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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-11-30, Collections de BAnQ.

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Utr ÆIfc 7 BALDESSARI h ois films de l'artiste =E= MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Montréal, samedi 30 novembre 1991 \ Place aux francofous! Sylvain Cormier AU MOMENT où vous lisez ces lignes, Jean-Louis Foulquier rôde en ville comme un marin en bordée.Il a débarqué jeudi, et il n’est pas difficile à reconnaître.Sous une tuque ou un béret dont il ne se sépare presque jamais se découpe un visage buriné par les embruns de La Rochelle.Il a une tête d’acteur français, quelque chose de Pierre Brasseur et de Lino Ventura, en plus vrai.Une gueule d'aventurier, une voix rocailleuse et un sourire large comme la vie.Il est venu voir les FrancoFolies de Montréal.Ses FrancoFolies.Jean-Louis Foulquier, c’est d’abord le célébrissime animateur de Pollen sur les ondes radiophoniques de France-Inter depuis au moins 15 ans, mais nous le connaissons surtout comme l’instigateur des FrancoFolies.Et comme un passionné du Québec, où il a séjourne plus souvent que le Québécois moyen à Old Orchard.Ne l’oublions pas, c’est en assistant à nos grands rassemblements des années 70 — la Superfrancofête, en particulier — que germa en lui l’idée d'un festival de musique francophone en France.Ce qui n’allait pas de soi dans un pays où l’on croit la langue française tellement inexpugnable que les vedettes anglo-saxonnes y ont carte blanche.Il y a huit ans, pourtant, envers et contre tout, il montait les premières FrancoFolies chez lui, à La Rochelle.Il fallait le voir rayonner en juillet dernier dans sa charmante ville portuaire (on pouvait difficilement faire autrement, d’ailleurs), omniprésent, omnipotent et un tantinet mégalo, mais tout aussi efficace, chaleureux et disponible.Le culte de la personnalité est nécessaire là-bas, si l’on veut déplacer des montagnes et faire avancer les choses.Mais le rôle lui plaît, visiblement, et il le joue à la perfection.En homme d’action qui n’hésite pas à descendre sur le terrain avec les troupes et le public.Pas tout à fait à l’image (discrète) d'Alain Simard, qui tient les rênes des FrancoFolies de Montréal pour une troisième année.Diamétralement opposés en surface, ces gail-lards-la se chauffent pourtant du même bois, brûlant d’une même passion pour la chanson française, liés par un sens aigu de l’organisation.Sans compter un appétit insatiable pour les nouveaux défis.En ce qui concerne Foulquier, dont les FrancoFolies de La Rochelle ont presque atteint, à l’instar de notre Festival de Jazz, leur degré de croissance maximal, le défi réside dans l’expansion.Après le succès de la franchise montréalaise, la ville de Blagoevgrad, en Bulgarie, accueillait au début du mois ses premières FrancoFolies.On en a peu parlé ici, le Québec y étant honteusement sous-représenté (seul Daniel Lavoie en était).Une belle fête quand même, nous assure-t-on.Quant à Simard et son équipe, au-delà du pari de départ — présenter un festival en décembre, entre les étrennes et les bancs de neige, c’est déjà jouer gros — le défi de l’édition 1991 des FrancoFolies est au moins double.Il s’agit avant tout d’assurer la survie pure et simple de l’événement, menacée par la récession et les taxes-massues.On n’a pas lésiné sur les moyens : neuf des 27 spectacles en salle sont offerts à 12,50$, parmi les plus intéressants : Hubert-Félix Thiéfaine, L’Affaire Louis Trio, Voir page C-2 : Francofous ¦ Cheb Khaleb, les mélodies du désert Page C-8 ¦ Kashtin, l’étape de l’adolescence Page C-9 ¦ Thiéfaine, le troubadour urbain Page C-9 PHOTO JACQUES GRENIER Pascale Montpetit PASCALE MONTPETIT Un Genie inespéré et inattendu Nathalie Petrowski PASCALE MONTPETIT mord sa lèvre inférieure barbouillée de rouge framboise, hésite un instant puis laisse tomber avec accablement : « J’aurais peut-être dû parler en français aux Genies pour afficher mes couleurs politiques et dire que j’étais une indépendantiste mais j’avais tellement l’impression d’être dans un pays étranger où l’on parlait anglais, que naturellement je me suis mise à parler leur langue.» La gagnante du prix de la meilleure interprétation féminine aux Genies cette semaine, baisse le regard, prête à s’excuser.Ce n’est pas nouveau.Pascale Montpetit passe son temps à s’excuser.Hier soir alors que nous convenions par téléphone de l’heure du rendez-vous, elle s’est excusée de m’appeler aussi tard chez moi.Ce matin dans la salle d’attente du journal, elle s’est excusée à nouveau en promettant de ne plus jamais appeler quelqu’un pour le travail passé une certaine heure.Et maintenant que nous sommes attablées à un café, elle continue de s’excuser : de tout et de rien.De ne pas produire des réponses assez claires, de me lire à voix haute les pensées qu’elle a notées dans son cahier ce matin, d’avoir mis un chandail rose bonbon, d’être légèrement décoiffée, d’avoir oublié de se maquiller.Plus polie que ça, t’ouvres une école de bonne manières.Vous l’avez peut-être deviné, Pascale Montpetit n’est pas tout à fait le genre de fille qui se prend pour une autre.Elle a beau avoir été la reine à Toronto l’autre soir, une fois descendue de l’avion Cendrillon a tout de suite voulu regagner le silence de sa modeste citrouille.Ce n’est pas pour rien qu’elle ne cesse de vanter les mérites de la mouffette.« Une mouffette dit-elle, n’essaie pas d'être un lapin, elle se contente d’être une mouffette, quitte à être la plus belle mouffette et la meilleure mouffette sur terre.» La prétention très peu pour elle.Le travail par contre, aucun problème.Tant qu’elle travaille, tant qu’elle bouge, tant qu’elle avance, Pascale Montpetit est dans son élément.Avec ses grands yeux candides et son visage de pleine lune, avec cette manière de marcher carré comme un bûcheron, Pascale Montpetit est une sorte d’hurluberlu sympathique échappé d’un roman de Réjean Du-charme.Elle est surtout une excellente actrice de 31 ans, probablement une des meilleures de sa génération.Qu'elle manque un tant soi peu de confiance en elle ne fait qu'ajouter au charme et à la fraîcheur qui se dégage de sa petite personne, née avec trois autres soeurs à Montréal-Nord d’une mère avocate et d’un père psychiatre.À 31 ans, Pascale Montpetit prétend qu’elle n’a pas de temps à perdre parce que la vie est courte et qu’il faut la vivre sans se faire chier ni accepter de faire des petites choses en attendant de faire les grandes.De grandes choses, elle en a fait plusieurs déjà, dont le rôle de Benita dans Des restes humains non identifiés, celui de Inès Pérée dans la pièce de Réjean Ducharme au TNM, celui d’Ophélie dans Hamlet machine de Carbone 14, sans compter sa participation aux autres spectacles de Caroone 14 dont Le rail et Le dortoir.Finissante du Conservatoire d’art dramatique en 85, elle a obtenu le Prix Jan Doat pour « l'ensemble de sa jeune oeuvre » avant de décrocher dans //, le film qui lui a valu son Genie, le rôle de Michelle, une héroïnomane tenue en captivité par l’homme qu’elle aime et qui a décidé un beau matin d’en finir une fois pour toutes avec leur intoxication commune.Quand Pascale Montpetit s’est pointée à Toronto en 1989 pour l’audition de 11 devant le réalisateur Darrel Wasyk, elle était à quelques jours d’un départ pour la Pologne.Pour toute photo, elle tendit sa passe de métro et un curriculum écrit à la main ce matin-là.Le réalisateur sut immédiatement qu'il avait trouvé son personnage.Qu’importe si elle parlait un anglais approximatif, elle était le genre d’actrice qu’il cherchait; de celles qui n’ont pas de pudeur, ni de retenue, de celles qui vont jusqu’au bout et parfois meme un peu plus loin.Pascale Montpetit vient d’ouvrir un cahier où elle a noté certaines maximes qui résument mieux qu’elle sa pensée.La première est la réfle- Volr page C-2 : Montpetit Les 40 ans du Nouveau Monde L’histoire d’une résistance Robert Lévesque QUI n’est pas allé une fois dans sa vie au « TNM » ?Pour ceux qui fréquentent les théâtres, depuis peu ou depuis « le temps du Gesu et de l’Orphéum », le TNM est, a toujours été, sera encore, quelque chose comme le théâtre des théâtres, celui dont on attend le plus, celui où on entre avec le plus de respect; dans des pays où la culture est assumée, ce serait un « théâtre national » avec les bons et mauvais côtés d’un tel statut, ce serait la première scène du pays, celle qu’un comédien rêve d’atteindre un jour, qu’un auteur désire envahir, qu’un metteur en scène « reçoit ».Sans l’être, le Théâtre du Nouveau Monde c’est quand même aussi cela, un théâtre national.Sans l’appellation, sans l’infrastructure, hélas sans les budgets généreux des pays si cultivés, le TNM, qui a 40 ans et plus d’un mois, est la première scène.du Québec.C’est notre « théâtre d’état», celui qui signifie la reconnaissance, la réussite, le grand défi, mais aussi le grand éceuil, la catastrophe, ces lieux magiques où se rencontrent et la bourgeoisie et l’audace, et le grand texte et la jeunesse, et le meilleur parfois et parfois le pire.Il est remarquable qu’une compagnie de théâtre ait réussi à maintenir ainsi, depuis le 9 octobre 1951, sa fonction de « point de mire » de la vie théâtrale.Dans le contexte d’un soutien d’état timide, qui ne fait pas de cadeau à la qualité, qui met au même rang un théâtre voué aux grands textes et à l’art et un autre théâtre qui affiche des succès commerciaux éprouvés ailleurs, la vie et la survie du TNM sont une affaire de courage, d’entêtement, de débrouille et de passion.Une résistance au découragement.Ces qualités étaient déjà au coeur du démarrage du TNM au début des années 50.À cette époque, celle de la grande noirceur duplessiste, c’est sans le sou (ils empruntèrent chacun 500$ à la banque) et sans aide gouvernementale que les Jean Gascon, Jean-Louis Roux, Robert Gadouas, Georges Groulx et Guy Hoffmann se lancèrent dans l’aventure d’installer un théâtre professionnel à Montréal, où l’on n’avait vu jusque là que des essais éphémères, compagnies qui avaient tenu le coup quelques saisons, la Compagnie du Masque de Charlotte Boisjoli et Fernand Doré, ou le Théâtre Marist (Aario Marist, qui a dirigé une école de théâtre toute sa vie, vient de mourir ces derniers jours) ; il y avait le Rideau Vert qui venait d’ouvrir rue Drummond une petite salle pour le boulevard léger, il y avait eu l’Arcade, rue Ale-xandre-de-Sève, où le gros boulevard régnait, etc., mais c’est des « Compagnons» du père Legault, une troupe d’amateurs issue du collège Saint-Laurent, que le TNM releva l’héritage, et continua le combat théâtral.Les Compagnons, qui fermèrent boutique après 15 ans d’existence (1937-1952), laissant la place au TNM, Voir page C-2 : TNM PHOTO HENRI PAUL l'v ^ Guy Hoffman joue Le malade imaginaire en 1956.Les Choses d’un jour Gilles Archambault roman 156 pages 17,95$ Une œuvre de maturité, pleine à la fois de gravité et de douceur.«.LArchambault nouveau saura plaire aux lecteurs fidèles qui se sont attachés à la parole intime de l’écrivain.» Réginald Martel, La Presse Boréa C-2 ¦ Le Devoir, samedi 30 novembre 1991 le cahier du t • ameai 4 Montpetit xion d’un maître zen qui dit : si je vous invite à vous promener tout nu, vous n’avez pas besoin de le faire si vous êtes prêt à le faire mais si vous n’êtes pas prêt, faites-le.Pascale Montpetit ne se contente pas d’apprécier le conseil, elle en a fait un mode de vie.« Dans le travail par exemple, il y a des choses qui ne sont plus nécessaires d’essayer si on les connaît déjà, si on les a déjà expérimentées.Le but de la manoeuvre dans la création comme dans la vie c’est d’essayer des choses que t’as •jamais faites.Dans le fond c’est d’aider un peu contre soi-même.La vie -pour moi a toujours été une affaire d'essai et d’erreurs.» Vers l’âge de 17-18 ans, Pascale (Montpetit a ainsi abandonné les arts •’visuels malgré un talent indéniable pour la chose et s’est dirigé vers le théâtre.Pourquoi ?« Parce que je suis une très grande solitaire.Quand je passe une heure avec quelqu’un, il faut après que je passe au moins quatre heures seule.J’avais peur avec les arts visuels de m’enfoncer dans l’isolement, de me couper des gens.C’est pour cela que je suis allée vers le théâtre, pour me retrouver avec le monde.Ce fut une bonne décision dans la mesure où je me suis rendue compte que les autres me stimulaient énormément.» Cela ne l’empêcha par la suite de partir pendant des semaines toute seule en Inde et en Égypte.De partir là où personne ne la connaissait, là où il n’y avait aucunes attentes, aucun préjugés à son sujet.Non pas que Pascale Montpetit ait peur de ce que la rumeur publique pense d’elle.Les gens peuvent bien penser ce qu’ils veulent, personne ne l’empêchera de mener sa barque comme elle l’entend, de refuser par exemple qu’un agent s’occupe d’elle, ou encore de se rendre à une audition pour un commercial de Bell Canada et de décider en plein milieu de sa réplique de quitter les lieux parce qu’elle n’est plus capable de sendu-rer.« J'ai pas fait exprès, s’excuse-t-elle.La fille de l’agence de publicité m’avait dit de m’habiller en ma- dame.C’est la pire chose à me dire.J’en mets toujours trop : trop de rouge à lèvres, trop de bleu sur les yeux, trop de talons hauts.Le texte devait être comique.Sur place, il ne l’était plus.Plus je le jouais, plus je déprimais, plus je me trouvais lamentable.La fille pendant ce temps-là me chuchotait detre positive.A un moment donné je me suis levée, j’ai regardé la table complète de représentants de Bell Canada devant moi et je me suis mise à marcher de reculons jusqu’à la sortie.Ils ont dû me trouver complètement folle ! ».Ils ont eu tort.Pascale Montpetit n’est pas folle, juste un tantinet anarchiste, juste un tantinet excentrique.L’année prochaine, la comédienne sera de la distribution régulière de Ciel variable, une nouvelle série à Radio-Canada écrite par Michel D’Astous et Anne Boyer.Elle y incarnera le personnage de Mireille Tanguay, une fille d’entrepreneur en guerre contre un groupe d’écolos qui s’opposent à l’ouverture d’un centre de ski dans la région de Bromont.Le rôle va à l’encontre de ses principes écologiques et de ses inquiétudes planétaires.Elle l’a signalé au réalisateur, histoire de remettre les pendules à l’heure, après quoi elle a signé son contrat.« C’était important pour moi de le dire, de faire valoir mes objections morales, de me défouler quoi.Pour le reste, j’ai compris que ce n’était qu’un rôle et que je n’avais aucune raison de me priver de cette expérience de télévision.Si d’ici un an, ça ne fait pas mon affaire, je pourrais toujours m’en aller.» Pascale Montpetit n’a aucune idée de ce que l’avenir lui réserve.Son prix aux Genies n’a pas encore changé sa vie ni fait pleuvoir les offres de Hollywood.Elle doit jouer au Théâtre d'Aujourd’hui dans Le conte d’hiver de Anne Legault en janvier prochain.Elle ne prévoit toujours pas engager d'agent pour défendre ses interets, ne serait-ce que parce que tous les acteurs le font et que Pascale Montpetit préfère être à contre-courant que de faire comme tout le monde.Cela dit, elle aurait beau essayé d’être comme tout le monde, mon intuition me dit qu’elle n’y arriverait pas.Heureusement pour elle et pour nous ! + TNM avaient été le terreau de la compagnie pour laquelle Jean Gascon et ses camarades qui se réunissaient « au 400 », un restaurant bu boulevard Dorchester, avaient les plus grands espoirs.Les débuts du TNM, dans la salle du Gésu, rue Bleury, le 9 octobre 1951, sont de l’ordre de l’hLs-toire.C’était L'Avare qu’on jouait, Jean Gascon était Harpagon, il y avait Denise Pelletier, Guy Hoffmann, Sutto, Ginette Letondal, Jean-Louis Roux, Gabriel Gascon, et ce fut un triomphe.Jean Hamelin écrira dans Le renouveau du théâtre au Canada français en 1961 qu’il s’agit désormais de « la date-repère ».Chez les Compagnons du père Legault, Gascon et Roux s’étaient col-letaillés au répertoire, mais c’est à Paris qu’ils iront, tout de suite après la guerre, perfectionner leurs intuitions, leur métier.Dès la première « réunion » du TNM, le 1er août 1951, « dans le contrôle de droite du Théâtre du Gésu », ils prendront le leadership d’une troupe qu’ils veulent brillante, et qui va l’être peu à peu.Ouvrant avec Molière, l’auteur-fétiche jusqu’à aujourd’hui, le TNM des débuts connaîtra d’ailleurs ses seuls grands succès avec L’Avare, Le malade imaginaire (94 représentations), Les Trois farces (87 représentations), Tartuffe (39 représentations!.Les autres pièces,durant les premieres saisons, sont de drôles de choix, hétéroclites, loin des grandes oeuvres : un Priestley, un Jean de Har-tog, Le corsaire de Marcel Achard, La cuisine des anges d’Albert Hus-son, etc., des choix qui ne placent pas très haut la barre et qui montrent une certaine incohérence artistique, qui va hélas perdurer et maintenir le TNM dans un certain éclectisme.