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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
vendredi 28 juin 1991
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-06-28, Collections de BAnQ.

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Montreal Londres Hong Kong Bélanger, Legault b 14 284 23 23 Communications Design et graphisme Relations interculturelles Volume LXXXII — No 148 ?Ensoleillé Risque d orages.Max : 32 Détail page 6.Montréal, vendredi 28 juin 1991 Toronto Ô5 cents 65* + TPS TVQ SOCIÉTÉ La violence du choc, l’espoir de s’en sortir D’après les plus récentes études, plus des deux tiers des personnes agressées sexuellement — neuf sur 10 sont des filles — qui consultent un thérapeute, réussissent par ce moyen à surmonter leurs troubles psychologiques réactionnels (ci-haut le docteur Suzanne Dongier, psychiatre et spécialiste de l’enfance à l’hôpital Douglas).Les symptômes vont d’une peur diffuse à la psychose, et sont d’autant plus graves que l’agression s’est étendue sur plusieurs années.Page 11 Les affrontements en Slovénie ont déjà fait plus de 100 morts BELGRADE (AFP) — Deux jours après la déclaration d’indépendance de la Slovénie et de la Croatie, la situation s’est brusquement dégradée hier dans le nord-ouest de la Yougoslavie, où les affrontements entre l’armée yougoslave et les forces civiles Slovènes ont fait « plus de 100 morts et blessés », selon le ministre Slovène de la Défense, M.Janez Jansa.« La Slovénie est en guerre », a déclaré, lors d’une conférence de presse à Ljubljana, M.Jansa, qui a qualifié la situation de « dramatique ».Le ministre Slovène a précisé que « des fusillades et des affrontements armés » ont eu lieu dans 20 endroits différents en Slovénie.Il a également annoncé que six hélicoptères de l’armée yougoslave avaient été abattus et quinze chars détruits hier par la défense territoriale de Slovénie.M.Jansa a par ailleurs indiqué que 30 transports de troupes blindés de l’armée yougoslave faisaient route de Karlovac, à l’ouest de la Croatie, et deux colonnes étaient en marche de Zagreb vers Bregana, à la frontière entre les deux républiques.Il a souligné qu’« il n’v avait pas de raison pour céder a la panique» et qu’« au moins encore 90 % du territoire Slovène est aux mains de la Slovénie ».Le ministre a enfin exprimé l’espoir d’obtenir une aide des autorités croates qui s’étaient dans la journée déclarées « solidaires» de la Slovénie et « prêtes à empêcher les mouvements de troupes » sur son sol.Auparavant, le premier ministre yougoslave Ante Markovic avait proposé à la Slovénie et à la Croatie de suspendre pour trois mois leur déclaration d’indépendance, dans une tentative de la dernière chance visant à prévenir une désintégration violente de la Yougoslavie.Le gouvernement fédéral a proposé la suspension pendant trois mois de toutes les decisions prises ces derniers temps par les différentes composantes de la fédération yougoslave, dont, en premier lieu, la décision prise mardi par la Slovénie Voir page -4- : Affrontements La Cour suprême confirme le rôle social des syndicats L’argent des membres peut être utilisé pour soutenir des causes politiques Gord McIntosh de la Presse Canadienne OTTAWA — Les syndicats sont libres d’utiliser l’argent des cotisations de leurs membres pour appuyer des partis politiques ou des causes autres que la seule négociation de conventions collectives.Dans un jugement rendu à l’unanimité, hier, sept juges de la Cour suprême du Canada ont rejeté la requête de l’enseignant Merv Lavigne qui, s’il avait eu gain de cause, aurait empêché les syndicats d’utiliser l’argent de leurs membres à leur guise.M.Lavigne s’opposait à ce que le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario utilise ses cotisations pour subventionner des groupes ou des causes qu’il n'appuie pas personnellement.Il estimait que seulement 2 $ de ses cotisations annuelles de 338 $ vont à des causes qu’il désapprouve, mais souhaitait obtenir un droit de retrait, qu’il pourrait exercer indépendamment, selon chaque cas.La décision constitue une victoire pour le mouvement ouvrier, qui a traditionnellement consacré une partie de l’argent perçu auprès des syndiqués à un éventail de causes politiques, sans se limiter à la négociation avec les employeurs.Le jugement vient confirmer que le rôle social des syndicats dépasse le simple fait de s’asseoir à la table et de négocier, a commenté Mme Nancy Riche, vice-présidente de l’exécutif du Congrès du travail du Canada.