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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1988-10-22, Collections de BAnQ.

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le cahier du ¦ Serge 'Truffaut parle de son idole Keith Richards et donne un truc pour bien réussir pour le lapin à la moutarde.C - 2 ¦ Pierre Harel est de retour avec un disque et l’intention bien arrêtée de faire parler de lui.C - 3 ¦ Le Festival du nouveau cinéma et de la vidéo bat son plein depuis jeudi.C - 4 et C - 5 ¦ Avant de connaître les joies de la première tempête de neige, une visite au musée McCord pour voir Quand l'hiver était roi s’impose.C - 6 ¦ France Lafuste a vu Bird, l’histoire du jazzman Charlie Parker, et Les Tisserands du pouvoir tandis que Francine Laurendeau a vu The Accused.C - 7 Montréal, samedi 22 octobre 1988 Le chapiteau du Cirque du Soleil refleurit à Montréal PHOTO AL SEIB Angela Laurier, la contorsionniste.Paul Cauchon L’IMMENSE chapiteau jaune et bleu planté sur le béton du Vieux-Port ne craint ni le vent ni la neige.Avec un peu d’imagination on peut y sentir encore les odeurs salées de Santa Monica.Le Cirque du Soleil revient à Montréal en héros, comme dans ce Québec pas si lointain ces frères ou ces oncles qui partaient à l’aventure « aux-z-États » et qui re- venaient devant la famille éblouie la tête pleine d’images.Dix-huit mois plus tard, près de 80 personnes ont expérimenté quelque chose de jamais vu, le plus grand succès culturel québécois aux Etats-Unis.Dix-huit mois plus tard, les travailleurs du Cirque du Soleil s’apprêtent à conclure cette aventure exceptionnelle.Tous ont des histoires à raconter, du dirigeant au technicien.Tous ont vécu l’expérience avec passion, de cette passion qui procure le bonheur comme la douleur.Stéphane Meyrand est accessoiriste et technicien.Trapéziste pendant cinq ans, il a abandonné à cause de douleurs à l'épaule et se joignait au cirque en 1986.Dans sa jeunesse il naviguait dans la marine marchande, où il a tout appris sur les problèmes de treuil, de poulies, de mâts, de câbles.« Le chapiteau, dit-il, c'est PHOTO MARTHA SWOPE Les funambules.comme un grand bateau » Pourquoi a-t-il choisi la vie de nique ?« J’aime ça être sur la route, plus j’aurai vu la planète plus je serai satisfait.Et puis j’aime la marginalité.Quand j’en ai assez du clique je regarde les buildings en hauteur où le monde travaille de 9-à-5 et je me remotive».« Le site du cirque c'est un village, ça peut devenir un ghetto, ajoute t il.C'est facile de demeurer sur le site, on te nourrit, on te loge, on te transporte, à l’hôtel on fait ton lit, on peut se laisser aller.C'est pour ça qu’il faut s’organiser des loisirs, se ressourcer ailleurs, sortir dans la ville » Tous les artisans du cirque parlent du « site » comme d’autres diraient « chez-nous ».Tous vous le diront : avant même la qualité du spectacle le cirque c’est d’abord la capacité de travailler en groupe.Le site est un village autosuffisant qui se déplace.À l’intérieur de ce village, autant d’i dées que de personnalités, des coups de coeur, des coups de tête, des histoires d’amour, d’amitié, de sexe, de tendresse.La secrétaire de production Carole Baribeau, justement, assume son histoire d’amour.Pour elle la vie de cirque c’est le déplacement, le changement.« Mais il vient un moment où tu as besoin de sécurité ».Laissé derrière elle, son chum n’en pouvait plus, il a quitté son travail, est allé la rejoindre aux États-Unis, s’est finalement joint ù l’équipe technique.« Le cirque est ton univers total, ajoute Carole Baribeau.Pour le couple c’est une grosse épreuve, ça tient ou Ça casse ».Elle se marie en décembre.Comme secrétaire de production elle veille d’abord au permis de travail pour tout le monde et gère un inventaire de 450 tonnes d’équipement Voir page C-11 : Le Cirque AU MBA Une exposition unique de Chagall Claire Gravel LE DIRECTEUR du Musée des Beaux-Arts de Montréal, Pierre Théberge, principal artisan de la venue de l’exposition Chagall à Montréal, se dit ébloui par la qualité de la collaboration qui s’est établie avec le Centre Georges Pompidou.« Ils ont été extraordinaires par rapport ù Chagall.Imaginez classer les 400 oeuvres de la dation qui leur sont arrivées en février pour nous ! De nombreuses restaurations ont été faites spécialement pour nous, dans un temps record.Ils ont fait un travail de titan ! » « C’est Jean-Louis Prat, le directeur de la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence qui nous a suggéré de demander au gouvernement français la permission d’amener les oeuvres de la dation ici à Montréal.Ce n’est pas la même exposition qu’il y a eue au Centre Pompidou ou à Nice.Nous présentons 47 tableaux et HO oeuvres sur papier, un choix nouveau par rapport à Paris et à Nice.« Louise d’Argencourt à Paris a fait la liaison avec le Centre Pompidou et moi, la coordination mais, en fait, le gros de la production a été fait par les services du Voir page C-11 : Chagail L’équipe culturelle LE MOIS D’OCTOBRE est celui des grands vents et des ciels lumineux.C’est aussi la période traditionnelle des remaniements d'effectifs au DEVOIR.Cette année, le secteur culturel, mieux garni qu’il ne l’a jamais été, pourra compter sur l’expérience variée et le professionnalisme de cinq journalistes chevronnés : Marie Laurier (musique, institutions muséales), Robert Lévesque (théâtre), Nathalie Pe-trowski (cinéma et télévision), Jean Royer (édition et vie littéraire — en congé de maladie) et Serge Truffaut (politiques et financement des arts, jazz).Ces journalistes polyvalents seront appuyés par une douzaine de collaborateurs réguliers — Mathieu Albert (danse), Pierre Beauregard (disques), Carol Bergeron (musique), Josée Blanchette (gastronomie), Robert Choquette (plein air), Lyne Gre-vier (arts visuels et spectacles), Jean-François Doré (variétés), Guy Ferland (surnuméraire), Claire Gravel (arts visuels), Marcel Jean (cinéma), France Lafuste (reportage), Francine Laurendeau (cinéma), Alain Pontaut (théâtre), Maurice Tou-rigny (correspondant à New York).L’équipe de coordination est composée de François Barbeau (adjoint à la chef de division, responsable du montage des cahiers culturels), de Marc Morin (responsable du cahier « Plaisir des livres » — en congé de maladie), de Laurent Soumis (responsable du pupitre quotidien) et de votre soussignée, chef de division! L’équipe du DEVOIR vous souhaite une excellente année de lectures et de sorties culturelles — Angèle DAGENAIS L’anorexie inspire un documentaire doublé de fiction à Johanne Prégent PHOTO JACQUES GRENIER «mai Æ mfe A Ü ¦j'iîi'fl i ¦ & JH “J'y »W«j Nathalie Petrowski DANS le café vide, à travers la vitre embuée battue par la pluie d’automne, apparaît une fille, une forme, une silhouette, une masse de cheveux blonds cendrés.La fille pousse la porte, le corps enveloppé dans un gros manteau, le visage à moitié masqué par un épais foulard.Elle pourrait être étudiante à l’UQAM.Elle l’a déjà été, tout comme elle a déjà été habilleuse, puis scripte sur une cinquantaine de longs métrages québécois dont Pouvoir Intime, Bach et Bottine, Le déclin de l’empire américain.Dans le milieu du cinéma, tout le monde la connaît.Sur la rue : personne.Elle s’appelle Johanne Prégent.Elle a 38 ans.On lui en donnerait à peine 25.Il y a un an, elle est enfin passée de l’autre côté, non pas de la caméra mais du pouvoir.Elle est devenue réalisatrice à part entière avec un premier film, La peau et les os, un « documentaire de fiction » sur l’anorexie produit par l’ON F et présenté ce week-end au Festival du Nouveau Cinéma avant de sortir en salle à la fin du mois.Une fille, un film, des questions.