À l’approfondissement de l’oeuvre d’un auteur (sauf Moüère), on va toujours préférer le grappillage.Le Dindon en 1960, et L’Opéra de quat’sous que Gascon joue et met en scène en 1961, seront les seuls triomphes TNM hors Molière à cette épo- que.Le Feydeau connaîtra 82 représentations pour près de 60 000 spectateurs, et le Brecht-Weill connaîtra 68 représentations (pour 31 051 spectateurs).En 1958, le TNM crée Le Temps des lilas de Marcel Dubé.À l’exception d’une pièce d’André Langevin (L'Oeil du peuple) qui ne remporte aucun succès, c’est la première « création » du TNM, à la septième saison.Il y aura plus tard, ici et là à raison d’une pièce par deux ou trois saisons, des créations de François Moreau, André Laurendeau, Jacques Languirand, Félix-Antoine Savard, Anne Hébert, Jacques Ferron, Guy Dufresne, Roch Carrier, mais ce n’est que dans les années 70, avec les créations de Claude Gauvreau signées Jean-Pierre Ronfard, et maintenant avec les Réjean Ducharme revisités par Lorraine Pintal que le TNM approfondira et frôlera l’audace, et sera à ces occasions-là le véritable « théâtre national » où les grands auteurs du lieu sont portés, servis, offerts.Autrement, la maison a toujours été, d’abord et avant tout, conservatrice, traditionnelle, privilégiant le répertoire sûr.Sous la direction de Jean-Louis Roux, qui prend la barre lors du départ fracassant de Gascon en 1966 (il le voulait le « théâtre national », le soutien financier adéquat, et il ne l’a pas eu; il s’est exilé à Stratford), les audaces seront plutôt d’ordre « poétique », comme l’une des rares audaces que Gascon avait lui-même signé avec Venise sauvée de Morvan Lebesque en 1958 : spectacle magnifique, disent depuis ceux qui « y étaient», mais salles vides.Jean-Louis Roux, le second capitaine du vaisseau, qui restera 16 ans à la barre, fera du TNM une maison « grand genre » (on y jouera Claudel, dont Le soulier de satin et la trilogie des Coûfontaine), et on offrira des grands spectacles dont certains furent remarquables (Le Rhinocéros d’Ionesco à Port-Royal où la compagnie s’installe à la fin des années 60, La Nuit des rois dans les décors de Pellan en 68, Homme pour homme de Brecht mis en scène par Jean-Marie Serreau, Equus de Peter Shaffer, Le Balcon de Genet par Brassard, etc.).Dans la « légende » du TNM on re- Après deux cents ans, on en chante encore ies louanges.1 1# V.iiB A/loznrt.Pour exprimer toute la gamme des émotions, aux mots il préféra les notes.Le 5 décembre 1991, pour commémorer le 200e anniversaire de la mort de ce grand maître, l'Orchestre symphonique de Montréal interprétera, sous la direction de Charles Dutoit, la Messe de Requiem de Mozart ainsi que son Concerto pour clarinette, en la basilique Notre-Dame.À titre d'un des plus importants fabricants du monde en matière de systèmes de télécommunications, Northern Telecom est fière de commanditer cet hommage a Mozart.Mozart.Un grand maître de la communication sous Tune de ses formes les plus nobles, la musique.L northern I II fclccom NOTRE TECHNOLOGIE RELIE LE MONDE Maureen Browne soprano Gabrielle Lavigne mezzo-soprano William Neill ténor Bernard Turgeon basse L’Orchestre symphonique de McGill Les Choeurs de McGill Timothy Vernon chef d’orchestre Iwan Edwards maître de choeur Le lundi 2 décembre 1991 à 20 h Église Saint-Jean-Baptiste (rue Rachel entre Drolet et Henri-Julien, métro Mont-Royal) Billets : 20$/l2$ (étudiants et âge d'or).En vente à partir du 18 novembre au guichet de la salle Pollack, 555, rue Sherbrooke O.du lundi au vendredi, de midi à 17h, et à la porte le soir du concert.Réservations téléphoniques : 398-4547.Cartes de crédit Visa et MasterCard acceptées.Concert bénéfice au profit du Fonds de bourses de la faculté de musique de l'IJnivcrsité McGill.T McGill LE DORTOIR, le film remporte un EMMY International à New York Nos félicitations au réalisateur FRANÇOIS GIRARD au producteur RHOMBUS MEDIA, aux coproducteurs: LE CENTRE NATIONAL DES ARTS, C.B.C.et RADIO-CANADA, et à toute L’ÉQUIPE du DORTOIR CARBONE U Peau> cl™ir et m de Gilles Maheu _ En coproduction avec le Centre national des Arts à Ottawa et le Festival de théâtre des Amériques DU 27 NOV.AU 14 DÉC./THÉATRE ESPACE LIBRE Tel.: 521-4191 (métro Frontenac): ADMISSION: 522-1245 NOMBRE DE PLACES LIMITÉ tient bien sûr des grands moments de théâtre comme Mère Courage mis en scène par le regretté John Hirsch où Denise Pelletier et Dyne Mousso (les plus grandes comédiennes à avoir joués au TNM) demeureront à tout jamais inoubliables pour ceux qui allèrent à l’Orphéum cet hiver-là de 1965; on retient aussi l’Agnès de Geneviève Bujold dans L'École des femmes en 65, le Lorenzac-cio d’Albert Miliaire, François Rozet dans La dernière bande de Beckett, le strip-tease de Luce Guilbault dans Les Oranges sont vertes, Gascon et Denise Pelletier dans Long voyage vers la nuit, les manifestants qui tentaient d’interdire les représentations des Fées ont soif en 1978, etc.Peu à peu, vers la fin des années 70 et le directorat de Roux, le TNM s’est mis à offrir des spectacles qui, pour toutes sortes de raisons, ont éloigné le public de la salle de la rue Sainte-Catherine (l’ex-Comédie-ca-nadienne que la compagnie avait acheté).L’Hippocanthrope, Andorra, Fêtes d’automne, Le couple : combats singuhers, La statue de fer, Le tir à blanc, Cul-de-sac au septième ciel, des oeuvres discutables, des mises en scène faibles, des distributions lâches, on ne retrouvait plus la « qualité TNM » des grandes années.Avec le départ de Jean-Louis Roux en 1982, le TNM, plutôt mal en point, a dû affronter la pire crise de son histoire.C’est là qu’arrive Olivier Reichenbach, le troisième « patron » du TNM, si l’on excepte la courte parenthèse d’André Pagé, nommé pour succéder à Roux mais qui meurt avant de diriger une saison.Reichenbach, arrivé de France dans les années 60, avait été régisseur au TNM et y avait fait ses débuts de metteur en scène avec Désir sous les ormes en 1971.Il connaissait la compagnie de l’intérieur.Il va lui faire traverser la crise et, malgré la vente de l’édifice de la Comédie-canadienne et le retour à l’état de locataire, il va redynamiser la compagnie.