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Titre :
Cinéma Québec
Revue d'analyse, de critique et de promotion du travail des artisans du 7e art qui vise au renforcement de la cinématographie nationale québécoise. Elle accueille des contributeurs de grande qualité.

[...]

La revue Cinéma Québec est fondée en 1971 par Jean-Pierre Tadros, alors critique de cinéma au quotidien Le Devoir, pour accompagner l'émergence et le développement d'une cinématographie québécoise de qualité, qui reflète les réalités de la société québécoise.

Pour atteindre cet objectif, Tadros rassemble des collaborateurs diversifiés : Jean-Pierre Lefebvre, André Pâquet, Francine Laurendeau, André Leroux, Patrick Straram, Michel Euvrard, Pierre Demers, Yves Lever, Jean Leduc et Richard Gay. Cette pluralité démarque Cinéma Québec de la revue Champ libre (1971-1973), qui aborde le 7e art sous la lorgnette du marxisme.

Cinéma Québec devient rapidement un espace privilégié de diffusion des débats sur le cinéma et la société. Les numéros sont parfois articulés autour de thèmes tels que le cinéma social, le cinéma régional, national et étranger, le documentaire, le cinéma au féminin, les politiques de développement culturel, etc.

Une place importante est accordée dans Cinéma Québec aux cinéastes et artisans pour la présentation de leurs oeuvres et de leurs perspectives sur leur travail. En plus de ces entretiens, la revue propose des portraits d'acteurs, des dossiers exhaustifs de cinéastes, des informations sur les événements de diffusion, locaux et internationaux, ainsi que de nombreuses critiques de film et de livres.

Source :

SABINO, Hubert, Le cinéma québécois vu par ses critiques entre 1960 et 1978, mémoire de maîtrise, Université de Montréal, 2010.

Éditeur :
  • Montréal, Québec :[Cinéma Québec],1971-1978
Contenu spécifique :
No 43
Genre spécifique :
  • Revues
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Références

Cinéma Québec, 1976, Collections de BAnQ.

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¦ : ¦ - : .: **U7 CANNES, SES MISERES ET SES GRANDEURS LE FILM OLYMPIQUE • LE FESTIVAL DE CURAGE DES LOIS ET DES CADRES (VERSION OUTAOUAISE) m gjjjj —1 ¦— m/am H .; ||||||||||g NgHH| .' .:.; ?:|| IlSIIllll : .: -; lilllllill V Illlli mÈÊÈË Illi'IiiiÉl M : ¦ ' ¦ : ¦ ¦ S\ ' ' :¦ /S’ , o^-' ¦ Photo un Kodak et le cinéma Des années de vie commune Kodak .¦¦—¦¦¦, % * ¦ m If, ¦ (y cinema québcc No 43 (volume 5, no 3) Direction: Jean-Pierre Tadros.Comité de rédaction: Michel Euvrard, Richard Gay, Francine Laurendeau, Yves Lever, Jean-Pierre Tadros.Collaborateurs: Claude-R.Blouin, Pierre Demers, Alain Ergas, Guy Hennebelle, André Pâ-quet.Gérant de la production: Suzanne Asselin.Secrétariat de la rédaction: France Sauvageau.Conception graphique: Louis Charpentier.Administration: Connie Tadros.Publicité: Suzanne Asselin.Abonnements: France Sauvageau.Index: Cinéma/Québec est indexé dans Périodex.Radar, l’Index International des Revues de Cinéma, et Film Literature Index.La revue s’engage à considérer avec la plus grande attention tous les manuscrits qui lui seront adressés.Les manuscrits ne sont pas rendus; on invite donc les auteurs à en conserver une photocopie.La revue n’est pas responsable des manuscrits qui lui sont envoyés.Les opinions exprimées à l’intérieur de la revue n’engagent que leurs auteurs.Tous droits réservés.Toute reproduction d’un extrait quelconque de la revue par quelque procédé que ce soit et notamment par photocopie et microfilm, est interdite sans autorisation spéciale de la direction.ISSN 0317-2333 sommaire Photos couverture: Isabelle Adjani, Dominique Sanda, Marisa Berenson, Joseph Losey, une charmante inconnue, Michel Piccoli.l'espace d'une journée, à Cannes.Photos Federico.Cannes 76 6 A Cannes, chaque année, s'étale sans complexe les grandeurs et les misères du cinéma mondial.C’est aussi l’occasion pour les cinémas canadien et québécois de se confronter au public étranger le plus difficile et le plus imprévisible; celui des acheteurs.Jean-Pierre Tadros fait rapidement le point.-•«r Pier Paolo Pasolini A Cannes, cette année, on a pu voir un inédit de Pasolini, Carnet de notes pour une Orestie Africaine.Marc Gervais, à qui l’on doit un “Pasolini” chez Seghers, parle du “Dernier cri d’un cinéaste au bord de l’abî me”.Miguel Littin 12 A Cannes, cette année encore, le Tiers-Monde était étrangement absent.Une exception, cependant, et elle était de taille: la présence au sein de la compétition officielle du film Actas de Marusia du chilien Miguel Littin.Anne Pierquet et Brigitte Morissette se sont longuement entretenues avec le réalisateur.Festival de l’Image 17 Le Festival de l’Image s’est tenu récemment à Montréal sous l’égide des associations de cinéastes et de photographes amateurs.Et il repose toute la question du cinéma “amateur” au Québec.8 Jean-Claude Labrecque 28 21 Le film olympique I Les Olympiques, c’est aujourd'hui chose du passé.Et pourtant, pour Jean-Claude Labrecque ces Jeux de Montréal continuent à vivre sur l’écran.C’est le réalisateur, en effet, du film officiel.Mais que sera ce film?“Une oeuvre proche de l’homme”, a-t-il répondu à Cinéma/ Québec.i J* Miguel Littin •* I Fritz Lang Des lois et des cadres (2) D’ici un mois, le sort de la Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne (SDICC) va être décidé.Mais le récent remaniement ministériel à Ottawa a amené un tout nouveau Secrétaire d'Etat, M.John Roberts.Aura-t-il le temps de prendre connaissance du volumineux dossier cinéma que lui a laissé son prédécesseur?C'est la question que tout le monde se pose.Cinéma/Québec fait le point.34 Action/Réaction Fritz Lang n’est plus.Patrick Straram le Bison ravi relance le débat autour de ce grand cinéaste.36 Critiques Au bout de mon âge, de Georges Dufaux Cap d’espoir, de Jacques Leduc Chanson pour Julie, de Jacques Vallée Jos Carbone, de Hugues Tremblay Born for Hell, de Denis Héroux Adresser chèques et mandats postaux à l’ordre de: Cinéma/Québec Toute correspondance sera adressée à: Cinéma/Québec C.P.309, Station Outremont Montréal, Québec H2V 4N1 Téléphone: (514) 272-1058 Courrier de la deuxième classe.Enregistrement no 2583.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Abonnements: Québec/Canada, un an (10 numéros): $8.00; étudiant: $7.00.Institutions: $10.00 Etranger: $10.00 Tarifs spéciaux pour les abonnements groupés ou les achats en bloc de numéros de la revue.Volumes reliés: volume 1 : $15.volumes 2; 3 et 4: $12 chacun Bilan 1975: $5.Rédaction: Jean-Pierre Tadros (514) 272-1058 Publicité: Suzanne Asselin (514) 272-8462 Abonnements: France Sauvageau (514) 272-1058 Distribution: Kiosques, tabagies (514) 931-4221 Libraries: (514) 272-1058 cinéma/québec 3 ¦ ¦ - !§x-' ¦X «ft*»'' l|§l§|N|$| •""X\ \\"" : ' ' 'V-Ç'"'' ¦xv- 'v: C est beaucoup dire mais pour les gens dans l'industrie du film, cela signifie Bellevue Pathé .automatiquement.Ce qui prouve que les bonnes nouvelles se répandent vite dans un domaine où il faut produire — ou mourir.C'est aussi une indication de la qualité.Nous nous imposons un degré d'excellence plus haut que celui du client le plus exigeant.Nos gens ont la compétence technique et notre équipement a les plus récentes innovations techniques.Ensemble, ils font des amis de nos clients.Et c'est une autre indication de qualité, comme: Productions Mutuelles - Cinévidéo - International Cinémedia Centre Vidéofilms - O.N.F.- Cinepix - Paramount -20th Century Fox - Columbia - CBC - Warner Bros.- United Artists - MCA - Universal.Notre cercle d'amis et de clients ne cesse de grandir.N'oubliez pas de vous renseigner au sujet de nos 'Services complets de doublage'.Parmi nos récentes productions et réalisations originales: • Je suis loin de toi Mignonne • Parlez-Nous d'Amour • Tony Saitta • The Little Girl who Lives down the Lane If PLUS GRAND LABORATOIRE DE P!LMS ET ORGANISATION DE FILMS SONORES AU CANADA • Breaking Point • Lies My Father Told Me • Duddy Kravitz • Partners BELLEVUE iE(Tïathé MONTREAL TORONTO 2000 Northcliffe Ave.9 Brockhouse Road Montreal, Que.H4A 3K5 Toronto, Ont.M8W 2W8 Tel.