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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-05-18, Collections de BAnQ.

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ffi.y.rug.’v.'- x.wiKVx: »¦¦¦—¦ CINEMA L’anthologie Doillon Ni pape du commercial, ni créateur maudit, le cinéaste Jacques Doillon (ci-haut) a réalisé 16 films en 20 ans, trois ou quatre productions télé et quelques courts métrages.Le petit criminel, son dernier film, a reçu un accueil brûlant autant du public que de la critique.La Cinémathèque Québécoise présente jusqu’à jeudi l’intégrale de sa production.Odile Tremblay l’a rencontré.Page C-3 «Je rêve d’un théâtre populaire abstrait» — Gilles Maheu ARTS VISUELS 79s ( + TPS) croisière, repas du midi et retour en autocar inclus.Les dimanches 26 mai, 2, 9 et 16 juin.Découvrez le Saint-Laurent à bord du luxueux Cavalier Royal.Repas chaud servi sur le Chenal-du-Moine, commentaires et animation à bord.Soirée libre à Québec et retour par autocar à 21 h30.Pour réservation: RÉSEAU ADMISSION 522-1245 Croisières Navimex inc.Sylvain Cormier DE TOUS, sans exception, la même réaction enthousiaste.Tous à partager le même optimisme quant à ma rencontre avec elle, tous à parler d’elle comme s’il s’agissait d’un membre de leur famille.« Tu vas voir, elle est formidable, et pour peu que tu sois sincère, elle va s’ouvrir à toi.» Du pompiste à la caissière, du collègue à l’amie, de l’intello au prolo, de ma grand-mère à ma mère, une belle unanimité.Je le savais comme tout le monde — c’est pratiquement inscrit dans notre code génétique — mais je n’avais jamais ressenti aussi viscéralement à quel point le Québec aime, que dis-je, adore, chérit sa grande dame de la chanson dite populaire.L’entrevue a lieu dans la petite salle-conférence de l’agence de promo, trois heures avant le lancement de L’Essentiel, son dernier album.D’entrée de jeu, Madame Reno prend les devants.« Est-ce que ça vous dérange si je vous tutoie et que je vous appelle Sylvain ?» Et moi qui m’apprêtait à lui servir du Madame Reno gros comme le bras.C’est donc entre Sylvain et Ginette que ça se passera.Une Ginette paisible et sereine qui prend le temps de réfléchir et de bien articuler sa pensée, une Ginette qui, de thérapie en thérapie, a tellement parcouru son jardin qu’elle en connaît tous les recoins, de telle sorte qu’elle ne craint pas le moins du monde d’en remuer la terre, quitte à se salir les mains.Dans ces conditions, me suis-je dit, bêchons gaiement.Après tout, les sujets à creuser ne manquent pas, à commencer par cet amour absolu des Québécois pour Ginette Reno.« J’ai toujours pensé que j’avais un rapport très maternel avec le public, comme si je le prenais dans mes bras.J’ai une responsabilité à l’égard de ce sentiment que les gens me portent.Par moments, c’est un petit peu lourd à porter, parce que je ne veux pas décevoir.» Sur la montagne, en 1975, alors que 300 000 personnes l’avaient inondé d’affection après avoir été chavirés par sa grandiose interprétation d’Un peu plus haut, cet amour était encore irrecevable.« Le 24 juin, c’est l’anniversaire de Jean-Pierre Ferland.L’idée, c’était que les femmes du Québec viennent fêter la St-Jean, mais aussi J.-P.Je venais de faire une chanson avec lui qui s’appelait T'es mon amour, t’es ma maîtresse.Je suis allée voir tout le monde et j’ai demandé de terminer le show avec Un peu plus haut, puis T’es mon amour.avec J.-P., pour finir tous ensemble avec Si on s'y mettait.Là, je leur ai dit, préparez-vous, la montagne va lever.Mais lever dans le bon sens, pour J.-P., pour que tout le monde en bénéficie.» Et Ginette de me chanter une mesure du refrain de Si on s'y mettait, histoire d'ajouter un peu de réalisme à son récit.( Mettez-vous à ma place un instant.Vous êtes seul dans une petite pièce avec Ginette Reno, et elle se met à chanter.Rien ne prépare à une telle expérience.Aucun disque, aucun spectacle, aucune apparition à la télé.Rien.Une voix comme celle-là, lancée à froid, sans avertissement, vous décroche le coeur.Pas surprenant que Dieu revienne si souvent dans son discours.Il n’y a pas vraiment d’explication rationnelle qui tienne.) Pour ce qui est de lever, la montagne fut littéralement catapultée, mais dès la première chanson.La foule ne voulait plus qu’elle.En coulisses, on lui reprochait d’avoir, selon ses termes, « volé la vedette ».« Personne n’a compris.En revenant chez moi, en voiture, j’ai dit à Dieu : « Je te remercie — j'avais eu onze minutes de standing ovation — mais j’ai l’impression que je ne mérite pas ça.Pourquoi tout ça ?Je n’en avais pas tant besoin.Montre-moi que j’en vaux la peine.» Voir page C-2 : Reno Croisières Montréal-Québec QUEBEC MONTREAL Lac St-Pierre 17 h 00 9 h 30 Lotbinière Chenal-du-Moine * Départ section 24.Port de Montréal.Accès rue Berri.Stationnement gratuit et sécuritaire.Robert Lévesque NEUF petites pages de texte bien serré ; sans un point.Où l’on décrit un paysage « entre steppe et savane ».Où « les mâchoires mastiquent des cadavres de mots et des déchets de paroles ».C’est cela, Paysage sous surveillance d’Heiner Müller.Devenu Peau, chair et os dans les mains de Gilles Maheu qui, comme cela se doit, superpose « son » écriture scénique à cette matière textuelle de l’auteur allemand (il était d’Allemagne de l'Est).Au point de départ, un croquis fait par une jeune fille de Sofia.Un dessin qui inspire Millier.Puis un texte de Millier qui à son tour inspire un artiste, en l’occurence Maheu.Et un acteur qui dira ce texte ponctué de virgules, de deux-points, de parenthèses : c’est Jean-Louis Millette.Aucun personnage, aucune psychologie, pas de ligne narratrice.Une voix qui décrit un paysage au-delà de la mort.Gilles Maheu le disait, lundi : « c’est ma mise en scène la plus difficile ».Le spectacle, qui débute le 24 mai et ouvre le Festival des Amériques (FTA), est déjà à guichets fermés.Il jouera les prolongations.Il sera repris à l’automne.Il ira à l’étranger.Gilles Maheu est sur le point d’atteindre son rêve : « je veux faire un théâtre populaire abstrait ».Abstrait, il l’est.Depuis Rivage à l’abandon, du même Müller, il y a plus d’un an, au Musée d’art contemporain, Maheu est entré dans une zone où la concession n’existe plus, où le commerce n’existe qu’avec l’inspiration, où l’on ne pense plus à satisfaire un « public » mais à interpeller des écoutants, des regardants.Gilles Maheu crée dans l’espace une écriture invisible.Populaire ?Oui, il a ses adeptes, ses fidèles, qui font maintenant au bas mot 20 000 personnes, qui se ruent au guichet lorsqu'on ouvre une location, lorsqu’on annonce une prolongation.Il a sa réputation ailleurs : Le Rail a fait le tour du monde ou presque, de Tel Aviv à San José; Le Dortoir repart cet automne pour le Mexique et les États-Unis après avoir été joué de Bogota à Helsinki; son prochain spectacle, L'Odeur du cafe, sera co produit avec Séville, Barcelone et Montpellier, et sera créé en marge des Jeux Olympiques et de l’Exposition universelle.Mais attention, il y a une marge entre le populaire et le récupéré, la marge que ne traverse pas Maheu.Nulle intention, chez lui, de se satisfaire d’un style, de le répéter.« Depuis vingt ans, j’ai tout placé dans la recherche, dans la constante remise en question du langage, c’est un choix de vie! Je ne fais pas de la création entre deux autres choses, entre deux pièces du répertoire.Tu sais, je ferais peut-être un répertoire entre deux créations, si on me le demandait! Mais pour souvent, mon travail en est un d’écriture, je tends à développer une écriture théâtrale forçément nouvelle, puisque mienne.Je suis l’auteur de mes spectacles ».Comme Heiner Müller a pris toutes libertés avec Y Alceste d’Euripide (il dit que Paysage sous surveillance est une « retouche » de cette tragédie grecque), Gilles Maheu prend toutes libertés avec la matière de Müller.« L’écriture d’Heiner Müller te force, en fait, à proposer une contre-écriture, et c’est pour cela que je considère qu’il est le plus grand auteur actuel.Son écriture me fascine parce qu’elle me laisse de la place pour mon écriture à moi.« Depuis vingt ans, j’ai tout placé dans la recherche, dans la constante remise en question du langage, c’est un choix de vie ! Je ne fais pas de la création entre deux autres choses, entre deux pièces du répertoire.» « C’est d’abord un texte pictural, que je voyais, comme un film.C’est devenu une série de puzzle que l’on a dû déchiffrer.C’est un texte assez impossible à dire, tu sais; il faut y trouver les sens, le sens.Il faut y faire un chemin, le taillader, insérer la musique que je veux de plus en plus présente, active, imaginer une vision de ces choses, bref écrire Peau, chair et os, écrire en répétitions, au montage, tout le temps, jusqu’à la première représentation, la création ».Heiner Müller, dont Maheu a déjà Voir page C-2 : Maheu PHOTO JACQUES GRENIER Gilles Maheu, directeur de Carbone 14.MUSIQUE La classiques de la saison 91-92 MOZART est mort le 5 décembre 1791 et cet anniversaire sera marqué de façon-solennelle deux cents ans plus tard, le 5 décembre 1991 par la présentation de son fameux Requiem par l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) sous la direction de Charles Du-toit.Évidemment, le nom du célèbre compositeur autrichien est sur toutes les lèvres cette année et plus encore, omniprésent dans la programmation 1991-1992 des orchestres, groupes, ensembles et organismes musicaux.Marie Laurier dresse un portrait de la prochaine saison.Page C-7 Ginette Reno Les sculptures de Guérino Ruba En circulant parmi les quelques sculptures de Guérino Ruba (ci-haut), on n’échappe certainement pas, après la tranquillité initiale du regard, à cette prise de conscience lente, à la naissance d’une réflexion inquiète se doublant de la montée d’un malaise informulé.Page C-12 ACTION PEINTURE == MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Montréal, samedi 18 mai 1991 GINETTE À notre image, à notre ressemblance C-2 ¦ Le Devoir, samedi 18 mai 1991 À l’écouter parler de montagne qui lève et d’incompréhension, tout s’éclaire.Si on l’aime tant, notre Ginette nationale, si on souffre quand elle souffre, si sa voix nous triture les entrailles, c’est parce qu’elle résume L'Essentiel de ce que nous avons été et de ce que nous sommes.Ginette, c’est le Québec qui commence à peine à croire qu’il « en vaut la peine».Son parcours correspond exactement à celui de notre société matriarcale, profondément insécure, croyante, travaillante et généreuse, ' mais jusqu’ici incapable d’assumer un destin à la hauteur de ses possibi-.lités.On n’a qu’à se rappeler ces rendez-vous râtés avec la gloire et l’histoire, , ces fameux désistements survenus après des passages plus que prometteurs aux émissions de Johnny Car-son et de Michel Drucker.Une valse-hésitation qui nous ressemble fort.