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Titre :
Focus : Saguenay Lac St-Jean
Revue publiée au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour informer la population sur les activités culturelles dans la région. Ses animateurs militent pour donner de la vitalité à la culture sous toutes ses formes à l'extérieur des grandes villes.
Éditeur :
  • Jonquière :Focus,[1977]-1981
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Focus : Saguenay Lac St-Jean, 1978, Collections de BAnQ.

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SEMAI N D.U _ / CINEMA COIS L’édition au 3 L’année du fr St-Jean (ssance 'Jô .K\« avniL 78 Saguenay-Lac-S^Jean $1.25 Imonde CXJMT1420 jinn OCUS, VOL.I, NO 10 otre page couverture essin: Marie Laiande terprétation: ichard Langevin > collectif de Focus: Bernard Potvin, Yves Caron, ;an-Guy Girard, Claire Page, Ri-nard Langevin, Jocelyn Page, arc Bégin, Daniel Hébert.omité de rédaction: Bernard Potvin, Jocelyn Pagé, aniel Hébert, Jean-Guy Girard, laire Pagé.omité de relation publique: Yves Caron, Daniel Hébert, Myr-a Laflamme.omptabilité, secrétariat: laire Pagé, Maude Laflamme.onception et réalisation gra-tiique: ichard Langevin.hotographe: >rry Brindle.ollaborateurs: Pierre Demers, Alain-Arthui sinchaud, Jacques Dubuc, Moque Major, Françoise Bou-eault, Roger Sarasin, Guylaine nond, La Librairie Populaire Alma, Marie-Suzanne Guay, /es Ouellette, Réal Simard, Yves atenaude.andes dessinées: AB.emerciements: Claire Nadeau, Serge Pagé, Jos hériault, pi le voleur du char à ichard.nprimeur: Imprimerie du Progrès du Sa-renay.stributeur: Les Diffusions Saguenay-Lac-Jean Inc.diteur: Les Productions Carouges Inc., 30, rue St-Dominique, Jonquière.La revue Focus est publiée à Dnquière, 290, rue St-ominique, Jonquière.(Tél.: 17-3245).Toute reproduction es textes, photos, dessins est 'opriété de Focus qui se ré-îrve tous droits de reproductif et de traduction, sauf dans s cas où l’on indique les réfé-mces.bonnement: La revue Focus, 290, rue St-ominique, C.P.10, Jonquière.our un an: régulier: $12.00, souri: $20.00.épôt légal: Bibliothèque Nationale, 1700, Je St-Denis, Montréal.ourrier de deuxième classe: Courrier de deuxième classe, nregistrement no 4204, Port de tour garanti: La revue Focus, P.10, Jonquière, P.Q.G7X 7V8 0, P.10 ?V & P.12 vv V P.15 ov ^ .t* etdf lis» life La -• sfe11 ENTREVUE AVEC PIERRE ET OLIVIER TOUSIGNANT de la Librairie Régionale de Chicoutimi Focus —Comment évaluez-vous la situation de l’édition dans la région du Saguenay-Lac-St-Jean?Olivier Tousignant — Les éditeurs ont des problèmes: les distributeurs, les agences de distribution s’occupent d’abord de faire le commerce des périodiques et des best-sellers; pour eux, le livre n’est qu’une seconde source de revenus et la promotion n’est pas axée sur les livres car ils ne passent qu’en seconde place d’importance pour un distributeur.Ainsi, l’ADP(Agencede distribution populaire)fait le tour de tous ses points de vente dans la région mais si nous voulons des livres distribués par cette même compagnie, nous devons nous approvisionner à Montréal, faire une commande, payer le transport.Pierre Tousignant — Les produits mis en marché par les éditeurs de la région ne se vendent pas tellement ici parce que les gens ne sont pas au courant; la diffusion se fait plutôt au niveau des éditeurs.Ca me fait l’effet que les éditeurs ici et au Québec veulent aller le plus directement possible au client.Des grands magasins à rayons comme La Baie font affaires avec des éditeurs et leur demandent de placer tel montant de livres par année; l’éditeur a un chiffre d’affaires assuré mais il faut qu’il s’organise pour que ça roule pour ce montant-là.Leur avantage c’est que lorsqu’ils sont dans des points de vente et de distribution comme les centres d’achat, ils sont chez eux.Un propriétaire de petite librairie dans un centre d’achat est assujetti par le fait que ces distributeurs ont souvent l’exclusivité et ça fait de la concurrence.Focus —Selon vous, quel est le rôle d’un éditeur?Olivier Tousignant — L’éditeur édite des volumes, il doit trouver des capitaux pour la production, faire la mise en marché et la production de ses livres.Focus — Comment définiriez-vous un libraire?Pierre Tousignant — Un libraire c’est un diffuseur de livres mais cette notion se perd parce que de la diffusion de volume, il s’en fait partout.C’est à savoir si un volume devrait être vendu par un libraire ou par un teneur de distribution.Ce qu’on espère c’est qu’on va finir par définir notre commerce comme étant un commerce de livres et non un distributeur de livres.Le gars de la pharmacie à côté vend ses bandes dessinées moins cher que moi.Il faudrait qu’on se mette b vendre des pilules?Si notre commerce était exclusif, ça irait autrement mieux.Olivier Tousignant — Des monstres comme Hachette ça n’aidera jamais le commerce du livre mais il faut quand même en tenir compte.Hachette est le plus grand éditeur de manuels à l’heure actuelle.Focus — Quelle place accordez-vous al livre régional?Olivier Tousignant — Quand le volume sort, il est toujours sur la table des nouveautés.Nous ne faisons pas de promotion spéciale; dans la marge de profit de l’éditeur, c’est prévu et il y a un pourcentage pour la promotion Focus — Faites-vous partie d’associations?Pierre Tousignant — Nous faisons partie de l’ALQ (Association des libraires du Québec).C’est une association qui se veut plutôt représentative au niveau du gouvernement, c’est-à-dire du ministère des Affaires culturelles (qui ne peut pas faire grand-chose pour nous), du ministère de l’Education (qui a de trop gros budgets comparativement au précédent) et du ministère des Communications.Ce que je trouve bête, c’est qu’aussitôt que l’ALQ a bien fonctionné, la moitié des libraires sont allés se former une autre association.L’ALQ et l’Association des auteurs du Québec sont chapeautées par le Conseil supérieur du livre.Focus —Comment voyez-vous les politiques gouvernementales en matière de livre?Pierre Tousignant — Si c’était suivi, ce serait merveilleux.Le ministère des Affaires culturelles qui est le ministère le plus pauvre a des demandes énormes et des fonds très minimes.Il ne peut exercer aucun contrôle.Certaines bibliothèques préfèrent acheter directement des éditeurs; il faudraitqu’il y aitdes moyens de contrôle plus efficaces et plus sévères.REMARQUES D’après les études sur le commerce du livre réalisées par le gouvernement, on en déduit que le commerce du livre au Québec est en plein essor et que le potentiel du marché est encore loin d’être atteint.Nous pouvons remarquer que le nombre de personnes impliquées dans le domaine de l’édition dans la région est très limité.Le bassin de population même s’il peut sembler suffisant ne l’est peut-être pas tant que ça, puisque les gens d’ici sont comme les autres Québécois, ils lisent très peu.On ne peut donc pas envisager l’édition dans la région sans penser à une diffusion dans toute la province, si on veut faire un livre en assez grande quantité pour que le coût de production permette un prix d’achat abordable.On peut remarquer aussi qu’aucune tentative n’a été faite concernant l’établissement d’une certaine politique face à l’édition, à l’avancement de la culture dans le sens de développer une prise de conscience et de proposer des moyens de prise en main par la masse.Ce côté est complètement délaissé.Ceux que le développement culturel pourrait intéresser ne peuvent pas ou ne veulent pas s’asseoir à la même table.Il y a d’immenses efforts à faire pour sensibiliser les gens à cette forme de communication importante qu’est la lecture et pour leur inculquer (c’est-à-dire réinculquer) une “habitude culturelle” trop rapidement délaissée après l’avènement de l’audio-visuel.Espérons que la campagne de sensibilisation à la lecture entreprise par le ministère des Affaires culturelles aura de bons effets.C’est facile de lire, alors livrons-nous à la lecture! La littérature québécoise est riche de nous et riche de promesses.19 MARDI, 4 AVRIL Les grands explorateurs LES SOUCOUPES VOLANTES SAMEDI, 8 AVRIL La compagnie de Jean Duceppe présente Un jour dans la mort de Joe-Eg g LE 11 AVRIL Ciné-mardi C’ est arrivé entre midi et trois heures.MERCREDI, 12 AVRIL Jirondajoncelle, théâtre MERCREDI, 19 AVRIL Les descendants de Saba Les grands explorateurs ETHIOPIE MARDI, 25 AVRIL Ciné-mardi Enfer mécanique JEUDI, 27 AVRIL Groupe “Slick Outlag’’ Salle Frs- Brassard 3 AVRIL, 19H30 Enigme des soucoupes volantes dans la série des “Grandes Enigmes’ ’ 5 AVRIL, 20H30 La compagnie Jean Duceppe “Un jour dans la mort de Joe Eg g” 7 AVRIL, 21H00 Farandoles Ecole de folklore 8 AVRIL, 20H30 Sonny Terry & Brownie McGhee, bluesmen 9 AVRIL, 20H30 Yvon Deschamps 13, 14 AVRIL, 21H00 15 AVRIL, 18H30 et 22H00 Théâtre Populaire du Québec Féydeau-Boissonneau 18 AVRIL, 20H30 Les Grands Explorateurs “Ethiopie Mitraillettes du Saba’’ 20 AVRIL, 20H30 Les Grands Ballets Canadiens “La Scouine’’ création originale québécoise.Musique de Dominique Tremblay 24 AVRIL, 20H30 INFORMATIONS: 549-3910 Auditorium Dufour LUNDI, 3 AVRIL, 20H30 Christian Di Macio accordéoniste étudiants: $2.25 adultes: $3.00 JEUDI, 6 AVRIL, 21H15 Uénigme des soucoupes volantes Un film de documents authentiques commenté sur scène par ® , Jimmy Guieu ufologue L’énigme des soucoupes volantes commenté sur scène par Jimmy Gvieu, uphologue étudiants: $2.25 adultes: $3.00 MARDI, 18 AVRIL Les grands explorateurs ETHIOPIE étudiants: $2.25 adultes: $3.00 Auditorium d’Alma La Semaine du cinéma québécois à Jonquière, du 18 au 22 avril PAR PIERRE DEMERS 1- Présentation Une semaine par année pour s'occuper davantage du cinéma produit au Québec, ce n’est certes pas trop exiger.Une semaine par année pour voir systématiquement la majorité des courts et longs métrages faits ici, par des vieux et des jeunes cinéastes, la majorité de la production de l'année, ce n'est pas trop demander au public québécois.Cette année, cet événement culturel québécois d'importance aura aussi lieu dans notre région, plus précisément au cinéma “Bellevue” de Jonquière, du 18 au 22 avril.Durant cinq soirées, on pourra voir pour un prix d'entrée ridicule ($4.00 pour cinq soirées) environ 3 heures et demie de projection de films québécois.A chacune de ces soirées, on invite un cinéaste québécois dont le film a été présenté à discuter avec le public présent.Durant cette semaine, on fournit à ceux qui en veulent, la documentation sur le cinéma québécois qui se fait aujourd'hui et surtout, on donne la chance à tous de voir "son” cinéma, le cinéma qui cherche à le rejoindre en vain par tous les moyens.On sait que le seul gros et épais problème qui ronge comme un cancer le cinéma québécois depuis des années (pour ne pas dire depuis trois générations de cinéastes québécois), c’est l'impossibilité de voir distribuer ses films dans le circuit des-salles commerciales.A la place des films québécois, dans ces salles, on (les distributeurs américains surtout et les propriétaires de salles gros vendeurs de billets et uniquement commerçants à la petite semaine) préfère montrer aux spectateurs d'ici des films étrangers, plus précisément des longs métrages de fiction en couleur tournés partout excepté au Québec.Et quand on montre des films québécois dans ces (“nos") salles commerciales, ce sont des films (“Panique" de J.