Le devoir, 29 juin 1991, Page(s) complémentaire(s)
/ VOIR lUiampiûtiy 4380 ST-DENIS MONTREAL, QC H2J 2L1 (514) 844-2587 Vol.LXXXII — NO 149 * ?Ciel variable.Max.: 26.Détail page A-14.Montréal, samedi 29 juin 1991 2 CAHIERS 1.30.TM.™ Dewey Redman et les mutins de la planète jazz Dewey Redman, Arthur Blythe, Chico Freeman, Ed Blackwell, Oliver Lake, Steve Lacy, David Murray et Hamlet Bluiett sont tous les héritiers de Thelonious Monk, Charles Mingus, et, voire surtout, Omette Coleman.S’il fallait décrire d’un trait ces musiciens qui vont participer à la douzième édition du Festival international de jazz de Montréal, peut-être pourrions-nous avancer qu’ils sont les mutins de la planète jazz.À des degrés divers, Dewey Redman et ses amis sont les empêcheurs de tourner en rond.Les artistes du contre-pied sonore.Page B-l L’été sera trop court pour Mulroney Chantal Hébert de noire bureau d'Ottawa APRES avoir fermé ses livres sur la f- première année de l’après-Meech cette semaine avec la publication du rapport Spicer, Ottawa dispose maintenant d’à peine huit ou neuf semaines pour mettre en place l’opération de sauvetage constitutionnelle dont dépend la survie de Brian Mulroney et peut-être celle du Canada.Tout indique que l’été suffira difficilement à la tâche.Sur papier, le plan du gouvernement fédéral est arrêté.D’ici l’automne, il entend mettre en place un comité où les trois partis fédéraux auront des chances de fonctionner avec une certaine harmonie, élaborer des offres qui auront des chances de décoller aussi bien au Québec que dans le reste du Canada et lancer sur le bon pied une commission royale d’enquête sur les questions autochtones.Mais dans les faits, l'opération s’annonce périlleuse, vouée d’avance à l’échec, murmurent des proches du gouvernement.Ainsi, le sénateur conservateur Claude Castonguay, l’un de ceux justement à qui le gouvernement choisirait de confier le pi- lotage de la prochaine opération par le biais d’un comité parlementaire, admettait d’emblée dans un discours à Toronto au début du printemps que « les probabilités d’une réussite semblent minces.» Jusqu’à présent, les événements confirment son pronostic.De l’intérieur comme de l’extérieur, le gouvernement Mulroney est en état de siège et personne ne semble devoir venir à sa rescousse : ¦ en ce moment, l’unité du cabinet est rudement mise à l’épreuve par l’élaboration de la soi-disant offre fédérale.Entre les Mazankowski, Epp, Clark et les autres et les Bouchard, Masse et Loiselle, il y a de profondes divergences de vue.Cette semaine, à Niagara-on-the-Lake, elles ont fait surface, raconte-t-on, comme jamais auparavant à la faveur d’une discussion sur le caractère distinct du Québec.Faute de pouvoir trancher, l’offre fédérale, prédit-on à Ottawa, pourrait bien ressembler davantage à une liste de choix multiples qu’à une proposition dans les regies; ¦ l’unité du Parti conservateur fédéral sera à son tour mise à l’épreuve au mois d’août lorsqu’il sera question d’entériner le droit à l’autodétermination du Québec.Les Voir page A-4 : Mulroney Belgrade et la Slovénie concluent un cessez-le-feu BELGRADE (Reuter) — Après deux jours de violents combats, le gouvernement yougoslave et la Slovénie ont annoncé hier avoir conclu un accord de cessez-le-feu.Mais selon les autorités Slovènes, des combats se sont poursuivis.Alors que trois ministres des Affaires étrangères européens venaient d’arriver à Belgrade pour une mis- Autres informations : page A-13 sion de paix « de la dernière chance », un porte-parole du ministère fédéral des Affaires étrangères a déclaré que l’accord de cessez-le- feu était entré en vigueur à 21 h, heure locale.Six heures auparavant, le gouvernement yougoslave avait annoncé que l’armée arrêtait son offensive en Slovénie après avoir pris le contrôle de tous les points de passage aux frontières de la république.