Le devoir, 21 janvier 1989, Cahier C
mjmm le cahier du j • ameai ¦ Le pianiste montréalais Oliver Jones enregistrait cette semaine dans un studio d'ici avec le grand trompettiste Clark Terry.Serge Trulfaul nous explique la rencontre des deux musiciens.C-2 ¦ Carol Bergeron a écouté trois versions de La Bohème, avec Barbara Hendncks, Mirella Freni et Maria Callas.Pierre Beauregard a écouté quant â lui le pianiste Stephen Hough.C-3 ¦ Nathahe Petrowski, en pensant à Gerry Boulet, se demande pourquoi notre télévision a si longtemps ignoré le rock'n roll.C~4 ¦ 1 New York, Maurice Tourigny a vu l'exposition des Maîtres de Sienne au Metropolitan Museum.C-5 ¦ Francine Laurendeau et France Lafuste ont vu des films français, québécois, américains et même soviétiques.C-6et C-7 ¦ Claire Gravel a vu les toiles de Louise Robert.C-IO Montréal, samedi 21 janvier 1989 PAUL BUISSONNEAU Ce n’est pas un PHOTO CHANTAL KEYSER Paul Buissonneau au Quat’Sous acteur, c’est un personnage ! Robert Lévesque IL VIENT de faire un tour de piste complet, son cirque-en-ville, le cher Buissonneau, le plus clown des hommes de théâtre québécois, que tout le monde craint (ses colères, vraies ou fausses, sont homériques) et que tout le monde aime.On n’a pas 15 ans de Piccolo dans le corps pour rien : il ne sera jamais banal, l’animal ! Depuis une quinzaine, il est allé partout porter sa grosse parole sur les hustings télévisés des talk-shows, dans les studios de la radio, au restaurant avec les scribouilleurs : il a parlé haut et fort, il a même crié et puis il a fait le bon toutou, pour défendre une pièce qui n’en valait pas tant, qui avait plutôt besoin d’un service après-vente qu’une campagne tambour battant.Mais enfin ! Faut ce qui faut.Paul Buissonneau est une tempête.Ce n’est pas un acteur, c’est un personnage ! Depuis 1949 qu’il a mis le pied dans Montréal, quittant Paris, Piaf, les Compagnons de la chanson, ses potes de la Place d’Italie, le temps où il allait siffler Florelle à l’Alhambra, ses souvenirs de traversée sur le Queen-Mary, une nuit à New York à la table de Marlene Dietrich .etc.et allez donc ! Il est tombé ici à 22 ans dans la misère, bien sûr, il vous en parlera, il était magasinier chez Archambault; mais depuis ces galères de l’immigrant (deux bonnes années dans la cave du disquaire) il n’a plus cessé de tailler son pain, de souffler la neige en hiver, et de battre les blés en été.Il a connu des notaires, des avocats, des fonctionnaires, et puis Claude Robillard à l’hôtel de ville, tout un monde qui l’a aidé à rede- venir cet artiste qu’il avait commencé à être dans le Paris d’après-guerre et qu’il a retrouvé ici au parc Lafontaine dans les oripeaux de la Roulotte.Ce n’est pas une tempête, Buissonneau, c’est un ouragan qu’on a avantage à amadouer si l’on veut tenir la mer.L’autre jour, au Quat’Sous, autrement dit chez lui, le voilà qui arrive, avec une demi-heure de retard.Je l’attendais tout discrètement.C’est un orang-outang qui m’est apparu.Il gueulait, il gueulait ! Ce coup-là c’était la télévision tout entière qui en prenait un coup.On l'avait invité à 15 h pour enregistrer une émission, et il avait dû, disait-il, poireauter une heure comme un chien dans un jeu de quilles, à travers les fils et les machinistes.Il jurait qu’on ne l’y reprendrait plus.Il