Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 5 décembre 1942, samedi 5 décembre 1942
EU page 3: M.BOURASSA ET SON AMI LE CARDINAL ^ne ANNÉE No 13 5 CENTS A DARLAN: "L'honneur est comme une île escarpée et sans [bord?, On n'v peut plus rentrer dès qu'on en est [dehors BOILEAU Directeur-Fondateur: Jean-Charles Harvey JOUR INDÉPENDANT POLITIQUE, LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE A«1minidtration et rédaction, 180 e»t.rue Sainte-Catherine (suite 44), Montréal Caao poatale 20, Station “N"* — Té).TLateau U471 5 décembre 1942 \imni louglcmpi que les eh ones iront s y s te mat i qu e m en t mal, je continuerai s vs t e m a t i q u cm en t à (lire qu'elles ne vont pas bien — Henri ROCHEFORT Réducteur en chef: Emile.Charles Hamel Colonnards en déroute Par un vote de deux contre un, le* électeurs d’Outremont ont élu le major général La Flèche, candidat de la guerre totale, contre le jeune sectaire Jean Drapeau, candidat de* *oi-di*ant nationalistes et des embusqués.Aux représentants de* pleutre*, complices conscients ou inconscients des colonnards, le peuple a préféré le soldat, le héros, le patriote.Et c'est bien fait pour la horde des lâches et défaitistes, qui logent aux enseignes du Devoir, de la Ligue pour la Défaite du Canada et même du Bloc populaire anticanadien.Les sinistres imbéciles qui ont poussé, à l'assaut du général, une meute hurlante de jeunes gens fanatisés par des maîtres indignes et de mauvais Canadiens, apprennent une fois de plus que la masse des Canadiens est restée saine, raisonnable, imperméable aux manoeuvres d'une haine insensée qui va parfois jusqu’à la trahison.Car on avait lâché dans Oulreniout toute l'aveugle fureur de cette clique de désunion et «le discorde, qui, depuis près de cinquante ans, a empêché les Canadiens de vivre en paix les uns avec les autres.Au cours de cette campagne qui n'aurait jamais dû avoir lieu, puisque le hou sens conseillait de laiseer élire par acclamation le nouveau ministre, on a prononce contre notre effort de guerre, contre l'obéissance à l'appel de la patrie, contre le sentiment des Canadiens d'une autre langue, contre l’héroïsme meme de certains soldats, des paroles déplorables, paroles qui nous ont fait, aux yeux de toute l'Amérique, un tort incalculable et qui.en tout autre pays, ec seraient probablement heurtées à des sanctions sévères.La note dominante des discours prononcés par la meute, c'est que le Canada n'a rien à \oiy à cette guerre, que nos jeunes doivent attendre d’être envahis pour prendre les armes — et encore! — que l’Allemagne n’a jamais été une menace pour le Canada, que les propagandistes de la croisade n'étaient que des agents payés par les Anglais, que la mobilisation générale de nos ressources en matériel cl en hommes contenait des germes de corruption.Triste exhibition d’ignorance et de démagogie! Ce n’esl pas vous que je condamne, allez, jeunes gens de dix-huit à vingt-cinq ans, qui alliez dans les assemblées répéter les leçons apprises.Fresque tous, vous avez été formés par le* mauvais bergers, vos seuls guides.A l'école, au collège, même à l'université, on vous a fait croire que nous étions le peuple élu, le peuple providentiel, le peuple unique, capable de se suffire à lui-même et de se passer du reste de l'univers.On vous a dit, comme on l’a dit à moi-même, qu'à côté de nous, les Anglais et les Américains n'étaient que de* barbares.N’ai-je pas lu, dans un des journaux qu'on voue force à lira- et à admirer, que le Royaume-Loi n’était qu’une île mercantile et que le* Etats-Unis n’étaient que corruption?L'un de vos orateurs est allé jusqu'à affirmer, en pleine assemblée, que les autres éléments nationaux de l’Amérique marchaient derrière nous, c’est-à-dire, qu'ils «’étaient, en comparaison des Canadiens de langue française, que des arriérés.Il faut avoir perdu totalement le sens du ridicule pour aller aussi loin dans I absurdité et la bêtise.Avec de telles dispositions, il n'est pas étonnant qu'une partie de la jeunesse se dresse, à certains moments, contre les vérités les plus élémentaires, contre l’histoire et contre les données les plus claire* de la vie moderne.Il y a là quelque chose de poignant, de dramatique et d’infiniment triste.Il faut que l'éducation reçue dans certaines institutions soit prodigieu-«ement défomialrice et avilissante pour qu’on enlève à nombre de jeunes — la jeunesse est.par nature, vibrante, généreuse, avide de beaux gestes — non seulement le courage de lutter pour la patrie, mais même l'admiration de l'héroïsme.Les •njures lancées contre l'un «les héros de* Dieppe nous ont donné froid dans le dos.Faut-il «juc soient descendus jusque-là les fils des découvreurs, des pionniers, des coureurs «les bois, de«s rudes gaillards courant sus aux iro«|uoi* et aux Anglais d’avant la conquête/ Faut-il que le sang de Dollard et de .Madeleine de hrcherti k soit changé en eau «le vaisselle?Faut-il que des Lanadiens, autrefois virils, aventureux, capables de toutes les audaces, n'aient plus d’autre façon «le montrer leur valeur «pie de crier: catholiques et français, sans rien faire pour le prouver/ Non, notre jeunesse n'est pas ainsi.Donnez-lui de bons guides, et vous verrez! Il v a tellement d'intelligence foncière, tellement de bonne volonté, lellemeut «le dons en puissance, d'ex elle, qu’elle fera des prodiges à partir du jour où d’autres •naître*, mieux formé* eux-mêmes, moins égoutee, plus vivants *1 plus réalistes, auront façonné son âme et dessillé ses yeux.Pour en arriver là, il faudra «pie la génération influencée P*r de futiles sectaires comme le vieillard Henri Bourassa, soit totalement disparue de la face «Je notre terre.Nous parlons dlleur* de cet illuminé qui a pa«-on qui! * eue ver» .» fin de ! autre guerre avec on haut pet-snr.nsgr *’îrrr.An'i en .Sum* (On »»it que !» pttltMon f «fdn compte parmi in p!o» fcfvenU *'T vtitairet du pangermanisme ft qu » fut attaqué pour i»* opimoni par let Allemand» de toute* couleun politique».) — "Qu’ul-ce qua vous ferez, tout autre» Allemand# ai voui per* de/ la guerre ?" demande le professeur f oerKer à wxi inter locuteur.