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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1990-04-14, Collections de BAnQ.

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kïE leg 1LHP1 • le plaisir des ivres La l i b r a i r i e • LITTÉRATURES LIVRES D'ART y.L I M 4 3700 ' ** DICTIONNAIRES DU MONDE ENTIER boni.Saint-Laurent LIVRES DE Montréal LIBRAIRIE VOYAGE 514.499.2012 JEUNESSE Montréal, samedi 14 avril 1990 Un regard sur l’oeil GILLES LESAGE Contrairement à ce que l’on pense généralement, les gens qui gravitent autour du pouvoir américain sont ouverts et facilement accessibles, estime le confrère Jean-François Lisée.de l’aigle |tAN FRANÇOIS USÉE BORÉAL Jean-François Usée et la couverture de son livre.Il sait ce dont il parle.Après quatre ans de journalisme à la pige à Washington (notamment pour La Presse et L’actualité) il vient de pondre une brique impressionnante de près de 600 pages sur les dessous des relations entre les États-Unis et le Québec du dernier quart de siècle.Étrangement, ce sont les grandes vedettes du métier qui ont le moins collaboré à la recherche, laquelle a nécessité 240 entretiens particuliers (avec des diplomates et des conseillers présidentiels, des généraux, des agents de la CIA, des banquiers et des investisseurs américains), ainsi que la lecture de milliers de documents, dont plusieurs inédits.Autant la plupart des personnes sollicitées ont raconté volontiers ce qu’elles savaient, autant les bonzes, notamment ceux du New York Times (William Sa-ïire, James Reston) ont été les plus difficiles: peu ou pas de réponses du tout.Journaliste depuis près de 10 ans, M.Lisée a consacré toute l’année dernière à travailler six jours par semaine à la cueillette de ses matériaux - dont un mois complet à consulter des documents à la fameuse Library of Congress - et à la rédaction de sa vaste enquête, sûrement la première du genre d’un Québécois Sur le géant américain.Au point de départ, il n’avait ni idée précise ni sources, même pas auprès de la CIA.Certes, il avait acquis une bonne compréhension du fonctionnement des institutions politiques américaines, notamment des commissions parlementaires, en suivant l’enquête sur l’Irangate.Mais il n’avait pas une ligne à écrire, que des hypothèses, à peu près toutes fausses d’ailleurs.Depuis longtemps, comme bien d’autres, il se demandait: est-il bien vrai que le Québec ne peut devenir indépendant parce que les États-Unis, ou la CIA, ou la Trilatérale, ne le veut pas ?N’ayant pu trouver nulle part le livre qu’il voulait lire à cet égard, M.Lisée a voulu le faire, pour lui-même d’abord.Autre élément déterminant dans sa recherche : l’arrivée de George Bush à la Maison Blanche, il y a 15 mois.Ayant couvert le deuxième mandat de Ronald Reagan, il ne se voyait pas poursuivre l’exercice avec'son successeur.Si au moins un autre que lui avait été élu, peut-être aurait-il continué.Mais, en janvier 1989, sa recherche lui est apparue utile pour mettre à profit son expérience, son gout de savoir, et pour se ménager une transition.Il ne pouvait pas prévoir alors que son volume arriverait en pleine déconfiture du lac Meech et en plein débat sur l’avenir du Québec.Des problèmes en cours de route ?Bien peu, à vrai dire, si ce n’est ceux du facteur temps, à cause de l’auteur lui-même.Il faut compter de-deux à trois ans pour obtenir des documents de la Maison Blanche et de certaines agences gouvernementales, en vertu de la loi d’accès à l’information.Elle fonctionne bien, mais il y faut y mettre du temps.Il y a beaucoup de chercheurs et les documents sont souvent sensibles.Avec l’aide d’un avocat, presque bénévole, et grâce à ses lettres .d’avocat, il a obtenu beaucoup de documents en temps utile, dont 1 000 pages du département d’État.Il continue à en recevoir encore, sur de Gaulle par exemple, certes utiles pour une deuxième édition.Il a aussi consulté des milliers de documents publics, y trouvant des perles ici et là parmi des piles de platitudes.Comment a-t-il procédé ?M.Lisée a d’abord établi une chronologie complète.À l’origine, de façon arbitraire, il voulait couvrir la période 1963-1980; il en est venu à élargir son champ d’investigation de 1952 à 1985, pour tenir compte du contexte, des événements et des liens à établir entre eux.Tant et si bien que c’est armé d’un document d’une centaine de pages qu’il a entrepris la première de sa longue série d’interviews.Au préalable, il avait consulté de vieux bottins téléphoniques, à la recherche d’anciens politiciens et hauts fonctionnaires.Il les a retracés un peu partout en Amérique, mais aussi en Australie, à Moscou et ailleurs, avec des comptes téléphoniques astronomiques ! Sa chronologie fut fort utile.Interrogeant ses sources sur des événements survenus 10 ou 20 ans plus tôt, if pouvait rafraichir leur mémoire et aviver leurs souvenirs avec des faits et dates précis.Il a ainsi recueilli des anecdotes savoureuses, en même temps que s’envolaient ses idées préconçues.Ce qui ne le chagrine guère: si la réalité est tout autre que ce qu’il croyait et le surprend, il y a des chances qu’elle surprenne et intéresse aussi les lecteurs, n’est-ce pas ?De son expérience, M.Lisée tire plusieurs leçons.D’abord, il faut savoir laisser parler et écouter.Le facteur temps est capital dans ce genre d’exercice.Ses entrevues duraient souvent de cinq à six heures.Au début, les gens ne disent pas les choses que l’on voudrait entendre; on cherche des choses qui n’existent pas, et ce sont les choses importantes qu’ils nous disent, comme ça, tout doucement.Il faut alors se laisser porter par ce qu’on trouve plutôt que par ce qu’on cherche .Dans ses « Mémoires d’une plante verte » (L'actualitéd’avril 1989), M.Lisée a déjà écrit: « Pour le correspondant étranger qui veut réussir à Washington, il n’y a qu’une seule tactique: le camouflage ».Cela reste vrai pour celui qui fait du quotidien ou du magazine, précise-t-il en entrevue.Mais pour celui qui prend un peu de recul et fouille dans le passé immédiat, les portes s’ouvrent facilement et la plupart des gens racontent volontiers ce qu’ils savent.Ils sont même souvent heureux qu’enfin quelqu’un s’intéresse à eux et à leur travail.Il n’y a pas grand-monde à Washington qui s’intéresse au Québec, évidemment ! D’où des confidences d’ambassadeurs, d’agents plus ou moins secrets.Sur 240, à peine une dizaine ont fait montre de réticences.Au total, les Québécois ont collaboré à fond, les Américains aussi (sauf les bonzes de la grande presse) ; mais les agents et les technocrates du Canada anglais cultivent la manie du secret, à quelques exceptions près, dont Allan Go-tlieb.Maintenant que l’oeuvre est née, M.Lisée espère qu’elle se vendra bien, pour renflouer ses finances, confie-t-il en riant.Ensuite, il se propose de prendre des vacances avec sa femme et meilleure collaboratrice, aussi la plus sévère, Catherine Leconte.A l’automne, trois projets, si ça va bien : traduction de son livre en anglais, sa diffusion en France, publication d’un recueil de textes sur les tendances américaines.En janvier, la boucle bouclée, après Paris et Washington, nouveau départ, vers l’Amérique du Sud et Buenos Aires.au Ei NATHALIE PETROWSKI Katherine Pancol est assise par terre, les jambes croisées à l’indienne, ses cheveux blonds décoiffés, une cigarette à la main qu’elle éteindra pour mieux en rallumer une deuxième.ans au plus grand chagrin de sa petite fille.PHOTO JACQUES GRENIER Katherine Pancol lors de son récent passage à Montréal.Elle porte un jean, un vieux t-shirt et le sourire espiègle de quelqu’un qui aime bien se marrer.On lui donnerait à peine 30 ans même si elle en a 10 de plus.Et ce ne sont pas les crèmes de beauté qui la gardent aussi jeune mais une façon toute particulière de mordre dans la vie.Il y a quelque chose chez elle de frais, de franc, de direct et d’attachant; quelque chose qui fait mentir le vieux cliché de la Parisienne chiante qui débarque au Québec en se prenant pour une autre.Katherine, elle, ne se prend pour personne sinon pour elle-meme.Dehors, il pleut et il neige.Dedans, il y a du feu dans la cheminée et aucun bruit sinon le froissement du magnéto qu’elle m’a prêté.Nous parlons de tout et de rien, de la vie, de l’amour, du journalisme, de la littérature et de Johnny llallyday, son idole depuis l’âge de 12 ans.Nous parlons aussi de son roman, Les hommes cruels ne courent pas les rues, paru au Seuil récemment, de ses deux enfants, de la grande maison qu’elle habite en banlieue de Paris et du seul homme de sa vie, son père Jean-Marie Pancol, mort il y a quatre En principe, nous sommes en entrevue.En réalité, nous sommes dans le no man’s land étrange de deux journalistes professionnelles qui ont décidé de jouer le jeu.La dernière fois qu’on s’est parlé ainsi, c’est à New York en 87.Katherine s’y était réfugiée après la mort de son père.Elle venait de se marier, elle était enceinte et se demandait si entre deux articles pour ELLE et Paris-Match, elle finirait un jour par accoucher de son foutu roman.Aujourd’hui, il lui arrive à l’occasion de pondre un papier pour Paris-Match mais Katherine, de son propre aveu, est de moins en moins journaliste et de plus en plus écrivain.Elle le dit sans prétention, sans vanité, comme une sorte d’inévitabilité qui lui est tombée dessus avec la publication de Moi d’abord, son premier roman.Le succès fut aussi inespéré qu’inattendu : 300 000 exemplaires vendus en moins d’un an, poussant la petite journaliste blonde, insolente et rigolote à considérer sérieusement la littérature.