« Le cessez-le-feu est intervenu après un entretien téléphonique en- tre Kucan et (le premier ministre yougoslave Ante) Markovic », a précisé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.Le président Slovène Milan Kucan a dit pour sa part à la télévision de Slovénie qu'il avait conclu cet accord avec le vice ministre yougoslave de la Défense, l'amiral Stane Brovet.Voir page A-4 : Cessez-le-feu PHOTO JACQUES NADEAU Ray Brown, le contrebassiste ayant participé au plus grand nombre d’enregistrements dans l'histoire du jazz, a donné hier le véritable coup d’envoi à la 12e édition du Festival international de jazz, à l’Église Saint-Jean-l’Évangéliste.FESTIVAL INTERMTIONAL «TA7.7.DE MONTREAL HIIIHIHIIII1III1III Parfum d'Ellington Serge Truffaut et Sylvain Cormier LES PULSATIONS à la fois déliées et ingénieuses que Ray Brown a extraites de ce magnifique instrument qu’est la contrebasse ont imprimé à ce douzième Festival de jazz l’empreinte de.Duke Ellington.Dans l’enceinte de l’Église St-Jean-l’Évanglisle, Ray Brown a déployé hier en effet les subtilités de Take The A Train, Sophisticated Lady et Things Ain’t What They Used To Be, toutes écrites par Ellington, devant une salle pleine au deux tiers.Tour à tour agile, pudique et sobre, Ray Brown a sorti de son instrument toutes les palettes qui ont permis à l’art de Ellington comme de Oscar Peterson de pénétrer à l’intérieur de ses frontières qui balisent le royaume de l’intemporalité.Pour Peterson, et après avoir joué son medley de Ellington ainsi que le The Very Thougth About You, de Ray Noble, Monsieur Ray Brown a ravivé les souvenirs de l'Alberta Lounge en interprétant le séducteur.Tenderly.Chose étrange, puisque nous voici plongés dans le domaine de la séduction, c’est au cours de cette pièce que l’odeur quelque peu poivrée du fameux Y, de Yves Saint-Laurent — ou était-ce le Eternity, de Calvin Klein ?—, a défilé sous nos narines.Il faut vous avouer que la salle en question n’ayant pas de ventilation adéquate, les personnes présentes utilisaient tout ce qu’elles avaient sous la main afin d’écarter dans la mesure du possible les affres de la chaleur.Dans le Voir page A-4 : Ellington Awir i7 ans " r)^ 1991 marque le centenaire de la mort d’Arthur Rimbaud.Dans un de ses poèmes, intitulé Human, Rimbaud écrit : « Un n'est pas sérieux quand on a 17 ans ».Le DEVOIR a demandé à 12 écrivains un texte qui évoque cet âge de l’adolescence comme point de départ, point de fuite ou point d’arrivée d'une novella publiée chaque samedi.Aujourd'hui, Anne Dandurand, auteur de l.a louve-garou en 1982, de Voilà, c'est moi, c’est rien, j'angoisse en 1987, et de Un coeur qui craque en 1990.Anne Dandurand publie l'automne prochain un autre recueil, /’elites âmes sous ultimatum aux éditions XYZ.Samedi prochain, Normand Chaurette.La promenade des noyers amers Anne Dandurand IL PLEUT depuis le début de mai ; parfois, un crachin dru, aigre, âpre; parfois, une ondée gaie et molle comme mille baisers de mioches; aujourd’hui, au milieu du mois, on hésite entre caresse et tristesse, brume ou bruine : le climat est ambigu .Cette fille-là aussi : regardez ses godasses masculines, ses jeans étroits, ses cheveux taillés en brosse, pas de hanches ni de poitrine, on s’y méprendrait n’était-ce de la nuque fragile et des doigts effilés.Aujourd’hui, comme d’habitude à cette date-ci, elle pourrait célébrer l’anniversaire de sa mort ; de sa tentative de suicide, devrait-elle plutôt penser, mais elle ne le pense pas car, depuis un an, si elle parle, étudie, ne mange pas beaucoup et dort avec des cauchemars, elle n’est pas certaine d’être vraiment revenue à la vie.Pas vraiment.Le 15 du mois, sans le dire à personne, elle fête donc sa mort.Alors pourquoi sourit-elle ?Tout à l’heure, rue Sainte-Famille au nord de Sherbrooke, l’a vite dépassée un garçon dans une chaise roulante entraînée par un grand lévrier doré.Ce chien harnaché de rouge, ce fauteuil bariolé de vert, cet homme aux cheveux longs, tête d’engoulevent, tout cela lui a balancé un direct au plexus : pourquoi ce galop à train d’enfer, à tombeau ouvert, y a-t-il un endroit, un rendez-vous qui vaut encore qu'on s’y précipite ?Les nuages s’entrouvent.Une lame de soleil fouille la ville.Cette fille-là, personne ne l’attend.C’est « l’heure heureuse » : les bières sont deux pour 75 cents, le buvard d’acide coûte deux piastres, et le dime de hash sept dollars.Elle se rendrait bien à la terrasse couverte du Chat de la Malchance, tout proche, où on lui permet d’entrer même si elle n’a pas l’âge réglementaire, et où elle sait que s’y trouvera toujours un inconnu, une inconnue pour lui offrir une quelconque forme d’oubli en échange (le très vagues promesses.Mais fi des ivresses ! Plus à l’Ouest, le bruissement des noyers amers en pleine floraison l’invite, il faut, sans trop savoir pourquoi, obéir à leur vieux chant parfumé.Sous la statue d’une reine anglaise, on a bombé en lettres noires : « Aux héritiers du vent : prenez garde à la tempête ».Les frères Rose ont été débusqués de leur cachette il y a quelque temps, leur procès ne mérite plus qu'une maigre colonne dans les dernières pages du journal.Espoirs cassés.Pour combien de décennies encore ?Peut-on vivre en contemplant continuellement les éclats coupants de ses espoirs, verroteries dérisoires ?Elle songe au Vietnam, au Pakistan, à l’Afrique du Sud, à Haïti maintenant tyrannisée par un gras fils-à-papa de 20 ans, elle songe à tous ces peuples Voir page A-4 : Promenade 4» ' * LE SILENCIEUX Le Dictionnaire du marginal LA PENSÉE du jour : « Le silence est d’or ».De là que personne ou presque n’ait les moyens de se le payer.Politesse.