Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique
Hebdomadaire combatif de Jean-Charles Harvey qui porte haut et fort les principes du libéralisme et de la tolérance. Il se démarque par des pages culturelles de haute tenue qui accueillent des collaborations importantes. [...]

Lancé à Montréal le16 septembre 1937, Le Jour est un journal hebdomadaire. Il est fondé par l'auteur et journaliste Jean-Charles Harvey après son expulsion du quotidien Le Soleil survenue à la suite de l'interdiction de son roman Les demi-civilisés. Harvey demeure le directeur et principal propriétaire du journal jusqu'à sa fermeture en 1946.

Journal de combat et d'opinion, Le Jour porte les principes de l'idéologie libérale. Le programme de Harvey mise sur la promotion des progrès de la technologie et de l'économie modernes, visant la conquête des biens matériels et s'appuyant sur l'orthodoxie libérale de la compétition et de la libre entreprise plutôt que sur l'intervention étatique et les corporatismes professionnels et sociaux.

Libéralisme économique, donc, mais aussi social : soutien aux combats pour l'émancipation des femmes, fortes prises de position contre la xénophobie et surtout l'antisémitisme, rapprochement culturel avec les anglophones, défense des droits des travailleurs. Ces principes libéraux sont érigés face au corporatisme et au nationalisme traditionaliste canadien-français avec sa tête de proue, le très influent abbé Lionel Groulx. Au-delà des enjeux canadiens, Harvey démontre dans les pages du Jour un vif intérêt pour la politique internationale.

Le Jour combat vivement l'Union nationale de Duplessis, mais garde son indépendance vis-à-vis du Parti libéral du Québec. Son rédacteur se prononce pour le renforcement de l'unité canadienne, pour la laïcisation de la société et pour le déploiement d'un réseau d'éducation public, gratuit et obligatoire.

Jean-Charles Harvey se réclame de la tradition de farouche liberté de pensée d'Olivar Asselin et, avant lui, d'Arthur Buies. Il aborde des sujets sérieux mais sur un ton souvent légèrement humoristique en vue d'offrir une lecture agréable à un public informé et lettré qui souhaite aussi se divertir. Les arts et la culture tiennent d'ailleurs un espace important dans le journal : musique, peinture, lettres, cinéma, comptes rendus de concerts et d'expositions.

Jean-Charles Harvey est le principal rédacteur du Jour, que ce soit sous son nom ou celui d'un pseudonyme, comme Paul Riverin. Charles Hamel, André Bowman et Berthelot Brunet y sont aussi actifs.

Des textes littéraires trouvent régulièrement leur place dans Le Jour, qui publie

de nombreux textes, que ce soit d'auteurs de la relève comme Gabrielle Roy, Jean-Jules Richard, Gilles Hénault, Jean-Paul Lemieux, Yves Thériault, Andrée Maillet et Henri Tranquille, ou d'autres plus établis comme Jean Narrache, Jovette Bernier et Robert Choquette.

Louis Dantin y est aussi un contributeur important. En plus d'une chronique sur la littérature américaine qu'il tient pendant quelques années, il y signe une chronique sociopolitique d'esprit socialiste qui l'oppose parfois aux positions libérales de Harvey, mais les deux esprits se rejoignent dans la lutte aux idées conservatrices et passéistes de l'idéologie clérico-nationaliste dominante.

Le gouvernement libéral fédéral et de grandes entreprises fournissent un soutien financier au Jour, qui est tiré à 25 000 exemplaires en 1937, à 10 000 en 1940, et à seulement 3000 en 1946.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. 7, p. 91-93.

GUIMONT, Pascale, « Le Jour, 1937-1946 », dans Idéologies au Canada français, 1930-1939, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1978, p.131-163.

TEBOUL, Victor, Le Jour : émergence du libéralisme moderne au Québec, Montréal, Hurtubise HMH, 1984, 436 p.



Éditeur :
  • Montréal :[Le jour],1937-1946
Contenu spécifique :
samedi 27 janvier 1945
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 1945-01-27, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
Sième ANNEE No 21 S CENTS LE JOUR INDÉPENDANT POLITIQUE, LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE Directeur - Fondateur : Jean-Charles Harvey Administration et rédaction, 180 est, rue Sainte-Catherine (suite 14), Montréal Case postale 20, Station “N” — Tel.‘PLateau 8471 27 janvier 1945 Aussi longlcmn.•» quo los choses iront sysla m a I i quant en t mol, je continuerai system a li quetnent à dire qu 'elles ne vont pus bien — Henri ROCI1I I DUT Hnluefour en chef: Kmilc-C'Iiarlrt» Hamel LE DRAME DE L’AVENIR 11 n’est pas nouveau, liélas! le troublant, le douloureux antagonisme qui dresse les jeune» contre leur» aîné», la génération qui monte contre celle qui la précède.Toujours, nous retrouvons la même impossibilité de s’expliquer, de «e comprendre.Il eemble que deux génération» qui #e suivent ne parlent pas la même langue; le» mots, dan» leurs bouches, prennent de» sens différents.Honneur, culture, devoir, ne veulent plus dire la même chose pour un homme de cinquante an» et un garçon de dix-huit an»; et quand bien même, pour entendre celui-ci, celui-là voudrait »c rappeler sa jeunesse, retrouver sa mentalité et ses états d’âme d’alors, c’est peine perdue, car le garçon de dix-huit ans à qui il a affaire est plu» différent encore du jeune homme qu’il a été, lui, que de l'homme de cinquante an» qu’il est devenu.Les optimistes, qui voudraient à tout prix nous convaincre que tout va pour le mieux dan» le meilleur de» mondes, nous diront avec indifférence que la jeunesse a toujours été 1a jeunesse; qu’être jeune est le mal dont on guérit le plus vite; que les jeune» gens dont l’attitude nous inquiète aujourd’hui seront demain des bonshommes rangés qui ne songeront plus qu’à gagner leur vie, à garder leur situation, à élever leur famille .Tout cela est très beau, et nous voudrions bien croire qu’il en sera ainsi qu’il en a toujours été.Mais, malheureusement, le» règles du jeu semblent définitivement faussées et il s’est produit dans la société moderne des changement» dont il serait chimérique de ne pas tenir compte.Ce» jeune» gens en proie à tous les appétits, dont l’optimiste voudrait tranquillement taire les bonshommes rangé» de demain, comment pourront-ils la gagner, leur vie?Auront-ils de» situation» à conserver?Et comment pourront-ils fonder ces familles qu’on leur donne à élever?11 faudrait se crever les yeux pour ne pas voir que les crises profondes et incessantes qui ont bouleversé le monde depuis trois-quarts de siècle ont transformé de façon radicale la mentalité et la psychologie des hommes et des femmes, et qu’en cet âge de vitesse, les écartj entre les générations se font toujours plus béants, les différences, sans cesse plus accusées.On me dira que, de tous temps, la jeunesse a eu des exigences, a exprimé des réclamations, s’est lancée à l’assaut des places tenues par les ainés .On me dira que ce n'est pas d'aujourd’hui que la jeunesse est inquiète et tourmentée, et se cherche avec des errements parfois regrettables .Je reconnais volontiers que les crises sont de tous les temps, et que l’expérience ne s’acquiert jrmais qu’à un prix douloureux: au coût des plus beaux enthousiasmes et des plus généreux élans.Mais a-t-il été une autre époque où les jeunes en sont venus à considérer la jeunesse comme une profession en soi, et à croire qu’ils avaient le droit de tout exiger et de tout obtenir sans avoir à le mériter, par ce simple fait qu’ils sont jeunes?Le voilà, le grand, l’incommensurable changement des temps.Autrefois, on disait aux jeunes qu’avant de réclamer et de prétendre à tenir un rôle dans la société, ils devaient acquérir une formation, faire leurs preuves, se rendre utiles.Aujourd’hui, on leur donne à croiie que, simplement parce qu’il» sont jeunes, ils peuvent formuler toutes les réclamations, donner libre cours à leurs appétits déchaîné».Cela est dû aux guerres modernes qui, faisant une énorme, une effrayante consommation de jeunes gens, en ont fait une denrée précieuse qu’on ne saurait entourer de trop d’égards.Je veux qu’ici, on m’entende bien, et