les Forts—Frontenac—Joliet et Marquette—de la Salle—d’Iberville—Mgr de Saint-Valier—Massacre de Lachine—Siège de Québec par Phipps—Kondiaronk—1711—Louisbourg— 1755: les Acadiens—Montcalm—Victoire de la Monongahéla—Carillon— Bataille de Montmorency—Défaite de Montcalm sur les Plaines d’Abraham— Capitulation de Québec—Victoire de Ste-Foye—Capitulation de Montréal.(Durant le dernier semestre, étudier la Domination anglaise d’une manière complète et sommaire comme ci-dessus).Ainsi, dans le cours d’une année les élèves apprennent les principaux faits de l’histoire de leur pays depuis ses origines jusqu’à nos jours.Raconter oralement quelques faits se rapportant aux noms ci-dessus mentionnés.Caractère (qualités et défauts) des personnages : cause et effets des événements rapportés.Le tout sous une forme simple et familière.Autant que possible utiliser les gravures.A la suite d’un récit, questionner les élèves et les faire parler sur ce qui vient d’être dit.C.-J.M.LECTURE HISTORIQUE Arrivée de Jacques-Cartier a Québec.- Le 6 de septembre, Cartier mouillait près d’une île qu’il nomma île aux Coudres, parce qu’il y trouva quantité de coudres francs.Le 7 au soir, il jetait l’ancre environ huit lieues plus haut, entre la côte du nord et une autre belle et grande île (l’île d’Orléans), qu’il nomma île de Bacchus, parce qu’il y trouva pour la première fois la vigne sauvage.Il venait d’entrer dans ce qu’il appelle province de Canada, qui embrassait tous les environs de Québec.Sur les bords du fleuve, on voyait çà et là quelques cabanes d’écorces, des sauvages demi-nus occupés à faire la pêche de l’anguille et d’autres poissons.Cartier fit connaissance avec ces sauvages par le moyen de Taignoagny et de Domagaya, qu’il avait pris, dans son premier voyage, à Honguédo, (ou Gaspé).Bientôt les navires furent entourés de canots, qui apportaient du poisson, du maïs et des melons en abondance.Le lendemain, on vit arriver Y agouhanna., c’est-à-dire, le grand chef, qui s’appelait Donnacona.Douze grands canots l’accompagnaient.Il en fit rester dix en arrière ; puis, s’avançant avec les deux autres, il adressa à Cartier une longue harangue de bienvenue ; et, quand il apprit le bon traitement que ses deux compatriotes avaient éprouvé en France, il pria le capitaine français de lui donner ses bras à baiser, pour lui témoigner sa reconnaissance.Cartier, après leur avoir fait à tous quelques petits présents, descendit dans le canot de Donnacona, y fit apporter du pain et du vin, pour le traiter lui et sa suite ; après quoi on se 202 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE sépara avec beaucoup de satisfaction de part et d’autre, et le chef emmena avec lui les deux interprètes Taignoagny et Domagaya.Lorsque l’agouhanna se fut retiré, Cartier lit appareiller ses barques pour chercher un lieu propre à l’hivernage de ses vaisseaux.Il côtoya l’île cl’Or-léans, et “ trouva, au bout d’icelle île, un affourc d’eau bel et délectable pour “ mettre navires ; auquel, clit-il, y a un étroit du dit fleuve fort courant et “ profond, large d’environ un tiers de lieue, le travers duquel y a une terre “ double, de bonne hauteur, toute labourée, aussi bonne terre qu’il soit possible “ de voir.Et là est la ville et demeurance du seigneur Donnacona et de nos “ deux hommes qu’avions pris le premier voyage ; laquelle demeurance se “ nomme Stad.aconéAu pied de cette terre double ou à deux versants, sur laquelle était situé Stadaconé, serpentait une petite rivière à laquelle Cartier donna le nom de Sainte-Croix (aujourd’hui la rivière Saint-Charles), parce qu’il y arriva le 14 septembre, jour de l’Exaltation de la Sainte-Croix.Il y lit entrer la Grande et la Petite Pennine, et laissa le gallion dans la rade, pour remonter jusqu’à la bourgade d’Hochelaga.L’aBBÉ Laverdière.Faute d’espace nous renvoyons l’Histoire des Etats-Unis à la prochaine livraison.VARIÉTÉ LE PATER (Suite) SCEME DEUXIEME Mlle ROSE, ZÉLIE (Mlle Rose, en robe noire, entre d’un air accablé et presque en chancelant.Zélie va vers elle avec empressement et la soutient).ZÉLIE Etes-vous un peu mieux ?Mlle ROSE Moi?.Comment !.En effet, J’ai dormi.Mais le rêve horrible que j’ai fait !.Ces prisonniers, ce mur, tous ces fusils en joue ! On appelle cela dormir.J’ai de la boue Dans la gorge.J’ai soif.(Elle s’assied.Zélie lui apporte un verre d’eau qu’elle boit avidement.) Plus de bruit de canon ?.Je l’entendais en songe.On ne se bat plus? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 203 ZÉLIE On dit qu’on a vaincu, dans le Père-Lac'iaise, Les derniers fédérés.Non.Mlle ROSE Oui, Lest vrai, tout s’apaise, La maison est en ordre.Il fait très beau.L’azur Du mois de juin jamais n’eut un éclat plus pur.Le jardin est charmant.Je sens l’odeur des roses.Elles se moquent bien de nos malheurs, les choses ! Rien n’a changé.Qu’on souffre ou non, tout est pareil.Les insensibles fleurs embaument au soleil ; Les stupides oiseaux chantent pour se distraire.Ça leur est bien égal qu’on ait tué mon frère ! (Avec un sanglot).Mon bon frère !.perdu pour jamais, pour jamais Personne n’est venu pendant que je dormais ?(A Zélie).Z ÉLIE Si, Planche, la voisine.Mlle ROSE Oui.Du bout de la rue.Une pauvre famille, et souvent secourue Par mon frère.L’aïeul à l’hospice est entré, Et grâce à lui, toujours.ZÉLIE .Puis, monsieur le curé.Mlle ROSE, brusquement Je ne veux pas le voir ! ZÉLIE Y pensez-vous, maîtresse ?Il aimait l’abbé Jean de toute sa tendresse, Et votre frère était son ami, son bras droit.Vous consoler, mais c’est son devoir, c’est son droit.Pouvez-vous recevoir de visite meilleure ?Mlle ROSE A-t-il dit qu’il allait revenir ? 204 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ZÉLIE Tout à l’heure.Mlle ROSE Soit, qu’il vienne.Il aimait mon frère.J’avais tort.Cependant s’il voulait me parler tout d’abord De résignation.Ah ! tant pis, je blasphème ! Mais je souffre par trop, et ce prêtre lui-même N’osera pas, alors qu’un pareil crime a lieu, Me vanter la justice et la bonté de Dieu ! Car je vis.et toujours les heures vont se suivre, Et toujours cette vieille horloge, à petit bruit, Comptera les instants du jour et de la nuit.On ne meurt pas du coup d’une chose pareille ! Non, je n’en suis pas morte, et je ne suis pas vieille.Elle est peut-être loin, cette mort que j’attends.Je puis durer, qui sait?cinq ans, dix ans, vingt ans, Avec cette douleur toujours vive et sanglante Qui croîtra dans mou cœur comme une horrible plante Et me déchirera de ses affreux rameaux.A la campagne, on tue, au moins, les animaux, Quand ils ne sont plus bons à rien.Mais moi que faire ?Puisqu’ils ont massacré mon cher enfant, mon frère, Je n’ai plus maintenant de raison d’exister.Oh ! tenir un de ces bandits, le souffleter, Lui cracher au visage et l’égorger ensuite !.On les a vaincus, bon ; mais beaucoup sont en fuite, Des gens vont leur donner asile, les cacher.Et Dieu ne fera rien pour les en empêcher.Eh bien, non, non ! C’est trop monstrueux, trop infâme ! Depuis ce meurtre affreux, je suis une autre femme.Mes pieux sentiments d’autrefois sont éteints.Je suis du peuple et j’ai retrouvé mes instincts.On n’apaisera pas mou atroce souffrance En me parlant de ciel, de pardon, d’espérance.Depuis hier, j’ai bu mes pleurs, c’est un poison Qui, certes, fait bien mal, mais qui rend la raison.J’y vois clair, maintenant.Leur bon Dieu, s’il existe, N’est rien, puisque le mal triomphe et lui résiste, (A Zélie).» Tiens, laisse-moi ! (Zélie sort).S(E.\E TROISIEME Mlle ROSE, seule Vraiment, est-ce que je vais vivre? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 205 Et c’est un Dieu mauvais, ou clu moins impuissant ; Et, puisqu’il a permis la mort de l’innocent, Puisqu’il prend le parti des démons contre l’ange Et qui ne soutire pas même que je me venge, Lui, ce bon Dieu que j’ai sottement adoré, Je n’y crois plus.Qu’il vienne à présent, le curé.(Pendant qu’elle dit ces derniers mots, le curé, vieillard à cheveux blancs, est entré par le fond.Il traverse le petit jardin et s’est arrêté sur le seuipde la chambre.Mlle Rose l’aperçoit).C’est lui ! (à suivre) François Coppée, LE CABINET DE L'INSTITUTEUR LA RELIGION ET LE DÉCALOGUE Proudhon est l’homme qui a osé écrire ce blasphème : Dieu, c’est le mal ; c’est le plus hardi des écrivains révolutionnaires de notre temps ; le cri de la vérité, quand il s’échappe de telles bouches, n’en a que plus de force.On va •voir comment Proudhon a parlé de la religion.C.-J.M.Qu’est-ce que la religion ?La religion est l’éternel amour qui ravit les âmes au-delà du sensible, et qui entretient dans les sociétés une inaltérable jeunesse.Rappelons les bienfaits et les hautes inspirations de la religion.C’est elle qui cimenta les fondements des sociétés, qui donna l’unité et la personnalité aux nations, qui servit de sanction aux premiers législateurs, anima d’un souffle divin les poètes et les artistes, et plaçant dans le ciel la raison des choses et le terme de notre espérance, répandit à flots sur un monde de douleur la sérénité et l’enthousiasme.C’est encore elle qui lit brûler tant d’âmes généreuses du zèle, de la vérité et de la justice, et dans les exemples qu’elle nous laisse, nous avertit de chercher les conditions du bonheur et les lois de l’égalité.Combien elle embellit nos plaisirs et nos fêtes ! Quelle parfum de poésie elle.répandit sur nos moindres actions ! Comme elle sut ennoblir le travail, rendre la douleur légère, humilier l’orgueil du riche et relever la dignité du pauvre ! Que de courage elle échauffa de ses flammes ! Que de vertus elle fit éclore ! Que de dévouements elle suscita ! Que de torrents d’amour •elle versa au cœur des Thérèse, des François de Sales, des Vincent de Paul, des Fénelon, et de quel lien fraternel elle embrasse les peuples, en confondant dans ses traditions et ses prières, les temps, les langues et les races ! Avec quelle tendresse elle consacra notre berceau, et de quelle grandeur elle accompagna nos derniers instants ! Quelle chasteté délicieuse elle mit entre 206 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE les époux ! La