Le Constitutionnel, 24 avril 1873, jeudi 24 avril 1873
Volume V.No.IQ TROIS-RIVIERES, RUE CRAIG LE CONSTITUTIONNEL ¦i poulie : Lundi, Meroredi et Vendredi.Jeudi, 24 Avril 1&73.•' ¦ &¦: AB03B‘3SrEaiE3r‘X>8 , Kdtti«n B wn-Quotidienne, par an.$.1.00 do IlP.BnoMàOAiRr.pur an.l.no payable d’avance—A la tin do l’anneo 0.90 mxtra.Cou* qui veulent dieooptiquer doivent en dennor avis au moine un mol» avant Respiration du terme do leur abonnement, qui no »eru pas raotndro do six mot», les arrerages acquittes.Toutes correspondances, etc., doivent otro dresseos aux propriétaires (lu //(mettfufioti-«4, affranchies et munies d*une signature responsable.ORGANE DU DISTRICT DE TROIS-RIVIERES J£.GÈRIÏÏ, Rédacteur •en-Chef NORMlAlfR *£' GÈRINf Editeurs-JPropriét air es fntf '¦ \ 1E CONSTITUTIONNEL .as publie : Lundi, Mfcrcredi et Vendredi.f AsriconreE» Par ligne Edition Skmj-Quottoiknxe, premiere luvertion.lirovier.• Do IneertionM subséquentes.O.Oîê Un* f,olonnc.pour 12 mois.30.99 Ik> do t> mois.*.5IÜ.OU Do do 3 mois.Ul.ü# Ediiu n 11b ipouadaiuk, a ldrfait.Adresses d'affaires, pour 12 mois.3.90 Toutes ann( nce* sans conditions seront inserues jusqu'à uuntre-ordre a ft et 2ots.la ligne, lit tout ordre pour dibcoatinuer use anuonce doit etre tait par écrit.Feuilleton du Constitutionnel.LE PIRATE OU ST.LAURENT IV (Suite) La corvette, poussée par one fraîche brise nord.ouest nageait rapidement, toutes voiles décriées, depuis ses royales jusqu'à «es focs et et» bonnettes hautes et battra.C'était on magnifique navire de guerre cambré, svelte, élance comme ua yacht, portant fièrement son encolure, et plus fièrement encore ses trois flèches qui ployaient comme des ba* eioes sous le fardeau de ses toiles gonflées* A la proue un immense corbeau, les ailes éployées, semblait prêt à fondre sur sa proie.Deux carouades, du plus fort calibre, avançaient leurs gueules béantes au-dessus de IVnvergure du menaçant volatile, perché immédiatement sous le beaupré.Les quarante sabords du Corbeau étaient garnis de quarante canons.La gueule Je ces quarante canons avait été peinte en rouge comme la ligne de la préceinte.Sur le pont, aux pieds des mâts, se tenaient des groupes d'hommes urmés jusqu'au dents.Tous étaient vêtus de.chemises rouges, à large collet rabattu, bordé d'un filet noire, et de pantalons gris de fer, serrés à la laiile par une ceinture de cuir, dans laquelle étaient passée des pistole tu, un poignard, et une hache à double tranchant.Ils avaient la tête et les bras nus.Au moment oh le canot détachée de V Alcion du Corbeau, ce dernier amenait sa voilure et préparait ses gra-pins d'abordage.Le capitaine françeis héla, et p »u après son esquif était hissé par les palans du Corbeau.Un homtne se promenait seul sur la dunette.II avait le phydomornie dure, le visage bronzé, les yeux pleins d’un feu sombre et une épaisse barbe noire.Sa stature était élevée, ses membre Doués à «es attaches souples, nerveuses, ses mouvements brusques, impérieux.Un chapeau de toile cirée, sans ornement, courrait son chef, mais sa veste en velours brun, ainsi son pantalon, de même étoffe, étaient galonnés d'argent.À son côté pendait un sabre turc, et à la main droite il tenait un porte-voix.Ce personnage paraissait avoir trente ans environ.Le capitaine de VAlcyon marcha bravement a lui.—Comment s'appelle ta coquille de noix ?fit le corsaire avec un accent gascon très prononcé.—ASAtcion.—De quoi se compose la cargaison’ —De via.—Et puis ’ —De conserves.—As-tu des passagers ?—Une vingtaine, pour lesquels je suis venu réclamer votre pitié.Le forban sourit ironiquement.- -Où allais-tu ?—A la Nouvelle Orléans.Mais le mauvais temps.• • • —Et tu venais ?