Le devoir, 25 février 1989, Cahier D
fus»8^ • le plaisir des mes Montréal, samedi 25 février 1989 LES VERSETS SATANIQUES Quand la politique se mêle de religion DANIEL RACINE IMAGINEZ UN INSTANT-.vous êtes né dans un autre monde, celui de l’Islam.Dès votre plus jeune âge, toute votre vie repose sur l’enseignement du Coran.Allah est Un, et Mahomet est son Prophète.Le Coran est divin, descendu du ciel, Mahomet en est le sceau, le dernier.C’est l’archange Gabriel qui lui en a transmis les 114 sourates au cours de 23 années dans la grotte d’Héra.Tôt le matin, vous faites vos ablutions avant la première des cinq prières de la journée.Vous vous prosternez alors vers la Mecque, la ville sainte du Prophète, la perle de l’Islam.En fait, même si vous ne comprenez pas l’arabe classique du Coran, le Livre régit tous les domaines de votre existence.Vos imans (docteurs de la Loi) vous expliquent ce code religieux, politique, pénal et juridique.Ce cadre de référence conditionne toutes vos démarches, vos rapports sociaux, votre vie sexuelle et vos pensées les plus secrètes.Et voici qu’un incroyant britannique, d’origine indienne et musulmane, vient vous insulter en s’amusant, dans un roman profane, Les Versets Sataniques, à écrire les pires outrages contre Allah, son Prophète et sa ville sainte ! Sous le couvert de la fiction et du surréalisme, Salman Rushdie transforme son personnage Gi-breel en archange Gabriel, lui permet de voir Dieu (ce qui est blasphématoire, tout comme dans le judaïsme), lui-même un personnage ridicule : le Tout Puissant a des pellicules, devient chauve et porte des lunettes.En plus, il se présente comme « le copain d’en dessus » ! Quant au Prophète, il fréquente un bordel appelé « le Voile », claire référence au voile qui couvre le visage de toute musulmane qui se respecte ! Aîcha la prostituée inspire le Prophète, tandis que Salman, le scribe, fausse ou altère le message sacré et définitif.Bien sûr, le Prophète ne s’en aperçoit même pas.Ainsi, le Coran n’est plus qu’une fantaisie ! Mais Rushdie n’en a pas terminé avec son entreprise de profanation : Abraham, le père sacré de tous les vrais croyants, ne serait qu’un bâtard.Enfin, Mahomet est identifié au diable, et la très sainte Mecque où vous vous promettez de faire un pèlerinage est appelée Jahilia, c’est-à-dire ignorance et obscurantisme.L’atteinte est ironique et mordante, plutôt méchante pour quiconque ne sympathise pas à l’exaspération et à la révolte de l’auteur qui, dans notre monde occidental, nous rappelle Sartre ( Le diable et le bon Dieu), Ka-zantzaki et le cinéaste Scorcese (La dernière tentation du Christ), ou encore, dans le monde juif, les insolences d’un Hellyer ( Dieu sait).Mais il faut vraiment avoir vécu au rythme d’un pays Voir page Versets: D • 6 HÉRITAGE L’esprit d’entreprise reste dans la famille GUY FERLAND LA MAISON d’édition Héritage n'est pas située à Trois-Pistoles et n’a rien a voir avec Victor-Lévy Beaulieu.Elle est plutôt sise à Saint-Lambert et son directeur général, Jacques Payette, est un homme énergique qui a plein de projets en tête.L'année dernière, l’entreprise célébrait son 20e anniversaire; pas de mortalité et de succession difficile en vue.Son chiffre d’affaires s’élève cette année à quelque $ 10 millions et une centaine d’employés y travaillent.La petite histoire d’Héritage est placée sous le signe de la continuité et de l’expansion.Au début des années 20, Georges Payette, le père de Jacques, fonde une imprimerie à Saint-Jean-sur-le-Richelieu.On y imprime des faire-part, des cartes de décès, des feuillets paroissiaux, des hebdos, etc.La maison grossit progressivement, sans heurts majeurs.Jacques Payette y travaille très jeune, comme courriériste, tout en poursuivant ses études jusqu’au cours classique.Il s’inscrit alors en arts graphiques pour apprendre toutes les techniques avancées de l'impression (les ficelles de son métier).Revenu à l’imprimerie familiale, où son frère et ses soeurs travaillaient également, Jacques prend l’initiative d'installer une papeterie à l’avant de l’entreprise, l'une des premières au Québec au début des années 50.« J’y vendais des effets scolaires et des livres, souligne-t-il.Mais un feu a détruit toute une partie de la Voir page Héritage: O - 6 PHOTO JACQUES GRENIER Jacques Payette devant une de ses presses avec un de ses best-sellers.L***!&.Des collectionneurs culottés i.: ¦¦¦ PHOTO JACQUES GRENIER Le libraire François Côté et le nu en stéréoscope.s m -j- 'i LES CHEFS D'ŒUVRE DE GUY FERLAND QUARANTE INDIVIDUS à l’aspect louche zieutent la marchandise.Les regards concupiscents s’entrecroisent.Quelques experts tâtent la chose, la soupèsent, sentent avec délicatesse.On discute sur les avantages d’un des objets par rapport aux autres, sur son âge avoué ou reel, sur la qualité de l’emballage et la fermeté des éléments, la tenue des plis, le duveté de la peau, sa rousseur, sur les mouillures qui émaillent les tissus, sur les épidermures, sur les légères fentes, sur les dos ornés de dentelle en queue, sur la coiffe.On n’en finit plus de deviser ainsi sur le fond et la forme.« C’est une sainte, dit l’un.» « Non, une dévote plutôt, répond un autre.» « En tout cas, reprend un troisième, elle doit aimer Dieu, c’est certain.» Les trois comparses, sûrement professeurs de théologie à quelque université, sont devant des photographies d’une jeune fille qui se dénude en tenant des icônes.