Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (4)

Références

Le devoir, 1991-04-13, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
• le plaisir des ivres Champion*: LA LIBRAIRIE OUVERTE TOUS LES JOURS DE 9H À 22H 4474 St-Denis, Mtl, Qc H2J 2LI (514)844-2587 Montréal, samedi 13 avril 1991 JOHN LE CARRÉ De l’intelligence à l’Intelligence Serge Truffaut DÎNER à Chequers entre Sir John Coleville et Winston Churchill dix jours après la Conférence de Yalta : « Apres le dî-neenous avons vu un film amusant : BoBJlope dans La princesse et le piraté, Puis nous nous sommes assis daài le grand salon pour écouter le Mikado jouer bien trop lentement surife gramophone.Le premier ministre dit que cela lui rappelait Tère victorienne, 80 années aussi importantes dans l’Histoire de notre île que l’époque des Antonins’.Cependant, aujourd’hui, ‘les ombres de la victoire’ étaient sur nous.« Après cette guerre, continua le premier ministre, nous serons faibles, nous n’aurons plus ni argent ni force et nous nous retrouverons entre les deux grandes puissances, les États-Unis et l’Union Soviétique ».O) Pauvre Angleterre ! Pauvre Smiley'.! Pauvre, mais admirable George Smiley, l’alter-ego de l’écrivain John Le Carré qui, sa vie durant, essayera tant bien que mal de temporiser ou plutôt de freiner, et non inverser, le rythme de l’inéluctable déchéance d’un empire sur lequel jamais le soleil ne se couchait avant cette violation de l’Histoire qu ’Hitler avait signée.Au lendemain de cette profanation et du concert d’outrages qui pendant plus de cinq ans l’accompagna, les émotions de ce « cher George » se sont mises en parenthèses.Il n’est plus pour ainsi dire un homme à part entière.Par contre, il est une mémoire.Il est une méthode.Il est une morale à l’égard de laquelle on a le sentiment que la mécanique du temps a déployé mille et une attentions pour en accélérer le vieillissement.« C’est fini pour vous, dit Steed-As-preÿ à Smiley.Formez de nouveaux agents, prenez des vacances.Mariez-vous, faites n’importe quoi.Essayez de vous offrir du bon temps ».« Smiley demanda à la secrétaire de Stêed-Asprey, Lady Ann Sercomb.de devenir sa femme.La GUERRE était terminée.On paya Smiley qui emmena sa ravissante épouse à Oxford, afin de se consacrer aux obscurités de la littérature allemande du XVIIe ».Ce court texte est extrait d’un roman intitulé L'appel du mort.Plus précisément du premier chapitre.Du premier chapitre du premier roman qu’ait écrit David Cornwell, alias John Le Carré, auteur de romans où l’intelligence, en l’occurence celle de Smiley, est le principal personnage dans des intrigues mettant en cause l’Intelligence service.Aujourd’hui, dans sa collection Bouquins, les éditions Robert Laffont proposent les romans suivants : L'appel du mort, Chandelles noires, L'espion qui venait du froid, Le miroir aux espions, La taupe et Comme un collégien.Si cette initiative mérite d’être saluée, elle soulève néanmoins une question : pourquoi diable n’a-t-on pas intègre Un amant naïf et sentimental ainsi que le délicieux Une petite ville en Allemagne dans le tome 1, quitte à rééditer La taupe ou Comme un collégien dans le tome 2.Deuxième question : est-ce que des romans absents nous devrons faire abstinence?Passons.Au cours des ans, et à chaque fois que Le Carré proposait un nouveau roman, des critiques, et des fameux, ont signalé en termes toujours éio-gieux le prodigieux sens de l’Histoire dont faisait preuve cet écrivain.À chaque fois on disséquait l’analyse qu’il faisait de telle ou telle situation politique.On décortiquait son étude à un point tel qu’on a peut-être donné l’impression que ce pur produit du système britannique était l’écrivain de la.géographie-politique des quarante dernières années.S’il est vrai que John Le Carré fut un témoin lucide des chamailles qui alimentent la chronique politique depuis des années, s’il est vrai que sa connaissance des rouages gouvernementaux au plus haut niveau transparait à chaque chapitre d’une oeuvre aujourd’hui imposante, il également vrai que son talent s’exerce aussi bien dans la description des détails et des atmosphères, dans son cas souvent pesantes, que dans la psychologie de ses personnages.Il est aussi bien le parent d’un Eric Ambler ou d’un Ian Fleming que d’une Evelyn Waugh ou d’un Thomas Hardy.Chez lui, la politique, l’information et l’histoire se conjuguent constamment avec l’ironie et le désenchantement — la lasse de thé et le brouillard —, la pelouse de Sarrat et l’Alvis rouge de Jim Prideaux, et surtout avec Ann, l’épouse adorée de Smiley.Si John Le Carré est l’écrivain de la géographie-politique, il est également l’écrivain de sa génération, de cette génération que George Smiley essaye en vain de sauver du naufrage.Il est FAUTEUR de Smiley.Pour bien comprendre ce personnage qui, physiquement, ressemble comme deux gouttes d’eau à Sir Alec Guinness, il faut remonter au premier chapitre de L’appel du mort.On n’insistera jamais assez sur l’importance capitale de ce chapitre.Les clés y sont trop nombreuses pur ne pas de temps à autres y plonger.Après tout, ce chapitre est la genèse de Smiley.Les choses ont commencé ainsi : « Lorsque Lady Ann Sercomb épousa George Smiley, à la fin de la guerre, elle le décrivit à ses amis de May-fair, fort étonnée de la nouvelle comme un personnage d’une bana- lité stupéfiante.Quand elle le laissa tomber deux ans plus tard, pour un coureur automobile cubain.».Dans son coeur, et pas ailleurs, Smiley ressentira toujours avec effroi les blessures signées par cette « chère Ann ».À un point tel, que lorsqu’il aura l’occasion — dans La ta upe — de récupérer des mains de Karla, son « ennemi » soviétique, le briquet qu’elle lui avait offert et sur lequel elle avait fait gravé simplement Ann, il abandonnera cet objet sur le caniveau après l’avoii désiré pendant des années.Dans les années 20, il était à l’université.Évidemment, c’était à Oxford.En ce lieu de haut-savoir, il a étudié les poètes allemands du XVIIe.C’est là qu’on l’a remarqué.On, c’est-à-dire les gentlemen des services de renseignements britanniques.« Lorsqu’il eut accepté, l’entrainement commença : maisons de campagne anonymes, instructeurs anonymes, pas mal de voyages et, se rapprochant de plus en plus, la perspective de travailler complètement SEUL ».Dès ses débuts au Cirque, siège des services en question, Smiley « grâce au pouvoir de son intelligence se forçait à observer l’humanité avec une objectivité clinique, et, n’étant ni immortel ni infaillible, il haïssait et redoutait l’HYPOCRISIE de son existence ».Bref, entre sa personnalité et ce boulot qu’il fait avec le soin d’un artisan, il y aura toujours un hiatus.Un fossé d’autant plus large qu’il « comprit peu à peu qu’il avait atteint la maturité sans jamais avoir été jeune ».Son allure ?« Courtaud, corpulent et d’un caractère paisible, Smiley donnait l’impression de dépenser beaucoup d’argent pour s’acheter des costumes dénués de toute élégance, qui pendouillaient autour de sa silhouette trapue comme la peau autour d’un crapaud ratatiné ».Quelques pages plus loin : « Son apparence semblait renéter son malaise par une sorte de décadence physique qui lui voûtait les épaules et Voir page D-2 : Le Carré MOEBIUS Portrait de l’artiste en défricheur de bande dessinée ——— L PHOTO JACQUES GRENIER Lebédéiste Jean Giraud, alias Gir, alias Moebius.Tuiu« ôi Pierre Lefebvre PRÉSENTE-T-ON encore Jean Giraud, alias Gir, alias Moebius ?S’il existe quelqu’un dans le domaine de la BD qui puisse prétendre au titre de légende vivante, c’est bien lui.C’est d’abord dans les années 60, avec Blueberry (scénarios de Char-lier) qu’il donne un nouveau souffle à la BD d’aventure, jusque-là extrêmement conventionnelle.Son dessin riche en détails, ses décors envoûtants (souvenez-vous de La mine de l’allemand perdu), ses plans très cinématographiques, arrachent cette série à la naïveté dans laquelle se cantonnait le genre.Mais c’est véritablement avec ce qu’il produit, à partir de 1970, sous le pseudonyme de Moebius, qu’il fait éclater les cadres de la BD traditionnelle.Récits sans textes, parfois même sans narration, références ésotériques et spirituelles, dessin automatique, reprenant pour la BD la vieille pratique des surréalistes, l’oeuvre de Moebius est un vaste champ d’expérimentation.J’ai rencontré Jean Giraud-Moebius la semaine dernière lors d’un court passage à Montréal.L’homme est étrange, ayant à la fois l’air d’être, et de ne pas être, un artiste de sa trempe.Il possède un charme indéniable, et même un certain charisme mais sur un mode mineur, tout en subtilité, finesse, de sorte que le dan ger croît avec l’usage.L’entretien a eu lieu dans un restaurant végétarien, ce qui n’a rien de fortuit.