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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1990-05-26, Collections de BAnQ.

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inr mm le cahier du i • armai RECITS TRAGIQUES de Nitrmand Theriault =: MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN OE MONTRÉAL Montréal, samedi 26 mai 1990 Les musées attendent la nouvelle politique de Marcel Masse Marie Laurier Lj INTÉRÊT de M.Marcel Masse, ministre fédéral des Communications pour le patrimoine muséologique est manifeste, lui qui ouvre, agrandit, rénove ou fonde de nouveaux musées de façon à doter équitablement les différentes régions du pays de ces centres culturels.Aussi est-ce avec grande impatience que l’on attend le dévoi-' lement de la nouvelle politique concernant les musées et que M.Masse rendra publique vraisemblablement lors du congrès de la ! Société des musées québécois qui • aura lieu du 6 au 9 juin au Cégep i du Vieux-Montréal.• Conscient de l’importance du ! musée dans la vie culturelle, M.• Masse est le premier à constater .que nous avons du retard à rat-• traper en ce domaine, notamment au Québec.C’est du moins ce qu’il nous exprimait jeudi au cours d’une brève conversation téléphonique : « Ce retard, nous allons nous atteler à le combler, ajoutait-il.Car je crois à l’importance du musée dans la politique culturelle.» Pour le ministre responsable de la vitalité de nos musées, ces derniers sont « la conscience du passé qui nourrit l’identité présente ».« Ce regard du présent sur les vestiges du passé, poursuit-il, redonne vie à ces expériences vécues antérieurement, ; les revêt d’un sens qui parle aux contemporains.D’où l’extrême importance des musées, des archives, des institutions patrimoniales pour maintenir vivantes ces racines qui nous disent qui nous sommes.» Marcel Masse voit également une vocation élargie aux institutions muséologiques.« Les musées ne doivent toutefois pas se conscrer uniquement à l’exposition d’oeuvres, ils doivent également informer une société et servir de lieux privilégiés d’échanges entre les intervenants et la population.» La nouvelle politique à laquelle M.Masse travaille depuis plus d’un an et demi en concertation avec ses collègues du Conseil des ministres et de son homologue du Québec, Mme Lucienne Robil-lard, ministre des Affaires culturelles, ainsi que d’une large consultation avec les intéressés, devrait refléter les attentes du milieu, promet-il.Et il ne s’agira pas uniquement d’argent mais bien d’orientation idéologique.Au congrès du mois de juin placé sous le thème général Défi des collections, on examinera les politiques, les pratiques et la problématique des acquisitions de pièces de collections.Les participants étudieront de façon particulière leur implication dans les fêtes du 350e anniversaire de la fondation de Montréal, espérant s’inscrire dans cette idée de faire de la métropole le foyer culturel du Québec et de l’Amérique francophone.On rappelle que de nouveaux équipements ont vu le jour ces derniers mois, comme l’Insectarium et le Centre canadien d’architecture, et que d’autres sont soit agrandis, rénovés ou relocalisés comme le Musée d’art contemporain de Montréal, le Musée McCord d’histoire canadienne, le Musée des beaux-arts et le Centre d’histoire de Montréal.On prévoit l’inauguration en 1992 du Biodôme et du Centre d’interpré-taion historique et archéologique Voir page C-6 : Masse T J&mms*#** a».» & ,* c Les musées à portes grandes ouvertes Marie Laurier PEU IMPORTE où vous serez au Québec demain dimanche, il y aura un musée