avait des hordes en armures dans la voix.On tremblait.Et tout ça, finalement, se termina dans un petit sourire ébahi qui lui naissait entre les lèvres et les yeux, en s’asseyant, et en fixant toute son (et notre) attention sur un petit masque en plâtre blanc qui traînait sur le bu reau de Pierre Bernard, son cher directeur artistique.Il y a toujours une galerie autour de Buissonneau.Que ce soient des fidèles, des familiers, des nouveaux venus, ou de méchants journalistes, cet homme joue, cet homme gueule, cet homme prend toute la place, mais jamais, au grand jamais, cet homme rate son numéro.Le personnage de Buissonneau réussit à tout coup ses entrées et ses sorties.C’est de l’art ! Il faut dire que depuis un an, il respire à l’aise.Rappelez-vous, ces années difficiles, ce gros temps qu’il a traversé quand Louise Latraverse, une ancienne copine, a claqué la porte de son théâtre (en 86) où il l’a- vait installée à la direction artistique.Avec des accusations, en plus.Et plutôt deux qu’une ! Il ruminait, il pestait; je lui ai vu, un jour dans une rue du Vieux-Montréal, des yeux d’assassin qui m’ont effrayé.C'est qu’imaginez-vous son conseil d’administration, au Quat’Sous, avait alors voté son silence.Oui, son silence ! Les sages qui siégaient à son conseil avaient eu l’audace de lui imposer le « pas de commentaires ».Il ne fallait pas répondre aux déclarations de Latraverse, aux questions de la presse.Il a vécu son calvaire jusqu’au bout.Les saints martyrs canadiens, c’était lui ! Aujourd’hui, la poussière retombée, et le calme revenu au Quat’Sous (il est fier de Pierre Bernard comme d’une première fiancée), il respire, donc, et il commente.Latraverse faisait un bon boulot, dit-il.Ses choix de pièces ?Rien à redire.Les salles étaient pleines, et les premières réussies ?Il n’y en avait pas deux comme elle pour briller et voir à tout.Bravo ! Mais à l’intérieur, dans les dédales de l’ancienne synagogue débauchée en théâtre, dans les rapports intimes, dans les rumeurs du conseil, partout où ça ne se voit pas, en fait, Louise Latraverse avait déclaré la guerre.Elle voulait, résume Buissonneau, prendre le pouvoir, bouter dehors les Anglais, c’est-à-dire lui et son bras droit, son inséparable Benoît Mailloux.« C’était Athalie ! Elle ne sera jamais aussi bonne au théâtre, la salope ! ».« Une nuit, on a surpris, conte-t-il comme s'il s’agissait d'Otello surprenant Cassio, un avocat, qui était le mec de Latraverse, et qui fouillait dans les papiers du théâtre.On voulait savoir comment on fonctionne, pour nous déjouer ».Et quand il me dit ça, et quand il me regarde, on ne peut qu'admirer l’interprétation, au point d’oublier de soupeser la vraisemblance du texte.C’est donc dans la déprime qu’il s’est enfoncé lorsque Latraverse (r°l rirjpynm' n Allez à Amsterdam avec KLM, au tarif le plus bas, et prenez une auto gratuite en passant.Au printemps ou à l'été prochains, la Hollande vous attend.et avec l'offre de l'Oiseau matinal* ça n’a jamais été aussi tentant.Si vous réservez pour Amsterdam avec KLM avant le 28 février, vous obtiendrez le tarif le plus bas de toute ligne aérienne régulière.Si le tarif augmente d'ici là, vous ne paierez pas un sou de plus.Si le tarif diminue, nous vous rembourserons la différence.De plus, KLM vous offre l’occasion de visiter la Hollande et l’Europe à votre rythme.Nous vous prêterons gratuitement une Citroën AXII d’Avis OFFRE DE L’OISEAU MATINAL: RESERVEZ AVANT LE 28 FÉVRIER ET ECONOMISEZ JUSQU’À 100$ 578’ DE MONTREAL À AMSTERDAM ALLER-RETOUR A PARTIR DE pour une semaine entière**.