Le devoir, 26 mai 1990, Page(s) complémentaire(s)
/ Le Devoir, samedi 26 mai 1990 ¦ B-11 de liesse à la Maison-Théâtre CULTURE ET SOCIETE Une Ciboulette sans Dix jours grand piquant m Ciboulette Opérette en trois actes de Raynaldo Hahn, livret de Robert de Fiers et Francis de Croisset, une production de l'Opéra-Comique du Québec, mise en scène, Chantal Larocque, direction musicale, Michel Roberge : Denise Pelletier (Ciboulette), Donald Lavergne (Antonin), Richard Labbé (Duparquet), Murielle Matteau, Jimmy Miron, Claude Perreault.Jeudi 24 mai, salle Émile-Legault à Ville Saint-Laurent; prochaines représentations : ce soir, demain, mercredi et jeudi prochains à 20 heures.Carol Bergeron L'Opérette ne s’est pour ainsi dire jamais remise de la disparition des Variétés Lyriques.Entre 1936 et 1955, Lionel Daunais et Charles Goulet avaient présenté plus de 70 ouvrages de ce genre.Depuis 35 ans, ni les ambitieuses tentatives des Nouvelles Variétés Lyriques de Bruno La-plante et encore moins l’amateurisme sympathique des productions de l'Opéra-Comique du Québec (OCQ) n’ont su jusqu’à présent faire revivre un divertissement musical généralement fort apprécié.Plus qu’une question de talent, c’est une affaire de gros sous car pour présenter du théâtre lyrique dans les conditions optimales.il en faut aujourd’hui énormément.Aussi, à ne pas avoir les moyens de réunir une équipe de professionnels, l’OCQ se condamne à n’offrir que des spectacles de sous-sol d’église.Des spectacles qui, au mieux, pourraient à la rigueur servir à la formation des étudiants chanteurs.Ce n’est en effet pas avec une mise en scène et une scénographie d’apprentis et encore moins avec des moitiés de chanteurs ( qu’on appelle curieusement de chanteurs semi- rofessionnels ) que l’on rend justice une oeuvre aussi ravissante et bien écrite que Ciboulette de Raynaldo Hahn.Sans rien pouvoir dire de la production de 1942 des Variétés Lyriques avec Marthe Lapointe (Ciboulette), Edoward Woolley (Antonin) et Lionel Daunais (Duparquet), je peux affirmer qu’avec une distribution à la hauteur, l’enregistrement de Pathé Marconi de 1952 (sans doute le seul, PM 2C057-12089, réédité en version abrégée en 1979) donne, par exemple, une excellente idée de ce qu’on en peut en tirer de bien.L’orchestre et les choeurs sont placés sous la direction de Marcel Cariven et le trio principal est formé de Geori Boue (Ciboulette), Raymond Amade (Antonin) et Roger Bourdin (Duparquet).L’histoire se déroule surtout à Paris, au printemps de 1867, dans les odeurs des Halles et le parfum du muguet.En âge de se marier, une jeune et jolie maréchaire (Ciboulette) fait la convoitise d’une bande de prétendants dont elle ne veut pas.Pour l’unir à l’inaccessible objet de ses feux (Antonin), elle devra recourir aux services d’un loyal entremetteur (Duparquet).On le sait sans doute, VOpérette exige de ses interprètes de savoir jouer, dire un texte et bien entendu chanter.Un de ces trois éléments fait-il défaut que l’interprétation devient insupportablement boiteuse.Si une Denise Pelletier — à ne pas confondre à la grande comédienne québécoise qui donna tant de lustre à ce nom — possède déjà une voix prometteuse de soprano et une bonne résence en scène, il lui reste encore apprendre à parler.Chez Richard Labbé, c’est la maladresse du jeu qui gêne le plus.Quant à Donald Lavergne, rien n’est encore chez lui du niveau à prétendre à quoi que ce soit et surtout pas au rôle d’Antonin.Règle générale, on n’a pas su éviter le piège inconfortable des niveaux de langage.Comment cela peut-il encore échapper à l’oreille exercée des musiciens ?Où ont-il appris à parler et à prononcer le français, ces Denise Pelletier, Richard Labbé et les autres ?Or, faut-il le redire, les personnages sont parisiens.Ils ne peuvent donc pas s’exprimer avec l’accent de l’Est de Montréal.