À la sortie de la projection de presse le matin même, les journalistes qui s’attardent, refont le film à leur façon.On aurait aimé qu’elle fasse soit de la fiction, soit du documentaire dit l’un.Pourquoi dépenser de l’argent sur un film mettant en scène des filles qui refusent de manger quand des millions de gens dans le monde crèvent de faim, demande l’autre ?On voit qu’elle n’a pas connu la guerre, tranche la dernière.Johanne Prégent s’étonne de ces questions avant d’y répondre avec un soupçon de rage rentrée, qu’il y a des milliers d’adolescentes en Amérique du Nord qui se font mourir de faim et même qui en meurent.Leur drame est réel et a autant droit de cité que celui des autres.Le drame des anorexiques est un drame moins spectaculaire que celui Johanne Prégent.des enfants du Biafra, certes.C’est un drame de société bourgeoise et occidentale, de société qui ne sait plus quoi inventer pour se faire mal.Mais cela n’allège en rien le poids de la souffrance, cela n’enlève rien à sa légimité ni au nombre croissant d’adolescentes anorexiques qui refusent de manger au prix de leur santé et de leur vie.Les anorexiques sont des filles ordinaires, des filles l’on croise tous les jours dans la rue sans se douter que sous les apparences sauves, elles sont rongées par une douleur invisible qui se manifeste par le dépérissement de leur corps qui fond et voudrait disparaître à jamais; un corps gênant, presque humiliant, un corps qui grandit plus vite que l’émotivité de sa locataire et auquel celle-ci s’en prend à défaut de pou voir s’en prendre à autre chose.Adolescentes hyper sensibles aux prises avec des mères toutes-puissantes, de pères absents, des familles parfaites où en apparence tout va très bien mais où les parents, malgré toute leur bonne foi et leur bonne vo lonté et sans même jamais avoir besoin de lever la main, marquent par leurs comportements, leurs idéaux, leurs exigences, l’âme fragile de leur fille anorexique, son identité than celante.« C’est pour donner la parole aux anorexiques que j’ai fait un doeu mentaire sur elles parce qu’avec le documentaire, elles peuvent parler directement à la caméra.On est obligé de les écouter.Si j’ai ajouté de la fiction, c’est que les anorexique:; vivent dans leur tête et qu’une entre vue, un témoignage, aussi bouleversants puissent-ils être, ne peut pas rendre complètement l’étendue de leur drame », poursuit Johanne Pré gent.Mais pourquoi l’anorexie ?Parce que la scripte un peu lasse de travail 1er sur les films et surtout les pre miers films des autres, avait envie de se mesurer à elle-même et se cherchait un sujet.L’anorexie, a-t-elle découvert, n’était pas juste une •maladie.C’était aussi une métaphore de la condition féminine au sens lil-térale.L’anorexique est une femme excessive mais ses excès contien nent ceux d’une société qui pousse les femmes à se conformer à une image aussi idéale qu’impossible.Le féminmisme malheureusement n’y a rien changé.Paraître, plaire, séduire, maigrir, les anorexiques ne connaissent que cela.Cela et le décompte terrible des chiffres sur la balance, le calcul ob sédant des calories dans la perte de contrôle qu’elles ressentent et contre Voir page C-11 : L’anorexie rue si Uln TROIS: revue d’histoire de l’art, de littérature et de sciences humaines; revue surtout d’essais, de réflexions, de questionnements critiques, mais aussi de fictions — prose, poésie, dialogues — et de rééditions ¦b&ér- LA MÉLANCOLIE D’ANNE-MARIE, LES FICTIONS DE TQA fl f K.n\/1 v.REVUE Éditions TROIS LES LUBIES DE RICHARD LES TEXTES DE TROIS L’OBSESSION D’ALAIN LES ESSAIS DE TROIS D’ÉCRITURE ET D’ÉRUDITION 2033, avenue Jessop, Laval, Québec, Canada, H7S 1X3 tél.:(514)663-4028 TROIS espère susciter le déploiement de textes savants ou capricieux, séduisants ou inquiétants qui rendra à la bibliothèque ses mille paliers où les bibliophiles amoureux-ses s’adonneront à tous tes désordres. C-2 ¦ Le Devoir, samedi 22 octobre 1988 % LES LIGNES AÉRIENNES CANADIEN INTERNATIONAL DOMINION TEXTILE INC.PRÉSENTENT LE ORQUE DU SOLEIL "Au sens de la mise en scène, l'audace et au style, Le Cirque du Soleil fait bande à part." ¦Los Angeles Times “Quand la magie est pure et la fantaisie réelle.” ¦New York Times ‘Frais, jeune, sexy et brillant!'' - The Globe and mail MARDI VIEUX PORT de MONTREAL Sous le chapiteau bleu et jaune (CHAUFFÉ) SIEGES RESERVES Billets en vente MAINTENANT dans le 40,•' TICIttT NETWORK * .* V ACHATS TÉLÉPHONIQUES ^ .(514)522-1245 où consulter la liste des points de vente .Canadien MERCI H ^ GProvigü CAWC CITE wmwz- S>aK) I'umI mai nau DOMINION TEXTILE INC IINQII I \l IINTIINNI 01.f AS ADA CKAC 73 Keith Richards, l’ami des bêtes POINTS DE VENTE AlMiiUsKLÜK “01 boul Ro AUTRES POINTS DE VENTE __saie ( TNTREAII.l T QUEBEC: Reseau BILLETECH ***** mETRO 'BS»W»|oroii siri syyiphoniqi i PL MONTRUAI i harms im loir Keith Richards est sur un pied d’égalité avec Count Basie, Charles Mingus, Louis Armstrong, etc.TOUS DES BÊTES, des animaux.Tous des troglody tes, des pouilleux, des pas bons, des incultes, des obsédés, voire des empaffés, nos « jaz-zeux », « blueseux » et « rock and rol-leux ».Parait qu’à force de les fréquenter nos jeunes deviennent légumes.Parait que la nature même du rock and roll et des genres musicaux qui lui sont proches est de rendre toute éducation impossible.Et comme un plus un égale deux, il faut en conclure que la Nation est en danger.Bigre ! Et oui ! Paraît qu’à coups d’accords de guitares ou de solos de saxophones, les Keith Richards et Dexter Gordon lobotomisent l’âme de nos jeunes.Paraît que la « vie intérieure des jeunes gens appartient à la musique et que l’exposition continuelle au rock crée une véritable intoxication car elle a tout pouvoir sur l’âme des jeunes à travers les grands thèmes lyriques qu’elle véhicule : le sexe, la haine et une version enjôleuse de l’amour fraternel ».Attendez, c’est pas fini ! Paraît, dixit le philosophe-pédagogue Allan Bloom et ses fans, que « le rock est autrement plus dangereux que la pornographie parce qu’il s’intéresse plus subtilement aux parties irrationnelles de l’âme.La musique rock excite le désir sexuel pur et simple, non évolué et à .l’etat brut ».Alors comme ça, à chaque fois que vous assistez à un show de rock and roll, il paraît qu’après comme des lapins vous.Au fait, parlant de lapin, ou plutôt de ces « parties irrationnelles », permettez un petit conseil, les jeunes.Quand vous le faites à la moutarde, pour l’amour du ciel ou de l’âme, il ne faut surtout pas le badigeonner de moutarde tout de suite.Pas du tout.Pour qu’il soit croustillant et juste à point, et sans être aussi dur que du « heavy métal», un quart d’heure avant de le sortir du four vous mélangez la crème à la moutarde que vous versez ensuite dessus.Et ce, même si Allan Bloom et ses fans estiment, Stendhal à l’appui, qu’il ne faut pas mélanger les genres.Au fait, parlant de Stendhal, « c’est y-pas-lui » qui a mis cette phrase très rock and roll dans la bouche de Julien Sorel, « je suis petit madame, mais je ne suis pas bas ».« Eh ! mon petit bonhomme, parles-tu au premier ou bed’on au deuxième degré.Parce que petit et bas.Hein, mon petit cochon.! ».Trêve de plaisanteries.Puisque vous avez l’âme pourrie par le rock and roll, on va vous imposer une sujet de dissertation carabiné.Prenez un crayon et un papier et écrivez : Pascal — Biaise et non pas .