-Claude Lord et “Brrr." de Denis Héroux) qui ressemblent plus à des films étrangers commerciaux et “à la mode du jour" qu'à des films québécois. En attendant que le gouvernement québécois (celui de Ryan peut-être.) intervienne pour que les films faits ici rejoignent leur public, et aussi pour oublier, l'espace d'une semaine, ce gros cancer de la non-distribution des films québécois au Québec, les organisateurs de "la Semaine du cinéma québécois" ont pensé arranger les choses pour que les récents films québécois de toutes les longueurs (les meilleurs films québécois qui nous ressemblent sont souvent plus courts que longs) sortent au moins une semaine par année, sur un écran commercial normal.Depuis 1973, on a organisé cette "semaine" à Montréal avec la complicité des cinéastes concernés qui eux aussi voulaient rencontrer ce jeune et moins jeune public d'ici.L’événement a permis à un public de plus en plus nombreux avec les années de rencontrer son cinéma, de voir et de discuter les films faits ici pour lui.Précisons tout de suite que cette “semaine" n’est nullement un festival de films québécois "compétitif".Tous les films présentés, courts, moyens et longs, partent avec les même6 chances de réussite.L'important, c'est de favoriser pendant une semaine une plus normale diffusion du cinéma québécois produit par des organismes gouvernementaux (l'ONF, la DGCA, Radio-Canada, Radio-Québec) et par les maisons d'enseignement, les producteurs privés, les artisans, les régions, etc.Donc, aucune compétition entre les films et un seul objectif: montrer le plus de films québécois faits au Québec durant l'année qui se termine.En somme, tenir le monde (le public d'ici) au courant des films produits ici par des cinéastes québécois.L'événement resté montréalais depuis 73 a tenté une percée dans les régions l’an dernier (à Rimouski) avec un succès intéressant.Cette année, c'est la grosse tentative de dé-montréalisation de "la Semaine du cinéma québécois", ou si vous préférez, de la régionalisation de "la semaine" qui se tiendra à Montréal, bien sûr, mais surtout à Québec, à Rouyn, à Rimouski, à Sherbrooke et à JONQUIERE.Pour une fois, la région fait partie de Montréal.Cette tentative de régionalisation de "la Semaine du cinéma québécois" tombe à point.Depuis deux ans, les festivals de films (surtout étrangers) se multiplient à Montréal et la plupart ignorent totalement le public québécois des autres régions du Québec.En même temps, le cinéma régional québécois, la liste des films québécois tournés dans les régions, n’a jamais été si vivant, si dynamique.Des films surprenants par leurs propos et leur sens critique (sans oublierléür qualité technique respectable) sont produits partout au Québec par des cinéastes de l'Abitibi, de la Côte-Nord, de la ville de Québec, de Trois-Rivières, de la Beauce, de l'Outaouais, des secteurs particuliers de Montréal, du Bas du Fleuve, et parfois du Saguenay-Lac- Saint-Jean.Des cinéastes québécois de réputation sentent le besoin de plus en plus pressant de tourner leurs films hors de Montréal.Pensons aux derniers films d'Arthur Lamothe (la série "Carcajou ou le péril blanc"), de Pierre Perrault ("Le retour à la terre", “Un royaume vous attend”, filmés en Abitibi), de Michel Brault et André Gladu (la série “Le son des Français d'Amérique”), de Bernard Gosselin et Léo Plamondon (la série des "Artisans québécois") pour ne nommer que les plus évidents.Donc, les régions du Québec fournissent de plus en plus de “sujets” au cinéma québécois actuel.De plus, dans ces régions, des jeunes cinéastes prennent la caméra et le nagra pour filmer ce qui les préoccupe davantage.“La Semaine du cinéma québécois” a su révéler, depuis 1973, la montée — pour ne pas dire la naissance — de ces nouvelles générations de cinéastes québécois qui, souvent, avec plus ou moins de talent, mais toujours avec ce désir d'apprendre, veulent assumer les risques de faire du cinéma au Québec.Des nouvelles générations de cinéastes québécois portés vers tous les courants possibles qui vont de la fiction folle, du contemplage de nombril gratuit au cinéma direct authentique tout droit sorti de l'équipe française de l’ONF des années 60.De nouvelles générations de cinéastes québécois sortis de partout et de nulle part, des écoles universitaires de cinéma d'ici, des couloirs de l'ONF, de cellules d’amateurs, de projets PIL, de leur région, de leur sous-sol de bungalow, et parfois de leurs limbes pour assumer la relève risquée du cinéma québécois."La Semaine du cinéma québécois" permet à ces nouvelles générations de cinéastes québécois de faire leurs preuves devant le public d’ici ou simplement de se faire dire leurs défauts en pleine face.C'est sûrement un peu grâce à cette "Semaine du cinéma québécois” que de nouveaux cinéastes québécois décident de faire leurs films malgré tout, et surtout malgré l’impossibilité de rejoindre leur public le reste de l’année."La semaine” leur sert de rampe de lancement ou bien d’échafaud.Enfin, petit détail non négligeable, "la semaine" considère que le cinéma québécois existe autant du côté des films documentaires que du côté des films de fiction, du côté des courts métrages et des moyens que des longs métrages, du côté de l'animation que du cinéma expérimental.Il faut au moins en tenir compte quand on prétend “montrer le cinéma québécois qui se fait aujourd'hui".Et normalement, tous ces films faits au Québec devraient circuler dans les salles de cinéma au lieu de réserver ce circuit populaire aux seuls longs métrages — de fiction, en couleur et en 35 mm, avec des vedettes d'ailleurs.Ca se change, des habitudes.“La Semaine du cinéma québécois" entend le faire à sa façon et dans les mesures de ses modestes moyens.Pour vous permettre de mieux identifier cet événement culturel québécois d'importance, nous avons regroupé, dans ces pages, des informations de base (préparées par les organisateurs de "la semaine”) sur l’histoire de cette "Semaine du cinéma québécois", sur son fonctionnement, sur ses objectifs, sur son impact, sur son mode de financement et sur la programmation des films qui seront projetés au “Bellevue” de Jonquière, du 18 au 22 avril prochain.Ce document qu'on vous a préparé pourra même vous servir de guide d'accorrfpagnement durant cette semaine.Pour une fois que la région n'est pas "périphérique", “trop éloignée de Montréal", profitez-en.Allez voir votre cinéma et discuter avec les cinéastes qui le font.Pour que le public du cinéma québécois existe par tout le Québec et réagisse aux films qui le concernent.“Si ça marche de plus en plus fort", comme on dit, il se pourrait bien que les distributeurs et les exploitants de salles de cinéma du Québec se mettent, par la force du public, à montrer aussi des films québécois dans leurs salles qu'ils exploitent aux dépens du cinéma québécois qui se fait ici depuis toujours.Les arguments les plus solides pour vous convaincre de fréquenter assidûment “cette semaine", vous les trouverez en lisant attentivement la liste détaillée des films programmés.2- Historique EDITION 1973-74: La formule était nouvelle.Pour la première fois au Québec avait lieu une présentation de films de tous types, de toutes tendances qui se déroulait pendant six jours de midi à minuit.L’événement se passait à la salle Emile-Legault du CEGEP de St-Laurent en avril 1973.Cette initiative, d’un regroupement de professeurs et d'étudiants du département de cinéma, tendait à réduire cet écart entre le public québécois et son cinéma national, un cinéma de qualité qui manque trop souvent d'une diffusion décente toutes les fois qu'il s'écarte, par sa facture, des critères de commercialisation.Le succès fut instantané.Et l’avenir devait prouver que cet intérêt manifesté par environ 8,000 personnes n'était pas un phénomène passager.Cet événement culturel contenait, dans sa structure, les éléments qui le vouaient à une continuité annuelle et grandissante: — Une programmation essouflante mais variée et équilibrée afin de relancer sans cesse la faveur du public.— Des causeries-discussions avec cinéastes, techniciens et interprètes.— La formation d'un nouveau public et l’accueil critique qu’il manifestait envers les nouveautés québécoises, faisaient d’ores et déjà de la semaine une rampe de lancement qui donnait instantanément au distributeur les indices qui allaient orienter ses efforts de diffusion.— Au prix modique de $0.50 et de $1.00 l’année suivante, il n’y avait plus d’excuse valable qui tenait pour quiconque témoignait d’un peu de bonne volonté.EDITION 1975: La version 1975 procéda de la même démarche.Cependant, deux nouveautés s’y sont ajoutées: — Une projection parallèle à la salle Chevalier du cinéma St-Denis.La salle Emile-Legault du CEGEP de St-Laurent, de par sa situation légèrement périphérique, pouvait tenir à distance un certain public.Avec une salle au centre-ville, la semaine devenait plus accessible et populaire.Il faut aussi préciser que tout événement qui a lieu dans l'enceinte d’un CEGEP a toujours ce petit côté marginal qui fait croire à un public de travailleurs que ce n'est pas pour lui.Une salle comme le Chevalier évitait cette identification.— L’inscription de films artisanaux à l'intérieur de la programmation régulière, dans le cadre de ce qui fut le premier et le dernier Festival du cinéma artisanal québécois.EDITION 1976-77: La semaine gardait ses buts premiers de montrer des films qui ne sont pas diffusés commercialement et ce, dans un cadre de choix où un prix d'entrée unique et quasi symbolique ($3.00) donne droit à voir tous les films et incite les gens à revenir souvent; mais elle visait aussi un auditoire plus vaste que le seul public montréalais et s'installait alors à Rimouski.Cette semaine, au cinéma Fleur de Lys de Montréal, fut la plus complète des réussites et notre première percée hors de Montréal, à Rimouski, fut plus que satisfaisante (cf.bilan, Semaine du cinéma québécois 1976-77).Il faut se rappeler qu'avec un budget de $40,000, nous avons fait la preuve qu'avec des moyens restreints et beaucoup d’énergie et d'imagination, de tels événements pouvaient gagner la faveur populaire.EDITION 1977-78: Conscients que les frontières du cinéma québécois doivent s'élargir au-delà de Montréal et à la lumière de l'expérience faite l’an dernier à Rimouski, nous désirons étendre notre action à quatre (4) autres villes.(Il ne faudrait pas interpréter ce geste comme une surenchère automatique à toute manifestation qui devient le moindrement populaire; forts d’une expérience qui s'affermit depuis six (6) ans, nous croyons être prêts pour cette nouvelle étape.) Ces villes seront: Québec, Jonquière, Rouyn et Sherbrooke.Des organisateurs seront choisis dans chacune des villes et jouiront d'une autonomie assez grande dans le choix 23 de la programmation et de la durée de la manifestation, deux à six jours.Ces manifestations devront toutes avoir lieu entre le 3 et le 22 avril afin que l'impact auprès de la presse et du public soit le plus intense possible.Enfin, la création d'un conseil d'administration est venue consolider la structure de la semaine; il y assumera la représentativité du milieu cinématographique et contribuera à un échange d’idées plus constant.3- Originalité LA SEMAINE RESTE UN EVENEMENT UNIQUE AU QUEBEC: — Plusieurs journées de projections, entrecoupées de rencontres entre le public et le milieu cinématographique, où sont présentées les productions récentes du cinéma québécois dont une grande partie ne bénéficie pas de distribution commerciale.— Pour que cet événement, si original soit-il, ait une grande portée auprès du public, il faut que le coût d’admission demeure le plus bas possible afin de permettre l’accès à toutes les bourses.Cependant, suite à l'émergence de plusieurs compagnies s’occupant de la distribution du cinéma québécois, il nous apparaît important d'éviter de présenter ce cinéma comme un sous-produit culturel.Donc, nous étudions présentement des formules de vente de macarons ou billets d’entrée qui nous permettraient de satisfaire à ces deux exigences.