La nouvelle relève, 1 juin 1945, Juin
Ltf" BIBLIOTHEQUE ' f LA NO U V Di PAS ¦i ,v 'flr-.Il a sans aucun, doute eu raison.Mais les critiques, lors de la publication de la première édition, furent souvent injustes.Ces gens ne pouvaient admettre tant de libéra- LES LIVRES 171 Usine d’idées.Pour ces intolérants, Garneau était trop tolérant.Il avait pourtant décrit, en parlant des Canadiens-Français, c l’alliance intime qui existe entre leur religion, leurs lois et leur nationalité.» Etait-ce là, le fait d’un esprit à préjugés ?La huitième édition de l'Histoire du Canada, publiée par M.Hector Garneau, petit-fils de l’historien, et éditée à VArbre, est une heureuse initiative.M.Hector Garneau se consacre depuis quarante ans à des travaux historiques, et plus particulièrement à l’Histoire du Canada écrite par son grand-père.Dans cette nouvelle édition, M.Garneau a voulu mettre en valeur les nouveaux documents historiques.L’ceuvre historique de François-Xavier Garneau s’en, trouve donc enrichi.M.Hector Garneau écrit, dans l’introduction de la huitième édition .« une mise au point générale, la suppression des passages périmés, et certains redressements s’imposaient.Sans cesser de recourir aux sources, on devait faire état des résultats acquis de l’érudition et en même temps tenir compte des justes observations formulées par la critique.» Cette introduction dont je viens de citer un extrait est une belle synthèse historique, et montre l’étendue de la culture histoidque de M.Hector Garneau.Jaques Mathieu LE DIX-SEPTIÈME SIÈCLE1, par Gonzague de Reynold.Au même titre que le Classicisme français d’Henri Peyre, ce livre nous apporte un bilan.Nous en manquions.Hormis quelques histoires générales de la littérature française, nous en restions plus ou moins à Brunetière, à Faguet, à Lanson.Or que d’études se sont accumulées depuis un demi-siècle ! que d’aperçus modifiés par une (1) Editions de l’Arbre, Montréal, 1944. 172 LA NOUVELLE RELÈVE sensibilité renouvelée ! Nos manuels insistent encore sur le « naturalisme » des classiques (et certes il existe) comme au temps où le naturalisme était à la mode, sans nous montrer assez leur richesse de poésie et leur charge de passion, à nous qui aimons Claudel ou Mauriac.— M.Gonzague de Reynold ne nous donne pas un manuel.En lui, assurément, on reconnaît le professeur.Par endroits l’exposé tourne au cours; il lui arrive mémo de se réduire à des notes, à un canevas, jusqu’à tromper le typographe, qui imprime des phrases isolées comme s’il s’agissait de de sous-titres (voir par exemple le paysage sur l’épopée, de la p.149 à la p.157).Si l’on, devait lui adresser une critique, ce serait de s’arrêter trop peu sur les aspects les mieux connus de l’époque; la part faite aux artistes semble insuffisante, et l’appendice sur la Poésie de Molière fait regretter que l’auteur n’ait pas voulu nous offrir un Molière « en pied ».Mais l’originalité de l’œuvre réside ailleurs.Elle nous présente le dix-septième siècle étudié par un catholique.A-t-on remarqué que la plupart des critiques antérieurs ne l’ont pas été, ou le sont devenus très tard, à travers le jansénisme ou le pragmatisme social, comme Brunetière ?Et pourtant, est-il possible à un non-catholique de bien comprendre une époque aussi profondément religieuse ?A cet égard, une grande partie de notre histoire littéraire serait à l'efaire.Avec la meilleure volonté, l’incroyant qui interprète les époques de foi s’expose aux mêmes méprises que l’aveugle dissertant sur les couleurs : et je ne crois pas que la réciproque soit vraie; pour nous mettre « dans la peau » des incrédules, il nous faut un effort, mais d’ordre négatif; il nous est toujours possible d’évaluer quelle serait notre psychologie sans la foi, comme nos sensations sans la vue.Les mêmes remarques s’appliqueraient à la Renaissance, dont M.de Reynold souligne la continuité