qu’on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas.Jamais, à mon sens, on n’entourera trop l’enfance et la jeunesse de soins attentifs, d’égards véritables.Si considérant le besoin d’une jeunesse saine et forte, intelligente et cultivée, bien formée à tout point de vue, pour créer une société progressive et bien équilibrée, on s’était appliquée à soigner la jeunesse, à l'instruire, à lui préparer un avenir de paix et de travail bienfaisant, ce serait merveilleux.Mais, au contraire, on n’a rien fait pour rendre la jeunesse meilleure; la laissant croupir dans toutes les médiocrités, on l’a nourrie de mensonges et de flatteries pour l'emmener enfin, aveugle et inconsciente, à la grande boucherie.Les démagogues de tous les pays ont multiplié les courbettes devant la jeunesse afin d’obtenir qu’elle les appuyât et qu’elle préparât leur guerre contre la jeunesse d’autres pays.C’est dans le sang des jeunes hommes que le fascisme et le bolchevisme, le nazisme et tous les régimes (l’oppression et de mort ont cimente leur puissance.On a grise la jeunesse de mots creux et d’idéologies empoisonnées, et les maîtres à qui elle s’est livrée, au lieu de lui donner de l’instruction et du travail, au lieu de l’employer à une oeuvre de construction où elle aurait rouvé la part de bonheur à laquelle nous devons tous tendre dur cette terre de labeur et d’espoir, ces maîtres maudits l’ont menée à la guerre et lui ont donné la douleur et la mort.Hans les pays démocratique», on n’a évidemment pas, comme chez les nations totalitaires, systématiquement formé la jeunesse en vue de la tuerie collective.Mais, par contre, a-t-on employé, dans le sens du progrès et du bien-ctre de la communauté, les énergies de la jeunesse, qui ne demandaient qu’à se dépenser?A-t-on donné à nos jeunes gens la formation réaliste et en même temps, généreuse qui les aurait préparés à regarder en face les problèmes qu’elle devait affronter, et à créer pour 'es générations à venir un monde meilleur, où les hommes ne *e considéreraient plus mutuellement comme des bêles de proie?Ce n’est pas sans honte et sans douleur qu'il nous faut, à celte question, répondre: NON! NON, nous n’avons pas su donner à notre jeunesse la formation qu’il eût fallu .NON, nous n’avons pas su employer à une oeuvre utile et bienfaisante tant d’énergies et de bonnes volontés .De 1929 à 1939, du début de la crise économique au début de la guerre, non» avons vu errer dans nos rues, flâner dans le* endroits les moins recommandables, se livrer aux pratiques les plus dégoûtantes, des centaines de milliers de jeunes gens.Les étudiants qui sortaient des maisons d’enseignement pouvajcnj en vajn exhiber leurs diplômes, nul ne songeait à utiliser leur savoir.Ceux qui n’avaient que leurs bras et leur e!lr de travailler ne trouvaient aucune besogne à quoi employer rur force.De grands garçons désoeuvrés désolaient le* famille-, 'ont beaucoup étaient déjà atteinte» par le chômage du père, -omrnent ce» jeunes gens sans travail auraient-ils pu songer à créer une situation, rêver de fonder un foyer?.Pendant des année», l’oeuvre de dissolution s'est poursuivie, ttnplacable.Puis la menace de guerre est venue, et le» préparatifs pour ’ ?fande tuerie ont provoqué une activité factice ., , ht peu après, la guerre a éclaté, y .f-a guerre a escamoté le problème.Elle ne l’a pas réglé.oi.a un noeud gordien qu'on ne saurait ainsi brutalement trancher.Il faudra un jour le dénouer, et toutes |e« tergiver*.i-*ou» les detours, ne sauraient empêcher qu'on en vienne là.Le sujet e*t trop vaste [tour puisse l'êpuiser, ni même ?ou-ement I exposer en un seul article! J'y reviendrai donc, Emile-Charles HAMEL A la recherche d’une virginité Il est certainement plus facile de se refaire une rience, on a vu que la structure sociale de la nation virginité politique qu'autrement.C'est ce qui expli- était en jeu.que ces retours inattendus, qui réussissent parfois.Croire que le sénateur Vandcnberg du Michigan Il y a douze ans, le parti républicain qui mar- soit l’auteur exclusif du projet qu’il a soumis à la chait presque à bloc derrière un des présidents les nation serait faire preuve d'une naïveté invraisem-plus néfastes de toute l'histoire américaine, s’écroula blabc.Quand il a parlé, le to janvier, le vieux beaucoup moins sous les coups de la crise économique républicain qu'il est parlait en réalité au nom de son que sous ceux de la faillite politique du parti, l^es parti.Il y a longtemps que l'on cherchait une for-dirigeants, pour la plupart hommes sans âmes, mule.Le parti républicain croit l’avoir trouvée.Et s'étaient révélés aussi incapables de faire face aux il la présente au pays, dans l’espoir de se refaire problèmes intérieurs qu’ils l'avaient été, lors du une virginité.règlement des grandes questions internationales, au Evidemment, on voit la manoeuvre.Il s'agit de lendemain de la Grande Guerre.préparer la candidature du sénateur Vandcnberg Quand le peuple américain, fatigué et pas mal aux prochaines élections présidentielles.On s'y ptcm ¦L-i11 • ._!.• t • • u r*r» /un vw»rm/»f f rn 1l''im(*Miii»i>r 1 nrm/'ti désillusionné sur la paix, se retira sur lui-me.nc, se désintéressa des grands problèmes mondiaux, les dirigeants républicains cultivèrent ce sentiment et contribuèrent plus que tous autres, à créer cet isolationisme farouche où tout le pays faillit se noyer.Quand vint le réveil, on regarda en arrière.I.c parti républicain portait une lourde responsabilité.Ihitté, hostile, il se renferma dans une campagne purement négative d’injures plus ou moins ouvertes contre le vaste mouvement populaire qui porta Roosevelt au pouvoir.A chaque élection présidentielle, c’était toujours le meme refrain : il faut jeter cet homme à la porte de la Maison blanche.Puis les événements ont marché.II a fallu revenir aux dures réalités et sortir de ces habitudes d’esprit mortelles.I^s Etats-Unis étaient solidaires du reste du monde comme les effets de la crise mondiale l’avaient prouvé surabondamment.Il fallait un programme, quelque chose de plus qu’une attitude négative devant les grandes quts-tions, surtout celles qui se poseront demain avec acuité.La défaite, fort heureuse pour le pays, du gouverneur Dcwcy, ouvrit les yeux au parti républicain.Longtemps travaillée par des influences occul- A l’avance, ce qui permettra d’amenuiser les projets futurs.On remarque que dans l’ensemble les propositions faites semblent calquées sur celles si souvent défendues par Roosevelt.Au lieu de crier au plagiat, il y a lieu de s’en féliciter : pour la première lois dans leur histoire 1rs Etats-Unis auront une politique extérieure déterminée, qui ne tjsquera pas d’etre renversée par la montée au pouvoir d'une administration nouvelle.11 n'y aura pas de solution de continuité si, dans quatre ans, le parti démocrate est obligé de céder à la place au parti rival.C’est donc la tin de l'isolationismc, cette grande expérience qui reasemble par tant de côtés à celle de la prohibition.C'est le rattachement des Etats-Unis au reste du monde, tout en gardant une situation privilégiée.C'est la possibilité de maintenir, au moins de mémoire d'hommes, la paix mondiale.C’est la certitude que la civilisation sera renflouée .