À côté, quelques peintures chinoises sur soie du 19e siècle pas piquées des vers ( $1,600 ).Les visiteurs sautent d’une reproduction à l’autre.D’une pièce rare à une autre de collection.Quelqu’un entre et lance, en franchissant le seuil : « Je suis ouvert.à toutes les propositions .» Un autre laisse tomber, complice : « Bonsoir, la dissidence ! », tandis qu’un troisième commente de façon experte : « Ce sont des sujets d’actualité.» Tout ce beau monde est réuni à la librairie de François Côté (1840, rue Amherst) pour le lancement de l’expo-vente « Curiosa-Ero-tica.L’enfer.La fête ».Sous les auspices du Divin Marquis et de Marcel Duchamp, érotologues émérites, l’exposition de gravures, photographies et livres rares se poursuit jusqu'au 11 mars.Le matériel en vente provient principalement de deux fonds.Celui de Michel Brisebois qui avait lui-même récupéré la bibliothè- que scandaleuse de Jean Leduc, grand docteur et collectionneur en cette matière.On se sou vient des éditions Cul Q, du même aventurier, dont on retrouve quelques volumes dans la librairie.Et le fonds de Normand lloude, libraire à Saint Lambert et amateur de belles pièces.de collection.Tous leurs objets de valeur, qui touchaient de près ou de loin à « la » question, sont étalés là, a la vue de tous, librement soumis à la convoitise.Il faut se retenir et sublimer, tel que le conseillait en pareil cas le docteur Freud.Mais la tentation est grande de toucher et de sortir de son pantalon l’appareil compromettant — entendre un portefeuille — et d’acheter.Où que les yeux fureteurs des visiteurs aillent, une nouvelle proie se dévoile.Que ce soit l’édition originale des Liaisons dangereuses, de Pierre Choderlos de Laclos (1782), ou Les Princesses malabares, ou le célibat philosophique, de Nicolas Lenglet Dufresnoy (1734, $250), ou La Laideur aimable, et les dangers de la beauté, de Pierre-Antoine La Place (1752, $ 115), ou Le Diable boiteux, d’Alain-René Lesage (1726, $ 135), ou le Code de Cythère, ouïe lit de justice d’amour, de Jean-Pierre Moet (7746, c’est-à-dire 1746, $ 145), ou Le Chien après les moines, du comte de Mirbeau (1869, $ 55), ou La Vie et les aventures de la jeune Olinde, écrite par Elle-même à un Gentilhomme de la campagne, avec les billets d'une jeune Dame à son Amant, d’un anonyme (1741), ou L'Êloge de la fessée, de Jacques Serguine (1973, $ 20), ou De l’utilité de la flagellation dans la médecine et dans les plaisirs du mariage, de J.-H.Moebius (1909, $ 75), ou des cartes postales, ou des études de nus, ou d’autres visiteurs, on ne peut pas s’empêcher de scruter et de cogiter.Pour se donner contenance, on aborde gentiment deux jeunes filles qui sont en train de lire Sade dans le sexe, heu .L texte.« Bonsoir.Que pensez-vous de ce li-Volr page : D - 6 13, rue de Buci / 1édagogue, comédienne, mélomane.Charlotte Hoisjoli est aussi écrivain Elle a publié deux recueils de nouvelles, La Chatte blanche en ItiSI et Le Dragon vert en 1:DM Elle s'aventure dans le policier avec 13, rue de Buci publié par XYZ, dont voici quelques lignes Q w 13 CHARLOTTE BOISJOLI LE LENDEMAIN, Leroy se rend à lu Ville en bois.Quand il arrive chez la vieille Amélie, il la trouve assise sur le pas de sa porte, ses cheveux blancs lumineux flottant sur ses épaules, une vipère autour du cou 11 a cherché longtemps la maison enfouie dans un bosquet de petits arbres rabougris : lèvent, le sel, ont empêché leur plein épanouissement.Les gens à qui il a demandé son adresse indiquaient un lieu vague d’un geste flou, imprécis : — ("est par là, j’erois bien, a répondu un homme robuste, la poitrine sanglée dans son chandail de marin, U1 visage rougi, tanné par le poudrin, la méfiance dans l’oeil.Le commissaire a fini par trouver, comprenant maintenant la défiance des uns, la suspicion des autres.La femme saisit une longue aiguille fi chée dans son corsage.Le collier d'anneaux tressaille, se serre sur son coi.La bête a-t-elle deviné ce qui l’attend ?— lié, ho ! Tranquille, ici.— Vous n'avez pas peur de vous faire piquer ?questionne Leroy, pas rassuré du tout.— Un vipéridé, ça pique pas, monsieur, ça mord.Elle empoigne le serpent par la tête, de chaque côté de la mâchoire, presse légèrement, le reptile se déroule en frétillant.Leroy a-t-il perçu un sifflement ?La guivre sort une langue rouge de sa gueule maintenue ouverte.On voit les crocs pointer.La vieille trifouille sans gêne avec son aiguille autour des dents de l’animal.Le commissaire, est-ce par discrétion, détourne la tête, fait mine d’être très intéressé par autre chose.Il balaye du regard le jardin délabré, avec aux lèvres la moue de celui qui cherche d’un air faussement indifférent.Quand son regard se glisse de nouveau vers la vieille Amélie, il constate qu'elle a déposé un liquide verdâtre dans une sorte de ramequin.Le serpent grimpe en rampant sur son ventre et vient se lover au creux de son épaule, comme soulagé.— Qu’est-ce que je peux faire pour vous, mon bon monsieur 7 Elle se lève et prend le récipient contenant le poison.Va-t-elle concocter quelque bouillon d’onze heures ?Au moment où il pense cela, une pendule ancienne sonne dix coups tremblants, des trémolos accompagnés en sourdine par des grincements rouillés du ressort fatigué.L’horloge est loin d’être jeune : tavelée, piquée des vers.La vieille lit-elle dans sa pensée ?Elle corrige avec la rectitude qu'elle semble affectionner : — Ce sont des capricornes qui ont fait ça.Des cérambyx : pots à cornes les méchantes bêtes.