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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-09-14, Collections de BAnQ.

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• le plaisir des mes LA PLUS GRANDE LIBRAIRIE FRANCOPHONE D'AMÉRIQUE" I’.Vcnnat, La Presse 4.180 ST-DENIS, MONTREAL H2J2L1 TEL.(514)844-2587 GrTF Montréal, samedi 14 septembre 1991 Romanciers, nouvellistes, poètes, les auteurs de la rentrée 91 Hervé Guay SIGNE des temps ou coïncidence, la rentrée littéraire attire d’abord l’attention avec-deux publications posthumes d’importance, toutes deux éditées chez Leméac.D’abord et avant tout, un roman inédit d’Hubert Aquin, écrit en 1959, cinq ans avant Prochain épisode, et au titre très durassien : L invention de la mort.Hubert Aquin avait l’intention de détruire ce manuscrit, lequel, sans aucun doute, aurait fait scandale si on l’avait publié aux derniers jours du duplessisme.Un journaliste jaloux se raconte.Ses premiers mots : « Tout est fini.» Ensuite, le journal qu’Alice Parizeau a commencé à tenir au printemps 1988 après qu’on lui eut appris qu’un cancer la rongeait, une femme.L’irrévocable tient aussi beaucoup de place dans ces mémoires de l’écrivain condamné, dont le DEVOIR a publié une page dans son édition de samedi dernier.Elle écrit : « Je ferme les yeux et à nouveau je me mets à dérouler l’écheveau du passé.» Profitant de l'occasion, on suppose, les éditions Pierre Tisseyre remettent sous presse les trois romans les plus populaires de l’auteur des Lilas fleurissent â Varsovie, en format de poche cette fois-ci.Au demeurant, la littérature québécoise se porte mieux que jamais.Du moins si on en juge par le nombre d’écrivains confirmés qui annoncent un nouvel ouvrage à l’automne.Littérature et médias Les écrivains oeuvrant dans le monde des médias prédominent chez les éditeurs en cet automne 91.De la télé, Dany Laferrière, qui a fait partie de La bande des six, sort un troisième roman, L'odeur du café.Celui-ci profitera probablement de tout le tapage qui a entouré son premier livre de même que le film qui en a été tiré, Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer.De la radio (CBF Bonjour), le moins coloré Gilles Archambault continue son petit bonhomme de chemin en signant Les choses d'un jour qui raconte, « sur fond d’été et de jazz », comment une jeune fille bouleverse la vie d’un écrivain dans la cinquantaine.Comme toujours, la presse écrite fournit un bon nombre d’écrivains à nos maisons d'édition.Après Nathalie Pétrovski l’an dernier, voilà que Boréal s’empare du premier roman que commet le rédacteur en chef de Voir, Jean Barbe.L’ouvrage a pour titre Les soupers de fêle.Au menu, amour et amitiés retrouvées.De La Presse tout court, maintenant, Jacques Folch-Ribas y est allé de son deuxième récit en autant d’années.Robert Laffont le publie à nouveau.Ça s’intitule Première nocturne, et Jean Basile l’a déjà commenté dans nos pages samedi dernier.Enfin, de la revue Liberté, François Ricard dresse un portrait de La génération lyrique.Tel qu’on pouvait s’y attendre, LE DEVOIR ne manque pas à l'appel.Anciennement des pages littéraires, Jean Royer, à présent à la direction littéraire de l’Hexagone, y fait paraître un récit autobiographique, La main cachée, qui sera suivi de deux autres titres pour former un trypti-que.On pourra aussi lire, réunies chez Quebec-Amérique, les 11 nou- velles parues les samedis à la une du journal au cours de l’été.Le point de départ de ce collectif dirigé par Robert Lévesque vient du vers de Rimbaud : « On n’est pas sérieux quand on a 17 ans»; d’ou son appellation, Avoir 17ans.Les carnets d’Yves Navarre, baptisés La vie dans l'âme, seront également disponibles en librairie sous l’étiquette VLB.Vedettes Si les médias font bonne figure dans cette rentrée, les vedettes de la littérature ne sont pas loin derrière.En première ligne, Suzanne Jacob, chanteuse convertie au roman et à la poésie.Elle y va de son troisième titre au Seuil, L’obéissance.Elle y fait le procès du couple ordinaire (voir la critique de Jean Basile en page C-3).Pas loin derrière, Anne Danaurand, autrefois comédienne, s’attaque par le biais d’un recueil de nouvelles aux injustices et aux barbaries.Petites âmes sous ultimatum est publié chez le spécialiste de la nouvelle, XYZ.Notons au passage que le court récit maintient sa cote de popularité cette année encore.À surveiller, le ' deuxième recueil d’un jeune auteur qui se spécialise dans le genre, Claude-Emmanuelle Yanee.Boréal j imprime son Alchimie de la douleur.Il y a quatre ans, elle s’était mérité le prix Adrienne-Choquette.Le fantastique, on le sait, s’accommode fort bien de la nouvelle, témoin Esther Rochon qui a placé Le piège à souvenirs aux éditions de la Pleine Lune.Poursuites Cette rentrée fourmille également d’auteurs à suivre.Le fils Aquin, incidemment, Emmanuel de son prénom, est de ceux-là.Désincarnations, suite A' Incarnations — première oeuvre prometteuse parue la saison der- nière — vient de paraître chez Boréal.Il y est question d'un enfant aux prises avec un cerveau trop évolué pour son corps.Second roman aussi pour Lise Ha-rou, au titre parlant, Un enfer presque familier.C’est édité aux Herbes Rouges.Du côté des écrivains de fiction plus aguerris, Paul Zumthor, François Barcelo, Jean O’Neil et Jean-Marie Poupart reviennent avec un roman chacun.Et, pour ce qui est du théâtre, la co-édit ion permettra aussi à plusieurs oeuvres de Michel Tremblay (le cycle des Belles Soeurs) et à la dernière pièce de Normand Chau-rette (Les Reines) de se retrouver dans les librairies françaises puisque Actes Sud s’est associé à Leméac pour favoriser leur passage outre-Atlantique en même temps que ces livres sortent ici.Boréal s’implique pareillement dans ce domaine en créant une collection théâtrale, dirigée par Marie Laberge.Sa pièce la plus récente, Le faucon, qui sera créée à la Compagnie Jean-Duceppe cette saison, en sera la première entrée.Anniversaires Reste la poésie dont deux maisons d'édition célèbrent cette année leur anniversaire, Le Noroît et les Écrits des Forges.Claude Beausoleil se fait d’ailleurs publier celte saison dans les deux maisons.Encore ici, il y a l’embarras du choix.Pensons quand même à Jean-Paul Daoust, prix du Gouverneur général l’an dernier.Son recueil, à paraître au Noroît, s’appelle Les poses de la lumière.Dans le giron du même éditeur, Claudine Bertrand, Hélène Dorion et Jocelyne Felx ajoutent un volume à leur oeuvre.Aux Forges, mentionnons, entre autres, un recueil de Robert Lalonde, Baie de feu, tandis que les éditions du Remue-Ménage n’en impriment qu'un d'ici janvier, le quatrième de Louise Cotnoir, Asiles.De plus, une édition critique des poèmes de Nelligan sort chez Fides, tradition oblige.Paul Wyscinszy de l’Université d'Ottawa, en est responsable.Dans la même veine, une foule de rééditions majeures sont prévues.En particulier, à l’Hexagone, où L'homme rapailléde Miron, L'âge de la parole de Roland Giguère, Pré sence de l'absence de Rina Lasnier et le journal de Saint-Denys Garneau seront dorénavant disponibles en format poche Typo.Voir page D-4 : Rentrée 91 PHOTO JACQUES GRENIER Edgar Morin EDGAR MORIN Observateur d’un monde complexe UN NOUVEAU COMMENCEMENT Edgar Morin en collaboration avec Gianluca Bochi et Mauro Ceruti Seuil, Paris, 1991, 217 pages AUTOCRITIQUE Réédition avec une nouvelle préface Seuil, Paris, 1991, 263 pages INTRODUCTION À LA PENSÉE COMPLEXE Edgar Morin ESF, Paris, 1991, 158 pages Heinz Weinmann LE PUTSCH manqué du 19 août en U RSS et la révolution contre-révolutionnaire qu’il a entraînée ont prouvé encore à satiété la futilité d’un journalisme en direct — poussé jusqu’à la caricature par CNN —, qui nous jette plein les yeux et les oreilles d’images et de commentaires sans nous informer au plein sens du mot, puisque ces « informations » live nous arrivent mor-tes-nées, coupées de leur contexte culturel, socio-historique.Mieux vaut alors un regard éloigné des théâtres d’opération, mais conscient de la complexité du monde, que ce regard « en direct » simplificateur, mutilant.