religion a créé des types auquels la science n’ajoutera rien ; heureux si nous apprenons de celle-ci à réaliser en nous l’idéal que nous a montré la première ! Le décalogue est l'expression réduite et comme la formule plus généralisée de cette foule d’ordonnances de détail éparses dans le Pentateuque.Le nombre même des commandements du décalogue et leur série n’ont rien de fortuit; c’est la genèse des phénomènes moraux, l’échelle des devoirs et des crimes, fondée sur une analyse savante, et merveilleusement développée.Commandements.Crimes et délits.Vertus et devoirs.1er, 2e, 3e, 4e, 1 Impiété.1 Religion, patrie.Piété filiale,obéissance des enfants.5e 2 Parricide.2 6e 3 Homicide, blessures.3 Amour du prochain, humanité.7e 4 Luxure.4 Chasteté, pudeur.8e 5 Vol, rapine.5 Egalité, justice.9e 6 Mensonge, parjure.6 Véracité, bonne foi.10e 7 Concupiscence.7 Pureté du cœur.Quel magnifique symbole ! Quel philosophe, quel législateur que celui qui a établi de pareilles catégories et qui a su remplir ce cadre ! Cherchez dans tous les devoirs de l’homme et du citoyen quelque chose qui ne se ramène point à cela, vous ne le trouverez pas.On a épuisé toutes les formes de l’admiration et de l’éloge à propos des Catégories d’Aristote ; on n’a pas dit un mot des catégories de Moïse.Ce n’est pas moi qui en ferai le parallèle.Appuyé sur des bases certaines, le décalogue s’éleva comme une création de Dieu : unité et simplicité dans ses principes, variété et richesse dans les détails.Chacune des formes du décalogue pourrait devenir l’objet d’un long traité.Pkoudhon.Dans la prochaine livraison de VEnseignement Primaire, M.l’abbé D.M.A.Magnan, curé de St-Gilles, commencera à publier une série d’entretiens populaires sur les grandes vérités catholiques.Ce travail, écrit spécialement pour notre revue, sera intitulé : A la recherche de la Vérité.QUELQUES MOTS SUR L’ÉLECTRICITÉ (1) L’électricité est la science à l’ordre du jour ; ses découvertes sont dans toutes les bouches : c’est qu’elles se succèdent en provoquant un étonnement et une curiosité bien justifiés.Dans sa marche en avant, elle a été puissamment aidée par un autre agent, le magnétisme, à qui l’on est redevable de l’explication de toute une classe de phénomènes.Les mérites du magnétisme ont cependant quelque peu diminué depuis que, après eu avoir admis pendant (1) Nous recommandons la belle étude qui suit à tous nos lecteurs.Ce travail est emprunté au Journal des Instituteurs de Paris. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 207 longtemps l’existence, on le regarde comme une manière d’être particulière de l’électricité.Quoi qu’il en soit, soutenue par sa sœur la science du magnétisme, l’électricité a donné les résultats les plus inattendus.Elle n’est peut-être encore qu’au début d’applications que le monde, confiant dans ses services antérieurs, s’empressera d’enregistrer, et cela, nous en avons le ferme espoir, pour le plus grand bien de l’humanité.L’électricité, en effet, plus qu’aucune autre branche des connaissances humaines, a contribué au soulagement de la misère en apportant aux classes laborieuses les éléments du travail quotidien.Combien d’existences sont entretenues par les industries des télégraphes, de la galvanoplastie du cuivre, de l’argent, de l’or et du nickel, par les industries de l’éclairage électrique à arc et à incandescences, par celles de la construction des machines magnéto-électriques et dynamo-électriques, des accumulateurs et des tramways électriques, etc., etc.! Il serait bien difficile de supputer le nombre des usines que ses applications exigent, mais le nombre en est prodigieux en Europe et en Amérique.D’un autre côté, qui ne connaît l’emploi de l’électricité en médecine?Qui ne connaît ses propriétés curatives dans la plupart des maladies nerveuses ?Et voilà maintenant bien autre chose ! Des rayons invisibles, sortes d’émanations qui s’échappent de certains de ses appareils, traversent le corps humain en l’éclairant à leur manière et font voir ses viscères les plus cachés avec les lésions qu’ils peuvent avoir.Quo non ascendam ! pourrait-elle s’écrier ajuste titre.Aussi vieilles que le monde, les sciences de l’électricité et du magnétisme ont pris naissance chez tous les peuples à des époques qui se perdent dans la nuit des temps.C’est ainsi que toutes les nations pourraient, semble-t-il, revendiquer la gloire de posséder les villes où furent leurs berceaux.De nos jours même, les peuples les plus éloignés de la civilisation moderne ont les premières notions de ces sciences, comme si les nations en naissant avaient eu l’instinct des services qu’elles en tireraient un jour.Quel ne fut pas l’étonnement de De Humbolt en constatant que les enfants des sauvages des bords del’Oré-noque, race des plus dégradées, s’amusaient à attirer des corps légers par certaines graines lisses et aplaties, après les avoir vivement frottées ! Les Indiens, les Egyptiens et les Hébreux connaissaient certainement la pierre d’aimant.Thalès de Milet, six cents ans avant notre ère, n’a fait que transmettre les premières notions d’électricité et de magnétisme qu’il tenait de la tradition et qui se soient à l’attraction des corps légers par l’ambre frotté et à l’attraction du fer par l’oxyde magnétique, roche si répandue dans le sol qu’on la rencontre dans toutes les parties du monde.Nous trouvons là une preuve de l’importance dans les sciences de faits en apparence très futiles.Ces expériences qui, de Thalès de Milet à Gilbert, Gray et Dufay, c’est-à-dire qui pendant vingt-deux siècles paraissaient n’être que des jeux d’enfants, ayant excité la curiosité de quelques esprits d’élite, des phénomènes nouveaux ont été découverts, les propriétés ont été généralisées, des lois remarquables sont sorties de recherches poursuivies avec persévérance, la science s’est enrichie d’une multitude de découvertes importantes, et aujourd’hui l’électricité et le magnétisme associés reçoivent les plus merveilleuses applications.La chaleur et la lumière sont deux agents indispensables au développement de l’animal et du végétal.Nous avons des organes qui nous font connaître à chaque instant leur existence : c’est, pour ainsi dire, en naissant que nous apprenons à distinguer leurs effets.Comme la chaffur et la lumière, l’élec- 208 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE tricité est nécessaire à la vie des êtres, et si l’homme en a méconnu si longtemps les effets, c’est qu’il ne possède pas d’organe spécial destiné à les ressentir.Le phénomène du tonnerre est bien une manifestation grandiose de l’électricité, mais combien il était difficile de l’établir nettement et que d’obligations n’avons-nous pas à la sagacité de Franklin pour avoir mis ce fait hors de doute ?Parler de l’électricité, c’est aussi parler de la lumière qui, sans nul doute, est unie au premier agent par des liens très étroits : les preuves commençent à surgir des faits.(A suivre) Boudreaux.CONSEILS AUX JEUNES CANADIENS-FRANÇAIS Ah ! s’il nous était donné de nous adresser à la jeune génération qui voit l’avenir souriant lui tendre les bras, nous lui dirions avec l’accent de cette affectueuse émotion que l’on éprouve au sortir d’un âge auquel on vient de dire adieu : —Vous avez devant vous une des plus magnifiques carrières qu’il soit donné à des hommes d’ambitionner.Issus de la nation la plus chevaleresque et la plus intelligente de l’Europe, vous êtes nés à une époque où le reste du monde a vieilli, dans une patrie neuve ; d’un peuple jeune et plein de sève.Vous avez dans l’âme et sous les yeux toutes les sources d’inspiration : au cœur, de fortes croyances ; devant vous, une gigantesque nature, où semblent croître d’elles-mêmes les grandes pensées ; une histoire féconde en dramatiques événements, en souvenirs héroïques.Vous pouvez, si vous savez exploiter ces ressources inépuisables, créer des œuvres d’intelligence qui s’imposeront à l’admiration, et vous mettront à la tête du mouvement intellectuel, dans cette hémisphère.Souvenez-vous que noblesse oblige, et que c’est à vous de couronner dignement le monument élevé par vos aïeux, et d’y graver leurs exploits en caractères dignes d’eux et de vous.Mais souvenez-vous aussi que vos pères n’ont conquis le sol de la patrie que par les sueurs et le travail, et que ce n’est que par le travail et les sueurs que vous parviendrez à conquérir la patrie intellectuelle.D’une main saisissant les trésors du passé, de l’autre ceux de l’avenir, et les réunissant aux richesses du présent, vous élèverez un édifice qui sera, avec la religion, le plus ferme rempart de la nationalité canadienne-française.II.-R.Casgrain, Pire.DE L’ÉTUDE DE LA GÉOGRAPHIE (Ecrit pour VEnseignement primaire) La géographie est la première des sciences ; c’est pour cela peut-être qu’elle est si négligée et si dédaignée dans notre pays.On a vu fonder à Montréal des conférences publiques régulières, on parle beaucoup d’en fonder également à Québec sur diverses branches des connaissances humaines ; jamais une seule fois, ni dans aucun cours déjà établi, il n’a été question de la géogra- t L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 209 phie.