« La Cour a dit que dans une société libre et démocratique, les syndicats sont justifiés d’employer l’argent de leurs membres pour lutter pour des questions sociales, économiques et politiques plus vastes », a-t-elle ajouté.M.Lavigne, qui enseigne le génie à l’Ecole des mines de Haileybury, dans le nord de l'Ontario, devra payer les frais judiciaires des procédures intentées il y six ans.La note risque d’atteindre le million de dollars.La Coalition nationale des ci-Volr page -4- : Cour suprême Spicer plaide pour un Québec libre dans un Canada réinventé « Des suggestions ampoulées et trop timides », dit Robert Normand Chantal Hébert de noire bureau d'Ottawa LE FORUM des citoyens de Keith Spicer a fermé ses livres sans faire de pronostic sur les chances de survie d’un Canada incluant toujours le Québec.« Ce pays se meurt d'ignorance et de notre refus obstiné d’apprendre », diagnostique plutôt Keith Spicer dans le préambule qu'il a apposé à la toute dernière minute et de sa propre initiative au rapport du Forum.Le rapport fait ressortir l’urgence d’une réforme du fédéralisme, estime Bourassa Michel Venne de notre bureau de Québec POUR LE PREMIER ministre du Québec, M.Robert Bourassa, le rapport Spicer est « une source de renseignements utiles sur les perceptions et les attitudes des Canadiens » qui fait ressortir « l’urgence de procéder à une réforme fondamentale du fédéralisme canadien».Telle fut hier la seule réaction du chef du gouvernement du Québec communiquée par la porte-parole du premier ministre au cours d’un entretien téléphonique.De son côté, le chef de l’opposition, M.Jacques Parizeau, doit réagir ce matin en conférence de presse à la publication du rapport du Forum des citoyens sur l’avenir du Canada.Le critique pé-quiste en la matière, M.Jacques Brassard, a toutefois déjà qualifié le document de « ramassis de clichés ».L’attachée de presse du premier ministre, Mme Sylvie Godin, ajoute qu’il ne faut pas oublier par ailleurs que la loi constitutionnelle de 1982 « demeure toujours incomplète, illégitime et donc inacceptable aux yeux du Québec ».Elle rappelle l’engagement pris par les premiers ministres du Canada et des provinces en 1986 à Edmonton de régler d’abord la question de l’adhesion du Québec à la Constitution avant d’entamer la discussion sur d’autres sujets.Elle conclut en disant que la position du gouvernement du Québec est clairement exprimée par la Loi 150, adoptée la semaine dernière : une obligation de résultat, un changement en profondeur du fédéralisme canadien et la consultation de la population.Pour le porte-parole péquiste en Voir page -4- : Bourassa Il ne faut pas avoir peur d'un Québec libre dans un Canada réinventé, a-t-il plaidé en dévoilant le rapport final de son groupe dans le cadre d’une cérémonie télévisée d’un bout à l’autre du pays à partir de la grande galerie du Musée des Civilisations à Hull.Mais c’est un appel qui repose plus sur les convictions de Keith Spicer que sur la foi du rapport compilé en huit mois par son groupe.« On ne voit pas la lumière au bout du tunnel », convient en effet le commissaire Robert Normand qui a tiré ses propres conclusions au terme de l’exercice.Selon lui, le groupe dont il a fait partie a perdu de vue son principal ojectif, à savoir le sauvetage du ménage Québec-Canada.Il n'a pas poussé la réflexion assez loin pour contribuer très utilement au dénouement de la crise actuelle.Résultat, conclut-il, ses suggestions sont « ampoulées et trop timides » et les Canadiens n’en ont pas pour leurs 25 millions $.« A la lumière de ce que j’ai entendu, je ne suis pas du tout certain que le Canada reste entier », convient de son côté le commissaire terre-neuvien Richard Cashin qui en a pourtant vu d’autres puisqu'il a fait ses armes au sein de la commission Pépin Robarts il y a dix ans.Jusqu'à la fm, les Québécois et les autochtones se sont tenus à l’écart de l'opération du Forum des citoyens.En tout et partout, seulement 45 000 Québécois, en majorité des anglophones.ont profite de l'occasion de se faire entendre.Et en bout de piste, les commissai-Volr page -4- : Splcer pH0T° p Le président du Forum des citoyens, Keith Splcer, étreint un homme non identifié, quelques instants après la publies tion