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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-01-19, Collections de BAnQ.

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BU Vol.LXXXII — No 15 ?Neige.Température stationnaire à -5 Détail page B-5.Montrésl, SSmedi 19 jnnvier 1991 3 CAHIERS — 1.30 .tps*tvq 4474, Saint-Denis Montréal, Qc H2J 2L1 (514) 844-2587 SOMMAIRE Éditorial Les manifestations pour la paix se multiplient à Montréal, mais on s'inquiète de voir les jeunes, surtout, prendre position dans un conflit complexe à partir de clichés, de slogans faciles et de préjugés.L'éditorial de Lise Bissonnette.Page A-10 Premiers raids des Canadiens Malgré des raids aériens intensifs hier, les avions de combat canadiens n'ont pas subi de pertes, ont précisé des porte-parole du ministère de la Défense.Page A-3 Les pacifistes et l’action directe Des mouvements pacifistes de Montréal veulent se lancer dans « l'action directe non violente » et entendent carrément empêcher, lundi, les employés d'entrer au ministère des Affaires extrérieures à Ottawa.Page A-3 Double jeu à Moscou Pendant qu’il réitérait, plus fermement que jamais, son appui à la coalition antiirakienne, approuvant sans réserve les raids aériens contre Bagdad, Mikhaïl Gorbatchev a couvert de son autorité, cette semaine, le coup de force contre les indépendantistes lituaniens.Un double jeu tactique qu’analyse François Brousseau.Page A-9 Gorbatchev seul Le vide s'accentue autour du président soviétique, alors que les derniers « progressistes » de son entourage quittent le bateau.Page A-7 Major refuse le triomphalisme Le premier ministre britannique John Major a déclaré, hier matin, que l'attaque de missiles irakiens contre Israël était « non provoquée et impardonnable ».Les Britanniques se refusent toutefois à tout triomphalisme.Page A-9 rosses v le cahier du i • ameai m mm Sade, le saigneur de la Pléiade Sade entre dans l'illustre confrérie des rares auteurs qui ont le privilège de voir leurs oeuvres paraître dans la prestigieuse collection de la Pléiade.Cette consécration, 176 ans après la mort du marquis, ne manque pas de surprendre si l’on considère que les Cent Vingt Journées .ne sont parues pour la première fois qu'en 1931 Page C-1 Bon accueil pour Simoneau Le public de Montréal allait-il oui ou non se laisser séduire par le dernier film d’Yves Simoneau ?Les paris étaient ouverts.Fait sans précédent, le cinéaste y présentait un produit anglais.Aujourd'hui, Yves Simoneau respire beaucoup mieux.Car « Perfectly normal » a reçu un accueil enthousiaste.Page C-1 Israël ne réplique pas Les forces alliées bombardent l’Irak et le Koweit sans répit d'après AFP et Feuler LE GOUVERNEMENT israélien a décidé de ne pas risposter à l’attaque irakienne malgré la tension et la confusion qui ont régné hier soir en Israël, où la population a cru subir une deuxième attaque irakienne.Pendant la journée, la force multinationale a poursuivi des bombardements intensifs sur l’Irak et le Koweit et a annoncé qu’elle avait perdu 8 avions de combat.L’Irak a de son côté déclaré avoir abattu plus de 90 avions alliés.De plus, la Turquie est entrée dans le conflit hier en autorisant une attaque d’avions américains sur le nord de l’Irak.Alors que Jérusalem avait averti qu’une nouvelle vague de tirs entraînerait une riposte de sa part, une alerte a été déclenchée sur tout le territoire hier soir et il a fallu attendre près d’une heure avant que l’armée israélienne n’annonce qu’il s’agissait d’une fausse alerte.C’est la chute d’un satellite soviétique en Méditerranée, à proximité des côtes israéliennes, qui a provoqué l’alerte à Tel-Aviv.La confusion a été entretenue un moment par une déclaration du Pentagone selon laquelle l’alerte n’était probablement pas due à des missiles Scud, ce qui semblait ne pas écarter la possibilité d’une attaque par d’autres moyens.Après l’attaque de missiles irakiens Scud dans la nuit de jeudi à hier, Washington et plusieurs autres capitales ont lancé des appels pressants à Jérusalem pour lui demander de ne pas riposter.Le président américain George Bush a remercié Israël pour « sa modération ».* Lais-sez-moi dire combien j’apprécie la modération d’Israël » depuis le début de la crise, a déclaré M.Bush au cours d’une conférence de presse à la Maison-Blanche.Il s’est déclaré confiant que cela continuerait, en précisant que les consultations avec l’État hébreu se poursuivaient.Mais le président américain n’a pas voulu dire expressément s’il avait reçu des assurances d’Israël.Malgré ces objurgations de la coalition internationale, le ministre israélien de la Défense Moshe Arens a affirmé hier que l’État hébreu riposterait au moment opportun à l’attaque de missiles irakiens.« Nous avons expliqué aux États-Unis que si nous étions attaqués, nous riposterions.Or nous avons été attaques, a déclaré M.Arens à la télévision israélienne.Nous avons les Voir page A-4: Israël PHOTO AP Enfant de la bombe ., Blessé par un des missiles Scud lancés par l'Irak sur Tel-Aviv dans la nuit de jeudi à hier, un enfant eplore s'agrippe à son père, à son arrivée à l'hôpital.L’Irak pris en tenailles Jocelyn Coulon LA GUERRE du Golfe prend une nouvelle dimension avec la confirmation, hier, d’attaques aériennes américaines sur le nord de l’Irak à partir de la Turquie et la possibilité qu’Israël s’engage dans le conflit.Le front de la guerre s’élargit et l’Irak est maintenant pris en tenailles.Ce scénario d’élargissement, les experts ne l’avaient jamais exclu, surtout lorsque la Turquie accepta d’autoriser les Américains à déployer des renforts additionnels sur les bases qu’ils contrôlent dans ce pays et demanda à l'OTAN d'envoyer des avions de combat pour prêter main-forte à son armée.D’ailleurs, le président turc, Tur-gut Ozal, n'a jamais caché sa solidarité avec la force multinationale malgré l’opposition de nombreux militaires.Hier soir, des sources militaires américaines ont confirmé les attaques en provenance de la Turquie et le president Ozal a déclaré que si l'Irak répliquait, la Turquie « répondra de façon très violente ».L’engagement de la Turquie est important pour la force multinationale.L’armée turque est la plus nombreuse des armées de l'OTAN après celle des États-Unis, et ses soldats d’infanterie sont de redoutables combattants.La Turquie maintient en état d’alerte quelques 100 000 soldats massés à la frontière irakienne et prêts à intervenir.Cette menace pousse d’ailleurs l’Irak à mobiliser plus de 260 000 de ses soldats en face de la Turquie.L'armée de l’air turque compte 500 avions de combat, dont des F-16, F-4 et F-104.Les experts estiment que l’intervention de l’armée de terre turque serait un atout majeur pour la force multinationale lorsque celle-ci décidera d’attaquer l’Irak et le Koweit par voie terrestre.L’ouverture d’un deuxième front risquerait de saigner complètement l’Irak.Les nombreuses bases turques et américaines regorgent de stocks d’armes, de pièces détachées, de matériel militaire et de carburant.Elles -L-constituent un élément de support et de logistique vital pour la force multinationale déployée dans le Golfe.Les Américains disposent d’une force aérienne impressionnate sur la base turque d’Incirlik, non loin de la côte méditerranéenne.Selon les premières informations, trois avions ravoir page A-4: L’Irak Rien n’échappe aux enfants La guerre déchire les libéraux fédéraux Caroline Montpetit BOMBARDEMENT chirurgical, missiles bactériologiques, précision du tir d’artillerie : la guerre du Golfe n’a pas de secret pour les enfants rompus aux jeux électroniques Nintendo, qui l’observent à la télévision.A l’école primaire Saint-Paul-de-la-Croix d’Ahuntsic jeudi matin, pas un élève n’avait manqué, la veille, l’annonce des bombardements aériens déclenchés par les forces alliées sur Bagdad, capitale de l'Irak.