Le devoir, 21 août 1990, mardi 21 août 1990
DEVOIR Connaissez-vous lous les j» inujis d'un RKf R autogéré personnalisé?MCNEIL MANTHA Sî :\,N Montréal: (514) 875U4810/.W.V7700 Québec (418) 647-4026 Informez-vous auprès de nos courtiers en plaeenvents Vol.LXXXI — No 194 ?Généralement ensoleillé.Max.: 24.Détail page 4.Montréal, mardi 21 août 1990 Côte Nord Gaspésie Nouveau Brunswick 60 cents.Toronto 80 cents 60 CENTS Éditorial La communauté internationale doit se serrer les coudes et s'assurer du respect de l'embargo contre l’Irak.Plutôt que de laisser la parole aux armes, c'est, écrit Paul-André Comeau, la seule façon de forcer Saddam Hussein à s’asseoir à la table de négociation.Page 10 Idées Dans une série de trois articles, l’ethnologue Pierrette Désy raconte la longue marche des revendications des Mohawks d'Oka.Page 11 V Détournement d’avion soviétique Onze bagnards soviétiques de Sibérie ont joué hier les pirates de l'air en détournant sur Karachi, au Pakistan, un Tupolev 154 (ci-haut) qui les transférait d'une prison à l'autre.Ils se sont finalement rendus sans effusion de sang.Page 4 Peu d’espoir au Liberia Une importante réunion destinée à mettre fin à la guerre sauvage qui ensanglante le Liberia a perdu hier de sa signification, après que le leader de la principale faction rebelle, Charles Taylor, se soit décommandé à la dernière minute.Page 5 Des artistes contre la Ville Lors de la première journée d’audiences sur les politiques culturelles de la Ville de Montréal, des artistes sont venus hier plaider contre les règlements municipaux qui leur font la vie dure.Page 3 Avertissement des Indiens de l’Ouest Toute attaque de la police ou de l'armée contre les barrages des Mohawks à Oka risque de pousser les Indiens du Manitoba à des affrontements violents, a prévenu hier le leader de l'Assemblée des chefs manitobains, Phil Fontaine.Page 3 Sidbec-Dosco affiche une perte La force du dollar canadien combinée à des taux d'intérêt trop élevés ont réduit la marge bénéficiaire de Sidbec- Dosco à un point tel que celle-ci a déclaré des pertes de plus de 5,6 millions $ à la fin du premier semestre.Page 7 Le trou du Rideau Vert On avait annoncé une « cure de rajeunissement » de l'édifice du Rideau Vert.C'était peu dire .Il ne reste qu’un vaste trou au 4664 Saint-Denis et la salle où ont triomphé les Belles-soeurs, de Tremblay, n'existe plus.Page 9 La question des barricades n’a même pas encore été abordée Cfiântal Hébert ¦ de notre bureau d'Ottawa AU MOMENT où les négociations entre Ottawa, Québec et les Mohawks ont tourné court hier, les parties n’avaient pas encore abordé la question centrale et prioritaires de la levées des barricades à Chateau-guay et Oka au terme de quatre séances de pourparlers.Les discussions ont plutôt été d’a- bord monopolisées par des désaccords sur les modalités de la négociation, puis par les dossiers jugés prioritaires par les Mohawks.Selon des sources proches des pourparlers, les discussions d'hier, si elles avaient eu lieu, auraient dü constituer un point tournant puisque, pour la première fois, le terrain d’une négociation sur le démantèlement des barricades semblait déblayé.Dans ce contexte, la décision des négociateurs autochtones de ne pas se présenter à la table de négociation a pris par surprise la partie gouvernementale qui s’interroge maintenant sur la volonté de ses interlocuteurs mohawks d’en arriver à une solution négociée.Il y a cinq jours, les parties ont convenu de ne pas divulguer la teneur de leurs pourparlers.Mais les témoignages de plusieurs sources, dans les deux capitales, permettent de reconstituer ainsi la charpente des négociations.En quatre jours de discussions, les Mohawks, Québec et Ottawa n'ont pas effleuré la question des barricades et encore moins celle de l’immunité judiciaire que revendiquent les Warriors.Décrites comme lentes et ardues, les négociations se sont en effet engagées à pas de tortue.C'est ainsi que la première journée et demie de discussions a porté presque exclusivement sur les modalites de la né- gociation, notamment le site des pourparlers.À l'origine, les Mohawks insistaient pour qu’ils se déroulent sur le terrain de golf d’Oka, une exigence rejetée d’emblée par les négociateurs gouvernementaux.Les équipes de négociateurs se sont alors baladés d’hôtel en restaurant à la recherche d'un terrain de compromis.Vendredi, les choses ont commencé à tomber en place.Les par-Volr page 12: La question Les Mohawks suspendent la négociation L’armée cède aux dernières exigences des Amérindiens h #* - -Jt à b jline Montpetit Paul Cauchon LES NÉGOCIATEURS mohawks ne se sont pas présentés hier à la séance de négociations prévue à la Trappe d’Oka avec les représentants des gouvernements fédéral et provincial.Les Mohawks ont refusé de poursuivre les pourparlers prétextant, que les forces armées canadiennes désiraient s’installer 400 mètres au-delà de l’endroit où les barricades de la Sûreté du Québec étaient installées depuis le début du conflit, sur le rang Sainte-Germaine, à Oka.Le lieutenant-colonel Pierre Daigle, responsable de la région d’Oka, a fait savoir en fin de journée que l’armée cédait aux demandes des Mohawks et que ses troupes allaient s’installer sur les lieux des anciennes barricades policières, tel qu’exigé L’horreur s’étend en Afrique du Sud JOHANNESBURG (AFP) - Les combats entre le Congrès national africain (ANC) et le parti zoulou In-katha, qui ont fait près de 400 morts en une semaine, ont fait tache d’huile, hier, gagnant une demi-douzaine de townships noires de Johannesburg, notamment celle de Kwa-Thema (environ 40 km à l’est de Johannesburg), devenue le dernier point chaud en date.Après avoir rencontré le dirige-sant de l’ANC, Nelson Mandela, jeudi dernier, le président sud-africain Frederik de Klerk recevra ce matin à Pretoria le chef de l’Inkatha, Man-gosuthu Gatshea Buthelezi, a annoncé la présidence.L’entrevue portera, de toute évidence, sur les moyens de stopper un carnage qui prend de plus en plus les allures d’une amorce de guerre civile.Le bilan très provisoire de cette flambée de violence sans équivalent dans l’histoire contemporaine de l’Afrique du Sud était hier après-midi d’au moins 381 morts depuis le 13 août, dont 117 pour l’immense cité de Soweto où la police, qui avait parlé d’un week-end « calme », continuait pourtant de retrouver des cadavres.Dans le même temps l’ANC, soumis à des pressions de toutes parts pour que M.Mandela accepte enfin de rencontrer M.Buthelezi, continuait à faire la sourde oreille.« Il serait erroné de rencontrer M.Buthelezi dans les circonstances présentes », a ainsi déclaré le Congrès de la jeunesse sud-africaine (SA YCO, affilié à l’ANC), qui a de nouveau accusé l’Inkatha d’avoir recours « à la Voir page 12: L’horreur par les Mohawks.À Oka comme à Châteauguay, hier, les militaires ont parlementé avec les Warriors masqués et armés.Une poignée de mains a même été échangée sur la barricade de Châteauguay, geste que la foule de curieux, après avoir applaudi l’arrivée des soldats, a abondamment hué.À Oka, les négociateurs des gouvernements, qui s’étaient rendus à la Trappe d’Oka hier matin, ont attendu pendant près de deux heures un autobus qui devait emmener les Mohawks sur les lieux du rendez-vous, avant de déclarer que la séance de négociations était annulée.« Nous avons reçu un appel du sous-ministre québécois des Affaires autochtones, M.Pierre Coulombe, nous informant que les Mohawks refusaient de se rendre à la séance de négociations », a déclaré sur place le sous-ministre des affaires autochtones, M.Georges Beauchemin.Voir page 12: Les Mohawks is# Ml & m .x ./ b* PHOTO JACQUES NADEAU La foule à Châteauguay qui avait chaleureusement applaudi l’arrivée de l’armée a moins apprécié, hier, cette ”{~ poignée de mains aux Warriors.m ; & fi è**M**âJ&V t ^ i i Berthiaume passe de la SGF aux Coopérants PHOTO AP De nouveaux soldats américains ont mis pied, hier, en terre saoudienne, caravaniers modernes en route vers un déploiement dont personne ne peut prédire l’issue.Bush parle d’« otages » d'après PC, AFP et Reuter LE PRÉSIDENT américain a lâché hier le mot fatidique : les étrangers retenus en Irak et au Koweit sont des « otages ».Inflexible, il a aussi renforcé la pression militaire sur Bagdad en envoyant des troupes dans les Émirats arabes unis et redemandé, sans conditions, la libre circulation des ressortissants.L’Irak, de son côté, a lancé un ultimatum de cinq jours pour la fermeture des ambassades étrangères à Koweit.Les pays occiden- taux, le Canada inclus, ont répondu en refusant d’obtempérer à cet ordre de fermeture.Alors que les Irakiens ont commencé à procéder au déplacement forcé des ressortissants occidentaux vers les installations-clés — usines chimiques ou d’armements, raffineries et bases militaires —, le président Bush a déclaré à Baltimore qu’il « tiendra le gouvernement irakien responsable de la sécurité et du bien-être des citoyens américains détenus contre leur volonté », qu’il a quali- fiés pour la première fois d’« otages».« Libérez tous les étrangers maintenant », a lancé M.Bush.Après les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont rejeté le marchandage proposé par le président irakien Saddam II ussein, alors que l’Union soviétique manifestait plus d’ouverture.La proposition irakienne de retrait des troupes américaines du Golfe et la levée de l’embargo ont été jugées inacceptables par Was-Volr page 12: Bush Truffaut M.PAUL BERTHIAUME quittera prochainement son poste de président et chef de la direction de la Société générale de financement (SGF) pour occuper des fonctions identiques au sein du Groupe Les Coopérants où il remplacera M.Pierre Shooner qui, en avril dernier, avait remis sa démission à la suite d’un désaccord sur l’orientation que devait prendre cette institution financière.Dans un communiqué laconique diffusé hier en fin d’après-midi, il est précisé que la nomination de M.Berthiaume, qui rentrera en fonction au début d’octobre 90, a été entérinée « lors de la réunion spéciale du conseil d’administration du Groupe et de La Mutuelle, tenue le vendredi 17 août 1990».Il n’a pas été possible d’obtenir de plus amples explications tant auprès des Coopérants que de la SGF.Incidemment, au sein de l’influente société d’État qu’est la SG P’, la loi du silence a été observée une fois de plus avec diligence malgré l’importance de cette nouvelle.Cela dit, une source gouvernementale a confié, voire confirmer, que la direction exercée par M.Berthiaume à la tête de la SGF était l’objet d’une controverse qui perdurait depuis l’hiver dernier.Le sujet de cette polémique ?Les contre-performances financières de Marine Industrie, filiale de la SGF, les piètres résultats de Domtar, dans laquelle la SGF détient 28 % des parts, et l’am-Voirpage 12: Berthiaume A SS URA NC ES PARUTION LE 14 SEPTEMBRE DANS LE DEVOIR Un nouvel environnement socio-économique Un élargissement des services à la clientèle L’encadrement de la formation des assureurs-vie et plusieurs autres sujets Réservation publicitaire: 842-9645 B»wawMWBai KSmBNCHM'fSf&Bf&Bi -un J «ass ¦ >,•«:->; ;¦ y# pjjg® avffiPnrN* t.- V?- "A fflSHPW 4 >.• , X w,: >i;v:i wmm 7W »**#*?*¦ bhS aw*®K?¦v ?;’-':•¦• A- wmm ¦#Ç/% œeeu'.iV'l.'.î'i'îv.¦»'.:>.V.Vv- i* !/-:;•• ; BS&3SH &$$ ”¦¦¦ h ¦ *.-• •55! «sa Mm mm mmm VIA LA SEULE PREMIERE | V R A I AA E NT A BORDABLE CLASSE ,.)•«/.taJ Mjfquf 1*po\o«.de VI* Rj.l Canedj Inc i.Ca^adJ Le Devoir, mardi 21 août 1990 La consultation sur le le plan « vert » d’Ottawa: poudre aux yeux ?OTTAWA (PC) — Au moment où le ministre de l'Environnement inaugure l’étape finale des consultations sur la stratégie environnementale du gouvernement fédéral, en préconisant un changement immédiat et radical de notre attitude face à l’environnement, certains reprochent à Ottawa de ne pas faire ce qu’il prêche et des écologistes soutiennent que le processus tant vanté de consultation publique n’aura finalement été que de la poudre aux yeux.Des membres de groupes écologistes, présents à l’ouverture de la rencontre de deux jours sur le « plan vert » fédéral, hier, disent craindre que le cabinet et le ministère de l’Environnement n’élaborent en secret les détails de la stratégie fédérale, après avoir dépensé 6 millions $ pour sonder l’opinion de la population.C’est que le ministre Robert de Co-tret s’est montré plutôt avare de précisions en présentant son rapport sur les consultations, lequel ne contient qu'un résumé des idées soumises au lieu de propositions détaillées pour la protection de l’environnement, s’inquiétait M.Rob Macintosh, membre d’un groupe écologiste albertain.« Nous n’en savons pas plus sur ce que le gouvernement entend faire pour protéger l’environnement qu’il y a un an», a-t-il déploré.Les consultations n’auront été qu’un vulgaire exercice de relations publiques et le rapport sur ces consultations est trop vague et pratiquement inutile, a accusé pour sa part M.Bryan Johnson, représentant d’un autre groupe préoccupé par la pollution.Environ 400 personnes participeront aux ateliers pour discuter du rapport et faire leurs recommandations sur les éléments jugés prioritaires parmi les dizaines d’objectifs qu’aligne le document de consultation sur la stratégie environnementale fédérale.Le cabinet commencera « d’ici quelques jours » à débattre des détails, notamment le coût du « plan vert » promis depuis l’an dernier, qui sera finalement dévoilé cet automne, a dit le ministre de Cotret, en soulignant la nécessité d’agir « dès maintenant » et de changer « radicalement » la façon dont nous entrons en relation avec notre environnement.Au même moment, des représentants des Indiens de Walpole Island soutiennent qu'Ottawa se refuse à régler un conflit provoqué par le dragage et le déversement de sédiments hautement toxiques dans le lac St-Clair, au sud-ouest de l’Ontario.Aux dires du chef Bob Williams, le « plan vert » est carrément insultant pour les autochtones de la bande Walpole Island qui vivent sur une île, au beau milieu des eaux polluées de la rivière St-Clair, en aval des usines pétrochimiques de Sarnia.