de son rapport.p F Québec accorde un gouvernement autonome aux Inuit Michel Venne de noire bureau de Québec L E COUVER N E M ENT du Québec s'est engagé hier dans un processus de négociation avec les Inuit du Grand Nord qui mènera à la constitution d’une « forme de gouvernement autonome » pour les résidants du Nunavik, e’est-a-dire le territoire situé au Québec au nord du 55e parallèle.Un protocole d'entente précisant l'ordre du jour des discussions à venir et les modalités de financement des négociations a été signé à Québec par le ministre délégué aux Affaires autochtones, M.Christos Sir-ros, et le président du comité constitutionnel du Nunavik.M.Simeonie Nalukturuk.Les négociations s’engagent sur la base d'un projet de constitution rédigé par un comité composé de six leaders inuit élus le 10 avril 1989 (LE DEVOIR avait fait largement écho à ces élections) et entériné par la population du Grand Nord lors d'un référendum tenu le 10 avril dernier.Ce projet constitutionnel prévoit la création d'une Assemblée législative et de 10 ministères, de même que l’institution d'un système judiciaire autonome et de tribunaux locaux.Ce gouvernement autonome existera « dans le cadre politique et juridique des compétences du Québec et du Canada ».Les lois québécoises et canadiennes, y compris les Chartes des droits, continueront de s'appliquer sur ce territoire, à moins que les négociations qui s’amorcent ne conduisent les parties à en décider autrement.Le gouvernement du Québec s’engage dans ces discussions avec beaucoup d'ouverture.Le ministre Sirros n'a pas voulu présumer hier des conclusions des pourparlers, ni même dire quelle limite Québec allait imposer à l'étendue des pouvoirs réclamés par les gens du Nord.Pour l'heure, le gouvernement n'a que deux balises : l'intégrité du territoire québécois et la souveraineté de l’Assemblée nationale.11 n’est pas question pour les Inuit de se constituer un pays, a précisé M.Nalukturuk.Et les pouvoirs dévolus à ce gouvernement autonome lui seront délégués par l’Assemblée nationale, un peu comme ceux délégués par Québec aux municipalités.Le ministre a souligné le fait que les Inuit proposent la création d’un gouvernement unique et non ethnique, c’est-à-dire que toute personne, qu’elle appartienne à la communauté inuk ou qu'elle soit blanche, pourra voter lors des élections et être élue à l'Assemblée.Le Nunavik comprend 14 villages où vivent 6500 personnes, dont à peine 500 allochtones (des Blancs venant du Sud).La création de ce gouvernement autonome vise à ajuster les institutions du Grand Nord aux besoins et aspirations de ses habitants.Il v a 50 ans, dit M.Nalukturuk, les inuit avaient la marge de manoeuvre vou lue pour se gouverner.L’objectif est de récupérer cette liberté, perdue peu à peu aux mains des fonctionnaires des différents ministères qui oeuvrent ou financent des activités dans la région.En introduction au document constitutionnel, on peut lire que les Inuit occupent ce territoire depuis au moins 4000 ans, mais qu’à leur insu, le Canada et le Québec sont devenus ce qu’ils sont.Le Nunavik est devenue partie du Québec en 1912.Plus loin, le texte dit que « les représentants du gouvernement ont tué les chiens des Inuit », que « les en fants ont été inscrits de force dans des écoles où on leur interdisait de parler leur propre langue ».En 1975, les Inuit ont signé la Convention de la Baie-James et du Nord québécois.Cette convention entraîna la création d'un certain nombre d'institutions gérées localement et financées par Québec et Ottawa, notamment une société de développement économique (Makivik), une commission scolaire, une administration régionale (Kativik) et un institut culturel (Avataq).Ces institutions, éparpillées, ne répondent plus aux besoins, dit M.Nalukturuk.L’entente signée hier est une étape d’un long processus amorcé en 1983 quand l’ex-premier ministre René Lévesque tendait la main aux Inuit, leur promettant de discuter avec eux d'autonomie gouvernementale, à Voir page -4- : Inuit LE DEVOIR Mince tJtile Éclairant Cultivé , SE GLISSE BIEN DANS VOTRE ÉTÉ avec un cahier en semaine et deux les week-ends avec l'essentiel de l'information quotidienne avec sa page Société, sa page éditoriale et d'opinion, ses chroniques régulières, ses lettres estivales en provenance de New-York, de Paris et môme de Gaspé! ?» ~ r ' ° liJtéraire inspirée de Rimbaud, sa série sur les tendances sociales, scs grandes entrevues du lundi, ses reportages culturels en région i -, - '-%-.