« J’ai tout regardé à la télé, parce qu’ils nous avaient coupé nos émissions habituelles, s’est exclamée la petite Cloé Couturier-Desrochers, huit ans.C’était passionnant d’enten- dre ça, la précision des tirs.En même temps, ça fait peur.» Braqués sur le petit écran, initiés aux missiles et aux bombes, les enfants de l’ère des télécommunications sont conscients et troublés du conflit qui secoue la communauté internationale dans le golfe Persique.« Les bombes, les missiles, ça ne me fait pas peur, renchérit Benjamin Vinet, huit ans.Mais le terrorisme, c’est plus dangereux, parce que ça survient n’importe ou, n'importe quand, sur n’importe qui.J’ai peur que les soldats irakiens viennent ici, ou qu’ils fassent sauter les stations de métro ou les centres d’achat».« La guerre, c’est pas beau.Quand on pense qu’il y a des centaines de milliers de personnes qui vont se bat- tre pour une seule personne, juste pour avoir une réponse», laissait tomber, inquiet, Alexandre Chagnon, 11 ans.L'information qui les touche ne provient pas de l’école.De l’aveu même des enfants, c’est à la télévision, à la radio et dans les journaux, plus encore qu’auprès de leurs pa-renLs, qu’ils s'informent du conflit qui sévit dans le golfe Persique._ « Les parents ne nous empêchent pas de regarder la télévision, ajoute la petite Cloé.Ils savent que nous voulons savoir ce qui se passe autour de nous».Mardi dernier, l’Association des médecins psychiatres du Québec lançait une mise en garde contre les Voir page A-4: Enfants Chantal Hébert de notre bureau d'Ottawa PENDANT que les alliés et l’Irak s’échangent des missiles dans le golfe Persique, la guerre fait des dégâts politiques au Canada.L’opposition officielle sort de la première semaine d’hostilités meurtrie, divisée et après avoir dilapidé les honneurs de la guerre du premier test du leadership parlementaire de Jean Chrétien.Au début du débat, l’opposition libérale partait pourtant avec l’avantage psychologique.Alimentée par sa méfiance actuelle à l’égard des conservateurs de Brian Mulroney, l’opinion publique canadienne était montée contre l’hypothèse d’un conflit armé.La décision des libéraux de se ranger avec le NPD pour donner aux sanctions économiques plus de temps pour faire leurs preuves semblait taillée sur mesure pour correspondre à l’humeur de la population canadienne.Au bout du compte, la rapidité du développement des événements sur la scène internationale a eu raison de ces calculs de politique interne.Hier, Jean Chrétien et son critique aux af-Voir page A-4: Libéraux Un référendum hâtif fera l’affaire de tous, dit Parizeau Gilles Lesage de notre bureau de Québec LE PRÉSIDENT du Parti québécois pense qu’un référendum hâtif, peu après le rapport Bélanger-Campeau, pourrait faire l’affaire de tout le monde : des souverainistes, bien sûr, mais aussi des fédéralistes « substantiels », et de ceux qui cherchent encore une éventuelle voie mitoyenne entre les deux grandes options.En tout cas, M.Jacques Parizeau s’emploiera au cours des prochains mois à : faire en sorte que le gouvernement mette un terme à sa procrastination ; faire flèche de tout bois démocratique à sa disposition pour que Des extraits de l’entrevue, page B-12 Autres textes, page A-5 le peuple québécois puisse enfin déterminer son avenir politique et constitutionnel.Quant à lui l’issue de cette démarche, quelle que soit la forme choisie par M.Robert Bou-rassa, ne fait pas de doute.Les Québécois veulent « leur » pays à eux.Il ne restera à déterminer que le degré d’association avec le Canada, qui n’aura d’autre choix que de négocier.Tels sont quelques-uns des points que le chef péquiste a fait valoir avec beaucoup de confiance et d’as- surance, cette semaine, à quelques jours du congrès de son parti, au cours d’un long entretien avec LE DEVOIR, représenté par Mme Lise Bissonnette, MM.Bernard Descô-teaux et Pierre O’Neill, et le signataire de ces lignes.Convaincu qu’il y a d’ores et déjà un fort consensus en faveur de la souveraineté, M.Parizeau comprend fort bien les « affres » libérales et le dilemme de M.Bourassa.Aussi faut-il laisser le peuple trancher, faire passer « la patrie avant les partis ».Il est prêt a faire la souveraineté avec M.Bourassa, si ce dernier y consent, mais sans compromis.Il y aura un Québec indépendant et associé économiquement ou alors, une formule à la Yvon Deschamps : un Québec souverain dans un Canada fort et uni.En ce sens, le confédéra-lisme dont on parle depuis peu (la plus récente proposition du professeur Léon Dion, pour « une union d’États qui conservent un niveau plus ou moins élevé de souveraineté ») lui semble une formule.verbale, sans avenir ici.De même la superstructure évoquée par M.Bourassa implique un tel changement de système et de gouvernement que le Canada anglais ne veut même pas en entendre parler.M.Parizeau est fort satisfait des audiences de la Commission Bélanger-Campeau.Elles ont fait ressortir Voir page A-4: Parizeau PHOTO JACQUES NADEAU Jacques Parizeau au DEVOIR.Nouveautés Boréal compact Boréal compact présente des rééditions de textes significatifs - romans, essais ou documents - dans un format pratique et à des prix accessibles aux étudiants et au grand public.Essai Denys Delâge Le Pays renversé Amérindiens et Européens en Amérique du Nord-Est - 1600-1664 432 pages - 18,95$ Romans Marie-Claire Blais Une saison dans la vie d'Emmanuel 168 pages - 9,95$ Pierre 208 pages - 12,95$ Paolo Villaggio Roberto Benicjni fEDERICO fELLim Wmmi Le mercredi, 6 février, à 19 A 30, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts A-2 ¦ Le Devoir, samedi 19 janvier 1991 La guerre du Golfe Le ton du Canada monte mais Ryan rassure les Québécois EN BREF.WrAFiLM ¦¦¦¦Ml LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE DE SCIENCE POLITIQUE EN COLLABORATION AVEC LE DÉPARTEMENT DE SCIENCE POLITIQUE ET LE PROGRAMME D'ÉTUDES ARABES DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL VOUS INVITENT À UNE TABLE RONDE DE LA CRISE DU GOLFE avec: Saâd A MR A NI, Université de Montréal Michel DUQUETTE, Université de Montréal Henry HABIB, Université Concordia sous la présidence de Bahgat KORANY, Université de Montréal DATE : Mercredi le 23 janvier 1991 HEURE : 16 heures 30 SALLE : 3315, pav.3200 Jean-Brillant ENTRÉE LIBRE Pour intormatlon: France Giroux, déléguée aux projets spéciaux - (514) 669-8509 Élaine Dupré, secrétariat de la S.Q.S.P.- (514) 987-4582 HÔPITAL SAINTE-JUSTINE 3175, Côte-Salnte-Catherlne Montréal (Québec) H3T 1C5 Séance publique d'information La population servie par l'Hôpital Sainte-Justine est invitée à assister à la séance publique d'information annuelle, le mardi 26 février 1991 à 19 h 30, à la salle Marcelle-Lacoste de l'Hôpital Salnte-Juatlne.À cette occasion, une table ronde réunira les membres du conseil d'administration, les directeurs et les représentants d'associations de parents travaillant en collaboration avec l'Hôpital.Le public désirant participer à cette séance d'information est cordialement invité.Bienvenue à tous ! Au bout de chaque cigarette Un seul filtre: vos poumons Ville:_________________________________________Code postal:______________________ Tel.: _________________________________________Tel.bureau:______________________ Le tirage aura lieu le 30 janvier ¦ Cette annonce paraîtra dans la presse du 19 au 26 janvier 1991 ¦ La valeur des prix est de 2400$ ¦ 150 gagnants recevront leur laissez-passer double par la poste ¦ Le texte des règlements est disponible chez Vivafilm ¦ Météo dans le Golfe STATE COLLEGE, Penn.