« Je suis très préoccupé par la qualité des aliments qu’on absorbe, la qualité des drogues qu’on peut prendre, de la conscience qu’on peut avoir des effets des aliments et des drogues, et de la frontière ténue qu’il y a entre drogues et aliments », me dit Moebius.Cela n’a rien d’étonnant.Ses recherches à travers la drogue, le végétarisme, le groupe d’Appel-Guéry, ses lectures de Castaneda et ses collaborations avec Jodorowsky (qu’il me disait considérer comme l’égal de Gurgjieff) font partie du personnage et alimentent sa légende.Son oeuvre témoigne évidemment de ces préoccupations.C’est sans doute pour cela que ses détracteurs l’accusent de s’enliser dans le new age plutôt que de continuer à nous fournir du Blueberry, ou de s’arrêter.C’est donc d’abord sur les rapports entre démarche créatrice et recherche d’équilibre, à la fois psychique et spirituel, que je l’ai interrogé.« C’est une question très délicate, très riche, qui se pose tout à fait car on voit apparaître des aspects de l’art qui n’avaient jamais été abordés, ni même soupçonnés.l’aspect thérapique notamment.L’art comme moyen de catharsis, ou simplement d’expression, donc de communication, et par un effet de réflexion, la possibilité de se transformer intérieurement.C’est un processus très simple, vieux comme le monde, qui consiste à utiliser une faculté de l’esprit humain qui est la projection.« La projection est une forme d’art, une forme d’oeuvre d’art.Et, l’oeuvre d’art étant plus ou moins collective, plus ou moins personnelle, plus ou moins religieuse, plus ou moins tribale, plus ou moins intime et toujours étant la matérialisation extérieure d’une dimension intérieure .disons.incommunicable autrement.Parce que c’est un magma confus de différents plans de l’être, qui inclut le corps, la sexualité, l’émotionnel, l’intellect, le rêve.« Donc, la meilleure façon d’y voir clair, c’est de prendre un thème et une technique de projection, qui peuvent être la sculpture ou la peinture ou la musique, la danse, ainsi de suite, et de les codifier, d’une façon ou d’une autre, de façon à pouvoir agir dessus, de façon à pouvoir travailler.Alors on travaille la forme, la ressemblance, le sens, la .communication et, en faisant cela, on se transforme.Parce que le travail modélisé nos propres noeuds psychiques, ses propres espoirs, ses propres rêves, on les modélise devant soi et on modélisé la cure.» Un peu comme en alchimie où le Grand Oeuvre vise plus à la transformation de l’alchimiste qu’à la transformation de la matière ?« Oui, tout à fait d’accord.Alors il y a deux voies.La voie consciente et la voie inconsciente.La voie inconsciente passe à mon avis par la réalisation génétique, génitale, familiale, c’est-à-dire qu’on se réalise à travers ses enfants.Alors, il y a progrès comme ça, ou descente, je ne sais pas, ce peut être très très mouvementé comme voyage.On se contente d’agir en fonction des pulsions, en réponse aux besoins, et on voit apparaître le résultat sur ses enfants.« L’autre voie, c’est la voie de la conscience, où on devient son propre enfant, et son propre père, et sa propre mère.C’est autre chose quoi, c’est une autre histoire, et c’est un peu plus difficile (petit sourire en coin, air quasi narquois pour terminer cette phrase).Mais pas for-Volr page D-2 : Moebius L’Europe du XXIe siècle DE L’ATLANTIQUE À L’OURAL, L’APRÈS COMMUNISME Jacques Lesourne et Bernard Lecomte, Éditions Robert Laffont, Paris, 1990, 321 p.Jocelyn Coulon INTERPRÉTER l’avenir n’est jamais chose aisée surtout dans le domaine politique.En quelques mois ou en quelques années, des événements imprévus balaient les meilleurs scénarios et rendent obsolètes les analyses les plus fines et les livres les mieux ficelés.Selon bien des experts, le communisme était «irréformable».Voilà qu’il a pratiquement disparu.Alors pourquoi gloser sur l’après-communisme en Europe sans glisser dans les mêmes travers ?Tout simplement parce que l’idéologie ne domine plus les débats politiques et intellectuels et qu’il est maintenant possible de tracer calmement les lignes de force d’une Europe en pleine transformation depuis cinq ans.Jacques Lesourne et Bernard Lecomte ont relevé le défi de la prospective qu’ils veulent la plus réaliste possible.Dans ce livre, le nouveau directeur du Monde et le grand reporter à l’Express s’interrogent sur les' bouleversements des dernières années et en tirent des leçons pour l’avenir.Leurs scénarios de remodelage du monde qui s’étendent jus-! qu’en 2025 sont multiples et suffisamment souples pour permettre aux lecteurs de faire des choix.Les au^ leurs ne décrètent.Ils suggèrent.Pour Lesourne et Lecomte, l’avènement de Mikhaïl Gorbatchev au pouvoir en 1985 marque une rupture avec l’ordre ancien et confronte l’Europe à cinq incertitudes : « celle d’une U RSS hésitant entre la démocratie, l’anarchie et le retour musclé à l’ordre, l’avenir des économies d’Europe centrale, l’évolution de l’Asie occidentale et de l’Afrique, les effets de la réunification de l’Allemagne, les transformations de la Communauté européenne».Dans leur analyse, les auteurs consacrent de longues pages à l’Union soviétique et a l’Allemagne, deux puissances qui continueront à influencer la vie politique, militaire et économique de l’Europe pour encore plusieurs années.Même dans leurs scénarios les plus roses, Lesourne et Lecomte ne sont pas particulièrement optimistes sur l’avenir de l’URSS et de son chef, Mikhaïl Gorbatchev.Le désordre politique et le chaos économique qui ravagent cet immense pays menacent la stabilité internationale.L’URSS devra choisir entre le maintien de son empire, ce 2ui conduira à sa marginalisation conomique et à l’instauration d’un régime musclé, ou l’éclatement du pays et le rapprochement de sa partie européenne à la nouvelle Europe.Quant à l’Allemagne, les auteurs se félicitent de la réunification et ne partagent pas les appréhensions de certains sur le danger que poserait ce pays à ses voisins et à l’Europe.Au contraire, la nouvelle Allemagne est une chance pour l’Europe et rien n’indique qu’elle dominera le continent.Jetant un regard sur le reste du monde, Lesourne et Lecomte décrivent les profonds bouleversements démographiques, politiques et religieux qui secouent le monde arabo-turco-persan comme l’illustre bien la crise du Golfe.Ils plaident pour une multiplication des échanges avec ce « croissant qui cerne l’Europe » car les risques sont nombreux d’explosions et de conflits de grande envergure.Même si la menace soviétique s’est estompée et que les rapports Est-Ouest sont au dialogue et à la franche coopération, les auteurs rappellent que le monde de l’après-guerre froide est plus fluide et plus imprévisible que jadis et que l’Europe doit y faire face.Ils prônent un renforcement de la défense et des institutions politiques européennes.Voir page D-2 : Lesourne i I » I » Émile OUivier passages Roman • Y Hexagone Émile Olllvler PASSAGES Un roman poignant sur l’exil, écrit dans une langue de feu et tout imprégné de l’atmosphère des Caraïbes, et qui fait comme un pont entre Haïti, Miami et Montréal.174 pages — 16,95 $ Réjean Legault Gaspard au Lézard Roman • rHexagon« Réjean Legault GASPARD AU LÉZARD Une histoire complètement "flalllée" mais combien pathétique, qui renoue avec la petite gang de la rue Saint-Hubert, entre Roy et Cher-rler.262 pages — 22,95 $ T Hexagone Lieu distinct de l’édition littéraire LoriSalnt-fAartin Lettre imaginaire à la femme de mon amant cire s Hexagone Lorl Saint-Martin LETTRE IMAGINAIRE À LA FEMME DE MON AMANT Lorl Saint-Martin explore, dans ces dix-huit nouvelles — dix-huit destins de femmes devant l’amour —, les méandres de la phénoménologie amoureuse.136 pages — 16,95 $ La Collection «Fictions» D-2 ¦ Le Devoir, samedi 13 avril 1991 leplaisirdes Et pourtant, c’est Racine! Robert LÉVESQUE Le a Bloc-notes DANS LES SALONS des années 1660, à Paris, il y avait un jeu à la mode, les « Questions d’Amour » : c’était le Trivial Pursuit d’alors.Qui a aimé qui ?qui peut aimer qui ?que faire dans tel ou tel cas ?Un prince peut-il être amoureux ?Qui oserait cocufier un roi ?Une passion vaut-elle un empire ?; • Eh bien Jean Racine, qui s’y •{faufilait pour y draguer la , Champmeslé, aurait trouvé là et l’idée de Bérénice et l’actrice pour la .jouer! Vous savez.cette histoire : il y a .Antiochus l’ex-soupirant qui aime èncore Bérénice qui, elle, aime Titus.qui, lui, bien qu’il aime la très belle Bérénice, ne peut absolument pas l’épouser (les lois de Rome l’interdisent : elle est reine, il est l’Empereur) et, par amour pour Bérénice, demande a son ami.Antiochus de reprendre Bérénice ; avec lui.il leur donnera des terres, ètc.Vous me suivez ?Bérénice, la pure tragédie, la grande pièce, le joyau du théâtre classique, la plus glosée et la plus belle pièce du répertoire (il y a des monologues là-dedans, monsieur! ), ne serait pas tombée du ciel des chef-d’oeuvre directement sur le papier béni