— a dit « nous sommes composés de deux natures opposées, d’âme et de corps », poil au nez.Faites votre choix et commentez.De plus, vous allez vous procurer le nouvel album de Keith Richards.Vous allez attentivement l’éeouter et établir un parallèle entre Pascal et sa machine à calculer, et Keith Richards et sa guitare électrique.Talk Is Cheap ou « Le discours est nono », tel est le titre de ce disque-événement.Vous pouvez imaginer jusqu’à quel point tous les « fanas » du Mens sana in corpore sano, soit « une âme saine dans un corps sain », ont du verdir seulement à la lecture du titre de ce disque paru sur étiquette, tenez-vous bien, Virgin.Dans mon âme, Keith Richards, l’âme damnée des Rolling Stones donc du rock and roll, est sur un pied d’égalité avec Duke Ellington et Count Basie, Art Pepper et Charles Mingus, Muddy Waters et Louis Armstrong, Chuck Berry et Cervan-tés, Raymond Queneau et l’Art Ensemble Of Chicago, Stefan Zweig et Ben Webster.Ce qui fait qu’il n’y a guère plus de place pour les apprentis-sorciers de l’élitisme.Ce même élitisme qui fait que Nelson Mandela, sujet de bien des shows de rock and roll qui agacent nos doctes professeurs, refuse de renoncer à la lutte armée parce qu’on ne lui donne pas le choix.C’est ça ou bien permettre qu’on fasse, comme à Dachau et Tre-blinka dans les années 40, des abats-jours avec la peau de ses fesses.Encore un histoire de corps.Richards est d’autant plus présent dans l’âme de « face d’anchois » ou, traduction locale, « d’épais dans le plus mince », que son disque ne comporte aucun artifice, aucune tricherie.Il est à son image, c’est-à-dire mal foulu et superbe à la fois.Comme tout ce qu’il a fait depuis vingt-cinq ou trente ans.C’est pour ça qu’il est encore là, alors que la plupart des héros des années 60 et 70 ont disparu ou végètent.Il demeure l’esprit du rock and roll, même si en l’absence de Mick dagger il s’est vu dans l’obligation de chanter.On pourra toujours dire qu’il chante comme un pied.Mais a-t-on déjà entendu un pirate gueuler le blues et le rock and roll avec une voix en pro-celaine.Bon ! En plus, ce Talk Is Cheap c’est de la pédagogie musicale à la puissance Mach 1.Plus clairement que jamais, on y entend cette guitare pour laquelle il a construit un style dont la grande particularité, pour un « rock and rolleux », réside sur cet emprunt rythmique au grand, au superbe guitariste qu’était Freddie Greene.Celui qui fut le pivot de l’orchestre de Count Basie pendant des lustres.Cet album, c’est également un Richards, qui après avoir exorcisé l’influence de Chuck Berry à coups de spectacles en sa compagnie, vient de faire passer le rock and roll de l’adolescence à l’âge adulte.Au fait, sait-on pourquoi Keith Richards, descendant de réfugiés hug-henots, fait du rock and roll ?Parce que « Hitler dumped a V-l on my bed.He was after my ass».Faut-il traduire ?.1000 ans LA COMMUNAUTÉ ukrainienne célèbre, comme on le sait, le millénaire de l’orthodoxie.Une série d’activités est prévue commençant aujourd’hui par un concert à la salle Claude-Champagne, à 20 h, donné par le violoniste bien connu de l’Orchestre symphoniquede Montréal, Eugène llusaruk et son épouse, la soprano, Yolande Deslauriers-11 usaruk.Demain dimanche, une procession partira du parc Lafontaine à 14 h pour se rendre à l’aréna Paul-Sauvé où une cérémonie oecuménique d’Action de Grâce sera célébrée, à 15 h, par des membres du clergé ukrainien catholique et orthodoxe, avec la participation du Choeur ukrainien de Montréal.Une exposition gratuite d’icônes et de photographies d’Ukraine sera ouverte au public dans le foyer du complexe Guy-Favreau, du 24 au 29 octobre.Enfin, un grand banquet suivi d’un bal clôturera la semaine de festivités au Centre Sheraton le 29 octobre prochain en présence du Lieutenant-gouverneur du Québec, M.Gilles Lamontagne.Serge Truffaut 4M ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONT-ROYAL sous la direction de: Jacques Faubert SC HUBER I i l’Ouverture dite de "Rosamunde’’ (“Die Zauherharfe" D.644) BOTTESINI: Concerto no 2 en si mineur, pour contrebasse et orchestre à cordes.Soliste M.ZBIGNIEW BORO-WICZ ALAIN PAV ET I E: Symphonie no 1, second mouvement (création mondiale).SCHUMANN: Symphonie no 3.“Rhénane" en mi bémol majeur, op.97.Le 3 novembre 1988 â 20h()0 Salle Schofield, 90 avenue Roosevelt Billets: 15$ En vente chez: Ticketron: 288-3651 Chaussures Vachon: 738-1491 Modelectric: 731-6871 Des billets étudiants sont en vente à la porte sur présentation de carte étudiante.V/I * 1 V/L J L IT .“l/\ 1 111 1 V/L MERCREDI LE 26 OCTOBRE À 10h30 À LA PLACE DES ARTS CHARLES 1)1 TOIT, chef Billet: 11 $ EN VENTE AUX GUICHETS DE LA PUCE DES ARTS RESERVATIONS TÉLÉPHONIQUES: 812-2112 Service de café ei de muffin* offert avant chaque i oncert a »>h t(> en collaboration a\e< I e* ( afr* Orient Exprès* laiterie < avivant Im Nmre I joli, I ter.< ukinr Nature Inr Prochain concei Mardi II* 8 novembre N\/l HIRnKOlZt Ml «hr YUJT1R(>\SKÏ vm.I.mrl Jf La Nouvelle République (France) m\ LA LICORNE JM|| 1 RESTAURANT BAR THÉÂTRE ijHK J 2075.bout St-Uurent, Montréal Du 29 septembre au 29 octobre (du mardi au samedi inclusivement a 20 h30) Réservations: 843-4166 faut le voir pour me LES CHOIX EN TÉLÉ SAMEDI Marcel Jean LA TOTALE maîtrise dont fait montre Anne-Marie Miéville dans Mon cher sujet, son premier long métrage, tient du véritable miracle cinématographique.En effet, peu de cinéastes ont réussi à accéder à un tel niveau d’achèvement dès le début de leur oeuvre.11 faut dire cependant que Mié-ville, collaboratrice de Godard depuis une quinzaine d’années et déjà réalisatrice de quelques courts mé-t rages, avaient eu largement le temps de préparer son entrée en solo sur la grande scène.Muii cher sujet décrit l’existence de trois femmes ( la fille, la mère et la grand-mère) encadrées généalogiquement par deux hommes (l’arrière-grand-père et le petit fils), ("est l’espace féminin couvert par ces trois générations qui est le véritable sujet du film : un espace conquis, un lieu gagné à force d’élever la voix, un territoire qu'il faut défendre quotidiennement à travers chaque geste.Si la communication occupe une place centrale dans le propos de Miéville, c’est qu’elle est toujours difficile.« Tu ne veux pas entendre ce que je vois », lance Agnès (la mère) à son amant.Et, comme lui, l'amant d’Angèle (la fille) ne comprend pas comment il a pu lui faire un enfant (« ("est trop tôt ! ») ni pourquoi elle refuse de saisir sa chance en faisant un bout d’essai devant un producteur de chansons populaires (« Si vous voulez entendre ma voix, venez écouler ce que je sais chanter », rétorque-t-elle).Anne-Marie Miéville a signé le scénario de Prénom : Carmen, ce film-phare dans lequel Godard s’interroge sur les rapports (impossibles ?) entre les hommes et les femmes.Mon cher sujet est une sorte de complément de ce film avec lequel il entame un dialogue en proposant un autre point de vue, une autre façon de voir et de dire.De même, en plus d’une parenté de propos, ces deux oeuvres ont en commun de nombreux éléments esthétiques: la modernité de leur écriture, la richesse du travail sonore, le rapport qu’ils entretiennent avec la musique, etc.Oeuvre de maturité, Mon cher su- plans contribuent à créer un profond climat de respect (respect du sujet filmé, mais aussi du spectateur) et à faire de ce film un vrai moment de cinéma.Moins maîtrisé mais tout de même stimulant.Macao ou l'envers des eaux du Suisse Clemens Klopfenstein reprend à son compte le mythe d’Orphée pour parler de l’amour moderne.On le sait, les adaptations contemporaines d’Orphée et Eurydice sont légions et sont à l’origine du meilleur (chez Cocteau) comme du pire (chez Demy).S’apparentant un peu à l’exercice de style, Macao ou l'envers des eaux marche sur le fil que lui tend son sujet archi-éculé, vient près de tomber à plusieurs reprises, mais se ressaisit toujours pour fonctionner jusqu’à la fin.Cela est dû en grande partie à la rigueur avec laquel Klopfenstein a déterminé la structure narrative de son film.Une à une, les pièces s’imbriquent les unes dans les autres et le cinéaste arrive à créer un suspense autour de la vieille histoire des deux amants séparés par la mort.C’est tout à son honneur.Mon cher sujet, dimanche à 19 h ,‘ÎO au Ouimetoscope 1 ; Un petit monastère en Toscane, aujourd’hui à 17 h au Ouimetoscope 2; Macao ou l’envers des eaux, aujourd’hui à 19 h à l’institut Goethe, et dimanche à 19 h au Ouimetoscope 2.Branchez-vous sur la 7JT7//7CÇ'/ LA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE A 25 ANS! APERÇU DES CÉLÉBRATIONS: "CARTE BLANCHE" À WIM WENDERS, SEMAINE JEAN RENOIR ALBUM HISTORIQUE NOUVEAU REGARD SUR LE CINÉMA QUÉBÉCOIS «LA NOUVELLE BABYLONE» TRÉSORS DE LA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE EXPOSITION EMILE COHL, DEMANDEZ LE PROGRAMME! CINEMATHEQUE QUEBECOISE Musée du cinéma R ST kLU * Pourvu que ce soit une fille Une comédie ironique de Mo-nicelli sur l’importance de la femme dans la famille.Avec Noiret et Liv Ullmann.Radio-Québec 20 h.