L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 février 1898, Février
'¦ y S8 - - J.s X* \ Wmm %Ëm.¦ n ¦7 -';- :>-¦'*¦; 77 •;:" ;•' : 'rVvV.Vi n_7 f^v-Vj .: ;- - ' Sgp| ÉGLISE SAINT-PIERRE DE ROME Enfin, la Renaissance ne s’enorgueillit-elle pas avec raison de Raphaël, le peintre à jamais célèbre de la Vierge à la chaise, de la Sainte Famille, etc.?de Léonard de Vinci, dont la Jacovde est comparable aux plus grandes oeuvres de l’antiquité ?de Véronèse qui a laissé cette création si remarquable que les voyageurs peuvent admirer aujourd’hui au Musée du Louvre: Le Christ à Emmaüs ?du Titien qui s’est immortalisé par sa Mise au Tombeau ?et nous omettons nombre de Maîtres catholiques dont les noms sont passés à la postérité.Que l’on vienne dire, après cela, que la Renaissance “ c’est l’effort de l’humanité pour échapper à l’esclavage dans lequel l’Eglise l’avait plongée ”.Si nous avons insisté sur ce point d’histoire, c’est afin de préserver, dans la vers les études grecques et romaines mais elle n’a jamais voulu l’empêcher.Mon assertion est facile à prouver.Quels sont les artistes qui ont créé les plus purs chefs-d’œuvre de la Renaissance ?Dans l’architecture, n’est-ce pas Brunelleschi et Giotto qui ont élevé l’église Sainte-Marie-des-Fleurs, à Florence ?Bramante et Michel-Ange qui ont crée Saint-Pierre-de-Rome, l’église des papes ?En France, le plus beau monument de la Renaissance, le Louvre, a été élevé par les soins des rois Très Chrétiens, grâce au génie de Pierre Lescot.Passant à la sculpture, nous retrouvons encore l’immortel Michel-Ange, l’auteur inimitable du Moise, du Vatican ; Donatello, qui a laissé une tête de sainte Cécile considérée comme un des plus purs chefs-d’œuvre de la sculpture florentine ; Verochio, non moins célèbre que son compatriote Donatello, et une foule d’autres qu’il serait trop long d’énumérer. 216 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mesure cle nos forces, la jeunesse canadienue-française des erreurs qui ont cours un peu partout au sujet du rôle de l’Eglise vis-à-vis de l’Art.Abordons maintenant le côté pratique de notre étude.Ci-haut nous donnons une fidèle reproduction de l’église Saint-Pierre-de-Rome.En regardant attentivement cette gravure, nous remarquons qu’ici l’artiste est revenu à l’architecture païenne.Le dôme est byzantin, mais le reste de l’édifice est grec ou romain.Ce fronton triangulaire, ces colonnes corinthiennes, ces ouvertures en plein cintre nous indiquent que les beaux jours de la Grèce ou de Rome sont revenus.Quel est le caractère distinctif du style de la Renaissance?Nous laissons ici la parole à Pellissier, appréciateur de fort bon goût : “ Le caractère distinctif du style de la Renaissance est l’addition du cintre surbaissé à la ligne droite des Grecs et des Romains.L’unité résulte de la simplicité des lignes perpendiculaires et des lignes horizontales, et la variété provient des reliefs que présente la façade d’un monument style renaissance.La richesse de ce style résulte du grand nombre d’ornements sculptés.Une élégance de bon goût résulte du choix de ces ornements qui, malgré leur profusion, ne brisent jamais les grandes lignes de l’architecture, et se perdent avec harmonie dans l’ensemble.“ La beauté naît de l’opulence facile, de la variété sans confusion, de la disposition ingénieuse qui multiplie les ornements à mesure que l’édifice s’élève, ainsi, plus éloignés de l’œil, les détails se fondent mieux dans le tout.“ Le seul reproche que mérite l’art de la Renaissance, c’est d’être prodigue d’ornements, de dépasser par l’étendue de ses monuments les limites que peut embrasser l’œil de l’homme, et ainsi de fatiguer parfois le regard et l’imagination ”.C.-J.Magnan.AU COIN DU FEU LA VIE DES CHAMPS Le laboureur n’est pas méchant : L’air qu’il respire rend honnête ; Il sait qu’aux bornes de son champ Le désir qu’il poursuit s’arrête.L’hiver est pour le laboureur, comme pour le champ qu’il cultive et qu’il aime, la saison du repos.Essayons donc de lui écrire quelques lignes, pendant qu’il a tout le loisir de nous lire, si toutefois cela lui plaît.Vous n’avez pas oublié ce vers que Virgile écrivait, il y a environ deux mille ans : O for lunato s nimium, sua si bona norint, Agricolas ! O trop heureux cultivateurs, s’ils savaient apprécier leur bonheur 1 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 277 Ce qui était une vérité il y a deux mille ans est encore aussi vrai aujourd’hui, plus vrai peut-être, parce que les changements apportés dans les autres états de vie font encore ressortir davantage l’inappréciable paix, le calme bienfaisant de la vie des champs.Il est peu de mes lecteurs qui ne connaissent point la vie de la campagne : la plupart même y sont nés et y ont été élevés.Causons donc ensemble, pendant quelques instants, de ces belles années que nous avons passées au milieu des travaux salutaires et des plaisirs robustes de la vie champêtre.Il nous en reviendra comme une bonne odeur de terroir qui nous réconfortera et nous fera oublier pour un moment la plate et épuisante existence des villes qui nous use et nous brise, bien avant le temps fixé par la bonne nature elle-même.O les beaux soleils matinals montant dans l’air reposé et parfumé par toutes les saines émanations du sol que travaillent les sèves et les sucs féconds du printemps ! O les flamboyants couchers qui empourprent l’horizon par les soirs tièdes qu’embaument les fleurs nouvelles et les jeunes feuilles aux nuances si tendres et si délicates ! N’avez-vous pas senti, en vous promenant à travers les champs et les bois, un mystérieux frisson de vie qui pénètre et sature tout votre être ?N’avez-vous pas éprouvé cette espèce d’effervescence qui soulève votre •esprit et vous emporte à des aspirations plus hautes, à une fraternité plus large, à une bonté qui semble monter de la nature elle-même pour vous envahir et réchauffer votre âme ?Tout ce qui vous entoure respire le calme dans la force, le bien-être dans la confiance.C’est une harmonie de sons et de couleurs qui vous charme et vous séduit.Votre champ est semé.Vous voyez déjà poindre les premières tiges qui promettent la riche moisson prochaine, avec la volonté de Dieu.Vous avez fait votre part.A la Providence, maintenant, de faire la sienne ; et vous savez bien que la providence n’y manquera pas.C’est ce qui fait votre force et votre indépendance.Car songez-y bien : à part le calme, la douceur et la salubrité des champs, vous avez encore la vie la plus noble, la plus indépendante qui se puisse concevoir.En fait, vous ne relevez absolument que de Dieu lui-même ; il est votre seul Seigneur.Ils avaient bien compris cela, les anciens qui voulaient qu’un fils de noble famille ne pût embrasser, sans déchoir, que trois états de vie ; le service des autels, la profession des armes, et la culture des champs, crux, eusis es aratrum, la croix, l’épée et la charrue.C’est qu’en effet, toutes les autres professions, mêmes les plus exaltées, ne sont en définitive qu’un servage plus ou moins déguisé, un asservissement, tandis que le service de Dieu, le service de l'a patrie, le service du sol fécond est une profession libre et noble qui n’a d’entraves que le devoir et la loi, ce qui est la plus haute expression de la liberté.Napoléon Legendre. 