___ *'|,h bien, nou» rnof/t hier ont U pitié du monde., Mobiliser la pitié du monde., .Bien »ûr, tU l'ont fait apré» la défaite rie 1918.Et comment! C’eit leur “mobiliutton de !» pitié du monde” qui a détruit I armistice et le traité de paix.Ceit leur “mobilisation de la pitié du monde qui fut au fond la première étape «nver» le "World War Two".Nou» vu IL en pleine guerre de vie et de mort.Mail c‘e»t déjà maintenant qu’on peut diicemer le» première» préparation# pour la future "mofnlualion de la pitié du monde".Il n'y » p#« de jour que nout ne liwont de» déclaration» sur-prenante» »ur le "pauvre peuple allemand” qui n a rien à faire avec le» na/i*.Il n’y a pa» de jour qu’on n’e»»aie de nou» apt>rendre que ce n'e»t qu'une petite cliqua de nari» qui e»l re»pon»ab!e pour le» atrocité» en Europe.Qu'on me comprenne bien, je le dit franchement, ce ne ioot^ pa» le» nari» qui préparent celte ' mobili-»ation de la pitié”, m»i» — mal* heureu«emeta — certain» Allemand» émigré».Bien sûr, il» #ont de» Allemand» antinazit et anti-Hitlérien».Mai», »i l’on entend bien ce qu'il# dirent et si on ht bien ce qu’il» écrivent, il n’eet pa» trop difficile de trouver le» trace» de la future grande offemive de pitié pour le "pauvre et innocent peuple allemand." Il suffit de suivre certaine» publication» de langue allemande aux Etats-Unis.On y peut trouver de» cho*ei vraiment étonnante».Un hebdomadaire allemand de New York, qui l’appelle "1 he olde#t anti-Nazi newspaper" commentait, le 10 octobre 1942, dan* un grand éditorial, la déclaration du président Roosevelt, lur le# futur# tribunaux de# Nation# Unie», devant letquelt le# coupable# nari# devront paraître apré# notre victoire.— "Nou» croyon»", écrit ce journal, "qu'il aérait plut juste »i ce jugement définitif était confié aux tribunaux allemand), naturellement apré» que tou» le# nazi» et semi-nazis parmi le# juge» allemand# leraient éliminé»." Voilà, c'e»t simple.Tenez-vou» bien,' ce» Allemand# antinazit demandent déjà aujourd’hui que le# crime# de# Himmler, Stuelpnagel, Frank, etc.commi# contre le* population» de la France, de la Pologne, de la Grèce et de» autres pay» occupé», que ce# innombrable# crime» commun» soient jugé» aprè» la défaite de l’Allemagne par de» tribunaux allemand».,.De» allemand» clairvoyant» de l'émigration, comme le» écrivain* Erail Ludwig et Alfred Kerr, ou bien Ern*t G.Preu»».fil» du créateur de la comtitution de Weimar, et, avant tout, le professeur Foers-ter, qui ont le courage d’avertir le# Nation» Unie» du danger de la propagande pour "l’autre, bonne et pauvre Allemagne", »ont attaqué» furicutement par leur» compatriote# exilé» comme eux.Une phra»e »en*ationnel!e d'un article publié récemment par le courageux profe»»eur Foerster en dit at»ez: "Il ne suffit plu» d'etre antinazi.Quiconque, étant contre le» nazi», essaie d'amener un monde dé»abu»é à accorder une teconde foi» une confiance politique à l’Allemagne et à lui abandonner la défente du monde contre une troisième agression, à cette même Allemagne qui, pauivement assista au réarmement de la Prusse et à la mobilitation par Hitlw de» classe» moyenne» * emandes, » cet*e 'ir/nir A.emagne qui ne feu* de ! ie tromper r: de tromper le monde sur l'ampleur du dinger ~ Celui- Par BORIS SKOMO n'eit pat moi ni dan^efeux po«r/ ; l'ordre a irr.ir que le* nazi» eux-j même».I leureuterrteni, i! y a de* Amé-| ricaini qui ont coenpr;» !e danger.Ije “New York Herald 1 ribune dan» von numéro du 3 juin 1942 4 publié dan» la page éditoriale une grande colonne, mtüuUe I ear» for Germany ready to flow .Je c;tr quelque» pauage» de ce» "letter» to the editor ”: "No cultural contribution made by German individual» can make up for the crime» committed by the German nation other people» in thi» and previous wan.Nor will the continued dcrnon»tr»liont of love for German culture (especially music) in thi» country at this time, change the way» of the German people." écrit M.Maurice Wmograd.Un autre lecteur américain, M.D.H.Robinot le dit encore avec plu» de précision : ".I well remember the comment» of the f rench at »o much consideration on our part toward the barbarians who.ever to often facing surfeited with peace, taw fit to overflow their boundarie» to war in their neighbor» for gore, loot and conquest.We here are incapable of raising a aufficient head of wrath to blow the Hun and all hit works into hit Wolanic hade».Let u» it to the Frenchmen and to the otheT European* and do »o with grace, for whether we wiih it or not, they together will tooner or later wreak their avenging blow» on the German» and exact from them that retribution which they did »o much to deserve." D'aprè» mon avis, il faut qu’une foi» pour toute» le danger d'une "paix perdue" aprè* une guerre gagnée toit -éliminé.Il e»t temp» d'en avertir le» quelque» éternel» adorateur» de "l'autre Allemagne", qu'un armistice conforme à leur» doctrine» ne serait qu'une répétition de» erreur» de 1918.Pour en finir j’aimerai» citer quelque» alluason» lentationnelle», publiée» par l’excellente revue *n-glaiie "Free Europe" (London, Vol.6.No.75 of Sept.25.1942).Parlant de certaine» catégorie» d’allemand* antinazi» émigré», on y peut lire: ".They are retponsible for the campaign designed to create the impression that there ii a ttrong underground opposition in Germany.T he anti-Nazi force# in Germany they sug-ge»t, are »o “»trong" that Germany will be able after the war to direct her own affair# and to work out her own destiny without it being necessary for the Allie» to occupy Germany.By spreading tales of the ttrenght of the oppo»iiicm in Germany.they play the game of the nationalist».” Rien de plu» vrail Mai» c'est le devoir de» geo» clairvoyant» d'empêcher que cette itupide "propagande de pitié” continue.Le» Allemand» antinazit de gauche essaient d’appeler ceux qui combattent l'idée de "l'autre Allemagne” de» "Vansittarists".C'est stupide.Il suffit de rappeler qu'à un meeting récent contre le* atrocités allemande» en Pologne et en 1 chéco-«lovaquie organite par le Labour Party à Londres, ce fut la secrô-taire du département de» femme» de la Labour Party, Mrs.Mary Sutherland qui parla un langage assez fort à ce sujet.Dè» le lendemain elle fut attaquée furieusement par une certaine clique de» émigrés allemand».Le 11 