* Footlose Un film facile et dansant, pionnier de la mode des vidéo-clips.Avertissement : il parait que l’écoute de la musique rock rend l’homme et la femme semblable à la bête et certains penseurs nous invi tent à relire Platon, qui, comme chacun le sait, avait un point de vue bien articulé sur les Rolling Stones.À 20 h à Quatre Saisons.?DIMANCHE * Découverte Quatre fois par année, cette émission scientifique diffusera un grand dossier de 60 minutes.Ce soir « la géométrie de la vie », une production américaine de PBS qui explore les fondements de l’ADN et de l'hérédité.Radio-Canada 1H h.* Caméra SS se penche sur la poupée gonflable de l’année, Mitsou.Qua-, tre Saisons 19 h.* Hiondi et de rencontre Madeleine Perron Radio-Québec 19 h 20.jet est la révélation d’une cinéaste à part entière, un moment de beauté et de justesse rare et précieux, à l’image de cette séquence (digne de figurer dans toutes les anthologies du cinéma) où Angèle travaille sa voix avec son vieux maître qui lui dit, à la fois tendre et exigeant : « L’air que tu respires, on doit le voir dans tes yeux.» Même si l’ampleur de Mon cher sujet jette un peu d’ombre sur les autres films présentés ce week-end, soulignons la présence d’Un petit monastère en Toscane, un moyen métrage documentaire réalisé par le Géorgien Otar Iosseliani.Ici, le cinéaste adopte.une démarche semblable à celles de Georges Rouquier et de Louis Malle en France.Sobrement, sans jamais intervenir, il filme la vie à l’intérieur d'un petit monastère situé à Castelnuovo dell’Abate, puis établit la comparaison avec l’existence des paysans et des notables de la région.D’un côté se retrouve donc l’austérité qui est le quotidien des moines, de l’autre l’exubérance des paysans et l’opulence des notables.Le film se termine par un carton annonçant que, si tout va bien, une suite sera tournée dans vingt ans dans les mêmes lieux et avec les mêmes personnages.Une telle attitude n'a rien d’étonnant de la part de Ios-seliani.Qu’on se souvienne de son plus récent long métrage de fiction, l.es favoris de la lune, dont le propos principal concernait les effets du passage du temps (on y suivait notamment un service de vaisselle qui se cassait peu à peu et un tableau qui subissait divers outrages.L’intérêt principal û’Un petit monastère en Toscane réside dans la qualité du regard de Iosseliani.Il est discret mais franc, jamais voyeur mais déterminé.Tant l’immobilité de la caméra que la longueur des Maintenant au Québec, I actualité française et internationale, la culture et l art de vivre en direct de Paris Au réseau Télémédia ¦ du monde des correspondant es informations françaises.du ! :s mots de la langue .le dimar s internationales par les corresr.A la radio par câble 24 heures por jour Pour tout iseignement.contactez votre cabiodistributeur Radio France Internationale B I Au canal TV5 MADELEINE FERRGN ?Les Félix SS S'il y a.un gala à ne pas manquer, c’est bien celui-là.Pour son dixième anniversaire l’A-DISQ veut nous en mettre plein la vue.On rendra également hommage à Félix Leclerc.Un bon investissement : trois heures de gala et toute la semaine à potiner au bureau sur les vedettes.Radio-Canada 20 h (à noter que Musique Plus présente à 1K h un reportage sur l’ADISQ).— Paul Cauchon ALAIN LAMONTAGNE Premier week-end de cinéma et de vidéo A NOUVEAU, les cinéphiles montréalais sont conviés à une fête du cinéma et de la vidéo.La 17e édition du Festival du nouveau cinéma et de la vidéo, qui débutait jeudi soir dernier avec l.n Suit avec llortense de Jean Chabot, vit son premier week-end.Quatre salles (le Ouimetoscope, la Cinémathèque québécoise, le cinéma Parallèle et l’Institut Goethe) offrent des programmes constants à compter de 13 heures.Nos chroniqueurs vous proposent différentes aventures, un portrait vidéo de Patrick Straram, des documentaires sur les sans-abri, le premier long métrage d’Anne Marie Miéville, le dernier Otar Osseliani, etc.Bon festival ! FESTIVAL INTERNATIONAL M ET DE LA VIDEO MONTREAL Anne-Marie Miéville se révèle une grande cinéaste avec Mon cher sujet f Le Devoir, samedi 22 octobie 1988 ¦ C-5 Trois réalités, • - • .msr une même misère f(*ü •rffirir c c Une scène du vidéo Un trou dans le tissu.Nathalie Petrowski UN JEUNE SANS ABRI de Québec dit qu’il lui arrive de manger des écureuils et de vivr e en co-locataire avec les rats et les coquerelles, Un couple de sans-abri à New York se dit heureux de vivre au beau milieu d’un terrain vague.Une anorexique avoue qu’elle se donnait des coups dans le ventre jusqu’à en saigner pour ne pas grossir.Trois réalités, trois documentaires, une même misère, celles des occidentaux de la fin des années 80, où la souffrance matérielle des uns n’a d’égal que la souffrance morale des autres.Un trou dans le tissu de Yves Doyon, Inside life outside de Sachiko llamada et Scott Sinkler et finalement Ta peau et les os de Johanne Prégent, sont présentés ce week-end au Festival du Nouveau Cinéma.Ils rendent compte de réalités sociales complexes trop souvent déformés par le simplisme des médias.C’est la beauté du documentaire qui permet parla légèreté et la mobilité de ses équipes et par la durée des tournages de pénétrer les problèmes.Évidemment tous les documentaires ne sont pas réussis et tous les do-cumentaristes ne sont pas des génies.Yves Doyon, par exemple, a cherché à faire parler des jeunes sans-abri (joués par des acteurs) tout en s’amusant avec la technique vidéo.Pour rendre l’effet de mouvement constant auquel ils sont soumis, il a eu recours à une sur imposition constante d’images qui finissent par étourdir le spectateur et par le distraire du propos.Doyon essaie par un texte poétique, de situer le problème dans le contexte plus large d’une société en changement où la nécessité de travailler n’est plus prérogative, où l’absence d’attaches, est un choix plutôt qu’une fatalité mais ses réflexions philosophiques trahissent parfois la complaisance d’un vi-déaste plus intéressé par son propre sort que par celui des autres.Dans Inside life outside, la démarche des cinéastes est nettement plus intéressante.Le tournage ici s’est échelonné sur une période de deux ans, une durée qui a permis de pénétrer dans l’intimité d’un couple de latinos qui sont des sans-abri authentiques.Le film relate leur bataille pour sauver leur hutte en plastique édifiée sur un terrain vague.Le scénario bascule vite dans le drame privé des personnages qui ont raté leur vie dans une Amérique de classes sociales écartelées.La caméra bien que présente, n’est jamais indécente ni voyeuse.Ce couple de sans-abris trop bien organisés n’est peut-être pas représentatif toutefois des milliers d’autres qui errent dans les rues, mais le casting des documentaires n’est pas un choix à discuter.Avec La peau et les