— Artifice qui consiste à afficher à l’égard des autres une bienveillante indifférence.Projeter.— À « ici et maintenant ».préférer « ailleurs et plus tard ».Gentleman-farmer.— L’aristocrate de la charrue.Hérédité.— Tatouage invisible et indélébile.Gouvernement.— Pouvoir antidémocratique par lequel le premier ministre assujettit vingt ministres qui dominent cent députés.Alarmiste.— Croyant qui professe que, dans l’ordre de la création, les pompiers sont apparus sur Terre avant le feu.Fan.— Imbécile qui en admire un plus grand que lui.ALBERT BRIE CHRONIQUES INTERNATIONALES Gil Courtemanche Gil Courtemanche se montre en même temps tin observateur intelligent et un moraliste rigoureux.Il s'attaque aussi bien à la bonne conscience de l’Occident qu a la démagogie à laquelle s'adonnent trop souvent les médias.304 pages - 24,95$ Un regard lucide, intelligent et courageux sur l’état du monde v t y A-4 ¦ Le Devoir, samedi 29 juin 1991 Six vidéastes retirent leurs oeuvres du Musée du Québec Daniel Carrière DANS UN MOUVKMKNT de solidarité envers Marcel Carrière dont l’oeuvre aurait été à leur avis « censurée » par les responsables de l’exposition, six vidéastes, Robert Morin, Lorraine Dufour, Luc Bourdon, François Girard, Jeanne Cré-peau et Daniel Dion, faisaient parvenir cette semaine à Mme Andrée Laliberté-Bourque, directrice générale du Musée du Québec, des lettres lui demandant de retirer leurs oeuvres de l’exposition en cours Un archipel de désirs : les artistes qué- bécois et la scène internationale.On se souvient que le 3 juin dernier, toute une controverse était née du retrait « temporaire » de l’exposition de deux bandes explicitement homosexuelles du vidéaste Marcel Carrière : Délivrez-nousdu malet Lettre à un amant.Même si, à la suite des pressions de la communauté artistique, les oeuvres, deux jours après leur retrait, avaient été réintégrées à l’exposition, Marc Paradis avait finalement décidé de retirer toutes ses bandes, jugeant que l’institution muséale s’était montrée irresponsable au départ, et surtout que Mme Laliberté-Bourque avait perdu le contrôle de ce qui s’y déroulait.Le commentaire de Louise Déry, conservatrice de l’émission, publié dans LE DEVOIR du 12 juin dernier, suggérant qu’il coulera beaucoup d’eau sous les ponts avant qu’on ne revoit de la vidéo au Musée du Québec tant qu’elle serait en poste, aurait jeté de l’huile sur le feu.Soulignons que Mme Déry est aussi con-servatrive des arts actuels au Musée et conservatrice de sa galerie.De son côté, le vidéaste François Girard affirme que le travail de conservation est bâclé, que l’installation des moniteurs laisse à désirer et que les règles les plus élémentaires de la présentation de vidéogrammes n’ont pas été respectées.Pour avoir vu ses oeuvres exposées dans les plus grands musées du monde, comme tous les vidéastes invités, il s’indigne du traitement que le Musée du Québec fait subir à ses oeuvres.« La censure est inhérente à ce type d'institution, explique-t-il.Il fallait s’y attendre.Mais quand on fait de la censure, on doit être conséquent et l’assumer.Qu’en est-il du véritable respect, ici ?», demande le vidéaste.Luc Bourdon, qui aurait souhaité éviter une confrontation, regrette que l’impasse, créée par le Musée lui-même, ait coupé le dialogue entre l’institution et les vidéastes.Ses propos rejoignent ceux de Daniel Dion qui s’était au départ réjoui de cette percée de la vidéo au Musée.« Cette affaire de censure, dit-il, puisqu’il faut l’appeler par son nom, aurait pu se régler simplement.Il aurait suffi d’un petit geste et d’un peu de bonne volonté de la part de Mme Laliberté-Bourque.» De son côté, la directrice du Musée, rejointe hier après-midi, se dit affligée par « cette tempête dans un verre d’eau ».Elle affirme n’avoir ja- mais posé de geste de censure à l’endroit de Marc Paradis et déclare que toute cette affaire a été causée par des problèmes passagers d’ajustement.