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Titre :
Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français
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Éditeur :
  • [Paris] :[Paris-Canada],1884-[1940?]
Contenu spécifique :
mercredi 6 août 1884
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1884-08, Collections de BAnQ.

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[" ORGANE INTERNATIONA!.DES INTÉRÊTS CANADIENS ET FRANÇAIS F R A N G E l\u2019nix nu Numéro :\ti Abonnements : 25 Centimes\tI Un an, 12 IV.50 BUREAUX, i (), rue de Grammont, Taris Émile GIROUARD , \\i»vimsth un it FOURSIN-ESCANDE, sKCHÉrUHB ni: la iibi*action P R IC M I È R K A N N K K Numéro () CANADA Mercredi 6 Août 1884 Directeur : HECTOR FABRE i\u2019inx m; Numéro: 5 Contins Abonnements : Un an, S 2 50 TUREAUX S.MARCOTTE, AGENT GÉNÉRAL, QUÉBEC Louis PERRAULT, agent, MONTRÉAL SOMMAIRE I.a Semaine à Paris.\u2014 .Votes diverses.\u2014 Les Quarante dernières Années : le Canada depuis l'Union de 1841.-\u2014 La b rance et le C.anada.\u2014 O4u Jour le Jour.\u2014 Le Congres à Versailles.\u2014 Faits divers.\u2014 \u2018Dessus du panier.\u2014 Charade.\u2014 \u2018\"Bulletin commercial.Par decret en date du 22 juillet, le Président de la République, sur la recommandation du Président du Conseil, ministre des affaires étrangères, a nommé M.Hector Fabre, commissaire-général du Canadaà Paris, chevalierde la Légion d\u2019Honneu r.Cette marque de haute distinction conférée à M.babre, en sa qualité de représentant du Canada à Paris, sera vivement appréciée par la population canadienne.C'est une nouvelle preuve de l\u2019intérêt croissant que le Gouvernement Français porte au Canada et de son vil désir de cimenter les relations de jour en jour plus intimes entre les deux pays.Nous croyons pouvoir ajouter, qu'ici comme là-bas, tous les amis de la politique qui tend à rapprocher le Canada de la France, seront sensibles à l\u2019honneur fait à M.Fabre.LA SEMAINE A PARIS Taris, G Q/loût 18S4.Ce serait rendre un nouvel hommage à M.de La Palisse de dire que deux Chambres font plus île vacarme qu'une.La première séance du Congrès siégeant à Versailles pour la revision de la Constitution, a même dépasse en tumulte ce que 1 on pouvait attendre d\u2019une réunion au sein de laquelle les adversaires de la Constitution elle-même, unis aux ennemis du ministère, forment une minorité assez considérable.C\u2019est la part du feu, et la seconde séance sera plus calme, et celles qui suivront plus calmcsencore, jusqu\u2019à ce que le projet de revision proposé par le gouvernement traverse sa dernière phase.Ce projet, on le sait, est fort limité, et il a pour objet principal de fournir aux députés qui ont promis la révision a leurs électeurs la preuve que ce n\u2019était pas là une vaine promesse.\"\" Les questions de politique cxtérieures\u2019im-posent à l\u2019opinion publique au moment où le Congrès délibère sur la revision.L\u2019Egypte et la Chine sc disputent l\u2019attention qui se porte à Versailles.L\u2019échec de la Conférence de Londres était dans le domaine des choses très probables.En réalité, l\u2019Angleterre voulait faire payer aux créanciers de l\u2019Egypte les frais de son occupation, qui protège, dit-elle, leur créance.La France, malgré tout son bon vouloir, n\u2019v pouvait consentir.Elle avait à rechercher avec l\u2019Angleterre les moyens d\u2019alléger les charges qui pèsent sur celle-ci: elle ne pouvait consentir à les faire por- ter par ceux qui bénéficieront sans doute du rétablissement de l\u2019ordre en Egypte, mais auxquels on ne doit pas, sans leur assentiment, en faire payer les frais.M.Gladstone parait avoir pris son parti de cet échec, en philosophe qu\u2019il est, et il a trouvé, en rendant compte de la rupture des négociations, des paroles d\u2019éloge pour la France.La presse anglaise n\u2019y met pas tant de bonne humeur : elle est fort irritée.Sa colère, une fois exhalée, elle se réjouit cependant d\u2019un événement qui rend à l\u2019Angleterre toute sa liberté en Egypte; mais comme cette liberté ne donnera pas à l\u2019Angleterre le droit de diminuer les intérêts de la Dette égyptienne au détriment des créanciers, il est permis de croire que ce sentiment de soulagement et de réjouissance n\u2019est pas absolument sincère.L\u2019ifurope va laisser l\u2019Angleterre seule aux prises avec les difficultés qu\u2019elle a trouvées, ou qu\u2019elle se crée en Egypte, et la rupture de la Conférence remet les choses en l\u2019état où elles étaient.Ce que va faire l\u2019Angleterre \u2014 il n\u2019est guère possible de le dire.Il est certain seulement, n'est-ce pas ?qu\u2019elle ne sortira pas d\u2019Égypte.Les négociations entre la France et la Chine vont moins vite que les délibérations de la Conférence.La Chine assure que le retrait immédiat de ses troupes du Tonkin voulait dire qu\u2019elle y procéderait à son loisir, sans sc presser, et que, conséquemment, elle ne doit aucune indemnité à la France pour l\u2019affaire de Bac-Lé.Cependant, elle veut bien accorder quelque chose par complaisance et ordonner cette fois à ses troupes d\u2019évacuer le territoire conquis par la France.On a raillé le gouvernement français parce qu\u2019au lendemain de la signature du traité, il avait donné instruction à son représentant, M.Fournier, de s\u2019informer où étaient les garnisons impériales.Il n'y avait pourtant là rien d\u2019étrange, puisqu\u2019au cours des hostilités on n\u2019avait jamais bien pu démêler la chose et distinguer les réguliers, des irréguliers.La Chine n\u2019était peut-être pas mieux instruite sur ce point que la France; et encore à l'heure qu'il est, si on accepte les théories dont elle cherche à couvrir sa mauvaise foi, en tout cela elle ne verrait guère plus clair que nous.