os, Johanne Prégent réussit une belle intégration entre le documentaire et la fiction.Au lieu d’avoir recours aux traditionnelles entrevues avec les personnages campés en plans moyens dans des décors sans dimension, Johanne Prégent a tourné les séquences documentaires comme de la fiction.La mise en scène de la fiction est également très maîtrisée.Pour certains même, elle l’est trop, comme si la fiction volait la vedette à la réalité et nous donnait envie d’y rester, comme si les deux formes pouvaient difficilement cohabiter sans que l’une y perde au change.Un film à voir, qui sortira au Parisien le 28 octobre.U Ensemble A RI O N Claire Guimond Chantal Rémillard Betsy MacMillan Hank Knox Flûte baroque Violon baroque Violoncelle baroque Clavecin avec la participation de cinq musiciens présente des Concertos de J.S.Bach Triple Concerto en la mineur (BWV 1044), Double Concerto en ré mineur (BWV 1043), Suite en si mineur (BWV 1067) et le Concerto Brandebourqeois n° 5 en ré majeur (BWV 1050).28-29 octobre 1988 20h00 Salle Redpath (Université McGill) 3459, McTavish (Métro Peet) Abonnement aux 5 concerts de la saison.52$ (32$ étudiants et âge d'or) Billets: 12$ (7$ étudiants et âge d'or) RENSEIGNEMENTS: 355-1825 BANQUE NATIONALE Les ENTREPRISES GESSER et GORDON CROWE présentent •un Evénement théâtral d une rare intensité - qui LAISSE LE SPECTATEUR MUET D ÉMOTION ET D'ADMIRATION" SUCERA EVITA GAGNANT DE 7 TROPHEES "TONY" — INCLUANT CELUI DE LA MEILLEURE COMEDIE MUSICALE Une musique d'ANDREW LLOYD WEBBER, compositeur de PHANTOM OF THE OPERA' CATS ' et JESUS CHRIST SUPERSTAR' Présentée a Broadway par Robert Stigwood et David L and, sous la direction de Harold Prince A • ••'- ' \00 ili.H) 22l>00 .221i30 231)00 23h30 OOhOO o CBFT (R.C.) Montréal 1 e Téléjmirnnl P INI) US / linpaet Samedi de rire P Hockey / Ligue nationale : Suhn v n le C 'anudien Téléjournal p ' Météo/Sport 23li 05 /Cinéma ; Impératrice Sissi —All.1956 Avec Romy Schneider et Karlheinz Boehm © WCAX (CBS) Burlington News ( 1 h.) Wonderful World of Disney Dick ( lark Simon JL Simon W est 57lli News Magnum, P.l.© WPTZ(NBC) Plattsburgh News M'ASTI Cheers Cheers 227 p Amen P 1 he Golden Fmpty P Girls P Nest Secrets Men Never Share p ( spécial ) News Saturday Night Live O CBMT(CBC) Montréal News 1 lie ' Slap ' P Maxwell.1 lie Tommy Hunter Show Hockey Ligue nationale : Suhn y v s le ( anudien The National Newswatch 231)45 / Spitting Image Œ) CTTM (TVA) Montréal Ici Montréal Musicarl La lutte WW 1 Cinéma : Plus fort que la mm I I .19H6 Avec Justine Bateman, Max Gail el Jason Bateman .Journal intime : Inv : Élaine Bédard Nouvelles IVA Météo/Sport Cinema : / e pram! coup It.78 Avec Lee van Cleef SB C FCF (CIA ) Montréal Puise Dick Irvin’s Hockey May.Jake and the Fatman Simon JL >imon P Mmie (puiniére mondiale) : Imlisireet F.-l .I9HK Q Avec Robert Wagner, Lesley-Ar; e Down et M Henderson News Pulse Mmie: Funny dirt —Am.6N CB TV5 (Télévisions Francophones) 17100 Paroles Le dit an Journal télé- ., .v isumtario visé de A2 Continents [ Dossier francophones i justice Édition spéciale 22hl5/ Jazz, à Montréal 22H45/Entrepreneurs.23li 15/Oeéanique: le magazine OhIO/ Journal télévisé de A2 (32) CIVM (R.-Q.) Montréal Passe-partout A plein P temps L'Odyssée sous-marine de l'équipe ( 'mislead Cinema : / mrvu que ce soit une fille —It.l‘M5 Q 1 Ih / 1 c Clq» Avec Li llmann et Philippe Noiret Lumières Corps vivant Mémoires du Québec : rOuluouuis !2ffl Musique Plus 17 h : Musique vidéo Vox Pop Kilnt musical / the lleach tio\ v.In /imcrican Hand Conccrtpliis Discos d'or 122 W'VNY (ABC) Burlington 15100/Football: l.igue collégiale SlarTrelï : The Next P Centration North and South (4e/5) (spécial) p ABC News 2Jh 15 / War of the Worlds ! (M ( ICO (TA O) Ontario Polka Dot Door Nature .National Doctor W ho watch ! Geographic Movie : Holy Matrimony—É.-U.1943 , (omcrsations Avec Monty Woolley et Gracie Fields Movie: MollyumlMe F.-l .45 Avec G.Fields 23hl5 / Conversations (Il Much Music INh V) / Miller Dacktrav Big Ticket Soul in the city Vidéoclips Furytlunics Spotlight Miller Backtrax Big Ticket (M 1 VERMONT F'.TV (PBS) 1 lie Law rente Welk Show Austin City Limits Wonderworks : Places \of Our Own p Movie : C aptains Courageous —F.-IJ.1937 Avec Freddie Bartholomew et Spencer Tracy Mark Russell Campaign Ce News Magazine Austin City Limits (M 1 QUATRE SAISONS Montréal 1 op Jeunesse MacGyver Cinéma : lootloose —F.-U.14>H4 Avec Kevin Bacon.Lori Singer et John Litngow 1c grand journal Sur l’oreiller Bleu nuit: Comme un papillon É.-U.NI Avec Stacy Keach l- ' __ —| La télévision du dimanche soir en un clin d’oeil I8h00 181i30 19h(M) 19h30 20li(M) 20H30 21hOO 21li30 22hO(> 22h30 231)00 23h30 OOhOO m CBFT (R.C.) Montréal Découverte L’heure Disney de Boogedy 1.a fiancée l es Félix NN, Gala du 10e anniversaire de l'ADISQ 221)45 / l e Téléjournal P sport/politique prov.Cinéma : liurope 5/ —II.1952 Avec Ingrid Bergman ( 3 ) WCAX (CBS) Burlington 17 h / l)isne\ Magic 1 ( ondorman 60 Minutes (information) P Murder She Wrote P Jack Ihe Ripper (spécial) (dern.) P ( BS News p 231) 15 / The Honey mooners f5) WPTZ (NBC) Plattsburgh I6li/ Football : Ligue nationale: Dolphins >\v Jets The Magical World of Disney: 1 he (loonies P 1 É.-U.85 Avec Sean Astln et Josh Brolin Mmie (première mondiale) : Donee 'HI Dawn —É.-U.19NN P Avec Alyssa Milano, Brian Bloom et Alan Thicke M*A*S*FI Movie : l.ifeforce —G.-B.1985 Avec Steve Railsback Q CBMT (CBC) Montréal Magical World of Disney P The q Raccoons The P Beachcombers Martha, Rulh and Edie — Can.1988 P ., _ Sunday Report Q Avec Jennifer Dale, Andrea Martin et Lois Maxwell Venture Newswakh Star Trek O CFTM (TVA) Montréal lei Montreal 1 a Belle et la Bête lin homme au foy er 7 jours ; Cinéma : .4lutno Buy —É.-U.I9N5 Avec Amy Madigan et Ed Harris Nouvelles TVA météo/sport Justice pour tous Cinéma: Dernière chunce CFCF ((TV) Montréal Pulse Travel, travel Incredible Sunday P W5 P .lack llu Kipper (special) (dern.) g News Puise Entertainment this week HfJ TVS (Télévisions Francophones) I7h 20 / Ciné 16 .Intimai télé- \ isé de A 2 I e son des Français Apostrophes: Revel l'autre Jean-François champion.21 h 15 / Thalassa Nord-Sud Jupiter NI Journal télévisé de A2 Radio-France internationale (17) CIVM (R.-Q.) Montréal Passe-partout C’est la vie Bondi & Cic Parler pour parler C inéma : Le %rundcouteau—L.-l .1955 Avec Jack Palance.Shelley Winters et Rod Steiger le ( lap (magazine) (20) Musique Plus Transit/Félix .Musique video ^a dix ans Nu Musik (22) WVNY (ABC) Burlington A Communiquer Incredible Sunday P Mission : Impossible ( Ire) g North ami South (spécial) (dern.) g ABC News p 231)15: Twilight Zone 23W5: Think and Grow Rich (24) CICO (TVO) Ontario l7h3(F Téléclub jeunesse Ici hat la vie Science en images Cinéma : Le >«g age surprise —Fr.1946 Ua nuit sur Avec Maurice Baquet el Martine Carol l'étang A comme artiste le Lys et le Trillium (25) Much Music 19 h: Baeklrax T he Best of Much x i i IiiU> Pop \ ideochps 1 Spotlight Vidéoclips (33) VERMONT ETV (PBS) All Creatures Great and Small Wild America Nalurescene Nature Masterpiece T heatre P m, |rjsh „ M A Perfect Spy Mystery ! Cause Célébré P Masterpiece llieatre (35) QUATRE SAISONS Montréal Les carnets de I /mise Inv : Marcel Béliveau Caméra KN Hockey / l igue nationale : Nordiques v.% Rangers la?grand journal Coup de soleil 1 es carnets de 1 xniise Le Devoir, samedi 22 octobre 1988 ¦ C-11 4 Le Cirque auprès des courtiers en douane.En plus elle s’occupe de mille détails quotidiens et revendique haut et fort son titre de « maman du cirque ».