du génial Jean Racine, mais lui serait venue par des détours triviaux ou ordinaires à peu près comme Les Belles-sœurs sont venues à Michel Tremblay et André Brassard à force de s’amuser à se prendre pour les grosses femmes d’à côté et surtout, cette fois où Jean Royer POURQUOI les paysages continuent-ils de fasciner l’esprit ?Pourquoi l’écrivain cherche sans cesse de nouveaux horizons ouvrant des perspectives à la vue et à la pensée ?Que cherchons-nous devant les espaces ouverts ?Au fond, que cherchons-nous à voir dans un livre ?Ces questions et d’autres autour du thème « Paysages », la 19e Rencontre québécoise internationale des écrivains les posera à la quarantaine de ses invités, du 3 au 7 mai à Québec.Parmi les écrivains étrangers, on remarque les noms de Gloria Al-corta (Argentine), Andrée Chédid, Anne G arrêta, Pierrette Fleutiaux, Anne Lagardère et Charles Juliet (France), Angela Praesent (Allemagne), Anne-Marie Berglund (Suède), Breyten Breytenbach (Afrique du Sud), Nedime Gursel (Turquie) Janice Kulik Keefer (Ontario) et Fabrizia Ramondino (Italie).Parmi les écrivains québécois invités, soulignons les noms de Robert Baillie, Luc Bureau, Louise Dupré, Nairn Kattan, Émile Martel, Paul Zumthor, Marie-Claire Blais, Monique La Rue, Gaston Miron, Denise Desautels, Louis Jolicoeur, André Major et Alain Pontaut.L’allocution inaugurale sera donnée par André Ricard.Le comité de direction de la Rencontre est formé de Jean-Guy Pilon, président, Pierre e.-—rTZ.- PHOTO INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY Jean Racine : Tremblay vit sur le cul d’un autobus une publicité de concours de timbres Gold Star.C’est la postérité qui vous fait du génie, du grand genre, et beaucoup beaucoup de sérieux dans le portrait.Celle de Jean Racine, le petit orphelin de La Ferté-Milon, s’est haussée jusqu’au Racine-le-Janséniste, Racine-le-chantre-des-passions, Racine-le-Grand et même le grand Racine alors que.du moins c’est le parcours qu’en trace sans vergogne un biographe polémiste d’un talent exceptionnel, Alain Viala, dans un bouquin passionnant, il ne faudrait pas oublier Racine-le-Petit et meme le petit Racine, écrivain ambitieux, « teigneux », au zèle excessif dans l’adhérence à tous les pouvoirs, de cour comme de ville, écrivain vénal tendu vers le succès à tout prix.Le bouquin trainait sur ma table de cuisine depuis des semaines.Il offrait sa jaquette blanche et son titre (Racine.La stratégie du Andrée Chedid Morency, vice-président, et Guy Cloutier, secrétaire général.Prix Françoise Gaudet-Smet La Société Saint-Jean-Baptiste de Sherbrooke a rebaptisé son prix de journalisme, désormais nommé prix Françoise Gaudet-Smet, qui avait été nommée membre honoraire à vie de la SS J B et dont on souligne la mémoire à l'occasion du cinquième anniversaire de sa mort survenue en 1986.La remise du prix se fera le 24 juin prochain à Sherbrooke.caméléon) à la langueur grise d’un de mes chats.Je n’osais plus lui retirer cette couche mais, curieux du caméléon, j’osai un matin.Oh la lecture happante! À la première ligne, Viala nous met le nez dans le premier sonnet qu’écrivit Racine à 24 ans, il célébrait la paix des Pyrénées que venait de remporter le roi de France, il habitait une chambre de bonne dans un hôtel des quais de Seine et espérait qu’un ami admis à la Cour le montre au cardinal Mazarin! Rien de moins! Alain Viala, qui décortique les sonnets du jeune Racine, n’y voit que poncifs plats et boursouflés, « et pourtant, c’est Racine! » dit-il.Et toute sa thèse du caméléonisme se met en branle : « cette disposition à prendre l’aspect du milieu auquel on veut s’intégrer pour y trouver de quoi subsister et se développer, cette attitude de conquérant en habit de disciple obéissant (.), faut partir de l’idée qu’il n’y a pas d’esprits supérieurs, ‘élus’, a priori —, ouf !.la faculté de se fondre dans des milieux pour y quérir pâture, je l’appelle un éthos caméléonesque ».Attention! Viala n’est pas un pourfendeur né de la dernière pluie, en mal de pamphlet.Il a édité chez Garnier, en 1980, le théâtre complet de Racine.Il connait son Racine.Et le parcours qu’il guide dans ce bouquin (je le redis, exceptionnel) est des plus pertinents.Le petit orphelin né dans « le trou » qu’est La Ferté, le petit jeune homme accepté par piston aux Petites Écoles du monastère de Port-Royal, le liseur invétéré, très connaisseur de grec, il le suit à Paris dès qu’il sort des jupes de Port-Royal, qu’il va loger dans des mansardes de Paris et, au besoin, demandez!, exécute une gamme de polémiste janséniste ou va à fond dans la manière galante, toujours des commandes bien plaçées, bien Nelligan pour toujours Une édition critique en deux volumes des Oeuvres complètes 1896-1941 d’Émile Nelligan paraîtra en novembre 1991, sous la signature de Jacques Michon, Réjean Robidoux et Paul Wyczynski, pour marquer le 50e anniversaire de la mort du poète.Les auteurs restent encore ouverts à des ajouts.Prière d’écrire aux soins du Centre de recherche en civilisation canadienne-française, Université d’Ottawa, Pavillon Lamoureux, 145, rue Jean-Jacques Lussier, Ottawa (Ontario) KIN 6N5.Tél.: (613) 564-6847.Lancements Lundi 15 avril, à partir de 17 heures 30, lancement de La Croix du nord, novella d’André Brochu (XYZ Éditeur).Au Citronlime, 4669, rue Saint-Denis.Lundi 15 avril à 17 heures, remise du grand prix Logidec de la science-fiction et du fantastique québécois, à la Maison Jean-Lapointe située au 361 rue d’Youville a Montréal.Le 17 avril, à 17 heures, lancement de Montréal comme je l’ai vue de Gérald Leblanc (Éditions du Méridien).Au salon du Mât du Stade olympique.Le mercredi 17 avril, lancement de Y L’Apologie des sorcières modernes de Pierre Lemieux, qui parait dans la collection « Iconoclastes » dirigée par Alain Laurent et l’auteur.À la Librairie Hermès de 18 heures à 20 heures.Les ondes littéraires À Littératures actuelles, dimanche à 14 heures 30, au réseau MF de Ra- ceuillies, bien servies.Tout pour un habit.Il faudra aller à la cour et il n’y a pas de grande carrière sans flair.Racine a le nez haut.Et puis il grandit.Et il aime les femmes et découvre les comédiennes.Écrire pour le théâtre est payant de tous côtés.votre nom circule, on vous paie des gages, une actrice vient dans votre lit.ce sera assez vite le théâtre pour celui qui aurait pu se contenter des Odes pour la convalescence du Roi, ou des sonnets pour les vacances de la cour, etc.et qui, de toutes façons, avant de devenir l'historiographe de Louis XIV, fera carrière, effectivement, fortement, déclassera le vieux Corneille, verra mourir Molière, et donnera, oui, donnera à la postérité.mais vendra, sur-le-champ, au moins dix grandes pièces en presque dix ans.Dont une deux fois, trahissant Molière.c’est l’affaire d’Alexandre.Racine qui sort dans le rues vides, la nuit, pour crier son texte, le tester.Racine qui respire la poussière des plateaux de théâtre vides.Racine qui aimait les femmes vedettes.Tout Racine est là dans les pages passionnantes et « racontées » d’Alain Viala, des pages emportées, qu’on parcourt comme on écouterait un Henri Guillemin rajeuni, des pages avec des raccourcis fascinants comme celui où il écrit que l’« âge classique » correspond finalement tout au plus au moment, deux ou trois ans, où la cour de Louis XIV était « dans Paris », après Chinon avant Versailles, et que tout se passa de Saint-Germain au Louvre, du Louvre au Marais, du Marais à Sainte-Geneviève, et de Sainte-Geneviève à Saint-Germain.« Vous prenez un crayon et vous tracez un trait ».Racine, la stratégie du caméléon.Alain Viala, Seghers, 1990.dio-Canada, trois romanciers latino-américains, Guimares Rosa, Carlos Fuentes et Alvaro Mutis, lus par Jean-François Chassay, l’animatrice Réjane Bougé et Louis Jolicoeur.Ce dernier, écrivain (L'émir vire, L’Instant Même) et traducteur, sera l’invité de Suzanne Giguère, dans la deuxième heure de l’émission.A noter aussi l’émission Double Expresso animée le samedi après-midi par Christiane Charette et Minou Petrowski au réseau AM de Radio-Canada, ainsi que le magazine En toutes lettres, animé par Marie-Claire Girard le mardi soir à 19 h au réseau MF de la société d’État.