« Je suis devenue écrivain par hasard, probablement parce que la notion d’écrivain est, en France du moins, très culturelle.Et, comme je viens d’un milieu petit bourgeois, besogneux et fauché, la culture était un luxe souvent inaccessible.Après ça, quand je suis montée sur Paris et que je suis devenue journaüste à Cosmopolitan, je ne demandais rien de plus.J’ai écrit Moi d’abord, un été comme ça parce que je n’avais rien à faire de mes 10 doigts.Si le livre n’avait pas marché, je ne crois pas que j’aurais continué; d’ailleurs, ce que j’ai retenu de ce succès, c’est que je l’avais usurpé en écrivant un livre pas sérieux, ce qui en dit long sur l’estime que j’avais de moi-même.» Le « pas sérieux », vient de papa qui aurait bien voulu que sa petite fille écrive comme Chateaubriand.C’est aussi le « pas sérieux » que lui a servi le petit milieu littéraire parisien qui ne comprenait pas comment une jeune inconnue pouvait vendre autant de livres en si peu de temps.Aujourd’hui, le milieu est obligé de s’incliner même s’il le fait parfois à contre coeur.Katherine Pancol n’est plus de passage.En 12 ans, elle a publié quatre romans dont La barbare et Scarlett si possible qui lui ont valu sinon l’investiture du milieu au moins des déjeuners intimes à l’Élysée.Avec Les hommes cruels., elle poursuit cette aventure avec elle-même qui la fait sonder sa propre expérience et celle de son époque et raconter ce que, dans le fond, des milliers de femmes vivent quotidiennement.« La mort de papa fut un point tournant dans ma vie.Il est parti très vite à 62 ans, moi j’en avais 37 et je me suis dit que si je voulais que ma vie ait un sens, il fallait que je fasse des choses importantes, pour moi du moins, et surtout que je cesse de remettre à plus tard.Tout est devenu plus grave et plus urgent aussi.» Les hommes cruels ne courent pas les rues est né de ce sentiment d’urgence.Katherine y explore sa relation avec Jean-Marie Pancol, ce Français moyen et ordinaire qui s’est planté un peu partout où il est passé mais qui a eu avec cette petite fille du nom de Katherine une relation qu’elle qualifie elle-même d’extraordinaire.Pourquoi extraordinaire ?« Parce qu’il m’a aimée comme un fou, qu’il n’a jamais eu peur de moi, qu’il était à l’aise avec moi et qu’a force de me dire que j’étais une fille formidable et que j’allais faire de grandes choses dans la vie, il m’a donné un in-coyable appétit de vivre.» Qu’il l’ait abandonnée mille fois, qu’il se soit servi d’elle pour pour tromper sa femme, qu’il ait bu comme un trou, fumé comme une cheminée, flambé du fric et raté sa vie, tout cela importe peu.Le père chez Katherine Pancol, est un homme à la fois tendre et cruel, qui fait souffrir mais qui Voir page D - 6 : Pancol MARIE-CHRISTINE ABEL ANDRÉ GIGUÈRE • LUC PERREAULT ipiMBH [3 Avant-propos de Jean-Claude Germain • Photographies de DANIEL KIEFFER Au Québec, il existe déjà des dictionnaires, des ouvragés d’histoire, des essais sur des cinéastes.Mais dans la bibliothèque del’amateur de cinéma, il.restait un vide à combler : la conjugaison du IIRIi et du RI-CARDI.R, Photographiés dans le même décor de lumière, cinquante-six artisans du film se racontent en racontant le cinéma québécois à l’heure internationale.MO pages - 29.95$ KATHERINE PANCOL Au nom du père et de sa fille .1 D-2 ¦ Le Devoir, samedi 14 avril 1990 si'- m iLSÎ • le plaisir des ivres La vérité qui ne peut être statique ë fin nnnrr nui s i L V «' L ^ ! V ëJ r 5 •ri s~ NOTRE RABELAIS André Belleau Coll.Papiers collés Boréal 1990, 177 pages MICHEL LAURIN Alors que Rabelais n’avait été que peu fréquenté et encore moins célébré avant I960, il est significatif qu’au moment de la Révolution tranquille plusieurs intellectuels québécois connurent un véritable engouement pour François Rabelais et sa philosophie toute dionysiaque.Pour certains, il allait se faire le passeur qui permettait de rattraper le temps perdu.Au nombre de ses plus fervents admirateurs, il faut citer André Belleau (1930-1986), à la fois essayiste, critique d’érudition et pédagogue réputé qui, toute sa vie, se référa à Rabelais comme au maître par excellence.Le présent ouvrage réunit l’ensemble des écrits de Belleau sur Rabelais.Divisé en deux parties, il comprend d’abord cinq entretiens radiophoniques d’André Belleau avec Wilfrid Lemoyne effectués à l’automne 1984.Diane Desrosiers et François Ricard, les responsables de Notre Rabelais, les ont entièrement refondus afin de leur donner plus d’unité et de les compléter en y incorporant certains développements contenus ailleurs dans les écrits de Belleau.Après cette tentative de « vulgarisation destiné(e) au grand public cultivé », le lecteur peut lire huit essais rédigés entre 1969 et 1986 qui, portant sur Rabelais ou sur la pensée du critique littéraire russe Mikhaïl Bakhtine qui a su « relancer les études rabelaisiennes suivant des perspectives davantage formalistes », reprennent les thèmes de la première partie en les approfondissant.Ce qui ressort de prime abord, c’est la modernité de Rabelais.Et d’ailleurs, Marcel Aymé n’a-t-il pas désigné celui qui, le premier, « récus(a) toute unité du signifiant et du signifié » comme « le premier et le plus grand des surréalistes » ?Comment ne pas êtte ébloui par son extraordi- naire puissance verbale qui trouve dans le mouvement même de la phrase sa forme et ses significations.André Belleau sera prolixe ici parlant de « carnaval lexical », de « fête de la parole », de « danses lexicales », de « délire verbal », de « langage en fête», de «gigantisme verbal ».Il décrit ce bonheur du déferlement des mots qui nous entraîne au-delà de ce qu’ils expriment vers des horizons qui ne ressemblent à rien de connu, comme ferait la poésie.Il s’attarde aussi à souligner la multiplicité et la juxtaposition de langages et de styles souvent antithétiques.C’est que Rabelais prenait plaisir à fusionner les dissemblables, voire les contraires : la matière et la conscience, l’esprit et la chair, le subüme et le vulgaire, le sérieux et le comique, la sagesse et la folie.Constamment chez lui, les considérations érudites jouxtent les grossièretés.Belleau voit chez cet écrivain du XVIe siècle « un modèle préfiguratif de tout le courant littéraire actuel, caractérisé par la multiplicité, le mélange des contraires, les ruptures de toutes sortes».Cette ambivalence foncière ne peut que produire un texte polyvalent, hétérogène, qui laisse souvent les critiques désarmés.Qui ne cessent de se demander si dans tel passage Rabelais se moque ou fait preuve de sérieux, si ailleurs il faut chercher un sens caché, ou encore si Rabelais affirme une vérité ou plutôt propose une parodie de cette meme vérité.Il faut reconnaître ici l’honnêteté intellectuelle en même temps que l’humilité d’André Belleau qui avoue ses limites.C’est que « si Rabelais est capable de penser le tout, par contre nous ne réussissons pas à penser la totalité rabelaisienne».Il demeure que, sans crainte d’errer, on peut affirmer que chez Rabelais la vérité ne peut être statique.Au contraire, elle se fait quête incessante.Et même là, l’objet de la quête importe moins que la mobilité elle-même, tant du corps que de l’esprit ou de la parole; où ni contraintes ni frontières ne peuvent exister.Ne touche-t-on pas ici une autre des caractéristiques 1 L Soyez à la une DE LA CULTURE i o « < «m.HBKMi anidlHIk * il HIHr i»Jalfcüiir Adresse Code postal 1 an 18$ 2 ans 30$ Institutions 25$ C.P.98, Suce.«E» Montréal (Québec) Canada H2T 3A5 tT André Belleau principales de cette fin du XXe siècle ?De plus, si le titre de l’ouvrage — choisi par André Belleau lui-même car il s’était proposé de rédiger cet essai en 1987 — emploie le possessif « notre », c’est que l’essayiste établit une proximité entre l’oeuvre, la langue, la sensibilité de Rabelais et celles des Québécois « marqués par une tradition et une familiarité avec la culture populaire dont l’univers rabelaisien est tout à fait imprégné ».Et nous touchons présentement à un thème cher à Belleau, la théorie élaborée par le critique Bakhtine sur le phénomène de la carnavalisation de la littérature : il s’agit du « processus par lequel la culture populaire pénètre et imprègne la culture sérieuse », où toute distance est joyeusement supprimée entre les hommes.Ce que Belleau nomme aussi « la com-mensalité libératrice », une des principales clés qui permet l’accès à l’oeuvre de Rabelais de même qu’à celle de plusieurs écrivains québécois.Chaque fois qu’il en a l’occasion, André Belleau souligne la parenté ou les correspondances entre le contenu de l’oeuvre rabelaisienne et des phénomènes sociaux ou culturels québécois.À commencer par le phénomène de carnavalisation qu’il retrouve chez des écrivains aussi divers que Marie-Claire Blais, Jacques Godbout, Roch Carrier et Jacques Ferron, pour n’en citer que quelques-uns.Et, lorsqu’il s’interroge sur l’arrivée tardive du « roman carnavalisé » au Québec, il n’impute pas tant ce retard à la censure cléricale qu’à « la place occupée par la norme du bien-écrire littéraire importée de Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS vendredi 20 avril de 17h à 19h JACQUELINE MASSABKI La mémoire des cèdres Éditions Robert Laffont samedi 21 avril de 14h à 16 h Lancement du dernier N" de LA REVUE PROTÉE «Rythme» Apostrophes (ed^ancbe^^^L 9h,2îh30 AeS** -année 362 jouts par 1120, av.laurier ouest outremont, montréai tél 274-3669 France et fétichisée par nos écrivains ».Un sujet qui, me semble-t-il, n’a été que trop peu abordé jusqu’à maintenant et sur lequel il serait urgent de se pencher, pour bien saisir les véritables conditions de l’acte créateur avant 1960.Un ouvrage animé par une entraînante ferveur intellectuelle qui nous rappelle quel grand critique fut André Belleau et qui rend toujours accessible et vivante sa pensée.Qui donne surtout le goût de reüre Rabelais en entier pour en « rompre l’os et sucer la substantifique moelle ».Démarche dorénavant plus facilement accessible depuis les recherches de Mikhaïl Bakhtine, celui qui a renouvelé la critique littéraire moderne selon Belleau.Avant de terminer, il faut souligner l’exceptionnelle générosité de Diane Desrosiers et de François Ricard qui ont consenti à s’effacer totalement, malgré la somme exceptionnelle de travail que dut exiger l’élaboration de cet ouvrage, pour simplement servir la parole d’André Belleau et la reconstituer telle que, à n’en pas douter, il aurait souhaité qu’elle soit.Fiction et biographies 1 Le pendule de Foucault Umberto Eco Grasset (1)* 2 Tremblement de coeur Denise Bombardier Seuil (3).': 3 Fanfan Alexandre Jardin Flammarion (6) 1 4 L’Immortalité Milan Kundera Gallimard (2) ) 5 Les Pérégrfnes Jeanne Bourin F.Bourin 0) 6 La Petite Marchande de prose Daniel Pennac Gallimard (7) 7 Les Tommyknockers Stephen King Albin Michel (5) 8 L’univers Gulliver Lili Gulliver VLB (-) 9 Pourquoi J’ai mangé mon père Roy Lewis Actes Sud (-) - 10 Un noeud dans le coeur Élisa T.JCL (10) Ouvrages généraux » ( 1 Les Années Trudeau Axworthy-Trudeau Le Jour , 2 Le Bazar Daniel Latouche Boréal O) .3 L'orthographe en un clin d’oell Jacques Laurin L'Homme (.).! 