Le devoir, 25 juin 1988, Cahier E
TM* '«lisp- ELECTRONIQUI * T>—?— J.*- .i HAUTE FIDELITE Dans les studios et nos palmarès/E-2 Callas, la femme de cinq millions .de disques/E-3 Jazz du Pacifique et d’Outre-Manche/E-4 Des fleurs du mal et une biche perdue/E-5 L'âge du rock .et pop !/E-6 Un lecteur-baladeur pour le compact à la plage/E-7 Edgar Fruitier revoit Eros et Thanatos/E-8 onologue 9343.Lajeunesse Montreal, Quebec.Canada H2M 1S5 (514)389-1377 Montréal, samedi 25 juin 1988 Les beaux lendemains du festival de jazz PIERRE CAYOUETTE AVOIR les marées humaines inonder la rue Saint-Denis le temps du festival, on jurerait les Montréalais férus de jazz.On n’aurait, pourtant, qu’à demi-raison.Montréal a beau se vouloir, le temps d’une joyeuse quinzaine, la capitale mondiale du jazz, ce que les Montréalais aiment avant tout, c’est la fête, le grand rassemblement populaire.Et, accessoirement, le jazz.Leur passion pour les rythmes saccadés du bop ou les lignes mélodiques rauques du blues a quelque chose d’éphémère et ne dure souvent que quelques chaudes soirées d’été.Aux lendemains de la fête, quand les cols bleus ramassent les bouteilles vides rue Saint-Denis et que les musiciens rangent leurs saxos, les amateurs de jazz montréalais se font soudainement plus rares et redeviennent un groupe fidèle mais restreint.Hors saison, seuls quelques passionnés fréquentent les boites de jazz enfumées et se délectent des raffinements harmoniques des musiciens locaux.Pas étonnant, dans ce contexte, que les musiciens québécois de jazz en arrachent parfois.« Le jazz est difficile à vendre, admet Mark D.Goldman, directeur des produits audio et de l’édition aux Entreprises Radio-Canada.C’est un marché étroit, très spécialisé.Mais nous y croyons farouchement », s’empresse-t-il d’ajouter.Les Entreprises Radio-Canada y croient à tel point qu’elles ont lancé, il y a quelques années, la collection de disques « Jazzimage », en collaboration avec la radio de Radio-Canada, dans l’espoir de donner une tribune de choix aux artistes de jazz canadiens.On y grave sur vinvle des concerts ou des enregistrements en studio généralement réalisés, produits et diffusés par les émissions MF Jazz sur le vif ou Jazz Beat de Radio-Canada.Cette collection de disques aura été un véritable tremplin pour les Lorraine Desmarais, Dave Turner, James Gelfand et autres musiciens de jazz canadiens.« Nous avons, en outre permis, à un groupe comme UZEB, maintenant reconnu mondialement, de faire un premier enregistrement», rappelle M.Goldman.« Radio-Canada joue, en effet, un rôle essentiel dans la diffusion du jazz au pays, dit Alain de Grosbois, réaüsateur de l’émission ciJazz Beat à CBC.Pour tous les jeunes musiciens de jazz d’ici, la seule façon de percer, la seule carte de visite, c’est le disque.Et sans Radio-Canada, je me demande qui pourrait leur donner cette chance, à part peut-être l’étiquette Justin Time de Jim West.» Chose certaine, sûrement pas les grandes entreprises privées.« Le jazz, surtout celui des musiciens d’ici, est un marché particulier.Il est beaucoup plus facile de vendre la musique classique, par exemple, parce qu’on propose au public un compositeur célèbre, un répertoire connu parfois depuis deux siècles.Dans le cas du jazz, on doit vendre une oeuvre originale, de surcroît peu diffusée dans les grandes stations de radio, et des musiciens peu connus.C’est tout un défi.Mais nous tentons de le relever, sans jouer les missionnaires et tout en nous efforçant d’atteindre la rentabilité, tout comme une entreprise privée », explique M.Goldman.Autre obstacle à l’expansion de ce fragile marché : le conservatisme des amateurs de jazz.« Ils préfèrent souvent le bon vieux disque de vinyle aux cassettes ou aux disques compacts audionumériques.Or, maintenant, la tendance est de plus en plus aux disques compacts.» La pianiste montréalaise Lorraine Desmarais, dont les talents furent en outre consacrés par le célèbre Leonard Feather du Los Angeles Times, se veut le plus beau fleuron des Entreprises Radio-Canada.Chose certaine, elle est la meilleure vendeuse.« Déjà plus 4,000 albums vendus au Québec et des percées intéressantes Voir page E-8 : Jazz LORRAINE DESMARAIS en séance d'enregistrement à Radio-Canada Photo Jaque Crevler Yuli Turovsky : jouer comme si c’était toujours la dernière fois FRANCE LAFUSTE LAPRAIRIE.Vendredi matin 4 juin.Les voûtes de la petite église de la Nativité résonnent des notes joyeuses des Concerti grossi de Hàndel qu’enregistrent les 16 musiciens de l’orchestre de chambre I Musici de Montréal et leur chef Yuli Turovsky.En cette cinquième et dernière journée d’enregistrement, le moral est au beau fixe même si l’heure est solennelle.Tout entiers à leur art, les Musici se refusent à laisser filtrer une once de fatigue, un frisson d’impatience.Et pourtant.Depuis lundi, ils ont enregistré Haydn, Mozart, Tartini et Boccherini sur un premier disque, Tchaikovski et Suk sur un deuxième.La musique se tait.Chacun écoute attentivement les commentaires de Ralph, l’ingénieur du son de Chandos, la maison d’enregistrement britannique, quelque part en coulisses.Tout ce petit monde s'agite, devise, plaisante même, mais l’intermède est de courte durée.Les sens de nou- Photos Chantal Keyser YULI TUROVSKY dirige l’ensemble I Musici de Montréal en séance d’enregistrement à l'église de la Nativité de Laprairie.veau en alerte, la respiration retenue l’espace de quelques secondes, les Musici guettent le signal du départ.La musique de Hàndel emplit à nouveau ces lieux saints, du choeur au beffroi.Pour les neuf violonistes, les trois altistes, les deux violoncellistes, la claveciniste, le contrebassiste et leur maestro, c’est de nouveau la grande célébration.Avec les Concerti grossi, opus n° 6, I Musici de Montréal fêtent secrètement leurs cinq années d’existence et goûtent au plaisir d’une réussite jamais démentie.Car c’est cette même intégrale que Yuli Turovsky proposait au début de l’année 1984 a la direction des concerts de Radio-Canada, alors qu’il enseignait au Conservatoire et à la faculté de musique de Montréal.Juste un an auparavant, il avait formé un orchestre de chambre avec ses élèves, réalisant ainsi un rêve qui remontait au temps où il était violoncelliste soliste de l’Orchestre de chambre de Moscou.Mais les performances de l’orchestre québécois, nul ne les connaissait.Yuli Turovsky aujourd’hui raconte avec la gravité affable d’un comte russe : « Le directeur musical de l’époque m’a fait confiance.On a fait six enregistrements pour la radio, ce qui nous a donné un peu d’argent pour commencer.Quand je suis parti à Londres, j’ai fait écouter ces enregistrements à la compagnie Chandos.Trois disques sont sortis en août 1984, et nous annoncions un premier concert pour novembre.» La démarche en a surpris plus d’un.Rares, en effet, sont les orchestres qui enregistrent avant de donner un premier concert.