(Reuter) — Après une série d’averses, hier, le ciel redeviendra clair dans la nuit au-desssus de l’Irak, mais de nouvelles pluies sont prévues au cours du week-end, selon un institut météorologique américain.On Erévoit également un risque de rumes matinales se dissipant rapidement.Le ciel sera très nuageux sur le Koweit et le reste du Golfe, ce qui pourrait entraîner quelques pluies éparses, mais sans de tempête de sable.Les Arabes du Canada conseillent de lâcher les USA (PC) — POUR le Regroupement arabe de Montréal, il n’est pas dans l’intérêt du Canada d'appuyer les États-Unis dans le golfe Persique.« Nous sentons bien qu’au Québec, la plupart des gens ne veulent pas participer à la guerre.Alors nous sommes représentatifs de la société où nous vivons », a répondu Hatem Salman à une question sur la « loyauté unanime » qu’il conviendrait d’apporter aux militaires canadiens engagés contre l’Irak.La guerre avant le grand mariage BASE MILITAIRE DE BORDEN, Ontario (PC) — Marianne Houston, 25 ans, se préparait depuis longtemps à la date du 9 mars Erochaln.Elle devait, dans une église ien décorée, épouser son fiancé.Elle a plutôt conclu à la hâte,samedi, un mariage intime dans la maison de parents, à Toronto.La lune de miel, de plus, n’a pas été longue.Lundi, Marianne Houston s’envolera, seule, pour la région du golfe Persique.Infirmière à la base militaire de Borden, en Ontario, elle exercera son métier au Moyen-Orient, dans un hôpital de campagne, avec 550 autres Canadiens.Les Français pour la guerre PARIS (Reuter) — Soixante-neuf pour cent des Français approuvent l’intervention militaire de la coalition contre l’Irak contre 25 % qui la désapprouvent, révèle un sondage BV A réalisé le 18 janvier pour Libération.Le sondage, précise que le même pourcentage de 69 % approuve la participation des forces françaises au conflit du Golfe, contre 26 % qui la désapprouvent.Les Français estiment cependant à 54 % contre 28 % que le conflit du Golfe va compliquer le règlement des problèmes du Moyen-Orient, comme le conflit israélo-arabe et le Liban.Appui massif des Américains NEW YORK (AP) - Plus de trois quarts (78 %) des Américains estiment que les É.-U.ont eu raison de déclencher les hostilités, révie une enquête menée par la chaîne de télévision CBS et le quotidien New York Times.Avant le début de la guerre, les Américains étaient partagés en deux camps plus ou moins égaux sur l’opportunité d’entamer les hostilités militaires.Une écrasante majorité (85 %) dit également approuver la façon dont le président George Bush gère la crise du Golfe (contre 57 % avant le déclenchement de la guerre).Attentats contre des banques US SANTIAGO (AFP) - Deux succursales des banques américaines Security Pacific et Republic National ont été légèrement endommagées dans la nuit de jeudi à vendredi à Santiago par des attentats à l’explosif qui pourraient être liés à la crise du Golfe, a annoncé la police chilienne.L’explosion n’a pas fait de victime mais a détruit les vitres et endommagé le mobilier des deux établissements bancaires situés à l’est de Santiago.Par ailleurs, une bombe a été decouverte hier dans les jardins de la résidence de l’ambassadeur des États-Unis à Djakarta.Les artificiers de la police ont fait exploser la bombe à l’écart.Celle-ci se trouvait dans un paquet trouvé par un garde de l’ambassade."Éblouissant d'intelligence et d'humour" -L'EXPRESS "La vision de Fellini reste incomparable" -PREMIERE Sous les auspices de la Chambre de commerce italienne au Canada BANQUE LAURENTIENNE llRELLI (ZZOrnB ” ® MAPEI 4LU4NŒ LE DEVOIR ont le plaisir d'inviter 300 cinéphiles à venir célébrer le génie de Fellini dans le cadre de la première nord-américaine de Sélection Officielle Cannes 199 el FFM les troupes présentes suffiront • • Les partis sont unanimes à dénoncer l’attaque contre Israel Chantal Hébert (le notre bureau d'Otluwa DANS LA foulée des bombardements irakiens contre Israël, le Canada hausse le ton contre Saddam H ussein, mais son message ne sera pas assorti, dans l’immédiat, par l’envoi de troupes supplémentaires dans le Golfe.« Nous somme engagés dans une campagne pour s’assurer que la machine de guerre de Saddam Hussein ne puisse plus jamais être utilisée contre ses voisins innocents », a déclaré hier le premier ministre aux Communes.Des paroles que le NPD et certains libéraux ont interprété comme un élargissement des bornes du conflit actuel.« Le mandat donné par les Nations unies se limite à sortir Saddam Hussein du Koweit », affirme le critique néo-démocrate John Brewin,selon qui le gouvernement se prête plutôt à une escalade des hostilités.Mais au terme de deux sessions d'urgence du cabinet de guerre, aucune nouvelle instruction n’a été transmise aux forces canadiennes dans le Golfe.Quant aux consultations pour déterminer s’il est opportun d’accroître l’effort de guerre canadien, elles se poursuivent.Pour l’heure, le gouvernement fédéral joue en sourdine l’hypothèse d’envoyer de nouvelles troupes au front, une idée avec laquelle le premier ministre avait pourtant flirté immédiatement après la nouvelle de l’attaque contre Israël.« Le Canada n’est pas une superpuissance, notre capacité militaire est limitée », insiste maintenant Brian Mulroney, tandis que le ministre Joe Clark maintient que l’envoi de troupes pour grossir les rangs d'une armée de terre demeure improbable.Les trois partis étaient unanimes hier à dénoncer l'attaque contre Is- raël.« Israel a fait preuve d’une patience exemplaire jusqu’à présent, assurons-nous de ne pas en abuser », affirme le député libéral Sheila Fi-nestone.De son côté, le NPD réclame du gouvernement qu’il se fasse l’apôtre d’une trêve des hostilités, « pour donner à Saddam Hussein la chance de répondre à des ouvertures de paix », affirme le porte-parole John Brewin.Une suggestion que le ministre Clark a ridiculisée.« Ce serait comme récompenser l’Irak pour avoir attaqué Israël», affirme-t-il.Entretemps, la ligne téléphonique installée par le gouvernement pour informer les amis et parents des 14 000 Canadiens actuellement en Israel est débordée.De leur côté, plusieurs organismes arabo-canadiens se plaignent que les membres de leur communauté sont la cible de harcèlement policier.« Aucun effort spécial ne sera dirigé contre des Canadiens d’origine arabe », a promis hier le premier ministre.Pas question non plus, affirme le solliciteur-général Pierre Cadieux, de doter l’armée et les services de sécurité de pouvoirs accrus en invoquant la loi aes mesures de guerre.Finalement, les trois partis à Ottawa ont convenu de ne pas interrompre le débat de la Chambre des communes sur la guerre du Golfe pour la fin de semaine.Le vote final des députés n’aura cependant pas lieu avant le début de la semaine prochaine.Paul Cauchon a LE MINISTRE de la Sécurité publiée Claude Ryan ne dénote « aucun Janger immédiat sur le territoire du Québec » à la suite du déclencement de la guerre dans le golfe Persique, mais il a invité tous les corps policiers à demeurer vigilants.M.Ryan a voulu rassurer la population hier, mais il n'a pas cache que de nouvelles mesures de sécurité avaient été instaurées aux aéroports de Dorval et de Mirabel, aux princi- 8aux dépôts d’essence (dans l’est de fontréal par exemple) tout comme aux principales installations d’Hy-dro-Québec, ainsi qu’à la centrale de Gentilly.Claude Ryan rencontrait hier matin les directeurs des principaux corps policiers afin d’étudier les mesures assurant la sécurité de la population.Le ministre avait consulté les directeurs de police de Montréal, de la CUM, de Québec, de Ste-Foy, le directeur régional de la GRC au Québec, des représentants du Service ca- nadien de renseignement, la direc tion de la Sûreté du Québec, de la Protection civile.Pour M.Ryan la collaboration entre tout ce beau monde est « excellente ».