Ça creuse des galeries interminables dans le bois, ces coussons.Leroy examine des peaux de batraciens, de reptiles divers fixées au mur à l’aide de pointes : une salamandre, quelques tritons, des crapauds de différentes tailles, l'enveloppe ternie d’un varan, il en a vu d'impressionnants sur les bords du Nil, autrefois.Au fond de la cuisine, dans une cage, une famille d’iguanes; une autre plus grande renferme des chauves-souris.— Vous élevez des vampires ?Elle le regarde de ses yeux ardents, bleu de cobalt : — Ce sont des pipistrelles.Que cherchez-vous au juste ?Qu’êtes-vous venu m’ennuyer avec vos sottes questions ?À quel animal les anciens attribuaient-ils le pouvoir de tuer par son seul regard ?Les prunelles d’Amélie Voir page Inédit: D - 6 Marie-Thé Brûlon un voyage out du cœur récit Blessée par le cancer et le divorce, l’auteur part à découvert au pays des coeurs simples.Au fil des rencontres, elle se tisse du dedans, elle guérit! 342 pages — 22,95$ Stanké Les éditions internationales Alain Stanké, 2127, rue Guy, Montréal H3H 2L9 (514) 935-7452 D-2 ¦ Le Devoir, samedi 25 février 1989 • le plni sir des ivres Vu du balcon PHOTO PC Le fameux discours du balcon de l’hôtel de ville de Montréal, le 24 juillet 1967.VIVE LE QUÉBEC LIBRE Dale Thomson Toronto, Deneau Publishers 1988, 324 pages.PAUL-ANDRÉ COMEAU VOILÀ un grand livre ! Après des années de recherche, quelques centaines d’entrevues menées des deux côtés de l'Atlantique, le professeur Dale Thomson, de l’université McGill, vient de publier ce qui constitue l’ouvrage définitif sur les relations entre le général de Gaulle et le Québec.Écrit dans une langue parfaitement maîtrisée, l’auteur de biographies de Louis Saint-Laurent et Jean Lesage apporte du même coup une contribution majeure à l’hLstoire des premiers pas du Québec sur la scène internationale.Dans un cas comme dans l’autre, la démarche est passionnante, les résultats du plus giand intérêt.Dale Thomson possède un véritable talent de conteur, admirablement servi par une patience et une minutie au chapitre de la recherche documentaire.À lui seul, son premier chapitre sur le personnage « de Gaulle » vaut le détour, selon l’expression consacrée.En moins de 20 pages, il réussit à brosser du fondateur de la Ve République un portrait saississant et complet tout à la fois, mais dont l’objectif est de servir de toile de fond à toute sa démonstration.Au fil des pages, l’auteur retrace et relate les différentes rencontres entre le Québec d’avant 1967 et le général de Gaulle II prolonge la démarche menée il y a une dizaine d’années par Renée Lescop et lui ajoute une série d’informations inédites.En écrivant la petite histoire de la «capture» des îles Saint l’ierre-et-Miquelon par un commando de la France libre, M.Thomson laisse deviner les coups d’éclat qui deviendront l'image de commerce de celui qui était alors le résistant de Londres.Toute la démonstration s’axe autour de la question fondamentale : que voulait de Gaulle au moment où il a lancé, du haut du balcon de l’hôtel de ville de Montréal, le cri qui sert de titre à cet ouvrage ?Question mille fois soulevée ici, en France, dans de nombreuses chancelleries.Autant de réponses qui vont de l’effet d’une sénilité manifeste au grand dessein mûrement réfléchi.Au terme de sa démonstration, Dale Thomson en arrive à une appréciation que ne renierait vraisemblablement pas le Général lui-même.Hanté par le remords de la trahison de la France en 1763, l’ancien président de la France a sincèrement voulu corriger cette lâcheté historique.D’où ses gestes en faveur d’un Québec qui émergeait de deux siècles de somnolence ou de patience tranquille.Des gestes qui ont permis au Québec de s’affirmer et de mieux propulser sa Révolution tranquille.En coinçant le gouvernement canadien, de Gaulle aurait également obligé Ottawa à modifier dans un sens plus positif ses relations avec la France et l’univers francophone.Bilan positif, conclut Dale Thomson, selon qui « l’histoire célébrera ce grand leader français, qui, à tort ou à raison au niveau des perspectives et des tactiques, a tendu la main au Canada français en signe de solidarité et d’affection ».Quant au « Vive le Québec libre », le politologue de McGill l'interprète comme un électrochoc servi à Ottawa et une occasion offerte aux Français du Canada pour définir eux-mêmes le sens des relations à développer avec le reste du Canada.Cette interprétation s’insère évidemment dans le cheminement de cet homme qui a hésité entre une méfiance profonde envers l’Angleterre et ses dirigeants politiques et une nostalgie pour la France d’avant la Révolution, si ce n’est pour la France éternelle.Cette démonstration repose sur un examen fouillé des sources d’archives, des documents officiels et d’une multitude de témoignages.Après vérification auprès de certains acteurs québécois de ces années tumultueuses, il est impossible de mettre en doute les articulations du récit.L’auteur évite aussi le piège du moraliste et s’efface derrière le propos de celui qui a voulu donner leur chance aux fils de France oubliés sur les rives du Saint-Laurent.Cet ouvrage va plus loin que le simple récit.L’analyse politique y est exemplaire et nous vaut des pages stimulantes sur un certain nombre de sujets mal connus.Signalons, pour piquer la curiosité, la présentation détaillée des thèses défendues à Ottawa au sein de la haute fonction publique et où les francophones énonçaient et défendaient « leur » conception du Canada bilingue et multiculturel.Pages tout aussi révélatrices sur le réseau de la « maffia du Québec » qui s’est rapidement mise en place autour du général de Gaulle et de certains postes de commande à