(514) 484-1 1 86 Tel.(416) 259-781 1 ‘UNE DIVISION DE ASTRAL BELLEVUE PATHE LTD./LTEE cinéma/québec ( .^ Vous avez aimé le film ne Ratez pas le livre Thérien 3 milliards de rats Gilles THÉRIEN Ratopolis Malgré les images, malgré ce qu’il dit, Ratopolis ne parle pas que des rats.Le parasitisme est une sorte de jeu de miroirs où l’on finit toujours par déceler quelque présence.L’Occident défend depuis plus de deux mille ans, un système de pensée qui fait de l’homme le maître de la nature et du lion le roi des animaux.L’écart qui sépare les deux règnes s’appelle intelligence.Ratopolis est, à ce niveau, une fable dérisoire.L’écart est comblé par le rat qui a des airs d’intelligence mais qui traduit le dégoût, le rejet.23 cm, 130 p., 18 planches en couleurs $10.95 piq Les Presses de l'Université du Québec Case postale 250 Succursale N Montréal 129, H2X 3M4 , del A- Mi V ?; : • PORTATIVE—La ACL est la plus facile à manipuler de toutes les caméras professionnelles.• SILENCIEUSE— La ACL est la plus discrète de toutes les caméras professionnelles.• VISÉE REFLEXE — La ACL est la plus efficace de toutes les caméras professionnelles.• CASSETTE-MAGASIN— La ACL est toujours prête à servir.• MOTEUR —La ACL est la caméra professionnelle conçue afin d’être complètement fiable.• MOTEUR TOUT-USAGE AVEC CONTRÔLE DE CRISTAL—Vitesses de 8 p/s à 75 p/s • INDICATEUR DE L’EXPOSITION—Via 7 LED INTERNATIONAL 31 SCARSDALE ROAD • DON MILLS • ONTARIO • CANADA M3B 2R2 DISTRIBUTEURS EXCLUSIFS POUR LE CANADA DIVISION PROFESSIONNELLE Toronto 444-m L(S W.CARSEN CO.LTD 26 cinéma/québec A production of the National Film Board of Canada Une production de i Office national du film du Canada The official film of the Games of the XXI Olympiad Montreal, 1976 Le film officiel des Jeux de la XXIe Olympiade Montréal, 1976 Distribution internationale juin 1977 International distribution June Pour plus de détails entrer en contact avec Denis Belleville Délégué général a la distribution Case postale 6100 Montréal.Qué Canada H3C 3H5 Téléphone (514) 333-3399 Telex 05826680 Câblogramme Cannatfilm.Montréal For more details contact Denis Belleville General Delegate for distribution P O Box 6100 Montreal.Que .Canada H3C 3H5 Telephone (514)333-3399 Telex 05826680 Cable Cannatfilm.Montréal t ' t J : HlyitHiltHIMMlillli lè.iimiiiiiMHHt Bureaux de l’Office national du film du Canada Canada P O Box Case postale 6100 Montréal.Quebec H3C 3H5 National Film Board of Canada Offices United States 16th Floor 1251 Avenue of the Americas New York.NY 10020 England 1 Grosvenor Square London.W1X 0AB France 15.rue de Bern 75008 Paris Japan c/o Canadian Embassy 7-3-38.Akasaka.Miruto-ku Tokyo.Japan 107 Australia 9th Floor.AMP Centre 50 Bridge Street Sydney.NSW.2000 des lois et des cadres (2) U "TESTAMENT" CINEMATOGRAPHIQUE DE M.HUGH FAULKHER m La politique fédérale du cinéma est tributaire du secrétaire d'Etat.Or, le secrétariat d’Etat connaît des heures difficiles; et c'est le moins que l'on puisse dire.Le moral y est bas, et l'imagination à bien court terme.N'empêche, le Conseil du Trésor avait donné à la Société de développement de l'industrie cinématographique canadienne (SDICC) un sursis d’un an.Un an pour redéfinir son mandat et proposer une politique de financement à long terme.Mais redéfinir le mandat de la SDICC c'est en même temps définir une politique fédérale du film.Pour ce faire, on a naturellement commandé à une firme spécialisée un volumineux rapport sur l’industrie du cinéma au Canada.C’est le rapport Tompkins.Il est maintenant prêt, et aurait dû être rendu public durant le mois de septembre.Mais voilà qu'un remaniement ministériel voit John Roberts remplacer Hugh Faulkner.D’où un nouveau délai.Mais la situation ne sera pas catastrophique nous dit-on, car ce nouveau venu est familier avec le monde du cinéma.Et puis il n’a pas le choix, car la SDICC ne peut disparaître: c’est le rapport Tompkins qui le dit.Les prochaines semaines seront donc cruciales.Ci-après on lira ce qui peut être considéré comme le testament cinématographique de M.Hugh Faulkner.Ces propos ont été prononcés il y a quelques mois devant une commission parlementaire de la Chambre des communes.Après, c'est un “scénario” dés producteurs québécois de films tel que l’a imaginé Claude Fournier, et qui fut présenté au secrétaire d'Etat et à son sous-secrétaire d’Etat, M.Fortier, lors du dernier congrès de l’Association des producteurs de films du Cuébec.La Société de développement Comme vous le savez, la SDICC a été créée en 1968 et, entre sa création et la fin de l’année financière 1974-1975, elle a investi plus de 17 millions de dollars dans la production de 168 longs métrages, dont les budgets combinés dépassent les 44 millions de dollars.De ce montant, $27 millions ont été obtenus du secteur privé, en réaction directe au fait que la SDICC participait au financement.Cette production a donné du travail à plus de 700 directeurs et producteurs, créé plus de 8,500 rôles pour des acteurs et rapporté $8 millions aux laboratoires et aux sociétés de location d’équipement au Canada.Cependant, pour mesurer le succès de la SDICC, il faut examiner non seulement l’importance de la production et le nombre d’emplois qu’elle a suscités dans l’industrie cinématographique, mais également le succès qu’ont remporté les produits finis sur le marché, or, de 1968-1969 à 1972-1975, la SDICC n'a récupéré que 11.24% de ses investissements.Pour les deux dernières années, 1973-1974 et 1974-1975, ce rendement est brus- nent e à 32.80%.C’est à cause de ce succès, et non pas malgré lui, que la SDICC et en particulier son directeur général, M.Michael Spencer, les membres de l’industrie cinématographique et moi-même souhaitons que l’on révise le mandat de la Société.L’industrie s’est développée et a acquis, avec l'expérience, des connaissances techniques et des compétences humaines nouvelles, de sorte que ses besoins ont changé.Or le mandat de la Société n’a pas la souplesse qui lui permettrait de s’adapter à ces besoins et cela provoque des déceptions chez tous les intéressés.Quelles sont les limites du mandat de la SDICC?Le but que la Loi donne à la Société a pour objet “de favoriser et d’encourager le développement d’une industrie du long métrage au Canada".Ce but a deux aspects: assurer la production des longs métrages dans lesquels on voit un important moyen d’expression culturelle et parallèlement, créer une industrie capable de produire ces films.Or, l’aspect culturel nous a dans une certaine mesure caché la réalité industrielle, le fait que les longs métrages sont les films les plus coûteux et ceux qui présentent le plus de risques, qu’ils ne peuvent, à eux seuls, devenir une industrie, et qu’ils doivent bénéficier de l’appui d’autres sortes de films, tels qu'annonces publicitaires et courts métrages.Presque sans exception, les entreprises cinématographiques de notre pays comptent pour survivre sur la diversification de leur production.A mon avis, nous devrions garder, comme objectif global, d’encourager la production de films canadiens; mais au niveau de l’action, nous devrions rechercher plus que le maintien d’une quantité suffisante de produits finis, nous devrions nous occuper de l’ensemble du processus de production.En fin de compte, nous ne devrions pas investir dans des films, mais dans les gens qui les produisent.Une politique qui ne s’occupe que des films fonctionne au jour le jour, de budget en budget, et l’ensemble des individus qu’elle épaule ne cessera jamais complètement de dépendre du gouvernement pour survivre d’un film à l’autre.Au contraire, une politique qui s’occupe de l’industrie cinématographique considérera tous les aspects du cinéma, depuis la formation de sa main-d’oeuvre jusqu’à la distribution et la projection de ses réalisations.Son but sera de créer un milieu dans lequel les cinéastes pourront se former et travailler avec un maximum d’indépendance, dans un climat aussi favorable que possible.La SDICC a adopté cette optique - elle a élargi son rôle pour s’occuper non seulement d’investir dans la production, 28 