« De façon générale, ajoute-t-il, la situation actuelle est calme au Qué bec.Nous avons procédé à un inven taire des lieux et des personnes qu nécessitent une protection spéciale Pour l’instant, le travail en est sur tout un de prévention et d’informa tion, afin que tous les renseigne ments disponibles fassent l’obiet d’échanges entre les forces policières.» Claude Ryan est demeuré très vague sur la nature des problèmes éventuels.Il a toutefois tenu à affirmer que tous les citoyens du Québec, « quels que soient leur origine, leur couleur, leur langue, leur milieu social, feront l’objet d’une attention égale ».Pour le moment aucune structure spéciale n’est créée.« Nous n’en avons pas besoin, dit-il.Le ministre peut convoquer en tout temps les directeurs des services de police pour faire face à la situation».Des consulats font maintenant l’object de mesures de protection particulières.M Ryan n’a pas voulu dire lesquels, mais on imagine facilement le consulat américain et le consulat d’IsraëL Le Québec compte-t-il des extrémistes, arabes ou non, qui pourraient éventuellement provoquer des désordres ?« Nous sommes au courant de foyers d’où pourraient provenir des difficultés éventuelles, mais rien n’indique de mouvement pour le moment», répond-iL Le responsable régional de la GRC pour le Québec, M.Brault, reconnaît que le Service canadien de renseignement a mené plusieurs entrevues avec des Irakiens au Québec.« Les entrevues ont été faites par mesure de protection.Pratiquement tous les Irakiens rencontrés sont des opposants à Saddam Hussein », explique-t-il.M.Brault a également qualifié d’« étroite » la coopération avec les services de renseignements américains.Interrogé à savoir si le gouvernement surveillerait autant les manifestations pacifistes que les mouvements extrémistes, Claude Ryan a tenu à préciser que « les droits fondamentaux demeurent complets » et qu'il existe ¦ une entière liberté de manifester au Québec », mais il a ajouté que « nos services de sécurité portent une attention spéciale aux manifestations pacifistes.L’ordre et la paix publique doivent être maintenus ».La guerre: un spectacle parfaitement contrôlé Paule des Rivières LE JOURNALISTE apparaît en direct, de son bureau de CNN à Tel-Aviv.Le cameraman est là également, caché sous un masque à gaz : l’attaque irakienne sur Israël vient d’avoir lieu.Le journaliste s’apprête à ouvrir la fenêtre, question de mieux voir peut-être l’étendue des dégâts.De la salle de nouvelles du quartier général de la chaîne, à Atlanta, le chef des nouvelles conseille à son colègue de mettre d’abord son masque, mais le journaliste fait la sourde oreille, c’est plus pratique de parler sans masque.L’animateur insiste, l'enjoint de se protéger.Le journaliste finit par obtempérer, de mauvaise grâce.Des millions de téléspectateurs ont vu cet insolite dialogue jeudi soir, en frissonnant et craignant pour la vie du correspondant.A la même antenne, les téléspectateurs du monde entier ont vu aussi, plus tard, une entrevue avec un porte-parole du gouvernement israélien, à Jérusalem cette fois.L’animateur d’Atlanta demandait au ministre de mettre son masque, le journalistes et l'équipe de techniciens étaient « masqués ».Cependant, pendant que se déroulait l’entrevue, une autre équipe de tournage défilait par inadvertance devant la lentille, et ces gens, que l’on ne devait pas voir, avaient le visage à découvert.« Au début, c’était correct de mettre le masque devant la caméra.Après tout, c’était sérieux, la première sirène en Israël depuis 1973, il n’y avait pas de chance a prendre.Mais CNN avait un « aspect show » que je trouve « scandaleux ».El même après que toutes les agences de presse aient annoncé qu’il n’y avait pas de têtes chimiques, CNN continait d’exhiber les masques à gaz».Jean-François Lépine co anime Bulletin de guerre à la télévision de Radio-Canada.Il a été correspondant dans de nombreux pays et a été en poste pendant deux ans à Jérusalem.Il a couvert sporadiquement la guerre entre l’Iran et l’Irak.Comme plusieurs collègues, il remarque que jamais dans le passé, l’information n’a été aussi contrôlée, aussi émiettée.La dernière guerre moderne que les journalistes ont pu couvrir, dit-il, c’est celle du Vietnam.Le New York Times soulignait hier que les règles de « couverture » de cette guerre du Golfe sont les plus restrictives depuis la guerre de Corée, et, à certains égards, elles le sont encore davantage puisque les journalistes n’étaient alors pas confinés à visiter les installations en groupes limités, sous escorte.Le Pentagone se venge en quelque sorte du tort que la presse lui a causé, à son avis, lors de la guerre du Vietnam.Cette fois-ci, pas de cadavres de soldats américains pour provoquer la colère des mères américaines.Pas de sang, pas de saletés, mais à la place des missiles qui dessinent un arc-en ciel et illuminent le ciel de mille feux, ou un feu d’artifice au-dessus d’une ville, Bagdad, qui donne des images sorties tout droit d’un conte des mille et une nuit.« Nous nous rendons compte, souligne Jean-François Lépine, que nous avons été victimes d’une incroyable campagne de désinformation depuis cinq mois, sur Saddam Hussein, que l’on a peint comme un guerrier armé jusqu’aux dents, hystérique.N’a-t-on pas grossi le monstre quelque peu pour justifier la présence dans le Golfe de 500 000 soldats» ?Les journalistes, poursuit M.Lépine, ne s’abreuvent qu’à deux sources, le Pentagone et la chaîne CNN (qui est souvent la première à être sur les lieux et ceUe dotée des meilleurs moyens de transmission).« Ou, pour être plus précis, les quatre réseaux américains et le Pentagone ».Le Pentagone dit bien ce qu’il veut dire.Et lorsque les chaînes sont à cours d’information, elles recourent au sensationnalisme.Retournez ce coupon-réponse a: CONCOURS "LA VOCE DELLA LUNA ils Alliance Vivafilm, 355 Place Royale, Montréal, H2Y 2V3 Nom:_________________________________________________Âge: _ Adresse:______________________________________:___________________ PHOTO CP L’aide de la prière Peu après l’annonce de l’attaque irakienne, le rabbin Eli Friedman se tient la tête alors qu'il officie pour les participants à la synagogue Beth Israël-Beth Aaron, de Montréal.D3+C Le Devoir, samedi 19 janvier 1991 ¦ A-3 La guerre du Golfe Les premiers raids intensifs des avions canadiens se déroulent sans aucune perte Des pacifistes prévoient «envahir» le ministère des Affaires extérieures Huguette Young i de la Presse Candienne OTTAWA — Malgré des raids aériens intensifs hier, les avions de combat canadiens n’ont pas subi de pértes, ont précisé des porte-parole du ministère de la Défense.Le commodore Larry Murray a indiqué, au cours de la séance d’information quotidienne à l’intention des journalistes, que les 24 chasseurs CF-18 canadiens continuaient d’effectuer des patrouilles dans la région du golfe Persique, mais qu’ils n’avaient pas franchi l’espace aérien irakien ou koweitien.Jusqu’à présent, a-t-il précisé, l’escadrille canadienne n’a pas été appelée à effectuer des missions plus dangereuses de balayage radar ou d’escorte.Ce nouveau rôle des CF-18, qui consisterait à dégager un couloir aérien pour les bombardiers américains et ceux des autres alliés, a été autorisé mercredi par le conseil des ministres, à la demande du chef de l’état-major, le général John de Chastelain.Jusqu’à nouvel ordre, toutefois, a précisé un autre porte-parole, le colonel Richard Bastien, le Canada n’ajoutera pas d’appareils à son escadrille de 24 chasseurs, n maintiendra sa force de deux destroyers et d’un navire de ravitaillement et d’un Boeing 