« Me croirais-tu si je te disais que j’ai eu peur du succès ?Je me suis sabotée.J’ai fait des démarches as-" sez sérieuses pour comprendre comment ça se faisait qu'a chaque fois que quelque chose de grandiose in, • UC ¦nul :: théâtre du nouveau monde LA TRILOGIE DELA VILLÉGIATURE DE CARLO GOLDONI Traduction Olivier Reichenbach Mise en scène GUILLERMO DE ANDREA DÉCOR GUY NEVEU f; costumes FRANÇOIS BARBEAU éclairages MICHEL BEAULIEU avec Denis Bernard Paul Berval Markka Boies Normand Chouinard Pierre Collin Sophie Clément Gisèle Crépeau François Dupuis Patrick Govette Roger Joubert Marcel Lebœuf Monique Mercure Sophie Prégent Geneviève Rioux Guylaine Tremblay et le Quatuor St-Etienne DU 30 AVRIL AU 25 MAI Mardi au vendredi: 20h Samedi: I6h et 21 h HEATRE DU NOUVEAU MONDE 84.rue Stc-Catherinc Ouest M Place-des-Arts Stationnement adjacent au théâtre RESERVA LIONS: 861-0563 GROUPES: 931-41 13 MOISONÇ») O'KEEFE Le mémorable spectacle Ginette Reno / Michel Legrand à la Place des Arts.m’arrivait, je le détruisais à mesure.J’ai compris que j’avais une peur énorme du pouvoir.Je n’ai pas voulu encaisser la responsabilité d’être Ginette Reno.» « Ce que tu pratiques quand tu es tout petit, c’est ce que tu connais, et ce que tu connais, c’est ce que tu deviens.Chez nous, quand on avait du succès, on se disait : il va arriver quelque chose, ça va aller mal.Je me créais d’autres besoins pour mélanger les cartes.Un autre petit, un nouvel amour.» Ça revient constamment dans la discussion lorsque des intellos se penchent sur Ginette Reno.Pourquoi ne chante-t-elle pas le blues ?On cite en exemple son album de jazz avec Michel Legrand.On la compare avec Aretha Franklin, à qui l’on a fait chanter toutes sortes de ritournelles, alors que seul le gospel rend justice à son talent.On se dit égoïstement qu’il est trop bête d’avoir une Janis Joplin et une Mahalia Jackson réunies en une seule Ginette et ne pas pouvoir en profiter.« C’est épuisant, le blues, ça fait mal à l’àme.À chaque fois que j’en fais, j’ai l’impression de ne plus etre moi-même, ou d’être trop moi-même.Je ne dis pas que je n’en ferai pas un album à un moment donné.Pour le sortir, pour accoucher une bonne foi pour toutes.Tu sais, quand j’ai composé J’ai besoin d'un ami, c’était un blues.» ET Ginette m’en bluese un extrait.Des frissons me courent le long de l’échine.Un peu plus, et je suggérais au 1) El VOIR de fournir au lecteur une cassette de l’entrevue pour accompagner l’article.Quand il s’agit de Ginette Reno, L’Essentiel est à portée de voix.4 Maheu monté llamlet-Machine et Rivage à l’abandon, est un auteur capital aujourd’hui.11 est celui qui, dans l’Europe, est arrivé à prononcer, par anticipation, par les moyens du théâtre, l’arrêt de mort du communisme; il fait un constat qui débouche sur une crise d’identité, et il a, par anticipation, imaginé des catastrophes vers lesquelles l’humanité s’en va, auxquelles l’humanité travaille.Auteur gigantesque, à qui le E’estival d’Avignon cet été consacrera une place majeure à l’enseigne du « cas Millier » (huit pièces), il hante les nuits de Maheu qui croit que, dans ce chamboulement des valeurs, dans l’après-communisme, U est urgent de trouver de nouveaux regards, d’arriver à une nouvelle vision du monde.Cette vision, pour Maheu, c’est plutôt une fusion.Tout son travail depuis plusieurs années tend vers une multi disciplinarité lyrique.Il veut, dans l’hybride, l’impur, les approches mixtes, « les confrontations de ghettos » dit-il, arriver à une poésie des rencontres bizarres.Il fait chanter du rock à Pauline Vaillancourt, il fait parler des danseurs, il mélange des silhouettes d’amateurs à un puissant Jean-Louis Millette : son théâtre est strié de différentes touches.Autant il reprend à sa manière un mythe (celui de l’inévitable et impossible identification à Hamlet dans llamlet-Machine, celui de la déroute de Médée dans Rivage, celui du sacrifice conjugal d’Alceste dans Peau, chair et os), autant Maheu recherche sans cesse à réécrire un théâtre qui soit d’abord et avant tout vivant, actuel.Un tel artiste, qui peut réussir plus ou moins à parfaire ses démarches (il avoue que son llamlet-Machine n’était pas accompli), un tel metteur en scène qui a tourné le dos à toutes les facilités, arrive mal, dans son pays, à survivre.Après 20 ans de recherche, 15 ans de Carbone 14, après des réussites aussi évidentes et acclamées dans le monde entier que Le Rail et Le Dortoir, un Gilles Maheu, dans d’autres pays, se serait sans doute fait offrir un théâtre, un lieu ouvert, un terrain de manoeuvre.Ici, non.Il n’y aura pas d’initiative à Québec, à Ottawa.Il faut deman- COURRIER À propos du Dr Selye AMI de longue date de la famille Selye, je me dois de présenter un aspect de la personnalité du Dr Hans Selye, qui m’a dédicacé trois de ses livres, suite à l’article au style alerte et descriptif Un documentaire romantique, présentant le film Pour l’Amour du Stress, paru le samedi 13 avril dernier, page C3.Ne connaissant qu’un côté de la médaille, je comprends aisément que Mme Francine Laurendeau se soit enthousiasmée pour « la présence dans le film d’un témoin qui allait partager dans le travail, puis dans la vie commune les dernières années de Selye, mort en 1982.Louise Devret » (sic).La réalté mérite de replacer les choses dans leur contexte.Tout d'abord, n’est-il pas surprenant, puisqu’il s’agit d’un documentaire, que que le réalisateur n’ait fait entendre qu’un son de cloche, ne présentant le point de vue que de la 3e épouse de Selye ?Il en a fait une ve- dette négligeant — pour quelle raisons ?— d’interviewer Gabrielle Grant-Selye, celle que Selye a épousé devant Dieu, qui a partagé sa vie pendant 28 ans, lui donnant quatre enfants, dont elle SEULE a assumé l’éducation depuis la plus tendre enfance jusqu’au moment difficile de l’adolescence et au-delà.Quel coup pour Gabrielle Selye de découvrir que son mari menait une double vie ! Ce devint infernal au foyer familial si bien que, pour son bien et celui des enfants devenus adolescents, Gabrielle dut se séparer de son mari qui, en 1976, épousa civilement Louise Devret qui, vu les circonstances, aurait dû avoir la décence de passer sous silence son court séjour au Carmel.Gabrielle Grant-Selye méritait-elle un tel traitement, elle qui a été aux côtés de Selye le soutenant, au prix d’énormes sacrifices pendant les années difficiles mais aussi les plus fécondes de la carrière de cet inlassable chercheur ?C’est aussi l’époque la plus prestigieuse, celle où vraiment les sommités médicales mondiales venaient consulter celui à qui, alors, Jean Rostand avait dé- MARGIE GILLLS m 1 nni\ ce nui ne DANSE SOLO CREATIONS & GRANDS SUCCÈS «.omjoui.ie, e.xlooe, truculence.Jonr (h'iinidlu/iie étonnante.» Anna Kisselgofl NEW VOHK TIMES Photo Michael Slobodian 15-18 MAI à 20 H 00 Billets 26$, 22$, 18$, 10$ Étudiants et âge d’or 40% de réduction Dans le cadre des Feux de la Danse Banque Royale fi.Théâtre Maisonneuve G ü Place des Arts Réservations leléphoniques: '514842 2112.Frais de service.Redevance de 1 SI+T.P.S.) sur tout billet de plus de 10 S.DANSE PHOTO CHRIS RANDLE En temps perdu, avec le danseur Michael Montanaro.Démesure et surabondance der, remplir des paperasses, rencontrer des gratte-papiers qui n’y connaissent rien et tomber un beau matin sur une face d’anchois de fonctionnaire qui vous dit « mais non, vous perdriez votre âme si vous aviez une grande salle ».Gilles Maheu en a marre.Il ne se choque pas, ou presque.Le succès ici et à l’etranger lui a, paradoxe, gommé la prétention.Lorsqu’on s’est vu, ce lundi, l’approche de l’échéance Peau chair et os lui faisait un peu oublier tout ça, mais il lui restait assez de nerf pour dire qu’il rencontre plus de compréhension et de soutien à Barcelone qu’à Montréal! Carbone 14 étouffe à Espace libre.Cette ancienne caserne de pompiers, que se partagent depuis dix ans trois groupes (les Mimes Omnibus de Jean Asselin et le Nouveau Théâtre Expérimental de Ronfard), est une salle beaucoup trop petite pour eux dont les spectacles sont tous à guichets fermés et doivent quitter l’affiche pour laisser la place aux autres.Maheu, et Danièle de Fontenay, sa fidèle collaboratrice et directrice administrative, ne s’en cachent plus.Us veulent quitter la rue Fullum.Mais pour aller où ?Montréal manque de salles.Ils ont déposé une demande de subvention pour faire une étude de lieux.« C’est la mode des études », dit un oeil en l’air Danièle de Fontenay sans faire confiance.Ils ont l’impression que jamais n’entrera dans la tête des fonctionnaires, ou des ministres qui « changent aux douze heures », qu’on ne peut pas d’avance prouver hors de tout doute sur papier que, oui, nous allons réussir, oui, nous allons rentabiliser vos argents messieurs des ministères, oui voilà le beau plan en coupe de nos futures saisons, etc.Disons seulement que jamais Le Rail n’aurait exister s’il n’y avait pas eu la caserne de pompiers de la rue Fullum.De quels Rails Maheu, de Fontenay, les acteurs (et nous, public) seront privés si Carbone 14 ne peut déménager, ne peut trouver, dans sa ville, son lieu ?Carbone 14 a un budget annuel de 1 300 000 $ dont 50 % est fait de subventions, le reste étant des revenus autonomes.25 % du budget va aux tournées qui mobilisent 18 acteurs sur la route, et nécessitent le transport de 8 tonnes de matériel.Ils ne sont que trois permanents dans le minuscule bureau, dont Maheu.Et ils ne demandent pas beaucoup : un lieu pour acceuillir 400 spectateurs.cerné le titre « d’Einstein de la médecine ».C’est à l’épouse officielle et non à la clandestine que Selye était fier de les présenter au cours des réceptions à son domicile où Gabrielle Selye dans son rôle d’hôtesse accomplie était appréciée et complimentée.La désillusion de ne pas avoir reçu le Prix Nobel de médecine, de plus, souffrant de douleurs physiques aigues et la période glorieuse s’estompant, explique, sans la justifier, la conduite de Selye qui dans son livre Le Stress de ma Vie, publié en 1976, insiste sur un point essentiel de sa philosophie et je cite « la qualité la plus noble chez l’Homme est l’altruisme égoïste, qui a vraiment orienté toute ma vie.Je suis un altruiste égoïste, certes, mais ne suis-je pas en accord avec la Bible puisque je fais à autrui ce que je voudrais qu’il me fasse ».La Bible dit « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu’on fit à vous-mêmes ».L’altruisme, selon la définition du Larousse est « un amour