« Nous n'avons plus besoin de rhétorique, nous avons besoin d’action concrète», a-t-il lancé.La bande indienne a intenté des procédures judiciaires pour tenter de contrôler les dommages et a essayé en vain de convaincre Ottawa de lui donner un mot à dire sur les activités de dragage et de déversement de sédiments, a observé M.Williams.Les Indiens de Walpole Island pourraient tenter de perturber la circulation sur les Grands Lacs si Ottawa ne répond pas à leurs requêtes, a-t-il prévenu.DANS LES HÔPITAUX Les urgences pourraient être mieux gérées, soutient un expert IgLévesque == de la Presse Canadienne APRÈS avoir visité une vingtaine d’urgences dans les hôpitaux du Québec, le président du Groupe tactique d'intervention croit encore qu’une « large part » des problèmes peuvent être résolus en utilisant mieux les ressources existantes.Le Dr Michel Tétreault et une équipe d’experts ont été mandatés par le ministère de la Santé et des Services sociaux, en mars dernier, pour trouver des solutions aux problèmes d’engorgement des urgences dans les hôpitaux.Pour mener à bien son travail, le Dr Tétreault compte visiter toutes les urgences qui posent problème, soit en tout une cinquantaine d’ici la mi-janvier.Jusqu’à présent, une vingtaine ont été visitées à Montréal, Trois-Rivières, Québec, en Montérégie (rive sud de Montréal) et dans les Lauren-tides-Lanaudière, indiquait le président du groupe, au cours d’une entrevue avec la Presse Canadienne.En même temps que le Groupe tactique du Dr Tétreault, une seconde équipe, nommée Groupe stratégique, avait été mandatée pour formuler des recommandations plus générales et à plus long terme.Ce Groupe stratégique doit faire rapport au ministre en septembre.Le Groupe tactique d’intervention ou CTI fera rapport au ministre, en mars prochain.Toutefois, au fur et à mesure de ses visites dans les hôpitaux, il formule des recommandations spécifiques aux établissements.Après avoir effectué près de la moitié de ses visites, il continue de penser qu’« on peut solutionner une large part (des problèmes d’encombrement) en utilisant mieux les ressources existantes ».Il entérine donc l’opinion du ministre Marc-Yvan Coté, selon qui le PHOTO CP Le Dr Michel Tétreault problème d’engorgement dans les urgences en est un de mauvaise répartition des fonds plutôt que de manque de fonds.« Une fois qu’on aura réaménagée l’utilisation qu’on fait des fonds, on pourra dire s’il manque de fonds et, si oui, combien », ajoute le Dr Tétreault.Le Dr Tétreault, lui-même spécialisé en médecine d’urgence à l’hôpital St.Mary’s, affirme que « s’il manque des ressources, c’est plutôt à l’extérieur des hôpitaux » qu’il en faut, comme dans les soins prolongés, les soins aux personnes âgées et à domicile.Quant à ses visites dans les hôpitaux, il considère obtenir une excellente collaboration de la part du personnel.Il croit que le personnel ne cache ni n’empire la réalité.« Peu d’hôpitaux ont fait le grand ménage avant qu’on arrive ou ont fait exprès pour rendre la situation, de façon apparente, encore pire qu'elle l’est ».Quand il visite un hôpital, le GTI se déploie dans toute son expertise.Par exemple, ses 10 ou 12 membres se subdivisent en trois équipes qui déjeunent séparément l’iine avec le personne administratif, l’une avec le personnel d’urgence et l’une avec la direction des soins infirmiers.Pendant l’avant-midi, l’équipe rencontre les infirmières et médecins de l’urgence; le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens; les gens de la coordination de l’urgence et des admissions; les chefs des départements reliés à l’urgence (médecine, chirurgie, gériatrie, psychiatrie) et, le cas échéant, les résidents et internes.Le GTI peut ensuite formuler des recommandations préliminaires à chaque établissement.En général, explique le Dr Tétreault, « notre philosophie est de faire des recommandations au niveau des objectifs à atteindre, et non pas spécifiquement des moyens ».Par exemple, on peut conseiller de diminuer de moitié le pourcentage de patients qui séjournent plus de 48 heures à l’urgence.Dans d’autres cas, ce seront les heures de disponibilité des médecins-consultants qui devraient être modifiées, ou le processus d’admission et de congé des patients.Dans un cas précis, c’est l’aménagement des lieux qui rendait difficile le transfert de patients, raconte le Dr Tétreault La répartition des lits entres les spécialités dans un hôpital « est souvent un point de discussion prolongée », note le Dr Tétreault.Selon lui, ce ne sont pas des médecins individuellement, mais des spécialités qui ont tendance à réserver un nombre x de lits dans l’hôpital pour leurs patients (ce qui contribue à engorger l’urgence).« Tous les hôpitaux ont leur clientèle.Il y a des établissements qui voudraient des clientèles autres que ce qu’elles ont.Ça fait partie de la vie ».EN BREF.La Conseil de presse rappelle le droit au choix par les médias d’information fl : V D r' cssr LE CONSEIL de presse a rappelé hier que les médias d’information sont en droit de couvrir ou de ne pas couvrir des conférences de presse et qu'ils sont en droit de publier ou non la lettre d’un lecteur.La Fédération autonome du collégial (FAC), un regroupement syndical, avait convoqué une conférence de presse le 31 août 1989, événement que le service des nouvelles de Radio-Canada n’avait pas couvert.À l’occasion de cette conférence la FAC voulait d’ailleurs contester pu bliquement une décision antérieure de Radio-Canada, qui avait refusé de diffuser un message publicitaire de la FAC sur les communications entre professeurs et étudiants, estimant que ce message violait son code d’éthique.Le Conseil de presse a rappelé qu’il appartient aux médias et aux journalistes de juger de l’importance qu’ils doivent accorder à une nouvelle, et que Radio-Canana a exercé son jugement rédactionnel.Dans une autre décision, qui mettait en cause le quotidien Le Nouvelliste, de Trois-Rivières, le Conseil de presse se dit d’avis que nul n’a accès de plein droit à l’espace réservé aux lettres aux lecteurs dans les journaux et que l’éditeur conserve ses prérogatives en ce qui concerne la publication de lettres.La plainte avait été déposée par M.Jean-Pierre Lemoine, qui avait écrit au journal une lettre, non publiée, exprimant une opinion défavorable sur le journal lui-même.Le Conseil de presse rendait également publiques hier deux autres décisions qui, cette fois-ci, blâment sérieusement le Journal de Montréal.Le Conseil blâme le quotidien de Québécor pour un titre publié le 19 mai 1988, titre coiffant un article sur les divergences de vues entre parents francophones et arabophones d’une école primaire de Saint-Laurent au sujet d’un programme d’enseignement des langues d’origine.Le titre se lisait •< Après avoir pris le contrôle du comité de parents, les Arabes imposent l’enseignement de la langue de Mahomet ».La Commission des droits de la personne du Québec jugeait le titre discriminatoire.Le Conseil a indiqué dans sa décision que le recours à un terme générique (les Arabes) pour désigner, en particulier, les parents arabophones de l’école concernée, risquait de porter atteinte à la réputation de l’ensemble des personnes qui font partie du groupe ethnique arabe.Il en allait de meme de l’association de ce groupe à un événement décrit de manière péjorative.Et dans une autre décision, le Conseil a rappelé que les médias et les professionnels de l’information doivent traiter les drames humains avec prudence et discernement.Le Journal de Montréal avait publié un article qui racontait, à partir du témoignage de la mère, l’histoire d’une jeune femme morte d’une surdose de drogue.Le Conseil blâme le journal et le journaliste Bertrand Desjardins pour leur responsabilité respective concernant la publication, en page couverture, de la photo de l’enfant de la victime (une fillette de dix ans), ainsi que de son nom en page trois.Ces blâmes font suite à l’étude d’une plainte de M.Marcel Bertrand, ami de coeur de la jeune femme.Le Conseil a d’ailleurs estimé, comme le soutenait le plaignant, qu’une fois celui-ci identifié certaines informations publiées à son sujet risquaient de lui causer tort et tracas.Le virage de Carstairs WINNIPEG — Le premier engagement financier d’importance de la campagne électorale au Manitoba a été signé par les libéraux, hier, qui ont promis de dépenser 100 millions $ à même un fonds d'urgence mis de coté par le gouvernement minoritaire conservateur, l'an dernier, pour stimuler l’économie de la province.L’argent serait consacré à la recherche et au développement dans divers secteurs d’activités allant de l’informaüque à l’environnement, dans le but d’empêcher le dépérissement économique de la province, a indiqué la dirigeante libérale Sharon Carstairs.Après avoir critiqué par le passé le fonds d’urgence de 300 millions $ constitué par les conservateurs, Mme Carstairs soutient aujourd’hui qu’une partie de cet argent doit être dépensée dès maintenant au lieu de le laisser moisir dans un compte en se contentant de toucher les intérêts.Avec cette promesse, les libéraux viennent de se singulariser après un début de campagne sensiblement pareil à celui des conservateurs de Gary Filmon.Au cours des deux premières semaines, les deux leaders avaient répété leur intention de tout faire pour ne pas hausser les impôts et de réduire de moitié la taille du conseil municipal de Winnipeg.Quant au chef néo-démocrate Gary Doer, le point saillant de son programme électoral, jusqu’à présent, reste sa promesse de geler pendant 10 ans l’impôt sur le revenu des particuliers.Le premier ministre Filmon a indiqué qu’il ne ferait aucune promesse coûteuse, puisque le gouvernement ne peut se le permettre, selon lui.Il s’est contenté d’annoncer diverses mesures dont le coût n’excède jamais 1 million $.Golfe: les navires appareilleront vendredi HALIFAX (PC) - Le sous-lieutenant Pascale Chouinard a fait savoir, hier, que les trois navires canadiens dépêchés dans le golfe Persique, à la suite de l’invasion du Koweit par l’Irak, appareilleront de Halifax « possiblement jeudi, mais plus probablement vendredi, si tout va bien ».Au cours du weekend, des techniciens ont terminé l’installation des principaux systèmes de défense des navires, dont les canons antimissiles Phalange et les missiles Harpon.Les destroyers Athabaska et Terra Nuova sont allés en haute mer, hier, pour vérifier les nouveaux systèmes.Quant au ravitailleur Protecteur, il doit quitter le port demain pour revenir mercredi ou jeudi.Avant de prendre le chemin du Moyen-Orient, l’équipage des trois navires va jouir d’au moins quelques heures de liberté avec familles et amis.« Si tout va bien, l’équipage de Protecteur va être en permission jeudi, pour partir vendredi.Ceux d’Athabaska et de Terra Nova vont être en congé mercredi », a souligné le sous-lieutenant Chouinard.Pression syndicale à l’UdeM LES DEUX syndicats représentant les 2000 employés de soutien de l’Université de Montréal tiendront aujourd’hui et demain des assemblées générales afin d’augmenter les moyens de pression envers leur employeur.Ces moyens de pression pourraient compromettre la rentrée scolaire.Les syndicats ont soumis à l’employeur une proposition globale le 16 août dernier, et ils estiment que l’Université de Montréal n'a pas formulé de propositions susceptibles d’amener un règlement avant la rentrée.Super-maïs BALE, Suisse (AFP) — Des chercheurs en biotechnologie agricole du groupe chimique et pharmaceutique bâlois Cyba-Geigy, sont parvenus dans leur centre de recherche de Raleigh (États-Unis) a modifier génétiquement des lignées de maïs commerciales pour que les propriétés nouvellement introduites dans la plante soient transmises durablement aux générations suivantes, a annoncé hier le groupe suisse dans un communiqué.La modification génétique des semences permettra de sélectionner des variétés de mais plus résistantes aux maladies, aux rongeurs et aux conditions climatiques défavorables.Devant la nécessité de procéder à un long programme de sélection et à divers essais, l’introduction sur le marché des nouvelles semences ne se fera pas avant huit ans au moins, conclut le groupe suisse.43 morts sur un site sacré NEW DELHI (AFP) — Au moins 43 Indiens qui se rendaient dans un site sacré sur le Gange ont été tués hier et 27 autres blessés lorsque l’autobus qui les tranportait est tombé dans une rivière dans l’État d’Uttar Pradesh (nord de l’Inde), a annoncé l’agence indienne PTI.L’autobus, appartenant à une compagnie privée, transportait 70 pèlerins de l’État du Rajasthan.Il a défoncé la rambarde d’un pont et s’est écrasé dans la rivière Kali, près de la ville de Kanpur.Dix enfants figurent parmi les 43 victimes de l’accident.Les 27 autres passagers blessés ont été hospitalisés, précise PTI, citant un porte-parole de la police.Une larve proche parente du sida PARIS (AFP) — Une équipe française engagée dans la lutte contre une maladie parasitaire, la bilharziose, qui concerne 300 millions de personnes dans le monde, vient de montrer une « étonnante parenté de structure » entre des protéines du parasite et des protéines du virus du sida (syndrome immuno-déficitaire acquis).Ces travaux ouvrent de nouvelles voies de recherche contre la maladie parasitaire elle-même, mais aussi vers une meilleure connaissance du mode de fonctionnement du virus du sida.Ces travaux de l’équipe du professeur André Capron, de l’Institut Pasteur de Lille (nord de la France), qui étudie la mise au point d’un vaccin contre la bilharziose, ont été évoqués lors du 7ème congrès international de parasitologie qui s’est ouvert hier à Paris en présence de quelque 2800 participants.Cette parenté a été établie entre une protéine (en fait deux éléments formant une même entité) et d’autres protéines du virus du SIDA, type « vif » et « nef », a expliqué le professeur Capron.L’équipe de Lille a étudié les protéines de la larve du parasite de la bilharziose intestinale qui sévit au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique du Sud.Cette bilharziose, due à un ver dénommé schistosoma mansoni se manifeste par des signes digestifs, des colites doloureuses, une cirrhose du foie notamment.mouvement propre aux voyages en train : voilà quelques caractéristiques de la première classe que vous offre VIA Rail.Vous êtes notre hôte.Nos agents sont attentifs et prévenants; calez vous dans votre fauteuil, laissez-vous servir et dégustez de succulents repas de trois services, avec boissons et vin.Vous avez tout le temps de vous détendre, de reprendre votre souffle, profitez-en ! Notre équipe fait tout pour répondre à vos besoins; vous disposez même d'un service de télé À phone cellulaire.JB Voyager en première classe VIA 1, c’est voyager, dans la plupart des cas, de centre-ville à centre-ville, en profitant de tout ce que vous pouvez souhaiter d'un voyage en première classe .prix en moins.Exemples de tarifs DE MONTREAL A OTTAWA .TORONTO .QUÉBEC.KINGSTON.Confort, décor agréable, liberté de n .50 $ aller simple .86 $ aller simple .50 $ aller simple 61 $ aller simple Faites-vous donc plaisir cet été.Pour en savoir plus, communiquez avec votre agent de voyages.Ou appelez VIA RaiH au 871-1331, et renseignez vous aussi sur les tarifs spéciaux pour les 60 ans et plus.