« C’était risqué mais j’aime bien cette façon de faire », dit Yuli Turovsky, visiblement heureux de ce coup de maître.Les concerts se sont succédé sans que les éloges tarissent.Suscitant partout l’enthousiasme par la richesse de la sonorité et la fraîcheur des interprétations, I Musici engrangent succès après succès depuis lors.Le Conseil canadien de la musique les nommait en 1987 « ensemble de l’année ».Avec l’intégrale de Hàndel (premier de deux disques), l’ensemble vient de parachever son 17e disque et de clôturer sa cinquième saison.Yuli Turovsky a plusieurs cordes à son archet.Chef d’orchestre respecté d’J Musici, il est aussi violoncelliste soliste dans sa propre formation, membre du célèbre trio Bo-rodine et du duo Turovsky (son partenaire est Eleonora, son épouse, vio-lon-solo à I Musici et violoniste à l’Orchestre symphonique de Montréal.Entre deux tournées, trois concerts et quatre enregistrements, il enseigne à l’Université de Montréal.Lentement, d’une voix encore riche des inflexions de la langue slave, le chef d’orchestre convient qu’enregistrer, c’est le seul moyen de se faire connaître internationalement, c’est une excellente carte de visite et la meilleure façon de maintenir un niveau excellent qui ne peut que toujours s’améliorer.Mais, pour s’améliorer, il faut oser s’autocritiquer, ce que font ses musiciens sans se faire prier.Dès qu’un morceau est enregistré, Ils se précipitent devant le moniteur, attentifs à l'expressivité de leur vibrato, intransigeants à l'égard de leur propre coup d’archet.L’homogénéité du son, trait distinctif de l’orchestre, ressortit à l’esprit de groupe, qualifié de philosophie du quartette par M.Turovsky.Il s’explique : « Dans un quartette, quatre personnes jouent ensemble et livrent une seule et même voix.Pour arriver à cette parfaite harmonie, il faut que chacun s’ajuste à l’autre, humblement, sans faire de crise d’ego.» Il poursuit : « Dans l’orchestre, aucun musicien n’a une place fixe sauf le premier violon.Ce qui veut dire que chacun peut être soliste à un moment donné, ce qui est très stimulant.Nous aimons jouer, mais nous voulons aussi être très proches.Car, pour nous tous, la musique, c’est plus qu’un métier, c’est notre vie spirituelle.» Plus enclin à l’émotion que séduit par la perfection de la technique, le musicien se félicite de ne pas être puriste et de chercher à interpréter tous les genres musicaux, baroque, romantique, moderne et contemporain : « Notre interprétation du baroque est encore plus riche si nous la Voir page E-8 :1 Musici Le compact à la radio MF : un virage lent mais irréversible Photo Jacques Jalllet DENIS TALBOT, animateur à CKOI-FM la station possède un répertoire impressionnant de disques au laser.FRANÇOISE GENEST MALGRÉ l’engouement qu’elle devait susciter à ses débuts, c’est hertz par hertz que la musique numérique aura gagné les ondes radiopho niques.En fait, plus de quatre ans après sa grande premiere canadienne, la musique au laser ne représente qu’environ 20% du temps de diffusion radiophonique dans les principales stations MF de Montréal et des réseaux québécois.Il faudra compter environ cinq ans, et parfois plus en région, pour que l’ensemble de la diffusion des grands réseaux et des petites stations soit entièrement composé de musique au laser.Les raisons de cette lente progression sont évidemment éco- nomiques.Le prix des appareils, à lui seul, est relativement élevé : environ $3,000 pour les modèles commerciaux qu’utilisent les stations.« Idéalement, nous devons disposer d'au moins trois de ces appareils, puisqu’il en faut deux pour la mise en ondes et un de réserve en cas de bris.À cela s’ajoutent évidemment des frais d’entretien plus élevés et de plus longs délais pour les réparations.Cependant, le grand avantage du lecteur au laser, c’est de briser moins souvent qu’une table tournante », explique Guy Brouillard, directeur musical a CKOI-MF.Mais le principal obstacle demeure le prix des disques.Les sommes à envisager pour le rem-placement d’une discothèque sont souvent très élevées, parti- Sulte à la page E-8 8390 ST-HUBERT (au sud de Métropolitain) 388-4777/388-1122 Dans le monde du sans-fil, peu offrent un rapport PRIX/QUALITÉ aussi avantageux que COBRA.Nous vous suggérons 2 modèles parmi les plus populaires.24995* 17995* CP 474S D Possibilité "Appel en attente” ?Alternance CP-468 S canal, réception optimale ?Encodage numérique ?Maln-Llbre ?Intercom pour meilleure sonorité ?Vrai "Mise en Attente” ?Fonction "Radial" 1599 Autoroute 440 ouest (à l'est de l'autoroute des Lauren tides) 745-3322 m E-2 ¦ Le Devoir, samedi 25 juin 1988 LE PLAISIR DES Retour en force des valeurs sûres en chanson : Léveillé, Gagnon, Piché VOTRE Fl GRACE A: Photo Jacques Grenier A peine inaugurés, les studios Cinar, situés au coeur de la cité des ondes à Montréal, tournent déjà à plein régime.En plus des post-synchronisations de tilm, les techniciens de cette super-installation s'affairent à l’achevement d'un 45-tours enregistré par André Gagnon et de la trame musicale du nouveau film de Claude Fournier, Les Tisserands du pouvoir.Marie Bernard, la claviériste prodige de Michel Rivard, poursuit l'enregistrement et le mixage de son propre disque au studio La Majeure avec l’ingénieur Paul Pagé.Robert Leroux y affrontera la console à partir du 18 juillet pour un microsillon dont la sortie est prévue pour l’automne.Robert Lharlebois a terminé au studio Multisons la longue production de son prochain disque, qui ne comportera que des chansons nou- velles, et non quelques anciens succès.La pièce « Yuppies », extraite de ce disque, devrait paraître bientôt au Québec sur 45-tours, mais Charlebois s’interroge encore sur la qualité du produit fini.Au même endroit vient de se terminer le mixage d’un microsillon particulier : il s’agit d’une dizaine de pièces du groupe rock Blue Oil, « le seul groupe rock féminin lancé sur une grosse étiquette (« Alert », distribuée par Poly gram) », lance l’ingénieur Raymond Du Berger.Ces musiciennes chantent en anglais et verront leur disque lancé probablement en automne, par Marc Durand (le producteur de Bün-dock et ex-producteur de Men without Hats).Enfin, Multisons verra Gerry Boulet, l’ex-leader du groupe Offenbach, graver 10 chansons d’un disque à paraître en automne, sur des paroles écrites, entre autres, par Lucien Francoeur, Plume Latraverse et peut-être Michel Rivard.Boulet, qui se remet d’un cancer du côlon, a composé la musique de toutes les pièces, et l’on retrouvera Richard Leduc à la direction musicale et Breen LeBoeuf à la basse.Patrick Normand travaille actuellement la section vocale de son prochain disque au studio Victor.Quant à André Gagnon, il terminait l’enregistrement d’un 45-tours à la nouvelle Mecque du son au Canada, le studio Cinar.On en est présentement à l’étape du « mastering» chez FMB.Cinar produit actuellement et jusqu’à la fin de l’été, sur 72 pistes automatisées et informatisées, la bande sonore du film de Claude Fournier, Les Tisserands du pouvoir.La musique est signée Martin Fournier; l’ingénieur est André Perreault.Michel de Loir envisage une suite aux Violons de porcelaine, dont l’enregistrement d’une oeuvre mi-classique, mi-électroacoustique s’est terminé