«.v De temps à autre, on lit avec quelque surprise dans un journal parisien un article en faveur de l\u2019alliance allemande.On prétend que c\u2019est Emile de Girardin qui, le premier depuis 1870, y a songé.Malgré sa rare puissance de journaliste, il n\u2019aurait pu réussir à faire faire beaucoup de chemin à cette idée-là.Chaque fois qu\u2019un journaliste, profitant de la mauvaise humeur publique contre les Anglais ou les Italiens, veut la réveiller, sa voix reste sans écho.Un des rédacteurs du Figaro vient de renouveler cette tentative sur le dos des Anglais.Prenant pour texte les critiques dirigées par la presse anglaise contre les entreprises françaises, il a fait suivre une violente philippique contre l\u2019alliance anglaise, d\u2019un chaleureux appel en faveur de l\u2019alliance allemande.La Galette de Cologne a aussitôt répondu à cette avance et s\u2019e>t écriée : « Oui, nous avons le même intérêt à la paix.» Mais elle a tout gâté en ajoutant aussitôt : « Renoncez à Metz et à Strasbourg.et nous aurons ensemble l\u2019empire du monde.» A ce prix, la France ne voudrait pas de l\u2019empire du monde.Que sont les taquineries de la presse anglaise comparées au souvenir de 1870 que, même en rendant Metz et Strasbourg, l\u2019Allemagne n\u2019effacerait pas ?C\u2019est à tort sans doute qu\u2019on accuse notre époque de scepticisme.Le respect s\u2019en va, disait mélancoliquement Royer-Collard.A en juger par certaines apparences, il est revenu.On continue à élever des statues à qui cela peut plaire.Hier, Diderot; demain, George Sand.A Paris, c\u2019est M.Tony Révillon qui a fait l\u2019éloge de Diderot ; à Langres, en face de la statue même, c'est M.Emile Richebourg, l\u2019auteur de tant de romans populaires.On a trouvé ce choix singulier et peu littéraire.Il ne reste plus au Petit Journal, dont M.Richebourg est le conteur préféré, qu\u2019à rééditer Y Encyclopédie, en variété.L\u2019inauguration de la statue de George Sand aura lieu le 10 août.On avait compté que, par galanterie, l\u2019Académie y assisterait ; mais l\u2019Académie, avec raison, a allégué son grand âge et les convenances.Pendant ce temps-là, M.Ernest Renan va revoir à Tréguier la maison où il est né.11 a été reçu en grande pompe, et, en réponse aux effusions dont il était l'objet, il a prononcé un discours où se retrouve ce mélange de scepticisme et d\u2019onction qui caractérise plus que jamais sa manière.Dans son discours, il a raconté que, dès l\u2019enfance,il avait eu des rhumatismes, et il a terminé par ce cri du cœur, à coup sur inattendu : « Je veux qu\u2019on mette sur ma tombe (ah ! si elle pouvait être au milieu du cloître! mais le cloître, c\u2019est l'église, et l\u2019église, bien à tort, ne veut pas de moi), je veux, dis-je,qu\u2019on mette sur ma tombe : Veritatem dilexi.» A l'occasion de la mort d\u2019un boulevar-dier, M.Albert Delpit a accusé le boulevard de V PARIS- C A N AI) A dévorer scs entants, comme Saturne.De tous côtes, on a proteste, et la cause du boulevard a été tort spirituellement plaidee.M.Delpit a riposté vertement, en disant que les vrais écrivains.les vrais artistes ne se formaient pas au cafe Riche, l'n chroniqueur bien avise, voulant tout arranger, s'est alors écrie que le boulevard n'existait plus.11 est certain, en effet, que l'ancien boulevard vies Italiens n'existe plus tel qu'il était.Il s\u2019est beaucoup disperse, à Paris et ailleurs.On le retrouve un peu partout, et il y a des boule-vardiers qui l'emportent jusqu'au bout du monde.Cependant, il n'est vraiment qu'a Paris, et Paris, malgré tous les défauts qu'il peut lui trouver, et qui sont réels, aurait tort de le sacrifier aux manières nouvelles, aux idées cosmopolites.Il est bien a lui.et à lui seul.Ah ! si Vienne.Berlin.Londres ou New-York pouvaient le lui enlever, ils ne s'en feraient pas faute.Que le boulevard égaré plus d\u2019un écrivain loin des sentiers de la gloire, on n'en saurait contredire M.Delpit; que l\u2019affluence des etrangers ait été plus puissante que l'envahissement des provinciaux contre lequel il avait toujours lutte victorieusement, et qu'elle ait altéré sa physionomie, cela est certain; mais, tel qu'il est encore, il mérite qu'on le conserve pour rompre l'uniformité que le progrès moderne, sous toutes ses formes, est en train de répandre sur le monde entier.Le jour ou le boulevard disparaîtrait, il emporterait avec lui une bonne partie de l'esprit parisien.Aurélien Scholl ne trouve pas tous >es mots sur le boulevard, a ce qu'assure M.Delpit ; mais, sans le boulevard, il n'en trouverait guère, peut-être.Bien des écrivains, avant M.Delpit.ont raillé le boulevard.Mais le boulevard fait partie de Paris et Paris le garde, comme la littérature française conserve le vaudeville, pour empêcher le reste de l'univers de parler allemand.\"\" Personne à Paris.sur le boulevard, durant ce mois d'août, et personne non plus aux eaux ni aux bains de mer.La crainte du choléra répandue au loin par les exagérations de la presse ont retenu chez eux Américains.Anglais et Italiens.A Aix.a Dieppe, les Parisiens se trouvent uniquement en présence des provinciaux.Cela les ramené à quarante ans en arrière, au temps de Y Ermite de la Chaussée-d\u2019Antin.Les places d'eaux ont fait de leur mieux cependant pour lutter contre l\u2019affolement.Partout se balance l'ecriteau : Ici il n\u2019j\u2019 a jamais eu de choléra.Comme supplement aux remedes infaillibles des médecins, nous avons maintenant les places d'eaux à l'abri du choléra.Elles ne se bornent pas a le guérir, elles le bannissent.11 n'approche pas d'elles, il n\u2019ose.Il y a quelque chose dans l\u2019air qu'on y respire, dans les gens qu'on y rencontre,qui lui déplaît.Il se tient a respectueuse distance de Trouville.et le meilleur moyen de ne point le trouver sur ses pas.c'est d'aller à Trouville.si mieux l'on n'aime aller à Aix.Hector Fabre.NOTES DIVERSES I, honorable b.A.Macpherson, ministre «le lin-térieur