* Mj'que de comme'ce du réalisateur Robert Lavoie, du 20 juin au 25 août symphonie no.6 D.589 (Schubert) quatuor op.12 en mi bémol (Mendelssohn) RENSEIGNEMENTS: 527-8321 Hxcve Sevriez ¦9645 HARRISON F O R D Certaines personnes tueraient psr amour.V R F S U M F G" .ug; »•-.» m BEAUBIEN PRES D'BERVIUE INNOCENT HQ nr vn«i: ____________ 'mmmw 2001 RUE UNIVERSITY GB& "Presided Iwocknt" 2lème FILM AUX CINÉ-PARCS 8215 RUE HOCMElAGA _ QQ' :«»jr rvvo _ 3195 B0UI ST MARTIN 0 placeiongueuh LONGUEUIL ItBIIICINE-PARCST-EUSTACHElll ciké-pahc ROUTE 15 (SORTIE 21) : ORUMMONOVIUE ROUTE 20 (SORTIE 170) rsm ' ««/, t.Ç Le tout nouveau film de PEDRO ALMODOVAR (Femmes au bord de la crise de nerfs) EN VERSION FRANÇAISE v.o.espagnole avec s.t.anglais ______DD iXlif STEREO HF1 hUIP S’IREO ^ DESJARDINS m C INI IM I X Of>»N COMPLEXE DESJARDINS 1455 RUE PEEL TELEVISION Q C B F T 12.00 L'édition magazine 12.15 Les détecteurs de mensonges 12.45 Le clan Campbell 13.15 Dallas 14.15 Cinéma • L'histoire d'une victoire t amér.83 16.00 FraggleRock 16.30 Tom el Jerry 17.00 L'heure G 18.00 Montréal ce soir Q 12.00 13.00 14.00 14.30 15.00 16.00 16.30 17.00 17.30 18.00 C B M T Midday All My Children Coronation Street Talkabout Guiding Light Generations Babar Video Hits Golden Girls Newswatch 15.30 Envoyé spécial 16.30 40 degrés à l'ombre 18.30 Des chiffres et des lettres CD 12.00 12.30 13.00 13.54 14.00 14.30 15.00 15.30 16.30 17.00 17.30 17.58 C F T M Ici Montréal Bon appétit Ferland/Nadeau en vacances Video Clips Chacun chez soi Kate et Allie Justice pour tous Campus Double défi Mimémo Souvenirs d'été Capsule Allô-Ciné © C F C F 12.00 Family Ties 12.30 Puise 13.00 Shirley 14.00 Another World 15.00 General Hospital 16.00 The Oprah Winlrey Show 17.00 Night Court 17.30 The Cosby Show 18.00 Puise © TV 5 14.50 Bonne journée 15.00 L'inlo-5 (B RADIO-QUÉBEC 13.30 Pause musicale 15.30 L'entant et l'ère informatique 16.00 Beau et chaud 17.00 Tom Sawyer 17.30 Le club des 100 watts 18.00 Passe-Partout © QUATRE SAISONS (câble 5) 12.00 Les Pierraleu 12.30 Le grand journal 13.00 La fourchette d'or 13.30 Québec en vacances 14.00 Cinéma Quatre Saisons • Harold et Maude » amér.71 avec Ruth Gordon.Bud Cort et Vivien Pickles 16.00 Le vagabond 16.30 Action-réaction 17.00 Montréal-les-iles 17.30 Le grand journal I télévision du mardi soir en un clin d’oeil 18h(M) 18h30 19h00 19H30 20h00 20H30 21h00 21 h30 22h00 22h30 23h00 23h30 OOhOO Q C BFT (R-C.) Montréal Ce soir la Cour g en direct les détecteurs de mensonges Génies en herbe Cinéma : Hibemutus —Fr.69 g Avec Louis de Funès et Claude Gensac Le Téléjoumal g Le Point/météo/sport Baseball / Expos vs (Hants CD WCAX (CBS) Burlington News News g Family Feud Rescue 911 g Movie : Mystic Pizza —É.-U.88 g Avec Julia Roberts et Annabeth Gish News The Arscnio Hall Show CEI WPTZ (NBC) Plattsburgh News News g Jeopardy ! Cheers Matlock g Real Life g News The Tonight Show CJ ( BM I (CBC) Montréal Newswatch Babar g Doctor, Doctor The Struggle for g Democracy Witness g The National g 22h20/Thc Journal News Ncwhart g Kate & g Allie CE cri M (TVA) Montréal Ici Montréal Charivari Santa Barbara Peau de banane I X.-S héritiers du rêve Le match de la vie Ferland/Nadeau en vacances Nouvelles g météo/sports 23li45/Ciné-lune: Minnie el Moskowitz —É.-U.1971 ^14 CFCK (CIV) Montréal Puise Entertainment tonight Borde rtown Matlock Roseanneg Grand g News g News The Arscnio Hall Show CE TV5 (Télévisions Francophones) 16h30 / 40 degrés à.Des chiffres et des lettres Journal télévisé de A2 I.'info - 5 I>es grandes peurs 20h40/Tclé- tourisme 21hl0/Champs Élysées 22h45/l.’Afrique des femmes 23 h40/Télescope 3Z C'IVM (R.-Q.) Montréal Passe- Partout I assie les bons ennemis (dernière) Feu vert international 1 a route des vacances Beau et chaud Cinéma : l.e bateau-phare —É.-U.85 Avec Klaus Maria Brandauer et R Duvall I .a route des vacances m Musique Plus Musique vidéo FAX: l.'lnfoplus Flashback Musique vidéo Rock en bulle: Superstramp Musique vidéo WVNY (ABC) Burlington News q Wheel of Fortune A Current Affair Who's the Boss?g Family g Matters Roseanne g Coach g Thirtysomething g • News g Nightline g Twilight Zone (U CICO (TVO) Ontario Polka Dot Door Today’s Special Deutsch Direkt Chinese Brush Painting Exploration Ten Great Writers Foundations of Taoist.Renovating the Inside .Artificial g Intelligence.People Patterns m Much Music 19 h / Fax Muchwest Outlaws and 1 leroes Mike & Mike’s Excellent X .Vidéodips Spotlight / Terence.Vidéodips (S VERMONT ETV (PBS) The MacNeil-lxihrer Newshour The Nightly Business.Bradshaw on : Die Family 23h25/Movie : Spellbound Am.45 — Avec Gregory Peck SI sz QUATRE SAISONS Montréal 1 j) roue chanceuse Garden-Party Vie de star Cinéma : Meurtre sous les tropiques —É.-U.82 Avec Lee Remick et Jack Thompson Garden-Party Le Grand Journal Sports plus Patrouille de nuit 1 WCFE(PBS) 3-2-i g Contact Tile Nightly Business.The MacNeil-lehrcr Newshour Tlie Unforgettable Nat King Cole 2111 15/American Masters : Q John Hammond Star Cops < 23b40/Movie : Ride the High Country —É.-U.1962 9.CULTURE ET SOCIETE Montréal, mardi 21 août 1990 THEATgE/chronique__________________________________ Ull Observateur Surprise, il n’y a plus de Rideau Vert ! de la Belle Époque La prochaine saison débutera au Théâtre Saint-Denis 2 • ' * l'i&ÿk -i C'-w S:- k^*r^ */¦> •»» N* 'ii i- ’S».'?J ••.a-'; Z#*/ PHOTO JACQUES NADEAU Voici i'aspect sous lequel se présente ces jours-ci l’ancien Théâtre du Rideau Vert, de la rue Saint-Denis.Le CRTC renouvelle sous conditions la licence de CHRC HU U.(PC) — Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a annoncé, hier, qu’il avait décidé de renouveler pour un an seulement, c’est-à-dire jusqu’au 31 août 1991, la licence détenue par la compagnie Les entreprises de radiodiffusion de la Capitale Inc.pour l’exploitation de la station de radio CIIRC, de Québec.L’organisme réexaminera le rendement de la station l’année prochaine, lors du prochain renouvellement.Le président du CRTC, M.Keith Spicer, s’est dit grandement inquiet de certains propos tenus en ondes par l’animateur André Arthur.Il y voit des « manquements flagrants à l’exigence de haute qualité imposée par la Loi sur la radiodiffusion».Il reproche aussi à la station un manque d’équilibre dans la discussion des questions d’intérêt public en ondes.M.Spicer souligne par ailleurs que les radiodiffuseurs ont une grande responsabilité à l’égard des citoyens parce que les fréquences radio, dont le nombre est limité, sont du domaine public.« Contrairement aux médias écrits, l’accès au médias électroniques est limitée en raison du nombre restreint de fréquences disponibles, précise-t-il.Nous voulons accorder le préjugé le plus favorable possible à la liberté d’expression.Cependant, l’accès limité aux ondes, qui sont du LA TÉLÉ CE SOIR ?Nervosité.Un industriel est obligé d’héberger un homme trouvé en état d’hibernation dans Hibernus, une comédie d’Edouard Molinaro avec, dans le rôle principal, le toujours nerveux Louis de Funès.R.-C., 20 h.?Nationalisme.Première émission d’une série de neuf de Les grandes peurs de l’an 90 qui traite de la montée des mouvements nationalistes dans le monde.Invité : l’historien français Emmanuel Todd.TV5, 20 h.?Vedettes.Les meilleurs moments de rémission Champs Êlyséesdepuis sa création le 16 janvier 1982.Michel Drucker reçoit : Patrick Bruel, My-lène Farmer, Annie Cordy, Raymond Devos, Jean Poiret, Michel Serrault, Alain Delon, Jean Marais et plusieurs autres.TV5, 21 h 10.?Découvertes.John Hammond est un producteur de disque pas comme les autres.Il a découvert, entre autres, Bessie Smith, Billie Holiday, Count Basie, Bob Dylan et Bruce Springsteen.À American Masters, on présente un documentaire sur la vie et la carrière de ce brillant découvreur de talent.PBS, 21 h 15.?Dichotomie.John Cassavetes raconte par petites saynètes l’idylle incroyable entre deux personnes de milieux très différents dans Minnie et Moskowitz.T.M., 23 h 45.— G.F.domaine public, rend inévitable une discipline plus exigeante que dans la presse écrite.» Le CRTC a aussi ordonné à CHRC de conserver pendant six mois l’enregistrement de toute sa programmation diffusée sur les ondes.La station devra informer le Conseil de tout jugement ou règlement résultant d'une poursuite en diffamation intentée contre elle ou l’animateur André Arthur, à la suite des propos tenus par ce dernier sur les ondes.CII RC devra en outre soumettre au CRTC dans les 60 jours de nouvelles lignes directrices concernant les tribunes téléphoniques pour remplacer celles en vigueur le 13 octobre 1989 et faire connaître leur existence à son auditoire par le biais d’un message d’au moins 30 secondes diffusé une fois par jour du lundi au vendredi.EN BREF.Concert d’orgue L’ORGANISTE Gerald Wheeler donnera un récital le jeudi 23 août à 12 h 10 à l’Église St.Andrew and St.Paul, à l’intersection des rues Sherbrooke et Redpath.Il interprétera des oeuvres de Bach, Morfel et Resuirexit par Kenneth Leighton.Offrande volontaire.Louis Lortie à New York LOUIS LORTIE l’invité du festival Mostly Mozart de New York les 24 et 25 août.Il s'agit du concert de clôture de l'événement dans lequel Louis Lortie partagera la scène du Lincoln Centre avec Jamie Laredo et Cho-Lian Lin.Le pianiste montréalais jouera le Concerto K.415 tandis que ses deux collègues donneront la Symphonie concertante pour violon et alto sous la direction de Neeme Jarvi.Cet engagement de Louis Lortie suit celui qu’il vient de remplir avec le Cleveland Orchestra dirigé par Libor Pesek à la fin de juillet alors qu’il a interprété le Concerto en sol majeur de Ravel.Rappelons que l’artiste lancera en septembre un disque Beethoven ainsi qu’un disque Ravel en novembre, soit le quatrième et dernier volet de l’intégrale des oeuvres pour quatre mains et deux pianos de Ravel, avec la participation de la pianiste Hélène Mercier.Claude Gagnon tourne à Montréal LE RÉALISATEUR Claude Gagnon et son équipe reviennent de Victoria pour compléter jusqu’au 31 août à Montréal le tournage du long métrage The Pianist.L’acteur japonais Eiji Okuda qui tient le rôle-titre est également la vedette du film Les Passions du Mont A so, réalisé par Kei Kumai, qui sera présenté en compétition officielle au Festival des films du monde.La distribution de The Pianist, une coproduction canado-japonaise, comprend également Dorothée Berryman, Gail Travers, Macha Grenon, Ralph Allison et Maury Chaykin.Robert Lévesque ON A UN CHOC lorsqu’on passe devant le Rideau Vert ces jours-ci.Ce n’est pas Beyrouth mais presque.On a beau chercher : il n’y a plus de Rideau-Vert au 4664 de la rue Saint-Denis ! Sauf le cadre de scène qui domine un cratère désolé, seule trace des défunts théâtres du lieu (le Chanteclerc, le Stella et le Rideau Vert), il ne reste rien du théâtre où la troupe Barry-Duquesne fit les beaux soirs des années 30, où débarquèrent les Belles-soeurs de Tremblay en 1968, ou Jean Gascon tint son dernier rôle en avril 1988 dans La Cerisaie.La « grande rénovation » ou « cure de rajeunissement » dont on parlait en mai dernier, lors de l’annonce d’une subvention de Québec et Ottawa (2,9 millions $), est en fait une démolition complète des lieux et la construction d’un tout nouveau théâtre, opérations qui devront prendre un temps beaucoup plus long que celui escompté par les directrices du Rideau Vert, Yvette Brind’amour et Mercedes Palomino, lorsqu’elles donnaient rendez-vous à leur public pour octobre 1990.Il est impensable que le Rideau Vert lance tel que prévu sa 42e saison dans ses (nouveaux) murs en octobre prochain, avec Buy Bias, tel qu’on le prétendait lors de la conférence de presse du 3 mai dernier.