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Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique
Hebdomadaire combatif de Jean-Charles Harvey qui porte haut et fort les principes du libéralisme et de la tolérance. Il se démarque par des pages culturelles de haute tenue qui accueillent des collaborations importantes. [...]

Lancé à Montréal le16 septembre 1937, Le Jour est un journal hebdomadaire. Il est fondé par l'auteur et journaliste Jean-Charles Harvey après son expulsion du quotidien Le Soleil survenue à la suite de l'interdiction de son roman Les demi-civilisés. Harvey demeure le directeur et principal propriétaire du journal jusqu'à sa fermeture en 1946.

Journal de combat et d'opinion, Le Jour porte les principes de l'idéologie libérale. Le programme de Harvey mise sur la promotion des progrès de la technologie et de l'économie modernes, visant la conquête des biens matériels et s'appuyant sur l'orthodoxie libérale de la compétition et de la libre entreprise plutôt que sur l'intervention étatique et les corporatismes professionnels et sociaux.

Libéralisme économique, donc, mais aussi social : soutien aux combats pour l'émancipation des femmes, fortes prises de position contre la xénophobie et surtout l'antisémitisme, rapprochement culturel avec les anglophones, défense des droits des travailleurs. Ces principes libéraux sont érigés face au corporatisme et au nationalisme traditionaliste canadien-français avec sa tête de proue, le très influent abbé Lionel Groulx. Au-delà des enjeux canadiens, Harvey démontre dans les pages du Jour un vif intérêt pour la politique internationale.

Le Jour combat vivement l'Union nationale de Duplessis, mais garde son indépendance vis-à-vis du Parti libéral du Québec. Son rédacteur se prononce pour le renforcement de l'unité canadienne, pour la laïcisation de la société et pour le déploiement d'un réseau d'éducation public, gratuit et obligatoire.

Jean-Charles Harvey se réclame de la tradition de farouche liberté de pensée d'Olivar Asselin et, avant lui, d'Arthur Buies. Il aborde des sujets sérieux mais sur un ton souvent légèrement humoristique en vue d'offrir une lecture agréable à un public informé et lettré qui souhaite aussi se divertir. Les arts et la culture tiennent d'ailleurs un espace important dans le journal : musique, peinture, lettres, cinéma, comptes rendus de concerts et d'expositions.

Jean-Charles Harvey est le principal rédacteur du Jour, que ce soit sous son nom ou celui d'un pseudonyme, comme Paul Riverin. Charles Hamel, André Bowman et Berthelot Brunet y sont aussi actifs.

Des textes littéraires trouvent régulièrement leur place dans Le Jour, qui publie

de nombreux textes, que ce soit d'auteurs de la relève comme Gabrielle Roy, Jean-Jules Richard, Gilles Hénault, Jean-Paul Lemieux, Yves Thériault, Andrée Maillet et Henri Tranquille, ou d'autres plus établis comme Jean Narrache, Jovette Bernier et Robert Choquette.

Louis Dantin y est aussi un contributeur important. En plus d'une chronique sur la littérature américaine qu'il tient pendant quelques années, il y signe une chronique sociopolitique d'esprit socialiste qui l'oppose parfois aux positions libérales de Harvey, mais les deux esprits se rejoignent dans la lutte aux idées conservatrices et passéistes de l'idéologie clérico-nationaliste dominante.

Le gouvernement libéral fédéral et de grandes entreprises fournissent un soutien financier au Jour, qui est tiré à 25 000 exemplaires en 1937, à 10 000 en 1940, et à seulement 3000 en 1946.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. 7, p. 91-93.

GUIMONT, Pascale, « Le Jour, 1937-1946 », dans Idéologies au Canada français, 1930-1939, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1978, p.131-163.

TEBOUL, Victor, Le Jour : émergence du libéralisme moderne au Québec, Montréal, Hurtubise HMH, 1984, 436 p.



Éditeur :
  • Montréal :[Le jour],1937-1946
Contenu spécifique :
samedi 26 mai 1945
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 1945-05-26, Collections de BAnQ.

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Sième ANNEE No 38 5 CENTS LE JOUR INDÉPENDANT POLITIQUE, LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE Directeur-Fondateur: Jean-Charles Harvev Administration et rédaction, 1 HO est, rue Sainte-Catherine (suite II), Montréal Case postale 20, Station “N" — Tel.‘PLateau B171 26 mai 1945 Aussi longtemps (jue les choses iront sys 1û m a t i ,piemen t mol, je continuerai sys t e m u ti quamon t à dire qu'elles no t'ont pas bien — Henri ROCHEFORT Rédacteur en chef: Einilc-Cliarlea Hamel LE COUP DE 1911 Je me souviens comme d’hier des éhotioru de 1911.Celles de 191.» leu font re»i\re.Il y a, entre ce# deux dates, à trente ans de distance, des similitude* frappantes.En ce tempsdà comme aujourd’hui, les conservateurs et les nationalistes faisaient cause commune contre les libéraux; comme aujourd'hui encore, des politiciens ne reculant devant aucun moyen, même les plus sordides, pour papier des votes, profitaient du sentiment anti-Quéhec à l’ouest de l’Outaouais, alors que d’autres, dans la l.aurentie, exploitaient le sentiment aiitibritan-nique.De cette façon, Laurier, l’un des plus "rands hommes d’Etat de l’histoire du Canada, fut battu.L’électorat ne tarda pas à s’en mordre les pouces.J’étais alors un étudiant.La première vague de nationalisme avait déferlé sur Québec.Depuis 190.», Bourussa, entouré de jeunes lieutenants fort spirituels et fort ignorant.