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Titre :
La nouvelle relève
Éditeur :
  • Montréal :[La nouvelle relève],1941-1948
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
inconnu
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La nouvelle relève, 1942-12, Collections de BAnQ.

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LA NOUVELLE RELÈVE Directeurs : Robert Charbonneau et Paul Beaulieu Hommage à JACQUES MARITAIN ROBERT CHARBONNEAU YVES R.SIMON EMILE BAAS AUGUSTO-J.DURELLI MARCEL RAYMOND CLAUDE HURTUBISE Autres articles François Hertel : Jeunesse — Maurice Brière : Rex Desmarchais Auguste Viatte : L'avenir de l'Europe — Robert Charbonneau : Note sur le roman et la Chronique des Pasquier — Marcel Raymond : Vingt-cinq ans de théâtre — et autres.Décembre l 1 ^ x- MONTRÉAL 1942 25 cents CWAWÉSî^ IBUOTHEQUE DE LACFAS LA NOUVELLE RELEVE Fondas en 1934 Robert Charbonneau Paul Beaulieu Directeurs Rédacteur en chef : Claude Hurtubise Hommage à Jacques Maritain ROBERT CHARBONNEAU.Hommage 65 ROBERT CHARBONNEAU ET Ce que nous devons à 70 Jacques Maritain CLAUDE HURTUBISE Pour le soixantième anniversaire de Maritain 66 YVES R.SIMON AUGUSTO-J.DURELLI .L'exemple humain de Jacques Maritain 72 Jacques Maritain et la charité 87 La jeunesse de EMILE BAAS.MARCEL RAYMOND Jacques Maritain 90 90 Jeunesse, poème dramatique 99 FRANÇOIS HERTEL MAURICE BRIERE AUGUSTE VIATTE 107 113 Rex Desmarchais L'avenir de l'Europe CHRONIQUES Les livres ROBERT CHARBONNEAU : Note sur Georges Duhamel et la Chronique des Pasquier — MARCEL RAYMOND : Vingt-cinq ans de théâtre (La Farce est jouée par Maurice-Edgar Coindreau) — ROBERT CHARBONNEAU : Les témoins de la Passion par Giovanni Papini — M.R.: Jardin 26 par Claude Eylan.L'abonnement à 10 numéros: Canada, S 2.00: étranger, S 2.25.Payable par mandat ou chèque au pair à Montréal, négociable sans Irais.60 ouest, rue Saint-Jacques, Montréal.HArbour 3924.Décembre 1942 Vol.II Numéro 2 LA NOUVELLE RELEVE Décembre 1942 Volume II, Numéro 2 NOTE DE LA DIRECTION Le numéro de novembre était déjà sur la presse quand nous avons décidé de publier cet hommage à monsieur Maritain.C'est ce qui explique notre retard et que ce cahier porte la date de décembre bien qu'il soit en réalité le numéro de novembre.Les abonnés recevront les dix numéros auxquels ils ont droit.HOMMAGE Arous avons réuni à l'occasion du soixantième anniversaire de M.Jacques Maritain linéiques articles qui veulent être un témoignage de notre admiration pour le premier philosophe de notre temps et de gratitude pour le chrétien et pour l'homme qui, depuis plusieurs années déjà, par son œuvre d'abord, par scs conseils amicaux, scs suggestions et son aide a été le guide incontesté de notre jeune mouvement.Nous devons à M.Maritain ce que la Relève a eu de meilleur.Depuis longtemps nous songions à rendre à l'auteur (l’Humanisme intégral un hommage que nous voulions digne de lui.Les circonstances ne nous ont pas permis de le faire avant ce jour.Nous le faisons aujourd'hui avec moins d'éclat que nous ne l'aurions voulu mais de tout notre cœur.Dans les pages qui vont suivre, nous prions M.Maritain de trouver l'expression de notre fidélité au thomisme tel qu’il le conçoit et le défend, à sa pensée politique et sociologique, mais surtout l'aveu de notre respectueuse affection et de notre reconnaissance indéf ectiblc.Robert Charbonnkau POUR LE SOIXANTIÈME ANNIVERSAIRE DE JACQUES MARITAIN Maritain a eu soixante ans le 18 de ce mois.Je voudrais, à l’occasion de cet anniversaire, parler d’autre chose que de philosophie.Heureux ceux qui peuvent dire, du meilleur maître de leur jeunesse, qu'il avait le cœur plus grand encore que l’esprit ! Les élèves de Maritain sont au nombre de ces privilégiés.S’il m’arrive, aujourd’hui, de relire les notes que