à temps.La Charte de l’Atlantique n’a pu résister à 41 mois d'épreuves.Dumarton Üaks était aussi une formule, une simple formule.Cordell Hull n’avait pas formulé de programme à son départ du State Department et le secrétaire actuel n’en a pas formulé non plus.Seul le président appuya sur la nécessite d’une collaboration internationale, après comme pendant la guerre.Il a dû ramener le pays tes, cléricales, allemandes, fascistes, la machine rcpu-: dc trè, loin.j[ sait qu-ü nc Kra pas éternel.11 espère bhcainc ne représentait plus rien au point de vue quc sa succc$sit)„ llc scra paj massacrcc, comme le national.L le avait perdu les contacts.Elle ne *e fut celIe du prési(icnt Wilson, rattachait plus aux réalités.Aussi (]û rrvsrntir unr joie Kcrè,c à voir Les grandes entreprises — et pas elles seulement le parti républicain obligé d’en arriver à sa formule, passant par la crise gigantesque de la guerre, .pour que le pays survive afin que le parti puisse commencèrent à songer à l’avenir.Il fallait rénover vivre.le parti, donner des directives claires, constructives,! La proposition Vandcnberg est lumineuse s il il fallait pouvoir venir devant l’électeur avec'én^faut 11e pas hésiter à signer des traites avec les autre* mains quelque chose de tangible, et si possible, avec pui»ances en vue de gagner et de maintenir la paix, un brin d’idéal.Ce qui n’enlève nullement le carac- tère réaliste d’uii programme intelligent.Pendant longtemps on a cherché de droite et de gauche afin de trouver une formule acceptable.Quelques républicains, — ils ne sont pas tous stupidement réactionnaires — firent quelques trntatives sans lendemain.Le développement inattendu des opération» militaires a changé l'aspect de la situation.La victoire est maintenant certaine.Mais celle-ci sera fatale sans la victoire de la paix.C’est ainsi qu'autour des problèmes de paix se sont groupés les cléments sains, économiques et politiques du pays.On s'est rendu compte qu'il s'agissait d'une question de vie ou de mort, qu’un pays ne peut consentir aux sacrifions immenses comme ceux qui ont été accomplis, pour n'en rien retirer qu'une crise d'après-guerre encore plus terrible que la première.Instruit par l’expé- puissance» en vue de gagner et de maintenir ta paix 11 offre une collaboration franche des Etats-Unis dans le problème du désarmement permanent de l’Allemagne et du Japon.11 prêche une action combinée.Il y a, évidemment, quelques points un peu spéciaux dans les arguments du sénateur.Il semble, comme toujours, avoir une sainte peur de la Russie.Il n’est probablement pas partisan de repressions sévères envers les Allemands.Il ne veut pas qu'on k paye sur la bête.Mais au moins, il se rend compte, une fois pour toutes, que l’on nc peut avoir de collaboration internationale sérieuse, si toujours te dresse entre la décision et la réalisation, cet obstacle d'un congrès plus ou moins bien disposé.Ne serait-ce que par cette rupture avec des idées surannées, la proposition Vandenbcrg vaut qu'on la salue.A.R.BOWMAN 44 L'alliance impératif franco - russe géographique n La semaine même où lg général de Gaulle rentrait de Moscou à Paris eût sans doute été mieux choisie que celle-ci pour présenter ces quelques commentaires sur le pacte franco-soviétique.Mais, ne s'inspirant pas de la plus brûlante actualité, ils ne sont pas, je crois déplacés aujourd’hui.Ceux qui sont toujours prêts à brandir l'épouvantail rouge ont pu se scandaliser de l'alliance conclue avec Staline par le président du gouvernement provisoire de la République Française.Mais je doute qu’il y ait eu un homme intelligent et réaliste pour ne pas applaudir une telle alliance.Les hommes passent et les régimes changent: mais il est des faits qui demeurent.L'alliance russe a toujours été recherchée par tous les Français clairvoyants qui souhaitaient la sécurité de leur patrie.Une entente solide de la France et de la Russie a toujours été l’un des plus puissants atouts contre une Allemagne agressive.‘ Cela est si vrai que Hitler, avant de se lancer dans la sanglante aventure de cette guerre, eut bien soin de faire rompre d’abord, par la duperie de Munich, le pacte franco-soviétique qui était l’oeuvre d’Herriot et de Barthou.Apres l invasion de la Bohème et de la Mora-! vie.la France tenta bien, de concert avec la j Grande-Bretagne, de conclure un nouveau pacte i avec l’U.R.S.S.Mais, avec une habileté infer-j na!e.Hitler sut manoeuvrer de façon a faire ! échouer ces tentatives dont le succès eût sauve ; la paix, peut-être, ou tout au moins, rendu la I guerre moins désastreuse pour la France.Et jj’une des tactiques les plus dangereuses du ’ Führer consista à dresser contre l’entente pro-I jetée toute la droite française.Singuliers paradoxes de l’Histoire! Avant ! l’autre guerre, alors que déjà l’idéologie parti-: sane faussait la politique extérieure de la ! France, les adversaires de l’alliance russe se I rencontraient a gauche et à l’extrême gauche surtout.|aurai5 était alors aux prise* avec le directeur ; politique du Matin.Stéphane I-auzanne (récemment condamné aux travaux forcés pour collaboration avec les Boches)."Comme le gouvernement russe a le dessein manifeste et connu, écrivait Jaurès, d’appliquer son nouvel et énorme emprunt à développer son réseau ferré dans les régions très éloignées de la frontière allemande, même dans les régions asiatiques, M.Stéphane Lauzanne nous démontre que ces lignes auront précisément pour but d’amener plus vite en territoire allemand les forces russes appelées des profondeurs.Elles permettraient l’entrée en ligne des terribles guerriers de l’Oural, des formidables combattants du Caucase.C’est une vision grandiose et féerique et nul bon Français n y résistera.Voulez - vous des milliards encore?Prenez, prenez ” Quand le président Pomcarré partit pour la sort de la guerre en 1939 TANNENBERG 1914 et 1945 L’Histoire abonde en rapprochement» bizarre».Un de» plu» curieux que je connaisse est celui de rc» deux généraux qui portaient le nom de Zhukov: celui «le 1914 et celui de 1945.A part la similitude de nom, il n’existe, est-il besoin de le dire, rien de commun entre eux.L’un fut lo général désigné par la Slavka (1) pour coordonner le» opération» du “front nord”, au cour» do Grande Guerre, l’autre est le héros de Moscou, do Stalingrad cl de Varsovie.Si, cho»c curieuse, le» deux généraux avaient de* ressent* blanccs physique», il» n’en avaient aucune en ce qui concerne le» qualification» «oeiulcs et militaires.Zhukov I était un homme massif, typiquement rtiMe, trè* “ancien régime" et comme tel, arborait »ur su vaste poitrine de* rangée» de médaille» et de croix, le» généraux laariflc» étant décorés pour tout excepté pour le mérite.Zhukox II lui aussi est abondamment décoré, Mai* ce» médaille» ont été gagnée» »ur le champ de bataille et ont été confirmée» par de» victoires impressionnante».La dernière qu’il vient de remporter semble être une de» plu» importante* de «a carrière.Il a enlevé Varsovie et poussé droit, à fond de train »ur le point ktrutégique essentiel de Posen, à la porte même du Reich.Si »ou avance continue tant «toit peu, c’r»t le sort du coeur du Reich, de ectte Prusse maudite, qui sera réglé.Touto la Prusse orientale tombera comme un fruit mûr.ou pourri.Le Couloir », cause première et ultime de cette guerre *eru liquidé au profit de» Allié».La Poméranie sera ouverte à l’invasion et la Marche du Brandebourg ne «aurait offrir d’obstacles autre» que celui de» poitrine» de# grenadier» prussien».On peut donc s’attendre à de grand» événement».tsariste, lui, n’avait lia» d’ccolc.Vieux réne, il avait semblé tout désigné pour garder la uninte terré ru*»o contre l’envahisseur germanique, mémo sans posséder lu compétence voulue.Ainsi, ’’licuro fatidique du deuil de Tannenberg et d’Insterburg, Zhukov I révéla »u nullité cffnranto qui »e traduisit par deux désastres consécutifs qui'coûtèrent un quart de million d'hommes uux Russe», dan» l’espace de quelques jour».Sou» ht haute direction du grnnd-duc Nicola» Nicolaiévitch, stratégiste distingué, mais tacticien de iccond ordre, le» urmée.s Isuristc» uvuirnt pris de» positions analogues à celle» que l’état-major polomis adopta en 1939.Celte conception fatale coûtu la victoire aux pilsiidskistc» comme elle l’avait coûtée aux généraux du tsar.A 25 an» d’interiulle, 011 assista à un désastre presque semblable, avec celte seule différence qu’eu 14, la presque totalité des armées allemandes combattaient à l'Ouest et nc purent achever la Russie, tandis qu’en septembre 39, toute la Uçicbiwebr était concentrée contre la Pologne qui fut ainsi facilement liquidée.Le Tunncnhcrg est passé à l'Histoire comme une de ces batailles décisives dans le genre de Sndowa ou de Sedan, une de ces butuilles qui règlent non seulement le sort immédiat d'une nation, mais aussi sou avenir.Lu 1410, le» Lithuanien», aidés par le» Polonais, écrasèrent les Chevalin» Tcutoniqiics dans une bataille mémorable, à Gruenwald, situé tout près de Tannenberg.Cette victoire permit à la Pologne de survivre jusqu’en 1772.En 1914, la bataille allemande fit virtuellement " * re la menace russe et l’acheva en 1915, à la Dunajetz.