278 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LES PARENTS (1) Dans un ménage chrétien, la femme prouve sa délicatesse de sentiment en se montrant prévenante pour son mari, toujours affable, toujours complaisante, et l’homme qui a reçu une bonne éducation, est rempli d’égards pour sa femme, qu’il traite toujours comme une compagne chérie que le bon Dieu lui a donnée pour l’aider à supporter les peines de la vie.La femme tient sa maison de telle sorte que son mari y trouve le bonheur.Elle ne paraît jamais devant son mari dans un négligé qui pourrait diminuer l’estime que ce dernier a pour elle.Son langage sera toujours irréprochable à tous égards.Le mari en agira de même envers elle.Les charmes de la jeunesse sont bientôt passés, l’estime qui a sa source dans les qualités du cœur et les bons procédés, demeure.Que le père et la mère n’aient aucun différend en présence de leurs enfants, qu’ils ne se permettent aucune parole triviale, grossière.Que leur autorité soit tendre et de telle sorte que leurs enfants, tout en les respectant, soient à l’aise avec eux.Qu’ils tiennent à ce que les enfants observent entre eux les règles de la politesse et de la bienséance qu’ils doivent pratiquer plus tard dans le monde.Th.-G.Rouleau, ptre.LES LARMES D’UNE MÈRE Dans ses langes blancs fraîchement cousus, La Vierge berçait son enlant Jésus.Lui, gazouillait comme un nid de mésanges ! Elle, le berçait et chantait tout bas Ce que nous chantons à nos petits anges.Mais l’enfant Jésus ne s’endormait pas.‘‘ Doux Jésus, lui dit la mère en tremblant, “ Dormez, mon agneau, mon bel agneau blanc.“ Dormez ; il est tard, la lampe est éteinte ! 11 Votre front est rouge et vos membres las.“ Dormez, mon amour, et dormez sans crainte.” Mais l’enfant Jésus ne s’endormait pas.“ 11 fait froid, le vent souffle, point de feu, “ Dormez : c’est la nuit, la nuit du bon Dieu ; “ Vite, ami, cachons ces yeux sous nos draps Les étoiles d’or en seraient jalouses.” Mais l’enfant Jésus ne les cachait pas.(1) Extrait du Manuel des Bienséances, à l’usage des candidats aux brevets d’école primaire.Prix : 25 cts ; s’adresser à W.Bussières, Ecole normale, Québec. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 279 u Si quelques instants vous vous endormiez.il Les songes viendraient en vols de ramiers, “ Et feraient leurs nids sur vos deux paupières “ Us viendront : dormez, doux Jésus.” Eiélas ! Inutiles chants et vaines prières, Le petit Jésus ne s’endormait pas.Et Marie, alors le regard voilé, Pencha sur son fils, son front désolé.“ Vous ne dormez pas, votre mère pleure, 11 Votre mère pleure, ômon bel ami !.” Des larmes coulaient de ses yeux ; sur l’heure, Le petit Jésus s’était endormi.Alphonse Daudet.LECTURE EN FAMILLE sacrifice—(Suite et fin) Oh ! le douloureux combat ! Que de fois il s’était renouvelé dans son cœur, et toujours sans issue ! Que de chocs et de conflits entre des aspirations contraires ! Ici, l’ivresse infinie de la vie claustrale, l’ardente joie des longues contemplations devant l’autel, la suave dureté de la règle monastique, tout ce qu’elle avait appelé, souhaité, rêvé ; là, des jours uniformes, dépourvus de tout attrait, l’existence bourgeoise d’un foyer où nul rayon ne brillerait jamais, auprès d’un vieillard quinteux et aigri, découragé par sa disgrâce.C’est entre ces deux routes qu’il fallait choisir, et ce jour-là, comme les autres, elle hésitait.Soudain, elle ressaisit sa pensée errante.Ses yeux s’arrêtèrent sur le général toujours silencieux et, se levant, elle lui dit : —A quoi songez-vous, mon père ?— Je songe au triste avenir qui s’ouvre devant nous, mon enfant, devant toi surtout, et je regrette amèrement que tu ne te sois pas mariée quand tu pouvais choisir entre tant de prétendants disposés à te prendre sans dot, parce qu’ils comptaient sur ma protection.—Si ceux qui m’ont recherchée quand vous étiez puissant s’éloignent maintenant, c’est qu’ds ne m’aimaient guère, objecta-t-elle.—Us peuvent t’aimer toujours et être contraints par des exigences de position de renoncer à toi.Il est fâcheux que tu ne te sois pas décidée quand l’occasion s’est offerte.—Mais, je me suis décidée, mon père, et pareille occasion s’offrit-elle encore j'agirais comme j’ai agi.Je ne veux pas me marier.—Tu ne veux paste marier?s’écria-t-il, dressé d’un brusque mouvement sur le fauteuil qui trembla sous la pression de ses mains.Tu ne me l’avais jamais dit.—Je vous le dis maintenant, général de mon cœur.Et, caressante, elle .^’agenouilla devant son père, en l’enveloppant d’un regard qui cherchait à atténuer l’énergie de ses déclarations.Mais il ne voulait pas se laisser séduire. 280 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE —Et tu crois que je vais accepter cet arrêt ?—Il faudra bien l’accepter, puisqu’il est irrévocable.Elle prononça ces mots d’une voix tout à coup transformée et ou s’exprimait si nettement sa volonté que le général n’osa répondre, lui devant qui tremblaient, quand ils entendaient gronder sa colère, officiers et soldats placés sous ses ordres.O/.^ ^ -TV' "TV Il v eut un silence, Geneviève s’était relevée et se tenait debout devant son père, prête à parler.—Mais tu as une raison ?balbutia-t-il.—J’en ai une.—Puis-je la connaître et juger de ce qu’elle vaut ?—Vous le pouvez, répondit-elle.Je n’ai voulu me marier et continue à ne pas le vouloir, parce que j’ai pris l’engagement de me consacrer à Dieu.—Religieuse, toi ! —Religieuse, oui, mon père.Mon dessein est d’entrer aux Carmélites.—Mais c’est un coup de folie ! —Ne blasphémez pas, général ; ma folie est celle des saints, la folie delà croix.Il comprit qu’il n’aurait pas raison de cette volonté de jeune tille, il se tut.Mais le coup avait porté et le pauvre homme en était comme assommé.Il ne parut recouvrer son sang-froid que pour demander d’un accent de doléance : —Et quand comptes-tu me quitter ?Elle ne s’attendait pas à cette question.Mais, puisqu’elle se posait, c’est que l’heure était venue.Elle redressa son front tout radieux de jeunesse et de saint enthousiasme, et, parlant comme si elle eut récité une profession de foi, elle répondit ; —J’ai longtemps hésité, mon père, à vous causer cette peine et j’ai gardé dans mon cœur le secret de ma vocation.Mais, puisque vous l’en avez fait sortir, je ne dois plus dissimuler ni mettre un plus long retard à obéir à Dieu.Quand vous partirez d’ici, j’irai m’enfermer au noviciat du Carmel.Elle s’arrêta, toute stupéfaite d’avoir pu, en quelques mots et si soudainement faire connaître cette décision dont, durant si longtemps, elle avait reculé l’aveu, redoutant la douleur de son père.Quant à lui, écrasé dans son fauteuil, il pleurait.—Mon père, murmura-t-elle, daignez songer que j’obéis au Ciel.Je le prierai tant pour vous qu’il vous donnera le courage et la résignation.—Ces paroles, loin de l’apaiser, l’exaspérèrent.Le soldat autoritaire et emporté qu’il était se réveilla.D’un bond, il fut debout, criant, el gesticulant, la voix étranglée par la colère et les pleurs.—Je n’ai que faire de tes prières.Vivant, je n’ai besoin que des baisers de ma fille.Je me flattais de l’espoir d’en jouir toujours.Et tu me les enlèves !.Et à quel moment ?Au moment où tout m’échappe, commandement, honneurs, gloire, fortune, au moment où la vieillesse me courbe, où la limite d’âge brise ma carrière et où, seul, ces baisers pourraient me dédommager de tout ce que je perds.Non, le Dieu au nom de qui tu parles ne peut vouloir que tu t’arraches ainsi à ma tendresse, il ne peut vouloir te prendre à moi quand je n’ai plus que toi.11 ne m’a pas condamné à vivre solitaire et désolé alors que jamais je n’ai trahi mes devoirs.Si tu disais vrai, si c’était L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 281 lui qui commande, il serait un Dieu sans bonté, sans clémence.et je ne crois pas qu’il soit tel.