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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1990-11-20, Collections de BAnQ.

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ïE>L/ou£exiiL GAMBARD Vente et service technique 630-A Cathead, Montréal, centre-ville 866-3876 AGENT OFFICIEL ROLEX Vol.LXXXI — No 270 ?Nébulosité partielle.Max : 3.Détail page B-7.Montréal, mardi 20 novembre 1990 Céle-Nord Gaspésie, Nouvaau-BrunswicK 60 cents Toronto 80 cents 60 CENTS LE SILENCIEUX Les Aphorismes de Maxime LA PENSÉE du jour : « Si la vie commence à quarante ans, il n’a donc rien manqué celui qui est mort avant ».À force de « prendre une marche », Bernard n’a plus d’escalier.Le jour de leur mariage d’intérêt, les époux célèbrent leurs noces d’argent.La gauche n’a jamais été au pouvoir; les gauchistes, si.à condition qu’ils se soient amendés.On n’aime pas sa tête dans un miroir, mais il faut bien s’en contenter.On a tous assez d’imagination pour mentir à l'occasion, mais pas assez de mémoire pour s’en faire une carrière.Faire le bien exige un effort ; pour le mal, on a des aptitudes.ALBERT BRIE SOCIETE La révolution de Marc-Yvan Côté Le ministre de la Santé et des Services sociaux lancera d'ici quelques semaines une réforme qu’il veut aussi ambitieuse que la réforme Castonguay du début des années 70.Le DEVOIR l'a rencontré.Déterminé, Marc-Yvan Côté en fait une affaire personnelle.Des textes de Paul Cauchon et Isabelle Paré et un portrait par Gilles Lesage.Page B-1 et B-2 La tornade Marcel Couture Marcel Couture est un homme énergique qu'aucun barrage ne saurait arrêter.Lorsqu'il se porte à la défense d’une cause, il y met tout son coeur et sa détermination.Après une carrière de 30 ans à Hydro-Québec, il met maintenant son énergie au service du livre.Page B-1 Les libéraux du Québec font un pas de plus vers la souveraineté Pierre O’Neill LE PARTI LIBÉRAL du Québec enseigne à ses militants la nécessité d’effectuer un virage nationaliste, d’adopter une position constitutionnelle comportant une forme de souveraineté à l'intérieur d’une structure pouvant s’inspirer de la Communauté économique européennne.Amorcée le printemps dernier, la première ronde de consultations menée auprès des exécutifs des 125 associations libérales de comtés « a démontré que les militants voulaient un changement significatif, qu’ils voulaient que le parti prenne un tour nant décisif en matière constitution nelle », a confié hier le président de la commission juridique.Me Jean Allaire, faisant le point sur les travaux du comité constitutionnel dont il est responsable.« Toutes les options sont sur la table».Flanqué en conférence de presse de M.Jean-Pierre Roy, le nouveau président du parti, et de M.Pierre Anctil, le directeur général, Me Al laire a en outre précisé qu’au cours de ces réunions de consultations avec les militants, les animateurs ar ticulent les principes de base de la future position constitutionnelle, dont celui de « l’autonomie politique nécessaire au développement de l’identité québécoise ».Formé en février 1990, le comité constitutionnel du PLQ a d'abord entendu les témoignages de nombreu ses personnalités québécoises et a re \ I ' - mmmm Nous avons investi gros pour rabaisser En 1984, Apple’’ lançait sur le marché l'ordinateur Macintosh;' partant du principe que les ordinateurs doivent fonctionner de la même manière que les gens, parler le même langage qu'eux et penser de façon similaire.Apple a hâti sa réputation sur ce concept révolutionnaire fabriquant des ordinateurs que les gens aiment utiliser.Et il n est pas question que cela change.Notre but est de constamment accroître cette réputation pour qu encore plus de gens expérimentent un ordinateur Macintosh.Et ceci est vrai aujourd'hui plus que jamais grâce a la nouvelle gamme d ordinateurs Macintosh, que tout le monde peut s'offrir.Le Macintosh Classic1' est l'un de ceux-là.En fait, il s agit du plus abordable de nos ordinateurs.Et il possède tout d'un ordinateur Macintosh : des ressources de réseau intégrées, un lecteur de disquettes notre iniâse.en %, ou la maison.Il est en mesure de faire fonctionner des milliers de logiciels, du traitement de textes au chiffrier, des graphiques au design.C'est l’ordinateur parfait pour les affaires, l'éducation Super!)rivc!'" capable de lire et d écrire des fichiers .Macintosh et MS-DOS" compatibles.Pour seulement MO S.il possédé, en Voici le Macintosh Classic.1349 $?un écran intégré, un clavier, une souris, un logiciel système et I mega octet de mémoire RAM (un disque dur de 10 méga octets est offert en option).En outre, il est encore plus performant que le Macintosh SK!" Comme tous les ordinateurs Macintosh, le Macintosh Classic est d'une incomparable qualité, introuvable chez un autre ordinateur personnel quel qu'en soit le prix.Ses utilisateurs l’adorent.Car lorsqu’on a le pouvoir d'aller plus loin, il est fascinant de voir jusqu’où cela peut mener.Pour connaître le concessionnaire autorisé Apple Canada le plus près de chez, vous, composez le 1 800 MH-1641.Le pouvoir d’aller plus loin.¦ Computer |n.Mai intosli Macintosh Classu Macintosh SI et SuperDme sont des marques de commerce de \pplr ( (imputer Inc Ms DOS est une marque devisee de Micro J MHMMM V ACTUALITE INTERNATIONALE Le Devoir, mardi 20 novembre 1990 M A-7 PHOTO AP Robert Falus, un technicien américain, fait du jogging devant une rangée de chasseurs sur le porte-avions LSS Independence qui s’est arrêté hier à Hong Kong en provenance du golfe Persique.L’Irak porte à 700 000 le nombre de ses soldats déployés au Koweit Gorbatchev et Bush écartent la force pour l’instant Eltsine dénonce les mesures prises par Gorbatchev MOSCOU (Reuter) — Les mesures annoncées samedi par Mikhaïl Gorbatchev pour sortir l’Union soviétique de la crise économique et politique ne feront qu’aggraver la situation, estime Boris Eltsine, chef de file des radicaux soviétiques et président de la Fédération de Russie.Cité hier par l’agence indépendante Interfax, Boris Eltsine dit avoir une réaction partagée au sujet des réformes annoncées samedi.Celles-ci prévoient un renforcement des pouvoirs du chef de l’État, accompagné de compétences accrues pour les 15 républiques de l'Union.