À moins que ce soit à ciel ouvert que le héros de Hugo lance : «Je ne suis qu’un ver de terre amoureux d’une étoile » ! C’est donc un peu la panique dans les bureaux de la compagnie, rue Gilford, et c’est sans doute pourquoi personne ne retourne les appels du DEVOIR.Que faire ?Les contrais de cinq pièces sont signés.Annuler la saison, c’est le gouffre financier.Il faut se loger ailleurs, mais où ?Pour l’instant, les deux premiers spectacles de la saison, le Victor Hugo mis en scène par Guillermo de Andréa, et Ténor demandé, la comédie américaine de Ken Ludwig mise en scène par Denise Filiatrault, sont rescapés et auront lieu au Saint-Denis 2, le « petit Saint-Denis » qui fait tout de même plus de 900 places.On le confirme à France-Film, propriétaire des salles Saint-Denis.Pour le Claudel choisi comme troisième spectacle dans la saison ( Le pain dur), une oeuvre dans une tonalité que l’on imagine mal entendre dans le bas de la rue Sauil-Denis, on se sait encore quoi faire.Pourra-t-on inaugurer le « nouveau Rideau-Vert » avec ce spectacle mis en scène par Michèle Magny, et dont la première est prévue pour le 22 janvier 1991 ?A suivre.La convalescence de Duceppe LA VICTOIRE de son fils, élu député souverainiste à Ottawa, est de nature à ragaillardir Jean Duçeppe qui, depuis son malaise cardiaque en juillet, doit cependant garder le repos le plus complet.Une seule interview télé, arrachée par l'équipe politique de son fils en campagne électorale, l’a épuisé.Le comédien de 67 ans se remet très lentement depuis qu’il a quitté l’hôpital avec un stimulateur cardiaque, au début août.Sans se rendre aux bureaux de la compagnie Jean-Duceppe, il conseille ou approuve de loin la mise en marche de la saison qui débute le 12 septembre avec la création d’une nouvelle pièce de Michel Tremblay, La maison suspendue.On ne sait encore si M.Duceppe pourra honorer ses contrats de comédien sur la scène du Port-Royal.Il doit tenir un rôle dans le Ibsen, L’Ennemi du peuple, et le Miller, Le prix.Dans le cas du Ibsen, second spectacle de la saison, il s’agit d’un petit rôle et le remplacement ne ferait pas problème.Dans le cas de la pièce d’Arthur Miller, dont la première aura lieu en février 1991, il s’agit d’un rôle de premier plan.Mais n’te promène donc pas toute nue Une pièce de Georges Feydeau, mise en scène de Philippe Grenier, décors de Serge Chapu, costumes de Rhéa Vinet, avec Daniel Gadouas, Sophie Stanké, Danielle Godin, Marc Hébert et Pierre Gendron, au Théâtre de Pointe-au-Chéne jusqu'au 1er septembre.Alain Pontaut QUEL MONDE curieux que celui de Feydeau, roi du vaudeville de la Belle Époque, dont le burlesque est apparemment si gratuit, si proche de l’absurde qu'il en prend des airs de tragédie ! Avec deux pièces courtes, habi lement mises en scène par Philippe Grenier, On purge bébé, et Mais n’te promène donc pas toute nue, le Théâtre de Pointeau-Chêne nous offre une vue en coupe, mais significative, de ce théâtre et de cet auteur.Deux farces faites de rien mais où se glisse, on ne sait trop comment, l'implacable satire de la bourgeoisie française de 1900.Deux pochades, moins élaborées dans leur construction que La Puce ;) l’oreille ou La Dame de chez Maxim’s, mais éclairées par le génie et la mysoginie de l’auteur.Non que les hommes soient épargnés mais les femmes de Feydeau, de charmante apparence, ont une sorte de monstruosité qui appelle la catastrophe.Elles parlent avant de penser et leur discours est un torrent où un incident de la vie domestique devient une affaire d’État.Elles disent de prodigieuses absurdités à la vitesse d'une mitrailleuse.Elles s’en- » tètent longuement, farouchement sur de minuscules points de détail.Elles poursuivent, éternisent le débat sur ces riens avec une énergie inépuisable, avec une fougue forcenée et avec une logique totalement dévoyée.C’est vertigineux, c’est surréaliste (les Surréalistes adoraient Feydeau), c’est Ionesco, sans y toucher, bien avant Ionesco.Et d’autant plus que ces héroïnes déstructurent, atomisent aussi le langage, conventionnel, propre à l’échange commercial et mondain, ou'utilisent leurs maris.Dans la foulée, des autres elles disent « ping-pong » au lieu de « pis que pendre » et elles se plaignent d'un 33 degrés « de latitude » quand il fait très chaud.D’un verbe délirant, elles affichent une ingénuité qui frise la bêtise et une mauvaise foi prodigieuse qui plonge l’univers autour d'elles en plein chaos.C’est fascinant, le système de Fey deau ! Observateur bien plus froid qu’amusé de ces insectes à: la fois intéressés et stupides, menteurs et bourrés de préjugés qui composent l’espèce humaine, il fait de son observation un tableau aussi féroce qu’ap-paremment vide de pensée, assez gé-nialement construit pour que ces insectes se heurtent dans des malentendus sans fin et tellement absurdes qu’ils en deviennent terrifiants.Drôles ?Sûrement.Comme Molière Au premier degré.Avec un comique si fatalement entraîné vers la catastrophe et la démence que l’enfer y est garanti.Riche, beau, élé gant, marié et père de famille, Georges Feydeau était d’ailleurs lui-même neurasthénique, d’une tristesse sans recours au sein de l’apparente gaieté qu’il décrivait.Dans la cinquantaine, il faut du reste l’interner : il se prend, cette fois sans rire, pour Napoléon.Sophie Stanké se prend, elle, pour une comédienne, assez légère et Parisienne et boulevardière pour cette opération, alors qu’elle épelle sur un ton invariable, lourdement, sans y croire et sans l’habiter, cette frénésie qui commande un rythme fol lement rapide, divers, acrobatique, dans la diction et le mouvement.Elle a sans doute ailleurs bien du talent mais ce monde-là n’est pas |>our elle.Danielle Godin est amusante, Marc Hébert très adroit et Daniel Gadouas tout à fait remarquable, que ce soit dans la peau du ministre Chouilloux, acheteur de pots de chambre pour l’armée, ou dans celle du député Ventroux dont la tenue vestimentaire, sinon la nudité, de l’épouse finira par ruiner la carrière.Les décors de Serge Chapu sont ingénieux et la salle de ce théâtre-cabaret, posé au bord de la rivière des Outaouais, chaleureuse et superbe.Si les symptômes du stress persistent.I Abonnez-vous à l’OSM • La 9e de Beethoven, une soirée avec Mozart, le romantisme de Brahms et Rachmaninov.l’éclat d’un Dutoit, d’un Gardiner ou de Norrington.la prestance d’Isaac Stern et de Mischa Maisky.c’est ça, les Grands Concerts • Avec des grands ballets comme le Tricorne et Pulcinella, les extraordinaires concertos pour violon de Mendelssohn et Tchaikovsky, le célébrissime Itzhak Perlman, les incomparables pianistes Katia et Marielle Labèque, Radu Lupu et Marc-André Hamelin.vous êtes dans P univers des Concerts Gala.ABONNEMENT OSM 90-91.842-9951 .- - rabais de 10 à 25 % sur le prix des billets - économie de la TPS (avant le 1er septembre) - carte de membre du Club Encore OSM ORCHESTRE SYMPHONIQUE CHARLES DUTOIT DE MONTREAL * — M.L. 10 M Le Devoir, mardi 21 août 1990 FAIS CE QUE DOIS Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice: Lise Bissonnette Rédacteur en chef: Paul-André Comeau Directeur des services administratifs: Christian Charron Rédacteurs en chef adjoints Jean Francoeur, Albert Juneau, Michel Lefèvre Directeur de l'information: Jacques Chabot Directeurs adjoints: Guy Deshaies, Pierre Cayouette La nécessaire solidarité Forcer Saddam Hussein à négocier, la seule issue possible ENTRE le cri des faucons et la voix de la raison, le choix n’est pas déchirant.À Washington, dans le sillage de la realpolitik à la Kissinger, toute une école se félicite de la fermeté du président Bush et pousse à la guerre contre l’infidèle.Au même moment, au siège des Nations unies, les diplomates jonglent avec les subtilités du droit international dans l’espoir d’empêcher le dérapage fatal.Plutôt qu’un affrontement, forcément terrifiant entre le corps expéditionnaire américain et l’armée irakienne, on doit espérer un front commun de la communauté internationale avec la perspective obligée de négociations sous l’égide des Nations unies.Il ne faut pas non plus verser dans l’angélisme.Le président irakien n’a que faire des bons sentiments.Il consentira à s’asseoir à la table de négociations lorsque toutes les perspectives, lorsque toutes les avenues auront été bouchées.Le recours aux armes entraînerait une autre boucherie dans un continent qui a vu périr plus d’un million d’hommes dans l’affrontement entre l’Iran et l’Irak.D’où la nécessité d’une démarche, ferme et intelligente, des pays qui ont voté un embargo contre l’Irak, il y a quelques jours à peine.Seule cette fermeté forcera Saddam Hussein à engager le dialogue.D’ici là, il poursuivra l’étalage d’un cynisme qui glace toute imagination.Il ne lui a pas suffi de rayer d’une simple déclaration les causes de la guerre contre l’Iran.Le voilà maintenant qui élève à un niveau encore insoupçonné la prise d’otages au mépris des conventions les plus élémentaires.Et tout cela au lendemain de l’invasion, puis de l’annexion d’un émirat qui avait le malheur de trop bien vivre de ses ressources pétrolières alors que Bagdad sentait l’étau de ses créanciers devenir de plus en plus oppressant.Toujours au lendemain de cette guerre déjà oubliée contre les « fous d’Allah », comme on le criait à Bagdad.Évidemment, on comprend la réticence de nombreux pays, notamment en Europe, à souscrire à la mise en place d’un véritable blocus au sens du droit international et de la Charte des Na- tions unies : il s’agit là de l’équivalent d’un acte de guerre.Et on y pense à deux fois avant de déclarer la guerre à un État qui, fort d’un Koweit annexé, contrôle maintenant près de vingt pour cent des réserves mondiales de pétrole.Car tout le problème est là, qui se voile derrière les nobles considérations suscitées par l’agression injustifiée contre un État souverain.Sur un ton à peine différent, le président Bush a curieusement invoqué l’Amerian way of life à l’appui de la croisade américaine et de l’expédition de dizaine des milliers de soldats dans les sables saoudiens.Il y a là une impudence qui cadre mal avec la gravité de la situation.La guerre froide s’est nourrie de l’évocation constante des valeurs démocratiques.Rien dans la démesure irakienne ne menace la démocratie libérale, aux États-Unis ou ailleurs.Confondre le prix du pétrole et les fondements mêmes de la vie collective, impossible d’en imputer le mobile à la seule rhétorique belliqueuse.La communauté internationale doit se serrer les coudes, même si le blocus de facto mis en place par Washington ne laisse guère de marge de manoeuvre.Il est impossible de matérialiser un embargo sans un minimum de contrainte, sinon l’entreprise est vouée à l’échec.Les arguties juridiques trouvent ici leur justification, qui permettraient d’accroître la pression sur le régime de Bagdad sans, pour autant, abandonner le terrain aux seuls militaires et à leurs armes.Tenter de brûler les étapes, c’est risquer l’embrasement de toute la région du Golfe.C’est risquer de voir les masses arabes oublier leurs divisions pour se porter à la défense de Saddam Hussein.Il faudra alors plus que quelques divisions aéroportées.C’est un pari terrible.À faire un martyre de Saddam Hussein, ni l’Occident ni, au premier chef, les États-Unis, personne n’y gagnera.À la veille de se dégager de la guerre froide, le monde mérite mieux qu’un retour auxaffrontements d’avant les Croisades.— PAUL-ANDRÉ COMEAU Les tarifs aux usagers Pour relancer le maintien à domicile qui fait du surplace À BIEN des égards, le système québécois de protection sociale paraît en panne.Ce n’est qu’une illusion d’optique.En fait, l’offre de services, dont la croissance est loin d’être négligeable, s’essouffle à courir derrière une demande en expansion, sans jamais parvenir à l’atteindre.Pratiquement, le financement du système repose sur une seule source de revenu : la fiscalité.Or le gouvernement éprouve des difficultés à augmenter les impôts existants ou à créer de nouvelles taxes.Déjà le recours à d’autres mesures, indirectes, dont les frais de scolarité pour le financement des universités, les droits d’immatriculation et les permis de conduire pour l’entretien du réseau routier ont été, ces derniers mois, les plus remarquées — et les plus controversées.La tarification aux usagers n’est pas accessible aux établissements de santé et de services sociaux — sauf dans le programme d’hébergement pour les personnes âgées (dont les tarifs, incidemment, viennent de subir une deuxième augmentation depuis janvier, ce qui porte à 33 dollars le prix d’une chambre individuelle, y compris bien sûr les services de base).L’Association des hôpitaux du Québec a bien tenté en début d’année de relancer le débat sur les frais aux usagers.Elle s’est vite faite rembarrer.Comme ce sont faits rembarrer les quelques CLSC qui, très timidement, ont voulu tarifer certains services offerts en maintien à domicile.Dans ce dernier cas, le ministère s’est empressé de préciser que toute pratique de cette nature était interdite.Les CLSC en sont réduits à continuer d’orienter leur clientèle vers le secteur privé.Résultat malthusien de cette politique discutable : le maintien à domicile piétine et le développement de ce programme accumule de très sérieux retards alors même que la demande se fait plus pressante.Faudra-t-il prendre exemple sur l’Ontario ?U ne nouvelle Direction chargée de la coordination des services aux personnes âgées dans cette province envisage en effet de recueillir quelque 30 millions de dollars par le biais de tarifs qui s’appliqueraient à certains services à domicile, entretien, repas, blanchissage.Les soins médicaux et infirmiers ainsi que les soins personnels resteraient évidemment gratuits.Le projet fait l'objet d’un document de consultation publié en juin, et qui sera sûrement débattu au cours de la présente campagne électorale.Selon le projet, la nouvelle tarification ne s’appliquerait qu’à compter d’un revenu net de 20 000 dollars ; elle augmenterait ensuite selon une échelle mobile allant jusqu’au plein montant qui serait atteint avec un revenu de 50 000 dollars.En son principe, ce mode de financement est assez semblable à celui des établissements publics d’hébergement des personnes âgées au Québec, où la contribution augmente à partir d’un niveau de base (égal à la prestation de sécurité de la vieillesse + le supplément de revenu garanti une allocation personnelle de 125 dollars) jusqu’à un maximum qui est actuellement de 1002 dollars par mois.Il en va de même de la tarification des services de garde à l’enfance (lorsqu’ils sont disponibles et reconnus) et dont les familles à faibles revenus sont exonérées, également selon une échelle mobile.Une telle mesure serait évidemment très impopulaire.Mais ce pourrait être le prix à payer pour réactiver un programme qui a tendance à faire du surplace, alors même que se font déjà sentir les premiers frémissements annonciateurs des grandes vagues démographiques qui atteindront nos rivages à la fin de la première décennie du prochain millénaire.Cela nous laisse un peu de temps, qu’il ne faut pas gaspiller en vaines querelles.Mais il y faudra un .peu de courage politique.