*, tel I.inergne, avait pris prétexte de l’envoi d'un contingent canadien en Afrique du Sud.pour soulever notre jeunesse contre l'Empire et contre toute participation en hommes aux pierres britanniques.Six années de propagande avaient préparé une foule de pens à accepter la thèse hourassiste et à jeter Laurier par dessus bord.Deux questions dominaient la campapne électorale: la marine de guerre et le libre-échange commercial entre le Canada et les Llats-Lnis.Dans Québec, c’est la marine qui alimenta les discours nationalistes.On di-uit, sur tous les hustings, que les libéraux voulaient acheter des navires dans le but de transformer nos jeunes gens en cbair à canon.Dans l’Ontario, on partit du projet lihre-éehanpisle pour accuser Laurier de méditer la trahison de la Couronne britannique et de préparer l'annexion aux Etats-Unis.Donc, en Lnurentic, Laurier était accusé d’être trup anglais; ailleurs, on l’accusait de trahir l’Empire.Le grand homme fut vaincu.Vingt-quatre comtés québécois lui avaient tourné le dos.Le soir du scrutin, quand les derniers rapports de l’Ouest confirmèrent la défaite libérale, je me trouvais au milieu d’un groupe de religieux, presque tous bourassistes.Ils exultaient de joie.Enfin, ils tenaient leur revanche.Ils n'avaient jamais pardonné à Laurier d’avoir laissé au goureruement mauitobaiu son autonomie en matière scolaire.Disons en passant que Ces membres d’un Urdre bien connu n’ont jamais cessé de faire de 1a politique.Cette année, je retrouve, dans une partie du public et dans l’atmosphère des assemblée, à peu près le meme esprit, les mêmes arguments, les mêmes hypocrisies.Les supernationalistes ne changent pas, sauf qu’en 1945, il leur manque l’éloquence et l’éducation considérable d’un Bourassa.Le Bloc Populaire Canadien fait une campagne antihritannique, ,nit i participât ionniste.anticonscriptionuistc et isolationniste.Son chef, M.Camillirn Monde, *c fait applaudir avec les affirmations les plus fantaisistes et les plus absurde*.Il est aile jusqu a dire que le brandon de la catastrophe mondiale a etc allumé par le Canada, lorsque M.King, au cours d un voyage en Allemagne, j est aile provoquer Hitler et sa colère.Partout | ailleurs et en tout autre temps, ou aurait accueilli une telle clownerie par un immense eclat de rire.Ici, on s’est contenté d'applaudir.Incroyable, mais vrai.La plupart des autres candidats hloquislev clament bien haut que nous n avions rien à voir dans le conflit universel et que M.King a commis un crime national en nous v plongeant.Il n’a agi, di-cnt-il* que soûles dictées de Londres.Eu ce faisant, le gouvernement canadien aurait même conspiré contre la vie de milliers de jeunes Laurenliens.dans le luit d affaiblir la race.En dehors des frontières du Québec, les | progressistes conservateurs reprochent au j premier ministre et à son gouvernement de j seire laisse manoeuvrer par notre province et j d'avoir, île la sorte, amoindri l'effort de guerre du Canada.Cette attitude était confirmée, de façon indirecte, dans l’un des derniers discours de M.Bracken, alors que celui-ci *e faisait fort, une fois élu, de eonserire pour le Jatmn les recrues affectées à la défense territoriale.Pai là, il visait Québec assez clairement et apaisait le reste de notre pays.Jusqu’ici, rien que de très normal.Mais voici où la situation nous parait pleine de contradictions.Comment se fait-il que les progressistes-conservateurs, qui favorisent la guerre totale et combattent tout isolationnisme et tout racisme, se trouvent-ils une fois encore les alliés clandestins des pire éléments ultra-nationalistes, antiparticipationnistes, isolationnistes et anti britanniques de la province de Québec Comment se fait-il qu’ils ne font rien pour combattre ceux-ci?Comment se fait-il qu’ils n’ont présenté aucun de leurs candidats contre les principaux bloquâtes, les soi-disant indépendants et certains individus qui, en tout autre pays en guerre auraient été accusé* de trahison?Demandez-vous quel* sont les adversaire* actuels de MM.Maxime Raymond et Camillien Monde, pour ne nommer que ceux-là?On manque évidemment île sincérité quelque part.Les adversaires du gouvernement King, suivant une vieille tradition électorale, utilise-ront toutes les armes, même celles du diable, pour affaiblir son parti et prendre le pouvoir.Cet immense désir de l’assiette au beurre explique les alliances les plus hybrides.Jean-Charles HARVEY ,v AGITATION DE L’ÉNERGUMÈNE Le député québécois désormais connu sous le nom de l'Eiicrguiiiène, celui-là même qui declare “avoir perdu la guerre” — car ce ne sont pas les fascistes qui ont gagné — se déchaînait, lundi dernier, contre l’Aluminium et réclamait l'expropriation et la nationalisation des installations hydroélectriques du pays de Maria Chapdelaine.Ou bien l’Energumcnc — à l'instar de son ami Philippe — ne connaît rien de la question, et alors il parle à travers son chapeau, ou bien il veut simplement faire de la démagogie, et alors il ne commet qu’une canaillerie politique.A lui de choisir.Si le Canada renfermait des mine* de bauxite, le gouvernement pourrait peut-être *inir l.i • I»thièr«- fui*, .m |>cu|»I2?m&m Fa:*' ¦ ¦ w,wgiM^ t'W^.SMB ^—"^2SEr ^^^gggSSK iAaü'-i -ni—-|-n»st-ll pas encourageant de constater que.autant dans le monde intellectuel que chez les savants, on se préoccupe de plus en plus de conduire l'homme vers des aspirations plus conformes à sa nature humaine, de la perfectionner en améliorant son édifice moral Intérieur; Duhamel dans "La Possea-sion du Monde", Carrel flans "L'Homme cet Inconnu" et Lecomte du Noüy pour ne citer que ces noms ont exercé une immense Influence à ce point de vue et Us ont certes contribué par leur prestige et leur autorité à erer un climat .favorable et leur pensée ne va-t-elie Je me rappellerai toujours avec plaisir cette conférence que vous avez prononcé» «ou» le» auspices 1» l'Institut Démocratique Canadien dont je fai» partie.Je tien* à