À la télévision, Caractères, avec Bernard Rapp, est présenté le dimanche soir a 20 h 33 et en reprise le dimanche suivant à 14 h 45, à TV5.Lectures La librairie Gallimard (3700, boulevard Saint-Laurent) doit présenter demain, dimanche, à 14 heures, un débat sur l’avenir de la culture au Québec.Participants à confirmer.I).Kimm, poète qui a publié Che-vale chez VLB Éditeur, donnera cette semaine deux récitals de sa oésie.Le mardi 16 avril à 20 heures la Maison de la Culture du Plateau Mont-Royal et le mercredi 17 à 20 h à la Maison de la Culture Côte-des-Nei-ges.Place aux Poètes reçoit, ce mercredi, au 4467 A, rue Saint-Denis, Louise Desjardins (La 2e Avenue, Noroît) et Jean-Marc Desgent (L’État de grâce, Herbes Rouges).Le récital débute à 19 heures.I A Vif î ÏTTÜD A! un ! iü Uii i JjJxril EUES Pmw it b ffcrunuju MAX ET LES CHATS Moacyr Scliar Roman, 99 pages Presses de la Renaissance COURT RÉCIT, à l’humour plutôt glacial, dit-on, mais où la poésie s’insère dans la description de tous les chats, tous les félins plutôt, que ce descendant d’immigrants russes juifs installés au Brésil, Moacyr Scliar, invente au fil du récit de la vie de Max, fils d’un pelletier qui tient boutique à l’enseigne du Tigre du Bengale.Scliar, qui vit à Porto Alegre, est médecin.Il a déjà publié des nouvelles sous le titre Le carnaval des animaux et L’oeil énigmatique.APOLOGIE DES SORCIÈRES MODERNES Pierre Lemieux collection Iconoclastes, no.4 Éditions Les Belles Lettres PIERRE LEMIEUX est le directeur de cette collection qui se consacre (ô rareté de nos jours) aux pamphlets et autres manifestes.Après une apologie de la cigarette, signée Jean-Jacques Brochier, voici une « Apologie des sorcières modernes » dans laquelle Lemieux monte à l’assaut du « monde du mal », celui de l’argent et de la finance, toutes ces « sorcières » que sont les « initiés » de la Bourse ou de la Commission des opérations de bourse (COB).Un pavé dans la mare.INDE 1991 Jean-Pierre Bruneau Voyageurs du monde entier C’EST LE TEMPS de préparer ses vacances, ses excursions dans le monde, et voici une collection de guides pratiques tous nouveaux, des « Annuel Voyageurs » qui vous donnent à la fois l’actualité politique et économique d’un pays, une description de sa vie quotidienne, et toutes les informations pratiques.Des numéros ont parus sur l’Inde, la Chine, le Brésil, le Japon, le Mexique, la Russie, la Thaïlande, les USA, et un sur le Québec, rédigé par Françoise et René Viau.LUIS BUfiUEL Entretiens avec Max Aub Préface de Jean-Claude Carrière Belfond, 1991, 372 pages.L’UN était écrivain (Max Aub, mort en 1972), l’autre était cinéaste (le grand Bunuel, mort en 1983), et tous les deux étaient des amis, ayant vécu leurs jeunesses dans l’entre-deux-guerres, connu la guerre d’Espagne, l’exil, bref ils étaient de ces artistes que l’on a surnommés « la génération de 27 ».On avait publié en 1984, en espagnol, ces entretiens où, ensemble, ils évoquent tout : des débuts du jazz en Espagne dans les années 20 aux événements de mai 68 en passant par l’aventure surréaliste.Les voici, traduits en français.T T ABYSSINIE Vlady Kociancich roman, 112 pages VLB Éditeur TRADUIT pour la première fois en français, par Louis Jolicoeur, un ro-i man d’un écrivain argentin de la nou-j velle génération.Un roman qui révèle les rapports entre un artiste et j son oeuvre, entre l’art et la vie.On le i dit dans la lignée des Borges et! Adolfo Bioy Casares.CE QUE DIT LE MAJORDOME Javier Marias Nouvelles, traduites de l’espagnol par Anne-Marie et Alain Keruzoré Rivages, 1991, 176 pages.DIX NOUVELLES, écrites de 1975 à 1990, qui donnent un aperçu de l’art de Javier Marias, un écrivain espagnol né à Madrid en 1951.Mathier Lindon, dans Libération, a dit de ce Marias : « Il y a quelque chose de na-bokovien dans la désinvolture (c’est-à-dire le naturel) avec laquelle le fantastique s’introduit dans l’univers de Javier Marias.Mais la réussite qui en découle est entièrement rna-riasienne ».On a déjà lu de cet Espagnol L’Homme sentimental et Le Roman d’Oxford.EN RELISANT LES ÉVANGILES Arnaud Desjardins La Table Ronde, 1991, 307 pages.CET OUVRAGE ne prétend pas au traité, mais on y lit les causeries qu’Arnaud Desjardins a livré à des auditoires restreints.Fruit de 40 ans de confrontations avec les religions non-chrétiennes, il montre qu’en relisant les Évangiles, après un détour par l’Asie, on y découvre des richesses qui peuvent émerveiller.Un livre qui n’offre ni dogme, ni morale, mais plutôt une méthode, « un yoga oserait-on dire », comme il est écrit en quatrième de couverture.SËRANT [and Nord jteissippi, loue mm française LES ENFANTS DE JACQUES CARTIER Du Grand Nord au Missisipi, l’Amérique de langue française Paul Sérant Robert Laffont, 1991, 290 pages « QUAND ON ÉVOQUE la francophonie nord-américaine, il faut parler d’abord du Québec, la seule province — demain peut-être la seule nation — du continent où, en écrasante majorité, on parle et on vit en français ».C’est ainsi que l’on présente, chez Laffont, cet ouvrage de Paul Sérant sur la survivance de la francophonie en Amérique.estuai re estuaire cOmme de lointains fantasmes ( .P.1.17.suce.Olltrclllonl Montreal 1121 4NI À l’occasion du Festival national du livre, Estuaire vous invite à une lecture de poésie avec José Acquelin Geneviève Amyot Nicole Brossard François Charron Michael Deslisle Carole David Denise Desaulels Donald ALARIE, Michel ALBERT, Pierre LotilSS DesiardinS DESRUISSEAUX, Fernand DUREPOS, , CSJdrU IIS Normand D.GENOIS, Christian Gérald Gaudet MISTRAL Andrea MOORHEAD, Serge PROLTLX, Denuis ST-YVES, Yves ROY, André Roy Serge Patrice THIBODEAU, François T „ vigneault, Paul zumthor^________Jean Royer Abonnement pour quatre (4) numéros Abonnement etudiant/écrivain 18$ O le mardi 23 avril 1991 Abonnement régulier 20 $?, 1-71 nn Abonnement pour institutions 30 $?à 1 /llUU Abonnement a l’étranger 35 $ ?Abonnement régulier pour 2 ans aUX Terrasses (pna spécial pour huit (8) numéros, au Canada „ .seulement) 35 $?baint-SulpiCeS, Abonnement régulier pour trois ans (pnr spécial pour douze (12) numéros, au Canada 1680, rue Saint-Denis, seulement) 50 $?»., On peut aussi se procurer la plupart des cinquante IVlOn treal 150) premiers numéros d’esluaire 5 $ ?Nom.À cette occasion, Adresse.ESTUAIRE lancera aussi les Code.festivités de son 15e Veuillez m abonner à partir anniversaire et soulignera la du numéro.parution de son n« 59: “comme estuaire: C.P.337, suce.de lointains fantasmes”.Outremont, Montréal H2V 4N1 ,veô Nütes/ro mas \ - y.vegne/.ic crm pe ce siem&e es n • • CLEMENT / N AS-Tu PAS Affilée: Ql£- TON M6CANO ETAT ÜK MüTAMTCEHAl ?.Planche tirée de l’album Le Monde d’Edena.4 Moebius cément, car dans la voie inconsciente, on fait les choses sans s’en rendre compte mais des fois c’est douloureux.On ne comprend pas et on se bagarre, on pleure, on gémit, ou on réussit d’ailleurs.Donc, quand on entre dans la voie de la conscience, la première chose consiste à reprendre tout ce qui a été fait derrière soi dans l’inconscience pour y donner un sens, pour comprendre le sens de ce qui a été fait en l’absence de sens.» Nouveau sourire puis éclat de rire.Blueberry alors, lui, il est complètement dans la voie inconsciente ?« Oui, tout à fait, mais cela va changer ».Le sourire moqueur apparaît une fois plus, laissant présager une vie tout a fait différente pour le sergent Mike Blueberry.Parlons un peu plus précisément de votre travail.Dans les premières bandes de Moebius très souvent, la narration était absente ou diluée mais, dans vos travaux récents, Le Monde d’Edena plus particulièrement, la narration reprend ses droits.Vous n’avez pas pour autant, j’imagine, abandonné ce type d’expérimentation ?« Non, non pas du tout.Mais tout est plaisant.Je ne suis pas fou de la narration systématique, de l’histoire systématique.J’aime bien mettre en bande dessinée des ambiances, des impressions, des.choses où il ne se passe rien.J’adore quand il ne se passe rien.Mais, au hasard des aventures professionnelles, je vais d’un côté ou de l’autre, d’un territoire à l’autre.» Et côté projet ?« Il y a une nouvelle histoire sur un scénario de Jodorowsky, qui s’intitulera La Folle du Sacré-Coeur.Une histoire contemporaine, une histoire de moeurs, quelque chose dans l’esprit de Lauzier, quelque peu.» Et le projet de la vie de la sainte Vierge ?« Et bien justement, cela a été réintégré dans La Folle du Sacré coeur.C’est une histoire qui est vrai- ment délirante et qui, à un moment donné, va intégrer, comme un joyau, une prie, l’histoire de la Vierge.D’a-bord, Alexandro (Jodorowsky) avait écrit une histoire qui touchait d’une certaine façon l’histoire de la Vierge dans une optique contemporaine, un peu comme a fait Godard avec Je vous salue marie, mais sans que ce soit du Godard.Alors, c’était très rigolo, très scandaleux, comique et il y avait pas mal d’éléments autobiogra-hiques qu’il avait incorporés à tout ça, ç’est vraiment.très très bon.« Mais, j’hésitais à me lancer dans ce truc-là.Mais en fait, j’étais prêt à la faire, mais ça ne s’est pas fait.Par contre, l’insert qu’on va faire dans La Folle ne sera pas du tout scandaleux, ce sera vraiment relier aux Évangiles, mais avec le point de vue de Jodo, qui est très.illuminé.» U ne dernière question.Au tout début de l’aventure Moebius, comment votre changement de cap a-t-il été perçu ?Il y a eu des résistances à vous voir tirer la BD dans une voie plus expérimentale ?