novembre 1942 aurait dû nou* rappeler no» devoir» en vue du futur armistice! Le devoir premier de cet armistice devrait con-suter à abattre une fois pour toutes le danger du pangermanisme sou» n'importe quelle forme qu’il nous toit présenté.Eugène TILL1NGER L'armée a betoin d'homme».Elle a besoin de VOUS ! r w \ D ARLAN DARLING Au risque de causer du chagrin à mon ami Marcel-H.Eitienne et de provoquer ta colère, je doii avouer que je luit en plein accord avec l'amiral üarlan.Qu'il me »oit permn de rapporter ici fidèlement *t» parole» radiodiffutée», le 27 novembre, d'Alger: "Nou» devon» être impitoyable» contre ceux qui, de leur plein gré ou a contre-coeur, servent le» dettein» de notre ennemi éternel." Il parle d'or, cet amiral.Seulement, cette sentence a un effet rétroactif.Eclairé» par Darlan.qui a trahi le maréchal Pétain rn novembre 1942, nous teron» donc impitoyable» contre üarlan qui avait trahi la f rance et te» allié» en juin 1940.En algèbre, le produit de deux facteur» négatif» est positif.Mai» les crime» de haute trahison en se multipliant ne te transforment pa» en actes patriotique*.Faut-il encore rappeler ces crime» 7 Il me semble que cela est nécessaire aujourd'hui encore plu» qu’hier.Ne voit-on pas déjà se dessiner un plan?On s'efforce de blanchir Darlan?Après lui, Pétain: ensuite, Laval.Il ne faut jurer de rien .Un jour prochain, on nous sortira une nouvelle version de l'armistice d'après laquelle ce sont le général de Gaulle, Georges Mandel, Paul Keynaud, Léon Blum, Edouard Herriot qui ont exigé la capitulation, et ce sont le maréchal Pétain, l'amiral Darlan, le général Weygand, Camille Chautemps et Pierre-Etienne Flandin qui voulaient lutter jusqu'au bout.Se servir d'un homme aussi méprisable que Darlan.(N'a-t-il pas choisi personnellement de» otage» français pour les livrer aux bourreaux nazis?) pour agir sur les officiers de la flotte, cela pouvait être une nécessité militaire impérieuse.Mais n’est-il pas étonnant qu’on n'ait même pas pensé à faire appel également aux marins et aux ouvriers de l’arsenal de Toulon en plaçant devant le micro de* Français — socialistes, communistes, radicaux, syndicalistes — qui depuis plus d'un demi-siècle ont l'oreille des masses populaires françaises! Ces speakers éventuels étaient pourtant sou» la main, dan» le» camps de concentration où le» avait jeté* le gouvernement Pétain-Darlan-Laval?F.D.Roosevelt, dont l'autorité morale en Europe, et particulièrement en France, est immetpe, a promis que la solution Darlan ne terait que provisoire.Confiant en la parole du président de» Etats-Unis, j’attends avec eipoir et non «an» impatience le jour où le général Eiienhower dira à cette canaille: "Le Maure a accompli ta besogne, le Maure peut #'en aller." Le peuple français le laissera-t-il partir, c'est une autre affaire .Il y a quelque» jour» à peine on nous disait (c'étjut l'argument-matiue) : Darlan va apporter en dot la flotte française.Aujourd'hui, cet superbe# navire# ACCIDENT D OTTO Nou» n’avon» pa# encore digéré Darlan, et on nou# offre un autre plat: Otto von Habsbourg.On te demande avec inquiétude- De quoi demain »era-t-il fait?Verrons-nous prochainement un Ho-henzollern à la tête de !’ “.Allemagne libre '?On a fait accumuler 8.5 million» de cadavre» en 1914-1918 pour charier le» Habsbourg et le» Hohen-zollern.Va-t-on faire cette deuxième guerre mondiale pour rétablir ces dynastie» ! Pourquoi pas les Romanov pendant que nous y sommes?Le ministre de la guerre américain, Harry L.Stimpton, en donnant une reconnaissance of ficelle au Comité militaire pour la libération de l'Autriche, présidé par le dernier rejeton de Habibourg.a tombé dans le guêpier autrichien.Toute cette histoire serait comique ou tragi-comique n nou» avion» de» disposition» pour le rire.Mais le» temps ne se prêtent pas à la blague.La démarche américaine a déjà provoqué des protestations énergiques et indignées des anciennes minorités nationales de l'Autriche-Hongrie.Aux Tchèques et aux Slovaque», qui ces vingt dernières année» vivaient dan» une république démocratique, aux Russe» de la Russie subcarpatique, aux Polonais de la Galicie occidentale, aux Ukrainien» de la Galicie orientale, aux Roumains de la Transylvanie, aux Slaves du Sud (Croate», Slovène», Serbe»), à tou» ces peuples le nom de Habsbourg a rappelé L "prison de» peuples” où, avant 1918, ils avaient étt enfermés par la Pragmatique sanction de Marie-Thérèse.Mais non moins haïssable est la famille dégénérée de Lorraine-Habsbourg aux masses populaires autrichienne»."Vienne la Rouge” avait été hostile au prétendant, poussé par sa mère énergique.Croit-on que les ouvriers viennois socialistes aient changé d'avis?S'il y a un changement, c'est sans aucun doute un glissement plus accentué à gauche.En tout cas, les représentants de l'Autriche démocratique et populaire, Frédéric Adler et Jules Deutsch, ont élevé une protestation vigoureuse contre les machinations monarchiques.Croit-on vraiment pouvoir restaurer la "monarchie des Habsbourg”?On disait d'elle que c'était une "autocratie tempérée par la négligence".Depuis le début du XIXe siècle, elle ne pouvait que "vivoter" ("fortwuersteln", suivant un terme populaire viennois).Et on sort ce cadavre vivant ei pourri pour rallier autour de lui les peuples de l'Europe centrale?Allons doncl On ne trouvera, pour soutenir ce trône, que quelques vieilles douairières, jésuites, financiers véreux, aventurier# plus ou moins fasciites et traîneurs de sabre gâteux genre Pétain.L'idéal de la démocratie sociale est-il incapable d'enflammer les masses pour que nous soyons obligés d'aller chercher nos drapeaux dans un arsenal monarchique poussiéreux?Un vieux proverbe disait: "Bella gerant 'alli, tu, felix Austria, nube.” Soit: "Qua les autres fassent des guerres, toi, Autriche heureuse, conclus des mariages." En effet, c’est par des mariages profitables que l’empire d’Autriche-Hongrie s'est agrandi.L’ex-archiduc est un garçon nubile.Qu’il renonce donc à jouer à la guerre et à la libération de l'Au- tont coules (certains d entre eux seront peut-être triche et qu'il épouse une riche héritière.Qu’il se renfloues par les nazis) et Darlan est en bonne santé dépêche cependant, tant