« Il y a certains aspects qui m’inquiètent.C’est à croire que les propositions des dirigeants des républiques souveraines ont été négligées.C’est affligeant », a déclaré le président de la Fédération de Russie lors d'une visite en Ukraine.« J’ai d’ailleurs la conviction que lout cela ne va pas améliorer la si-l uation du pays, mais bien au contraire l’aggraver ».g Le plan de Gorbatchev repose lar-9 gement sur la coopération des 15 ré-1 publiques de l’Union.Boris Eltsine n’a pas cependant re-I jeté les propositions du chef de l’État I qui méritent, selon lui, un examen 1 approfondi.Mais il a souligné que la I Russie ne tolérerait aucune tentative du pouvoir central pour empiéter sur ! sa souveraineté.« Les propositions du président ont ; pour objectif de renforcer le centre, î II semble qu’il puisse se passer de ' consulter les républiques souverai-j nés, mais cela est d’ores et déjà im-j possible.La Russie à tout le moins ne l'acceptera pas », a-t-il déclaré en • accusant le chef du Kremlin de ne * pas avoir consulté au préalable les ¦ dirigeants de républiques.Le Parlement a adopté à une large ! majorité les propositions de Mikhail i Gorbatchev, qui s’était jusque-là vu ! reprocher son inaction face à la dé-j gradation de la situation dans le i pays.Le plan adopté samedi renforce le contrôle du président sur l’exécutif, mais confère un rôle plus important au Conseil de la Fédération, qui réunit des représentants des républiques.Eltsine, en Ukraine pour signer un accord de coopération bilatérale, a estimé que les républiques ne devaient pas laisser le chef du Kremlin imposer des décisions par la force.Le président ukrainien Leonid Kraytehouk, dont la république a également proclamé sa souveraineté, s’est montré moins réservé que Boris Eltsine tout en s’interrogeant ; sur les prérogatives du Conseil de la 1 Fédération.« Il est difficile de dire comment sera le Conseil de la Fédération, quelles seront ses compétences, comment les décisions seront prises.Mais la position du président est encourageante », a-t-il dit, cité par Interfax.(l'uprés \h'P et Heuter BAGDAD — Bagdad a annoncé, hier, la mobilisation de plus de 250 000 soldats supplémentaires, qui doit porter à 700 000 hommes ses forces massées dans l'émirat occupé du Koweït et le sud de l’Irak face aux 350 000 soldats de la force internationale.Cette mesure, annoncée par l’agence irakienne INA, a été présentée comme une réponse de l’Irak à la récente décision des États-Unis de renforcer prochainement de quelque 200 000 soldats ses troupes déployées en Arabie Saoudite.Elle intervient en outre alors que se poursuivent depuis jeudi au sud du Koweït les plus importantes manoeuvres conjointes jamais organisées entre l’Arabie Saoudite et les États-Unis.Ces exercices, baptisés « Tonnerre imminent », mobilisent notamment 1100 avions de combats et 16 navires de guerre américains.Ils avaient été dénoncés par Bagdad comme une « provocation flagrante ».La mobilisation des 250 000 soldats supplémentaires a été décidée lors d'une réunion du commandement général de l’armée irakienne, présidée par le chef de l’état Saddam Hussein et consacrée à « l'examen des dispositions défensives dans le sud de l’Irak et dans les governorats de Koweit et de Bassorah».Selon l’INA, la mobilisation a été décidée pour • assurer la supériorité de l’Irak après la décision des États-Unis d’envoyer des forces terrestres supplémentaires ».Le commandement général de l'armée a décrété la mobilisation im- médiate de sept divisions supplé menlaires — une division irakienne comptant environ 15 000 hommes — et le rappel de plus de 150 000 combattants notamment parmi les réservistes.Les renforts viendront s’ajouter aux quelque 430 000 soldats irakiens déjà massés dans le sud de l’Irak et dans l’émirat occupé du Koweït.Toujours selon l’INA, le commandement général irakien a estimé que la force multinationale aura désormais besoin de « masser trois millions de soldats pour être capable techniquement de lancer une offensive contre les troupes irakiennes ».Washington avait récemment annoncé son intention d’accroître de 200 000 hommes ses forces déployées dans le Golfe, où sont déjà présents quelque 230 000 soldats, notamment en Arabie Saoudite.L’ensemble de la force multinationale, formée de contingents d’une vingtaine de pays, compte actuellement 350 000 hommes environ.Par ailleurs, à Paris, les présidents George Bush et Mikhaïl Gorbatchev sont d’accord pour ne pas exclure l’option militaire dans la crise du Golfe, mais aucune décision n’a été prise quant à un éventuel recours à la force, a déclaré hier le porte-parole de la Maison-Blanche, Marlin Fitzwater.Tous deux sont unis dans leur soutien aux résolutions du Conseil de sécurité de TON U exigeant le retrait de l’Irak du Koweit, a dit le porte-parole à l’issue d’un dîner qui réunissait les deux présidents à la résidence de l’ambassadeur des États-Unis à Paris.Marlin Fitzwater a déclaré que ni les États-Unis, ni l’URSS n’avaient pour l’instant décidé de soumettre au Conseil de sécurité un projet de résolution autorisant le recours à la force.Des consultations sont encore nécessaires, a-t-il dit.