« Non, il n’y a pas eu de résistance parce que je me suis adressé à une minorité de lecteurs.Je n’avais pas du tout la prétention de penser que des milliers de lecteurs se passionneraient pour mes élucubrations.Je savais que c’était quelque chose d’un peu restreint, une complicité avec quelques fous à gauche et à droite.Mais, je savais également que cela ferait tache d’huile.De sorte que la situation aujourd’hui ne me surprend pas.J’ai une renommée qui est modeste mais.intense.» 4 Le Carré accentuait encore sa ressemblance avec un batracien.Il clignait sans cesse des yeux, ce qui lui valut le surnom de La Taupe».C’est donc à cet homme en mal d’amour, passionné de poésie allemande, mal fagoté dans ses man-teux, mal à l’aise dans son boulot qu’il accomplit avec un zèle qui tient plus d’une bienséance typiquement britannique que du kafkaïen professionalisme, c’est donc à cet homme que reviendra la mission consistant à faire en sorte que l’Angleterre ne soit pas prise en étau entre l’écorce soviétique et l’arbre américain.C’est cet homme qui combattra pendant plus d’une vingtaine d’années ce Karla, qu’au fond il n’arrive pas à mépriser.Pourquoi ?C’est bien simple.Karla, c’est l’espion qui venait du froid.Smiley, c’est l’espion sentimental.(1) Sir John Coleville, Les franges du pouvoir.Journal du 10 Downing Street.1939.4 Lesourne l’établissement de liens économiques plus étroits avec la Turquie et l’Europe de l’Est, une meilleure gestion de la mondialisation de l’économie et l’accélération de la prospérité du pourtour de l’Europe, condition essentielle à l’amélioration des relations Nord-Sud.Tout un programme.Regardant ce que le monde a accompli depuis 1945, les auteurs écrivent : « Souhaitons qu’un lointain successeur écrivant en 2025, puisse, dans 35 ans, porter sur l’oeuvre de la génération actuelle le jugement louangeur qui s’impose pour le travail de celle de l’après-guerre.» Le Devoir, samedi 13 avril 1991 ¦ D-3 • le plaisir des ivres Lori Saint-Martin et Nadia Ghalem Des nouvelles pour les adultères, des nouvelles pour les Sarrasins Arsi Jean BASILE Lettres - IL a québécoises LORI SAINT-MARTIN a décidé de revenir aux anciens modes si tant est qu’ils soient anciens.Son premier recueil de nouvelles, Lettre imaginaire à la femme de mon amant, traite du trio amoureux qui a fait la gloire des romans à quatre sous et du théâtre de boulevard : la femme, le mari et la maîtresse.« Ma femme ne me comprend pas.».Malgré la révolution sexuelle et l’évolution des moeurs, l’écrivain croit que cette petite phrase-là, qui est classique a force d’être éternelle, est toujours le meilleur mot de passe pour l’adultère.Bien entendu, ça a quand même changé, surtout du coté des maîtresses puisqu’elles peuvent vivre maintenant célibataires sans encourir les foudres de la société.Enfin, pas toujours.Si on en croit l’écrivain, la province n’est pas prête pour les adultères comme l’apprendra à ses dépends la jeune femme de Visibilité zéro dont la mère ressemble presque trop à la Sido de Colette.Pourtant, ce qui semble caractériser les maîtresses de Lori saint-Martin, c’est leur solitude et même leur désir de solitude.On dirait que chacune d’entre elles se trouve quelque part inapte au rôle plus vaste et plus risqué de l’épouse légitime.« Mieux vaut être une maîtresse qu’une femme trompée.» explique l’héroïne de La femme compréhensible une des nouvelles les plus développées de ce recueiL Une autre, plus explicite encore, dira « Moi, j’ai une tête de maîtresse, comme d’autres une tête d'assassin ».Quant aux hommes, ils sont braves pour la plupart.Lori Saint-Martin les aime bien.Ce sont de paisibles bigames qui ont besoin de jouer les fils et les pères alternativement.Us ne doutent pas que leur aventure extramaritale est l’ultime limite de leur liberté.L’un d’entre eux s’appelle Martin.On le trouvera dans Cecilia un des meilleurs textes de ce recueil qui en contient très peu de médiocres, voire aucun.C’est lui qui est célibataire.Il vit avec une espagnole qui aime un autre homme.Il se désole de ne pas connaître le langage amoureux qui lui permettrait de se faire comprendre et aimer d’elle.Faut-il dire tu ou usted ?L’amour est-il essence ou circonstance ?Graves dilemmes.À part quelques textes plus graves, Lori Saint-Martin fait dans la légèreté et la déücatesse.Même dans les textes les plus difficiles, comme Les poissons rouges, les poissons gris, dont le héros est un amateur d’adolescentes qui bat sa femme, elle se tient loin du pathétique.Plutôt que des drames psychologiques, ses nouvelles sont des esquisses avec de jolis traits précis et nets.Comme écrivain, Lori Saint-Martin a un don évident pour le style simple, compact et expressif.Elle ne dit jamais de bêtise ni de platitude, ce qui est assez difficile quand on écrit des histoires d’amour.Pourtant, elle sait être sentimentale.Malgré toutes ces qualités, son univers est quand meme un peu trop Lori Saint-Martin Lettre imaginaire à la femme de mon amant Nouvelles l’Hexagone petit.Il lui manque un soupçon de personnalité.NADIA GHALEM, dans La Nuit bleu, propose des textes plus contrastes.L’action de ses nouvelles se passe au Québec, en Europe ou en Afrique.L’écrivain veut sans doute harmoniser dans sa prose littéraire différents aspects de sa personnalité et de son expérience humaine cosmopolite.Ce genre de choses est désormais courant ici et personne ne s’en plaint.En particulier, il y a des écrivains francophones des expossessions françaises qui n’ont pas toujours une très bonne opinion de la France et de la culture française « impérialiste », ce qui arrive aussi à certains intellectuels québécois « pure laine » qui se hâtent, d’ailleurs, de se faire des alliés faciles avec les nouvelles ?1t> éditeur premiers.Dans ce genre de question complexe, tout tient au ton, à l’allure, à la dignité et au bon sens.Nadia Ghalem joue le jeu à fond.Dès la première nouvelle, elle réussit à trouver des similitudes entre la bataille de Poitiers (c’est là qu’on a « bouté » les Sarrasins hors de France, en 732, date funeste.Ce fut aussi une ville anglaise!) et la bataille des Plaines d’Abraham.Suit une glose assez curieuse sur la victoire finale des vaincus (les Sarrasins et les Canadiens français) dont l’arme secrète serait d’engrosser les femmes des vainqueurs.Faire l’amalgame de tous les peuples francophones et colonisés contre un soi-disant ennemi commun, flatter en quelque sorte les Québécois en jetant de l’huile sur le feu de leurs possibles sentiments anti-français en oubliant complètement, entre cent autres, que les Sarrasins de Charles Martel parlaient arabe et que les Canadiens parlaient français, a quelque chose de dégoûtant quand on essaie, justement, d’écrire dans la langue de la mère-patrie.C’est ce qu’on appelle cracher dans la soupe et lécher les bottes.Il est vrai que Nadia Ghalem a quelques difficultés dans le domaine du style.Sa langue littéraire est une suite capiteuse de lieux communs.Sous sa plume, l’exil est « une terrible épreuve», les petits déjeuners sont toujours « copieux » et les enfants, cela va de soi, sont « espiègles ».On se doit de recopier l’opinion de Nadia Ghalem sur les livres parce que, comme charabia, on ne fait pas mieux à moins que ce ne soit du sarrasin du Ville siècle : « Des livres qui se vendent mal parce qu’ils ne répondent pas aux nécessités vitales d’une société plus motivée à subventionner des industries d’armement que cette espèce d’activité délirante qui consiste à s’entêter sur des mots, alors que le monde croule sous le poids des images caoutchouteuses de la vidéo, et que les musiques parasites coulent sur les cerveaux, mélasse gluante.».Il faut dire que l’écrivain n’est pas plus forte en géographie qu’en histoire.Elle sait que Passy est un quartier de Paris mais elle croit que c’est dans le XVIle arrondissement.En soi, c’est une erreur anodine, sauf qu’on attend d'un écrivain qu'il vérifie ce qu’il écrit, surtout quand il cite Kleist (ses« héros tragiques »), Stendhal, Byron, Shelley, Flaubert, Tolstoï, Lao Tseu, naturellement À gauche, rien de nouveau SENS ET POLITIQUE Pour en finir avec de grands désarrois Jean-Marc Piotte VLB éditeur, 185 pages.Robert Saletti ENGAGÉ, le militant n’a jamais caché ses opinions.Marxiste, le professeur de science politique a toujours pris le parti de la classe ouvrière.Fidèle à lui-même, Jean-Marc Piotte s'est ainsi fait un devoir de conjuguer militantisme et pédagogie.Mais voilà, la classe ouvrière n’est plus un sujet historique au sens du marxisme et les régimes à l’Est battent de l’aile socialiste.Bref, le paysage idéologique ressemble à un tableau de Jérome Bosch.Mais le temps n’est pas à la morosité; 90 ans après l’interrogation de Lénine, le mot d’ordre perdure : Que faire ?Malgré la crise qui traverse les pays de l’Est, le marxisme-léninisme n’est pas mort.C’est Jean-Marc Piotte qui