(1) Peut-être n’aurait-on pu trouver personne qui fût en état de donner un cours de géographie ; à cela rien de surprenant, puisque personne n’étudie la géographie, puisqu’on n’en enseigne que quelques misérables notions dans nos institutions, quelles qu’elles soient.Et cependant, c’est là une science indispensable, tellement indispensable que, si on l’ignore, on s’expose à commettre tous les jours les plus grosses sottises, les erreurs les plus humiliantes, comme certains de nos journaux qui confondent invariablement la Nouvelle-Guinée avec la Gayane Anglaise, qui appellent la Manche le “ chenal anglais ” (English Channel) et les Iles sous le vent, dans la mer des Antilles, îles k< Leeward,” comme si le mot anglais leeward, qui veut dire “ sous le vent” était un nom propre.Celui qui ignore la géographie marche en aveugle, comme un insensé, sur cette terre qui est son domaine, qui lui a été donnée en partage et qu’il est tenu de connaître, en bon usufruitier, jusque dans ses moindres détails.Des communications indéfiniment multipliées ont rendu notre terre accessible jusque dans ses coins les plus reculés, dans ses retraites les plus obscures, et nul ne peut, sans être destiné à végéter misérablement, rester, par son ignorance, en dehors de cette circulation qui fait un appel incessant à toutes les énergies, à toutes les activités, à toutes les intelligences, à toutes les initiatives.Mais pour que la géographie soit la première des sciences, il ne faut pas la réduire à n’être qu’une nomenclature, une liste de noms dont les uns sont des capitales de pays, les autres des villes, d’autres des montagnes, d’autres des bassins, d’autres des mers ou d’autres enfin des rivières ou des fleuves.Comprise et enseignée comme elle l’est de nos jours en Europe et aux Etats-Unis, la géographie est une science éminemment philosophique et pratique à la fois.Appuyée sur les sciences mathématiques, astronomiques et physiques, sur la géologie, sur l’ethnographie, sur l’histoire naturelle, sur l’histoire politique du monde, elle est le flambeau qui guide le navigateur, le commerçant, l’industriel, l’homme de toutes les conditions, si l’on veut.Sans la connaissance de la géographie, pas de commerce avec les pays étrangers ou nouveaux, pas d’intercourse, pas de participation possible au mouvement de notre époque, qui en est une tout particulièrement de découvertes et d’expansion extérieure.Aucun élève ne devrait être admis à se présenter au baccalauréat sans subir un examen spécial qui lui permettrait de donner la preuve qu’il possède uon seulement des notions fondamentales, mais encore des connaissances détaillées en géographie, après quoi l’on pourrait lui ouvrir sa cage, comme on lâche librement dans l’espace le pigeon qui, lui, du moins, connaît d’instinct les quatre points cardinaux.“ Avant tout, connais-toi toi-même, ” peut-on dire à l’homme, parce que la connaissance de soi et des principes dirigeants de la vie est indispensable pour bien gouverner ses actions : de même peut-on dire : “ Avant tout, connais le globe que tu habites” parce que le globe qui a été donné à l’homme en héritage est son domaine propre et le premier de ses intérêts.(1) Nous avons le plaisir d’annoncer à nos lecteurs que la géographie fera partie du programme des cours publics que la société Saint-Jean-Baptiste, de Québec, est en train d’organiser grâce aux efforts de l’actif président de la section Notre-Dame, M.G.Bellerive.— Le Rédncteur-en-chef.4 210 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Et, en dehors de cela, si l’on savait quelles jouissances nobles, élevées, exquises, procure l’avantage de pouvoir se promener, les yeux tout grands ouverts, d’un hémisphère à l’autre, l’esprit attentif, initié d’avance par l’étude au spectacle de la nature, des lieux, des mœurs des différents pays, de leur histoire, de leur degré de civilisation, de leurs ressources, de tout ce qu’ils peuvent nous donner de richesse et de lumière en échange de ce que nous leur apporterions nous-mêmes ! Voyez un peu.Si notre pays si beau, si riche sous tant de rapports, si magnifique et si vaste, est encore si peu connu en Europe, c’est que, de toutes les sciences, la géographie est, en Europe, la dernière venue à laquelle on a enfin consenti à accorder une étude méthodique et une considération légitime."Dans la plupart des villes d’Europe et des Etats-Unis il s’est formé des sociétés de géographie qui enregistrent toutes les découvertes, qui guident et qui accueillent les explorateurs, et qui sont devenues des foyers d’intelligence et de lumières dont il est impossible de se passer désormais.On comprend aux Etats-Unis et en Europe que, sans les connaissances géographiques, un peuple est tenu fatalement en dehors du mouvement général ; et comme aucun peuple ne peut accepter de vivre ainsi à l’écart de tous les autres, on s’est livi é avec une ardeur et une émulation sans cesse grandissantes à l’étude de la science la plus intéressante et, en même temps, la plus productive de toutes.Ici, dans notre province, tout est à créer sous ce rapport.Si l’on s’occupait un peu moins de politique et un peu plus de sciences utiles, on verrait tout ce que nous avons perdu, faute d’avoir des géographes et faute de tenir l’étude de la géographie en honneur.N"ous y avons perdu que nos plus belles régions de colonisation ont été ignorées et par suite longtemps dédaignées ; nous y avons perdu que notre province est restée si longtemps en dehors du mouvement général et que notre peuple, faute de savoir où se diriger sur son propre sol, pour aller à la conquête de nouveaux domaines agricoles, n’a su mieux faire que d’aller peupler les fabriques et les usines américaines; nous y avons perdu enfin pour un certain nombre de nos jeunes gens une carrière extrêmement attachante et qui deviendrait aisément lucrative avec le temps.On ne se doute pas jusqu’à quel point dans ce monde les faits sont subordonnés les uns aux autres et les conséquences aux conséquences.Rien ne saurait mieux le démontrer que l’absence chez les Canadiens d’études géographiques.Si l’on voulait rattacher à cette lacune toutes les conséquences qui s’y rattachent de près ou de loin, on constituerait un formidable déficit national, commercial et intellectuel.Heureusement que, depuis un petit nombre d’années, il a été fait des ouvrages géographiques, historiques et descriptifs, de véritables monographies en un mot, sur quelques-unes de nos régions de colonisation, et qu’on est parvenu de la sorte à attirer sur elles l’attention publique et à y diriger un courant de peuplement devenu de plus en plus fort, au point que, pour l’avenir, la marche en paraît irrévocablement assurée! C’est là un résultat qui a dépassé peut-être bien des espérances ; mais l’on ferait assurément un grand pas de plus par la création de chaires spéciales de géographie historique, physique et politique, dans toutes nos institutions, et d’au moins un cours public dans les villes principales, cours subventionné raisonnablement par le gouvernement et auquel les particuliers seraient appelés à souscrire, dans une faible mesure, pour en assurer l’existence et la continuation.Se dévouer à cette œuvre, y tenir constamment ouverte l’oreille du public,. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 211 insister auprès des gouvernements, voilà à quoi devraient tendre les efforts de ceux qui en comprennent l’importance et peuvent en calculer les résultats fructueux.Cela ne devra pas tarder à venir, nous en sommes convaincu, car nous entrons évidemment dans une ère nouvelle ; il se manifeste clairement chez notre peuple, depuis quelques années, une grande lassitude des flagorneries et des cajoleries dans lesquelles on le berce,aux périodes électorales,afin de le captiver; il éprouve un besoin réel d’instruction et commence à s’apercevoir que, sans elle, il ne saurait se maintenir à son niveau nécessaire ; aussi, pour atteindre ce résultat, faudrait-il multiplier les cours publics ayant trait aux connaissances utiles ; c’est ce que désirent une foule de gens éclairés, quoiqu’ils n’aient pas encore formulé ce désir expressément.Que le présent article en soit la première expression, qu’il conduise à des démarches positives et à une action sérieuse dans ce sens, nous en serons fort heureux, mais nous n’aurons fait qu’indiquer et préciser ce que chacun peut reconnaître après quelques moments d’attention seulement.Le sujet que nous ébauchons aujourd’hui comporte beaucoup trop de développements pour que nous puissions aborder de nouvelles considérations, dans un article purement préliminaire et destiné uniquement à bien pénétrer le public de .la nécessité absolue des connaissances géographiques ; nous aurons l’occasion d’y revenir, surtout si nos paroles trouvent de l’écho et si nous voyons se dessiner quelque mouvement en faveur de suggestions aussi fécondes en conséquences heureuses.Arthur Buies A TRAVERS LES BEAUX-ARTS (Tous droits strictement réservés) VI architecture gothique—(Suite et fin) L’église gothique a inspiré à Châteaubriand les réflexions suivantes : “ On ne peut entrer dans une église gothique sans éprouver une sorte de frissonnement et un sentiment vague de divinité.On se trouve tout à coup reporté à ces temps où les cénobites, après avoir médité dans les bois de leurs monastères, se venaient prosterner à l’autel, et chanter les louanges du Seigneur dans le calme et le silence de la nuit.L’ancienne France semble revivre : on croit voir en costumes singuliers, ce peuple si différent de ce qu’il est aujourd’hui : on se rappelle et les révolutions de ce peuple, et ses travaux et ses arts.Plus ces temps sont éloignés de nous, plus ils nous paraissent magiques, plus ils nous remplissent de ces pensées qui finissent toujours par une réflexion sur le néant de l’homme et la rapidité de la vie.“ L’ordre gothique, au milieu de ses proportions barbares, a toutefois une beauté particulière. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “ Les forêts ont été les premiers temples de la divinité, et les hommes ont pris dans les forêts la première idée de l’architecture.Cet art a donc dû varier selon les climats.Les Grecs ont tourné l’élégante colonne corinthienne avec le modèle du palmier.Les énormes piliers du vieux style égyptiens représentent le sycomore, le figuier oriental, le bananier et la plupart des arbres gigantesques de l’Afrique et de l’Asie.“ Les forêts des Gaules ont passé à leur tour dans les temples de nos pèies, nos bois de ehene ont ainsi maintenu leur origine sacrée Ces voûtes ^== 1.