« Nous poursuivrons ces consultations et ne céderons en aucun cas à la précipitation.Nous n’avons ni date, ni calendrier », a ajouté Marlin Fitzwater.Les États-Unis consultent actuellement les autres membres du Conseil de sécurité avant de prendre éventuellement l’initiative de soumettre un projet qui autoriserait le recours à la force contre l’Irak.Pressé de questions sur la position soviétique, Marlin Fitzwater n’a pas répondu explicitement mais a clairement laissé entendre que Moscou n’était pas prêt à soutenir le dépôt d’un tel projet dans l’immédiat.Prié de dire, avant de rencontrer le président Bush, s’il était favorable à un recours à la force, le président Gorbatchev avait déclaré aux journalistes : « Je pense que nous devons tous faire preuve de patience, mais cela ne veut pas dire que nous allons relâcher notre attention, que nous allons reculer.» •Non, nous allons (démontrer) une très grande détermination.Et le fait que nous travaillons ensemble - non seulement l’Union soviétique et les Etats-Unis, mais les Nations nies et le (monde) tout entier agissent de concert - me permet de penser que des résolutions seront adoptées.Et nous ne perdrons pas de temps,» a ajouté le chef de l’Etat soviétique.L’OTAN et le Pacte mettent fin à la guerre froide PARIS (AFP) - Les chefs d’État et de gouvernement des 16 pays membres de l’OTAN et des 6 du Pacte de Varsovie ont signé hier matin à l’Élysée le premier traité pour une réduction massive des armes conventionnelles en Europe (CFE), traité qualifié d’historique par le président François Mitterrand .Ils ont également signé une « Déclaration commune » mettant solennellement fin à la guerre froide et par laquelle ils affirment qu’ils ne sont plus adversaires et décident d’établir « de nouvelles relations de partenaires en s’offrant .mutuellement leur amitié».Au terme de cette déclaration, ils prennent « l’engagement de s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d'un État » et déclarent qu’« aucune de leurs armes ne sera jamais utilisée, sauf en cas de légitime défense ou d’une autre manière conforme à la Charte des Nations unies ».Ces deux signatures sont interve- nues en présence des 12 autres membres de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE) dont le sommet s’est ouvert immédiatement après dans la capitale française et qui doit jeter les bases d’une nouvelle Europe libérée de ses divisions et du conflit Est-Ouest.Le traité de désarmement, qui avait été paraphé la veille à Vienne, est le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale et se traduira par la destruction d’une centaine de milliers d’armes lourdes (chars, avions, hélicoptères et pièces d’artillerie, notamment) à travers toute l’Europe de l’Atlantique à l’Oural.M.Mitterrand a souligné dans sa courte allocution d’ouverture que ce traité et la Déclaration commune des 22 marquait « la fin d’une époque en fondant une nouvelle sécurité pour l’Europe et ses partenaires nord américains ».« C’est le premier accord de désarmement qui implique un aussi grand nombre de pays, qui stipule une réduction effective des armements et prévoit un régime de vérification aussi contraignant », a-t-il remarqué.Ce traité « élimine les risques d’attaque par surprise et d’envergure et met fin au déséquilibre des forces » pour établir des équilibres régionaux, a-t-il ajouté, en estimant qu’il était la preuve que les pays signataires ont désormais « l’intention de fonder leurs relations sur la coopération dans la sécurité».Il a souligné que les 22, et, à terme, les 12 autres membres de la CSCE, ne s’en tiendraient pas là et reprendraient sans délai la négociation afin de poursuivre dans la voie du désarmement.Tous les chefs d’État participant à la cérémonie avaient commencé à arriver à l’Élysée peu après 091100 en entrant non par la Cour d’honneur comme le veut l’usage protocolaire mais, pour des raisons de commodité, par le parc du Palais.Ils avaient été accueillis sur le perron par M.Mitterrand et son ministre des Affaires étrangères Roland Dumas.À 091145, tous s’étaient rendus à la Salle des fêtes pour prendre place autour d’une table en U (pour les 22), prolongée par deux autres tables de six pour les 12 membres de la CSC E n’appartenant ni à l’OTAN, ni au Pacte de Varsovie.La place d’honneur était occupée par M.Mitterrand qui avait à sa droite son premier ministre Michel Rocard et M.Roland Dumas.Venaient ensuite MM.Helmut Kohl et George Bush flanqués chacun de leur ministre des Affaires étrangères.É la gauche de M.Mitterrand se trouvaient les chefs d’État soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, turc, Tur gut Ozal, et tchécoslovaque, Vaclav Havel.Mme Margaret Thatcher, tout de noir vêtue, était en bout de table.La cérémonie de signature du Traité et de la déclaration a duré une quinzaine de minutes avant que le document officiel ne soit remis à M.Hans Van den Broek, ministre des Affaires étrangères des Pays Bas, pays dépositaire du document.Un nouveau parti roumain suscite des protestations BUCAREST (Reuter) - La création d’un nouveau parti issu de 1 ancien Parti communiste roumain (PCR) a suscité hier une vague de protestations aussi bien dans les rues de Bucarest qu’au sein du monde politique.Des milliers de manifestants ont défilé depuis l’ancien siège du PCR en dénonçant la création du Parti socialiste du travail (PST) et en demandant la démission du président roumain Ion Iliescu, accusé de se trouver derrière ce retour des anciens communistes.Entre 5000 et 8000 manifestants se sont agenouillés sur la place de l’U- niversité et ont prié pour les 540 personnes tuées à Bucarest en décembre dernier lors de la révolution qui a causé la chute du dirigeant communiste Nicolae Ceausescu.Ion Iliescu est l'un des nombreux anciens communistes se trouvant à la tête de Front de salut national (FSN), qui a pris le pouvoir en décembre et a remporté les élections au printemps.Un sénateur du FSN a démissionné en signe de protestation contre la création du PST, qui est dirigé par l’ancien premier ministre communiste Ilie Verdet, 65 ans, et par Constantin Pirvulescu, 95 ans, seul cofondateur du PCR encore en vie.Le PST est né vendredi de la fusion de l’ancien PCR et d’un autre parti de gauche.Il se propose de faire revivre le socialisme par une politique de gauche libérale, ont indiqué ses dirigeants.Le président Iliescu avait brièvement interdit le PCR à la suite d’émeutes en janvier, ixiur revenir peu après sur cette decision en la ju-géant hâtive et antidémocratique.Des victimes de la dictature corn muniste ont estimé que la création du PST rentrait dans le cadre d’une manoeuvre du FSN destinée à mettre la main sur les avoirs du PC, qui sont gelés.