le dit dans Sens et politique.Dans les trois textes de ce recueil, le professeur et le militant font front commun pour tenter d’en finir avec « les grands désarrois».Pour ce faire, rien de tel qu’une petite valse dialectique en trois temps.D’abord, en guise de thèse, c’est la leçon d’histoire intitulée « Les mutations du marxisme », où il est montré que le marxisme-léninisme n’est qu’une variante (importante) du marxisme et que, bon, on peut apprendre de ses erreurs.Antithèse à valeur de repoussoir, vient ensuite le deuxième texte (« La postmodemité et la quête de sens ») où l’on comprend que la situation n’est pas moins rose dans un Occident aux prises avec des penseurs comme Deleuze, Foucault, Lyotard et Derrida et qu’il y a pire erreurs que les siennes.Troisième volet de la démonstration, le texte qui donne son titre au recueil fiat la synthèse : contre le néo-libéralisme, l’auteur donne alors son vote à une PHOTO JACQUES NADEAU Jean-Marc Piotte sociale-démocratie bonifiée qui ferait place aux organismes alternatifs et qui permettrait la reconnaissance par chacun du bonheur que donne la solidarité avec les autres.Comme le dit condidement Piotte, « je veux encore changer le monde ».Si l’auteur n’avait pas porté deux chapeaux à la fois, peut-être aurions-nous eu droit à un essai à l’équilibre moins précaire.Car si le professeur de science poütique accomplit ici un travail qui est honnête (sans être original), le miütant, lui, a l'inélégance de ses impulsions.Je n’ai jamais su que l’ambiguïté n’était pas de ce monde.C’est pourtant le reproche que Piotte fait à la postmodemité ramenée à un courant médiatique pour motif de divergence interne : « Peu de postmodernes s’entendent sur la définition de postmodemité et sur le moment où celle-ci aurait remplacé la modernité : il y a donc là un effet de mode ».On aimerait passer outre ce genre de syllogisme qui ramène tout un mouvement philosophique et artistique à un « donc » aussi frele que réducteur.On aimerait aussi, avec l’auteur, laisser de côté tout le versant esthétique du postmodernisme pour ne regarder que son aspect politique, mais ce serait oublier qu’une des mises en garde du portmodernisme, c’est justement l’absence de frontière claire et inaltérable entre le politique et l’esthétique (ou entre le juste et le narratif, selon les termes de Lyotard).On ne demanderait pas mieux de croire avec le marxisme ou avec Habermas, que Piotte cite en exemple (se situant ainsi très précisément dans les retombées du débat qui a opposé le penseur allemand à Lyotard au début des années 80), qu’il y a encore place pour un projet social d’envergure — et il est vrai qu’à son pire degré de vulgarisation, la postmodemité, venue après tout le reste, donne l’impression inconfortable d’être revenue de tout —, mais encore faudrait-il que cette opinion soit étayée autrement que par des con- LES IULES LETTIES LANCEMENT Mercredi 17 avril 1991 de 18h00 à 20h00 LIBRAIRIE HERMÈS 1120, rue Laurier ouest Montréal Directeur de la collection «Iconoclastes», (Je fume, et alors?, Outrage à chefs d'État.), économiste et écrivain vivant aujourd'hui à Paris, Pierre Lemieux est de passage à Montréal pour présenter Apologie des sorcières modernes.Un pamphlet virulent à la défense des «sorcières modernes» persécutées par l'inquisition judiciaire parce qu'elles ont, grâce à des informations privilégiées, conclu des transactions boursières très avantageuses.Un livre percutant, polémiste et franchement «hors-la-loi».UNE INVITATION DES ÉDITIONS LES BELLES LETTRES Diffusion au Canada: MEDIALIV (514) 336-3941 NOUVEAUTÉS L’HEXAGONE Collectif QN BOUQUET DE NARCISSE(S) Depuis Ovide, que reste-t-il du mythe de Narcisse?Narcisse était-il vraiment atteint de narcissisme?Est-il, comme certains le prétendent, le symbole de notre culture?Ce recueil d’essais écrits par une quinzaine de personnes, écrivains, philosophes, critiques, universitaires qui s’adressent aux Narcisses que nous sommes devenus, tente de répondre à ces questions.UNBQUO0 dE narcisse©) hexagon* 308 page» 22,95 * Gilbert Dupuis Mon oncle Marcel qui vague vague près du metro Bern l'Hexagone • Théâtre HG6,95* 158 pages Gilbert Dupuis MON ONCLE MARCEL m VAGUE VAGUE PRÈS DU MÉTRO BERRI Créée à la salle Fred-Bany, en mars 1990, cette pièce met en scène des personnages oubliés par notre société dite d’abondance, “üne oeuvre particulièrement dense, à l’intérieur de laquelle Dupuis a réussi à faire éclater aussi bien la vérité que la beauté.J’ai envie de lâcher le mot chef-d’oeuvre.” Jean Beaunoyer, La Presse.LitMi distinct de l'édition littéraire damnations à la limite de l’insulte.Parler de Lyotard, dont La Condition postmoderne est placée en tête de train que Piotte, après plusieurs autres, voudrait bien voir dérailler, en termes de « désespéré » et de « parisien » ou de la postmodemité comme d’une « contre-utopie fallacieuse et morbide » ou d’un « sombre tableau » n’ajoute vraiment rien au débat.Si elle n’a pas encore prouvé qu’elle est garante de l’avenir, la postmodernité a au moins montré qu’on ne peut faire table rase de la tradition comme l’ont proposé les modernes, et qu’on ne peut plus « revisiter » le passé de manière innocente (d’où une certaine ironie).On peut retourner en arrière, à condition de ne pas fixer le présent à demeure.Ou comme le disait Lyotard, « le consensus n’est pas la fin de la discussion ».Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Aujourd’hui 13 avril de 14h à 16h NADIA GHALEM La nuit bleu Vl.B Editeur Mercredi 17 avril de 18h à 20h PIERRE LEMIEUX Apologie des Sorcières Modernes Coll.Iconoclastes LES BELLES LETTRES Jeudi 18 avril de 17h à 19h FRANCIS DUPUIS-DÉRY L'erreur humaine I.EMEAC EDITEUR Vendredi 19 avril de 18h.à 20h.DAVID HOMEL Orages électriques BOREAL Samedi 20 avril de 14h à 16h LECTURES.EXTRAITS DE Anthologie de la Poésie des femmes du Québec Alicole Brossant.l.isettè Cirouartl.Su'sanne Jacob.Cécile Cloutier.Cl.iudine Bertrand.Francine liéry.Mil hèle lalonde.Hélène Bionx.I.nnise Warren REMUE MENAGE Samedi 27 avril de 15h à 17h MIMI BARTHÉLÉMY Auteure et conteuse Haïtienne 1 120.ave.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 Kérouac et naturellement Nelligan (« une certaine qualité de tristesse,; une musique au-delà des mots»).] Pour le reste, il s’agit d’amour, de mort, de folie, rien qui vaille dans le contexte.! Lettre imaginaire à la femme de mon amant, Lori Saint-Martin, nouvelles, 133 pages, l’Hexagone, Mont réal 1991.La Nuit bleue, Nadia Ghalem, nouvelles, 135 pages, VLB, Montréal 1991.LOGIQUES LA VIE MODERNE •UT3 £ en "lO-» c ® in SL Su «*«• w i;-0 ® ® ’ il d.LOGIQUES U ’ ! J ii| SsJ 1 -» w r -* 00 "O ®l M wi® Su v>® ^3 il ft- s il : • a Cm ft û) 5 t Q ST e a ft O c C Un livre colossal, une véritable fresque, qui se situe au carrefour des cultures et des savoirs.entre l’Orient et l’Occident.Typo essai 154 pages 10.95 $ Pierre DesRuissecmx Dictionnaire des proverbes québécois TYPOQ ;• ft Ces proverbes, issus de la tradition orale, nous en apprennent long sur notre culture populaire et nos origines.Typo dictionnaire 288 pages 12.95$ Pttnek Stranm le bttoa ravi LA FAIM 0E L’ÉNIGME PCMU.h.CJ Le premier et le seul roman écrit par Patrick Straram, qui participe au rêve conhre-cultu-rel américain.Préfacé par Philippe Haeck.j Coll.“Courant” 228 pages 12,95 $ Arlène Supin récidive.Toujours aussi superbe et distinguée, l’intempestive détective nous fait partager quatre aventures rocambolesques contées avec la vivacité et le brio de son ami Jean Daunais.Pour tous ceux qui ont du flair et qui n’ont pas froid aux yeux.Coll.“Cahier noir” 216 pages 9.95 $ t D-6 ¦ Le Devoir, samedi 13 avril 1991 le plaisir des Yves NAVARRE ?La vie dans l'âme Carnet 30 YOLANDE m’écrit, les mots qui sont dans ma tête n'arrivent pas jusqu'à ma plume.Plusieurs se perdent en chemin et ma libération n'est pas complète.Je ne suis pas satisfaite.C’était pas ça que je voulais te dire.Plus loin, ce serait bien être un mot.Je serais chez tout le monde à la fois.Myra Créé est revenue à son embarquement pour si tard.Elle est toujours là quand, ivre d’avoir achevé (l’infini labeur) un chapitre, je vais me coucher.Mais où va-t-elle chercher ce qu’elle nous conte et dévoile de tous les artistes ?C’est virevoltant, incisif, jamais pédant et toujours instructif, un brin d’ironie dans la voix car le savoir-su de tant d’autres commentateurs plus ou moins sentencieux est devenu quétaine : 100,7 CBF FM me sert de baby-sitter (sorry) et la Reine Myra avec ses longues phrases pleines de virgules (du latin virgula : verge) m’épate et me fait rire aux éclats alors que Morphée me tend ses bras.Chaque jour elle inaugure au grand dam des normes et des politesses.Je lui dois mes premiers pas, à ce Carnet, autant lui dire que je la suis, compagnon de minuit.Merci.Peur ici, le pays : déjà les sondages abondent.Ils me font trembler ceux-là.Ils se disent indicateurs de tendance et, en fait, on leur « fait dire » (faire-dire : le fascisme désormais ordinaire) ce que l’on veut.Un sacré coup pour les individus et citoyens.Allons-nous assister à dix-huit mois de sondagerie sauvage et la question du référendum sera-t-elle porteuse d'une seule et claire demande ?Qui, d’ici là, la voix nette et déterminée, dira à son tour, après un René Lévesque, « on est capables » ?Pas grand monde à l’horizon ou alors, chacun attend le moment théâtral pour entrer en scène de manière encore plus fracassante.Tendre carnet que je croyais innocent à sa naissance et que la couleur du temps rend de moins en moins quiet.C’est que, madame la libraire-de-je-ne-sais-plus-où, vous avez perdu votre pari et mes droits d’auteur (c’est-à-dire : rien) car j’ai franchi le cap du second hiver et il y avait une fleur au jardin ce matin, un crocus mauve, le premier et demain matin ils seront sept.Ainsi de suite.