je prenais, il y a vingt ans, au cours de Maritain, je m’étonne que des débutants aient pu suivre avec curiosité un enseignement aussi difficile.Nous ne comprenions sans doute qu’une faible partie de ce que nous entendions.Pourtant, un immense désir d’en savoir davantage et de se laisser convaincre s’éveillait en nous.Une explication sèchement technique de l’Esthétique transcendantale suffisait à établir une communication sympathique entre l’âme du philosophe et celle de l’ignorant auditeur.Etions-nous conscients de ce qui se passait en nous ?nous aimions déjà, nous voulions aimer et mieux connaître, la vérité que Maritain aimait.Deux ans passèrent.Puis, en 1924, Maritain m’invita à assister aux entretiens philosophiques qui avaient lieu chez lui, le dimanche, une fois par mois.Je convoitais depuis longtemps l'honneur d’être admis à ces rencontres.On a beaucoup parlé des jeudis de Péguy, et la.petite chambre de la rue de la Sorbonne où se réunissaient les amis des Cahiers de la Quinzaine a été souvent décrite.Peut-être ne sait-on pas encore que les dimanches de Meudon ont eu une importance historique pour le moins égale.Meudon est une commune de banlieue située entre Paris et Versailles.En dépit d’une urbanisation désordonnée, on y trouve le charme de l’Isle-de-France, la plus douce province qui soit au monde.Les Maritain habitaient une villa au liane d’une colline.On se réunissait dans un salon d’une décoration simple.Aux murs, POUR UE SOIXANTIÈME ANNIVERSAIRE DE M A RI T AI N 67 des tableaux de Chagall, de Gino Severini, de Jean Hugo, un chemin de croix.Sur la cheminée, des photographies du Père Clérissac et d'Ernest Psichari.Assis au milieu de ses hôtes, Mari-tain donnait une causerie, interrompue par des discussions, qui durait souvent trois ou quatre heures.Il lisait s.Thomas et ses commentateurs, expliquait des textes difficiles, et la recherche avançait lentement.Parmi les assidus de ces séances, il y avait quelques étudiants : le doux Marcel Dcmongeot, qui devait écrire un livre de premier ordre sur la politique de s.Thomas, entrer dans l’Ordre de s.Dominique et mourir à trente-huit ans après de longues années de souffrances; Jacques de Monléon, bien connu à l’Université Laval ; Olivier Lacombe, devenu depuis lors un spécialiste des philosophies de l’Inde.Il y avait fort peu de professeurs.Il y avait surtout des personnes attirées vers le thomisme par des voies étrangères à la technique philosophique ; gens de culture et d’oraison, qui demandaient à s.Thomas les principes de la sanctification de l’intelligence.Nous étions aussi loin que possible de toute version rationaliste du thomisme.Les concepts scolastiques, avec leurs noms barbares qu’on ne prenait pas la peine de dissimuler, se chargeaient de ferveur, et la sublime vocation de la connaissance philosophique apparaissait en toute lumière.Il n’y avait pas moyen de s’y tromper : entre les mains de Maritain, comme entre les mains de s.Thomas, la philosophie, consciente de son humilité et grâce à cette conscience, prenait le caractère d’une aspiration, et peut-être d’une introduction, à la vie contemplative.Dans ce milieu si hautement intellectuel, on ressentait plus vivement qu’ailleurs la vanité, l’absurdité profonde, de toute tentative de salut par la connaissance seule.L’esprit se sentait irrésistiblement engagé dans une voie où il était manifestement impossible d’aller loin sans accepter les exigences de la perfection morale et les souffrances des nuits purificatrices.Le livre Les Grandes Amitiés a donné au public une idée de la vie de famille de Maritain.Pourvue de dons extraordinaires dans les trois ordres de la vie intérieure, de l’art et de la philosophie, Madame Maritain communiquait à chacun de nous un sens enthousiaste du prix de nos recherches et