— Nous croyons qu'un macaron, comme laissez-passer de notre semaine, remplit deux fonctions: celle d'être le sigle de la manifestation qui donne le droit d'entrée aux projections, et celle de constituer une publicité qui circule, deux semaines à l’avance, à la boutonnière de plusieurs milliers de sympathisants du cinéma québécois.Dans bien des cas, au guichet du cinéma, la personne qui l’achète pour voir un film bien précis sera incitée à récidiver, ayant déjà en sa possession le billet de tous les autre films.4- Buts Les objectifs de la semaine appuient et consolident les politiques de distribution du cinéma québécois.Il s agit beaucoup plus, pour nous, de créer un impact culturel qui serait l’amorce d'une diffusion d'un type de cinéma (documentaires, essais, premières oeuvres, etc.) moins accessible, le tout sans rien enlever de son importance à notre cinéma de long métrage dramatique.Notre but est en fait de créer des foyers d'intérêts à l’échelle du Québec, d’où la nécessité de décentraliser l’événement jusqu’alors présenté à Montréal.C’est pourquoi, après l’expérience de Rimouski, l’événement se transportera dans quatre autres villes stratégiques du Québec.La semaine se veut un médium d’information sur le milieu cinématographique et, pour remplir ce rôle, nous continuerons à favoriser les rencontres entre le public et les artisans du cinéma.En favorisant les rencontres entre le public et les artisans du cinéma, nous cherchons aussi à créer des liens affectifs qui feront que "Jeanne Thibeault”, par exemple, suivra de plus près l’oeuvre de Michel Brault parce qu’ils auront tous deux participé à une même soirée-rencontre.5- Programmation La programmation est l'élément le plus important de notre semaine, celui auquel nous consacrons le plus de temps et d’énergie.Il nous importe de présenter un éventail complet de la production récente, tout en insistant sur un certain type de cinéma.Nous nous rendons compte qu'actuellement un effort est fait pour distribuer notre cinéma de long métrage dramatique, c'est pourquoi la semaine oriente plutôt ses énergies vers la diffusion du cinéma de type documentaire et indépendant (artisanal).Le cinéma québécois dès ses débuts s’est fait connaître internationalement par la qualité de ses documentaires.Malheureusement, nous semble-t-il, ces origines ont été quelque peu délaissées au profit d’un type de productions plus commerciales et dont l’envergure reste à prouver.L’an dernier, la semaine a prouvé que le cinéma documentaire québécois pouvait retrouver la faveur de notre public et nous croyons qu’il peut aussi s’assurer d'un public international.Soulignons, d'autre part, que la semaine se veut aussi le tremplin de premières oeuvres de cinéastes indépendants qui ont produit le film avec peu de moyens et qui méritent l'attention du public (ex.: La nouvelle vendeuse, 2 pouces en haut d’Ia carte, Beat, etc.).L'expérience a prouvé que ces cinéastes émergent par la suite, tel André Forcier dont le premier film, “Le retour de l'Immaculée-Conception”, a été lancé à la semaine en 1973.Cette année, nous continuerons d'assurer la meilleure place à ces types de cinéma en les programmant en soirée.Mais nous ne renions pas pour autant le cinéma dramatique et son importance pour attirer un certain public.24 mm 1 u i&Àïi'i ¦¦ :'Wm £ 1 5 5^0 sî;, v^rt- À‘j f * f ¦ tekt * v> K.' v>.-’ • V ¦; ' ' _ rC _ > ^ ?SW* i ’ * * ' -X JSEÏ : V v [U*.¦ ¦ ¦ lV4v *•>% v gggjggggsg i'.-V .V -> ^i-"^*-,' - - • ¦ ¦• i- »jiââr,Eaws^: fÀèçf* ¦Sr^TV VS&SsyS • v«»c '» &•».*2K SgSgjf % 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l'espoir de faire vite de l'arqent.20h15: “LES BOEUFS DE LABOUR" (Documentaire, 27 min.ONF) de Léo Plamondon et Bernard Gosselin.Sur sa terre de Charlevoix, Charles-Edouard Gaudreault et des voisins domptent des boeufs de labour comme dans les années 40.“A FORCE DE COURAGE" (Documentaire, 26 min., Pea Soup Films) de Pierre Falardeau et Julien Poulin.Des travailleurs agricoles d’un domaine autogéré d'Algérie parlent aux Québécois de leur terre libérée.21 h30: "24 HEURES OU PLUS” (Documentaire, 120 min., ONF) de Gilles Groulx.Le Québec des années 70, sous Bourassa et avant Lévesque.“Film conjonctural, "24 heures ou plus" propose un exercice de lecture.L’histoire vue par la vie quotidienne, la vie quotidienne vue par l’histoire.A la conjoncture de la poésie et du politique, à mon sens, j'ai fait un film poé-litique.” — Gilles Groulx.N.B.Le cinéaste Gilles Groulx participera à la discussion de son film.de "24 héilj 19h00: “SOLITUDES” (Expérimental, 7 min.) de Loi Siegel.Le rayonnement d'un individu.“C'ETAIT EN DIRECT" (Documentaire, 58 min., Radio-Canada) de Louis Ricard.Les débuts de la radio (et de la télé) québécoise évoqués par des pionniers.20h15: "LE SON DES FRANÇAIS D'AMERIQUE: Le quêteux Tremblay" (Documentaire, 27 min.) de Michel Brault et André Gladu.William Tremblay, ancien quêteux respecté et bon violoneux, se raconte dans sa cabane à sucre.Toute sa vie il a quêté dans le Bas du Fleuve et dans la région de Québec."COMME DES CHIENS EN PACAGE" (Documentaire, 52 min., Abitibi) de Richard Desjardins et Robert Monderie.En plein cinquantenaire de Rouyn-Noranda, un voyage à l’intérieur de la mémoire abitibienne de ceux qui se souviennent de “l'ouverture de cette région”.21 h45: "LE POULAILLER DES TEMPS PERDUS" (Expérimental, 14 min., Concordia-Battista) de Franco Battista.Une poule géante sème la panique dans la ville de Montréal.Une hénaurme satire des films de science-fiction."UN GRAND LOGEMENT" (Doc./fiction, 61 min., M.Bolduc) de Mario Bolduc et Ginette Guay.Une jeune famille de Lévis prend conscience, avec ses voisins, des problèmes d'habitation de cette ville.Quand la fiction cinématographique québécoise devient plus évidente que le cinéma direct.N.B.Le cinéaste Mario Bolduc participera à la discussion de son film.Claire Bourbonnais, pendant le tournage de "Un grand logement' 33 Vendredi 21 avril Jeudi 20 avril 19h00: “MARICOQUETTE” (Animation, 12 min., ind.) de Estel Lebel, Rachel St-Pierre et Mitsu Daudelin.Tiré d’un conte de la tradition orale d’ici, le récit d'un gars qui veut s'enrichir sans travailler."ANASTASIE, OH MA CHERIE" (Fiction, 34 min., ind.) de Paule Baillargeon.Une jeune femme ayant quitté son enfant et son mari passe assez bien pour une schizophrène."ALICE” (Fiction, 31 min., Ginak) de Claire Wojas.Alice, 75 ans, devient malgré elle, au petit écran, le symbole de l'injustice du troisième âge.Qui profite des vieux dans notre société?20h30: “UNE IMAGERIE A RENOUVELER" (Documentaire, 25 min., ACPAV) de Bruno Carrière.A partir du concours de courtepointe organisé par l’Association des métiers d’art de Montréal, on retrace la place de la courtepointe dans l'activité artisanale québécoise actuelle."UNE FORET POUR VIVRE” (Documentaire, 45 min., Armeuro Enr.) par le collectif des citoyens d’Esprit-Saint.Des travailleurs forestiers d’Esprit-Saint (comté de Rimouski) font la démonstration du pillage de leur forêt par une compagnie privée et revendiquent un permis d'opération pour leur usine de sciage prête à fonctionner depuis deux ans.21 h45: "LE GRAND REMUE-MENAGE" (Fiction, 70 min., productions de l'Envol) de Sylvie Groulx et Francine Allaire.Deux éternels se disputent et se divisent le monde: le féminin et le masculin.Deux personnages, Gogui, 9 ans, et Champ, 29 ans, confrontent les stéréotypes et les modèles régissant ces deux éternels que la société maintient de force.Ce qui pourrait ne plus séparer les hommes et les femmes.N.B.: Les cinéastes Sylvie Groulx et Francine Allaire participeront à la discussion de leur film.34 “Herrnênegide , Lavoii québécois.lionnier du" ciném: e.' -T , r-" CSS 19h00: "TI-JOS LES COCHONS” (Documentaire, 5 min.) de Gaston Gauvin.Un jeune cultivateur québécois assume péniblement son retour à la terre."DERNIER ENVOL" (Animation, 8 min., ONF) de Francine Desbiens.Un conte sur les amours trop brèves à travers les saisons."HISTOIRE DE PERLE" (Animation, 5 min., ONF) de Ishu Patel.Le recours à la force et à la violence, chez l’homme, est-il inné?20h15 “LES OISEAUX BLANCS DE L'ILE D'ORLEANS” (Documentaire, 30 min., ONF) de Diane Létourneau.Georgianna Audet, paysanne, conteuse et violoneuse de l'Ile d’Orléans, sa fille et une vieille voisine refont la chasse aux oiseaux blancs comme dans le bon vieux temps de l’île.“ON A NOT' QUOTA” (Documentaire, 45 min., Uni.Laval) de Françoise Dugré, Réjean Filion, Claude Gillet, Pierre Marier et Jocelyne Néron.L'analyse assez serrée de la situation actuelle des producteurs laitiers québécois.21 h45: "EN SOL#” (Documentaire, 3 min.) de Richard Lavoie.Des fermiers attendent les clients, au marché, par un petit matin gris d’hiver.Dans une autre place de Québec, des calèches et leurs montures attendent elles aussi.“MISTER MORGAN” (Documentaire, 9 min.) de Richard Lavoie.Un homme, son cheval et ses 18 chiens accomplissent la corvée de l'eau."HIMALAYA" (Documentaire, 6 min.) de Richard Lavoie.Le dôme de neige et de glace aux pieds des chutes de la côte de Beaupré est le rendez-vous des glisseurs, des patineurs, des alpinistes."HERMENEGILDE” (Documentaire, 57 min.) de Richard Lavoie.Le portrait d'un pionnier du cinéma québécois, Herménégilde Lavoie, à travers quelques-uns de ses films tournés en Gaspésie, à Québec, à l'Ile d’Orléans, dans les Laurentides, dans les années 40.N.B.Le cinéaste Richard Lavoie participera à la discussion de ses films.Paule Baillargeon met en scène Le cinéaste Richard Lavoie."Anastasie O .ma Chérie". Samedi 22 avril 19h00: 20h15: "TOCATTA" (Animation, 14 min.) de Michèle Cournoyer.Le rêve musical d'un pianiste du nom de Cari trouvant une jeune femme dans son cahier de musique."L'ENTERREMENT D'ARSENE" (Fiction, 12 min ), Concordia) de Georges Archambault.L'enterrement d'un proche parent éveille les sentiments de Anne, fille aînée d’une famille ordinaire."PIQUE-NIQUE” (Fiction, 24 min., productions Soleil) de Roger Cantin, Danielle Patenaude, Claude Laflamme, Josée Leclerc et Alain Gendreau.Une fable qui veut faire réfléchir sur notre consommation à outrance en Nord-Amérique.“UNE JOB A PLEIN TEMPS” (Fiction, 20 min., CECM) d’André Mélançon.Anatomie d’une dispute de ménage dans une famille de Verdun.Lui est chauffeur de taxi, elle est "épouse, mère et ménagère".Leurs enfants ont 13, 10 et 7 ans.LA SERIE "CHRONIQUE DE LA VIE QUOTIDIENNE" de Jacques Leduc, "A cheval sur l’argent" (Doc., 17 min., ONF) de Jacques Leduc.L’argent qui sert à parier à Blue Bonnets et aussi à payer les années de sa retraite.Le pari continuel de l'argent."UNE CHAUMIERE, UN COEUR” (Doc., 45 min., ONF) de Jacques Leduc et Roger Frappier.La construction d'un bungalow en banlieue de Montréal, une idée fixe pour bien des couples qui visent le bonheur de la classe moyenne.Comment se le payer?“PETITS SOULIERS, PETIT PAIN” (Doc., 34 min., ONF) de Jacques Leduc, Jean Chabot et Gilles Gascon.Des femmes du monde organisent un bal de charité pour payer des souliers à des enfants démunis.Des employés d'usine ont d’autres préoccupations.Deux mondes en parallèle; la bourgeoisie et la classe ouvrière d'ici."LE VENTRE DE LA NUIT” (Doc., 82 min., ONF) de Jacques Leduc, Jean Chabot, Pierre Bernier, Claude Grenier et Roger Frappier.Regard critique sur les activités “extérieurs" de la masse des gens, ce qui se passe le soir durant le week-end.Nos manières de vivre et de se distraire.Pour Leduc, le cinéma doit montrer et discuter la vie quotidienne, celle de tous les jours."UN JOUR ANONYME" (Doc., 26 min., ONF) de Jacques Leduc, Jean-Guy Noël et Jean Chabot.Images-de la vie quotidienne dans un quartier populaire.Aussi des images prises sur une ferme laitière où l’on semble moins "tuer le temps".Les trois autres films suivants de la série "CHRONIQUE DE LA VIE QUOTIDIENNE” seront présentés: "Les chars" (25 min.), "Granit" (30 min.) et "Plan sentimental" (10 min.) de Jacques Leduc et ses collaborateurs.N.B.: Le cinéaste Jacques Leduc participera à la discussion de cette série "Chronique de la vie quotidienne”.Chroniques de la vie quotidienne.Eg 1 it \ Jacques Leduc.35 Les autres films de la Semaine du cinéma québécois D'autres films québécois que ceux programmés pour le "Bellevue” de Jonquière font partie de la longue liste des films de cette semaine organisée aussi à Montréal, à Québec, à Sherbrooke, à Rouyn et à Rimouski.D’autres récents films québécois qui seront présentés de midi à minuit dans d'autres salies.Et aussi des films québécois d’archives produits à l'ONF et à Radio-Canada.On ne pourra pas voir ces films au “Bellevue" pour la raison que l'horaire est plus comprimé ici.Mais vous avez bien le droit de connaître les titres des autres films québécois de "cette semaine".Ainsi, à part les films de l’horaire du “Bellevue", on montrera ailleurs (Montréal, Québec, Rimouski, Sherbrooke) les productions suivantes: “Samedi soir” (41 