« Nous ne devons pas laisser le peuple se faire tromper à nouveau », a déclaré Ticu Dumitrescu, président de l’Association des anciens prisonniers politiques.Le FSN a convoqué pour aujourd’hui un grand rassemblement dans le but de réaffirmer son autorité, remise en cause jeudi dernier par le plus important mouvement national de manifestations anti-gouverne-mentale depuis la révolution de décembre.Thatcher confiante de l’emporter contre Heseltine LONDRES (Reuter) — Margaret Thatcher et Michael Heseltine ont échangé une dernière salve de petites phrases au vitriol, hier, à la veille de l'élection du leader du Parti conservateur qui doit décider de l'avenir du premier ministre.À Paris où elle participe au sommet de la CSCE, Margaret Thatcher a réaffirmé sa conviction de rempor-ter la bataille contre son ancien ministre de la Défense et d'éviter une défaite qui la contraindrait probablement à démissionner du poste de premier ministre .« Le moment n’est pas venu d’écrire mes mémoires », a-t-elle déclaré au cours d'une conférence de presse.« Je crois avec la plus grande conviction que nous serons encore au 10 Downing Street à la fin de la semaine et un peu plus longtemps que ça ».Elle n’en a pas moins lancé un dernier assaut d'une rare violence contre Michael Heseltine.Dans un entretien publié par le Daily Telegraph, elle a accusé son ancien ministre de la Défense de n’agir que par ambition personnelle.Dans une autre interview publiée cette fois par The Times, elle a affirmé qu'il allait « endosser le programme économique du Labour », augmenter les impôts et bloquer les sources de la libre entreprise.La réplique de Michael Heseltine a été immédiate.Ses partisans se sont immédiatement répandus pour affirmer que le premier ministre était devenue « presque hystérique et commençait a paniquer».Le chef de la fronde anti-Thatcher a pour sa part déclaré que les Britanniques étaient las de onze ans d’autoritarisme de la Dame de fer.Dans une interview télévisée, il a en outre accusé le premier ministre d’avoir purement et simplement in- venté au cours d'un Conseil des ministres un compte rendu d'une réunion qui n’avait jamais eu lieu.L'ancien ministre de la Défense a enfin affirmé qu’il pouvait désormais compter sur le soutien de beaucoup plus que cent députés conservateurs sur 372.La majorité absolue des 372 inscrits, soit 187 votes, et au moins 56 voix d’avance (15% des inscrits) sont nécessaires pour être élu leader des Tories au premier tour.Si aucun des deux candidats ne parvient à un tel score, un second tour sera organisé le 27 novembre.D’autres prétendants seront autorisés à entrer en lice.Le simple fait d’être mise en ballottage constituerait déjà un terrible camouflet pour celle qui, depuis onze ans régnait sans partage sur le Parti conservateur et a conduit les Tories à trois victoires électorales consécutives.Au-delà de l’opposition des personnes, c’est l’avenir idéologique du Parti qui sera en jeu aujourd’hui.Michael Heseltine s'est placé dans la lignée du chancelier de l'Échiquier, Nigel Lawson, et de l’ancien secrétaire du Foreign Office, Sir Geoffrey Howe, qui ont claqué la porte du gouvernement, le premier pour protester contre les lenteurs de l’entrée de la livre dans le système monétaire européen, le second contre l'hostilité du premier ministre à l’intégration européenne.L'ancien ministre de la Défense se présente en adversaire déclaré de i'ultra-libéralisme de Margaret Thatcher, en Européen convaincu de l'inéluctabilité de la monnaie unique et en avocat d’un capitalisme à visage humain.Margaret Thatcher s’est refusée par avance à tout changement de politique.Maputo et la RENAMO tentent de faire la paix ROME (AFP) — Les discussions entre les représentants du gouvernement mozambicain et ceux de la Ré-sistance nationale mozambicaine (RENAMO, opposition armée), qui se tiennent actuellement à Rome, enregistrent des progrès, a annoncé hier un communiqué du ministère italien des Affaires étrangères.Les deux délégations ont amorcé l’approfondissement des points relatifs aux problèmes de la sécurité, « enregistrant des progrès sur différents aspects », précise le ministère.Les délégations du gouvernement et de la RENAMO se sont notamment mis d’accord sur un calendrier précis des travaux, ajoute le communiqué.« Les conversations se poursuivent dans un esprit constructif, et dans la recherche commune de solutions positives pour parvenir rapidement à la paix au Mozambique », indique encore le ministère.Les négociations entre les deux parties avaient repris le 10 novembre à Rome, à l'initiative notamment de la communauté catholique de Sant Egidio, une communauté particulièrement active dans les problèmes du tiers monde, rappelle-t-on.Les deux délégations, dirigées l’une par le ministre mozambicain des Transports Armando Emilio Guebuza, l’autre par le responsable des Relations extérieures de la RENAMO Raul Manuel Domingos, avaient demandé alors à l’Italie, présente comme observateur, d’as-; sumer un rôle de médiation entre les deux parties.La milice des Forces libanaises refuse d’évacuer Beyrouth BEYROUTH (Reuter) — L’armée libanaise aurait du en principe achever hier son déploiement dans le grand Beyrouth.Mais la milice chrétienne des Forces libanaises (FL) s’accroche à ses positions fortifiées et refuse de se laisser désarmer.Selon des témoins, les hommes des FL tiennent toujours leurs casernes sur les collines d’Ashrafiyeh, à Beyrouth-Est, et des miliciens patrouillent dans les rues.Rien ne permettait hier de penser que la milice chrétienne aura quitté ses positions à minuit, dernier délai fixé pour l’évacuation de Beyrouth par les milices.Selon des sources politiques, tout retard dans le déploiement des troupes gouvernementales sur l’ensemble du grand Beyrouth constituerait un revers pour le président Elias llraoui, soutenu par la Syrie, qui s’est engagé à réunifier la capitale, à restaurer l’autorité de l’État sur tout le Liban et à désarmer les milices.Le grand Beyrouth s’étend dans un rayon de 15 km autour de la capitale.Selon des responsables du ministère de la Défense, le gouvernement attendait pour savoir si les FL auront quitté la ville.Le premier ministre, Selim Hoss, a pour sa part déclaré que le plan gouvernemental « sera de toute façon mis en oeuvre quoi qu’il arrive ».