« J’ai parlé plusieurs fois à M.Paradis, en essayant de le convaincre de la bonne foi du Musée.En pure perte», soupire-t-elle.Aujourd’hui, Mme Andrée Bour-que-Laliberté faisait parvenir une lettre aux vidéastes démissionnaires se désolant de leur départ, réitérant l’engagement du Musée dans le domaine de l'art vidéographique et taxant toute l’histoire de regrettable quiproquo.SUITES DE LA PREMIERE PAGE + Cessez-le-feu Mais plus d'une heure après l'annonce de ce cessez-le-feu, la radio Slovène faisait état de violents affrontements autour de l'aéroport de Ljubljana et dans la ville de Vrhnika, dans le sud de la république.Le ministère Slovene de l'Information a également accusé l’armée de n'avoir pas respecté la trêve et a mentionné 12 exemples de violation du cessez-le-feu en moins de deux heures.Après l'annonce du premier cessez-le-feu, le ministre de la Défense Slovène, Janez Jansa, avait déjà déclaré que l'armée poursuivait le combat 11 est possible « que l'ordre de cessez-le-feu n’ait pas encore atteint certaines unités.Une autre possibilité est que le chaos règne au commandement central.La troisième est que ce soit faux », a-t-il dit.Les quelque 40 000 hommes des unités de la défense territoriale Slovène ont été soumis au pilonnage de l’aviation, des chars et de l’artillerie de l’armée fédérale.Des bilans non confirmés font état de près de vingt morts au cours des seules opérations d’hier.L’aviation a bombardé au moins quatre objectifs hier : les deux principaux aéroports de la Slovénie, à Ljubljana et Maribor, le poste-frontière de Sentjil, où sept civils auraient été tués, selon des témoins, et un convoi de routiers, près de la ville de Trebnje.Cette dernière attaque aurait également fait sept morts, selon des témoins.À Bleiburg, un autre poste-frontière entre l’Autriche et la Yougoslavie.deux personnes auraient été tuées et plusieurs autres blessées lors d'une fusillade entre l'armée et des unités de la défense Slovène, a rapporté la télévision autrichienne.A Maribor, un policier Slovène a été abattu par l'armée fédérale.L'armée yougoslave a dit avoir perdu quatre hommes jeudi.Le premier ministre Slovène, Lojze Peterle, a par ailleurs déclaré que l'armée yougoslave menaçait d’attaquer une centrale nucléaire en Slovénie, à 100 km de Ljubljana, placée sous protection spéciale, et dont la puissance a été réduite.Devant l'aggravation de la situation.le président Slovène, Milan Ku-can, a demandé par lettre au secrétaire général de l’ONU, avant l’annonce du deuxième cessez-le-feu, une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies pour arrêter •< l’agression » yougoslave contre sa république.Les Nations unies ont confirmé avoir reçu cette lettre.L’intensification des combats a par ailleurs conduit les dirigeants de la Communauté européenne, accusés par les autorités Slovènes et croates d'avoir donné un « feu vert » à la répression en refusant de reconnaître les républiques sécessionnistes.à décider l’envoi immédiat d'une mission de bons offices, qui est arrivée dans la soirée à Belgrade.Les ministres italien, luxembourgeois et néerlandais des Affaires étrangères ont été chargés de convaincs* les parties en conflit d’entamer un dialogue.« C’est une mission de la dernière chance », a déclaré le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jacques Poos.La « troïka » de la CEE devait prôner le rétablissement de l’ordre constitutionnel yougoslave, le respect de l'intégrité territoriale ainsi que des droits de l'homme, et proposer un moratoire pour l'application des déclarations d'indépendance Slovène et croate, en même temps qu’un retour de l'armée dans les casernes.Les dirigeants européens ont décidé de geler l’aide de la CEE à la Yougoslavie, plus d’un milliard de dollars au total d’ici à 1996, si la mission de bons offices échouait, a précisé le chef de la diplomatie italienne, Gianni de Michelis.4 Promenade voulant continuer d’avancer, les pieds ensanglantés.Elle, c’est juste une veine mal tranchée.Il y a de quoi rire.Elle passe sous les arcades de la plus ancienne université de Montréal, voici l’allée des tilleuls d’Amérique aux effluves apaisants, voici les noyers amers et l’exubérance savonneuse de leurs fleurs rosées en grappe, et un peu plus loin, dans un repli du terrain, cette fontaine où trois atlantes nus s’échinent sous une gigantesque conque.La pollution a rehaussé d’une ügne de crasse leurs beaux muscles de marbre; d’un certain point de vue, deux éphèbes se tournent le dos, les traits accablés sous l’eau des jours; d’un autre, la troisième statue fixe la