min., ONF) de François Labonté, "La p'tite violence” (71 min., ONF) d'Hélène Girard, “La psychothérapie par le tarot" (69 min.) de Jacques Marchand, “Traces” (80 min.) de Régis Tremblay, "77 juin" (20 min., ACPAV) de Jacques Cléroux, “Taratata” (10 min., Radio-Canada) de Frédéric Back, "Terre d’occasion" (58 min., ONF) de Claude Grenier, "Mardi gras de la Louisiane” (58 min., ONF) de Robert Audet, "Les héritiers de la violence” (56 min., ONF) de Thomas Vamos, "Le son des Français d'Amérique: le reel des ouvriers" (28 min.) de Michel Brault et André Gladu, “Les bleuets” (40 min.) de Gérald Baril et collaborateurs, “La pêche à fascines" (43 min.) de Lise Cyr et Luciano Benvenuto, "La professionnelle (2 min.) de Pierre Gaudette, "L’âge dort" (28 min.) de Denis Boivin, "Clair-obscur" (10 min., ONF) de Paul Bochner, “Dernière chance du caribou" (28 min., DGCA) d'Armand Dubé, "C'était un Québécois en Bretagne, madame” (57 min., ONF) de Pierre Perrault et Bernard Gosselin, “Châteaux" (6 min.) de Pierre Gaudette, "Harmonie” (10 min.) de Jean-Pierre Payette, "Belle famille" (101 min.) de Robert Tremblay, "C'est pas grave Suzanne” (48 min.) de Suzanne Bouilly, "Sans titre” (12 min.) de Gérard Laniel, “Un gars bien chaleureux" (28 min.) de Roger Boire, “Les récupérateurs” (45 min.) de Bruno Carrière, "Les vieux/l'hébergement” (30 min., UQ) de Daniel Cadet, "La minganie” (28 min.) de Nicholas Kinsey, "Le .château de sable" (13 min., ONF) de Co Hoedeman, "Le facteur” (8 min.) de Louis Dussault, “Léo Corriveau, maréchal-ferrant" (27 min., ONF) de Léo Plamondon et Bernard Gosselin, "Le pain d’habitant" (55 min., ONF) de Léo Plamondon et Bernard Gosselin, "Un jeu dangereux” (18 min., CN) d'André Mélançon, "Monsieur Melambrule” (38 min.) de Marc Voizard, "Monopoly" (50 min., Iskra) de Stanislas Choko, et "Voyage en Bretagne" (80 min.) de Richard Lavoie.6- Financement (1978) VILLES PROJETEES Montréal Québec Sherbrooke Jonquière Rimouski Rouyn-Noranda FINANCEMENT PREVU: SUBVENTIONS Institut québécois du cinéma Conseil des arts DGCA ONF (services) Publicité Recettes nettes TOTAL $15,000.00 15,000.00 15,000.00 5,000.00 5,000.00 15,000.00 $70,000.00 IMPRIMERIE $ 4,900.00 LOCATION DE SALLES ET PROJECTEURS 11,000.00 PUBLICITE 12,250.00 LOCATION DE FILMS 6,000.00 FRAIS DE DEPLACEMENT 3,000.00 FRAIS DE REPRESENTATION 1,300.00 SALAIRES 23,200.00 FRAIS GENERAUX 4,530.00 SOUS-TOTAL 66,180.00 ADMINISTRATION 6% 3,970.80 TOTAL $70,150.80 Mk' 36 LES PRODUCTIONS 'N.'1 PRESENTENT Beausoleil Broussard Vendredi le 28 avril 78 à l’hôtel Le Montagnais, 21h00 Le groupe Barde Au Centre culturel de Jonquière Vendredi le 7 avril 1978, 21h00 Larry Corryel guitariste jazz, blues, rock Vendredi 5 mai 78, 21h00 mmSk Le service culturel du Collège d’Alma LE THEATRE DE L'ATRIUM PRESENTE ENWYE-DONC! PROGRAMMATION DE CONCERTS 1978 18 AVRIL 78: Chant choral Endroit à déterminer 19 AVRIL 78: Solistes La Tourelle Piano, flûte, cuivres, guitare, saxo, clarinette, chant, percussion.20 avril 78: Musique de chambre La Tourelle Ensemble de guitares, percussion, saxo, clarinettes, cordes.21 avril 78: Stage Band et ensemble de cuivres (sonorisation) La Tourelle 25 AVRIL 78: Harmonie de concert André Beaudry Endroit à déterminer SEMAINE CULTURELLE 3 AVRIL 78: Jeunesse Musical à l'Auditorium d'Alma.Di Macio accordéoniste.4 AVRIL 78: A La Tourelle, spectacle de clowns.Chatouille, chocolat et bezom.5 AVRIL 78: Le théâtre de l’Atrium présente "Ènvoye-donc", d’Yvon Lelièvre.13 AVRIL 78: /Festival des films d'horreur.i5-16 AVRIL 78: Foolkmoot Régional au Collège d'Alma Exposition des arts plastiques. L’oeuf ou "argent?Jean-Guy Girard.J’ai choisi d’ouvrir cette chronique un peu comme monsieur “tout le monde” commence sa journée: par un oeuf.Je ne traiterai cependant pas du problème phylo-sophique qui est loin d’être résolu, à savoir ci c’est la poule qui vient de l’oeuf, ou vit c’est vers ça.Même si ce problème s’est encore amplifié, car il est de plus en plus difficile de concevoir que l’oeuf qui est dans notre assiette vient d’une poule et qu’il est à peu près impossible que cet oeuf au jaune délavé génère une poule.J’ai choisi ce sujet car je crois que l’oeuf, même s’il n’est pas au miroir, est le reflet fidèle de la civilisation qui l’a conçu.Le tout remonte à plusieurs années alors qu’en voyage en Afrique du Nord, je fus surpris de la réaction de mes congénères (Américains du Nord) face au traitement que les Arabes infligeaient aux poules.Dans ces pays “peu civilisés”, les poules sont omniprésentes.Attachées par les pattes, vivantes, elles cavalent sur le toit des autobus, après le guidon des bicyclettes ou plus simplement sous le bras des piétons.La raison de ces traitements est simple, c’est que n’ayant pas nos moyens de réfrigération, on se doit de conserver les poules vivantes le plus longtemps possible.Dans nos pays très civilisés on ne leur fait pas subir de pareils traitements.Mais quel traitement leur fait-on subir?Pour le savoir, il nous faut aller chez un des quatre producteurs d’oeufs qui continuent à opérer dans la région et encore ils ne reçoivent les poussins qu’à l’âge d’une journée après qu’on leur aie coupé le bec et la crête et inocculé un certain vaccin.Ce n’est qu’à la vingtième semaine que ces poules deviennent productives.Elles sont alors entassées à trois dans des cages d’environ un pied cube pour les douze mois que durera leur période de productivité.Comme disait un employé d’un des poulaillers: “Quand on les lâche, il ne leur reste plus grand chose sur le dos”.Même un profane peut dire approximati- vement le nombre de mois que les poules ont été en cage d’après le nombre de plumes qui leur reste sur le dos.V' Tous ces changements dans lesquels les poules ne sont considérées que comme des machines, n’ont été pensés qu’en fonction de la rentabilité et de l’efficacité.On m’a assuré à la Chaîne Coopérative du Saguenay, (le plus gros producteur d’oeufs de la région), que grâce à la médicalisation préventive on réussit à sauver de plus en plus de poules, (malgré les conditions débilitantes auxquelles elles sont soumises).Vous prenez donc votre ration quotidienne d’antibiotique et autres médicaments car malgré la réglementation les oeufs médicamentés ne sont pas retirés de la circulation.Pour améliorer les performances des poules on ajoute à leur alimentation, ce que le milieu a convenu d’appeler du “booster”.Il est intéressant de savoir que les producteurs de la région ne répondent plus qu’à 45% de la demande du marché local et qu’ils importent de plus la moulée de l’extérieur.Par quoi ce sont traduites ces améliorations technologiques pour le consommateur moyen?Il est assuré que l’oeuf qu’il achète n’a guère plus d’un mois, même s’il peut se conserver pendant trois mois à température idéale, (aux dires du producteur).Il est assuré de ne pas trouver un poussin quand il casse un oeuf, les poules n’ayant même plus l’occasion de voir un coq.Il est assuré qu’une part de plus en plus importante du prix paie du pétrole, (transport des poules, de la moulée, l’emballage).Il est en plus assuré de sa bonne conscience car il ne verra jamais de poules la tête en bas, (il ne verra probablement jamais de poules), à moins qu’il ne doive un jour travailler dans un abattoir.Au fait, ou vont ces poules quand elles ne pondent plus et qu’elles y ont laissé leurs plumes?On les dirige vers les abattoirs régionaux ou montréalais, entassées à 15 dans des caisses.Elles ne valent naturellement plus grand chose et les propriétaires ne peuvent en retirer guère plus de $0.06 la livre.Pourtant, on paie le prix fort quand elles reviennent dans nos assiettes une fois cuites et encannées, (Esta, etc).Et encore plus cher quand ce sont les nourrissons qui les mangent dans les petits pots pour bébés.Mais comme disait l’autre; “Il faut casser des oeufs pour faire des “hommes lettes”.)=jl La — III Société des Arts HI rfp Chicoutimi Inc.EXPOSITION CERAMISTES: du 7 au 16 avril et Georges St-Pierre, du 21 au 30 avril.pour en être membre.tel.549-3618 Dossier pour un homme ordinaire Depuis janvier 78, à tous les deux vendredis soirs à 22h00, la télé de CKRS diffuse une émission produite par le service régional de “Multi-media”; “Dossier pour un homme ordinaire”.Le titre de cette émission faite dans la région porte à confusion.On s’attendrait à voir défiler au petit écran des spécialistes des questions sociales et économiques nous bombardant de statistiques, de tableaux, de références bibliographiques sur les urgences actuelles telles que vécues par les citoyens ordinaires d’ici.Mais il n’en n’est rien.Pas de sociologues, pas de démographes, pas de “spécialistes universitaires” des questions économiques ne prennent la parole dans cette émission produite par “Multi-Media”.Pour une fois, on donne la parole à un “autre spécialiste” des questions économiques vécues au jour le jour, le citoyen ordinaire anonyme, le travailleur salarié qui vit à son échelle, à sa mesure, les graves problèmes économiques de ces dernières années: l’inflation, la surconsommation provoquée par la publicité omniprésente, l’augmentation du taux de chômage, les fermetures d’usines, les grèves suicidaires, etc.“Dossier pour un homme ordinaire” entend nous fournir le point de vue du travailleur, de celui qui sans budget familial serré ne pourrait pas traverser les caprices de la conjoncture économique actuelle.Le point de vue du “petit consommateur”, le point de vue de celui qui, souvent malgré lui, abandonne “sa force de travail” pour un salaire qui correspond très peu à ses besoins.Ces émissions sont tournées dans le contexte “naturel” de ces travailleurs, de ces hommes et de ces femmes ordinaires.On les voit un peu à leur travail, mais surtout leur témoignage est enregistré et filmé dans leur cuisine, dans leur maison, chez eux, dans “leur intimité” familiale.Bien entendu, la mise en scène (et en situation) est réduite au minimum.On les accepte tels quels, ces travailleurs et ces travailleuses.Ils parlent dans leur langage propre (et figuré.) et traduisent la vie économique actuelle à leur manière.C’est déjà une entreprise généreuse et lucide de donner l’occasion à des gens ordinaires de formuler, par le canal du medium de masse le plus pénétrant, leur conception, leur vision de la vie économique.D’autant plus que ce ne sont pas des télé de masse vouées à l’information publicitaire comme CKRS ou CJPM qui produiraient de telles émissions.A CKRS ou à CJPM, on sort très rarement du studio.On préfère accorder des interviews (le midi) à des politiciens, des sportifs, des visiteurs célèbres, des “personnalités locales”, et à des clients réguliers du poste.Pour prendre la parole dans un poste de télé de masse comme CKRS ou CJPM, il faut souvent payer (la publicité détournée) ou faire partie des “vedettes” de l’actualité locale.On n’a pas l’habitude d’inviter des gens ordinaires, des travailleurs ou des travailleuses, dans un studio de télé de masse, pour “critiquer” le régime économique actuelle.On ne va pas les rencontrer dans leur milieu de travail non plus, et encore moins dans leur maison.S’ils tombent en grève, on ira peut-être.Mais ces gens-là, habituellement viennent au poste seulement lorsqu’ils gagnent le gros lot du “Cinéma de 5 heures”.On peut peut-être reprocher à “dossier pour un homme ordinaire” de flatter dans le sens du poil, les organisations syndicales.Il est vrai que plusieurs travailleurs et travailleuses y témoignant militent dans leur syndicat local.Mais ce n’est pas de leur faute si ces gens-là ont appris à “s’exprimer”, “à voir clair dans leur vie économique” en faisant du syndicalisme, en participant aux assemblées de leur syndicat, en négociant leurs conditions de tra- 5 vail (et de vie quotidienne).En somme, cette émission réalisée par une équipe régionale de cinéastes et de recherchistes prend honnêtement et résolument la mesure du “monde ordinaire”.On prépare actuellement un document d’accompagnement de chaque émission qui indiquera la démarche d’une telle série et donnera aussi les propos des témoins.Radio-Québec semble intéressée à diffuser la série sur son réseau.