4 Journal Journal de guerre André Laurendeau VLB ¦¦! 5 Le Québec, un pays, une culture Françoise Têtu de Lapsade Boréal (-), Compilation faite à partir de* donnée* fournies par le* libraire* suivant* : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Le Parchemin, Champigny, Flammarion, Rar-fjn, Demarc, Gallimard; Québec : Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trols-RIvière*: Clément Morin; Ottawa: Trillium; Sherbrooke: Les Biblairies G.-G.Caza; Jollette : Villeneuve; Dmmmondville : Librairie française.* Ce chiffre Indique la position de l'ouvrage la semaine précédente GUY FERLAND Prix littéraire J acques Brossard a remporté le Grand prix 1990 de la science-fiction et du fantastique québécois pour son roman L’oiseau de feu paru chez Leméac éditeur.Le lauréat a obtenu cette semaine une bourse de 1500 $ des mains du président du jury Norbert Speh-ner.Les autres membres du jury étaient : Evelyne Bernard, Guy Sirois, Paul Croteau et Fabien Ménard.En remettant ce prix, on a voulu souligner l’ampleur et la maîtrise du projet littéraire de l’auteur car son roman n’est que le premier volume d’une oeuvre qui en comptera cinq.Le jury tenu a souligner également la qualité du travail de l’éditeur qui a accueilli sans discrimination ce roman qui intègre parfaitement les thèmes propres à la science-fiction et à la fantasy.Dans son roman, Jacques Brossard retrace l’itinéraire initiatique de son héro Adakhan Demuthsen en quête du savoir qui lui permettra de percer les secrets de la Cité Manokhsor dans laquelle il vit.Censure M.Lawrence Boyle, de la librairie L’androgyne, nous fait part de son désarroi devant les agissements des inspecteurs de la Douane canadienne.« Nos livres provenant des États-Unis sont régulièrement retirés du circuit pour des inspections rigoureuses.Bien que la plupart des libraires commandent du même fournisseur, et souvent les mêmes livres, aucun autre libraire à Montréal subit cette insistance.Les responsables des douanes canadiennes insistent pour dire qu’ils ne saisissent pas nos livres, mais qu’ils les retiennent.Mais la retenue est presque aussi fatale.Les livres qui ont été retenus arrivent deux ou trois semaines plus tard.Et ils sont endommagés.(.) Mais le pire pour moi en tant que libraire, c’est d’avoir été informé par un superviseur des douanes à Fort Érié en Ontario que L’Androgyne a été classifié comme importateur de « pornographie masculine ».Nous avons une des meilleures sélections de littérature gaie/lesbienne/féministe sérieuse dans le pays et peut-être la sélection la plus complète de livres sur l’inceste, la violence sexuelle et le sida.» Exposition d’écrivain Daniel Gagnon, romancier et nouvelliste, a peint plus d’une cinquantaine de portraits d’écrivains qui seront exposés à la Bibliothèque Nationale du 20 avril Pour Alexandre Jardin qui nous a déjà donné «Le Zèbre», l’aventure c’est le couple.ALEXANDRE JARDIN % Roman Flammarion FANFAN est le roman d’un jeune homme qui voulut prolonger éternellement les préludes de l’amour.Flammarion Le premier roman de l'auteur de «Sur la route» * Etonnamment classique, la saga de Avant la route jette un nouvel éclairage sur le gourou de la «Beat Generation» Jcan-Roch Bolvln Voir 1 -i au 6 mai dans le cadre du Festival national du livre dont on reparlera la semaine prochainb.Pour marquer l'événement, je vernissage se transforme en soirée littéraire, le lundi 19 mars'à 20 h30, à la salle Saint-Sulpice de la BNQ.La soirée sera animée par Jean-Paul Daoust et plüs d’une vingtaine d’écrivains y feront la lecture d’un extrait de leur oeuvre.Chaque portrait de Daniel Gagnon est accompagné d’un court texte ou un autoportrait signé par l’écrivain.Ces portraits sont, de l’avis de certains, saisissant de vérité.Quant à Daniel Gagnon, il explique ainsi sa démarche : « Je cherche plus à émouvoir qu’à décrire.J’ai peint les écrivains et les écrivaines pour chanter leur gloire et pour rendre hommage à leur art, en toute solidarité.» Hommage L’Écrivain Jean-Éthier-Blais sera honoré lors d’une soirée littéraire, le mercredi 18 avril, par ses collèques du Conseil d’administration du Centre québécois ainsi que tous les membres du P.E.N.Club international.De nombreuses personnalités sont attendus à ce cocktail.Jean Éthier-Blais, professeur à l’Université McGill, à Montréal, a publié l’an dernier Entre toutes les femmes et Fragments d’une eb-fance (Leméac).De plus, Guérin littérature a publié Le choix de Jean Ethier-Blais dans son oëii-vre. Le Devoir, samedi 14 avril 1990 ¦ D-3 • le plaisir des La personnalité du narrateur sait charmer L’ATTENTE Claude Bertrand Éd.du Préambule Coll.Le Sens 1989, 172 pages.ci Michel LkURIN Lettres A Québécoises De prime abord, on peut difficilement imaginer forme plus déroutante pour un ouvrage littéraire.Il S’agit d’un journal intime dépouillé à l’extrême, sans dates ni lieux.Où gravitent autour du narrateur trois femmes : la Petite, Yeux Pétillants, et l’Inconnue.Surtout ne pas oublier l’ami Ca- tano, son chat.Le tissu verbal lui-même est composé de paragraphes très courts, moins de deux lignes fréquemment, espacés et séparés par des astérisques.Le tout subdivisé en sept « cahiers » d’inégale longueur.L’Attente fait suite à L’Existence intime (1987), que je n’ai pas eu l’occasion de lire.Le prétexte du journal intime, la relation de la vie personnelle du narrateur, n’offre que fort peu d’intérêt ici, du moins pour ce qui en est dit.Après une relativement longue relation avec une femme, il a connu la Petite et s’en est entiché.Mais, elle a décidé de le quitter pour un autre.Il se sert un temps de Yeux Pétillants comme « baume sur (sa) plaie », pour croire finalement avoir recouvré l’amour avec celle qu’il nomme l’Inconnue.Matériau bien mince pour séduire le lecteur.C’est plutôt l’étrange et riche personnalité du narrateur qui ne manque pas de charmer.Cet homme, dont l’ego parfois bour-soufflé pourra agacer certains, est un intellectuel en quête constante de vie intense; il se veut lucide, intransigeant et dénonciateur de tous les mirages de la société.Et, quand sa plume doit choisir entre les exigences de la raison et les impératifs de la passion, elle préfère habituellement obombrer l’émotion.Les sujets abordés foisonnent : l’idéal et la réalité, la vie et les compromis, la liberté individuelle et le couple, la difficile communication entre les êtres, l’ambivalence de l’humain et la quête de son unité, la raison et la passion, la passion et les relations épidermiques, l’amour et la séduction, la culture, la solitude, Dieu et le sens de l’univers.Thèmes qui relèvent habituel- lement au moins autant de la philosophie que de la littérature, servis par une écriture limpide très souvent ornée de formules décapantes.Tellement qu’on se demande fréquemment si on est en train de lire un journal intime ou un ouvrage philosophique.Les aphorismes abondent (« L’on n’enseigne vraiment que lorsque l’on a cessé de croire à tout enseignement ») de même que les réflexions d’ordre strictement philosophique (« L’être est un dans toutes ses parties » ou encore « Nous sommes enchaînés à la série des causes et effets»).Mieux, quand il donne une définition du philosophe, on a l’impression ae reconnaître l’auteur de L’Attente : « Un être pur, authentique, qui ne dit que l’essentiel.Qui parle donc peu (.).Sa parole émane du silence.Elle cherche à dire ce silence (.).Un miroir dans lequel il nous est possible de nous regarder ».Précisons que si des lecteurs ne manqueront pas d’admirer la pertinence de certains propos, il s’en trouvera d’autres qui seront offusqués par le traitement fait à quelques sujets, comme la description de certaines caractéristiques essentiellement féminines.Ce journal philosophico-litté-raire, où la folie manque un peu, parviendra malgré tout à fasciner le lecteur qui consentira à accorder à Claude Bertrand la très grande connivence qu’il requiert.C’est qu’il y a dans la manière sèche de cet ouvrage, en même temps qu’un réquisitoire contre les conventions sociales et tous les encroûtements, le souci d’aller à l’essentiel ainsi qu’un hymne à la pureté perdue mais constamment recherchée.La simplicité du ton est ici de la grâce LA VIE PRIVÉE Lyne Desroches Boréal, 1990, 196 pages.(M.L.) À un moment de l’histoire québécoise où l’élite politique dépense beaucoup d’énergie à cultiver la stagnation, hypnotisée qu’elle est par le mirage de tous les lacs Meech, à une époque où, qui l’eut cru ?le flambeau du nationalisme est porté par des hommes d’affaires, voici que des jeunes femmes et des jeunes hommes de plus en plus nombreux, sourds aux sirènes multiformes de la vacuité intellectuelle, décident, courageusement, de franchir le seuil de la porte étroite de l’écriture.Il ne s’agit plis d’une littérature à connotations idéologiques comme dans une époque encore récente, mais plutôt d’une littérature dont l’art se veut le seul référent.Comme si le pays était déjà un acquis.Ainsi, en l’espace de moins de quatre mois, plusieurs premiers romans séduisirent les lecteurs : ceux de Louis Jacob, Louis Lefebvre, Isabel Massey, France Vézina, Louise Warren et sans doute quelques autres que j’oublie.Sans compter Lyne Desroches qui propose ici à son tour un remarquable premier roman, La Vie privée.Ce récit relate l’histoire d’Andrée, 40 ans, agente immobilière prospère.Femme habitée par une crainte qui ne lui appartient plus, pour l’avoir laissée s’immiscer en elle depuis trop longtemps, qui n’a connu que les déchirures de l’amour, elle a vécu depuis toujours prisonnière de sa solitude.Refusant le contact de l’autre, elle a fait appel à l’écriture, devenue son unique confidente.Mais, même si elle écrit beaucoup, elle ne termine jamais les histoires commencées : elles pourraient ne pas être à la hauteur de ses exigences.On comprend qu’elle ne se soit pas mariée.Cependant, depuis peu, sa vie vient de prendre un nouveau cap : elle s’est liée d’une amitié amoureuse pour une homme et une femme qui, chacun à sa manière, tentent de l’aider à donner corps à ses plaisirs, ses désirs et ses angoisses.En un mot à grandir.