première, et elles échangent un douloureux sourire de résignation.Ou de connivence.Le centre-ville soupire avec une haleme de bière et de terre humide.Elle traverse le campus puis s’engage plus haut, sur le terrain de l’hôpital victorien au nord de l’avenue des Pins.Contre le mur de l’Institut neurologique, un homme adossé sanglote.Râblé, d’une blondeur à faire pâlir l’ombre, il a croisé fort les bras pour contenir en vain sa peine.Quelle perte pleure-t-il ainsi, le visage tout fripé et les paupières fermées dur.Sa fiancée, son meilleur ami, son père ?La fille se tient à ses côtés sans bouger, lui ne la remarque même pas.Le soir autour d’eux a des grâces de chat.Soudain elle lui touche l’épaule, et, casse-cou, elle l’embrasse sur la bouche, si peu, l’effleurement d’une soie.Dans l’azur délavé des yeux du garçon file une éclaircie.À voix basse, elle lui a demandé son nom et son adresse, que, déconcerté, il a griffonnés à l’intérieur d’un carton d’allumettes du Café Baudelaire, à Québec.Brusquement intimidée, elle s'est alors enfuie, plus haut, à travers les stationnements à peu près vides.Elle lui écrira, donc, et il lui répondra, cet étudiant en philosophie, il saura trousser la phrase jusqu’à l’impudique, jusqu’à son coeur, chacune de ses lettres la ravira, elle ne respirera plus que pour l’instant du courrier tombant par la fente de la porte, ses rares amies se moqueront gentiment d’elle et de cet amour de papier, mais au diable les railleries si les heures étincellent à nouveau ! (Six mois plus tard, cet amoureux mourra dans un accident d'automobile, et elle apprendra la densité du silence).Elle s’est arrêtée après avoir franchi une dernière clôture en treillis défonçée, et après avoir dévalé sur le chemin d’asphalte gibeux.Hors d’haleine, elle s’est assise sur une pierre sèche, dans le foisonnement des achilées millefeuilles dont les minuscules fleurettes en flocons soulagent les fièvres tenaces; elle a vu le crépuscule lessiver le ciel de violets et de pourpres, et entendu une grive des bois, cachée très haut, rétorquer gaiement au mélancolique refrain d’un oiseau frédéric.La brunante a envahi le bocage, s’est emparée de son âme.( En août, ici, sous les baisers de l’étudiant, elle salira le dos de sa robe des rousseurs poudreuses des fougères, elle rira sous les coulées de crème de la lune).La pénombre se peuple de chuchotis de feuilles, de murmures d’herbes folles.Tout à coup, un craquement sec, comme celui d’une capsule de verre qu’on aurait brisée en deux, et un relent chimique, huileux et irritant imprègne l’air, stagne : on sniffedu nitrite d’amyle pas loin, on prend tout près des poppers à la fulgurante extase ! Derrière un arbre, deux silhouettes d’hommes, surgis de nulle part, se collent, l’adolescente distingue mal à qui appartient la main qui masturbe; le claquement cadencé des peaux moites, les halètements se voulant discrets semblent recouvrir toutes les rumeurs aux alentours : ce sont peut-être les fantômes de Verlaine et Rimbaud égarés dans cette /U1N3NUS I— vj» v_yi NW DES PRE-ARRANGEMENTS W POIPIFR ! À LA PORTÉE DE TOUS r me.| 727-2847 -r~~- LE TOUT AU MÊME ENDROIT • ( IM IT If Kl • SALLE DE RÉCEPTION • MAUSOI.f i-.• SALLES D’EXPOSITION • COLUMBARIUM «CR ÉMATOIR E • MONUMENTS «CHAPELLE l>RÉPAREZ IA VIE APRÈS LA VIE I OKKI SPONDWr 5 KOMI 11Al II GIORGIO lORlNZETll "SAI.ONS AFFILIES ALX LS A A LS EL ROPE" ( imetiêrc de La\al 5505 Bas Sl-François.Ville Laval Siège wial: 7388 rue Viau.Si-Léonard HIS2N9 Résidences Funéraires: MONTRÉAL K90U.Maurice Duplessis 10526.boul Si-I.uurcni 6520 Si fArnis Il 130 Pic IX 8880.St-Michel 11630 Noire-Dame F ai 7100.Joseph Renaud, Anjou 7388 Viau l-AVAL c I Jw i in I P.ip [ 171.7ç Ave I.Rap |90, l < ^evquc .Pont Viau 24.St-Florcnt Pont Viau splendeur de nuit.Elle s’est éloignée vers l’ange de bronze du parc, qui lui soufflera qu’il reste toujours d’autres envols à goûter.