(.elle fois encore, la prise de Tannenberg — en dehors de son effet psychologique immense — décide du sort de la Prusse orientale.Quelque» jours plu» lard, le» Russes étaient rendus à la porte d’LIbing, au sud-est de Dantzig.Il semble maintenant impossible de sauver lu province de Kocnigsherg, ce centre du junkerisme dévorant.Pleins des souvenir» encore cuisants de lu défaite de 1914, les Russes ont celle fois-ci manoeuvre de telle sorte qu’ils n’ont pas eu à redouter un de ces coups de jarnar, semblable à celui porté par feu Ludeudorff.4 La géographie imposait aux attaquant» la même ligne générale de pénétration.Le terrain, traître au possible, semé d'embûches, permettant toutes le» défense», était essentiellement favorable à l’ennemi.Aussi les années russe» ont-elles pris lo plu» grand soin à assurer une coordination parfaite de.leur» efforts.Deux armées, celle de Rokossovsky et de Trhcrniakovski ont pris la meme route «pie celle suivie jadis pur Samsonnov et Ronncnkampf.Mai», cette fois-ci, la trahison était impossible.Les Allemands 11c purent intercepter les dépêche* entre 1rs deux armées et les traduire tout à loisir, Aussi, le résultat H-t-il été totalement différent.Zhukov, député personnel de Staline et chef du bureau des opérations au Grand Quartier Général, prit soin de coordonner le» opérations de se» deux collègues avec le» sienne».Il était en effet impossible d’avancer vers l'ouest avant d’avoir liquidé la menace sur les flanc».Tandis qu’au sud, Konev haluyuit tout devant lui et protégeait l’aile suri de Zhukox, au nord les armées de Rokossovsky et de Tcberniukovski enlevaient de haute lutte le bastion du prussianisme et faisaient disparaître le risque d’un nouveau Tannenberg.Car on conserve trè» vivace, au Haut Commandement russe, le souvenir de l'attaque allemande contre la Pologne, cette attaque qui partit de Prusse orientale pour aboutir dan» le do» rie Varsovie et régler ainsi le Russie en juillet 1914.Jaurès se refusa a voter les crédits réclamés pour son voyage.Mais il prit bien garde, dans le discours qu'il prononça pour justifier son refus, de ne point méconnaître que l’alliance russe était une nécessité historique: “Nous nous rappelons, déclara-t-il, les aver Haut On voit là toute la différence qui existe entre Commandement russe en 1945 et celui rie 1914.A cette date fatidique, le lamentable Zhukov J disposait de deux armées, pré» rie troi» quart» de million d'homme», dirigées face au nord et à l’ouest.La première, celle ri»- Samsonnov, devait se diriger vers .Kocnigsherg par le sud, tandis que relie rie Rcnnenkainpf visait tissements que Bcbcl.Liebknecht et la démocra- |a capitB|e de la Prusse par la frontière de l’(-t.Or, ni Zhukov tie socialiste allemande donnaient a la F russe ^ nj warmonnov, „j Bennenkampf nc savaient où »r trouvaient victorieuse quand ils lui disaient que I annexion hC(1 arm*e, ,|,.|,.ur, j], ne gavajcnt même pas où m- de 1 Alsace-Lorraine et le démembrement du j irmivai,.nl |c, arfIallemande».Ce qui montre la haute territoire infligé à la rance républicaine auraient, efficacité du commandement tsariste de l’époque.pour conséquence fatale le rapprochement de la Z,iuk„v, avant entièrement perdu le contact avec le» R., France républicaine et de la Russie tsariste.; ,aiwa Cordonné» agir à leur guise.Il en résulta deux Nous nc voulons pas briser.nous voulons élargir désastre»; celui du Tannenberg, qui coûta la vie a 35,000 Russes, notre système d ententes et d alliances.pll)g pri.onni,.r., »an, ',„.r ,ni||i,r, d'homme» qui aures donnait dans 1 utopisme pacifiste, mais riop;.rent dan* le.lacs de Mazurie.Samsonnov, complètement il faut reconnaître que son antitsarisme n ob- ff 1 • .1 ,, , , , , , ^ 1 .aiiot»., ne *ot que (>»• tirer une natte île revolver dans la tele.1 ms nubilait pas son intelligence politique, son • , „ .r .,.t v ’ vint te désastre d Insternurg.Rcnncnkampf était re-t'1 bien tranqiiiib'ment à ne rien faire pendant les journées sanglantes •on ; sentiment patriotique, au point où i antistali nisme ’ a obnubilé, ces dix dernières années.¦ ., , ., , i , • 1,1 déroulèrent du 2ô au 29 août.)ix jour*, - lu* tard, I arnve ceux des nationalistes nominaux, en trance et.> ailleurs.Pour nous, nous avons toujours considéré que'1 ., .qu il lais-a 4.),(Mal prisonnier» entre les mains de I ennemi sans compter un nombre énorme de tués »ur le champ de bataille.Hindenburg lui tombait dessus.I,c général rii»*e 'il était baron balte et grand ami de Von Manncrheim manoeuvra li mal l'alliance franco-russe était un “impératif géographique ’.selon l'expression de i'ancien ministre des Affames étrangères roumain Antonesco.De Gaulle l’a compris, et a conclu cette alliance.Tant mieux rôtir la France et pour la paix future du monde' Félicien MONDOR —.'tulf» »»-pin qui étatt — par hasard — de Chopin.Et 11 fallait entendre!.Pour M.Julien, l'art, ça constate a faire du bruit! Et tous les pompiers réunis de la ville de Montréal n'auraient jamais réussis à être aussi pompiers que M.Julien! O mânes de Chopin!.U récital a commencé avec des Improvisations de M.Julien sur un thème de Beethoven — au pro- étrangement aux morceaux précédents de Ravel et Granados.En somme, M.Julien ne connaissait pas les pièces qu'il avait inscrites à son programme et plusieurs musiciens connus, qui étalent dans la salle, pourront attester, n'importe quand et devant n’tmporte qui, que le jeune soit disant planiste a joué comme un pied des morceaux Informe» et méconnaissables.Mal» le bouquet, ve fut la composition de M.Julien, Sonate de septembre; et elle est dédiée à ce pauvre Rachmaninoff qui ne peut même plus protester.Voici l'analyse de la Sonate de septembre: a» Introduction: un mouvement de la 4e Symphonie de Brahms, b> scherzo: la Marseillaise, de Rouget de Lisle, et l’Arlésienne, c) andante: un thème de Rinis-ky-Korsakov (Le coq d'or), d) presto: la Marseillaise, et un peu de tout le reste.Comme on le volt, ce fut puissamment original.à la Hertel! Les emprunts n'étaient même pas dégulsési nmls transcrits tels quels.et quand M.Julien eut plaqué les derniers accords de la 4e de Brahms, qui terminent “sa" composition, le public — chose .n-vraUcmblable - applaudit ! Et notre pianiste de saluer! Et le public de demander un rappel! Et de demander un second rappel!.C’est déjà beau d'avoir les moyens de louer un imprésario, une salle de concert et une salle de réception, et de payer le scotch à ces messieurs de la presse; malheureusement, le talent, ça ne se monnaie pas!.Pensez-y, M.Julien! PIERRE GELINAS fü M ¦ ÿZvl vzzzr: v w w ^ jvsr S#l* *1S IACURTO 1944 x Lettre ouverte à M.Mauriac c K — -Suite de ta troisième pays — tion exprimée implicitement dans ces mots: ‘’le bruit horrible gramme, v'étalt marqué: Rondo e des fusil» déchargés contre un homme »ang armes", capricclo, de Beethoven.:i m xi • Il s’est continué avec des impro- v.*> r,a!fnl*,I# P” 9an* ar,me9; M; Mauriac, nos otage»/ vlsatlon» de M.Julien sur un thè-j •'etalcnl*1'8 Pas saIU arme», M.Mauriac, les millions de juif», me que personne n’a pu identi- de ‘’communiste»", de déporté» politiques qui sont tombés fier bien qu on eut inscrit au ; victimes de» effets de» gaz, du feu, de» coups, des halles et même drEmann'"o»‘ou^nTaiCtUSi?U »U.louri?Çroyez-vou», quel que soit le degré de "collabora-le» Variations sérieuses sont de .011 a ce* crimes, qu on puisse absoudre les coupable»/ Il est Mendelsshon.Mal» ça, c’est secon-1 bien temps qu’il» répètent aujourd’hui, comme Guillaume II en dalre:) ' 11918, lorsqu’il crut sa fin prochaine: “Je n'ai pas voulu cela." v°u’ nr,lir' qu' *?, —,- ’"ai me qui s'inspirait vaguement de Pul9 * ble nécessaire et mê.ne indispensable.Il n'en reste! >1 lluUe SUIIIlues i|r« lllrlclliuilr» et «(lit- non- appri'lull* autant < t plus même que n'importe quel autre peuple les grandi'-oeuvres nm-iralrs si, d’autre part, nou» sommes êgalrmnil aptes a goûter tous les cbefs-d’oeuvre littéraire de la langue Ir.i.'.