cinéma/québec des lois mais aussi de mettre au point de nouveaux programmes orientés vers la création de scénarios et l’aide à la publicité et à la distribution.Mais, comme je l’ai déjà mentionné, elle fonctionne avec un mandat qu’elle-même et l’industrie jugent trop étroit et dont la restriction la plus grave est qu'il ne permet d’investir que dans les longs métrages.Cette limitation générale a entraîné une autre difficulté majeure: ses mécanismes de financement sont eux aussi trop restreints; elle est limitée au financement par investissement et n’a jamais pu adopter de nouvelles formes de financement, notamment des prêts, que son mandat l’autoriserait à consentir.Cette limitation l’a plus particulièrement empêché de mettre au point de nouveaux programmes pour aider des sociétés de production établies de longue date.La distribution J’ai déjà dit que la politique cinématographie conçue dans l’optique de l'industrie doit considérer tous les aspects du cinéma et non pas seulement l’aspect production.En fait, c’est au moment où on laisse de côté cet aspect pour se tourner vers la distribution et la projection que l’on découvre ce qui est peut-être le problème le plus grave de notre industrie, du moins au niveau des longs métrages.Les chaînes de distribution et de projection dans notre pays sont dominées par l'étranger.Du point de vue de la culture, c’est déjà grave puisque cette domination étrangère tend à empêcher les Canadiens à voir les films de leur propre pays.Cette situation a été quelque peu atténuée par le nouvel accord concernant les quotas, grâce auquel plus de films canadiens sont présentés dans un plus grand nombre de salles, à travers tout le pays.Mais les conséquences de la mainmise étrangère sont bien plus graves pour l’industrie et bien plus difficiles à régler.Cette domination étrangère fait que les recettes des salles installées au Canada quittent le pays à un rythme alarmant — pour aller enrichir les maisons-mères installées surtout aux Etats-Unis où elles sont réinvesties dans la production de nouveaux films américains.Le Canada est la plus grande source étrangère de revenus pour l'industrie cinématographique américaine.Ainsi, pendant que le gouvernement injecte des capitaux à l’extrémité production du circuit industriel, à l'autre extrémité se produit une véritable hémorragie qui grève sérieusement la croissance économique.En demandant aux compagnies Famous Players et Odeon d’investir dans l’industrie canadienne, j’avais conscience d’obtenir une amélioration par rapport au passé, mais une amélioration qui reste tout à fait insuffisante, face à l’ampleur du problème.Beaucoup de pays ont, avec des fortunes diverses, imposé une taxe sur les recettes qui permet de retourner un pourcentage de ces recettes à l’industrie cinématographique nationale.Je suis persuadé qu’une telle taxe aurait d’énormes avantages pour nos cinéastes, mais qu’elle serait extrêmement difficile à imposer au niveau fédéral, puisque toutes les recettes provenant de taxes doivent être versées au Fond du revenu consolidé et affectées par le Parlement.Or le Parlement n’est pas lié, dans ces affectations, par l’origine des revenus.Les provinces, au contraire, sont théoriquement habilitées à imposer une taxe sur les recettes et c’est pourquoi je les ai vivement invitées à en envisager la possibilité.Malheureusement, leur réaction, dans l’ensemble, n’a pas été encourageante.Ainsi, malgré le peu de résultats, je continue à étudier cette question essentielle pour l’avenir de notre industrie, dans l’espoir que l’on finira par trouver un autre moyen d’atteindre le même but.L’Office national du film J’ai dit plus haut que le développement harmonieux de notre industrie cinématographique dépend de la diversification des produits, et que la SDICC ne doit pas se contenter de financer les longs métrages.Mais l’aide aux courts métrages non commerciaux comme l’aide aux longs métrages, ne doit pas se limiter à un apport de capitaux de production.Notre action dans ce domaine doit porter également sur d’autres questions.Ceci nous amène à parler de l’Office national du film.Créé en 1939, l’ONF n’a cessé d’être l’élément moteur dans la création d’une industrie qui ne soit pas axée sur les salles commerciales.Il a formé nombre de nos cinéastes et a donné à des gens comme Norman McLaren la possibilité de développer leurs talents et de se tailler une réputation mondiale; il a créé le marché du 16 mm éducatif dont dépendra certainement à l’avenir la croissance de notre cinéma et enfin, il a, par son originalité et sa qualité, donné au cinéma canadien une réputation internationale d’excellence.L’Office national du film est peut-être la plus grande réussite cinématographique du Canada.Comme dans le cas de la SDICC, c'est plutôt à cause qu’en dépit de ces réussistes répétées que l’industrie privée est de plus en plus insatisfaite du rôle joué par l'ONF.Pendant longtemps, l’ONF a été, ou presque, l’industrie du court métrage dans notre pays, mais avec les années, il a formé beaucoup de réalisateurs qui l'ont ensuite quitté et qui veulent à présent poursuivre leur oeuvre indépendamment, dans le secteur privé.La croissance parallèle de l’ONF et du secteur privé et, plus particulièrement, leurs efforts — chacun de leur côté — pour percer sur le marché, ont fait naître des rapports de concurrence de plus en plus dure et même de conflit déclaré.Il est évident que l’ONF ne peut exister dans l’isolement; il doit se voir dans le cadre d’une grande industrie et, comme la SDICC, jouer un rôle qui complète celui du secteur privé.Je ne saurais trop insister sur le fait que les difficultés qui séparent l’ONF et le secteur privé ne pourront être résolues par un choix entre les deux.L’un et l’autre ont un rôle essentiel à jouer, mais il est indispensable de réévaluer ces rôles respectifs et de supprimer ces chevauchements et cette concurrence qui nuisent à la productivité.Je viens tout juste d’entamer des discussions avec le président de l’ONF et avec les organisations du secteur privé qui sont directement concernées dans le but d’élaborer une politique précise sur cette question.Mais je suis d’avis que nous devons reconnaître la valeur croissante du secteur privé et l’encourager à croî tre encore.A l’avenir, la croissance de tous les paliers de la production sur le marché du film non commercial devra, avec l’aide de la SDICC, venir de plus en plus du secteur privé.L’ONF conservera cependant un rôle important sur le marché, et pour qu’il soit complémentaire du secteur privé, il faut absolument que les pratiques concurrentielles entre les deux soient scrutées et les problèmes, résolus.Je sais que plusieurs d'entre vous s’inquiètent du rôle de l’ONF dans les films commandités.Je n’ai encore pris aucune décision à ce sujet, mais je verrai, au cours des prochains mois et dans le contexte que je viens de décrire, s'il convient ou non de maintenir l’orientation actuelle.La télévision d’Etat Il me reste un sujet dont j’aimerais vous entretenir brièvement, c’est celui de la télévision.Il est clair que la télé- cinéma/québec 29 des lois.vision est appelée à se développer comme débouché de l’industrie cinématographique, surtout avec l'avénement de la télévision à péage et du disque vidéo; nous devons donc nous en occuper.J’ai entrepris un premier examen de cette question et je vais bientôt en discuter avec les représentants de l’industrie et avec ceux des chefs des organismes à vocation culturelle qui sont concernés, en particulier ceux de Radio-Canada et de la SDICC.Au point où nous en sommes, j’aimerais simplement affirmer, puisque l’industrie a déjà exprimé quelque inquiétude, qu’aucune mesure ne sera prise dans ce domaine, qui risquerait de nuire aux autres activités du cinéma.En conclusion, j’espère que cet exposé vous aura donné une idée des orientations que je vais suivre dans ma révision de la politique cinématographique du gouvernement.Je m’attacherai aux objectifs de l’industrie, avec pour but immédiat de préparer le nouveau mandat de la SDICC.Comme j’ai consacré mes remarques à des objectifs