du Canada, vient d'être créé chevalier-commandeur de l\u2019Ordre de Saint-Michel et de >aint-Georges.On s\u2019occupe déjà a Londres de l'Exposition coloniale qui aura lieu à South-Kensington en 18*0.Le Prince de Galles sera président de la Commission et recommandera a la Reine de choisir sir Charles Tapper comme un des commissaires.Nous avons ou le plnFirdcrtvcMur la visite doM Dubois, Français établi depuis tie longues années à Toronto.M.Dubois,après un court séjour à Valognes Manche'.son pays natal,retourne prochainement au Canada et emmène avec lui deux familles compo-» île neuf personnes qu'il installera coniine fermiers mit ses terres.Ces deux familles sont des environs d Albert iPieardiei.Leur connaissance parfaite de la fabrication du fromage et «le l'élevage du bétail, ne peuvent inan«|ucr de les faire réussir promptement.Il est probable qu'une troisième famille normande d'excellents cultivateurs se joindra egalement aux deux premières et se placera ins et la direction «le M.Dubois dont on ne saurait trop louer l\u2019esprit pratique en matière tie colonisation et le remarijuable désintéressement.M.Jean-Louis Renaud, «le Québec, s \"est engagé récemment dans l'armée française ; il (>st actuellement à la Légion étrangère, à Sidi-bel-Abbès Algérie.Nous >ais:ssons l'occasion «b* cette nouvelle pour faire remarquer que les poursuites dont il fut ! i.«>b;et i! y a quelques mois ont été abandonnées par le juge, au cours de l\u2019instruction préliminaire.Plus tard.Kr«eber, seul coupable, fut condamné à trois ans de prison ; mais eu appel cette peine a été ré'luite a un an seulement.Quanta M.Renaud il a été reconnu pleinement innocent, et après la solution honorable donnée à son affaire qui n'a jamais eu, «railleurs, le caractère n du barreau «lans les différents pays.Voici le passage relatif au Canada : Suivant l'ordre des dates, viendrait enfin le Canada.avec la réglementation la plus large.Dans la cession de tss-t.le Parlement a vote une importante loi sur le barreau, Une association générale, designee sous le nom de \u2022< barreau de la province de Québec se divise en quatre sections, celles de Quebec.Montréal.Trois-Rivières et Saint-François.L association générale, ou l'ordre, peut faire des reglements « pour maintenir l'honneur, la dignité, la discipline du barreau, et assurer le contrôle du tableau général des avocats de la province .Chaque i M'Ction peut aviser, par des règlements particuliers, j a son administration intérieure.Le conseil général, chargé des intérêts de l\u2019ordre entier, et les conseils de enaque section, sont librement élus par le barreau.et ne relèvent d'aucune autorité dans l'exercice de leur mandat, qu'il s'agisse d'admissions ou de cas disciplinaires.La réglementation entre dans les plus petits détails sur toute chose, mais en cela meme elle ne tend qu'a l'indépendance de la profession.C'est pour ainsi dire la codification des traditions de notre ancien barreau, appliquée à l'organisation particulière du pays.Sur le rapport de l\u2019honorable Ministre îles Douanes, Son Excellence le Gouverneur-général «lu Canada a décidé «jue l'étalon adopté pour le vinaigre sera celui qui requiert trente-cinq (35) grains de bicarbonate de potasse pour neutraliser une once iTroyj «le vinaigre, et «pie le prétendu vinaigre de force plus grande sera pris et considéré comme de l\u2019acide acétique et sera,en consé'iuence, « lassé comme tel p«jur lu perception des droits.L\u2019apparence «le la récolte est magnifique partout dans le Nord-Ouest, «lout 1 honorable M.Royal, en «\u2022e moment a Ottawa, rapporte les meilleures nouvelles.Les autorités les plus compétentes dans le N«>r«l-Ouest estiment que la récolte du blé dépassera, cette année, six millions et demi «le minots ; Fan dernier elle était d'environ quatre millions, M.Royal rapporte aussi que l\u2019on a aujourd'hui la preuve que les terres le long de la ligne du Pacifique sont «le qualité excellente pour la culture de toutes les céréales.Nous lisons dans le Malin du l, r août : M.Edmond Blanc est rentré à Paris, de retour du beau voyage qu'il vient de faire avec quelques amis sur son superbe yacht La Nubienne.Le voyage s'est heureusement effectué, et, dans toute l'Amérique, le sympathique et hardi yachtman a rencontré un accueil des plus charmants.La Nu- bienne est entree avant-hier dans le bassin de Deauville où elle restera pendant la semaine des courses, et ou elle sera habitée par M.Edmond Blanc.L emigration européenne au Gnnmln ne sc ralentit pa*.Les rapports officiels accusent pour le mois tie juin lsSî, le chiffre «le VI .710 émigrants.Rendant l'année 1883, l'émigration s\u2019était élevée à 1)3,287».En iSSt.elle atteint déjà le nombre considérable de Kl.131.Ou annonce le prochain mariage de M.le duc de Plaças avec Mlle Honorine tie Durfort-Gixrac, lillc du marquis de Durfort-Givrac, «lépnté 11 was not merelv indifferent to education \u2014 he was ¦\topposed to it in principle; and he was generally ENCOURAGED IN THIS OPPOSITION BY HIS PARISH priest.» (Vol.I, p.53 et 54.1 Mouvement rétrograde, ou tout au moins stagnation dans l\u2019ordre moral et intellectuel, et cela par la faute du clergé; telle était, suivant M.Dent, la situation du peuple canadien-français à l\u2019époque de l\u2019union des deux Canadas.Mais l\u2019auteur est-il bien assuré que les faits soient conformes à sa vue des choses?Nous allons le constater rapidement en mettant en regard deux époques de notre histoire : celle de la conquête et celle de l\u2019union.Quel était l\u2019état de notre population en 1700, et quel était-il en 1840?Lorsque le sort des armes nous jeta entre les mains de l\u2019Angleterre, nous n'étions ion l\u2019a souvent répété), nous n\u2019étions qu\u2019une soixantaine de mille Français, complètement ruinés par la guerre, abandonnés par une grande partie de la classe aisée et instruite