À moins de transposer l’action des Halles parisiennes au marché Bonsecours.En regard des productions précédentes de l’OCQ, il faut toutefois préciser que la direction musicale a dans l’ensemble démontré des signes encourageants de progrès.Mais avec une seule production par année, la route vers l’excellence demeure encore fort longue.LA MAISON-THÉÂTRE, le plus important diffuseur de spectacles pour enfants au Québec, s’apprête à vivre dix jours de liesse au terme de sa saison.Sous sa gouverne, le Rendez-vous international de théâtre jeune public accueillera des troupes d’ici, du Guatemala, de Belgique, de France et d'Espagne du 1er au 10 juin.Les années précédentes, l’institution offrait 280 représentations, à la salle Le Tritorium et à celle de la Maison-Théâtre annexe, auxquelles assistaient 68 000 spectateurs de tout âge.La série « petite enfance » (trois ans ou plus), amorcée l’an dernier, fait mouche : dans une salle de 125 sièges (un nombre qu’on ne peut guère dépasser, faute de perdre l'attention des tout-petits) le taux d’assistance a été de 102 % ! Même si les six spectacles offerts « ne sont pas rentables », puisque le prix des billets est peu élevé, ces spectacles sont très populaires.Notons entre autres retil Pois de la compagnie Gare centrale de Bruxelles, Les fantaisies de Monsieur Whipple des Coad Canada Puppets de Vancouver, Une lune entre deux maisons du Théâtre Le Carrousel.La prochaine et 7e saison de la Maison-Théâtre propose trois pièces aux marmots : Un autre monde du Théâtre de l’Oeil, .Jouons avec les livres du Théâtre Bouches décousues et Conte du jour et de la nuit du Théâtre Le Carrousel.Dans la catégorie « enfance » (six ans ou plus), on compte six spectacles.La pièce de Marcel Sabourin, Pleurer pour rire , a été créée en 1980 par La Marmaille, qui l’a jouée ici et en Europe près de 700 fois.À son tour, le Théâtre des confettis reprend cette histoire d’un vilain semant le désarroi affectif autour de lui.Les enfants devront s’attendre à d’autres morceaux de choix : Mademoiselle Rouge, une interprétation du Petit chaperon rouge, signée Michel Garneau, récipiendaire du Prix du gouverneur général destiné à la meilleure pièce de théâtre.L’oeuvre est produite par le Théâtre Am Stram Gram de Genève.Il y a aussi à l’affiche Rouge Tandem du Gros Mécano et Le petit cheval bleu « monté » par les Marionnettes du Grand Théâtre de Québec, etc.La série « jeunesse » (12 ans ou plus), attire de plus en plus d'adolescents qui envisagent moins le théâtre comme un « pensum ».Ils vont sans doute apprécier une version actualisée du Don Juan de Molière, Le dernier délire permis de la troupe Momentum, qui a d’abord été présentée à La Licorne, avant d’être reprise à la Maison-Théâtre.Quant au spectacle, Un sofa dans le jardin, produit par la compagnie Niveau Parking, il ouvrira le bal de la saison 1990-1991.Fondée en 1984, la Maison-Théâtre regroupe maintenant plus d'une vingtaine de troupes.L’institution invite toutefois des compagnies non affiliées à venir s’y produire régulièrement.Pour l’instant, elle manque d’espace et se cherche un lieu permanent afin d’y diffuser au mieux ses nombreuses activités.