“Dossier pour un homme ordinaire” indique à quel point, notre télé de masse évacue régulièrement “la parole ordinaire”.Pierre Demers Bienvenue chez Benoit 547-2014 559 ST DOMINIQUE - JONQUIERE 39 Traître à son habit Le dernier article que j’ai écrit pour la revue Focus “Ne sois pas un homme, mon fils”, a provoqué peu de réactions.J’ai reçu une lettre d’une femme et un sourire d’un homme.C’est déjà beaucoup, beaucoup trop pour un traître à son habit.La société actuelle, le système politique et économique actuel, a peu intérêt à rendre compte des transformations réelles que vit la population.Société des pluralismes, elle digère tout, engouffre en son ventre nive-leur tous les espoirs et les désespoirs.Elle récupère dans une prodigieuse mécanique d’absorption et d’assimilation.Nous attendons l’indigestion, nous perçons les outres trop pleines du développement irrationnel.S’il n’y a plus rien, c’est que la poussée prochaine vient d’au-delà de la peur (la grande peur des octobres), d’au-delà des imaginations étroites des raisonneurs du dimanche, c’est que la prochaine montée de la sève humaine si monstrueusement écrasée détrônera les appétits de mort vivante que la machine a inoculé dans nos veines.Le vent doit tourner et l’air se meuvra dans les nourritures de printemps, les ventres épuisés des médecines sociales rejetteront la maladie dans les maisons pourries du confort dominant.L’humanisme pleureur sera la prison des nantis et nous vivrons enfin de maisons ouvertes.S’il n'y a plus rien, c’est que le monde est un désir de sortilèges qui passent le temps, c’est qu’à chaque jour, de concessions en ignorances bienfaitrices, nous dormons dans le sacrilège de nous-mêmes.Peinez, faux délivreurs de vérités-passeports, le circuit ne peut rester intact, la communication n’est pas affaire de lâcheté quotidienne, elle est l’affaire de tous.Peinez, fainéants, la route se morcèle et l'horizon ne peut que renaître.C’est la guerre aux highways qui pointe de nos ongles, c’est le sang maculé des rêves impassibles.Le bonheur est l'opium du peuple: à chacun son petit bonheur, à chacun sa propre conspiration du silence.Le ciment de cette société de pluralisme, c’est justement cette quête personnelle du bonheur.L’échelle de cette société humaniste, c’est le bonheur, c’est ce suçon de cinq sous que l’on nous assassine à chaque jour que le soleil amène.A chacun son bonheur Remets toujours à demain ce que tu ne peux faire aujourd'hui.La ruse des ELLE CONTIENT UNE PROMESSE DE BONHEUR.C'EST SI RARE ICI-BAS.,.marchands de bonheur, ceux qui profitent de la plus-value de la mort quotidienne, c’est de nous laisser choisir notre bonheur, non pas l’inventer.Jusqu’à maintenant, notre invention n’a pas dépassé le stade du plaster.Le mot de passe de la société pluraliste, c’est: “L’as-tu ton bonheur!” La ruse suprême, qui remplace avantageusement la peur des Russes, des Chinois, des Juifs, des Arabes, des Noirs, des Anglais, des., c’est d’avoir donné la vie comme une loterie, un gros bingo dont le hasard est la clé.Il ne reste alors plus qu’à proposer la religion, ou encore mieux la “réincarnation”.A chacun son bonheur.“Il faut souffrir pour être beau”, disait Tristan (le Tristan d’Iseult) dans l’éplorable mascarade de la fuite vers la vie .et la connaissance.Le bonheur se propose donc sous deux formes ou formules: le p’tit bonheur et le grand bonheur.Le p’tit pour ceux qui sont nés pour un p’tit pain, et le gros pour ceux qui sont nés pour une grosse peine.De toute façon, le tout peut être expulsé lorsque le propriétaire décide de ne pas renouveler le bail! On peut même en venir à désirer ce petit pain et cette petite peine, comme un petit char elle nous garde plus près de la route, de la terre.On vire dans sa boîte comme un openeur autour de la canne, comme un dentier dans son verre d’eau.O Steinberg, qui êtes de notre côté Donnez-nous aujourd’hui notre viande avariée Pardonnez-nous de ne pas vous avoir offensé Laissez tomber sur nos enfants le sang de notre génération Steinberg, Cotroni, Desmarais, la sainte Trinité qui est apparue au mont St-Bruno, enveloppée dans les dollars de l’oncle Sam, bercée au son des Beach Boys du Parti québécois, nous vous remercions de nous exploiter, de nous permettre de nous compétitionner, de nous diviser sur la table du veau d’or Amérique.Thank you papa pour le missionnaire Bré-beuf qui compose pour l’ensemble Claude Gervaise.Thank you papa pour le folklore nostalgique des anciennes tueries d’indiens.Thank you papa pour la grosse Mol qui nous gerce entre les dents.Thank you papa pour les PIL, CAT, qui nous confinent aux soupirs de l’espoir.Thank you papa pour le CRD, la GRC, la SQ et le BELL.Thank you papa pour ma cravate et mon blouson bleu Vierge Marie.Thank you papa pour les racks à viandes de l’UQAC.Thank you papa pour les 14 soleils de Mi-Ami.Thank you papa pour les autoroutes de la mort-GM.Thank you papa pour les corridors-banlieues.Thank you papa pour la ville Saguenay Moyen-Nord.Thank you papa pour mes thank you.A chacun son bonheur dans l’illusion des désirs de pierre.Les solitudes sont nos royaumes; sur les grèves irritées, les appels des bateaux disparus sont des promesses ivres et tourmentées.Les regards des masses dans le métro (la ville Saguenay prévoit son métro, de là la paresse du transport régional), c’est le chant des supplices quotidiens filant sur la 170.Il n’y a pas de musique moderne, il n’y a que des cadences, que le rythme des cadences, sur un air de.un tien vaut mieux que deux tu l’auras.A chacun son bonheur.A chacun sa bonne heure.Jocelyn Pagé 40 “Le cinéma québécois et son langage” “Je suis écoeuré de voir des films québécois qui parlent jouai et qui sacrent.” Voici une réflexion que passe habituellement le spectateur moyen de cinéma au Québec.Il voudrait sans doute que les comédiens québécois de son cinéma parlent comme dans les films français ou encore, comme les comédiens américains doublés par les comédiens français, dans les films hollywoodiens traduits.Mais si ce spectateur québécois moyen réfléchissait deux minutes à son affirmation, il se rendrait compte qu’elle ne tient pas debout.Ce n’est pas son cinéma, ses comédiens, qui parlent jouai, qui parlent québécois, qui sacrent, c’est sa société toute entière, le milieu quotidien dans lequel il vit, respire, parle.C’est lui qui parle jouai, bien souvent, et qui sacre plus souvent qu’à son tour.Et si ses films québécois utilisent un autre langage emprunté à un autre cinéma, à une autre société, ils finissent par parler tellement faux, à dire de telles âneries, que plus rien ne marche dans ce cinéma-là.Je me rappelle une réplique d’un personnage chicoutimien, dans “Carnaval en chute libre” , réalisé par Guy Bouchard, à Chicoutimi, en 1965.Le personnage en question, un don juan local du samedi soir, invite une fille pour danser dans un cabaret à la mode (“Le Manoir Clairval”.).Et comme c’est en pleine période de Carnaval-Souvenir, il lui lance l’invitation suivante, tout droit sortie d’un film de Le-louch ou de Truffaut: “C’est un endroit charmant, on y boit un caribou du tonnerre.”.La réplique en question prononcée par un petit bourgeois de Chicoutimi, en 1965, ne passe pas.Ca sonne tellement faux dans un film comme “Carnaval en chute libre”, qu’elle résonne durant tout le reste du film.D’autant plus que les autres personnages de ce film, surtout les filles “libres” d’un certain âge utilisent un langage emprunté, forcé, inhabituel, qui ne passe que très rarement l’écran.Le “problème” du langage québécois, au cinéma, reste une affaire de niveaux de langage.Comme le cinéma emprunte à la vie quotidienne, vécue, sa vraisemblance, sa “crédibilité”, il devient difficile de tricher avec de tels critères.Une oreille le moindrement avertie décèle tout de suite les dialogues faux dans un film québécois.Dans notre cinéma, la norme du français international ne tient pas.Si on tente de faire parler les gens de l’Ile-aux-Coudres comme des paysans français ou encore comme des Parisiens, on se retrouve en pleine comédie-bouffe.J’imagine “Hauris Lalancette” dans “Un royaume vous attend” de Bernard Gosselin et Pierre Perrault se forcer pour “bien parler”.Ce serait impossible pour lui de suivre son élan naturel, son ton de gros parleur en colère.C’est certain que pour les spectateurs français ou belges, les comédiens et les personnages des films québécois sont difficiles à suivre.Leur niveau de langage est particulier.Ils ne comprennent pas tout ce qu’ils disent.Puis, après?Qu’est-ce que ça peut bien faire.S’ils veulent vraiment tout saisir, les nuances de notre langage populaire, ils n’ont qu’à se payer des copies sous-titrées de notes explicatives.Ca se fait, dans d’autres cinématographies.Quelques films québécois ont été sous-titrés lors de leur sortie en France: “Pour la suite du monde” de M.Brault et Pierre Perrault, “La maudite galette” de Denys Arcand, “L’eau chaude, l’eau frette” de André Forcier.Ces trois films proposent des repères précis pour évaluer les possibilités d’expression du langage populaire québécois.Les navigateurs de Charlevoix, les bandits de la petite pègre montréalaise et les chômeurs de la rue St-Laurent parlent québécois à leur manière.Il faut les faire parler comme ils parlent habituellement quand on les filme, ou quand des comédiens parlent à leur place.C’est une simple question de “conformité à la réalité sociale et historique d’un pays donné”.Sinon, le film ne passe pas.Et ce sont les spectateurs québécois, les premiers, qui s’en rendent compte et trouvent ce cinéma-là “indigeste”., pour ne pas dire “trompeur”.Deux exemples récents débouchant sur la scène internationale, montrent que le cinéma québécois conforme à son langage parlé authentique peut connaître une forte audience dans les autres pays francophones et non francophones.A New York, comme à Paris, à Toronto comme à Rome, le film de Claude Jutra, “Mon oncle Antoine” et celui de Jean Beaudin, “J.-A.Martin, photographe”, ont connu beaucoup de succès.Ces deux films parlent un langage populaire, québécois, sans excès du côté du jouai ou du côté du français international.Quand Jean Duceppe dans “Mon oncle Antoine” prend sa brosse des Fêtes, il parle en québécois, tout comme Marcel Sabourin quand il discute fort avec Monique Mercure dans “J.-A.Martin, photographe”.Ce langage-là, est conforme à la réalité d’ici, du premier au dernier plan.Mais moi, j’aurais tendance à dire que ce sont pourtant les documentaires québécois qui donnent la parole au peuple d’ici qui révèlent davantage la richesse de notre langage parlé.A ce titre, il faut écouter attentivement tous les films de Pierre Perrault, de Bernard Gosselin, de Michel Brault, de Maurice Bulbulian, d’André Gladu et de beaucoup d’autres.Décréter qu'il faudrait passer tous les films québécois au tamis du français international pour améliorer la qualité de notre langage parlé et mieux répondre au marché international, ce serait du même coup, réduire à néant l’originalité du cinéma québécois reconnu comme étant essentiellement un cinéma de la parole d’ici.A moins de faire comme Denis Héroux et Jean-Claude Lord, deux cinéastes commerciaux québécois qui veulent tourner leurs films en anglais, pour déboucher plus vite sur le marché international.La solution du cinéma québécois n’est pas là.Si l’on décidait de monter tous les films québécois, dans les salles commerciales du Québec, régulièrement, pour que son large public les voit et les entende, ces films qui parlent québécois, il finirait par y prendre goût plus vite que l’on pense.Pour l’année du français, pourquoi ne pas montrer les films québécois qui parlent le langage d’ici, dans les salles de tout le Québec?Ce serait un commencement.PAR PIERRE DEMERS 41 Lorsque les pouvoirs établis s’essaient à lire, il en sort toujours de la connerie.Les gens en place sont des drogués de la connerie.Pour eux, une journée sans connerie est une journée sans soleil.Ce ne sont pas des pieuvres, ce sont des crabes, ils nagent en eau trouble et leur vitesse de croisière est aussi lente que leur vue est mauvaise.Où il est écrit os, ils y voient danse obscène; où il est écrit plaisir, ils y voient matière à légiférer.Non, les cons1 n’ont jamais raison, surtout pas quand le printemps s’en vient.Ils ne peuvent pas l'arrêter.Hypothèse numéro 1: Les cons sont des robots camouflés en êtres humains.Cette hypothèse apparaît très valable, et justifierait qu’ils aient fabriqué autant de bombes atomiques.Hypothèse numéro 2: Les cons sont des chiens policiers déguisés en humains.Hypothèse non moins valable puisqu’ils mangent comme des porcs (excusez-moi! gentilles bébêtes d’une si injuste comparaison), surtout la viande avariée des St-Hubert, MacDonald’s.Hypothèse numéro 3: Les cons sont des refoulés sexuels.Cette hypothèse a même d’ailleurs fait l’objet d’une thèse de la part d’un des leurs à l’Institut de psychanalyse de Vienne.C’est d’ailleurs cette hypothèse que je retiens puisqu’en général, les cons ont une bite autour du cou, quand ce n’est pas une bite-revolver sur l’épaule, se bandant au son des marches militaires.Tout ceci pour dire que l’excellent livre de Kamil Lavoie L’homme du dedans.et du dehors a été interdit pour obscénité dans les écoles secondaires.Peut-être, les censeurs pensent encore que les étudiants croient au chou et à la cigogne.Messieurs, votre répression nous vous la ferons manger avec votre cravate! J.