qui allait émigrer en France, et dont l\u2019Angleterre favorisait le départ, comptant venir plus facilement à bout du reste de la population.Le seul élément de réorganisation qui subsistât dans cette débâcle générale fut le clergé.Ln historien dont M.Dent ne suspectera pas l\u2019impartialité en faveur du catholicisme, M.Parkman, a dit, en parlant de cette époque : « Confusion, if \u201d not anarchy, would have followed but for the pa-> rish priests, who in a character of double paternity, half spiritual and half temporal, became more than ever the guardians of order throughout » Canada.» iThe old Regime in Canada, by F.Park-man, p.400.I Sous le régime français, le haut enseignement avait toujours été entre les mains du clergé; elle avait eu 0 .who believe in the existence of nothing really good outside the limits of protestantism.'History of our own limes, by Justin Me Carthy, vol.11, p.80.) pour source principale le collège des Jésu tes de Québec qui, depuis l\u2019origine de la colonie, avait rendu des services inappréciables.Le sémina\u2019 *e de Québec s\u2019était occupé exclusivement de l\u2019éducat\u2019on et du recrutement du clergé.Un certain nomme d\u2019écoles avaient été établies dans les campagnes sous les auspices plus ou moins directs du gouvernement; mais aucun système d\u2019instruction primaire n\u2019était régulièrement suivi.Il n\u2019est peut-être aucun rapport sous lequel le régime français ait été plus défectueux.A cette époque, l\u2019éducation populaire était loin d\u2019attirer autant qu\u2019aujourd\u2019hui l\u2019attention en Amérique et en Europe; et d\u2019ailleurs les guerres continuelles que la France avait eu à soutenir pour garder pied en Canada, avaient fait de ce dernier pays une colonie-militaire autant qu\u2019agricole.Les habitants, toujours prêts à être appelés sous les armes, soit pour détendre le sol, soit pour faire partie d\u2019expéditions lointaines, étaient souvent obligés d\u2019abandonner à leurs enfants le soin de la culture des terres.A peine ceux-ci avaient ils grandi dans les labeurs des champs que, la plupart du temps, ils étaient convoqués a leur tour pour le service de l\u2019Etat.L\u2019éducation des lilies avait été de tout temps entre les mains des communautés religieuses ; les L'rsulines, les Hospitalières de l\u2019Hôpital-Général et les Dames de la Congrégation avaient chacune un établissement à Québec; les L'rsulines en avaient un autre aux Trois-Rivières.A Montréal, les Dames de la Congrégation s\u2019étaient dévouées à l\u2019enseignement depuis la fondation de la ville, et avaient établi des couvents dans une dizaine de paroisses ruraies.Telles étaient à peu près les sources intellectuelles que présentait le Canada au lendemain delà conquête; elles étaient dues presque entièrement au clergé et aux communautés religieuses.L'Angleterre le comprit bien tout d\u2019abord; aussi chercha-t-elle à les tarir à la fois en tarissant la source même du clergé.Mgr de Pontbriand, évêque de Québec, étant mort l\u2019année qui suivit la prise de cette ville, elle apporta toute espèce d\u2019obstacles et de délais à la nomination de son successeur.On peut dire, sans rien exagérer, que le plus grand ennemi de l\u2019instruction publique au Canada, depuis la conquête jusqu\u2019à la veille de l'Union,ce fut l\u2019Angleterre.Elle commença par supprimer le collège des Jésuites, et si elle ne supprima point également le séminaire de Montréal, c\u2019est que les événements ne lni permirent pas d\u2019exécuter ce dessein.On sait quelle part du revenu public elle employa à fonder et entretenir le fameux Institut royal, qu\u2019elle avait imaginé pour protestantiser les Canadiens.L'opposition qu'il fallut faire à cette perfide organisation, qui nous entourait de dangers d'autant plus à craindre qu\u2019ils étaient plus dissimulés, et qui disposait des fonds publics et de toute l\u2019influence du pouvoir, paralvsa pendant plusieurs années, une partie de nos efforts pour répandre l\u2019éducation française.Cette opposition a servi de prétexte aux calomnies dont M.Dent se fait aujourd\u2019hui l\u2019écho.Que serait-il arrivé, cependant, si nous avions prêté l\u2019oreille aux suggestions qui nous furent faites; si nous avions fléchi devant les menaces et le déni de justice; si, de guerre lasse, nous eussions renié notre religion et notre nationalité?L\u2019Angleterre aurait-elle pu résister aux deux invasions américaines de 1775 et de 1812?Quelles raisons aurions-nous eues de nous battre contre nos voisins ; Nos intérêts n\u2019eussent-ile pas été les mêmes?Si la religion et la nationalité n\u2019avaient pas élevé une barrière entre nous et les Américains, il y a plus d'un siècle que l'Angleterre aurait perdu le Canada, et cette perte aurait entraîné probablement celle de toute l\u2019Amérique britannique.Aujourd\u2019hui, la république américaine compterait quelques Etats de plus, et n\u2019aurait d'autre limite du côté du nord que la mer glaciale.Pour nous, nous serions noyés dans l\u2019immense flot humain qui inonde les Etats-Unis; nous aurions perdu notre caractère national, c\u2019est-à-dire notre force et notre originalité, et nous serions montrés au doigt comme un peuplé d apostats.L\u2019Angleterre elle-même serait la première à nous reprocher notre trahison.Au lieu de cela, nous sommes restés un peuple pur d\u2019alliage, homogène, vaillant et prospère.Les deux premières nations du monde, la France et l\u2019Angleterre, sont Hères de nous: La France, qui nous avait crus perdus, nous a retrouvés après un siècle et nous a reconnus pour ses plus dignes enfants ; l\u2019Angleterre, qui nous avait méconnus, nous réclame comme ses plus fidèles sujets.Ce fut dans les circonstances que nous venons de dire que le clergé et le peuple canadiens trouvèrent dans l'inspiration du patriotisme, les moyens de développer