¦¦ • ——— SB ü ÉHf un ÜÜÉS LA SAINTE CHAPELLE DE PaRIS -ciselées en feuillages, ces jambages, qui appuient les mars et finissent brusquement comme les troncs brisés, la fraîcheur des voûtes, les ténèbres du sanctuaire, les ailes obscures, les passages secrets, les portes abaissées, tout retrace les labyrinthes des bois dans l’église gothique ; tout en fait sentir la religieuse horreur, les mystères et la divinité.Les deux tours hautaines plantées à l’entrée L’ENSEIGNEMENT PRIMA 1 RE 213 de l’édifice surmontent les ormes et les ifs du cimetière, et font un effet pittoresque sur l’azur du ciel.Tantôt le jour naissant illumine leurs têtes jumelles, tantôt elles paraissent couronnées d’un chapiteau de nuages, ou grossies dans une atmosphère vaporeuse.Les oiseaux eux-mêmes semblent s’y méprendre et les adopter pour les arbres de leurs forêts ; des corneilles voltigent autour de leurs faîtes et se perchent sur leurs galeries.Mais tout à coup des rumeurs confuses s'échappent de la cime de ces tours et en chassent les oiseaux effrayés.L’architecte chrétien, non content de bâtir des forêts, a voulu, pour ainsi dire, en imiter les murmures, et au moyen de l’orgue et du bronze suspendu il a attaché au temple gothique jusqu’au bruit des vents et des tonnerres, qui roule dans la profondeur des bois.Les siècles, évoqués par ces sons religieux, font sortir leurs antiques voix du sein des pierres, et soupirent dans la vaste basilique: le sanctuaire mugit comme l’antre de Sibyle ; et, tandis que l’airain se balance avec fracas sur votre tête, les souterrains voûtés de la mort se taisent profondément sous vos pieds (1) ”.Un autre écrivain français de grande renommée, Théophile Gautier, qui, certes, ne péchait certainement pas par excès de dévotion, a rendu le beau témoignage que voici en faveur de l’art catholique.Il s’agit du dôme de Milan : (2) “ Quand on regarde le dôme de la place, le premier effet est éblouissant : la blancheur du marbre tranchant sur le bleu du ciel vous frappe tout d’abord.Le dôme est une des rares églises gothiques de l’Italie, mais ce gothique ne ressemble guère au nôtre, c’est un gothique plein d’élégance, de giâce et d’éclat.La délicatesse dans l’énormité et la blancheur lui donnent l’air d’un glacier avec ses mille aiguilles, ou d’une gigantesque concrétion de stalactites.“ Le dessin de la façade est des plus simples : c’est un angle aigu comme le pignon d’une maison ordinaire, et bordé d’une dentelle de marbre, portant sur un mur percé de cinq portes et de huit fenêtres, avec figures d’anges, de saints et de patriarches.Par derrière jaillissent, en innombrables fusées, comme les tuyaux d’une grotte basaltique, des forêts de clochetons, de minarets, d’aiguilles en marbre blanc, et la flèche centrale, qui semble une congélation cristallisée en l’air, s’élance dans l’azur à une hauteur effroyable.L’intérieur de l’église est d’une simplicité majestueuse et noble.Des rangées de colonnes couplées y forment cinq nefs.Au centre de la croix, une ouverture entourée d’une balustrade permet au regard de plonger dans la chapelle cryptique.De chaque côté du chœur s’élèvent deux magnifiques chaires soutenues par de superbes figures de bronze et plaquées de bas-reliefs d’argent dont la matière fait la moindre valeur.(1) Chateaubriand, Génie du Christianisme.(2) Célèbre église gothique de l’Italie. 214 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “ L’impression générale est simple et religieuse ; une lumière douce invite au recueillement : les grands pilliers montent jusqu’à la voûte avec un jet plein d’élan et de foi : aucun détail apparent ne vient détruire la majesté de l’ensemble.Point de surcharge, point d’empâtement de luxe : les lignes se suivent d’un bout à l’autre, et le dessin de l’édifice se comprend d’un seul -coup d’œil Nous avons tenu à citer au long l’opinion de Chateaubriand et de Gautier afin de mieux fixer le goût de nos compatriotes sur l’art chrétien.C.-J.M.AU COIN DU FEU L’ESPRIT DE FAMILLE La famille est la protection, l’asile, le lieu de pénitence ; c’est le lieu de la régénération et du pardon ; la famille est loin, mais elle veille ; elle pense à l’enfant qui ne songe point à elle ; elle le reçoit meurtri, blessé, humilié par la vie : elle le console, elle le relève, elle le guérit.Je ne crains rien du jeune homme qui a conservé l’esprit de la famille ; plein d’amour pour ses parents, il craindra de rien faire qui puisse les faire rougir ou pleurer.Présente, la famille impose au jeune homme le respect de lui-même; absente, il pourra l’oublier un instant; mais une lettre du père, mais la pensée des larmes d’une mère, l’arrêteront sur la pente d’une mauvaise action ; et si l’un et l’autre ont disparu, leur mémoire sera encore puissante ; et il la respectera d’autant plus qu’ils ne sont plus là pour lui pardonner.Qu’est-ce que l’esprit de famille?C’est un mélange de crainte affectueuse pour le père, de tendresse craintive pour la mère, de respect pour tous les deux, d’admiration pour leurs vertus, de volontaire aveuglement pour leurs travers, de reconnaissance pour leurs bienfaits, de compassion pour leurs souffrances, de piété pour leurs sacrifices.De tous ces sentiments se forme un sentiment unique et complexe, le sentiment de la vénération.CIMETIÈRE SOUS LA NEIGE Aujourd’hui, la neige qui tombe, A tout couvert de son linceul ; On ne distingue plus la tombe Où dort l’enfant, où dort l’aïeul.On ne voit plus rien qui rappelle Les défunts dans ce chant, de deuil ; On dirait qu’une mort nouvelle Les a frappés dans leur cercueil. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 215 Oh ! que ce cimetière est triste ! Et puisqu’il faut en venir là, Est-ce' la peine qu’on existe ?Le néant vaut mieux que cela.Pardon, mon Dieu, pour ce blasphème ! Je n’apercevais pas la croix Qui, blanche de givre elle-même, Me pane encore comme autrefois.Elle m’explique le mystère Et le lent travail du trépas : Elle me dit que sous la terre, Nos bien-aimés ne souffrent pas : Qu’ils attendent l’aube éternelle, L’aube de l’éternel réveil Où leur chair renaîtra plus belle, Et brillera comme un soleil.Et mon cœur à l’espoir se rouvre, Tout reprend un aspect nouveau, Et sous la neige qui le couvre, Le cimetière paraît beau.Jean Barth ès.LECTURE EN FAMILLE SACRIFICE Par les rues escarpées de la vieille ville, aux pavés blancs baignés de soleil, dans le bruit des fanfares et des tambours qui ramenaient les troupes vers leurs quartiers, le général comte d’André, commandant le 21e corps d’armée, rentrait, la revue finie, à l’.hôtel du Commandement.En y arrivant, il mit pied à terre.A cheval, il faisait encore illusion.Mais lorsqu’il eut touché le sol, il apparut tel qu’il était, son long corps maigre, usé par les fatigues de sa glorieuse carrière, voûté, cassé, avec des allures de vieux soldat atteint par la limite d’âge et mûr pour le décret qui allait “ lui fendre l’oreille.” Il gravit lourdement les degrés du perron.IA, s’étant retourné, il releva sa tête toute blanche ; sa main toucha la pointe de son chapeau, son regard éteint flamboya brusquement d’un sourire de gratitude et de fierté.Ce fut comme une protestation contre l’inflexible loi qu’il devait subir.Les officiers de son état-major et les dragons de l’escorte lui rendirent le salut militaire.Puis, sur un signe, ils sortirent en tumulte de la cour d’honneur, au milieu d’un cliquetis de sabres choquant les étriers et de fers battant les dalles.Alors il entra dans l’hôtel. 216 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Au rez-de-chaussée, dans un petit salon ouvrant sur un vaste jardin et où pénétrait à flots la chaleur du dehors tempérée par l’ombre des arbres et toute chargée du parfum des fleurs, une fille l’attendait.C’était sa fille Geneviève d’André, une brune aux traits d’élicats, dans tout l’éclat de sa jeunesse et de sa beauté.Sous un chapeau de paille brune aux ailes larges noyées dans les dentelles, son fin visage s’éclairait du magique rayonnement d’un regard souriant dont l’expression révélait énergie et bonté.Les plis d’un manteau court à collet droit tombaient sur la taille sans en voiler la souplesse, et la pureté des formes se devinait sous la robe couleur de gris de fer presque collante.Après avoir assisté à la revue, en compagnie de sa gouvernante anglaise, elle venait de rentrer.Trouvant le thé servi, elle n’avait pas pris le temps d’ôter son chapeau et lunchait en attendant son père.—Une tasse de tlié, général chéri?dit-elle en le voyant.— Oui, avec du rhum, répondit-il.Et, comme il s’asseyait sur le perron, elle poussa vers lui une table volante sur laquelle elle l’eut servi en un tour de main.— Très beau, le défilé, reprit-elle alors.—Le dernier que tu auras vu commandé par moi, fillette.Il soupira, étendit ses jambes et les coudes aux bras du fauteuil, les mains croisées, la tête basse, il demeura là pensif, bercé parle silence du dehors, où maintenant ne résonnait plus aucun bruit, •7V -TV Longtemps, Geneviève respecta cette rêverie.Elle-même s’était laissée envahir par ses pensées.Assise à côté de son père, elle regardait devant elle sans rien voir, emportée si loin de là par son imagination vagabonde, qu’elle ne songeait même pas à se redire qu’elle touchait au terme de la période la plus heureuse de sa vie, que c’était fait du luxe dont elle avait été si longtemps entourée, du prestige d’une grande situation officielle, des hommages qu’elle rencontrait partout où elle se présentait, et que l’heure était venue de renoncer à ces choses pour tomber au rang modeste d’une fille d’officier supérieur sans fortune et sans retraite.Non, à cette heure décisive et cruelle elle était sans regrets, comme si les biens dont elle allait être dépossédée n’eussent eu pour elle aucun prix.Ayant placé plus haut son idéal, l’ayant’ mis au-dessus des joies terrestres, littéralement livrée à Dieu depuis que la mort de sa mère avait jeté sur son âme le voile d’une tristesse sans fin, elle ne voyait dans son existence nouvelle qu’une étape sur la voie du sacrifice et du renoncement.N’ayant jamais été attachée à ce qu’elle allait perdre, elle ne le regrettait pas.Mais, partagée entre les entraînements d’une irrésistible et secrète vocation religieuse et la domination non moins puissante de son amour filial, elle se demandait où était le devoir, s’il consistait à céder enfin à la voix qui l’appelait vers le cloître ou à rester auprès du pauvre vieux soldat, dont elle portait le nom respecté et qui, désormais, n’aurait plus qu’elle.Ernest Daudet.