Paris.L’ouvrage rectifie un certain nombre d’erreurs qui tenaient lieu de quasi-vérité historique.Ainsi, Dale Thomson reconnaît à Paul Gérin-La-joie la paternité de la notion et du rêve de la francophonie, alors qu’on attribuait cette idée à Léopold Seng-hor.C’est également une mine de renseignements pour y voir plus clair dans le cheminement du Québec sur la scène internationale.Fin ce sens, c’est un complément indispensable à l’ouvrage de Claude Morin.Est-il besoin d’ajouter que la lecture de Vive le Québec libre deviendra nécessaire à la compréhension d’une page de l’histoire récente où tout le monde a perdu son latin, sauf le général de Gaulle ?La traduction du livre de Dale Thomson devrait être achevée sous peu.Il tarde de voir cet ouvrage mis à la disposition du grand public québécois.C’est un grand livre, une oeuvre maîtresse où l’histoire et la science politique marient leurs perspectives avec un rare bonheur.GUY FERLAND Concours littéraires La dynamique revue Stop invite ses lecteurs et ses lectrices à participer à son concours de nouvelles pour le numéro 13.Aucun thème n’est imposé, mais les personnages suivants devront apparaître dans le texte : Marie-Madeleine, Belzebuth et Vendredi.La nouvelle, d’un maximum de 10 pages, doit être dactylographiée à double interligne.Les textes seront signés d'un pseudonyme et accompagnés d’une enveloppe cachetée contenant les coordonees de l’auteur (nom, adresse et numéro de téléphone).Une seule exigence : être ou s’abonner à la revue .Slop (un an pour $ 12).Un maximum d’un texte par auteur est imposé.Les trois prix sont de $ 300, $ 200 et $ 100, en plus de la publication des textes gagnants dans la revue.La date limite de participation est le 31 mars 1989.On prie les participants de faire parvenir des photocopies de leur texte à la revue Slop, C.P.983, Succursale C Montréal, II2L 4V2.Dans son dernier numéro, la revue Possibles publie les deux nouvelles qui ont remporté le concours franco-québécois de création littéraire 1988 tenu sous l’égide de l’Office franco- «LE DEVOIR» de Pierre-Philippe Gingras Un livre de 295 pages qui retrace l'histoire du DEVOIR depuis sa fondation en 1910 jusqu'à son 75ième anniversaire en 1985.Commande postale seulement.Allouez de 6 à 8 semaines pour la livraison.Découpez et retournez a: Le Devoir, 75 ans.211, St-Sacrement, Montréal, Québec H2Y 1X1 Je desire recevoir exemplaire(s) du livre "LE DEVOIR’ J'inclus 19,95$ par exemplaire, (3 $ Ce frais de port et de manutention inclus dans ce prix) NOM ADRESSE PROVINCE CODE POSTAL MODE DE PAIEMENT ?Cheque ?American Express ?Master Card ?Visa No de carte de crédit.Expiration: >¦¦¦¦¦ »- québécois pour la jeunesse.Il s’agit de Le songe du québécois Gilles Pel-lerin et de La réserve du français Patrick Klein.L'OFQJ profite de l’occasion pour rappeler que la deuxième édition du concours bat son plein et que la date limite de participation est le 30 juillet prochain.Le premier prix est doté d’une bourse de $ 5,000.Les 18-35 ans, résidant au Québec ou en France, pourront se procurer les règlements du concours littéraire auprès de l’OFQJ, 1214 rue De La Montagne, Montréal, 1I3G 1Z1, tel.: (514) 873-4255.Le public-lecteur adulte du Québec est invité à participer à un concours de critique littéraire, dans le cadre du Festival National du livre qui aura lieu du 15 au 22 avril.Les critique devront porter sur une oeuvre littéraire québécoise (roman, théâtre, poésie) parue depuis le premier janvier 1988.Les textes seront jugés par quatre personnalités littéraires d’ici : Réjane Bougé, animatrice à Radio-Canada, Jean-Roch Boivin, critique littéraire au DEVOIR, Ré-ginald Martel, critique littéraire à La Presse et Louise Myette, coordina-trice du Festival pour le Québec.Les auteurs gagnants recevront des livres en prix et leur critique sera publiée dans LFI DEVOIR, La Presse et sera lue à l'émission « Fictions » à la radio de Radio-Canada, pendant le Festival.Les textes, de 15 à 20 lignes, doivent être adressés à Concours de critique littéraire, a/s Madame Dominique Chénier, 1967, rue Sherbrooke est, Montréal, (Québec) 1I2K 1B8 et être reçus au plus tard le 7 avril.Pour tous renseignements supplémentaires, communiquez avec Dominique Chénier au (514) 522-8013.L’Académie canadienne-française Les auteurs ou leurs éditeurs ont jusqu’au 28 février pour soumettre les recueils de poèmes au Prix Alain-Grandbois et les essais au Prix Victor-Barbeau qui seront décernés au printemps par l’Académie canadienne-française.Les ouvrages soumis à l'un et l'autre prix doivent avoir été publiés, en français, au Canada, entre le 1er janvier 1988 et le 31 décembre 1988.Le montant de chacun des prix est de $ 2,000.Trois exemplaires des ouvrages doivent être adressés à l’Académie canadienne-française, 5724, Chemin de la Côte Saint-Antoine, Montréal, H4A 1R9.L’UNEQ répond à Lise Bacon M.Bruno Roy, président de l’Union des écrivains québécois, est désolé du refus de la ministre Lise Bacon d’aider les écrivains qui ont perdus leurs redevances de droits d’auteurs suite à la faillite des Éditions Le-méac.Dans une lettre à la ministre en date du 21 février, il fait le point sur les revendications de l’UNFIQ.