généraux, je n’ai pas abordé tous les programmes que le gouvernement fédéral administre en faveur du cinéma.Le Conseil des arts du Canada, par exemple, a un budget de plus de $1 million pour son programme de subventions au cinéma et à la vidéo.Le Bureau des festivals du film continue d’encourager la diffusion et la vente des films canadiens sur le marché international, en participant chaque année à plus d’une centaine de festivals.L’an dernier, au seul festival de Cannes, l’action du Bureau a aidé à vendre à l’étranger pour environ $2 millions de films canadiens.Enfin, le Cabinet a approuvé en principe l’idée de créer des Archives nationales du cinéma qui seraient chargées de sélectionner, acquérir et conserver des films d’intérêt historique, culturel ou social durable.Comme l’enquête sur le cinéma commandée par le Ministère vient seulement d’être achevée, et que nous devons avoir d’autres discussions avec les organismes cinématographiques et les représentants de l’industrie, les propositions dont je viens de parler sont encore très provisoires.Des plans d’action précis seront mis au point cet été, qui correspondront aux grandes lignes que j’ai tracées devant vous aujourd’hui.Hugh Faulkner (alors) Secrétaire d’Etat DES PRODUCTEURS QUEBECOIS Cher monsieur Fortier Quand nous vous parlons, nous savons qu’à cause de votre poste nous parlons directement à l’Etat.Per-mettez-moi brièvement d’identifier ceux qui vous ont invité ici et qui vous parlent.Peut-être pour n’avoir pas l’air prétentieux, peut-être aussi par souci de précision, j’ai eu recours au dictionnaire.Le Quillet de la langue française définit producteur ou productrice comme celui ou celle qui produit.Puis il définit produire par: créer, engendrer, faire naître, causer, déterminer.Vous voyez tout de suite comme moi l’importance de ceux qui vous parlent! Mais j’ai envie de vous mettre à l’aise rapidement en vous affirmant que l’Etat est au pays ce que le producteur est au cinéma.Comme nous, il crée, engendre, fait naître, cause et détermine.Je vous mettrai encore plus à l’aise en ajoutant que nous avons chacun des signes particuliers très semblables qui devraient vite nous rendre familiers.Il est courant pour l’Etat et pour nous qu’on retarde ou même qu’on essaie d’éviter le plus possible de nous rembourser le produit de notre travail.Heureusement que vous avez de ce côté des moyens de persuasion différents! Le film - c’est, vous l’avez compris, le poduit du producteur — n’est pas très choyé de ce côté-là.C’est un peu comme un enfant qui serait toujours premier aux examens et toujours dernier à la distribution des prix.Maintenant que nous sommes mieux situés l’un par rapport à l’autre, que nous savons que l’Etat et le producteur sont pour ainsi dire Man for all seasons, ce devrait être assez facile de nous comprendre et peut-être même de nous entendre! Le système politique que le pays s’est choisi et que l’Etat administre pour lui est connu et nous en acceptons toutes les lignes directrices.Il faut peut-être parfois cependant à l’avantage de toutes les parties qu’on les redéfinisse.Dans le domaine du cinéma, nous sentons monsieur le sous-secrétaire, le besoin de vous demander de borner la direction de l’Etat.Nous ne doutons pas que 30 cinéma/québec .et des cadres le tracé qu’entend suivre votre gouvernement sera fidèle au système politique dans lequel nous vivons.D’un autre côté si les journaux disent vrai et si les rumeurs ne sont pas toujours fausses, nous savons que des arpenteurs sont déjà au travail dans les champs du cinéma.Un rapport de monsieur André Lamy, commissaire à la cinématographie, et un autre de monsieur Sydney Newman, son prédécesseur au même poste,auraient déjà été déposés auprès de monsieur Faulkner.Ces rapports préconiseraient en somme la même chose: une super-structure qui remettrait en somme entre les mains des hauts fonctionnaires de l’Etat les activités privées et publiques de l’industrie cinématographique.Chacun des signataires de ces rapports se proposerait d’ailleurs lui-même à la tête de ce tout-puissant organisme.Remarquez,monsieur Fortier, nous sommes inquiets, mais pas surpris! Notre expérience de producteur nous a souvent démontré qu’un acteur qui écrit lui-même son scénario a la fâcheuse tendance de s’octroyer presque toujours le rôle principal.Dans le cas qui nous préoccupe, nous ne doutons pas de la qualité des acteurs, c’est le scénario qui nous inquiète.Le personnage principal: SDICC Comme le producteur, nous l’avons admis au début, peut créer.faire naître.j’aimerais monsieur Fortier vous faire part de ce que j’appellerais le scénario de l’Association des producteurs de films du Québec.Un des personnages importants de ce scénario: c’est la Société de développement de l’Industrie cinématographique canadienne aussi appelé SDICC.Pour sauver du temps, je sauterai vite l’étape du premier “draft” de ce scénario.Dans cette version, SDICC n’a pas toujours dépensé l’argent comme il aurait dû, son caractère était changeant, mais on lui pardonne, il était jeune! Dans la version que nous proposons maintenant, SDICC a mûri.Il ne met plus tous ses oeufs dans le panier du long métrage; il envisage sérieusement la télévision, le court métrage, il pourrait même lorgner vers tout autre secteur du vaste monde de “l’entertainment”; SDICC fait de plus en plus confiance aux compagnies dont il est le partenaire, il leur laisse plus de liberté, il trouve des façons d’éviter l’arbitraire et le parti-pris dans ses manières de dépenser.pour tout résumer SDICC n’est plus un jeune premier changeant et capricieux, il a mûri, c’est presque le partenaire idéal! Parce que l’Etat ne laisse pas trop SDICC s’inquiéter de son compte en banque, il peut même planifier à l’avance.Ce qui le fait songer à l’avenir.L’autre personnage principal du scénario, c’est l’industrie.Elle aussi a mûri.Contrairement à la notion souvent répandue dans les chambres et à la Chambre, elle ne montre pas son derrière aussi facilement qu’avant, elle a plus de vertu et de qualité que ses rivales lui en attribuent.Elle est sur le point de réussir.Elle a même assez de maturité pour accepter que SDICC l’aide à se régulariser, l’aide à développer des attributs financiers qui seront égaux à ses qualités artistiques et techniques.Elle désire aussi pouvoir mieux subvenir elle-même à ses besoins.Car si elle s’examine dans son tout: exploitation, distribution et production, l’industrie se croit saine.Supposons que l’Etat mandate sérieusement SDICC de faire le tour des provinces pour les convaincre qu’une portion directe du “box office” devrait revenir à la production, l’industrie pourrait s’émanciper encore davantage.Elle n’aurait pas l’impression de quémander une dote qui pourtant lui est due.Dans le déroulement normal des choses, nos deux personnages sont mûrs pour un mariage d’amour et de raison.Vous voyez, monsieur Fortier, comment le scénario est simple et direct.On peut s’identifier aux personnages, l’histoire se raconte facilement et se retient facilement.Encore une fois, notre expérience de producteurs nous a démontré qu’avec ce genre d’histoire on fait des films qui marchent et que le public apprécie.Ca ne veut pas dire que c’est un conte de fées.Notre scénario est comme la vie.On rit, on s’attendrit, on pleure.Un vieux parent: ONF On pourrait penser par exemple à une séquence un peu mélo impliquant ONF, ce vieux parent de SDICC, notre personnage central.C’est un aieul respecté qui vit depuis un certain temps branché sur son ressuscitateur et dont les signes vitaux sont de plus en plus plats.A son chevet, plein d’attention, veille monsieur Lamy, lui dont le dynamisme et la vigueur charmaient tellement Industrie au temps où il la fréquentait.Tout à coup la question pourrait se poser, brutale: débranche-t-on, débranche-t-on pas?Le vieux laisserait en partant plusieurs enfants dont certains ont déjà pris leur retraite et d’autres dont se chargeraient sans doute SDICC et Industrie.Puis il laisserait toute une collection d’effets personnels: oscars, lions et palmes d’or, d’argent et de bronze.Mais parce