(à suivre) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 21T LA PAGE DE LA JEUNE FILLE LA TOILETTE ET LA COQUETTERIE Il est une chose qui nous a toujours étonnés de la part des femmes intelligentes : c’est leur coquetterie, leur amour exagéré de la toilette.Ce défaut, chez une femme, a de graves conséquences ; il l’entraîne à des dépenses insensées, et comme ces dépenses se renouvellent souvent, la gêne survient vite dans le ménage, malgré le travail du mari.Les amis s’étonnent, les parents se désespèrent, on se demande la raison d’une ruine que rien ne faisait présager, car la profession est bonne, les époux sont intelligents.Demandez à la mère de famille la cause de la ruine de sa maison ; elle seule pourra vous le dire, car il n’y en a pas d’autre que sa coquetterie.Elle ne peut voir un vêtement nouveau sans le désirer, une belle étoffe sans l’acheter, et l’argent passe à satisfaire ses goûts frivoles et irréfléchis.On ne peut s’empêcher d’éprouver un sentiment de tristesse quand on pense que le nœud d’un ruban, la couleur d’une robe ou la forme d’une coiffure est une affaire capitale pour certaines femmes, et qu’une portion considérable de leur vie se perd dans de pareilles futilités et pour de semblables bagatelles.Si les jeunes filles, si les femmes en général se persuadaient que la beauté et la grâce sont indépendantes de la toilette, elles adopteraient toujours une mise simple qui n’exclut ni l’élégance ni le bon goût.Une jolie figure, une tournure distinguée offrent assez de charme par elles-mêmes sans qu’on ait besoin d’y ajouter des ornements recherchés et coûteux.Les femmes se trompent donc étrangement lorsqu’elles croient se faire admirer en portant de riches ornements.Si la plume de leur chapeau est.charmante, si la coupe de leur robe est gracieuse, l’admiration revient de droit à l’oiseau qui a fourni la plume et à l’ouvrière qui a confectionné le vêtement.Les femmes qui se croient obligées d’avoir recours aux séductions de la mode et de la toilette pour produire au dehors une impression favorable se rendent par là un bien triste témoignage du vide de leur esprit et de l’indigence de leur cœur.Jamais vous ne verrez une toilette recherchée et au-dessus de votre condition vous attirer l’estime et la considération ; elle ne peut que vous nuire et vous faire juger défavorablement.Un jour de vacances, nous voyagions, plusieurs amies ensemble; à l’une des stations du chemin de fer, une jeune fille de dix-huit à vingt ans monta dans notre compartiment ; elle avait une toilette magnifique et nos yeux, pendant quelques instants, ne se lassèrent pas de #la regarder, la toilette s’entend.Bientôt la nouvelle voyageuse échangea quelques mots avec nous et nous pûmes remarquer sans peine que l’éducation n’était pas en rapport avec la mise ; premier désappointement.Un peu plus loin nous apprîmes que la jeune fille était ouvrière et qu’elle alla t être marraine chez une de ses parentes.Ici, second désappointement et échange entre nous d’un sourire ironique.Ce n’était pas, comprenez-le bien, parce que la jeune fille était une ouvrière, car toutes les professions sont honorables quand on se conduit bien ; mais c’était uniquement parce qu’elle avait une mise tout à fait hors de proportion avec ses ressources, une mise de duchesse.En fait d’habillement, il ne faut pas s’écarter de ces principes : Etre vêtue suivant son âge et sa condition.Une femme de bon sens suit 218 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE les modes, mais sans les exagérer et surtout sans les devancer, de manière à n’être ni excentrique, ni ridicule.La devise de toute femme raisonnable est celle-ci: bon goût et simplicité dans les vêtements, ce qui n’exclut nullement l’élégance.Un dernier mot.Il n’est pas rare de voir des femmes s’habiller coquettement le soir et rester le matin dans un trop grand négligé : leurs cheveux tombent en désordre sur leurs épaules, leur robe est mal attachée, leur fichu est de travers.Si quelqu’un, par hasard, vient dans la maison pour une affaire pressée, elles n’osent se montrer, et, fort embarrassées, elles font dire qu’elles sont invisibles.C’est là un grand tort.Une jeune fille doit prendre l’habitude de se peigner dès la matin, et elle doit avoir, pour cette partie de la journée, un négligé simple, mais d’une extrême propreté.Clarisse Juranville.LE COIN DES ENFANTS :Cv x ¦-'•777^ f ¦ OARVEAU, PHOTO-ORAV., QUEBEC LE PETIT SOT “ Je ne veux pas apprendre à lire ”, Disait Alfred d’un air boudeur, C’est trop ennuyeux de s’instruire ; Instruisez ma petite sœur.Allons, mon fouet, claque avec rage ! Au galop, mon petit cheval ! Vivent la joie et le tapage ; Moi, je veux être général !” Qu’arriva-t-il ?je vais le dire : La petite sœur sut bientôt, Dans tous les livres, fort bien lire ; Alfred ne fut.qu’un petit sot.Mlle S.DE COCQUARD. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 219 RÉCRÉATION Réponses aux devinettes I et 2, page 153, livraison du 1er décembre : I.—11 II=UN.IL—Volage.DEVINETTES I.On a acheté des œufs à 2 pour 1 sou, puis autant à 3 pour 1 sou ; on les revend tous à 5 pour 2 sous et on perd un sou ; combien a-t-on vendu d’œufs ?IL Tu dois à mon premier les enfants de ton fils ; A bien des gens en vain mon second fut promis ; Mon tout est la terreur des vaisseaux ennemis.he numéro du premier février contiendra les réponses aux devinettes ci-dessus.EN RIANT Les amis de l’heure présente Ont le naturel du melon : Il faut en essayer cinquante Avant d’en rencontrer un bon.Hélas ! dans le temps où nous sommes, Malgré le siècle intelligent, On voit le cœur de beaucoup d’hommes Au fond d’un sac d’argent.HYGIÈNE L’air est l’aliment de ta vie.S’il te manquait un instant, tu mourrais.Tu peux bien te passer deux jours de manger.Mais essaie de te passer deux minutes de respirer : c’est impossible.L’air, c’est, comme un pain que tu respires, au lieu de le manger.Mange-t-on du pain sale et gâté?—Non.Eh bien ! il ne faut pas non plus respirer un air impur, infect.Mangerais-tu du pain qu’un autre aurait déjà mâché ?—Non.Eh bien ! tu ne dois pas davantage respirer un air qui a déjà servi à la respiration de quelqu’un.Il te faut toujours de l’air neuf et pur.L’air que tu respires doit être propre comme le pain que tu manges.L’air souillé, comme le pain gâté, te ferait mourir.Dr Pécaut. 220 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COMMENT ÉLEVER LES ENFANTS LA DIGNITE ET LA FERMETÉ DU CARACTERE 2e Causerie Quand nous parlons de dignité et de fermeté, nous avons devant nous un idéal que la civilisation chrétienne seule a pu donner, et il est certain que ce n’est ni à Sparte ni à Rome que nous chercherons nos modèles ; car si nous y rencontrons des exemples admirables, nous y voyons aussi des faits excessifs et révoltants, qui répugnent à la nature humaine et font rendre grâce à Dieu .de n’être pas Romain Pour conserver encor quelque chose d’humain.Nous n’entendons pas faire de nos élèves des Brutus et des Torquatus.Nous voulons plus et mieux ; car ce patriotisme fanatique, en dehors de Yhuwanité ou contre Y humanité, ne peut pas être la perfection humaine.L’organisation des peuples anciens, du peuple romain surtout, puissante pour la conquête, n’était autre chose qu’une absorption de l’individu par l’Etat, et ce principe, qui, à première vue, ne paraît pas sans grandeur, était en réalité une cause d’abaissement pour les caractères.La raison en est que chaque homme devenait “un instrument de règne ” et rien de plus.Nous apprécions plus volontiers le sentiment de cet illustre chrétien et Français, qui aimait mieux sa patrie que soi-même ; mais qui aimait mieux l’humanité que sa patrie.D’ailleurs, quand nous voyons les civilisations anciennes avilies par l’esclavage, presque autant dans la personne des maîtres que dans la personne des esclaves eux-mêmes ; quand nous les voyons admettre ces traitements révoltants infligés à des créatures humaines ; quand nous lisons dans Aristote qu’une bonne constitution de l’Etat n’admettra jamais les artisans parmi les citoyens, nous renonçons à y chercher des exemples.De telles moeurs développent l’orgueil, non la dignité ; l’atrocité, non la fermeté du caractère.Nous chercherions bien plutôt des modèles, à ce double point de vue, au XVIe et au XVIIe siècles.Au milieu de folles erreurs et de détestables passions, les guerres de religion donnèrent occasion de se révéler à de grands et beaux caractères, fruits d’enseignements intelligents et graves ; sous Louis XIII en particulier, une atmosphère saine et forte de religion et de probité favorisa des éducations incomparables, que l’histoire a enregistrées.D’ailleurs, de tout temps, nous trouverons à admirer et à imiter chez nous ; depuis Vercingétorix, qui s’est placé plus haut que César son vainqueur, jusqu’à ces victimes obscures ou illustres des passions révolutionnaires, victimes dont le souvenir sera à jamais un exemple de réelle virilité, un avertissement salutaire et aussi, espérons-le, une sauvegarde de la liberté et de la dignité humaine.A partir de l’époque remarquable que nous avons citée, les traditions de la noble et forte éducation chrétienne n’ont pas été perdues partout, et nous pourrions les suivre avec intérêt, si les limites de cet écrit en comportaient le détail.Si donc nous trouvons chez d’autres d’utiles leçons, nous nous garderons de les dédaigner; mais nous n’aurons pas besoin de chercher ailleurs que dans L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 221 la France chrétienne et catholique un idéal à proposer.Notre but est de former respect pour leurs semblables ; que dans leurs sentiments d’honneur il n’v ait ni superbe, ni fatuité, que dans leur légitime indépendance il n’y ait ni révolte contre leurs supérieurs, ni mépris pour leurs inférieurs ou leurs égaux.Nous les avertissons de ne laisser jamais leur fermeté dégénérer en obstination aveugle ; d’y allier l’indulgence, parfois même une sage condescendance pour Les dernières dépêches rapportent que la santé du Pape va s’affaiblissant.De concert avec le Signal, la Semaine Commerciale, le Courrier du Canada, la Vérité, le