—Mon père ! mon père ! répétait Geneviève.Mais il ne l’entendait pas.Il sanglotait, il suppliait, il menaçait, et, finalement, il s’efïronda dans une crise de désespoir, eu disant : —Tu es libre, mon enfant ; mais sache bien que, si tu accomplis ce cruel, cet affreux dessein, tu m’auras tué.Sur ces mots il sortit, la laissant bouleversée et bientôt transformée.De nouveau, elle commençait à comprendre que son devoir ne consistait pas à déserter à cette heure ses obligations filiales pour goûter la joie de se donner à Dieu, mais qu’il consistait à les remplir toutes jusqu’au bout.Lorsque,quelques heures plus tard, elle revit son père,son sacrifice était fait, et plus grand celui-là, plus noble, plus héroïque que celui qu’elle avait d’abord rêvé.Elle jeta ses bras autour du cou du pauvre vieux qui l’interrogeait d’un regard plein d’angoisse, et elle soupira à son oreille : —Rassurez-vous, père adoré, je ne vous quitterai jamais.Le général d’André n’a vécu que deux années après avoir été mis dans le cadre de réserve.Il est mort voici quelques semaines.Sa fille a pris le voile, il y a huit jours, aux Carmélites de l’avenue de Saxe, et c’est son confesseur qui m’a raconté, pendant la cérémonie, l’épisode que je viens de rappeler.Ernest Daudet.LES SOCIÉTÉS DE BIENFAISANCE CHAPITRE I La vie de famille U Etoile du Nord, de Joliette publiait, le 28 septembre dernier, sous le titre de “ La vie de famille et les sociétés de bienfaisance ”, un article très bien pensé; l’extrait suivant servira, je crois, admirablement bien de préambule à ce travail.La vie de famille et les sociétés de bienfaisance “ Si le bonheur existe encore quelque part sur la terre, il est dans la vie de famille, dans l’amitié franche et cordiale de ses parents, dans les joies simples que l’on goûte sous l’œil de son père et de sa mère, au milieu de ses enfants, de ses frères et de ses sœurs.La vie de famille est si belle que, suivant une parole divine, elle est aimée de Dieu et des hommes ; elle est si bonne que Dieu lui-même lui emprunte de belles comparaisons : 11 nous aime comme un père, comme une mère aime ses enfants.Malheureusement, cette vie de famille est peu appréciée et mal comprise par les parents et les enfants dans un trop grand nombre de cas.Les résultats ont une influence matérielle désastreuse sur le bien-être des populations et la richesse publique.4 282 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Nous retrouvons ce défaut d’une manière plus prononcée parmi notre population canadienne-française, qui est trop portée à s’amuser et ne pense pas assez aux responsabilités de la vie et à la protection de ceux qui restent dans le monde après le départ pour l’éternité.C’est pénible à dire, mais l’expérience de tous les jours prouve la vérité de notre assertion L.-G.Robillard, Sec.Gén.Union Franco-Canadienne.COMMENT ÉLEVER LES ENFANTS LA DIGNITÉ ET LA FERMETE DU CARACTERE 3e Causerie De la dignité et de la fermeté ainsi comprises résultera cette noblesse, cette élévation du caractère qui en est comme l’épanouissement.D’abord il n’y a que l’élévation dans l’intelligence qui puisse permettre à qui que ce soit d’envisager d’ensemble, et par suite avec indulgence, les hommes et les choses.Notre pauvre humauité se laisse bien plus facilement impressionner par le mal que par le bien chez autrui ; elle ne nous permet pas, au contraire, de rien voir de défectueux en nous-même.Examinons les choses de plus haut, nous les verrons plus complètement, et ce sera toujours au profit de l’estime pour autrui, et de notre amendement personnel.Il nous en coûtera ainsi beaucoup moins de reconnaître que ceux avec qui nous vivons se conduisent conformément à leur droit, et non avec injustice et selon le caprice.Comme nous le croyons si facilement quand nous aurions intérêt à ce qu’ils agissent d’une autre manière.Nous sommes fort ingénieux à justifier nos actes; qui sait?peut-être le deviendrons-nous autant à justifier ceux des autres.Comment se pourrait-il ensuite qu’au service de cette intelligence élevée il n’y eût pas aussi un cœur grand et élevé ?Comment les petitesses, les mesquineries auraient-elles accès dans ce cœur qui comprend les grandes choses, et ne peut par là même se défendre de les aimer ?La grandeur d’âme, la générosité, les dévouements de toutes sortes y germeront naturellement, et c’est là qu’il faudra chercher, avec l’indulgence pour les hommes, le respect pour les principes ; avec l’oubli de soi-même, la constante préoccupation du bien public ; avec la modestie du sage, la hauteur de vues de quiconque sait apprécier et respecter le privilège de sa liberté.M.le chanoine G.Ginon.LA PAGE DE LA JEUNE FILLE CONSEILS D’UN POÈTE À UNE JEUNE FILLE Y a-t-il sur la terre un être plus aimé, plus choyé, j’allais dire plus gâté que la jeune fille?Elle ne trouve devant elle que des personnes disposées à L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 283 lui être agréables ; mais, en retour de tant d’attentions, on voudrait la voir parfaite, et les plus grands écrivains se sont plu à lui donner des conseils.Victor Hugo lui recommande de travailler, de rester pure, d’être calme, joyeuse et bonne : Laisse-toi conseiller par l’aiguille ouvrière, Présente à ton labeur; présente à ta prière, Qui dit tout bas: >l Travaille! ” oh ! crois-la! Dieu, vois-tu, Fit naître du travail, que l’insensé repouse, Deux filles : la vertu, que fait la gaîté douce, Et la gaîté, qui rend charmante la vertu ! Sois pure sous les cieux! comme l’onde et l’aurore, Comme le joyeux nid, comme la tour sonore, Comme la gerbe blonde, amour du moissonneur, Comme l’astre incliné, cemme la fleur penchante, Comme tout ce qui rit, comme tout ce qui chante, Comme tout ce qui dort dans la paix du Seigneur ! Sois calme.Le repos va du cœur au visage ; La tranquillité fait la majesté du sage.Sois joyeuse.La foi vit sans l’austérité ; Un des reflets du ciel, c’est le rire des femmes ; La joie est la chaleur qui jette dans les âmes Cette clarté d’en haut qu’on nomme la Vérité.Sois bonne.La bonté contient les autres choses.Le Seigneur indulgent sur qui tu te reposes Compose de bonté le penseur fraternel.La bonté, c’est le fond des natures augustes.D’une seule vertu Dieu fait le cœur des justes Comme d’un seul saphir la coupole du ciel.Ainsi, tu resteras, comme un lis, comme un cygne, Blanche entre les fronts purs marqués d’un divin signe ; Et tu seras de ceux qui, sans peur, sans ennuis, Des saintes actions amassant la richesse, Rangent leur barque au port, leur vie à la sagesse, Et, priant tous les soirs, dormeht toutes les nuits ! Victor Hugo,.PETITE POSTE EUGÉNIE A HÉLÈNE Tu me dis, chère sœur, que mou style est simple, bon, naturel, mais je ne sais pas encore ce que c’est que le style.Quand je veux écrire quelque chose, je recueille mes idées, et, la tête cachée dans mes deux mains, je réfléchis.je replie mon esprit sur lui-même, je me regarde penser.et puis j’écris comme je pense, je mets sur mon papier ce que je vois dans mon esprit, ce que je sens dans mon cœur, tout comme quand au dessin je copie un modèle que j’ai sous les yeux. 284 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Il me semble, quand je lis un joli livre, qu’il n’y arien de plus simple que ce que je lis.Les idées, les expressions viennent toutes seules ; elles sont claires, faciles ; j’oublie le livre et celui qui l’a fait et je ne suis plus occupée que de ce qu’il me dit.Bien plus, il me semble que j’aurais dit ce qu’il dit et comme il l’a dit, parce que les tableaux qu’il me présente se forment dans dans mon esprit, avec toutes les couleurs qu’il y met.Je puis les voir au dedans de moi, une seconde fois comme dans le livre ; et si j’avais à écrire ce qu’il a écrit.mais je le ferais aussi bien que lui.Est-ce que tout le monde n’est pas comme je suis?.jllLiit; Ne te moques pas de moi, n’est-ce pas ?Je t’assure que je dis là ce que je pense.Eugénie (1).LE COIN DES ENFANTS LE PATER mm WWW' mm CieV'> §®mH ïu .\ m O.OAfIVÉAU, PHOT9-6RAV., qUEBÇC On n’arrête pas en disant sa prière ; Voyons ?ne reste pas cette fois en arrière.Recommence avec moi le Pater, et dis bien : Donne.—Donne-nous.—Le pain quotidien.—Le pain.—Eh bien ! encor ! pourquoi donc cette pause ?Et pourquoi marmotter tout bas De ces mots que je n’entends pas ?