en mai dernier au studio Harmonie.Les gens de chez Harmonie travaillent actuellement à la bande sonore du film The Kid Brother (Kennyen version française), composée par François Dompierre, qui a déjà signé, au même endroit, la bande sonore du Déclin de l'empire américain.Une artiste connue, Jenny Rock, enregistre actuellement quelques chansons rock’n’roll au studio Acous-tic-1.Yolande Teasdale, du studio MAS, nous a confirmé que Michel Dulac enregistera en juillet un microsillon de chansons et ballades françaises.Dulac se produira, le 30 NANETTE WORKMAN.En effet, Audio d’occasion vous offre un grand choix d'appareils de qualité, jusqu’à 50% du prix initial, tous nos produits sont minutieusement inspectés par une équipe technique des plus compétentes, et portent une garantie de 6 mois.Bang&Olufsen BEOCENTRE 9000 Une esthétique aussi pure que la musique qui s'en dégage.PATRICK JOHN DAVID BRUNO JEREMY LYNE Venez constater vous-même et choisir 1793 St-Hubert, Montréal, Qué H2L3Z1 (514)522-2020 métro Bern • fermé le lundi »Détaillant Audio-Vidéo de l’Année 1988, au Canada» 5260, rue Sherbrooke O Montréal 482-4420 [jj) 1930, boul.St-Martin Laval 687-3627 L’OCCASION DE VOS RÊVES h3 audio centre Stéphane DESJARDINS mPüans les studios LA VAGU E d’enregistrements de productions québécoises, amorcée en avril dernier, se poursuit jusqu’à la fin de l’été.Il semble que plusieurs producteurs veulent être prêts pour le Midem de Cannes, ce qui expliquerait en partie l’activité fébrile actuelle dans les studios de la région de Montréal.Productions québécoises Claude Léveillé ferait prochainement un retour sur disque.C’est Serge Langlois, propriétaire du stu-’ dio Clic, qui nous l’a confirmé.Léveillé lancerait son microsillon sur la nouvelle étiquette québécoise « Arctic ».Le titre n’est pas choisi, mais la production se fera cet été.Plusieurs productions annoncées, il y a un mois, dans cette chronique se poursuivent actuellement.C’est le cas de la session de Paul Piché au studio de Morin-Ileights, qui se prolongera jusqu’en juillet; de celle de Sotho (finaliste au dernier concours « L’Empire des futures stars ») au studio Harmonie; de celle de Nanette Workman, accompagnée de Serge Fiori, au studio Inter-Session, et, enfin, de la session de Michel Pa-' gliaro, qui termine la semaine prochaine la production d’un disque fort attendu.René et Nathalie Simard enregistreront les voix de leur prochain microsillon, le 2 juillet, au studio du groupe Perry, à Morin-Heights.La musique sera mise sur bande à Pa- CLAUDE LÉVEILLÉ.ris, en compagnie du compositeur Romano Musumarra.On a déjà enregistré dans ce studio une partie du prochain disque du chanteur français Alain Barrière.juin, avec Claude Dubois et Julien Clerc à l’auditorium de Verdun.Clerc fera, d’ailleurs, une visite au studio Endel, histoire de travailler avec le compositeur Jean-Alain Roussel quelques pièces d’un disque prévu pour la fin de l’année.Les enregistrements d’Isa Minoke (microsillon produit par Michel Lefrançois) et de Francesca (45-tours prévu pour le mois d’août) se poursuivent au Studio 1913 où le groupe 22 Septième commencera au courant de l’été l’enregistrement d’un disque.Enfin, le guitariste Pierre Harel enregistre, depuis le 22 juin au studio Tempo, un microsillon solo rock, mais moins brutal que ce que faisait Corbeau, groupe dont il était membre.Sortie prévue en septembre.Rock anglophone Plusieurs noms importants se produisent dans les studios de Montréal en ce moment.C’est le cas du groupe Suite à la page E-7 aàrffjr*; -T—£ 1 Merci Félix Johane Blouin Guy Cloutier PGCCD9043 2 Un trou dans les nuages Michel Rivard Audiogram CD 10009 3 Richard Séguin Journée d'Amérique Sélect CDDC 10024 4 Lama Napoléon Philips 810766-2 5 Renaud Putain de camion Virgin 30125 6 Francis Cabrel 77-78 (en spectacle) CBS CK 90766 7 Martine St-Clair Grands succès Select STRCD-51 8 UZEB Noisy Nights Audiogram PEM CD 047 9 Nana Mouscouri Par amour Polygram 822929-2 10 Édith Piaf "Master Series" Polygram 823189 -2 JOHANNE BLOUIN.Voilà un disque étonnant.Tout est beau : les chansons, la voix, l’interprétation, les arrangements.Et puis, le laser, c'est magique : une simple pression du doigt vous permet de sauter « Le train du Nord ».l’esprit de la chanson n'y est plus et c’est trop bruyant.Mais le reste est séduisant ! PALMARÈS FRANCOPHONE — M.R.PALMARÈS 3882 1 VERDI Aida 2 Price/Vickers/ Solti London 417416 (coffret) 3 PUCINI Madame Butterfly Tebaldi/Bergonzi/ London 417 733-2 4 Tranquilifé 1 Muslci Chandos 8575 5 CHOPIN Études Louis Lortie Chandos CHAN 8482 6 MOZART Sonates K-309.K-331 Arrau Philips 420170-2 7 BACH Concerto Brandbourgeois Musica Antigua Archives 423116-2 8 HANDELL Concertos et BOILDIEU pour Harpe Lili Laskine Erato Bonsai 55039 9 A Touch of Classics Orchestre Philips (420192-2 10 BIZET L'Arlésienne-Carmen Dutoit-OSM London 417839-2 Pour ce magnifique Aida enregistré à Home en 1961, Georg Solti a réuni une distribution exceptionnelle avec, en tête, l'incomparable Leontyne Price (notre photo) dont le chant, dans le rôle-titre, épouse l’ardeur fiévreuse du chef.Elle est admirablement secondée par Rita Gorr, une Amnéris passionnée à souhait, et par .Ion Vickers, un Radamès qui atteint le sublime dans le duo final.A ce trio s’ajoutent les voix somptueuses de Robert Merrill (Amonasro) et de Giorgio Tozzi (Ramfis).___Q.P.PALMARES POP & ROCK 1 Sting Nothing Like the Sun A&M CD 6402 2 Tracy Chapman Tracy Chapman WEA 96-0774 3 Beatles Past Masters vol 1 et 2 Capitol 7-90044-3 et 2 4 Pink Floyd The Dark Side of the Moon Columbia 7-9044-3 et 2 5 Midnight Oil Diesel & Dust CBS BEK40967 6 Leonard Cohen I’m Your Man CBS CK44191 7 Eric Clapton Crossroads Polygram 835-261,1,2,3,4 8 Depeche Mode Music for the Masses WEA CD25214 9 Liza Minefli Live at Carnegie Hall Telarc CD85502 10 Robert Plant Now & Zed WEA CD-90863 Depuis la fin de The Police, Sting (notre photo), redresseur de torts en chef de la formation, ne s'est pas attiré que des éloges.Son éloignement progressif du rock à saveur de reggae auquel il nous avait habitués au profit d'une potion de funk, soul et jazz, à l’occasion arrosée d'un zeste de rock, ne plaît pas à tous.Mais la controverse ne vaut-elle pas mieux que l’indifférence ?___p y * v t I Le Devoir, samedi 25 juin 1988 ¦ E-3 LE PLAISIR DES HAYDN Symph n 90 en ut et n 92 en ré Orch du 18e siècle, dir Franz Bruggen Philips« Digital Classics • 422 022-2 ODD *** Fidèle à lui-même, Bruggen poursuit allègrement son chemin sur les sentiers de la reconstitution.Une 90e grandiose nous prépare bien à l'audition de la première des « Londoniennes ».prestation parmi les plus spectaculaires de la collection Haydn.Un bien beau couplage d'oeuvres colorées I HAYBN HAYDN Cto en ré maieur pour clavecin et orch , cto pour clavecin et violon, Symph n 31 Hornsignal Zsuzsa Pertis.clavecin, Orch de ch Franz-Liszt, dir Janos Rolla Hungaroton White Label HRC 088 ADD*?