Le devoir, 15 juin 1991, Cahier C
¦ ¦ *4 MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONTREAL 20 JUIN ¦ 10 NOVEMBRE 1991 iff '^b ru» Mica* du silence In.rnita PHOTO JACQUES GRENIER ïWMX-i \wm •Mif.X CINEMA Plaidoyer esthétique contre l’intolérance Étrange film que Poison, le premier long métrage du réalisateur américain Todd Haynes (ci-contre).Un film brutal, mais d’une grande valeur artistique, écrit Odile Tremblay, une aventure esthétique, une recherche stylistique, un plaidoyer contre l’intolérance.Page C-3 TELEVISION Les hauts et les bas de la coproduction L’automne prochain, les jeunes téléspectateurs parisiens suivront un de leurs héros, Archi-bald, alias Daniel Gélin, dans les méandres du .Jardin botanique de Montréal.Paule des Rivières a interrogé les producteurs français et québécois sur les avantages et les difficultés de la coproduction.Page C-6 ARTS VISUELS Art actuel à Alma L’édition 1!)!)1 de la Biennale du dessin, de l’estampe et du papier du Québec, si l’on en juge par le nombre des artistes inscrits (400) et par la qualité des oeuvres, peut-être considérée, écrit Jean Dumont, comme un événement québécois majeur en art contemporain.Page C-10 le cahier du 1 • ameai ROCK Le retour de Mr Dynamite Sorti au début mars du pénitencier où il croupissait depuis deux ans, James Brown (ci-contre), alias Monsieur Dynamite, qui fait carrière depuis 35 ans, vient tout juste de lancer un monumental coffret de quatre C'I) (72 pièces), où l’on retrouve l’essentiel de son oeuvre.Page C-7 Donner toute sa saveur au bouillon de culture Roland Arpin n’a pas le goût de la soustraction L’été avec GUERNICA Le Québec et Vailleurs Gilles Lesage f/e notre bureau de Québec RENDRE A PLEINE SAVEUR le bouillon de culture qui mijote tranquillement au Québec.Tel est le voeu le plus cher du président du Groupe-co nseil qui vient de présenter une politique de la culture et des arts à la ministre des Affaires culturelles du Québec.Au cours d’un récent entretien avec LE DEVOIR, à l’occasion de la divulgation du volumineux document qui a été remis à Mme Liza Frulla-Ilébert, M.Roland Arpin dit qu’il n’a pas le goût de fonctionner par soustractions, mais par additions et par infiltration, comme pour le mercure.En matière de politique culturelle, il n’y a ni livre de recettes ni « fast food », lance avec fougue le directeur général du Musée de la civilisation.On ne peut tenir un pays ou une province seulement sur deux pattes, l’une économique, l’autre sociale; une société s’essouffle et s’épuise vite si on ne la tire pas vers le haut, si on confond l’ordre des moyens (l’é- Les bases du monde moderne Plus de 700 oeuvres de 105 villes témoignent a prise entre Marie-Michèle Cron PARIS, printemps 1986, Centre Georges Pompidou.La foule, massive et pressée, piaffe d’impatience : l’exposition Vienne 1HH0-HMH, naissance d'un siècle, bat son plein et l’attire dans ses bras, lui faisant parfois découvrir ce qu’elle a toujours contemplé dans les pages des livres.L’art éblouissant et sulfureux de Klimt, les corps convulsifs de Schiele, les portraits torturés de Kokoschka, l’architecture de Wagner ou d’Hoffmann, le design de Koto Moser.Nous n’avons pas assez d’yeux pour tout voir, pour nous imprégner de cette atmosphère vibrante qui régnait, à ce moment-là, en Autriche.Le maître d’oeuvre de cet événement artistique ?Nul autre que Jean Clair, directeur du Musée Picasso à Paris, commissaire de l’exposition Les Années 20 : l'âge des Métropoles, qui sera exclusivement présentée au Musée des beaux-arts de Montréal, à compter du 20 juin jusqu’au 10 novembre 1991.Clair n’en est pas à la première réalisation du genre; sa feuille de route une décennie deux feux est plutôt impressionnante.Directeur depuis 1989 du Musée Picasso, ce diplômé en lettres, philosophie et histoire de l’art (Sorbonne), étudie à Harvard, au Fogg Art Museum, puis, est nommé en 1966, conservateur des Musées de France.Détaché auprès de la Galerie nationale du Canada les deux années suivantes, il crée et anime le Département pédagogique francophone.Au début des années 70, il dirige la revue d’avant-garde Les Chroniques de l’art vivant et, en 197S, se voit nommé au Centre national d’art et de culture Georges Pompidou où il inscrit, à titre de commissaire, des expositions qui comblent le spectateur en mal d’images et de savoir.Entre autres, L'oeuvre de Marcel Duchamp et Les Réalismes entre Révolution et Réaction : 1910-1939.Jean Clair est prolifique et publie de nombreux essais dont Considérations sur l'état des Beaux-Arts, De l'invention simultanée de la pénicilline et de l'Action Painting et Méduse : contribution à une anthropologie des arts visuels.Jean Clair est un boulimique de l’art, surtout celui «qui entoure les époques méconnues.Voir page C-2 : Monde moderne « On ne peut tenir un pays ou une province seulement sur deux pattes, Tune économique, l’autre