Trifluvien, etc., nous protestons contre l’attitude de certains grands journaux à nouvelles, qui semblent prendre plaisir à repaître leurs lecteurs de chair et de sang.La triste série de crimes en tous genres que notre province a eu à enregistrer depuis quelques semaines, a été pour les feuilles à sensation l’occasion de grosses recettes, Rien n’est épargné par les saltimbanques du journalisme : récits macabres, gravures grotesques, détails immondes.C’est là une œuvre malsaine, propre à éteindre chez le peuple la notion du vrai, du bien et du beau.Au nom de la bonne et saine éducation, nous protestons avec force.Nous lisons ce qui suit dans le Rosaire : “ De l’éducation de l’Enfant dépend l’avenir de l’homme.Les habitudes qu’il prend jeune forment son caractère, bon ou mauvais, faible ou bien trempé pour la grande lutte.Or aujourd’hui, entre autres lacunes, c’est la surveillance qui laisse à désirer dans l’éducation; et cela, dans la ville surtout, où les dangers sont pourtant les plus graves.” Encore une rude vérité.La législature de Québec est en session depuis le 23 novembre dernier.Une nouvelle loi d’éducation est actuellement soumise aux Chambres.Dans notre prochaine livraison, nous ferons connaître les grandes lignes de cette importante mesure.La nouvelle loi pourvoit à la création d’un ministère de l’Instruction publique et à la nomination d’un inspecteur général.Le Conseil de l’Instruction publique est maintenu et il conserve ses anciennes attributions.C’est l’honorable M.Robidoux qui a présenté la mesure.Malgré les protestations des french bull, une inscription française a été gravée, sur l’un des murs de l’ancienne Porte Saint-Jean.Toutes nos félicitations au maire de Québec.Il reste encore à obtenir des inscriptions en français sur les tramways électriques.Nous avons hâte d’annoncer la traduction, mais une traduction affichée, de l’harmonieux Champlain market, du délicieux Parent park et du nom moins délicieux Maple avenue.Les étrangers de bon ton trouvent ces inscriptions ridicules dans une ville aussi française que Québec.les enfants à la dignité, et non à la hauteur ; à la fermeté, et non à la dureté et à la raideur.Nous désirons que dans leur respect pour eux-mêmes, il y ait le la faiblesse d’autrui ; de la revêtir de cette douceur à qui l’Evangile a promis la possession de la terre, de ces formes aimables qui transforment en séduction une conquête par les armes dont on se défierait.M.le chanoine G.Ginon.CHRONIQUE DU MOIS BONNE ET HEUREUSE ANNEE A TOUS ! 222 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Sa Grandeur Mgr Walsli, archevêque de Toronto, a passé dernièrement quelques jours à Montréal.Durant son séjour en cette ville, Mgr Walsh a parlé à un journaliste du mandement de Mgr (Jleary au sujet des offices religieux protestants.Sa Grandeur n’a pas voulu émettre une opinion personnelle ; mais elle a reconnu que l’évêque de Kingston n’a fait que mettre en vigueur une doctrine indiscutée du dogme catholique : à savoir, que les catholiques ne doivent prendre aucune part au culte protestant.Voilà tout.Dans un des derniers numéros du Moniteur Acadien, nous trouvons les belles lignes que voici : “ Les Acadiens de la génération actuelle marchent sur les traces de leurs ancêtres, ils aiment leur religion, leurs pasteurs dévoués et sont soucieux de tout ce qui se rapporte au culte de Dieu.Les belles et riches églises qui s’élèvent dans les paroisses françaises des provinces maritimes en font foi.A l’exemple de nos aïeux qui furent de grands hommes, restons attachés à notre foî.Qu’elle soit toujours pour nous le guide de nos actions, qu’elle les inspire et les domine toutes 1 Et nous continuerons à progresser et nous ferons un peuple fort.” La population de la ville de Chicoutimi a augmenté considérablement depuis quelques années.11 y a trois ans, Chicoutimi comptait à peine 2,000 habitants.La population est aujourd’hui de plus de 5,000.Plusieurs industries importantes ont été établies à Chicoutimi et quelques-unes sont encore en voie de construction.L’industrie laitière répand l’aisance dans les campagnes.Le projet de fédération australienne a été rejeté par la législature de Queensland, par un vote de vingt et un contre dix-sept.L’Espagne a offert l’autonomie gouvernementale aux révoltés de Cuba.Mais les chefs de la révolution repoussent cette offre ; ils réclament l’indépendance.Les possessions anglaises de l’Inde sont en révolte depuis quelques semaines.La demeure que Napoléon Bonaparte occupait sur Pile Ste-Hélène, sert maintenant de grange et la chambre dans laquelle il a rendu le dernier soupir, d’étable.Deux inventeurs de Genève ont réussi à construire un appareil qui permet de lixer les paroles transmises par le téléphone et de les reproduire en cas de contestation.Cette invention joue, dans la correspondance téléphonique, le même rôle que la presse à copier dans la correspondance ordinaire.Les inventeurs ont donné à leur machine le nom de télémicrophonographe.La Revue scientifique nous apprend que M.Chilkof, ministre russe des voies de communications, qui vient d’achever un voyage d’études en Amérique, pense qu’après l’achèvement du Transsibérien, il sera possible de faire le tour du monde en trente-trois jours.Son évaluation suppose, bien entendu, l’usage des paquebots et des trains les plus rapides.En voici le détail : De Brême à St-Pétersbourg.3 jour De St-Pétersbourg à Vladivostok (à la vitesse de 48 kilomètres à l’heure).10 jours De Vladivostok à San-Francisco.10 jours De San-Francisco à New-York.4 jours ^ De New-York à Brême .7 jours 33 jours Les conférences pédagogiques données par MM.les inspecteurs d’écoles ont eu d’excellents résultats au dire d’un grand nombre de nos correspondants. KENSEIG-NEMENT PRIMAIRE 223 Dans la prochaine livraison, nous commencerons à publier une intéressante étude sur les sociétés de Bienfaisance, due à la plume expérimentée deM.L.G.Bobillard, secrétaire général de l’Union-Franco-Canadienne.Alphonse Daudet, le célèbre conteur français, est mort subitement le 17 décembre.C’est une des plus belles plumes françaises qui disparaît.Il est regrettable qu’un si beau talent se soit abaissé à écrire assez souvent des pages abominables à tous les points de vue.La présente livraison de notre revue renferme soixante-douze pages de lectures.BIBLIOGRAPHIE —Manuel des Bienséances______A l'usage des candidats aux Brevets d'école primaire, par l’abbé Th.-G.Rouleau, Principal de l’Ecole normale Laval____Un très joli volume in-J6, impression et reliure de luxe.L’ouvrage porte Vimprimatur de S.G.Mgr l’archevêque de Cyrène.Prix : 25 centins.S’adresser à M.Wilfrid Bussières, Ecole normale, Québec.Voilà un livre bien tourné et dont le besoin se faisait vivement sentir depuis longtemps.Chacune des pages du Manuel des Bienséances respire le bon goût le plus exquis.Ecrit dans un style facile et agréable, divisé en courts chapitres surmontés respectivement d’un titre suggestif, l’ouvrage de M.l’abbé Rouleau offre une lecture très attrayante et éminemment instructive.Les jeunes y trouveront, sous une forme vraiment gentille, un grand nombre de règles d’usage dont l’observance est requise dans la bonne compagnie, et les anciens reliront avec profit les mille et une lois du bon goût dont Implication s’impose chaque jour à tout homme bien élevé.Nos sincères félicitations à M.le Principal.—Rapport du commissaire de la Colonisation et des Mines de la province de Québec, année 1897___Nous constatons avec plaisir parle rapport du commissaire de la Colonisation et des Mines, pour l’année expirée le 30 juin dernier, que la colonisation et le rapatriement continuent de se développer dans des proportions très encourageantes.Les rapports des agents nous donnent à ce sujet des renseignements intéressants.A propos de colonisation, M.Roy, employé civil, nous a soumis un projet fort simple et qui paraît très pratique.Nous publierons ce projet dans la prochaine livraison de notre revue.—L’Egypte et les Franciscains.Episodes de la dernière guerre (Documents inédits).Par le R.P.Frédéric de Ghyvelde, 0.S.F.—Un volume très intéressant.—La Revue Canadienne, le Naturaliste canadien, Le Rosaire, Le Bulletin des Recherches historiques, Le Sténographe canadien, Les Fleurs de la charité, voilà six belles revues__A lire dans la Revue Canadienne une jolie étude de Labrador et Anticosti de M.l’abbé Huard, par M.Ernest Gagnon.—Jurisprudence Postal y Telegrafica, 1896-97.C.Caries_______L’auteur est le direc- teur des Postes et du Télégraphe de la République Argentine.Merci pour l’envoi d’un exemplaire.—La loi naturelle du développement de l’Instruction populaire : I, Les causes sociales de la répartition des illettrés au Canada.—II, L'influence des traditions des quatre principales populations canadiennes dans la vie privée.Article considérable publié par M.Léon Gérin .Un bureau central d’examinateurs pour les candidats catholiques aux brevets d’école primaire vient d’être établi à Québec.Le premier février nous publierons les noms des .membres qui font partie de ce bureau.5 226 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE CORRESPONDANCE DÉPARTEMENT DES TERRES, FORETS ET PÊCHERIES Cabinet du ministre Québec, 5 décembre 1897.Monsieur C.-J.Magnan, Rédacteur de l’Enseignement primaire, Québec.Mon cher monsieur Magnan, Tous me» remerciements pour l’envoi d’un exemplaire de votre journal VEnseignement primaire, et toutes mes félicitations sur les grandes améliorations que vous lui avez fait subir.Je constate avec plaisir que cette revue prospère de plus en plus, grâce à vos efforts et à votre dévouement, pour l’œuvre sacrée de l’éducation.Je lui souhaite de nouveaux succès afin que dans l’avenir elle continue à rendre des services comme elle l’a fait jusqu’à ce jour.h'Enseignement primaire réalise à mes yeux le véritable type du journal pédagogique absolument nécessaire à la saine amélioration de nos écoles primaires.Depuis de nombreuses années, vous luttez vaillamment en faveur de la grande et noble cause de l’instruction populaire.Aujourd’hui, la presse de notre province vous rend un hommage bien mérité, et vos confrères dans l’enseignement, tant congréganistes que laïques, vous accordent une confiance propre à soutenir votre courage au milieu de la lutte.Vous dites quelque part dans votre programme : “ L’œuvre de l’enseignement élémentaire nous apparaît comme le moyen le plus propre à assurer la fin que la Providence réserve à la race française en Amérique”, voilà absolument la vraie manière de résoudre notre problème national.Continuez votre œuvre avec courage, monsieur le professeur, et soyez certain que le succès ne peut manquer de couronner vos efforts.Veuillez me croire, Cher monsieur le professeur, Votre tout dévoué, S.