l'instruction générale et les moyens de créer des établissements de haut enseignement, d'où sont sortis nos hommes publics et qui font aujourd'hui l\u2019honneur et la force de notre race en Amérique.Les cours d études qu\u2019on y suit ont fini par nous assurer sur plusieurs points, particulièrement en histoire et en littérature, une supériorité qui 11\u2019est pas contestée.La cause de cette supériorité remonte à l\u2019esprit conservateur du catholicisme.Grâce à cet esprit, la tradition des fortes études classiques qui ont fait les grands siècles, ne s\u2019est jamais perdue parmi nous.Elle a imprimé à notre société une direction moins pratique, mais plus élevée qu à celles qui nous environnent.Le séminaire de Québec ouvrit un cours clas-; \"e après la suppression du collège des Jésuites ; lecollègede Montréal fut fondé en 1773 par M.1 abbe Guratteau ; le collège de Nicolet, en 1804, par M.le curé Brassard ; le collège de Saint-Hyacinthe, en 1811, par M.le cure Girouard ; le collège de Sainte-Thérèse, en 1825, par M.le curé Ducharme; le collège de Chambly, en 1826, par M.le curé Mi-gnault ; le collège dé Sainte-Anne, en 1827, par M.le curé Painchaud ; le collège de l\u2019Assomption, en 1832, par M.le curé Labelle ; le collège de Kingston, en 1837, par Mgr MacDonell; les Ecoles chrétiennes, en 1837, par les Sulpiciens.Les maisons d\u2019enseignement pour les filles se multiplièrent en proportion.Toutes ces fondations sont dues à l\u2019initiative individuelle ou à nos corporations religieuses, et n\u2019ont eu, la plupart du temps, d\u2019autres ressources que le dévouement des particuliers ; et cela a une époque où il fallait réagir contre la tyrannie oligarchique qui trahissait la cause de l\u2019instruction publique pour servir celle de son fanatisme.Est-il nécessaire de dire que l\u2019éducation morale du peuple, loin d\u2019avoir été négligée, fut toujours la principale et constante occupation du clergé ; que chaque paroisse était réglée à la manière d\u2019une famille dont le curé était \"comme le père vigilant et austère ; que, par ses instructions religieuses, éclairées et suivies, il communiquait à ses ouailles les vertus civiques en même temps que les vertus chrétiennes dont il était lui-même l\u2019exemple ?C\u2019est sous l'empire de ces graves enseignements que s est formée cette population canadienne-française, paisible et morale, amie de l\u2019ordre et des lois, modeste dans ses désirs comme dans ses habitudes, accessible aux idées élevées et généreuses; en un mot, possédant les qualités qui font le bonheur et la prospérité des Etats.Il ne faut pas chercher ailleurs la cause de l\u2019influence si grande que le clergé s\u2019est acquise sur le peuple canadien ; elle s\u2019explique par cette action bienfaisante.Mais au-dessus de toutes ces considérations, il y a un fait éclatant qu\u2019on a cité souvent, mais qui ne saurait être mis trop en évidence, car il est une preuve sans réplique de la moralité de notre race : c\u2019est l\u2019accroissement presque fabuleux de la population.De 1760 à 1840, c\u2019est-à-dire dans l\u2019espace de quatre-vingts ans, elle s\u2019est accrue de 65,000 a o5o,ooo.Elle est aujourd\u2019hui d\u2019un million ot demi ! En présence des faits qui précèdent et que l\u2019auteur des Quarante dernières années ne peut ignorer, comment a-t-il pu écrire que, sous le rapport moral et intellectuel, les Canadiens-Français avaient suivi un mouvement rétrograde ?N\u2019avaient-ils pas, au contraire, suivi une marche progressive d\u2019autant plus remarquable qu\u2019elle avait été entravée par des difficultés de toute nature ?Quand on réfléchit à tous les désavantages de leur position après la conquête, à leur faiblesse numérique, au petit nombre d\u2019hommes instruits qui étaient restés parmi eux, à l\u2019isolement et à l\u2019abandon dans lesquels ils avaient été jetés soudainement, n\u2019ayant de contact qu\u2019avec un vainqueur qui les détestait et qui aurait voulu les faire disparaître du sol, s\u2019il en avait trouvé les moyens, ne jouissant,dans le principe, d\u2019aucune liberté politique, étant obligés de défendre leurs institutions toujours menacées, on se demande comment ils ont pu résister à tant d\u2019obstacles et ne pas être anéantis.On admire l\u2019habileté et la prudence avec lesquelles ils se sont conduits pour se.taire pardonner, d\u2019abord leur existence, et ensuite pour assurer le maintien de leur religion, de leur langue et de leurs lois, et enfin pour conquérir leurs libertés politiques.Lorsque leur nombre eut commencé à s\u2019accroître et que l\u2019Angleterre leur eut accordé une constitution, ils comprirent que la première chose qu'ils avaient à faire était d\u2019augmenter le nombre de leurs maisons de hautenseignement,afinde former d'abord un clergé plus nombreux, et ensuite une classe de citovens instruits et dévoués qui fussent en état de défendre leurs intérêts sur tous les terrains de la vie politique.C\u2019est cette pensée qui a donné naissance à tous ces collèges classiques qui sont devenus des pépinières inépuisables pour l\u2019Eglise et pour l'Etat.On a eu raison de dire que l'instruction primaire avait été négligée, mais nous avons montré sur qui en retombait la responsabilité.Si les gouvernants d\u2019alors, au lieu de dépenser les fonds publics et l\u2019influence dont ils disposaient, à essayer ue pervertir le peuple en l\u2019enlevant au catholicisme,avaient employé Ls mêmes moyens pour établir un bon système d\u2019écoles, l\u2019instruction primaire eût été proportionnellement aussi avancée en 1840 qu elle l\u2019est aujourd'hui.Mais les efforts des hommes éclairés et du clergé étaient venus, je le répète, se briser contre la mauvaise volonté du gouvernement.Ceux qui, comme nous, fréquentaient les écoles à cette époque, se reppellcnt les regrets qu\u2019excitait l'impuissance où l\u2019on était de remédier à ce mal.N\u2019est-il pas étrange que maintenant on en fasse une arme contre les Canadiens, et surtout contre le clergé?. 