« Le gouvernement travaillera à lever les obstacles.Aujourd'hui est un jour important et décisif pour le grand Beyrouth.Si cela ne se déroule pas dans les délais prévus, le gouvernement se réunira dans le 24 heures pour prendre une décision », a-t-il dit.11 n’a pas précisé si le gouvernement aurait recours à la force pour déloger les hommes des FL.Un responsable des FL a précisé que les miliciens n’abandonneraient pas leurs positions tant que le gouvernement n’aurait pas accepté leurs revendications.Ils exigent notamment que des membres de milices pro-syriennes et des troupes du général chrétien Michel Aoun ne s'installent pas dans les zones libérées après le départ des FL.Un responsable de la milice a accusé l’armée d’avoir autorisé des groupes rivaux des FL, soutenus par la Syrie, à entrer dans l’enclave chrétienne, une zone que les FL contrôlaient en grande partie depuis le début de la guerre civile au Liban il y a 15 ans.Cette zone est passée sous le contrôle du gouvernement libanais, après la reddition du général Aoun le mois dernier sous la pression de milliers de troupes syriennes et libanaises.Il a ajouté que le gouvernement n’avait pas respecté sa promesse d’empêcher des soldats du général Aoun, ancien adversaire des FL, d’entrer à Ashrafieyh, bastion de la milice.« Nous sommes prêts à nous retirer en quelques heures si le gouvernement tient sa promesse.Nous souhaitons, comme le gouvernement, que les milices quittent Beyrouth.(.) Mais nous lui demandons d’être honnête et de ne pas demander à certains groupes de rester et à d’autre de partir», a-t-il dit.Le ministre de la Défense, Albert Mansour, avait déclaré dimanche que le plan rencontrait certaines difficultés pratiques mais qu’il ne s’agissait que d'abstacles mineurs.Neuf milices importantes ont accepté d'évacuer la capitale libanaise pour laisser les troupes gouvernementales se déployer dans un Beyrouth réunifié, avec le soutien de quelque 40 000 soldats syriens.Cette opération fait partie d’un plan de paix conclu sous l’égide des pays arabes, qui donne un pouvoir plus important a la majorité musulmane au Liban dans un système politique jusqu’à présent dominé par les chrétiens.V » V A-8 M Le Devoir, mardi 20 novembre 1990 EDITORIAL Le ministère des pots cassés En ACCORDANT une longue et dense entrevue à la rédaction du DEVOIR, vendredi, le ministre de la Santé et des Services sociaux s’est bien gardé de nier ou confirmer l’un ou l’autre des bruits qui courent à la suite des rencontres qu’il a eues, ces dernières semaines, avec divers intervenants (« c’est malheureux, mais c’est le risque que je courais ») pour les entretenir d’une réforme dont le dévoilement est imminent et dont l’ampleur ne fait plus de doute.Il ressort cependant des propos tenus par M.Marc-Yvan Côté que la réorganisation des services, en plus d’être axée sur les besoins des citoyens — davantage que sur les réclamations des « producteurs de soins » —, mettra l’accent sur les résultats à obtenir, sur la promotion de la santé publique et sur la prévention de la maladie.Les résultats d’abord.Ce principe, doit-on comprendre, commandera une révision de l’allocation des ressources entre les régions, entre les réseaux et entre les établissements.Des objectifs seront définis dans une politique de santé et bien-être que le ministère a remise en chantier et dont on devrait connaître le contenu en mars ou avril.Après avoir précisé le « quoi », le ministère déterminera une enveloppe budgétaire pour chaque territoire en tenant compte de l’état de santé de sa popula-tidn.Il appartiendra à l’autorité régionale (sur la nature de laquelle le ministre reste vague, tout régionaliste qu’il soit) de préciser le « comment ».C’est également sur cette base que le gouvernement évaluera par la suite l’efficacité réelle des mesures prises et procédera aux ajustements nécessaires.Inutile d’ajouter que le ministère n’aura pas trop d’un horizon d’au moins cinq ans pour implanter ce premier volet de son nouveau» paradigme ».Santé publique aussi.Sur ce point, M.Côté se fait plus précis.Il entend faire jouer à plein le rouage des départements de santé communautaire (DSC) auxquels il reproche, d’autre part, la dispersion excessive de leurs activités.La santé publique, dit-il, c’est tout « un pan de mur absolument extraordinaire, qui a été sous-exploité et même mal exploité ».Le ministre a ren- contré les directeurs de DSC et leur a tenu un discours fort sévère(« Vous vous êtes éparpillés dans toutes sortes de choses, vous avez voulu occuper plus de terrain pour vous donner plus de visibilité ».») Mais il accepte sa part de responsabilité : le ministère n’a jamais tenu la santé publique pour suffisamment importante pour mettre à sa tête un sous-ministre adjoint.M.Côté est catégorique.Ce n’est pas négociable : le nombre des DSC passera de 32 à 16, un pour chaque région administrative.(Une proposition de Mme Lavoie-Roux de les réduire à 22 avait déjà La prévention doit être l’affaire de tous et du gouvernement soulevé un beau tollé.1 Là encore, il appartiendra au ministère de définir « le quoi ».Mais le département de santé communautaire, en plus d’être « un maudit bon chien de garde », occupera une place de choix dans la panoplie des moyens que le ministère entend mettre en oeuvre pour prendre le virage delà prévention.Voilà, le grand mot était lâché.Il ne fait pas de doute dans l’esprit du ministre que, d’une part, la promotion de la santé et la prévention de la maladie et, d’autre part, les soins à domicile pour les personnes âgées (réservant les services plus lourds au quatrième âge) sont les voies de l’avenir.Autrement, tout le système (« qui n’est pas si mauvais », note-t-il au passage) se dirigera droit vers la grosse catastrophe.Comment financer ce virage ?Au détriment de quoi ?Le ministre avait prévenu la question.D’abord, ce n’est pas si coûteux qu’on le croit.Sans aller jusqu’à parler d’autofinancement, M.Côté illustre l’état de sa réflexion en faisant appel à une expérience qu’il a appuyée, faite dans un quartier de Montréal et dans une municipalité du Bas-du-fleuve sous le nom de programme OLO : une orange, du lait et un oeuf pour les femmes enceintes en milieu défavorisé.OLO