-N.Parent.DÉPARTEMENT DE I/INSTRUCTION PUBLIQUE Cabinet du Surintendant Monsieur C.-J.Magnan, Rédacteur en chef de VEnseignement primaire.Cher Monsieur, Québec, 2 décembre 1897.J’ai reçu le numéro de décembre de Y Enseignement primaire et constate avec plaisir la transformation heureuse que vous avez fait subir à votre journal.J’ai lu avec intérêt les articles de fonds qu’il contient et je vous félicite cordialement sur votre esprit d’initiative, votre dévouement inaltérable à la grande cause de l’éducation et surtout sur le sens chrétien qui vous anime.Votre journal, j’en ai la conviction, sera digne du corps enseignant catholique delà province et aura une influence salutaire au sein de notre population.Je vous souhaite succès et prospérité.Votre bien dévoué, Boucher de LaBruère. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 227 DÉPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Québec, 1er décembre 1897.M.C.-J.Magnan, Rédacteur en chef de VEnseignement primaire.Cher monsieur, Depuis sa fondation, VEnseignement primaire a rendu de grands services à la cause de l’éducation, parce qu’il s’est toujours efforcé d’être un journal d’enseignement pratique, ce que savent parfaitement les instituteurs et les institutrices qui ont eu l’avantage de le recevoir et de s’en servir dans leurs classes.S’il mérite des éloges pour le bien qu’il a fait jusqu’ici, que ne doit-on pas en attendre sous sa nouvelle direction?Permettez-moide vous offrir mes plus sincères félicitations pour les améliorations considérables que vous venez de faire subir à la revue pédagogique dont vous êtes maintenant le directeur-propriétaire.Avec ses anciens collaborateurs et les nouveaux que vous avez su y adjoindre, tous dans l’enseignement actif, votre journal rendra des services de plus en plus signalés, et j’ai confiance qu’il recevra tout l’encouragement qu’il mérite à si juste titre.h1 Enseignement primaire devrait se trouver dans chacune de nos écoles, et je souhaite qu’avec l’aide du gouvernement et l’encouragement des autorités scolaires locales, vous puissiez être en état de l’adresser à tous les titulaires de nos écoles primaires : ce serait un des moyens les plus efficaces de les faire progresser.Agréez de nouveau mes félicitations pour votre esprit d’entreprise et votre dévouement à la cause de l’éducation, et croyez-moi, Cher monsieur, Votre bien dévoué, J.-N.Millee,' Officier spécial au dépt de l’Inst.publique.Mon cher monsieur Magnan, Québec, 2 décembre 1S97.Vous avez droit aux plus vives et aux plus chaleureuses félicitations.Votre Enseignement primaire est la meilleure revue pédagogique qui ait jamais été publiée dans le pays.Le fascicule—qui est à lui seul un volume—est admirablement agencé, et je l’ai parcouru, pour ma part, avec le plus vif intérêt.J’ai été assez longtemps dans le journalisme pour savoir ce que coûte de travail une œuvre du genre de celle que vous dirigez avec autant de tact que de talent.Vos nobles et généreux efforts seront, j’ose l’espérer, largement récompensés par les sympathies publiques.En tous cas, agréez les vœux sincères que je fais volontiers pour le succès de votre estimable revue.Bien à vous, Eugène Rogillard, (Ancien publiciste)» Nous regrettons de ne pouvoir donner que des extraits de quelques unes des nombreuses lettres que nous avons reçues: M.LE GRAND VICAIRE LECLERC, MALBAIE : u J’ai reçu le 1er numéro de Y Enseignement primaire: nouvelle toilette, transformation complète, agréez mes félicitations.J’inclus une piastre pour mon abonnement et vais travailler à vous trouver des souscripteurs.je voudrais avoir les moyens de soutenir cette revue à moi seul m.l’abbé e.delamarre, ptre, séminaire de ciiicoutimi : “ Nous continuons notre abonnement d’autant plus volontiers que nous apprécions hautement les sacrifices que vous vous imposez actuellement pour faire de votre revue une publication de premier ordre.Ce dont je vous félicite sincèrement L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 228 R.P.BILLIAU, PROC.SA1NTE-ANNE-DE-BEAUPRÉ : “ Les Pères de Sainte-Anne vous souhaite plein succès m.l’abbé e.pelletier, sém.de saint-hyacinthe : Cette publication est destinée à faire beaucoup de bien et nous espérons qu’elle recevra tout l’encouragement qu’elle mérite COLLEGE DE SAINT-AIMÉ, FRERE ALEXIS, C.S.C., SUP.: “ Votre revue me paraît tout à fait utile aux professeurs soucieux de l'importance du rôle qu’ils sont appelés à remplir auprès de l’enfance chrétienne INSTITUTION DES SOURDS-MUETS, MONTRÉAL : “ Je souscris avec plaisir à votre excellent journal dont nous ne saurions plus nous passer__Bien à vous avec respect,—F.Alf.Bélanger, Dir.C.S.V.” ACADÉMIE SAINT-JEAN-BAPTISTE, MONTRÉAL : “ Cette publication devrait être encouragée par tous ceux qui s’intéressent à l’œuvre de l’éducation ; elle sera d’un grand secours à nos professeurs_F.J.J albert, Dir.” GRAND SÉMINAIRE, MONTRÉAL : “ Je suis heureux de m’abonner à votre revue et par là d’encourager une œuvre canadienne qui, du reste, se recommande elle-même.—Abbé A.Neveu, ptre.” COLLÈGE COMMERCIAL DE BERTHIERVILLE, F.-L.-A.TjEVASSEUR, DIR.: “ J’ai l’honneur de vous adresser ci-inclus un dollar en j^aiement d’une année d’abonnement à votre intéressante et très utile revue: V Enseignement primaire ”.CONGRÉGATION DE SAINTE-CROIX—MAISON PROVINCIALE DU CANADA, MONTRÉAL : “ .Ainsi, vous pouvez le constater, je m’intéresse à votre revue.Bien que Y Enseignement primaire ait rendu, depuis sa fondation, des services réels à la classe enseignante, aujourd’hui son importance a doublé avec son format.Permettez-moi de vous féliciter bien cordialement de votre dévouement à la cause de l’éducation primaire.Ce sont des plumes comme la vôtre qu’il faut pour améliorer notre système scolaire.Elle s’est déjà signalée, votre plume, et, maintenant qu’elle a une sphère d’action plus étendue, tout porte à croire qu’elle fera encore davantage dans la voie de l’amélioration.D’ailleurs, pour avoir une idée arrêtée sur votre publication, on n’a qu’à lire “ Notre Programme ”, dans le dernier numéro de votre revue.11 est incontestable que tout instituteur peut tirer de grands avantages à lire assidûment Y Enseignement primaire ”.COLLÈGE DE JOLIETTE, R.P.BeAUDRY SüP.: “ Vous pouvez me compter au nombre de vos lecteurs les plus assidus.Il fait bon voir des écrits sérieux.” ACADÉMIE COMMERCIALE, QUEBEC : “ Par le courrier, je vous adresse mon abonnement pour VEnseignement primaire.Avec mes souhaits pour le succès de cette œuvre, je demeure, etc—Frère André, Dir.” L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 229 ÉCOLE DES FRÈRES DE SAINT-HENRI : “ Nos souhaits de longue vie à vous d’abord, puis à votre Revue ”.Bien à vous en N.-S., Fr.Hyacinthe.ÉVÊCHÉ DE RIM0T3SKI, 6 DEC.1897 : “ Veuillez trouvez $1.00 sous souhaitant courage et succès.ce pli pour un an d’abonnement à votre revue.Je demeure, etc., Vous L.-J.Langis, Ptre, V.G., Supérieur du Séminaire.” SÉMINAIRE DE SAINT-HYACINTHE, 4 DEC.1897 : ‘‘ Vous trouverez ci-inclus une piastre pour mon &bonnementüV Enseignement primaire, auquel je souhaite ardemment les plus brillants succès.Votre humble serviteur, Jos.-G.Roy, ptre.” PETIT NOVICIAT DES FRERES DE SAINT-VINCENT DE PAUL, QUEBEC : “ L' Enseignement primaire sera d’un grand intérêt pour ma petite communauté.Vous me ferez plaisir d’accepter mon abonnement en attendant que je puisse vous en procurer quelques autres_P.Degesne, ptre, directeur.” COUVENT DU BON-PASTEUR, BIDDEFORD : Nous avons trouvé votre Enseignement primaire si intéressant et indispensable au point de vue pédagogique, que je vous expédie sut le champ le prix de l’abonnement.Sr Ste-Vincence, directrice des classes.” MONASTÈRE DES URSULINES, TROIS-RIVIÈRES : il Recevez nos sincères félicitations pour le numéro de Y Enseignement primaire que vous nous avez adressé, et veuillez nous compter au nombre de vos abonnés.Votre humble servante, Sr Marie de Jésus, Supérieure.COUVENT DE SAINT-JOSEPH, SAINTE-VICTOIRb : “ Nous avons reçu avec plaisir, la première livraison de la nouvelle revue : VEnseignement primaire.Je suis heureuse de coopérer à cette œuvre si utile, et même je dirai : presque nécessaire au bon fonctionnement de l’école primaire.Vous savez, d’ailleurs, toute l’importance que j’attache à ce journal, et je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour le propager.” UN VÉNÉRABLE CURÉ DES CANTONS DE L’EST NOUS ÉCRIT : “ J’ai parcouru avec avidité la livraison de VEnseignement primaire que vous m’avez fait adresser, et comme ami de l’éducation je souhaite à tous ceux qui s’intéressent à cette importante question de lire votre revue si instructive à plus d’un titre.Ceux surtout à.qui cette lecture profitera sont certainement les instituteurs et les institutrices, et je ne corn- 230 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE prends pas pourquoi nos gouvernants, qui se disent si bien disposés envers l’éducation et qui s’apitoient sur le sort des instituteurs, n’abonnent pas les maîtres et les maîtresses de chaque municipalité à 1 Enseignement primaire, une revue que tout le monde aime”.JSote du rédacteur—Le temps n’est pas encore venu de reprocher à nos gouvernants de rester sourds aux demandes des instituteurs.Au contraire, nous espérons beaucoup ! UN DES CURÉS LES PLUS IMPORTANTS DU COMTÉ DE BAGOT, NOUS ÉCRIT : “ Il me semble que le gouvernement devrait prendre les moyens de faire parvenir votre Revue à toutes les institutrices du pays, comme il fait parvenir le journal d’agriculture aux membres des cercles agricoles Votre dévoué, J.