-P.1 - Con n’est pas employé au sens concret.Pour ce faire, j’utilise toujours d’ailleurs le mot vagin.Voici la lettre de Kamil Lavoie: A tous les intéressés et amis OBJET: Je suis un auteur proscrit! Monsieur, Madame, Par la présente, je dénonce le fait que la Commission scolaire régionale Saguenay a mis mon volume, “L’Homme du dedans.et du dehors” à l’index dans toutes les écoles secondaires.C’est un acte des plus rétrogrades pour notre époque moderne et la preuve que notre région est vraiment “périphérique” dans tous les sens du mot.Comment voulez-vous qu'un auteur régional soit motivé à produire et à demeurer dans notre beau royaume où les coupeurs de tête et les vampires littéraires montrent les dents au nom du conformisme et de la dictature morale ancienne servie à la moderne, avec une pincée de duples-sisme attardée.Pour une fois, un auteur avait la chance de se faire connaître et de réaliser un progrès certain dans sa perception littéraire et économique, en engageant un dialogue direct avec ses lecteurs (conférence dans les classes) et aussi de faire profiter de son expérience à ces mêmes élèves en tant qu’auteur et en tant qu’homme.Voilà la véritable pédagogie! Mais non! Trois ou quatre parents, à la seule vue du mot masturbation, ont pris panique en faisant proscrire mon oeuvre par la C.S.R.S.D’ailleurs, le mot mastur- bation a un double sens dans mon volume, un double, sens que les élèves du secondaire V saisissent mieux que bien des parents.Que font ces mêmes parents et ces dirigeants de la C.S.R.S.devant le Racisme, la Pollution, l’Exploitation et la Dégradation que je dénonce dans ce volume.Que font ces “adultes” devant la pornographie envahissante et diffusée par des moyens extrêmement plus efficaces qu’un simple livre à tirage limité.L’érotisme a sa beauté lorsqu’il est employé dans son sens le plus noble et non pas avec des préjugés religieux et encore moins avec des idées et des scènes d’une vulgarité et d’une bassesse à vous provoquer au viol et au crime.Donc, je m’élève et je proteste contre cette forme de racisme littéraire ou plutôt religieux dont souffre notre région et je demande votre appui dans ma démarche pour faire annuler cette interdiction qui est complètement déphasée à notre époque.Après tout, Beaudelaire est mort! Pas besoin d’en avoir un deuxième.KAMIL LAVOIE LE TEMPS FOU -erp- ffîWiiâ Page 4 Le Temps Fou (la revue) arrive, mais on sait bien que le temps est fou depuis longtemps.Page 5 POUR Y VOIR CLAIR.Christian Lamontagne.42 En 1970, la génération qui avait participé aux grandes contestations des années 60 s’est retrouvée dépourvue à mesure que les systèmes en place affrontaient puis intégraient et désintégraient les contestations.Dix ans plus tard, c’est-à-dire aujourd’hui, rares sont ceux et celles qui ont encore gardé l’espoir d’un changement qui les faisait descendre dans la rue autrefois.La situation apparaît critique mais pour des êtres qui n’ont jamais cessé de nourrir l’espoir de changement, la crise idéologique déclenchée par l’effondrement de l’édifice théorique qui justifiait et rationalisait les révoltes premières n’a fait qu’engendrer une autre recherche, difficile, courageuse et souvent décourageante, de nouvelles affirmations.Aujourd’hui, nous ne possédons plus de vérités articulées les unes aux autres et formant une belle “grille d’analyse” pour interpréter le monde et le refaire.Nous n’avons plus qu’une somme d’expériences, de connaissances partielles et, peut-être, une bonne dose d’humanité en plus.Et nous savons.Page 9 LA VRAIE PAUVRETE DU CENTRE-SUD.Jean-Guy Lague.Durant le dernier quart du XIX siè-cje, notre quartier était le coeur de Montréal des Canadiens français.Et nous savons.Page 19 Lettre de Prison de Francis Simard.Allô Louise, je suis physiquement fatigué.Pour qu’il n’y ait plus de gardiens, ni de prisonniers, il faut que les prisons disparaissent.chacun redevenant des “hommes”.et pour qu’il n’y ait plus cette relation d’esclavage homme/femme, c’est toute la société/prison qui doit disparaître chacun redevenant des “êtres humains” à part entière.le sexe n’étant plus raison d’une relation de dépendance.Je t’envie d’être une femme, d’être du “côté” d’où va venir la liberté.et j’ai une drôle de sensation de me découvrir “objectivement” du côté “des gardiens”.et peut-être que mon incapacité à bien comprendre/sentir tout ce que tu m’as dit sur ta situation de femme vient-elle de ce refus d’admettre cela.de comprendre cela.comment être “avec” toi.?.je reprends mon moral.et je t’aime.je t’aime.Je t’aime Francis 7195 Et nous savons.Page 25 ENTREVUE PAR LOUISE VAN-DELAC AVEC CLAUDIE BOYELLE .la lutte contre la division du travail en Chine vise moins l’acquisition pour les ouvriers de ce qui avait été jusqu’à présent le privilège des intellectuels, que la neutralisation, la dévalorisation des intellectuels, qui représente une menace pour le parti.Et nous savons.Page 29 LE MOUVEMENT DES WAN-DERVOGEL: Allemagne 1920, John de Graff.“J’ai eu le privilège de marcher avec des jeunes d’un autre monde.apôtres d’une vie nouvelle pour les jeunes comme pour les vieux.leur esprit fera disparaître l’ancien monde avec sa méfiance, son égoïsme et sa haine.” Stanley High.“The Revolt of Youth”, 1923”.Et nous savons.Page 40 ITINERAIRE.Pierre Duquette.J’ai donc grandi en subissant une très forte pression.J’avais à fournir un effort considérable pour arriver et ces efforts n’étaient pas payés de satisfaction: j’aurais toujours pu faire mieux.Et je suis encore pris avec ça: j’aurais toujours pu faire mieux.Des ambitions démesurées, la conviction de ne pas pouvoir répondre aux attentes.Alors l’enfance et l’adolescence ont été pénibles, tendues carrément malheureuses.J’aurais eu besoin de présence, d’attentions, de doux moments à me faire bercer tranquillement.On me donnait les travaux forcés.Et nous savons.Page 54 Je partirai sur la pointe des pieds Comme si de rien n’était J’partirai comme un pet Sur une toile cirée bien Alexis Lefrançois Et nous savons.Page 57 CHILI con CARNAGE .La camionnette, précise le document, commence par écraser les pieds des détenus puis passe sur leurs jambes et fina- lement sur tout le corps.L'emprisonnement dans un tonneau vide fermé dévalant un plan incliné.Le “téléphone”, qui consiste à frapper en même temps les deux oreilles.La technique dite de “lora” où la victime subit un “massage” sur un lit métallique électrifié.Et surtout nous savons.Page 8 .LA REFLEXION SPIRITUELLE demeure souvent le seul domaine où les humains peuvent se reconnaître comme des êtres non-vendables, non-exploitables, non-aliénables.D’où son importance.Christian Lamontagne.Le TEMPS FOU est édité par le COLLECTIF DE RECHERCHE ET D’INFORMATION SOCIALES (CRIS) une corporation sans but lucratif.Les membres de la corporation sont les individus qui défraient, après acceptation par les autres membres de la corporation, la cotisation annuelle de CENT dollars servant au fonds de roulement.Daniel Bouchard, La Libr.Coop.Populaire, Alma.43 Livres, bouquins, paroles d’ici et d’ailleurs “SAGNE 1858-1950”, album de photos historiques recueillies et présentées par le Groupe de photos historiques, Chicoutimi 1978.Les photos d’hier que les membres du Groupe de photos historiques ont choisies et publiées dans cet album de famille régional appartenaient en majorité à la collection de photos de la Société historique du Saguenay.C’est un choix que les photographes du groupe ont fait en tenant compte de leur goût personnel pour ces vieilles photos d’hier évocatrices d’une époque révolue.Le travail d’impression exécuté par les travailleurs de l’Imprimerie du Progrès est remarquable.Nous rêvons tous de voir nos photos préférées ré-imprimées dans de telles conditions.Ce que les membres du Groupe de photos historiques ont fait, il fallait le faire.Etant eux-mêmes des photographes, ils ont voulu identifier le patrimoine photographique régional, connaître un peu mieux les pionniers de la photo, ici, découvrir ce que les autres photographes de la région ont fait avant que la photographie devienne “un sujet sérieux” même pour les revues culturelles.Mais, une fois le charme des photos historiques passé, une fois qu’on contrôle mieux l’envoûtement provoqué par un tel album de souvenirs individuels et collectifs, il reste un autre travail à compléter pour que toutes ces photographies d’autrefois gagnent encore en signification.C’est tout le travail de recherche historique de l’origine de ces photos (et des autres collections non encore connues comme celles de l’Alcan, de la compagnie Price, des organismes, des municipalités, des photographes professionnels de la région, et des familles régionales) qui reste à faire.Les membres de “Photos historiques” l’ont à peine amorcé.Il ne faut pas oublier que sur les 130 photos reproduites dans “Sagné (1858-1950)”, environ 80 ne sont pas identifiées.Et sur celles qui sont identifiées, les informations semblent souvent limitées.Une recherche historique systématique sur le patrimoine photographique régional devra comporter une identification plus précise des photos d’hier, des biogra- phies les plus complètes possible des principaux photographes qui ont oeuvré dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean (et aussi de ceux qui venaient y prendre des séries de clichés comme les Livernois de Québec, les Notman de Montréal).Je sais que les membres du Groupe de photos historiques n’avaient pas l’intention première de faire ce genre de travail historique.Ce qui les intéressait, c’était de révéler, par des expositions et par la publication, la richesse des vieilles photos de la région.Mais à mon avis, cette “vraie” recherche historique aurait peut-être davantage servi la réputation des photographies régionales d’autrefois.Quand on parcoure un album comme “Sagné 1858-1950”, on veut tout de suite en savoir plus long sur lés photos, sur chacune d’entre elles, on voudrait des informations abondantes sur le sujet des photos, sur leur origine, les différents photographes qu’on considère comme les pionniers de la photographie au Saguenay-Lac-Saint-Jean, et même des précisions sur le travail des photographes d’hier.Il faudra, bientôt, compléter ce que les membres du Groupe de photos historiques ont fait.Ils ont su découvrir et faire partager la chaleur, l’intimité de nos photos d’autrefois.11 faut maintenant entreprendre une histoire systématique, détaillée, minutieuse de la photographie dans la région.Pour savoir, entre autres, son origine “artistique” et commerciale, identifier ses principales collections, ses conditions techniques et la liste de tous les photographes qui, ici, ont exercé souvent dans l’anonymat ce métier devenu moyen d’expression.Ces remarques n’enlèvent rien à la fascination de l’album “Sagné 1858-1950”, tout au contraire- Pierre Demers “CINE-PRESSE”, bulletin du Service de l’information et de la promotion de l’Office national du film, boîte postale 6100, Montréal, H3C 3H5.Deux numéros déjà sont parus de ce bulletin d’information des activités de l’ONF.On y trouve la liste détaillée des nouveaux films, des informations sur la carrière commerciale ou parallèle de ces productions onéfiennes, et aussi des nouvelles des bureaux régionaux de l’office comme celui de la rue Jacques-Cartier de Chicoutimi.C’est un bulletin qui a comme seule prétention de rendre service à ceux qui utilisent habituellement les productions de l’ONF, à ceux qui pensent que l’ONF ne produit pas seulement des films de commande pour les ministères fédéraux.Ceux qui fréquentent les bureaux régionaux de l’ONF y dénicheront des indications pour suivre de plus près les derniers nés de l’ONF.Et vous n’êtes pas obligés de retourner le bulletin pour lire en anglais les nouvelles du secteur anglophone du National Film Board of Canada.Pierre Demers La revue “DERIVES” (Tiers-Monde, une nouvelle conjoncture culturelle), nos 10-11,1977, Québec: convergences/divergences.Ce dernier numéro de la revue “Dérives” a été préparé par un groupe de créateurs de la ville de Québec.Des poètes, des conteurs, des cinéastes, des artistes, la nouvelle génération qui vit à Québec y publie des textes conformes et non-conformes au goût littéraire québécois.D’abord des textes d’écrivains qui collaborent à des revues littéraires québécoises (“Estuaire”) et montréalaises (“Liberté”, “La barre du jour”) etqui ont choisi délibérément d’écrire à Québec envers et contre tous les courants.Quatre noms d’animateurs et de poètes qui sont aussi des générateurs de petits mouvements et manifestations littéraires sympathiques à Québec même: Geneviève Amyot, Pierre Laberge, Francine Saillant et Jean Tourangeau.Et aussi deux témoignages de jeunes créateurs du cinéma (“la fabrique de films de Québec”) et des arts plastiques (“la Galerie Comme du quartier St-Jean-Baptiste”) intervenant toujours dans la ville de Québec.44 iti «Il itts a» : ft ; 9S sent usé IF* sii 11 » j III!' ini 4' ipji i « !«• Ik Ik ft » ft K) »¦ is.eft- iisi IflS :«• ft (S li® ft iii Jlf De plus en plus, des créateurs de Québec veulent pratiquer leur écriture, leur cinéma, leurs arts plastiques, leur musique, leur théâtre (plusieurs jeunes troupes de Québec auraient pu intervenir dans ce numéro de “Dérives”) à Québec même.En décidant surtout de ne pas monter à Montréal pour “percer”, pour “assumer mieux leur pratique artistique”.Ce numéro de “Dérives” nous donne la chance de vérifier les travaux de ces jeunes artistes de Québec qui commencent à comprendre qu’on doit interveniroù l’on se trouve, à un moment donné.La leçon devrait servir à des gens d’ici.A quand un numéro double de “Dérives” animé par des créateurs de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean?Pierre Deniers La revue française “ROCK e FOLK”, no 129, Octobre 1977, “Elvis 1935-1977”.Entre les publicités de guitares électriques, les entrevues et les chroniques habituelles sur papier très glacé de cette revue française d’information et de commentaire vouée au culte de la musique rock et folk, juste pour tenter d’oublier et de faire pâlir de honte tous les commerçants, les vautours, les rapaces, les publicistes, les postes de radio et de télé privées et d’Etat (Radio-Canada s’est même payé un “Di-manshesoirelvis minable), les vendeurs de disques piqués comme K-Tel, les faux chanteurs comme Farago, les revues cheaps spécial Elvis publiées deux heures après la mort du “King” (comme dirait Johnny.), tous ces violeurs de tombes et de réputation, tous ces profiteurs qui trouvaient Elvis “colon” avantqu’il meure, il faut regarder la série de photos noires et blanches d’Elvis prises en 1957 par un photographe américain du nom d’Alfred Wertheiner lors d’une tournée du chanteur.23 photos qui restituent l’époque d’Elvis.Hommage digne de “Rock e Folk”.Pour oublier le cirque des vautours.Pierre Deniers .ri Entraide Economie du.Québec L’Entraide Economique est un véritable mouvement coopératif.Les vingt-cinq personnes qui, en 1960.sous la présidence de M.Jacques Gagnon, ont fondé l’Entraide Économique, voulaient en faire un mouvement de la base.Cette volonté ne s’est jamais démentie par la suite L’Entraide Économique est un mouvement coopératif dans son sens le plus complet.Vouées au développement d'une région par les épargnes de cette région et oeuvrant actuellement dans 60 comtés du Québec, les caisses utilisent tout le potentiel de la coopération.Elles sont régies par la loi des caisses d'épargne et de crédit et la loi des caisses d'entraide économique et structurées de façon classique avec conseil d’administration, de surveillance et commission de crédit.Les membres participent aux opérations de la caisse et les décisions se prennent au sein des commissions et du conseil d'administration.Devenir membre aujourd'hui d'une caisse d'entraide économique c'est participer activement au développement de votre région sur une base vraiment coopérative.Toutes les caisses d'entraide économique ont toujours payé depuis leur fondation.10% ou plus d'intérêt annuellement 45 Dans les coulisses d’une exposition secrète Le 24 février dernier avait lieu à l’Université du Québec à Chicoutimi, l’exposition des étudiants du module des ARTS.Il semble que cette exposition ait créé certains remous chez les étudiants surtout au niveau de la sélection des oeuvres présentées.Focus a cru bon de présenter dans cette chronique, des textes d’étudiants qui étaient en circulation lors de l'exposition, qui, disons-le, n’a pas été couverte par les media d’information écrite régionale.Le malentendu et les conflits qui se font présentement sentir à l’intérieur du module d’arts plastiques de l’UQAC sont profondément liés à la méconnaissance totale d’une des fonctions de l’art: un agent de transformation de l’homme et de la société.Problème A: Inexistence de la sélection dans le choix des étudiants.Lors des demandes d’admission pour le BAC en enseignement des arts plastiques, une bonne sélection éviterait la présence inopportune des étudiantes et étudiants qui se sont inscrits dans le but soit d’apprendre à décorer leur maison, soit dans l’espoir d’y suivre une thérapie de nombril.Problème B: Absence de pensée directrice.L’absence de pensée directrice a rendu impossible une cohérence entre les cours.La pensée pédagogique parfois diverse ou tout simplement inexistante explique le manque de coordination entre les cours: ce qui se fait dans le cours x est soit détruit ou contredit par le cours y.Répondre à cette situation que l’étudiant est le seul responsable de sa propre cohérence s’avère alors avouer que l’université n’est pas ce lieu de travail collectif et d’échange d’information qu’elle prétend être; cela revient à démontrer que la course au diplôme oblige la plupart des étudiants à travailler de façon isolée, comme cette image attardée de l’artiste dans sa tour d’ivoire, dans sa tour d’angoisses à $20,000 le pied carré.Problème C: Le décalage entre l’enseignement et la réalité.Le système pédagogique — de l’UQAC et d’ailleurs —crée un décalage malsain entre l’étudiant et la réalité.Ce que l’on nous enseigne est très loin des besoins de notre société et de notre époque.Ce système pédagogique manque d’enracinement dans le réel.Que certains professeurs cessent donc de considérer leurs cours comme des lieux d’activités de loisirs où l’étudiant est gentiment amené à parfaire sa personnalité à travers d’agréables et surtout jamais contredites démarches “zartistiques”.Pour eux, tout est bon, l’important étant de flatter des bédaines pleines.Il existe présentement des centres culturels et de loisirs qui vous permettraient de promouvoir un enseignement romantique de l’art qui, ici à l’UQAC, nous aliène et retarde notre apprentissage.L’absence flagrante, chez certains professeurs, d’esprit pédagogique et de psychologie est un handicap inacceptable dans ce métier.Problème D: Le Bac en enseignement n’excuse pas la médiocrité.Un étudiant enregistré dans un programme Bac en enseignement se doit, puisqu’un jour ou l’autre il sera amené lui aussi à former d’autres élèves, de posséder une formation adéquate.Il devrait donc suivre un enseignement de même calibre qu’un étudiant en Bac en arts (cours présentement inexistant à l’UQAC), enseignement qui saurait être une provocation à la recherche, à l’audace et à l’imagination.Tous les étudiants enregistrés dans un programme touchant les arts plastiques devraient suivre, en vue de développer un sens critique, un cours d’histoire de l’art contemporain.Comment se fait-il qu’il y ait si peu d’étudiants au cours d’histoire de l’art contemporain II?Manque d’intérêt?D’informations?Problème E: Manque de locaux adéquats.Le manque de locaux adéquats et l’absence d’orientation donnée par la di- rection limitent les démarches de certains de nos professeurs compétents.L’exemple du local de sculpture est assez typique pour illustrer ces propos: les sculptures sont littéralement entassées les unes sur les autres.Petit historique du burlesque.Elus à l’assemblée générale, cinq étudiants ont reçu le mandat de sélectionner des oeuvres en vue de l’exposition d’aujourd’hui.En bonne et due forme ce comité prit soin, par souci démocratique, d’afficher les critères de sélection qu’ils avaient choisis et ce, à la vue de toutes et de tous.Personne nes’y objecta, sice n’est lors de la réception des résultats où certains décidèrent de s’y opposer: de là une exposition parallèle.Exposition numéro 1: présente des oeuvres calmes et inoffensives exécutées avec un grand souci technico-esthétique, question de donner un souffle neuf à la région.Il est toutefois dommage qu’elles aient le goût amerde celles qui s’inscrivent dans les chemins contaminés du “Market-ting des Zarts”.Exposition numéro 2: présente des oeuvres qui furent pour la plupart refusées par le comité de sélection que les étudiants avaient eux-mêmes élus.Mécontents des résultats pour différents prétextes, mais surtout choqués de voir leurs oeuvres ainsi refusées.Se sont-ils rassemblés pour nous dire gentiment que l’art c’est l’art et que l’art c’est beau parce que c’est l’art?Veulent-ils nous revendiquer leur droit d’être des Zartistes zé membres de la Grande Confrérie du Marketting des Zarts?SANS S’EXPOSER Bienheureuse de l’inconscience étudiante, il y a la DIRECTION, mal nourrie par les subventions gouvernementales, qui profite de cette belle publicité en vue de son prochain recrutement étudiant.La présentation de jolies et inoffensives belles choses saura lui valoir une crédibilité budgétaire . mise à l’intérieur d’une université qui regroupe des idées et des formes qui ne peuvent être catégorisées en raison même de leur diversité.Le fait d’être une contrepartie nécessite des justifications pour mieux étayer notre intervention.C’est pour cette raison que nous vous soumettons nos travaux.Certes, un texte aurait peut-être suffi, mais les idées ont besoin d’être concrétisées beaucoup plus que par des mots.Ce bref intermède graphique a pour but, non de nier, mais de saisir et de modifier si possible les bases d’une telle exposition.Le statut d’étudiant de première année pénalise encore certains de nos confrères, ce que nous jugeons déplorable.Nous ne sommes que trois en raison de la rapidité de notre décision.Nous ne contestons pas.nous déplorons.André Maheux, Denise Lapointe, Jean-Pierre Gilbert.NON, L'AVENTURE COLLECTIVE N'AURA PAS LIEU! Sacraliser des oeuvres d’art plutôt que l’émission Les Berger n’est rien d’autre qu’une sacralisation — à chacun son aliénation.Les deux expositions partent de démarches destinées aux galeries ou aux musées puisque somme toute, elles ne sont opposées que pour une question de goût, et le goût comme dirait La Palice, est relatif.Nul n’effleure la problématique dans laquelle s’enlise les artistes de notre époque: l’art peut-il être un but en soi?A quoi et à qui sert l’art?