désintéressé d’autrui » tandis que l’égoïsme se définit comme un « vice de l’homme qui rapporte tout à soi » et on ajoute à égoïste ».celui qu ne considère que ses intérêts.Décidément, ces deux termes ne font pas bon ménage; de plus, Selye se vante « d’être un orgueilleux », méprisant la modestie; alors que Pasteur cet illustre bienfaiteur de l’humanité, chrétien convaincu, est resté toute sa vie modeste, secondé par une épouse admirable dont le rôle convient à la perfection à Gabrielle Grant-Selye.Mgr Roger llugonnier de Ginet Zman Doe, un temps perdu Chorégraphie : Michael Montanaro.Film et diapositives : Paul Ahad.Musique : Edmund Eagan.Décors : Natalie Gingras.Costumes : Serge Saintonge.Textes : Jennifer Dressier, Janet Oxley, Michael Montanaro.Les interprètes : Mireille Demerse, Marc Daigle, Sandra Lapierre, Alison Crawford, Maryse Carrier, Simon Alarie, et Ron Ladd.Spectacle présenté par la compagnie Montanaro Danse à l'Agora de la danse jusqu’au 25 mai.Mathieu Albert MICHAEL MONTANARO pratique le métier de chorégraphe comme un metteur en scène de comédie musicale : avec des visions visitées par la démesure, un goût irrépressible pour la multiplication des effets visuels, un besoin de surabondance dans l’ornementation de sa pièce.Sur la scène, le trafic qu’il met en branle est lourd.Il y a les décors (nombreux et diversifiés), des images dispositives et cinématographiques (qui sont projetées presque en permanence), ainsi qu’une escouade de sept danseurs qui tentent tant bien que mal de se frayer un passage.Non seulement le plateau est-il encombré par une multitude d’accessoires dont l’usage ne semble pas toujours pertinent, mais le scénario lui-même, qui forme la trame de la pièce, est d’une confusion à donner un mal de tête au plus subtil des logiciens.Michael Montanaro veut raconter l’histoire abracadabrante d’un personnage (Zman Doe) qui visite, revisite et re-revisite son existence.Le temps s’immobilise, la réalité et la fiction se confondent, le vrai et le faux se croisent pour ne plus former qu’une seule et même entité.Nous sommes jetés dans un état proche du dérapage.À mi-ehemin de la pièce nous ne savons plus où nous en sommes; on cherche un fil conducteur pour se raccrocher au récit, mais aucun indice suffisamment explicite ne nous est fourni pour nous permettre de rendre les choses intelligibles.Exception faite d'un certain nombre de tableaux minutieusement fignolés, Michael Montanarodonne l’impression de ne pas maîtriser les ficelles de l’histoire qu’il veut raconter.L’organisation de son oeuvre est d’une complexité inouïe, et par ricochet, en court-circuite toutes les possibilités de lecture.On ne connaît ni l’identité de son personnage central, ni quels sont les motifs de son action, ni le but qui le pousse à faire défiler sa vie à rebours.L’histoire reste au niveau d’une errance de l’imaginaire, une sorte de voyage hors du temps et de l’espace, sans but ni destination fixe.Par ailleurs, même si nous pouvons apprécier le travail accompli au niveau de l’aspect visuel de l’oeuvre, on ne peut pas s’empêcher toutefois de souligner la difficulté que présente le mariage du cinéma avec-la danse.On ne voit pas très bien, par exemple, ce que Michael Montanaro, a voulu ajouter à sa pièce en lui greffant diverses séquences cinématographiques.Celles-ci sont peut-être belles sur le plan de leur réalisation, mais elles n’apportent aucune dimension supplémentaire à la partition chorégraphique ni à celui du sens général de la pièce.Leur présence ne semble être justifiée que par le plaisir purement esthétique du chorégraphe de les voir figurer au milieu de son oeuvre, comme une sorte d’appendice à la danse.Elvire JIIVIT de Brigitte Jaques mise en scène de Françoise Faucher avec Jean Marchand Sylvie Drapeau Luc Picard Gary Boudreault ET LES CONCEPTEURS Michel Ilcaulieu Sylvie Galameau Diane Lcboeuf (tinette Noiscux POUR 6 REPRÉSENTATIONS EXCLUSIVES DU 29 MAI AU 2 JUIN 1991 Mercredi au vendredi 2()h - samedi l6h et 20h - dimanche 151t RÉSERVATIONS: 845-7277 tH JJ Les Arts du Maurier Ltée T II r; À T II K l> I (JUAT’SOUS 100, ave des Pins Est, Montréal DROGUES., PAS BESOIN! Santé et Services sociaux Québec Jeunes Virtuoses MM young Virtuosi i ss y.b CONCERT GRATUIT dit- —'//tcamlet !$iott BACH, MENDELSSOHN, TCHAIKOWSKY Soliste : ELAINE MARCIL, violon JEUDI, 23 mai, 19ti SALLE TUDOR, 0GILVY Le Devoir, samedi 18 mai 1991 ¦ C-3 le cahier du i • ameai CINÉMA ssMnm EN M’ATTENDANT, U rédigeait des bribes de dialogue, fignolant des petits bouts de scène ici et là.C’est fou ce que ça intrigue un scénario inachevé qui traîne sur la table d’une chambre d’hôtel.Je lui demande de m’en raconter la trame.Folie ! Depuis quand Jacques Doillon travaille-t-il sur des histoires ?Il se laisse guider, dériver par des émotions.« seules les relations entre les personnages m’intéressent », m’assure mon hôte.De fait, son prochain film dessinera un triangle à la Jules et Jim avec une Charlotte Gainsbourg en sandwich entre deux hommes.« J’envie les navigateurs, me dit-iL Ils baptisent leurs bateaux l’Aquitaine 1,2, 3.Moi, les deux-tiers de mes films pourraient s’appeler L’Amoureuse ».Jacques Doillon se défend bien d’être un cinéaste marginal.Mais il flotte quand même entre deux eaux.Ni pape du commercial, ni créateur maudit.Des fois, pour lui, ça roule fort : (cette année, Le petit criminel reçut de la critique et du public un accueil brûlant).Quand ses films ne mordent pas tout bonnement la poussière : (en 84, La pirate que jouait Jane Birkin fut sacré à Cannes le four des fours).Une chose est certaine, bon an, mal an Doillon produit : 16 films en 20 ans, trois ou quatre productions télé, quelques courts métrages.« Mon moteur, c’est l’angoisse, m’explique-t-il.Rien faire me tue.» Le voici dans nos parages pour la rétrospective à la Cinémathèque Québécoise, jusqu’à jeudi.Présenter la collection de ses films lui donne l’impression d’être empaillé vivant, mais ça le flatte tout de même.Comme être étudié à l’école.Jacques Doillon refuse de filmer pour plaire.Allant ce faisant à con-trecourant des tendances du jour.« Le septième art avance en marche arrière depuis les années 40, cons-tate-t-il.Les cinéastes simplifient de plus en plus, créant des personnages avec une seule idée dans la tête, une trajectoire linéaire.Alors que dans la vie, c’est tout le contraire : on Le cinéaste Jacques Doillon.marche comme des crabes, déchirés par des contradictions internes.» À 47 ans, il ressemble aux personnages de ses films : beau brun relax avec quelque chose de distrait et de ténébreux à la fois.Parfois, le réalisateur est d’ailleurs de sa propre distribution.Dans La femme qui pleure et La fille de quinze ans, Doillon s’est amusé à se diriger lui-même.Le pire défaut à ses yeux : la vanité.Simple PHOTO JACQUES NADEAU et sympa, le cinéaste n’a pas le profil du Parisien.Il se dit timide, mais une fois embrayé, une fois qu’il a cessé, selon son expression, « de faire de la résistance », il bavarde, autant que ses acteurs.Sa hantise : les entrevues.« Moi, je ne sais pas trop que je radote.Mais à force d’analyser mes thèmes, les journalistes me le démontrent.Dur ! » Il faut dire qu’il est tentant et facile de chercher des constantes dans l’oeuvre de Doillon.Depuis qu’en 74, il signait son premier film vraiment personnel Les doigts dans la tête enfermant quatre jeunes dans une chambre, les regardant s’aimer, se haïr, s’agiter, la griffe du cinéaste se dessinait déjà : des huis clos, une caméra centrée sur les personnages au point de filmer souvent des visages, le haut des corps (il fait lui- Jacques Doillon, découvrir La Cinémathèque Québécoise présente l’anthologie complète de ses Odile Tremblay le non-dit longs métrages jusqu’au 23 mai même ses cadrages).Dans ses antipolars, il y a peu d’action, pas de paysages en folie.Mais trois ou quatre acteurs qui causent et essaient de se comprendre.Généralement en pure perte.« Comme on est pour la musique de chambre, je suis pour le cinéma de chambre, me dit-il.On met les caméras dans une pièce et on tourne.» Les personnages de Doillon ressemblent à monsieur et à madame tout le monde captés à l’heure où le cours de la vie bascule.« Dans Le petit criminel, j’ai filmé un garçon en danger, brisé de solitude qui mise tout sur la recherche de sa soeur inconnue.» Des enfants, on en retrouve beaucoup dans le cinéma de Doillon.Ils étaient les héros du Petit criminel, de La drôlesse, d’un sac de billes, « Ce sont les seules personnes immédiatement vivantes, sans armature, sans idées préconçues que j’ai dirigées», définit-il.« Peut-être que j’invente des histoires d’enfance parce que je ne me rappelle pas la mienne ».À l’encontre de ses personnages toujours issus de milieux éclatés, Doillon vient d’une famille unie (« mais désunie de l’intérieur », précise-t-il).11 est né à Paris, dans le XXième arrondissement, d’un milieu populaire et d’un père magasinier.Tout petit, les idoles du cinéphile ont pour noms Gary Cooper, Gregory Peck.Mais à 11 ans, il rencontre les films plus « artistiques » de Bresson, de Blier.C’est l’éblouissement.Doillon est venu au septième art en montant les films des autres.« Des trucs pas trop formidables qui m’ont donné envie de créer mes propres histoires.» En 72, son premier film s’appelle L’an 01.Il est tourné avec trois sous, s’inspire de la bande dessinée de Gébé qui signe aussi le scénario.« Et cinématographiquement parlant, c’était nul ».Mais deux ans plus tard, le timide se jette à l’eau, ose écrire un texte à lui.Cela donne le superbe Les doigts dans la tête réalise dans un lieu clos, tout en plans fixes.Miracle ! le film plait à Truffaut et à Claude Berri.Le jour où ce dernier cherche un réalisateur pour mettre en images le récit autobiographique de Joseph Joffo racontant deux enfants juifs sous l’Occupation, il ap proche Doillon qui accepte.On connaît la suite : 300 000 entrées pour Un sac de billes Est-ce là pour lui le début d’une carrière commerciale ?Tout porte à le croire.Mais Doillon refuse de se laisser enfermer dans un cinéma d’action, rêve déjà de réaliser La drôlesse, Le femme qui pleure.Il mettra deux ans avant de trouver les fonds, affirmer sa marque et son style, imposer l’univers suffoquant qui l’habite.Immobile, le cinéma de Doillon ?Il n’est pas d’accord.« Mes films bou gent tout le temps, proteste le cinéaste : «Parfois avec de tous petits déplacements de hauteurs, avec beaucoup de travelings.» Ses images sont rigoureuses, étudiées, ses scènes répétées quinze, vingt fois par des comédiens qu’il conduit patiemment au bout de leurs émotions.