-U.C., ptre.M.LE CURÉ DE SAINT-GERVAIS : “ Si mon humble appréciation valait quelque chose, je vous dirais que vous faites un beau, bon et utile travail, que vous méritez bien de l’Église et de la Patrie, et que votre œuvre, par conséquent, mérite le plus entier succès.Votre tout dévoué serviteur, Chs Richard, ptre ”.M.LE CURÉ DE CALUMET, PONTIAC, 17 DÉC.1897 : Cette revue est excellente.Le gouvernement devrait la faire parvenir à tous ceux et celles qui enseignent dans nos écoles_Gr.-A.Picotte, ptre.m.le Curé de saint-clément, 14 décembre 1897 : “ J’ai lu votre revue avec un intérêt toujours croissant, de la première page à la dernière ; et pas plus tard que dimanche prochain, je réunirai toutes les institutrices de ma paroisse pour leur conseiller de prendre un abonnement à VEnseignement primaire L’autorité et la distinction de vos collaborateurs réguliers est un sûr garant de l’excellence de votre œuvre ”.J’ai l’honneur d’être, Votre bien dévoué serviteur, Jean-N.Ruest, ptre, curé.Monsieur C.-J.Magnan, Professeur à l’Ecole normale Laval, Cher monsieur, Québec.En arrivant chez moi de ma tournée de conférences pédagogiques, j’ai reçu le Node décembre de V Enseignement primaire.Combien je regrette de ne pas l’avoir reçu avant mon départ, pour le montrer aux instituteurs et aux institutrices de mon district d’inspection et les engager à prendre un abonnement ! Je voudrais le voir entre les mains de tous ceux qui veulent marcher de l’avant.A cette fin, je vous envoie le nom et l’adresse des titulaires des écoles de ma division, en vous autorisant à leur écrire que votre revue, sous sa nouvelle forme et sa nouvelle direction, est appelée à rendre des services très importants à la classe enseignante, et qu’il est de leur intérêt de la recevoir et de l’étudier avec toute l’attention dont elle est digne.Aussi j’exprime le désir de la voir dans chaque école, et je désire surtout qu’on y puise largement, non seulement la science pédagogique, mais les matériaux pour fournir aux élèves un travail intelligent et agréable à la fois.L’heureuse variété des articles qu’elle contient m’a surtout frappé.Je suis parfaitement certain qu’une institutrice qui lira régulièrement et avec attention VEnseignement primaire, qui s’appliquera sérieusement à suivre les conseils et à, mettre en pratique les leçons qu’il contient, ne tardera pas à se distinguer dans sa profession.Non seulement elle agrandira constamment le cercle de ses idées et de ses connaissances générales, mais elle acquerra, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 231 l’expérience aidant, de saines connaissances professionelles, qui lui rendra la tâche facile et agréable.Sans m’en douter, je vous ai préparé ici le terrain pour que la lecture de votre publication produise le plus de bien possible ; et vous, vous me rendrez l’inestimable service de compléter et de continuer les leçons de pédagogie que je viens de donner.Je vous laisse donc le soin de communiquer directement avec le personnel de mon district, soit en envoyant des circulaires ou des numéros de votre journal.Dans tous les cas, vous pouvez vous servir de mon nom de la manière que vous jugerez à propos.Vous avez toute ma confiance, et je vous offre mes meilleurs vœux de succès et ma cordiale recommandation.J’ai sous les yeux le texte de la conférence faite par M.Cloutier au congrès pédagogique de Montréal, il y a vingt ans ; j'en copie l’extrait suivant, qui est d’une actualité saisissante : “ Une troisième mesure dont la nécessité s’impose serait d’aviser aux moyens de “ fournir aux institutrices actuellement en fonction, et qui n’ont pas eu l’avantage d’ap-“ prendre à enseigner, l’occasion de s’initier aux meilleures méthodes aujourd’hui en usage.“ A cet effet, on devrait instituer dans les campagnes des conférences pédagogiques.Mais “ ces conférences devraient, avoir un caractère tout à jait pratique: ce seraient plutôt des “ leçons données aux enfan ts devant les institutrices que des discussions dont elles ne retire-“ raient aucun profit.” Permettez-uioi de vous dire en passant que j’ai suivi ce sage conseil.A chaque réunion, la première journée à été consacrée à l’enseignement pratique.J’ai donné moi-même une leçon de lecture à haute voix (avec explication grammaticale et littéraire) et une leçon d’arithmétique aux élèves de chaque année du cours élémentaire, qu’on avait fait venir dans ce but.Je trouvais qu’il était cent fois plus simple de donner une leçon que d’expliquer comment on la donne.Sachant que les écrits restent, tandis que les paroles volent, j’ai aussi dicté à mon auditoire un résumé de mes explications sur les différents sujets traités.Nulle part les conférences ne sont mieux organisées qu’en Belgique, et jamais il n’y a de conférence sans leçons pratiques.Mais, pardon, je m’oublie à parler de moi-même, continuons notre citation : “ Les visites de l’inspecteur et une couple de conférences par année seraient insufîi-“ santés pour familiariser des personnes qui n’ont jamais entendu parler de pédagogie, “ avec les bonnes méthodes ; mais si elles avaient l’occasion de lire dans le journal les mêmes “ choses qu’elles ont entendues de la bouche de l’inspecteur ou du conférencier ; si elles y “ trouvaient les mêmes leçons qu’elles ont vues donner devant elles, il leur serait facile ,l alors de les assimiler et de les donner ensuite à leurs élèves avec profit.” Si le temps me le permet, je serai heureux de vous envoyer quelques notes de temps en temps.Votre bien dévoué, B.LIPPENS, Inspecteur d’écoles, 1217, rue de Montigny, Montréal.Note du Rédacteuk-ex chef—La sympathie que M.l’inspecteur Lippens a la bonté d’accorder à Y Enseignement primaire nous est très sensible ; qu’il reçoive nos remerciements les plus sincères.M.Lippens cite avec à propos une idée émise par M.Cloutier il y a vingt ans.Le fondateur de Y Enseignement primaire & semé bien d’autres idées qui sont en pratique aujourd’hui.Quand l’histoire de la pédagogie canadienne s’écrira, M.Cloutier y occupera une place d’honneur., M.L’INSPECTEUR J.-P.NANTEL : “ Vous trouverez sous ce pli un mandat d’argent d’une piastre, pour un an d’abonnement à votre excellent journal.Mes félicitations et plein succès.Votre humble serviteur, J.-P.Nantel, insp.d’écoles ”.ACADÉMIE COMMERCIALE CATHOLIQUE DE MONTREAL, 7 DECEMBRE 1897 : “Je dois vous féliciter, cher monsieur, sur les changements que vous avez fait subir à votre excellente revue ; elle ne peut manquer de marcher de progrès en progrès ; elle sera, 232 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE je n’en doute jaas, le vade mecum de tous ceux et celles qui s’occupent d’enseignement— Mes meilleurs souhaits pour les succès que vous avez droit d’en attendre Cordialement à vous, F.-X.-P.Demers.Principal.DANS UNE AUTRE LETTRE, M.DEMERS DIT : “ Veuillez croire, cher monsieur, que je ferai tout en mon pouvoir pour vous procurer de nouveaux abonnés ; car je considère que c’est dans l’intérêt de tous, de travailler au succès d’une publication telle que la vôtre.Je sais bien que ce n’est pas l’intérêt personnel qui vous pousse à faire les sacrifices que vous vous imposez actuellement, mais bien la noble cause de l’instruction et de l’éducation des enfants de notre chère province.Voilà pourquoi je me permets de faire quelque peu de propagande.” Mlle FLORE LANDRY, INST., A CARLETON : Carleton-Uuest, 13 déc.1897.“ C’est une revue que j’aime beaucoup, elle m’est d’un grand secours dans la direction de ma classe, et j’espère bien qu’elle rend le même service à tous ceux qui y sont abonnés.J’y ai puisé de si bons conseils pédagogiques, que je pourrais à présent difficilement m’en passer.” MERCI ! —A notre Ordinaire qui a eu la bonté de nous dire que l’œuvre de Y Enseignement primaire était agréable à son cœur d'évêque, deux fois merci ! —A tous nos confrères de la presse canadienne-française, et particulièrement à la Semaine commerc.ale, au Courrier du Canada, au Soleil, à la Vérité, au Naturaliste canadien, à la Minerve, au Trifluvhn.à VImpartial, au Couvent, à l'Evénement, au Monde canadien, au Pionniei, au Sténographe Canadien, ainsi qu’aux autres journaux qui nous sont sympathiques et que nous n’avons pas occasion de lire, merci.Leurs bonnes paroles nous sont allées droit au cœur ; elles ont affermi notre courage.—Aux honorables personnages ecclésiastiques et politiques qui ont bien voulu, spontanément, nous écrire des lettres marquées au coin de la plus sincère bienveillance, toute notre reconnaissance est acquise.La démarche de l’honorable M.Parent, ministre des Travaux publics et maire de Québec, nous a été spécialement agréable.Il est assez rare, chez nous, de voir un homme cl’Etat tendre la main à l'instituteur et lui dire : travaillons ensemble à la grande œuvre nationale, à l’œuvre de l’éducation bien comprise.—Dans les pages précédentes, nous publions plusieurs extraits des lettres qu’un très grand nombre de dignitaires ecclésiastiques, de curés, de directeurs de maisons d’éducation, de supérieures de couvent, d’inspecteurs d’écoles, de principaux, d’instituteurs et d’institutrices laïques nous ont adressées depuis le 1er décembre dernier.Tous ceux qui nous feront parvenir le montant de leur abonnement d’ici au 15janvier 1898, recevront les deux livraisons de décembre et de janvier.$1.00! c’est peu pour une revue de 61 pages illustrées,variées,instructives et pratiques.Les personnes qui sont d’opinion que la transformation de Y Enseignement primaire arrive à point et que cette revue progressive et chrétienne a un rôle à jouer dans l’avenir, doivent nous aider à supporter le fardeau___Avis.Nous offrons nos sympathies les plus sincères à notre vénérable confrère, M.U.-E.Archambault, directeur-général des Ecoles catholiques de Montréal, à l’occasion de la mort de son épouse, Madame Phélonise-Azilda Robitaille, décédée le 29 novembre 1897, à l’âge de 58 ans.
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