« Depuis la fondation de la Maison- Théâtre, nos bureaux et notre principale salle de spectacle se trouvent au cégep du Vieux Montréal.L’on souhaite ardemment que le projet de la maison permanente soil acceptée par la Ville de Montréal.La cons truction devrait probablement s’amorcer en 1992 a proximité de la Place des arts au coût approximatif de 10 millions $ », avance le directeur, Rémi Boucher.Un projet à la fois passionnant et délicat.Passionnant, car ce sera la permière fois, en Amérique du Nord, que l’on construira un complexe théâtral d’une telle ampleur pour le jeune public, qui pourra abriter une scène « à l’italienne », une salle de 400 sièges au parterre et 90 au balcon, un centre de documentation (ouvrages, vidéos, photographies, etc.) portant sur les arts de la scène, un jardin ex térieur, etc.Délicat aussi, car un seul modèle de ce type d'habitat existe .en Suisse.La Ville de Genève a déboursé 18 millions $ pour bâtir son théâtre pour enfants.Le nôtre reste à inventer.Rémi Boucher en rêve.Si cela se concrétise, il aimerait offrir du théâtre en soirée en plus des représentations de jour.Hormis les enfants, les parents et les éducateurs, le grand public se risque également à tâter du jeune théâtre.« Rien d’étonnant à cela, lance Rémi Boucher, puisqu’il vient à ma turité.Les créateurs inventent désormais une dramaturgie plus sub tile qu’auparavant, attirant un nombre croissant de spectateurs.» Dès l’automne, la Maison Théâtre diffusera, au Canal Famille, une sé rie de 13 émissions adaptées des meilleures pièces offertes à la Maison 'Théâtre.D’ici là, Les coups de théâtre invitent tout le monde à succomber à la tentation de voir Papugeno ou la Flûte enchantée, Le piano sauvage, La Clairière ou La soupe de lettres.JL ! T U T'T PHOTO JACQUES GRENIEH Rémi Boucher, directeur de la Maison-Théatre.‘Æh SPORTS Glen Sather sort encore grandi des séries çois Lemenu de la Presse Canadienne LES OILERS d’Edmonton ont remporté la coupe Stanley et c’est tant mieux.Tant mieux parce que cette victoire des Oilers pourra servir d’exemple aux autres clubs du circuit et inciter les directeurs généraux à s’inspirer de la vision de Glen Sather.Le patron des Oilers est encore une fois sorti grandi des séries qui ont pris fin avec l’éclatante victoire des Oilers face aux Bruins de Boston en finale de la coupe Stanley.Les Bruins avaient pourtant tout balayé sur leur passage après avoir enlevé le premier rang du classement général.Hartford, Montréal et Washington n’avaient pas fait le poids face à la troupe de Mike Milbury qui s’est présentée en finale dans le role de favorite.La superbe machine des Bruins s’est toutefois enrayée tôt en finale comme s’il y avait du sable dans l’en- grenage.Au jeu fermé des Bruins, les Oilers ont répondu avec une arme encore plus redoutable : la vitesse.Mark Messier en tête, les Oilers ont alors offert un véritable ballet sur glace devant lequel les Bruins ont souvent été de simples figurants.Les premier et troisième matchs de la série n’auront finalement été qu’il-lusion.Quand les Oilers ont eu besoin d’une victoire, ils sont allés la chercher en passant à une vitesse supérieure.Glenn Anderson, Jari Kurri, Esa Tikkanen, Craig Simpson et les trois jeunes, Martin Gélinas, Joe Murphy et Adam Graves, ont alors offert un spectacle qui a donné toute la place