** A près de 70 minutes, en étiquette économique, voici un épisode entraînant de Haydn qu'on fera rejouer inlassablement cet été Au clavecin, le célèbre petit concerto en ré et son populaire Hondo à la hongroise retrouvent leur lustre.Ht quelle merveille, celte Ole Symphonie aux sonneries sylvestres ! Bravo I -4:,, ______JOSEPH HAYDN H VRI‘M( ilOKI> < HV l Km IN I) M VJOK VIOI IYH VKISIUIOKI) * OV » KIO ‘•noK\M(.\ v» SVMKUOM /SI /S \ Fl- U ns • 1 WON KOI I \ l.ls/ I H.RfeNt 4 H\MIH R OKI Ml nIR \ WEINZWEIG 15 pièces pour harpe Judy Loman, harpe ERC Musica viva MVCD 1029 DDD ?** Accents de jazz, teintes de blues, thèmes d'inspiration électronique, humour caustique à la Chostakovitch, voilà la contribution notable du compositeur torontois au répertoire de la harpe solo.Mme l.oman, à qui sont dédiées ces petites pièces, tire souvent les nuances extra-terrestres appropriées de cette musique étrange, mais agréable, que l’on croirait parfois venue de lointaines constellations.A écouter en observant le ciel, au cas où.jfckvHÎ*B*** KPkiXstorHvp £ (Ht'ÛCS p.V fait}*' *' ftxfrlymvi fgjg! RQMANTÎSL Ht ' ORGEIMUSIK romantic XKK MUSK FOR ORGAN lOACtaM DAurrz QKXI DIS Stmt ISP»IHAPStS «HttlN ROMANTISCHE ORGELMUSIK (Liszt, Franck, Mendelssohn, etc.) Orgue Jehmlich du Théâtre de Berlin, Joachim Dalitz, organisteCa-priccio 10 148 DDD ***** De l'orgue à grand déploiement pour transformer votre salon en cathédrale ! Knregislrement spectaculaire du nouvel instrument du Schaus-pielhaus.Géante, la l’assacuille en ré mineur de Max Reger; joyeuse, la Sonate en do mineur, op.65, de Felix Mendelssohn; puissante, la Sonate n" Il de Ritter STOKOWSKI DIRIGE WAGNER Extraits de Gotterdammerung, Die Meistersinger, etc.Symph.de Londres et Royal Phil., dir.Leopold StokowskiRCA Red Seal 5995-2-RC AAD **?Un memento massif et austère.Stokowski nous livre un Wagner de roc sombre parfois éclaboussé de cascades rarement ensoleillées.Hour ces moments lugubres que nous privilégions parfois.SoufHe de bande perceptible, mais belle texture orchestrale.KARAJAN (80e anniversaire) Smetana (La Moldau), Dvorak (Scherzo), Liszt (les Préludes et Rhaps, n° 4)Phil, de Berlin, dir.Herbert von KarajanDG 100 Chefs-d'oeuvre 423 220-2 ADD *?* Voilà un plein disque de musique du dimanche après-midi pour les néophytes qui ne savent pas par où commen cer leur incursion dans la musique symphonique autre que la Cinquième de Beethoven.Une Moldau rafraîchissante à souhait, un Scherzo bien bohémien nous amènent vers les extravagances favorites du showman Liszt.Soixante-dix minutes de Karajan dramatique .MOZART Ctos pour piano, K.503 et K.537 Malcolm Bllson, pianoforte, Solistes baroques anglais, dir.John Eliot GardtnerArchtv Produk-tion 423 119-2 DDD **** Une autre façon d'aborder Mozart.Malcolm Bllson, qui récidive ici, est sûrement né à la mauvaise époque ! Dans le temps du pianoforte, il aurait connu la gloire Prise somptueuse, instrument superbe, joué gracieusement et accompagné vigoureusement.Mais les amoureux du Steinway ne seront peut-être pas convertis si facilement ! TIPPETT TIPPETT?TIPPETT DIRIGE TIPPETT Cto pour double orch à cordes, Fant.concertante sur un thème de Corelli, Songs for Dov Nigel Robson, ténor, Orch de ch écossais, dir.Sir Michael TippetNirgin Classics VC 7 90701-2 DDD ***** L'infatigable Sir Michael défend lui-même sa musique avec brio.Quelle meilleure manière de s'initier aux plus belles pages du compositeur écossais ! La richesse du concerto pour deux orchestres ne cessera jamais de séduire l'auditeur.Captage superlatif.— Pierre Beauregard FautLEDEVQIB pouilectoue! La femme de cinq millions .de disques L Y A un peu plus de 10 ans, le 16 f septembre 1977, mourait à Parts la Iplus illustre diva du siècle.Depuis cette date, on évalue à cinq millions les disques de Callas qui ont été vendus.Et ce chiffre a été établi en septembre 1987, il y aura bientôt un an.MARIA CALLAS La Voix du siècle Onze extraits d’opéras de Bellini.Rossini, Bizet, Catalani, Massenet, Verdi, Puccini EMI CDC-7 49502 2 Les 11 extraits réunis sur le pré sent CD représentent un survol des grands moments de sa carrière et vont des extraits de Madama Butterfly et de La Wally dont la gravure remonte à 1955 jusqu’à celui de La Tta-viata, en 1980.Il s’agit d’une véritable anthologie de l’art de Maria Callas couvrant un quart de siècle, ce qui permet de sui vre l'évolution de sa voix, de sa car rière et de son style.Le repiquage numérique de gravures mono et stéréo est tout à fait réussi et confère une dimension nouvelle à des sélections qui ne pouvaient cacher leur âge.Dans ces enregistrements, Maria Callas est accompagnée de divers orchestres sous la direction de chefs illustres comme Tullio Serafin, Antonino Votto, Alceo Galliera, Franco Ghione, Georges Prêtre et Herbert von Karajan.SONGS CATHY SANG Oeuvres de Berio, Cage, Pousseur et Berberian Linda Hirst, mezzo-soprano London Sinfonietta/dir.Diego Masson Virgin Classics VC 7 90704-2 CD Tout comme celui de sa collègue Maria Callas, le nom de la cantatrice Cathy Berberian est entré dans la légende, bien que sa réputation soit basée sur un répertoire à l’opposé de celui de son illustre compatriote.Alors que Maria Callas s’est appliquée à faire revivre les chefs-d'oeuvre du bel canto, Cathy Berberian a surtout mis son talent au service de l’art vocal contemporain.À la suite de son mariage avec le compositeur Luciano Berio, elle est devenue l’interprète la plus recherchée du chant contemporain.De nombreux compositeurs, notamment Stravinsky, Berio, Cage et Pousseur, ont écrit des oeuvres à son intention et c’est aujourd’hui la jeune chanteuse anglaise Linda Hirst qui reprend à son compte ce répertoire inusité.Avec le concours d’instrumentistes de cette formation exceptionnelle qu’est la London Sinfonietta sous la direction de Diego Masson, Linda Hirst montre une parfaite compréhension de ce répertoire pensé et conçu pour Cathy Berbe rian.Les 11 Folk Songs de Berio voisinent ici avec des pages comme Se-quenza III, de Berio, Aria, de John Cage, et Phonèmes pour Cathy, de Henri Pousseur, sans oublier la fameuse Stripsody de Berberian elle-même, Les habitués de la Société de musique contemporaine du Québec se souviendront du passage ici de la chanteuse alors qu’elle soulevait son public avec cette hilarante composition.Linda Hirst a rencontré Berberian en 1977 et elle semble avoir hérité des dons d’interprète de son illustre devancière.SINOPOLI Lou Salomé : Suites nos 1 et 2 Orchestre symphonique de la Radio de Stuttgart Dir.Giuseppe Sinopoli Deutsche Grammophon 415 984-2 CD Le nom de Giuseppe Sinopoli, compositeur et chef d’orchestre italien, né à Venise en 1947, est encore peu connu au Canada, mais sa réputation est déjà considérable en Europe, du moins comme chef d’orchestre.Pour la composition, il a étudié avec Franco Donatoni et sa production s’inscrit dans la foulée de l’École de Vienne.Son opéra en deux actes, Lou Salomé, a été créé à Munich en 1981.Par son livret et par sa musique, l’ouvrage n’est pas sans rappeler Lulu, d’Alban Berg.Son héroïne, comme celle de Berg, est hantée par la peur de se connaître elle-même.