vise à aider la mère à mettre au monde un enfant de poids normal.Son coût de 200 dollars par grossesse se compare avantageusement aux 700 à 800 dollars par jour qu’exigent les services de néo natalogie en milieu hospitalier — et cela, même en oubliant les aspects humanitaires de cette initiative.Cette orientation ne laisse présager aucun développement spectaculaire touchant la médecine ultra spécialisée, à l’exception peut-être de la cardiologie où les listes d’attente, dit le ministre, ont atteint un niveau inquiétant.Mais le préventif, qui ne représente actuellement que 5 à 6 % des budgets de la santé et des services sociaux, recevra un bon coup de pouce.Où le ministère trou-vera-t-il cette marge de manoeuvre ?En réponse à cette question, le ministre fait état de trois événements très récents, survenus dans trois hôpitaux de la région de Québec, où gestionnaires et médecins ont réussi sans trop de mal à rééquilibrer un budget engagé sur une pente savonneuse.Mais ce n’est pas seulement une question de budget, dit M.Côté.C’est aussi une question de leadership.Jusqu’ici, on a fait du préventif mais sans stratégie, en rangs dispersés (« dépendant du personnage qu’on a réussi à convaincre »), la main droite ignorant ce que fait la main gauche.Désormais, les signaux seront plus clairs, même par le biais d< l’allocation des ressources (« il y a des priorités qu’on devra donner »>).Mais la prévention n’est pas l’apanage du seul ministère de la Santé et des Services sociaux, qui est devenu une sorte de ministère des pots cassés (« nous autres, on ramasse les problèmes; nous autres, on ramasse les conséquences, les accidentés du travail, les gens qui subissent les préjudices de l’environnement »).La prévention doit être l’affaire de toute la collectivité, du secteur public aussi bien que du secteur privé.C’est aussi l’affaire du gouvernement dans son ensemble dont il faut attendre, selon les mots du ministre, « une lutte concertée et très engagée ».JEAN FRANCOECIR LETTRES AU DEVOIR Qualité du français, qualité d'être J’AI TROUVÉ très important votre petit article « Échec en français de plus de la moitié des étudiants en pédagogie de l’U.de M.» (LE DEVOIRdu22octobre 1990)que vous avez placé, fort judicieusement, en première page.Le problème de la qualité du français parlé ici ne date pas d’hier.Ceux que cela intéresse pourront lire les pages pches en observations sur ce sujet de Tocqueville dans la relation de son voyage au Canada au siècle dernier.Il souligne la pauvreté du voca- | bulaire, la mauvaise qualité des tournures et l’insidieux envahissement des expressions anglaises.Ce sont les erreurs grossières par les gens de la radio et de la télévision, par les membres de la classe politique et par nos enseignants qui attristent le plus.Combien de fois n’entend-on pas, de la bouche de ces « excellents communicateurs » des expressions comme : « Il a parlé que », « la chose que je vous parle », « parlez-nous de d’autres problèmes » ?Tout dernièrement j'ai pu m’émouvoir, avec un intervieweur de la radio, qui évoquait le sort pémble d'une dame, abandonnée par son mari, et qui devait avoir « deux travails pour survivre ».Nos représentants politiques ne le cèdent à personne dans l’art de tourner en rond, faute de connaître le mot français juste.Quelle joie d’écouter, par contre, sur TV-5, le personnel politique français qui, sans être plus intelligent, que le nôtre, sait à tout le moins très bien s’exprimer ! Il est plus que temps que tous acceptent l’idée que la qualité du français fait partie intégrante de la qualité de la vie et de la qualité d’être.William Morris Montréal, 11 novembre 1990 Pour faire respecter les piétons ! UN LECTEUR exprimait sa frustration de vant une « campagne de sécurité du piéton » qui néglige la responsabilité des automobilistes (LE DEVOIR du 10 novembre 1990).Ceux-ci commettent massivement des infractions agressantes contre les piétons : les passages piétonniers ignorés et les manoeuvres d’intimidation dans les virages malgré la priorité des piétons, pour ne nommer que deux infractions dangereuses, pour lesquelles la police et la Société d’assurance auto mobile du Québec ne semblent pas sentir le besoin de tenir une campagne de sensibilisation.Il y a beaucoup à apprendre de l’exemple d’autres villes canadiennes où est reconnue l’importance de responsabiliser les automobilistes.Durant sept mois de 1990 (avril à octobre), la police du Toronto métropolitain émettait 935 contraventions à des automobi listes pour non-respect d’un passage piétonnier, alors que 402 contraventions étaient remises à des piétons.Durant l’année 1989, sur le territoire de la CUM, pendant que les piétons récoltaient quelque 3205 contraventions, seulement 144 automobilistes écopaient pour non-respect des passages piétonniers.Deux cibles différentes dans une cam pagne de sécurité du piéton, qui entraînent des performances fort différentes : en 1989, dans le Toronto métropolitain qui compte environ 2,5 millions de personnes, on comp tait 1464 piétons blessés et 32 tués.En 1989, sur nie de Montréal avec 1,7 millions de per sonnes, on dénombrait 2285 piétons blessés, dont 53 mortellement.Bref, avec 11 fois plus de contraventions aux automobilistes et 5 fois moins aux piétons, Toronto compte 2.5 fois moins de morts.La police de la CUM et la SAAQ doivent mener une campagne vigoureuse et soutenue pour le respect des piétons, contraventions en renfort, et cela tant qu’on ne sera pas venu à bout de l’attitude cavalière et dangereuse des automobilistes québécois.Il est grand temps qu’on cesse d'avoir ici les conducteurs les plus sauvages du pays.Il est temps aussi qu’on cesse de faire porter aux piétons tout le fardeau de leur sécurité et la responsabilité de leurs blessures.François Paquette Montréal, 15 novembre 1990 Les ratés de la démocratie au Guatemala LE 11 novembre dernier, le premier tour des élections présidentielles, législatives et municipales du Guatemala s’est déroulé sans incidents majeurs (malgré une campagne électorale ponctuée d’actes de violence).Si le second tour a lieu dans les mêmes conditions, alors