-ai-e.dan» le domaine des arts plastiques, nous restons, sans conteste, des isolé».La raison eu e«t simple.La musique, la littérature curiosité «le» oeuvre* que le* canons de l’art ont consacré, par un «//or» de votre sensibilité a subir le choc que crée la que erre la joie l’admirer, alors non, n'allez jamais au I.ouvre.Le Dantec, philosophe français «lit: “On nVutrr pas dm* a profondeur d’une oeuvre d’art plu* qu’on n’entre dans la plendeur de la vérité scientifique, sans un effort préalable et ¦ - .- — -• .i.la matière voulue poui nous cultiver si nous en sums le désir, i pour le vulgaire que celle Lu peinture, c’est différent.O'ahord, nous n'avons point de j travailler pour arriver à goûter non* parviennent de tous le» côtés à lu foi»; elle» nous dispensent prolongé, La beauté «le la Venu» «le Milo n’est nas plu» évidentr du principe de Carnvt.H faut point «le travailler pour urriver à goûter le beau, comme pour arriver à passé.Nous avons été «h> importés *ur une terre hostile qui ne goûter le vrai, et c’est sans doute purre «pie, suivant une formule pav moins que ces derniers chapitres nous prennent j "‘"‘IT'! .“"l'1"1 veM'«e ,lr grande civilisation «l’art.Les sauvages célèbre, “le beau, c’est la splrmlcur du vrai”, mon* ons lVïnn,; I ‘|«i l habitai»-ut ne nou» ont lai»*«- que de» travaux manuels fort Je «lefie n importe quel intellectuel qui lia pas la __ L'Eté |9|4 „*e,t peut-être pas construit l,eu intéressant».Les durs début» de la colonisation lion» ont fait preparation voulue d apprécier davantage un chel-d oeuvro d'après les mêmes piocédés que les volume, précé- : n,Thger pendant longtemps tout ce qui n’était pa- essentiel au reconnu qu’un Matisse ou lin Picasso.Soyons donc prudent dans dents de la série des Huba lit, mais il y a à ccci j «apne-iinin.Il en résulte que notre architecture est pauvre, laide j nos jugements puisque, chez la plupart d’entre no-is, l’effort souvent et que, n'ayant initiés «lès l’enfance à l'appréciation «les oeuvres d’art par le* visite* dans 1rs musée» ou le* expositions importantes, nous en eomprenoiis nul la signification et manquons nécessairement de goût.L’est si vrai «pie nous entendrons de la bouche im'mc de nos seurs et de sa famille.Le» liens qui le Lent à la intellectuelle telle réflexion de ce genre: société en général ne l’attachent qu indirectement, il J Laites-lion* donc «les tempêtes «le n’a pas lui-même de place définie dans la société, de tempêtes do chez-nous.rôle à jouer, si te n’est un rôle de comparse.11 est, ()u encore: logique qu’à ce moment nous l’abordions de l'inté- j _ QUt.jhe-vou» de cette petite peinture?rieur.Ce »ont ses sentiments à lui, tes pensées à lui, I __Mais, voyons ce n’est rien! cjui nous occupent, qui prennent des proportions —Comment ri.’»?Allez à Me d’Orlénil», tel soir «le clair d universel; c est normal.Mais plus il grandit, plu* j de lune, cVsl exactement lu même cliuae.Moi, il faut que lu il s incorpore intimement dans la société dans laquedc J peinture me rappelle de* puyiage* que j'aime, tien geiu connu*.y a a ccci j d excellentes raisons de logique.Je m’explique.Au début de la sér.e, Martin du Gard nous tait J connaître Jacques, «jui est encore au collège.Le héros est tout jeune, son univers est nécessairement borné à lui-même.Les influences extérieures qui ont prise sur lui sont exclusivement celles de ses profes- i m-ige, lionnes il vit, plus ses sentiments personnels sont conditionné par la vie ambiante.Sa vie intérieure ne se développe plus en vase clos, ils n’ont donc plus les mêmes proportions.L-e» événements mondiaux prennent de plus en plus de place, Martin du Gard ne procède plus de.l’intérieur, mas de l’extérieur.Et c’est déjà la Consultation, puis la Soiclluni, dans lesquels les individus nous apparaissent à travers leurs fonctions sociales, comme les membres perdus d’un tout immense qui les enveloppe.Ils ne se retirent pas dans une tour d’ivoire, leurs sentiments et leurs pensées ne se meuvent pas sous une cloche dans latjueüe on a fait le vide d’air.Et c’est là qu’est la grande leçon de Martin du Gard, qui s'apparente à Malraux, sous ce rapport,.Plus l'individu vieillit, plus il se développe, plus il est forcé d’assumer un rôle qui le restreint.11 devient un rouage dans une machine, un rouage solidaire de celui qui le précède comme «le celui qui le suit.Son esprit n’est plus libre de former à soi seul son univers; trop de facteurs entrent en ligne de compte, qui l’obligent à choisir une attitude —ou qui lui imposent une attitude, qu’il n’est pas le maître d'ignorer.* (Il faudrait sans doute rappeler cela dans la polémique qui s’est déchaînée autour de Gide, Gide que j’aime beaucoup, mais.) Enfin, dans l’Eté 1914, l'homme, l’individu disparait dans la grande tourmente, car Jacques ne circule à travers tout le livre que comme un prétexte, comme le guide qui nous promène des milieux socialistes de Suisse à ceux de Y Huma.Il est emporté dans le sillage.On ne peut cesser d’admirer la maîtrise et la science avec, laquelle cette gradation est suggérée — depuis les heures de l’enfance jusqu’aux heures tragiques de la maturité.Aucun livre peut-être n'est aujourd'hui aussi actuel, aujourd’hui que nous sentons plus que jamais la solidarité qui nou.attache à tous les hommes, qui fail que chacun de nous est directement intéressé et concerné dans la partie qui se joue contre les forces de la destruction.C’est ce qui fait que certaine forme d’individualisme toute attachante qu’elle soit — n’est plus de mise.— Il est quelqu’un, cependant, qui se tient en soi-méme debout et inattaquable, qjii représente une force contre laquelle les événements ne peuvent rien, et c’est la femme, c’est Jenny.Comme Y Eté 1914 est le livre de la mort, L'cpilogue qui est le livre de Jenny est aussi celui de la resurrection.Le sujet est trop intéressant pour être expédié en (juclqucs lignes.Je l’aborderai la semaine prochaine, Pierre GELINAS rien de beau à regarder, n’étant pu* i nécessaire n'a pa* riti’firr été fait.Addiction» qu’il faut, avant tout, un-rpter la vision de l’artiste et laissons à la photographie ce «pii lui e»t propre: la reproduction exacte île la nutiire.Ilieit in- vaudra jamais une bonne photographie pour prolonger les émotion» ressenties eu face d’un beau paysage.Ici je veux noter une réflexion «ju’on entend fréquemment devuiit quelque frêne splendide de la nullin'.Ou ilira: “Quel tableau pour un urti-te." Ihi est dan» l’erreur.Un paysage remarquable, une très belle femme lie sont d’aucune ntiiiti* pour l'oeuvre «l'art.Ils sont complet» par «ux-mênte et toute imitation qu’on en ferait ne serait «pie copie imparfaite d'oeuvre» exécutée» pur un urtiite supérieur.L’artiste s'inspire de très petites clmse», de rien, de tout; il rêve, il imagine, il vit dans un monde intérieur.Quand il peignait indéfiniment «le» pommes, le portrait «le sa patiente femme, lu montagne Ste-Victoire, l.ézanne ne voyait dans cea modèles qu’un prétexte à «le» piolilènie» particuliers à l'art.Voici, d'aillcur», comment Tolstoi décrit l’oeuvre d’art: “Supposons un jeune homme poursuivi par un mira dans la forêt.Si, de retour un village, il raconte seulement qu’il n échappé à un ours, voilà le langage ordinaire communiquant le* idées et les fuit*: mais s'il décrit d'ithord son angoisse, puis son alarme et sa terreur quand l'ours appurail et, filialement, sou soulagement quand il s'éloigne, et relu de telle fu«;nn que sou auditoire partage ses émotions, alors su narration est une oeuvre «l'art.) Maintenant, si le jeune garçon raconte ers fuit» dnns le but d'inciter le* villageois à se rendre duns la forêt et à tuer l’ours, bien qn'iii.iiit «le méthode* iirli»tine de T.AMVNOVA BROUN".mettant en Aedette tmry Conper, «u Palace.De nouveau, le grand MALCUZYNSKI Devant la fouie de mu*icophiIe.?.