« Je suis à la fois infirmière, psychologue, confidente; pour les techniciens je suis leur sécurité en tournée ».D’autres femmes, en minorité, bataillent fort — la seule technicienne du groupe, la seule musicienne dans le band — elles ont toutes mené leur petite lutte personnelle.Michel Renaud, lui, est un vrai professeur, un des deux professeurs engagés par la troupe.De Cirque du Soleil abrite actuellement cinq enfants de niveau primaire et sept adolescents de niveau secondaire.Il enseigne au primaire.Ses enfants sont les enfants des parents qui travaillent au cirque.La plus jeune a sept ans.Michel Renaud a négocié avec le ministère de l’Éducation une structure unique.Le cirque s’est associé à une commission scolaire de la Mon-térégie, qui a ainsi obtenu les crédits financiers nécessaires (les commissions scolaires reçoivent leur budget selon le nombre d’inscrits).Ces fonds servent à acheter le matériel pédagogique.Lorsqu’ils retourneront à la « vraie » école en décembre, ces enfants seront rendus exactement au même endroit que les autres élèves du Québec dans exactement les mêmes livres.En mathématiques et en français Michel travaille en tutoral.En sciences de la nature et sciences humaines il travaille en groupe, et à Washington il donnait ses cours dans les musées de la ville.« Je n’ai pas de problèmes académiques, j’ai une gang intelligente, dit-il.Mais il faut les discipliner, ils sont tentés par tout ce qui se passe dans le cirque.Quant au niveau secondaire les adolescents sont matures et autonomes, ils se produisent tous en spectacle.Je pense qu’ils vivent une belle adolescence».Michel Renaud réalise aussi un rêve de prof : « j’ai ma propre petite école, et dans les réunions pédagogiques je me réunis avec moi-même.Ça va vite ! » Tous doivent inventer des formules qui n’existaient pas.Comme Jean Iléon, l’attaché de presse.« En moins d’un an on a réussi à institutionnaliser en Amérique un produit culturel québécois », lance-t-il.Jean Iléon, qui n’était ni un spécialiste des communications ni un spécialiste des Etats-Unis, a été engagé pour défoncer des portes.Il les a défoncés.Le dossier de presse du Cirque du Soleil est étourdissant.Des reportages, souvent longs, toujours élogieux, quelquefois délirants, dans Life, Time, Newsweek, People, Vanity Pair, dans tous les grands quotidiens, du New York Times au USA Today, dans les quotidiens régionaux, des passages chez Johnny Car-son (deux fois), chez David Letter-man, au Today Show, etc.« La clé c’est la persévérance, l’obstination, dit-il.Le cirque a préféré confier ça à l’interne plutôt que d’engager des firmes de relations publiques locales et ce fut excellent.Il m'a fallu neuf mois pour obtenir l'article de Life, onze mois pour celui de Time.Mais on les a eu à l’usure ».Jean Iléon a appris dans l’action des stratégies qu’aucune école ne Indira Nair «Le mythe du héros» Oeuvres récentes jusqu’au 6 novembre ’88 GALERIE | g g cumrt ART CONTEMPORAIN 360 fue Roy est Montréol H?W IM?Téléphone (514 > 843 3596 du mere ou dim de l?ho 18h MUSEE D'ART DE SAINT-LAURENT Voyage au MUSÉE DU QUÉBEC “VU A PRAGUE” Picasso.Cézanne.Gauguin.4“ CONFÉRENCE PRÉPARATOIRE + Visite au MUSÉE DE LA CIVILISATION SAMEDI 12 NOVEMBRE 40,00 $ (transport, billets, conférence, audio-guide) NOMBRE DE PLACES LIMITÉ 747-7367 pourrait enseigner.«Je me suis servi du levier de la presse locale de Los Angeles pour attraper la presse nationale de gros calibre, ce qui a permis ensuite d’intéresser la presse de New-York.Ce qu’il fallait éviter, c’était d’attirer New-York avec les médias de Los Angeles, les deux villes se détestent ».C’est lut qui gère les invitations de presse, c’est lui qui accueille les « personnalités », c’est donc lui qui raconte les potins les plus spectaculaires.La fois où Dustin Hoffman a pris un coup à la cafétéria, les visites de Madonna, David Bowie, Larry Hagman, les 80 roses envoyées par Geneviève Bujold, les virées dans les discothèques avec Elton John, les téléphones de Jane Fonda chez lui, son coup de coeur à rencontrer Torn Waits et son bébé, Francis Ford Coppola qui, un beau lundi de relâche, invite la troupe au grand complet à manger de la pizza dans sa villa, et ainsi de suite.Le plus étonnant c’est qu’il ait gardé la tête froide.Mais il aime les contacts humains et les rapports chaleureux.« Les stars de Montréal sont aussi grandes que partout ailleurs, la seule différence c’est qu’aux États-Unis il y a plus de monde pour les écouter qu’au Québec ».Jean David, directeur de la commandite, un des pionniers du cirque, renchérit : « On s’est retrouvé au coeur du showbizz américain et on est devenu des vedettes populaires.À Los Angeles c’était devenu bien de se montrer en ville avec des gens du Cirque du Soleil.Mais c’est normal que les Américains aient autant embarqué : le spectacle raconte que toute le monde peut se dépasser soi-même et peut devenir vedette».Daniel le Bateleur, lui, s’est joint au cirque en septembre dernier.Dans le spectacle il propose un numéro de jonglerie humoristique.Il travaille depuis dix ans, ici et en Europe, en solo ou avec des musiciens, dans la rue, dans les cafés, dans les festivals, sur scène.« Il y a d’excellents artistes de rue qui, tout à coup, sont déconsidérés parce qu’ils n’ont pas fait le Cirque du Soleil ! » s’insurge-t-il.« Moi je suis allé au cirque pour vivre la vie de groupe en tournée.Dans les spectacles de rue il y a maintenant une saturation, le jongleur est devenu un gratteux de guitare.C’est important d’explorer les autres possibilités».« Ça fait dix ans que je suis habitué à ne pas être chez moi et j’ai appris à vivre ailleurs.Il faut savoir être dans le cirque et regarder l’extérieur.Le chapiteau est toujours le même, c’est un foyer, mais la ville change toujours autour de toi.On est toujours chez soi, mais en même temps toujours ailleurs.C’est comme la cale du bateau : c’est ta maison, tu es au chaud, mais des fois tu as le mal de mer, tu ne vois pas l’horizon.» 4 L’anorexie laquelle elles se vengent en abusant de leur corps, leur ultime arme, leur dernier recours.Femmes seules, isolées, sans possibilité de communication avec le monde extérieur, elles se butent à l’incompréhension de parents qui ne savent pas écouter la petite fille devenue trop vite une femme et paniquée à l’idée qu’elle perd sa pureté, son innocence, qu’elle meurt à elle-même et à ses parents.Johanne Prégent n’aime pas dire qu’elle a fait du docu-drame.Elle préfère le terme « documentaire de fiction », un genre hydride qui réunit autant la réalité brute du témoignage direct que la mise en scène.On pourrait croire qu’elle a choisi ce genre-là plutôt que la fiction pure, par manque d’assurance et parce que la fiction lui faisait peur.On pourrait croire que le documentaire n’est pour elle qu’un simple tremplin avant d’accéder au panthéon de la fiction.Johanne Prégent soutient le contraire.« Ce n’est pas la fiction qui me fait peur, c’est le documentaire.La fiction, je sais comment ça marche, j’ai travaillé sur 50 films de fiction et mon passé de scripte m’a énormément aidé pour faire ce film.Techniquement, j’étais au courant de tout, des lentilles de caméra, de l’éclairage, de la direction d’acteurs.La scripte est l’intermédiaire par excellence sur les plateaux.Donc, la fiction ne me faisait pas peur, même que j’étais un peu frustrée par la fiction.C’est un monde superficiel, c’est comme une bulle complètement déconnectée de la réalité.