de nos découvertes.Elle veillait à ce que toute formule heureuse fût aussitôt prise par écrit, à ce que toute idée féconde fût protégée contre l'oubli, à ce que le moindre projet fût examiné avec soin.Elle parlait peu, bien que Maritain aimât à la laisser parler.Ses brèves remarques, 68 LA NOUVELLE RELÈVE son attention de tous les instants, ses admirables regards faisaient comprendre que l’ardente spiritualité dont nous ressentions l'influence avait sa source dans une communion d’âmes.Sa sœur Véra s’ingéniait à paraître toute absorbée par des besognes modestes : répondre au téléphone, recevoir les invités, leur trouver des chaises.Pourtant, ses expressions silencieuses, au cours des discussions philosophiques, révélaient une intelligence profonde et aimante des vérités dont nous nous occupions.Pour elle aussi, la grande affaire était la recherche de la vérité dans la charité.Maritain a toujours su mettre la philosophie à sa place.Il a écrit quelque part que Fra Angelico aurait volontiers quitté ses pinceaux pour garder des oies, si son supérieur le lui avait commandé.Maritain n’a jamais manqué d’interrompre son travail de philosophe pour répondre à l’appel de la charité.Beaucoup de personnes se sont demandé pourquoi son oeuvre comprend peu de constructions systématiques et se compose surtout de recueils d’essais et de conférences : cette méthode de travail a pour origine principale, non une idiosyncrasie intellectuelle, mais une règle de vie.L’œuvre écrite de Maritain représente un énorme labeur; mais à côté de tant d’heures données à la philosophie, combien d’heures et de veilles dépensées en conversations avec des incroyants à la recherche de la foi, avec de pauvres diables en quête de réconfort, et parfois avec des personnages indignes qu’un excès de générosité avait quelque chance d’arracher à leur indignité ! Si jamais, dans un avenir lointain, on publie une édition vraiment complète des œuvres de Maritain, comprenant sa correspondance.on pourra faire une comparaison instructive entre le poids des écrits philosophiques et le poids des lettres écrites pour tels motifs qu’aider un ami, ou un inconnu, à trouver du travail, sauver un proscrit allemand, espagnol ou français, prévenir une jeune revue contre l’erreur ou l’imprudence, ou simplement donner expression à l’amitié.Toujours disponible, toujours prêt à servir, Maritain n’a pas hésité, quand le service des hommes a paru le demander, à s’engager dans des activités en relation directe avec les événements politiques.La crise de VAction Française, la guerre civile d’Espagne, la présente guerre enfin, ont fait de ce contemplatif, de cet ami de la solitude, de cet artiste, un redoutable adversaire du mensonge et de l’injustice dans les affaires publiques.En acceptant les risques que comporte tout jugement sur les contingences du temps POUR LE SOIXANTIÈME ANNIVERSAIRE UE MARITAIN 69 — fût-il prononcé sub specie œternitatis, — en acceptant de devenir, a sa manière, un homme d action publique, Maritain, par un paradoxe chargé de sens, est entré dans une autre solitude.Tel il nous apparaît aujourd'hui, volontairement ignorant de sa grandeur, vieux lutteur inlassable, inflexible dans sa fidélité, seul et douloureux tandis que monte vers lui la reconnaissance d’innombrables âmes.Yves R.Simon.5 novembre 1942 CE QUE NOUS DEVONS À JACQUES MARITAIN Nous avons senti que nous ne pouvions laisser passer cet anniversaire de M.Jacques Maritain sans lui dire publiquement ce que nous lui devons.C’est au collège que nous avons lu Primauté du spirituel, Trois Réformateurs, Art et scolastique, que nous avons été conquis par la force de sa pensée et sa chaleur humaine, cpii est celle de la charité.Ce qu’a été pour nous la lecture de ses livres, la rencontre de l’homme, son encouragement, son