qu’on est au cinéma et que tout est possible, l’aieul respecté pourrait mourir et revivre dans un autre monde, sous une autre forme; il pourrait, rajeuni par cette ré-incarnation, susciter dans le milieu de nouvelles flambées de respect et d’amour.L’oncle riche: CBC Il y a aussi un oncle riche, très puissant et présent, dont on n’a pas encore parlé et qu’on retrouve tout au long de notre histoire: c’est CBC.CBC a les qualités et les défauts de beaucoup de gens qui n’ont pas eux-mêmes amassé leur fortune.On oserait croire qu’il ferait preuve facilement de généro- cinéma/québec 31 des lois site envers Industrie.Détrompez-vous! C’est un jaloux un peu radin, sauf pour lui-même.Même Industrie n’entre pas comme chez elle à la maison de son oncle, boulevard Dorchester.D’ailleurs, chaque fois qu’ils se voient, on sent combien l’oncle manque de confiance envers sa nièce et combien surtout, faisant mine de la gâter, il lui donne des bricoles dont Industrie est la première à rire tant elles sont sans commune mesure à la richesse de l’oncle.Ce dernier pourtant n’hésite jamais à acheter un peu partout à l’étranger des produits que lui fournirait Industrie avec tant de plaisir s’il normalisait seulement ses relations avec elle.Ce n’est pas impossible que l’alliance de SDICC et Industrie réussissent à ramener ce grognon à la raison.Le scénario n’a pas encore écarté la possibilité d’une scène supplémentaire au cours de laquelle Industrie se rendrait avec ses cousins CRTC et Conseil du Trésor chez l’oncle récalcitrant.L’un de ses cousins-là administre l’héritage de l’oncle; l’autre n’a pas froid aux yeux et quand il élève la voix, il fait le silence autour de lui.J’ai failli oublier de vous parler de la présence d’un autre personnage qui gravite constamment dans ce milieu: c’est Conseil des Arts, encore un autre oncle.assez à l’aise.Lui, c’est un mécène discret et très éclectique.Il aime à peu près tout.mais en vieux célibataire il a parfois des caprices plus difficiles à comprendre mais qui ne gênent pas.Sa présence est positive à peu près chaque fois qu’elle se manifeste.De toutes façons, c’est un personnage secondaire du scénario.Ce n’est pas le déclencheur de drame ni l’initiateur d’action.A la recherche d’un dénouement Je sens, monsieur Fortier, que vous vous mourez d’envie de connaître la suite et le dénouement du scénario APFQ.Mais comme scénariste, APFQ se trouve actuellement un peu bloqué.Nous en sommes là avec la version actuelle et c’est pourquoi nous aimerions recourir à vos services pour travailler avec nous à la version finale qui elle, forcément, comportera tous les éléments nécessaires d’une fin heureuse.Avec notre expérience de producteurs nous savons qu’un scénario à fin heureuse a toujours plus de succès, marche toujours mieux auprès du public.Nous savons aussi combien tout le monde vous sollicite - les bons scénaristes sont tellement rares - mais l’attention que vous avez portée au déroulement de nôtre scénario encore incomplet nous laisse espérer que vous aurez envie de le continuer avec nous.APFQ, je vous l’assure tout de suite, est prêt à collaborer.Il n’a pas les petites susceptibilités qu’on trouve souvent chez les gens de son métier.Je peux vous l’assurer tout de suite: trouvez une fin heureuse à son scénario et APFQ vous laissera même tout le crédit au générique.APFQ qui a beaucoup d’amis chez les distributeurs est déjà assuré qu’ils distribueront avec plaisir un film qui part d’un aussi bon script.Mais hélas, comme toujours dans le métier, monsieur Fortier, le temps presse et sans vouloir bousculer votre inspiration, je n’ai pas besoin de vous dire combien nous espérons commencer rapidement la préproduction et mettre tout en place pour le premier tour de manivelle.On sent déjà dans l’air l’excitation normale qui accompagne toutes les grandes productions.Claude Fournier président sortant de l’APFQ es films truca ANIMATION ¦ TITRES •SUPERPOSITIONS GONFLAGES 16 35mm • REDUCTIONS 35- 16mm ECRANS MULTIPLES * EFFETS SPLCIAUX TIRAGES PAR IMMERSION (pour enlever les rayuresI ET BEAUCOUP D AUTRES TRUCS services complets d'optiques et d'animation 1485 BLEURY - suite 301 A - MONTREAL.130 tel 849-3621 32 cinéma/québec a«»len*S a» la ’•¦vivi".£iyi|| ACPAV présente un film de JEAN-GUY NOEL MICHELINE LANCTÔT SUZANNE GARCEAU CLAUDE MAHER GILBERT SICOTTE et la participation de LOUISE FORESTIER JEAN LOUIS WLLETTE ¦ GUY L‘ÉCUYER mustquo rte GEORGES LANGFORD (mage FRANÇOIS BEAUCHEMIN S0« HUGUES MiGNAUlT montage MARTE® «te te CHÊVROTféRE souflage tes Films îryça Me production MARC DAIGLE RENÉ GU6ISSAZ pma Fassoctetton coopérative «te productions ap#p vwtetes la Société «te développement rte Tiratestm ctrteotetograpNque canadienne ¦ tes Cinémas un» covîfor t«« tA80*ATOi*SS «te :Éf GU66LC Les projections auront lieu: à Montréal, au cinéma OUTREMONT, les 8, 9, 10, 11, 17, 18, 25, 26 octobre et les 2, 3, 10, 11, 15, 16 et 23 novembre à Québec, au cinéma CARTIER, les 15, 16, 17, 18, 25, 26 octobre et les 2, 3, 10 et 17 novembre à Sherbrooke, au cinéma FESTIVAL, les 9, 10, 11, 12, 13, 20, 21 et 28 octobre à Trois-Rivières, au cinéma LUMIERE, les 16, 17, 18, 25, 26 octobre et les 2 et 3 novembre cinéma/québec 33 QU'EST-CE QUI PARLER DE FRITZ par patrick straram le bison ravi MEFAIT LANG ?Fritz Lang est mort.Pierre Véronneau doit être réjoui.Et quelques staliniennes et staliniens au jdanovisme satisfait, dans un champ culturel de plus en plus désespérément vide, sans substance, sans expérimentation.Tandis que la classe possédante/ dominante accélère son entreprise d’ignorantisation: de déresponsabilisation: de robotisation, avec des moyens idéologiques même plus contestés.(On est surpris que la Cinémathèque québécoise distribue un texte dogmatique et bas non signé par Véronneau, qu’elle a donc l’air d’avoir endossé, lors de la présentation de “M le maudit” (1).Quant à citer Brecht pour mieux assassiner Lang, cela relève d’une pratique de gauche maintenant généralisée et en tous points identique aux pratiques de droite: plus besoin d’explications, il n'y a plus de contradictions, quelques paroles d’évangile(s) suffisent qui légitiment n’importe quelle Inquisition.Or Brecht, d’une lucidité sans pareille quant à l’écriture dans les rapports de production et les rapports sociaux, n’y a guère plus compris grand-chose au cinéma qu’à la musique ou la peinture, et il écrivait à Hollywood le journal d’un immigré en butte à bien des difficultés, sans grand souci théorique.) Les critiques de cinéma québécois, comme ils l’avaient fait au moment de la mort de Visconti, ont publié les communiqués des agences de presse (innocente, cette paresse?).Dans “Chroniques”(20-21 septembre 76), ‘‘à propos d’un film réaliste” s’étale un expressionnisme/im-pressionisme qui ne trompe pas.J’avais déjà dit combien je désapprouvais le texte de André Morf sur “L’honneur perdu de Katharina Blum” - ajouté sans me consulter (j’étais à l’hôpital) à l’entretien que nous eûmes avec Volker Schlôndorff, Laurent-Michel Vacher et moi (“Chroniques” 14, février 76), type même de la “critique” que je critique depuis 15 ans.Rien ne peut plus desservir une politique de gauche que cette approche du culturel “objective” et catéchisante à la fois.Bien que je déteste plutôt le sens de ce que fait Rainer Werner Fassbinder, je reconnais que André Roy fait de “Fox et ses amis” une lecture critique, déchiffrant le fonctionnement spécifique du film avant de le situer politiquement (même “Chroniques” 20-21).Une idée (aussi bien sa pratique) sépare radicalement Morf et Roy: Auparavant, la (1) NDLR: Afin de mieux situer le débat, voici le début du texte dont fait mention Patrick Straram: “Lang termina sa carrière cinématographique en 1960 dans la déconfiture la plus complète tant par le choix des sujets que par une narrativité de bas commerce.A cette même époque, l’équipe de jeunes critiques des CAHIERS DU CINEMA, droguée par les vapeurs de la fumeuse politique des auteurs et abusée par la relative qualité des Lang d’avant-guerre, porta haut le drapeau du génie langien en en faisant presque le phare de l’histoire du cinéma.Truffaut ne ratait pas une occasion d’encenser le maître.Godard alla même plus loin dans LE MEPRIS: il met en scène un réalisateur en tournage (Piccoli), une vedette (Bardot) et Lang, l'Artiste-Culture qui n’a que Dante et Holderlin à la bouche et quitte la salle en disant: “Ce n’est plus la présence, c’est l’absence de Dieu qui rassure l’homme''.Le culte de l'auteur fabriquait son imagerie sur mesure pour mieux croire en ses propres transmutations.Mais face à l'idolâtrie et à la mystification, il faut rappeler quelques mots d’un iconoclaste célèbre, Brecht qui dans son JOURNAL, à propos de THE HANGMEN ALSO DIE, stigmatise, par des remarques acides, les procédés rapaces et malhonnêtes de Lang.