— les uns fervents admirateurs de Malcuzynski depuis ses récitals de l'an dernier, les autres impatients de connaître enfin ce disciple de Paderewski —> s'ouvre enfin le rideau de la vaste scène.Horreur! Est-ce là l’atmosphère qui convient au récital d’un maître: une lumière fulgurante au lieu de la douce pénombre nécessaire au recueillement de l’artiste; et un vil décor rose et blanc digne des scènes de couvents, là où il faudrait quelques draperies sobres et simples de lignes.Mince, élégant, ses cheveux lisses rejetés vers barrière, et dégaqeant bien son large front.Witold Malcuzynski entre simplement sur la scène et s'incline vers nous.Il semble indifférent au vaste auditoire et se tourne vers nous, en s’assayant au piano, comme si quelques amis intimes, seuls, étaient venus l'entendre.Il entame aussitôt le prélude, chorale et fugue de Franck.Cette pièce, jouée avec dextérité, émeut peu l’auditoire.Malcuzynski aussi reste calme: il ne semble jouer d’abord que pour faire valoir la souplesse de ses longs doigts, la seule technique de son jeu.Par un brio de notes successives, il resserre cette intimité des premiers moments.Les auditeurs applaudissent, devinant déjà la force de cet homme, mais en attendant la confirmation.Puis, les grandes mains blanches recommencent leur course sur le clavier.Cette fois, ce ne sont plus que des notes.Forts et prenants viennent vers nous les arpèges de l'Appasionata de Beethoven.Malcuzynski reste calme, son corps s’inclinant à peine.Mais les yeux sont tout sur le clavier, rivés sur ces doigts qui s'impriment d'abord doucement sur chaque note, les caressant pour en faire sortir tous les échos de la passion naissante, Le jeu revient plus vif: c'est toute la main qui vit maintenant: elle devient nerveuse, vibrant longtemps sur une même note, comme pour lui donner plus de profondeur, et d’ardeur mal dissimulée.Toute la salle vit maintenant d’un jeu d’ondes: des doigts aux yeux, des notes aux oreilles, et quand Malcuzynski se lève pour dominer cet auditoire qu'il a subjugué, c'est le tonnerre d'applaudissement de toutes ces âmes conquises.Puis, le planiste redevient indifférent, se reposant de l'effort ?u'il vient de donner.Debussy et Szymanowski passent, sans lame, mais maintenant le contact entre l'artiste et nous.Et tout recommence «à vibrer: Malcuzynski joue Chopin.I.es doigts ne touchent plus que discrètement le clavier, par crainte d’irriter un objet sensible, devenu humain et laissant échapper tout son romantisme.Le pianiste, enfin, s’émeut: tout le buste suit le mouvement des mains dans un rythme parfait et harmonieux.Les notes deviennent plus pressantes, augmentent en volume et couvrent la salle, voulant l'enflammer.C’est la Polonaise.Malcuzynski vit avec le piano: le calme de l’homme est complètement disparu et c'est l'artiste qui bat triomphalement la marche patriotique jusqu'à l'apogée final.Et c’est le triomphe.Oubliés le mauvais décor, et l'éclat détestable des lumières.Seul demeure le maître, toujours digne, toujours élégant, mais jamais plus l’inconnu des premiers instants.Malcuzinski nous a dévoilé toute la puissance de son âme d’artiste, et c'est cette révélation inoubliable que nous emportons avec nous.André ROBERT Anton >it .ut U• regard de ses meilleurs jours1 —Ses i/eux troublaient l âme timide de la frêle Sylvia.Mais quand on sait que l'on s aime et* que cela devient plus certain que le ciel qui brille dans la beauté du jour et plus vrai que la nuit qui vient, on ne s'effraie point et Ion commence à désirer! Anton aimait de toute la sincérité de son âme ardente et aus'i de toute la force implacable de sa jeune nature II avait saisi de ses bras puissants le corps défaillant de Sylvia — Il la portait maintenant a travers le sentier, sous les vertes ramures, et d un pas décidé, il marchait vers la lumière du soleil filtrant, ici et la.pour lier tout à coup se* faisceaux au sein de la clairière, [.es cheveux dorés de la jeune fille caressaient au passage la tête des violettes.Sylvia était aimée! — Son coeur battait sous les muscles d acier qui la retenaient, prisonnière libre, au destin mystérieux s'offrant à sa vie! Anton la déposa enfin sur un coussin de mousse que le soleil inondait comme le point d'arrêt dans la clairière.— La lumière arrivait maintenant à profusion et non seulement elle éclairait les deux corps jeunes et beaux, mais elle semblait les inviter, irrésistiblement, à entrer dans la forêt troublante.Autour d'eux, les arbres, étalant la beauté de leurs bras chargés de vert feuillage.Au-dessus d eux.un ciel palpitant d'émotion, immensément bleu, si prés de leur amour, si loin de leurs désirs encore imprécis.Au pied de Sylvia, l'effleurant presque, l'eau d'un ruisseau —> enfant perdu du grand torrent qui déferle dans la montagne — dans lequel les cheveux de la jeune fille taquinent le dos d'un poisson égalé.Anton regarde la pile Sylvia.Elle est muette et ravie.Son souffle est là.tout prés de la joue de son aimé.Leurs regards se rencontrent.La forêt frémit! Au loin, tout ati loin, le torrent charrie la glaise et des parcelles de roc.Son bruit s'entend à travers les chorals inconnus.Sylvia tremble! Anton la rassure.Il connaît ce coin de solitude.Il en décrit l'image, le site, la curiosité, avec une indicible ferveur.Serrant la petite main nerveuse de l'aimée dans sa main de géant, il monte vers les régions plus opaques et plus fraîches de la forêt.La docilité de la jeune fille ne traduit pas l'absence de crainte.Elle est plutôt le fruit d'un appel inconscient qu elle subit avec émotion.Anton escalade les sentiers montants et quand la petite n'a plus de courage ou de force, il l'arrache du sol et la porte sur ses épaules musclées.Le torrent — dont on entend le bruit infernal répété à l'infini par l'écho du bois — apparaît soudain dans toute sa magique splendeur.— L'eau jaillit des rochers, tombe, éclate, et retombe plus loin en mille jeux et mille lumières, dont les couleurs se marient au vert, au bleu, au gris, au beiqe.au rouge de la forêt et se lance dans une course folle à travers les arbres et les taillis.Ce torrent en pleine forêt a-t-il surgi de la main des dieux?* * if- Anton vient d attirer Sylvia auprès d'un grand bassin naturel dans lequel te torrent s'apaise un instant pour reprendre, vinot pieds plus bas.*on inqualifiable courroux.L'eau est douce et bleue dans ce bassin.Elle ressemble à un vaste miroir.Sylvia y projette lentement son visage et voit dans les reflets de l'eau celui de Anton dont les yeux sont fixés sur sa blonde chevelure.Mais quel démon, quel maqieien de malheur a touché cette eau ensorcellce' Ce ne sont plus leurs visages nui s'épousent dans les reflets dessinés par la brise Ce rie sont plus leurs yeux dans lesquels naissaient le même désir! Ce ne sont plvs leurs mains oui *e tenaient serrées dans un même serment! Horreur! [.'eau a vaincu l'amour et reflète les visages tragiques des deux amants comme ils seront dans vingt ans d'ici.— Anton a cesse d’aimer Sylvia.Les rellets de l'eau l'enivrent j comme une boisson perfide.Ses yeux sont chargés de colère et ses mains crispées ont saisi la gorge de celle qu'il aimait.] — Et dans l'eau, dans cette même eau enchantée.il tient la tête blonde, si blonde, de celle qui se noie! H- ¥ * S’arrachant à ce rêve invraisemblable.Anton et Sylvia, se lèvent et se lancent vers la forêt où ils se retrouvent enfin dans la lumière qui les avait tout d'abord attirés.— Leurs yeux se rencontrent pour la dernière fois.Ils comprennen: ou ils doivent s'aimer sans jamais unir leur destin.Le monde compte une histoire d'amour de plus .qui n'aura pas été vécue.Anton et Sylvia, silencieux, se tiennent encore un peu de temps dans la lumière enchanteresse.— Ils veulent en absorber tous les rayons.Puis, l'adieu meurt sur leurs lèvres et ils reviennent vers des sentiers paisibles où le chant des oiseaux remplace les éclats bruyants du torrent manique.A pas lents, ils descendent vers la clairière.— A mesure qu'ils avancent maintenant, ta lumière s'estompe et disparait.