Évidemment, si ces deux regards — le loin et le proche — se conjuguent, quelle vision panoramique ils nous donnent ! Voila le regard d’Edgar Morin, observateur privilégié de notre monde complexe, en mutation rapide.Libre à chaque lecteur alors d’emprunter ce regard puisque Morin j dans Un nouveau commencement le ! jette sur l’Europe, sur l’URSS, sur la planète toute entière par le biais du « regard écologique », enfin sur notre rapport avec l’univers.Car, comme Hubert Reeves, il n’oublie jamais que nous sommes des « enfants du cosmos », « poussières d’étoiles ».Le regard d’Edgar Morin est né- j cessairement orienté, aiguisé par sa Méthode — dont on nous annonce d’ailleurs la publication du 4e volume —, véritable initiation à une vision du monde, une Weltanschuung complexes.C’est pourquoi, partout où il regarde — politique, cinéma, anthropologie, épistémologie —, Morin ! combat, corrige les méfaits de ces , « bouchers disciplinaires » qui équa- ; rissent, réduisent les phénomènes humains, originellement interreliés dans l’« unité de l'homme ».Comme Morin l’affirme avec force dans son Introduction à la pensée complexe — excellente introduction aussi à la pensée de La Méthode pour ceux et celles qui ne l’auraient pas encore abordée — « toute ma vie je n'ai pu me résigner au savoir parcellarisé, je n’ai jamais pu isoler un objet d’études de son contexte, de ses antécédents, de son devenir.J’ai toujours aspiré à une pensée multidimensionnelle.» Un nouveau commencement est composé d'articles, pour la plupart publiés dans Le Monde entre 1988 et 1990, de quatre textes inédits, Repenser l'Europe fait en collaboration avec deux jeunes « morinologues » italiens, Gianluca Bochi et Mauro Ceruti, alors que « 1992 : la maison commune à inventer », « De la fin de l’histoire à l’écologie de l’histoire » et « Les nouveaux jeux planétaires » ont été écrits par les chercheurs italiens, avec de fines analyses sur la planétarisation des cultures.Les auteurs, en somme, observent avec lucidité notre Histoire qui s’est tout d’un coup mise en mouvement après plus de 40 ans de stagnation dans les «congélateurs» de la « guerre froide ».L'Histoire s’est réchauffée — comme d'ailleurs toute notre planète —, elle s’est mise en ébullition.Tout a commencé en 1989, année du bicentenaire de la Révolution française.Justement, Morin consacre une réflexion stimulante (« 89 | regénéré ») à l’image de la Révolu-; tion française à travers l'Histoire.Il montre très bien comment chaque Voir page D-4 : Morin Et le Plaisir va 7 XOL VEAU, le cahier litté-raire du DEVOIR vous revient * -¦- avec le café du samedi matin, toujours â l'enseigne du Plaisir des j livres.Un cahier qui va son bonhomme de chemin avec deux relèves ; importantes, au carnet littéraire et à | la chronique poésie.En effet, après un remarquable parcours d'un an en 52 carnets, l'écrivain Yves Xa va ne, ses chats Tybalt et Tibère, tirent leur révérence (ce matin en page C 10) et dès samedi prochain la romancière Andrée Maillet, prix David 1990, eut reprendra à son tour 52 carnets, à l'enseigne des « choses écrites ».La formule du carnet annuel au Plaisir des livres est maintenant établie et Ton peut vous annoncer qu'après Mme Maillet, Ma J l ie-Claire Blais entreprendra il son j tour en septembre 92 « ses ('amets | du DEVOIR ».Le poète Jean Royer, maintenant directeur littéraire à l llexagone, quille aussi nos pages et il s'en explique dans un texte d'adieu en page ( '-2.La chronique « poésies », au pluriel ouvert sur les genres et les pro venances, sera tenue dorénavant par j Jean-Pierre Issenhuth, qui s'est fait ] connaître à la revue Liberté.On trouvera sa première chronique en I page C-7.On a lu â l'occasion la saison dernière quelques chroniques sur les es-\ sais québécois signées Robert Sa-I letti.Elles seront hebdomadaires à compter d'aujourd'hui, et on les re-\ trouvera en page ( '-4.Du côté des essais, du philosophique au politique, on lira aussi les « papiers » dHeinz Weinmann, de Marcel Fournier, de \ Jocelyn Coulon et de François B rousseau.La chronique des lettres québécoises, en page C-3, est toujours assumée par Jean Basile.Pour le se-I couder à la recension la plus vaste du roman et des nouvelles d'ici, un nouveau venu, Louis Cornelier.Au feuilleton, Lisette Morin pour-| suit la revue des ouvrages romanesques français, observant de près les ! éventuels canadidats â la course aux | prix de l'automne.On aura remar-| i/iié, depuis la saison dernière, les signatures sang neuf de Francine Bor-deleau, Bertrand Pirel, Hervé Guay, J qui vont continuer de causer littéra-1 lure, ratissant l'Europe, avec Christian Mistral qui s'attardera à la lit-| térature russe et Diane-Monique Da-viau aux lettres germaniques.Lise Gauvin s'intéresse à celles de la francophonie hors France, et Jean Jonassaint à celles du Tiers-monde.Du côté de l'Amérique, Jean-François Chassay continuera de lire pour \ vous (suggérer) le roman états-un ien.Et à l'enseigne de l’énigmatique Trufo Misto, le polar sera passé au peigne fin tous les deux samedis.On trouvera aussi une petite chro-! nique nouvelle.Poste restante, où André Girard recensera les récits de voyage et autres pérégrinations écri-S tes.Dominique Demers continuera de tenir la rubrique de la littérature-jeunesse, et Pierre Lefebvre celle de la bande dessinée.Des vitrines du livre universitaire (Clément Trudel) et du livre pratique (Renée Rowan ) vous présenteront un éventail despu-j blications dans ces domaines.Des interviews avec les écrivains I québécois ou étrangers vous seront \ régulièrement proposées, signées par une équipe qui comprendra Odile Tremblay, Nathalie Petrowski, Jean Basile, liervé Guay et d'autres.A la une, signés par l'un ou l'autre des membres de cette équipe, on trouvera à chaque semaine la présentation d'un grand écrivain, à l'occasion d'un anniversaire, de la sortie d'un livre majeur, d'une biographie ou pour survoler une oeuvre complète.Dès la semaine prochaine, ce sera Marcel Proust, et dans les semaines qui suivront le Plaisir des livres célébrera entre autres Hubert Aquin, Henry Miller, Sigmund Freud, Lovecraft, Marguerite Duras, Jean Genet, Pier Paolo Pasolini, Colette, Antoine Blondin, Jean-Jules Richard, Suzanne Jacob, Flannery O'Connor, Sacher-Masoch, etc.Quant à moi, qui m'amuserai à gérer le Plaisir, je reprend la signature d'un bloc-notes en page C-2.Bonne saison, bons samedis matins.— Robert Lévesque histoire a Bo\duC lull»1'' o»y .UneWtsiotre nfln UH' Pierre Day UNE HISTOIRE DE LA BOLDUC Une histoire, entremêlée d’anecdotes, de légendes et d'entrevues, où La Bolduc, musicienne et chanteuse populaire, nous est racontée comme un beau roman d’amour.Avec, en prime, huit pages de photos.132 pages — 15,95$ vlb édi'be UP DEELA GRANDE LITTÉRATURE C-2 ¦ Le Devoir, samedi 14 septembre 1991 • le plaisir des ivres Les grands cimetières sous la lune Robert LÉVESQUE Le a Bloc-notes 1959 : Sarraute publie Le Planétarium, Stockhausen crée Kontukte, Hitchcock et Godard lancent l.u mort aux trousses et A bout de souffle, on oublie l'Autriche et Duplessis s’en va pêcher à Shefferville.À Vienne, à la chronique judiciaire d'un quotidien, Thomas Bernhard écrit un long manuscrit qu’il ne publiera pas.A Montréal, un employé de l’( >N F en fait autant.Il s'appelle Hubert Aquin.Son texte ne sera jamais édilé de son vivant.1091 : ces textes-là sont publiés.Chez Ciallimard, deux ans après la mort de l’Autrichien Thomas Bernhard, on lance en juillet et sans bruit un livre percutant, Dans les hauteurs, ce premier texte de Bernhard et sa dernière publication puisqu’il y travailla avant de mourir.Chez Leméac, 19 ans après son suicide, voilà ce premier roman d'iluberl Aquin, I.'invention de la mort.Pourquoi les mettre côte à côte, ici Coïncidence d'édition ?Sans doute plus que cela.Ces deux-livres-là parlent de la mort, ils sont lait avec des rages de plume exceptionnelles, celui de Bernhard à la limite de la perfection (il l'a retravaillé avec la maîtrise d'un écrivain majeur), celui d’Aquin avec des naïvetés désuètes, une indécision El.Thomas Bernhard de style embêtante, mais dans L'Invention de la mort comme dans Dans les hauteurs la littérature se fait à vif, on écrit et crie, une poésie vitale circule dans ces veines d’imaginaires situations où la misère affective étouffe, bloque, tue l'espoir.A Vienne, Thomas Bernhard, avec-un lyrisme haineux exceptionnel, conspue déjà l’Autriche non dénazifiée qui sera le grand accusé de son oeuvre imprécatoire.Il place, en constructiviste astucieux, des personnages et des lieux qui témoignent d’un monde désert dans lequel la conscience du vide se fait jouissance de mort.À Montréal, Hubert Aquin, avec un faux détachement et un vrai désespoir, écarte les imbéciles tabous catho-duplessistes qui l’oppressent mais n’arrive pas à les éliminer vraiment.Mission impossible ici en 1959.Il aime donc écrire le trajet final d'un homme qui, las des hypocrisies et des scotch, dans ce monde éteint, sait exactement où il conduira sa voiture, à ce parapet de Beauharnois, à toute vitesse, sans freiner.Ta littérature est la plus grave activité de l’homme.T’écrire ou la lire, la mort, amènent à crever des abcès d’inconnu, à dépasser des peurs, à imaginer plus loin que nous aujourd’hui des états arides où pousse la flore dangereuse qu’on exorcise, qu’on amadoue, en intelligence.On peut savoir (voir ça) mourir en lisant, et ce mourir enlisant éprouve toutes morts.Bernhard et Aquin en savaient quelque chose.Comme le personnage de L’Invention de la mort aime utiliser sa mort au-delà du parapet de Beauharnois, la voulant énigme (on ne saura pas que c’est un suicide, il conduisait imprudemment), celui de Dans les hauteurs l’amadoue en la magnifiant par son contraire, cet étrange attrait-résistance qu'il a et offre envers « le » lieu : « oh mon Dieu, pourquoi suis-je tout le temps dans les cimetières ?», puis « le besoin de courir jusqu’aux tombes et sur les tombes de me geler comme un chien ».Je tiens Thomas Bernhard, autant vous le dire, pour un des plus grands écrivains.Je tiens Aquin pour l’écrivain le plus pathétique qui ait vécu au Québec.Cuba coule en flammes au milieu du lac Téman — celte première phrase de Prochain épisode est stupéfiante de lyrisme, et l’oeuvre qui suivra, interrompue par le suicide dans les jardins de Villa Maria en 1977, est une oeuvre incomplète, parcimonieuse, le fait d'un homme que la haine a emporté.Aquin a vu, éclair fatal, la petitesse d'un monde, le sien, le nôtre, et il n’a pas fait confiance à la littérature.Bernhard fait confiance.Il sait la curiosité à vivre une fois.Te suicide décrit par l'écrit : bien-être.Dans ce texte de 1959, il est déjà, au contraire du dépeupleur Beckett, le peupleur qui fait la multiplication