4 P\\RIS-C \\ N \\ D\\ M Dent, qui réédite ces accusation*.ne s'aperçoit pas qu'il est un demeurant d'un autre âge.que le temps dee préjugés est passé, qu\u2019un esprit de justice prévaut à present parmi ses compatriotes et , que les plus éminents d'entre eux se font un mérite de savoir nous apprécier.1 e piquant qu'il a cru ajouter à son livre en cherchant à nous rabaisser, lui donne une pente invincible vers le ruisseau : il aura le sort de ses prédécesseurs Qui s nge aujourd'hui a l'historien Smith et aux calomnies dont il a voulu ternir les premiers temps de notre histoire * 1 .abbe 1ER C xsu.ha'n.1 continuer.- -s-\u2022\tv\u2014\u2014\t- LA FRANCE ET LE CANADA On lit dans la Minerxw de M unreal : Nous avons sous les yeux une copie de trois rapports différents adresses à l'honorable M.Chapleau.secrétaire d'Ktatdu Canada, par l'honorable M.Fabre.pendant la dernière session.au sujet des operations de l'agence canadienne à Paris et des relations avec la France.La lecture de ces pièces, qui sont volumineuses, offre un intérêt reel, et nous croyons qu'elles seront publiées en entier plus tard.Nous allons en donner pour le moment quelques extraits.M.Fabre traite au long les ditierents s ri j et s des entreprises françaises en Canada, de l\u2019organisation d'une ligne de steamers entre le Havre et Québec, de l'émigration française, etc.Pour ce qui est des affaires.il explique parfaitement le ralentissement qui s'est produit dans ces dernières années par les embarras et la contrainte qui n\u2019ont cessé de régner depuis la rameuse crise de l'Union générale.Cette crise a arrête net l\u2019élan du public vers la spéculation, et la défiance est devenue a l'ordre du jour.Je me suis efforcé, dit M.Fabre, de réagir, en ce qui concerne le Canada, contre ce sentiment exagère, de montrer que notre pays offrait des ressources sures aux entreprises nouvelles, ('/est là un travail forcément lent dont les résultats ne sont appréciables que par degré et ne seront tout à fait apparents qu'a la reprise générale des affaires.Néanmoins, je suisheureux de constater que le nombre des affaires franco-canadiennes à ! etude est plus considérable que l\u2019année dernière : il y a un progrès marqué et dont on peut tirer un excellent présage pour l'avenir.Je ne crois pas utile, ni même possible de ous rendre compte en detail des diverses affaires au sujet desquelles on m'a consulté.Les affaires particulières doivent conserver leur caractère privé et ne touchent a l'intérêt public que par leur ensemble.Ce serait s\u2019exposer à leur porter préjudice que de faire connaître leurs diverses phases comme si on avait un droit de contrôle sur l'entreprise elle-même.Il me semble essentiel au succès de ces affaires qu elles restent, pour ainsi dire, la propriété exclusive de ceux qui les ont créées et qui les dirigent.» Il v a cependant une entreprise d'un genre tout autre, celle qui a pour objectif la création d'une ligne de vapeurs.Celle-ci a un caractère général : On peut assurer, dit à ce propos M.Fabre, que le développement de toutes les autres entreprises en dépend, dans une certaine mesure.Vous l'avez bien compris.Monsieur le Ministre, au début de la réouverture de nos relations avec la France, lorsqu\u2019après avoir attiré au Canada les capitaux français, vous songiez à les y retenir.à les y amener en plus grande abondance, en leur ménageant un emploi de plus en plus fécond.Il vous semblait que l'établissement d\u2019une ligne directe de vapeurs entre les deux pays et la conclusion d'un traité de commerce devaient suivre de prés la fondation du Crédit Foncier.C'est là, en effet, le double couronnement qu'attend votre œuvre.Le projet d\u2019une ligne de vapeurs a été repris 1 été dernier par M.Senécal.qui a été assez heureux pour s'assurer le concours de financiers importants et d\u2019hommes spéciaux.Tout porte à croire que cette fois l'entreprise est en bonne voie.» Quant au Crédit Foncier, les rapports reçus du Canada sur les operations de cette Société, pendant le* deux dernières années, sont si favorables, qu\u2019ils ont engage, connue on le sait, le Conseil d\u2019administration à taire récemment une emission d'obligations que M.Fabre annonçait à la date du 12 mars.et qui n\u2019avait été empêchée jusque-là que par le sentiment de prudence qui règne partout : Ces rapports indiquent que les prêts ont eu faits avec autant de sagesse que de bonheur, et que le> rentrées s'effectuent en consequence avec une régularité parfaite.11 faut espérer que cette emission sera tentée simultanément dans les deux pavs.On v errait ainsi les capitaux français et les capitaux canadiens s'engager, pour ainsi dire, côte à cote dans une même opération, et ce serait de bon augure.» Relativement au projet de traite de commerce, l'agent canadien écrit ce qui suit : N1 a mission n'est pas d intervenir dans l.i négociation d'un traité de commerce : mais je crois pouvoir dire, en passant, que si j etais autorisé, tout en m'occupant d\u2019émigration, à v isiter les principales v illes de province et à voir quelques-uns des membres des Chambres de-commerce.ces entrevues au cours desquelles je ferais ressortir les avantages qui découleraient pour le commerce français d'une entente avec le Canada, faciliteraient les négociations confiées à sir Charl es I upper.Je n ai pas besoin d ajouter que je n\u2019agirais que d'après l'avis du Haut-Commissaire et en me conformant à ses vues.C est une proposition des plus justes et qui recevra, nous en sommes convaincus, la consideration favorable du gouvernement.Le rapport du ier février contient toute une étude de la plus grande valeur sur l'emigration en France.Cette emigration est très faible, comme on sait.Les Français