« Certains m’accusent de faire un cinéma hystérique, alors que tant de mes scènes sont chuchotées.» Le réalisateur s’est donné un défi : capter les moindres variations d’humeur de ses personnages, découvrir le non-dit sous les mots, la violence camouflée.« Mine de rien, je fais un cinéma très compliqué parce que j’évite le piège de la caricature humaine.» 11 trouve énorme de faire travailler quatre, cinq acteurs à la fois en essayant de traduire leurs nuances, leurs contradictions.« Parfois,jj’ai l’impression de diriger 12 personnes», confie-t-il.Prolifique Jacques Doillon.Ses projets : réunir à nouveau le tandem Béatrice Dalle-Isabelle lluppert qu’il opposait dans La vengeance d’une femme, leur joindre un enfant.Et quoi encore ?Adapter à la télé le journal de Benjamin Constant en racontant les allers-retours de ses amours avec le fascinant personnage de Germaine de Staël.« J’ai toujours l’illusion naïve de croire que mon prochain film sera plus costaud, meilleur.On s’accroche à cette naï-veté-là », conclut-il en riant.La Chine à l’écran Red dust De Yim Ho.Avec Lin Ch'ing-hsia, Ch’in Han, Maggie Cheung.Scénario : Yim Ho, Echo Chen.Image : Poon Hangseng.Mus.: Shi Yung-jye.Hong-Kong, 1990.94 min.En mandarin avec s.-t.chinois et anglais.Au Quartier latin, jeudi 23 mai à 18 h et à la Cinémathèque québécoise, dimanche 2 juin à 20 h 35.Chicken and duck talk De Clifton Ko.Avec Michael Hui, Ricky Hui, Sylvia Chang.Scénario : Michael Hui, Clifton Ko.Image : Derek Wan.Mus.: Richard Yuen.Hong-Kong, 1988.97 min.En cantonais avec s.-t.chinois et anglais.À l'ONF samedi 25 mai à 17 h 30.Obsession De Zhou Xiaowen.Avec Wu Yujuan, Li Jing, Xie Yuan.Scénario : Zhou Xiaowen, Lu Wei.Image : Wang Xinsheng.Mus.: Zhu Shirui.Chine, 1989.100 min.En mandarin avec s.-t.anglais.À l'ONF lundi 27 mai à 19 h.Alain Charbonneau QUAND elle sert de décor à leurs actions, l’Histoire, et particulièrement celle encore toute fraîche de ce siècle, est très souvent vache avec les personnages de films (ou de romans) : après tout, puisqu’elle a déjà détermine l’existence de peuples entiers, pourquoi ne faucherait-elle pas de tout son poids sociologique les destinées de quelques individus, imaginaires de surcroît ?Rares, en effet, sont les fresques historiques où les guerres et les révolutions tournent à l’avantage des héros.Le célèbre docteur Jivago subit plus qu'il ne traverse la première guerre mondiale et la révolution bolchévique.Quant au dernier empereur, tel que Bertolucci en fait le portrait dans son film, il termine ses vieux jours en simple citoyen chinois, cultivant le plus petit des jardins après avoir été dans sa jeunesse le dernier résident de la majestueuse cité interdite.Ironie de l'histoire qu’illustre aussi, moins cyniquement cependant, Red dust, film d’ouverture de la 4e édition du Festival international de cinéma chinois.Terrée dans son appartement, une femme, absorbée par le roman qu’elle est en train d’écrire, reçoit un jour une lettre qu’elle oublie tout bonnement de décacheter.Quelques jours plus tard, un inconnu se pointe chez elle et lui affirme avoir annoncé sa visite par écrit.Prise de panique, la femme veut brûler la lettre.Mais se ravisant au dernier instant, elle éteint l’allumette, du bout encore fumant met du rimmel à ses cils et ouvre la porte à son visiteur.Les dés sont du coup jetés, qui vont lier Shen Shaohua, auleure issue de l’aristocratie chinoise, à l'admirateur avoué de ses écrits, Zhang Nemgcai, qui s’avère être aussi un collabo à la solde des Japonais au moment de l’occupation.Les amants profitent des privilèges que leur procure le « métier » de Zhang, ce qui ne va pas sans gêner la meilleure amie de Shen, d’allégeance patriotique puis communiste.Mais le vent va bientôt tourner et l’Histoire se chargera de prendre en otage tous ces personnages.Inspiré de la vie d’Eileen Chang, une romancière chinoise de l’entre-deux-guerre, le film se présente donc comme une suite de volets, plongeant une histoire d’amour au coeur des bouleversements qu’a connus la Chine au milieu du siècle.L’action s’échelonne sur plus de dix ans (avec un saut dans la Chine d’aujourd’hui à la toute fin) — dix années au cours desquelles Shen et Zhang seront sépares une première fois, se retrouveront, puis se quitteront à nouveau, au gré des événements politiques qui marquent leur époque : début de la seconde guerre, retrait de l’armée nippone, lutte entre forces nationalistes et communistes, enfin proclamation de la république de Chine.Le polyptique comporte aussi quelques courtes scènes, où évoluent, parallèlement aux deux amants, les personnages du roman que Shen écrit.Toute cette structure un peu lourdaude fait de Red dust un curieux monstre, qui n’a pas le souffle ni le ton de la fresque historique, tout en n’ayant du mélodrame que le squelette : comme l’exige tout bon mélo, l’amour y est malheureux et les adieux, déchirants (Shen abandonnant Zhang sur le quai d’embarquement et renonçant du même coup à l’exil et à l’amour), mais Shen et Zhang — amoureux l’un de l’autre parce que, dirait un marxiste, lui est un traître et elle, une écrivaine petite-bourgeoise — gardent cette aura de mystère et de secret qui sauve le film du sortez-vos-mouchoirs qu’il aurait pu être.Il faut en savoir gré aux deux interprètes (Ch’in Han et Ch’ing hsia, qui a remporté le prix du Cheval d’or pour le rôle de Shen), plus qu'au réalisateur, qui éternise pathétiquement la scène d’adieu, ne nous épargnant ni ralentis aux images stroboscopiques ni symboles à gros saboLs.?Dans le genre suspense, Obsession marquera peut-être l’un des moments importants du Festival de cette année.Par sa nervosité et par la tension dramatique qu’il crée, mais aussi par le dépouillement de son intrigue et par la finesse de sa psychologie.Jeune infirmière obstétrique, Qingqing élève depuis longtemps sa soeur cadette, Lanlan.Celle-ci, une adolescente à peine remise du choc des premières menstrues, est victime dfun viol.Résolue à venger elle-même sa soeur (et dieu sait qu’elle la vengera.), Qingqing, présumant que le violeur fréquente les kiosques a revues érotiques fleurissant dans la région, profite de l’installation d'un ami pour tendre un piège au psychopathe : assise derrière une fenêtre, Lanlan peut voir les clients passer et reconnaître éventuellement l’homme de son dernier cauchemar.Intrigue simple, s’il en est une, mais qui joue admirablement bien des climats et des atmosphères.Le jeune réalisateur Zhou Xiaowen arrive par une foule de menus détails à recréer autour des deux soeurs un monde d’où elles paraissent exclues, mésadaptées : seules les douches qu’elles prennent ensemble aux génériques du début et de la fin, en compagnie d’autres femmes, semblent leur fournir un refuge efficace contre le monde des hommes.Enfin, à mesure qu’on avance, c’est moins le violeur que toute la gent masculine qui est incriminée.Sans être aucunement coupables, tous les hommes en effet, même les plus intègres d’entre eux, sont d’une certaine façon dans le coup, complices par leur sexe : le vendeur amoureux de Qing-quing, dont les revues véhiculent l’image d’une femme-objet; ces travailleurs, bons pères de famille qui, tout en s’apitoyant sur le sort Lanlan, ne peuvent s’empêcher d’ironiser sur les violeurs en puissance qu'ils sont tous; et jusqu’au policier pré-retraité, qui un jour de pluie offre à Lanlan pour s’éponger le visage un chiffon identique à celui qu’a utilisé le violeur pour l’essuyer (et pour l’amadouer) après que sa voiture l’eut aspergée.Comment s’étonner que le nouveau-né qui meurt lors d’un accouchement par la faute de Qing-quing soit.un garçon ! Avec Ob session, Zhou Xiaowen s’affirme comme le Chabrol chinois des années 80 (si on veut bien pardonner cet europo-centrisme).?Il y a des films qui sont si mauvais qu’on finit malgré tout par leur trouver un charme (phénomène fréquent avec les comédies : pensez aux premiers Fantomas) : Chicken and duck talk de Clifton Ko est de ceux-là.Dès la première scène, où Hui, propriétaire d'un resto de salubrité douteuse, croque la coquerelle qu’un client vient de trouver dans sa soupe, pour lui montrer qu’il n’y a rien de meilleur pour la santé, on comprend que cette satire de l’industrie gastronomique cantonaise ne dépassera guère le comique de sketch — et qu’elle n’aurait pas dû sortir du circuit de moins en moins restreint des exclusivités vidéos.Hui présente tous les vices du petit proprio, avare de son argent comme de ses recettes de canard laqué.Entouré d’employés mécontents, il doit bientôt faire face à la musique nippo-américaine : « Danny’s Fried Chicken » — sorte de McDonald chinois — ouvre ses portes en face et lui souffle toute sa clientèle.Il lui faudra changer la formule de son commerce sous peine de tout perdre.Et pour cela il sera contraint de demander l’aide financière de belle*ma-man.Inutile de résumer davantage : les gags défilent sans jamais être amenés si bien que sans rythme, le film finit lui-même par passer pour un fast-food.À titre de curiosité, Chicken and duck talk n’est nulle ment dénué d’intérêt.Une scène de Life is cheap, un des films chinois présentés à la Cinémathèque québécoise le premier juin.IMAGERIES & CINÉMA LIBRE PRÉSENTENT THE ColouSr oP *vy eMHer CooieüRg t?ç rvw pèjiE UN PORTRAIT DE SAM B0RENSTEIN ET AUTRES FILMS DE JOYCE B0RENSTEIN AU CINÉMA PARALLELE 3724.boul.St-Laurent DU 16 AU 19 MAI À19H admission: $ 5,00 9SÉ8P CfàÎR92.5 1 30-4:15 2001, RUE UNIVERSITY l INfMAS ClNmiXCXHON & CENTRE-VILLE m HALFAOUINE L'ENFANT ANS DES TERRASSES" VO AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS prima Jlltll DESJARDINS COMPLEXE DESJARDINS PRIX MICHE SIMON 1991 (Jeune espoir féminin) PRIX DU JURY DES JEUNES DU ESTIVAL "Acteurs A l'écran" de Seine St-Denis 1991 MADO Un très beau film.Dans la veine de Bagdad Calé." Paul-Henri Goulet, JOURNAL DE MONTRÉAL « l Li LE DEVOIR si.C-4 ¦ Le Devoir, samedi 18 mai 1991 ;; : )mFm iu?