sociale; une société s’essouffle et s’épuise vite si on ne la tire pas vers le haut, si on confond l’ordre des moyens (l’économie) avec celui des fins (la culture).» conomie) avec celui des fins (la culture), note cet ancien professeur et pédagogue, citant Aristote, peu souvent invoqué au conseil des ministres, comme chacun sait.Les vecteurs économiques et sociaux ont toujours leur place dans les décisions politiques, mais l’aspect culturel n’y est jamais présent, ajoute l’ancien sous-ministre des Affaires culturelles et secrétaire général du Conseil du trésor.Par exemple, un ministre qui ferait fi de l’environnement ne pourrait survivre longtemps dans l’étal actuel des choses au Québec.Il faudrait en arriver là dans le domaine culturel : qu’un ministre prenant des décisions économiques ou sociales sans respect pour la culture soit pointé du doigt, que le dyptique devienne un tryplique.Cette intégration est loin d’être acquise au Québec.M.Arpin espère que son rapport contribuera à la faire surgir.« Si on veut que les idées grandissent, il faut les faire naître.Les politiciens sont des gens distraits, occupés, débordés de messages de toutes parts.La préoccupation de l’environnement n’est pas venue du premier coup.Le milieu culturel est plus prêt à faire avancer les choses a la base, par une série d’actions concrètes, comme on l’a fait pour l’éducation, il y a 30 ans : avant d’être une idée globale, ce fut un exercice d’artisans, sur le terrain.Roland Arpin Il faut cesser d’être frileux, avoir de la vision, prendre du champ, ne pas s’appesantir sur le saupoudrage des subventions ou l’arborescence des initiatives.« Je n’ai pas le goût des batailles perdues d’avance, par soustractions — pourquoi toujours ce complexe de la soustraction en culture ?— mais de celles qui se font par additions, par avancées, sans demander pardon, en se disant que ça marche, la culture, et que s’il y en a un surcroît, on l’exporte, comme pour l’électricité .» Le rapport Arpin reconnaît d’emblée que le Québec fait un effort raisonnable en matière de financement culturel.Il ne craint pas pour autant que l’on en tire une conclusion comptable.selon laquelle l’État ne devrait pas s’y engager plus à fond.Au contraire, il faut désormais faire pour la culture ce que l’on a fait depuis 1960 pour la santé et l’éducation : la traiter comme une grande mission de l’État, la doter d’un système, d’un réseau à travers le Québec, de sorte que la culture devienne aussi importante et accessible que les deux au- tres grands réseaux.Déjà, on fait beaucoup avec peu dans les arts et la culture.Mais ce n’est pas assez.Il y a là une question d’équité.Par exemple, les budgets des autres réseaux sont indexés, de façon générale, mais pas ceux de la culture.Plutôt que de scruter le foisonnement des programmes et de proposer une multitude de correctifs sectoriels —¦ ce que M.Arpin appelle un rapport annuel magnifié, exercice facile mais peu fructueux pour lui qui estime, au total, que l’intendance est bonne et fonctionne bien — le rapport développe quelques idées-forces autour desquelles se lancer à l’action.Dont celle-ci : la création d’un vrai ministère de la Culture, qui puisse intervenir de manière horizontale, privilégier des cibles, travailler avec des partenaires, susciter des initiatives, mobiliser et mettre en commun.À ses yeux, la révision du mandat et des fonctions du MAC, après 30 ans, n’est pas un caprice ou une toquade.C’est une nécessité.D’abord, il y aura un débat, largement symbolique, sur un projet de polit ique d’ensemble.Ensuite, si l’on veut que la Culture ait de 1 influence et se développe à l’horizontale, un peu comme les Communautés culturelles et l’Immigration, et au même titre que les grands ministères, ça prend une loi qui donne au titulaire et au ministère une autorité morale plus grande, un rôle d’expert-conseil.Ce n’est pas une coquetterie ou une fleur aux créateurs et aux artistes.Ce n’est pas le temps de les leurrer mais de développer l’aspect moteur du ministère, son rôle dans une démocratie légère comme la nôtre.Personne ne se scandalise des interventions de la SDI, ni que le premier ministre s’intéresse aux investissements des entreprises.Pourquoi n’en serait-il pas de même en matière d’arts et de culture ?Il y a beaucoup de monde sur la glace.Si vous ne jouez pas du coude pour en être, le coach risque de vous oublier.Avec enthousiasme, le directeur général du Musée de la civilisation fait état d’initiatives culturelles auxquelles il a été associé dans la région de Québec — à Val-Bélair et à Loret-teville, par exemple, avec les élus Voir page C-2 : Arpin SÉGUIN En vente chez votre libraire FACE A FACE Ron Martin =: MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Montréal, samedi 15 juin 1991 COLLECTIF LTAIF MICONE CARLI Fabio lie les ntn uvc.s VERVILLE Put un wrmn r
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