À l’automne 84, au creux de la crise, Reichenbach annule une saison.Il ne trouve auprès du gouvernement péquiste aucun soutien senti, aucune chaleur, aucune intention an-nonçée de faire du TNM une grande compagnie nationale, et c’est tout juste qu’il obtiendra une subvention accrue après avoir failli crever de sa belle mort.Mais Reichenbach, retrouvant l’ardeur des débuts, relance le TNM à l’automne 85 avec L’Avare!, et peu à peu, malgré quelques couacs comme La Cuisine de Wesker, il va réussir la renaissance en allant chercher une nouvelle génération de metteurs en scène; René Richard Cyr va étonner avec Bonjour, là, bonjour, Yves Desgagnés va séduire avec Play Stribdberg de Dürrenmatt, Robert Lepage va attirer des foules avec Songe d'une nuit d'été, André Montmorency va briller avec un Malade imaginaire, et Pintal va nous terrasser avec Ha! Ha! et Inès Pérée et Inat Tendu.Ce qui redonne vie au TNM, malgré des échecs majeurs avec des chefs-d’oeuvre (Phèdre, Don Juan, Hamlet), c’est le cheptel d’acteurs.Normand Chouinard a relevé la succession des « premiers comiques » et Raymond Bouchard celle des grands rôles moliéresques, à l’image d;un Guy Hoffmann.Anne Dorval est une aussi belle et bonne Agnès que Bujold.Un temps, Reichenbach a pensé qu’il pourrait établir une vraie compagnie d’acteurs.Les conditions étant ce qu’elles sont, budgets serrés, absence d’un véritable soutienne Québec ou d’Ottawa pour faire.du TNM la grande machine qu’elle devrait (qu’elle pourrait) être, on abandonna l’idée.On ne peut même pas imaginer que le TN M joue en alternance .C’est beau et rare lorsqu’un spectacle peut dépasser une troisième semaine de représentations.Il faut parfois interrompre un succès pour faire place à ce qui sera’un four .Et les gouvernements; ne pensent à vous que pour vous rappeler que faire trois déficits en ligne ., c’est la mort; et pour continuer de vous subventionner ils veulent avoir d’avance vos titres, vos dates, vos coeurs.Une seule chose fait constance dans l’histoire du TNM, depuis;40 ans.La résistance.Pour maintenir un théâtre de qualité, il faut se battre.Voilà une compagnie importante, qui a fait ses preuves, qui a bien sûr ses échecs comme n’importe quelle compagnie de théâtre (ce métier est éphémère et périlleux), qui peut à juste titre revendiquer le statut de première scène du pays, mais qui doit se contenter de survivre dans un régime de gouver nements insensibles, suspendue à la distribution égalitaire des sous gouvernementaux qui vont en sommes à peu près égales aux compagnies qui jouent Neil Simon, et à celle qui persiste à jouer Shakespeare, Molière, Brecht, Beckett et Ducharme.Le prochain directeur artistique du TNM (Reichenbach quitte en juin 1993) devra être un batailleur, un résistant.+ Francofous Axel Bauer, Madame, La Bande Ma-gnétik (avec Laurence Jalbert, Jim Corcoran et Pag).Bien plus, l’entrée à 12,50 $ devient gratuite si vous dépensez 50 $ à la billetterie du Spectrum.Ensuite, on a fait en sorte que la fête soit vraiment possible, même en cas de blizzard.On a réquisitionné le Quartier Latin, ses salles (les deux St-Denis) et ses cafés (Le Bistro d’Autrefois, Les Beaux Esjprits, le vénérable Bistro à Jojo, le Grand Café et Les Retrouvailles).Le festival a déménagé ses pénates à l’Hôtel des Gouverneurs de la Place Dupuis.On a été jusqu’à mettre à contribution la Cinémathèque québécoise, qui propose jusqu’au 7 décembre une fascinante série de films musicaux français et québécois.Seul l’indispensable Spectrum est demeuré a sa place, immuable et fier.Dans l’absolu, sans quitter le Quartier Latin, un festivalier particulièrement affamé pourrait, dans la seule journée de demain, se farcir Yves Montand chante à 15 h, Juliette Gréco à 19 h, Richard Desjardins à 21 h 30 (en autant qu’il détienne déjà un billet, car le spectacle affiche complet) et arroser sa journée bien remplie à 23 h 30 en compagnie du groupe El Kabong ! au Bistrot à Jojo.Et il n’aurait pas tout vu.Mais je cause, je cause, et les FrancoFolies de Montréal ont déjà une journée dans le corps.La fête à Claude Dubois n’a pas encore fini de résonner dans les têtes et les coeurs que l’on s’apprête à célébrer l’ère des chansonniers avec trois ex-Bozos réunis (Clémence Desrochers, André Gagnon et Claude Léveillée, ce soir à 19 h au St-Denis 1).Précipitez-vous.Dans une petite semaine, ce sera fini.Juliette Gréco nous aura demandé de la déshabiller, Michel Fugain aura fait comme l’oiseau, Richard Desjardins aura couché dans son char et Francis Cabrel aura triomphé parce qu’au Québec, il ne sait faire que ça.Ça et nous aimer à mourir.Service CONSERVATOIRE DE MUSIQUE DU QUÉBEC MONTREAL CONCOURS D’ADMISSION ANNÉE SCOLAIRE 1992-1993 Disciplines principales: Instruments d’orchestre, art vocal, guitare, clavecin, orgue, piano, ondes Martenot, saxophone, direction d'orchestre, écriture, composition, analyse, histoire de la musique.Formation musicale professionnelle (D.E.C., études supérieures) DATE LIMITE D’INSCRIPTION: le vendredi 31 janvier 1992 à 16 h Aucuns frais de scolarité RENSEIGNEMENTS: Conservatoire de musique de Montréal 100, rue Notre-Dame Est Montréal (Québec) (514)873-4031 Gouvernement du Québec Ministère des Affaires culturelles Québec a a a a k 4 I Le Devoir, samedi 30 novembre 1991 M C-3 le cahier du Les grands de la chanson à la Cinémathèque Francine Laurendeau PENDANT les FrancoFolies de Montréal, la Cinémathèque présente, du 1er au 7 décembre, des programmes où défilent les grands de la chanson francophone.Des documentaires, des courts métrages d’animation (mercredi, 20 h 30) et une bonne demi-douzaine de longs métrages de fiction des plus traditionnels.Parmi les documentaires, citons deux programmes : l’un consacré à Yves Montand, l’autre à Félix Leclerc.Yves Montand chante Prévert (1968), un téléfilm de 45 minutes, est un récital tout à fait séduisant conçu par Jean-Christophe Averty, un réalisateur inventif qui n’a jamais pris le petit écran pour un déversoir.(Je n’oublierai jamais son émission de la Saint-Sylvestre (vers 1963) où Brigitte Bardot chantait Gainsbourg, un petit chef-d’oeuvre.) Je dis récital, mais en réalité, chaque chanson (ou texte parlé) reçoit un traitement original.C’est, selon le cas, drôle, émouvant, surprenant, délirant, voire agaçant, mais toujours novateur.En première partie, Yves Montand chante (1957), une co-production France-URSS (Michel Sloutky et Serge Youktevitch) réalisée à l’occasion du fameux voyage tant critiqué d’Yves Montand et Simone Signoret en Union Soviétique au lendemain de la répression à Budapest.Demain, 15 h 00.Félix Leclerc, Troubadour, de Claude Jutra (1959), se déroule dans la maison de Leclerc à Vaudreuil où il vit heureux entre ses chansons, sa femme et son fils Martin.Un film très mis en scène dont les protagonistes s’amusent même à pasticher le genre.La vie, de Jean-Claude La-brecque et Jean-Louis Frund (1968), est tourné dans une cabane en bois rond de l’île d’Orléans.Un homme solitaire et meurtri se raconte sans artifices.Le contraste entre les deux films est saisissant.Samedi prochain, 20 h 30.Il y en a vraiment pour tous les goûts.Vous pourrez revoir ou découvrir le premier Robert Charlebois dans À soir on fait peur au monde, de François Brault et Jean Dansereau (1969), avec Mouffe, Louise Forestier et le Jazz Libre du Québec.Demain, 20 h 30.Si vous aimez Gilbert Bécaud, je vous signale une curiosité dans l’oeuvre de Marcel Carné : Le Pays d'où je viens (19581, un divertissement musical dont Becaud est l’interprète, auprès de Françoise Ar-noul.Samedi prochain, 18 h 30.Nous avons vu en projection de presse Boum sur Paris, de Maurice de Ca-nonge (1953), également une curiosité.Il s’agit d’une fiction au scénario primaire, pour ne pas dire débile : une bouteille de parfum contenant un explosif passe d’une main à l’autre tandis que des groupes rivaux courent derrière et tentent de récupérer l’objet dangereux.Alors pourquoi Boum sur Paris à la Cinémathèque ?Parce que l’aventure se passe dans le monde du spectacle et nous vaut une Edith Piaf charmante jouant son propre rôle (et chantant malheureusement une seule chanson avec Jacques Pills, son mari d’alors si je ne m’abuse).Parce que c’est (’occasion d’entendre les vedettes d’alors : Piaf mais aussi Juliette Gréco (Je hais les dimanches), Mick Micheyl, Jacqueline François, Lucienne Delyle, Annie Cordy, Line Renaud, Charles Trenet (La Sardane), Mouloudji (Comme un petit coquelicot), Aimé Barelli, Eddie Warner, Les Quatre Barbus et j’en passe.Et le film est tourné dans les temples du spectacle d’alors.C’est ainsi que, par exemple, une séquence nous fait traverser la Kermesse aux Étoiles, événement animé par Robert Pi-sani et très couru par le grand public, qui avait lieu en plein air, aux Tuileries.Je vous invite à parcourir vous-même la Revue de la Cinémathèque mais si vous êtes sensible à la musique de Serge Gainsbourg, au talent de Jean-Claude Brialy et surtout à la séduction d’Anna Karina, je vous recommande