n émigrent guère, et bien que 1 on compte en France actuellement trente-trois agences se livrant aux opérations du recrutement et du transport des émigrants, avec environ Soo sous-agents, les résultats ne répondent aucunement à cette propagande si active.On a constaté toutefois une augmentation sensible, depuis 1876, où le chiffre n'était que de 2.867 individus, tandis qu'il a été de 4.612 en 1880.Mais il v a eu une légère diminution en 1881 et 1882.On trouve en six ans un totalde 2t.q85.Deux départements, celui des Hautes-Pyrénées et celui des Basses-Pvrénées v sont à eux seuls pour près d\u2019un cinquième, bien que leur population ne forme guère plus d'un centième de la population générale, tandis que le département de la Seine, avec deux millions d'habitants, n\u2019en a perdit par l\u2019émigration, durant la même période, que t .3 14.» Il m'a semblé possible de provoquer un courant analogue sur le Canada, en concentrant tous mes efforts sur une contrée déterminée.J\u2019ai même choisi provisoirement un partie de la France qui me semble très favorablement disposée et dans laquelle une campagne de propagande pourrait être fructueuse : la Basse-Normandie, comprenant le département de la Manche, une partie des départements de l\u2019Orne et du Calvados ainsi que le département limitrophe d\u2019Ille-et-Vilaine dans la Bretagne.- Voici les raisons qui m\u2019ont déterminé dans ce choix.Quoique les premiers colons qui se sont établis à l'origine au Canada, ne venaient pas tous de Bretagne et de Normandie aussi exclusivement qu'on semble le croire généralement.c\u2019est le cachet bas-normand qui a prédominé dans la population de lu province de Québec.Coutumes populaires, langage, costumes, mœurs, etc., etc., dans aucune autre partie de la France on ne retrouve une aussi parfaite similitude.De plus, chose curieuse, pendant que j\u2019ai eu si souvent à constater, du moins jusqu\u2019à ces dernières années, à quel point on avait en France perdu le souvenir précis du Canada, la connaissance de notre pays s\u2019est, au contraire, toujours maintenue dans les départements que je viens d\u2019indiquer, particulièrement sur le littoral.On en trouve l'explication dans le fait que les ports de cette région, Granville et Saint-Malo, envoient chaque année des milliers de pêcheurs dans les établissements français de pêche à la morue de Saint-Pierre et Miquelon.Ces etablissements étant surtout approvisionnés par le Canada qui y'trouve les éléments d\u2019un com-meue assez actif, les pêcheurs en question se trouvent d line façon constante, pendant la saison d\u2019été, en rapport avec les Canadiens.De re unir chez eux.en hiver, ils perpétuent dans leurs familles la tradition populaire du Canada et îles Canadiens.Dans un premier voyage, j'ai pu me con-uuiKie en partie de cette situation, et les relations personnelles que j'ai nouées avec quelques pu sonnes bien renseignées, ou même ayant voyage au Canada, m'ont fortifié dans l\u2019idée qu a\\ci un peu de persévérance, une émigration se rieuse de cultivateurs pourrait être dirigée de la Basse-Normandie sur le Canada.\u201d Mais il est indispensable d\u2019v faire de fréquentes visites afin d\u2019étendre et de développer les 1 elations existantes, de taire appel au concours volontaire et désintéressé de personnes influentes dans leui localité, telles que les curés de paroisse, les membres des Sociétés d'agriculture, les maires des communes rurales, etc.; d assister aux séances des comités agricoles et aux expositions régionales; en un mot, de ne laisser échapper aucune occasion de faire connaître* les différentes provinces du Canada et démontrer les ressources qu elles otlrent aux bons agriculteurs qui voudraient y émigrer.Il m a paru possible de créer avec le temps, au moins dans chaque canton, un excellent agent, honorable et influent, qui ferait à titre d intermédiaire complaisant une campagne îles plus efficaces dans son entourage immédiat.Les emigrants établis au Canada, soit par leurs lettres, soit par des voyages, feraient, à leur tour .une excellente propagande dans leur famille et parmi leurs amis, leur préparant au besoin, près d eux, au Canada, un établissement, comme cela se tait, du reste, par la colonie française de Buenos-Avres pour les departements des Hautes et Basses-Pvrénées.» On admettra que cette emigration serait désirable a tous égards, et il est à espérer que le gouvernement canadien donnera suite aux projets de son agent.Maintenant, pour ce qui est de la ligne de-steamers, M.Fabre prouve par des chiffres irrécusables que cette ligne, en prenant le Havre pour point de départ, pourrait nous amener une masse d émigrants, non seulement français, mais de toutes les nationalités.Il montre à ce propos l'importance extraordinaire que le Havre a pris depuis quelques années comme port d\u2019embarquement pour des émigrants de toute sorte.Italiens, Suisses, Alsaciens-Lorrains, Allemands, etc., qui passent par la France pour venir en Amérique.La plupart prennent la voie des Etats-Unis par la ligne transatlantique française, et il serait facile d\u2019en diriger un grand nombre sur le Canada s'il existait une voie directe.D\u2019ailleurs, l'idée a frappé les agents tie la ligne Allan.M.Fabre rapporte que le représentant de celte compagnie à Paris, M.Hunter, a pris récemment des mesures de propagande et de publicité qui détermineront certainement avant peu un courant d\u2019émigration bien supérieur à celui que nous avons vu se produire en ces dernières années.Ces rapports contiennent encore beaucoup d\u2019autres renseignements qu\u2019il serait trop long de signaler, et, pour le moment, nous nous bornerons à ceux qui précèdent.OUR LE i OUR Avant l\u2019ouverture du congrès pour la revision delà Constitution, le prince Napoléon a lancé le manifeste suivant : A 1.