amitié, comment le dire ?Il apportait à notre jeune appétit une nourriture forte et riche que nous tâchions de nous assimiler, une vision élargie et magnifique du monde, un exemple de foi et d’humilité.Son intelligence, affermie par la pratique de la Somme, se mouvait avec liberté au milieu des problèmes troublants cpie nous avions à confronter.Problèmes de l’art, de la politique, de l’action sociale, il les abordait avec la passion de la vérité et y projetait une lumière nouvelle.Il rétablissait les contacts de la pensée catholique avec les avant-gardes, dans tous les domaines.!l redonnait à la pensée catholique sa fierté et une omniprésence.Il représentait pour nous comme pour les jeunes générations françaises, un guide spirituel, un exemple.Et nous attendons de lui encore cette direction, cet exemple, cette ordination de la compréhension des choses et des événements aux réalités spirituelles, hors de toute passion étrangère à la passion de saint Paul pour la vérité et l’Eglise du Christ.Nous attendons de lui cette prévision des choses futures dans une lumière évangélique, cette illumination des choses de la cité par l’esprit de Dieu qui dépassent les conflits de personnes et de politique sans négliger et dépasser la réalité humaine de l'homme cpii travaille, souffre, aime et doit durement traverser la terre. CE QUE NOUS DEVONS À JACQUES MARITAIN 71 Nous attendons de lui cet espoir qu’il faisait naître en nos cœurs parce que nous comprenions à l’entendre un soir de 1939, que la vie de la cité était “une communauté de labeur et d’espérance”.C’est cette lumière intégralement chrétienne sur le monde, les événements et la vie que nous attendons de lui, que nous lui demandons, que nous exigerons de lui.Notre jeunesse vit de sa pensée et des mouvements qu’il a inspirés, Sept, Temps présent, Vie intellectuelle, Esprit, et c’est en cette pensée, dont le fil n’est pas complètement interrompu par la guerre, que nous gardons espoir pour après.Nous exigeons avec toute la rigueur de l’amour et de la gratitude qu’il nous donne cette pensée qui nous empêchera de perdre foi dans l'homme et ses possibilités de rénovation par la grâce.Robert Ciiarbonneau Claude Hurtubise L’EXEMPLE HUMAIN DE JACQUES MARITAIN Les Turcs étaient déjà en train de mettre à sac la ville de Constantinople que les théologiens disputaient encore sur le sexe des anges.Ce n’est pas aujourd’hui le moment de discuter sur le sexe des anges.Dans un monde où pullulent des êtres qui portent un nom chrétien mais affectent à l’égard de la force brutale une admiration moutonnière, la grande leçon que Maritain nous offre n’est pas une leçon de philosophie, ni de sociologie, ni de morale.Sa grande leçon est un exemple.Un exemple humain, un exemple d’humanisme intégral.Pour nous, aujourd’hui, Maritain est quelque chose de bien plus important qu’un philosophe spéculatif.Maritain est avant tout et surtout un homme chrétien.En 1935, année qui nous semble aujourd’hui heureuse, pacifique et tranquille (oh ! la relativité des choses humaines !), Maritain écrivait dans sa Lettre sur l'Indcpcndancc : «I/écrivain ne saurait en temps de crise grave (.) fermer les yeux aux angoisses des hommes et de la cité.Il me semble qu’une telle obligation concerne le philosophe d’une façon plus spéciale.Car il n’v a pas seulement une philosophie spéculative, il y a une philosophie pratique; et je crois qu’elle doit descendre jusqu’à l’extrême bord où la connaissance philosophique joint l’action.(.) «Le philosophe comme tel peut et doit s’approcher du domaine propre de l'agir humain et politique.» (P.G et 8) C’était la réponse donnée à ceux qui déjà, en 1935, se désintéressaient des choses politiques, parce que la politique était quelque chose de
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