— JEAN FRANCOEUR La bombe explosera-t-elle ?REPLIQUE FRANÇOIS LOISELLE Notaire JE RÉPONDS à une lettre intitulée « Bombe mouillée à Télé Métropole », écrite par Jacques Lamarche, de Saint-André-Avallin, le 9 août.L’écrivain chevronné, Jacques Lamarche, a trempé sa plume dans les archives de Saint-Sulpice pour nous apprendre notamment qu’il y avait à Oka, dès 1721, des Iroquois à la « Mission du lac » Je suis bien d’accord.Mais pour qu’une nation iroquoise comme les Mohawks puisse préten dre à un droit ancestral sur les terres à Oka, il faudrait remonter plus loin dans le temps.Or, c’est en 1718 que le roi de France, Louis XIV, confirma la donation de ces terres au séminaire de Saint-Sulpice de Paris, « pour en jouir à perpétuité .en pleine pro priété ».Et aucune preuve n’a été faite ou reçue à ce jour à l’effet que les Iroquois résidaient sur ces terres avant que les Sulpiciens eux-mêmes ne les eussent amenés.Appelé à juger de cette affaire en 1911, la Cour du Banc du Roi pour la province de Québec a conclu que ces terres appartenaient au séminaire de Saint-Sulpice, ayant réfuté toutes les prétentions des chefs iroquois qui, tant pour eux-mêmes que pour le groupe qu’ils représentaient, prétendaient être les propriétaires de la seigneurie du Lac des Deux-Monta- gnes.Concernant le droit résultant de l’occupation originaire, tant défendu par les Iroquois, la Cour rapporte les faits suivants : « D’abord, il y a deux tribus de sau vages à Oka : les Algonquins et les Iroquois.Les demandeurs sont les chefs des Iroquois, mais pas des Algonquins.Il appert de documents historiques (Parkman-Champlain), que les Iroquois sont originaires de l’État de New York avant que la mission du Lac des Deux-Montagnes fut transportée là par les Sulpiciens, les Iroquois n’y avaient jamais résidé ».Ce jugement a été confirmé par le plus haut tribunal de cette époque, le Conseil privé de Londres.Encore que les autorités britanniques ont, par une loi (statut 3 et 4 Vict.ch.30.40, consolidé en 1845 et 1861 ), déclaré le Séminaire de Saint-Sulpice de Montréal propriétaire de toutes les propriétés du séminaire de Saint-Sulpice de Paris.Et plus encore, la législation du Bas-Canada (1840 41 C.41, art 71 ) sous le titre : >< Abolition.de la tenure seigneuriale dans les seigneuries appartenant au séminaire de Saint-Sulpice », confirme le séminaire dans son titre de propriété exclusive et absolue.Mais alors, pourquoi ces barricades à Oka ?Mystère ! À la lumière de la loi et du jugement ci-haut relaté, je demeure convaincu que les Mohawks n’ont aucun droit ancestral à Oka.À titre de juriste, je ne vois pas comment cette nation iroquoise pourrait prétendre à d’autres droits que ceux dont elle jouit présentement à cet endroit.« Quelle bombe ! », de s’exclamer Jean-Pierre Ferland, à l’émission Ferland-Nadeau.Avec raison ! Malgré cette position radicale vue sous l’angle du droit, je souligne que la nouvelle Constitution canadienne (1982) a reconnu et confirmé •• les droits existants — ancestraux ou issus de traités — des peuples autochtones du Canada ».Et partant, les nations iroquoises comme tous les peuples autochtones peuvent prétendre a des droits sur une grande partie du territoire québécois notamment.Nous ne devons plus nous concentrer seulement sur le problème particulier à Oka.Car ce problème n’est qu’un symptôme d’une grave crise qui est sur le point d’exploser dans tous les coins du Canada.Les peuples autochtones réclament et réclameront plus que leurs droits territoriaux.Ils veulent notamment une reconnaissance de leur autonomie gouvernementale, voire leur souveraineté.Le « problème autochtone » doit être traité d’urgence.Dans un effort soutenu et solidaire, nous devrons rapidement nous mettre à table avec les autochtones pour traiter globalement leurs revendications « à la grandeur du pays », dans le plus profond respect de leurs droits.Et mieux encore nous devrons aller au-delà de la loi « des Blancs » pour y apporter le remède nécessaire et rechercher l’aide de spécialistes de toutes disciplines capables de comprendre le « problème autochtone ».C’est le seul moyen de désamorcer la bombe ! TIRÉE 1)11 JOURNAL l.EMONDE O- t GAZ À TOUS LUS OTAGES LETTRES AU DEVOIR Madame Plus JEANNE Sauvé a toujours voulu être un peu plus que ce qu’elle était, un peu plus ci, un peu plus ça, un peu plus en vue, un peu plus importante, un peu plus intelligente, un peu plus décorée.C’est une manie.C’est un peu dans la famille d’ailleurs.Mais ça réussit.De fait, Mme Sauvé fut successivement un peu plus que députée, ministre, et même un peu plus que gouverneur général, bien qu’un peu moins que ce qu’elle avait souhaité, encore qu’elle soit amplement satisfaite, même si ce n’est pas tout à fait assez.Il ne manque pas grand-chose, mais il manque toujours quelque chose.Dans la vie, hélas ! il manque constamment quelque chose.Je ne sais pas, moi.Un toit, par exemple, à un moment donné.Disons : un peu plus qu’un toit, peut-être, dans le cas.Enfin quelque chose.C’est très frustrant d’avoir un peu moins que ce qu’on voudrait, d’être moins que ce qu’on veut.C’est pourquoi il faut à tout prix se réaliser.Jeanne a fait il n’y a pas bien longtemps un bon développement à la radio sur cet important sujet.Se réaliser, c’est-à-dire un peu plus.Quand une coprésidence se présente, alors, d’évidence, par définition, il manque dans ça je ne sais quoi, le petit surplus.La plupart des gens trouvaient pourtant que c’était trop.Jeanne, elle, pense que ce n’est pas assez et qu’il devrait y avoir bien entendu dans cette égalité une différence.— PIERRE VADEBONCOEUR Montréal, le 17 août.Opportunisme J’AIMERAIS savoir qui a investi M.Lucien Bouchard du titre de journaliste.Je ne peux pas comprendre que le DEVOIR puisse accepter de publier les écrits d’un homme dont les allégeances politiques oscillent de gauche à droite, à la façon d’un pendule en résonance.Est-ce à dire que votre journal tente de suivre la même route que M.Bouchard : celle de l’opportunisme ?— ANDRÉ ST-HILAIRE Moncton, N.B., le 2 août.Frère jumeau du fédéralisme SI L’ON s’en tient à ce qu’en disent les journaux, la « superstructure » ou « parlement supranational » que proposent les jeunes libéraux ressemblerait comme un frère jumeau au fédéralisme actuel.La comparaison avec le Marché commun européen de 1992, sur laquelle reviennent sans cesse les libéraux (jeunes et moins jeunes), semble pour le moins abusive.Parlement supranational, marché commun, monnaie commune, politiques économiques et tarifaires communes, union politique avec pouvoir de taxation ; bref, un gouvernement central bien outillé dans lequel le Québec serait comme actuellement représenté par des députés élus qui n’excéderaient pas sa proportion dé-mograhique.Une « association » Canada-Québec à 75-25.Mais ce n’est pas tout, ce parlement supranational tiendrait aussi la politique de défense, la politique extérieure, l’environnement, le développement régional et les politiques sociales ! Avec tout ça, c’est à se demander combien de ministères québécois franchiront l’Outaouais ?À lire les nouvelles orientations « audacieuses » des jeunes libé- raux, leur Québec « plus autonome » se résumerait aux ministères des Affaires culturelles, de l’Éducation, des Loisirs, chasse et pêche et à celui de la Voirie .peut-être.Pas de quoi faire flotter un drapeau.Le projet constitutionnel de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec ressemble à un virage à 360 degrés.Espérons seulement que les intervenants devant la commission sur l’avenir du Québec seront mieux inspirés et plus généreux envers les Québécois.— HERMEL CYR Hull, le 13 août.Lavage de cerveau à la québécoise LES QUÉBÉCOIS sont soumis au plus grand lavage de cerveau de l’histoire canadienne.Le premier argument est que le Canada anglais a rejeté le Québec.Pourtant, 95 % des gens, représentés par leurs assemblées législatives, ont accepté l’entente du lac Meech.Seulement 5 % des Manibobains et des Terre-Neu-viens ne l’ont pas ratifiée.La grande fausseté n’en continue pas moins à se propager, et le Québec cherche à atteindre la souveraineté en se basant sur cette fausseté.Quelle malhonneté intellectuelle ! C’est l’exigence d’unanimité — une demande non nécessaire dans un pays où on trouve tant de diversité et de disparité dans plusieurs des diverses provinces — qui a tué l’entente du lac Meech.La deuxième grande fausseté est que la langue et la culture française sont menacées au Québec.Pourtant, les immigrants, les anglophones et les allophones apprennent davantage le français, parlent et travaillent plus en français, et, ce qui est plus important, acceptent le français et la culture française.Ils n’en veulent pas moins conserver leur propre langue ainsi que leur culture, et cela nous enrichit.Le troisième grand lavage de cerveau est qu’il est merveilleux de renoncer aux trois quarts de notre héritage comme Québécois pour seulement le quart de ce grand Canada — le plus grand actif immobilier non développé dans le monde qui nous a été légué par nos pères et nos grands-pères pour que nous les léguions à notre tour à nos enfants et à nos petits-enfants.Imaginez combien les racistes du Canada anglais seraient heureux si les Québécois abandonnaient les trois quarts de leur héritage, le reste du Canada.— ROOPNARINE SINGH Montréal, le 11 août Pas si simple, la justice t.etlre adressée à Use Bissonnette, directrice du DEVOIR LE PLAISIR de vous lire à nouveau m’avait comblé jusqu’à hier (25 juillet) où je me suis trouvé fort déçu de votre raccourci d’allure juridique pour commenter la scène canado-amérindienne actuelle.Dans un conflit, enjeu du pouvoir et du contrôle d’êtres humains, surtout lorsqu’il implique des cultures fort différentes, des relations chroniques de gagnant-perdant imposent une ouverture créative à la résolution de cette situation.Vous vous étonnez que le Québec et tout le talent de M.John Ciaccia se voient imposer un conflit qui déborde les frontières du Québec vers l’Ontario et l’État de New York des États-Unis.Peut-être pourriez-vous envisager l’autre face de cet aspect du problème, c’est-à-dire que les Amérindiens n’ont pas les mêmes frontières que celles que les blancs tentent leur imposer depuis leur conquête du continent nord-américain.D’autre part, je m’étonne que vous ignoriez qu’il existe de nombreux cas internationaux de pays souverains enclavés au sein d’autres nations : la république d’Andorre, la principauté du Lichtenstein, la principauté de Monaco par exemple.Certes, des ententes existent entre ces souverainetés et les puissants voisins qui les entourent.Pourquoi donc de telles enclaves souveraines ne pourraient exister, vivre et prospérer avec autonomie au sein du Canada et en harmonie avec les autres races du pays ?Ne pensez-vous pas aussi que nous pourrions pour une fois obtenir intelligence et audace de nos différents paliers de gouvernement et résoudre ce conflit par une action positive du genre de celles dont les pays d’Europe nous donnent l’exemple depuis plusieurs mois ?— Jean-Claude de BROUWER Saint-Basile-le-Grand, le 5 août.Que le malubec vous trousque.En réponse à ht lettre de Poule Lamontagne dans LE DEVOIR du 16 août : « Une langue d'icitle.» FAUDRAIT peut-être expliquer aux allophones un peu futés qui refusent de parler la langue d’i-citte .qu’on retrouve le mot Québec : (rétrécissement, détroit) dans la plupart des langues indiennes.Que la haute-ville occupe la partie où s’élevait jadis le village indien de Stadaconé.Et le mot Canada : (village, bourgade, groupe de tentes), c’est une altération du mot iroquois Kanata.Ottawa : elles bouillent les eaux, les eaux bouillent, Cris, Tête-de-Boule.Chibougamau : lac traversé de bord en bord par une rivière, Cris, Tête-de-Boule.Shawinigan : portage anguleux, Tête-de-Boule.Petawawa : on entend le bruit des chutes, des rapides.Le bruit qui vient jusqu’ici ou icitte ., Cris.Pendant la guerre de 1939-1945, le gouvernement y établit un camp d’entraînement et un camp de concentration.Toronto : un arbre dans l’eau, Iroquois.Iepanamatinaw : montagne haute, Cris.Missisquoi : grosses femmes, Cris, Algonquins.Swastika : croix gammée, langue sanscrite.Centre minier du Témiscamingue qui est un mot d’origine algonguine.Et beaucoup d’autres .Le bon Maistre Rabelays, prince de toute sapience et toute comédie disait : Esbaudyssez-vous et gayement lisez tout à l’aise du corps et des reins, et que le mau-lubec vous trousque si vous me reniez après m’avoir lu.— JEANNE D’ARC JUTRAS Montréal, le 16 août.LE DEVOIR LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire Limitée, société à responsabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 211.rue du Saint-Sacrement.Montréal, H2Y 1X1 II est composé et imprimé par Imprimerie Dumont.Division du Groupe Québécor Inc , dont les ateliers sont situés au 7743, rue Bourdeau, LaSalle L’Ayence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc .située au 775, boul Le-beau, St-Laurent Courrier do deuxième classe enregistrement numéro 0058 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec (514)844-3361 Abonnements (514) 844-5738 rue >t Sacrement Montréal.Québec H2V 1) Subscription rate per year is $439 00 US Second Class Postage paid at Champlain.N U S POSTMASTER send address chang 1°9l'nS*> ^ O 1510.Champlain.N DES IDEES, DES EVENEMENTS Le Devoir, mardi 21 août 1990 ¦ 11 L’histoire des revendications mohawks Les Sulpiciens ont toujours eu le dernier mot, y compris sur le choix des arbres à couper, une source éternelle de conflits PHOTO JACQUES NADEAU mm i;'vTr Le médiateur, le juge Alan B.Gold, entouré des représentants gouvernementaux et amérindiens lors de la signature de l’accord préalable le 15 août dernier.PIERRETTE DÉSY L'auteur est ethnologue et professeur à l'Université du Québec à Montréal CE N’EST pas un hasard si les revendications à Oka ont rebondi de manière tragique au mois de juillet 1990.Oka a toujours été pour le ministère des Affaires indiennes un problème épineux qu’il avait cru régler à l’occasion de plusieurs jugements juridiques.Malheureusement, la juridiction n’a que faire des sentiments humains, et c’est bien là le drame.Ce dernier n’a fait que grandir avec les années, prendre des proportions fatalistes dans la mesure ou plus le temps passait, plus le pouvoir se retranchait derrière la loi, et plus les autochtones continuaient leurs revendications avec la même logique imperturbable.Comme on le verra plus loin, pas un iota n’a été changé aux revendications.Il a fallu un banal projet de terrain de golf pour mettre le feu aux poudres et faire paraître à l'extérieur ce qui a toujours existé.Les données qui suivent proviennent pour la plupart du « Centre historique de recherches sur les traités au ministère des Affaires indiennes du gouvernement d’Ottawa et des Archives publiques du Canada.Au vu et au su de ces documents, dont certains portent la marque de la qualité, on est en droit de se demander comment il est possible que le ministre des Affaires indiennes qui, bien avant l'attaque du 11 juillet, aurait pu au moins régler l’affaire du terrain de golf, a pu être si irresponsable ?Est-ce là le fait du prince ?Un bref historique Rappelons brièvement l’histoire de Kanesatake (qui signifie en mohawk « sur la colline »>).