Évidemment, sans que nul des proches d’Andrée ne se doute de quoi que ce soit.Et voici qu’en un instant tout bascule.Un accident d’auto et son existence entière est chamboulée.Elle qui s’était toujours «/.a république de Monte-Carlo est un très bon roman de politique-fiction, efficace, bien mené, rempli ?d'action, au style concis, avec cet humour qui ne quitte pas LBR.» Lucie Côté, La Presse Louis-Bernard Rohitaillc La république de Monte-Carlo Éditions Denoël 24,95$ LOUIS-BERNARD ROBITAILLE fait un devoir de dominer sa vie, la voici « tubée, branchée, serin-guée », livrée aux démons de l’inconscience.Où l’esprit s’agite sans cesse : des rêves-cauchemars s’imposent, le délire la mène à la dérive d’elle-même et les souvenirs anciens et récents viennent la hanter.Tous les vieux maux refoulés dans les replis obscurs de la conscience remontent à la surface, appelés par un tremblement d’émotions.Ç’en est trop, elle renonce à la vie.C’est l’arrêt cardiaque.Étonnamment, le lecteur a ici droit à une adaptation de la théorie de « la vie après la vie » du docteur Raymond Moody.Car Andrée, non sans regret, revient à la vie.Le récit de Lyse Desroches est habilement construit.Si la voix intérieure d’Andrée — entrecoupée de quelques moments de conscience, de « quelques pensées solides » — constitue le fil conducteur de la trame, d’autres viennent s’y souder pour lui conférer plus de résistance.Ainsi, un narrateur extérieur au récit ob- serve et décrit les faits et gestes, se faisant même l’écho des dialogues et des réflexions des autres personnages.Dont un étrange témoin de l’accident, appelé à jouer un rôle déterminant dans le roman, ainsi que les membres de la famille d’Andrée : son frère Michel et ses deux enfants, Léonie et Daniel.À signaler que chacun de ces derniers personnages connaîtra, comme Andrée, sa minute de vérité.Puis s’ajoute une troisième voix, celle des écrits d’Andrée indiscrètement lus par son neveu.À la fin, le témoin de l’accident vient raconter à Andrée, toujours inconsciente, un récit initiatique vieux comme le monde, qu’on le nomme Le Petit Poucet, l’échelle des sept degrés de la conscience ou, ici, la fable des sept portes.C’était l’instrument nécessaire pour qu’Andrée accepte de franchir le passage vers la lumière.Elle est dorénavant prête à prendre « le risque d’une vie nouvelle », une vie où elle acceptera de grandir.Il faut cependant re- gretter que le roman ne se termine pas ici, laissant au lecteur et à son imagination le soin de le prolonger.L’auteure a plutôt préféré, à la toute fin, ramener Andrée sur le lieu de son accident, plusieurs mois plus tard, la montrant définitivement victorieuse, mais refermant en même temps le roman sur lui-même.Malgré ses quelques faibles lacunes, il appert que dans ce premier roman, Lyne Desroches est déjà parvenue à débusquer la plupart des secrets du romanesque et de ses ficelles.Pendant sa lecture, le lecteur pénètre dans un réseau de pensées et de sensations où, par petites touches, chaque personnage est peu à peu dévoilé jusqu’au noyau de son être.Là où réside la vie dans son harmonie et ses déchirements.Il est souvent le témoin d’une détresse insondable, mais tout à fait vraisemblable, au point qu’elle pourrait bien être la sienne un iour.Ajoutons que la simplicité du ton est ici de la grâce.COLLECTION LITTERATURE AMERIQUE 3 nouvelles destinations Le Roman de Tristehomme et Esseulée RICHARD RAMSAY OUtlIC/AMtlH Osther, I le chat criblé ; d’étoiles FRANCE VEZINA QUtfttC/AMlMOUI Visions de Jude DANIEL POUQUIN •(.) Le premier roman de Richard Ramsay a toutes les audaces.Féru d’histoire, Richard Ramsay fait revivre les moindres détails d’une période tourmentée, allant jusqu'à écrire dans les deux niveaux de langage qui existaient déjà: le «vieux français européen» des colons et la «belle langue de Versailles au "pointu" légèrement émoussé» de la classe dirigeante.Transposée littérairement et géographiquement, la légende conserve son admirable souffle d'amour et de mort.Geneviève Picard, Elle Québec •Osther, le chat criblé d'étoiles est de ces romans qui vous brûlent les paumes.(.) on le lit d'un trait, trop vite, pour avoir le plaisir de le lire une deuxième fois.(.) une écriture dont la charge d'émotion force l'admiration.Marie-Claude Fortin, Voir •Osther, le chat criblé d'étoiles (.) un livre rare.Guy Cloutier, Le Soleil •Quelle histoire! (.) une histoire qu'on dévore.(.) l'écriture de Mme France Vézina (.) a du rythme, du souffle, du nerf.Réginald Martel, La Presse •(.) une seule réaction possible: l’éblouissement.Rock Poisson, Radio-Canada 24,95-302$ PAGES •A la question lancinante de Sartre à propos de Flaubert: Que peut-on savoir d’un homme aujourd'hui?Daniel Poliquin offre une réponse parodique.Visions de Jude est l'entreprise biographique de quatre femmes, chacune racontant avec un ton particulier comment elle a connu cet homme d'élite, marin et scientifique célèbre, si difficile à aimer.Visions de Jude, les miroirs dif-fractés du mal d'aimer.168 p.reliure spirale LOGIQUES LOGIDISQUE SIMPLIFIE LOGIQUES MS-DOS 3.3 ET 4.01 SIMPLIFIÉ par Sylvie Roy «Le guide de l’essentiel!» - Yves Leclerc, La Presse Le best-seller de l’informatique.Bientôt 30 000 exemplaires vendus! Tome 1 200 p.34,95$ Tome 2 288 p.38,95$ Grand formai.Spirale.Disquette incluse.APPRENDRE I A COMPTABILITE AVEC B ED FO R 11 LOGIQUES IINillHMJI I APPRENDRE LA COMPTABILITÉ AVEC BEDFORD par Hugucltc Brodeur TOME 1 • Correspond aux cours de comptabilité et de secrétariat offerts par les établissements scolaires du Québec.9°04 121 p.reliure spirale 18,95$ Lotus.1-2-3.SIMPLE & RAPIDE L’A-B-C de I,otu.s 1-2-3 LOTUS 1-2-3 SIMPLE & RAPIDE par Marie-Claude LcBlane Qui a peur de Loins 1-2-3?Une méthode pédagogique qui vous permet de maîtriseï rapidement Lotus 1-2-3.D’après la version 2.2 de Lotus.Bon pour toutes les versions 2 du logiciel.179 p.18,95$ WordPerfect AUX EDITIONS QUEBEC/AMÉRIQUE WORDPERFECT 5.0 SIMPLE & RAPIDE par Marie-Claude LcBlanc La clé de WordPerfect 5.0! 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Québec-Chili 1973 Serge Mongeau réalités sociales, politiques et humaines du Chili des années 70.Un livre Æ qui se lit I avec Immense plaisir.écrasé 268 PAGES - 22,95$ D-4 ¦ Le Devoir, samedi 14 avril 1990 Une relecture du Continent-Québec LES FRANCO-AMÉRICAINS François Weil Paris, Berlin, 1989, 251 p.PIERRE ANCTIL L’identité cana-dienne-française s’enracinait au siècle dernier dans une vision résolument continentale et nord-américaine, et rayonnait de la Californie à la Nouvelle-Angleterre en passant par Saint-Boni-face et le Mid-West américain.Dans une région des États-Unis en particulier, la présence canadienne-française atteignait des sommets inégalés nulle part ailleurs dans la diaspora.En Nouvelle-Angleterre, et surtout dans les États du Massachusetts, du New Hampshire, du Maine et du Rhode Island, les francophones originaires du Québec représentaient une des plus importantes minorités ethniques et constituaient une main-d’oeuvre industrielle présente dans tous les secteurs de production.C’est ce sujet précisément que traite François Weil dans un ouvrage au style limpide, paru en France, et intitulé Les Franco-Américains.Effort de synthèse très valable, l’étude de Weil vient combler une lacune importante au niveau de l’historiographie concernant le XIXe siècle québécois, et décrit les communautés de langue française qui s’étaient détachées du Québec à cette époque de construction d’une diaspora continentale.Pour parvenir à son but, l’auteur a su tirer parti dans son ouvrage de toute la recherche universitaire menée surtout aux États-Unis sur ce thème depuis 20 ans.Le résultat de cet effort montre bien comment l’étude de l’histoire de cette minorité ethnique américaine a gagné en maturité, et comment il est maintenant possible de se détacher des poncifs religio-nationalistes qui encombraient encore ce champ d’intérêt il y a à peine une génération.François Weil a aussi consulté pour son ouvrage des sources archivistiques inédites et qui sont très prometteuses, soit les archives vaticanes concernant les dio- cèses américains et les archives de la Baker Library de l’Université Harvard,consacrées au développement industriel et manufacturier de la Nouvelle-Angleterre.Ces données nouvelles permettent de comprendre l’histoire franco-américaine non plus seulement du point de vue des élites francophones locales, mais aussi sous l’angle des intervenants diocésains, le plus souvent d’origine irlandaise, et des entrepreneurs anglo-protestants du secteur textile.C’est sans doute dans sa conclusion que l’ouvrage de Weil s’avère le plus intéressant, lorsqu’il tente de répondre à la perpétuelle question, à savoir si les Franco-Américains survivront au-delà du XXe siècle.Après avoir mis à jour le caractère foncièrement conservateur, voire réactionnaire des partisans de la «Survivance », notamment par le biais de l’épisode du parti-pris souvent pétainiste de ces élites lors du dernier conflit mondial, Weil débouche sur des réflexions fort lucides quant à l’avenir.Il se vit en Nouvelle-Angleterre à l’heure actuelle, d’après l’auteur, une restructuration complète de la culture franco-américaine, qui abandonne son caractère de vécu collectif pour déboucher sur une prise en charge maintenant individuelle et volontaire.En somme, là oû l’immigrant québécois d’hier ne pouvait se dissocier de son héritage culturel et le subissait, le Franco-Américain d’aujourd’hui peut