« Dans le documentaire, c’est le contraire, t’es dans la réalité jusqu’au cou.C’est ce qui m’attirait et en même temps me faisait peur.Car le documentaire c’est la perte de contrôle totale.En documentaire tu ne sais jamais ce qui va arriver, dit-elle en reprenant pour elle-même le propos des anorexiques qui veulent tout contrôler, avant d’ajouter : « J’ai appris énormément sur moi-même en faisant ce film, justement sur mon besoin de contrôler, d’être parfaite.Les anorexiques sont obsédées par la perfection, les femmes en général le sont aussi.Je voulais que mon film soit parfait, ce qui est impossible, mais ce qui est merveilleux avec le cinéma, c’est que t’apprends à vivre avec tes erreurs sans qu’elles te dévorent par en dedans.» À la fin du film, après le générique, une dernière note de la réalisatrice: « on devrait porter une attention spéciale à la petite fille trop sage et trop docile, lui dire et lui montrer notre amour, pour ce qu’elle est, non ce qu’elle paraît.» Etre, paraître, les anorexiques ne connaissent que cela, les femmes trop souvent aussi.4 Chagall Musée.La fille de Chagall nous a prêté cinq tableaux dont elle a l’usufruit et le Centre Pompidou, un tableau très important, la Chute d’Icare, qui accompagne une série de dessins et d’études.C’est un grand tableau de la période tardive de Chagall, la plus importante.« C’est unique de voir rassemblées autant d’oeuvres qui couvrent toute une vie.Ce sera en fait la plus grande exposition Chagall jamais vue au Canada.Le catalogue est en quelque sorte une anthologie : nous y avons rassemblé trois textes importants, difficiles à trouver, et l’ensemble est illustré de planches couleurs.« Je n’ai pas écrit de texte car nous n’avons pas su avant février si nous avions l’exposition et les délais de production étaient trop courts.Édouard Roditi signe le texte d’une entrevue qu’il a faite avec Chagall au début des années 50.C’est très drôle : les réparties de Chagall sont extraordinaires de liberté, il se lais.,e aller à sa fantaisie verbale.C’est intéressant pour montrer le climat, qui GALERIE TROIS POINTS 307, STE-CATHERINE OUEST SUITE 555, MONTRÉAL (QUÉBEC) CANADA H2X 2A3 (514) 845-5555 8 OCTOBRE AU 2 NOVEMBRE Avec lo participation du ministère des Affaires culturelles du Québec et la Galerie Elena Lee.Verre d Art MERCREDI AU VENDREDI — 11 CO À18 00 SAMEDI - 1100 À17 00 IMPORTANTE EXPOSITION “Mon Pays en Couleurs” PAUL SOULIKIAS du 23 au 30 octobre 1988 Vernissage dimanche le 23 octobre L’artiste vous y attend L/Uatsou d.LAittôt-ÿlau/ie^t 742, boul.Décarie, St-Laurent 744-6683 était Chagall, comment il voyait son oeuvre.Apollinaire l’avait appelé « le surnaturel ».À mon avis, c’est un des grands peintres du XXe siècle, un grand poète, un personnage absolument merveilleux.» Comment Chagall est-il resté lui même sans se laisser emporter par les courants d’avant-garde ?— Je dirais sa « naïveté » ou sa maladresse.Je pense que la fermeté de Chagall est peut-être due au caractère juif de ses origines.Il ne faut pas oublier que les juifs avant la Révolution bol-chévique ne pouvaient pas aller de ville en ville : il a fallu à Chagall un permis spécial pour aller à Saint-Pe-tersbourg, à l’Académie.Très jeune, il a dû lutter pour « apprendre son art », pour trouver son propre langage et pour s’affirmer en tant que Juif malgré les contraintes, le racisme, la discrimination.« Quand il arrive à Paris, c’est comme s’il avait décidé qu’il était russe avant tout.Au lieu de sauter à pieds joints dans le cubisme et par après dans le surréalisme, il retourne à ses origines, sa famille, ses histoires.Il rencontre Cendrars, Apollinaire, il tombe dans un milieu absolument éblouissant, où il n’y a pas de discrimination, où il est libre et, en même temps, il reste proche de ses racines.« En 1914, il retourne en Russie et la guerre éclate : il ne peut plus retourner en France.Ce lui a permis — je pose cette hypothèse — de ne pas devenir un peintre mondain.À ce moment-là, en Russie, il avait acquis une certaine célébrité.On lui donne une école d’art.Il y a toutes ces querelles avec les artistes révolutionnaires et, encore là, c’est drôle : Chagall, avec Malévitch et les autres, n’est pas capable d’être dogmatique; il n’est même pas capable de leur opposer une théorie : pour lui, l’art, c’est pour tout le monde.Il a une conception anarchique de l’art alors que les constructivistes étaient très théoriques, qu’il fallait que tout le monde marche au pas.Chagall est un empêcheur de tourner en rond.On l’écarte.Il est très malheureux : on ne l’écarte pas parce qu’il est Juif, comme en Russie tsariste, mais parce qu’il est lui-même.« En Amérique, Fernand Léger, quand il arrive en même temps que Chagall, devient « américain» : U peint des gratte-ciel avec des constructeurs et tout.Chagall reste Chagall à New York et c’est miraculeux : plus il y a de chambardements, plus il est lui-même.11 avait une vision intérieure à l’épreuve de tout.Il était d’origine hassidime : c’est le côté joyeux de la tradition judaïque, la religion de l’expressivité, de la joie.Ayant vécu dans le monde occidental, il comprenait les liens qui pouvaient exister entre la tradition chrétienne et la tradition judaïque.Il met des cruxifictions à côté de la Thora : dans la religion juive, il n’y a pas de représentation de la souf france de Dieu, alors, pour la représenter et représenter celle du peuple juif — et par extension celle de l’humanité — il mélange un peu les conventions.J e ne peux penser à aucun autre artiste qui ait réussi cette jonc- tion des deux grandes traditions monothéistes.« Il retourne en France en 1948, à Saint-Paul de Vence, qui est une es pèce de paradis, de retour aux soin ces.C’est le monde de l’Antiquité qu’il retrouve dans la Méditerranée, la grande source de la culture européenne et de la culture judaïque La dernière salle de l’exposition est une espèce d’envol poétique : ce sont les grandes gouaches originales pour la série Daphniset Chloeei c’est la pire mière fois qu’elles sont montrées depuis l’édition des lithos (accompa gnant le roman dans les années 50) quarante très, très belles gouaches.C’est pas mal extraordinaire de voir son périple, partant de Russie, s’en allant en France, aux États-Unis,'Se retrouvant dans le bassin de toute la civilisation européenne et illustrant le roman avec cette tradition-là.« L’expo est divisée en quatre blocs, mais ce n’est pas strictement chronologique.Chagall commence un tableau en 1923 et il le termine en 1940 ou 45.Il y a des continuités, c’est comme des grands cycles qui se croisent : le même tableau revient 20 ans plus tard Soixante cinq ans de production.ça sera très beau.» Pierre Théberge est un homme heureux : l’excellence du travail de son équipe est reconnue internationalement ainsi qu’au Québec même, puisque le déficit du Musée est épongé par le ministère des Affaire-culturelles.Et dans la tête de celui que Bernard Lamarre avait sur nommé le « Gretzky de la muséologie », les méga-projets fleurissent », " %', Wm kuHN CE TAUREAU ROUGE SUR UN CIEL JAUNE JOUE D'UN VIOLON BLEU POUR UNE FEMME EN VERT CM 4 R C VERSION ORIGINALE H A G A L L ” ¦ I n \J T\ L L DES BEAUX-ARTS ŒUVRES DES COllECTIONS OU MUSÉE NATIONAL 0 ART MODERNE.(EN1RE G E 0 R G E S P0M PI 0 0 U DE MONTREAL OU MARDI AU DIMANCHE, DE lOh A I9h.FERME LE LUNDI BILLETS EN VENTE AU MUSEE JUSQU A 18h, AINSI QU'AUX COMPTOIRS ÏICKEIRON ET PAR TÉLETRON MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL 1379 RUE SHERBROOKE OUEST (METRO GUY) RENSEIGNEMENTS.