—Chère maman, voici la chose : Je priais le bon Dieu, car le pain, c’est bien sec, De nous donner toujours un peu de beurre avec.” L.Ratiseonne.îsotre père des cieux, bénissez ma jeunesse : Pour mes parents, pour moi, je vous prie à genoux ; Afin qu'ils soient heureux, donnez-moi la sagesse, Et puissent leurs enfants les contenter sans cesse, Pour être aimés d’eux et de vous ! Mme Tastu.(1) Extrait de l’auteur des Paillettes d'or. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 285 RÉCRÉATION Réponses aux devinettes I et II, page 219, livraison du 1er janvier 1898 : I.R.60.Solution : Le prix d’achat des premiers est J de sou par œuf ; celui de seconds, de ^ de sou ; le prix moyen d’achat est donc la moitié de J4-^ ou de f, c’est-à-dire .Le prix de vente d’un œuf à 5 pour 2 sous est | de sou ; la perte est donc de t52—de sou Par œuf ; il faut donc en avoir vendu 60 pour 1 sou.II.Rép.Brûlot.M.Remi Pelletier, de Sainte-Anne-des-Monts, nous a fait parvenir une solution exacte des deux devinettes de janvier.EN RIANT Le mot galimatias signifie embrouillé, confus, inintelligible.Voici l’origine de ce mot : Un avocat était chargé par un nommé Mathias de réclamer un coq qu’on lui avait volé.La plaidoirie se faisait en latin.L’avocat prononça si souvent ces mots : gallus Mathice qui signifient le coq de Mathias, qu’il finit par s’embrouiller et par dire galli Mathias (le Mathia.s du coq).Un jeune homme demandant une place à un ministre lui écrivait : “ Je n’ai ni biens, ni rang, ni crédit, ni bureau ; Cela s’appelle en bonne prose Etre un zéro, mais un zéro, Quand il est bien placé, peut valoir quelque chose HYGIÈNE Le bon pain blanc coûte cher : le pauvre n’en mange pas tous les jours.Mais le bon air pur ne coûte rien.Dieu te le donne gratis.Ouvredui ta fenêtre : c’est la santé qui entrera.Chaque matin, en te levant, ouvre toute grande la fenêtre de ta chambre, pour laisser partir l’air que tu as respiré pendant la nuit et laisser entrer l’air vif du dehors.Tu ne voudrais pas te baigner dans une eau puante et corrompue?Eh bien ! tâche de ne pas vivre dans un air corrompu et puant.Là où l’air n’entre pas, c’est la mort qui entre.Dr Pécaut. 286 L'ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE CHRONIQUE DU MOIS Nos confrères : The Educational Review, organe des associations des instituteurs des provinces du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse, et La Escuela primaria de Mérida de Yucatan, Mexique, font les plus grands éloges de VEnseignement primaire dans leur livraison de janvier.lu Impartial se plaint amèrement du fait que l’enseignement du français dans les écoles acadiennes s’en va à la dérive.Nous conseillons à nos confrères acadiens de traiter avec plus de vigueur que jamais cet important sujet devant leurs associations.Qu’ils ne se lassent pas et les autorités finiront ptar céder.Dans la prochaiile livraison nous commencerons à publier des Eléments de pédagogie qui rendront services aux aspirantes aux brevets d”école primaire.Dans une récente livraison, V Ecole française de Paris, une excellente revue catholique» cite l’Enseignement primaire à propos du certificat d’études primaires et du projet d’une association provinciale pour les instituteurs catholiques de la province de Québec, et ajoute : “ Un bon exemple à proposer aux instituteurs catholiques français: à la cent dix-septième réunion des instituteurs de la circonscription de l’Ecole normale Laval à Québec (Canada), a été adopté le projet de réunir les deux Associations d’instituteurs catholiques de Québec et de Montréal, en une seule “ Association générale des instituteurs catholiques de la province de Québec” ayant pour but : 1° Améliorer la profession de l’instituteur par l’étude de la pédagogie et de la méthodologie ; 2° Améliorer le sort de l’instituteur au point de vue matériel ; 3° Augmenter le prestige de l’enseignement confessionnel.” Nous protestons contre l’attaque injuste du Review de Saint-Louis, Mi.contre V Union Franco-Canadienne.Cette excellente association canadienne française a été vigoureusement et triomphalement défendue )3ar son secrétaire général, M.L.-G.Robillard.U Union Franco-Canadienne est du même type et sur la même base d’opérations financières—système des contributions à taux fixes, graduées suivant l’âge des sociétaires, à leur admission—que l’Ordre Indépendant des Forestiers et l’Alliance Nationale.' Or, on sait que la première de ces deux sociétés n’avait, en 1881, sept ans après sa fondation, que 369 membres et $4,000 de déficit ; ce qui ne l’empêche point décompter aujourd’hui 150,000 membres et d’avoir $2,000,000 de réserve.L'Union Franco-Canadienne, jjour sa part, dans ses trois premières années de fonctionnement, période de fondation, a, néanmoins, recruté au-delà de 1800 membres, payé plus de $5,000 aux agrégés à sa Caisse des malades,— la compétence de son service médical lui ayant épargné d’enregistrer jusqu’ici encore un seul décès, parmi ses agrégés à la Caisse de Dotation,—et elle n’en a pas moins déjà un surplus d’au-delà de $6,000.La campagne entreprise par nos vaillants confrères acadiens en faveur de l’enseignement du français a déjà produit de bons effets.C’est ainsi que l’honorable M.-A.-D.Richard, ancien député à la législature du Nouveau-Brunswick et maintenant conseiller législatif, a été tout dernièrement chargé par le gouvernement du Nouveau-Brunswick, d’aller à Montréal, pour l’achat d’un grand nombre de livres français, dont on enrichira la bibliothèque publique.Enfin, l’on commence donc à comprendre un peu partout, au Canada, que la langue française n’est pas à dédaigner; le jour où nos frères séparés pourront apprécier toutes les beautés, toute la richesse, on la parlera peut-être plus fréquemment en Anglais.L’honorable juge Jetté est nommé lieutenant-gouverneur de la province de Québec ; il succède à sir J.-A.Chapleau. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 28Y Un drame horrible a eu lieu à Sherbrooke, le 5 de janvier.Un jeune homme de 22 ans, nommé Gédéon Dubois, a tué d’un coup de revolver une jeune femme de 20 ans, Mme Tanguay ; le meurtrier, immédiatement après le crime, a retourné l’arme contre lui-même et s’est suicidé.La scène s’est passée en présence des parents de la victime, Mme Tanguay.Le mobile du crime est la jalousie.Mme Tanguay, née Denault, mariée récemment, avait refusé d’épouser Dubois.Voilà une grande leçon pour les nombreux parents qui ne surveillent pas les fréquentations de leurs enfants.¦ Un terrible malheur a frappé la petite ville de London, Ontario, le 4 du mois dernier Une grande assemblée avait lieu à l’hôtel de ville ; près de deux mille y assistaient.Les.galeries de la salle se sont effondrées et trente personnes ont trouvé la mort dans le désastre.Notre confrère de VEducational Record, de Québec, publie dans la dernière livraison de cette publication, une excellente étude de M.H.Curtis, sur l’enseignement du français d’après la méthode naturelle.Nos confrères protestants comprennent de plus en plus la beauté et l’importance de la langue française.L’Angleterre et le Japon se préparent à déclarer la guerre à la Chine.Les deux premières puissances veulent se tailler chacune un coin de territoire à même le Céleste-Empire.10,000 soldats doivent se rendre en Chine par le territoire canadien.Quelques Américains influents ont proposé dernièrement à leurs gouvernants de céder -au Canada l’Etat du Maine et une partie du New-Hampshire, qui seraient annexés à la province de Québec ; en retour le Canada céderait aux Etats-Unis une partie de son riche territoire de l’Ouest.Nous en sommes ! > Voici le nombre de suicides sur un million d’habitants dans les principaux pays de l’Europe : L’Irlande, 17—l’Espagne, 30—L’Italie, 45—la Norvège, 69—l’Angleterre, 76—la Suède, 92—la Belgique, 100—l’Autriche 163—la Prusse, 166—la France, 180—la Suisse, 239—le Danemark, 251—la Saxe, 392.Le Progrès du Saguenay dit beaucoup de bien des conférences pédagogiques que M.l’inspecteur J.