(Renseignez-vous aussi sur les tarifs réduits pour la deuxième semaine).L'Office du tourisme néerlandais peut aussi vous faciliter encore plus votre visite hollandaise en vous proposant la Holland Leisure Card.Pour aussi peu que 13$, vous obtenez des rabais qui s'appliquent dans nombre d’hôtels sélectionnés, des rabais pour des visites guidées et sur vos frais de transport dans le pays.Renseignez-vous en écrivant au NBT (Netherlands Board of Tourism), 25, rue Adelaide, bureau 710, Toronto (Ontario) M5C 1Y2, (416) 363-1577 (FAX; (416) 363-1470).Obtenez le tarif réduit de l’Oiseau matinal et une auto gratuite en communiquant avec votre agent de voyages avant le 28 février.Cette année, plus que jamais, vous avez toutes les raisons du monde pour commencer vos vacances européennes en Hollande.Hollande^ La ligne de confiance KLIVI ‘les tarifs sont en vigueur o compter du 1er ovni, et peuvent varier selon la penode Séjour minimum de 7 jours et maximum d'un an On doit verser un dépôt de 125$ ou cours des 7 jours suivant la reservation et payer la somme restante ou moms 21 tours avant lo date de deport Les tonfs sont ossuiettis o lapprobofion gouvernementale et peuvent chonger sans préavis *‘toute doit être reservee avant le depart Minimum de 2 passagers par auto Demandez la brochure de KLM Vocances Vol et Votant a votre agent de voyoges C-6 ¦ Le Devoir, samedi 21 janvier 1989 Cinéma spectacle, séquences hystériques, humour social France Lafuste Mississippi Burning.Réalisateur Alan Parker.Scénario : Chris Gerolmo.Avec Gene Hackman, Willem Dafoe, Frances McDormand, Brad Dourif, R Lee Ermey, Gailard Sartain.Musique Trevor Jones.Photo : Peter Biziou.Montage Gerry Hambling.(É.-U.1988) Cinéma Place Alexis-Nihon, Pointe Claire PRKMlfîRKS IMAGES une route déserte en pleine nuit.Une voiture surgit, bientôt suivie de deux autres.Progressivement, ces dernières se rapprochent.Début d’une course-poursuite qui se termine dans les marécages.Des hommes éclairés de torches descendent de leur pick-up, l’un d’eux braque son revolver sur la tempe d'un jeune blanc et tire.Deuxième image, en plein jour celle-là : deux gars du FBI roulent en direction d’une petite ville du Mississipi.Anderson et Ward sont venus faire une enquête sur la disparition de deux jeunes Blancs et d’un Noir, connus pour leur soutien aux droits civiques.Nous sommes en 1964.Le A15 ANS, PEUT-ON AIMER À BOUT DE SOUFFLE?.4 Prix du public - Festival de Ste-Thérèse J “La comédie du désespoir.drôle, tendre, remarquablement romantique." new york times ill / Jr RJ: J»:¦!»!•],MluLtlliV»]3»]Al DES LE VENDREDI 27 JANVIER! MARIE-JOSE RAYMOND n RENÉ MALO UN FILM DE CLAUDE FOURNIER LES DU TISSERANDS POUVOIRII G0 GRATIEN GELINAS MICHEL FORGET DONALD PILON REMY GIRARD GABRIELLE LAZURE STEINBERG J ’¦< MALOFILM DISTRIBUTION C IM MAS ClNmfX OCX ON CREMAZIE ST DF N'S CPÊVA/iF 186 JP* 00E0N-LAVAL PARADIS COIN DE MAISONNEUVE 849 4518 ûmAMPLAiN 465 5906 belvedere A GAGNAM-OSCAR 1B88-v|eiijæi h film étranger "P \KMI I KS III MEN 1 1 1 RS III MS DEI WNU" - RICHARD CORLISS, TIME MAGAZINE | - MIKE CLARK, USA TODAY GAGNEZ UN DINIB GASTBONOMIQUI -Ai,.I •,IMA HI ,N, I M WC'AMjtlit Ml»T|BA s MB GAMBCNOM i, .BI-.