îswH le cahier du i • FILMS VIDÉO Yves d’Avignon TATIE DANIELLE Comédie satirique réalisée par Étienne Chatiliez.Avec Tsilla Chel-ton, Catherine Jacob, Isabelle Nanty et Éric Prat.Disponible en français le 23 mai.l.a plus vilaine des tantes, comme il ne s’en fait plus.Tatie Danielle hante la bonne, neveu et nièce et la gardienne à cause du bon Dieu, parce qu’il n’est pas venu la chercher en même temps que son défunt mari Édouard.Vous ne la connaissez pas mais elle vous déteste déjà.Tatie Danielle est tout aussi exécrable que Tsilla Chelton est savoureuse dans ce rôle.THE KRAYS Drame biographique de Peter Me-dak.Avec Gary et Martin Kemp, Billie Whitelawet Kate Hardie.Disponible en anglais le 22 mai.Les jumeaux Ronnie et Reggie Kray apprennent très tôt dans leur vie les rudiments du crime organisé, à se faire craindre et respecter.Durant les années 60, ils sont rois et maîtres malgré la mafia omniprésente dans le tout-Londres.Mais leur empire va rapidement s’écrouler à la suite du suicide de la femme de Reggie.Talent prometteur des deux frères Kemp, mieux connus pour leur leadership dans le groupe pop Span-dau Ballet.CARGO Drame de François Girard.Avec Geneviève Rioux, Michel Dumont et Guy Thauvette.Disponible en français le 22 mai.Dans le but d’harmoniser sa vie, Alice réunit sur un voilier les deux hommes qui comptent le plus pour elle : son père et son amant.L’orage, provenant tant de la tempête que des discussions, donnent des allures dramatiques aux rapports tendus qui prévalent au sein du trio.Une réflexion intense sur les solitude des êtres.CHAMBRE À PART Une comédie de Jacky Cukier.Avec Michel Blanc, Jacques Dutronc, Lio et Frances Barbier.Disponible en français le 22 mai.Un couple rangé voit sa vie métamorphosée par la venue d’un autre couple qui aime que les choses bougent un peu plus.Irrité par l’excentricité du second, le premier se laissera peu à peu influencer par la douce folie.Et voilà que l’échange de partenaires viendra relancer leur ardeur .JACOB’S LADDER Un thriller d'Adrian Lyne.Avec Tim Robbins, Elizabeth Pena et Danny Aiello.Sortie simultanée le 23 mai.Hanté par la mort de son fils et par le souvenir de la guerre du Viêt-Nam, Jacob perd peu à peu l’emprise sur le réel, sur son existence.Sa petite amie contribue à sa folie en l’entraînant dans des fantaisies sexuelles.Seul son copain semble en voie de l’aider.Et c’est en tentant de venir à son secours qu’il met à jour un complot tissé de trahison et de meurtre.r VINCENT ET MOI Un film de Michael Rubbo.Avec Nina Petronzio, Christopher Forrest, Paul Klerk et Tchéky Karyo.Disponible en français le 29.Une adolescente douée pour les arts ressent un coup de foudre pour la peinture lorsqu’un oncle lui fait découvrir l’univers coloré de Vincent Van Gogh.Voulant progresser, elle se met à peindre et dessiner comme lui.; THE ROOKIE Un film produit par Howard Kazan' jian.Avec Clint Eastwood, Charlie; Sheen et Raul Julia.Sortie simul-, fanée le 22 mai.Un jeune policier est muté à la section des vols de voitures et fait' équipe avec le célèbre Eastwood, urf homme impatient, cynique et vulî gaire.Il veut au surplus venger lé meurtre de son ancien partenaire et' devient par le fait même le pire cauchemar de la recrue.TAXI BLUES Drame social de Pavel Lounguine.Avec Piotr Mamonov et PiotrZait-chenko.Disponible en français le 23 mai.I Une rencontre, d’abord banale, en-’ tre un chauffeur de taxi soviétique attaché à l’argent et un jazzman juif et alcoolique.Vision nerveuse de Moscou la nuit et réalisation ne ré-1 pondant à aucune contrainte.De vrais qualités de cinéastes de la part de Lounguine.Grand Prix de la misé en scène à Cannes l’an dernier.1 TOO BEAUTIFUL FOR YOU Un film de Bertrand Blier.Avec Gérard Depardieu, Carole Bouquet et Josiane Balasko.Sortie en anglais le 30 mai.! Bernard a tout sur terre : un excellent travail, deux enfants intelligents et une très jolie femme.Tout est parfait sauf à partir du moment où il tombe en amour avec sa secrétaire/ Bernard devient rapidement confus > Depardieu interprète son rôle audacieusement et avec succès.LA FIN DE L’INNOCENCE Un film de Dyan Cannon.Avec Dyan Cannon et John Heard.Sortie simuh tanée le 30 mai.Depuis sa naissance, la petite Stéphanie est tiraillée par un concert dé querelles familiales, où elle tente toutefois de se tracer une voie pour s’identifier.Après un marriage raté, elle s’accroche au paradis artificiel de la drogue et de l’alcool et à un homme qui lui est infidèle.Enfermée’ pqr ses parents dans un hôpital psychiatrique, elle connaîtra sa véritable conception du bonheur en compagnie de son thérapeute.ÉGALEMENT DISPONIBLES Les Sirènes (Mermaids), 23 mai; Warlock, 29 mai; Blue Angel Café, 30 mai; Rutanga Tapes, 23 mai; Street Soldiers, 30 mai ; Jesus Of Montreal, 30 mai.À VENIR Postcards from the Edge, Kindergarten Cop, Never Ending Story, Une histoire inventée, Le mari de la coiffeuse, Green Card, White Fang, To Sleep with Anger, The Grifters, Come See The Paradise, Mr& Miss Bridges, l’Alalante.CINEMA Vide et conventionnel Madonna: Truth or dare Réalisateur: Alek Keshishian.Images: (documentaire): Robert Leacock.(Concerts): Toby Phillips.Avec Madonna et sa troupe.Musique: Jai Windings.(Etats-Unis 1991).En v.o.anglaise aux cinémas Rialto, Egyptien, Pointe-Claire, Cinéplex, Brossard, Carrefour Laval.118 min.Odile Tremblay PEU DE FILMS étaient attendus avec autant d’impatience que ce documentaire abordant soi-disant côté ombre, la vie tumultueuse de Madonna.Mais existe-t-il vraiment un côté ombre à cette existence de pro jecteurs ?— La provocante idole promettait à ses fans scandales et révélations, un peu comme ses mémoires filmées.De quoi faire saliver à l’avance ses admirateurs en délire.D’autant plus qu’au cours d’une entrevue accordée au magazine gay The Advocate, elle faisait de croustillants aveux, racontait ses pratiques bisexuelles avec une amie d’enfance, entretenant soigneusement une aura de scandale autour de la sortie du fameux film.Cette semaine, Cannes acueillait dans l’hystérie la blonde devenue brune.Madonna a le sens aigü de la publicité; on peut lui donner ça.Pour l’immortaliser sur pellicule, elle a pourtant choisi un réalisateur obscur de 26 ans Alek Keshishian dont elle avait apprécié l’adaptation opéra pop de Wu-thering Heights d’Emily Brontë.Choix douteux ?Sans doute.Le résultat s’intitule Madonna, Truth or dare.Et précisons-le tout-de-suite : il est décevant.Beaucoup de bruit pour rien.La caméra suit la star dans la tournée 90 de son spectacle Blond Ambition.Ici, deux films en un : Du noir et blanc (en 16 millimètres) pour l’intimité; de la couleur pour les séquences sur scène (tournées en 35 millimètres).Deux films nettement inégaux en terme d’intérêt.Et la meilleure partie n’est pas telle que l’on pense.Voici Madonna en coulisses, avec ses danseurs et choristes et avec son amant du jour l’illustre Warren Beatty évoluant pourtant dans l’ombre de la vedette et qu’elle appelle d’ailleurs « pussy ».En noir et blanc donc, Madonna se confie.Elle évoque notamment ses goûts sexuels (aucune bombe et révélation dans ce domaine, quoi qu’elle en prétende).Ses audaces verbales et gestuelles se résument à Quelques fantaisies avec une bou-tèllle, à une fausse orgie tenant du pyjama party, à deux ou trois confidences anodines sur ses amants et allantes passées et à une couple de «-fuck » jetés ici et là dans la conversation.Rien pour choquer vraiment ?e badeau.La star aborde aussi son enfance Sans mère (la sienne est morte Î'uand Madonna avait cinq ans).Elle ¦a prier sur sa tombe, s’y donnant en spectacle une fois encore.Car, que la blonde pulpeuse s’exhibe en bonnet de douche, qu’elle cause avec son frère de ses problèmes d’alcoolisme (à lui) ou qu’elle accueille son père dans sa loge, son personage demeure aussi fabriqué que sur scène.Tout est artificiel.Pire : aucune espèce d’émotion ne traverse le film.On découvre pourtant un côté maternel inattendu à Madonna, très fort avec ses danseurs, on découvre aussi son penchant pour la vulgarité et l’es-brouffe.Par l’absurde, Madonna : Truth or Dare révèle beaucoup sur la rançon de la notoriété : ce vide, cette absence de vie privée, justement.Impossible de croire à une quelconque intériorité de la star.Beatty la résumera, ricaneur : « Pourquoi dire quelque chose à l’abri des caméras ?», demandera-t-il.Elle ne « veut » pas vivre en dehors de la caméra, encore moins parler.» Tout ceci est tourné de façon extrêmement conventionnelle et sans surprise.Les scènes s’enfilent, les unes à la suite des autres, insipides et ennuyeuses.Reste quelques anecdotes rigolotes : quand la police de Toronto inculpe la vedette pour indécence, parce qu’elle se masturbe dans Like a virgin, notamment.Mais côté propos et confidences, on attendait mieux de la reine de la provocation.Dieu merci, Madonna : Truth or Dare est constitué pour moitié d’extraits (en couleur) de son spectacle qui forment de loin, la partie la plus intéressante du film.Sur scène.Madonna redevient vraiment « cho- quante » et brûlante.Son Like a virgin incendiaire en témoigne.Les cos-tumes, les chorégraphies nous en mettent aussi plein la vue.devant les spectateurs, Madonna retrouve toute sa dimension érotique.« Je sais que je suis pas la meilleure chanteuse, dira-t-elle.Ni la meilleure danseuse.Mais je m’en fouts.Ce qui m’intéresse, c’est de pousser les gens, d’être provoquante.» Cet art-là, Madonna le maîtrise à fond, mais son film n’arrive pas à nous expliquer la métamorphose d’une banale jolie fille en reine du sexe.Démaquillée, Madonna cesse de nous intéresser.En grande partie sans doute à cause de la banalité d’esprit de jeune réalisateur Alek Keshishian.Ou peut-être Madonna n’a-t-elle finalement rien à dire.#•>; Les Misérables LA PLUS POPULAIRE DES COMÉDIES MUSICALES IL RESTÉ ENCORE DES BILLETS POUR LES REPRESENTATIONS DE CE WEEK-END ! AUJOURD'HUI DEMAIN À 14 h À 14 h ET À 20 h anglais) et à 20 (français) h (français) APPELEZ TÉLÉTRON : (514) 288-2525 Billets en vente également au Théâtre et aux comptoirs Ticketron En vente maintenant jusqu'au 23 juin ! THÉÂTRE SAINT-DENIS, MONTRÉAL rendez-vous en priorité à mon agenda.Mais il aurait fallu pour cela que je cesse d’entendre les arrangements fadasses qui engluent l'album dans une marmelade de claviers ridiculement doucereux.Visiblement, les réalisateurs André Di Cesare et Allan Katz n’ont pas corn- DISQUES Découvrir Pierre Boulez Pierre Boulez dirige Schoenberg, Oeuvres chorales; Sony S2K 44571, coffret de 2 CD.Boulez, Rituel, Eclat, Multiples; Sony SMK 45839.Ravel, L'Oeuvre pour orchestre; Sony SM3K 45842, coffret de 3 CD.Varèse, Arcana, Amériques, Ionisation, Offrandes, Densité 21.5, Octandre.Intégrales; Sony SK 45844 Webern, L'Oeuvre intégrale; SM3K 45845, coffret de 3 CD.Berio, Corale, Chemins II et IV, Ritorno degli Snovideria, Points on the Curve to find; Sony SK 45862.Carol Bergeron DÉJÀ RICH E de 11 CD en six coffrets, cette collection Sony consacrée à Pierre Boulez ne comprend qu’une faible partie de ce que contiendrait une discographie exhaustive consacrée à ce grand chef d’orchestre et compositeur.Aux noms précédemment cités de Schoenberg, Webern, Ravel, Varèse et Berio, il faudrait encore ajouter ceux de Bartok, Berg, Berlioz, Debussy, Stravinski, Wagner, et la liste ne serait absolument pas complète.Si Sony reprend tout ce qui fut enregistré chez CBS, notamment avec le New York Philharmonie et le Cleveland Orchestra, sa collection sera de loin la plus impressionnante.Mais il faut noter que les firmes Deutsche Grammophon, Philips, Erato, Adès, Harmonia Mundi, Decca/London, pour ne pas toutes les nommer, se sont également disputées le privilège de l’inscrire à leur catalogue.Sans doute du fait de son association avec les phalanges de Cleveland, à partir de 1969, et de New-York, de 1971 à 1977, Boulez est probablement mieux connu en Amérique en tant que chef d’orchestre.Ses Stravinski, notamment le Sacre du printemps (CBS MK 42395 avec le Cleveland Orchestra), firent sensation.Le nom de Boulez, comme compositeur, fut au contraire nimbé de mystère.Il symbolisa très tôt le mythe du créateur impénétrable.Le public imagina ses oeuvres comme autant de rochers inaccessibles.Pratiquement jamais jouées, ses compositions se sont acquises la réputation d’être injouables.On se sou- vient encore de la centaine d’heures de répétition qu’il fallut à l’ensemble instrumental de la Société de Musique Contemporaine du Québec, pour monter, en avril 1985, le Marteau sans maître.De plus, faut-il le souligner, Serge Garant en donnait là la première et la seule exécution canadienne — 30 années après sa création parisienne.