(514) 285 1600 CKAC73 (~yîT) DU 28 OCTOBRE 1988 AU 26 FÉVRIER 1989 WqîLj ( ’ I1*1 i ( HIKKÜl 1 r C-12 ¦ Le Devoir, samedi 22 octobre 1988 Dubuffet et neuf peintres berlinois Claire Gravel Dialogue de Berlin, Galerie Samuel Lallouz, 1620 Sherbrooke ouest, jusqu'au 10 novembre.Jean Dubuffet, Landau Beaux-Arts, 1456 Sherbrooke ouest, jusqu'au 26 novembre.N EUF peintres allemands dans la rentable exposent de grandes toiles et des oeuvres sur papier, galerie Sa- L'hiver s’habille de magie au Musée McCord aK Hrf QUAND L’HIVER ÉTAIT ROI: l’image de l’hiver au Canada du XIXe siècle 76 gravures, tableaux cl photographies Musée McCord d'histoire canadienne 690, rue Sherbrooke Ouest Tous les jours de 11 h à !7h Fermé le mardi Métro McGill autobus 24 (5I4) 3987IOO L'exposition a etc organisée par le Whyte Museum of the Canadian Rockies muel Lallouz.On y retrouve les noms de Salomé et Castelli qui ont lancé tapageusement le néo-fauvisme en l'accompagnant de performances sado masochistes à la fin des années 70.Nu assis (1987) de Castelli, silhouette blanche sur un fond sombre où se détachent des notations rouges comme deux visages grimaçants reprend cet exotisme un peu matissien du peintre, à travers la fausse innocence de la pose.Elvira Bach, la pas-sionnaria des néo-expressionnistes, peint toujours son propre corps en supervamp, éblouissante de couleurs vives.Dans le grand nu bleu, la main s’allonge et s’enroule autour des jambes — mais cette « trouvaille » n’est pas mise en valeur par le consternant fond opaque violet roussi.C’est ce qui surprend dans cette exposition : en dehors des taches de couleurs pu- VENTE PRIVÉE PEINTURES Bellerive Bergeron Blin Cantieni Dumouchel Dupuis Fiore Garmaise Jaccjue Piché Pfeiffer Reinblatt Rivard Rousseau Tabouillet Walsh Windish Sur rendez-vous 527-3341 ZOYA NIEDERMANN SCULPTURES « JUSQU'AU 29 OCTOBRE L’artiste sera présente à la galerie le samedi 22 octobre GALERIE DOMINION 1438.rue Sherbrooke ouest 845-7833 - 845-7471 Lun.au ven.9h — 5h30 samedi 9h — 5h Ç (5 (A O a E o c 3.«o q Et3 Entrée libre Cité du Havre (514) 873-2878 O EXPOSITIONS British Now: sculpture et autres dessins Edward Allington, Tony Cragg, Richard Deacon, Antony Gormley, Anish Kapoor, Richard Long, David Tremlett, Alison Wilding et Bill Woodrow.Jusqu'au 8 janvier 1989 David Mach : The Art That Came Apart Vingt tonnes de revues, une automobile, des cadres.Sculpture réalisée pour le Musée d'art contemporain de Montréal par l'artiste britannique.Jusqu'au 8 janvier 1989 ÉVÉNEMENT SPÉCIAL Objets en fête Activité pour toute la famille Le dimanche 23 octobre dès 13 heures MUfM D'Aff COHTIMAOAAr* MUSEE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL res des nageurs d’In the Pond de Salomé, le vibrant paysage automnal de Bernd Zimmer et les roses et les bleus d’Herman Albert, les oeuvres partagent toutes les mêmes tonalités souterraines qui recouvrent des compositions compactes, étouffantes, qui rappellent les natures mortes métaphysiques du début du siècle.Peter Chevalier peut être considéré comme le maître de ce genre : sa couleur est plus subtile, ses ordonnances, plus dépouillées, déconcertent moins le visiteur que l’alliage d’altères et de guitare sur les surfaces croûtées et pleines d’embus de Thomas Schindler.La Cruxifiction Hide celui-ci se dédouble pour former un couple, croix femelle drapée de blanc, croix mâle vêtue de brun, un tricorne à la place du sexe.De gros clous parsèment le tableau, une couronne d’épines se défait en spirale, des tranches de pastèque s’envolent, on nage en plein surréalisme.Abend Atelier de Martin Schôlz, plaçant une bouteille sur une place où se profile un bâtiment, est un pâle écho de De Chirico.DerTote Vogel de Scholz participe de la même angoisse accablante.Le directeur de la galerie y voit pour sa part « une peinture sculpturale qui nous fait retourner en arrière, et je crois que ce sont des moments de passage ».Les personnages d'Herman Albert sont plutôt sculpturaux : énormes bêtes de pierre aux regards obtus, dont le peintre fait miroiter les BIJOUX PIÈCES UNIQUES Hélène Sénécal Anne-Marie Lalande Joaillières Jusqu'au 30 octobre LE VIEUX-PRESBYTÈRE DE SAINT-BRUNO 15, rue des peupliers.Saint-Bruno-de-Montarville 653-7872 Tous les jours, de 13 h à 16 h 30 le vendredi, de 19 h à 22 h chairs avec des ombres colorées quasi impressionnistes, quand leurs corps imitent Picasso.Indigeste, cette peinture l’est à tel point que je soupçonne ces artistes d’exercer une satire très fin de siècle en utilisant des styles ready-made.Rainer Fet-ting, avec Surfers, va jusqu’à se moquer de la notion même d’expressionnisme, utilisant en virtuose son large pinceau pour tendre les muscles des trois nus dans ce qui semble, à première vue, de grands parafes gestuels, quand, au contraire, il scande des poses maniérées.Le néoexpressionnisme allemand est-il mort ?Une peinture plus construite, aux thématiques encore empêtrées dans l’histoire lui a succédé.Le propriétaire de Landau Beaux-Arts Ta écrit : dans sa galerie, « Vous n’y retrouverez que des chefs-d’oeuvre de grande qualité » ! C’est sans doute pourquoi on a très peur de se faire voler; on ferme les salles à clé derrière vous et c’est toute une histoire pour débrancher le système d’alarme quand il s’agit d’aller voir les oeuvres récentes à l’étage.Les visiteurs passent au compte-gouttes et je connais des ambiances plus propices à la contemplation.Malgré ces pratiques incongrues, il faut voir l’exposition Dubuffet qui rassemble une soixantaine d’oeuvres, des Promeneurs du désert de la fin des années 40 aux abstractions de 1983-84, soit un an avant sa mort.L’ancien négociant en vins qui s’attabla définitivement à la peinture à 41 ans avait, bien avant mai 68, dénoncé notre Asphyxiante culture (texte pubüé en 68) par la défense de « l’art brut » 20 ans auparavant.Tête constellée et Chapeaux rouges de 1952 montrent cet écrasement des matières sur la toile, leçon retenue de l’art informel, auquel il ajoute ses personnages enfantins.Il y a quatre belles sculptures et de nombreuses toiles et oeuvres sur papier du cycle de YUourloupe (1962-1974), cette forme organique cernée de noir qui en vient à manger le tableau dans une décomposition alvéolée, « un peu» empruntée au naïf Gaston Chaissac.L’Uourloupe devient un système, comme le cubisme, s’em- L'AUTOMNE CANTIENI 4e veCet GRAHAM CANTIENI Les cinq polyèdres réguliers jusqu'au 13 novembre Maison de la Culture Côtes-des-Neiges 5290, Chemin de la Côte-des-Neiges, Montréal ( N EXPOSITION LOUIS BELZILE “Grandy Formats'' Vernissage dimanche le 23 octobre à I4h30 jusqu’au 8 novembre GALERIE ALINE DALLAIRE Complexe Rive Sud 2750 Marie Victorin est, Ixmgueuil 875-5680 ouvert tous les jours de lOh à 21 h LA GALERIE D’ART ESQUIMAU LÉGENDES INUEf EN PIERRE W£/j.jusqu’au 29 octobre 1434 Sherbrooke O.Montréal 844-4080 Lun.à ven.de 9h30 à 17h30 Sam.de 10h à 17h, Dim.de 13h à 17 "Dam lo grande ville" Toile 30" x 24" EXPOSITION RICHARD MONTPETIT 25 OCT.— 5 NOV.GALERIE WALTER KLINKHOFF inc.1 200, RUE SHERBROOKE OUEST, MONTRÉAL 288-7306 Jean Dubuffet, Territoire et paysan, vinyle sur cànvas (1974), à la Galerie Landau Fine Art Inc., rue Sherbrooke ouest.'f-Ç'Tw parant des objets quotidiens : Livre, Chaise (1964).Le Territoire avec paysan de 74 est glacial.Dubuffet s’écartera de l’Uourloupe et produira une série d’oeuvres enjouées, écla- tantes de couleurs, très gestuelles.La dernière période voit ce geste, large et désespéré, rejeter la figure.L’oeuvre de Dubuffet y apparaît alors douée d’un second souffle.jusqu’au 13 novembre Maison de la Culture Côtes-des-Neiges 5290 Chemin de la Côte des Neiges 872-6889 fl Ni 1 ¦ ta I •J ÎT II fl J.W.STEWART oeuvres récentes jusqu’au 25 octobre WADDINGTON & GORCE INC.1504 rue Sherbrooke Ouest 934-0413 — 933-3653 fermé le dimanche Exposition StiSG QeMaLç jusqu’au 7 novembre GALERIE D’ARTS CONTEMPORAINS DE MONTRÉAL 2165 RUE C RESCENT, MONTRÉAL, H3C2C1 — Tel.: (514) 844-6711 Heures d'ouverture: I .tin.au sam.de 10 h à 18 h — Dim.de 13 h à 17 h DENIS JUNEAU GALERIE ERÉDÉRIC PALARDY jusqu'au 27 octobre '88 GALERIE FRÉDÉRIC PALARDY 307 rue Ste-Catherine Ouest Suite 515 Montréal (5141 844-4464 Mar.au ven.de 11h à 18h sam.de 11h ô 17h.CENTRAIDE A BESOIN DE VOTRE AIDE.DONNEZ.Cenbralde
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