—De Marseilles, —Ah ! de Ma rscilles, fit le corsai re avec une certaine émotion.Ensuite, il se tourna, leva un doigt en l’air ; et quatre homme se jetèrent eur le capitaine Français, le terras* sèrent et lui garottèrent les pieds et les poing-.Les rameurs qui l'avaient suivi subirent le même soit.V.Déjà le Corbeau accostait VAlcyon.Le premier de ces vaisseaux avait mis en panne et amarré le second à ses flancs.Les flibustiers se précipitèrent sur leur victime, comme des vautours sur un cadavre.Nul des matelots do bâtiment marchand n'osa leur oppo* »cr de résistance.La terreur qu’inspirait le nom seul du Corbeau avait glacé d Y fl roi les plus braves Tous furent liés et transbordés, ainsi que I les passagers, à l'exception du fils ¦ de l’armateur.Charles, maudissant la lâcheté de ers gens, s'était am é d'une paire de pistolets, et, adossé au gouvernail, il menaçait de brûler la cervelle à 'quiconque tenterait ne s’emparer de sa personne.D'abord les -furba'nÇ, intimidé»» par cette attitude déterminée, lee forbans reculèrent, puis liste ruèrent, comme dés fürieïix, contre l’intrépide jeune homme.Mais celui-ci fit feu de ses deux coups et deux pirate tombèrent ; leurs compagnons poussèrent un cri de vengeance et fendirent en messe sur Charles, qui, sans perdre son sang-froid, s’était emparé d’une barre pe cabestan et la faisait voliigcr autour de lui avec une redoutable dextérité.Déjà son levier avait mis hors de combat nombre des assaillants, loasqu’un officier du Corbeau, impatienté de cette lutte, compromettante pour les siens, épaula une petite carabine, ajusta le fils de l’armateur et lâcha la détente.Atteint au dessous de l’omoplate, Charles laissa choir la barre de cabestan dont il s’était fait un si formidable auxiliaire, et s’affaissa sur le pont.VI.Alors commença le pillage de VAlcyon.Mais tout s’accomplit dans le plus grand ordre.Une discipline de fer couibait la natme sauvage de ces démons à face humaine.La cargaison du navire capturé passa rapidement sur le navire capteur.Ensuite tous 1rs individus trouvés à bord de VAlcyon, depuis le capitaine jusqu’au dernier mousse, furent liés deux-a-deux, t*t jetés à la mer avec un boulet de trente-six aux pirds.En accomblissaut celte affreuse exécution, les ma'clots du Corbeau ne riaient, ni ne gémissaient.Ils étaient calmes, insensibles.Pour eux ces meurtres n’avaient rii*n d’odieux.C’était une coutume, un'devoir, une nécessité.D’ailleurs c’était U régie.Chaque fois que le Corbeau faisait une prise.—et cela arrivait fréque-inent,—nul recevait quartier ; et pas un des marins engagés sur les paquebots transatlantiques ne l’ignorait ; aussi la réputation de la corvette noire était-elle en harmonie avec l’épouvante que son équipage inspirait .Ordinairement Y Corbeau croisait dans le golfe Si.Laurent, sur la route d’Europe en amérique ; et comme diraient les matelots, “ qui l’avait vu de près plus ne le revoyait.” VIL Il était midi.Le soleil, voilé depuis le matin par de légère* brumes, perçait à l’orient.Aux teintes blanchâtres de l’atmosphère succédait peu à peu un azur limpide, dont les réverbérations sur la nappe aqueuse se doraient aux iédes rayons de l’astre du jour.La nature semblait sourire en déployant ses grandeurs célestes et marines.L’homme s’élevait à la contemplation de ce beau spectacle.Rien, à notre avis, ne parle plus éloquemment à l’espiit et au cœur que le tableau du ciel et dé la pleine njer.immensité sous immensité ! My* tore conlP* mystère ! Où suis-je ?que suis-je ?Ces deux questious s»e pressent sur vos lèvres.Soyez chrétien, musnlmun, païen, idolâtre, déiste, panthéiste, polytheist