« L’État ne doit certes pas assumer tous les risques du métier d’écrivain, mais les limiter, les circonscrire.L’écrivain accepte de consacrer temps et énergie à écrire, il accepte de financer ses travaux en espérant les rentabiliser.Il mise sur la possibilité d’être publié puis espère en la fortune de son oeuvre.Il accepte également d’en assumer l’échec ou le succès.Nous ne croyons pas cependant que l’écrivain doive accepter que les fruits de ‘son succès’ s’envolent dans la faillite d’un éditeur.Le respect des contrats, le paiement des redevances ne relèvent pas du ‘domaine privé des relations commerciales’, ils relèvent de la volonté d’un État d’assurer des conditions décentes à ses créateurs.Il nous semble aberrant de constater que des auteurs ayant vendus plusieurs milliers d’exemplaires de leurs oeuvres (et Leméac en comptait plusieurs) doivent assumer l'échec de leur éditeur et considérer que cela fait partie du risque de toute entreprise d’édition.» Erratum La réédition des Mémoires intimes de Georges Simenon n’est pas une version expurgée de l’édition originale de 1981, contrairement à ce qu’on laissait entendre dans la Vitrine du livre de la semaine dernière.Il s’agit en fait du même texte puisque l’avertissement de Georges Simenon y figurait déjà.Seule la couverture a été changée.Sus à la taxe sur la lecture Dans le cadre de la cinquième édition de la Semaine des revues, qui se déroulera à travers le Québec et à Ottawa du 15 au 22 mars 1989, l’Association des éditeurs de périodiques culturels québécois (AFIPCQ) entreprend une compagne de sensibilisation sur le projet fédéral d’une taxe sur la valeur ajoutée.« Cette réforme, telle que proposée, pourrait augmenter considérablement les frais de production des périodiques et les obliger à hausser leurs prix en conséquence, au risque de ne plus être concurrentiels et de voir leurs ventes baisser significativement.L’AFIPCQ entend opposer à ce projet une réaction ‘musclée’ en invitant ses membres et les autres associations du monde de l’édition à se joindre à un mouvement d’opposition à la taxation de la lecture.De plus, l’Association commendera, en cours d’année, une recherche visant à recueillir les données économiques susceptibles de démontrer au gouvernement l’ampleur de l’erreur qu’il commettrait en taxant toutes les étapes de fabrication des livres et des périodiques.(.) L’AFIPCQ invite le gouvernement fédéral à faire preuve de cohérence en exemptant les livres et les périodique de la taxe sur la valeur ajoutée, de sorte qu’ils puissent pleinement bénéficier des programmes de subventions qui leur sont offerts et poursuivre le travail amorcé.» Les prix d’excellence des revues culturelles Il uit publications québécoises sont en lice pour l’obtention des prix d’excellence des revues culturelles 1989 commandités, pour une deuxième année consécutive, par la compagnie Gaz Métropolitain.Il s’agit des revues Inter, Jeu, Liberté, Nuit blanche, Possibles, Québec français, Spirale et Vie des arts.Une de ces publications se méritera le prix spécial des éditeurs et des éditrices attribué exceptionnellement par les membres de l’AFIPCQ pour souligner le dynamisme d’un pair dans les domai- PERDUE POUR TOUS RICHARD CHARTRAND Richard Chartrand avec son ou vrage Une fâcheuse arrestation se taillait un heureux succès en 1988.Perdue pour tous raconte comment des Individus, bien ou mal Intentionnés, agissent devant l’attrait de l'argent et Jusqu'où ils sont prêts à s'aventurer pour l'obtenir.144 pages 8,95$ nouveauté RICHARD CHARTRAND EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE A» Fiction et biographies 1 Le Zèbre Alexandre Jardin Gallimard (2)* ! 2 La Vieille qui marchait dans la mer San Antonio Fleuve noir O) 3 Ça Stephen King Albin Michel (3) 4 Le Boucher Alina Reyes Seuil (4) 5 C’est quoi, ce petit boulot ?Nicole de Buron Flammarion (5) 6 Le Fils du chiffonnier Kirk Douglas Presses de la Renaissance (-) 7 Sous le ciel de Novgorod Régine Deforges Fayard 0) 8 La Lectrice Raymond Jean J’ai lu (8) 9 L’Exposition coloniale Erik Orsenna Seuil (10) 10 Autoportrait en érection Guillaume Saber Régine Deforges (-) Ouvrages généraux 1 Le Mal de l’âme D.Bombardier et C.Saint-Laurent Robert Laffont (D 2 Et tournons la page Solange Chaput-Rolland Libre Expression (2) 3 Le Chemin le moins fréquenté Scott Peck Laffont (3) 4 Mes secrets naturels Rika pour guérir et réussir ZaraT JC Lattès (5) 5 Le Défi alimentaire Louise Lambert-Lagaçé éd.de l’Homme (4) nés de la production, de la diffusion et de l’animation.Le jury chargé de décerner le Grand prix d’excellence, le Prix d’excellence pour la tenue éditoriale et le Prix d’excellence pour la tenue artistique est composé de Francine Montpetit, Rina Olivieri, Armande Saint-Jean, Roger Lafor-tune et Jacques Savoie.Les certificats d’excellence accompagnés des bourses offertes par Gaz Métropolitain seront remis lors de la soirée de lancement de la Semaine des revues 1989, le mercredi 15 mars à 18 h, au bar Business.Hommage à Jacques Poirier Voici la lettre qu’Alice Parizeau faisait parvenir, au nom de tous les auteurs de Québec/Amérique, comme témoignage à la suite du décès de Jacques Poirier.« Jacques Poirier n’est plus.Très grand, une sorte de bon géant, il recommençait inlassablement un travail qui aurait pu paraître fastidieux, mais qui, grâce à lui, devenait chaque année une fête.Le Salon du livre de Hull attirait des écrivains et des lecteurs prêts à venir de loin.C’était un lieu privilégié.Présidé tantôt par Yves Thériault, cet écrivain du Nord québécois, et tantôt par Michel Tremblay, par des romanciers et des poètes importants, le Salon recevait des étudiants, organisait des concours, se montrait hospitalier pour tout le monde et avait une renommée qui n’a pas cessé de grandir depuis ses débuts.Qant on disait à Jacques Poirier que cela se produisait grâce à lui et à Carmen, sa femme, qui l’accompagnait partout, il souriait.Il aimait les livres, les auteurs, l’atmosphère dans laquelle il présentait leurs oeuvres en signant des autographes dans les kiosques ou en récitant des extraits sur la scène où, tard dans la soirée, se pressait une foule prête à les écouter et à les applaudir.Le président du Salon du livre, le gérant de la Caisse populaire, Jacques Poulin, déjà très malade, avait pris dernièrement la peine de téléphoner à certains écrivains pour leur demander de venir en avril prochain.