-E.Savard a données dans son district d’inspection, et il ajoute : “ L’instruction primaire prend certainement une importance capitale et de très bon augure.Puissent les efforts de ceux qui sont préposés à son développement être secondés comme ils doivent l’être par les commissions scolaires et par les parents des enfants, qui ne doivent rien négliger pour procurer à ceux-ci l’instruction si indispensable de nos jours Sa Grandeur Mgr Bégin, archevêque de Cyrène, a donné à la Basilique une série de belles et persuasives conférences sur l’un des sujets les plus actuels de la doctrine catholique : l’Eglise.Notre confrère de VAvant-Garde ayant cru voir dans la petite note qui a été publiée dans la dernière livraison de VEnseignement primaire, relativement au projet de loi d’éducation, une appréciation de cette mesure, nous lui avons répondu que la note en question avait été reproduite de Y Evénement, plusieurs jours avant que le dit projet de loi nous fût parvenu, à sinrple titre d’information pour nos lecteurs.Le Bulletin de la Société St-Vincent de Paul de Paris, vient de donner le résumé général des recettes de l’Œuvre et de ses aumônes pendant l’année 1896.Les recettes ont été de 9,402,199 fr., soit près de $2,000,000.Les aumônes de 9,658,732 fr, Ces chiffres sont pour toutes les contrées du monde où la société est établie, à l’exception du Brésil et de l’Australie qui n’ont point encore fait connaître leur situation. 288 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Notre gentil confrère de VOiseau-Mouche vient d’atteindre sa sixième citations.année.Nos féli- Yoici en deux lignes le projet de colonisation de M.Roy, dont nous avons dit un mot en janvier dernier : Une société de colonisation serait formée dans chaque comté, avec des ramifications dans toutes les paroisses du comté.Les contribuables seraient invités à sousr-crire en faveur de l’entreprise, et le gouvernement devrait accorder à chaque comté une somme égale à la moitié du montant fourni pour des fins de colonisation.Chaque société pourrait choisir un centre de colonisation et former un groupe de 25 à 30 colons qui iraient attaquer la forêt accompagnés d’un prêtre résidant.La société aiderait ces colons durant les deux ou trois premières années de défrichement, puis abandonnerait ces premiers pour former un autre groupe qui serait protégé de la même façon.La séance musicale, littéraire et gymnastique, donnée le 27 du mois dernier, à la salle de musique, par les élèves des Frères de l’Académie Commerciale de Québec, devant un auditoire d’élite, a eu un brillant succès.S.G.Mgr.Bruchési, archevêque de Montréal, de retour de Rome depuis quelques semaines, s’est exprimé comme suit en parlant de Léon XIII : “ Le pape était assis dans son fauteuil d’or et il avait l’air d’une statue de marbre.Ses yeux brillaient comme des diamants.Ses lèvres étaient entr’ouvertes par un sourire.Le pape paraissait plus fort et plus vigoureux qu’il y a dix ans.Sa condition est réellement étonnante.” Mgr Bruchési, répondant à une adresse de son clergé dans la cathédrale de Montréal s’est écrié : “ Pourquoi ne pas faire taire ce malheureux esprit de parti qui crée de si profonds malaises chez nos populations, qui aveugle si complètement celui qui en est atteint.” L’éminent archevêque a raison : tous les maux dont souffre la patrie canadienne-fran-çaise viennent du ridicule esprit qui nous séparent en bleus et en rouges.Au temps de Lafontaine, les chefs politiques, l’épiscopat, le clergé, les écrivains et le peuple étaient unis, solidement unis, sur le terrain national.Sir Adolphe Chapleau, avant son départ de Québec a fait remettre aux pauvres de cette ville la somme de $1200, montant qu’un bal d’adieu aurait coûté.Voilà un bel exemple.L’honorable François Langelier, député de Québec-Centre à Ottawa et membre du Conseil de l’Instruction publique, vient d’être nommé juge de la cour supérieure.BIBLIOGRAPHIE _Lettres apostoliques de S.S.Léon XIII—Encycliques, Brefs, etc—1 exte latin avec le français en regard.Précédés d’une notice biographique, avec portrait, et suivies d une table alphabétique.Magnifique ouvrage en quatre volumes.Edité avec goût par Royer et Chernoviz, Paris.En vente à Québec chez Chaperon & Garneau, libraires, rue de la fabrique.Prix des 4 volumes : $1.00.Franco par la poste: $1.10.Voilà un ouvrage que nous voudrions voir dans toute nos familles canadiennes-françaises et entre les mains de ceux qui s’occupent de l’éducation de la jeunesse catholique.______Les églises paroissiales de Paris.Monographies illustrées.I.Notre-Bame, : trois fascicules : l’Extérieur, VIntérieur, le Trésor.Joli travail artistiquement illustré et imprimé avec perfection étonnante.Editeur: La librairie de la France Illustrée, 40, rue La Ion- L’ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE 289 taine, Paris-Auteuil.Le directeur de cette importante maison est M.Henry Tardé, Frère de Saint-Vincent-de-Paul et administrateur de l’Œuvre des Orphelins-Apprentis.M.Tardé est bien connu à Québec où il a passé plusieurs années en qualité de directeur au Patronage.Nos remerciements à notre ami pour l’envoi d’un exemplaire de la première partie des Eglises paroissiales de Paris.—La Défense^—Journal hebdomadaire bien écrit et bien imprimé, publié à Chicoutimi.Directeur : M.Ulderic Tremblay.Succès au confrère.—Bulletin Eucharistique.Mensuel—Gentille revue publiée à Montréal.Abonnement: 25 centins par an.Boîte de Poste 2261, Montréal.—Le Mouvement catholique_______Revue hebdomadaire publiée à Trois-Rivières, par livraison de 32 pages.$1.00 par année.P.-V.Ayotte, Editeur.—Le Naturaliste Canadien et la Revue Canadienne seront adressés à tous ceux qui enverront deux piastres à M.l’abbé Huard, directeur du Naturaliste, Chicoutimi.—Calendrier Darveau_____Notre photo-graveur québecquois, M.C.Darveau, a bien voulu nous adresser une copie de son superbe calendrier de 1898.Voilà un travail qui fait honneur à l’industrie canadienne-française.L’établissement de photo-gravure de M.C.Darveau mérite l’encouragement de tous ceux qui ont à cœur le succès de nos entreprises nationales.Pourquoi donner notre argent à Toronto ou à New-York, quand nous avons dans notre province même des artistes capables de rivaliser avec les grandes maisons de l’étranger?Ne devons-nous pas encourager ceux des nôtres qui ont du talent et qui font des sacrifices.C’est ce que VEnseignement primaire comprend : toutes les gravures publiées dans notre revue sortent de l’établissement Darveau.—Le Palais législatif de Québec, par Ernest Gagnon.Petit livre contenant des détails-absolument intéressants sur notre panthéon canadien-français.DOCUMENTS OFFICIELS DEPARTEMENT DE IPINSTRUCTION PUBLIQUE L—RAPPORT DU SURINTENDANT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Québec, 1er décembre 1897.L’honorable M.J.-E.Robidoux, Secrétaire de la province, Québec.Monsieur le ministre, J’ai l’honneur de vous présenter, pour l’information de la législature, mon rapport sur-l’instruction publique pour l’année scolaire 1896-97.Je suis heureux de constater que les progrès de l’éducation s’accentuent davantage dans la province et qu’il existe partout, même dans les endroits les plus reculés, un désir-très prononcé de faire instruire les enfants.Jusqu’à l’an passé, plusieurs suggestions importantes faites par les comités du Conseil de l’Instruction publique et par les inspecteurs d’écoles étaient restées sans effet à cause de l’insuffisance des crédits accordés annuellement pour les fins de l’éducation.La somme de $50,000, ajoutée l’année dernière aux allocations ordinaires, a permis d’adopter certaines mesures dont les résultats ne sont pas encore complètement connus, mais qui devront, avant peu de temps, produire de bienfaisants effets. 