-a BAS' S'.NAF-ABM 'jN r .)DlON f DE.BAfBl DlPOSl NS LA »Odl ABEVbl ACIIIMU ___! G.“ VERSION FRANÇAISE COMPLEXE DESJARDINS ** ÎAI'H ANT W T ^ a LeJtesUn NAI’AR I I ?US •tBoBette HAS,.-.’hE • ?M 314 mm NOMINATION - GOLDEN MEILLEUR FILM ÉTRANGER VI KSK >N I KANC, AIS| I >1 W< >MI N ON I Ml VI K< .1 Ol A NI KV< H IS IIKI AKI X IWN un film ck* PEDRO ALMOIXJVAR CARREFOUR LAVAL EN VERSION FRANÇAISE r A HEhiNE ?88v’15 2330 At,* OfS LAU»ENTlDES 688 3684 19 8 8 PRIX DU JURY MIS EN NOMINATION AUX “GOLDEN GLOBE” MEILLEUR FILM ÉTRANGER SALAAM BOMBAY! EN VERSION y FRANÇAISE ws ST-DENIS MIOU-MIOL 19 8 0 CAMERA DOR 41114 rK LA LECTRICE MICHEL DEVILLE r«1 CENiS STE-CA T hF.P'NE 288?mm2 DE MA V/iNE JVE 849 45'8 AjL’Fl DIDIER FAPPt P'Awf# BAGDAD CAFE i G” Percy Adlon % GRAND PRIX ,?> % DE RIO f J®?t m FRANÇAISE | B | | j J I H 11 HI M BASILAIRE t ?833141 CINEMA Df PAO" EN VERSION FRANÇAISE VO AVEC SOUS TUBES m DE MAISONNEUVE 349 4518 FBANÇAIS Sud ségrégationiste impose la terreur.Cette période trouble était idéale pour Alan Parker, le cinéaste du visuel.Klle lui permettait de faire du cinéma-spectacle comme il l’aime et de mettre en scène un duo d’acteurs aussi contrastés que Gene Hackman dans le rôle d’un vieux singe à qui on n’apprend plus à faire des grimaces et Willem Dafoe dans celui d’un jeune inspecteur du ministère de la Justice, au comportement irréprochable, mu par des principes égalitaires.Résultat : À défaut d’une reconstitution historique, Mississipi Burning recrée avec conviction le climat de l’époque où le Ku KIux Klan imposait sa ferveur nationaliste, contraignant les Noirs à se terrer comme des bêtes et à se faire tabasser sans dire mot.Rien n’est alors négligé pour faire de Mississipi Burning un requiem pour les victimes de la tyrannie et de l’injustice.Comme dans un ballet infernal, Parker multiplie les scènes-choc, scènes de nuit pour la plupart : églises, granges et maisons incendiées, croix de bois en flammes, descentes d’hommes en cagoule, à la nuit tombée, suivies de représailles à la sortie des églises, dans les maisons, au détour d’un chemin.Cinéma voyeur et sensationnel dira-t-on qui se plie aux règles du cinéma hollywoodien, oui, peut-être.Ce qui n’enlève rien à l’honnêteté de l’entreprise.Si Parker soumet les faits à sa vision personnelle, il le fait avec force et conviction.Fidèle non pas à la lettre, mais du moins à l’esprit, il fait entendre les voix du Ku Klux Klan, xénophobe, anti-catholique, anti-noirs, anti-sémites, animé par un fort sentiment de « justice ».Voilà du cinéma-spectacle à la mécanique bien huilée avec mise en scène sans fautes et jeu de comédiens remarquable.Gene Hackman, le gars du Mississipi, rompu aux manières rustres est un personnage fort dont la violence cachée derrière le sourire bonhomme et rassurant finit, par exploser magistralement.Du cinéma de pro et d’envergure.Full Moon In Blue Wafer.Réalisé par Peter Masterson Avec Gene Hackman, Teri Garr, Burgess Meredith, Elias Koteas D'après un scénario de Bill Bozzone Photo : Fred Murphy.Musique : Phil Marshall.Montage : Jill Savitt.É.