— C'était une lumière trompeuse qu'ils laissaient derrière eux.Ils ne marchaient plus la main dans la main, mais ils s'ep allaient — sans déchirement — vers un Destin nouveau.Ernest PALLASCIO-MORIN.BLANCHLTTK HKCNOY et ANNIE DUCAUX dans ie film L’“Empreinte du Dieu", dé* samedi au Saint-Denis.MONTREAL A L’AFFICHE CAPITOL : "Abroad With Two Yanks” — “Dancing In Manhattan".IMPERIAL : “Bride My Mistake” - “Marine Haiders'.LOEWS : "The Princess And The Pirate" 2e semaine.ORPIIEUM : “La Famille Stoddard".PALACE ! “Casanova Brown".PRINCESS : "Sweet And Low Down" - In The Meantime Darling".ST-DENIS : “Chambre 13" — "L'Empreinte du Dieu’’.KLECTICA : jusqu'à vend : "Life Of A Bengal I*anrer” — "Dixie”: Bain, à mar.: 'The Devil's Pipeline’’ — “Oh What A Night’’ — “Oit Along Little Dogie”.QUEBEC Les CANADIEN : '“Le Roi des Galéjeurs” — Musiciens du Ciel''.CINEMA DE PARIS : "L’Equipage" - ‘‘Vidocq" SHERBROOKE - CINEMA DE PARIS: "Menaces"."Le Jour se Leve" TROIS-RIVIERES - CINEMA DE PARIS "L'Intrigante” — "Toi que j'Adore”.THEATRES et CONCERTS ARCADE : France-Film présente : “SON PERE” semaine du 26 janvier.ST-DENIS: France-Film présente: "LES COSAQUES DU DON”, les 26 et 26 fév.-t.JUUK «i irait (.ai .a cum:.aar,u l* louf Limite* 1 BU rtl.rut bainit CatOrrin*.tant 4I>.M'/inrtàl, itL • Plantait 7471 l*au-Ch„rlc» iiarvty.directeur, et imprime par La Compagnit ce Publication de La Pair t1 mitée.1&3.tel, rue banne '-.•rire Montreal Alix lit: H KOI RTE i*i» ut un huit; AVIS est lionne que Itl'i'A îENDUON.coiffeuse, de ia Cité cl lu District de Montréal, dans la Province J,.Québec, s'adressera au l’arlement du Canada à sa présente session nu A sa prochaine seation, atm d obtenir un bill de divorce contre son époux, (JEOftOK REID, offic er de police, de 1« Cité e' du District de .Montréal, dans ,a Province de Québec, pour cause d'a-dultér» et d'aliandon.Daté a Montréal dans la Province de Québec, ce IMême Jour de Janvier 1946.lu:NE REEVE*.Procureur de la requérante, Su ouest, rue Ht-Jacqucs, Ch.-ISO.Montréal.AVIS HE RERIKTK 1*4)1 It DIVORCE AVIS est donné que Celia L’alp.employée de bureau, de la cité %%&n i« WILLIAM IENOIX HELEN WALKER DENNIS O'KEEFE wo mats CAPITOL Jknny GOODMAN + A«4 Hla M Undo DAMEU^Q Lynn BARI JJg Jock OAKIE.Wf PHLÜCE mucus Montréal, samedi 27 janvier 1945 A LA SCENE DE L’ARCADE M- MARCEL CIIABR1ÉR, en vedette dans In < imiédle dramatique “Son Père’’ de Gulnon et Uouehlnet, à lamelle dès vendredi soir, uu théâtre Arcade.ANNIVERSAIRE CINEMATOGRAPHIQUE La Famous Players Canadian Corporation a vingt-cinq ans.Vingt-cinq ans .un quart de siècle! Cela nous reporte aux temps héroïques du cinéma! En 1920, la Famous Players Lasky Corporation était l’une des compagnies de production qui dominaient Hollywood et l'une de leurs plus grandes vedettes, celle peut-être qui avait le plus de vogue auprès du public, était l’artiste de naissance canadienne Mary Pickford.Le droit de distribuer les films réalisés par cette compagnie était alors de la plus haute importance.Cette annéc-!à, en 1920, feu N.L.Nathanson et ses associés, J.P.Bickell, de Toronto, J.P.Tudhope, d’Orilia, W.).Shep-peard, de Waubashene, et W.D.Ross, de Toronto, obtenaient de la Famous Players Lasky les droits pour le Canada.Le 23 janvier 1920, était accordé une charte à la Famous Players Canadian Corporation Limited.Le nom de la nouvelle compagnie s'inspirait de celui de la compagnie productrice.Déjà, par le passé, M.Nathanson s'était intéressé à l'industrie cinématographique au Canada, en ce qui concerne la distribution des films.En 1916, lui et ses associés avaient acheté Iç Majestic, vieux théâtre de Toronto consacré au mélodrame, et l'avait reconstruit, en faisant le Régent, l'une des plus belles salles de projection cinématographique du Canada.La compagnie incorporée en 1920 était intéressée dans les théâtres de la Paramount Theatres Limited, qui comprenait les établissements suivants: le théâtre Regent, à Gait; le théâtre Regent, à Guelf; le théâtre Strand, à Kingston: le théâtre Strand, à Ottawa; les théâtres Teck, Family, King George, Garden et Alhambra, à Toronto; le théâtre Savoy, à Hamilton, et le théâtre Royal, à Port Hope.La B.C.Paramount Théâtres Limited possédait les théâtres Dominion, à Vancouver, Victoria et Nanaimo, et le théâtre Rex, à Revelstoke.La Famous Players acheta également les théâtres Broadway, à Vancouver, et Strand et Regent, à Toronto.De ces dix-huit théâtres qu’elle possédait d’abord, l'organisation de la Famous Players s'étendit à travers tout le Canada, d un océan à l'autre.La Famous Players exploite maintenant, avec ses associés, 311 théâtres au Canada et à Terre-Neuve, Aujourd'hui, la Famous Players paie annuellement à des Canadiens la somme de $6,000,000 en salaires, et elle a payé en impôt, l'année dernière, la somme de $10,000.000.La Famous Players et les théâtres associés procurent chaque semaine des distractions à plus de 2,000,000 de Canadiens.C'est là un résultat remarquable que nous tenions à signaler.Pour récréer nos combattants Montréal a été doté dernièrement d'une organisation magnifique; le Dépôt de Musique pour le» Forces Armée» ouvre se» porte» au numéro 376 ouest, rue Notre-Dame.Le Dépôt de Musique a été fondé et *era dirigé par Je* jeunes fille» de la Ligue de la Jeunesse Féminine.but de cette organisation est de recueillir tous les instrument» de musique dont vous ne vous serve* pas, tous ces vieux instrument» que vou ave* mis depuis longtemps au rancart et qui encombrent votre grenier ou votro cave.De concert avec le personnel de l'Armée, la Marine et l’Aviation, le Dépôt de ST-DENIS K4 MKVIf ttuy M4t*n •» nHhftitrtk , •juitsumv i ÜOSSEliMGAU j LtVIGAhi-srïr—^ Musique remettra à neuf les vieux instruments qu'on lui confiera et le» fera parvenir a nos combattant» lj*t piano qui vous embarrasse pourrait égayer la caserne d'un régiment; le phonographe dont voua ne vous servez jamais pourrait apporter de la joie a l'équipage d'un de nos navires ou à quelques-uns de nos blessés en convalescence à l’hôpital.On accepte les disques vieux ou r.eufa, les guitares, mandoline», «ccoidéons, etc.Le Dépôt de Musique enverra chercher vos colis et les objets recueillis seront distribué» à ceux de no» soldats, matin» et aviateurs qui en ont le plus besoin.On est prié de s'adresser ou de téléphoner au: DEPOT DE MUSIQUE, 376 ouest, rue Notre-Dame pour les Forces Armée» HA.7741.(communiqué) LE JOUR Page 7 La Saison à Montréal L Homme Enchaîné” de Bourdet et “Le Bonheur du Jour” de Guiraud, à l'Arcade L Orchestre Symphonique de Toronto et Jean Dansereau au Saint-Denis — Eminent violoniste canadien en récital “Le Roi Vagabond” aux Variétés Lyriques — Le Quatuor McGill reprend ses concerts — A propos de “Madeleine et Pierre”.fxs amateurs de theatre et île musique n'ont pas a se plaindre à Montréal, cette saison.Grâce à I rance-f J ni, nous avons une saison régulière de comédie française, et la vaillante troupe de l’Arcade »e dépense sans compter pour nous donner chaque semaine un spectacle bien balancé, proprement présenté.Après une courte relâche, l'Arcade a repris la sn ie de ses représentations avec "L'Horn ne Enchaîné" d’Edouard Bourdet.Dans 1 "Homme Enchaîné", s’affirment la maîtrise et le solide métier de l'auteur.Comme ces 3 actes sont humains et vrais! C est l'amour qui a enchaîné le héros, Philippe Darthez.11 a volé la femme d'un ami, et ce dernier n’en a jamais rien su.Trois ans plus tard Philippe, désoeuvré, est devenu l'esclave d une femme trop riche, mais il ne désespère pas de vaincre a nouveau la résistance de son unique amour.Mais irtte femme n'est plus libre; elle sert reprise en épousant Verdier.Philippe ne pourra rien contre le bonheur.Mais un cruel destin n'évitera pas à \ crdirr la révélation du passé de sa femme, et les deux amis devront un jour s'expliquer.La belle et sincère artiste qu'est Mlle Antoinette Giroux a joué avec beaucoup de naturel, d’intelligence et d’émotion.A ses côtés, M.Marcel Journet a donné l'une de scs meilleures interprétations de la saison, montrant une grands diversité de moyens et passant avec souples>e d'une situation à l'autre.Dans une scène extrêmement difficile, Mlle Madeleine Davis s’est taillé un magnifique succès.Cependant, c’est peut-être encore à M.Roger Garceau qu’iront nos préférences, car son personnage est en quelque sorte le pivot de la pièce et il s'est acquitté tout à son honneur de ce rôle particulièrement ardu.II faut encore signaler le beau travail de Mme Elisa Garcau.