(Vingt ans plus tard, cette enclave de verdure sera devenue un coupe-gorge, et aussi l’antichambre d’un mouroir.Cette fille-là, était-ce-moi ?Maudite question.Je n’en suis plus si certaine.Hier, boulevard Saint-Laurent, j’ai aperçu une femme toute semblable qui courait, échevelée, les lèvres trop maquillées.Nul deuil, nulle joie ne nous appartient, pas plus qu’un fleuve aux cailloux de son lit).4 Mulroney députés et ministres québécois y tiennent mordicus, les militants de l’extérieur du Québec y sont réfractaires.Pour éteindre les feux qui couvent de plus en plus au sein de sa formation, Brian Mulroney a enrôlé cette semaine Hugh Segal, l’ancien bras droit de Bill Davis pendant ses années de gouvernement minoritaire à Queen’s Park et un rouage important de l’ancienne Big Blue Machine ontarienne, comme conseiller spécial; ¦ le consensus constitutionnel des trois partis fédéraux n’existe même pas sur papier.Ainsi, le NPD pourrait encore décider de faire bande à part.Ce qui lui permettrait de tirer librement sur le gouvernement et le Parti libéral.Audrey McLaughlin ne décidera pas avant la fin juillet si son parti participera ou non au prochain comité parlementaire; ¦ alors que s’amorcent 12 mois cruciaux sur le plan constitutionnel, la majorité des provinces promettent d’être dirigées par des gouvernements fragiles, et souvent néophytes.Dans trois provinces, Ottawa ne peut carrément plus compter sur ses interlocuteurs, tous des conservateurs en chemin pour la porte de sortie.D’ici la fin de l’automne, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique seront allées aux urnes.Elles ont toutes les deux de fortes chances d’être prises en main par le NPD.En plus, le gouvernement conservateur de la Nouvelle-Écosse est chancelant.Au Manitoba, la majorité du conservateur Gary Filmon ne tient qu’à une voix, ce qui n’a rien pour le rendre réceptif à des concessions pour le Québec.En Ontario, Bob Rae et son gouvernement naviguent péniblement d’une crise domestique à l’autre.Au Québec, Robert Bourassa est menacé par la montée en popularité du PQ.Et il y aura des élections au Nouveau-Brunswick à l’automne; ¦ finalement, depuis l’échec du lac Meech, tous les efforts constitutionnels du gouvernement fédéral ont mordu la poussière.Par exemple, l’homme qu’il avait mis à la barre du dossier, Gordon Smith, a été relevé de ses fonctions il y a dix jours.Vingt-trois millions de dollars plus tard, le Forum des citoyens a fini ses travaux comme il les a commencés, dans la confusion et les dissensions.Pour ne pas conclure à l’échec du Canada, les 12 commissaires ont dû faire un véritable acte de foi, et avancer qu’un peu plus d’éducation permettrait au reste du pays d’accepter un statut distinct pour le Québec.Quant aux conclusions du comité Beaudoin-Edwards sur la façon d’amender la Constitution, elles sont arrivées trop tard pour influencer le cours des événements.Cette semaine, alors qu’il a fermé ses livres sur la première année de l’après-Meech avec les sombres conclusions du Forum des citoyens de Keith Spicer, le gouvernement sait que si sa prochaine initiative constitutionnelle est reçue dans le même climat, il ne se relèvera pas de la crise actuelle.Techniquement, à la même date l’an prochain, une campagne réfé rendaire sur la souveraineté pourrait en effet être sur le point de démarrer au Québec.Pour la contourner, le gouvernement d’Ottawa devra avoir décidé s’il concrétise son propre projet d’un référendum constitutionnel.Dans tous les cas, Brian Mulroney sera en bout de piste, sur le point de boucler la quatrième année de son deuxième mandat.S’il est toujours au creux de la pente dans les sondages, la patience des conservateurs à CARTES D’AFFAIRES l’égard de son leadership, admet-on au sein du parti, aura atteint ses limites.Malgré tout, à l’instar du printemps dernier, Brian Mulroney partagera presque également son temps en public cet été et l’automne prochain entre l’étranger et le Canada.C’est ainsi que le premier ministre quittera le pays à destination d’abord de l’Irlande, puis du sommet des Sept à Londres dès le 10 juillet.Retour prévu le 27.Et une fois les offres constitutionnelles fédérales sur la table en septembre, Brian Mulroney reprendra le chemin des sommets internationaux.Jean Chrétien de son côté, se promet également un répit.Récemment, le chef libéral a fait entériné sa position constitutionnelle par les militants du Québec, de l’Alberta et de l’Ontario.Il a réaménagé son bureau et mis en place l’équipe qui pilotera sa prochaine campagne électorale.Audrey McLaughlin a le mois de juillet pour donner un sens à la prochaine démarche constitutionnelle de son parti dans la foulée du rejet du concept d'une assemblée constituante.Mais d’ici l’automne, le leader du NPD fédéral va surtout s’effacer devant les vedettes provinciales du parti en Colombie-Britannique et en Saskatchewan, toutes deux sur la brèche électorale.Joe Clark finalement ne prendra pas de vacances.D’ici la fin de juillet, il entend faire entériner à ses collègues ministres l’ébauche de l’offre fédérale.Ils devront sous peu, ont-ils été