-U.1988) Cinéma Centre-Ville.Ce même Gene Hackman, on le retrouve dans Full Moon in Blue Water du réalisateur Peter Masterson.Mais cette fois-ci dans le rôle de Floyd, propriétaire d'un bar-restaurant de la côte texane, hanté par le souvenir de sa femme dont il refuse la mort et pour comble de malheur, contraint de mettre la clé sous la porte pour cause de faillite.I.’affaire est familiale et réunit des personnages pittoresques et attendrissants, comme le beau-père ( Burgess Meredith) vieux taquin et grand rieur, cloué sur sa chaise roulante, son beau-frère Jimmy (Elias Koteas), un type fougueux et instable à qui le vieux général, épris de sensations fortes, demande de pousser sa chaise en prenant son élan sur la jetée et Louise (Teri Garr, vedette de Tootsie et After Hours) l’employée épisodique, amoureuse éperdue de Floyd qui la regarde à peine.Bref, tout un petit monde sympathique et tapageur, dans un univers paisible, tissé d'habitudes et de connivences, que vient à peine assombrir l’annonce d’une saisie.De ce film aux accents nostalgiques qui appartient au réalisateur de A Trip to Bountiful, on ne retient hélas pas grand chose si ce n’est une vaine démonstration de la fragilité Une croix brûle dans la nuit.Une des scènes de Mississippi Burning, avec Gene Hackman et Willem Dafoe.Burgess Meredith, à droite, dans le rôle du Général, qui tue le temps avec son copain Jimmy (Elias Koteas), dans Full Moon In Blue Water.des sentiments et un joli décor balnéaire et romantique comme il n’en existe que sur la côte pacifique américaine avec ses cottages, ses bars-restaurants sur pilotis et sa corniche verdoyante.Car, pas grand chose se passe dans le commerce de Floyd où ne se profile jamais l’ombre d’un seul client.Pas grand chose si ce n’est quelques engueulades entre Floyd et Louise (tous deux ont du tempérament), le suicide raté de Floyd (qui n’a pu convaincre Jimmy de brûler le restaurant pour faire marcher l’assurance) et quelques extravagances (celles de Jimmy qui après avoir poussé Pépé en bas de la jetée, prend Floyd, Louise et son copain de fortune en otage).Autant de séquences banales et hystériques qui plairont aux amateurs de rodéo et laisseront les autres perplexes.Incapable de définir son genre, comédie, drame, tragi-comédie, Full Moon in Blue Water mise sur un comédien de premier plan, en tête du box-office et veut séduire par son côté bonhomme et attendrissant.Il en faut hélas davantage pour convaincre.Salle Fred-Barry theatre de création dramaturgique DESABONNEZ-VOUS! Procurez-vous la carte quatre à quatre 30% de reduction sur le prix normal des billets DÈS LE 10 JANVIER Pigeons International DU SANG SUR LE COU DU CHAT de Rainer Fassbinder mise en scène de Paula de Vasconcelos DÈS LE 5 FÉVRIER La semaine du Centre d'essai des auteurs dramatiques DES LE 16 FÉVRIER Le Théâtre de l'Opsis À PROPOS DE ROMÉO ET JULIETTE de Pierre-Yves Lemieux d'après Shakespeare mise en scène de Serge Denoncourt DÈS LE 23 MARS Le Théâtre de la Nouvelle Lune LE GRAND CAHIER d'apres le roman d'Agota Kristof adaptation et mise en scene d'Odette Guimond et Jacques Rossi DES LE 20 AVRIL Le Théâtre Ubu UBU CYCLE de Lyne McMurray mise en scene de Denis Marleau 4353, rue Ste-Catherine Est Pour information: (514) 253-8974 .QUATRE À QUATRE TROIS THÉÂTRES ET LE PUBLIC VaLsh M Sabine Haudepin dans La Comédie du travail.» CIN PARAI 1682 ST-LAURENT - EMA HH.F.4 $ - 843-6001 SAM.21 JAN.: 19H30 et 21H30 DIM.22 JAN.: 17h30, 19H30 et 21H30 LUN.23 au VEN.27 JAN.: 19H30 et 21H30 LE MARCHAND DE JOUETS de Paul Tana précédé de LAMENÏO POUR UN HOMME DE LETTRES de Pierre Jutras La comédie du travail.Réalisé par Luc Moullet Avec Roland Blanche, Sabine Haudepin, Henri Déus.Photo Richard Copans.Son : Patrick Frederich.Montage : Françoise Thévenot.