rapporter son identité au niveau de la sphère symbolique et poursuivre en une quête sublimée le sens véritable de ses racines ethniques.Il en résulte le plus souvent une assimilation linguistique, mais aussi parfois l’apparition d’une identité nouvelle, symbiose des courants québécois et états-uniens et par là source d’impulsions créatrices, comme le montre l’apparition en Nouvelle-Angleterre d’une génération d’écrivains franco-américains de langue anglaise à la thématique bien particulière.Voilà qui ne devrait pas manquer d’intéresser le lecteur québécois qui se soucie du positionnement et de l’originalité de sa culture dans le grand ensemble nord-américain.Sortir la mort des hôpitaux LA MORT APPRIVOISÉE Moncef Marzouki du Méridien, Montréal 1990, 173 pages RENÉE HOUDE professeure au département de Communications de l’UQAM La mort apprivoisée est un plaidoyer contre la mort hospitalière étayé par une incursion du côté littéraire et par une réflexion de type scientifique et philosophique sur les mythes anciens et actuels au sujet de la mort.Dès l’introduction, l’auteur gagne notre complicité par son style direct, franc et non exempt d’humour et parce que, loin de laisser poindr e son seul bout de nez d’expert, il se situe, d’emblée et avec l’inconfort qui s’en suit, dans le vif du sujet : « Dans un iivre sur la mort, le message est : je viens vous faire peur et / ou vous rassurer car j’ai besoin de me faire peur et / ou de me rassurer.Pour cela j’ai besoin de mettre tout ça en scène, car je ne peux le ressasser indéfiniment pour moi tout seul » L’auteur ne cache pas l’horreur que lui inspire la mort hospitalière : « Il n’y a rien en effet de plus lâche et déplus faux que la façon de mourir a l’hôpital ».Il nous donne de nombreux exemples, tous plus convaincants les uns que les autres, illustrant cette manière de mourir .« en cachette », « par infraction » puisque « la médecine n’aime pas la mort et s’en désintéresse », puisque « la médecine n’empêche pas de mourir mais empêche de bien mourir ».J’ai lu ce chapitre-plaidoyer, d’une grande finesse d’expérience et du dire, avec un intérêt grandissant : le sens de l’étonnement de l’auteur et son à-propos percutant, comme médecin et comme personne, y sont sûrement pour quelque chose.À travers le chapitre littéraire, le moins réussi à mon avis, il cite des poètes arabes, donne un exemple de condamnation à mort par électrocution, puis rappelé le cas de la mère dans Narayama, cette femme qui gravit la montagne pour aller mourir et dont il dit : « Son apprentissage de la vie était aussi son apprentissage de la mort».Ensuite l’auteur rappelle les grandes quêtes du sens de la mort et du mourir ; pour ce faire il distingue trois grands mythes explicatif sur la mort : le mourir animiste, le mourir monothéiste et le mourir athé.Ici le lecteur retrouve l’auteur à son meilleur, dans les grandes synthèses qu’il brosse, dans sa capacité de raconter, dans son entêtement à comprendre et à fournir d’autres questions à son questionnement.Selon un premier grand mythe, l’homme ne meurt pas mais il mue.« La mort n’est qu’un état parmi tant d’autres au sein d’un univers continu, frémissant de vie et éternel ».En effet, dans le mourir animiste, la mort n’est pas une fin, mais une transformation.Ceci entraîne deux sortes d’expérience de l’être humain par rapport à la mort : d’un côté, il la craint puisque la mort est vue comme au arrachement, comme un drame, d’un autre côté, elle lui est pour ainsi dire familière et elle suscite son espérance comme en témoigne les nombreux cultes rendus aux morts dans les diverses cultures.Dans le mourir monothéiste, la crainte et l’espérance demeurent.Le « je » est simplemenl transféré soit au ciel soit en enfer.Toutefois, une nouvelle expérience surgit : la culpabilité devant ce Dieu à qui il faut rendre des comptes et dont « la fonction parentale est larguée » puisqu’il semble moins aimant que source de respect et de crainte.Toutefois l’espérance en la survie est maintenue.Dans le mourir athé qui n’est pas sans lien avec l’hypothèse mécaniste en science, la mort est la règle et la reine.La vie apparaît comme « un point entre les deux berges du néant » et la mort comme une fin absolue.Les vivants n’ont plus rien à espérer et font l’expérience de l’anxiété, de l’angoisse, de la panique.Nos attitudes et nos comportements face à la mort prennent leur ancrage dans ces divers mythes explicatifs, et l’analyse de l’auteur fait clairement ressortir à quel point la médecine actuelle s’inscrit largement dans une problématique où la mort est une fin, une catastrophe, un échec ultime.De nouveaux mythes sur la mort apparaissent liés aux nouvelles hypothèses scientifiques : « les mues et les transformations des molécules qui se donnent la main ne s’arrêtent pas à la mort ».La mort prend une nouvelle signification : « Loin d’être un accident, un échec, il semble qu’elle soit partie signifiante d’un message signifiant ».«.la vie et la mort cessent d’être un problème, car la vie devient vivable et la mort prend sa vraie place : la compagne de la vie et son marchepied obligatoire.L’homme alors retrempe dans le flot cosmique, citoyen et sujet participant par sa vie et par sa mort à l’aventure d’un univers où rien ne se perd, mais où tout se transforme» .Que Marzouki soit médecin et enseignant en médecine donne du poids à son propos.On aurait aimé que l’éditeur présente davantage l’auteur, indiquant dans quel pays et à quelle époque il a exercé ses fonctions, de manière à ce que le lecteur puisse cir-constancier ses propos.Dans nos hôpitaux québécois la mort est-elle toujours niée ?aseptisée ?Ne tente-t-on pas, chez nous, dans nos hôpitaux et dans notre société, quoique ces tentatives en soient à leur débuts, de donner droit de cité à la mort ?Suivre Groulx à la lettre LIONEL GROULX, CORRESPONDANCE, 1894-1967 I : le prêtre éducateur, 1894-1906 Édition critique par Gisèle Huot, Juliette Lalonde Rémillard et Pierre Trépanier Montréal, Fides, 1989, CLIV-858 pages.ÆJ**, Yvan LAMONDE ¦y' < ¦’rsf ASociété Groulx nous parle-t-il encore ?Qu’on le tire du côté du lac Meech, qu’on s’étonne de ses propos sur l’évolution du nationalisme vers 1960, lui qui eut toujours l’audace de sa prudence, qu’on lui attribue une évidente négligence du social, il demeure incontournable.Mieux, le nationalisme québécois d’aujourd’hui ne peut se comprendre sans lui, inspirateur de l’Association catholique de la jeunesse canadienne-française, de l’Action française ou des Jeune-Canada.Groulx mène à Laurendeau et Laurendeau vient jusqu’à nous.Figure centrale de l’histoire intellectuelle du Québec, Groulx peut être suivi quasi au jour le jour dans ses traces; il a lui-même balisé son itinéraire dans ses Mémoires, dans son Journal intime et dans ses ouvrages.On a conservé sa bibliothèque, ses Carnets de lecture et sa monumentale correspondance : plus de 14 500 lettres à 3737 correspondants retracées de 1.894 à 1967 dont 3425 expédiées par Groulx; de 1894 à 1906,526 lettres du jeune collégien et prêtre dont 334 attestées et 192 retrouvées et publiées ici.C’est dire la biographie extraordinaire qu’on est en droit d’attendre et dont Pierre Trépanier, en particulier, nous donne ici les possibles premiers chapitres dans une analyse et une écriture qui sont un événement, et je mesure mes mots.Aurait-on besoin de comprendre ici ou là la rentabilité civique et culturelle de l’édition critique qu’on trouverait dans cet ouvrage les justificatifs d’une telle entreprise.Quand la notion de patrimoine culturel incluera tout naturellement les Québécois et leur appartenance à une tradition intellectuelle, les choses, les objets et les artefacts pourront y prendre leur vraie place : alors une certaine conscience historique donnera son sens aux choses et non l’inverse.Ceci dit, ce travail en profondeur d’édition critique permet de rejoindre Groulx dans son enfance, dans son adolescence, dans ses premiers apprentissages.Voilà des lettres où il se trahit, où il dévoile son volontarisme, son hypersensibilité, où il plaide pour « les droits de la volonté et du coeur » et non point seulement pour la raison raisonnante.Homme d’un style, style d’un homme : on sent qu’on touche à un être, à une vibration.On n’a pas fait ce qu’il a fait sans avoir du coffre et du souffle.On verra dans ces lettres la jeunesse des collèges classiques à l’oeuvre; les lettres de Groulx à P.Perras sont de la direction spirituelle à distance, celles à l’abbé Émile Chartier un témoignage d’une génération de professeurs, celle qui fonde l’Action catholique, qui multiplie les petits Mon-talembert, les militants catholiques qui deviendront nationaux dans l’ACJC.On constatera combien ce milieu est abouché à ce qui se trame en France dans le milieu catholique y compris celui du Sillon.On comprendra aussi cette filiation méconnue, ce chaînon manquant qui va de Tardivel nationaliste souverainiste à Groulx patriote qui n’a pas encore formulé « notre doctrine ».En 1906 Groulx part pour les études en Europe.On attend ses lettres.Le bonheur dans la poche des réalistes CRITIQUE DU BONHEUR Miguel Benasayag et Édith Charlton La Découverte, Paris, 1898 ALBERT BRIE Les auteurs de cet essai sont des psychanalystes.On pourrait croire, si on s’en remet à la surface du titre, qu’ils vont se pencher sur le p’tit bonheur que des professeurs-marchands enseignent à tant la ligne, en tant de chapitres, avec une suite.On se tromperait lourdement.Leur propos est plus ambitieux, plus désintéressé.Leur bonheur part d’un concept philosophique qui englobe la démarche et la marche de l’humanité yers un mieux-être universel.Où en sommes-nous avec notre quête du bonheur à la fin de ving-tième siècle ?Benasayag et Charlton constatent que nous vivons assurément une époque de rupture.En témoignent les crises multiples : économique, idéologique, de croissance, des principes, des utopies.Les médias nous en rebattent les oreilles avec insistance.Dans cette cacophonie, un leitmotiv se détache, celui de la réalité, des « non-dupes ».Il y