des mots, il peuple le monde d’injures, il va au radotage, il en respire; ses personnages parlent tous les mots de leurs pensées comme on pleure toutes les larmes de son corps.Il y a là la joie tragique, celle qu’Aquin 'n’a plus voulu vivre, rejoignant trop vite les grands cimetières sous la lune.?Dans les hauteurs, Thomas Bern-hard, Gallimard, 1991.L’invention de la mort, Hubert Aquin, Teméac, 1991.Autre devoir, même plaisir Jean Hover APRÈS 28 années de journalisme culturel et littéraire — dont 14 passées au DEVOIR, j'ai accepté une nouvelle mission éditoriale : celle de la direction littéraire de l'Hexagone.Je fais donc mes adieux aux lecteurs de ces pages, sans les quitter tout à fait.Je reste en üttérature et du côté des écrivains.Mais je sais bien que je quitte pour de bon le journalisme, ce lieu privilégié de ma présence à la littérature et surtout à des lecteurs qui, rencontrés au fil des jours, n’ont jamais cessé de soutenir mon travail.J'avais quitté l’université pour le journalisme, au début des années 1960.par enthousiasme pour la culture du Québec qui se déployait.Il me fallait faire connaître au plus grand nombre notre littérature.Tout au long des ans, j'ai voulu rester fidèle à une conception pédagogique du métier de journaliste et de critique.Ma propre éducation en matière de culture québécoise, je l’ai reçue, adolescent puis étudiant, de ma lecture quotidienne du DEVOIR.En ce temps-là, la critique ne se donnait pas en spectacle ni en dogmes mais se faisait fort de situer une oeuvre et de l’analyser, avant de la juger.Aussi, quand on m'appela au DEVOIRen janvier 1978, j'ai voulu prendre la suite de ce souci pédagogique qui, selon moi, doit présider au journalisme culturel.Mon passage au DEVOIR m’a procuré les plus grands plaisirs.J’en remercie les artistes, les écrivains et les lecteurs, mais aussi ceux de ce journal qui, comme Michel Roy qui m’accueillit et comme Robert Té-vesque aujourd'hui, ont soutenu mon travail et compris mon choix de faire ce que j'appelle une critique d'accompagnement.Dorénavant, je serai donc éditeur.J’aborde modestement ce nouveau métier, qui ne m’est pourtant pas étranger.J’ai édité une revue ainsi que l’hebdomadaire « Culture & société» du DEVOIR.Surtout, j’ai toujours été fasciné par les lieux d’où s’anime la culture.En édition, j’apprendrai de plus près à côtoyer les écrivains et, par conséquent, à les rapprocher le plus possible de leurs lecteurs et de l’idee qu'on peut se faire d’un monde mieux habitable.Car, pour moi, c’est la culture qui contient le politique, et non l’inverse.Chose certaine, passant du jour- : RIT S DES FOROIS POÉSIE.éditeur de poésie depuis 1971 1497 Laviolette, C.P.335, Trois-Rivières G9A 5G4 Tél.: (819) 379-9813 -Téléc: (819) 376-0774 Atwood Margaret et Villemaire Yolande Beaulieu Germaine Beaulieu Germaine Beausoleil Claude Blouin Louise Bonenfant Réjean et Gaudet Gérald Cadet Maurice Charron François Chiasson Herménégilde Cliche Mireille Daoust Jean-Paul Dargis Daniel Dobzynski Charles Frenette Christiane Guillevic Lambersy Werner Laederacn Monique et Duval Jean Lalonde Robert Martin Yves Paquin Louise Piché Alphonse Pozier Bernard Renaud Thérèse Richer Luc Sabate-Berian Hélios Venaille Franck Collectif Lèvres urbaines = 20 Réelle distante Voie lactée Le dormeur Des mots pour rêver (coédition Éditions Pierre Tisseyre) Dictionnaire des écrivains de la Mauricie Haute dissidence L'intraduisible amour (Coéditions Le Dé Bleu et l’Arbre à Paroles) Autrefois Jours de cratère PRIX DE POÉSIE OCTAVE-CRÉMAZIE Les cendres bleues PRIX DE POÉSIE DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL Déchirures Les heures de Moscou Le ciel s’arrête quelque part Lyriques Géographies et mobiliers Lèvres urbaines = 21 Baie de feu La mort est méconnaissable PRIX APOLLINAIRE-1991 Éclats de la cité Néant fraternel (coédition CEC Koudhia) Les poètes chanteront ce but Jardin d’éclats Stanley Regard Tendres chairs Le sultan d’Istambul (coédition Salvy) La poésie au Québec-1990 (coédition Collège de Joliette 6,00$ 10,00 $ 10,00 $ 10,00 $ 7,95 $ 1 5,00 $ 6,00 $ 1 5,00 $ 10,00 $ 6,00$ 10,00 $ 10,00 $ 1 2,00 $ 6,00$ 1 2,00 $ 15.00 $ 6,00 $ 6,00 $ 1 2,00 $ 6,00 $ 10.00 $ 1 0,00 $ 6,00 $ 1 2,00 $ 6,00 $ 1 5,00 $ 1 5,00 $ LA JEUNE POESIE Beauchamp Louise Pièges 6,00 $ Collectif Des Forges — 32 6,00 $ Cholette Mario La nuit tourne sur elle-même 6,00 $ Duval Jean Un théâtre obscur 6,00 $ Guimond Daniel Continuum 6,00 $ Monette Hélène Lettres insolites 6,00 $ Perron Jean Ce qui bat plus fort que la peur 6,00 $ LA POÉSIE CASSETTE ET LE POÈME-AFFICHE Beausoleil Claude Ville concrète (Cassette audio) 10,00 $ Brossard Nicole Amantes (cassette audio) 1 0,00 $ Kurapel Alberto Confidencial/Urgent (cassette audio) 10,00 $ Micone Marco Speak what (affiche) 5,00 $ nalisme à l’édition, je reste du côté des écrivains.Je les accompagne autrement.Nos entretiens demeureront privés mais je reste « le premier lecteur », celui qui les aidera à mener leur texte jusqu’au public.Un autre devoir me convoque; le même plaisir m’attend.Car, en littérature, la vérité n’appartient pas à la critique mais à la question posée par le livre — poème, fiction ou essai.En somme, je m'en vais apprendre la vie, la littérature, d'un autre lieu, mais le plaisir des livres reste le même.D’une certaine façon, je me rapproche de mon projet personnel d’écriture.Je serai privé dorénavant de ma signature hebdomadaire ou quotidienne rejoignant d'un coup des milliers de lecteurs.Cette sorte de stimulation me manquera.Mais ce sera, je l'espère, au profit d’une écriture moins éphémère, d’une suite de livres où je voudrai témoigner en écrivain de ma façon de voir le Québec et le monde.Car je sais maintenant que la culture québécoise existe et qu’elle n’a plus à donner d’autres preuves que des oeuvres issues de son présent et des « âmes » qui l’habitent.Puis-je vous confier, en terminant, que je n’abandonnerai pas ma devise de journaliste en devenant éditeur ?Certes, je n’oublierai pas cette phrase de mon maître, l’écrivain Georges Perros : « Je ne dirai jamais de mal de la littérature.Aimer lire est une passion, un espoir de vivre davantage, autrement, davantage que prévu».L’HOMME DANS LE PLACARD Roch Carrier Stanké, 1991, 168 pages.Un nouveau roman de l'auteur de La guerre, yes sir!.Une histoire policière en vingt chapitres.Te retour d'un écrivain (devenu directeur du Collège militaire de Saint-Jean) qui n’avait rien publié depuis quatre ans.ROCH CAR 0W le cinéma direct, le cinéma au féminin, et les nouvelles règles du jeu imposées par la télévision et les super productions.MARCEL JEAN Le Cinéma québécois • ’C.'p: '¦ peè VARIATIONS AUTOUR DE K Pour une lecture juive de Franz Kafka Taurent Cohen Intertextes éditeur, Paris, 1991, 145 pages.Kafka inscrit dans la littérature allemande ou la littérature juive ?Constatant que l’aspect judaïque de l'oeuvre de l’auteur du Procès est évacué par la critique, Taurent Cohen tente de décrypter ces éléments juifs qui sont au coeur des principaux textes de Kafka.On y trouve des repères biographiques jusque là inexplorés, des analyses littéraires et un essai sur l’attitude religieuse de l’auteur de La Métamorphose.LAURENT COHEN Variations autour de K.Pour une lecture juive de From Kafka ISLAM ET POLITIQUE au Proche-Orient aujourd’hui Un collectif dans la collection Te Débat Gallimard, 1991, .158 pages.Ta guerre du Golfe suscite une demande d’informations et de compréhension en profondeur sur le Proche Orient.Ta revue Te Débat a publié depuis 1980 une grande quantité de textes éclairants sur cet univers de civilisation dont l’articulation entre islam et politique demeure un point d’interrogation.Voici réunis la plupart de ces textes, mis à jour et complétés par des analyses axées sur l’actualité.ISS m&T 4i Codecfion Horeons Inlertextes éditeur LE CINÉMA QUÉBÉCOIS Marcel Jean Collection Boréal Express 1991, 124 pages.Un fascicule qui retrace tout de même rien de moins que l’histoire de la création cinématographique au Québec.T’ex-critique de cinéma au DEVOIR, Marcel Jean, présente entre autres le rôle du documentaire dans la création d’un cinéma de fiction, le portrait du soutien d’état dans le développement de l'industrie, le débat SLAM ET POLITIQUE AU PROCHE-ORIENT AUJOURD’HUI HAMiD AL4AR HIC Ht U OjAIT EL1E 00 pages, les thèmes foisonnent.Ce sont l’urbain et le poème, le poème et l’urbain, le réel, urbain du poème, le poème du désir urbain du réel, le réel du poème urbain du désir, le désir de réel du poème urbain du rêve, le rêve.Beausoleil constate : je parle je répète je déplace / et c'est toujours autre chose qui apparaît.C’est une définition du bavardage.Il écrit encore : pour dire le peu qui reste, il faut beaucoup de mots.C’est une définition de l’inflation.Beausoleil ne manque pas de tempérament, d’énergie, de souffle, mais une confiance naïve dans les « poussées de langages » parait l’emnecher de s’arrête!' sur sa pente, et a plus fort?raison de la remonter.Un syscrétisme bizarre règne sur les exergues où cohabitent, pêle-mêle, Dante et Yolande Villemaire, Paul-, Marie Lapointe et Nicole Brossard, Celan, Bonnefoy et Pamphile Le May.La poésie de Beausoleil se veut formelle ouverte ou en rupture, indirecte structurée mobile.Il souhaite écrire par romantisme / des structures décriées / des collages fin de siècle.Voilà les principes.L'ennui, c’est « le peu qui reste », une fois traversé ce Niagara de clichés grandiloquents, de tics à répétition et d’enflure brouillonne.Il me semble qu'un éditeur devrait discuter ce bavardage avant de l’imprimer.On peut toujours éluder la responsabilité du choix en disant : « l’avenir triera ».C’est placer l’avenir devant une impossibilité : comment trier l’eau d’un robinet ?Ce livre, comme d’autres, pose la question de la publication galopante.