que se# titres sont encore et plastronne a Alger.cotés en Amérique.Bientôt il sera trop tard.Aucune Sincèrement, j'aurais préféré voir Darlan coulé et “petite chocolatière" ne voudra de lui.la magnifique flotte française en rade d'Alger.Quant au peuple autrichien, il "farà da sè”.REPONSE AUX DÉTRACTEURS DU Major-Abbé SABOURIN Il est des hommes qui personnifient l'honneur de la race qui le» a produits.Leur noble conduite, leur magnifique exemple galvanisent les coeurs, les volontés, le» intelligence» de ceux capable» de les comprendre, de les suivre, de les imiter.Pour certains autres peu doués des mêmes qualités, le mérite, la gloire des nôtres lea offusquent et les stigmatisent.Le sentiment de leur lâcheté, l'étroitesse de leur esprit et la aécheresse de leur coeur suscitent en eux la haine et l'envie.La bile leur monte du ventre aux lèvres; le contraste fait trop mal ! Donc, il faut à tout prix rapetisser, salir, détruira Quand l'autre sera devenu moins grand ou paraîtra devant lui moins petit, moins bas.Alors, allons-y gaiment! la sotte injure, la lâche calomnie, la propagando néfaste et sournoise auront bientôt consommé l’immolation tant désirée.Et une ruine de plus se sera ajoutée pour nous à tant d'autres.On devait a'y attendre.Le* ao-cents si courageux, si vrais, si fiers du Major Abbé Sabourin eurent tôt fait de déchaîner la fureur Imbécile des sectaires.La meute Isolationniste s'est jetée voracement à la curée'.JU ont été cruels et menteurs comme le boche et vil» comme le ''Grincheux”! L'autre Jour, un certain abbé que Je connais disait à qui voulait l'entendre: "Nou# étions réuni* autour de la radio à écouter le fameux Major Abbé Sabourin et nous criions de colère et d'indignation”.Dignes émules du vicaire de Ste-Philomène! C'est étrange, être si catholiques et si peu chrétiens! Il serait presque à désirer que les bombe* d'Hitler leur tombent sur la tète.Ceux qui survivraient finiraient peut-être alors par comprendre.Le devoir de tout honnête homme est de dénoncer sans pitié cea gens-li.Pourquoi être pusillanimes quand leur force, n'est que notre propre faiblesse?Il faut étaler leurs méfaits, leur honte, leur bêtise au grand Jour, au grand soleil du bon Dieu.Cest le meilleur désinfectant.Quand ils seront connus, réduits à leur Juste valeur, le flot de l'indignation publique les balayera.Notre peuple du Québec est bon, honnête, intelligent, mais trop crédule et !e charlatanisme a trop d'emprise sur lui.Opposons donc pour lui que nous aimons la vérité au mensonge, la dénonciation énergique à toute propagande néfaste et insidieuse qui le trompe.Dans les heures difficiles que : aussi vra nous vivons nous n'avons pas le i d'autre» est peut-être bon de relire ce ryjc dit de ces lâches bêtes le prophète Isaie: «Ce sont des chiens muets Qui ne peuvent pas aboyer.Ils rivent, il* se couchent, Ils aiment d dormir.Ils ne savent rien comprendre ! Tous suivent leur propre chemin, Chacun selon son prolit Du premier jusqu’au dernlen.'» Le chien muet n'appartient pas aux races fortes et fié res, — à la race française.Ne méritons pas le reproche d'Isaie.Faisons taire ces voix discordantes, abjectes et méchantes! Elles nous feront bien du mal.Nous causerons bien des hontes encore si, par un lâche silence, nous nous solidarisons avec elles.“L* Jour" ne mérite pas ce reproche.Il a tout le cran nécessaire! Il n'héslte pas à enfoncer le bistouri dans les profondeurs de l'abcès pour en sortir le pus.L’Abbé Sabourin mérite notre approbation, toute notre admiration.Criona-le donc bien haut ! Son courage civique est l'égal de son courage de soldat et de sa foi d'apôtre! Alors .qu'importent !e* crétin* et les ''Grincheux”! Il fait chez nous une grande oeuvTe de relèvement moral.Nous en avons besoin.Qu'il en soit béni et remercié ! Quand cet article a été écrit le Major Abbé Sabourin n'avait pas prononcé son discours où il mentionne les femmes canadiennes-françaises.Je regrette qu'il n'ait pas fait la part plus Juste, emporté qu'il était par la chaleur du débit et exaspéré par les odieuses attaques dont il est l’objet.Il y a des masses de femmes canadiennes-françaises qui son: j admirables de courage et de dé- i vouement.Elles sont en tout poin: ; dignes de leur* soeurs d'Angleterre ; I et de Franc*1 et elles méritent tou* : ' nos éloges.Malheureusement il qu'il y en a des masse.* ui sont d'une faiblesse d'une méchanceté pire que celle de leurs hommes.Celles-ci méritent tout ie blâme du Major Abbé Sabourin et toute notre pitié, Quoiqu'il en soit ceci n'enlève rien au mérite personnel du Major Abbé Sabourin et ne Justifie en rien la campagne d'injures et de dénigrement que l'on fait contre lui.L'assistance au choeur de Son Excellence Mgr Vachon et de tout le haut clergé "» la grand’mcise que l’Abbé Sabourin était invité & célébrer dans la cathédrale St.Patrick de J4cw York, hier, es» une réponse sévère, mais adéquate à scs dénigreurs en soutane et autres.Lt-Col de SALABERRY L’a vieux confrère de collège, j mouche, » nous prenons parfo« nationaliste enragé aux environs de i plaisir à le taquiner, — c’est un ^ 1909 — nihil nove tub sole —j bon garçon, au fond, pour ceux qy c’est-à-dire avant que d’avoir l’âge le connaissent intimement, et qui.de raison, mais qui en est bien revenu, nous pouvons en témoigner, à partir de ta classe de Belles-Lettre» et surtout en Philosophie, a laissé entendre qu’il serait cuneux de savoir pourquoi le directeur-gérant actuel du DEVOIR, ci-devant avocat et ex-journaliste, signe ses propos, que ses moments libres lui permettent de "pondre , tantôt Georges Pelletier tout au long ou G.P.tout court, et tantôt — par modestie ou autre motif, peu importe, — Le Grincheux.Il n’a qu’à consulter, soit dit sans vouloir être désobligeant, le Nouveau Larousse Illustré, et si la définition qu’il y trouvera à celui de Crincheux ne l’éclaire pas suffisamment, ma foi, tant pis! Nous ne saurions être, nous le confessons en toute humilité, plus concis, surtout plus clair que M.Claude Augé qui dit ce qui suit: "GRINCHEUX, adj.Qui se plaint continuellement: hargneux: maussade: Un caractère CRINCHEUX."Substantif: Fuyez c/s GRINCHEUX." h il clear enough?encore une fois, pour parler la langue de ce maudit Anglais de Shakespeare.L’ancien "allié" politique des libéraux Me Maxime Raymond, adhésion au Bloc (attention, typo, Bloc et non Bluff) populaire canadien sont nombreuses.Nommez-les, Mossieu le Cheuf.Cela devrait être plus facile que ce l’eût été pour le» Chinois auxquels le regretté sir Rodolphe Lemieux faisait, un jour, allusion dans un grand discours prononcé à une assemblée, historiquement mémorable, au Monument National, boulevard Saint-Laurent, à Montréal.