À ce rythme, une telle musique ne risque pas de devenir banalement populaire.Et puisque Boulez « n’est pas du type à écrire des oeuvres mineures », ainsi que le disait Garant, on ne s’étonnera pas que l’Orchestre Symphonique de Montréal n’ait pas fait par ailleurs plus d’efforts pour faire connaître ce répertoire fondamental à son public.Si bien que tout compte fait, le disque reste encore le meilleur moyen d'aborder l’univers de ce compositeur autant que celui du chef d’orchestre.Notons encore, Le Marteau sans maître (CBS MK, 42619), Plipe-lon pli (Erato 2292-45376-2), Le Visage nuptial, Le Soleil des eaux, Figures, doubles, prismes (Erato 2292-45494-2).Toutes ces oeuvres, avantage extraordinaire, sont ici placées sous l’exceptionnelle direction de leur auteur.Le disque, mais également le livre puisque Boulez a su aussi bien traduire sa pensée dans de nombreux textes, presque tous publiés chez l’éditeur Christian Bourgois, dans la collection que dirige le musicologue québécois Jean-Jacques Natiez.Ses liens avec le milieu musical montréalais se resserreront sans doute davantage, lorsque la semaine prochaine, du 22 au 24 mai, le grand maître, en compagnie de l’Ensemble Intercontemporain de Paris, sera parmi nous pour diriger quelques concerts, et participer à quelques rencontres avec le public.Ces événements se tiendront surtout à la salle Claude-Champagne, mais aussi à la salle Pollack.Dès le 27 mai, et jusqu’au 9 juin à Halifax, Boulez animera un festival expressément conçu pour lui.Une brochette impressionnante de musiciens nord-américains, parmi lesquels on remarque le Nouvel Ensemble Moderne (le N EM de Montréal), y assureront une intense activité musicale.Bientôt, la télévision de pointe Paule des Rivières OTTAWA vient d’inaugurer un laboratoire d’évaluation de la télévision à haute définition, à Kanata en banlieue d’Ottawa.Il s’agit d’un projet conjoint avec les États-Unis, en vue de choisir un .système de télévision de pointe pour l’Amérique du Nord.Deux raisons ont poussé le Canada, l’an dernier, à signer un accord avec les États-Unis là-dessus, d’abord l’inévitable interférence des signaux entre les deux pays, qui plaide en faveur de normes uniques, puis Iles coûts prohibitifs de production d’un système différent, pour 20 mil-llions de personnes.En se noyant .avec une population voisine de 220 millions, les fabricants s’assurent des baisses de coût.Les tests au Canada coûteront 4 millions $, que versent le gouvernement et l’industrie privée.Ils débuteront en août et dureront un an.Le Canada est responsable des tests « subjectifs ».Des téléspectateurs « ordinaires » seront appelés à juger ;les six technologies a l’essai, cinq américaines et une japonaise.Ils seront appelés à se prononcer sur la qualité de l’image et sur leur dégradation.Pendant ce temps, les Américains investiront 15 millions $ pour mener leurs propres études, qui porteront sur la définition de normes.Ils établiront notamment la structure des signaux ainsi que le nombre de lignes que chaque image doit nécessairement comporter.Les deux pays espèrent adopter un système de normes en 1993 mais il est très difficile de prédire à quel moment la télévision à haute définition sera disponible.Certains comparent le côté révolutionnaire de la télévision à haute définition au passage de la télévision en noir et blanc à la télévision en couleur.Le directeur du nouveau laboratoire de Kanata, M.Paul Hearty, compare l’image de la télévision à haute définition « à l’image que vous obtenez lorsque vous regardez par la fenêtre».Une image claire, réaliste, comme en trois dimensions.Outre le ministère fédéral des Communications, Radio-Canada, Té-lésat Canada, Rogers Engineering, Leitch Video International, Tektronix et SYPROC, le Système de radiodiffusion de pointe du Canada participent à la recherche, espérant en soutirer quelque avantage ultérieur.Les cinq technologies américaines à l’essai sont Advanced Compatible Television, DigiCipher, Digital Spectrum Compatible HDTV — consortium auquel participe American Telephone and Telegraph —, Advanced Digital Television et ATVA Progressive System.Les Japonais ont constitué un seul groupe auquel appartient le puissant ministère des l’Industrie et des Télécommunications de ce pays et la Japan Broadcating Corporation.Sony, naturellement, n’est pas bien loin.Marie Denise Pelletier, seule au Rendez-vous Marie Denise Pelletier Le rendez-vous, Les disques Star Sylvain Cormier APRÈS Johanne Blouin, c’est Marie Denise Pelletier qui s’apprête à faire main basse sur le patrimoine, sussu-rait-on entre les branches de sassafras ces dernières semaines.Un album entier de versions, précisait-on, une dizaine de tartines du corpus québécois, et pas des moindres.Comme pour étoffer le procès d’intention qu’on ne manquerait pas de lui intenter, on me glissait des titres en douce.Le ciel se marie avec la mer, le chef-d’oeuvre de Jacques Blanchet, popularisé par Lucille Dumont.J’ai quitté mon île de Lavoie.Ce malin de Diane J uster.Quand les hommes vivront d’amour, évidemment.Deux Vigneault, un Ferland, puis un superbe texte de Plamondon écrit pour Diane Dufresne, J'ai douze ans.Et même l’Avril sur Mars de Charlebois.Comment ne pas subodorer la manoeuvre crasse d’un gérant, comment ne pas interpréter l’absence de matériel nouveau comme une carence qu’il fallait masquer à tout prix ?C’est vous dire l’état d’esprit dans lequel j’ai reçu Le rendez-vous, et par quel biais j’ai pu lire le petit mot d’introduction de Marie Denise, qui dédie ce quatrième album « à la génération québécoise actuelle ainsi qu’aux suivantes pour qu’elles puissent, à travers les âges, toujours reconnaître et découvrir toute la beauté et la valeur de ces grandes chansons».Rien que ça.J’étais donc tout disposé à lancer la pierre à Marie Denise mais, après écoute, j’ai retenu mon élan.D’abord à cause d’elle, de sa voix si agréable, de plus en plus mature et nuancée, et puis à cause d’une sincérité dans le ton à laquelle j’ai été très sensible, malgré le caractère passablement suspect de l’opération.Peut-être aussi parce qu’un virage s’imposait, peu importe la direction.Apres avoir couru les concours (Granby, L’Empire des futures Stars) parce qu’elle avait « toute pour », comme écrivait Mouffe dans Miss Pepsi, après trois albums d’un pop de bonne venue mais relativement banal, et après un passage plutôt réussi au théâtre Maisonneuve en octobre dernier, il s’agissait de marquer l’étape de façon bien nette.Cet album hors-série équivaut en quelque sorte à une vacance méritée pour Marie Denise Pelletier, Fauteur-compositeur.Se refaire un imaginaire en baignant dans l’excellence d’antan, voilà qui vaut bien une retraite fermée dans un monastère tibétain.S’il y a lieu de se demander si un album aussi prudemment produit, aussi clairement destiné aux radios MOR de la bande FM (CFGL, CITÉ) parviendra à toucher la « génération québécois actuelle », on ne peut nier que la plupart de ces chansons conviennent parfaitement à Marie Denise Pelletier, l’interprète, d’autant plus qu’elle y démontre à nouveau Marie Denise Pelletier cette qualité rare qui lui avait valu le premier prix d’interprétation à Granby en 1982, c’est-à-dire la capacité de ramener à elle des mélodies mille fois entendues.C’était vrai à Granby, ce l’était encore lors d’un spectacle en première partie de Charlebois au stade de Verdun, un soir de St-Jean, où la chanteuse à la tignasse carotte avait soulevé la foule d’un Fu Man Chu livré avec fougue malgré la présence intimidante de l’auteur.Et ce l’est plus que jamais dans sa lecture vibrante de J’ai douze ans, un texte majeur mais casse-gueule de Plamondon.Pour le travail de Marie Denise Pelletier, j’aurais volontiers placé Le lie pris que l’interprétation concernât également les musiciens.Du 6 au 8 juin sur la scène du Club Soda, on souhaitera que ceux-ci püiSj sent rendre hommages à ces refrains célébrissimes dans leur làh» gage.Soyez au rendez-vous pour elle, les gars.CARBONE 14 Peau, chair et os de Gilles Maheu COMPLET LES 31 MAI, 1e", 5, 6, 7, 8,14 ET 15 JUIN Er» coproduction avec le Centre national des Arts à Ottawa et le Festival de théâtre des Amériques DU 31 MAI AU 15 JUIN /THÉÂTRE ESPACE LIBRE - (métro Frontenac): 521-4191 ADMISSION: 522-1245 NOMBRE DE PLACES LIMITÉ ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL Charles dutoit 21, 22 MAI 20H LES CONCERTS GALA CHARLES DUTOIT CHEF ITZHAK PERLMAN VIOLON GOUGEON: À l'aventure TCHAIKOVSKY: Concerto pour violon CHOSTAKOVITCH: Symphonie no 1 COMMANDITAI RI S: le 21, AT&T Canada Inc.le 22, Banque de Montréal cft> SALLE WILFRID-PELLETIER EN VENTE AUX GyiÇHETS DE LA PLACE DES ARTS RÉSERVATIONS TELEPHONIQUES: 842-2112 FRAIS DE SERVICES: REDEVANCE DE 1.06$ SUR TOUT BILLET DE PLUS DE 10$.BILLETS: 9,50$ 21,50$ 30$41,50$ C-6 ¦ Le Devoir, samedi 18 mai 1991 LES «OLYMPIQUES» DE LA GRANDE MUSIQUE 22 e Concours international de de Montréal violon du 22 mai au 5 juin » i ?60 concurrents 15 pays » r DERNIÈRE CHANCE Achetez vos billets maintenant! 