sur votre chemin ou sur votre route.Que vous soyez à pied, en bicylette ou en voiture, seul ou avec d’autres, une visite dans une institution où l’on vous parle de l’histoire, du patrimoine, de peinture, de sculpture, d’architecture, de musique, d’art vous fera éprouver la véracité de notre devise «Je me souviens».S’il est en effet un domaine culturel qui déploie l’abondance de la générosité et des ressources du milieu, le plus souvent du bénévolat, c’est bien celui de la muséologie.Quels que soient la taille du musée, sa localité, la valeur de son fonds de collection permanente, itinérante ou provisoire, il témoigne d’un passé que l’on peut démêler, saisir, admirer pour mieux comprendre le présent et projeter un regard sur l’avenir.Consacrée en 1977 par l’UNESCO, la Journée internationale des musées a été fêtée à la grandeur de la province pour la première fois en 1989, suivant en cela un mouvement amorcé à Montréal en 1987 faisant du dernier dimanche de mai « notre » journée où les musées ouvrent toutes grandes leurs portes gratuitement au public.Quelque 58 000 personnes ont répondu à cette invitation à ce jour.Demain, donc, plus de 100 institutions muséales nous attendent à travers le Québec, permettant de prendre possession de richesses et d’espaces qui nous appartiennent à tous.Il y en a pour tous les âges et pour tous les goûts et la liste que nous vous proposons peut être de nature, nous l’espérons, à vous servir de point de repère.À Montreal, un accueil tout à fait spécial sera réservé aux visiteurs, par exemple au Château Ramezay où des guides personnifieront M.et Mme de Ramezay et des bourgeois de l’époque dans une mise en scène originale pour chacune des pièces de la maison.Au Musée du cinéma de la Ciné- mathèque québécoise, une exposition rappelant les années 50 illustrées par les photographies de Roméo Gariepy se fera au son de la musique et des chansons de la Belle Époque, en présence du photographe.Au Musée d’art de Saint-Laurent oui offre une visite commentée de l'art décoratif amérindien, on pourra voirie film Crac de Frédéric Back.À la Maison Saint-Gabriel de Pointe Saint-Charles, les hôtesses seront costumées en Filles du Roi.Ces musées font partie de l’itinéraire des quatre circuits d’autobus organisés pour la circonstance, depuis le square Dorchester (ancien square Dominion), à compter de 10 heures.Les autres musées de ces circuits ont tous préparé des manifestations spéciales dimanche, en plus des collections permanentes.¦ Le Musée des beaux-arts où l’on présente Le 19octobre 1977, de Gerhard Ritcher en plus de la visite commentée de l’exposition permanente.(L’exposition de Dali est payante).¦ Le Centre canadien d’architecture: Ernest Cormier et l'Université de Montréal ainsi que les photographies récentes de Gabor Szilas sur l’université.¦ Château Dufresne, ou les arts décoratifs d’Andrea Branzi.¦ Au Musée d’art contemporain, rencontre avec Marie-Anne Cuff qui vous fera partager sa passion pour le carton et les couleurs et l’historien d’art Normand Thériault donne une conférence à 14 h.¦ Musée David M Stewart, sur l’île Sainte-Hélène, l’exposition Planètes, Potions et Parchemins nous fait découvrir les manuscrits de la Mer morte au 18e siècle.¦ La Maison Sir Georges-Étienne Cartier, 458 rue Notre-Dame est, constitue en elle-même un lieu historique qui vaut la visite.¦ Au Musée Marc-Aurèle Fortin, du nom de ce peintre québécois réputé, rue Saint-Pierre, on comprendra pourquoi une collection entière lui est consacrée dans cette jolie maison du Vieux-Montréal.