À vrai dire, je ne ferai pas de pari avec vous pour le troisième hiver.Deux chats ne suffisent pas à la compagnie et je titube un peu quand je vais magasiner dans la slotche, c’est le privilège et l’épreuve de celles et ceux qui reviennent de loin, très loin, et qui sont incapables de mépriser l’écriture au point de la rendre spectaculaire.Je vous laisse vendre les Sollers, Clézio, Modiano & Co.: ils ont le talent et le panache.Ça marche.Le seul bonheur de ces jours-ci est de savoir que l’on joue une de mes pièces au fin fond de la Tchécoslovaquie, à Dolni Lutyné, c’est où ?, ce n’est même pas sur la carte, dans le dictionnaire.On la joue pour le plaisir.Brave II pleut, si on tuait papa-maman qui fit les beaux jours du Café Nelligan, ici, il y a quinze ans.Et il y a dix ans, ou douze, Catherine Bégin dans Les Valises au Café de la Place.Comme le temps passe! On aime donc celui ou celle qui se rendent rares et qui jouent la comédie politicienne du « je-m’en-vais » puis « je reviens ».L’enfant Yves est là.Dans le même Café de la Place, Catherine Bégin fait en ce moment prouesse dans la seconde de deux pièces de Jeux de femme, dans les deux, mais surtout la seconde, la présence de l’actrice fait alors oublier la représentation, tout comme dans Les Valises elle était plus mère que ma mère.Est-il à ce point (tare qui serait importée de la Vieille Europe) interdit de parler de soi ?Il y a récession pour les artistes aussi.Us ne vivent pas des succès qu’on leur prête.Us ont besoin de projets ou de signes, fussent-ils lointains.C’est beaucoup donner pour si peu recevoir, a écrit celui-ci la veille d’un suicide.Yves, offre d’emploi, a besoin de projets et pourquoi pas universitaires : la pratique de l’écriture, son arrachement, sa rigueur, n’est-elle pas régie par des règles qui échappent aux théories et aux exégèses ?Le roman ne serait-il qu’une forme dévoyée du journal intime ?Tout étant à la fois contrôlé et si peu décidé, délibéré ?Ça butinait quand je venais au pays où ma langue est un combat, le pays de mon identité, pour ne faire que passer.Et maintenant que j’y vis, pourrais-je en vivre ?Mystérieux troisième hiver qui me donnerait le droit de voter « Oui » si la question n’est pas piégée, si la guerre économique entretemps n’a pas été menée abusivement, rondement, pour créer toutes sortes de frayeurs.Au rayon des horreurs, le monde entier, sous la cagoule de l’ONU, se frotte les mains et les Kurdes sont à l’abandon.Tous les gaz sont bons.Crazy Saddam est libre de continuer.C’est le Nouveau Désordre mondial, titre d’un libelle de Guy Sitbon dans le Vieil Observateur consacré à Rimbaud.Juste un petit bas de page, un encadré riquiqui (mot de mon enfance : tout petit).Et, dix ans plus tard, la loi 101 n’a pas, ou si peu, donné le résultat escompté.U faut amèrement l’admettre, croire également que l’amertume peut réveiller l’enthousiasme, et l’enthousiasme re- créer des différences quand le confort semble risquer de l’emporter avec l’indifférence.Pour les dix-huit mois qui viennent, j’entends déjà les amies de Montréal-Nord me dire « tiens-toi bien après les oreilles à papa ».René Char encore, à chaque effondrement d’épreuves le poète répond par une salve d'avenir.Parfois je me demande quel usage nous faisons de nos libertés, ici, et partout ailleurs dans le monde.U y a de la désertion jusque dans l’affrontement.Quel président états-unien a dit, la vérité est la première victime de la guerre ?Il s’agit bien par là, ici, sans panache (je n’en ai pas, bien que Gascon) d’en toucher au réel plus encore.Et si je me répète, c’est que témoin du temps, arpenteur de cette fin de siècle, je me dis qu’il y a tant et trop de liberté gaspillée.U y va de ce gaspillage comme du respect de l’environnement.Ça va, ça vient, ça tangue dans ma tête, c’est le dernier tango du scribe.Et j’aimais le tango, la danse au moins, à cette époque-là, salut Gardel, était un contact.Au temps présent régnent les confusions.Elles sont même organisées, prévisibles, même plus risibles.La peur va de pair avec les beaux jours qui reviennent.Être ce que l’on est et naît.Persister et signer.P.S.: J’espère que Venise Barbelée est à l’ouvrage et qu’elle trempe son stylo dans ses tripes.— Y.N Jacques Godbout : la province de l’écrivain Jean Royer JACQUES GODBOUT s’est toujours défini comme un « animal social ».Son plaisir de vivre coincide avec celui d’agir.U a participé à la fondation de la revue Liberté, du Mouvement laïc, du Mouvement Souveraineté-Association et de l’Union des écrivains québécois dont il fut le premier président.Écrivain de romans, d’essais et de poèmes, il conçoit l’écriture comme un moyen d’action.Dans sa vie d’écrivain, il voyage.La province qu’il habite, c’est la littérature.Ainsi le voit-on sans cesse en mouvement dans ce Journal qu’il vient de faire paraître dans la riche collection dirigée par Denis Roche, « Fiction & Cie », au Seuil.Ce Journal couvre quatre saisons de la décennie 1981-1990, où l’on suit Godbout dans sa vie littéraire de Montréal à Paris, Boston et New York, ainsi qu’en Chine, en URSS, en Belgique et en Turquie.Voici donc le Journal d’un d’intellectuel — grand reporter, cinéaste, écrivain — qui participe à la vie culturelle du Québec, s’en fait le témoin privilégié avec humour et intelligence, et qui confronte sa propre vision à celles des autres.Godbout refuse de nous livrer ses états d’âme, mais l’homme apparaît entre les lignes.Son voyage intérieur nous fait voir un homme sensible, « inquiet et curieux », comme il me le dira durant notre entretien.Le titre de ce Journal ne manquera pas d’en frapper plusieurs, tant à Montréal qu’a Paris: L’écrivain de province.« Le sens parisien du terme m’amuse d’autant plus que l’ouvrage est publié à Paris, me lance Godbout.Ces messieurs de France vont dresser l’oreille, parce que pour eux ce titre est péjoratif.C’est une façon pour moi d’accrocher leur attention.11s devraient savoir qu’en dehors du sixième arrondissement il existe une vie culturelle, littéraire, politique et que vivent des écrivains qui pensent, voyagent et discutent.« En même temps, ce titre, L’Écrivain de province, illustre aussi un choix que j’ai fait malgré moi — comme la majorité des Québécois qui écrivent — de rester dans ma province de Québec, qui est celle qui me nourrit et dont j’ai besoin.Je n’ai jamais songé à m’exiler, sauf chaque fois que je pense que Jean Chrétien va devenir premier ministre du Canada.Nous avons dans notre province une façon de vivre et de voir les choses qui me convient et je suis l’un de ces écrivains de province.« De plus, poursuit Jacques God- bvisbii -Elena Silvrorf PRIX SOMI KSI I MAI (.11 AM LA VISION D’ELENA SIEVES Nicholas Shakespeare «Un livre exceptionnel.À la fois complexe et limpide, un roman magnifique, plein d'espoir.Superbe.» William Boyd Bernani Siruiol hllïlllis |m-it1iis ru matt Mi'lui PARADIS PERDUS Bernard Simiot Le roman d’une passion par l’auteur de Ces messieurs de Saint-Malo tjljt Tiliane Cjuicjnabodet * Lit t!4 MIC HCl Alex '-/uv lôrqueî CAR LES HOMMES SONT MEILLEURS QUE LEUR VIE Liliane Guignahodet Une épopée lyrique qui témoigne d’une vérité plus grande que la souffrance et les erreurs de la vie.OMBRE DE SOIE Alexandre Torquet Tumultueux, merveilleux, le nouveau roman d’Alexandre Torquet nous entraîne des trésors de Byzance aux cités de l’Empire du Milieu."________________________________ ÉDITIONS Albin micheL bout, ces notions de province, de centre et de périphérie me paraissent de plus en plus anciennes.C’est certain qu’il y a plus d’argent à New York qu’à Montréal.Mais globalement l’argent n’est plus au centre : il circule, grâce aux moyens de communication électronique.U n’y a plus de centre du monde comme’autrefois.De même, dans ce Journal, je suis toujours en train de circuler.