vou» féliciter personnellement du magnifique exposé que vou» nous avez donné sur Ica cause* principales de notre mal social.Vou» ave» dénoncé courageusement tous ceux qui, sous le couvert d» la religion, tiennent le peuple dan* l'Ignorance afin de le mieux diriger et l’exploiter plus librement.En contrôlant ainsi l'instruction, il leur est plus facile de se sous- et, de celte façon, on lui facilite ta vole a une dictature par la peur.Heureusement que des hommes comme vou*-rr,èm» et Damien Bouchard ont vu le mal à sa source et ont su le dénoncer à temps.Cette peur qu'ils ont iw si bien entretenir n'a toutefois pas eu de prise sur voua et soyez assuré qu'il y en a nombre d'autres qui se sont aussi dégagés de cette emprise soit par la lecture de votre journal ou par la lecture de ces soi-disant mauvais auteurs.Je n'ai, Jusqu’Ici, jamais manqué l’occasion de défendre, par écrit ou par la parole, le» idées pour lesquelles vous lutte* si courageusement.Ces idées, Je les ai faite* mienne* parce qu’elle* renferment un esprit de Justice et dt fraternité unlvertelle.Deux de me* article», signé* L.M., ont déjà paru dan» votre journal, que Je lis depuis sa fondation.Je n’al plu* peur et Je me *uls défait de ce* préjugé» de race et de religion dont ton empreint* un trop grand nombre de* nôtres.Ce cléricalisme néfaste entraîne notre population vers une dictature de la peur et l'empêche d'aller ûe l'avant vers le progrès et la résil- le temps perdu et Inculquons dan» tou» ces cerveaux malades un» meilleure conception de ia vie.Fil-*on»-leur comprendre que le nationalisme, le vrai, ne »e imite pa* ii un clocher ou à un petit coin de' terre, mal» bien à tout un pay*.Le* homme», issu* dune même essence divine, sont tou* frères spirituellement et sont tous solidaires les uns les autre».lia travaillent tous à un même but: la bonne entente.Malheur à ceux qui s'opposent à son épanouissement ! surtout »’il* »e réclament le* dispensateur* accrédité* (soit dit »n passant) de* bien* de Dieu.J’espèra qu» l'effort que vou» avez déployé a cette noble cause •ers couronné de succès et qu’il vou* sera donné d'assister à la réalisation de votre rêve, l'unité nationale, et que la peur qui domine en cette province sera vaincue.C'en est fait de mol, et J’en suis de* plus heureux! J'apprécie, à sa juste valeur, la liberté de pensée et de paroi*.J’entends continuer de la sorte car sans cela la vie ne vaut plu* la peint d’être vécue.Si cet article peut vous être utile, libre à voua d'en faire usage.Votre tout dévoué, LM.endiablé” (Noël Sabord), qui annonçait, comme un dit._n romancier de race et qui lui fit échoir le Prix des Vikings bien fait pour un Normand.Il fit ensuite paraître Ncz-de-Cuir (1937), “un des plus beaux livres écrits depuis bien des années” (Ernest Tisserand| Châteaux de Normandie ( 1937) et Grands Normands, études sentimentales: Barbey d'Aurevilly.Gustave Flaubert.Guy de Maupassant (1939).trois études d’une grande profondeur d’esprit, destinées à l’explication et à la propagation de l'oeuvre de ses grands compatriotes.Jean de La Varende a été récemment élu à l'Académie Goncourt pour remplacer Léon Daudet, mort en 19-12.Maximilien RUDWIN NOTA : A l'occasion de l'anniversaire de la naissance de hauteur le 24 mai.Maximilien RUDWIN' Pénurie de main-d'oeuvre dent 1 ’ induitrie textile La question de main-d'oeuvre à fournir à l’Industrie textile fait actuellement l'objet d'une étude attentive de la part du Service sélectif national, h fait remarquer le directeur de ce service, M.Arthur McNamara.Des Instructions récemment adressées à tous les bureaux de Placement et du Service sélectif enjoignent aux gérants locaux de s’efforcer particulièrement de fournir de la main-d'oeuvre à l’Industrie, pour la production de filés et de tissus.Ces Instructions insistent *ur l'importance de la production textile pour les services armés et pour les fournitures militaires, tout en signalant le* besoin* civils essentiels.]l fallait de l'audace pour construire en 1923 Li*1 U'- fl*al ttU P* v QUOIQUE le pays fut encore aux prisas avec les difficultés économiques qui suivirent la première Grande Guerre, la maison Morgan n'en avait pas moins une confiance inébranlable en l'avenir.En 1923, la direction du magasin était passée à la troisième génération de Morgan, et M.Harold Morgan était alors gérant généraL Les directeurs avaient conçu le projet de construire une addition considérable au magasin et ils n'hésitèrent pas à mettre ce projet à exécution en dépit de la crise qui sévissait alors; ils dirigèrent eux-mêmes les travaux, et se servirent de matériaux canadiens dans la proportion de 99 pour 100.Il ne s'agissait pas simplement de démolir quelques vieux immeubles pour faire place à une nouvelle struc- ture.H fallut monter sur des rouleaux d'acier un édifice de six étages pesant des millions de livres—-le Bell's Galleries Building—pour le transporter sur de nouvelles fondations, à l'autre extrémité de l'emplacement.Ce fut un véritable exploit de génie qui émerveilla tous les Montréalais.Cette semaine, l'établissement Morgan tout entier célèbre l'achèvement de 100 ans de service à la population de Montréal.Pour commémorer ce grand événement, des marchandises d'époque sont exposées dans les vitrines et des étalages spéciaux ont été disposés dans tout le magasin.Et, tout en se rappelant avec fierté les succès obtenus dans le passé,, la maison Morgan envisage avec confiance un deuxième siècle d'existence.Les bureaux locaux ont reçu l'or-dre de charger des fonctionnaire» spécialement qualifiés, de la tâche de trouver des ouvriers compétent* pour des filatures.L’on encourage aussi ces établissements à se servir davantage de travailleur* & temps