¦ À la Maison Saint-Gabriel, nouvelle venue dans le circuit des mu- Le Château de Ramezay à Montréal.sées montréalais, la directrice Thérèse Cloutier saura familiariser les visiteurs avec l’histoire de la laine et du lin en parcourant l’exposition thématique intitulée Du moulin au mouton.¦ Au Musée de Lachine, plusieurs artistes seront sur place : Pierre Desrosiers, Marie-Hélène Robert, Charles et Vincent Leblanc, Jean Brillant et à quelques pas de là on se dirige vers rétablissement du Commerce de la fourrure de Lachine, lieu historique national.Parmi les musées hors-circuit or ganisé mais aussi ouverts gratuite- ment au public, la Galerie d’art du Centre Saidye-Bronfman, la Galerie de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) et toutes les Maisons de la culture sont autant de lieux ouverts aux visiteurs et groupes autonomes.Plusieurs autres musées en périphérie de Montréal ou dans la grande région métropolitaine attendent les visiteurs du dimanche : au Musée d'art de Joliette, l’on présente les oeuvres de Ginette Déziel et celles du graveur sur bois Gabriel Rou-thier, en plus évidemment de la collection permanente d’art sacré et de PHOTO ARCHIVES costumes d’époque.¦ Dans la région de la Mauricie-Bois-Francs, le Musée Laurier d'Ar-thabaska rend hommage au peintre naïf Arthur Villeneuve qui vient tout juste de mourir.¦ Le Musée d’histoire, d’ethnographie et d’art religieux de Nicolel propose une lecture d’extraits bibliques en langue d’origine et une exposition de livres sacres.¦ Trois-Rivières possède plusieurs musées intéressants : ceux des Ur-sulines, du Séminaire, d’archéologie, Voir page C-6 : Musées CANNES Une histoire de Palme d’or PHOTO FILM POLSKI Krystyna Janda (notre photo) a obtenu le Prix de la meilleure actrice pour L’Interrogatoire(1981), de Ryszard Bugajski.Francine Laurendeau EN GUISE de commentaire du palmarès, voici le récit de mon premier contact avec la Palme d’Or et le Prix d’interprétation masculine deux des trois plus prestigieuses récompenses cannoises.Dernier week-end du festival.Ce samedi-là, la journée s’annonce mal.Des difficultés de transmission m’ont fait rater la veille la première projection, salle Claude-Debussy, de Cyrano de Bergerac.Une projection privilégiée, voire reposante, parce qu’exclusivement réservée aux journalistes de la presse quotidienne.Je me vois par conséquent réduite à l’obligation de rattraper le film lors d’une projection subséquente plus courue, et cela au sortir de Wild at Heart, de David Lynch, une autre séance où l’on va devoir se battre pour entrer.Envahie par la lassitude de cette fin de festival, je n’ai plus du tout envie de jouer des coudes, sport que je pratique depuis dix jours, du lundi au dimanche, de l’aurore à la nuit tombée.À 7 h 45 donc, je m’affale dans un fauteuil de l’auditorium Louis-Lumière déjà presque rempli pour la séance de 8 h 30.Un bord de rangée, comme il se doit, selon une technique festivalière éprouvée qui me permettra de bondir de mon siège dès que s’amorcera le générique de fin et de courir me remettre en queue pour Cyrano.Et comme pour ajouter à mon accablement, chacun des deux films dure deux heures trente.La perspective de cinq heures de projection non-stop ne m’enchante pas.Les lumières s’éteignent.Le ri- deau s’ouvre, s’ouvre encore et toujours, dépassant ses limites habituelles, découvrant une écran d’une largeur incommensurable.Et le film s’abat sur nous.Nous reviendrons une autre fois sur les amours de Sailor et de Lula mais parlons pour l’instant de leur metteur en scène qui n’a rien ménagé pour commotionner le spectateur.Faisant un sort