707 de ravitaillement en vol.Il n’est pas question non plus de déployer une force terrestre dans le théâtre des hostilités, a-t-il précisé.Seule nouveauté : le Canada mettra à la disposition des forces alliées une unité d’ambulances de campagne pour soigner les blessés des forces alliées à sa base de Lahr, en Allemagne.Selon le scénario qui est envisagé, les blessés qui seraient transportés du front en Irak ou en Arabie Saoudite seraient d’abord soignés en Allemagne avant d’être transportés aux hôpitaux sur le continent américain ou ailleurs.Cette unité d’ambulances à Lahr comprend des effectifs de 225 personnes et 21 ambulances.Il est toujours question d'installer un hôpital de campagne canadien en Arabie Saoudite pour s’occuper des blessés des forces alliées et des prisonniers de guerre irakiens, a confirmé le colonel Bastien.Les prépa- ratifs seront accélérés pour être en mesure d’offrir les soins aux blessés le plus tôt possible, si cela s’avère nécessaire.Ainsi, deux équipes chirurgicales de 50 Canadiens se joindront aux équipes médicales britanniques en Arabie Saoudite début février.Dès que l’hôpital de campagne canadien sera prêt à recevoir des blessés, soit vers la fin de février, les médecins, infirmiers et infirmières canadiens s’y rattacheront.Quant à la force navale canadienne, elle poursuit ses opérations de patrouille dans le sud du Golfe, tandis que le navire de ravitaillement Protecteur navigue dans le golfe d’Oman, en route pour le sud du golfe Persique.Paul Cauchon S y pi orr * r * ÊK * .w* *m *¦ * ** + > mm** ¦ ^ v Le bilan des pertes militaires et civiles PHOTO CP Les dégâts causés par un missile Scud, à Tel-Aviv.DES MOUVEMENTS pacifistes de Montréal veulent se lancer dans « l’action directe non violente » et entendent carrément empêcher, lundi, les employés d’entrer au ministère des Affaires extérieures à Ottawa.« Il peut y avoir des dizaines d’arrestations, mais nous savons que la population est derrière nous », soutient Philippe Duhamel, porte-parole de l’Alliance pour l’action non violente.Au moins une dizaine de groupes pacifistes organisent ces jours-ci des gestes de protestation en relation avec la guerre du Golfe.L’Alliance, elle, regroupe des mouvements de jeunes, des groupes populaires et communautaires et travaille en collaboration avec la Coalition contre la guerre dans le golfe Persique, qui regroupe des associations étudiantes, des comités de solidarité internationale, des organisations chrétiennes de base.M.Duhamel estime que le temps des pétitions et des simples manifestations est terminée, et son groupe entend lancer des actions directes qui veulent frapper l’imagination.En prévision de la manifestation de lundi à Ottawa, des autobus partiront dimanche après-midi du métro Place des Arts à Montréal, et la centaine de militants qui ont réservé des places entendent coucher dans des églises d’Ottawa ce soir-là.Philippe Duhamel explique que son groupe a produit hier un tract recommandant aux jeunes manifestants une attitude non violente.Il admet avoir été débordé jeudi, alors qu’à l’occasion d’une manifestation pacifiste à Montréal en après-midi des affrontements se sont produits entre jeunes et policiers.L’escouade anti-émeute de la police de la CU M est d’ailleurs intervenue pour disperser la foule.Pour sa part le ministre Claude Ryan, qui rencontrait la presse hier midi à l’occasion d’une réunion avec les responsables des corps policiers du Québec, commentait les événements de jeudi en déclarant que .< des agitateurs font le tour des écoles pour inviter les jeunes à manifester».D'autre part, la direction de la polyvalente Du plateau, de La Malbaie, a suspendu pour deux jours 200 de ses 1300 étudiants parce qu’ils ont décidé de manifester pour la paix de façon désordonnée.« Nous ne pouvons tolérer l’anarchie.Il y a des règlements et nous avions convenu d’une entente avec l’association des étudiants.La logique demande de s’y conformer », a indiqué le directeur de l’établissement, M.Paul-Henri Jean.Jeudi midi, un groupe d’étudiants avait entrepris un sit-in dans la zone de la polyvalente.En dépit des appels répétés, ils ont refusé de regagner leurs classes.« Nous avons appelé les parents pour qu’ils viennent les chercher», a expliqué M.Jean.Par ailleurs, selon les diverses agences de presse, des manifestations pacifistes ont eu lieu hier dans de nombreux pays.La plus importante est certes celle d'Espagne où plus de deux millions de travailleurs et des milliers de lycéens et d’étudiants espagnols ont dénoncé l’implication de leur gouvernement dans la guerre du Golfe au cours de plusieurs manifestations dans l’ensemble du pays.Un appel à un arrêt de travaille deux heures pour réclamer l’arrêt des hostilités et le rapatriement de deux bateaux de guerre espagnols dépêchés dans le Golfe pour veiller à l’application des sanctions imposées à l’Irak a été largement suivi, selon les syndicats.En Allemagne, environ 100 000 personnes, des jeunes pour la plupart, ont manifesté hier contre la guerre dans le Golfe et des heurts avec la police ont eu lieu dans plusieurs villes, faisant une vingtaine de blessés, a-t-on appris de sources policières.Selon la police, le montant des dégâts occasionnés en marge des défilés de vendredi — bris de vitrines, voitures endommagées — s’élève à plusieurs centaines de milliers de dollars.Des manifestations pro-irakienes ont aussi rassemblé des milliers de personnes dans plusieurs capitales ârâbës — A Alger, plus de 400 000 personnes ont manifesté à l'appel du Front islamique du salut (FIS), le plus important parti d’opposition en Algérie, pour protester contre l’intervention alliée contre l’Irak.Après la prière du vendredi, les manifestants ont défilé en silence jusqu'au palais du gouvernement.Par ailleurs, quatre dirigeants du FIS, dont le président Abassi Ma-dani, ont été reçus au palais du gouvernement.Ils ont demandé l’ouverture de camps d'entrainement et le boycottage de ventes de gaz et de pétrole aux pays qui participent à l’attaque contre l’Irak, selon un communiqué lu à la foule.— A Nouakchott, capitale de la Mauritanie, environ 5000 personnes ont manifesté dans les rues en brandissant des drapeaux palestinien, irakien et le portrait du president irakien Saddam Hussein, la foule a défilé en scandant des slogans hostiles aux États-Unis.— À Sanaa, capitale du Yémen, des dizaines de milliers de personnes ont défilé pour la deuxième journée consécutive.Les manifestants se sont dispersés sans incident après avoir entonné des slogans pro-ira-kiens et anti-américains.