290 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE MUNICIPALITÉS PAUVRES D’abord, par le moyen de cette somme de $50,000, l’octroi annuel accordé aux municipalités pauvres a été doublé, c’est-à-dire que de $10,000 qu’il était, on l’a élevé à $20,000.Cet appoint, d’un grand secours pour nombre d’écoles, a été accueilli avec joie par les pères -de familles dont les ressources pécuniaires peu considérables les contraignaient à trop de sacrifices pour l’instruction de leurs enfants.v GRATIFICATIONS Une somme de $14,000 a été mise à la disposition de mon département pour être donnée comme gratification aux instituteurs et aux institutrices laïques qui se sont le plus distingués dans l’enseignement et se sont le plus fidèlement conformés aux règlements du Conseil de l’Instruction publique.Elle leur a été distribuée par montant de $30 et de $20 suivant leur mérite respectif; c’est-à-dire que cinq pour cent des mieux notés dans chacun des districts d’inspection de la province ont reçu une gratification de $30 et cinq pour cent une gratification de $20.Je suis heureux d’insérer à la suite de ce rapport une liste des personnes qui ont obtenu ces gratifications.Cette prime offerte au mérite devra, je l’espère, contribuer, dans une certaine mesure, à garder dans la carrière de l’enseignement un nombre de personnes compétentes dont les services n’étaient point suffisamment rémunérés par les commissions scolaires.CONFÉRENCES PÉDAGOGIQUES Une autre mesure adoptée durant la dernière année par le comité catholique est celle -des conférences pédagogiques qui ont remplacé, à l’automne, la première visite des inspecteurs aux écoles de leur circonscription.Le manque de formation pédagogique de beaucoup de titulaires d’écoles rendaient ces conférences nécessaires.Elles ont été préparées et publiées au nombre de quatre pour l’usage des conférenciers.Les instituteurs et les institutrices ont donc été réunis par les inspecteurs d’écoles à l’endroit le plus central de chaque municipalité pour entendre ces conférences, et leurs dépenses pour assistances à ces réunions vont être payées à même l’allocation de $50,000 dont j’ai parlé.Les rapports reçus jusqu’aujourd’hui constatent que le résultat de ces conférences a été bon.MINIMUM DE TRAITEMENT Le comité catholique, avec l’approbation de l’exécutif, a fixé à $100 le minimum de traitement que devront recevoir, à l’avenir, les maîtres et les maîtresses d’écoles, et la subvention scolaire sera reti’anchée à toute municipalité qui ne se conformera point à ce règlement.Espérons que des jours meilleurs vont luire pour celles des institutrices qui recevaient une rémunération trop faible pour les services qu’elles rendaient à la jeunesse.BUREAU CENTRAL D’EXAMINATEURS On a décrété la formation d’un bureau central d’examinateurs qui aura seul, avec les écoles normales, le pouvoir d’accorder des brevets de capacité permettant d’enseigner dans les écoles catholiques.On espère par ce moyen entourer les brevets d’un prestige plus considérable et leur donner une valeur plus grande aux yeux du public.Les bureaux locaux d’examinateurs vont donc être abolis.maisons d’écoles.•J’ai porté à la construction des nouvelles m lisons d’écoles une attention particulière, afin qu’elles possèdent la grandeur exigée par les règlements et qu’elles soient conformes aux lois de l’hygiène.Les plans que j’ai fait préparer et lithographier pour l’usage des commissions scolaires ont été acceptés par celles-ci avec empressement et, depuis un an, j’ai distribué gratuitement cent quarante de ces plans aux municipalités qui désiraient construire à neuf leurs maisons d’écoles.LA REFONTE Les deux comités catholique et protestant du Conseil de l’Instruction publique ont complété, l’été dernier, la refonte de la loi scolaire, et les réformes à y apporter ont été, pendant deux ans, l’objet d'un exam en attentif de la part de ces comités.Cette refonte renferme des suggestions importantes. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 291 l’enseignement du dessin Une de ces suggestions est de rendre l’enseignement du dessin obligatoire à l’école primaire et d’en remettre la direction au département de l’Instruction publique qui ne l’avait point par la loi.Jusqu’à présent, cet enseignement dans les écoles a consisté dans la plupart des cas à faire copier des lithographies et des enluminures ou suivre des modèles pointillés, paralysant par là chez l’élève tout esprit d’initiative, et rendant nulle ou à peu près la valeur éducative du dessin.Cette branche de l’enseignement public est celle qui a été le moins justement appréciée et la plus négligée, et elles sont rares les institutrices capables d’enseigner le dessin aux enfants.Mais pour atteindre l’élève et lui apprendre à dessiner, il faudra procéder d’abord à la préparation du personnel enseignant et le mettre au fait des méthodes les plus perfectionnées, celles qui ont cours maintenant en Belgique, en France et ailleurs.Des correspondances que j’ai échangées avec plusieurs communautés enseignantes où l’on prépare les jeunes filles à l’obtention du brevet de capacité m’ont convaincu que ces maisons s’efforcent de réformer leur système de l’enseignement du dessin, et, afin de compléter l’instruction de leurs propres institutrices dans cette branche, elles ont même requis les services de professeurs spéciaux.Si l’on veut faire sérieusement enseigner le dessin dans nos écoles élémentaires, il importe que des programmes soient rédigés par des hommes compétents, afin de donner à ¦cet enseignement une orientation bien définie.On ne saurait donc adopter trop tôt les mesures propres à atteindre le but désiré.A ce sujet, je crois devoir reproduire la proposition adoptée parla convention des instituteurs de la circonscription de l’Ecole normale Laval, à sa réunion de septembre dernier.Proposé par M.J.Ahern, secondé par M.C.-J.Magnan : “ Que cette conférence recon-Xl naissant d’une part l’importance et l’utilité du dessin et constatant d’autre part la “ faiblesse et la stérilité quasi générales de l’enseignement de cette science dans nos écoles, “ exprime l’espoir que les autorités prendront les mesures nécessaires pour le réorganiser.” statistiques Il y a eu quelques changements d'opérés dans la forme des tableaux de la statistique scolaire, de manière à ce que le lecteur puisse plus facilement se rendre compte du résultat de l’année.Voici ces tableaux : Sommaire des statistiques des écoles élémentaires, des écoles modèles et des académies ECOLES ELEMENTAIRES Nombre d’écoles catholiques.Nombre d’écoles protestantes.Nombre d’élèves dans les écoles catholiques.Assistance moyenne des élèves, dans les écoles catholiques.Percentage de l’assistance moyenne des élèves.Nombre d’élèves dans les écoles protestantes.Assistance moyenne des élèves dans les écoles protestantes.Percentage de l’assistance moyenne des élèves.Nombre d’élèves protestants, dans les écoles catholiques.Nombre d’élèves catholiques, dans les écoles protestantes.Nombre d’instituteurs et d’institutrices, dans les écoles catholiques.Nombre d’instituteurs et d’institutrices, dans les écoles protestantes.Nombre d institutrices et d’instituteurs religieux, qui ne sont pas tenus d’avoir de brevets, dans les écoles catholiques.Nombre d’institutrices et d’instituteurs laïques brevetés, dans les écoles catholiques.Nombre d’institutrices et d’instituteurs non brevetés, dans les écoles catholiques.Nombre d’institutrices et d’instituteurs brevetés, dans les écoles protestantes.Nombre d’institutrices et d’instituteurs