partiel.M.MacNarnara souligne que lM positions dans les fileturcs sont avantageuses à plusieurs points de vue, surtout en ce qu’elles offrent l’occasion d'apprendre un métier et ont une excellente chance üe devenir permanentes.Le besoin existe principalement dans les provinces d Ontario et d» Québec, les deux-tiers des position* vacantes étant destinées a des fem.mes.L’Industrie textile primaire est dans une haute catégorie prioritaire en ce qui concerne la main-d’oeuvre. Montréal, samedi 26 mai 1945 LE JOUR Page 3 QUELQUES PROPOS sur L’ACTUALITÉ par Andre Bowman Après l'heure des épreuves vient celle des bilans, afin de pouvoir procéder à la restauration d un monde dévasté.Mais cette reconstruction ne sera possible qu'aprés des accords internationaux, une paix assurée, une stabilité au moins relative dans Tous les pays.Aussi.la conférence internationale qui se tient à San-Francisco a-t-elle une importance qui dépasse la simple formule d'une paix de papier, garantie par une Société des Nations caduque avant d’avoir jamais été même mûre.San-Francisco n'est pas une fin: c'est un commencement.La conférence ne marque pas le point final au chapitre des hostilités: elle indique la voie à suivre, par l’accord général ou régional (suivant les cas d’espèce), par le retour aux constantes du droit, du droit des gens d’abord, des peuples ensuite.Il serait erroné de croire que les problèmes les plus aigus qui ont miné l’Europe vont être résolus d'un trait de plume, ou même qu’ils recevront un commencement de solution.L’erreur de Genève fut d'essayer de créer un organisme chargé de palier à tous les maux, au lieu de s’en tenir à l’essentiel.Très vite, la S.D.N.devint une sorte de maison de retraite pour politiciens fatigués ou une antichambre pour politiciens en herbe.Avec, naturellement, comme complément, l’établissement d’une sorte de bureaucratie supernationale qui sombra dans le rond-de-cuirisme le plus lamentable, parce quelle n’était pas en contact quotidien avec les réalités.San-Francisco, au contraire, doit faire face à des réalités.Les Nations unies doivent prendre conscience quelles entrent dans une ère nouvelle et que la fin des hostilités a en même temps marqué la fin d’une époque — en Europe, plus particulièrement.Les discussions qui se déroulent dans la ville californienne ne doivent pas être prises comme des discussions d'une simple convention électorale américaine quelconque, même si le ton est parfois déclamatoire.Les séances non publiques se poursuivent activement et c’est là où se fait le travail pratique.Le reste est pour le public.Il faut reconnaître que.jusqu'à l'heure actuelle, on n’est pas arrivé à des résultats bien encourageants.Mais bien des obstacles ont été écartés et il est permis de croire que, d’ici la fin de la conférence, on sera arrivé à des résultats tangibles.Ii serait oiseux de discuter au fur et à mesure les questions du débat.Ce n’est que lorsque tout sera fini que l’on pourra avoir une vue d’ensemble des progrès accomplis.On verra alors quelle direction prendra la politique d’après-guerre.Tout ce qu'on peut dire, pour le moment, c'est que les petites Puissances soulèvent un conflit avec les grandes et qu'elles font perdre un temps précieux.On peut noter egalement une parfaite irresponsabilité de la part de certains pays, une incompréhension totale de la situation réelle, telle qu elle existe actuellement, après six ans de conflit.Croire que l’Amérique peut devenir la vache à lait du reste du monde, particulièrement des nations qui n'ont pas participé directement et activement au conflit, est une hérésie.On n'est plus en 1914.Malheureusement, trop de politiciens à la manque pensent encore en termes surannés et croient fermement que le vieux monde continue, que le "bon vieuj.temps" n'est pas révolu.Cette erreur dangereuse doit être dissipée le plus vite possible.Il est inutile de s'attarder à des formules anciennes.On est dans des temps nouveaux.C'est ainsi qu’il faudra réviser les notions juridiques que l on se faisait sur la souveraineté absolue des nations, des droits coloniaux, des relations internationales.Quelques grands problèmes de l’heure Bien entendu, c’est l'Allemagne qui est le grand problème d'après-guerre.La défaite totale de 1 Etat totalitaire par excellence crée un vide dangereux en Europe.Il va falloir trouver une formule en attendant l’époque relativement éloignée où l’ancien empire allemand pourra reprendre place dans le concert des Puissances.Presque toutes les questions d actualité sont subsidiaires à la solution du problème allemand.Celle des frontières, par exemple.Ou encore celle du rétablissement des marches économiques européens, sans compter, bien entendu, celle du désarmement et de la sécurité.Tant que I on n’aura pas décidé du sort de la Bochie, il ne sera pas possible d'attaquer sérieusement les problèmes, même les plus urgents.Ce qui montre à quel point il est essentiel que des grandes Puissances arrivent à un terrain d’entente.puisqu'elles seules sont capables de régler le cas allemand.Vient ensuite le problème du rétablissement de I équilibre européen, sans pour cela croire que 1 on va retomber dans la vieille formule du siècle dernier.Il faut débalkaniser l'Europe, faire de grandes entités économiques, rationnelles avant tout, même au prix de quelques froissements inévitables.Sans cela la restauration sera impossible.Et un retard trop prononcé dans cette restauration pourrait avoir des conséquences funestes, du point de vue social et politique.Cette débalkanisation aura pour résultat probable de créer une sorte de confédération danubienne, aussi éloignée que possible de la formule chère au coeur des Habsbourg, com-prennant probablement certains