Anna, de Pierre Koralnik (1966).Bon, Koralnik n’est pas Demy, mais cette histoire d’amour en chansons (dans laquelle Serge Gainsbourg joue l’ami cynique) a beaucoup de charme.C’est précédé des Chansons de Jeanne Moreau, de François Reichenbach.Jeudi, 20 h 30.DERNIER SOIR ! msti US AMANIS PASSENT.US AMIES RESTENT.TOUTES LES FEMMES SAVENT CELA.d’amitié à moitié IJN FILM DE DIANE LETOURNEAU À 19 heures AU CINÉMA ONF DU COMPLEXE GUY-FAVREAU mo pi ai » iv-AkMr: ¦'ll PI AO- (HS ARISI UNE PRODUCTION DL l OFFICE NATIONAL DU HLM DU CANADA.PROGRAMME REGARDS DE FEMMES ItKAftDS | |PE flMMLSI CINEMA Un événement exceptionnel P T i! y h l.a dernière nuit de l’enfance, de Savel Stiopul.Rétrospective du cinéma roumain 20 longs métrages roumains de fiction (1960-1986), du 1er au 20 décembre, au cinéma de l'ONF du Complexe Guy-Favreau.Tél.283-8220.Francine Laurendeau PRÊTEZ-VOUS sincèrement au petit questionnaire suivant.Que con naissez-vous du cinéma roumain ?Pouvez-vous nommer un réalisateur roumain ?Non ?Pouvez-vous à tout le moins citer le titre d’un film roumain ?Et pourtant, vous avez vu des films de cinéastes originaires d’Europe centrale.Vous connaissez Andr zej Wajda, Agnieskza Holland, Krzysztof Kieslowski et Roman Polanski (Polonais), Jiri Menzel et Mi los Forman (Tchécoslovaques).Vous connaissez peut-être même Miklos Jancso et Marta Meszaros (Hongrois).Mais de Roumain, point.A moins d’être un assidu du Festival des films du monde qui présentait l’an dernier, dans la section « Hommage à la liberté : Films interdits de l’Europe de l’Est» La Reconstitu- tion, de Lucian Pintilie, et Falaises de sable, de Dan Pita.Mais hormis quelques apparitions épisodiques de ce genre, les films roumains ne circulent pas, ne sont pas vus.Et pourquoi donc ?La première réponse est une évidence : l’interminable règne des Ceaucescu a transformé la Rou manie en un vaste camp de concentration où non seulement la contestation mais toute démarche créatrice était considérée comme subversive.Je viens de voir trois de ces films persécutés par le régime, trois films admirables dont je me demande encore ce qu’on pouvait leur reprocher.Une description trop réaliste des conditions de vie en Roumanie ( La Reconstition et Paso Do-ble, ce dernier de Dan Pita) ?Une recherche formelle qui nous rappelle que le cinéma est aussi un art (La Dernière Nuit de l'enfance, de Savel Stiopul) ?La vérité et la beauté étaient-elle considérées comme des valeurs nocives ?J’ai posé la question au réalisateur d’un de ces films, Savel Stiopul, longtemps malmené par le régime, aujourd'hui Directeur des Archives du film de Roumanie.11 accompagne sa rétrospective à Montréal, la première grande rétrospective jamais présentée au monde de cinéma roumain de fiction.Une manifestation à ne pas rater.Pour Stiopul, le problème remonte encore plus loin dans le temps.« La Roumanie n’a pas eu ses intellectuels marxistes, comme Ber-told Brecht en Allemagne ou Bêla Balasz en Hongrie.Le communisme a été une doctrine importée de Russie, aussi lointaine, pour le Roumain moyen, que le bouddhisme.» D’où un cinéma de fonctionnaires aux ordres du pouvoir.Un cinéma où tout ce qui n’était pas apologétique devenait répréhensible.La rétrospective comprend trois types de films.Les films historiques, pour qui veuf se familiariser àvec le plus méconnu des pays latins.Par exemple, Les Daces (d’après Dacie, le premier nom de la Roumanie), un film épique de Sergiu Nicolaeseu, ou Dardée, de Mihai Jacob, consacré à une grande diva du siècle dernier.Dans le même esprit, les adaptations d’oeuvres littéraires roumaines, dont La Forêt des pendus, de Liviu Ciulei, prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1965.Mais, toujours d’après Savel Stio- pul, les oeuvres les plus intéressantes de cette rétrospective sont celles qui sortent maintenant des limbes après avoir été trop longtemps marginalisées.Parmi celles-là, il y a les films cités plus haut.11 y a Les Malins d’un garçon sage et Cartes illustrées avec fleurs des champs, d’Andrei Blaier, des chroniques de la vie quotidienne.Il y a L’Homme et son ombre, d'Iulian Mihu, sur l’alcoo Usine en pays totalitaire, la grande tentation des opprimés.Un film drôle et personnel.Il faut voir aussi les films de Mir-cea Danieluc, Preuve par le micro et La Croisière, « deux opérations à Coeur ouvert de la société roumaine.» El surtout, ne manquez pas La Reconstitution, de Lucian Pintilie, une histoire qui commence tout doucement, presque innocemment, et qui finit par devenir le terrifiant constat d'une société malade.Un film choc dans le cadre d’un événement exceptionnel.L’anti-rêve américain The Addams Family Réalisateur : Barry Sonnenfield.Scénario : Caroline Thompson & Larry Wilson d’après les personnages créés par Charles Addams.Avec Anjelica Huston, Raul Julia, Christopher Lloyd.Image : Owen Roizman.Musique: Marc Shaiman.Aux cinémas Dorval, Cinéma V, Eaton, Fairview, Greenfield, Laval, Versailles (États-Unis 1991).Odile Tremblay L’AMÉRIQUE raffole des monstres.Par mesure d’exorcisme manifestement.Quand on en a assez de voir fêter la bonne petite famille sage et douce, siège de toutes grâces et de toutes vertus, rien de tel que d’affreux jojos s’amusant à jeter bas tous les mythes en mordant les mollets de John and Mary.La famille Addams, c’est l’anti-rêve américain, c’est un joyeux groupes de monstres, papa, maman et bébés en tête qui se complaisent dans le mal et l’horreur, mangent d’infects ragoûts peuplés d’êtres vivants rampants, se poursuivent avec des grands coutelas, jouent à la chaise électrique et dont le potager est un cimetière où il fait bon s’embrasser au clair de lune en déterrant un squelette ou deux.On aura reconnu les dessins animés de Charles Addams (il en créa près de 1300 au cours des années 30) qui firent la joie de plusieurs générations d’amateurs de morbide.Voici les monstres portés aujourd’hui à l’écran par Barry Sonnenfeld, réputé caméraman, qui signe avec The Addams Family une première oeuvre de cinéaste.Et il n’a pas lésiné sur les effets spéciaux qui déboulent sur le spectateur comme une avalanche.Décrire le film est une entreprise ardue.Il faudrait en extraire la couleur et la folie.Le manoir familial d’abord, bLscornue demeure qui tient de la maison hitchcockienne de Psychose et abrite des trappes de toutes sortes où les visiteurs n'en finissent plus de tomber pour mieux découvrir des ailleurs mystérieux ou se faire agripper par des vignes qui s’enroulent à leur corps.11 y a une tante sorcière concoctant philtres et poisons dans des gros chaudrons, un mon oncle chauve un peu bébête (Christopher Lloyd qu’on a un peu trop vu dans ce type de rôles), deux jeunes enfants assoiffés de sang, un papa (Haul.) ulia) amoureux delà maman, et la belle maman, livide châtelaine au nez aquilin et aux longues tuniques flottantes à qui Anjelica Huston confère un présence inneffable.Car ces Addams dégagent un charme certain, surtout leur petit animal domestique, une affectueuse main coupée qui dort lovée dans le cou de ses maîtres, s’agrippe malicieusement aux visiteurs, fait du pouce sur l’autoroute et aide au be- soin à transporter les bagages.Le clou du film que cette étonnante et adorable main qui prouve, comme jadis E.T., que le cinéma est capable de conquérir le coeur du public avec des êtres à l’apparence la plus farfelue.Bien des critiques ont déliré de joie devant ces personnages de sombre vilains et craqué pour leur univers cul par dessus tête.Et il et vrai que le film nous réserve quelques purs moments de plaisirs, un bal de monstres entre autre où des espèces de Frankeinstein et des petits êtres chevelus font danser les Madame Bovary en mal d’aventures et où les deux frères s’affrontent dans le duel infernal d'une danse russe.The Addams family fourmille d’idées et de gags.L’ennui, c’est qu’ils sont un peu placés à la queue leu leu, sans ordre et souvent sans sens non plus.Il y a bien une histoire, un complot ourdi en vue de chasser la sym- pathique tribu de ses quartiers généraux pour y reloger le frère aîné sous l’aiguillon d'une mère ambi tieuse et sans coeur.Mais le point fort du film ne réside pas, loin s’en faut, dans son intrigue assez faible.Par ailleurs, les effets spéciaux sont souvent gratuits.Parfois, au hasard d’une chute dans une quelconque trappe, on voit apparaître à travers le brouillard, comme dans Le fantôme de l'Opéra, une rivière souterraine où les gens se déplacent en gondole.Mais le décor disparaît aussi vite qu’il est apparu.Gratuitement.Tout cela est un peu décousu finalement.Va pour les monstres, surtout losqu’ils héritent d'une si belle brochette d’interprètes.Mais on eut souhaité plus de liant à ce film débridé, moins de poudre aux yeux, et surtout en guise de chair sur l’os une vraie histoire prenante et palpitante.Caan et Midler sauvent le film For The Boys De Mark Rydell.Avec Bette Midler, James Caan, Christopher Rydell, George Segal.Scénario : Marshall Brickman, Neal Jimenez, Lindy Laub.Image : Stephen Goldblatt.Musique : Dave Grusin.E.