-''.'- I H ’ " I I | .¦¦mil* A* ¦* • > « ur ru * 'mmu r- -,—.___ f 2 ¦ Le Devoir, vendredi 28 juin 1991 Les principaux messages livrés par les citoyens OTTAWA (PC) — Voici les princi- Sales idées livrées par les Canadiens la Commission Spicer: ¦ les Canadiens de toutes les régions et de tous les groupes linguistiques partagent des valeurs bien ancrées et considèrent que le Canada est le meilleur pays au monde; ¦ les participants de l’extérieur du Québec pensent que les Québécois ont le droit de décider de leur avenir; ils souhaitent vivement que le Québec reste au sein de la famille canadienne, mais pas à n’importe quel prix; ¦ la question autochtone devrait être réglée rapidement et équitablement, sans plus tarder; ¦ le bilinguisme et le multiculturalisme sont appréciés, mais devraient être appliquées d’une manière plus sensée; ¦ l’économie est le principal sujet de préoccupation de la plupart des gens, qui trouvent paradoxalement qu’il incombe aux dirigeants politiques — en qui ils n’ont pas confiance — de veiller à ce que les Canadiens prospèrent; ¦ la grande majorité des participants sont déçus par la façon dont le pays est gouverné; ¦ les participants à l’extérieur du Québec préfèrent un gouvernement central fort, qui garantsse les valeurs communes à un gouvernement décentralisé; ¦ nombre de participants aiment l’idée d’une démocratie plus directe, ayant recours à des mécanismes comme un Sénat électif, la destitution et la déchéance des élus, le référendum ou la convocation d’une assemblée constituante.Les réactions au rapport Spicer: des applaudissements à la dérision OTTAWA (PC) — « Si la Commission Spicer a permis aux Canadiens de s'exprimer, alors c’est très bien », a déclaré hier le leader libéral Jean Chrétien, après la publication du rapport du Forum des citoyens sur l’avenir du Canada.M.Chrétien n’en a pas moins qualifié les travaux de la Commission « d'exercice d'ajournement », qui ont coûté cher et pris beaucoup de temps.» Nous continuons de croire que le temps est un élément important ici », a expliqué le chef de l’opposition, qui a blâmé le gouvernement pour ses hésitations à soumettre ses projets de renouvellement du fédéralisme.Le député néo-démocrate Lome Nystrom, critique de son parti en matières constitutionnelles, s'est pour sa part dit déçu de l’absence de recommandation pour la formation d'une assemblée constituante, même si la Commission semble en approuver le principe.Le public a encore l’impression que le premier ministre Brian Mul-ronev veut régler de graves problèmes constitutionnels à huis clos, a dit M.Nystrom, « et il est évident que les Canadiens n'accepteront pas cela ».M.Gary Filmon, premier ministre du Manitoba, croit quant à lui que le rapport fait voir le besoin d’une assemblée constituante.« Il existe un cynisme et une méfiance qui ne peuvent disparaître qu’en permettant aux gens d’avoir leur mot à dire », a noté M.Filmon.un ete avec LE DEVOIR CET ÉTÉ LE DEVOIR vous offre TOUT et PLUS .ACHETEZ LE DEVOIR tous les jours jusqu’au 8 septembre, LE DEVOIR prend un format d’été.fl vous arrivera en semaine en un seul cahier et le samedi en deux cahiers.Pour le leader du Reform Party, M.Preston Manning, les suggestions de la Commission reflètent plusieurs des idées prônées par son parti depuis quelques années.M.Frank McKenna, premier ministre du Nouveau-Brunswick, voit pour sa part dans le rapport de la Commission une expression de la frustration des gens à l’égard des politiciens.« C’est un véritable cri lancé par les Canadiens, un véritable cri d’angoisse, et je pense qu’il faut l’écouter», a-t-il déclaré.Le premier ministre Bob Rae, de l’Ontario, a réitéré son appel à une plus grande participation du public au renouvellement de la Constitution et il a mis Ottawa en garde contre tout geste solitaire.Les premiers ministres de la Nouvelle-Ecosse, Don Cameron, de la Saskatchewan, Grant Devine, et de la Colombie-Britannique, Rita Johnston, ont tous vanté les mérites de la recommandation de la Commission sur le besoin d’une révision indépendante de la politique de bilinguisme officiel.Par ailleurs, le rapport n'a guère impressionné les trois anciens commissaires de Bélanger-Campeau is- sus des centrales syndicales.Des quatre commissaires, seul M.Ghislain Dufour, du Conseil du patronat, se sentait « à l’aise avec les conclusions» du rapport Spicer, bien qu’il y constate « beaucoup d'imprécisions».Chez les trois dirigeants de la CSN, FTQ et CEQ, les qualificatifs vont de « risible » à « bavardage soporifique et à l’eau de rose », en passant par « bourré de constatations connues », « pas de crédibilité » et « exercice de déculpabilisation ».La réaction la plus vive est venue de M.Gérald Larose, de la CSN.