•< Publiez un recueil tous les deux ans, dit-on, sinon on vous oubliera ».11 vaut mille fois mieux être oublié que faire rétrécir sa peau de chagrin à la force des poignets, en produisant contre le temps et le renouvellement qu’il apporterait.Une£ ALICE Jemme PARIZEAU Alice Parizeau UNE FEMME NOUVEAUTÉ François Piazza LES VALSEUSES DU PLATEAU MONT-ROYAL De l’amour aveugle à la baise-secours, en passant par l’orgasme de Charlotte, l’auteur réinvente, sur un mode humoristique, en cinq nouvelles, l’obscur objet du désir.135 pages — 16,95$ Alice Parizeau raconte son dernier voyage parmi nous, son combat contre la maladie du siècle.Elle remonte le fil du temps et évoque, à sa manière unique, généreuse et sereine, les événements qui ont marqué son destin de femme qui n’a jamais cessé d’aimer profondément sa Pologne natale.Les pages de ce livre fouillent de façon implacable le texte émouvant de sa vie.480 pages 24,95$ vlb éditeur delàgr^delittérature La littérature T AT-, A n d’aujourd'hui CcMc-AC Une visite s’impose! Johanne Mercier, La Presse ?bobep?9 , le mit Lui tusse fllustre Le ROBERT bilingue NOUVELLE ÉDITION lîtftz EN coi ums La plus grande librairie francophone d’Amérique! -=1 Pierre Vennat, La Presse SS g* coÿyuer ^ OKinmin French-English Anglais-Français StStS DICTIONARY/DICTIONNAiRI MULT1 fis!».ONMAJRE i J?mi Y*1 l'nfantd instants Une ilt i la dérive MARIE GAGNIER FRAN'O,s0RAVn (Lhtaent'iic unL e » v-» v^S Petit Robert 1 Dictionnaire de la langue Irançaise Le Robert rég.: 66,95 49,95 Le Petit Larousse illustré 1992 en couleurs Larousse rég.: 54,95 41 Robert & Collins Harrap's Shorter Français - Anglais Anglais-Français Le Robert rég.: 36,95 French-English Anglais - Français Harrap rég.: 39,95 Multidictionnaire des difficultés de la langue française Québec/ Amérique rég.: 39,95 Bescherelle Trio Conjugaison, Orthographe, Grammaire HMH rég.: 35,95 Le Bon Usage M.Grevisse Duculol rég.: 49,95 37,50 Les Black Stones vous reviendront dans guelques instants F.Gravel Québec/ Amérique rég.: 19,95 15,95 Champigny MAINTENANT AU 4380 Saint-Denis Montréal (514) 844-2587 OUVERT 7 JOURS DE 9 H À 22 H CQMMANDES TÉLÉPHONIQUES ACCEPTÉES Une île Les Entants à la dérive d’Aataentsic L’histoire du peuple huron M.Gagnier B.Trigger Québec/ Libre Amérique rég.: 19,95 Expression rég.: 45,00 15,95 34,95 LIVRES DISQUES AU LASER REVUES STATIONNEMENT À L’ARRIÈRE C-8 ¦ Le Devoir, samedi 14 septembre 1991 • le plaisir des ivres La rentrée jeunesse Amour, sida, toutous et sorcières Dominique Demers QUI A PARLÉ de récession ?Les éditeurs québécois de livres pour la jeunesse préparent une rentrée fracassante avec un nombre record de titres à paraître avant la fin de l’automne.Quatorze éditeurs livreront 114 nouveaux titres sans compter les rééditions, les traductions et l’édition de livres spécialisés, du manuel de bricolage au livret de lecture.Et attention ! Ce n'est qu'un début.La plupart des éditeurs comptent bien récidiver avant la fin de l'année scolaire.De tout pour tous les goûts ?Pas vraiment.On parle d’amour comme de sida, de sorcières et de fantômes, de poux, de toutous et de matous, mais trois titres sur quatre s'adressent aux jeunes lecteurs.Plus que jamais, nos éditeurs boudent les albums, ces livres d'images destinés aux tout-petits pour qui la lecture reste un mystère.Des 114 titres, 84 sont des romans et 30 des livres d'images.Un album sur trois est dérivé d’une émission de télévision, soit Passe-Partout ou Bibi et Geneviève.Les lecteurs sont de plus en plus cloisonnés en catégories d'âge étanchés et chaque éditeur a sa petite définition maison du livre idéal pour un lecteur — idéal aussi ?— de 7 à 1(1 ans.Les apprentis lecteurs sont particulièrement gâtés cette année.Les éditeurs leur proposent de courts romans abondamment illustrés et conçus — de la typographie à la mise en page en passant par les héros et les scénarios — pour leur plaire.Point de nouveaux éditeurs dans le paysage.Chacun consolide ses acquis et travaille à mieux définir un créneau qu’il souhaiterait accaparer Les éditions Chouette s'implantent solidement dans le marché des tout-petits avec quatre nouveaux bébés-livres et deux albums dans la Collection du bandonéon.Michel Quintin éditeur, vétérinaire de formation, poursuit une démarche originale.Son slogan, « la passion de la nature », reflète bien les visées de la maison.Au programme : deux albums, un livre d’activités et une nouvelle collection de romans, Nature Jeunesse, destinée aux 8-12 ans.La maison Toundra, une des seules à publier de beaux albums à couverture rigide, annonce quatre nouveautés dont une chronique d'enfance de Roch Carrier et une légende de l’artiste amérindien C.J.Taylor.Une jeune illustratrice montréalaise, Isabelle Langevin, fera ses premiers pas en Uttérature jeunesse avec l’album Et si papa se perd au zoo.Les éditions du Raton Laveur ont publié deux albums pendant la canicule et en promettent deux autres avant la tombée des feuilles.Alors que les éditions Paulines publient prudemment deux romans d’auteurs connus, Hurtubise I1M11 fonce à bride abattue avec 24 titres dans la nouvelle Collection plus dirigée par Françoise Ligier.Le « plus » réfère à un supplément mi-ludique, mi-pédagogique, à la fin de chaque récit.Une gâterie pour élèves et enseignants ! Héritage tente une percée du côté des adolescents avec la collection Denis ( oie LES YEUX D'ÉMERAUDE la courry, ech4lt€ Échos dirigée par Angèle Delaunois.Neuf titres dont plusieurs signatures connues : Marie-Andrée Boucher-Mativat.Daniel Sernine, Camille Bouchard, Marie-Andrée Warnant-Côté .Par ailleurs, les collections « Pour lire avec toi » — rebaptisée « Pour lire » tout court — et Libellule s’enrichissent de huit récits.La Courte Échelle, Pierre Tis-seyre, Québec/Amérique et Boréal se disputent les lecteurs adolescents et pré-adolescents.La Courte Échelle propose une rentrée diversifiée avec, côté album, deux nouveaux Zunik du tandem Bertrand Gauthier et Daniel Sylvestre et neuf romans répartis dans les trois collections de la maison.La fournée Boréal comprend sept romans dans les collections Junior et Inter ainsi que deux récits à saveur pédagogique dans la série Dominique.Les fans d’Émilie, l'héroïne de Lucy Maud Montgomery, pourront relire l’oeuvre entière en format poche chez Pierre Tisseyre.L’éditeur propose aussi cinq albums dans les collections Coccinelle et Coeur de pomme.À surveiller : Coups durs pour une sorcière de Linda Brous-seau dont le Père de Noëlle n’est pas passé inaperçu l’an dernier.Côté roman, deux titres dans la collection Papillon, un quatrième dans la série Alexis d'Yvon Brochu — qui a maintenant son fan club Alexis avec journal, macarons et tralala — et quatre traductions du Canada anglais dans la Collection des deux solitudes jeunesse.Pierre Tisseyre lance aussi Faubourg Saint-Rocli, une collection conçue et dirigée par Marie-Andrée Clermont avec trois premiers titres pour les 13 ans et plus.Québec/Amérique publie La championne, tiré d’un film de la série Contes pour tous et lance un concours.Avis à ceux qui rêvent d’un rôle dans le prochain film de Roch Demers ! Également au menu, nouvelles fantastiques, fantaisies langagières, contes d’Haïti ainsi que trois romans.Enfin, les éditions Fi-des publient deux recueils de nouvelles pour adolescents.Le musée, un outil éducatif hors pair! Le Musée et l’école II Michel Allard et Suzanne Boucher Colin lion Cahiers du Quchec/Psychopédagie n°M 140 pages 18,50$ f Mi :» “'"«fil un HMH En vente chez votre libraire Le Musée et l'école véritable mode d'emploi du musée dans iiih ontexte ('¦dm alif.I.e Musée et l'éc ole: un modèle didat tique qui propose un ( at Ire si ientifique pour l'élaboration et l'évaluation de programmes édut .nils muséaux.Le Musée et l'éc oie: un ouvrage effit ai e qui rendra un grand servit e à tous « eux soin ieux de mettre en oeuvre des programmes de visite novateurs et rigoureux.DOMINIQUE DEMERS Un pont à reconstruire Odile Tremblay RARES sont au Québec les spécialistes de la littérature jeunesse.Le genre a été longtemps considéré comme mineur, facile, bébête même.Bébête ?N’allez pas dire ça à une passionnée comme Dominique Demers.« Tu en connais des écrivains pour adultes qui réussissent avec 30 mots à donner des frissons à leurs lecteurs, à les faire rire, pleurer ?me demande-t-elle.En littérature enfantine, c’est ce genre de défi que relève un auteur.Pas question pour lui de démarrer au 3e chapitre.Il ne saurait tromper un public aussi intransigeant ».Dominique Demers prend l’univers du livre d'enfants fort au sérieux.