— À Rabat, les deux principaux partis marocains d’opposition ont fait savoir qu’ils avaient annulé des manifestations pro-irakiennes à cause du refus des autorités de per-Mettre plus d'un défilé par mouvement.Le Parti de l’Istiqlal et l’Union socialiste des forces populaires (USFP) avaient appelé à des manifestations communes dans 10 villes du pays.La première devait avoir lieu dimanche à Casablanca.PARIS (AFP) — Voici un bilan des pertes militaires et civiles depuis le déclenchement de l'opération Tempête du désert, le 17 janvier, d’après les informations officielles alliées et irakiennes.PERTES MILITAIRES ÉTATS-UNIS: selon le Pentagone, un appareil F-18 a été abattu jeudi et son pilote a été tué.Trois appareils, un chasseur-bombardier F-15E Eagle et deux A-6 Intruder (appareil d’attaque au sol tout temps) sont portés disparus depuis hier.Au total, sept aviateurs américains sont portés disparus.Trois soldats ont été « légèrement blessés » par des tirs d'artillerie irakiens près de la frontière kowei-tienne, ont indiqué des sources militaires en Arabie Saoudite.GRANDE-BRETAGNE: selon le ministère de la Défense, deux Tornado sonl portés disparus (un jeudi et un hier).On est sans nouvelles des deux équipages (quatre hommes au total), qui ont réussi à s’éjecter.ITALIE: selon l’armée de l’air, un Tornado est porté disparu avec ses deux membres d’équipage depuis la huit de jeudi à vendredi.KOWEÏT: selon le ministère de la iéfense en exil, un A-4 Skyhawk a été perdu jeudi lors d’une mission « à ’intérieur du territoire national ».Se-on les autorités américaines, le pi-ote de l’avion koweitien a été re-¦ueilli par la résistance koweïtienne.IRAK: Bagdad a reconnu jeudi latin que des objectifs militaires vaient été touchés mais n'a fourni aucun bilan officiel.L’Irak a par ailleurs affirmé hier avoir abattu au total 72 appareils alliés.Le chef d’état-major américain Colin Powell a estimé jeudi que les forces aériennes irakiennes « existent encore », en dépit de leurs pertes.Selon le chef d’état-major des Forces armées françaises, le général Maurice Schmitt, la coalition alliée « a causé de l’ordre de 50 % de pertes à l’aviation irakienne».Trois vedettes de patrouille maritime irakiennes ont été détruites ou mises hors de combat dans le Golfe et huit appareils irakiens ont été détruits en combat aérien, ont indiqué hier des sources militaires américaines.PERTES CIVILES: IRAK: Bagdad n'a fourni qu’un seul bilan des victimes depuis le début des opérations, indiquant jeudi que 23 civils irakiens avaient été tués et 66 autres blessés par les bombardements « à Bagdad et dans quatre autres régions».ISRAËL: 12 civils israéliens ont été blessés par la chute de missiles irakiens sur la région de Tel-Aviv, selon un bilan de sources hospitalières.COURS DE LECTURE RAPIDE Izprouvé, complet, efficace Depuis 20 ans Choix de cours à compter du 31 janvier 1991 Centre de lecture rapide 484-9962 COLLOQUE DES ETABLISSEMENTS DE SANTÉ AUTONOMES POUR DEMAIN?LES ENJEUX DE LA RÉGIONALISATION Conférenciers : Marc Yvan Côté, Ministre de la santé et des services sociaux Henry Mintzberg, professeur Université de McGill Victor Rodwin, professeur Université de New-York Dominique Jolly, directeur général Assistance publique (Paris) Département d'administration de la santé Faculté de médecine Université de Montréal 22 MARS 1991 MONTRÉAL HÔTEL DES GOUVERNEURS LEGRAND Information : Lise Lamothe Inscription téléphonique : Monique Janelle (514)343-7937 Restez pas chez vous Dès le 21 janvier, venez profiter de la VENTE BAZAR et de rabais allant jusqu’à 80 % sur une foule d’articles en magasin.Des rabais après inventaire qui ont du caractère pour ceux et celles qui en ont.Pour des vêtements d’hiver et d’été, pour hommes et femmes, dans des styles, des grandeurs et des coloris variés.Profitez de la VENTE BAZAR de la Maison Cornemuse DU 21 AU 26 JANVIER 1991.'sTgTeTgTgTg*âTgTgTâTgTâTâTgTâTâTâTgT=:TaTaTgt| PLACE BELLE-COUR-SAINTE-FOY RUE LAURIER-OUTREMONT A-4 ¦ Le Devoir, samedi 19 janvier 1991 SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Enfants conséquences fâcheuses que peut avoir sur les enfants un conflit qui perdurerait.« Les enfants développent des réactions d’anxiété et de peur à la suite de toutes les informations dont ils sont inondés.On doit également être conscient de l’impact des réactions des adultes sur les enfants et voir à ne pas leur transmettre de préjugés basés sur le racisme et le fanatisme », ajoutaient les spécialistes.À la direction de l’école Saint-Paul-de-la-Croix, on a d’ailleurs été discret au cours des dernières semaines sur les tensions régnant dans le Golfe, de crainte d’émousser les pressions que les médias exercent déjà sur les enfants.« Pour l’instant, les élèves ne font pas de distinction de race ou de religion entre eux.Kt les élèves irakiens ou d’origine arabe, nous en avons quelques-uns, se tiennent cois.Ils savent qu’ils ne doivent pas envenimer leur situation.Nous espérons cependant que cette situation tiendra le plus longtemps possible », confiait la directrice de cet établissement du nord de la ville.A la Commission des écoles catholiques de Montréal, on a mis au programme une minute de silence quotidienne dans les écoles primaires et secondaires, à l’attention des soldats des Forces armées canadiennes dépêchés par le gouvernement canadien avec les forces alliées.« Jusqu’à présent, on a tenté, dans la mesure du possible, d’éviter d’alerter les enfants sur l’ampleur du conflit, explique Louise Richard, des relations publiques de la CÉCM.Mais la tension était tellement forte que plusieurs professeurs ont dû faire parler les enfants sur les affrontements ».Pendant que les plus jeunes s’inquiètent de la menace d’une riposte terroriste irakienne sur le Canada, les étudiants de niveau secondaire sont carrément révoltés d’une conscription possible des garçons les plus vieux, et de l’avenir économique et environnemental que leur réserve dans l'immédiat un monde en guerre.Chaque jour depuis mardi dernier, les hostilités ont projeté les élèves de plusieurs établissements de niveau secondaire de la CÉCM dans la rue, regroupés spontanément en manifestations pacifiques.Défilant pancartes à l'appui, c’est par milliers que les jeunes ont témoigné de leurs appréhensions face à un présent qui s'engage dans une guerre mondiale.« Je ne m'inquiète pas pour la conscription, je m’inquiète pour le monde.On ne pourra pas se rendre bien loin dans un monde où tout est destruction ».lançait hier Jacinthe Patoine, 16 ans.de l’école secondaire Sophie-Barat, juchée sur les épaules d’un camarade, rue Parc-Lafontaine, et vêtue d’un drap jaune portant le signe de la paix.« Je préférerais aller en prison plutôt qu’aller à la guerre », répondait pour sa part Gabriel Fafard, tout aussi survolté, de l’école secondaire Calixa-Lavallée.Confrontée au désordre que le climat du guerre provoque dans les écoles, la CÉCM a entrepris de former un regroupement, qui doit se réunir mercredi à l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal, pour offrir un soutien plus organisé aux manifestations des étudiants pour la paix.« Les élèves posent beaucoup de questions, sur une conscription possible et sur la durée de la guerre, explique Jacques Rousseau, directeur de la polyvalente Jeanne-Mance, rue Bordeaux, à Montréal.Nous ne pouvons leur donner de garantie quant à la durée du conflit.Il est très clair que les étudiants sont pour la paix, et nous les appuyons dans cette démarche.» Pour la grande majorité des directions d’école de la CECM, il n’est pas question en effet que l’école demande aux enfants d’accepter la guerre comme une fatalité.Au moment où l’on se débat pour imposer aux enfants des notions de paix et de civilité, disent-ils, la guerre est la manifestation suprême de la violence qui survient entre humains.