non brevetés dans les écoles protestantes.La moyenne des traitements des instituteurs brevetés, dans les écoles catholiques.La moyenne des traitements des institutrices brevetées, dans les écoles catholiques.La moyenne des traitements des instituteurs brevetés, dans les écoles protestantes.La moyenne des traitements des institutrices brevetées,dans les écoles protestantes.4,208 907 169,765 119,924 70 28,168 19,952 70 704 2,411 4,760 1,090 528 3,909 323 1,049 44 $256.00 $98.00 $515.00 $184.00 292 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ECOLES MODELES ET ACADEMIES Nombre d’écoles modèles catholiques.Elèves catholiques.,.Elèves protestants.,.Nombre d’écoles modèles protestantes.Elèves protestants.Elèves catholiques.Nombre d’académies catholiques.Elèves catholiques.Elèves protestants.Nombre d’académies protestantes.Elèves protestants.Elèves catholiques.Grand total des élèves.Assistance moyenne des élèves.Percentage de l’assistance moyenne.Nombre d’instituteurs et d’institutrices dans les écoles catholiques .Nombre d’instituteurs et d’institutrices dans les écoles protestantes.Nombre d’institutrices et d’instituteurs religieux qui ne sont pas tenus d’avoir de brevets dans les écoles catholiques.Nombre d’institutrices et d’instituteurs laïques brevetés, dans les écoles catholiques.Nombre d’institutrices et d’instituteurs non brevetés, dans les écoles catholiques.Nombre d’institutrices et d’instituteurs brevetés, dans les écoles protestantes.Nombre d’institutrices et d’instituteurs non brevetés, dans les écoles protestantes, Membres du clergé protestant, dans les écoles protestantes.La moyenne des traitements des instituteurs brevetés, dans les écoles catholiques.La moyenne des traitements des institutrices brevetées, dans les écoles catholiques.La moyenne des traitements des instituteurs brevetés, dans les écoles protestantes.La moyenne des traitements des institutrices brevetées,dans les écoles protestantes.475.64,648 209- 49 3,704 228 138 25,244 398 27 4,626 338 99,395 82,456 83 3,334 313 2,722 533 79 275 29 9 $483.00 $130.00 $729.00 $300.00 II.—RAPPORT RE M.LE PRINCIPAL RE L’ECOLE NORMALE LAVAL Québec, 30 septembre 1897.Monsieur le Surintendant, J’ai l’honneur de vous soumettre mon rapport sur l’état et les progrès de l’Ecole normale Laval, pour l’année 1896-97.Nous avons donné l’instruction à 355 élèves répartis comme suit: 47 élèves-maîtres, 64 garçons fréquentant l’école annexe, 63 élèves-maîtresses, 181 tilles fréquentant l’école annexe.Trente-six élèves-maîtres ont reçu un brevet : 8 pour académie, 14 pour école modèle, 14 pour école élémentaire.Cinquante-six élèves-maîtresses ont reçu un brevet : 37 pour école modèle, 19 pour école élémentaire.Nous avons eu à déplorer la mort d’une élève-maîtresse, Mlle Rose de Lima Bayle, de Sherbrooke.Elle n’a fait que passer au milieu de nous.La phtisie pulmonaire, qui la minait avant son entrée à l’école normale, la força, au mois de novembre, de quitter le monastère, au grand regret de ses maîtresses et de ses compagnes dont elle avait conquis l’estime et l’affection par une conduite exemplaire et une aménité de caractère ravissante.Au mois de septembre dernier, j’avais l’honneur et la bonne fortune d’accompagner Sa Grandeur Mgr Bégin, administrateur du diocèse, dans son voyage ad limina.J’ai profité des quelques semaines de notre séjour à Paris pour étudier sur place les procédés mis à contribution dans l’enseignement primaire, en constater les bons résultats et en bénéficier.J’ai acheté un certain nombre d’ouvrages très bien faits et d’engins scolaires qui permettent à l’enfant de toucher du doigt l’enseignement qu’il reçoit et simplifient de beaucoup la tâche du maître. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 293 Il serait inutile de se le dissimuler, l’enseignement primaire est par trop spéculatif : on vise presque uniquement à Vinstruction, et Véducation reste à faire.Cependant, la première œuvre n’est qu’un moyen, et la seconde est la fin du cours primaire.Nos établissements secondaires ne seraient pas encombrés de jeunes gens sans aptitudes ni vocation, si l’école primaire développait vraiment et fortifiait les facultés intellectuelles et morales, et, dans une certaine mesure, les facultés sensitives de l’enfant.Toute l’instruction primaire devrait converger vers ce but.Nous ne devons pas oublier que l’aveaiir de la masse de la population dépend de l’efficacité de l’école primaire au triple point de vue matériel, intellectuel et moral.C’est dire qu’à la petite école sont confiés les intérêts les plus précieux de la famille, de VEglise et de la société.Elle ne peut les promouvoir judicieusement qu’en favorisant, par une instruction pratique, le développement harmonique de toutes les facultés.Elle doit i° donnera l’intelligence une perspicacité qui lui fasse saisir facilement les rapports des idées entre elles, les relations diverses et mutuelles des êtres, les conclusions nécessaires ou probables découlant de principes une fois admis, et la fortifier contre l’erreur en l’habituant à juger sainement et à raisonner sûrement ; 2° développer les énergies de la volonté, en lui inspirant le sentiment du devoir, l’amour du vrai, du bien et du beau, et en la prémunissant contre les entraînements de l’erreur et du vice ; 3° diriger l’imagination en la fécondant, exercer la mémoire dépendamment de l’intelligence, affiner et assurer l’œil, dresser l’ouïe, donner plus d’égalité et de fermeté au tact, en un mot développer, en les contrôlant, les facultés sensitives.De l’éducation plus ou moins parfaite de toutes ces facultés qui président à nos opérations dépend la perfection matérielle, intellectuelle et morale de la société.Cette triple vie, qui est tout l’homme, doit être développée, activée, fortifiée harmoniquement par l’enseignement rationnel des matières primaires qui toutes, quoiqu’àdes degrés divers, sont les éléments de perfections qu’un maître compétent coordonne et subordonne à l’éducation de ses élèves.Ce travail de coordination et de subordination est absolument requis pour que ces éléments concourent efficacement à la formation de l'homme chez l’enfant.C’est la raison vraie de l’enseignement éminemment progressif et suggestif donné par Sa Sainteté Léon XIII aux évêques d’Allemagne pour ce qui concerne la formation religieuse : “ Que tout ordre d’enseignement, quel qu’il soit en définitive, soit pénétré et dominé par la religion ”.C’est l’éducation concentrique prêchée avec autorité au point de vue de la formation religieuse, de beaucoup la plus importante et l'unique nécessaire.Le travail que l’enfant est appelé à faire, sous la direction de son maître, en est un d’assimilation comme le labeur de la plante dans un sol fertile et sous les rayons d’un soleil vivifiant, avec cette différence toutefois que l’enfant est.appelé à faire par sa raison naturelle ce que le végétal opère par ses organes inconscients.Vu à cette hauteur qui seule lui convienne, l’enseignement primaire se transforme.L’instituteur n’enseignera plus la grammaire pour orner la mémoire d’un assemblage de mots plus ou moins indigeste, mais bien pour rendre l’enfant capable d’exprimer convenablement sa pensée et de profiter des connaissances d’autrui exprimées dans un discours oral ou écrit.Le maître d’arithmétique enseignera à compter pour rendre l’élève capable de transiger, en connaissance de cause, honnêtement et sûrement, les affaires ordinaires de la vie.En un mot, et pour ne pas prolonger indéfiniment ces remarques, l’acquisition des ¦connaissances n’est plus qu’un moyen, l’éducation reprend son rang: Elle est la fin de Venseignement primaire.J’ai l’honneur d’être, etc., Th.-G.Rouleau, Ptre, Principal.III.