« Je ne lis à peu près pas autre chose », tranche-t-elle, jaugeant les albums colorés, les comparant entre eux.Sa passion est aussi son métier.Tout en poursuivant une carrière de journaliste, cette franco-ontarienne d’origine enseigne la littérature enfantine à l'Université de Montréal, suit un doctorat en la matière à l’Université de Sherbrooke.Et puis, elle rédige des chroniques sur le sujet au DEVOIR, au magazine Châtelaine.Après avoir en 90 publié aux éditions du Jour La bibliothèque des enfants, recueil de 300 titres d'albums coups de coeur qui depuis fait autorité parmi les pédagogues, voici que Dominique Demers effectue ses débuts d'écrivain.Avec fougue, comme tout ce qu'entreprend cette hyperactive.Aux éditions de La Courte Échelle, elle lance cet automne Valentine Picotée.Le roman de 63 pages s’adresse aux 7 ans et plus et il relate les affres amoureuses d’Alexis qui, sur ses bancs d’école, se meurt pour les beaux yeux de Katarina.Qui sera le Valentin de la belle ?Grave question.« Les filles, c'est nouille.Très nouille.De vraies pâtes, fades et molles comme des spaghettis trop cuits.Sans sauce, ni fromage, ni ’chili’ », dame l’incipit.Mais le petit garçon qui profère ses belles paroles changera d’opinion au fil des pages.L'auteur de Valentine Picotée refuse de sombrer dans la morale, de passer dans son livre un message quelconque à teneur féministe (ou son contraire).« Je me suis contentée de / Dominique Demers reproduire les propos de mes enfants », précise-t-elle.Des enfants, Dominique Demers en a trois.Ils ont 5,7,9 ans.Et ils entretiennent comme leurs aînés d’ardentes flammes.« Aujourd’hui, ça commence en garderie, les amours, précise-t-elle, et j’ai eu envie d’en montrer toute la force.Dans ce livre fictif, rien n’est inventé.Les mots sont ceux d’Alexis, de Simon.J'aurais pu signer leurs noms à côté du mien ».Cet album, elle en a composé le premier jet en quelques heures, avant de le fignoler, puis de l’expédier aux éditions de La Courte Échelle en prétendant que l’auteur était un de ses étudiants.Dominique PHOTO JACQUES GRENIER Demers avait toujours refusé d'écrire des romans.Alors, elle avait l’impression de commettre presque une faute.de s’aventurer en terrain interdit en abordant la fiction.D’autant plus que ses lectures l’avaient rendue exigeante.Mais quelques jours plus tard, l’éditeur la rappelait, promettait de publier le récit.« Ça m’a pris trois semaines avant d'avouer que j’étais l'auteur ».Même si elle est armée d’un bac en lettres, Dominique Demers n’est pas arrivée au livre d'enfanl après détour par la littérature adulte.Son engouement n’a rien à voir non plus avec une simple démarche de mère.« J'ai aimé lire ces oeuvres-là toute ma vie », profère-t-elle.Après avoir dévoré toute petite la bibliothèque rose de Hachette, elle a remis ça à l’université, lisant en cachette les livres d’Enid Blyton, se plongeant avec une volupté renouvelée dans les folles aventures du Club des Cinq et du Clan des Sept.« C’est dans l’univers des enfants que je me retrouve », confesse-t-elle.Au cours de 12 années passées à creuser le domaine, Dominique De-mers a vu littéralement exploser Vu-nivers québécois de la littérature enfantine.Tous les genres sont désormais représentés : l’amour, l’hu-"mour, le policier, le fantastique, l’horreur.Aujourd’hui, il y a les auteurs vedettes : les Raymond Plante, Cécile GagnOn, Ginette Anfousse.« Auparavant, les écrivains cherchaient à enseigner aux enfants.Désormais, on se contente de raconter des histoires, comme aux adultes».Mais Dominique Demers voit aussi dans la littérature enfantine un miroir de notre société, à travers ses aberrations et ses carences : une société qui se reproduit à peine, qui a perdu le contact avec les générations montantes.« Sur le plan socio-logique, ces livres nous disent qu’on a coupé le pont entre le monde des enfants et celui des adultes».Mais Dominique Demers, elle, vise la reconstruction du dit pont.Depuis Valentine Picotée, elle s’est lancée à fond de train dans l’écriture.« C'est devenu une drogue », déclare la passionnée.En novembre dernier, elle s’enfermait dans un chalet pour se pencher sur un thème traditionnellement absent de la littérature enfantine : la mort.« Ma mère est morte quand j'avais 14 ans.Et pour moi, cela a représenté la fin du monde.Alors j’ai composé le roman de moi, de ma mère, de ma fille où je me suis totalement investie, une histoire d’amour pas larmoyante que j’ai pourtant écrite en pleurant ».Un hiver de fourme/ifeparaîtra cet hiver à La Courte Échelle.Il sera suivi de la suite de Valentine Picotée, Tolo la brute (d’ores et déjà rédigé), puis de la suite d'Un hiver de tourmente.Pour l’avenir, Dominique demers caresse un projet de grande saga enfantine.« Ce que j’aime le plus au monde : écrire des romans et faire des enfants», résume-t-elle.Le grand retour de Régis Franc BANDES DESSINEES MARIUS ET OLIVE Régis Franc Casterman, Bruxelles, 1991 Pierre Lefebvre C’EST avec Le café de la plage que Régis Franc fut révélé au grand public.Publié dans le journal Le Matin, Le café demeure l’un des trop rares strips de la BD française.C’était les années 70 et Franc innovait avec cette « BD fleuve» où s'entremêlaient inextricablement les rêves, les souvenirs, les phantasmes, et la vie quotidienne de personnages ayant comme port d’attache un carré anonyme situé sur une plage, quelque part dans le sud de la France.Parallèlement, c’est dans Pilote qu’il prépublie ses courtes histoires mettant également en vedette ses animaux, qui deviendront vite sa marque de commerce.L’incompréhension mutuelle entre amis, amants, ou partenaires divers, la nostalgie, l’amertume, la trahison, l’incommunicabilité et la sexualité constituaient, non pas les thèmes, mais les teintes, si je puis dire, de ces récits.Vers le milieu des années 80 Franc abandonne son univers de paumés pour s’attaquer à la satire politique avec Tonton Marcel, bande mettant en vedette Marcel Dassault, l’industriel français maintenant décédé, aux prises avec la gauche.Pour amusante que fut cette bande, plusieurs des amateurs de ses Histoires immobiles et récits inachevés furent déconcertés du tournant que prit la carrière de Franc.Mais nombreux demeuraient ceux qui attendaient le retour de bandes ayant la vitalité de ses Souvenirs d’un menteur, le meilleur album, à mon avis, de cette période.Marius et Olive, publié chez Casterman, répond à cette attente.Composé en grande partie de BD réalisées en 1986, cet album est du grand Régis Franc.L’auteur reprend son univers privilégié, mais le réinvente, l'investissant ici d'une tendresse et d’une douceur auxquelles ne nous avait guère habitué ce grand cynique.Ce qui frappe le lecteur connaissant l’oeuvre de Franc est le dessin qui s’aventure ici dans de nouvelles avenues.Si le trait de Franc demeure reconnaissable dans la première partie de l'album, le soin ap- en savoir plus long sur la dénatalité?C'est DIAGNOSTIC qu'il vous faut.12,95$ Demandez-le à votre libraire • Librairie Renaud-Bray • Marché du livre • Librairie Zone libre en savoir plus long sur l'inflation judiciaire?C'est DIAGNOSTIC qu'il vous faut.12,95 $ Demandez le à votre libraire • Librairie Monet • Librairie Hermès • Le Parchemin porté à la mise en page dépasse largement tout ce qu’il a pu réaliser précédemment à cet égard.Les cases, et les planches, sont presque toute enjolivées de motifs et de coloris, rappelant le procédé de l'enluminure, que Franc adapte ici à la Bl).Les bandes nous apparaissent ainsi tout d’abord dans leur matérialité, chaque planche se présentant, non pas comme un petit tableau, mais véritablement comme un objet, dont je ne connais aucun équivalent en BI).J’ajouterais que cette présentation joue le rôle d'une clé sur une portée, en nous indiquant la >• tonalité »du récit que nous nous apprêtons à lire.Mais c’est dans la deuxième partie de cet album que Franc en surprendra plusieurs.Délaissant son « style BD », Franc nous offre des dessins réalisés aux pastels à l’huile.C’est d’abord extrêmement déconcertant.La grande majorité travaillant à la plume, seuls quelques rares dessinateurs, dont l’italien Mattotti (Peux) par exemple, nous ont habitués à des dessins dépourvus du contour précis de l’encre noire.L’absence d’encrage détrousse ainsi le dessin de sa netteté objective, et nous plonge plus profondément dans le flou de la nostalgie et du vague à l'âme dont sont empreintes ces histoires.Il s’agit de l’album le plus expérimental de Franc.Il est un de ses plus réussis.Un excellent exemple, le récit intitulé Au feu.On y raconte une aventure ayant lieu entre une jeune fille et un voisin assez vieux pour être son père.Le tout se passe dans le sud de la France, une nuit où sévit à l’horizon un feu de forêt.Cette histoire de 12 cases, qui bout à bout ne formeraient qu’une seule page, est ici gonflée sur quatre pages.Les cases, réalisées à la plume, sont disposées sur d’immenses dessins aux pastels représentant deux satyres aux abords de colonnes, de statues ou de temples grecs.Il n’y a aucune relation entre le récit et les dessins, autre que thématique bien sûr, mais leur juxtaposition n’est pas du tout incongrue.Par une espèce de miracle alchimique, Franc marie ces «leux tendances harmonieusement.régis franc MARIUS f11 LTVI OLIVE casterman Un procédé équivalent est en oeuvre dans Le cheval dans la mer, relation d’une journée aux champs entre un père, sa fille et leur cheval.Dessinée entièrement aux pastels, la bande se présente comme quatre pages composées chacunes d'une seule case située tout au bas de celle-ci, et surmontée d'une série de dessins lé-gendés représentants des objets ou des éléments de la vie quotidienne.Il s’agit des biens de la cuisine lors de la scène du déjeuner, tel le bol dans lequel on boit le café, ou encore d’une tige de thym qui embaume l’atmosphère lors de la scène de la montée aux champs.Ces énumérations modèlent la lecture, la ralentissant ou plutôt-l'ajustant à cette chaude journée d’été qui est ici évoquée, mais ajoutent également au caractère émotif du récit.Chacun des objets évoqués passe inaperçu dans la case où il se trouve, n’y étant alors qu’un élément anodin du décor.Franc, en le sortant de son contexte, et surtout en l’investissant de ce qu’il représente pour les personnages, charge son récit de cette tendresse particulière que l’on ressent pour les objets familiers, mais plus encore nous rend palpable tout ces réseaux de liens émotifs que chacun de nous trame dans son univers.