prévenus, mettre leur signature sur la ligne pointillée et parapher le projet.Surtout qu’au mois d’août, le ministre parcourra les capitales provinciales, en quête d’appui pour ses projets.En plus, le ministre aux Affaires constitutionnelles devra boucler des négociations avec les Premières Nations quant à leur participation à la prochaine opération.Un rapport de l’ex-juge en chef Brian Dickson sur la forme à donner à la commission royale d’enquête sur la question autochtone devrait lui être remis sous peu.4 Ellington cas qui nous occupe, la dame, très perspicace, utilisait un authentique, et fort efficace, éventail aux couleurs toutes chinoises.De ce parfum de femme passons à Andy Summers.Très à l’aise dans ce Spectrum et ce Québec qu’il connaît bien, le premier pour y avoir vécu une soirée inoubliable avec The Police, et le second, rappelait-il à l’auditoire ravi d’une telle connivence, parce qu’il s’y est « gelé l’arrière-train » et qu’il a « combattu des nuées de marin-gouins » entre diverses sessions d’enregistrement au Studio de Morin Heights, Andy Summers a livré dans l’enthousiasme prévu le premier spectacle de sa nouvelle tournée.Qui dit première, toutefois, dit brouillon, et l’on sentait bien qu’un tel cénacle musical évaluait en même temps que les spectateurs l’étendue de ses possibilités.Summers était appuyé majoritairement par les comparses de Charming Snakes, son dernier album, soit le bassiste Darryl Jones et le saxo Bill Evans, tous deux issus de la dure école de Miles Davis, le batteur Chad Wac-kerman ( Frank Zappa) et le clavié-riste Mitch Forman (Wayne Shorter).Si la prestation de cet ensemble s’est avérée quelque peu tâtillonne, voire approximative par moments, la fusion proposée promet.Ce jazz en effet a l’envergure et l’ouverture d’esprit de ses éxéçutants, et les emprunts au Nouvel-Âge, aux rythmes du monde (Mickey Goes To Africa), ainsi qu’au blues psychédélique des années soixante ( The Blues Prior To Richard, une allusion au comédien Richard Pryor), enrichissent et réchauffent considérablement leur signifiant.Il y a un bluesman et un rocker en Summers qui ne peuvent être tus et qui devisaient encore gaiement.Ses séjours au sein des Animais d’Eric Burdon, du Zoot Money Big Roll Band et, à plus forte raison, des Police, ont forgé un style éminemment personnel et inspiré — le copain qui m’accompagnait en parlait comme d’un jeu décoratif —, essentiellement complémentaire et atmosphérique.Comme on a pu le constater une fois de plus, Summers excelle à l’intérieur d’un groupe où il peut s’avancer et se retirer à volonté, lancer ses accords étranges entre les solos et les laisser réverbérer.De fait, à mesure que le concert progressait, les chairs se raffermissaient, et je parierais fort que la salle comble d’hier soir a vu Summers et sa cohorte de virtuoses prendre corps.Il arrive fréquemment que les subtilités d’une production enregistrée n’apparaissent pas après écoute si attentive soit celle-ci.Cette simple vérité s’est encore une fois illustrée hier sur la scène du Théâtre Maisonneuve alors que Jon Hendricks et « sa compagnie » ont donné une prestation magistrale qui, après coup, révèle toutes les nuances de sa dernière production.Il y a peu de temps, la production en question, soit Freddie Freeloader sur étiquette Denon nous était apparue sous les habits du fade professionnalisme.Hier, on a compris, tout simplement, tout bêtement, parce qu’on a VU.Dans la plupart des cas, la vision des vocalises, et des gestes qui ont appuyé celles-ci, a permis de comprendre.De comprendre, et de passer un moment d’autant plus agréable que Hendricks et ses amis ont interprété la trompette de Louis Armstrong, le saxophone de Charlie Parker, le big-band de Count Basie et autres de ces ritournelles qui vous transportent illico à New York.En passant, Jon Hendricks a fait toutes les présentations en français.Même pour nous annoncer qu’il était en train d’apprendre.l’anglais.Faute de temps, de Dave Brubeck, on ne peut — hélas ! — guère témoi gner.A dire vrai, on n’a pu entendre la partie du spectacle au cours de laquelle il était accompagné par une ribambelle de musiciens et chanteurs.Par contre, des pièces jouées en quartette on peut vous assurer qu’elles rappelaient l’époque Paul Desmond.En effet, à l’instar du perfectionniste Paul Desmond, le clarinettiste Bill Smith est un amoureux de ces sonorités qui se conjuguent avec une clarté absolue.Chez lui, les aspérités dans le style ont toutes été gommées.Pour Arturo Sandoval, ce