(.) " S&L9H photo Pierino di Tonno A Montréal, Fritz Lang et Jean Renoir critique servait à décrire le cinéma.Maintenant, elle doit servir à le transformer.L’obédience au dogme n’y change rien.Change tout (pas d’expérimentation scientifique si le Livre fait Loi).Décrire — ou transformer.Il y a production d’écriture, qui réécrit le film analysé, dans la critique comme la pratique André Roy.Le cinéma qui m’intéresse et me plaît n’est pas celui de Biberman, qui décrit (dont je sais assez le mérite: j’ai présenté “Le sel de la terre” 2 semaines à l’Elysée en 1961, d’ailleurs sans parvenir à associer à l’entreprise les syndicats), mais celui de Jancso, qui transforme — comme à un certain point limite je préfère Godard et Straub à Sanjinès et Littin, Groulx à Arcand.Je ne sais pas d’autre critique, inscrite dans le politique d’y inscrire le culturel (que formule une esthétique, qui renvoie ou non à une éthique).Il est vrai qu'un Véronneau me disait que des marxistes authentiques et conséquents n’avaient que faire d’écrivains aussi petits-bourgeois et décadents que Mallarmé et Lautréamont.Je n’ai pas cessé de parler de Fritz Lang.(Ce qui précède relève-t-il de l’ordre des règlements de compte?Ceux-ci précisément servirent à Lang pour dire une Histoire et sa morale.) Je me souviens d'un Lang admirable lors d’un débat télévisé, pendant le Festival International du Film de Montréal 8, en août 1967, alors que venait d’être interdite la projection de “High” de Larry Kent.CENSURE/CRITIQUE Il suffirait sans doute de penser ce rapport pour savoir quelle critique faire.(Ce qui n’a rien à voir avec faire de la critique de films d’une part, et d’autre part dénoncer la censure.) Indice, repère.“Cahiers du cinéma” 265, mars-avril 1976.Serge Toubiana: “Il se passe aujourd’hui le phénomène suivant: il faut mettre la critique au pas, et au diapason de la restructura- 34 cinéma/québec tion actuelle, capitaliste, de l’industrie cinématographique.La mettre au pas ne veut pas dire qu’elle fût rebelle auparavant.(.) Disons qu’elle n’était pas rentable.Il faut aujourd’hui que la critique soit à la hauteur de ce que lui demande l’industrie: être un rouage de plus de l’appareil, pour favoriser la rentabilité du cinéma; concrètement, assurer mieux la promotion des films, plus que l’information ou la critique.Comment?En intégrant les critiques dans les nouvelles fonctions que leur offre l’industrie.” Intégré dans les structures de la production cinématographique hollywoodienne, Fritz Lang n'a cessé d’y traiter de la censure et de la critique.C’est plus difficile mais plus efficient qu’oeuvrer à gauche dans une perspective libérale (ou exécutionnaire mais en vase clos, sans déranger aucun ennemi réel — si l’on pense ici le rapport Marx/Freud, s’éclaire la différence de critique entre André Morf et André Roy, s’éclaire l’utilisation de Brecht d’un Pierre Véronneau et celle d’un Jean-Marie Straub: il en va du devenir concret d’une critique marxiste, et que ce soit justement tel critique qui enseigne à l’Université Concordia, choisissant d’y enseigner.Truffaut!).Et de “Fury” (1936) et “You only live once” (1937) à “While the city sleeps” (1955) et “Beyond a reasonable doubt” (1956), Fritz Lang a composé l’une des oeuvres qui auront le plus écrit une Histoire des Etats-Unis, avec celles de Howard Hawks et de George Cukor.Tandis que “Rancho Notorious” (1951) et “Moonfleet” (1954) sont de ces films qui construisent un cinéma moderne (quand tant de films “socialistes” reconduisent un langage petit-bourgeois aliéné/aliénant).Lang ne militait pas.Il ne faisait pas d’agitation/propagande.Il faisait des films qui transformaient le cinéma.A propos constamment de la censure et de la critique, toutes les censures, toutes les critiques.Le premier Lang était sans doute trop enclin à faire l’éloge d'un héros germanique deus es machina, l'esthétique, d’une nouveauté indéniable, conduisant trop à la volonté de puissance (ainsi le cycle des “Niebelungen” en 1923 et 24; et les “Mabuse” en 1922 et 32 et Metropolis” en 1926 ne sont pas sans équivoque).“M le maudit” (1931), film d’une rigueur remarquable, inaugure le cinéma qui va se concrétiser dans les contraintes de Hollywood, dont “Secret beyond the door” (1948), “Clash by night” (1951), “The big heat” (1953), “Human desire” (1954) ne sont que quelques-unes des pointes les plus acérées.“M le maudit”, en soi dramaturgie inflexible et exemplaire, est à la fois le constat le plus implacable et le lieu de plusieurs analyses/critiques possibles, oeuvre ouverte donc s’il en est une et à partir d’un enfermement total comme sujet — on est ici à proximité des quelques oeuvres fondamentales qui transformèrent l’intelligence qu’on peut avoir du monde, et je pense à Shakespeare et à Dostoïevski.Mais Lang questionnait l'homme à travers les mécanismes inhérents au cinéma, cet incomparable moyen d’enquête et d’élucidation (si on ne l’efface pas au profit d’un humanisme qui importerait seul et rendrait accessoire le matériau — expres-sionisme/impressionisme).C’est cela le véritable modernisme de Fritz Lang, que je n’ai pas fini de lire.Le profond malaise provient peut-être de ce que Fritz Lang filme en clinicien un monde à la fois affalé et crispé, où tout est relatif à l’argent, à la mercantilisation, et où ne perturbent que des accès d’individus solitaires hors de toute norme (effrayants donc).L'ordre établi est éclaté un court moment de bruit et de fureur, sans perspective autre que celle d’un assouvissement égoïste, qui n’y peut rien changer à la corruption des pouvoirs et la terreur des êtres.Vision d’un monde actuel trop juste pour ne pas déranger en profondeur, et ni la gauche ni la droite n’aiment qu’on les dérange.Mais s’il s’agissait d’une phénoménologie dont la gauche ait à s’occuper au lieu de l’occulter, par là même aggravant le malaise?Quant à moi, ce sont les films confortables que je ne supporte pas, qui m’ulcèrent, quelle que soit leur couverture idéologique précisément ceux conformes à un monde à la fois affalé et crispé, ce monde auquel sait forcer la classe possédante/dominante, à laquelle on ne dispute plus l’information (coercition exercée au moyen de l’injustice, l’inconsistance et l’indifférence scientifiquement programmées, contre quoi Lang s'insurgea désespérément toute sa vie, y opposant une oeuvre faite d’intelligence, chaque film visant à fournir une information qui ait pour évidence l’intelligence de la mise en scène — quant à la critique, elle s’insurge ou non: elle ne s’insurge sans doute pas beaucoup, peu importent les “déclarations de principes”, si l'on en juge par le pouvoir de plus en plus indiscuté qu’acquièrent toutes les sortes de censures, dont la pire est celle des distributeurs, de films et de toutes les autres marchandises).Fritz Lang est mort, critique qui inlassablement opposait l'intelligence aux censures: découvrir le larvaire qui lui sur-vit, qui fait le jeu objectivement des pouvoirs occupés à déculturer/dé- shumaniser.On vit bien à savoir sa mort (et ce qui la provoque).Avec Fritz Lang c'est une part de moi-même qui meurt, éclairant d’autant les provocateurs (qui ont toujours besoin qu’on en finisse une fois pour toutes avec toute intelligence, comme l’indique la résurgence de la mode anti-intellectuels, première bave de la bête immonde, ainsi Brecht appelait-il le fascisme).Août 67.Avec