—NOMINATIONS Nomination des membres du bureau central d’examinateurs Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en conseil en date du 2 octobre dernier (1897), d’établir, par proclamation, un bureau central d’examinateurs pour l’examen des candidats catholiques désirant obtenir un brevet d’instituteur eu d’institutrice, et de nommer comme membres et secrétaire de ce bureau, les messieurs dont les noms suivent ; le tout conformément à une résolution du comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, adopté le 8 septembre dernier : Mgr J.-C.-K.Laflamme, recteur de l’Université Laval, M.le vicaire général Santoire, de Valleyfield, M.l'abbé Gaspard Dauth, de l’archevêché de Montréal, M.l’abbé J.-H.Roy, du collège de Sherbrooke, M.F.-X.-P.Deniers, principal de l’Académie commerciale catholique de Montréal, M.Calixte Brault, inspecteur d’écoles, M.John Tompkins, professeur 294 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE d’anglais au collège de Montréal, MM.John Ahern, C.-J.Magnan et C.-A.Lefebvre,, professeurs à l’Ecole normale Laval.Sécrétaire : M.J.-N.Miller, officier spécial du département de l’Instruction publique.Nominations de commissaires d’écoles Il a plu à son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, le 7 décembre dernier (1897), de nommer M.Moïse Godin, commissaire d’écoles pour la municipalité du village de Saint-Anne, comté de Champlain, en remplacement de feu Prosper Laganière.IV.—ARRÊTÉS MINISTÉRIELS Délimitations de municipalités scolaires Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en conseil en date du 20 décembre dernier (1897).de détacher de la municipalité scolaire de Saint-Ber-nardin-de-Waterloo, comté de Shefford, les lots suivants, savoir: Nos 686, 688, 690, 822 et 826 du canton de “ Shefford ”, et les annexer pour les fins scolaires à la municipalité de “ Saint-François-Xavier-de-Shefford ”.Cette annexion ne devant prendre effet que le 1er juillet prochain, 1898.V.—AU TABLEAU D’HONNEUR Liste des instituteurs et des institutrices qui ont obtenu des gratifications pour leurs succès dans Venseignement, en 1896-97 District d’inspection de M.Théophile Beaulieu 163 écoles sous contrôle.Somme à distribuer, $107.50.Nos Nom et prénoms Municipalité où le titulaire a enseigné Montant de la gratification 1 M.J.-B.-R.Fortin Trois-Tistoles, arr.No 3 .$ 37 50 2 Mlle Marie Côté Ile-Verte, arr.2 30 00 3 do Maria Marquis Saint-Alexandre, arr.1 30 00 4 do Rose Roy Fraserville, arr.est • 30 00 5 do Célanire Parent Fraserville, arr.ouest 30 00 6 do Ada Fournier Saint-Simon, arr.J 30 00 7 do Alice Hagné Saint-Louis de Ha! Hal, arr.1 30 00 8 do Arthémise Michau 1 Rivière-du Loup, arr.8 30 00 9 do Agathe Labrie Saint-Louis de Ha ! Ha!, arr.3 20 00 10 do Dorilda Boucher Saint-Alexandre, arr.8 20 00 J1 Mme Aurélie Morest Saint-Mathieu, arr.I 20 00 12 Mlle Emilie Gaudin Saint-Epiphane, arr.4 20 00 13 do Alphonsine Beaulieu Ile-Verte, arr.11 ‘>0 00 14 do Marie Blanche Dionne N.-D.-du-Portage, arr.1 ¦'>0 00 15 do Azilda Viel N.-D.du-Portage, arr.4 20 00 16 Mme Desneiues Fortin Saint-Benoit-Abbé 20 00 $ 407 50 L’ENSEIGNE MENT PRIMAIRE 295 District d’inspection de M.D.Bégin 153 écoles sous contrôle.Somme à distribuer, $382.50.Nos Nom et prénoms Municipalité où le titulaire a enseigné Montant de la gratification 17 Mlle Marie Roy Saint-Fabien $ 32 50 18 do Marie-Justine Déchêne Bic 30 00 19 do Emma Isabelle do 30 00 20 do Eugénie Turcotte Saint-Octave 30 00 21 do Anna Levasseur do 30 00 22 do Alvine Quimper Saint-Ulric 30 00 23 do Albertine Mercier.Matane 30 00 24 do Marie-Célanire Langlais Saint-Ulric 30 00 25 do Greorgiana Langlais Rimouski 20 00 26 do Ernestine Rioux Saint-Fabien ;.20 00 27 do Marie-Louise Mercier.Cedar-Hall 20 00 28 do Virginie Verrault Saint-Damase 20 00 29 do Marie-Anne Lebel Sandy-Bay 20 00 30 do Amanda Dégagné Capucins 20 00 31 do Marie Audet Saint-Fabien 20 00 $ 382 50 District d’inspection de M.Kvariste Bel ami 135 écoles sous contrôle.Somme à distribuer, $337.50.32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 Mlle Emma Lesage.M.Ernest Magnan.M.Alphonse Deléglise.Mlle Edouardina Lebel.M.Victor Milot.Mlle Marie-Sophie Paquin.M.Lazare Villeneuve.Mlle Délima Comeau.do Olive Lefebvre.do Anna St-Pierre.do Edouardina Sansfaçon.do Rose-Anna Alary.do Marie-Louise Vaillancourt Dumontier .Saint-Joseph de Maskinongé do ¦ do Dumontier .Samt-Barnabé .Saint-Sévère .Saint-Justin.Yamachiche .Saint-Justin.Rivière-du-Loup, No 2.do do .Pointe-du-Lac, No I.Yamachiche.$ 37 50 30 00 30 00 30 00 30 00 30 00 30 00 20 00 20 00 20 00 20 00 20 00 20 00 $ 337 50 296 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE CORRESPONDANCE —Nous regrettons, faute d’espace, de ne pouvoir publier les lettres très encourageantes que nous avons reçues de plusieurs personnages depuis le 25 décembre dernier.Nous nous contenterons de citer quelques noms: M.le Vicaire Général A.-X.Bernard.St-Hyacinthe ; M.l’abbé Bernier, prêtre, aumônier de l’Asile du Bon-Pasteur ; de M.l’abbé E.Turcotte, prêtre, St - Jean, I.-O.; M.l’abbé Gagnon, prêtre, curé, Ste-Famille, I.-O.; M.l’abbé J.-E.Comtois, prêtre, Drysdale, Ont.; M.L.Lucier, inspecteur d’écoles; M.Chs Angers, député de Charlevoix; Mlle Anne Champagne, institutrice, St-ïïugues; Mme veuve Paul Verreault, institutrice, -St-Edouard des Méchins ; M.J.-O.Renaud, instituteur, Maski-nongé, etc., etc., etc.—“ Les primes ont-elles été distribuées à un grand nombre d’instituteurs?Quel montant représente ces primes ” ?—Rép.: Les primes ont été accordées à 539 instituteurs et institutrices : 68 instituteurs et 471 institutrices.Dix sur cent des membres du corps enseignant ont donc reçu une récompense de l’Etat.Les primes se divisent en deux classes : primes de $30 et primes de $20.Cinq sur cent ont reçu une prime de $30, et cinq autres sur cent une prime de $20.Voir Tableau d’honneur, documents officiels.Un jeune instituteur nous demande : u Quand faut-il commencer à enseigner la géographie à l’école primaire”?—Rép.: Dès la première journée de l’enfant à l’école.On enseigne cette branche importante aux tout jeunes élèves à l’aide des phénomènes qui leur sont familiers et des choses qui s’offrent quotidiennement à leurs regards : lever et coucher du soleil, succession des saisons, l’école, le village, les routes, les rivières, les collines et les montagnes, etc.Un globe, quelques cartes, le tableau noir, serviront à rendre cet enseignement mstuitif.Après leur avoir donné une idée exacte de la terre au moyen d’un globe: forme—étendue—mouvements—terre—eaux, on indique l’endroit où se trouve le pays natal.Puis, partant de là, on fera connaître aux enfants la situation des points cardinaux, on leur fera tracer sur l'ardoise ou le papier le plan de la classe, de l’école, du village ou de la ville, du comté, de la province, du Canada tout entier.Au cours de ces leçons de lieux, il faut bien leur faire remarquer la situation d’un point par rapport à un autre.Bureau Central d’examinateurs La première session du Bureau central d'examinateurs catholiques de la province de Québec sera tenue le premier mardi de juillet prochain (le 5).Les anciens Bureaux n’existent plus.Les aspirantes et les aspirants aux brevets d’école primaire devront, à l’avenir, s’adresser à M.J.-N.Miller, Sécrétaire du Bureau Central, Département de l'Instruction publique, Québec.Dans la prochaine livraison de VEnseignement primaire nous publierons une importante circulaire du Sécrétaire de ce Bureau.Toutes nos sympathies à M.Arthur Buies qui vient de perdre une charmante enfant de 18 mois.Les livraisons de décembre, janvier et février seront adressées à tonte personne qui nous fera parvenir le montant de son abonnement au cours du présent mois.Prix une piastre : Enseignement primaire, Boîte, 1094, H.-V.Québec.
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