sonore au moindre geste — le craquement d’une simple allumette qu’on enflamme devient un embrasement tonitruant — multipliant les excès visuels — on parlera longtemps du giclement spectaculaire de la cervelle de ce malheureux — Wild al Heart surprend et secoue.C’est un film à reveiller les morts.Avec d’autant plus d’effica- cité que l’immense auditorium Louis-Lumière est magnifiquement équipé techniquement.Ma première réaction est physique : je me demande si je vais digérer mon petit-déjeuner.Mais les personnages et les situations sont tellement vivement coloriés, tellement ubuesques, tellement bande dessinée, que je me sens peu à peu en-vahiepar une très libératrice jubilation.Etat que le dénouement corrobore, si bien que je sors pliée en deux de rire, au grand scandale de quelques uns de mes collègues littéralement révulsés.Pour me retrouver, quelques minutes plus tard, dans la même salle devant le Cyrano de Bergerac (le Jean-Paul Rappeneau, avec un Gérard Depardieu qui se révèle grand comédien.Après les électrochocs, quel bonheur de se livrer à la magie du verbe et aux raffinements du sentiment.Après le progressive jazz, c’est le blues.Après Stockhausen, c’est Mozart.On n’a qu’à se laisser bercer, charmer, émouvoir.Et visuellement, c’est somptueux.J’émerge de cette matinée complètement revigorée.J’ai retrouvé mon enthousiasme.Et acquis la certitude que ces deux films-là, habi lement servis en fin de course, vont peser lourd dans les délibérations du jury.Mais le palmarès nous ménagera quelques surprises.Que Krystyna Janda ait obtenu, pour L’Interrogatoire (1981), de Ryszard Bugajski, le Prix de la meilleure actrice n’est que justice.Si ce n’est pas un grand film, c’est une grande interprétation.Et les grands rôles féminins étaient rares.Voir page C-6 : Cannes John Mayall La « Volks » du blues Serge Truffaut JOHN MAYALL est un vieil homme.Un vieux forban qui a, en sa possession, des faits dont tout musicien, voire tout bipède, pourrait tirer un enseignement.C’est pour cela, pour sa connaissance des choses, et non pour son expérience du temps, que John Mayall, né le 29 novembre 1933, est un vieil homme.Mayall, c’est la Volskwagen de la musique.Une bête à bon Dieu qui saute de blues en blues depuis 30 ans sans jamais nous avoir leurré.Mayall et Volskwagen, tout le monde, on l’espère, l’aura remarqué, ont ceci de commun qu’ils ont le même âge.Ils partagent également autre chose.Ils ont marqué la même génération, (’elle qui « fumail-lail des herbes folles » en écoutant Boom To Move, The Bear ou Mister Censor Man.Évidemment, cette génération de joyeux «empaffés» savourait ces « tounes» à partir du Blaupkunt d’une « Volks ».Ce qu’il y a de rigolo dans Voir page C-2 : Mayall U RENÉ DUMONT et Gilles Boileau LA CONTRAINTE OU LA MORT LETTRE AUX QUÉBÉCOIS SUR L’AVENIR DE LA PLANÈTE “La guerre pour la survie prolongée de l’humanité devrait être reconnue, déclarée: .une situation aussi grave justifie toutes sortes de mesures que certains appellent des contraintes, des restrictions à leurs libertés”.ISHN2-894I5-010-5 19,95$ ynéridien René Dumont COLLECTION ENVIRONNEMENT C-2 ¦ Le Devoir, samedi 26 mai 1990 le cahier du i • ameai $ y 4 Mayall PHOTO LONDON RECOROS Les Bluesbreakers de John Mayall il y a 25 ans : (de gauche à droite) Mayall, Eric Clapton, John McVIe et Hughes Flint.