territoires détachés de la Bavière.Quant à savoir exactement sous quelle influence prépondérante ce groupement sera placé, c est encore difficile à dire, bien que I on puisse croire que les nécessités économiques préviendront, ipso facto, un monopole russe dans cette région essentielle de l’Europe.Une fois le regroupement accompli, il faudra procéder à certains épurements qui s'imposent: entre autres celui de l’Espagne franquiste.On pourra alors envisager un continent capable de reprendre sa vie normale par une restauration économique, sociale et politique, sans oublier le côté spirituel.I! faudra vite arriver à un accord entre grandes Puissances sur le régime à établir dans le Peich défait.Pour le moment, et pour des raisons faciles à deviner, l’Occident n'hésite pas * se servir du truchement du "gouvernement Doenite '.comme je l'avais prévu, il y a quelques jours.Non certes qu'il soit recommandable d avoir recours à un membre de la défunte Reichswehr pour donner des directives immédiates aux Allemands.Mais en l'occurence, un pays est sous cabinet même temporaire résout mainte* difficultés.Il faut avoir le temps d organiser un j corps dirigeant et cela implique nécessairement des délais.De plus, devant la déconsidération complète des civils il ne reste plus que les militaires capables de prendre une initiative en matière politique.C est dangereux, mais c est un pis aller.Il y a aussi certains avantages que le public, qui a si violemment protesté, ne voit pas très bien: les vieux cadres de la Reichswehr sont seuls capables de liquider à l'allemande le national-socialisme.Quand on sait les humiliations infligées par les Nazis à l’armée et à la marine, on peut être certain que.profitant du désastre national, les militaires allemands vont sacquer les déchets du régime hitlérien de belle façon.Il y a des comptes à régler, des généraux à venger, un prestige à recouvrer.Et comme les militaires boches n y regardent pas de si près quand il s agit des intérêts de leur caste, on peut être certain que, mieux que quiconque, ils débarasseront 1 Europe du nazisme abject.Ce ne qui ne sera que justice — poetic justice.comme on dit en anglais.En même temps, l'existance d’un gouvernement Doenitz empêche l'éclosion d'un cabinet composé de généraux allemands convertis aux beautés du régime kremlinois.Ce qui n’est pas un des moindres arguments en faveur d'un régime dirigé par Doenitz.Signalons en même temps la création de la première région administrative instaurée en Allemagne par les Alliés.Cette "province’’ comprennant la Sarre, la Palatinat, une partie de la Rhénanie et de la Hesse, ne s'étend encore que sur 5,000 milles carrés.C est une intéressante expérience.Suivant les résultats, on étendra le système adopté ou on le modifiera.En attendant, le reste du l'autorité directe de l'armée.L’Adriatique et Trieste Entraînée par l'ardeur de la victoire, l’armée yougoslave a occupé Trieste.Fiume.l’Istrie et se dirigeait à marches forcées vers la Corinthie que revendique Belgrade.En ce qui concerne Trieste, le grand port de I Adriatique, il était impossible que les grandes Puissances laissassent un des belligérants s'en servir sans même consulter les Alliés.Aussi le G.Q.G., est-il intervenu.Alexander a envoyé une division "réoccuper" Trieste, non pas pour conserver soigneusement cette cité et surtout le port pour ces bons Italiens qui recommencent leurs éternelles jérémiades, mais pour assurer à cette région, d’importance européenne, un statut compatible avec la situation nouvelle issue de la guerre.On a fait des remontrances à Tito.Ce dernier qui ne manque pas d’un certains sens des réalités, a compris que les Alliés ne badinaient pas.Trieste n'appartient à personne.Le territoire d'Istrie est surtout habité par des Slovènes, mais la ville est bien italienne.D’autre part, habité par des Yougoslave ou des Italiens, le port est tellement indispensable à l'économie de l'Europe centrale, dont il est un des principaux débouchés, qu’il est probable qu'il aura un statut international.Seule une conférence des Puissances peut déterminer l’avenir de Trieste et de son port.Tito a donc été assez intelligent pour se soumettre et a retiré ses troupes de guêpier.Quant à la Carinthie.étant donné qu'il s’aqit d’une province autrichienne, il faudra attendre qu’une conférence internationale décide de son sort.Les Alliés ne sont certainement pas d'humeur à tolérer une réédition du coup de d'An-nunzio au lendemain du premier conflit mondial.L’Adriadique ne pourra être internationalisée.Mais l'expérience montre qu’il serait bon que ni l'Italie, ancienne ennemie, ni la Yougoslavie, qui passa si près de l'être, n'ait une prépondé-rence dans cette région.Le plus sûr moyen est donc d’internationaliser Trieste d'abord et de créer une forte base navale alliée dans la mer Adriatique, une sorte de Malte ou de Gibraltar, sous l'égide des Puissances unies.Pn préviendrait de la sorte des conflits toujours possibles à mesure qu'on se rapproche des Balkans.Les nouvelles frontières de l’Europe Le tracé des nouvelles frontières sera délicat.Non seulement parce que toute opération de ce genre soulève automatiquement maintes difficultés, mais aussi parce que des années de fascisme et de nazisme ont profondément altéré les conditions qui existaient jadis.Les déportations massives de populations, les massacres systématiques, les destructions, créent de problèmes que l'on ne saurait résoudre à coups d'arguments de propagande de bonne ou de mauvaise foi.On ne saurait en effet envisager le problème des frontières de la Hongrie ou de la Pologne comme on eût pu le faire, il y a 25 ans.L'argument historique, du reste ne tient pas debout.Le seul qui compte est celui de