À la fin du XVIIe siècle, on trouve à Montréal trois groupes d’autochtones, les Ni-pissings (qui en passant sont des Algonquiens), les Algonquins et les Mohawks rassembles autour de la mission des Messieurs de Saint-Sul-pice.Cependant différents problèmes ayant surgi, dont celui du trafic d’alcool, les Sulpiciens décident, en 1701, de regrouper les autochtones à leur mission du Sault-au-Récollet.Les problèmes qui existaient initialement à la mission de Montréal n’étant pas résolus à celle de Sault-au-Récollet, les Sulpiciens demandent et obtiennent, en 1717, une concession au lac des Deux-Montagnes.Cette dernière sera renouvelée en 1718 à condition que les intéressés paient les frais de déménagement et la construction d'une église.En outre, les Sulpiciens ont mission de « protéger et éduquer les autochtones dans la religion catholique ».Dans toute cette affaire, les autochtones auront toujours de bonnes raisons de croire qu’ils ont été lésés.Voilà bien le noeud du conflit : d’un côté, les Messieurs de Saint-Sulpice, de l’autre, un groupe de Ni-pissings, d’Algonquins et de Mohawks, qui revendiquent les mêmes terres.Pour qu’il y ait eu initialement problème, et pour qu’il continue encore au début des années 1990 à susciter une telle mésentente, il faut croire que les choses n’ont jamais été très limpides.Observons que le concept de territorialité n’est pas un phénomène uniquement contemporain, qu’il a toujours eu un sens différent selon qu’il participait des territoires ancestraux des Amérindiens ou du processus de conquête de la terre par les Européens.Observons encore que avant et après l’arrivée des Européens, les glissements progressifs de territoires ont toujours existé.Pour illustrer ce propos, mentionnons l’exemple des Diné-Navajo {parents linguistiques des Dène du Nord-Ouest du Canada) qui, après une très longue migration, arrivent dans le Sud-Ouest des États-Unis, précédant de peu les Espagnols; l’exemple de Cartier qui au XVe siècle trouve des Iroquoiens dans la vallée du Saint-Laurent alors que Champlain au XVIe rencontrera des Algonquiens; ou encore celui des Tuscarora, originaires de la Caroline du Sud et qui, fuyant les colons, viennent se joindre aux Cinq Nations iroquoises au cours du XVIIIe siècle.On le voit, le concept de territorialité ne renvoie pas nécessairement à l’idée de frontières fixes, il est beaucoup trop fluide et complexe dans le temps et dans l’espace pour ne mériter qu’une seule définition.Voyons ce qui se passe à Oka au cours du XIXe siècle.Les événements qui surviennent alors illustrent de manière exemplaire la manière dont les Messieurs de Saint-Sulpice consolident leur position de seigneur; ils montrent également le mécanLsme par lequel les autochtones sont pris dans les pièges tentaculaires que leur tende l’État.Pour reprendre une expression de La Boétie, Oka au XIXe siècle, c’est l’histoire du « malencontre ».Tout d’abord, trois données s’imposent : la Proclamation royale de 1763, le statut de seigneurie du lac des Deux-Montagnes et la nature politique de la Ligue des Iroquois.Le XIXe siècle Pour mener à bien leurs revende cations, les Nipissings, les Algonquins et les Mohawks s’appuient sur la Proclamation royale de 1763 selon laquelle les terres occupées par les autochtones constituent de facto leurs territoires de chasse.En conséquence, dès 1822, les Nipissings et les Algonquins du lac des Deux-Montagnes revendiquent les terres situées des deux côtés de la rivière des Outaouais jusqu’au lac Nipissing.Mais en 1827, lors d’une réunion à Caughnawaga destinée à régler la question des terres, le major-général Darling, représentant des Affaires indiennes, rejette les demandes territoriales des Nipissings et des Algonquins, déclarant que ces terres ne sont pas leurs propriétés exclusives, puisque, selon la Proclamation, les Iroquois ont également le droit d’y chasser.En revanche, il les informe que des champs leur seront concédés dans le but de pratiquer l’agriculture — qui est au XIXe siècle une véritable obsession de tous les agents des Affaires indiennes qui voudraient faire des fermiers de tous les chasseurs-cueilleurs —, mais qu’il lui est impossible d’attribuer des territoires de chasse.Dont acte.Cependant, en 1836, le gouverneur du Canada revient sur la déclaration du major-général Darling et déclare en substance qu’il n’y a aucune raison de douter que, sous le régime français, les Algonquins et les Nipissings chassaient sur les terres qu’ils revendiquent.Il ajoute que dans la mesure où la Proclamation de 1763 a permis aux Mohawks de Akwesasne d’occuper leur réserve actuelle, il recommande qu’un terrain destiné à l’usage des Algonquins et des Nipissings soit mis de côté sur la rivière des Outaouais.Les relations entre les Sulpiciens et les autochtones n’ont pas cessé de se détériorer.Des conflits les opposent sur les questions de l’exploitation de la forêt, du bois de chauffage, de construction, des champs à cultiver et de l’empiètement des Blancs sur leurs terres.En 1839, le Séminaire de Saint-Sul-pice à Montréal prend un certain nombre d’engagements auprès de la population autochtone, engagements destinés à réduire les tensions.Mais il n’en reste pas moins que les Sulpiciens ont toujours le dernier mot sur toute sorte de choses y compris le choix des arbres à couper, une source éternelle de conflits.À preuve ce qui se passe aujourd’hui.Les pétitions adressées par les autochtones d’Oka affluent au gouvernement d’Ottawa.Pendant ce temps, en 1841, un acte est passé et vote par le gouvernement confir- mant les titres des Sulpiciens sur la seigneurie du lac des Deux Montagnes.Dix ans plus tard, en 1851, le gou vernement de Québec met de côté 230 000 acres de terres réservés aux autochtones.Deux ans plus tard, en 1853, il crée la réserve de Mani-waki, située sur la rivière Désert, destinée aux Nipissings et aux Algonquins d’Oka ainsi qu’aux Atti-kamegs.En même temps, il met de côté, Doncaster (sis à quelques ki lomètres au nord de Sainte-Agathe), une terre de 18 500 acres pour l’usage des Mohawks de Kahnawake (2/3) et de ceux de Kanesatake (1/3), sans obligation de devoir y habiter puisqu'aucune infrastructure n’est prévue.Un groupe d’Algonquins et de Nipissings allèrent s’établir à Maniwaki ou leurs descendants vivent aujourd’hui.Entre-temps, la situation ne s’arrangeait guère à Oka.Ce qui était un droit pour les Sulpiciens était une injustice pour les autochtones.Ce qui semblait légitime aux yeux des autochtones était illégal à ceux des Sulpiciens : c’est ainsi qu’on peut résumer le dialogue de sourds qui allait se poursuivre entre les deux parties.Aucun droit, sauf celui d'y vivre En 1866, les chefs et les guerriers mohawks de Kanesatake présentent une pétition au gouvernement dans laquelle ils se plaignent, entre autres, d’être traites avec mépris et dureté par le clergé catholique.Ils reprochent encore aux Sulpiciens de leur refuser le droit de couper des arbres pour la construction, alors que ces derniers ont cédé de grandes quantités de bois à des fins commerciales, et loué ou vendu à des Blancs des terres agraires sans leur autorisation.Les Iroquois soutiennent qu'ils sont propriétaires des terres et que les Messieurs de Saint-Sulpice les ont lésés de leurs droits.Le secrétaire d’État et surintendant des Affaires indiennes, il.C.Langevin, réaffirme dans un rapport daté du 9 octobre 1868 adressé au Conseil privé que la seigneurie du lac des Deux-Montagnes est la propriété absolue du Séminaire de Saint-Sulpice, et que, en conséquence, les Iroquois n’y ont aucun droit, sauf celui d’y vivre.Par ailleurs, il doute des accusations envers les Sulpiciens affirmant qu’ils ont « toujours été bons envers les Iroquois », et que, de toute façon, c’est leur droit le plus strict de prendre les décisions au sujet de la forêt environnante.Le 31 juillet 1868, les Algonquins répètent, dans une nouvelle pétition, que le séminaire de Saint-Sul pice n’a aucun droit sur les terres et la forêt, que celles-ci leur appartiennent, et ils accusent le séminaire de refuser de leur donner du bois; ils soulignent en outre n’avoir jamais reçu de compensations financières pour des îles situées dans la rivière des Outaouais.Enfin, ils demandent que leur soient accordés les mêmes droits et privilèges que ceux des Blancs.À SUIVRE « Une » ou « des » tours sur le mont Royal ?PHOTO CLAUDE MARSAN Le Parc du mont Royal constitue un site unique à Montréal.*»>• r f t SA.LIBRE OPINION JEAN LACHAPELLE ALAIN TREMBLAY LE MONT ROY Al, est parsemé de dizaines de tours et d’antennes de communication.Autant de nuisances visuelles, autant de grandes herbes folles, autant de notes discordantes dans le ciel de la montagne.Or, ce qui est visible pour le simple observateur semble avoir totalement échappé à l’attention des experts de la Ville qui ont travaillé à la conception du Plan préliminaire de mise en valeur du mont Royal.Aucune étude digne de ce nom n’a été consacrée à la présence bien manifeste, pour ne pas dire envahissante, de cette industrie des communications.Une vague promesse touchant la renégociation du bail pour l’emplacement qu’occupe la tour de la Société Radio-Canada, c’est tout ! Pire encore, dans l’esprit de certains, les tours sont devenues choses du passé.Grâce aux incessants miracles de la technologie moderne, leur disparition est acquise.Ce rêve éveillé comporte un double avantage : il rend plus supportable le gâchis actuel et, surtout, nous épargne l’effort d’une remise en question.Mais regardons la situation de plus près.Une porte ouverte à un réaménagment d’ensemble Dans un mémoire qu’il remettait récemment au Bureau de consultation de Montréal, le ministère fédéral des Communications nous apprenait trois choses : 1 — Il n’est pas envisageable de déménager les tours dans la plaine.Le spectre est trop complexe à gérer, les risques de brouillage dans les fréquences y seraient trop élevés et, de plus, il faudrait doubler ou même tripler le nombre des installations, donc faire face à des coûts exorbitants.La montagne, comme lieu se situant au-dessus de tous les obstacles physiques, s’avère l’endroit par excellence pour l’envoi des messages.Rien de surprenant à cela : l’Amérindien avec sa fumée et l’Africain avec ses tam-tams l’avaient déjà compris.Les communications continueront à se faire via le mont Royal.2 — Le mémoire, en page 10, conclut en ces termes : « L’évolution technologique amènera de nouveaux développements dans le domaine des radiocommunications (télévision à haute définition, transmission numérique, téléphone personnel portatif, gestion informatisée de l’acheminement des messages, etc.) Cependant, il serait prématuré de conclure que l’évolution technologique permettra la mise en marché de ces innovations dans un environnement physique substantiellement différent au niveau de l’usage d’installations d’antennes élaborées.Voilà que le beau rêve éveillé de nos .1 ules Verne en herbe vient de s’écrouler : à la télégraphie sans fil ne viendra pas s’ajouter la radiodiffusion sans tour et sans antenne, du moins pas dans un avenir directement prévisible.3 — Enfin, le mémoire nous apprend que toute proposition de modifier radicalement les équipements en place pourrait avoir un impact désastreux.L’agencement des fréquences en usage — 950 en tout — est très congestionné et repose sur un équilibre précaire.Ce dernier aveu revêt pour nous une importance capitale.Il constitue à nos yeux, aussi paradoxal que cela puisse paraître à prime abord, une porte ouverte à un réaménagement d’ensemble des outils de communication qui couvrent le mont Royal.Bien entendu, tout vouloir chambarder du jour au lendemain serait effectivement désastreux.Mais ce que se gardent bien de nous dire les rédacteurs dudit mémoire, c’est qu’un changement soigneusement planifié peut être très bénéfique.Voilà en effet une occasion en or de développer une nouvelle expertise, de réconcilier les besoins des utilisateurs des tours et les préoccupations légitimes des écologistes, et de rationaliser et améliorer un réseau construit à la pièce, limité dans ses performances parce que fortement congestionné.Si nous ne pouvons éliminer les tours du mont Royal, rien ne nous interdit d’en réduire le nombre et même de chercher à les regrouper sur un seul et unique emplacement.Devons-nous le rappeler ?notre mont Royal a trois sommets.Le sommet ouest est exclu : il a son Parc Summit et son Oratoire.Le sommet est également à exclure : le Parc du Mont-Royal et la croix, ce symbole de nos origines, l’occupent.Pas question de tailler dans sa végétation.Reste le sommet nord, dont la cime a été dépouillée.Cet endroit perturbé, oublié est pourtant doté d’un potentiel énorme et nécessite, lui aussi, un réaménagement d’ensemble.Nous devons y réaliser un projet essentiellement éducatif, respectueux du cadre environnant et bien différent de la pente-école de ski alpin proposée par la Ville.Là, nous pouvons ériger une tour de communication qui remplacera tou tes les tours du mont Royal.Une zone tampon Dans un article de fond paru en date du 19 juillet dernier dans LE DEVOIR, nous émettions le voeu que nos cimetières s’unissent pour ouvrir au public un centre d’accueil et d’interprétation, un musée des représentations de l’au-delà.Ce musée se situerait à la cime même du sommet nord, à la jonction des cimetières catholique et protestant, et servirait de monument d’entrée à nos deux cimetières.Au dernier étage du bâtiment qui abrite le musée où dans l’entretoit, on peut loger les instru-menls techniques essentiels à la tour de communication qui surplombera l’édifice.Sur le toit, la Ville de Montréal pourra établir une terrasse d’observation avec vue à 360e.On y obtiendra des aperçus d’une qualité exceptionnelle sur le panorama général de la montagne.Rien n’empêche d’avoir un périmètre de verdure autour de la construction, zone-tampon entre le lieu fréquenté par les visiteurs et les endroits plus spécifiquement destinés à des fins de sépulture.Pour ce qui est de l’affluence, il faut interdire l’accès aux automobiles.La proximité de la station de métro Édouard-Montpetit nous indique