«CANTATES DE J.S.BACH» avec quintette à cordes et les solites: Marie Laferrière, alto Jean-Louis I’ellerin, ténor Yves St-Amant, basse ¦ Dimanche, le 27 mai 1990 à 20 h Église St-Juhn-the-Evangelist 137 l’redisent-kennedy (métro Place-des-Arts) liillets: 10,00 S (Croupes: 12 billets pour le prix de 10) Rés.ou rens.: 259-7283 ou 251-1906 disque _____,—rna* c Symphonie en si mineur Wu 182/5 Concerto pour flûte en r< io pou mineur.Wq 22 Symphonie en si bémol majeur, Wq 179 CONCERrM0^foH^ Sinfnnii) en sol mineur, up 6 N'ty 'imfonia en ré mineur Sinfomu en fa nui/em.F 67 TTÂi /'¦ BACH notre histoire d’aujourd’hui, c’est que nôtre Mayall vient tout juste d’enregistrer Let's Work Together.Ça ne vous rappelle rien ?Non ?Pourtant, c’était un des blues de l’autre groupe « Volkswagen » de l’époque, soit Canned Heat.Pour son tout nouvel album — A Sense Uf Peace sur Island — Mayall a signé une interprétation très acoustique de ce Let’s Work Together.Il est d’ailleurs vraisemblable qu’il jouera ce blues sur la scène du Spectrum, mardi prochain.À bien des égards, son nouvel album est le point de mire de bien des productions antérieures.Dans A Sense of Peace, il y a du Hard Road et du Crusade, du Blues Alone et du Turning Point, tous des albums des années 60, ainsi que des clins d’oeil à certaines productions des années 70.Par contre, entre Chicago Line, son précédent, et celui d’aujourd’hui il y a eu une coupure.Le nouveau est plus léger ou, selon le point de vue, moins pesant.La guitare électrique est en effet plus discrète.Faut dire que Walter Trout, qui incidemment fut membre de Canned Heat, n’est plus dans la partie.Sur la face 1, et en guise d’introduction, Mayall a choisi une pièce de J.B Lenoir.Un morceau fabuleux qui s’intitule I Want To Go.Tout commence en douce.D’abord, il y a les guitares acoustiques.La sienne et celle de Sonny Landreth, un membre de la bande de John Iliatt.Puis, au bout de une minutes et des poussières de temps, on passe sans coup férir d’un blues acoustique à un blues électrique.En deux mots, c’est le pied.L’autre jour, lors d’une conversation téléphonique, on a demandé au vieux et très sympathique Mayall qu’est ce qui l’attachait tant à J.B.Lenoir.« Son originalité.Son originalité en tant que musicien et parolier ».Pour J.B., rappelons qu’il y a 20 ans de cela Mayall avait écrit une pièce-manifeste, I’m Gonna Fight For You J.B.».Bon, après son I Want To Go.Non -.Avant d’en parler, il faut vous raconter une petite histoire.Celle de John Mayall avec son instrument.l'origine du jazz.Il était une fois des musiciens qui, tous les soirs à La Nouvelle-Orléans, convergeaient avec leurs instruments sous le bras vers Congo Square.Cette place, qui existe toujours, est le sujet ainsi que le titre de la pièce qui suit.C’est bien.Très bien, parce que les musiciens carburent de tout bord, tout côté.En 1967, après qu’il eut successivement engagé et formé les guitaristes Eric Clapton, Peter Green et Mick Taylor, Mayall, en plein « spleen bluesé», avait vidé tous ses musiciens pour un face à face solitaire avec le Blues.À cette occasion, il avait viré le blues à l’envers et nous avec.Sur son A Sense Of Peace, il a refait trois fois le coup, soit sur Send Me Down To Vicksburg, Let’s Work Together et Sugarcane.Trois fois, il a rappelé les meilleurs moments de Blues Alone « Bien avant qu’on ne pénètre dans le studio d’enregistrement, mon producteur, R.S.Field, m’avait dit qu’il aimait beaucoup Blues Alone, raconte Mayall.Que c’était un de mes meilleurs albums.Il voulait que je fasse des morceaux dans ce style, soit avec peu d’instruments électrifiés.Il voulait enregistrer quelques morceaux au son très épuré.» Voilà pour le côté « doux ».Maintenant, allons-y avec le côté « dur ».Allons-y avec Without Her, Jacks-boro Highway, All My Life, I Can’t Complain et Black Cat