à la créativité, à l’intelligence et à la beauté du geste.Tout cela, les Oilers l’ont accompli en ne renonçant pas pour autant à l’un des crédos les plus chers aux entraîneurs de la Ligue nationale : la sacro-sainte défensive.Les Oilers, faut-il le rappeler, ont limité les Bruins à seulement huit buts en cinq matches (et trois périodes de prolongation).Voilà qui devrait faire réfléchir ceux pour qui le hockey se résume à lancer la rondelle dans un coin de patinoire dans l’espoir qu’un « plombier » ira la récupérer.Plus que tout, cette finale Edmonton-Boston aura démontré l’écart qui existe entre les Oilers (et les Flames) et le reste des équipes de la LNH.Les formations qui continueront de s’inspirer du passé pour préparer l’avenir se retrouveronl rapidement au bas du classement.L’avenir appartient aux équipes qui ont du talent et dont la strategie se base essentiellement sur la vitesse et le talent.Les Oilers viennent d’en faire la preuve.Aux autres directeurs généraux de s’ajuster.Serge Savard compris.Les Reds blanchissent les Expos 5-0 Lajeunesse de la Presse Canadienne — Ce n’est pas par hasard que Jack Armstrong est le meneur de la Ligue BASEBALL Ligue nationale Jeudi L.Angeles 15, Chicago 6 St.Louis 3, S.Francisco 2 Cincinnati 7, Montréal 1 San Diego 5, New York 4 PhiTphie 8, Atlanta 4 Hier Houston à Chicago Cincinnati à Montréal San Diego à New York Atlanta à PhiTphie S.Francisco à Pittsburgh Los Angeles à St.Louis Aujourd’hui Cincinnati, D.Jackson (0-1) à Montréal, Z.Smith (2-3), 13 h 35 Houston, Deshaies (1-2) à Chicago, Maddux (4-3), 14 h 20 San Diego, Dunne (0-0) à New York, Fernandez (2-4), 19 h 05 Atlanta, P.Smith Philadelphie, (2-4), 19 h 05 (3-3) à Combs LIGUE NATIONALE Section Est 9 P moy.ditf.PITTSBURGH 24 16 .600 — PHILADELPHIE 22 16 .590 '/2 MONTRÉAL 22 19 .537 2Vi NEW YORK 20 19 .513 3Vi CHICAGO 19 22 .463 5 72 ST LOUIS 18 23 .439 6 72 Section Ouest CINCINNATI 27 10 .730 — LOS ANGELES.21 20 .512 7’/! SAN DIEGO 19 21 .475 9 Y: ATLANTA 16 22 421 11 '/î SAN FRANCISCO.16 25 .390 12 Va HOUSTON 15 25 .375 13 LIGUE AMÉRICAINE Section Est MILWAUKEE 22 16 .579 — BOSTON 21 18 .538 1 72 CLEVELAND 20 20 .500 3 TORONTO 21 22 488 372 DETROIT 19 24 .442 572 NEW YORK 16 22 .421 6 BALTIMORE 17 24 415 672 Section Ouest OAKLAND 28 12 .700 — CHICAGO 23 14 .622 372 MINNESOTA 22 18 .550 6 SEATTLE 21 22 .488 8 72 CALIFORNIE 19 23 .452 10 TEXAS 18 23 .439 10 72 KANSAS CITY.15 24 .385 12 72 San Francisco, Garrelts (1-4) à Pittsburgh, Drabek (6-1), 19 h 05 Los Angeles, Morgan (5-3) à St.Louis, B.Smith (5-3), 20 h 05 Ligue américaine Jeudi Oakland 13, Milwaukee 1 Boston 4, Kansas City 1 Texas 3, Detroit 2 Chicago 5, Baltimore 3 Minnesota 5, New York 4 Cleveland 5, Seattle 3 Californie 4, Toronto 3 Hier Chicago à Detroit Boston au Minnesota New York à Kansas City Baltimore au Texas Milwaukee en Californie Toronto à Seattle Aujourd’hui Chicago, Kutzler (2-0) à Detroit, J.Robinson (4-3), 13 h 15 Cleveland, Valdez (1-0) à Oakland, Welch (5-2), 16 h 05 New York, Hawkins (1-3) à Kansas City, Gordon (1-2), 20 h 05 Boston, Boddicker (6-3) au Minnesota, West (2-3), 20 h 05 Baltimore, Milacki (1-3) au Texas, Bohanon (0-2), 20 h 35 Milwaukee, Krueger (2-1) en Californie, Blyleven (2-3), 22 h 05 Toronto, Stottlemyre (4-5) à Seattle, Holman (6-2), 22 h 05 nationale pour la moyenne de points mérités et pour le nombre de victoires.Il a dominé un autre match hier quand il a blanchi les Expos 5-0 devant 