(Nous avons, intentionnellement et le plus sérieusement du monde, qualifié M.Raymond d’ancien "allié" politique des libéraux, car, à la seule exception de certaines "jeunesses patriotes", peut-être, tous ceux-là qui ont du poil, au menton savent que le chef-fondateur du Bloc (typo -* Pa* & farce, encore une fois), s’est toujours présenté, à chaque élection depuis 1925, y compris en 1940 et alors, donc, que "son” gouvernement avait, depuis déjà plusieurs mois, au cours d’une session spéciale d’urgence convoquée à cette fin (septembre 1939), déclaré la guerre à M.Hitler, cela de sa propre intiative et sans passer par Londres.Son évolution serait-elle due à la naissance, bien que tardive, de la sacro-sainte Ligue pour la défense du Canada sans laquelle, il faut l’admettre, nous étions foutus et à qui, entre parenthèses, les puissances de l’Axe réservent un chien de leur chienne.assure-t-on, si jamais leurs sous-marins atteignent Beauhamois ou la rive-nord du Saint-Laurent, à deux pas de la rue Notre-Dame est, à Montréal.Allez le lui demander, si cela peut vous intéresser; quant à nous, M.Raymond peut bien brûler aujourd'hui ce qu’il adoriit encore hier, et la chose ne nous fait pas un pli sur la différence.Les démocraties, dont nous nous vantons d’être, ne se battent-elles pas, précisément, pour conserver à chacun, non seulement le droit à ses opinions, mais celui d’en changer?) M.Raymond, à qui nous ne voulons pas plus de mal qu’à une quant à lui, ne vous frapperait p», même avec une fleur — daigner», t-il accepter, à titre d'ancien “allie" politique de» libéraux, un peut conseil ?Contrairement au vieux dkion, qu’il surveille avant tout ses ami», surtout parmi les nouveaux.L’ex-pénence, et nou» en avons eu i® exemple qui remonte à peine à en.viron un seizième de siècle, n’a-t-elle pas démontré que, pour nous servir de l’expression "crachat" d’un dé.funt maire de Québec, un “coup de poignard” est toujours à redouter.en politique?Nous donnons, à l’intention de M.Raymond, sous réserve, toutefois, pour n’avoir encore pu L faire confirmer, l'information qui nous e»t venue comme un cheveu sur la soupe; en l'occurence, grâce aux oreilles que portent les mur», aussi et surtout grâce à la coïncidence d’une porte de bureau, rue Saint-Jacques ouest, à Montréal, indiscrètement ouverte.M.Paul Gouin.ex-chef de la défunte Action libérale nationale, n’aurait renoncé, définitivement, qu'en apparence, à la direction w-prême du nouveau parti, soi-disant pour attirer de l'eau de la me Notre-Dame est au moulin — pardon — au Bloc populaire canadien .afin de pouvoir, à l’heure H, pour nous servir d’un terme de l'armée, naviguer un jour qui n'est pas venu, plus à son aise, sinon plus librement.Chose certaine, c'est que le modeste ci-devant aspirant-conservateur de musée a su conserver son ancien état-major dirigé, à Montréal, par Me Jean Martineau, et, à Québec, par Me J,-Horace Philippon, ceux-ci continuant d'agir sous la protection bénévole de leur étemelle sentinelle, Me Philippe Ferland.Nous ne parlerons pa», pour aujourd’hui, des minus liabens ou simples soldats dont la loyauté et la fidélité bien connues de "fils soumis et obéissants" ne sauraient un instant être mises en doute.Encore une fois, l'information n’a pu être confirmée, et nous la donnons donc sous toute réserve à M.Raymond, l’assurant,.à tout événement, qu’elle part d un bon et impartial naturel.Conférence espagnole Senorita Virgllia Steck y Camacho, Jeune méxicaine arrivée récemment à Montréal, a bien voulu accepter l'invitation que lui a faite U Société des Traducteur* de Montréal de présenter la première d'un» série de conférence# espagnole* organisées par la section espagnole d» cette société.Cette première conférence *ur* lieu mercredi, le 9 décembre, à 8h.30 p.m., à l’école Ignace Bourget, 1214 rue de la Montagne.La distinguée conférencière parle! a sur l’origine, la culture, le» coutumes et les progrès commerciaux et industriels du Mexique.Connaissant l'Intérêt que les étudiants de la langue espagnole portent à son émancipation dam la ville de Montréal, La Société de» Traducteurs de Montréal, a désiré leur fournir, par l'Intermédiaire de causeries espagnoles, une nouvelle occasion d'élaborer leur culture latine.Pour renseignements 3.V.P.téléphoner:.DO.5006.LE JOUR est édité par la compagnie du Jour Limitée, 180 est, rue Sainte-Catherine, (suite 44), Montréal, tél.*PLateau 7471, Jear.-Charles Harvey, directeur.Imprimé par la Cie de Publication "La Patrie", Limitée, Montréal.FAMEUX SIGNAUX DE LA MARINE ROYALE CANADIENNE.No 2A *SOUS-MARIN COULÉ.AVONS PRISONNIERS* f \i * La Ligue Navale du Canada remplit une tâche magnifique m allégeant la vie des héros de la Marine Canadienne.Ne l'ai derez-vous pas?Mettez-vous en communication avec le bureau de la Ligue Navale de votre localité — et l’on vous dira comment vous pouvez aider.’Rsr -à \ Dans un combat loyal à distance serrée— trop serrée pour pouvoir braquer tous ses canons—le H.M.C.S.Assiniboine tira sur un sous-marin et le fit couler.L’on dit qu’un Matelot de Troisième Classe, aidé d’un Sous-officier, arma une pièce qui, d’une manière inat tendue, se braqua sur le sous-marin et lui envoya un obus dans l’avant.et que d’autres, quoique blessés, restèrent h leur poste.Tout en étant orgueilleux de ces hommes — véritables héritiers de la tradition de Nelson—n’oublions pas que la Marine subit aussi des pertes.Des pertes tragiques de navires précieux et d'hommes braves.Nos jeunes gens remplaceront les matelots.1* moins que nous puissions faire, c’est de remplacer les navires.Achetons tous un Timbre d’Epargne de Guerre de plus pour la Marine Royaie Canadienne aujourd’hui .et tous les jours.1 Cette annonce foi» partie d'une NOUVELLE série d'annonce» publiée» par JO!tN Cré'X L-occeurs ri-jj,i y ufuifo 13:: / Montréal, samedi 5 décembre 1942—i pj rü lU'lc entre Québec et Ont a vio Les observations d’un Torontien De Toronto, un Canadien de langue française nous écrit une lettre fort intéressante et objective, sur l’éduca-t tion et sur l’attitude de certains groupes envers l’effort de guerre.LC JOUR Page 3 M.BOURASSA ET SON AMI LE CARDINAL Le vieux tribun, faisant entendre le chant du evgne, à Outremonty se vante de son amitié avec le cardinal Merry del Val, qui a tant contribué à faire haïr la France Publications de la France Combattante l La lettre que nous publions plus b* peut prêter à discussion par certain* côtés, mais dans son ensemble, elle exprime des points de vue tellement justes, honnêtes et sincères, que nous n'hésitons pas à la livrer à la réflexion de nos lecteurs.