Moan.Ces quatre-là, ces quatre blues sont pesants.Ils ne font pas dans le détail.Sur ces morceaux, Mayall à l’har-monica et au piano, Coco Montoya à la guitare, Joe Yuele à la batterie, Freebo ou Bobby Haynes à la basse, poussent avec force dans l’entonno|r des notes.Ils filtrent.Ils coupent.Ils font du piqué et du rase-mottes.Ils nous éblouissent à chaque instant.Sauf dans A Sensitive Kind, une composition de J.J.Cale qui est en fait le seul moment faible de tout l’album.; Il y a plus de 20 ans, c’est bête de la rappeler, John Mayall avait sorJ.i le blues de sa province pour nous en faire profiler.Dans sa foulée, un pâ: quet de musiciens avait fait du blues leur pain quotidien.Depuis, ils s’en sont tous écartés alors que Mayall poursuivait.Mal leur en pris, la plupart d’entre eux ont disparu dans les limbes de l’anonymat.Mayall, liri, reste en selle.J uste pour ça, il mérite le déplacement.MONTRÉAL 26 mal.20 h SALLE REDPATH UNIVERSITÉ McGILL 3461, McTavish QUÉBEC 27 mai, 20 h CHAPELLE HISTORIQUE BON-PASTEUR 1080, De la Chevrotière Les Violons du Roy Direction: Bernard LABADIE • Soliste: Marc GRAUWELS, flûte Billets: 15 $ adulte — 8 $ étudiants/âge d’or (frais de service: 0.75 $) Archambault 500 Ste-Catherine E.Lettre-Son 5054, Av.du Parc * PHOTO THROCKMORTON Quelques années plus tard, en plein coeur des années 70.NE TROUVE PAS LE TEMPS D’ALLER AU THÉÂTRE PHOTO CAROL FRIEDMAN infrarougr pouf 1 em r itt’i rrm Mayall se produira mardi prochain à Montréal sur la scène du Spectrum.MOLSON @ O’KEEFE LA BRASSCHie MOLSON O K C E F C MOLIERE MA CHERE PAULINE présente L’ÉCOLE DES FEMMES DU 25 SEPTEMBRE AU 20 OCTOBRE 1990 • UNE MISE EN SCENE DE RENE RICHARD CYR Avec CHANTAL BARIL.NORMAND CHOUINARO.ANNE DORVAL.LUC GOUIN.GUY JODOIN.ROGER LEGER, JEAN-LOUIS ROUX et 1 autre interprète UNE MISE EN SCENE D'ANDRE BRASSARD [A CHARGE DE L’ORIGNAL DU 13 NOVEMBRE AU 8 DECEMBRE 1 Avec PAUL CAGELET.RENE RICHARD CYR.ROBERT LALONDE.SYLVIE LEONARD MICHEL PARE.ADELE REINHARDT ET MONIQUE SPAZIANI Une production du Theatre de Quat'Sous EPORMYABLE IBSEN PEER GYNT DU 22 JANVIER AU 16 FEVRIER 1991 • UNE MISE EN SCENE DE JEAN-PIERRE RONFARD TEXTE FRANÇAIS DE MARIE CARDINAL Avec JEAN-LOUIS ROUX.ALAIN ZOUVI et 21 autres interprètes.DU 12 MARS AU 6 AVRIL 1991 • UNE MISE EN SCENE D OLIVIER REICHENBACH Avec JEAN DALMAIN.SOPHIE FAUCHER.DAVID LA HAYE GERARD POIRIER.JANINE SUTTO et 9 autres interprètes ON NE BADINE PAS AVEC L’AMOUR MUSSET GOLDONI LA TRILOGIE DE LA VILLÉGIATURE DU 30 AVRIL AU 25 MAI 1991 • UNE MISE EN SCENE DE GUILLERMO DE ANDREA UNE TRADUCTION D'OLIVIER REICHENBACH Avec DENIS BERNARD MARKITA BOIES.NORMAND CHOUINARD et 16 autres interprètes Æ; \BpMi|k 3 rU.*-• éenture de ou mphonie no C» « Pathétique» Millet' ;IH*.2K$.20$.Ht t onimanihuiro le 28 l a Garantie C .mi|.,igmr il X-siiranee île l'Amérique ilu Muni le :iO.A Iran TKWMBI ORCHESTRE SYMPHONIQl I «ami 1)1 MONTREAL oi-moimh mu il ImIItI itr plu* il» llll m nonminouion i ORiorr noue video PHOTO PC Si cette 4e Symphonie n’existait que par la virtuosité de son écriture orchestrale, la version Dutoit / OSM se hisserait au rang d’une version de référence.Cependant, au même titre que la célèbre Pathétique (l’ultime Symphonie de Tchaikovski), la Quatrième se distingue par un contenu autobiographique dont il n’est pas possible de faire abstraction.'Tout ce qu’au premier degré l’on peut associer à un geste virtuose superficiel, Srovient en réalité du fond d’une me tourmentée par le mal de vivre.Un mal de vivre dont l’homosexualité, sans en être la seule, peut être considérée comme la cause