(France 1987) 88 min.Parisien.Luc Moullet par contre définit parfaitement son jeu dans La Comédie du travail.Avec des moyens toujours .limités et une sobriété exemplaire, ce cinéaste français excelle dans la comédie noire, celle qui se moque des moeurs de nos contemporains.Qui dit moeurs, dit crise des valeurs.Ainsi, après avoir dépeint les rapports amoureux et sexuels en plein boum féministe dans Anatomie d’un rapport, il remonte la chaîne alimentaire qui unit pays riches et pays pauvres dans Genèse d’un repas et s’attaque aujourd'hui au chômage dans La comédie du travail.Une oeuvre satirique construite autour de trois personnages : Un employé de banque dévoué, mari et père irréprochable, (Roland Blanche) un chômeur professionnel (Henri Déus), une employée de l’Agence nationale pour l'emploi (Sabine Haudepin).Trois personnages clés qu’il met en scène dans des situations types et qui lui permettent de centrer son analyse sur l’absurde du système et la routine aliénante.Ainsi, pour l’employé de banque qui mène une vie réglée, être au chômage, c’est une tare.À peine ce maniaque du boulot a-t-il sa lettre de licenciement en poche qu'il se met en t quête d'un nouvel emploi.Sylvain, lui, fait partie des chômeurs permanents qui ont la combine.Il lui suffit de descendre une fois par mois de ses doux alpages pour pointer au chômage et le voilà reparti sur les cimes.Quant à Françoise, la stakhanoviste du travail, elle se fait un devoir de trouver du boulot à tout le monde, y compris à ceux qui ne demandent qu’une chose : se faire oublier.Avec un humour froid et caustique, à' partir de séquences filmées dans le plus grand dénouement (sans musique mais seulement les bruits ambiants), enchaînées sans heurt, comme une suite de sketches à la Jacques Tati ou parfois à la Chaplin, Luc Moullet démontre brillamment et l'air de rien, le mécanisme et la logique d’une société en crise dont l'économie est fondée sur le chômage et ses effets pervers.Particulièrement à l’aise dans le raisonnement par l’absurde, Moullet joue avec des gags simples mais qui font mouche parce que toujours bien situés.Dans cette comédie au ton neutre et au jeu volontairement sans relief — on pourrait reprocher à certains comédiens un jeu d’amateurs si Moullet ne le voulait pas ainsi — le rire grince, l’heure est plus grave qu’on le croit.Mais à part certaines longueurs, pour ne pas dire langueurs, La comédie du travail est un exemple d’humour social comme on n'en fait plus ou si peu en France. Le Devoir, samedi 21 janvier 1989 ¦ C-7 le cahier du Gilbert Sicotte autrement qu’en Jean-Paul Belleau Marie Tifo et Gilbert Sicotte dans Le Marchand de jouets de Paul Tana.Gilbert Sicotte dans Lamento pour un homme de lettres.Sandrine Bonnaire dans Jaune révotver d'Olivier Langlois.Francine Laurendeau Le Marchand de jouets, de Paul Tana, avec Gilbert Sicotte, Marie Tito, Mathieu Grondin.Scénario: Clément Perron