trompettiste de génie qui fut pendant plusieurs décennies maître après Fidel à Cuba, rien ne s’efface et tout s’ajoute à son bonheur contagieux.Passé à l’Ouest (ou, plus précisément, passé à Miami) en juillet 1990 avec femme, enfants et bagages, celui que l’on appelle affectueusement le Gillespie cubain jouit visiblement de sa liberté encore toute fraîche, et son art ne s’en porte que mieux.Au Spectrum hier soir, qu’il relise A Night In Tunisia comme s’il s’agissait d’une nouveauté ou qu’il narre son propre Flight To Freedom à grands renforts d’aigus presque inhumains - sa marque de commerce -, sa joie rayonnait et le public, instantanément conquis, exultait.Cet irrésistible drille, qui passait allègrement de la trompette au flu-gelhorn, du piano aux percussions, et du scat à la .bombarde (un solo ahurissant), aura ébloui et déridé d’un même souffle libérateur.Samba, blues, bossa-nova, bebop, tout lui servait à susciter sueurs et sourires.Comme il l’avouait en espagnol : « il fait chaud comme à Cuba ».Son Cuba d’aujourd’hui, c’est le monde.De tous les guitaristes ayant émergé à la fin des années 40, Barney Kessel est le plus paradoxal.En effet, si bien des artisans de la six cordes considèrent Kessel comme le plus doué de sa génération, ce dernier n’en demeure pas moins inconnu du grand public.Héritier direct du grand Charlie Christian, Barney Kessel est un guitariste pour lequel finesse et subtilité sont les règles formelles à partir desquelles il construit ses accords.Ce soir, la finesse sera au Spectrum de Montréal.Elle sera accompagnée par la contrebasse de Dave Young, ce gentleman de Toronto qui a fréquenté pendant longtemps le pianiste Oliver Jones.Depuis quelques jours, la collection Découvertes, de la maison d’édition Gallimard, propose un ouvrage intitulé L'épopée du jazz.1/Du blues au bop.Extrêmement bien illustré, ce bouquin de 160 pages est un excellent ouvrage de vulgarisation.Il porte les signatures de Franck Bergerot et Arnaud Merlin.Dans ce livre, on a relevé une juste, une pertinente observation.La voici ; « Swing ! Mot intraduisible qui désigne le trait le plus tangible du jazz, et le plus discute ».Comme l’affirme une composition de Duke Ellington : It Don't Mean A Thing I fit Ain’t Got That Swing.Comme quoi, on commence avec Duke et on termine avec lui.Pas de DEVOIR lundi LE DEVOIR ne sera pas publié lundi, jour de la Fête du Canada.Nous retrouverons nos lecteurs mardi.Bon congé ! 30 juin par la PC et l'AP 1988: l’archevêque tradilionnaüste Marcel Lefebvre défie le pape et consacre quatre évêques, ce qui entraînera leur excommunication.1984: le président bolivien llernan Siles Zuazo, enlevé, semble-t-il, au cours d’une tentative de putsch, est libéré le même jour.1981: les postiers canadiens commencent une grève qui durera 42 jours.1976: des photographies de Mars, prises par une sonde américaine, montrent que de l’eau a existé autrefois en abondance à la surface de la planète.1974: en tournée américaine, l’étoile de ballet soviétique Mikhaïl Baryshnikov fait défection à Toronto.1971 : les cosmonautes soviétiques Dobrovski, Patsaiev et Volnov meurent au retour du voyage de 24 jours de l’espace, tués par une brusque dépressurisation de leur cabine Soyouz.1965: un cessez-le-feu est signé entre l’Inde et le Pakistan.LE DEVOIR Renseignements.(514) 844-3361 TfS \ Administration.(514) 844-3361 DE o°nS LUNDI \ -— nUvERTs DU l eD| \ Rédaction.(514) 842-9628 AU^ 116H3®\ dE 9H0° a Annonces classées.(514) 286-1200 Publicité.(514)842-9645 numéro sans frais.1-800-363-0305 Abonnements Les numéros de téléphone suivants sont valables pour le service de livraison par camelot et pour les abonnements postaux.Montréal.(514)844-5738 Extérieur (sans frais).1-800-463-7559 Service à la clientèle LE DEVOIR 211, St-Sacrement, Montréal QC H2Y 1X1 ROBIC Fonde en 1B92 55 St Jacques Montreal, Quebec Canada.H2Y 3X2 Télex 05 268656 Fax: 1514) 8<5 78M Tél 15141987-6242 Agents de brevets d'invention nt de marques de commerce Nom n Vous Adrpssp artiipllp 1 déménagez?Évitez de vous priver temporairement de votre DEVOIR.Faites transférer votre abonnement dès maintenant.Votre DEVOIR 1 i Code postal Nn tél l NoiivrIIr adrpssp 1 | Onrifi postal Nn tél Date de déménagement déménagera en même temps que les vôtres.; le devoir Remplisse/ et retourne/ le coupon réponse <1 LE DEVOIR, service «1 la clientèle 211 St-Sacremenl, Montréal H2Y 1X1 Mil (514) 844 5730 — Ext 1 000-463-7559 1 1
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