principale.Il est bon de savoir, par exemple, qu’en 1877 la composition de cette oeuvre fut interrompue par le funeste mariage auquel Pyotr Ilyich consentit, ayant cru naïvement qu’un simple hymen suffirait à changer son orientation sexuelle.Or, curieusement peut-être, la Quatrième est dédicacée à Nadejda von Meck, la protectrice invisible du musicien, «son meilleur ami» comme la correspondance nous la présente.Dans le programme dont il lui fait part, Tchaikovski précise que « l’introduction (cette fanfare qui lance le premier mouvement) est le germe de toute la Symphonie, son idée principale.C’est le « fatum » (le destin), cette force fatale qui empêche l’aboutissement de l’élan vers le bonheur, qui veille jalousement à Herbert von Karajan ce que le bien-être et la paix ne soient jamais parfaits ni sans nuages ».Cette absence de joie, ce manque d’espoir se fait de plus en plus oppressant jusqu’à devenir, à la fin du mouvement, véritablement insupportable.« C’est ainsi, ajoute encore le compositeur, que toute la vie lui niaine est une alternance perpétuelle de réalité pénible et de rêves de bonheur fugitifs.Il faut naviguer sur cette mer jusqu’à ce qu’elle vous saisisse et vous engloutisse dans ses profondeurs.» 11 ne s’agit là, faut-il le rappeler, que du premier mouvement.Les trois autres n’apportent pas, on s’en doute, de solution miracle au pessimisme angoissé et peut-être névrotique du musicien.Que cela plaise ou non, Tchaikovski se livre ici à des épanchements dont l’interprète doit tenir compte.Car de la compréhension de ce « drame humain » dépendent toute l’intensité et toute la profondeur de l’expression musicale.Les interprètes, me semble-t-il, se partagent en deux groupes.Il a celui de ceux qui n’y comprennent rien et n’y veulent surtout rien comprendre.Ceux-là nous encombrent de lectures superficielles sans intérêt.Appartenant au second groujie, les Rostropovitch, Solti, Dutoit et Karajan abordent la dimension autobiographique avec plus ou moins de pudeur.Eut-il mieux contrôlé l’orchestre qu’il dirigeait que Rostropovitch au PHOTO AP rait sûrement été capable d’aller plus loin dans l’approfondissement de la signification du texte.De son côté Solti donne par contre l’impression de se cacher derrière une certaine théâtralité qui fait basculer la Symphonie thus la fosse d’orchestre d’une scène de ballet ou d’opéra.De Karajan et Dutoit, c’est le premier qui semble avoir le moins peur du sujet qu’il aborde.Cela se perçoit dès le début dans l’intensité qu’il insuffle à l’entrée des cuivres et |>ar contraste à cette capricieuse manière de profiler le premier thème (violons et violoncelles) qui suit.En rapprochant les deux versions (ci-haut mentionnées) du chef autrichien, on constate que sans lui être supérieure, la seconde cherche visiblement à accuser le relief sonore.Et le travail de la Philharmonie de Berlin est ainsi passé par la table de mixage de la Deutsche (îrammo-plion.Ce qui aura pour effet d’agacer les puristes, ceux qui estiment que l’enregistrement n’est rien d’autre que la photographie sonore d’une exécution en concert.Près de Karajan par le contrôle exceptionnel de la pâte sonore, Du toit s’en distingue par la distance qu’il garde devant la partition.Comme, si la percevant fort bien, il ne voulait pas que Ton puisse confondre la sensibilité de Tchaikovski et la sienne.Or que le propre d’une grande interprétation est précisé ment de faire revivre une oeuvre jusqu’à donner l’impression de la recréer.ENTRE L'EFFORT ET L'OUBLI A 1 ' OUBLI , e metcre
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