la sécurité et de la stabilité.Il y aura beaucoup de "jugements de circonstances" dans l'établissement des nouvelles frontières.d'autant plus que presque tous les Etats de l’Europe envisagent une revision.Il n’y a pas moins de trente questions territoriales à résoudre pour refaire l'Europe de demain.En commençant par l’ouest on trouve, par ordre géographique: 1 —District d'Eupen-Malmédy.Ce territoire belge, annexé par les Allemands retournera vraisemblablement à la Belgique.Aucune difficulté spéciale.2—Alsace-Lorraine.Retour à la France.3 —Riviera italienne.La France a présenté des revendications.4 — Sarre.Décision réservée.Il faudra déter- miner *i la Sarre restera à l'Allemagne ou ; reviendra à la France qui la possédait avant: 1815.5 —Bassin et région de la Ruhr.Il ''agit de décider si cette région, centre de l'industrie j de guerre allemande sera internationalisée, j partagée entre les Alliés ou rendue à l'Allemagne.avec des restrictions bien entendu, j 6— Schleswig-Holstein.Retour probable au j Danemark de la région annexée par les 1 Allemands Possibilité de cession des deux j provinces au petit Etat du nord.7— Sudètes.Retour certain a la Tchécoslovaquie.i AGITATION DE L’ÉNERGUMÈNE — *ut«» iië la première page — développements prévisibles, n’absorberait, de cette force, qu’en v iron 50,000 chevaux-vapeur.La ville de Québec et Ica centre» avoisinants absorberaient peut-être 200,000 c.v., pourvu que l’on soit très optimiste »ur l’expansion de la région.Il resterait à trouver de l’emploi pour au moins 1,750,000 c.v.C’est ce que l’Knergumène ne sait pa» assez.L’Aluminium est.de tous les métaux, celui dont l’extraction et le raffinage exigent le [dus d’électricité.Kn temps de guerre, la force entière de 2,000,000 c.v.a été employée.Souhaitons «pie l’activité du temps de paix remplace celle-là.Autrement, ce serait dommage.Aucune antre industrie ne permettrait au Canada d’exploiter cette énergie formidable.A Trail, dans le* Rocheuses, »e trouve le plus grand “smelter’’ du Canada.On y extrait environ 1,200 tonnes de plomb et d’étain pur jour.C’est énorme.Mais la consommation de l’électricité y est moindre, et de beaucoup, que celle qu’exigent les fabriques d’Arvida.L’Energmnènc ignore aussi que la force hydro-électrique ne s’exporte pas au loin.Le transport de l’énergie cesse d’être économique en dehors d’un rayon de 200 milles.C’est pour cette raison que les fameuses chutes Hamilton, dans le Labrador, ne seront jamais exploitées à leur capacité.Sarts compter que l’on découvrira probablement un jour d’autres sources d’énergie.Il y a des milliards de kilowatts dans l’air.C’est là l une des plus grandes menaces à l’avenir de notre province.Ce serait se faire illusion que de croire facile la création de grands centres industriels dans de* régions «pii ne se prêtent pa» à de tels développements.Il ne suffit pus de disposer de beaucoup d’électricité pour voir surgir les usines par enchantement.Ce qu’il y a de plus important, de fondamental, dans toute industrie, c’est le marché.Il serait parfaitement absurde de vouloir faire à millions des articles dont le publie ne voudrait pus.Ici, je ne puis résister à la tentation de citer un exemple.On sait que la région du Tennessee offre un marché plus important que le Lac Arme secrète Ou lit Han» un journal: /.ci elèves de l'Ecole Mena fit» ic » ont tendues à la “ l'ilia Pacelh" où A/, le Cuit leur avait organisé une agitable partie de mere.La joui rite ensoleillée pci nul le dîner en plein air; man autour du chaudron et de funique morceau de Saint-Jean.Or, le gouvernement américain, il y a quelque» année», investissait un milliard de, dollars pour la production, la navigation et le j glace découvert dam un ravin.Ici contrôle de* inondation».L'entreprise était trente palettes" firent un rempart connue sous le nom de Tennessee Vullev j à la chaleur lolaire, et la tiie fut Authority ou l.N.A.Celte entreprise court à j servie criitallisée.Ce fut délicieuxf un échec, hile devait soulager le public des' "trust*”.Elle écrase le peuple.I u remarquable ingénieur montréalais, M.Huet Ma»»uc, a fait, là-de»»u», une étude qu’il serait téméraire de ne pas prendro au sérieux.Duns une conférence qu’il prononçait à Montréal, devant le* membres de l'Engineering institute of Cumula, M.Massue rapportait entre autres le» faits suivants, qu'il avait étudiés et constaté» sur place: La T.V.A.fut formée en 1933.On *»* proposait l'administration d'une grande centrale électrique et de deux fabrique» d’eiigruis chimiques construite» par le gouvernement à la fin de la Crundc Oiicrrc No 1, à Muscle Shoals, Alabama.A la fin de juin 1944, la T.V.A.déclarait avoir investi, duns ces entreprises, $783,000,000.Ajoutons à ce chiffre les déficits d’exploitation, la perte des luxes et le service des intérêts: la I .Y.A.u coûté au bas mol plus d’uu milliard de dollars.De celle somme, 40 p.c.seulement a servi nu développement de lu force motrice.I.a T.V.A.possède actuellement une installation de.1,894,0t0 char* et véhicule» de tous genre» et plu* d» 16.000 wagons de chemin de fer.I0ui d* 300,000 homme* sont descendu» » ce port.A leur rentrée, U flotta de 4, Oütf embarcations rte débarquement a déb arqué 176,000 prisonniers rte guerie, 16,000 b!e»*é» britanniques et américain*, ainsi que 6,000 I,lease* ennesnla.FAITES UN JARDIN DE U VICTOIRE — plut pt |Nub « i bwÉ k vtvm ?\-Af & f 7 *¦ Contribution dé la SmSSMS "BLACK HORSE” MW8t Page 4 LE JOUR Montréal, samedi 26 mai 1945 Qui peut s’instruire?On » dit aou-mt.»’ *••*' mb, q'J II y *>».’.dt r.ov.ii.'" .-IneonvéfiUnt* » tonfMr iM« (-'• , 1 n 1 ir.» d?» korr.rr;*» M d-;s ff ilme* séj.arn di t.-.otide *4.