1*" ET 2* ÉPREUVES Théâtre Maisonneuve les 22, 23, 24 et 27,28,29 mai Matinées: 5 S Soirées: 8 S MASTER CLASS FORUM Salle Pollock Université McGill 30 et 31 moi Matinées et soirées: 10 S ÉPREUVE FINALE Théâtre Maisonneuve 1er, 2 et 3 juin a 20 h 9 S, 14 S, 17 S CONCERT DE GALA Salle WilfridPellelier 5 juin a 20 h 9 S, 18 S, 24 S, 30 S I J.PS.en sus el redevance de I S sur billets de 10 Sel plus Renseignements pour prix de groupes: 844-1211 .Réservation de vos billets individuels: 842-2112 Le (IMM remercie ses commanditaires: Société Radio-Canada, Ciment SHaurent, t Montréal .Trust, Sunlife du Canada, GE Canada, Infonet, Kl» lignes Aériennes Royales Néerlandaises, : Produits Forestiers Canadien Pacifique limitée, Bell Canada, Jules Saint-Michel, luthier Inc., Delta Montréal, ! AtRinson, Tremblay et Associés Inc, j Provigo Inc, Banque de Montréal, tCornoration du Grouoe In Inurentinnnp DANSE Margie Gillis, la finesse de la broderie -t/ Margie Gillis Au programme : Variations, Waltzing Matilda, Désert, Broken English, How the Rosehips Quiver, et Je t'en prie de Margie Gillis; Nocturne de Martha Clark, et Mara de Stéphanie Ballard.Spectacle présenté au Théâtre Maisonneuve jusqu'à ce soir.Mathieu Albert Margie Gillis MARGIE a changé.Elle ne vient plus sur la scène comme elle le faisait auparavant : pour sécher ses larmes d’adolescente ingénue, et raconter l’histoire de ses malaises comme s’il s’agissait à chaque fois d’une catastrophe.Elle ne vient plus sur la scène également pour gambader comme une petite fille soudainement retournée au bonheur, excitée d'être là, devant tout ce monde venu la féliciter de son courage à dire la vérité sur elle-même et les maux qui l’habitent.Celle que l’on croise sur le plateau du Théâtre Maisonneuve depuis mercredi (jusqu’à ce soir) est désormais une femme mûre, capable de nuance autant que de fragilité, infiniment plus réservée qu’elle ne l’était auparavant.Margie a changé.C’est vrai.La danse qui coule de son corps a cessé de relever les accents des seules meurtrissures du coeùr, elle a également cessé de fouiller le désarroi comme si c’était là le territoire unique où pouvait naître la parole de l’authenticité.Devant les oeuvres qu’elle vient d’ajouter à son répertoire ( Variations, Désert, Mara, et Je t'en prie) on ne peut pas s’empêcher d’être ébloui par l’extraordinaire maîtrise qui est la sienne dans l’interprétation de la danse, ainsi que dans celle des personnages qu’elle incarne tour à tour.Margie est mesurée, presque délicate, attentive à chacun des gestes qu’elle accomplit.La danse qu’elle crée se développe parfois avec une telle finesse (dans Variationset Désert) que nous avons l’impression d’assister à un travail qui se rapproche de la broderie.La confidence semble avoir remplacé le cri du coeur.de son corps exprime à la fois quel- so que chose de grandiose et de médi- tatif.*nq ‘‘Je Il faut la voir également dans Désert, une oeuvre qu’elle a créée plus tôt cette année, dans laquelle elle réussit à tailler le geste comme si elle voulait faire de la danse une forme de sculpture.La chorégraphie acquiert la résonnance d’un poème,,,, , les mouvements qu’elle exécute s’ap-pesantisent, Margie creuse la ma-[„ , tière chorégraphique pour en faire ressortir l’intensité.) i Mais ceci dit, le spectacle n’est pas che encore parfait.On sent toujours chez Margie cette inclaison à jouer à la petite fille effarouchée, et à chercher dans les applaudissements du public le réconfort dont elle a besoin pour cicatriser les plaies que lui ont laissés les drames de la vie.Il faut la voir entre autres dans la pièce Mara que Stéphanie Ballard lui a chorégraphiée en 89.Vêtue d’une robe noire, la crinière immense et épaisse comme une rivière de filaments, Margie se métamorphose en une sorte de divinité maléfique.Son visage est presque blême, ses gestes sont lents et précis, toute l’attitude À cet égard, elle devrait faire attention lorsqu’elle choisit de présenter des pièces qui appartiennent à son répertoire ancien (comme Dow the Rosehips Qu/verqu’elle a créée en 83), parce que celles-ci nous ra-' mènent au niveau du personnage, qu’elle était auparavant.Un person" nage qui ne coïncide plus avec celui qu’elle réussit si bien à incarner aujourd’hui.ARTS VISUELS Eugène Delacroix au Met, le romantisme en formats réduits Maurice Tourigny NEW YORK — Le nom d’Eugène Delacroix évoque le génie romantique, le souffle de la démesure sur tout un âge de l’art français.Ses chefs-d’oeuvre illustrent les manuels d’histoire de l’art : Scènes des massacres de Scio (1824) ou La liberté guidant le peuple (1830).Ses foules en mouvement, ses parades dans des paysages animés et ses images exotiques ramenées de voyages en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ont délogé les tableaux néoclassiques de ses aînés jusque-là rois et maîtres de Salons et des galeries parisiens.Les immenses toiles de Delacroix sont bien installées au Louvre et fort habile celui qui parviendra à les en sortir pour une exposition.Pourtant, le Metropolitan Museum de New York présente 140 oeuvres de l’artiste sans puiser dans les collections d’Europe.En effet, jusqu’au 16 juin, le Met a réuni dessins, aquarelles, lithographies et huiles de Delacroix, n’empruntant qu’à des musées et à des collectionneurs d’Amérique du Nord.Exposition surprenante et bienvenue qui donne à voir le travail du peintre dans ses moindres détails, du cahier d’esquisses au « produit fini », de la naissance d’une idée à l’oeuvre complétée.La collection assemblée par trois conservateurs du Département des Dessins du Met ne contient pas de tableaux de grand format mais circonscrit tout de même l’esprit du travail de Delacroix et du style qu’il imposa à toute une génération de peintres.Le Metropolitan divise l’exposition en trois parties, dans trois galeries, séparant grosso modo les huiles, les dessins et les autres médiums.Le spectateur gagnera beaucoup en finissant sa visite avec les huiles puisque les croquis de la première salle servent de préambule aux tableaux à composition complexe.Les esquisses sont d’une grande variété et abordent des thèmes multiples : paysages, détails architecturaux, animaux, études anatomiques, A pressionné par le faste des process-sions, par la richesse des ornements et de vêtements, il se garde tout de même de succomber au tape-à-l’oeil et la description touristique de l’ignorant.Il transposera dans ses huiles à thèmes bibliques ses expériences arabes, laissant aller son imagination, comme dans La mort de Sar-danapale, une copie en petit format du chef-d’oeuvre du même titre aujourd’hui au Louvre.Quatorze huiles font partie de l’exposition et plusieurs d’entre elles sont inspirées par la littérature.Byron, Walter Scott, Chateaubriand, >-George Sand, etc.L'enlèvement de Rébecca (1846) d’après un passage nhoè de Sc û'Ivanhoède Scott est un exemple brillant de la peinture de Delacroix.»»» Audace de la couleur, mouvement in-«y cessant, subordination du paysage à>* • l’action, fluidité de la touche, exacer-’-; bation de l’émotion sont les caracté-:-" ristiques de cette toile de 100 x 82 cm.y" 'Pour de force que de verser en une siy'ÿ petite surface toute la passion du ro-y; mantisme.Ther Natchez, d’Eugène Delacroix.etc.Ce qui frappe d’abord, c’est la liberté du dessin; après des décennies de compositions strictes et linéaires, de sujets tirés des mythologies antiques, de scènes figées et platement calculées, Delacroix (1798 — 1863) bouleverse la rigueur de Louis David et de ses confreres.Chez Delacroix, tout est mouvement : les corps sont souples, les muscles arrondis, les arbres touffus sont remués par le vent, les nuages créent un plafond mouvant.En opposition aux images figées de ses prédécesseurs, Delacroix fait galoper ses chevaux, respirer ses personnages et vivre ses paysages.D’intéressants pastels côtoient les dessins; un Christ en cro/xdans un décor de roc sous un ciel de tempête retient l’attention (propriété du Musée des beaux-arts du Canada).Parfois, Delacroix surprend le spectateur avec des oeuvres qui paraissent anachroniques; Choeur a cinq parties, jeu d’encres foncées, fait sortir de l’obscurité les vagues formes de cinq chanteurs partition en main.On pourrait croire que cette petite encre appartient à notre temps.Quand l’artiste devient aquarelliste : il se tourne plutôt vers la tradition.Dans ce medium, Delacroix fait preuve de mesure, de retenue.Le peintre choisit des sujets de moins grande envergure : des intérieurs, des scènes de genre, des paysages calmes.Si le coloris annonce la a*7 LE COMITÉ DES CONFÉRENCES BEATTY PRÉSENTE LE CÉLÈBRE COMPOSITEUR FRANÇAIS P I K R II P BOULEZ LE MERCREDI 22 MAI, A 20H SALLE POLLACK.555.RUE SHERBROOKE OUEST, MONTRÉAL FACULTÉ DE MUSIQUE DE MCGILL RÉPONS" DE PIERRE BOULEZ FILM DE L'INTERPRÉTATION DE LOEUVRE ET DÉBAT DIRIGÉ PAR LE COMPOSITEUR LE JEUDI 23 MAI, A lOH SALLE POLLACK, 555, RUE SHERBROOKE OUEST.MONTRÉAL FACULTÉ DE MUSIQUE DE MCGILL LE DÉVELOPPEMENT D'UNE IDÉE MUSICALE" IA TOURNÉE CANADIENNE D< BOULEZ A ETE ORGANISEE PAR l£ FESTIVAL DE MUSIQUE SCOTIA AVEC LE CONCOURS DU CONSEIL Pf S ARTS OU CANADA Of fUf S ¦'< y, O i 'ON',?UES ARTS DU CANADA f I DU COUVE RNfMf.NI f RAN'Ai 9 Air Canada LE PUBLIC EST CORDIALEMENT INVITÉ ENTRÉE GRATUITE McGill vigueur des huiles, la manière reste sage et discrète.Des plus attentifs des spectateurs prendront plaisir à déchiffrer les notes écrites par la main de l’artiste sur ses propres dessins.On y lit des commentaires sur les maîtres du passé, des opinions sur ses contemporains ou des réflexions sur l’art.C’est dans l’oeuvre de Delacroix qu’on assiste à la naissance de la mode orientaliste qui gagna l’Europe du XIXe siècle.Encore loin de la surcharge et des fantasmes des tab-bleaux de ses successeurs, les orientales de Delacroix possèdent un côté quasi documentaire.Peintes avec respect et curiosité, les oeuvres marocaines sont empreintes de la prudence du nouveau venu en terre étrangère.Si Delacroix semble im- Le Christ et les apôtres traversant A la merde Galilée (1854) illustre aussi • le credo esthétique de Delacroix >• dans un paysage violent vert et gris^’ où se melent montagnes, vagues etïïj.nuages, la barque fragile aux voiles!''' déchirées porte un Christ endormi vêtu de rouge autour duquel s’agitent -¦ les apôtres affolés.Faut-il en dire plus long ?• » D’autres tableaux significatifs*-sont inclus dans la collection.Outre: ' la superbe Mariée d'Abydos (1857),$?on trouve ne série d’illustrations de- -Fausl de Goethe publiées en 1828 et*?:-d’autres lithographies illustrant!;-; Ilamlel de Shakespeare, exécutées"": entre 1834 et 1843.Des nus tant au pastel qu’à l’huile’ v ontrent combien les mnrpnfinnQJiii! montrent combien les conceptions! artistiques du corps ont évolué en> seulement quelques années du néo-j /> I i*i-i /iai-m._ 1 : i _ a classicisme au romantisme.Les at-ja titudes se sont assouplies, les poses!,*,; sont détendues et les corps sont dé-.;/! barrassés de la rigidité des héros de¦'!