Çbfr Monsieur Harvey : Il «et bien évident que vous ne pouvez vous arrêter à toutes le» opinions que voua expriment vos lecteurs.C'est pourquoi j'ai hésité longtemps à vous adresser les quel-quee observations qui vont suivre.je pourrai* invoquer deux raisons pour solliciter votre attention.La première c'est que le genre d'édu-c*tlon dont vous vous plaigne* au vieux Québec fait les mêmes rava^ res chez la jeunesse caruidicnnv francaise des autres provinces.La deuxième raison, c'est que j’ai mis vingt-cM ans de ma vie à me trouver tout en dépensant la meilleur de mes énergies à la cause de ia survivance française.je suis donc en mesure d’apprë-oier l'excellent travail que vous faite».Si je me permets de vous faire dae observations, veuillez oroire que ce n'est pas dans le but de vous critiquer, mais bien dans l'espoir de vous être utile- Afin d’être bref, j'éviterai les fcnguee considérations et les argument» à l’appui de me* opinions et je dirai simplement ce que je pense.1* H ne faut pas attribuer à v école seulement la faillite des Canadiens français en affaires.a) Les Canadiens français n'ont pas d'ambition, sauf exceptions.b) Ils aiment la vie facile.•) L’homme Illettré qui veut faire Instruire ses enfants a une fausse concaption de l'Instruction et il la transmet à ses enfants.Exemple : Un garçon instruit aura la vie facile.L'on pense qu'un peu d’école prépare un Jeune homme à prendre la présidence d’une banque aussitôt les examens écrits.4) Les m<ree et maîtresses n'ont pas assee d'expérience de la vie.lia sont impuissants à diriger les élèves.•) Les religieux professeurs ne connaissent qu’une chore • la prêtrise.Hors cela, rien n’esi bon.R Le systems d’éducation dans les provinces anglaises n'est pas meilleur que le vôtre.On n’y enseigne pu tant de bondieuseries, mais il n'y a que les élèves très brillants qui sn tirent profit.H y a des centaines de canadiens-anglais illettrée qui végètent.Ils ont cet avantage que les embauchcurs sont des leurs et Ils se casent plus aisément.§) Ceux des nôtres qui se spécialisent n'ont pas de peine à s'embaucher.b) Vous avez cent fois raison : dans ce pays, il faut savoir l'anglais (C’est ma connaissance de l'anglais qui m'a per- POUR NOS SOLDATS Les milliers de bénévoles de noirs province qui collaborent généreusement à l'oeuvre humanitaire de la Croix Rouge se demandent parfois comment les tricots, les vêtements et le sang en poudre parviennent aux combattante et aux équipages de la marine marchande.Après de nombreuses expériences, la Croix Rouge réussit à trouver un mode de distribution à la fols rapide, souple et économique.11 fallait «atlsfaire aux besoins des combattants et des civils tout en évitant le gaspillage.Tâche Immense et difficile que l’on put mener à bien grâce à la collaboration des autorités militaires et, U faut le dire, grâce à l’honnêteté des dirigeants de la Croix Rouge.H arrive souvent que l’on demande à la Croix Rouge de fournir à un combattant des vêtements ou d'autres articles.La Croix Rouge ne peut malheureusement pas se rendre & ces requêtes puisque tous les articles destinés aux combattants sont envoyés à des officiers spécialement affectés au ravitaillement.La Croix Rouge ne Peut donc «ervlr individuellement «t directement chaque soldat, cha^ que marin, chaque aviateur.C'est â ces officiers qu'il appartient de contrôler les réserves, de prévoir J*» demandes de leurs homme».Quant aux colis de vivres destinés nux prisonniers de guerre, ils sont uniformes en quantité et en qualité »t ne peuvent assurément pas ?tr» adressés à un prisonnier en particulier.Et la Croix Rouge ne Peut non plu» »e charger d'expé-eut brouiller la France avec se» allié» et toutes les nations.Fixrm-|>le cette opinion à propos de l'Entente cordiale: on appelle l'rnlenle "le bloc libéral occidental ", el on invite les puissance» à s’en'méfier.Ailleurs, on affirme que des complot» contre l’Flspagne, l’Italie et la Russie sont ourdis en France et avec la complicité de celle-ci.lel est le ton de cette campagne machiavélique, dont la réputation de la France réjmblicsine a tant souffert.Nous nous étonnons parfois de constater jusqu'à quel point la France démocratique a été délestée dan» certains cercle» cana-dicns-françai».N'en peut-on voir la cause dans cet acharnement à rabaisser le caractère de notre ancienne mère-patrie ?Ce n'est pas tout, et M.Bourassa, quand il saura, deviendra peut-être plus modeste dans la révélation de ses amitiés.Lors de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.Merry del Val rappel» son nonce de Paria, jiour n'y laisser qu’un représentant officieux, Mgr Monlagnini.La correspondance de ce dernier avec le secrétaire d'Etal du Vatican fut, dans des circonstances qu'il serait trop long d'exposer, rendue publique, malgré son rarac* 1ère absolument confidentiel.Une dizaine de journaux français en donnèrent de larges extraits.De l'ensemble de ce» lettre», il res-soit clairement que tous les procèdes.même 1rs plu* extraordinaires, furent alors employés pour troubler U politique française.Nous vous faisons vrâre des détails, qui parurent dan» la presse du temps et que les archivistes peuvent consulter à leur aise.J'ai écrit ces lignes sans me déliai lu un instant du respect dû à l'f.glise et à son chef.D'ailleur», P>« X n'aimait pas Merry del Val.F.n quoi il différait de M.Bouraisa, L'histoire doit s'écrire tôt au tard.Il faut que l’on sache pourquoi la France, de tous les pays, fut le plus attaqué, le plus dénigré, le plus vilipendé.Au moment où le monde entier exprime l'espoir d’une résurrection de l'incomparable civilisation française, représentée non seulement par les époques monarchiques, mais aussi par l'éjioque d'après 89, noua voulons mettre l'opinion publique en gaide contre le* campagnes systématiques qui tendent à montrer sous un jour odieux une nation qui fut toujours fidèle à l’honneur et ne manqua jamais d'héroïsme, d'humanité, de noblesse et de générosité.J.