À la différence de Lulu, il s’agit d’un personnage historique qui a vu évoluer autour d’elle une foule de soupirants dont l’un fut le grand poète autrichien Rilke.Dans les Suitesn° 1 etn°2qu’il a tirées de son opéra, Sinopoli démontre un talent exceptionnel de musique dramatique et une maîtrise totale de l’orchestre qui joue un rôle capital dans l’ouvrage.Les interventions du soprano Lucia Popp et du ténor José Carreras sont des plus convaincantes.L’enregistrement a été réalisé à Stuttgart en 1983 pour la Suite n ° 1 et en 1987 pour la seconde.Lou Salomé est vraiment une oeuvre à connaître dans son entier.Le CD ne contient que 47 minutes de musique, ce qui est trop peu.Gilles POTVIN mP Des voix à la ronde ALBERT ROUSSEL Intégrale des melodies Kurt Ollmann.baryton.Colette Alhoz-Lugaz.soprano Mady Mesple.soprano Jose van Dam, baryton-basse Dalton Baldwin, piano Patrick Gallois, flûte [ EMI 7492712 et 7492722 CD Photo Christian Steiner r Angel MARIA CALLAS.Les deux disques compacts réunissant les 40 Mélodies qui constituent la production de Roussel pour voix et piano, parfois avec flûte, démontrent sans conteste que ce dernier mérite une place de choix parmi les com positeurs qui ont donné à la mélodie française ses lettres de noblesse, no tamment Gounod, Fauré.Duparc, Debussy, Ravel et Poulenc.La mélodie roussellienne, par le choix des textes, l’élégance de la h gne mélodique et les harmonies sou vent audacieuses et toujours origi nales de l’accompagnement, constitue un apport de choix dans sa pro duction comme dans la musique française contemporaine, en gêné raL Les poèmes qu'il a choisis démon tient l’attrait et la séduction qu’exer çaient sur lui l’Antiquité et l’Orient, mais il n'a pas négligé des grands poètes français de son temps comme Henri de Régnier, René Chalupt, Jean Aubry et quelques autres I intégrale des mélodies réunit deux chanteuses et deux chanteurs qui, de toute évidence, affichent une profonde sympathie à l’endroit de ces oeuvres Textes et musique sont toujours l'objet d'un équilibre de bon aloi, essentiel à une interprétation juste et sentie La collaboration ati piano de Dalton Baldwin est exemplaire de même que celle du flûtiste Patrick Gallois Photo Christopher Davies Virgin LINDA HIRST.ARCHAMBAULT DISQUES COMPACTS “SONATINA” IMPORTÉS DE SUISSE SPËCIAL ¦*99 (PRIX EN VIGUEUR JUSQU’AU 2 JUILLET) m SË SCHUBERT: Quintette "La truite".SMETANA: Ma patrie Orch Symph Radio Télé-Luxembourg ROSSINI: Ouvertures Pfalzische Phil — K Re-del STRAVINSKY: Po Irouchka L'Oiseau de (eu Orch Nat.Lille MMKH I MAY H -%^'r ¦ fl Y.%.',’ jiixv .< î« ."e BEETHOVEN: Concerto pour violon.J P.Wallez, violon Orch.Nat.Lille L'art de Borli Christoff — Airs célèbres.Orch.Symph Radio Bulgare VIVA VERDI: Les plus beau choeurs de Na bucco — Aida — Don Carlos RAVEL: Boléro PhiI Orch Von Mexiko f*'—« —— 4 f y a m i .n— i ' \ — H im'Iiii*«mk ¦MMMHiNIr '¦m* »â n «I» .•««nue.'.os.êi-1 -«TY> Ho j A-Mtftn UMbaro jmleOcU H Hurqmm Slala Octatlra HAYDN.Canzonettas anglaises Adrienne Csengery, soprano (HUNGAROTON) 21.99 Duos pour piano.Mozart — Brahms — Ravel — D Ranki — Z Kocsis, piano (HUNGAROTON) ^ 99 -» I.iii^ D.Ranki joue Bartok.Conc piano no 3 Orch de Hongrie — Ferencsik (HUNGA-ROTON) 219g KATHLEEN FERRIER Chan sons (LONDON) -j g gg PUCCINI WEEKENO.(Extraits célèbres de La Bohème — Tosca — Madame Butterfly) (LONDON) 999 BEETHOVEN: Concertos piano nos 1 et 2 Claudio Arrau — SI aatskapelle Dresden (PHILIPS) 19.99 Vf HAYON: Symph nos 90 et 93 Orch of the 18th Century.(PHILIPS).19 99 PACHELBEL: Canon Albi noni — Adagio Mozart Pe tite musique de nuit — I Musiei (PHILIPS) 9.99 ARCHAMBAULT \A M C 1 O ] hi P 1V1 L LaI O l V—/ 1 Li t Ei CTAETtl 500 est, rue Ste-Catherine, Montréal COMPLEXE DESJARDINS r^i metro 849-6201 288-2444 place I BERRl 1 num DES ARTS CTTH-Til I E-4 M Le Devoir, samedi 25 juin 1988 Le Devoir, samedi 25 juin 1988 M E-5 LE PLAISIR DES LE PLAISIR « DES Du Pacifique et d’Outre-Manche Serge TRUFFAUT 3» arJazz P P 1 FRANK MORGAN.Photo Jazz Magazine Pour faire durer le plaisir du festival Over Jones, Dave Turner et Denny Christianson sont parmi les principaux acteurs de la scène du jazz montréalais, voire canadien.Après plusieurs passages au Festival international de jazz de Montréal, ces trois lascars ont eu l'occasion d'enregistrer soit pour Justin Time soit pour les Entreprises Radio-Canada.Voici un rappel de leurs productions respectives.Jean Beaudet Quartet Justin Time JTR 8407-1 Jean Beaudet est planiste.Le plus aventurier de la confrérie canadienne du clavier.Son album Jean Beaudet Quartet est un témoignage récent des exigences qu'il éprouve envers lui-même et ses accompagnateurs : Normand Guilbeault à la contrebasse, Michel Ratté à la batterie et Yannick Rieu au saxophone Toutes les pièces enregistrées pour la compagnie Justin Time portent sa griffe.Ici, le souci d’exprimer en sons ce que l'on ressent l'emporte sur l'interprétation de ce qu'autrui a signé.Beoudet Dave Turner Café Alto Les Entreprises Radio-Canada JZ 112 Le saxophoniste Pave Turner est un artiste de grand talent Son Café t/topour les Entreprises Radio-Canada paru en 1987, mériterait une bien meilleure distribution tellement son approche du jazz est énergique sans être racoleuse Kn plus, ce diable d'homme a su fort bien s'entourer.Michel Donato est, en effet, à la contrebasse.André White au piano alors que Jacques Masson et Peter Magadim se partagent la batterie.Son hommage à Cannonball Adderley, Mister J.C, est à souligner.Oliver JonesCooking at Sweet Basil Justin Time 25-1 C'est au Sweet Basil, un club de jazz situé en plein coeur de New York, que le pianiste Oliver Jones a enregistré son septième album pour l’étiquette montréalaise Justin Time, en compagnie des torontois Dave Young à la contrebasse et Terry Clarke à la batterie.Intitulé Cookin'at Sweet Basil, cel album ne changera pas le cours de l'histoire.Oliver Jones n’a jamais cherché à devenir un gourou musical.Reste que son album est celui d’un artisan qui connaît dans leurs moindres détails les trucs du métier.— Serge Truffaut LE FESTIVAL international de jazz de Montréal est un paquebot.Un engin énorme qui, au cours de ses plus récentes balades à travers les océans, a invité le saxophoniste Frank Morgan et le clarinettiste John Carter à lâcher le Pacifique, tout en ramenant des bords de la Manche le multi-instrumentiste Courtney Pine, la coqueluche du jazz « british ».La « star » actuelle du jazz dit européen.