Jean-Louis Comolli nous étions dans sa chambre à l'hôtel Windsor pour nous entretenir avec Fritz Lang.J’avais mentionné n’avoir pu encore manger.Peu après, un garçon roulait dans la pièce une table chargée d’un repas plantureux, qu’il fallut bien que je termine avant que l’entretien reprenne.Plus tard, il remit joliment à sa place un directeur du Festival International du Film de Montréal en m’ouvrant la portière, qui m’avait été fermée au nez, de la limousine qui devait le conduire à Dorval, j’y allais avec Fritz Lang, ainsi en avait-il décidé sans discussion, aussi indigné soit le directeur.Pas un Québécois n’y aurait pensé, un Québécois du milieu cinématographique.Dans d’autres milieux, au contraire, il dépend de moi seul qu’on y tolère des gens du cinéma.Et je considère vivre du bon bord.Comme Fritz Lang devait considérer vivre du bon bord, filmant dans l’appareil hollywoodien infernal l’Histoire des Etats-Unis, et le destin de l’homme: c’est l’homme, Censure/Critique.J’ai revu Lang en 69 à Berkeley.Lui ne me voyait presque plus.Mais il se souvenait très bien du petit singe en peluche que je lui avais offert à Dorval, un petit frère pour celui auquel il m’avait présenté au Windsor.Fritz Lang avec Johanne Harelle (la vedette de “A tout prendre” de Claude Jutra) fc,.Il me plaît de répéter en 1976, en guise de salut à Fritz Lang, ce qu'écrivait en 1957, à propos de “Beyond a reasonable doubt”, Jacques Rivette: “Rien n’est ici sacrifié au quotidien, ni au détail: aucun propos sur le temps qu’il fait, la coupe d’une robe, la grâce d’une démarche; si l'on note la marque d’un maquillage, c’est pour la suite de l’intrigue.Nous sommes plongés dans un univers de la nécessité, d'autant plus sensible qu’elle fait bon ménage avec l’arbitraire des postulats.(.) Si ce film est négatif, ce ne peut être qu’à la façon du pur négatif, dont on sait qu’il est aussi la définition hégélienne de l’intelligence.” Bertolt Brecht: “Nous, les sentiments nous poussent à demander à la raison des efforts extrêmes; et la raison éclaire nos sentiments.” Parce qu’il utilise le détour de l’inquiétante étrangeté, tout en collant étroitement au réel que la mise en scène déchiffre, c’est le plus vital de l’homme que Lang expose et ausculte, le secret derrière la porte.Pratique de la matérialité cinématographique pour elle-même, pour que toutes ses virtualités servent.Morale — tout se joue à l’intérieur d’un spectre censure/critique.L'homme avait chaleur et style, que fondaient intelligence et ironie.Qu’est-ce qui me fait parler de Fritz Lang?Le reste.Et je n’en ai pas fini avec Fritz Lang.6/8 septembre 76, Montréal cinéma/québec 35 photo Pierino di Tonno Au bout de mon âge Un film québécois de Georges Dufaux.Assistante à la réalisation: Diane Lé-tourneau-Tremblay.Images: Jacques Tougas.Son: Jacques Blain, Serge Beau-chemin.Montage: Suzanne Allard, Georges Dufaux.Producteur: Jean-Marc Garand.Production: Office National du Film.Caractéristiques: couleur, 16 mm (documentaire).Durée: 90 minutes.Distribution: ONF La plupart des critiques publiées après le lancement du dernier film de Georges Dufaux soulignaient avec raison la charge dramatique (pour ne pas dire pathétique) de Au bout de mon âge.Un couple de vieux très digne, sur le point de quitter la vie, se voit forcé par les circonstances de rompre avec cette simplicité, cette tendresse qui les avaient rapprochés toute la vie.Adélard Levasseur se refuse à prendre le chemin du centre de malades chroniques.Il ne comprend pas qu’à 80 ans, un vieux ne puisse pas mourir chez lui, auprès de sa femme.Au bout de mon âge, c’est d’abord ce problème du déracinement que doivent affronter trop de nos vieux dans notre société de “foyer d’accueil”, de "foyer de l’âge d’or”.'.Jean V.Dufresne a bien résumé ce film dans sa chronique du 22 avril 1976 (Montréal-Matin): “Le film relate plus qu'il ne raconte, avec une effrayante sérénité, le subtil et implacable processus de dépaysement chez le vieux Levasseur arraché à sa vieille, à son logis, à ses objets.Il ne lui reste plus qu’à fumer le cigare et qu'à se souvenir de son âge'’.S’il y a une première leçon à tirer de Au bout de mon âge, c’est sûrement qu’on ne dépayse pas des vieux de 80 ans n'importe où et n’importe corn-ment.Ce film de Georges Dufaux, comme son précédent sur les services d’urgence dans nos hôpitaux québécois, A votre santé, interroge d'abord notre degré de “civilisation” actuelle.Nous sommes une génération de Québécois qui avons perdu trop vite la mémoire.Pendant des générations, nous avons accordé à nos personnes âgées la place d’honneur à l’intérieur de nos cellules familiale et sociale.Depuis une dizaine d’années, nous les parquons dans des foyers anonymes pour les oublier le plus rapidement.En oubliant du même coup que nous finirons peut-être un jour' comme Adélard Levasseur, impotent, incapable de répondre à ceux qui prennent les décisions pour les vieux.Au-delà de la remise en cause des politiques caduques du ministère des Affaires sociales du Québec, Dufaux questionne la conscience collective des Québécois de 1976, celle qui fait que nous conservons toujours quelques structures mentales et affectives différentes des Américains ou des Anglais.“Si les soins à domicile avaient été bien organisés, si Mme Levasseur avait eu de l’aide durant la nuit, quelqu'un deux après-midis par semaine pour qu’elle puisse faire ses courses, et si elle avait eu l’assurance d'une assistance médicale à n’importe quel moment de la nuit et du jour, ç'au-rait été bien différent.En Suède, il y a huit fois plus de personnes qui s’occupent des gens âgés qu’ici.Nous avons construit quelques belles bâtisses et établi des services, mais ce n’est pas considérable.Ce n’est pas comme autrefois: les vieux avaient un rôle familial et bien souvent économique.Du fait qu’on les a dépossédés, plus, qu’on les a sortis de la maison, ils vont effectivement fonctionner de plus en plus mal.Il va falloir arrêter de penser à des solutions globales et de confier au gouvernement le rôle qu’on ne veut pas assumer.Les soins à domicile coûteraient moins cher que la construction de ces baraques-là et seraient plus efficaces.Quand il y a deux ou trois personnes âgées dans une rue, les voisins devraient pouvoir en prendre soin.(La Presse, 1er mai 1976).Nous avons oublié ce que nos ancêtres nous avaient laissé en héritage: l’attachement à nos racines individuelles et collectives.Je dirai qu’on juge plus une nation qu’une société à ce qu’elle fait de ses vieux.Au bout de mon âge peut être considéré comme un film nationaliste, patriotique même, si l’on admet avec son réalisateur que les Québécois ont perdu le sens de leur patrimoine familial.S’occuper de ses vieux, les laisser mourir comme ils veulent, ne pas laisser cette responsabilité entre les mains des fonctionnaires gouvernementaux, c’est lutter pour l'autonomie de notre collectivité.En plus, si l’on replace un film comme Au bout de mon âge dans le contexte global du cinéma québécois, on ne peut s’empêcher de le considérer comme une réponse au film “idyllique” de Jean-Pierre Lefebvre, Les dernières fiançailles.Lefebvre avait choisi de nous montrer un couple de vieux sur le point de mourir en toute sérénité, entouré de pommiers en fleurs.Leur vieillesse, leur troisième âge, coulait comme une fontaine de Jouvence.On avait reproché à Lefebvre, lors de la sortie de son film, son manque de conscience des problèmes actuels du troisième âge.Mais par contre, Les dernières fiançailles nous donnait 36 cinéma/québec ;’• " m*2z •: '£#.