¥ ¥ ¥ ’’Le Bonheur du Jour", d’Edmond Guiraud, est une bien jolie pièce.Et, comme beaucoup d’oeuvres de valeur, elle est toute simple dans sa conception : Un jeune aviateur revient de la guerre.Il a toujours idolâtré une mère belle et brillante, méprisant peut-être un peu le professeur effacé, son brave homme de pèrr.Mais, tandis «pie dans le vieux bahut, il retrouvera ses jouets d'enfants, précieusement conservée» par cet homme qui étouffait de tendresse, il ne trouvera dans le meuble élégant, dans Je "bonheur du jour”, que des lettres lui révélant la faute de sa mère.I! n'est pas le fils du docteur IMessiers, qui l’a entouré de tant d'amour.En quel style prenant, avec quelle puissance d'émotion Guiraud a-t-il su développer cette si simple intrigue ! Une interprétation de belle qualité a rendu justice à cette pièce où les sentiments et les idées se mêlent avec beaucoup d’art.Nous n'avons pu, encore une fois, nous empêcher d’admirer l'étonnante habileté de M, Marcel Chabrier à se transformer, à abandonner sa personnalité pour se mettre littéralement dans la peau d'un autre.Je suis tout à fait d’accord avec ce confrère qui écrivait que M.Chabrier s’est taiBé dans "Le Bonheur du Jour" un succès plus vif encore que dans "Les Affaires sont les Affaires".Son Léchât était un chef-d’oeuvre de composition; son doctejr Plcssiers en est un autre.Mme Jeanne Demons a, de son côté, donnée une remarquable interprétation du rôle de l’épouse coupable, de la mère douloureuse.M.Noël de T.lly a joué avec une belle sobriété.Mlle Annette [/-clerc, dont nous saluions avec plaisir le retour à Montréal après son succès de "Chifforton”, a donné une preuve nouvelle de son talent fait de naturel et de charme.¥ ¥ ¥ en pro-Tram-TV» double y** /u*CotA£.ci a*ru>u\ /t TEmpqeînte Dieu' ou p;erre blanchar •'ANNIE DUCAUX *ri">lnf du ïfl Jnnvlrr inflinnHsssM JtnnnE ?em?ns AU PLATEAU - MAR.30 JAN.1*^9 £ t t.Ht* U ear.unit âKJÛr BEBTHE PLBI1TE tunni UTonaoi ocnis oftoum «•fRtcnim • Dtnut PiiiiniB CliSfl DR RERU "UN VIOLONISTE EBLOUISSANT" ROGER GBRCERU niiiotfts Kd.A rrhninbaulf, WIIlI* A T le MM.DaunaA et Goule*, ont donc été b en inspirés en mettant à l’affiche fa version française de cette oeuvre, qui n'avait pas été donnée à Montréal depuis la mort île la Société Canadienne d'Opérrtte.1/- poète Villon appartient à la légende presque autant qu’à l'histoire.De sa vie, l’on ne sait avec certitude qu'une chose : c’est quelle fut fertile en aventures.Des périodes entières demeurent dans l’obsi l'urité la plus complète, Le peu qu'on sait permet donc à la faitaisie de s’exercer sans vergogne, et l'on ne compte plus les aventures plaisantes prêtées à Villon.C’est Rabcla.» lui-même qui a commencé en rapportant, dans les hauts faits de Pantagruel, une réplique assez salée du poète parisien au roi d'Angleterre, à la cour de qui il avait été recueilli après avoir été exilé de France.Depuis, une foule d'auteurs ont donné libre cours à leur imagination pour enrichir le tiésor de la légende \iilonaise.Mais nous ne croyons pas que personik*, jamais, ait pii» telle licence que les librettiste» américains de "Vagabond King" ! Avec la légende de Villon et le livret de la vicil'e opérette d’Ad al plie Adam, "Si j’étais roi”, il» ont fabriqué une affabulation assez étonnante, mais qui a tout à fait sa plaie à l’opérette.Villon airne Catherine de Vaucellc» qu’il aperçut de loin et à >3(1110116 il adresse des vers enflammés d’amour.Cependant, le roi aussi marque un intérêt tout particulier à cette belle et noble dame de la cour, mais marié et désespérant de gagner le coeur de Catherine, il promet à Villon de la lui donner pour femme, si le poète parvient à s’en fajrc aimer, 11 devra gagner ce coeur en vingt-quatre heures, (vendant lesquelles, le roi confie à ce vagabond le pouvoir royal; si Villon échoue, il subira la peine de mort.Jusqu’au dernier instant, en dépit de son courage et de sa vaillance, Villon désespère de réussir, en raison de sa basse origine, mais comme il monte à la potence, Catherine de Vnucelles se présente, lui déclare son amour devant tous et demande à '’épouser sur le champ, Villon demande du vin rt des réjouissances pour le "bon peuple de Paris", Ln Villon, M.Lionel Daunais a donné une interprétation pleine de brio, de fantaisie du meilleur aloi.Cet artiste a de l’allure; il joue avec souplesse et il dit avec esprit, en plus de chanter avec un so'ide métier.Dans le rôle de I/iuis XI, M.Jean-Pierre Masson, jeune comédien de beaucoup de talent, s’rst révéle un remarquable acteur de composition.Mlle Caro Lamoureux, qui eti était à sa première apparition aux Variétés Lyriques, cette année, a prouvé, en Catherine de Vaucclles, qu’elle n’a rien perdu de son assurance en scène; elle sait jouer, cl'c sait chanter; avec elle, on est toujours assuré d’une solide interprétation.Aussi le public ne lui mcnage-t-il pas sa faveur.MM.Henri Poitras et Julien Lippe sont d'excellents comiques.Pourquoi gâtent-ils, par une charge, par une surcharge grotesque, une interprétation par ailleurs p>cine de niéiitc ?Pour obtenir quelques éclats de rire de plus, faut-il tomber dans le burlesque ?M.Paul Guèvremont accomplit un beau travail, de même que MM.Georges Toupin et Robert Lussier.Mlle Gaby Lefebvre a du charme, et peut-être du talent.Il lui reste à acquérir du métier.Mme Rose Rey-Duzil, elle, s'affirme une fois de plus dans un rôle secondaire.M.Jean Goulet a dirige l'orchestre avec son autorité coutumière.¥ ¥ ¥ NOEL It It UN ET, l’un de» violoniste» cmuitlli'ii» le* plu» remarqués do l'Iu-urc donnent un récital, mardi soir prochain, le 30 Janvier» à l'Auditorium du l’Iati-mi.Au piano, John New-mark.Au théâtre ARCADE Demain soir lo rideau »# lève!» à l'A rende sur la comédia dramatique “Son Père'' d’Allvert Gulnon ut Alfred Uouehlnet.Cette pièce a été demandée par un grimd nombre d'habitué» do l'Arcade et la direction do ce théâtre est heureuse do pouvoir eo rendre au désir de »n clientèle.'(Son Père" est un drnme extrêmement bien agencé.Les doux autours ont voulu étudier le» ravagea que pout muser la »épar»tlon de» conjoints.Certes, ls thème a été traité souvent ou théâtre dlra-t-on mata MM.Gulnon et Uouehlnet ont réussi à découvrir une perspective toute nouvelle et c'eut ce qui donne à l'oeuvre sa réelle origlnnlllé, l/rrsqu'apron une absence do 20 ans Orsler revint en France II veut revoir su fille Jeenno qu’il n quitté «Inst que a» mère h In suite d'un malheureux malentendu L Jeanne Ignore tout du passé ds son pèrs qui a force de tendresse, de bonté fera In conquête da soi enfant.Mais Orsler pourra-Hl répéter 1» même exploit loraqu'll s'agira de sa femme ?IA est la est le drame et |>ar un curiaux retour de» choses c’est Jean qui aidera au rapprochement de ses pa* rents."Non Père" sers.Jouée par un* troupe excellente mettant an vedette Marcel Chabrier, Hoger Garreau, Henri Lotoi.dnl, Denis Drouin Wlllin Fréchette, Jeenno Demons, llerthe Plante.Jeune artiste qui fera ses débuta nvec la troupe; Kllsa Garceau et Denise Pelletier.On peut compter que de tel» artls-los défendront «voo un beau aoucl professionnel le» quatre actes da cette p «ce follement charpentés et d'une émotion véritable, Grande tournée des Cosaques de Platoff Le public montréalais a faif un accueil on ne peut pliu chaleureux à l'Orchestre Symphonique de Toronto qui donnait au Saint-Denis, le 12 janvier dernier, son premier concert en notre ville.Et les applaudissement prodigués à l'orchestre dirigé par sir Ernest M acMillan étaient tout à fait justifiés, car c'est là un instrument admirable, un ensemble d’une belle homogénéité.Ia vocabulaire étant restreint pour exprimer les qualités d’un orchestre, on nous permettra de citer notre confrere, M.Marcel Valois, de la "Presse" : La musique (le chambre r*¦'-quefo's |e sole’I et !« lune — Sc met en tête d'une remarque écrite.6.—Féminin de ’’son" — Commune du Nord — l’articule donnant plu» de force à l'affirmation — Propre.7.—LItlac/e — Kn le» - Trans- formé en glace - San* ornement.8.—M •'us* minérale tombant d?profondeurs do l'espace céleste — Forme» de gouvernements.5.—Ktu| de métal — Préfixe indiquant ’.,a multin'ica'iem d'une rra-ndeur pa- un millieu — Compo-»
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.