pour la première fois depuis un demi-siècle un président guatémaltèque dé mocratiquement élu succédera à un autre.Tout un progrès ! Mais, à quoi sert un gouvernement démocratique s’il n’exerce pas le pouvoir ?Depuis l’élection de Vinicio Cerezo Aré-valo en 1986, l'armée et la police échappent à tout contrôle de la part du gouvernement et ; constituent de facto un État dans l’État; elles poursuivent, parfois sous la couverture des « escadrons de la mort », la répression j commencée sous les régimes précédents.Ainsi, l’Université de San Carlos, souvent ae-J cusée par les autorités militaires d’être un • centre de subversion », est depuis plus de 10 | ans la cible d’escadrons de la mort qui, en ! toute impunité, enlèvent ou assassinent professeurs et étudiants.La « restauration de i l’État de droit » n'a rien changé à cette situation.L’avènement du président Arévalo n’a pas non plus modifié le sort des paysans : plu-I sieurs d’entre eux ont été victimes de « mys-j térieux » assassinats.Par exemple, le 13 no-| vembre 1988, 22 paysans d’El Aquacate, dans le département de Chimaltenango, furent massacrés.Par l'armée, affirmaient les vil lageois.Par la guérilla, répondaient les autorités militaires.Les organisations de défense des droits es- LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice USE BISSONNETTE Rédacteur en chef et directeur de l'information Bernard Descôteaux Directeur délégué à l ’administration André Leclerc Rédacteurs en chef adjoints Jean Francoeur, Albert Juneau, Michel Lefèvre Directeurs adjoints de I information Pierre Cayouette, Jacques Chabcrt, Guy Deshaies FAIS CE QUE DOI8 liment à plusieurs centaines le nombre d’assassinats commis au Guatemala depuis janvier 1990.Et cette violence n’a pas diminué à l'approche des élections : six candidats ont été assassinés pendant la campagne électorale.C'est cela, la « démocratie » guatémaltèque.Les gouvernements s’envolent et la répression reste.Nicolas Gilbert Longueuil, 13 novembre 1990 Une éthique étriquée JE NE PUIS que vous féliciter, madame Bissonnette, de l’effort que vous faites et des moyens que vous prenez pour sortir votre entreprise du marasme financier, y compris la souscription tous azimuths, auprès des gens d’affaires et de la classe politique.Vous avez bien fait de ne pas tenir compte et de rejeter du revers de la main les objections de personnes à l'éthique quelque peu étriquée et au scandale par trop facile.La situation du DEVOIR est trop périlleuse pour que sa directrice refuse de prendre les grands moyens pour aller chercher l’argent là où il est.Et c’est ce que vous avez fait avec courage et intelligence.LE DEVOIR est une institution plus nécessaire que jamais au moment où le Québec s’apprête à traverser une mer plus que houleuse dans les années qui viennent.La position claire et nette que vous avez prise dès votre arrivée sur l’avenir politique et social du Québec ne peut que nous inciter à vous encourager dans votre entreprise et, contrairement à ce que d'autres croient, je suis certain que vous ne serez jamais à la remorque de vos souscripteurs, quels qu’ils soient, comme c’est la tradition au DEVOIR.Je ne puis que vous souhaiter la meilleure des chances en accompagnant mon souhait du mot de Cambronne.Jean-Guy Martin journaliste au Journal de Montréal Montréal, 16 novembre 1990 Baie-James II, le doute après Veuphorie CE QUE semble vouloir dire le gouvernement du Québec ces jours-ci est qu’on est prêt à acheter notre indépendance politique avec le méga-projet de la Baie James II, cela envers et contre tous.Sans vouloir me qualifier d’environnemen-taliste acharné, j’ai tout de même certaines préoccupations.Surtout lorsque j’entends et je lis que le Québec veut faire fi de toute opposition à son projet.De plus, lorsque le mi nistre de l’Énergie du Québec approuve le | projet sans étude appropriée sur l’environnement, je me retrouve au comble de l’inquiétude.L’euphorie, dont nous avons été l’objet du rant les années 70 face à la phase I, a fait place à une plus grande conscientisation face à la préservation d’un environnement sain.Il est acquis que, pour toute chose, il y a un prix à payer et que tôt ou tard, l’arrogance doit faire place à l’humilité.I je Québec ne vit pas en vase clos, et il devient impératif que j celui-ci écoute les forces externes et inter i nés qui ont une opinion à exprimer sur les dangers que peut représenter un projet d’une telle envergure, fl s’agit là d’un minimum pour une société qui aspire au res pect.J Rock Matte Aylmer, 29 octobre 1990 GRANDE-BRETAGNE : M.Michael Heseltine candidat à la succession de Mmt Thatcher Le défi de « Tarzan » LE MONDE BLOC-NOTES (In vote scolaire faiblard mais utile SI le bon sens n’a pas tout à fait triomphé dimanche, puisque le Rassemblement scolaire confessionnel a réussi de justesse à garder une majorité des sièges à la Commission des écoles catholiques de Montréal, l’équilibre réapparaît tout de même au conseil des commissaires.Forcés de se colleter à une opposition beaucoup plus vigoureuse, les onze représentants du RSC ne peuvent tout simplement plus ignorer le message que véhicule le Mouvement pour une école moderne et ouverte (MÉMO) avec ses neuf élus, et celui de la commissaire indépendante, madame Laurin, très proche du MÉMO.La forte montée de l’opposition, dont la représentation a plus que doublé au conseil, aura dominé cette élection, toujours assombrie par un faible taux de participation.Si le RSC n’a pu faire mieux, alors que ce faible taux avait l’habitude de le servir, c’est sans doute que sa clientèle traditionnelle s’érode enfin.Le RSC devait ses victoires à des mouvements de groupes, souvent alimentés dans les église locales, qui se dérangeaient pour voter et profitaient de l’indifférence générale.La distance que les autorités catholiques s’imposent désormais envers ces desperados de la confessionnalité a donc tempéré leur succès.De même on peut penser, au vu des résultats, qu’une légère brèche fait son chemin; avec dix élus, l’opposition fait la preuve que quelques milliers d’électeurs saisissent l’influence de la chose scolaire sur