et Tana d'après une nouvelle de Nairn Kattan.Images: Thomas Vamos (Qué, 1988) 47 min.Cinéma Parallèle.CHARLES déteste la promiscuité dans les transports en commun.Mais comme il prend souvent le train pour Toronto, il connaît les trucs : il s’approprie deux banquettes libres, s’installe et plonge dans le sommeil.Son bonheur est de courte durée.Une jeune femme le dérange pour s’ins- taller en face de lui avec son fils et tente sans vergogne de nouer la conversation.De fil en aiguille, Charles va se retrouver dans le taxi de Marianne, puis dans l'appartement torontois de la soeur d’icelle avant d’être bombardé, tout à fait contre son gré, gardien du petit garçon.Heureusement qu’il est marchand de jouets.Mais il trouve bientôt que la comédie a assez duré.Je vous laisse découvrir la suite, vous passerez un agréable trois-quarts d'heure : des comédiens dirigés en finesse, une situation absurde et drôle, une réalisation enlevée et une mise en images séduisante, Le Marchand de jouets est un joli moyen métrage destiné à la té- lévision.Ne cherchons pas midi à quatorze heures ! Lamento pour un homme de lettres, de Pierre Jutras, avec Gilbert Sicotte, Frédérique Collin, Jean-Louis Millette, Gaston Lepage, Jocelyn Bérubé, Johanne Fontaine.Scénario: Denis Bellemare, Michel Sénécal et Jutras.Images: Carlos Ferrand.(Qué, 1988) 30 min Cinéma Parallèle.Au même programme, Lamento pour un homme de lettres, de Pierre Jutras.L’homme de lettres, c’est Albert Laberge, 1871-1960, fils de cultivateur « né écrivain », auteur de La Scouine, roman publié en 1918 que l'Église d’alors accusa de pornogra- phie.Une vie ratée, une vie de tâcheron : Laberge méprisait profondément son travail alimentaire de chroniqueur sportif.L’approche de J utras est singulière : démarche stylisée, dramatisation distanciée, images composées comme des tableaux.Ce film d’auteur sur un auteur se méritait, au dernier Festival du Nouveau Cinéma, le Prix Alcan du meilleur court métrage décerné par l'Association québécoise des critiques de cinéma.Jaune revolver, d'Olivier Langlois, avec Sandrine Bonnaire, François Cluzet, Laura Favalli, Philippe Polet, Marie-France Santon.Scénario: Pierre Fabre et Langlois.Images: Jean-Yves Escotfier (France, 1986) 93 min Parisien et Laval.Angèle (Sandrine Bonnaire dans Jaune revolver), une employée de banque, a été enlevée comme otage dans un important hold-up.Mlle attire dans ses bras son kidnappeur, attrape un revolver (jaune), tire, tue et part avec le magot.F.lle ne révélera bien sûr ces derniers détails ni à la police ni à l’agent d’assurances (Jean-Claude Cluzet) qui, dirait-on, se doutent de quelque chose.Quant ù la pseudo-journaliste qui la poursuit, Leslie (Laura Favali), le spectateur comprendra vite qu’il s’agit en réalité de la maîtresse du truand tru- cidé, partagée entre le désir de venger son amant et les douceurs d’une amitié naissante.Les images sont belles, les lieux, les personnages et le ton ont quelque chose d'inédit.Kt surtout, Olivier Langlois possède un sens très personnel de l’ellipse.On se dit que ce premier film ressemble à une heureuse surprise, mais trop tôt.À force de vouloir faire original, on n'étonne plus le spectateur qui, au contraire, se blase.Les répliques tombent à plat (
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