a vingt ans encore, l’idéologie dominante prônait l’existence de la vérité.Ainsi, le prolétariat, la minorité raciale, le fou n’étaient pas à défendre pour eux-mêmes, mais plutôt pour le message universel qu’ils étaient censés représenter.Puis est arrivée l’époque où la rationalité technique est devenue la réponse obligée au vide.Selon ces deux chercheurs, jus- qu’en 1970, les hommes et les femmes croyaient.En quoi ?En l’avenir de l’homme, en une terre promise sans injustice, humiliation ni exploitation, en une terre non sexiste.Ou bien en un monde où l’éducation serait un apprentissage de la liberté ; ou encore en la science, qui nous permettrait d’être sains, bien portants et intelligents.Bref, tout ce qui pou-vait advenir, après le grand changement, ne pouvait qu’être bon et meilleur.Trois grands phénomènes ou découvertes auraient enclenché ce grand changement, faisant éclater notre logique déterministe.D’abord, la psychanalyse héritée de Freud avec la découverte de l’inconscient.Ensuite, la physique quantique d’Einstein qui brise le fondement même des divisions entre énergie et matière.En troisième lieu, la poli- tique révolutionnaire qui propose la force du concept, la revendication de l’utopie ou l’urgence de la révolte.Le discours réaliste actuel parle du passé comme si on ne comprenait pas ses erreurs et ses engagements.Voilà donc que dans le « maintenant » réaliste, le temps, comme devenir, projet et utopie, n’existerait plus.Quant à l’aujourd’hui, on dit et colporte ue tout changement ne peut tre qu’un changement vers le pire.Il faut gérer, loin des abstractions, le monde de ceux qui sont revenus des illusions « enfantines ».Notre temps est celui des gestionnaires efficaces, rapides, rentables, capables de donner des réponses aux grandes urgences que la réalité présente : la famine, le racisme, le chômage, l’exploitation, le machisme .ÉDITEUR • IMPRIMEUR • LIBRAIRE GUERIN littérature SYLVAIN RIVIÈRE LE BON DIEU EN CULOTT’ DE V’LOURS 4501, rue Drolet, Montréal (Québec) I12T2G2, 7T (514) 842-3481 Benasayag et Charlton constate que le discours des droits de l’homme est devenu une véritable idéologie dominante, bénéficiant d’un surprenant consensus universel.Le pari théorique de notre époque est centré autour d’une idée fondamentale, celle du bonheur.Un pseudo concept est devenu central : les images qui identifient le bonheur orientent et quadrillent notre quotidien.Tout se passe comme si nous avions perdu l’objet de notre amour, de notre intérêt, de notre raison de vivre.La recherche du bonheur, conçu comme une utopie négative, visant à éviter le pire, semble être devenue la justification dernière des actes de nos contemporains.D’où la question que posent les auteurs : l’homme peut-il soumettre son désir aux besoins créés par la société marchande — ce passage obligé de notre uête du bonheur — Sans laisser ans cette manoeuvre de démission l’essence de ce qui le constitue en tant que sujet de liberté ?En guise de solution, les auteurs de Critique du bonheur suggèrent : « Loin des institutions, des monstres centralisés, des partis politiques et des syndicats, il faut recommencer à tisser les fils de nouveaux liens sociaux solidaires.Il faut commercer à parler contre le bavardage, à vivre contre la survie.Les rapports peuvent changer dans les couples, dans les quartiers, sur les lieux de travail, mais surtout, et avant tout, chacun doit changer vis-à-vis de lui-même.Nous devons commercer à soupçonner que ce qui nous arrive est une vie et cjue, peut-être, nous pourrions y être pour quelque chose ».Un recueil de nouvelles où la tendresse et la truculence courtisent le verbe gaillard et frileux.Distributeur exclusif: Québec Hures, TT (514) 327-6900 1 Le Devoir, samedi 14 avril 1990 ¦ D-5 • le plaisir des ivres Mourir avant d’avoir vieilli et vieillir pour affronter la mort À L’AMI QUI NE M’A PAS SAUVÉ LA VIE Hervé Guibert Paris, 1990, Gallimard 265 pages BRATISLAVA François Nourissier Paris, 1990, Grasset 233 pages Lisette ¦MORIN A Le feuilleton Xavier Bichat, un physiologiste dont un grand hôpital parisien perpétue la mémoire, disait que « la vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort ».Un truisme, en apparence, mais qui ne m’est jamais apparu si vrai, si actuel, en lisant le dernier livre (dernier pourrait être, hélas ! un adjectif au sens définitif) d’un écrivain de 35 ans.Hervé Guibert, parce qu’il a maquillé quelques noms des personnages, ou plutôt des personnalités qui traversent son autobiographie, nous la présente comme un roman.Une pudeur surprenante pour celui qui, atteint du sida, ne nous épargnera, tout au long de ces 265 pages, aucune des terribles conséquences de la maladie.Insoutenable pour les uns, révélateur pour les autres, À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie sera, est déjà l’événement littéraire de la saison.Car il s’agit bien, malgré tout, malgré l’horreur de la maladie qui l’a inspiré, d’un texte très littéraire.Guibert, dont je n’ai pas lu les ouvrages précédents, même pas L’incognito, qui traîne sur ma table depuis plusieurs semaines, possède un talent que la maladie et la mort appréhendée ont, sem-ble-t-il, exacerbé.D’autres témoignages écrits nous ont parlé Hervé Guibert de cette lèpre de la fin du XXe siècle qu’est le sida.Peu nous ont donné, de l’évolution du mal, des bouleversements qu’elle entraîne dans la vie quotidienne de ceux qui en sont atteints, et surtout du milieu, assez effrayant — celui des hôpitaux devenus « spécialisés » — où il faut obtenir les soins qui les empêchent, pour un temps, de trop souffrir, un tableau si réaliste.Hervé Guibert, en accompa- Françols Nourissier gnant jusqu’à la fin son maître et ami, celui qu’il appelle Muzil dans son « roman », mais qui est, même le moins averti de ses lecteurs l’aura reconnu, le philosophe Michel Foucault, vit sa mort par procuration.Ce qui ne l’empêche pas de regarder et même de juger sévèrement tous les témoins, parents et amis, de cette agonie.Ce qui heurtera sans doute, et même blessera profondément La saga des Juifs de Lituanie intégrés aux pauvres d’Afrique du Sud LES LIENS DU SANG Gillian Slovo Traduit de l’anglais par Bernard Blanc Éd.: Sylvie Messinger 1989, 670 pages Alice R4RIZEAU Lettres A étrangères Au début de ce siècle, des familles entières de juifs pauvres quittaient à l’occasion des flambées d’antisémitisme leur village et partaient là où on voulait bien les accepter.Israël n’existait pas, en tant que patrie possible, on choisissait donc au hasard parmi les offres de divers combinateurs qui traitaient ces émigrants comme une sorte de bétail humain et ne se donnaient même pas la peine de situer sur une carte géographique le lieu où ils devaient se rendre.Et c’est ainsi que Riva Cyn et son mai Zelig, tailleur spécialisé dans la fabrication de costumes sur mesure, se sont retrouvés en 1906 en Afrique du Sud.Ils venaient de Lituanie et, comme les Noirs ne pouvaient constituer une clientèle potentielle, le tailleur décida d’ouvrir une pension pour les célibataires qui, juifs Lituaniens comme lui, s’établissaient à Johannesburg.Contrairement aux multiples histoires qui commencent ainsi, celle de Gillian Slovo ne permet pas de suivre les succès matériels du couple mais uniquement son intégration et celle de ses enfants parmi les pauvres.Au début, les familles juives s’installent dans les campagnes proches de Johannesburg ou elles obtiennent des bonnes terres et c’est là qu’elles découvrent la misère des autres.Cette misère-là était inimaginable dans leur Lituanie natale, car il s’agit des Noirs qui n’ont vraiment rien, même pas l’espoir d’améliorer un jour leur sort.Pas de possibilités de s’instruire.Les religieuses de quelques missions catholiques acceptent surtout les filles.Les garçons sont habitués à se battre souvent, à boire autant que leurs parents et à végéter dans des taudis.Sur les terres, on respectait certaines traditions, mais elles ne comptent plus dans les ghettos urbains.En 1924, le général Smuts et le Parti sud-africain sont battus aux élections.Le Parti national et les Travaillistes s’entendent pour protéger les « petits blancs » contre les multitudes des Noirs.On veut intégrer à cette catégorie les Juifs, mais les jeunes s’inscrivent dans le grand parti des Noirs, l’ANC.Ils ne sont pas aussi racistes que leurs camarades d’origine britannique (qui d’ailleurs ne tiennent pas du tout à les fréquenter) et se font très vite une place au soleil parmi les Noirs, où la couleur de leur peau est un atout majeur.L’Europe est loin alors avec ses conflits armés et ses camps de concentration.Rosa Swiece, militante, exilée de l’Afrique du Sud, réorganise le mouvement de protestation, contre l’exploitation des mineurs noirs et l’apartheid, à Swaziland, juste de l’autre côté de la frontière et se fit aimer d’un Britannique qui assume la direction d’un organisme international d’aide et d’assistance.Ce qui est impensable pour les Noirs paraît normal et en tout cas réalisable por les jeunes Juifs révoltés par l’injustice du racisme.Les grèves dans les mines font des victimes, certes, la police se déchaîne contre les manifestants, les marches pacifiques se terminent par des bains de sang, mais la « Cause » progresse grâce aux meneurs et aux organisateurs beaucoup plus instruits et évolués que les masses.Les détenus poütiques, parmi lesquels les médecins et les avocats, tel Jacob, descendant d’une famille juive installée depuis plusieurs générations en Afrique du Sud, sont tantôt arrêtés et tantôt relâchés, mais le gouvernement doit compter avec eux.Impossible de les traiter de la même manière que les prisonniers Noirs et puis, petit à petit, les structures changent.L’Afrique du Sud se retire du Commonwealth et devient une république, les premières bombes du mouvement MK explosent, les Noirs réclament leur droit de vote et leurs problèmes sont connus dans le monde entier.Les années passent, les interventions étrangères, officielles et occultes, se multiplient et les événements se précipitent.Gillian Slovo raconte dans un style imagé l’existence quotidienne de ses personnages qui vivent tantôt l’atmosphère de la rue où les troupes chargées de maintenir l’ordre attaquent et tantôt les fouilles des militants qui transportent des publications clandestines dans leur voi- ture et se font arrêter sur la route par la police.C’est une réalité difficile, dure et incertaine, car les conflits entre la population blanche et la majorité Noire s’accompagnent de luttes entre les minorités noires qui continuent d’être incapables de s’entendre.N’empêche, et c’est cela sans doute la force des liens du sang, que les descendants des juifs venus de Lituanie à Johannesburg, au début de ce siècle, ne veulent plus s’expatrier.Pour Gillian Slovo, la lutte anti-apartheid est une nécessité historique et, à travers les victimes et les héros de son roman, on découvre le vrai sens de la justice, de la démocratie et de la liberté dans une société dont les citoyens sont profondément divisés par leur éducation, leur situation économique et leur statut politique.Le potentiel de violence et de haine demeure d’autant plus lourd, en outre, que les prétextes susceptibles de susciter des affrontements entre les foules et les groupes d’individus sont nombreux.