* j>erqui n* coRr.»:*»éut ni ¦ vi« ré*i>.' ron: irrtnce * .»t éronomlq ni I** condition* » d*r* !»»qu» >* »« trOi vcfont plu* tard Iturs é>ve» Un *utr* inconvénient 4» ce «y* tOcne.c e»! qu?;?* rruison* d *n-s»lgn*r(.ent deviennent * J- J* ni» tur#il*ro*nt d j tnonde de» .*,(?r,cM de ficrutement de vocation* i«> Jfi» ;*».• 01J de '*r.d!d»*j » la pi' true Cut 1* Hdea! tout trouvé d*n* le* co!>([e«, tout comme dan* i** couvent* pour le* *!?.** let plu* brillant*, e« mieux douce le* plu* promette ui» Hurrus» ment que ce* sujsts d'élite ne *» lament pa* toujour* faire et qu I » cèdent aouvent volontler» I honneur a dautrea de leur» oonfre rt*.Mala le principal Inconvénient.< t*t que le* plu* grandee facilités «l'Instruction sont jurtout mlae* a la porté* de* futur» prêtre* ou religieux «t que dar.a bien de* cul ceux qui ne •• eentent pa* de gout pour ce genre de vie »ont vondarn-né* à l'ignorance.J'ai connu, par exemple, un Jeune bomrne qui faisait partie d'une famille de 22 enfant*.Son peu ?lait parvenu misérablement a fall* vivre *a famille *ur dca lot* de rolonlaatton en travaillant lü tieure* par Jour et en *e pilvant de tout.I-e Jeune homme alla a la petite école et 1 Inatitutrlce constata qu'il était plu* Intelligent (pie la plupart de* autre* «lève*.Comme Ij était de- plu* de santé un peu délicate aea enfanta pensèrent que (e aérait une bonne choee de le fnlre Instruire, afin, pensalent-11*.d* le dl»pen*er de travailler trop fort pour gagnei *a vie".La jeune homme avait beaucoup de goût pour l'étude et *« niontrult dé*lreux d'acquérir une bonne ins-truction.Le pere décida donc d'aller en parler au curé de le paroiaee.Ce dernier, mi* au cuumnt.dll quit connaissait la belle Intelligence du garçon et qu'il aavalt qu'il pourrait faire dee étude* avancée* et qu'il devrait en faire "al toutefois il avail ja vocation"."Savez-vous, demanda le curé, *1 votre garçon voudru devenir prêtre’’" — "Je re le *a|* pa*.mon garçon rat cncoi'! Jeun», je ne puis pa* garantir qu'il fera un prêtre.Plu* tard, s’il ne *e *ent pa* de goût pour c«tt* vocatlon-là, ce eera difficile de I* forcer".— "Au rnoln* croyez-vuu» que e'11 ne devenait pa* prêtre, Il pourrait consentir à dcvonlr religieux enseignant?" — "Franchement, M le curé, je ne puie pae vou* le garantir.81 jamais, per la suite, mon garçon délirait ee marier, ce n'est pa* mol qui l'en empêcherait".Le curé parut «onger aérleuse-ment à ce problème pendant quelques minute*, put*, il e'adre*aa au père en ce» termes: "Voue n'avez pas les moyen* de payer vous-même le* étude* de votre garçon.8'U avait la vocation religieuse ou sacerdotale, nous pourrions lui faire faire ses études quand même.Mal* comme ce n'est pas certain que Dieu l'appelle à un état semblable, je vou* consaille de ne pa* le faire Inetrulrc, (Tailleur* Je n* vol» pa» bien comment vou» pourriez vous y prendre.Et puis, vous savez, le» gen* Ino trult* ne »ont pa» toujours \i $ plus heureux, ni les meilleur* citoyens.Vou*, qui été» Ignorant, nétes-vou» pas heureux?Vou* n’avez pa» A vou* tracaaser avec le» problème* théologique* ou philosophique*, vou» croyez ce qu on voue enseigne et vou* été* satisfait.N'avons-nous dan* notre pu-io!»*e de» conseiller» munlclpuu:; qui ne savent ni lire ni écrire’ No* meilleur» margullllcr» n'ont-II* pa» été aussi de» homme* qui ne savaient même pas signer leur nom?Et, entre nou», les plus ignorant* ne sont-ils pa* les catholique» le* plu» docile*, les meilleur», ceux qui *e sauveront le plus facilement?Souvent ceux qui font des étude* deviennent des mécontents, (les déclassés, si Ton pout dire, des Innovateurs qui conatltijjnt une menace pour l'Eglise et l'Etat, pour Tordre établi.Veuillez me croire, Il serait préférable de garder votre garçon comme II est: Il a fait sa communion solennel;.*, Il sait son catéchisme, il sait lire et écrire un peu.il sait les quatre règles «impies en arithmétique.tl en sait bien assez!" "V ou» avez bien rHtson, Monsieur le curé, dit le brave homme en prenant ronge, quand on vient au monde Ignorant, ça doit »t;e mieux de rester comme le bon Dieu nous a voulus!" Le garçon quitta la classe en quatrième année.Il devint bûcheron, colon, cultivateur.Est-il heureux’ Je ne le crois pa».j| (lit souvent que son plus grand t egret était de n’avoir pas pu étudier plu» longtemps.C'est un sur-doué à qui la société n'a pus pu, n a pas su fournir l'Instruction dont II aurait eu besoin pour donner son plein rendement.J'ai connu 11 y a plusieurs années dans une paroisse du comté de Berthier.peut-être St-Da-mien ou St-Gabriel, une fumllle de pauvre» cultivateurs qui se composait du per, et de deux jeunes fille*.Ils vivaient dans un rang A plusieurs mille* du village, sur une terre pauvre et pierreuse.Les deux jeunes filles aidaient leur pere à tous les travaux agricoles et forestiers, autrement dit, ell.-s faisaient des travaux d'hommes, souvent bien au-dessus de leurs forces.J arrivai l:\ un soir d'automne, au temps des labours.Il faisait déjà noir et une pluie froide tombait.Je reçus l'hospitalité dans cette famille.Le père et ses deux filles revenaient de labourer, tout transis de froid, leurs vêtements mouillés, de grosses bottes boueuses aux pieds, de vieilles mitaines de cuir aux mains.L'une des Jeunes filles était courte et grosse et paraissait aussi robuste que son père.Le travail qu'elle faisait semblait assez lui convenir.Mais l'autre jeune fille était petite, délicate, et ne paraissait pas jouir d'une très forte constitution.Les grossiers habits qu'elle portait pour aller labourer étaient deu:; fois trop grands pour elle S milieu.Elle aurait voulu pouvoir s'élv i ver intellectuellement, splrltuella-ment, pouvoir mieux goûter et appiécler les belles chose* de la ! vie.Il lut semblait qu'il devait