la voie à suivre.Mais venons-en à la tour proprement dite ! Le défaut majeur qui caractérise selon nous les tours actuelles, ce n’est pas tant leur nombre, leur localisation souvent malvenue ft SRC et la Sûreté du Québec LIBRE OPINION NICOLE BÉLANGER L'auteur est directeur régional des services anglais.Elle s'adresse ici à M Robert La vigne, directeur général de la Sûreté du Québec LE DIMANCHE 12 août 1990, la station de télévision CBMT du réseau anglais de la Société Radio-Canada a affecté une équipe de reportage pour couvrir la manifestation de résidants de Châteauguay qui bloquaient le pont de Saint-Louis-de-Gonzague, sur ta Voie maritime du Saint Laurent.L’équipe, formée du caméraman André Jacques et du reporter Mark Holder, vaguait à ses occupations, faisant des interviews et tournant des images de manière tout à fait professionnelle.Vers 17 h 30, les policiers de la Sûreté du Québec ont foncé sur la foule pour dégager le pont.L’éauipe de Radio-Canada couvrait l’événement sans nuire au travail des policiers.Une fois de l’autre côté du pont, le caméraman André Jacques, qui fil niait toujours ce qui se passait autour de lui, a été interpellé par plusieurs agents de police.Une matraque a été jetée en direction de l’objectif de la caméra.M.Jacques a été poussé dans le dos à plusieurs reprises par un policier qui l’a ensuite attaqué avec sa matraque, faisant tomber la caméra.Puis, M.Jacques a été « escorté » de l’autre côté du pont, et le policier qui l’avait frappé a exigé qu’il lui remette la vidéocassette de sa caméra.M.Jacques lui a finalement remis la cassette après que le policier lui eut fait comprendre qu’il l’obtiendrait d’une manière ou d’une autre, même s’il devait détruire la caméra pour ce faire.Tout de suite après cet incident, la rédaction de CBMT et le conseiller juridique de Radio-Canada ont télé phoné au quartier général de la Sû-, reté du Québec à Montréal pour por ter plainte et exiger le retour immédiat de la vidéocassette saisie illégalement.Ils ont rappelé le sen gent Michel Martin plusieurs fois au cours des cinq ou six heures qui ont suivi : il a chaque fois répondu qu’il ne pouvait confirmer si la Sûreté était toujours en possession de la cassette de Radio-Canada ou si elle avait été détruite, et n’a même pas reconnu que l’incident se soit vraiment produit.• A 11 h 30 le lundi 13 août 1990, la cassette a été retournée au conseil* 1er juridique de Radio-Canada, sans aucune explication ou excuse.Joint plus tard dans l’après-midi, le sergent Martin a affirmé avoir reçu là cassette dans le courrier interne de la Sûreté et ne pas savoir comment elle lui était parvenue ou si des copies avaient été faites.La Société Radio-Canada a porté plainte contre la Sûreté du Québec auprès de la Commission de police du Québec en raison de la conduite des policiers de la Sûreté du Québec-dans cette affaire.Les faits notés sont le comportement violent des of ficiers impliqués envers le personnel journalistique de Radio-Canada, leur tentative éhontée de faire obstacle au travail d’un caméraman professionnel dans l’exercice de ses fonctions par l’intimidation et la saisie illégale de matériel journalistique et les retards dans le traitement de la plainte déposée auprès du quartier général de la Sûreté.Tous ces faits ont entraîné la violation de la liberté de presse et du droit de la population à être informée, au moment opportun, de tout ce qui est d’intérêt public.Radio-Canada considère que cette situation et la manière dont ont agi les policiers de la Sûreté du Québec sont totalement inacceptables dans une société libre et démocratique.Conséquemment, la Société Radio-Canada exige une explication détail lée de la part de la Sûreté du Québec, de même que l’assurance que deij, mesures seront prises pour empêî cher que se reproduise dans l’avenir un incident aussi déplorable, et exige de plus que la Sûreté du Québec admette publiquement qu’elle a agi de manière répréhensible.ou leur éparpillement, que leur quincaillerie élevée à l’état brut, sans" souci d’esthétique.N’est-il pas possible de faire du pylône, c’est-à-dire' de la charpente métallique qui sup-porte et encadre l’antenne, un objet d’art, une forme stylisée, une sorte de grand filigrane, une toile admL rablement tissée, un mécano harmonieux qui s’intégrerait et même ajouterait à l’ensemble monumental désiré ?Faire de l’utile, certes.Mais surtout, faire quelque chose de beau, quelque chose qui signifierait beaucoup pour les Québécois : leur ouverture au monde.Il ne s’agit pas de bouleverser le coeur de la montagne, mais bien de dégager son ciel ; il ne s’agit pas dé s'adonner à un super-exercice de promotion touristique, animé en sous-main par une horde de promoteurs voraces, mais bien de recou* ronner un sommet trop longtemps délaissé; il ne s’agit pas de violer la paix de nos sépultures mais bien de nous introduire au mystère grandiose et sacré de la vie et de la mort.Il s’agit là, nous le croyons fermement, d’un projet collectif, faisant appel à ce qu’il y a de meilleur chez nos techniciens, nos penseurs et nos artistes. 12 ¦ Le Devoir, mardi 21 août 1990 Les Algonquins coupent la route 117 vers l’Abitibi MANIWAKI (PC) — Des Algonquins ont dressé des barrages hier sur la roule 117, dans la réserve faunique La Vérendrye, bloquant la seule route reliant l’Abititi au reste du Québec.Ces Amérindiens veulent ainsi protester contre la coupe à blanc qui serait pratiquée par les compagnies forestières dans la région du lac Barrière.La Cour supérieure, à Hull, doit être saisie aujourd’hui d’une requête en injonction visant à permettre aux compagnies de reprendre leurs activités forestières interrompues en raison des moyens de pression des Amérindiens.Un porte-parole de la Sûreté du Québec, l'agent Ghislain Blanchet, a déclaré que la manifestation avait débuté vers 14 h 30.Des membres du Rassemblement des jeunes algonquins ont ralenti la circulation et distribué des tracts à la borne kilométrique 350, dans la région du lac Rapide.Un peu après 16 h, ils ont adopté un moyen plus draconien, déversant des tas de gravier sur la chaussée, ce qui a eu pour effet de bloquer complètement la circulation.En guise d’appui, d’autres Amérindiens ont dressé un autre barrage composé de blocs de ciment vers 17 h 15 à une quinzaine de kilomètres au nord du premier blocus.Les mêmes Algonquins avaient déjà procédé à un blocus routier au printemps dernier.Ils demandent au gouvernement de se montrer plus sévère à l’endroit des compagnies forestières qu’ils accusent d’exploiter la forêt sans tenir compte de son renouvellement.Des agents de la Sûreté du Québec des postes de Hull et de Maniwaki ont été dépêchés sur les lieux, mais les autorités policières n’étaient pas en mesure de dire hier soir quand la route pourra être dégagée.SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 La question lies ont convenu du site de la Trappe d’Oka, où elles se sont vues en fin de semaine.La décision de remplacer la SQ par l’armée a alors également été entérinée, soutiennent des sources gouvernementales.Après ces faux départs, les parties se sont finalement assises samedi pour une discussion en bonne et due forme.Les deux pivots des exigences autochtones, les revendications territoriales et l’autonomie gouvernementale, ont alors monopolisé les discussions.Les grandes lignes d’un protocole d’entente sur ces questions, à être finalisé après le démantèlement des barricades, ont été ébauchées.Dimanche, le cabinet fédéral s’est réuni pendant cinq heures pour se pencher sur ce rapport d’étape des négociations et faire le point sur la situation à la veille du déploiement des forces armées.De leur côté, les Mohawks devaient faire leur propre rapport à leur communauté.En l’absence de nouvelles préoccupations, les éléments semblaient en place pour amorcer la négociation en vue d’un règlement de la crise et du démantèlement des barricades.Mais alors que négociateurs fédéraux et provinciaux attendaient leurs interlocuteurs mohawks, ces derniers décidaient d’annuler la séance de négociations pour protes-ler contre la tournure du deploie-ment de l’armée.Les autochtones se plaignent notamment de ce que les soldats tentent de les encercler.Mais, dans l’esprit de l’équipe gou vernementale, il n’est pas question que l’armée modifie ses plans.La journée d’hier, la cinquième de la ronde actuelle de négociations, s'est donc déroulée dans l’attente d’un signal plus définitif des Mohawks juant au statut exact des pourparlers.Mais l’absence des autochtones de la table de négociations au moment où ces dernières auraient amorcé un virage crucial inspire un certain pessimisme à Québec et à Ottawa.Dans cette dernière capitale, l'appareil réservé aux crises majeures a d’ailleurs finalement été mobilisé pour tenter de résoudre le conflit d’Oka.21 août par la PC et l'AP I989: le Sénégal rompt ses relations diplomatiques avec la Mauritanie.I988: dix mille personnes manifestent en Tchécoslovaquie à l’occasion du 20e anniversaire de l'intervention des pays du Pacte de Varsovie, qui mit fin au "Printemps de Prague".1987: des milliers de personnes assistent à Manille à un service religieux célébré à l’occasion du quatrième anniversaire de l'assassinat du mari de la présidente Co-razon Aquino.1986: des émanations de gaz toxique, provenant du fond du lac volcanique de Nyos, au Cameroun, font 1887 morts.1985: les opposants d'extrême-gau-che philippins organisent la plus .importante manifestation anti- Marcos devant le palais présiden-‘, tiel à Manille.1983: le chef de l’opposition philippine, Benigno Aquino, est assassiné à son retour à Manille, après trois ans d'exil volontaire aux États-Unis — son assassin est abattu sur place.1980: le chanteur Joe Dassin meurt d'une crise cardiaque à l’âge de 42 ans.1976: l’avocate Gabrielle Vallée devient la première femme nommée à la direction de la Cour supérieure de Québec.1975: Washington lève l’embargo sur les relations commerciales avec Cuba, imposé depuis 12 ans aux filiales de sociétés américaines, mats l'embargo sur le commerce direct entre les États-Unis et Cuba demeure en vigueur.1968: décès à Montréal de l’écrivain Germaine Guèvremont à 74 ans.1959: Hawaï devient le 50e État des États-Unis.1940: Léon Trotski meurt de suites de blessures infligées par un assassin, à Mexico.Ils sont nés un 21 août: le peintre français Jean-Baptiste Greuze (1725-1805); l’historien français Jules Michelet (1798-1874); le comédien français Charles Vanel (1892 ) ; la princesse Margaret d’Angleterre (1938 ); le chanteur Kenny Rogers (1938-).Ainsi, depuis une dizaine de jours, ou, plus précisément, depuis la signature par le ministre fédéral Torn Sid-don d’un protocole d’entente derrière les barricades, la ligne de conduite fédérale a amorcé un virage important.C’est dorénavant du bureau du premier ministre, plutôt que du ministère des Affaires indiennes, qu’est piloté le dossier de la crise autochtone.En nommant son ancien bras droit Bernard Roy comme négociateur fédéral, le premier ministre Mulroney s’est en effet désigné un homme de confiance à la table de négociations.Simultanément, Ottawa a littéralement abandonné les règles qui gouvernaient jusqu’à présent ses politiques à l’égard des autochtones.Ainsi, le gouvernement fédéral négocie-t-il actuellement des revendications territoriales avec les Mohawks, qui ne correspondaient pas, jusqu’à tout récemment, à ses critères.Dans le même ordre d’idée, le gouvernement fédéral a annoncé la semaine dernière qu’il renonçait à sa pratique de traiter seulement une demi-douzaine de revendications territoriales à la fois, promettant plutôt de toutes les régler d’ici la fin de la décennie.Au total, pas moins de 275 dossiers sont actuellement en souffrance.Ottawa, qui avait insisté sur une médiation avec les autochtones lors de l’annonce du recours à l’armée réclamé par Québec, joue la négociation actuelle comme une dernière carte.Si elle échoue, il n’y aura pas d'autre tentative de solution à l’amiable, laisse-t-on entendre dans la capitale fédérale.4 Les Mohawks Billy Two-Rivers, membre de l'équipe d’observateurs mohawks qui s’était rendue sur les lieux, a prétendu de son côté que les parties avaient convenu antérieurement de respecter les positions militaires observées jusqu’à maintenant.« Nous interprétons cette requête de l’armée canadienne comme un acte d’agression pour intimider la nation mohawk dans le cadre de négociations fragiles », ont fait savoir les Mohawks par voie de communiqué.Le ministre de l’Éducation et député d’Argenteuil Claude Ryan a confirmé de son côté que la négociation qui avait cours depuis trois jours n’avait pas encore porté sur le démantèlement des barricades mohawks, contrairement à ce que prévoyait l’agenda.« C’était la question prioritaire.On laissera l’opinion publique juger de cet état de fait », a dit le ministre, l’air courroucé.L’armée canadienne, qui a posté hier plus de 700 hommes à Oka et à Châteauguay pour remplacer les policiers de la Sûreté du Québec, a fait savoir que les militaires ont été appelés dans le cadre d’une intervention militaire et que leurs prises de osition visent d’abord et avant tout obtenir une meilleure vue des développements dans le camp adverse.« Nous voulions nous rapprocher sur le rang Saint-Germaine pour être en terrain surélevé, ce qui nous permettrait de voir ce qui se passe sur les barricades mohawks.Nous allons également creuser des tranchées pour enfouir les blindés à chenille.Il est entendu que si on nous tire dessus du côté mohawk, nous allons riposter », a expliqué le major Richard Larouche, porte-parole de l’armée.Par ailleurs, le commandant en chef de la région du Québec, Armand Roy, le lieutenant-colonel Robin Gagnon et le lieutenant-colonel Pierre Daigle se sont rendus contre les barricades d’Oka hier à bord d’un hélicoptère de l’armée canadienne pour rencontrer les Warriors dans le cadre d'une mission de rapprochement entre les parties.Après avoir applaudi l’arrivée de l’armée à Châteauguay, les curieux se sont d’ailleurs insurgés de voir un représentant des Forces armées canadiennes serrer la main d’un Warrior masqué.« On est content qu’ils soient ici, mais s’ils y sont pour 40 jours, on va trouver cela moins drôle », a déploré une résidante.