À aucun moment, toutefois, l’auteur de ce remarquable roman ne pose la question fondamentale : que deviendront les enfants des juifs auxquels les masses des Noirs vont reprocher peut-être un jour la couleur de leur peau, bien que, depuis des générations, ils militent ensemble contre l’apartheid ?Dans ce sens, Les liens du sang est un message d’espoir et de confiance dans l’avenir et une saga qu’on lira avec d’autant plus de plaisir qu’elle donne un éclairage particulier à l’ensemble des problèmes vécus en Afrique du Sud et dans les pays limitrophes.UN LIVRE IMPORTANT DE CLAUDE PAQUETTE EN LIBRAIRIE LE 10 AVRIL L'EFFET CAMELEON Sommes-nous des caméléons?[.] des êtres rampants?[.) des êtres prêts à changer notre langage, nos opinions, notre conduite et nos valeurs au gré des pressions extérieures ou au gré de nos intérêts particuliers?Sommes-nous des traîtres?Comment pouvons-nous comprendre certains individus qui mènent une vie professionnelle en totale opposition avec leur » » vie privée?L'EFFET CAMELEON, c’est un regard sur notre société mais surtout un examen de la vie individuelle.280 PAGES 19,95$ RÉSERVEZ DÈS MAINTENANT VOTRE EXEMPLAIRE CHEZ VOTRE LIBRAIRE QUÉBEC/AMÉRIQUE lusieurs lecteurs, mêlés de près la vie parisienne des 10 dernières années, c’est la brutalité, malgré l’élégance de la langue, avec laquelle Guibert règle ses comptes avec quelques vedettes du monde des lettres et du spectacle.Isabelle Adjani n’en sort fias indemne, c’est le moins que ’on puisse dire, et les éditeurs, les patrons de presse en prennent aussi pour leur rhume.Compréhensible, sans doute, ce souci de tout dire, de ne rien cacher, ni de ses propres malheurs physiques, ni des turpitudes morales de certains des personnages qui l’entourent, pour un homme qui va mourir, qui connaît même, avec.assez d’exactitude, le temps qu’il lui reste à vivre.On lit A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie dans un état constant de malaise et même, à certains moments, de frayeur.Mais, on ne l’aban donne pas en route pas plus qu’on ne cesse de compatir au destin de ce très beau garçon (Apostrophe nous l’a prouvé) qui n’aura pas le temps de vieillir.Mais qui lutte, et qui nous parle de sa lutte, pour l’exemple.Avec une lucidité incomparable.?« C’était une maladie qui donnait le temps de mourir, et qui donnait à la mort le temps de vivre, le temps de découvrir le temps, et de découvrir enfin la vie .» C’est ainsi que Hervé Guibert décrit le sida dans son livre.Un sexagénaire, encore en possession des « fonctions qui résistent à la mort », pour reprendre le mot de Bichat, n’a pas écrit le roman de la vieillesse.Il a préféré nous offrir Je récit de la sienne.Sans fards, en ne se ménageant guère, en noircissant même le tableau, comme à plaisir.François Nourissier est coutumier de la confession.Plusieurs de ses ouvrages précédents, qu’il donnait néanmoins comme des romans, ont raconté son enfance, son adolescence et sa jeunesse « petite-bourgeoise ».Tout comme Nathalie Sarraute, on pourrait lui dire, si cette familiarité nous était permise à l’égard d’un écrivain consacré : « Tu ne t’aimes pas.» Et pourtant, rien de moins narcissique que Bratislava.Et Angelo Rinaldi, qui cède pour une fois à l’admiration, a bien raison de constater que « rares sont les textes qui abrègent à ce point la distance entre l’auteur et le lecteur, et les font aller bras dessus, bras dessous comme deux amis qui se sont noircis au bistrot pour oublier le temps qui a fui et les femmes qui restent de la façon la plus perverse qui soit — dans le souvenir ».Quand on a, plus ou moins, l’âge de François Nourissier, on éprouve une telle sympathie pour celui qui nous avoue sa tristesse, ses regrets, ses désillusions même, qu’on aurait le goût de multiplier les citations.Contentons-nous de celle-ci, qui décrit à la fois le «personnage» el l’homme Nourissier : « Or, on sait que la difficulté d’être (rappel opportun de Fontenelle et de Cocteau.) n’a rien à voir avec les rentes, les honneurs et même la gloire.Elle n’est l’apanage ni des pauvres, ni des riches.Elle est, dans ses premiers symptômes, une mauvaise pente de la nature, puis elle devient la rançon de la lucidité.Un fauteuil, une cravate, ne rééquilibrent pas ses pernicieux débuts.Quand l’âge s’en mêle, accumulant les raisons objectives de se plaindre, et des misères officielles, répertoriées, le pli est pris et nos témoins continuent de nous gratifier de bourrades rassurantes ».Il faut lire, toutes autres occupations cessantes, Bratislava de François Nourissier.C’est un livre de raison.C’est un constat éminemment lucide de la condition du vieil homme et de la vieille femme.Pour ceux et celles qui ne se paient pas de mots, qui veulent consentir à leur âge, sans lamentations excessives — l’auteur voulait d’ailleurs intituler son livre : Sur l’âge — l’aveu de l’auteur les éclairera et les rassurera tout ensemble : « Il y a en chacun de nous un homme rompu.C’est celui-là qui s’exprime ici, et qui tente de le faire sans jérémiades et sans oublier, s’il se peut, de rire ».Car, il ne faut pas oublier de le signaler, Bratislava, qui nous parle aussi de la belle ville, visitée et revisitée par l’auteur, est aussi un livre très drôle, avec des passages satiriques d’une saveur irrésistible sur l’âge qu’on tente d’aurifier et sur les détenteurs de la carte « vermeil ».Bref, un bon, un très bon manuel sur l’art de vieillir ! Les Éditions du Préambule LE BIOLOGIQUE ET LE SOCIAL ( bllection l.'l Inivcrs des discours I £ Préambule Le biologique et le social NVidia Khom i 321 pages / 32.00$ / ISBN: 2-89133-109-5 Nadia Khouri Nadia Khouri élabore dans cet ouvrage une analyse critique des fondements et des présupposés dont procèdent les nouveaux discours biodéterministes.Elle applique aux textes un doute systématique qui en fait apparaître les contradictions, les occultations et le penchant réductionniste qu’ils véhiculent.Le biologique et le social est à la fois un ouvrage d’introduction et de réflexion portant sur les abus des interprétations biologiques dans l’analyse du social.Collection L’Univers des discours Le Préambule 169.nie Labonté, lx>ngueuil, Montréal, Québec.J4H 2P6 (514) 651-3646 Fax: 651-0378 BERTRAND VAC BIZARRES ÉDITEUR • IMPRIMEUR • LIBRAIRE 4501, rue Drolet, Montréal (Québec) H2T2G2, TT (514) 842-3481 Distributeur exclusif: Québec livres, TT (514) 327-6900 Après plus de dix ans de silence, une leçon de rigueur, d’imagination et de classicisme.GUÉRIN l literature D-6 B Le Devoir, samedi 14 avril 1990 • h’plaisir Je s ivres Les enfants ont des droits SI TOUS LES ENFANTS DU MONDE.Médecins du monde Alex Décotte préface de François Mitterrand Albin Michel, Paris, 218 pages (dont 24 pages de photos en couleurs) Yves DUBE ?Les carnets Plus qu’un simple compte-rendu d’une merveilleuse aventure de quinze jeunes de diverses nationalités partis, comme en pèlerinage, sur la route des esclaves, ce livre devient vite un réquisitoire d’une éloquence brutale, essentielle et bouleversante.L’histoire est simple : à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française on organise un concours de dessins à travers le monde : quinze jeunes seront choisis pour refaire la route des À L’ÉCOUTE DES PLUS BEAUX TEXTES DE LA LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Interprétés par > Ghislaine Paradis et Jean Faubert Prix de l'Académie Charles-Cros 1988 \ I I I IM 1 I.IM IV I I I I I K V I I K I POESIES, CONTES & NOUVELLES DU QUEBEC ( IIOIX lil' I1XIIM1 ( OMMINIAIKIX U HIIIIN HO|\|S I PRIX D'EXCELLENCE 1990 décerné per l'Association des consommateurs du Québec œhhMBd POESIES, CONTES ET NOUVELLES DU QUEBEC Choix des textes Aurélien Boivin Musique de Jean Musy 120 minutes d’écoute Un recueil de 120 pages it I C l> I T I II K I t I I T T IK L I I K I CONTES D’AMOUR & D’ENCHANTEMENT DU QUEBEC PRIX D'EXCELLENCE 1990 décerné par l'Association des consommateurs du Québec CONTES D'AMOUR ET D'ENCHANTEMENT DU QUEBEC Choix des textes André Vanasse — Musique de Robert Bibeau 190 minutes d’écoute incluant 10 chansons interprétées par Ghislaine Paradis Un recueil de 120 pages 39,95$ chaque coffret En vente chez votre libraire fTïïïïïïffln 1977, houl.Industriel, Laval (Québec) H7S 1P6 (514)667-9221 esclaves (Nantes — Corée — Martinique — New York) pour aller présenter au Secrétaire général des Nation unies la Convention des droits des enfants.Ils voyageront en bateau de Nantes à Corée, puis de Corée à Fort-de-France, puis en avion de la Martinique à New York.