exister auti* chos» qu'une vio simplement végétative.Elle était allée A l'école primaire du rang jusqu'en quatrième «.nné*, tout comme sa soeur.Mais elle était un peu plus Instruite qu elle parce qu'elle avait continué d'étudler.de lire et d'écrire.Mais elle manquait ds livre* et ne possédait même pas de dictionnaire pour chercher le* mots dont elle ignorult le sens.Tous le» gen» avec qui elle vivait étaient encor» plu* Ignorant* qu'elle et ne pouvaient aucunement lui venir en aide sou» co rapport.'SI papa avait voulu, disait-elle, je serai» devenue religieuse: Ainsi j'aurai» pu m'instruire, apprend!a de bellrs choses, vivre avec du bon monde, acquérir une bonne éducation, m’approcher de mon Idéal de perfectionnement personnel.Elle avait écrit A différente» communauté* religieuses pour da-mander de» renseignements, le» conseils.Elle avait reçu de* prospectus et de belles lettre* d’encou-ragwnents, accompagnée* d’image» pieuses et de théories sur la vocation religieuse.Elle aurait désire au moins essayer.Son pèree s’était opposé, Elle ne se sentait pas d'attra.t spécial pour la vie religieuse o.i monastique Mal» Instinctivement elle avait pensé devenir religieuse pure* qu'elle n avait jamais entrevu que ce moyen de s’élever au-dessus de sa conviction.Pour elle, devenir religieuse était I* seul moyen du perfectionnement, le seul moyen de s'instruire, la seule façon de s'évader de la triste réalité.Elle avait souvent opposé dans son esprit les deux seules possibilité* pour elle: ou bien devenir religieuse, et renoncer A sa famille, A sa liberté, au droit A l'amour, au mai.age et A la maternité, pour pouvoir s'élever et s'instruire tin peu; ou bien rester Ignorant-}, épouser un jeune homme rude et grossier, sans Idéal ni raffinement d'aucune sorte, et vivre misérablement le reste de ses Jours sans Jamal» pouvoir satlsfalro ses désirs de beauté, de perfection et de grandeur.Tant était grand son désir de s'instiuiic qu'elle avait voulu choisir la vie religieuse, mais son père s'étalt oppose et elle avait beaucoup pleuré.Elle n* voyait plus aucun moyen de réaliser ses ambition».Parce qu’il n’y a que les communautés religieuses qui acceptent parfois sans argent les personnes .désireuses de s’instruire lorsqu’elles veulent se consacrer A l'état ecclésiastique ou A U vocation religieuse.Parce que noua n'avon» pas d'organisation *'( jeupant de découvrir les sujet» prometteurs, plu* intelligents que les autres, et parce qu 11 n'y a pas d’institution pour leur fournir l'Instruction, les connaissances, la formation convenant le mieux A leurs aspirations et A leur» aptitude», »'ll« »ont sans le sou et n'ont pa» la vocation religieuse.Il en résulte un déséquilibre social et Intellectuel chez noua.Il n'y aura jamais trop de personnes qui pourront répondre j l’appel de Dieu, qui pourront réaliser leurs désirs de sainteté et de perfection.Mais lorsqu'une seule vocation est disponible, qu'il n'y a qu une voie, qu'il n'y a qu’un seul 'moyen de s'instruire, 11 en résulte des vocations fausses.Intéressées illusoire», parfois même hypocrites et malhonnêtes.Ceux qui s aventurent dans une voie qui ne devrait pas être |n leur sont malheureux, font du tort A leurs semblables et sont une cause de déséquilibre social.Il* sont de trop où Ils sont et iis manquent où Ils devraient être.Il y a aussi ceux qui ont le courage de sortir d'une carrière ou d'une vocation pour laquelle iis s'ôtaient crus appelés mai* qui nv leur convenait définitivement pas.Combien en avons-nous vu de c\< ancien» séminaristes, de ces anciens juvénlstes ou novices, de ces anciens religieux qui, après plusieurs années de préparation à un genre de vie qui n'était pas fait pour eux.ont eu le courage, a volonté, l'honnêteté de sortir d'une situation fausse et intolérable?T leur est souvent difficile de s; réadapter à la vie de leurs semblables parce qu'il» on* été séparés du monde trop longtemps, qu lis n’ont pas reçu la préparation qu'il leur aurait fallu recevoir.Qu'il est triste le sort de tous ! no» pauvres jeunes qui ont à chol-jsir entre devenir prêtres ou rell-• gieux.même s'ils n'ont pas la j vocation, ou bien rester ignorants! Quand donc toutes les vocations.! laïques comme religieuses, seront-'elles également favorisées?Quand : donc les personnalités pourront-i elles s é-panouir librement dans le sens de leurs véritables tendances’ , S5«r - jéwj LONDRES.— L'installation de deux poste* de pouvoir électrique et de* tuyaux souterrains sur une distance de 300 mille*, aont compris dan» le projet de J413,000.000 en vue de communiquer Teau chaude au moyen de robinet Jusque dans les demeures de» ménagères de Londres, d» la même manière que ,e gaz et l'électricité sont fournie actuellement.Le plan, dont la création provient d'un groupe d'ingénieur* de chauffa*}.fut décrit par un de» directeur» du projet dans une déclaration au correspondant industr.el du’ "Ixjndon Daily Sketch".SI ce pro- jet est approuvé et si l'autorisa an nécessaire est obtenue du Conseil Municipal de Londre*, il faudra 0 ans A 15000 homme* pour effectuer c* travail, puis heure* et 11 heure* du j a Viviane Romance qui demeure soir, »*t perform' « 110 pieds dansj la sensationnel!* vedette d« cette jlwl ftlr* ’ ¦ ¦*" hardi» acrobat** m ¦ j production.A vrai din, aucun film .rom plissent de-, prouves d'habile de Viviane Romance n’a atteint dan* le réailfi-l'ir.térét.A ne Mai» l'orgueil est un trait qu onJpar ,M ^rivains de la Résistance, peut bien excuser chez les superbe: |et tou'e* «es pièces ont été bannies : des lettres.Baude.aire a déjà dit | ^ fort bien que le* grands heaumes : d'esprit ont besoin d’être orgueil- j g, p, nnte/om.de V d
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