¦! David.L’exposition est parrainée par les; y fondations William Randolph Ilearst .; et Solow.jw -m ¦ -.UNE PRÉSENTATION 5MCa SKIMI «•irai » MARI I N 1)1 mil t fi WW BOULEZ i Bï fis à Montréal avec son prestigieux Wj5 â*nt ENSEMBLE INTER tu)* J.M*' CONTEMPORAIN Les 23 et 24 mai 1991 Salle Claude-Champagne à 20 h f uV Concert du 23 mai: Varèse, Webern, Schoenberg, Dalbavie, Carter et Ligeti Concert du 24 mai: Boulez, Garant, Messiaen et Le Marteau sans maître Salle Claude-Champagne: 220, avenue Vincent-dTndy, Outremont Billets réguliers 25$ / Étudiants et âge d'or 15$ Abonnements aux deux concerts *C* ; .1 *,*.\ 'fV/ t ?«.>*¦ ¦ C-12 ¦ Le Devoir, samedi 18 mai 1991 ARTS VISUELS uérino Ruba îjéalerie LE DEVOIR £j211, rue Saint-Sacrement ttiyiarie-Claude Bouthillier î Galerie Trois Points, 307, rue Sainte-î (Jatherine ouest.Jusqu'au 25 mai.} :: 'iMichel Saulnier 7 'Galerie Michel Tétreault, 1192, rue Beaudry.Jusqu'au 25 mai.Jean Dumont NOS RAPPORTS avec les oeuvres d’art, particulièrement les sculptures, varient suivant la dimension de oes dernières.Confrontés à des sculptures imposantes, ou même seulement à l’échelle humaine, nous devons, d’entrée, négocier avec elles ,;le partage de l’espace.Et le corps, alerté aussitôt, inquiète l’esprit et le met lui aussi sur le qui-vive.Il faut se méfier par contre des pièces de petites dimensions, elles agissent sur nous de façon plus insidieuse.L’espace dans lequel le corps du spectateur n’est pas menacé sem-b]e, de prime abord, à ce dernier, im-ipobile et silencieux, il n’a pas perdu, par rapport à lui, une parcelle de son pouvoir et son regard y glisse sur les objets sans entrave ni violence.Ce n’est qu’à la longue, et comme par accident, que l’oeil butte sur un dé-i,4,t!ail, enregistre une texture, et se .voile d’une mémoire vague sous laquelle se cache une inquiétude.En circulant parmi les quelques ,,Sculptures que Guérino Ruba a ins-.,innées dans les locaux du D EVOIR, on n’échappe certainement pas, M après la tranquillité initiale du regard, à cette prise de conscience jjfente, à la naissance d’une réflexion ^inquiète se doublant de la montée , d’un malaise informulé, i,».S’il n’en était que à’Oscillation, une belle pièce dans laquelle une main tenant un balancier de laiton sort i.d’un caisson fait d’une tôle mangée ,par la rouille, nous nous en tirerions a bon compte.Le passage du temps, ^ la fragilité des choses : nous avons .7,L’habitude.Nous nous glissons dans , ces notions comme dans un prêt-, à-porter intellectuelo-romantique de .bon ton.Mais il y a aussi Obstacle II, et Trappe II et la série des Écologie .Et là, nous ne pouvons échapper au véritable propos de l’artiste : .«.Nous sommes piégés » dit Guérino ’Ruba.Pas seulement par les pouvoirs, pas seulement par notre scan-t galeuse insouciance ou notre incommensurable bêtise, mais par, ou dans, notre corps lui-même.¦ ?1 II n’y a pas que l’acier qui s’oxyde .'.et le bois qui pourrit.L’âge n’est pas v.une patine : le corps est périssable.Nous l’avons toujours su, mais avons enfoui cette certitude et cette peur : au plus profond de nos mémoires.Elites doivent y voisiner avec le souvenir de la forme indéterminée qui sert à Ruba à dire la chair menacée.Comment expliquer autrement que, ; traduite en bronze patiné ou en fibre .de verre colorée, nous n'ayons aucune hésitation à reconnaître dans !.cette forme texturée qui n’est même pas une allusion, le symbole toujours : :su du corps-matière.Sous les formes les plus variées qui sont leurs moyens d’expression aujourd’hui, les jeunes artistes ne çraignent pas d’aborder, de plus en plus tôt dans leur carrière, les problèmes fondamentaux de la condition de l’humain.Ce n’est pas le fait ; qu’ils osent, mais bien le fait qu’ils en Un art qui dit bien des choses Oscillation, de Guérino Ruba.ressentent impérativement le besoin qui est signe des temps d’urgence et d’exigence qui sont les nôtres.Depuis quelques années déjà, Marie-Claude Bouthillier articule sa réflexion à la charnière de la philosophie, du mythe et de la littérature.On se souvient du thème de l’océan et du motif de la barque, récurrents dans ses acryliques.Forme-enveloppe sur des éléments déchaînés la barque symbolisait le destin auquel l’homme ne peut échapper.PuLs vint le motif de la roue, le signe satisfaisant par excellence, qui parle toujours du destin de l’homme et qui lui apportait, souvenir de l’histoire de l’art, le plaisir des compositions centrales moyennâgeuses.Dans la belle exposition accrochée actuellement à la Galerie Trois Points, la roue littérale est hors des tableaux, mais on en retrouve la mémoire dans l'omniprésence des motifs concentriques, et le symbolisme dans le thème du passage et du retour des saisons et des mois de l’année.Les formes apparemment simples et évidentes de cette peinture recèle une bien riche complexité des jeux de sens, de références et de renvois.Les tableaux qui se succèdent, un par mois de l’année, sont à l’image de la fuite des jours, mais l’archaïque peinture à l’encaustique utilisée avec économie sur les toiles aux allures de fresque antique, dit qu’on ne peut, aujourd’hui, aller au-delà de la peinture et qu’il faut revenir à des sentiers négligés.Certaines poses du modèle vivant, répétées selon les mois, brouillent le sens du temps.Les contenus des toiles mettent en parallèle l’histoire de la nature et celle de l’homme.Abondance de mai, indifférence de juillet.Curiosité et science en août, ét leur échec en septembre.Et le personnage urbain de décembre qui s’abrite sous le symbole de la culture est dans la même pose que celui, démuni, de janvier.La roue, toujours.Marie-Claude Bouthillier n’aime pas seulement passionnément peindre, PHOTO JACQUES NADEAU elle aime aussi penser la peinture.Vous ne risquez certainement pas de passer trop vite entre les trois grosses sculptures que Michel Saulnier a installées sur le plancher du 1er étage de la Galerie Michel Tétreault.D’une part parce que, comme je le disais au début, il faut E.J.HUGHES, arc Dernière journée 40 ANS AVEC LA GALERIE GALERIE DOMINION 14.38.rue Sherbrooke onesl Mardi ail vendredi, de lOh à 17h30 845-783.3/845-7471 Samedi de 10b à 17li If COZIC Espaces ininterrompus du 14 mai au 27 juin «g- Conservatrice invitée: CLAIRE GRAVEL ^ "° n - Exposition organisée par le Musée régional de Rimouski ^ §£ La Galerie sera fermée dimanche le 19 mal (Shavuot) et lundi le 20 mai (Fête de la Reine) Il I £ CË 5° ÎjCC^I cent/et communautauet i»m * Mw.tr.* 5170 CHEMIN DE LA COTE STE-CATHERINE, MONTRÉAL.QUÉBEC - 739-2301 ADRIEN ASSELIN Diplômé de l’Université de New-York maîtrise en art, 1983 du 15 mai au 1er juin Cy/auc/e 1480, rue Sherbrooke ouest, Montréal - Tel.: 939-9898 - Telex: 939-7116 PHOTO JEAN LACHANCE Août, de Marie-Claude Bouthilier.Sentier, de Michel Saulnier.un certain temps au corps pour trouver sa place dans leur espace, mais aussi parce que vous serez sûrement retenus, non seulement par la blondeur des bois, mais surtout par la curieuse impression d’étrangeté, d’irréalité créée par l’apparente incompatibilité des échelles respectives de grandeur : La vôtre, celle de la feuille d’arbre de Sentier, celle de La grande ourse, et celle des petites maisons de Fleuve.Ce n’est pas pour rien qu’une phrase de Y Alice au pays des merveilles, de Lewis Caroll, est citée en exergue.Et c’est tant mieux, car passer trop vite serait manquer une merveilleuse occasion de réfléchir, face à cette véritable « leçon de choses », aux arcanes du fonctionnement poétique.L’artiste lui-même, dans un texte préparé pour les Carnets d'art actuel, que publie dorénavant la galerie, à l’occasion de ses expositions importantes, explique remarquablement clairement l’enchaînement de ses images, la façon apparemment irrationnelle dont, dans sa production, un de ses objets mène au suivant.Il rattache ce fonctionnement qui intègre les coupures et les sauts illogiques, au fonctionnement de l’imaginaire de l’enfance.Il est évident que le patronage d’Alice, la présence répétée du nounours culbuteur, ou l’allusion, dans son texte et dans la construction de Fleuve, au « jeu de blocs », mène sur cette voie.Mais je me disais aussi, prétexte peut-être à errer plus longtemps dans son espace, que cette notion du « jeu de blocs », si elle fait le lien avec l’enfance pourrait bien aussi, en un vertigineux raccourci, faire le lien avec l’avenir.La notion de blocs mène en effet directement à cette science moderne des voisinages qu’est la topologie, laquelle, par exemple, imprègne intuitivement, toute la perception de l’espace chez les Inuit.Mais cette idée du bloc, sous sa forme de bloc de sens, imprègne aussi, non seulement tout un pan de la peinture actuelle (les collages, la peinture dont le fonctionnement s’apparente à celui des collages, les assemblages d’éléments peints ou de tableaux, etc.), mais encore, est à la base des toutes nouvelles techniques de programmation informatique (Object Oriented Programming).Où la poésie va-t-elle se nicher ?PHOTO CLAUDE MICHAUD ROBERT KATZ oeuvres récentes Vernissage jeudi le 23 mai de 17h à 19h en présence de l’artiste galerie jean-Pierre Valentin 1434 Sherbrooke O.Montréal.S49-3637 WADDINGTON & GORCE INC.NOUS SOMMES MAINTENANT AU : 2155 rue Mackay, Montréal H3G 2J2 Tél.: (514) 847-1112 - Fax: (514) 847-11 13 Du 1er mai au 1er juin Arman, Avery, César, Chadwick, Dine, Fetting, Knowles, McEwen, Morin, Perehudoff.Exposition exceptionnelle au Manoir de Belmont Rencontre franco-canadienne Tableaux Sculptures Bijoux Georges Braque, Riopelle, Pellan et autres artistes contemporains Présentée par un expert parisien.Visite sur rendez-vous entre le 16 mai et le 25 mai.de 15h30 à 19h30 — 934-3844 2333 Ouest, rue Sherbrooke.Montréal GALERIE D’ART STEWART HALL Centre Culturel de Pointe-Claire FRITZ GRASSHOFF Peintures el travaux sur papier depuis 1983 du 18 mai au 21 juin 1991 L’artiste sera présent au vernissage le mercredi 22 mai, de 19h à 21h.Cette exposition est partiellement subventionnée pat le Consulat Général de la République Fédérale d'Allemagne Admission libre - Accessible par ascenseur — Horaire de la Galerie: du lundi au vendredi, de 14hi 17h lundi el mercredi soirs, de I%i 2lh — samedi el dimanche, de I3hà I7h — fermé les dimanches après le 2 juin JEAN-LOUIS ÉMOND «Retours du Midi» sculptures jusqu’au 25 mai GALERIE-FRÉDÉRIC PALARDY 307 rue Ste-Catherine Ouest Suite 515 Montréal (514) 844 44'4 Mar.au ven, de 11 h a 18h sam.de 11h à 17h EUROPE 1952: PHOTOGRAPHIES DE NORMAN SLATER y du 25 mai au 11 juin GALERIE DOMINION 1438.rue Sherbrooke ouesl 845-7833/845-7471 Mardi au vendredi, de lOh à I7h.l(l Samedi de lOh à I7h I I
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