« L’année dernière, poursuit M.Rousseau, la direction de la polyvalente Jeanne-Mance a mis sur pied un comité contre la violence dans l’école.Un étudiant qui frappe un autre étudiant est immédiatement transféré dans un autre établissement-Nous ne voulons pas que les étudiants se fassent une habitude de la guerre.Il faut qu'ils continuent de s'en révolter.Je crois que les étudiants qui manifestent sont convaincus de leur cause.Ils ne sortent pas seulement pour s’offrir un après-midi de congé», conclut-il.4 L’Irak vitailleurs et 32 chasseurs F-15 et F-16 et 7 bombardiers F-lll chargés de bombes et de missiles ont effectué de multiples raids contre des lanceurs mobiles de missiles se trouvant dans l’ouest de l’Irak.Ces attaques se sont déroulées au moment même où les forces alliés poursuivaient leurs bombardements d'objectifs militaires en Irak et au Koweit et s’engageaient, pour la première fois, contre la Garde républicaine irakienne, unité d’élite de l’armée, actuellement retranchée dans le nord-ouest du Koweit.Selon un militaire américain, les bombardements des positions de la Garde, forte de 30 000 hommes et équipée de plus de 500 chars, ont duré toute la journée et visent à démoraliser les troupes irakiennes au Koweit.Si la Garde républicaine était détruite ou paralysée par les forces alliées, les experts estiment que les troupes irakiennes présentement déployées sur la ligne de front — 500 000 hommes à la frontière avec l’Arabie Saoudite — pourraient être neutralisées rapidement.Ces troupes seraient constituées en majorité d’an- ciens de la guerre irano-irakienne et de soldats ayant reçu un entraînement de piètre qualité.Advenant une attaque massive des forces alliées, les soldats irakiens pourraient choisir de se battre avec l’énergie du désespoir ou tout simplement de se rendre.Les combats terrestres ont été exclus pour l’instant par la force multinationale.Les militaires estimaient hier qu’une telle attaque pourrait avoir lieu dans une semaine après l’intensification des bombardements aériens et la destruction du potentiel militaire irakien.Une fois les commandants américains convaincus de s’être assuré une supériorité aérienne totale et d’avoir anéanti toutes les bases aériennes et les installations de missiles irakiens, on passera au bombardement des défenses terrestres de l’Irak.Il reste à savoir si la force multinationale n’interviendra pas avant.Il faut se méfier des déclarations des militaires qui ne prévoyaient pas attaquer l’Irak quelques heures après l’échéance de l'ultimatum.Le scénario d'une attaque terrestre rapide reste ouvert.À ces deux fronts, il faut en rajouter un troisième qui demeure toutefois encore incertain : l’intervention d’Israël.L’attaque irakienne contre Israël n’a pas provoqué de riposte immédiate, mais le ministre israélien de la Défense, Moshe Arens, déclarait hier soir qu’il ne l’excluait pas.Si cela devait arriver, l’Irak affrontera un ennemi d’envergure.Malgré une population minuscule de 4 millions d’habitants, Israël est un des pays les plus militarisés du monde.En quelques heures, l’armée israélienne peut aligner 650 000 hommes et femmes (forces permanentes et réservistes) et peut engager plus de 700 avions de combat et 4000 cnars d’assaut.Cette armée a fait ses preuves lors des guerres israélo-arabes malgré une augmentation de ses pertes lors du conflit de 1973 et de l’invasion du Liban en 1982.En plus des armes conventionnelles, Israël dispose de missiles sol-sol qui peuvent atteindre n’importe quelle cible au Moyen-Orient.Ses missiles sont dotés d’armes chimiques et tout indique qu’ils peuvent aussi transporter des armes nucléaires.L’utilisation de ces armes demeurent la grande inconnue d’un éventuel affrontement avec l’Irak.Tout dépendra de l’intensité des attaques irakiennes contre Israël.Si l’armée israélienne s’engage dans la bataille, on pense généralement qu’elle utilisera ses avions qui n’ont jamais perdu un combat aérien contre les aviations arabes.Les Israéliens connaissent bien le terrain et, dit-on, modifient constamment les avions américains en leur possession pour refléter les situations de combat au Moyen-Orient.Israël est passé maître dans l’art de s’adapter.La guerre du Golfe, encore localisée à l’Irak il y a à peine 24 heures, risque maintenant d’embraser le Moyen-Orient.Avec l’aide de l’AFP, Reuter et AP 4 Libéraux faires extérieures Lloyd Axworthy en étaient à donner des versions diamétralement opposées de leurs visions de la suite des événements et plus personne ne contestait le fait que le gouvernement avait pris le haut du pavé politique.« Chaque balle qu’on a envoyée, le gouvernement l’a frappée en dehors du champ », admettait au sujet de la période des questions d'hier le chef en Chambre des libéraux Jean-Robert Gauthier.Et lorsque le vote viendra au Parlement la semaine prochaine, le Parti libéral ne votera pas nécessairement en bloc.Il risque fort, prédisaient hier plusieurs membres du parti, de se trouver des dissidents qui ne se rallieront pas à la position du chef.Dans tous les cas, le Parti libéral a hâte de voir finir un débat où il n’a plus rien à gagner et qui voit s’effriter chaque jour davantage la solidarité du caucus.Dès le début, Jean Chrétien a pris certaines de ses troupes par surprise en déclarant dans son discours d’ouverture du débat que s’ils étaient au pouvoir, les libéraux retireraient les forces canadiennes du théâtre des hostilités dans l’éventualité du déclenchement d’une guerre dans le Golfe.Sur le coup, personne n’a bronché publiquement.Mais le lendemain, l’intervention-éclair de John Turner, un véritable réquisitoire contre la position défendue par son successeur, a eu un effet dévastateur sur le moral des troupes.Ensuite, le déclenchement quasi instantané des hostilités, avant même la tenue du vote du Parlement, a considérablement perturbé les plans libéraux.24 heures après avoir dénoncé l’idée d’associer des soldats canadiens à un conflit armé, Jean Chrétien, dans le feu de l’action des premières heures de la guerre, annonce que le devoir de son parti consiste désormais à appuyer les forces canadiennes dans le Golfe « Nous étions contre la guerre avant qu’elle ne commence.Maintenant qu’elle est commencée, un événement qui échapppe à notre contrôle, le caucus liberal doit se positionner dans un contexte différent », explique Jean-Robert Gauthier.C’est une opinion personnelle, précise-t-il.Plusieurs de ses collègues ne sont pas encore résolus à changer ainsi de cap.Mais l’attaque de l’Irak contre Israël a encore accru les remous au sein du caucus libéral.Dans une intervention passionnée aux Communes jeudi soir, le député montréalais Sheila Finestone n’a laissé planer aucun doute.Pour Mme Finestone et plusieurs de ses collègues, les bombardements sur Israël ont donné une dimension incontournable à la guerre contre Saddam Hussein.De telle sorte que le Parti libéral a fini la semaine en demandant au gouvernement quelles mesures il envisageait pour protéger Israël de nouvelles agressions, ouvrant la porte à des répliques cinglantes de secrétaire d’État aux Affaires extérieures.« Vous ne devriez pas prétendre être surpris par cette escalade des hostilités.La seule façon d’y mettre un terme consiste à arrêter Saddam Hussein lui-même », leur a lancé Joe Clark.Mais c’est une déclaration du premier ministre qui a encore accru la confusion émanant des rangs libéraux.« Nous somme engages dans une campagne actuellement pour s’assurer que la machine de guerre de Saddam Hussein ne puisse plus jamais être utilisée contre ses voisins innocents », a promis hier aux Communes Brian Mulroney.Le gouvernement en profite pour aggraver le conflit, a immédiatement conclu le critique aux affaires extérieures libéral.« On change les objectifs de la guerre, c’est de l’escalade », accuse Lloyd Axworthy, selon qui le gouvernement cherche à se mettre sur la même longueur d’onde que Washington en haussant le ton contre l’Irak.Mais son chef ne fait pas la même lecture des événements.« Nous sommes en guerre avec l’Irak, il faut prendre les moyens de repousser Hussein, dit Jean Chrétien en poursuivant : pour le sortir du Koweit, il faut écsaser ses troupes.Je ne vois, pas de distinction entre les deux, je ne sais pas pourquoi vous en faites.» 