la société plus large.On ne peut l’abandonner à quelques opportunistes qui la détournent de sa fin.La défaite retentissante de M.Michel Pallascio, leader du RSC et président de la CECM, marque encore plus clairement la fin d'une époque.M.Pallascio était devenu une gêne pour la collectivité tout entière, et il faut savoir gré aux électeurs du quartier 6, de même qu’à l’élue du MÉMO, madame Clara Pires, d’avoir réussi à le répudier aussi clairement.En plein coeur du Montréal de plusieurs cultures, on vient de sonner le glas d’un discours tordu.Sur de grandes affiches dans les couloirs du métro, M.Pallascio placardait sa supposée ouverture aux nouveaux venus; sur le terrain, d’une opération sournoise à l’autre pour tenter de distinguer entre les clientèles scolaires, il continuait à rêver d’une école coloniale.C’est un soulagement de le voir quitter la place publique où l’on espère ne pas le revoir de sitôt.Boudant sa défaite personnelle, M.Pallascio s’est terré dimanche et a refusé d’aller saluer ses troupes, pourtant victorieuses.S’il fallait une preuve de plus de la faiblesse du leadership du RSC, il l’a donnée.Voilà bien ce qui inquiète encore.Car le prochain président du conseil des commissaires de la CÉCM ne pourra que venir des rangs du Regroupement scolaire confessionnel, toujours majoritaire.La CÉCM n’est donc pas tirée d’affaire, si elle choisit un autre intégriste pour mener ses travaux.À moins que le RSC, affaibli, cherche à éviter la confrontation et se tourne vers un porte-parole plus modéré.On verra vite où loge la majorité quand elle décidera si elle poursuit ses grandes manoeuvres pour combattre jusqu’en Cour suprême l’instauration de commissions scolaires linguistiques à Montréal, en lieu des commissions confessionnelles.Le MÉMO entend et doit forcer un dur débat sur cette opération qui non seulement gaspille les fonds publics — quelque $300 000 estime-t-on — mais ne fait que ralentir la marche de Montréal vers un réaménagement aussi inévitable que sain.L’occasion est belle pour le nouveau ministre de l’Éducation, M.Michel Pagé, qui pourrait intervenir à Montréal en essayant de faire entendre raison à ce qui reste du RSC.Tout doit être tenté, qui pourrait accélérer la restructuration scolaire de l’ile.Une île où le mouvement, d’ailleurs, • ne s’est pas fait sentir qu’à la CÉCM.Pour la première fois, la Commission des écoles protestantes du Grand-Montréal (CÉPGM) comptera cinq commissaires francophones au sein de son conseil de 21 membres.Avec la croissance fulgurante de la demande d’écoles françaises sous sa juridiction, il était temps que la situation se normalise et que des commissaires prennent enfin le relais de parents chroniquement insatisfaits des services et des décisions de la commission.À elle seule, l’histoire de la CÉPGM illustre l’incongruité des structures scolaires de Montréal, et l’urgence de passer à une division linguistique.Mais comme ce n’est pas demain la veille, on peut au moins se réjouir, là aussi, d’un nouvel équilibre.L’exercice démocratique de dimanche a été faiblard, mais utile.LISE BISSONNETTE TEMOIGNAGE D’une mère qui hurle N E enfant m'a parlé, mon enfant.Elle m’a parlé en pleurant.Elle m’a dit un secret.Un gros secret.Trop gros pour ses trois ans.Il était si lourd, trop lourd.Elle en était malade, et même que je croyais que cette maladie m’enlèverait mon enfant, à la prochaine crise.C’est ce que son médecin m’avait dit.Lui aussi avait peur.Son secret, je l’ai cueilli sans le vouloir.Elle avait un toutou, et près de moi il y avait une marionnette.Je l’ai prise, sans intention.« Toutou, connais-tu une petite fille triste ?» C’est qu’elle avait l’air triste.À ma surprise, le toutou m’a répondu « Oui, elle s’appelle.» — Toutou, sais tu pourquoi elle est triste ?— C’est parce que le papa à .lui a fait mal à la bouche.— Toutou, le papa à .t’a fait mal à la bouche ?— Non ! c’est le papa à.qui a fait mal à la bouche à.- Ah ! Puis elle s’est caché la tête.« Toutou, des fois c’est pas facile de parler Je comprends ça, tu parleras quand tu le voudras.» Quelques minutes après, le toutou veut parler : « C’est dans la bouche, le papa à ., il lui mettait son pénis dans la bouche.» J’ai pris ma toute petite dans mes bras, je lui ai caressé la tete.* Je te crois, ma douce.» Je l’ai bercée longtemps, elle pleurait doucement, elle avait mal, mal à elle, mal à son père qui avait trahi son amour.J’ai écouté.Pas de question.Juste, je te crois.Puis la (>eur.« Il va le savoir, il l'a dit, son petit doigt va lui dire que je te l’ai dit ! Il va se fâcher fort, il va te faire mal.H'aurai pu de maman, puis il va faire (sa soeur).Il l’a dit ! il l'a dit ! » Elle tremblait.« Il va me jeter dans l’eau ! En bas d’un pont ! il l’a dit ! » J’ai pris ma douce et ma plus grande.On a fui.De loin, on a contacté les autorités : DP.I et la police.Ils l’ont fait parler, elle leur a dit.Je l’avait laissée seule avec eux, afin qu’ils sentent que je ne l'influençais pas.Le DPJ a contacté monsieur.Le même jour, menaces sur mon répon deur : « Ma calice d'ossement sale, tiens-toi tranquille, autrement ça va aller mal ! » J’ai donné la cassette à la police.Puis le DPJ a jugé que c’était sérieux, et l’a dit à mon ex.Première session de vandalisme le même jour.Deux semaines, et puis autre session à la barre de fer.Mes assurances ne couvrent pas.Et puis, elle n’a que trois ans.Au cri minel, elle ne peut pas dire que c’est arrivé le jeudi 27 à trois heures, monsieur le juge.Même si elle a dit son secret à son gros policier.(Ah oui, j’oubliais de dire qu’elle est guérie.Le fait de sentir qu’elle ne le revivrait plus : promesse du gros policier, de moi et du DPJ, l’a sécurisée.Elle est totalement guérie, médicalement confirmé.) Donc je disais, même si elle l’a dit à la police ! Monsieur ne sera pas accusé d’agression sexuelle parce qu’elle ne peut témoigner comme une grande de 20 ans ! Elle a trois ans ! Société ! Tu ne protèges pas tes petits ! P S.: Pour les menaces et le vandalisme, ce n’était pas signé.Pour ça non plus, ils ne peuvent rien faire.
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