par rapport au moyen âge : le dix-septième siècle la trie et l'assimule; il rationalise le retour à l’antiquité, et s’il élimine la Réforme, ne pourrait-il dire qu’il opère cependant sur le retour aux origines chrétiennes la LES LIVRES 173 même l’ationalisation ?La Réforme comme la Renaissance a été un.phénomène d’archaïsme: l’étude des Pères, à Page suivant, fait pendant à la discipline qui vient canaliser l’humanisme, cependant que Genève, au dehors, perpétue ce qui aurait pu être une bifurcation de la pensée française si Calvin avait triomphé, comme le Canada en représente une autre si la Révolution n’avait pas eu lieu : malgré les évolutions ultérieures, c’est là, dans les virtualités de la pensée française lors de leur ensemencement, qu’il faut sans doute voir le fondement des cultures françaises hors de France.De plus, M.Gonzague de Reynold fait de la littérature comparée au sens le plus large du terme.Professeur d’histoire de la civilisation après avoir enseigné l’histoire littéraire, il sait fort bien que l’une n’est qu’un aspect de l’autre, et que, de même qu’un pays s’éclaire par le voisin, la vie des lettres ne peut se séparer de celle des arts, de la philosophie, de la politique.De là l’accent qu’il met sur le «grotesque».Peut-être exagère-t-il.Ce sont, il nous le dit, des historiens germaniques qui ont réhabilité le grotesque.En français, le terme reste péjoratif: et cela tient sans doute à ce que, malgré des influences que l’auteur a raison de mettre en lumière, le grotesque ne s’est pas épanoui en France; il demeure un art espagnol, autrichien, habsbourgeois en un mot, a pénétré en France surtout par les reines habsbourgeoises, Anne d’Autriche, Marie-Thérèse, s’y est résorbé; et l’on peut se demander, en conclusion, si son avortement final hors de France, sa sui-charge, son mauvais goût, n’a pas été dû à l’absence du régulateur classique, et si l’hégémonie intellectuelle de la France en Europe, au siècle suivant, n’a pas consacré avant tout la prééminence du classique sur le grotesque ?Auguste Viatte. REGINE HUBERT-ROBERT L’ÉPOPÉE DE LA FOURRURE L'Amérique du Nord-Ouest longtemps a été le grand point d’interrogation géographique.Espagnols, Russes, Anglais, Américains, Français s'efforcèrent d’en percer le mystère.Vers ce Nord-Ouest, il y eut simultanément deux approches : l’une maritime, l’autre terrestre.Très vite, toutes les deux à la poursuite des pelleteries.Les vaisseaux chargeaient les loutres-de-mer, les canots des traitants des castors.Sous le régime français, au prix de mille dangers, la partie centrale du Continent américain — comme la Louisiane — a été découverte par les coureurs de bois, les traitants français et canadiens.Cet ouvrage délimite l’étendue de territoire contrôlée par leur traite.Il rappelle l’origine de maintes villes, d’abord petits établissements français.Plus tard, dans toutes les explorations vers l'ouest, ce sont les « voyageurs » canadiens qui, à coups d’avirons et de pas difficiles ont ouvert la route à travers gorges, rapides et Monta-gnes-Rocheuses.Tous les grands explorateurs anglais et américains ont rendu justice à leurs efforts dans leurs relations.Partout des noms français rappellent l’époque héroïque où, chansons aux lèvres, ces voyageurs, le plus simplement du monde, partaient de Québec et de Montréal chercher des castors à l’autre bout du Continent.Les aventures de la traite des pelleteries sont quelque peu oubliées.Pourtant une émotion saisit lorsqu’on se trouve en face de Terre-Haute, Sault Sainte-Marie, la Grande Coulée, Cœur d’Alène, Butte, de Boise bâti sur la rivière Boisée.Édition ordinaire : $2.00 Édition numérotée sur Japon $8.00; sur vergé Byronic $4.00 Bibliothèque et Archives nationales Québec La Nouvelle Relève Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028
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