rationaliste, matérialiste, nihiliste,— soyez ce que vous voudrez,—-i voire vue n’a plu* d'autre limite que le fir-marnent et l’eau, von» rougirez de votre petitesse, et un moment, une minute, une >eco de vous douterez ! Non, il n’y b pas decroyoncc humaine qui résiste à l’infini ! notre nature e»t trop bornée pour cela.En tout, pour comprendre, pour être fort, il nous faut du tangible, du palpable, du malléable.Nous nous impatientons malgré nous, contre ce qui cesse de frapper nos sens.Et cette impatience nous amène à dire, avec Montaigne: —Que sais je?Puis avec Shakspeare; —Suis*je ou ne suis-je pas ?VIII.* La nuit vint;—nuit calme et poétique.• A la voûte céleste couraient îles petits nuages diaphanes, derrière lesquels la lune mirait son disque argen Angèle avait sur l’é saule gauche une tache de rousseur, ayant la forme d’un papillon.FIN DU PROLOGUE.PREMIÈRE PARTIE.I.E CH ARRETIEZ.Pronez-leà Londres, à I aris, Rome, .reI • .| m 0 % w a « » *4 if ci i »¦ y n ¦ ui ^ té* Plus unie au uno glace était l’o- ^ Mudii J, à LMmnne, à Vienne, à céan, réfléchissant, dans h a transparence, la coupole de l’empirée.O nuit ü’amour, de langueur, de volupté ! Dependant, une masse sombre, in.forme, se dressait au milieu de l’A-tlantiqne.L’onde clapotait à petit bruit autour y .» , • Y .v » sa eiion proveruiuu et formait de légères fiangre dYcu- sl.,ir .,ar icinpéramment, il SVa 4% /*¦ 1^ I M I V f t I a .w I mr b + 1 .« h .1 .I .* _ _ Berlin, A St.Péi ers bourg;,, à New-York, A Qu ébec ou à Montréal, et le Conducteur de voiture publiques lera toujoui* le jinéme—un type unique.Il est A U fois l’être le plus icmuant et li plus pacifique de la terre.Sa gaîté est inaltérable, ph docilité à l’épreuve.sa discrétion proverbiale.Cau- mes, qui allaient en dégradant iiij-en* blement et finissait p.ir se confondre dans le bleu de la plaine liquide.Cette, masse c’était la carcasse de V Alcyon* Après avoir dépouillé le brick, ks corsaires Pavaient abandonné grâce de Dieu.sait se rendre muet comme Harpocrate.Aussi curieux qu’une femme, il comte la prudence parmi se* premières quali » tes.Observateur pénétrant, sa fines-Hr ne trahit jamais le résulta* de ses investigations.Vif jusqu’à l’excès, a il est d'une patience angélique, s’il le ‘faut.Têtu comme une mule delà Et toujours 1 onde clapotait A petit i Sirtra-Morcna, on ne l'a point encore bruit autour et formait de légères» b an* vu résister aux flatteries d’un louis, ges d ecume, qui allaient eu dégra* |£nn»*ini jure de la police, il est A dant insensiblement et finissaient ^ ,nj aV(.c «j(.s agents.Enfin, par se perdre dans le bleu de la plaine M)j( qu'il r»-.«*tc stationnaire, soit qu’il liquide.* ! marche, soit qu’il trotte, soit qu’il ga- tout était morne, silencieux, A |0pe, soit qu’il vole, le conducteur de bord de I Alcyon, pauvre navire si gui voiture publique, est le foolatum de lu veille, si fringant, fi animé ! |a >0f»iété.Que de services n’a-til pas On eut dit d une tombe placée sua rendus?que de services rend-il pas une autre tombe .J et ne rendra-t-il pas?On devaait lui Mdis écoutez .voter des médailles, lui attacher des Ce n est pasunmurmurc des vague* décoratio.is sur la poitrine, lui érigé ce n est pas un soupir de la brise, siataeJS j Mais l’humanité est ain-pas le cri d un oiseau de nuit, c’est fajie : elle méprise ceux qui lut un> gémissement humain .sont miles pour encencer ceux qui Et toujours I onde clapote a petit jui gunl nuisibles ! brun autour de VAlcyon et forme des Cependant, perché sur son strapon-franges d ecume neigeuses, qui vont tin, comme un cormoran au sommet se dégradant i l finissent par «•
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