— Je n'y serai plus, avait-il dit, mais il faut que vous y soyez.Il faut continuer.J’ai protesté.Cela me paraissait impossible qu’il puisse partir ainsi, ce bon géant amical.Fit voilà.C’est terminé.Carmen Poirier, sa femme, demande qu’au lieu des fleurs on envoie des dons pour le Salon du livre de Hull.Fit c’est cela, sans doute, le dernier message d’un homme qui connaissait la valeur et le prix de la culture pour le Québec et que nous avons tous aimé, respecté et considéré comme un ami très cher.» Ateliers littéraires Loisir littéraire du Québec annonce qu'il reste encore quelques places dans les ateliers suivants : 1.Texte de fiction (le conte), 18 et 19 février; 2.Où en est la littérature jeunesse ?25 février; 3.Les techniques de l’édition, 25 et 26 février; 4.Récit de vie (26 et 26 février; 5.Les cousins de l’imaginaire (11 mars).Tous ces ateliers sont présentés au Stade olympique en fin de semaine et coûtent $ 40 pour une journée et $ 70 pour deux jours (prix spéciaux pour les étudiants).Pour plus de renseignements, contactez Loisir littéraire au 252-3033.Le Centre des femmes de Montréal offre l’atelier Aimer pouvoir écrire : des jeux d'écriture pour mieux trouver les mots entre vous et la page blanche.Il s’agit de cinq rencontres, de 19 h à 22 h, du mardi 7 mars au mardi 4 avril 1989.Le coût est de $ 15 pour quinze heures d’atelier.On peut s’inscrire au secrétariat du Centre des femmes de Montréal, du lundi au vendredi, entre 9 h et 17 h, au 3585, rue Saint-Urbain, Montréal, télé- LIBRAIRE: j I Désirons acheter livres «encore utiles Tél.: 845-5698 LA GRANDE LIBRAIRIE A CONNAITRE 251 Ste-Catherine E.phone : (514 ) 842-4780.Rencontres Claude Morin, ex-ministre des Affaires intergouvemementales, et auteur de livres à succès : L'art de l’impossible, la diplomatie québécoise depuis 1960 et Les lendemains piégés.Du référendum à la nuit des longs couteaux (Boréal), rencon trera les étudiants de l’Université de Montréal lors d’une conférence intitulée Les relations internationales du Québec : Y a-t-il un avenir ?, le jeudi 2 mars 1989 de 12 h à 13 h 30, au 3200 Jean-Brillant, Amphithéâtre A-3345.Parallèlement à cet événement, la librairie de l’Université de Montréal s’associe aux Éditions du Boréal pour célébrer leur 25e anniversaire, les 27, 28 février, 1er et 2 mars de 10 h à 15 h 30 en présentant une sélection des titres les plus intéressants ainsi que les plus récentes nouveautés de Boréal dans le corridor de la cafétéria, Pavillon Jean-Brillant, 2e étage.A la Place aux poètes, qui a lieu à la Folie du large, 1021, rue Bleury, la poète animante Janou Saint-Denis reçoit Michel Bujold le mercredi 1er mars à 21 h.Denise Bombardier et Claude Saint-Laurent rencontreront le public, à l’occasion de la sortie de leur essai Le mal de l'âme, à la librairie Hermes, 1120 avenue Laurier, aujourd’hui de 14 h à 16 h.La revue Numéro, qui s’insère dans la catégorie des livres d’artistes, organise à l’occasion de son 5e anniversaire, une journée colloque le samedi 25 février, entre 10 h et 17 h.Ce colloque se tiendra dans la salle J-2930 du pavillon Judith-Jasmin, 405, rue Saint-Catherine est.L’entrée est libre.L’animateur de la journée sera M.F’ernand Dansereau et les participants auront l’occasion d’entendre les personnes suivante discuter de divers thèmes : Jean-Pierre Gilbert, Notion d'écriture; François Legris-Bergman, Le livre moderne, lieu d'expérimentation artistique; Louise Fournel, Dialogue pictural; Françoise Berd, L’égrégore; Richard Martel, L’effet inter; Germain Lefebvre, Prisme d'yeux.Les participants au colloque auront l’occasion de voir, à la bibliothèque des arts, local A-1200, une exposition des éditions 1 à 14 de la revue Numéro, et ce, jusqu’au 13 mars.Les heures d’ouverture de l’exposition sont du lundi au vendredi de 9 h à 22 h et les samedi et dimanche de midi à 17 h.Marie Laberge, André Brassard et Paul Lefebvre parleront de théâtre lors d’une série de trois conférences les mardis 28 février, 7 et 14 mars de 19 h à 22 h à l’Université de Montréal, Pavillon Principal, Entrée Z-l, 2900 boulevard Édouard-Montpetit.Frais : $ 25 pour la série de trois soirées.Renseignements : 343-6090.La Société littéraire de Laval est heureuse de vous inviter, dans le cadre de « Parole en liberté », à venir rencontrer l’écrivain québécois Michel Tremblay, au Cercle d’Art Alfred D’allaire, situé au 2159 boulevard Saint-Martin est, à Duvernay, Laval, le 28 février à 19 h.livres.liberté librairie HERMÈS 1120 laurier ouest, outremont panne/par non, 45 Le Devoir, samedi 25 février 1989 B D-3 Cette littérature, COURS DU SOIR Constance Beresford-Howe traduit de l'anglais par Michelle Tisseyre Montréal, éditions Pierre Tisseyre 1988, 254 pages Jean-Roch \imj B0I7IN -e-res A aoéoécoises J E CONNAIS mal la littérature canadienne.