(les récits furent réalisés il y a près de cinq ans et Régis Franc ne semble malheureusement pas avoir effectué quoi que ce soit d'analogue depuis.Bien qu’il ait abandonné Tonton Marcel, sa nouvelle série Tatic Danielle poursuit la même veine humoristique, contenu politique en moins.A J.A KM.Ur.KCMt D’UN VlOMil OCItUf A la recherche d’un monde ou Nicole Laurin, Danielle Juteau et Lorraine Duchesne L’histoire des communautés religieuses de femmes au Québec de 1900 à 1970 29,95 $ N.> f ¦ » MX«i-SH - • ' « • .U *«*> : e.v.->* Cette vaste enquête prend la véritable mesure de la présence et de l’expérience des religieuses «pii ont œuvré au Québec au cours «lu XX(‘ siècle.Au-delà d’un phénomène social de première importance pour la compréhension du Québec d’hier et d’aujourd’hui, c’est toute une époque que reconstitue cet ouvrage.le jour, éditeur 3 A I,A Kl CHUKCHI IJ’IIN MONDI.OUHI.Ii: Le Devoir, samedi 14 septembre 1991 • le plaisir des ivres Le monde dans tous ses états Perdita disparue Jocelyn Coulon FRANÇOIS GÉZE est un voyageur.Depuis 20 ans, il sillonne le monde, particulièrement les pays du Sud pour découvrir les réalités autres qu'occidentales.Parallèlement, il publie des livres très particuliers.Des livres remplis de cartes, d’informations, de statistiques, de descriptions.Des « états » comme on les appelle maintenant : L'étal du monde , L'état des sciences ; L’état du tiers monde ; L'étal des médias, etc.Des bouquins de référence.Des bouquins pour ne pas se sentir idiot.Aujourd’hui, la réputation des « états » n’est plus à faire.Le joyau de la collection, L'état du monde,"publié annuellement, se vend très bien et les traductions se multiplient.Le succès de cet annuaire géopolitique est même plus fort au Quebec que dans la francophonie européenne : 13 000 copies vendues dans la belle province contre 50000 pour la France, la Belgique et la Suisse.Directeur général des Éditions La Découverte a Paris, François Gèze, célèbre cet automne une décennie de publication de L'état du monde.Plus de dix ans de travail acharné pour présenter un autre regard sur l’actualité mondiale.< J'ai toujours été frustré par la pauvreté de l’information internationale dans les médias français, déclare l’éditeur parisien.Même sur le Tiers monde, où pourtant la France s’était jadis taillée un bel empire, l'information était fragmentée, biaisée, partielle.En 1980 j’ai rencontré Yves Lacoste, géographe et fondateur de la revue Hérodote, avec qui j’ai discuté de son idée de constituer un annuaire géopolitique international.En six mois, nous avons rassemblé une petite équipe et publié le premier État du monde.» Il n’était pas question pour les chercheurs de l'équipe dirigée par François Gèze, de copier ce que les Anglo-Saxons faisaient déjà depuis des décennies avec les Year Book’s.« Les annuaires anglo-saxons sont des sources inestimables de renseignements, dit-il.Mais la façon qu’ils ont de présenter les informations ne nous plaisait pas.Nous voulions faire quelque chose de vivant et de complètement différent.» Cette autre vision des choses s’est retrouvée dans la présentation que L état du monde réserve aux pays et aux ensembles géopolitiques.« Notre section réservée aux 34 plus importants pays ne suit pas la hiérarchie traditionnelle qui donne les premières places aux grandes puissances nucléaires et aux pays industrialisés, souligne-t-il.Nos critères pour évaluer l'importance d’un pays sont différents de ceux en vigueur depuis des années.Ainsi, la liste des dix plus importants pays de notre annuaire n’a rien à voir avec celle du G-7 par exemple.On y retrouve l’Inde, l’Indonésie, l'Australie, le Brésil et le Pakistan.Le Canada n’est qu’à la onzième place.» « En ce qui concerne les autres pays, nous les avons groupés au sein d’ensembles géopolitiques, ce qui permet ainsi un traitement plus large de leur position dans le monde.Le traitement traditionnel, lui, isole chaque État.» Devant le fulgurant succès de L'état du monde, François Gèze et son équipe décident de lancer des volumes spécialisés qui font l’état d’une Question.Une douzaine de livres ont été publiés depuis 1983 et les Éditions La Découverte lanceront dans quelques semaines L’état du monde en 1492 et vont rééditer L’état des sciences et des techniques.M.Gèze promet nour bientôt un Étal de l’Union soviétique, un sur l’environnement et un sur l’Allemagne.« Le développement d’une famille pour compléter L'état du monde nous a été dicté par l’intérêt du public pour des questions particulières.Prenez la Chine ou les États-Unis, voilà deux véritables continents qu’un seul article dans L'état du TRUFO ?MISTO PHOTO JACQUES NADEAU François Gèze L'ETAT DES 2* IL Y A PEU de temps, Matt Murphy s’est réveillé avec un sale goût dans le palais.Pas le palais de Cendrillon, mais bien celui qui est situé à la périphérie des incisives et molaires d’en haut.De ce tourment buccal, le sentiment amoureux, cette carte du Tendre des gogos, en était le coupable.Et oui ! Au petit matin, la copine de notre Matt avait pris la poudre d’escampette ou, si on a la fibre écolo, la clé des champs, sans dire un mot.Sans laisser un verbe, un sujet et un complément.Remarquez que c’est peut-être à cause du complément que la gamine n’a pas laissé ni sujet ni verbe.Constatant cet abandon, Matt Murphy a composé une chanson.Un blues.Un vrai de vrai, et non une de ces bleuettes qui charme le bourgeois, le petit, en lui faisant miroiter l’espoir d’un amour aussi immortel et pudique, donc « cucu la pralinette », que « tristounet » et « isolé ».Dans ce blues intitulé Low Down and Dirty, sur étiquette Anlone’s, Matt se demande si ELLE n’est pas à San Antonio, Texas.Notre Matt avait vu juste.C’est en effet au bar de l’aéroport de San Antonio que Barry Gifford a retrouvé Perdita Durango.Gifford nous avait déjà conté les péripéties de la vie de Perdita dans Sailor et Lula.Dans l’adaptation cinématographique de David Lynch, elle avait les yeux sombres et lé corps noir d’i’sabella Rosselüni.Pour contraster l’ensemble, le David en question avait affublé Perdita alias Isabella d’une perruque « ben ben » jaune.Dans Sailor et Lula, histoire composée par Barry Gifford, Perdita appuyait à fond de train sur l’accélérateur d’une Oldsmobile au moment où Bobby Pérou, son copain, son affreux jojo, se faisait trucider.Elle partait.On perdait sa trace, Matt y compris, jusqu’à ce que Gifford la retrouve à San Antonio.Ainsi donc, la voici.Elle est fauchée.Elle n’a pas de copain.Elle n’a donc pas de ces associes mâles avec lesquels elle aime bien faire sortir le « gros méchant ».Et comme elle est une antithèse de ce quotidien sur lequel trône le très impérialiste 9 à 5, Perdita cherche.Elle ne cherche pas l’aventure, comme on dit dans ces romans qui fonctionnent à coups d’images d’épinal.Que non ! Ce qu’elle veut, c’est poursuivre sa vie de desperado qui, contrairement à tous les desperados, finit toujours par sauver sa peau.Perdita, c’est un cas.Bon.Elle est au bar de l’aéroport.Elle fait la connaissance de Manny Flynn.Qu’est-ce qu’elle lui propose ?« Vous voulez que je vienne a Phoenix avec vous ?Vous payez mon billet, mes repas, et vous me ramenez.Avec moi, vous débanderez pas pendant quatre jours, je vous le garantis.Pendant que vous serez à votre salon, je travaillerai, moi aussi.Il y aura plein de types, à l’hôtel, non ?Cinquante dollars par micheton pour leur montrer mes seins et leur soulager le poireau.C'est propre et rapide.Vous empochez cinquante pour cent de tout ce que je ramasse.Qu'est ce que vous en dites ?».Rien du tout.Le Manny, il fout le camp.Avant de poursuivre, il faut vous dire qu’entre cette histoire de micheton à 50 dollars $ l'unité et Roland Barthes, le zigomar du degré ; zéro de l'écriture, il y a un lien épistémologique.Il y a un rapport fonctionnaliste.Il y a une relation dialectique.On en doute '! On fait de la remise en cause ?On sombre dans le scepticisme absolu ?Et misère ! En exergue de son histoire.En exergue de son histoire, Barry Gifford a fait imprimer cette pertinente observation du père Barthes : « Le plaisir qui s’évanouit disparaît pour de bon.D’autres plaisirs viennent, qui ne remplacent rien ».Pour les plaisirs de chair, mais surtout de sang, cette nourriture des damnes, Perdita va s’acoquiner avec Romeo Dolorosa.Lorsque la première fois elle le rencontra, « elle le trouva laid ».Moi aussi.« Il buvait un milk-shake à la banane au comptoir d’un petit débit de boisson en plein air de Magazine Street, à la Nouvelle-Orléans».Romeo est un admirateur des «gros» tueurs.Pour se calmer les nerfs, Romeo analyse la météo.« Ce que j’aime, c'est lire la météo dans le journal.Pour d’autres villes que celle où je me trouve.Moins vingt-trois et bourrasques de neige a Kankakee.Quinze degrés et temps pluvieux i) Tupelo.