Évidemment, ces messieurs ont enregistré plus d’un album.Naturel lement, les disquaires au parfum de ce débarquement se sont empressés, dans certains cas, à sortir des boules à mites un éventail de leurs disques.FRANK MORGAN QUINTET Bebop Lives Contemporary C-14026 sique qu’il nous a donnée a eu sur toute notre vie une influence formidable.Certes, c’était un drogué, mais sa musique parlait de toutes sortes de choses II y a dans sa musique un très beau message de paix.C’est pourquoi elle est toujours aussi actuelle, aussi vive ».Fils du guitariste Stanley Morgan — sa mère était une Indienne ojibwa — le jeune Frank se destinait à jouer du même instrument que son père jusqu’à ce qu’il assiste à un spectacle de Jay McShann au Paradise Theater de Détroit.Fasciné par Parker, qu’il est allé rencontrer en coulisse, Morgan se procure le lendemain un saxe alto que, depuis, il n'a évidemment plus lâché.De ce spectacle à Détroit, donné aux alentours des années 40, au 15 décembre 1986 au Village Vanguard de New York, Morgan a cumulé 48 années de pratique et de dévotion à la musique.Un bail qui lui a permis d’accéder au statut envié de maître-initié.Qu’on se le dise, Morgan est un des grands prêtres de l’héritage Parker.En compagnie d’une formation rythmique hors pair — au Vanguard— qui réunissait Cedar Walton au piano, Buster Williams à la contrebasse et Billy Higgins à la batterie, ce Be-Bop Lives débute avec une pièce de Cole Porter intitulée What Is this Thing Called Love ?.Suivie du fameux Parker's Mood et du tout aussi célèbre Well You Needn't de Monk.Sur la face 2, on peut littéralement se délecter avec Come Sunday d’Ellington précédé de Little Melonae de McLean.Sur Lament, Morgan et une formation rythmique identique y vont, une fois de plus, à fond de train.FRANK MORGAN Lament Contemporary C-14021 Comme en fait foi le titre d’un de ses deux disques — Be-Bop Lives ! — Morgan est un militant du be-bop.Son truc, son école, son dada, sa passion, c’est la musique créée par Charlie « Bird » Parker.Bird est, et demeure, l’idole de Frank Morgan.Les notes qu’il a semées dans les sillons de Be-Bop Lives et Lament transpirent des entourloupettes inventées par Parker et ses complices.Cela ne fait pas moins de quatre décennies que ce fabuleux saxophoniste ne déroge pas à cet axiome : « Le be-bop est la musique de l’avenir.» Le répertoire choisi pour la réalisation de ces albums se cantonne dans cette mouture.On va de Parker à Thelonious Monk en passant par Jackie McLean ou Lee Morgan.Instrumentiste avant tout, Morgan laisse à d’autres le soin de composer.Ses énergies, il les canalise dans l’improvisation.Et, à plus de 50 ans, on peut vous assurer qu’elles ne manquent pas.Bref, Morgan est encore loin de la panne.Ses solos, notamment ceux enregistrés au Village Vanguard pour les besoins de Be-Bop Lives, sont rageurs et passionnés.Il y a de la révolte, mais également de la jubilation.De la joie et du plaisir.Celui d’un homme qui est heureux d’avoir la chance de jouer dans la foulée de Parker après avoir respiré sa vie pendant une trentaine d’années derrière les barreaux des prisons californiennes.Mais pourquoi diable est-il obsédé à ce point par Parker ?Maintenant, a confié Morgan à l’hebdomadaire Village Voice, « le Créateur m’a offert la chance de jouer la musique que Parker a rendue possible pour nous.Je ne veux pas jouer comme Charlie Parker.Je veux jouer aussi bien, je veux jouer mon âme.Et c’est ce que Bird m’a dit que je faisais tout le temps.Il sentait que je pouvais lui avoir emprunté certaines idées, mais il disait : “Quand tout cela est filtré à travers toi, ça finit par sortir comme étant toi.C’était peut-être moi à l’entrée, c’est toi à la sortie,” La mu- là JAZZ WARRIORS Out of Many, One People Antilles New Directions, ISL-1166 Pour illustrer le propos musical de Courtney Pine et de ses Jazz Warriors, qui proposent cet excellent Out of Many, One People, il faut parler géographie.Pine et ses 19 compagnons sont tous des enfants d’immigrés venus soit des Antilles, soit d’Afrique noire, soit du Moyen-Orient.Naturellement, la musique que ces 20 musiciens de haut vol fabriquent est un reflet de ces origines multiples que l’on a malaxées avec le jazz.Une alchimie sonore qui se particularise par un traitement très per-cussif de la matière musicale.Ainsi que Courtney Pine l’a confié à Jazz Magazine, « j’ecoute beaucoup de reggae, des chants populaires des Antilles en général.J’ai beaucoup d’affinités avec cette musique.J’étudie aussi la tradition jazz américaine, le calypso, le ska, la musique traditionnelle d’Afrique occidentale, celle des Pygmées, etc.Et j’essaie d’intégrer le tout à la musique.Je commence à m’intéresser à la musique indienne.» Bref, Pine est un éthnologue de la « zizique ».Une dernière précision sur ce groupe.Pourquoi ce nom de The Jazz Warriors ?« C’est un symbole : nous jouons du jazz, nous cherchons à faire quelque chose de différent et c’est très difficile pour nous, en Angleterre, il a fallu se battre.C’est un pays difficle pour le jazz.C’est une musique qui n’est pas populaire, ou plutôt dont a décidé qu’elle n’était pas populaire.Trop ésotérique.» Un Letton invente le plus grand piano au monde BONN (AFP) — Rompant avec l’esthétique du piano à queue, un piano géant, haut de 3.65 mètres, a été conçu à Bonn.Son constructeur, David Klavins, assure avoir trouvé le son optimal en puissance et en pureté, résolvant la question des interférences grâce à la longueur et la disposition des cordes.M.Klavins, 33 ans, facteur et réparateur d’instruments à cordes réfugié de Lettonie, a réalisé ainsi à Bonn le plus grand piano connu au monde, dont le volume dépasse celui de l’instrument inscrit au livre Gui-ness des records, qui, long de 3.55 mètres, a été construit en 1935 à Londres.Le nouveau piano ressemble plus à un orgue, le pianiste prenant place sur une balustrade accessible par un escalier, à deux mètres du sol.Évalué à $ 200,000, le piano Klavins a été présenté ce printemps à la Foire internationale des instruments de musique de Francfort.Des musiciens comme le groupe Tangerine Dream ou le pianiste Michael Ponti l’ont essayé et ont exprimé leur in térêt.M.Klavins a travaillé longtemps sur ordinateur, dans le secret de son atelier de Bonn, pour concevoir la longueur optimale de chaque corde.Il était frappé par l’imperfection des pianos classiques, aux cordes superposées et trop courtes dans une trop étroite caisse de résonance pour pro- duire des sons vraiment purs.Il leur reprochait un phénomène de choc acoustique et déplorait que les cordes à l’horizontale subissent un effet de pesanteur et ne puissent pleinement vibrer.Le handicap des basses le frappait particulièrement.Dans le piano Klavins, la plus longue corde de basse atteint 3.03 mètres.Selon des spécialistes, le nouvel instrument permet ainsi, en particulier dans ce registre des basses, un son remarquable par sa clarté et sa richesse.namirinarnon JOHN CARTER Dance of the Love Ghosts Gramavision 18-8704-1 Le clarinettiste John Carter est une légende.A son égard, le bruit court, en effet, qu’il fut l’inspirateur d’Ürnette Coleman.Originaire, comme lui, de Fort Worth (Texas), Carter est un inventeur, un fouineur, un chercheur pour qui instrument et composition vont de pair.Accoucheur d'une des musiques les plus originales qui soient, Carter est LE défricheur du jazz.En ce sens, il a pris le relais délaissé, dans une certaine mesure, par l’Arf Ensemble of Chicago.Son album Dance of The Love G hosts est exceptionnel.Si Ton aime bien de temps a autre prendre des risques musicaux, si l’on apprécie les aventures musicales, alors ce disque fera votre bonheur.