Ça s’explique, ça ne s’excuse pas.Comme consommateur de livres, c’est-à-dire quand j’en achète, j’ai tendance à faire comme tout le monde : bouquiner pour les vieilles choses et acheter surtout les livres qui font du bruit, ceux dont on parle, ceux dont on me parle qui souvent sont les mêmes.Or, même s’il existe un programme du Conseil des arts du Canada qui subventionne la traduction des auteurs canadiens en français (et réciproquement des auteurs québécois en anglais), le filon ne semble guère exploité par nos éditeurs.Les traducteurs littéraires, au Québec et probablement au Canada, sont des gens qu’il faut admirer pour leur passion singulière.Ils ne risquent pas de se faire des sous (la traduction n’est payante que si vous connaissez la langue de bois d’une spécialité), ni même un nom.Ce sont des missionnaires, ou tout uniment de grands explorateurs.Malheureusement, sans tapage médiatique, les livres se trouvent difficilement des lecteurs et il parait plus facile de faire traverser l’Atlantique aux auteurs européens que de faire venir un auteur de Toronto.Je serais bien le dernier, pourtant, à blâmer les éditions Pierre Tisseyre de ne pas savoir diffuser leur production, car ce sont plutôt des félicitations que l’éditeur pionnier ménte.Il les mérite pour ce qu’il a fait et continue de faire pour la littérature québécoise (la publication à fonds perdu du Journal de Jean-Pierre G uay en est un exemple éloquent) et doublement pour s’être employé dans la collection « des deux solitudes » à nous faire connaître la littérature de nos voisins par alliance.Parlant de la passion des traducteurs, c’est à celle de Michelle Tisseyre que nous devons une grande partie des traductions de cette collection et de ce second roman de Constance Beresford-Howe, 25e titre d’une collection baptisée d’après le titre d’un roman de Hugh McLennan, porté à l’écran il y a une dizaine d’années et sombré dans l’oubli.Grâce à huit ans de chronique littéraire et à la générosité obligée des éditeurs québécois, j’ai pu découvrir Joan Barfoot, Margaret Atwood et Lucy Maud Montgomery.J’ai découvert Alice Munroe en anglais grâce à un ami et je suppose qu’elle est devenue si incontournable depuis que les Américains l’ont découverte que bientôt les éditeurs français nous en proposeront des traductions.L’adaptation de Danse à contre-jour, de Joan Barfoot (Québec/Amérique, 1986), pour la télévision aura sans doute été plus vue que le roman lu.Pour Anne des pignons verts, la té- Une admirable pièce de collection PEINTRE, JE N’AURAIS RIEN A DIRE François Vincent et Louis Gauthier Montréal, l’Atelier circulaire 1988, 17 pages ODILE TREMBLAY RAREMENT les « livres d’artistes » font-ils l’objet de commentaires dans les pages littéraires.Et pour cause.Ouvrages précieux tirés à de rares exemplaires, ils ne sont pas distribués en service de presse ni ne se retrouvent à l’éventaire des libraires.Publiés à compte d’auteur ou d’atelier, ou bien fleurons des grandes maisons d’édition, la cinquantaine de volumes-oeuvres qui voient le jour chaque année au Québec sont, hélas ! destinés aux seuls plaisirs des collectionneurs.Certains d’entre eux se révèlent pourtant d’une saisissante beauté, comme cet ouvrage signé par François Vincent et Louis Gauthier qui sort tout chaud des resses à bras de l’Atelier circulaire, Montréal.Peintre, je n'aurais rien à dire je n'aurais pas cet embarras des mots je mettrais les choses sur la toile sans dire leur nom je pourrais enfin me taire.Ainsi commence le très beau texte-poème de Louis Gauthier qui vient à la rencontre des gravures de François Vincent.Rencontre fortuite; l’image ici n’appuie pas intentionnellement le texte, et les correspondances entre mots et formes s’esquissent un peu au gré du hasard.Sur un arrière-plan glissant des tons bleutés à terre de Sienne, François Vincent a composé des variations en clairs-obscurs.S’y insèrent des silhouettes aux contours insolites émergeant de grottes obscures ou de marécages.En superposition, se profile un personnage nu qui s’adonne au fil des pages à de mystérieux rituels.Il plane sur ces gravures une atmosphère sourde et moite de début du monde.De ce rendez-vous entre l’écrivain Louis Gauthier, qui publiait dernièrement chez VLB Le Pont de Londres, et l’artiste contemporain François Vincent, est née une oeuvre d’art.Oeuvre d’ailleurs magnifiquement servie par la qualité de l’impression; les gravures en taille douce sont toutes reproduites ici sur papier Velin d’Arches.Cet ouvrage sérigraphié a été tiré à 31 exemplaires dont 24 signés et numérotés sont actuellement sur le marché au prix de .$ 1,200.Somptueux cadeau ou investissement sûr, ce grand volume constitue hors de tout doute une admirable pièce de collection.Un curé trop instruit pour ses ouailles LA CHAMBRE A MOURIR Maurice Henrie Québec, L'Instant même, 1988 MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE AU QUÉBEC, la production romanesque des dernières armées pouvait laisser penser que le roman du terroir était bel et bien mort.Qui, en effet, songerait encore à chanter les vicissitudes mais surtout les grandeurs de la vie sur les fermes à l’ère pré-industrielle ?Il s’en trouve pourtant mais il faut aller les chercher de l’autre côté de la frontière ontarienne avec un écrivain francophone, Maurice Henrie, dont les éditions L’Instant même viennent de publier La Chambre à mourir.Les indécrottables citadins que nous sommes tous devenus, même en vivant à la campagne, apprendront que « la chambre à mourir » est cette chambre, plus belle que les autres, devant recevoir les agonisants qu’il faut soigner alors que la vie continue et que, par commodité, on situe donc près de la cuisine et non à l’étage.