17 058 spectateurs au Stade olympique.Armstrong, qui n’a permis que trois coups sûrs, est ainsi devenu le premier lanceur de la Ligue nationale à atteindre le plateau des huit victoires.Il n’a qu’une seule défaite à sa fiche.Armstrong, qui ne s’est jamais trouvé vraiment en difficulté, a retiré sept frappeurs sur des prises et n’a donné aucun but sur balles.En somme le coup qui lui a fait le plus mal est survenu en septième manche quand il a été atteint par un tir de son opposant Dennis Martinez.Les joueurs des deux équipes se sont alors échangé quelques civilités, mais pas plus.Armstrong méritait une sixième victoire d’affilée.Son opposant Dennis Martinez (3-4) s’est battu vaillamment.En huit manches de travail, il n’a permis que cinq coups sûrs et a retiré 10 frappeurs sur des prises, égalant ainsi un sommet personnel.Mais en début de sixième manche, il a permis aux Reds de grouper le double de Herman Winningham et le simple de Eric Davis.Ce dernier a ainsi produit le seul point que Armstrong allait avoir besoin, même s’il connaît un début de saison atroce.Les Reds ont par la suite malmené le releveur Dave Schmidt en neu- UN BEAU SOURIRE S’APPREND! 733-3925 ÇA (514) Le plus beau sourire que vous puissiez entendre vous conseille gratuitement ^ J CORPORATION A*-* PROFESSIONNELLE DES HYGIENISTES DENTAIRES DU QUEBEC.vième pour enlever toutes chances aux Expos.Après un but sur balles et un simple du frappeur suppléant Ken Griffey, Winningham a salué à sa façon ses anciens coéquipiers avec un triple de deux points.Il a marqué pour la deuxième fois du match quand Barry Larkin a suivi avec un simple au centre.Schmidt a servi quatre balles à Eric Davis, pour tirer rapidement sa révérence, mais le gaucher Drew Hall a donné un autre simple à Paul O’Neill, qui produisait le cinquième point des meneurs de la section ouest.En deux tiers de manches, Schmidt a donné trois coups sûrs et deux buts sur balles.Winningham a donc mis fin à sa soirée de travail avec un double et un triple, deux points produits et deux poinLs marqués.Guy Lafleur accrocherait ses patins d'après la Presse Canadienne GUY LAFLEUR serait sur le point de prendre une décision finale quant à son avenir et il semble qu’il annoncerait sa retraite comme joueur actif avec les Nordiques de Québec.Lors d’une entrevue à la station de télévision CF VS, de Val d’Or, Lafleur a estimé à 80% les chances qu'il prenne sa retraite en tant que joueur pour occuper un poste au sein de l'organisation des Nordiques.« Le pourcentage est de 80-20 pour que je prenne ma retraite », a dit La-lleur au journaliste Mario Bernard.Lafleur a ajouté qu’il souhaitait un poste en relations publiques qui lui permettrait également d’agir comme consultant avec l’équipe.Il pourrait alors donner son opinion sur les transactions ou les choix au repêchage.le* u æêl 1 Jean-Luc DUGUAY a Hors-jeu Fin de saison J’APPORTE à mon tour mon modeste ut au concert d’éloges qui a salué la conquête de la coupe Stanley par les Oilers d’Edmonton.De voir jouer la bande albertaine, inspirée, confiante, décontractée, m’a replongé dans les années 70, à une époque où régnait à Montréal et sur le monde du hockey une équipe appelée le Canadien.Lafleur, Shutt, Lemaire remplissaient le but, Robinson, Savard, Lapointe le défendaient.C’était du grand art, de la poésie sur la glace.Malheu-reusment, le Canadien a, depuis, mis la poésie sur la glace.Et cela donne du hockey con et gelé.Mais le