Étrange et envoûtant.Les fleurs du mal poussent bien au zoo MYLÈNE FARMER, je ne la connaissais pas vraiment.Quand j'avais entendu, l’an dernier, son succès dans lequel elle chante : « Je suis libertine, je suis une catin », je l’avais aussitôt classée dans la catégorie de ces chanteuses capitalisant sur le succès remporté par Jeanne Mas en Limitant servilement, avec, en prime comme vertu légèrement rédemptrice, un désir de choquer au niveau du texte.Conséquemment, son nouveau compact, baptisé Ainsi soit je.a dormi sur mon bureau pendant plus d’une semaine avant que, désoeuvré, en me disant que, dans la vie, on ne fait pas toujours des choses agréables, je me décide à l’écouter.Le choc.MYLENE FARMER Ainsi soit je Polydor 835 564-2 Les textes des chansons de ce compact se rangent sous deux bannières : les unes font le tour de tou tes sortes de déviations libidinales (le transsexualisme de « Sans contrefaçon», l’exhibitionnisme de « Pourvu qu’elles soient douces », le CDP-M35 LECTEUR DE DISQUE COMPACT • Convertisseur numérique / analogique • Convertisseur unilinéaire • 20 fonctions programmables (RMS) • Sélection audio-numérique (AMS) ¦m¦ ___ CDP-350 LECTEUR DE DISQUE COMPACT • Filtre numérique à double échantillonnage • Double conversion numérique / analogique • Conversion UniLinear • RMS de 20 pièces • Détecteur automatique de fréquences musicales (AMS) CDP- 550 LECTEUR DE DISQUE COMPACT AVEC CONTRÔLE À DISTANCE • Double fonction digitale de filtrage • 20 fonctions programmables (RMS) • Affichage numérique CDP- 950 “Custom File” rfwwiahiws.CDP 750 4 x ÉCHANTILLONNAGE LECTEUR AU LASER • Filtre numérique à quadruple échantillonnage • Convertisseur N/A double • RMS de 16 morceaux • AMS LECTEUR AU LASER • Filtre numérique à quadruple échantillonnage • Convertisseur N/A double • RMS de 16 morceaux • Détecteur automatique de fréquences musicales (AMS) • Lecture en ordre aléatoire • Répétition multimode • Sortie de ligne variable • Lecture activée par minuterie itr CDP- C50 PLATEAU 5 DISQUES LECTEUR AU LASER DE 5 DISQUES • Filtre numérique à quadruple échantillonnage • Convertisseur N/A double • RMS de 20 morceaux • Programmation à mémoire/lecture en ordre aléatoire • Sortie de ligne variable • Lecture activée par minuterie • Télécommande fournie mm*.«E ZEsË CDP- C70 PLATEAU 5 DISQUES “Custom Fl le” LECTEUR AU LASER DE 5 DISQUES • Filtre numérique à quadruple échantillonnage • Convertisseur N/A double • Calendrier musical • Télécommande à 20 touches fournie • Détecteur automatique de fréquences musicales (AMS) • Correction de programme • Lecture activée par minuterie CDP- C100 10 DISQUES LECTEUR AU LASER DE 10 DISQUES • Filtre numérique, quadruple échantillonnage • Convertisseur N/A double • Détection de phase redresseur d’enveloppe • Capteur laser à lentille asphérique et triple faisceau • Détecteur sélectif de fréquences musicales (RMS), de 20 morceaux • Télécommande à 20 touches fournie EN VENTE CHEZ: ! MAGIC TOUCH AUDIOTRONIC LAPLACE 5343 Queen Mary Road Mtl, Qc H3X 1T8 481-2702 368, Ste-Catherine Ouest Mtl, Qc H3B 1A4 861-5451 2050 boul.St-Laurent Mtl, Qc H2X 2L2 288-7755 ALWINS 1926 Ste-Catherine Ouest Mtl, Qc H3H 1M4 937-3547 François PARE tv Jean-Pierre COAUJER S Micheline RICARD mP En français CHEF DE Ft LE EN vivre à un tel déferlement sonore inventif, colossal, luxuriant.Baudelaire est également connu par ses traductions des oeuvres d’Edgar Allan Poe, à qui Mylène Farmer fait référence dans « Allan » ; il a également été l’un des plus farouches défenseurs de la musique de Richard Wagner, et Ton entend l’air célèbre de Tannhauser au début de « Jardin de Vienne » ; bref, les amateurs de références culturelles n’ont pas fini de s’amuser.Voilà pour le pôle de l’esprit.A l’autre pôle, celui de la chair pourrait-on dire, on retrouve un titre connu, le « Déshabillez-moi » de J u-voyeurisme de « Déshabillez-moi » ) ; les autres sont des chansons de spleen.Je me sens d’autant plus justifié d’utiliser ce dernier terme que la pièce sur laquelle s’ouvre le disque est la mise en musique de I.'horloge, de Charles Baudelaire, qui a immortalisé cette notion.Il faut entendre au moins une fois dans sa vie ce que Mylène Farmer et son producteur-arrangeur Laurent Boutonnât ont créé à partir de ce texte noir, dense, effrayant.Tout d’abord, on n’entend que le tic-tac inquiétant de différen tes montres et horloges (rappelez-vous le « Time » de Pink Floyd sur Dark Side of the Moon), puis on nous propose un paysage sonore aussi menaçant que ceux conçus par Jean-Michel Jarre au début de son Zoolook : sur ce fond musical à la fois morbide et grandiose, Mylène Farmer récite froidement le poème, ce qui ajoute encore plus d’impact à l’ensemble.À la fin de ces cinq minutes, on est hébété, on se demande ce qui s’est passé, par quel miracle on a pu sur- liette tîréco.Mais attention ! Amateurs de sensualité, de froufrous feutrés.de dentelles lascivement caressées.vous risquez ici l’infarctus.Mylène Farmer est directe, crue, impérieuse; la musique, un rock furieusement martelé, irrésistible, ferait le bonheur des danseuses de ces clubs que ma maman m’interdit formellement de fréquenter.Plus flagrant comme invitation, vous ne trouverez pas; c’est le triomphe de la bête qui sommeille au fond de chacun, ici bien réveillée, incandescente.Le disque se termine par une courte pièce étonnante, digne du « Art of Noise», « The Farmer’s conclusion » : sur un rythme trépidant, le producteur a recréé par la magie de l’électronique toutes sortes de cris d’animaux : pendant deux minutes, ça meugle, ça beugle, ça bêle, ça glousse, ça caquette, ça hennit, c’est le tohu-bohu dans la basse-cour, l’émeute à l’étable, l’anarchie dans la bergerie, et quand ça se termine, on se rend compte que tout au long, en retrait, on entendait un soupir très sexy de la chanteuse : difficile de passer à côté du message.Faut-il acheter ce disque ?Sans doute.Bien sûr, si vous êtes un partisan du « less is more », vous serez estomaqué, et risquez de n’apprécier guère.Ici règne l’excès.Cette démesure, ce vent de folie grandiose qui souffle sur tout le disque, cette angoisse devant le vide de la vie et cette fascination devant la chair triomphante donnent au disque un parfum capiteux, décadent, typiquement fin de siècle, sinon fin de millénaire, le parfum des Fleurs du ¦ —François Paré Françoise Hardy : une « biche » perdue dans l’univers du show-business enregistre son premier 45-tours : « Tous les garçons et les filles de mon âge savent bien ce que c’est qu’être heureux .ils s’en vont, deux par deux .» Ce sera le début d’une carrière à succès.En 1988, Françoise Hardy chante encore, mais pas pour longtemps ! Elle vient de terminer l’enregistrement de 12 chansons.En nous présentant son dernier-né, elle a précisé qu’il s’agirait du dernier disque de sa carrière ! « Fini, pour moi, la chan son ! » Désormais, elle consacrera son temps et ses énergies à l’astrologie et à l’homme de sa vie ! Le dernier disque de cette belle grande femme étonnante a pour titre Décalages.Il faut écouter deux fois pour que le charme opère.Mais à la deuxième écoute, on est séduit ! ( )n se surprend à battre la mesure et à chanter avec elle comme si Ton connaissait les mélodies et les mots depuis toujours ! Teehniquemement, c’est très bien fait : toujours ce filet « fragile» sur lequel le temps ne semble pas avoir de prise.Quant aux textes, ils font appel à l’intelligence.Et, au chapitre de la musique, ça bouge et c’est toujours mélodieux.Françoise Hardy chante la vie en ayant l’air de s’en moquer ! Et c’est ça qui me plaît tant.Plût au ciel qu’un jour les astres la ramènent sur le chemin de la raison, c’est-à-dire sur la route de la chanson.Françoise Hardy, permettez-moi de rêver ! — Micheline Ricard J j AI toujours aimé la voix un peu «cassée» et Failure d’« adolescente timide» de Françoise Hardy.J’ai toujours aimé, aussi, le climat dans lequel ses chansons nous plongeaient.Aussi, dès la sortie de son dernier disque, me suis-je précipitée chez le disquaire pour m’acheter cette heure de bonheur ! FRANÇOISE HARDY Décalages WEA 728690 Françoise Hardy est parisienne « pure laine ».