-U., 1991.140 min.Alain Charbonneau DÉJÀ DÉCEMBRE.Fidèle à la tradition, l’industrie lourde américaine nous offre pour le temps des fêtes son lot de cadeaux, empoisonnés ou non.Cette année, le programme au nez rouge s'ouvre avec une comédie dramatique, signée Mark Rydell (On Golden Pond, The River), qui n’a cependant ni la légèreté de la comédie, ni la rigueur implacable du drame.Pour avoir voulu trop embrasser, Rydell manifestement a mal étreint'le genre, et For The Boys resterait cet objet sans grand intérêt, emballé dans une reproduction du drapeau américain, n’était qu’il réunit la divine Bette Midler (que Rydell lançait il y a 10 ans avec The Rose) et le versatile James Caan (avec qui il a déjà travaillé dans Cinderella Liberty).Caan, longtemps resté persona non grata à Hollywood — les rumeurs les plus folles couraient sur lui — semble avoir enfin regagné la confiance des producteurs grace à sa prestation dans Misery.Quant à Midler, après le succès relatif de Big Business et de Beaches, sa lune de miel avec la comédie sentimentale se prolonge avec ce film, dont elle est à la fois la productrice et l’actrice principale.Ce sont elle et lui qui donnent à l’ensemble du film le tonus qui manque à ses parties, du scénario à la mise en scène et à la photographie.Londres, 1942.En tournée pour relever le moral des troupes cantonnées en Angleterre, Eddie Sparks a à cette époque déjà conquis le public américain : personne mieux que lui ne sait chanter, danser et divertir à la fois.Seul sur scène, engoncé dans son trois-pièces et le sourire épinglé sur son visage de cire, il charme les demoiselles comme les messieurs de sa voix de chambre à coucher, de ses gags éculés et de son machisme de bon aloi.Dixie Leonard, elle, en est encore à faire ses premières armes.Sanguine, fougueuse, caractérielle, elle a l’inflexion des voix chères qui ne se taisent jamais.Et elle aussi sait électriser les foules.L’agent de Spark convainc celui-ci de l’inviter à participer à la 898e représentation de son spectacle.La seconde guerre réunit donc un soir de demi-brume londonien sur une même scène ces deux têtes chercheuses, dont la rencontre explosive va donner naissance à l’une des plus belles paires de Y entertainment populaire américain des années 50 et 60, quelque chose comme Fred Astaire et Ginger Rogers en plus kitch.UN PUR CHEF-D'OEUVRE //Nrfr; oï* A* t Kmohew FASCINANT.On rit, on pleure, on s'émerveille ••• ¦fler-cri écrit et mis en scène par AR1ANF MMHX’.HKINF.Tous les soirs: 7h00 Dim.: 2h00,7h00 SALLE 2 LE NOUVEAU CINÉMA UN FILM DE JACO VAN DORMAEL Tous les soirs: 7h30,9hl5 tâtïvcU SALLE 1 35, MILTON (Anqle Clork, une rue ou nord de Sherbrooke) 849 7277 1 Samedi et mardi: 5H30,7H30,9hl5 Dim.: IH30,3h30,5h30,7h30,9hl5 350 personnes ont présenté leur candidature pour obtenir un poste de cinéaste à POffïce national du film du Canada cet automne.Six cinéastes ont été embauchés dont trois sont bacheliers en communications de l'Université du Québec à Montréal.Université du Québec à Montréal L’UQAM SALUE TROIS CINEASTES Marquise Lepage Mais l'équipe ne sera pas à l’abri de l’Histoire et de ses retournements, et sur le demi-siècle pendant lequel nous les suivons, Dixie et Eddie se séparent et se retrouvent plus d’une fois.Leur histoire est liée étroitement à celle de leur pays : elle en subit les contrecoups, elle en traverse les crises.La chasse aux sorcières les brouille une première fois, la mort du fils de Dixie au Vietnam, une seconde.Chaque fois, c’est Dixie qui claque la porte et chaque fois c’est Eddie qui récidive.Chaque fois aussi, c’est leur passion du spectacle qui les réconcilie momentanément, et c’est elle encore qui ultimement les réconciliera, lors d’une soirée offerte en leur honneur cette année même, alors qu’ils ont 80 ans passés et que Dixie voue son ex-partenaire à tous les diables.Comme on peut le voir, Fol The Boys n’est pas l’une de ces petites comédies innocentes auxquelles Midler nous a habitué, mais plutôt une longue apologie du spectacle et, implicitement, de la société qui le promeut.Et c’est ce qui dérange le plus dans ce film sans rythme, ou le drame et la comédie (sans se marier jamais) viennent à la rescousse l’un de l’autre pour relancer un scénario au souffle terriblement court.Montrer les travers de l’histoire américaine récente, du maccarthysme au bourbier vietnamien, pour pouvoir ensuite célébrer les vertus du spectacle, qui abolit les barrières idéologiques, estompe les contraste et fait (bien sûr) l’unanimité, même auprès de ceux qui l’ont boudé en partie pendant longtemps (comme Dixie), c’est ce que j’appelle faire un usage abusif d’une rhétorique à gros sabots.Seuls les jeux assurés de Caan et Midler, qui nous livrent quelques moments tendres de pur spectacle, sauvent le film d’un dérapage complet vers la démagogie.MlK/TnS»N UN FILM DE JEUNET ET CAR0 CAFE CAMPUS MAISON DU CINÉMA CAPITOL COMPLEXE DESJARDINS Aussi en v.t.avec sous-titre anglais au CENTRE-VILLE.DESJARDINS MARTINI SHERBROOKE ORUMMONDVILLE i£&n Admirable ! LE MONDE "-UN FILM DE ' CLAUDE CHABROL -J A \TC ISABELLE HUPPE RT ç£3CDP Oampignv Sem 8:30 2:00-8:30 Sam - C-4 ¦ Le Devoir, samedi 30 novembre 1991 iis ©su le cahier du t • annedi RIC ESTHER BIEN STOCK Au-delà des idéologies Odile Tremblay ! DES DOCUMENTS audio visuels sur l’Intifada, le petit écran nous en i livre à la pelle par les temps qui i courrent.La bataille de David et Go-.liath fait couler des flots d’encre et se dérouler des mètres de pellicule.Sauf que cette fois, ça se passe au cinéma.Audacieux défi, le réalisateur Simcha Jacobovici entend creuser vraiment le sujet en profondeur, tout en demeurant honnête sinon neutre.« Neutre ?Qui peut préten-.dre le rester, demande Rie Esther Bienstock après réflexion.Dans un conflit si hautement émotif ?» Rie Esther est co-productrice de Deadly Currents.Tour de force pour , un documentaire à saveur politique, ; celui-ci a fait salle comble à Toronto depuis neuf semaines avant de gagner nos salles.Le film regarde bouillonner la marmite du Proche-Orient, interroge les deux camps en ' présence, parvient surtout à montrer l’ampleur de le.urs différents.« Plus que sur une guerre, on a voulu se pencher sur la condition humaine, explique-t-elle, en donnant la parole aux gens, sans narrateur.» La coproductrice accompagne le film à Montréal (sa ville natale).Il faut dire qu'elle ne s’est pas contentée d’insuffler de l’argent dans l’opéra-.tion.Rie Esther a vécu le tournage avec l’équipe, quatre mois à Jérusalem, impliquée dans une aventure toujours passionnée, souvent dangereuse.Tout a commencé en 89, deux mois avant le début des opérations.Le réalisateur était déjà sur place, pour rencontrer les gens, nouer des relations de confiance avec eux.« Aux deux camps, on a dit : c’est le temps de raconter votre histoire.On va vous écouter jusqu’au bout.» Selon la co-productrice, c’est cette lente approche qui a permis à l’équipe de Deadly Currents d’obtenir des témoignages aussi précieux.