Forum reste plein à ras bord même si Jos Bleau dit en avoir ras le bol.?Pendant ce temps, à Edmonton, l’imagination est au pouvoir.Cinq coupes Stanley en sept ans, et celle-ci sans Gretzky, celui par qui, pensait-on, tout arrivait.Mais, lui parti, d’autres se sont dressés, dont un géant du nom de Mark Messier.Ne vous demandez pas pourquoi il fait sombre dans le vestiaire des Oilers : c’est que le grand Messier y projette son ombre.Quand il parle, les autres écoulent.Il est le capitaine incontesté.Le Canadien, lui, a deux capitaines qui n’ont pas le droit de parler en même temps.De toute façon, c’est mieux ainsi puisqu’ils ne parlent pas la même langue.Deux capitaines officiant en alternance ; ce fut la seule innovation du Canadien cette saison.Faut-il se surprendre si certains partisans sont restés sur leur appétit ?À l’opposé des Oilers, les Bruins.Une équipe disciplinée, patiente, courageuse.Les Oilers, c’est un courant électrique, les Bruins des canalisations de plomberie.Ils sont bons les Bostoniens, mais à eux aussi, comme au Canadien, il manque l’éclat et, sur la patinoire, cette espèce d’arrogance qui est le privilège des meilleurs.On les sentait s’essouffler comme un facteur obèse assigné à un quartier de triplex.Les Oilers avaient mis la marche trop haut.Même Raymond Bourque ne peut escalader seul l’Everest.?Serge Savard, directeur général du Canadien, a-t-il tiré des leçons de cette finale à sens unique ?S’est-il enfin laissé convaincre qu’un Stéphane Richer vaut tous les Mike Keane de cette terre ?Martin Gélinas 19 ans, qui deviendra peut-être la nouvelle superstar des années 90, a sa place au sein des Oilers, une équipe qui, en principe, pourrait se passer de ses services puisqu’elle peut compter sur les Messier, Kurri, Simpson, Anderson .Stephan Lebeau, lui, ne trouve pas sa niche chez le Canadien, une équipe qui, en principe, ne peut pas se passer de ses services.Serge Savard, expliquez-moi.Serge Savard n’a pas le choix : il doit faire des pieds et des mains pour faire déménager Dale Hawerchuk de Winipeg à Montréal.Si le marché échoue, tant pis.Mais le d-g aura dû démontrer sa volonté absolue de mettre le grappin sur cet habile fabricant de jeux capable de faire oublier qu’à Montréal, les samedis soirs sont souvent bien longs, surtout au Forum quand Keane et Brent Gilchrist endossent leurs salopettes de plombiers.Il est de ces matchs qui sont aussi agréables qu’un traitement de canal.?Un grand moment, jeudi soir.Anderson file à l’aile gauche.L’ennemi est sur le point de le rattraper.Habilement, du revers, en exécutant un demi-pivot, il passe le disque à Simpson qui mystifie Moog.La passe d’Anderson, un instant de très forte poésie.Une joie comparable à celle que j’éprouve en lisant dans Cendrars : « les moteurs beuglent comme les taureaux d’or, les vaches du crépuscule broutent le Sacré-Coeur ».Tiens, j’envoie La prose du Transsibérien à Serge Savard.Au cas où il comprendrait à sa lecture que le hockey n’est pas l'art d’empêcher mais l’art d’oser.?Le charabia intello-universitaire envahit subrepticement le vocabulaire du hockey.Ainsi, Harry Neale, par aiUeurs exceUent analyste, a déclaré l'autre soir que si les Bruins voulaient l’emporter, ils devaient, et je cite : maintain a high level of work ethic, ni plus ni moins.En anglais international, cela signifie bien sûr : hard work.Mais ça fait tellement moins sérieux.
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