• :> * *.v\%V ¦ja&mtA \, ¦**» % une admirable leçon de cinéma intimiste.Désormais, pour être “honnête”, il faudra programmer le film de Du-faux avec celui de Lefebvre dans les foyers de personnes âgées.On aura alors les deux côtés de la médaille de la vieillesse québécoise.En somme, Au bout de mon âge s’inscrit bien dans la tradition du cinéma direct de l’ONF pour une raison fort simple: après avoir vu un film comme celui-là, les chroniqueurs des affaires sociales dans les journaux sentent le besoin de prendre la parole et de remplacer les critiques de cinéma.Quand la majorité des films québécois concerneront tous ceux qui s’occupent de transformer la société québécoise; quand, dans les journaux d’ici, les critiques de cinéma seront remplacés par leurs confrères et les éditorialistes, on pourra dire que le cinéma québécois questionne résolument sa réalité sociale et nationale.Car le cinéma direct québécois (comme celui que pratiquent Georges Dufaux, Pierre Perrault, Bernard Gosselin, Arthur Lamothe, Maurice Bulbulian, Gilles Groulx, Robert Favreau, Michel Gauthier, etc.) n’a d’autres prétentions que de nous faire éclater en plein visage nos injustices sociales, nos erreurs collectives, notre peu de conscience historique.Filmer pour que nos vieux, entre autres, meurent en harmonie, sans sacrer d’impuissance.Pierre Demers Cap d’espoir Un film québécois de Jacques Leduc.Assistant à la réalisation: Lucien Ménard.Images: Alain Dostie et Claude Larue.Assistant à la caméra: Guy Ré-millard.Musique: Denis Drapeau-Chanson: “La révolution française”.Son: Yves Sauvageau.Montage: Claire Boyer.Interprètes: Denis Drapeau, Sylvie Paquette.Producteur: Pierre Maheu.Production: Office National du Film.Caractéristiques: couleur; 16 mm.Durée: 58 minutes.Distribution: ONF.En février dernier, l’ONF levait l’interdit de diffusion du film Cap d’espoir de Jacques Leduc produit durant les mois d’été de 1968.A l’époque, le film avait été jugé trop “vulgaire” (“ass whipping is distasteful” selon Hugo McPherson) pour être montré dans le circuit communautaire de l’ONF.En fait, c’est plus l’époque que l’ONF qui a “censuré” ce film comme l’admet d’ailleurs Jacques Leduc dans le cahier numéro 12 du CQDC préparé par Jean-Pierre Bastien et Pierre Véron-neau: “Si Cap d’espoir arrivait aujourd'hui, il n'y aurait plus de problèmes.Les problèmes que la direction voyait étaient vraiment des problèmes moraux, genre dialogue grossier, scènes grossières, etc.Mais on a accordé plus d’importance à Cap d’espoir qu'il en méritait’’ (p.48, Jacques Leduc, essai de travail d’équipe, CQDC, Juillet 1974).Sur ce point, l’interdit pour quelques années de Cap d’espoir fait penser à celui du documentaire de Louis Portugais produit par le Parti libéral de Jean Lesage, Jeunesse année 0 (1964).En 1964, en pleine révolution tranquille, les parents acceptaient mal de voir et d’entendre leurs enfants — qui venaient de “gagner” le droit de vote à 18 ans — dire qu’ils approuvaient les actions violentes des premières cellules felquistes.Ces aînés, ces élites politiques à peine sortis de la grande noirceur se demandaient pourquoi leurs enfants lisaient à la terrasse des cafés Les fleurs du mal de Baudelaire et négligeaient leur devoir dominical (messe et vêpres).Ce qui choquait dans Jeunesse année 0, c’était d’entendre (le film est un long interview avec de jeunes québécois de toutes les régions du Québec) notre jeunesse douter de ses hommes publics et oser remettre en cause l’organisation des loisirs de leur municipalité (sic).Aujourd’hui, Jeunesse année 0 fait sourire.Mais situé dans son contexte socio-politique, il se justifie.Comme d’ailleurs ce Cap d’espoir de Jacques Leduc.En 1969, un an avant les événements d’octobre, on (la société québécoise dans son ensemble, et l’ONF en particulier) accepte mal de voir et d’entendre un collégien québécois sacrer contre l’information officielle, c'est-à-dire Power Corporation, les manchettes des journaux de la belle province, la télévision quotidienne, notre “amer-ican way of live”, nos gros chars, nos politiciens démagogues et notre belle jeunesse amorphe et impuissante.Dans un film comme Cap d’espoir, il y a toute la démobilisation des étudiants québécois après les occupations des Cégeps de 1968.Il y a également ce besoin bien légitime des jeunes d’alors de montrer leur cul et de faire “manger de la marde” aux spectateurs de leur vie, leurs parents, leurs profs, leurs politiciens et les idoles des autres.Ce qui suffit amplement pour faire un anti-film documentaire sur notre jeunesse en vacances autour cinéma/québec 37 de la Gaspésie.Comme.toute contestation spontanée, comme toute révolte, le film de Jacques Leduc manque de “structures”, comme diraient Bastién et Véronneau.Quand on est désabusé, quand om veut couper les ponts avec une génération et une mentalité, pour ne pas dire une époque, ce n’est pas toujours facile et possible de structurer le récit, le discours critique.Il vaut d’ailleurs mieux que la révolte (essentiellement individuelle dans Cap d’espoir) coule de source, spontanément comme le sable de la mer.Malgré tout, on ne peut difficilement rester insensible à ce tour guidé de Gaspé que nous pro-' pose Denis Drapeau, ce “Pierrot le fou, du cinéma québécois,” le petit cousin de cet autre personnage aussi révolté joué par Pierre Harel dans Entre tu et vous de Gilles Groulx.Cap d’espoir est essentiellement le cri d’impuissance d'une jeunesse québécoise sur le point de tomber dans le “bag” des révoltes individuelles et mystiques.Ce que symbolise, à mon avis, cette présence féminine muette tout au long du film.On retient également de Cap d’espoir ces jeux de mots parfois subtils de Denis Drapeau comme, par exemple, “Au Québec on brûle beaucoup de choses, sauf les étapes”.Comme Jeunesse année 0, Cap d’espoir fût nécessaire en son temps.En voyant ce beau plan de la Maison du Pêcheur de Percé on comprend pourquoi Jacques Leduc se trompe en répudiant ce film.Cap d’espoir a son importance pour le cinéma québécois qui ose dénoncer.Merci monsieur Lamy.Pierre Demers Chanson pour Julie Un film québécois de Jacques Vallée.Scénario: Jacques Vallée et Michel Gar-neau (d’après une suggestion de Jean-Pierre Ferland).Images: François Pro-tat.Musique: Jean-Pierre Ferland et André Perry.Son: Pierre Blain.Montage: Avdé Chiriaeff.Interprètes: Anne Dan-durand (Julie), Jean-Pierre Ferland (Paul), Danielle Roy (Jeanne), Frenchie L.Jarraud (Eddie), Valérie Panaccio (Julie à 7 ans), Jacques Thisdale (Georges).Producteur: Pierre Lamy.Production: Les Productions Pierre Lamy Ltée; avec le concours financier de la Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne.Caractéristiques: couleur, 35 mm.Durée: 92 minutes.Distribution: Cinépix Inc.Même pour un cinéaste pourvu d’une certaine expérience technique, la réa- lisation d’un premier long métrage dramatique représente une aventure semée de périls.Une fois l’énorme machine lancée sur les rails, il faudra la maîtriser jusqu'à la fin.Ne pas seulement savoir où l’on veut la mener, mais l’y mener.Perd-on, en cours de route, le contrôle d’un seul élément, c’en est fait, le fragile équilibre est rompu.On m'aura vue venir avec mes gros sabots.Ces précautions oratoires sont destinées à nous rappeler que si une première oeuvre nous déçoit, il ne faudrait pas condamner irrémédiablement son auteur mais lui accorder le bénéfice du doute.en tout cas jusqu’à son prochain film.Pourquoi Chanson pour Julie m’a-t-il déçue?Il y avait, au départ, des éléments prometteurs: un scénario intéressant, une distribution neuve et un débutant chevronné: Jean-Pierre Ferland.En train d’accoucher de son premier enfant, une jeune femme se souvient (et se délivre) de son premier amour.On revit cette histoire depuis l’enfance de Julie.Julie (Anne Dandu-rand) est amoureuse de Paul (Jean-Pierre Ferland) qu’elle connaît par coeur puisque son père (Frenchie Jarraud) est l’imprésario et le producteur du chanteur célèbre.Toujours, Paul la repousse avec un mélange de complicité et de lassitude.A quinze ans, Julie décide d’en avoir le coeur net et force l'intimité de son idole en s’installant quelques jours dans sa ferme.Peine perdue.Paul, quadragénaire désabusé, a opté pour la solitude et n’a pas envie de recommencer sa vie avec une adolescente.Julie en sera quitte pour un gros chagrin et on suppose que la naissance de son enfant sera pour elle une renaissance.Je veux croire que tout cela se tenait fort bien sur papier.Alors comment cette histoire s’est-elle déglinguée à ce point au tournage?Je pense qu’il faut avant tout en imputer la faute à la di-
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