« Rares sont les Palestiniennes qui étalent leurs convictions politiques à l’écran.Mais une fondamentaliste de Gaza se dévoile pour nous.» Du réalisateur (né en Israël) au caméraman en passant par la coproductrice, la majorité de l’équipe de tournage est d’origine juive.Rie Esther Bienstock connaît bien Israël et disserte à perte de vue sur ses drames et son avenir.Problème, cet appartenance au camp sioniste, quand on veut interroger des Palestiniens ?« Mais non, répond la co-productrice.Après Washington, Jérusalem est la ville qui compte au monde la plus forte proportion de journalistes.Personne ne s’étonne plus de faire affaire avec des équipes juives.C’est d’ailleurs un avantage de connaître la question.Quand on fait la différence entre le Front de Libération de la Palestine et le Front Populaire, un Palestinien est déjà plus ouvert et respectueux.» « Les journalistes ne se contentent pas de jouer le rôle d’observateurs du conflit Israëlo-palestinien, note-t-elle.Ils en sont aussi partie inté- grante.Dans un sens l’Intifada est une guerre de médias.On compte sur eux pour montrer le combat des pierres contre les fusils.» Jacobovici et son équipe ne se percevaient pas comme des cinéastes, plutôt comme reporters réalisant un cinéma d’enquête.Deadly Currents a des vrais scoops à son chapeau : tourner notamment dans une cour militaire israélienne et dans la prison Ansar II sur la Bande de Gaza.Pour la toute première fois, on laissait un équipe occidentale filmer la justice des Palestiniens.Le film montre l’interrogatoire d’un collaborateur que des cagoulards armés entraînent.« Quelques heures après, il sera exécuté », nous précise-t-on.Pas facile à obtenir audience au quartier général des justiciers en keffieh.Comme dans un James Bond, pendant six mois, Jacobovici dut palabrer avec les Palestiniens sous le nom de code « opération coucher de soleil ».Et voilà que deux jours avant la fin du tournage, arrivait le OK.Mais pour mal faire, un groupe d’extrémistes pro-arabes, les « Red Eagle » s'était juré au même moment d’avoir la peau d’une équipe étrangère, histoire de venger le récent assassinat de leurs chefs.Le feu vert était-il un piège ?« L’équipe voulait bien ob tenir une primeur, pas risquer sa vie.» Finalement, seuls le réalisateur et le caméraman obtinrent le droit de monter à bord de la voiture mystérieuse qui les entraîna vers la Cisjordanie profonde, bandeaux sur les yeux, sans même un interprète pour leur traduire les dialogues.Dur et inquiétant ! « Je n’ai jamais participé à un tournage aussi émotivement prenant que celui-ci, confie la co-productrice.L’Intifada n’est pas une guerre conventionnelle.Elle prend tout le Proche-Orient aux tripes.Si on a aussi filmé des manifestations artistiques, c’est pour montrer à quel point la violence a envahi la psyché collective.» Dans un camp comme dans l’autre, le film donne surtout la parole à des éléments radicaux.Si bien qu’on a la désespérante impression d’assister à un combat éternel et sans issu.« Les deux peuples sont intimement persuadés que la terre leur appartient et que l’autre est un usurpateur, admet Rie Esther.Pourtant, il y aussi des éléments modérés.Du côté des Israéliens, bien sûr (dont on a recueilli les témoignages), mais aussi chez les Palestiniens.L’ennui, c’est que les modérés arabes s’expriment rarement, plus muselés sans doute.Mais croyez-moi, ils existent ».Rie Esther Bienstock se range dans le camp des optimistes.À ses yeux, l’espoir luit quelque part pour le Proche-Orient.« Le fait que se tienne une conférence de paix à Madrid, c’est déjà un miracle.Les extrémistes n’obtiendront jamais gain de cause, estime-t-elle, mais les modérés finiront par donner le ton.Au-delà des idéologies, les êtres humains aspirent à la paix.» PHOTO JACQUES GRENIEH Rie Esther Bienstock CINÉMA Le Proche-Orient, dans sa chair Deadly Currents Réal : Simcha Jacobovici.Image : Mark Mackay.Musique : Stephen Price.(Canada 1991).En v.o.anglaise aux cinémas Égyptien et Côte-des-Neiges.125 min.Odile Tremblay DANS LE CRATÈRE du volcan, Simcha Jacobovici a filmé une véritable éruption politique à travers son documentaire sur le conflit Israélo-Palestinien.Deadly Currents remportait la sesterce d’or au dernier Festival du film documentaire de Nyon.Sur un thème suprêmement émotif, le film parvient, rare performance, à éviter le parti-pris.Au contraire, il explore chaque facette du drame, traverse et retraverse la clôture des camps, multiplie les témoignages pour nous laisser conclure que tout le monde a raison et tort à la fois et que c’est d’ailleurs pour ça que la marmite du Proche-Orient se prépare à nous exploser en pleine figure.On le savait déjà, me direz-vous.Avec Deadly Currents, on le découvre dans sa chair.D’autres cinéastes ont pourtant abordé le même sujet de façon plus intimement émotive.Je pense à Les Les personnes qui ont une maladie mentale, les accepter, c'est fondamental.ES Gouvernement du Québec Ministère de le Sent* et des Services soc leu « TcuK5 V si) THÉÂTUÊ Du 19 novembre au 8 décembre 19 9 1 à Québec -ARBO CYBER, THÉÂTRE (?) -ATELIER DE RECHERCHE THÉÂTRALE (A.R.T.) -LE CONTRE-COURANT -LE GROUPE Ê SKÊNÉ -LA PEAU DES DENTS -PIGEONS INTERNATIONAL -PoMoCoMo -RECTO-VERSO + stages, séminaires et tables rondes INFO-FESTIVAL Québec: (418)648 0558 Montréal: 271 1206 ¦ BUletech-a (418) 691-7400 ! /WW iZovyç -MERCREDI 2P_QgvM ¦^r.'iVPî VENDREDI U nw.srnï/i ISAMfcDl 23 novembre DIMANCHE 24 Q'jycm^rç JJJÜD1______2£ -novembre -MARDI_______________________ MERCREDI.J7 neyçmtoç IÈWI_______l&Jü&smbrs VENDREDI 29 novembre SAMEDI __ 30 novembre DIMANCHE I décernée LUNDI 2 __ ~MAR.Pl_____ 3 décembre .MERCREDI * Membre [JEUDI VENDREDI -SAMfcDl DIMANCHE y.-.::: ::: Lrr U&Çmbrçl BJ&çmbfâ ms MLU ms UtLkJ {TÏÏ771 I a7h {fyir/Wiance H N I J S 20 JOURS [)l: I HéÀ I Rh A KISQLH on: clc subventionnée par Communications Canada.K.I.C., le M A C ,1c M A I., le C A C l; M.et le B A C.(Ville de Québec) enfants de feu de la Palestinienne Mai Masri qui, l’an dernier, nous bouleversait en montrant la guerre des pierres du point de vue de l’Intifada des enfants.Ici, les témoignages parlent d’eux mêmes.Nulle « voix off » en arrière-plan.La guerre est décrite par ses acteurs de façon presque clinique, ce qui la rend d’autant plus terrifiante.Le Canadien Simcha Jacobovici avait réalisé en 81 le documentaire Falasha : Exile of the Black Jews.Creusant toujours la question juive, avec Deadly Currents, il s’est avancé en terrain encore plus miné, risquant parfois sa vie, acceptant de se promener les yeux bandés parmi les combattants de l’ombre, affrontant la menace de leurs couteaux, de leurs fusils.Tour de force, le réalisateur a pu obtenir le témoignage de Rabal, un des membres les plus ac- tifs et recherchés de l’Intifada, et est parvenu à filmer la recherche et l’interrogatoire d’un collaborateur par la police secrète palestinienne.En voyant l’otage s’éloigner sous l’escorte de ses justiciers, on comprend qu’il mourra bientôt.Dans un décor de mosquées, de bibliothèques et de ruelles, Deadly Currents interroge Juifs et Palestiniens.Les uns et les autres, enroulés dans leur bannière respective, tiennent souvent un même discours : « Ils n’ont aucun droit ici.Nous les combattrons jusqu’à la mort».Chacun souhaite extirper l’ennemi du terrain de ses ancêtres.Pour l’envoyer où ?« Ailleurs ».« Nous avons assez souffert en silence, tranche une Arabe.Place à l’action.» Simcha Jacobovici a su rendre palpable la tension survoltée du Proche-Orient.Alors qu’à Jérusalem, se prosternent les pieux devant le mur des Lamentations, les enfants d’en face y vonl de leurs jets de pierres, et l’appel du Djihad retentit aux oreilles des jeunes cagoulards.Le cinéaste est allé interroger des soldats israéliens en zone occupée.Us sont jeunes, les médias internationaux ne leur font pas la partie belle.Eux aussi ont peur.Un jeune militaire grièvement brûlé par les cocktails Molotovs ennemis témoignera que les enfants peuvent également faire mal.Heureuse initiative, en contrepoint éloquent aux témoignages directs, Simcha Jacobovici mêle des extraits de spectacles.Chez les Israéliens, on est divisés.Le démontrent une chanteuse pacifiste ainsi qu’un « performer» de rue bâti comme un Hercule qui s’asperge le corps de teinture, roule des biceps et pousse des petits cris en jouant de façon saisissante l’assassinat.Car celui-ci règne sur le Proche-Orient comme la peste sur l’Occident du Moyen-Âge.Ici, les chorégraphes font mimer à leurs danseurs les gestes de la lapidation.Même l’art exsude le sang.On peut reprocher à Deadly Cur-rents de se complaire un peu trop dans la redite du témoignage.Ce qui fait traîner le film en longueur.