À Nantes, à Corée, en Martinique et aux États-Unis, ils rencontreront beaucoup de dirigeants venus leur faire d’admirables discours et des centaines d’enfants qui leur transmettront des messages d’amitié et des doléances pour qu’enfin on songe sérieusement à respecter l’enfant — sa vie — ses droits.L’équipée doit durer deux mois et, pour être efficâce, cette période de temps ne doit pas se passer sans que les enfants aient a travailler, a réfléchir, à relater leur propre drame, à partager celui des autres, à chercher tous les moyens de convaincre les grands de ce monde que les enfants, en plus d’être eux aussi des personnes humaines, n’ont pas à payer pour les bêtises et les monstruosités des adultes.Ils font entre eux l’expérience de la fraternité entre nations, l’égalité entre leurs différentes extractions, la nécessité d’une liberté indispensable à leur survie.Tout cela pourrait sembler suffisant pour justifier ce livre.Nous pouvons y trouver tellement plus.La situation des enfants du monde, aussi tragique sur le plan personnel que sur le plan communautaire, nous est révélée avec des accents d’une sincérité et d’une franchise aussi brutale qu’exacte : Qu’on évoque la situation des petits enfants thaïlandais obligés de se prostituer pour survivre, celle des petits Jamaïcains sourds auxquels on refuse l’école pour les mettre au travail dès l’âge de 8 ou 9 ans, celle des petits Cambodgiens qu’on livre à l’armée pour une boucherie qui semble ne devoir jamais finir, c’est toujours le même viol, la même aberrante injustice, la même intolérable cruauté, la même stupide et inhumaine monstruosité.Le fait indéniable que 40 000 enfants meurent de faim tous les jours à travers le monde revient comme un leitmotiv.Les enfants, + Pancol donne des ailes.Curieusement, la mère est pratiquement absente du roman et cela en dépit du fait qu’elle se soit occupée de Katherine et de son frère après le départ de papa.À cette question, Katherine répond qu’elle a fait exprès de ne pas parler de sa mère.« D’abord, elle est vivante et, comme elle a une image sociale très forte, elle ne peut pas supporter que j’interprète les faits à ma manière.C’est très difficile d’écrire sur ses parents surtout quand ils sont encore en vie; c’est sacré l’intimité des gens mais n’empêche qu’il faut prendre le risque de se brouiller avec ttW O'P UNE EXPOSITION DE TOILES exécutées par Daniel Gagnon du 20 avril au 6 mai inclusivement aux heures d’ouverture de la Bibliothèque nationale du Québec (fermée le 28 avril) UNE SOIRÉE DE LECTURES PUBLIQUES animée par Jean-Paul Daoust 19 avril - 20h30 Salle Saint-Sulpice de la Bibliothèque nationale 21 Deux événements à mettre à votre agenda du printemps 1700, rue Saint-Denis Entrée Information: (514) 526-6653 gratuite Ces activités sont présentées par l'Union des écrivaines et écrivains québécois dans le cadre du Festival national du livre.UNION des écrivaines et écrivains québécois LIVRE \rui s 1 jz g *¦ s dans leurs réflexions, sont « obnubilé »s par cette réalité et sont tellement choqués de voir que les adultes en place vivent exactement comme si elle était un mythe ! Cette connaissance conjuguée aux autres du même type (agression, guerre, famine, etc.) les oblige à prendre la décision d’être plus réalistes et plus humains que leurs aînés.Les Médecins du monde et ceux qui les soutiennent et qui parlent un langage admirable dans ce livre — je pense surtout à Aimé Césaire, à Harlem Désir, à Patrick Aeberhard dont nous trouvons d’importants témoignages dans ces pages — attaquent à visages découverts la plus forte coalition qui existe : celle des intérêts des puissants amalgamée à celle de nos indifférences innommables.Ce qu’il y a de merveilleux à la lecture de ce livre c’est que — comme dans les histoires dont on rêve depuis toujours — les bons (les enfants) triomphent malgré l’énorme différence des moyens mis à leur disposition pour faire face à un ennemi mille fois plus puissant : la Bêtise humaine.Voyage dans l’espace physique et moral à la fois, voyage dans le temps par cette évocation de la route de l’esclavage, mais voyage aussi dans le coeur, dont les chemins sont insondables, et dans l’esprit que tant de limites empêchent de voir la lumière.Livre ardent parce que presque trop vrai.Livre utile parce qu’on y retrouve une foule de renseignements et, en particulier, le texte de la Convention des droits de l’enfant.Livre qu’il faudrait traduire dans toutes les langues et dont l’action devrait se faire sentir au plus vite, si l’on ne veut pas préparer des catastrophes de plus en plus inévitables Sue parmi tous ces enfants s, violés, tyrannisésde mille façons, quelques-uns auront bien un jour la chance.ou l’occasion de se venger.Ce qu’on n’a pas fait par vertu aujourd’hui, peut-être sera-t-on forcé de le faire par crainte demain — si toutefois il n’est pas trop tard.Si tous les enfants du monde.pouvaient vivre en paix, enfin.nous nous sentirions un peu moins responsables d’avoir rendu la planète irrespirable.eux et aller jusqu’au bout de sa démarche d’adulte.Il va sans dire que ça demande beaucoup de courage.» La nuit est tombée, le feu s’est éteint mais Katherine parle encore comme si la vie était un roman, un roman trop court pour tout raconter.Pièges pour muscler la mémoire L’ORTHOGRAPHE EN UN CLIN D’OEIL Jacques Laurin Montréal, Les éditions de l’Homme, 1990, 288 p MARIE-ÉVA DE VILLERS Puisque l’orthographe française fait souvent appel à la mémoire, puisque la logique ne suffit pas toujours, on consultera avec profit le recueil efficace et sans prétention que Jacques Laurin a conçu à notre intention.Sous une forme très dépouillée, certains mots dont le genre est sans verbiage, l’auteur a classé dans l’ordre alphabétique près de 4000 mots susceptibles de nous compliquer la vie (ou tout au moins l’écriture).Présenté en deux colonnes, l’ouvrage inventorie principalement les pièges de l’orthographe d’usage : acquit par acquit.de conscience mais bien mal acquis; addition, français, adition, anglais; préférence mais préférentiel, psychose mais métempsycose.Les graphies problématiques sont notées en caractères gras.Ainsi, la difficulté saute aux yeux et peut se mémoriser facilement.Toujours très concis, l’auteur ne donne aucune règle de grammaire mais, à l’occasion, il traite de construction syntaxique, d’homonymie, de genre, de nombre, de prononciation et souligne certains anglicismes.À l’entrée pallier, verbe, il est précisé « pallier un mal et non pallier (à) un mal mais un palliatif à un mal ».Les homonymes sont distingués par leur sens : immoral, contraire à la morale, amoral, dépourvu de morale ; il panse, soigner, il pense, réfléchir; pou, insecte, pouls, battement.Le traitement de l’adjectif numéral est intéressant : par les seuls exemples donnés, l’auteur illustre les variations orthographiques possibles.Le procédé est éloquent et constitue un bon rappel de la règle, à condition de la connaître.Cependant, les difficultés ne sont pas toujours traitées systématiquement : « tous les lundis mais les lundi et mardi de chaque semaine ».Fort bien, cependant, s’il est utile de préciser que les noms des jours de la semaine prennent la marque du pluriel, ce renseignement n’est donné qu’aux entrées lundi, mardi et jeudi alors que les noms dimanche, mercredi, samedi et vendredi suivent pourtant la même règle.Les noms dont le genre est difficile sont précédés de l’article approprié en caractères gras : un ascenseur, un bel autobus, une garde-robe, du jute, la nacre, une oasis, une orthographe, un pétale, un pétoncle.Bien sûr, il n’était guère possible de tout répertorier, mais fréquemment la cause d’erreurs auraient peut-être mérité de figurer : un astérisque, un en-tête, un habit, un pore f orifice de la peau).À l'entrée parka, une remarque intéressante précise que le nom est féminin en Europe et masculin au Canada.Le pluriel fait également l’objet de commentaires.Ainsi, à l’entrée pantalon, on indique « mon pantalon de pyjama et non (mes pantalons) ».Les formes fautives sont notées entre parenthèses.Si plusieurs mots composés sont cités en raison de leur pluriel difficile, Jacques Laurin ne retient pas l’accord des adjectifs de couleur qui mériterait bien quelques commentaires.Ainsi, on ne parle que de bleu marine et non (bleu marin) sans préciser que cet adjectif composé est invariable.Des précisions sur la prononciation sont apportées à l’occasion : magnum de champagne, mag-nom, lumbago, ou lombago, pron.lon-ba-go.Le traitement de l’adjectif saint illustre l’utilisation de la majuscule, de la minuscule et du trait d’union strictement à l’aide d’exemples : le Saint-Père, la rue Saint-Jean mais l’évangéliste saint Jean.Lors des Championnats du monde d’orthographe, le sympathique président du jury québécois a vu peiner les courageux candidats devant les dictées farcies d’embrouillaminis et de sot-l’y-laisse (tiens le mot, rare il est vrai, ne figure pas ! ).Il a voulu mettre à la disposition de tous et chacun un livre de référence axé sur l’exemple qui, sans prétendre à l’exhaustivité, permet de comprendre et de mémoriser les difficultés en un clin d’oeil.Sans dogmatisme ni purisme, avec humour et simplicité, l’excellent pédagogue Jacques Laurin nous propose un recueil utile et attrayant qui contribuera certainement à donner à ceux qui le consulteront le souci d’une bonne orthographe.NDLR : Les lecteurs sont invités à faire part de leurs commentaires, de leurs critiques et de leurs suggestions à l’auteur de cette chronique.La correspondance doit être adressée au Plaisir des mots, aux soins du DEVOIR, 211, rue du Saint-Sacrement, Montréal, H2Y 1X1.VIENT DE PARAÎTRE Marguerite Paradis nous présente des témoignages et une analyse percutante d'un phénomène méconnu: l'itinérance chez les jeunes femmes A 6.955 les éditions du remue-ménage Gérald Godin L’ange exterminé Roman U* IO en 3 UN BEST-SELLER QUÉBÉCOIS GÉRARD GODIN / L’ANGE EXTERMINÉ «Un roman de délinquant.» Jean Barbe, Voir «.voilà un souffle.» Réginald Martel, La Presse «.pas question de s’ennuyer.» Michel Laurin, Le Devoir «.du pur Godin.» Roland Héroux, Le Nouvelliste «.mordant, incisif.» Sylvain-Claude Fillon, Bon Dimanche «.on lit pour le plaisir » Hélène Rioux, Le Journal d’Outremont l’Hexagone ROMAN # l’Hexagone lieu distinctif de l'édition littéraire québécoise ROMAN
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