À Oka, où presque les deux tiers de la population ont été évacués au cours des dernières semaines, la présence massive de l’armée canadienne ne semblait pas impression-' ner outre mesure les curieux et les résidants.« Nous avons en tout 65 véhicules dans la municipalité d’Oka.Des grizzlis, des cougars, des bélier mécaniques et autres.Les soldats qui restent dans le village relaieront ceux qui sont postés sur les barricades », a poursuivi le major Larouche.Il était toujours impossible, au moment de mettre sous presse, de savoir si une autre rencontre de négociations était prévue entre les Mohawks et les représentants des gouvernements fédéral et provincial.D’autre part le gouvernement qué- bécois accélérait hier les procédures afin de dédommager éventuellement les citoyens d’Oka et de la Rive-Sud frappés par la crise actuelle, mais ne pouvait promettre le début rapide de la construction de l’autoroute 30 au sud de Montréal.Un porte-parole du ministre délégué aux Transports, Yvon Valliè-res, indiquait que le gouvernement québécois « allait tout faire pour accélérer le processus de réalisation de ce projet », mais qu’il n’était « pas question de brûler les étapes».Le maire de Châteauguay Jean-Bosco Bourcier peut toujours faire commencer demain « les travaux de cette autoroute comme il a menacé de le faire, mais il devra en assumer les conséquences financières» a ajouté l’attaché de presse du ministre.Les plans de l’autoroute devraient être complétés d’ici deux semaines, et pour accélérer les choses il est probable qu’une loi spéciale soit adoptée pour éviter les délais du processus habituel, signale-t-on.Hier, un comité de coordination était mis sur pied sur la Rive-Sud pour mieux gerer le conflit.Le comité comprend des représentants des cabinets des ministres André Bourbeau, Sam Elkas et Yvon Pi-cotte, des hauts fonctionnaires du ministère des Affaires municipales, de la ville de Châteauguay et de la Protection civile, ainsi que Jean-Bosco Bourcier, maire de Châteauguay, et Georges Gagné, préfet de la MRC de Roussillon.Le comité veut faciliter le travail de tous les intervenants dans le dossier.Hier, ce comité a annoncé le versement des coûts d’essence excédentaires, selon la facture, aux citoyens qui doivent effectuer des détours à cause de la fermeture du pont Mercier.On a égalemnet confirmé que les travaux de l’estaeade du pont Champlain débuteraient « d’ici 14 jours maximum », et on a déclaré que les travaux de l’autoroute 30, lorsqu’ils commenceront, respecteront le tracé original.Si l’autoroute passe sur des terrains qui ont été acnetés par des Mohawks, ces terrains seront expropriés et les propriétaires dédommagés.Pour leur part, les ministres Michel Pagé (Agriculture, Pêcheries et Alimentation) et Claude Ryan (titulaire de la region Laurentides-La-naudière) rencontraient en matinée une centaine d’agriculteurs de la région.Les deux ministres ont annoncé que le gouvernement dédommagera financièrement tous les producteurs affectés pour les pertes de revenu, de capital et les frais d’exploitation supplémentaires engendrés par la situation.Comme dans le cas de Saint-Basile-le-Grand, chaque dossier sera étudié séparément, au mérite.Signalons enfin que les membres de la Chambre de commerce de Châteauguay se réunissaient hier soir pour faire le point sur la situation et planifier une manifestation qui doit se tenir demain.Manifestation pacifique ou musclée ?« Les deux, on verra » répond Paul Chamberland, président de l’organisme.4 Bush hington, Londres et Paris, qui ont réaffirmé leur détermination à obtenir le « retrait immédiat et inconditionnel » des troupes irakiennes du Koweit.Ces pays agissent en outre au Conseil de sécurité de l’ONU pour qu’il adopte le principe de « mesures contraignantes» contre l’Irak.Les trois capitales suivent avec attention et inquiétude les informations sur le sort de leurs ressortissants.Selon la chaîne de télévision américaine CBS, plusieurs Américains auraient été déjà transférés dans au moins quatre usines produisant des armes chimiques, et huit autres contrainLs de demeurer dans les raffineries de Mossoul, dans le nord de l’Irak.Quatre-vingt-deux Britanniques et 33 Français qui se trouvaient en Irak et au Koweit occupé ont été transférés de force par les autorités irakiennes vers des lieux jusqu’ici inconnus.À l'inverse de Washington, le Canada refuse toujours pour sa part d’utiliser le mot « otages » pour désigner ses concitoyens retenus en Irak et au Koweit.« Le Canada croit qu'il est encore possible d’obtenir de Bagdad la libre circulation de nos ressortissants et c’est pourquoi nous n’utilisons pas le mot ‘otages’ », a indiqué un porte-parole du ministère des Affaires extérieures, M.Réjean Tessier.Le nombre de Canadiens retenus par les autorités irakiennes a été révisé à la hausse et est maintenant évalué à 600 au Koweit et 200 en Irak.Vingt-six Canadiens ont pu sortir clandestinement d’un de ces deux pays et se sont réfugiés en Arabie Saoudite, selon les informations fournies au ministère canadien des Affai- Des membres de l'état-Major des Forces armées sont arrivés à Oka en hélicoptère, hier, pour parler aux Warriors qui viennent à leur rencontre entre leurs barricades et les anciennes de la SQ.L'armée a accepté de reculer de 400 mètres ses positions à la demande des Amérindiens.L’armée recule PHOTO JACQUES GRENIER res extérieures.Pour obtenir que Bagdad laisse partir les ressortissants canadiens, Ottawa a entrepris « plusieurs démarches » auprès des autorités irakiennes, la dernière en date ayant été, dimanche, la convocation de l'ambassadeur irakien à Ottawa par le chef de la diplomatie canadienne, M.Joe Clark, a indiqué M.Tessier.À la connaissance du gouvernement d’Ottawa, aucun ressortissant canadien n’a été « déplacé » vers des hôtels ou des installations stratégiques, a également déclaré le porte-parole des Affaires extérieures.Au cours du week-end, l’ambassadeur irakien à l’ONU a affirmé que les Canadiens ne seraient pas traités différemment des autres.Le Canada, membre temporaire du Conseil de sécurité et vice-président du comité chargé du suivi des sanctions économiques contre Bagdad, affirme soutenir totalement la politique des Nations unies vis-à-vis de l’Irak.La crise du Golfe sera au centre des discussions que les ministres des Affaires étrangères des douze pays de la Communauté européenne auront aujourd’hui à Paris.Cette réunion doit avoir lieu après celle des neuf pays de l’Union de l’Europe occidentale (UEO) prévue dans la matinée, également à Paris.Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a précisé que la réunion des Douze se faisait à l’initiative de Paris.Il a d’autre part démenti des informations selon lesquelles la France entendait régler de façon séparée le problème de ses quelque 560 ressortissants.À New York, une source bien informée a annoncé, hier en fin de matinée, que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, URSS, Grande-Bretagne, France et Chine) allaient se réunir incessamment (page 5).Bagdad joue du sort des ressortissants étrangers de manière à provoquer des failles dans la détermination occidentale en permettant, par exemple, le départ de Suisses, de Suédois, de Finlandais, de Portugais, d’Argentins et d’Asiatiques, mais non des Japonais.Alors que les États-Unis poursuivaient le renforcement de leur dispositif militaire dans le Golfe, le ministre irakien de l’Information, Latif Nassif Jassem, avertissait que tout pilote américain abattu par la DCA irakienne serait aussitôt.« mangé ».Outre l’annonce que 22 chasseurs-bombardiers «furtifs» F-117 devaient quitter hier leur base de Virginie en direction du Proche-Orient, les États-Unis ont commencé à déployer des forces dans les Émirats arabes unis.La nouvelle a été donnée hier par le secrétaire américain à la Défense Dick Cheney, lors de son séjour à Abou Dhabi.Il s’est félicité de ce qu’Abou Dhabi ait accepté le déploiement sur son territoire de « forces des pays arabes et d’autres pays dans le cadre des efforts arabes et internationaux tendant à défendre la région ».M.Cheney, qui avait inspecté auparavant le dispositif militaire américain dans la province orientale de l’Arabie Saoudite, devait ensuite se rendre à Oman, puis à Djeddah.L’Irak a donné hier un ultimatum de cinq jours aux ambassades étrangères à Koweit pour cesser leurs ac- tivités et fermer leurs locaux.L’ultimatum expire vendredi, a indiqué le porte-parole du ministère irakien des Affaires étrangères, qui a averti les diplomates en poste à Koweit qui n'appliqueraient pas cette décision qu’ils perdraient à partir de samedi leur statut diplomatique et seraient traités « comme les ressortissants étrangers ordinaires ».Les autorités de Bagdad ont d’autre part averti les Irakiens — terme qui, pour les autorités irakiennes, englobe désormais les Koweïtiens — qu’ils s'exposeraient à de « sévères sanctions » au cas où ils hébergeraient, sans les déclarer, des étrangers.A plusieurs reprises, la presse occidentale a rapporté que des Koweïtiens avaient caché des ressortissants occidentaux, notamment américains et britanniques, et leur avaient permis de fuir le pays.L’URSS a déclaré pour sa part que certains passages du discours prononcé dimanche par le président irakien, dans lequel il posait ses conditions pour la libération des ressortissants occidentaux, méritaient d’être examinés de près.« Je pense qu’il y a des éléments qui méritent notre attention.Nous sommes en train de les examiner en profondeur au niveau des experts », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Edouard Chevardnadze à l’agence Tass après trois heures d’entretiens avec le vice-premier ministre irakien Saadoun Hammadi.« Nous étudions tous les aspects et les détails du discours du président irakien.Nous répondrons plus tard de la manière appropriée », a-t-il ajouté.M.Chevardnadze a qualifié d'utiles et nécessaires ses entretiens avec Hammadi, qui ont eu lieu à la demande de l’Irak.4 L’horreur terreur et l’intimidation pour obtenir une rencontre».A KwaThema, près de Springs, le bilan était hier soir de 56 morts en trois jours, dont 27 durant la nuit.Plusieurs centaines de supporters de l’ANC résidant dans les hostels (foyers pour travailleurs) de la township ont quitté sous escorte policière les baraquements désormais totalement contrôlés par les Zoulous de l’Inkatha.Plusieurs baraquements étaient en feu, a constaté une reporter de l’AFP.Dans certains cas l’incendie aurait été allumé par des « camarades » (jeunes militants de l’ANC).Dans d’autres, ce sont les Zoulous qui auraient mis le feu aux dortoirs occupés par leurs ennemis.Certaines des victimes semblaient avoir été tuées par des fusils-mitrailleurs AK47 alors que les autres avaient été littéralement massacrées à coups de couteau, de hache ou de lance.Selon des résidants, KwaThema a accueilli, à la fin de la semaine dernière, de nombreux réfugiés ayant fui l’horreur de Thokoza (30 km au sud-est de Johannesburg), où les combats ANC-Inkatha avaient fait plus de 100 morts dans la seule journée de mercredi.Outre KwaThema, des combats ou incidents divers ont également eu lieu en fin de semaine et dans la journée d’hier à Kajiso (trois morts et quatre blessés), Daveyton (trois morts), Tenbisa (un mort), Duduza et Watwille.M.Mandela n’avait toujours pas réagi hier aux multiples appels qui lui ont été lancés à la fin de la semaine pour qu’il cesse d’éviter le chef Buthelezi.Mais le communiqué du SAYCO, qui représente les jeunes militants ultraradicaux des towns hips, indique clairement qu’une rencontre entre les deux hommes était exclue pour l’instant.L'épouse de M.Mandela, Winnie, avait affirmé dimanche à Soweto que l’ANC pourrait être contraint de revenir sur la suspension de la « lutte armée » décidée le 6 août dernier si le carnage ne cessait pas dans les townships.4 Berthiaume pleur des problèmes au sein de l’a-luminerie Alouette.Selon un de nos interlocuteurs, cette avalanche de problèmes aurait fait de M.Berthiaume un homme condammé, et qui le savait, à quitter, à plus ou moins brève échéance, le prestigieux poste de président du conseil et president et chef de la direction de la SG F où il fut nommé en mai 1988 par le gouvernement Bou-rassa.En deux mots, M.Berthiaume quitte une institution aux prises avec de sérieux problèmes pour rejoindre une institution aux prises avec des problèmes.sérieux.Pour preuve, on rappellera que lors du dernier exercice financier complété le bénéfice net du Groupe Les Coopérants avait chuté de moitié pour se fixer à 3 millions $.Ainsi donc, M.Berthiaume va démissionner d’une société oeuvrant dans des divers secteurs manufacturiers pour rejoindre une institution financière composée d’une vingtaine d’entreprises.Un nombre d’entités que M.Berthiaume devra vraisemblablement réduire.En effet, au printemps dernier M.Shooner, selon les informations alors communiquées et depuis lors confirmées, avait remis sa démission parce qu’il ne voulait être celui qui jouerait de la hache dans un groupe qu’il avait hissé au statut d’institution financière d’envergure moyenne.Dans la foulée du départ de M.Shooner plusieurs autres cadres devaient tirer leur révérence.Et notamment M.Claude Pichette, président de la Financière Entraide-Coopérants, et M.Robert Brewerton, président du Guardian Trustco, qui a remis sa démission pas plus tard que la semaine dernière.Auparavant, M.Alban Asselin avait égalemment démissionné de son poste de vice-président pour rejoindre Molson.Cela dit, le curriculum vitae de M.Paul Berthiaume nous apprend qu’il fut député libéral de Napierville-La-prairie de 1970 à 1976.Au cours de cette période, il fut nommé au poste de ministre d’Êtat aux Transports avant de se retrouver, en 1973, ministre d’État aux Finances.Parmi ses responsabilités, M.Berthiaume « orientait et dirigeait la Société des alcools du Québec et Loto-Québec ».En 1977, M.Berthiaume est appelé « à effectuer le redressement de Aquila BST et, en 1979, il devient l’actionnaire principal de la firme qui portera désormais le nom de Groupe BST ».En octobre 1986, il entreprend la fusion du Groupe BST avec le Groupe CGI.En 1987, il quitte cette société d’informatique avant d’intégrer la SG F en mai 1988.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.