Ça ne rate jamais.Ça me calme les nerfs à tous les coups ».Entre deux météos, Romeo est un adepte de la santeria, l’équivalent hyspanique du vaudou.' Ça fait que, comme la Perdita aime bien également ces trucs de sacrifices et de cierges qui dégoulinent pendant qu’alentour ça tombe en transe, les deux zozos vont kidnapper un couple d’étudiants.Et comme ils kidnappent en plus d’acheminer une cargaison de placentas humains à Los Angeles destinée à l’industrie cosmétique, la flicaille est dans le coup.Et nous.Et nous.on rigole fréquemment.On se bidonne régulièrement.Pourquoi ?Parce que figurez-vous que cette histoire de sang et de fureur est ponctuée de phrases proustiennes et de réflexions a la Cioran.Prenez la page 69, « À travers la fenêtre, Romeo regarda défiler le paysage désertique.Rien ne bougeait, à part les vagues de chaleur ».Ça, c’est pour Proust.Ernest Tubb conduit dans un sens unique.Il conduit à contre-sens du sens unique.Un camion lui passe sur le carreau.Et alors ?« Il devint une simple anecdote dans le cours de l’histoire ».Ça, c’est pour Cioran.Raconter Perdita Durango comme Marcel Proust raconta Albertine, ça fait très crime de lèse-majesté.Et moi, j’adore les crimes en question surtout lorsqu’ils sont Low Down And Dirty.Perdita Durango, Barry Gifford, Rivages.Comment va le monde monde ne pouvait pas traiter.On a donc constitué une équipe et travaillé pendant deux ans pour faire chacun des titres.C’est la même chose pour le volume sur les femmes ou celui sur les religions », souligne M.Gèze.L’éditeur français explique que le succès de ces annuaires répond au désordre qui existe dans l’information quotidienne qui est diffusée au grand public.« Les étudiants, les chercheurs, les politiciens et même les journalistes sont bombardés d’informations étrangères qu’ils arrivent difficilement à classer.Ils veulent en connaître plus sur un pays ou une question.Nos annuaires répondent à cette demande », dit-il.La rédaction des volumes de la collection L’état du monde demande un travail considérable de coordination et surtout de coopération.Depuis 10 ans, François Geze a tissé des liens avec des dizaines de collaborateurs dans toutes les régions du monde, dont le Québec.« Nous comptons sur deux types de collaborateurs : les journalistes français à l’étranger et les spécialistes locaux comme Jacques Lévesque, Daniel Latouche et George Mathews, pour ne citer que quelques uns de nos amis québécois », dit-il.M.Gèze reconnaît que la coopération avec le monde anglo-saxon est très difficile.« On hésite beaucoup à traduiremos bouquins à cause de notre vision particulière du monde.Les Anglo-Saxons ne comprennent pas nos textes, qu’ils trouvent trop subjectifs, trop journalistiques.A l’inverse, les articles que nous avons commandés à des chercheurs américains ou allemands ne cadraient pas avec nos objectifs.Ils étaient trop froids, trop analytiques».L’éditeur français se console de voir que les traductions se multiplient à travers le monde.Même le Vietnam et la Pologne réclament L'état du monde dans leur langue.« Ils n’ont rien.Pas d’information sur ce qui se passe dans le monde.Cela nous ouvre des possibilités immenses et pas seulement en Europe de l’Est», dit-il.DE LA JUSTIFICATION Luc Boltanski et Laurent Thévenot.Les économies de la grandeur Paris, Gallimard, 1991, 485 p.Marcel Fournier IL FAUT de tout pour faire un monde : des petits et des grands; des forts et des faibles; des riches et des pauvres; des savants et des ignorants ; des gens honnêtes et des voleurs; des personnes franches et des hypocrites, etc.Une question se pose : qu’est-ce qui tient ce monde ensemble ?Ou mieux : comment ce monde réussit-il à s’accorder ?C'est là une question centrale en sciences sociales.Pour expliquer le maintien d’un ordre social, certains théoriciens font référence aux valeurs et à la culture, d’autres parlent d’intérêts; d’autres enfin invoquent la force (de l’État, de l’armée).Tous ces facteurs entrent en jeu, mais que se passe-t-il lorsqu’il y a une crise, que des groupes entrent en conflit ou que des personnes se disputent ?Certains gagnent et d’autres perdent.Parfois, l’on négocie des compromis.À l’analyse du conflit et du com- l promis, l’ouvrage de Luc Boltanski et Laurent Thévenot, De la justification, qui réunit les compétences d'un sociologue et d’un économiste, tous deux professeurs à l’École des hautes études en sciences sociales (Paris), fournit une contribution importante et originale : « cet ouvrage porte sur la relation entre accord et désaccord.Il a pour objet principal de construire un cadre permettant d’analyser avec les mêmes instruments théoriques et en mettant en oeuvre les mêmes méthodes, les opérations critiques auxquelles se livrent les acteurs lorssqu’ils veulent manifester leur désaccord sans recourir à la violence, et les opérations au moyen desquelles ils parviennent à construire, à manifester et à sceller des accords plus ou moins durables ».La démarche, ambitieuse, peut apparaître abstraite.Il s’agit à la fois de questionner les fondements des sciences sociales et de dégager des modèles d’ordre légitime ou de justification que les auteurs appellent des « cités », bref d’élaborer une problématique permettant d’étudier des situations conflictuelles concrètes.Il y a théoriquement au moins six régimes d'actions justifiées — les cités — qui peuvent fournir aux gens des critères d’évaluation et des arguments justificatifs lorsqu’ils s’engagent ou se trouvent engagés dans des « épreuves » ; ce sont là aussi diverses manières d’être « grand ».Pour construire ces « cités », Boltanski et Thévenot ont relu à leur manière des oeuvres dassicjues de philosophie politique et meme de théologie.La « cité inspirée », c’est Saint Augustin et la Cite de Dieu : un monde ou la grandeur des personnes tient de la « grâce » et non pas de leurs biens ou de la gloire.La « cité domestique », c’est Bossuet dans La Politique tirée des propres paroles de l’écriture sainte : un monde où la grandeur des personnes est directement liée à leur position hiérarchique dans des systèmes de relations interpersonnelles (parenté, etc.).La « cité de l’opinion », c’est Hobbes dans Le Léviathan : un monde où la grandeur dépend de la renommée, de l’opinion des autres.La « cité marchande », c’est Adam Smith dans la Théorie des sentiments moraux : un monde basé sur la recherche des biens rares et dans lequel s’affrontent les convoitises des uns et des autres.La « cité civique », c’est Rousseau et le Contrat social : un monde où les personnes accèdent à des états de grandeur supérieurs en tant qu'ils appartiennent à des collectifs ou à des organisations.La « cité industrielle », enfin, c’est Saint-Simon dans Du système industriel : un monde où dominent les règles fonc- j tionnelles et où tout est soumis à l’utilité.L’on se sert donc de la philosophie ; pour expliciter les divers modèles de ! justification qui se trouvent à l’oeuvre non seulement dans les travaux des spécialistes en sciences sociales mais aussi dans la vie quotidienne des gens ordinaires.Le tour de force est que ça marche : Boltanski et Thévenot étudient eux-mêmes avec finesse un corpus de manuels de « bonne conduite » destinés à des cadres d’entreprise ou des responsables syndicaux.Leur grille d’analyse, à première vue complexe et un peu étriquée, permet d’étudier dans leur complexité les situations de tension ou de crise où se confrontent souvent divers modèles de justification et de voir comment se composent des formules de compromis.Il n’y a peut-être pas de justice sur cette terre, mais nous pouvons être assurés d’une chose : chacun d’entre nous peut donner une justification à ses actions et, s’il est mal pris, trouver une solution de compromis, aussi fragile soit-elle.L invention de la mort HUBERT Y AQUIN l * ¦ C’est un roman sur la jalousie, qu’on lit presque comme un journal personnel où tous les masques tombent, et, en premier, celui de la fiction littéraire.L’Invention de la mort porte déjà, six ans avant la publication de Prochain épisode, les signes d’une écriture fulgurante qui va marquer la littérature québécoise.L -a Li 4 La littérature d'aujourd'hui 152 pages 15,50$ LEMEAC ¦mm le Parchemin CENTRE D’ESCOMPTE DU LIVRE MEZZANINE, STATION DE MÉTRO BERRI-UQAM — TÉL.: 845-5243 Quand il s’agit de dictionnaires.HARRAP’S SHORTER Nouvelle édition d’un classique Avec ses quelques 235 000 mots d’entrées et exemples et ses 460 000 traductions dans les deux langues, ce dictionnaire constitue un ouvrage de référence indispensable pour l’étudiant, l’homme d’affaires, le traducteur et quiconque s’intéresse à la langue anglaise.French-^ fc SHORT!?«Ctio***1 T&Si&S?