\u2019Assemblée nationale * Vous allez vous réuniren assemblée nationale et agir comme pouvoir constituant.» En m\u2019adressant à vous j'exerce mon droit de-citoyen.Ce droit, je l'ai payé de l'exil et de la prison, et ce n\u2019est pas le souvenir de ces violences arbitraires qui peut m\u2019empêcher de remplir ce que je considère comme un devoir.» Je laisse aux prétendants, à ceux qui invoquent PARIS-CANADA a un droit supérieur à la souveraineté du peuple les sourdes menées et les alliances équivoques.S'ils se taisent, on sait pourquoi.» Ce n\u2019est pas de ceux qui les suivent ou qui les servent qu\u2019un Napoléon peut ètreentendu.C\u2019est aux démocrates, aux patriotes, aux bonapartistes, aux républicains sincères, c\u2019est à tous les défenseurs de la «évolution que je lais appel.» En appliquant le pouvoir constituant à quelques réformes illusoires, vous continue/ l\u2019usurpation de l\u2019Assemblée de 1S71, contre laquelle vous étiez unanimes à protester.» Vous confirme/ cette Constitution née d\u2019une intrigue dont le but était de préparer la restauration royale.» Vous consacrez à nouveau un svstème qui n\u2019est ni la monarchie ni la république, qui viole tous les principes et ne vit que d\u2019expédients.Vous désertez toutes vos traditions.vous vous débattez dans les subtilités d\u2019une procédure puérile.» Vous êtes sans excuse, » Et le pays soutire, le malaise s\u2019accroît, les al-faires s\u2019arrêtent, le déficit augmente, notre situation étrangère est pleine d\u2019obscurités et de périls, chacun se demande : Où allons-nous : » Quand une pareille question se pose, il taut y répondre sous peine de jour la nation dans les aventures.Le découragement et la lassitude sont les plus sûrs fauteurs de toutes les réactions.» Voulez-vous dissiper cette inquiétude ?Voulez-vous faire cesser les divisions qui nous perdent ?» Faites appel aux bons citoyens.» Ils sont nombreux dans tous les partis, ils oublieront leurs discordes pour vous répondre et chercheront avec vous la constitution qui convient à notre democratic.» Il est temps enfin de penser au pays.Adressez-vous à lui.» Si vous ne voulez pas le consulter directement, demandez-lui d\u2019élire des mandataires spéciaux.» Décrétez la réunion d\u2019une Assemblée constituante.Elle seule peut accomplir les réformes nécessaires, et lorsque le suffrage universel aura ra tilié son œuvre, quel est celui qui osera refuser son concours au gouvernement sorti de la volonté du peuple ?< Qu\u2019un souf.le de patriotisme vous inspire.Rendez au peuple l\u2019exercice de sa souveraineté.C est son droit, ce sera sa force, et alors seulement vous retrouverez la Grande Nation.N u'or.Kox.A propos de la récente publication des Lettres de Montalembert à feu Cornudet, son ami de collège.M.Léopold de Gaillard conte un souvenir bien typique sur l\u2019étonnement que provoqua Montalembert défendant à la tribune, en 1840, les droits de la religion : \tt-J .7.30\t\\\tM P .r i.v Hiv; \u2022 - i I-I.;; S\t11.00 A M.P » « i r 1 Riviôre-du-L'up.à.15 1*.M ARRIVKKOXT A LA POINTE-LE VIS Do Halifax o: S dtu-Jean\u2014.7.20 P.M.i>\ti;.\tre-iiu-L\tip.1.30\tP.\tM.'1\tP\t.\t-\t-!.\tij.¦\t\"\t\\\t\\! L har Pullman .; r 1.iris, sam li, s\tdement a Halifax, et celui qui .\ts nd à Saint- Jean.1' si ins irculent sur 1 ilon ¦ le I'E>:.D.PoTTINGER.S irintendant \u2022 n ii f.\u2022; chemin ;¦ >\u2022 M .N.P.BOURGOUIN, DUCHESNEAU & C1 SOI I .Ü TÉS El ' i RIE S : ü IMPORTATEURS :til.\t:V.îr».i*uo Saint-I\u2019aul MONT RUAI.GUSTAVE R.FABRE Marchand* de Fer* et de Quincaillerie RUE SAINT-PAUL.- MONTREAL LA COMPAGNIE DE Navigation RlcMeu m Ontario LIGNE DE LA MALLE ROYALE ENTRE QUÉBEC ET MONTRÉAL \u2022 i\tgui fi .\t- mj sée ss\t- premiere classe -uivants : QUÉBEC ET MONTRÉAL Départ Je M ntréal.tous les jours, sept heures r T O \\ver h-s chemins de fer qui conduisent à tousles points-de l\u2019Ouest.4.-B.LA BELLE, gérant.P \\ RIS -CAN A DA ACIINCi: FRANCO - A\\T.LAISE Tcur Représentation et la Vente des Marchandises Françaises et Anglaises OBJETS D'ART.DE LUXE ET DE HAUTE FANTAISIE à MONTREAL (Canada) PLACE VICTORIA, RUE SAINTE - RADEGONDE, 8 N D \u2014 Reafeigaemeat; franca sur demande L.J.A.SURVEYER MARCHANDS DE FER ET DE QUINCAILLERIE Hue Xotiv-Pame, ISS MON Tit K VI.F\" ABRE Sc GRAVEL LIBRAIRES Une Sot rc-/ht me.\u2014 MOST H EM.LIGNE DOMINION De Paris au Canada D part de Liverpo ol pour Qimbee tous les jeudis I.o ' i/'\u2018H.I.Sarnia, I.\u2019 Vancouver U s salons, ainsi que les cabine, de P* classe, se trouvant au milieu du navire.Le Vancouver est éclairé à la lumière électrique ans t ni' 'C' enmpar.iments.Prix de passage : I1 class.de 2o 3 7 » a îsû fr.P ur t.*us re.;'-\u2018ignen: -ut' >¦\u2019 pour les bill ts d passage, -adresser à PI TT LT SCOT T.7, rue Scribe.Paris LA NEW-YORK COMPAGNIE D'ASSURANCES SUR LA VIE FONUKK EN 1845 Fonds de Garantie : 287 Millions ENTIÈREMENT SOUSCRITS MUTUALITE A P.INES ET ENGAGE M NTS FIXES L ' !\">n- ' ' \"lit seul' proprietaires du fonds de maraud, de tous les béllétiees.T A r.IlS COMPARES i NEW-piliK et d.' principale' autres Compagnie ASSURANCES EN CAS DE DÉCÈS avec participation aux bèlH-ticeS ; Prime - viav\ti s mi rant 1 1 i\t\t\tRENTES VIAGERES IMMÉDIATES 1\tpayables par semestre Rente pour un versement 0e 100 fr.\t\t Al- -\ta la N w- York\ta ix autres rompatrn .\tAires\ta la V w - Yi >rk hommes\taux autres Compatrn .25\t19.89\t22 K)\tj liO\tb) »\t9.0-2 35\t20 38\t28.40 i\t70\t13.00\t12 15 r>\t37 07\t38.70 1\t80\t17.00\t15 10 DIRECTION\u2019 POUR LA FRANCK 19 \u2014 avenue de l'Opéra \u2014 19 T\u2019A 11 I 8 BERTHET & DESMAZIERES TAILLEURS Fournisseurs de S.M.Ie Roi de Suède et de Norvège AMAZONES, LIVRÉES.\u2014 \u2018AT, HUE DES PETITS-CIIAMPS.CONCESSIONS GRATUITES DE TERRES AU CANADA d.» hectares au Manitoba et dans les territoires da Xord-Oncst io a v.hectares dans les antres produces t Ml I r
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