À mon avis, il aurait gagné en impact à se condenser davantage en misant plus sur les images chocs.Mais le do cumentaire mérite d’être exploré jusqu’au bout.Parce que Jacobovici refuse les explications de surface et les défaites faciles et cherche en sourcier les origines du conflit.Saul qu’il y a bien peu d’espoir au bout du tunnel, même au sortir d’une confé rence de paix.Son film montre une partie du monde en train de s’enliser dans un inévitable bain de sang.FILMS VIDÉO Yves d’Avignon LES APPRENTIS COWBOYS (Version fr.de City Slickers) Un film de Ron Underwood.Avec Billy Cristal, Daniel Stern, Bruno Kirby, Helen Slater, Patricia Wettig et Jack Balance.Simultanément le 4 décembre.Aimant les grandes sensations, trois amis décident pour leurs vacances annuelles d’entreprendre l’aventureuse expérience de conduire un troupeau de bovins à travers le brûlant Nouveau-Mexique, comme le faisaient les ancêtres.Un trouve un exutoire à ses complexes de sa nouvelle quarantaine, un autre veut se remettre de l’échec de son union et de son renvoi de la compagnie dirigée par son beau-père.Mais à la suite du décès de leur guide, les trois avides mais néophytes cowboys devront mener seuls le troupeau de l’autre côté d’une rivière en crue par une pluie torrentielle.LE PETIT MONSTRE 2 (Version fr.de Problem Child2) Produit par Robert Simonds.A vec John Ritter, Michael Oliver, Amy Yasbeck et Jack Warden.Simultanément le 5.Le père et le fils s’installent dans une nouvelle ville où abondent les femmes célibataires.Junior doit mettre à profit tout un arsenal de tours pendables pour empêcher son père de tomber dans les griffes de la plus riche héritière du patelin, qui déteste, soit dit en passant, les enfants.C’est associée à l’autre petite monstre de service, la jeune Trixie, que Junior parvient à semer la pagaille lors d’une fête foraine et faire échouer un mariage « malencontreux ».BOLIDE DE REVE (Version fr.de Dream Machine) Produit et réalisé par Eric Hendershot.Avec Corey Haim et Brittney Lewis Simultanément le 5.Un jeune a deux passions.inaccessibles : une Porsche 911 Cabriolet Turbo et la plus belle fille de*tout le quartier, qui fréquente le même collège que lui.Par un étonnant concours de circonstances ( ! ), ses rêves deviennent r éalité.Mais l’un d’eux a un vice caché, et ce n’est certes pas la jeune fille : il y a un cadavre dans le coffre de la Porsche.La double poursuite s’engage ensuite : lui veut la conquérir, tandis que l’auteur du meurtre veut récupérer le bolide pour éliminer les preuves de son crime.TUEUR À GAGES D’après un roman de Graham Greene.Avec Robert Wagner, Nancy Everhard, Frederic Lehne et John Harkins.En français le 5 décembre.Un tueur à gages est engagé pour un travail de routine : éliminer un gangster de la Nouvelle-Orléans.Mais quand son travail a été réalisé sans bavure, il apprend que sa victime était en fait un très important politicien.Cette fois, ses employeurs se sont servis de lui comme bouc émissaire.En fuite, il kidnappe, sans le savoir, la fiancée de l’agent du FBI à ses trousses.L’ESPRIT MALVEILLANT (Version fr.de Demonstone) Produit par Antony I.Ginnane.Avec R.Lee Ermey, Jan-Micheal Vincent et Nancy Everhard.En français le 5 décembre.Sharon est correspondante pour la télévision.Aux Philippines, elle tombe sous le mystérieux joug du Demonstone, qui provoque chez elle la fâcheuse manie de commettre de; meurtres.Possédée, elle doit poursuivre le mauvais sort infligé il y a une centaine d’années à la famille d’un fonctionnaire corrompu du gouvernement.ÉGALEMENT DISPONIBLES Black Rainbow (Avec Rosanne Arquette, Jason Robarts.En anglais le 5 décembre) : Elle vient d’être témoin d’un meurtre qui n’a pas encore été commis.Entre le réel et l’irréel, il y a le spectre terrifiant qu’elle seule peut voir.Elle et lui ( v.fr.de Ile Said She Saul Avec Kevin Bacon et Elizabeth Perkins.3 décembre) : ELLE disait que les hommes sont des êtres insensibles, irresponsables et obsédés, qui ne cherchent rien d’autre qu’une partie de jambes en l’air.II, disait que les femmes sont des créatures illogiques, capricieuses, manipulatrices et impossibles à vivre.Les deux versions d’une grande histoire d’amour (!).À VENIR Un été après l'autre ( 11 décembre) ; Terminator 2(12); Le fabuleux voyage de l’ange ( 12) ; Fais de l’air Fred (12).MUSIQUE CLASSIQUE I CB SOIR.SAMEDI 30 NOVEMBRE LA PETITE MUSIQUE DE NUIT DE-: CIEL MF PRÉSENTE À 22 :00 • rondos K.382 et 386 (Mozart) • symphonies nos 10-11 (Haydn) • concerto pour guitare no 3 op.70 (Giuliani) • concerto pour violon op.35 (Tchaikovsky) DEMAIN SOIR, 22:00 • concerti pour piano nos 3-4 K.40-41 (Mozart) • symphonie no 7 lu: Midi (Haydn) • allegro con brio, extr.symphonie no 44 (Haydn) • symphonie no 49 Lui Passion (F laydn) • concerto pour piano no 25 (Mozart) RENSEIGNEMENTS: 527-8321 FAMOUS PLAYERS INFO-FILNi 866-0111 ,S l’Am ^ ur, ça démi nage’ GAGNANT DE DEUX GÉNIES DONT: Meilleure Interprétation masculin ¦ Rémy Girard Meilleure Interprétation témlnlne • Danielle Prouli AMOUREUX 1 U-JUTY BTtntola, 'JEAN ROCHEFORT [ggll RüBfRT Mf NARD.YLRONIQUl imEsaBmmramn: r_UÇ|[oPmr •mmoj-' (wntlratiowi n SM ISVlJ V.O.S.T.A.AU LOEWS l’rix cl'inflerprétufinn féminine Irene .1licol» — Ciinnen IOU 1 tin film U II NOVEMBRE 1991 AU 2 FEVRIER 1992 A LA MAISON DES ARTS DE LAVA Apres le succès remporté par l’exposition Pellan / Gagnon / F ortin voici: «Couleur et lumière: les paysages de Cullen et de Suzor-Coté; L’un des événements majeurs de la saison culturelle 91-92 dans la région métropolitair Ouvert tous les jours de 1 Oh à 1%, les vendredis et les samedis jusqu’à 2 à la Maison des arts de Laval, 1395, boul, de la Concorde Ouest, Laval, 662 tout un instrument obéissant, aussi neutre que possible à l’intérieur de ses paramètres, aux impulsions non Eensées de l’artiste.Quoiqu’il soit ien difficile, à partir d’une certaine réalité et d’une certaine profondeur de l’automatisme, de faire la distinction entre la mémoire du corps et celle de l’esprit.Ne manquez pas, lors de votre visite, de faire la comparaison entre un petit fusain sans titre, de 1957, et les grands dessins cursifs comme le Nu, ou Tendresse, et quelques autres, datés de la même année, vous y découvrirez toute la diversité de là palette de Marcel Barbeau, tandis que dans l’entrée, de nombreuses de l’époque rafraîchiront les souvenirs de ceux qui ont tendance à en minimiser l’importance.La qualité du travail de J.W.Stewart vaut certainement le déplacement chez Waddington à Gorce, où son exposition, basée elle aussi sur la mémoire, parle cependant d’un passé plus récent, moins enfoui que celui qui est en jeu dans les deux autres.Ses extraordinaires xérographies sur papier de riz, réhaussées de collages et constructions divers, ramènent le spectateur au temps du grimoire.Les anciennes sciences mathématiques et physiques y affleurent dans les traces d’écritures et les croquis à demi effacés de la 1ère salle jusqu'au 12 janvier 1992 Avec la participation du ministère des Affaires culturelles du Québec 1192, rue Beaudry, Montréal (Québec) Canada H2L 3E4 Téi.: (514) 521-2141 Télec.: (514) 521-6678 J.W.STEWART Oeuvres récentes jusqu’au 15 décembre Waddington & Gorce inc.2155 rue Mackay, Montréal, Québec, Canada H3G 2J2 Tél.: (514) 847-1112 Fax: (514) 847-1113 des cours du.samedi
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