— “Les universités cools laissent parfois aux étudiants eux-mêmes le droit de définir les conditions du processus de régulation destiné à en faire de bons éléments constructifs de la société; c’est-à-dire, pour être clair, que les policiers envoyés pour empêcher en 1968 l'autogestion des universités par les étudiants (travailleurs de l’usine universitaire: horaire de travail dispersé, salaire-prêt-bourse de crève-la-faim, conditions de travail inadé- quates — locaux, blessures —répressions intellectuelles prime — carotte du diplôme.), nous disions donc que ces policiers sont maintenant choisis parmi les travailleurs intellectuels de l’université.Dans cette optique, la démocratisation de l’université correspond aux transformations de l’industrialisation technologique; les universités démocratiques servent donc de terrain de transition d’une classe sociale à une autre.” — Monique Major Il est étrange de constater tant de dissidences au sein d’une même exposition.C’est de ce point de départ que nous est née l’idée de créer un espace médiant entre deux corridors qui ne s’entendent pas.Nous ne voulons pas être une sphère de rapprochement, non plus une occasion de mésentente supplémentaire entre les deux partis.Sans contester radicalement les moyens utilisés, nous ne les trouvons pas moins fort discutables et de bien peu de Le 8 mars: Journée internationale des femmes Nous ouvrons aujourd’hui une chronique sur les femmes.Un court sondage fait à CHOC-MF sur le pourquoi du 8 mars, Journée internationale des femmes, nous a démontré l’ignorance des hommes et des femmes face à cette journée historique.Nous croyons que le système dans lequel nous vivons a tout intérêt à diviser les forces (les ouvriers entre eux, les hommes des femmes, les enfants des parents, etc.) en les gardant dans l’ignorance.Nous voulons que cette chronique permette aux hommes et aux femmes de mieux comprendre leur passé, leur vécu quotidien et leur avenir.Ainsi, nous aimerions permettre à plusieurs femmes d’écrire dans ces pages, puisque l’information que nous possédons n’est sûrement pas la seule à diffuser.Communiquer donc avec nous.C’est en 1911, à Copenhague, au Congrès de la deuxième internationale communiste, que Clara Zetkin, une dirigeante du Parti socialiste allemand, fait approuver une résolution présentée par des militantes américaines, proclamant le 8 mars Journée internationale des femmes en souvenir de la violente grève des travailleuses du textile de New York.En effet, le 8 mars 1857, dans le Lower East Side de New York, des travailleuses du textile et du vêtement manifestaient contre la journée de 12 heures, les bas salaires et les mauvaises conditions de travail.Quand le défilé sortit des quartiers ouvriers pour se diriger vers les secteurs plus riches de la ville, la police intervint en attaquant les manifestantes.Plusieurs sont arrêtées, certaines sont piétinées par les chevaux dans la confusion qui s’ensuit.Trois ans plus tard, en mars 1860, ces femmes forment leur propre syndicat.Le 8 mars 1908, des milliers de femmes de l’industrie de l’aiguille manifestent de nouveau à New York.A 51 ans d’inter- valle, les revendications sont les mêmes; s’y ajoutent: une condamnation du travail des enfants et la réclamation du droit de vote pour les femmes.A partir de 1911, le 8 mars devient donc une fête pour les femmes.Le 8 mars 1914, un groupe de femmes, dont Clara Zetkin, organise une manifestation à laquelle participent des milliers de femmes, pour protester contre la course à la guerre en Allemagne, et l’arrestation de Rosa Luxembourg, militante socialiste.Le 8 mars 1917, les travailleuses du textile de Pétrograd se mettent en grève pour protester contre leurs mauvaises conditions de travail, la famine et les longues files d’attente pour se procurer du pain.D’autres travailleurs se joignent à elles, et bientôt, c’est la grève générale.Huit mois plus tard, en octobre, c’était la révolution ru^se.Cependant, autour des années 50, le 8 mars a pris des accents de fête des mères, partout dans le monde, y compris en URSS.On rappelle aux hommes que c’est le “moment des cadeaux” pour les femmes, “ces éducatrices de nos merveilleux enfants, ces ménagères surprenantes qui créent le confort et la bonne atmosphère de la famille”.Représenter la Journée internationale des femmes comme une simple fête de plus pour les femmes (mères, ménagères, secrétaires, etc.), où on doit avoir une attitude spéciale en donnant des cadeaux, des fleurs, c’est sapper la véritable signification de cette journée représentant 125 années de lutte contre l’exploitation et la sexploitation du système capitaliste.C’est renier une fois de plus la possibilité des femmes à lutter et à s’opposer aux forces sociales, politiques et économiques dans lesquelles nous vivons.Au Québec, depuis le début du siècle, la lutte des femmes et les organisations féminines ont presque toujours été présentes.Effectivement, l’entrée progressive des femmes dans la production sociale au début du XXe siècle, avec l’avènement de l’industrialisation, permit aux femmes ouvrières une conscientisation de leur oppression spécifique; elles sont moins payées que les hommes et continuent à assumer les charges domestiques et familiales.Elles sont surtout dans l’industrie du textile et luttent pour le droit d’être syndiquées: de 1900 à 1908, les travailleuses du textile mèneront plus de 40 grèves extrêmement dures; en 1934, les ouvrières de l’aiguille ferment 125 boutiques à Montréal: matraquées par des fiers-à-bras, elles doivent également se défendre des charges policières en enfonçant des épingles : dans la chair des chevaux: 12 personnes sont arrêtées dont 10 femmes; de 1925 à 1940, le textile et la confection connais- : sent à nouveau des grèves importantes: Trois-Rivières, Sorel, Sherbrooke, St-Hyacinthe, Acton-Vale, Louiseville et Montréal (4,000 ouvrières en grève pendant un mois en 1937); en 1947, grève du textile à Ayers et Shuttle de Lachute pendant 5 mois; 1952: grève du textile à Louiseville: 321 jours, violence; 1972: occupation de la Régent Knitting à St-Jérôme qui deviendra Tricofil.( Depuis quelques années, le 8 mars a retrouvé son sens de lutte dans plusieurs pays, notamment au Québec.C’est alors l’occasion de souligner notre exploitation commune.C’est le temps de rendre hommage aux femmes qui se sont battues avant nous.Le 8 mars, ce n’est pas la Journée internationale des femmes, c’est la Journée internationale des luttes des femmes.Texte préparé pour la programmation j spéciale du 8 mars 1978 à la radio communautaire de Jonquière CHOC-MF.Références: Agenda 1978: Notes sur l’histoire des femmes au Québec.Editions du Remue-Ménage.Claire Pagé, Monique Major. "un schéma d’aménagement" En décembre 1974, les citoyens du Haut-Saguenay prenaient connaissance de la réalité d’un regroupement forcé.Ce dessin politique venait concrétiser les attentes de plusieurs dans la planification urbaine d’une zone de notre territoire où la concentration de population au mille carré était de plus de 936 habitants.La loi 98 créait la nouvelle ville de Jonquière: Adieu Arvida, adieu Kéno-gami, adieu la paroisse et vive la Grande ville.Cette loi créait aussi la ville de Chicoutimi dès janvier 1976, et nous devions voir la création de la ville Saguenay dès 1978.Force nous est de constater que la volonté politique de créer une grande ville, englobant Chicoutimi et Jonquière, s’est considérablement étouffée depuis.Mais, la loi 98 créait tout de même une structure regroupant x des autorités politiques du Haut-Saguenay soit le conseil métropolitain.Villes et villages du secteur allaient s’asseoir à une même table et procéder à la confection d’un plan ou plutôt d’un schéma d’aménagement pour l’ensemble du territoire du Haut-Sagueenay.Enfin nous aurons un instrument pour nous permettre de voguer vers la cité nouvelle et radieuse.Nous gens de ce pays, nous aurons, grâce à la clairvoyance de nos élus, une vision de la réalité urbaine future dans laquelle tous et chacun auront leur place et où il fera bon vivre.Après trois ans, où en somme nous avec la confection de ce schéma d’aménagement?Le maire de Jonquière refuse de retirer son droit de véto tant et aussi longtemps que le dit schéma ne sera pas terminé.Bien! mais pourquoi une telle attitude?Présumons qu’il a des intérêts et qu’il les défend.Mais, qu’est-ce qui se passe à cette table pour guider un comportement semblable?Les média d’information, tout comme nos édiles sont relativement silencieux sur la confection du schéma, pourtant des questions se posent.Qu’elles sont les personnes qui ont été ou qui seront consultées?A-t-on l’intention de consulter ou si au contraire se retrouvera-t-on devant un fait accompli comme dans le cas du plan de zonage de la ville de Jonquière ou encore du pont de Chicoutimi et ses approches.Dans le cadre d’une politique de plan de zonage agricole qu’elles seront les garanties de protection des sols arables devant la “mise sur pied de cette ville imaginaire, construite sur maquette, où elle est davantage une forme qu’un contenu.Quel-< les seront les garanties pour les municipalités rurales de pouvoir protéger leur environnement devant les villes qui ne cessent d’empiéter sur leurs espaces?Chicoutimi a de magnifiques coulées, mais l’homme ne cesse de les remplir, de les briser en y faisant du remplissage et passer des routes.C’est vrai le capital doit circuler, mais à quel prix?Laterrière subit depuis 5 ans une pression de plus en plus forte à l’urbanisation et que penser de ce qu’on a fait à certains secteurs de la paroisse de Chicoutimi et ce qu’on s’apprête à faire dans les rang St-Pierre et St-François de Jonquière pour que passe une route, que dis-je une autoroute, le progrès oblige.Dans tout ce travail de planification urbaine et que certains qualifient de scientifique, voir même politique, quelle sera la place du milieu des citoyens?Il y a fort à parier que les experts qui manipulent cette technique auront tôt fait de répondre aux besoins (pressions) des hommes politiques et qu’il n’y aura que peu de place pour que le citoyen y impose ses vues, sur les allocations des ressources, en vertu d’un choix optimal basé sur des constatations objectives.Et dans tout cela, quelle sera l’attitude des grands propriétaires comme Alcan ou des quelques spéculateurs, ceux-là même qui rôdent autour du parc de la rivière Langevin, ou de la Rivière-aux-Sables ou non loin de l’autoroute régionale.Sur toutes ces questions, il y a certes des réponses, on doit tout de même constater qu’elles ne sont pas encore accessibles.Pourtant, c’est bien l’aménagement de notre milieu qu’on est en train de prévoir, de fabriquer.Tout se passe, comme si nous n’étions même pas propriétaires de ce patrimoine.Jacques Dubuc Animateur: Réalisateur: 'C Bergeron ibert Trudeau rejoindre les gens de L Tel!: 545-4321 —- «KCÏîi L’information culturelle à l’antenne de CBJ-1580 sous forme de chroniques et d’entrevues.LE DIMANCHE DE: 10H00 A \ des ou |uer, veuiller TÉLIER.entrevues sur mations à corn 49 fQ/+ j SjTl Pom J~ tii'M C.r ,£>{011 a , i 6AG€ 293 Davis C.P.144 Arvida, P.Q.G7S 4K7 b toufell A Collège d’Alma 675, boul.Auger o.Alma Québec gsb 207 tel 14181 668 2381 LA LIBRAIRIE SAGUENAY INC.375 AVE MONTCALM CHICOUTIMI, G7J 2V2 (À L'ENTREE DU PONT DUBUC) Tél.543-7744 VENTE - LOCATION - SERVICE CHICOUTIMI JONQUIÈRE 1159, Boulevard Talbot 218 St-Dominique Téléphone : 549-5673 Téléphone : 547-5744 T issus & Tapis AAde Roy inc.Une voie d’accès sur la PERFECTION dans vos imprimés mnsrmim a SPECIALISTE EN IMPRESSION COULEURS 3 REPRESENTANTS A VOTRE SERVICE • Jean-Paul Tardif Robert Montminy Marc Montminy DEPLIANTS JOURNAUX REVUES BROCHURES AFFICHES BILLETS FORMULES COMPTABLE FAIRE-PART CARTES LE PROGRES DU SAGUENAY LTEE 316, AVENUE LABRECQUE — CHICOUTIMI Téi, 545-4474 ïàfesàW'-' Ï'S.A ."Xfc.'ïik >V^v- v’ ¦**»- 'CHR15J& rf-* *• — nZL *• - — ^ * ' r~ **¦• -«K ; ** ¦ - *• Y'a pas de probl .^ ^v.>•:; f».~ — < • " C: “s ¦« .« A * ¦+-ji* CHRL-910 ROBERVAL, 10,000 WATTS *%*, y i' ' v * N - *- •Stf-S?* r L ¦ __ ' ' - "* y Hf** Phritn- Rprnarii Pntvin
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