-U'k.N.del Val obtint quelque notoriété à Rome, ce fut à ce moment mémo- a Munich ?Merry del Val voulait imposer un démenti à la presse.Pi- tf*M."*w”**, * ^steiUé «• *««• Cette guerre est celle du Canada.Vous êtes le Canada.— Lnrôlez-vous ! rable où le» cardinaux assemblés, X le regardait d un oeil s-rein .le 20 juin 1903.procédaient a I Pie X était pape enfin ! l'élection du succeiseur de Léon i Merry del Va! semblait envisager XIII.Le cardinal Rampolla, recon- ainsi la question européenne au nu pour un ami de la France, ve- ! point de vue de ; Lgliie: La Fran- j nait d'obtenir H majorité des votes j ce manquait à »a mission.Il fallait | aux premier» tour de scrutin, soit ; remettre entr» d autres maint te 24 voix, contre son plus proche sort de U chrétienté, et à v-s yeux.; concurrent, le cardinal Gotti, qui j l’empereur d A'.-magne, as:o< e a en avait 17.¦ l’empereur d’Autriche, paraissait * m A Monsieur Jean-Paul Larivée QUI EVITE D’OBSTRUER L’ENTREE Nous tenon» à féliciter M.f-arivée, un de no» voyageur* réguliers, parce qu'a pré* avoir payé le prix de sa place, il ne s'attarde pas dan» l'entrée du tramway.E n évitant ain*i de bloquer la port*, il permet aux autre* voyageur» qui le suivent d’entrer plu» rapidement dan» le tram et, de cette façon, il aide h accélérer le service pour tout le monde.Nou» lui sommes reconnaissant» de sa collaboration.AIDEZ-NOUS À VOUS AIDER ZXX73Z t, \IV Montréal, samedi 5 décembre 1943 Conférence de M.Henri de Kérillis -THE BKUKE DRE*»* INC." \ITION KV WtHdKn UK BIK\*> t i.-V LE JOUR lèî A?< VièAïèl è % LOUIS LE FRANÇOIS FAIM.s LAHiiUacc aux Owivrei Krin-Sp j çalsre de guerre orgsnise une con-g*!J*rtnc$ qüi aur* lieu & l'HV.t! ys !,Wind»or, .e mardi S décembre a 8 h.30 \i m.Cette conférence a été Conformément aux dl*jK»*ition* de ia ioi de* Coiriparnie* de Québec.U orr.pat'nle B£KK£ DRKSS ÎN* donne par le* pr*»tnte* avt§ qu elle «adreMera *4 Litulenant*Oouv#r-neur pour lui demander la permi:*cée »ou» It haut patronnage du ’ lieutenant Gouverneur de ia pro-j vinca de Québec.Sir Euger.e Fjtl , et du Premier Ministre, i'bon.Ait-j lard Gcdbcut.M.Henri de Kériiila.célèbre homme politique français et écrivais de grande réputation, eera le conférencier.Le rujet qu’il traitera "Le râle de* EtaU-Uni* et de la France dan» ia guerre’’ lui permettra d'expliquer la aituation actuelle.M.de Kérllll* qui dirige actuellement, à New York, le journal français POUR LA VICTOIRE tonnait bien lea Etate-Unij et comme député de Neuilly, il a vécu dam lea milieux politiques et militaire» les mieux renseigné».D est l'auteur d’un livre publié récemment à New York: "Français, voici la vérité." Au moment où par l’action des Etats-Unis, la France reprend un rôle Important dans la guerre, lu explications d'un homme aussi clairvoyant qu'Henhi de Kérillis ne manqueront paa de susciter le plus vif Intérêt.Lea billets dont le prix a été fixé à $1.00 font maintenant en vente aux bureaux de r'Aaaiatance aux Oeuviee Française» de guerre,” 1216.rue SUnley, PL.1036 et aussi à la maison Edmond Archambault Montréal, no.embre 194Z R A.CALVIN.Le secrétaire.ramasser les miettes! J'en ai l’habitude, moi, et pourtant, il y des jour» où |e pense que Je vais devenir fou.» I] a un rire triste — Il parait que je suis encore un homme heureux, si j’en crois ce que me dit mon collègue, le directeur de l’asile d’aliénés.Passé voir les S.Elle, toujours étendue.Lui prenait des notes et.toutes les cinq Minutes, courait A la cuisine pour y surveiller le repas qui était sur le feu.— Ça devient de plus en plus difficile, dit-ll.Je ne trouve plus rien pour Monsieur Cacique, t le cl Monsieur Cacique, c’est le chat.Un exploit rocambolesque du marché noir.La police marseillaise s’est trouvée dernièrement sur la piste d’une bande de tmfi quants.Finalement, un inspecteur réussit A se mettre en contact avec les «criminels».Afin de les prendre en flagrand délit, il leur passa une commande de dix tonnes de café.Il vint en prendre livraison en personne se réjouissant d avance A l’idée qu il allait pouvoir saisir une quantité aussi importante de cette précieuse denrée.Un camion l’emmena vers la cachette.Celle-ci n’était autre chose que l’entrepôt municipal où est stokée la réserve du café destiné A la population de Marseille.15 mars — pour acheter des chaussures et des vêtements doccasion.Ils enchérissent les uns sur les autre*, furieusement, et achètent ^importe quoi.Tant pis si les souliers sont un peu trop grands: il n’y a qu'à bourrer les bouts avec du papier.mars — Je me demande ce que font les gens qui travaillent tQute la Journée — pas comme moi.mais pour de bon — et qui doivent en plus trouver à manger ?Comment se débrouillent-ils ?Pas moyen de se fier uniquement à la chance.La chasse aux provisions est devenue une profession, un art qu on ne saurait pratiquer qu'aux instants de loisir.Les familles s’arrangent: un membre, d'habitude la mère, consacre tout son temps et toutes scs pensées A la nourriture.Mais ceux qui vivent seuls, comme moi?.Li rédactrice de la rubrique de la mode d'un journal s’efforce de consoler ses lectrices.Les robes sont rationnées, mais «heureusement.pour un temps du moins, il nous reste des rubans, des dentelles, des mouchoirs .» 