4 Parizeau que les élites d’affaires (entreprises et centrales) ont grandement évolué depuis 1980, ce qui est réconfortant pour les souverainistes et rassurant pour un grand nombre de citoyens.La Commission a aussi permis de clarifier les concepts et de dégager un consensus au sein de la population.Que sortira-t-il des délibérations à huis clos des commissaires, après le Forum consacré à la jeunesse, au cours des deux prochains mois ?Le chef de l’opposition n’exclut pas un consensus sur le référendum, ne fût-ce que pour redonner un rapport de forces au Québec et pour éviter l’éclatement au sein du parti gouvernemental.Pour l’instant, M.Parizeau voit trois possibilités : ou les deux grands partis font la souveraineté ensemble, et alors, les prochaines élections porteront sur tous les autres sujets ; ou le peuple tranche avec une question claire, à la Pierre Bourgault : Voulez-vous que le Québec devienne un pays souverain ?; ou le gouvernement, pris dans son indécision chronique, repousse l’échéance jusqu’aux élections, que le PQ remportera avec le mandat clair de faire, non pas de négocier, la souveraineté du Québec.Ses premiers défis porteront sur les négociations de l’association (après un moment de mauvaise humeur, Ottawa et le Canada anglais en voudront « passionnément »), la rédaction d’une constitution et les structures d’accueil d’un gouvernement dont le budget et la fonction publique se gonfleront de façon substantielle.Ce serait une affaire non pas d’années, mais de mois, pour réaliser l’article central du programme péquiste.Le moment n’a jamais été aussi propice pour le Québec, estime M.Parizeau.Pour la première fois, il a vraiment l'occasion de décider de son avenir en pleine connaissance et confiance.À Ottawa, à l’inverse, c’est le vide d’un gouvernement qui ne sait pas où il va et qui n’a pas les moyens d’aller où il voudrait aller.Même la récession apporte de l’eau au moulin souverainiste: si le Québec avait tous les leviers en main, il pourrait faire davantage pour la mater.Le chef péquiste se dit agacé par ceux qui, tels les économistes membres de l’ASDEQ et autres, analysent les états d’âme des anglophones et prétendent qu’ils ne voudront pas d'une association économique avec un Québec souverain.Voyons donc, tonitrue-t-iL la même monnaie, une union douanière, une entente sur les transports interprovinciaux, le partage des actifs et de la dette, tout cela est à l’avantage des deux parties.« On dit que le Canada n’est pas négociable.Mais on ne veut pas le négocier, nous.» C’est une question de réalisme.Les Québécois détiennent le quart, soit 100 milliards J, de la masse monétaire actuelle du Canada.« S'ils ne veulent pas en discuter, libres à eux.Le lait industriel que le Québec vend dans les autres provinces n’est-il pas largement compensé par le boeuf de l’Ouest qu’il importe ?Ils n’ont pas le choix, c’est dans l’intérêt des deux de négocier, quels que soient les états d’âme.H s’agit de savoir ce que l’on maintient en commun.C’est le jeu de l’accordéon.Je suis convaincu qu’il va y en avoir passionnément, éventuellement.» M.Parizeau est d’avis qu’un référendum hâtif sur les intentions des Québécois pourrait être utile pour éclairer l’action du gouvernement et celle de l'opposition.Il estime que le gouvernement, face au consensus actuel en faveur de la souveraineté, est profondément divisé quant à l’orientation à prendre : ou il se déchire sur la place publique ou, pour éviter la division, il laisse le peuple trancher.Ce que le chef péquiste souhaite, bien sûr, à très brève échéance, quelles que soient les motivations des partis et des citoyens.Il est convaincu que la tendance souverainiste l'emportera facilement et que le gouvernement devra en tenir compte, même à son corps défendant.Le chef péquiste n’est pas dogmatique quant aux étapes de la démarche souverainiste; à la seule condition qu’elle reste démocratique, il fera flèche de tout bois.Mais il n’est prêt à aucun compromis quant à l’option elle-même: ou le Québec est souverain et il s’associe économiquement avec toutes sortes de partenaires — c’est l’option que le PQ réitérera, sans heurts notables, en fin de semaine prochaine à Québec — ou il y a une association économique ET politique, à la Yvon Deschamps-.Quant à la superstructure de M.Bourassa, elle implique un troisième niveau de gouvernement du Canada anglais, juste pour faire plaisir au Québec : c’est une « amanchure » qui ne va nulle part et dont personne ne veut.À preuve, il n’en a à peu près jamais été question dans les mémoires à la Commission Bélanger-Campeau.Chose certaine, le premier ministre arrive à un moment de vérité, constate M.Parizeau.Il devra trancher, d’abord avec le rapport Allaire (position du PLQ sur le plan constitutionnel), qui sera rendu public au lendemain du congrès péquiste, puis au moment de son propre congres, à la mi-mars, à Montreal.Le chef pé quiste mettra tout en oeuvre pour forcer le chef libéral à décider de quelque manière, à trancher dans le vif, sûr que la conjoncture et le temps jouent en faveur de la souveraineté, désormais irréversible.Et si le PLQ éclate sous les divisions, c’est le PQ qui en profitera, conclut M.Parizeau, confiant et sûr de lui comme jamais auparavant depuis 20 ans qu’il a épousé l’option souverainiste.4 Israël moyens de frapper dur et fort », a ajouté le ministre de la Défense.Auparavant, le ministre israélien des Affaires étrangères David Lévy avait déjà déclaré : « Ceux qui pen sent devoir nous conseiller de ne pas réagir ignorent si les prochains missiles qui nous visent ne seront pas munis d’ogives chimiques ou bactériologiques ».Les tirs de missiles irakiens Scud équipés de charges conventionnelles dans la nuit de jeudi à hier n’ont fait que douze blessés légers en frappant les villes de Tel-Aviv et de Haïfa.Mais ils ont profondément ébranlé la population israélienne et ont fait craindre un élargissement du conflit avec une éventuelle entrée en guerre de Jérusalem et une rupture de la fragile coalition anti-irakienne, qui comprend plusieurs pays arabes.À l'instar de Washington, Moscou, Paris et Londres ont adjuré Israël de faire preuve de retenue pour ne pas faire le jeu de Saddam Hussein.Cette attaque a été ressentie par les alliés comme une douche écossaise après les succès de la première jour née de l’opération Tempête du désert.Dans sa conférence de presse, M.Bush a estimé que « jusqu’à présent tout va bien » quant au déroulement des opérations militaires.Mais « je ne veux pas que nous devenions exagérément euphoriques », a-t-il sou ligné en avertissant que la guerre du Golfe serait coûteuse.Le président américain s’est déclaré convaincu que la coalition internationale resterait soudée.Le secrétaire d’État américain James Baker a contacté les ambassadeurs d’Égypte, d’Arabie Saoudite et de Syrie à Washington.À l’exception peut-être de la Syrie, dont la réponse a été ambiguë, les autres pays ont fait savoir a M.Baker qu’ils recon naissaient le droit d’Israël à se dé fendre, d’après de hauts responsables du département d’État.Pour contrer cette menace des Scud irakiens, l’aviation alliée a effectué plusieurs raids sur des rampes de lancement mobiles et en a dé truit six, a déclaré le commandant en chef des forces américaines dans le Golfe, le général Norman Schwarzkopf.Cinq autres ont été re pérées et nous les attaquerons sans répit, a ajouté le généraL Malgré le mauvais temps, les raids aériens des alliés contre des cibles en Irak et Koweit se sont pour suivis toute la journée d’hier.Selon le général Schwarzkopf, les forces aériennes ont effectue 2107 sorties de puis jeudi à l’aube, dont 80 % ont atteint avec succès leurs objectifs.Ecoutez Ciel et parcouq le monde Écoutez Ciel MF tous les jours et identifiez 4 mots passeport.Vous pourriez vous retrouver sous le ciel d’Italie ! Tiraqe le 14 février 1991 cwtik coursé lUin.i ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ Remplissez et retournez à: Ciel, C.P.98,5 — Longueuil, J4H 3Z3 Mots passée^__Date de d«fluvon Nom Prénom Adresse VIB0 Cods postal Téléphona résgtoàc* T
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