À chaque saison du Journal, entre 1981 et 1990, je suis en voyage.En définitive, l’écrivain de province, c’est peut-être celui qui circule le plus ou le mieux.U a toujours besoin de se comparer et pour cela d’aller voir ailleurs comment ça se passe.« Enfin, conclut-il, j’emploie aussi ce titre parce que j’aime bien me moquer de moi-même.Je pense qu’en m’inscrivant moi-même écrivain de province, j’aime mieux me le servir plutôt que de me le faire servir, comme dit Cyrano.Mais ceux qui me traiteraient de provincial, alors eux, ils ne seraient pas sortis du bois ! Car je ne me sens pas mal à l’aise pour deux minutes ni ici au Québec ni ailleurs».La matière du journal intime ne semble jamais s’épuiser pour Godbout, qui n’arrête pas de fouiller le paysage en même temps qu’il se voit vieillir et que, frappé par l’idée de la mort.il fait le bilan de ses 50 ans de ! vie : dans l’émotion de se retrouver en France avec ses parents et de se voir copie conforme de son père ou dans la nécessité de faire cet « exer- j cice d’orientation » qu’est l’écriture ! d’un journal.« C’est pourquoi j’étais très content quand Jean-Guy Pilon, à qui je dédie ce livre, m’avait proposé pour la première fois de rédiger un journal pour le réseau MF de Radio-Canada.S’il ne l’avait pas fait, je pense que je n’aurais jamais abordé le genre, précise Godbout.Le journal est peut-être une façon de se débarrasser du réel et de voir ce qu’on peut en faire.C’est une entrevue qu’on se fait soi-même tous les jours et c’est un exercice fascinant.« Carlos Fuentes, l’autre soir à la télévision, dans un entretien avec Stéphan Bureau à Radio-Québec, disait une chose extraordinaire : « Ce sont les rêves dont je ne me rappelle pas qui vont nourrir ma littérature ».Dans le fond, poursuit Godbout, l’écriture d’un roman se fait à propos de quelque chose qu’on ne sait pas, tandis que l’écriture d’un journal se fait à propos de quelque chose qu’on sait très bien ».Godbout a toujours voulu être journaliste.Dans cet ouvrage, il l’a- 1 voue d’une nouvelle manière : « J’ai toujours peur qu’un événement m’échappe », écrit-il.Il est atteint de cette boulimie d’informations, « qui est une maladie dont je ne réussirai pas à me guérir », précise-t-il.Cette inquiétude dans son rapport au monde, cette peur de ne pas comprendre, il la fait remonter à l’école de l’enfance.Cette curiosité de l’homme qui regarde chaque soir cinq bulletins de nouvelles à la télévision, lit deux ou trois journaux par jour et fréquente les magazines, elle nous vaut un cinéaste-reporter de première force, qui se passionne pour la Californie ou le mythe du cowboy, puis nous fait découvrir, dans son plus récent film (Pour l’amour du stress, ONF) la passion du travail du grand scientifique Hans Selye.Le cinéaste Godbout n’a pas pu rester insensible non plus aux événements politiques qui déchirent ac-teUement le Québec et le Canada.Le 22 juin dernier, il s’est mis à filmer l’après-Meech et à investir les milieux politique et journalistique, autour de la Commission Bélanger-Campeau.Le film qui en sortira sera en quelque sorte le journal du destin politique des Québécois.« Nous avons une constitution à inventer, comme un roman à écrire », écrit Godbout à la fin de son journal.Mais comment fut sa rencontre avec le monde politique ?« Après les avoir fréquentés, j’aime bien ces femmes et ces hommes politiques.En général, la qualité des hommes et des femmes en politique (au sens général du terme) que nous a fait connaître la Commission Bélanger-Campeau, les commissaires, les députes, les représentants GENS DE PAROLE Conférences publiques, essais et débats à l’Institut canadien de Montréal (1845-1871) Montréal, Boréal, 1990, 176 p.Marcel Fournier DE L’HISTOIRE de l’Institut canadien de Montréal, créé en 1844, certains événements, en particulier l’Affaire Guibord, sont bien connus.Les idées libérales de ses membres ont alors tellement irrité l’évêque de Montréal, Mgr Bourget, que celui-ci s’est fâché en frappant la bibliothèque d’interdit et, au moment du décès en 1869 de l’un de ses membres, Joseph Guibord, en refusant de lui accorder la sépulture en terre catholique.Mais, qui sont ses membres ?Que font-ils ?Dans une recherche minutieuse, Y van Lamonde, historien et professeur à l’université McGill, analyse les principales activités de cette association qui, au milieu du XIXe siècle, « participe de façon dynamique à la renaissance culturelle de Montréal ».Situé dans le Vieux-Montréal, l’Institut possède une bibliothèque de plus de 10 000 volumes, une salle de journaux et de périodiques et un musée.C’est un véritable « centre culturel » qui, à son apogée en 1870, compte près de 800 membres.On y retrouve principalement des membres des professions libérales, dont plusieurs étudiants en droit, et des commerçants.Sociabilité, culture et politique se conjuguent pour créer un « espace public francophone », un forum où se discutent les d’associations, est remarquable.C’est étonnant de voir le sérieux de ces Québécois, l’esprit démocratique et la générosité de ces gens-là.Ils composent une société d’une complexité et d’une générosité extraordinai-res.« Le problème, ajoute Godbout, c’est que tout cela se passe à l’intérieur d’une langue et d’une culture que personne d’autre n’entend.Quant aux Québécois, il me semble qu’un tiers souhaiterait l’indépendance d’affrontement et qu’un autre tiers préférerait qu’on l’aménage.Entre les deux, il y a toujours ce groupe de gars et de filles de 15 à 75 ans qui, de temps à autres quand les Anglais nous donnent un coup de pied, vont vers la souveraineté ou vont se retourner de bord quand Keith Spicer leur dit qu’on a besoin d’eux.Je prends maintenant au pied de la lettre la blague d’Yvon Deschamps : un Québec indépendant dans un Canada uni ! Les Québécois veulent une souveraineté pour ce qui est de leur culture, de leur économie et de leur façon moderne de faire les choses.Et ils veulent une relation avec le restant du pays pour ce qui est de l’histoire.L’important, c’est que les gens s’assument et se trouvent une formule.» grandes questions de l’heure et où sont mises en application des grandes libertés de 1789; liberté d’association, liberté de conscience par son ouverture multi-confessionnelle, liberté de pensée et de lecture, liberté de presse et enfin liberté de parole.Plus que toute autre activité, la « prise de la parole » donne son sens à l’Institut canadien.Yvan Lamonde dépouille systématiquement les documents issus des 128 conférences, des 68 essais et des 23 débats que les membres tiennent entre 1845 et 1871.On y discute d’art, de littérature, de science, d’éducation, de religion et surtout d’actualité d’ici et d’ailleurs.Il est évidemment question d’union, d’annexion et de confédérai-ton, mais les membres de l’Institut n’ont pas de position homogène sur le nationalisme.Un Arthur Buies déclare : « Là où il n’y a pas unité de langue, il ne peut y avoir d’unité de politique ».De son point de vue, le rapprochement entre les peuples n’est possible que si l’indépendance de chacun est assurée : « Il n’y a guère, précise-t-il, d’union du fort au faible ».L’analyse que Lamonde présente de tous les débats et conférences est fort bien documentée et toujours nuancée.Les membres de l’Institut ont beaucoup parlé, ce sont des « gens de parole ».Ont-ils « tenu parole » ?Tout porte à le croire, mais il serait fort instructif de connaître l’itinéraire social, intellectuel et politique qu’ils ont connu à la suite de la fermeture de leur «club».rlii Université de Montréal Faculté des arts et des sciences Département de littératures et de langues modernes Cours de langues SESSION INTENSIVE, PRINTEMPS-ETE 1991 ALLEMAND ESPAGNOL ITALIEN CHINOIS JAPONAIS LATIN RUSSE Frais d’inscription; Cours de 45 heures (3 crédits): 150$ dépôt à l'inscription: 42$ non remboursables Cours de 90 heures (6 crédits): 300$ dépôt à I inscription: 84$ non remboursables Renseignements: 3150, rue Jean-Brillant bureau 8086 TT (514) 343-6222 (0369) Au temps de l’Institut LA CREATION MUSICALE DES FEMMES AU QUEBEC 148 pages, 18,95 $ Avec Notes et Paysages, Louise Warren donne un de ses plus beaux recueils Jean Royer, Le Devoir .des paysages divers apposés devant nous par une plume délicate, sensible, vibrante.Gilles Toupin, La Presse Loin du silence, cette oeuvre travaille directement le droit de dire que l’existence des femmes a à témoigner de tout.Hugues Corriveau, Lettres québécoises L’histoire des compositrices retracée par Marie-Thérèse Lefebvre nous fait paraître bien lointaine l’époque où on prétendait que, par leur nature même, les femmes étaient incapables de comprendre les concepts abstraits de la théorie musicale.96 pages, 9,95 $ les éditions du remue-ménage 4428 boul.St-Laurent.bur.202, Montréal H2W 1Z5, (514) 982-0730
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.