10 mars — Début de semaine et date d'une grande innovation.J'ai fa briqué un écriteau que j’acrochai A la porte du bureau lorsque, j aurai besoin ou envie de m'absenter.Le texte est d'un laconisme Sibyllin : «JE REVIENS A L'INSTANT».12 mars — Je savais bien ce que je faisais en notant tous les ersatf de recettes que Je trouvais sur mon chemin.N'importe qui peut faire une omelette ou un bifteck mangeables.Mais essayez donc d'ac-comoder les rutabagas! Voici une nouvelle recette: faire fondre une noix de maroa-rmc.a,outer une cuillerée de farine s'il en reste.Amalgamer et délayer avec un demi-verre d'eau, assaisonner, tourner jusqu'à consistance épaisse.Laisser refroidir.Fermer les yeux et manaer en répétant: ce n est pas si mauvais que ça.^ Oublié de dire que cela s'appelle mayonnaise.Mon restaurant augmente, à partir de lundi prochain, le prix des repas de dix A douze francs.Par contre, la qualité et le choix des plats diminuent de semaine en semaine.Les morceaux de viande — lorsqu'il y en a — sont devenus microscopiques.Les hors-d’oeuvre et les légumes occupent de moins en moins de place dans l'assiette, et l'on se demande où les restaurateurs trouvent des bananes et des oranges si petites — lorsqu’ils réussissent à en trouver.On ne sert presque Jamais de pâtes, plus de riz; quant aux pommes de terre, depuis mon arrivée ici, il y aura bientôt deux mois, j'en ai eu une seule fois.En principe, on a droit à la viande le mardi, le samedi et le dimanche: à la charcuterie, le mercredi et le jeudi — en principe seulement Dans les restau rants à cinquante francs le repas, on peut en «jyolr.Le mien en sert tout au plus deux fois par semaine; le plus souvent, une fois seulement.Passé à la librairie.C.et le docteur U.m’ont invité à i joindre à leur discussion.— Nous causons philologie, dit C.— Philologie?— Il faut reviser la langue française, f^os enfants ne seront pas capables de nous comprendre.— Comment voulez-vous qu'un gosse comprenne, expliqua le docteur, ee qu'on entend par 1 expression «gagner son pain»?De no* jours, le pain ne se gagne plus, il s’obtient en échange de tickets.— Il fuj un temps, fit C.où je disais en parlant d’un livre A succès qu'il'** vendait comme des petits pains.Essayez donc d'expliquer àr un enfant ce qu’est un petit pain: il l'aura oublié.Et ensuite, demandez-lui le sens de cette phrase.Il vous dira que ça ne se vend pas du tout ou ne se vend qu’au marché noir.Nous avons passé une demi-heurt amusante A énumérer d’autres exemples.Manger de la vache enragée ne signifie plus vivre de privations, mais exactement le contraire.Casser du sucre est devenu une occupation plaisante et profitable.Entre la poire et le fromage ne désigne phis la fin du repas, maie l'avant-guerre, etc., etc.~ 11 y i cependant, observai-je, des expressions consacrées dont nous n'avons pas su apprécier le sera jusqu'à présent.Par exemple: long comme un jour sans pain.— Ou bien, dit C.la vengeance est un plat qui se mange froid.16 mars — Un couple étonnant! Elle, jeune, jolie, fardée, un petit tutu posé à angle droit sur ses cheveux platinés.Lui: monocle, petite moustache sel et poivre, papillon bleu à poi» blancs, guêtres blanches.Ils se promenaient lentement à bicyclette, comme dans le temps Ils devaient se promener au Bois, dans une Rolls-Royce Pendant qu'ils échangeaient d’aimables mondanités, leurs pieds pédalaient inlassablement, et & la maip de la femme négligemment posée sur le guidon, un gros diamant lançait des éclats aveuglants, Rencontré 13 mars — , ., 5*'JC il^Taire- “ Ça v* mal.Le médecin m'a prés- ent le pain de régime.Pour cent grammes de tickets, on a droit •oixante grammes.Ça me fait ISO grammes par jour I m a demande de passer le voir, un jour, dans sa boutique.Casimir Garasse cultivateur à Carpcntras.est poursuivi p • MONTREAL le 24 ,viv-mlr, .Le Procureur de la d"‘! ani-rtu, HARP.T COHEN.K c 414 ouest, rut St.Jacques, Montrai AVI» UK HKql ETE Pot H DIVOHCE AvL_ est par les préter.tes qu,- Walter Preston, de L qu T Montréal.-Uns le comté d'Hochs lags, dans la province dout est probablement Lès prèe du sen ttuvent vrai de la plupart de» Canadiens français.L'homme 1* plus puissant du Québec *»t probablement Son Eminence I* Cardinal Villenenve, o nt I.Tandis qu# Is bas clergé du Québec s'oppose à la guerre, le cantina! Villeneuve s est applique à soutenir l'effort de guerre, apaisant de la sorte 1* gouvernement d'Ottawa.La* organisations de Jeunesse la J A l\, lu J.E.C., la J.LC.et U J OC.qui groupent la Jeunesae de* ferme», de* «-cote*, de la classe moyenne tt d»* milieux u.iviie;#, trouvent leur Justification en deux encyclique* papales, Kcrum Noxan: w (1881) et Quadragcslmo Anno (1831).qu'on ¦Il quelquefois pour .omouvolt Ut société corporalité .Lm organisations de Jeunesse sont construites sur te principe des :‘c«dluJ*a", une cellule comptant quatre ou cinq membre», dont chacun dirige à son tour une autre cellule, Au sommet de cetts structure »a pr» héros de 1 aventure dan* la jungle brésilienne eont Donnakleon et Kejlft-aky.L« second film su programme sera ' Hay Fool" avec William Tracey, James Gleason et Elys* Kno*.! un» comédie vraiment repo- "The J'.i-d Piper tel est le film •.*«nte et qui fait un excellent non-qu! prendra l'affiche de* vendred, .irait» avec le beau documentaire au cinéma !/>«*'* Ce C m est une j qu'est "Jactra".THEATRE ET CONCERTS ARCADE: l.n» Comédien* présentent : “LE COEUR semaine du S décembre.de l'Arcade PARTAGE ", Loew’s “The Pi«d Piper” ^ I srnru adaptation de la nouvel!» â aucces 1 d» Ne-/*: Shut*.I-** vedettes sont Monte Woolley, Anne Ba/.ier, Rod-i ’ j dy McDowell, Ce film est un digne successeur d» 'The Invaders”, bove ail' et autres grands ’ I succès.sort» livre rop» sous les auspice* d»* Amical»* féminine» du diocèse d» Montréal, Ces représentât on* «ont donnée* â l’occasion d» :» clôture des fêtes ; grand» du trois.èm» centenaire d» Montréal.Ce’t* heureuse initiât, v» de* Amicale* féminin»* ,'édéric» apport» un» magnifique coct.-.n- it au théâtre à ;.v poéa.e frar.-; - *' dont Claudel est un rr.ai’re »n son g»nr« s.différent *1 paihc* 'j.* Mm» Ludmilla Pitoeff iVvi;- peraonneüerner • de* décor*, d»’.costumes, de l'éclairage et d» 1 r.-terprétation.Les artiste» qui 1 1 n-tourer.t ont été par «.i» chois * »*-la mie» en scène sera d» premier ordre [>• texte de Claudel exige ne- .coup et c est ce que lui doene-:o~: ,*s Interprètes.L*a billet* * r* *n vente ch»t Edmond Ar-rh • • • Ste-Catherlne est 0 .«." A.0836.iC©OJ
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