À l’âge de 18 ans, elle (sO® francophonie MARIE DENISE PELLETIER A I état pur Kebec-Disc KDC-661 Deuxième microsillon, premier CD Une des plus belles voix d’ici.Malheu reusement, celte voix est mise au service de textes plutôt ordinaires, à deux exceptions près d'abord, son grand succès de l’heure composé pour elle par Luc Plamondon, « Pour une histoire d'un soir » ; et surtout ce qui.à mes veux, sauve le disque et justifie son achat, une exceptionnelle inter prétation d'une splendide chanson de Daniel Ralavoine.« Tous les cris les SO S.».IU * HARRY BELAFONTE PARADISE IN GAZANKULU EMI-Manhattan E21S-46971 Harry Belafonte, un musicien pop ?Belafonte, le roi du calypso des années 50, le crooner ?Absolument ! Mais il faut dire que cette ambitieuse production, sa première depuis des siècles, n'est certes pas le fruit du hasard.Pour ceux qui ne le savent pas encore, le monsieur en question n’a jamais eu la langue dans sa poche, ayant milité et militant activement en faveur des droits de l’Homme à travers le monde, que ce soit en tant qu’ambassadeur pour l’Unicef ou comme une des âmes dirigeantes du projet We Are the World à l’été 85.Ému, donc, par la situation de ses frères de race en Afrique du Sud, il revient à la chanson et nous offre cet album-constat, digne successeur du Graceland de Paul Simon auquel il doit d’ailleurs énormément.À nouveau, les sonorités occidentales contemporaines côtoient et se fondent avec bonheur aux rythmes primitifs de l’Afrique noire.La propagande anti-apartheid trouve là un véhicule inusité, mais jamais didactique et parfaitement achevé, dénonçant les pires injustices par le biais — et c’est là l’heureux paradoxe — d’une musique tonique et foncièrement optimiste qui est celle des gens de ce pays.Deux moments forts : « Skin to Skin », inoubliable romance (d’un couple comme de deux peuples) interprétée en duo avec Jennifer Warnes, et « Move It », vibrant hymne de ralliement où l’on sent battre le coeur de toute une nation.Une perle.COREY HART IN YOUR SOUL Aquarius CPRO 6037 Terminons maintenant sur une note un peu plus gaie avec notre soft rocker national, Corey Hart, dont la sortie du prochain microsillon, Young Man Running, est imminente.Sacrebleu, que se passe-t-il ?Une esquisse de sourire ?Où est passée la moue caratéristique si chère à ce dur au coeur tendre et exempt de tout vice ?Les choses ont bien changé, si l’on en juge par la pochette de son 45-tours promotionnel (disponible en compact), In Your Soul.Aurait-il choisi, à la suite du récent échec de sa tournée canadienne, de se convertir aux tendances actuelles du marketing, qui veut qu’un sourire en attire un autre et qu’il vaut mieux avoir l’air sympathique que bougon ?Ça vendra peut-être mieux pour lui.La chanson proprement dite, elle, ne bouge pas : In Your Soul ressasse toujours le thème du jeune homme en colère, déraciné, à la poursuite d’un idéal indéterminé, au son d’un rock propret et enlevé.Y aura-t-il un jour un autre Sunglasses at Night pour lui redonner le succès ?L’album de cet été le dira.En attendant, réjouissons-nous ; les cours de « baboune » de l’Institut Co-rey-Hart sont désormais chose du passé.Vivement la vidéo ! xÆggSSÎ&i “p55?1 \e cioi*e> l’intérieur.L’histoire d’Eric Clapton est un blues.Celui du surdoué finalement parvenu à s’accepter comme tel et à mettre sa maîtrise instrumentale au service de sa passion.Crossroads en est la bande-son.BRIAN SETZER Live Nude Guitars EMI-Manhattan CDP-7-46963-2 (LP.K7) Les Stray Cats auraient dû suffire à assurer la gloire éternelle de Brian Setzer.Ces trois gamins de Long Island n’avaient-ils pas causé un émoi de taille au sein d’une communauté rock londonienne déjà secouée, quelques années plus tôt, par la ruade « no future» des punks ?Bananes gigantesques et tatouages titanesques à l’appui, les Cats jouaient un rockabilly enflammé et adapté à la décennie naissante.Et surtout la guitare.Cette guitare lumineuse qui fait de Brian Setzer l’un des musiciens les plus excitants à sévir sur la surface de cette terre.Mais les Cats n’ont pas suffi.Rockabilly trop limité, dira lui-même le chat en chef, dont le premier album, pur joyau, ne devait être apprécié que par une bande de marginaux.Ceux qui savent de toute façon.Le second devrait changer cela.Live Nude Guitars : le titre est éloquent et ne trompe pas.C’est à une orgie de guitares que le dévoreur de Gretsch nous convie.Sans renoncer aux acquis mélodiques de son premier effort, Setzer retrouve un son plus dur et pond le meilleur disque de rock’n’roll de l’année Live Nude Guitars devrait donc faire de Brian Setzer autre chose qu’un « guitar freak », ce qui était déjà pas mal.Dans le cas contraire, on en saurait un peu plus long sur la nature humaine.VAN HALEN OU812 Warner Bros 92 57321 (CD, K7) Deux disques déjà depuis le départ de Diamond Dave, et ceux qui espéraient la chute des frangins Van Ila-len devront ronger k frein.OU 812 présente nos aliforniens en pleine forme.Débarrassés de la pression qui accompagnait la sortie du précédent 5150, les Vil proposent un disque de hard rutilant et efficace.Tous les ingrédients y sont.Du pilonnage rythmique exécuté par le matamore de service aux exercices de tir du magicien Eddie, en passant par les désormais traditionnelles trames de claviers, plus fréquentes mais bien intégrées au déluge de riffs.Pour sa part, Sammy Hagar s’avère un shouter beaucoup plus à l’aise qu’à son coup d’essai et l’on se surprend même à ne presque plus regretter l’absence de l’autre.Néanmoins, rien de bien nouveau sus le ciel du hard bronzé.L’amalgame VH de rock parfois hard, parfois métal, parfois seulement rock, de pop et de burlesque ne surprend plus, si ce n’est d’une pièce acoustique très stonienne, mais il demeure gagnant.Et Van Ilalen (re)confirme son statut de « hard rock band » numéro un aux USA.AN HAlf IAWI2 Le Devoir, samedi 25 juin 1988 ¦ E-7 LE PLAISIR DES SSLî * • ?•s ?y - V K < < V X X — w » c V.x x 5* -î v x -v ,ss> \ "N SV £|g$fc * ?.* ¦4 *¦
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