« Si j’étais cynique, je dirais que c’est un reflet exact de ce qu’est le fédéral: ça coûte très cher pour des choses non pertinentes.» Il compare le «produit insignifiant » du Forum des citoyens au « travail sérieux » de la Commission Bélanger-Campeau, qui a coûté huit fois moins cher, a entendu ou lu 680 mémoires bien structurés et approfondis, et dans un temps plus court.La Commission Spicer, elle, n’a même pas fait avancer le débat, selon M.Larose, pas même au Canada anglais.« Est-ce que le Canada s’est purgé lui-même, j’en doute.Ça n’a pas de crédibilité et c'est tout à fait risible.» Le nouveau président de la FTQ Fernand Daoust — c'était l’ex-pré-sident Louis Laberge qui siégeait au nom de la FTQ à la Commission Bélanger-Campeau — trouve le rapport Spicer « bourré de constatations connues » et peu substantielles.Il le trouve même « un peu soporifique » et rempli de déclarations « à l’eau de rose comme de dire qu’il faut se parler abondamment ».La Commission Spicer n’a pas fait avancer le débat, « pas une miette », selon M.Daoust.Si les Canadiens des autres provinces disent qu’ils veulent garder le Québec au sein du Canada, mais pas à n’importe quel prix ; le prix qu’ils sont prêts à payer lui apparaît trop minime.« Leur prix est même inferieur à Meech, alors que pour nous, c’était le minimum des minimums.» La présidente de la CEQ Lorraine Pagé voit dans le Forum des citoyens « un exercice de déculpabilisation » du Canada anglais, mais « rien de nouveau sous le soleil ».Pour ce qui est de l’avenir du Québec, c’est « trop peu trop tard », tran-che-t-elle.k PHOTO CP Brian Mulroney et Keith Spicer, accompagnés des membres de la Commission.Les principales suggestions et conclusions HULL (PC) — Voici les principales suggestions et conclusions livrées par les membres de la Commission Spicer : ¦le gouvernement devrait repenser et rationaliser sa politique se rapportant à toutes les institutions et à tous les symboles nationaux; ¦ il est important de persuader les Canadiens d'accepter une réforme constitutionnelle en fonction d'arrangements correspondant aux besoins particuliers des provinces; ¦ la facture de l'indépendance du Québec serait lourde à payer et, à cet égard, on constate un manque d'information flagrant, avoué dans les deux camps, au Québec comme ailleurs: ¦ il y a consensus dans plusieurs domaines.notamment, dans le cas du dossier autochtone, on frise l’unanimité.Dans de nombreux autres, on a exprimé des doutes et des préférences contradictoires; ¦ la colère et la rage grondent dans les milieux autochtones qui ne toléreront plus bien longtemps l’attitude paternaliste traditionnelle, les faux-fuyants administratifs et le mépris général à l’égard de leurs préoccupations; ¦ on doit reconnaître l’autonomie gouvernementale des autochtones et négocier un règlement des revendications territoriales; ¦ il est indispensable de procéder à un examen indépendant de la manière dont la politique des langues officielles est appliquée, afin de dissiper le malentendus, de la rendre juste et raisonnable; ¦ les crédits fédéraux au multicul- turalisme devraient être consacrés exclusivement à la familiarisation des immigrants avec la société canadienne, la lutte contre la discrimination raciale et la promotion de l’égalité; ¦ les Canadiens ne se connaissent pas assez, et divers moyens devraient être élaborés pour permettre aux jeunes de mieux comprendre l’histoire de leur pays; ¦ les Canadiens devraient se concerter pour être davantage concurrentiels sur le plan économique; ¦ les gouvernements fédéral et provinciaux devraient collaborer pour éliminer les chevauchements des programmes et les sphères de compétence; ¦ le Sénat devrait faire l’objet d’une réforme fondamentale ou être aboli.Jacques Chirac indispose le Délégué général du Québec en annulant une visite Michel Dolbec (7
de

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