* 39.95 $ 27.95$ Service courtois et professionnel.Fltocfc§î®Hsh SHOBtt?HCTK**** 1 NOUVELLE EDITION D'UN CLASSIQUE C-10 ¦ Le Devoir, samedi 14 septembre 199y Yves NAVARRE ?La vie dans Lame Carnet 52 SUITE ET FIN.Petit à petit, il se mit à entendre des bruits dont il ne saurait jamais, plus tard, s'ils étaient de dispute ou de passion.Il était bien au chaud, petit poisson, dans sa poche d’eau.Il ne savait pas encore son nom.Recroquevillé sur lui-même, tout à l’emploi de ses doigts de mains et de ses doigts de pieds, nourri, logé, déplacé, couche, cogné, parfois même caressé, il sentait aveuglément que sa présence était à la fois bienvenue et redoutée.Un doute l'habitait plus fort qu’une certitude : ce serait toujours trop tôt, il eût souhaité rester là pour toujours, heurté ou cajolé, à l'abri, sentant en lui se former le coeur qui se mettrait à battre exactement au rythme de celui de la porteuse, sa mère.Pour un peu, il n’aurait plus bougé du tout et se serait, première utopie, tenu là, rien que là, une éternité.Plus tard, dans son sommeil, il se retrouverait au détour d’un rêve aquatique, pelotonné sous les draps, au fond du lit.Livré au monde, on lui avait volé le plus beau de sa vie, une étreinte, la seule et unique possible, et un entendement Un ami de passage lui dira plus tard, beaucoup plus tard, était-ce Germain ou Sam, où vas-tu quand tu dors ?Il répondra, je vais en elle.Qui ?Ma porteuse, elle me trimbale encore.Petit à petit, il se mit à écouter les bruits et à obscurément tes distinguer.Il y avait d’abord la voix de la poche, la voix des parois, la voix enveloppante de celle qui le délivrerait, Clara, la mère, l’hôtelière ; la soie de ses mots quand elle se parlait à elle-même, mon Dieu, qu'ai-je fait pour mériter cela ?ou, je l’aime et il ne veut pas le comprendre ; le sifflement de ses soupirs ; les brusques saccades lorsqu’elle riait parce que les aînés l’amusaient ; les turbulences de ses sanglots, sac et ressac de sa respiration lorsqu’elle prenait un repos, il sentait alors de grandes mains, plaquées sur la poche, ça tanguait un peu, il était couché en elle, avec elle, et pour l’immensité de cette veille qu’il ne retrouverait jamais telle qu’en eau première, il eût donné tout le restant de sa vie ; non, non criait-elle, qui donc, l’autre, le propriétaire, Renzo ?, la secouait comme un jouet et le son, en écho, devenait rugeux, dardant, à faire éclater une tête qu’il redoutait trop grosse, trop lourde, noyautée de défauts qui se nouaient en caillots à chaque gifle, à chaque violence, était-ce donc cela la passion, subir et ne rien dire ?; l’ondoiement quand elle fredonnait une chanson ; les vibrations quand, calée, et lui si confortablement assis au premier rang, elle jouait du piano, une des sonates de Diabelli, de celles-là qu’elle lui fera déchiffrer plus tard.La mémoire n’invente pas, elle précède, elle devance, elle est toujours là, en fin de parcours, pour avoir le premier mot et donner le signal du départ.Une voix donc le drapait dans laquelle il se contenait, bien au 4.• *JZX±,r.mot guerre vibrait autrement.Et quand il n’y avait plus de voix, plus de bruits, il bougeait un peu, pas trop, juste ce qu'il faut, pour dire a Clara uu'elle n'était pas seule et qu’ils étaient deux.Au grand gala du ventre de Clara il y avait, dans la gestation de cette naissance, comme une mort déjà, une bienfaisance.Et lui, petit intrus, ne faisait que flotter, à l'emploi de deux et à la surveillance du dangereux ombilic.Il ne savait pas où il allait, mais il irait.Il y avait en lui de l'explorateur.Les phrases, à l’exprimer, plus tard, lui joueraient le tour de l’inconcevable, et pourtant, l'exploit de ses rêves, cinquante ans et cinquante deux carnets durant, presque toute une vie, l’avait toujours ramené à l’outre première, dont il avait été expulsé comme d’une patrie avec défense d’y entrer.L’exil n'est pas une chose matérielle.À l’écoute donc, le petit nageur se fera, par coups et vibrations, une piètre opinion du genre humain.Qui était cette Rebecca, cette petite soeur attendue, promise aux aînés et dont Renzo parlait avec certitude ?C’était bon quand Clara allait en promenade, doux balancement, berceuse, le séjour serait forcément trop court et il serait toujours trop tôt pour ouvrir les yeux.Les bruits suffisaient à l’alerte.Il avait Clara pour lui tout seul et il goûtait l’étroitesse du lieu, la force du lien, l’immensité de cet océan, jusqu’à l’âcretéde cette aveugle intimité.Et s’il avait pu dire, bruit émanant de lui, il eût prononcé un garde-moi pour toujours.De cette plénitude, après, plus tard, détache, arraché, fou et fier d'attachement, il sera perpétuellement question, éternel retour, chanson de l’embryon, une adoration.æ édition/ docodte R.no Mor n Rossgni RUMEUR PUBLIQUE fSSAiS æsttt Rumeur publique Rino Morin Rossignol Éditoriaux et chroniques d'humeur 240 p.19.95S ISBN 2-7600-0199-7 Rino Morin Rossignol a été rédacteur en chef au journal acadien Le Matin, de Moncton, de septembre 1986 à juin 1988.Nous retrouvons ici des éditoriaux et des chroniques d’humeur publiés durant cette période.L’auteur y développe plusieurs thèmes: la culture acadienne et le nationalisme.l’actualité sociale et politique, les arts, l’éducation, les perspectives d’avenir.Une analyse où la lucidité côtoie l’humour: Rumeur publique nous aide non seulement à cerner la réalité acadienne mais aussi à comprendre où se situe l’Acadie à l’heure des grands débats constitutionnels.En \ente dans toutes les bonnes librairies l,es Éditions d’Acadie Téléphone: (506) 857-8490 C P «85.Moncton.N.-B.Télécopieun(506)857-3070 EIC 8N8 chaud, têtard qui deviendrait grand, dauphin qui apprit à se débattre.Clara disait alors il bouge, il aimait ce il bouge et cherchait la position du plongeon, la tête la première alors que tout, confusément, le tout des bruits des autres, lui criait de ne pas naître, peut-être de s’étrangler avant.Seulement il voulait voir Clara et celui qu’elle appelait Renzo.Il y avait tant de bruits distincts.Les cris, pleurs ou piaillements des aînés qui se chamaillaient ; le tam-tam des coups de pieds reçus lorsque Clara prenait l’un ou l’autre dans ses bras pour les calmer, ou consoler, tenables coups dans la poche, il arrivait à Clara de crier pourquoi as-tu fait ça ?ou, tu lui fais mal ! ; la voix filante d’Angeline à l’heure des repas, le tintement des verres et le bruit des cuillères dans les bols, une horloge sonnait deux fois de suite les heures.Il y avait la voix vrillante de Madame-mère, la Reine-mère, la Bonne-maman, la mère de Renzo, et les rires éclatants d’Eisa, la soeur aînée du père, ma bonne Clara, quelle idée d’avoir un enfant quand la guerre vient d’être déclarée.Le Guy Ducharme RUMEURS ET SAILLIES Ce deuxième recueil de poésie de Guy Ducharme explore les intermittences de notre présence au monde et le mystère caché de toute chose.L’écriture est marquée par cette tension nécessaire à celui qui, au coeur de l’inexpliquable.doit se rendre disponible.60 pages — 9,95$ RUMEURS ET SAILLIES GUY DUCHARME L HEXAGONE • POESIE .lieu distinctif de l'édition littéraire québécoise l’Hexagone ictif de l'édition littéraire québécoise Tout cela, il le sut après et pourtant il le sentait déjà, et l’apprit pendant, se gardant bien, englouti, de se pendre au cordon, les mains sur les lèvres, tendant une jambe ou l’autre, tournant sur lui-même.Et plus tard, l’image des premiers cosmonautes le rendra presque nostalgique, tant cela lui rappellera l'univers premier sans qu’il admette, parce que jeune encore, qu’un tel constat puisse être recevable.Une vie durant, ce ne serait jamais aussi plein, aussi beau et bon, aussi étreint que pendant ces mois de transport.Ce n’est que tard, très tard, à Montréal, la veille d’un samedi de septembre, un vendredi 13 ?, qu’il osera l’écrire, il y avait de l'enchantement à être totalement dans quelqu’un, à ne pas paraître encore, à faire durer le désir, douceur ou douleur, une fusion, une effusion avant la confusion de la grande route de vie avec ses hordes d'oublieux et ses quelques fidèles.Il naquit, comme des milliards d’autres avant lui.C’était le premier jour de l’automne, un 24.Célestine, cousin d’Angeline, sage-femme, l’avait extirpé entre les deux sonneries de cinq heures du matin.C’est un garçon, madame Clara.On n'avait pas prévu de prénom pour lui.Lui.À cette ligne, il naissait encore.Tybalt dit, c'était trop beau pour être faux.Tibère de Rachel Est répond, c’était trop bon pour être vrai.Bonjour.— Y.N.UlrW I.BSl.H-AK n.KUUlHSKN^ XVAR»oV,k' -A ci,AH(;e DUS SAlYo/jjjiyj CÔTE- DES-NEIGES i * Jean-François Bélisle Annie-la-Rousse LA RENTRÉE AUX ÉDITIONS PIERRE TISSEYRE ALICE PARIZEAU TOUJOURS PRÉSENTE Ses trois plus grands succès littéraires sont maintenant réédités en livre de poche et à prix populaire Les lilas fleurissent à Varsovie 512 pages / 12,95 5 La charge des sangliers 431 pages / 11,95 $ Côte- des-Neiges 382 pages / 11,95$ Annie-la-Rousse La vraie couleur un roman de Jean-François Bélisle «J’ai douze ans, un avenir devant moi et un chien encore jeune que j’ai appelé Jésus à cause d’une tache en forme de croix sur son dos.J’ai aussi un père et une mère, Burt et Roberta qui se sont liés d’amitié un jour de lessive.Burt n’est pas mon vrai papa toutefois.Celui-ci a foutu le camp quand j avais cinq ans.mais il est toujours vivant.(.) C’est Roberta qui porte les culottes, comme on dit, afin de ranger dans ses poches l’argent qu’elle gagne pour nous en attendant.» Annie-la-Rousse, un roman d’une grande tendresse désopilante.130 pages / 14,95 S 294 pages / 21,95$ du caméléon un roman de Jean-François Somain «Publier au Québec, c’est comme faire l’amour à une femme endormie.On l’aime, on en est amoureux, on est heureux d’avoir accompli encore une fois l’étrange métamorphose de la vie au livre.Mais elle dort, et on a l’impression de tout devoir faire soi-même.» C’est sur cette comparaison un peu choquante que s’ouvre le 19e roman de Jean-François Somain qui ne se gêne pas pour décocher quelques Flèches acidulées envers le monde du livre.La vraie couleur du caméléon
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