À lui seul, le titre en dit long sur le regard « ethnologique » de l'auteur bien que, consulté à ce sujet, ce dernier ne manquerait sans doute pas de s'en défendre et d’invoquer plutôt un amour de ses origines teinté d’un peu de mauvaise conscience.Le dernier chapitre nous apprend, en effet, que cet enfant, l’intellectuel de la famille, aura la chance inouïe de faire des études grâce à une intervention ecclésiastique arrivant au bon moment.D'un point de vue littéraire, tout le drame est là car l’auteur n’oublie jamais qu’il a des lettres en dépit du sujet qu'il s’est donné.Précieux, ces « halètements rigoureusement rythmiques du moteur ».Précieuses, ces « palpitations sporadiques» du poisson.Précieuses, les « hémérocalles de ce jour, dont l’incendie orangé parodie à s’y tromper celui pourtant plus vif des lis tigrés ».Précieux encore, ce « fil monté sur poulies » pour une corde à linge.Ce « sirop tourmenté par la chaleur », « ce faîte du toit », ces patins « incrustés de crottin frais».On allait demander grâce mais il ajoute encore « le village séminal» et «le bel ordonnancement » ! Quand il veut bien abandonner un peu ses manières, on pressent que l’auteur est capable de suggérer une scène à peu de frais.Dans le chapitre de la bicyclette, par exemple, on voit littéralement le paysage se dérouler sous nos yeux au rythme des coups de pédales.Et l’on voit se rapetisser le visage de « la fille de son voisin » qu'il est d’usage d’aimer dans ce genre de bucolique.Cette réussite ne serait pas rien si elle n’était gâchée par toutes les préciosités qui l’enchâssent.Sans qu’il y ait pris garde, Maurice Henrie a fini par ressembler au curé trop instruit pour ses ouailles dont il a fait le portrait dans un chapitre du livre.À moins que, de façon délibérée, l’auteur n’ait voulu cette mise en abîme comme une ultime coquetterie.On avait l’habitude des films tirés des romans.Il y a pire ici : le clone imprimé d’un téléroman à succès sur le temps béni d’une certaine paix.cousine par alliance lévision risque d’avoir amené des lecteurs à l’auteur.Quant à Margaret Atwood, sa renommée mondiale lui aura valu un éditeur français et une traductrice de même.Du coup, Hélène Filion, sa traductrice québécoise dévouée et impeccable, se faisait chiper cet auteur dont elle avait su trouver la voix.Au cinéma, j'ai souvent pensé au Tournée d’écrivains « Lire et écrire : un plaisir à faire découvrir aux élèves.» Une vingtaine d’écrivains québécois rencontreront ainsi, de février à mai 1989, les élèves de plus de 135 écoles du Québec.Les élèves qui participeront à ces rencontres se seront d’abord familiarisés avec l’oeuvre de ces écrivains, à l'aide de dossiers sur ceux-ci et de quelques exemplaires de leurs livres.L'enthousiasme suscité par ce programme mis en place en 1985 ne fait qu’augmenter tant chez les élèves qui développent ainsi un goût pour la lecture que pour les professeurs qui sont heureux de ce regain d’intérêt et qui y voient un stimulant pour l’amélioration du français.Ces tournées représentent pour tes auteurs un lieu de promotion et une façon de vérifier l’impact de leur écriture sur l’imaginaire de ces jeunes lecteurs.La réussite de ce programme a favorisé une augmentation substantielle de son budget permettant ainsi d’en tripler les activités.Ce programme de tournées, subventionné par le ministère des Affaires culturelles, est géré par l’Union des écrivains québécois en collaboration avec le ministère de l’Éducation.Renseignements : Jocelyne, au (514) 526-6653.Réfugiés OTTAWA — L’Institut de recherches politiques vient de publier, en collaboration avec la Fondation canadienne des droits humains, un livre qui traite de la protection des réfugiés d’après la loi internationale.Tenue à Montréal, à la fin de décembre 1987, une conférence avait traité de « Human Rights and the Protection of the Refugees under International Law».Le livre contient l’essentiel des interventions et discussions tenues avant que ne soit adoptée de la nouvelle législation canadienne en cette matière.Des 330 pages, à peine 30 sont en français : les discours des ministres Benoît Bouchard, Gerry Wiener et Louise Robic, le texte d’un délégué hongrois et le mot de présentation du rapporteur John P.Humphrey ! Un livre qui explique le pourquoi des restrictions qui apparaissent un peu partout face à l’admission de réfugiés politiques.cours de la lecture palpitante du roman de Constance Beresford-Howe qui offre toutes les qualités d’un bon scénario avec un brin de suspense et un chassé-croisé incessant de personnages bien calibrés.Le Simcoe Community College, à Toronto, ça pourrait être une tour à bureaux, de sorte que les ascenseurs y jouent un rôle aussi important que la bibliothè que et la cafétéria.Comme en montage parallèle, la narration emprunte alternativement le point de vue de chacun des personnages, dans de courts chapitres.Nous suivons, pen dant quelques jours, des professeurs et des étudiants des cours du soir, le directeur, sa secrétaire, un gardien de sécurité et même un chien vagabond qui a élu domicile dans le parking du collège.Il y a Tyler, qui s’appelle en réalité Gaylord, un pauvre homme mais un bon prof et une grande âme.Sa femme est schizophrène et ça lui rend la vie tristement pénible.À son fils aussi.Il y a Imogène, brillante, intransigeante, alcoolique, divorcée, mère de deux fils, professeur remarquable et british.Complètement dégoûtée de la vie, et de l’enseigne ment donc.Il y a Mme Pentecost, la femme de ménage noire; Clifford Proctor, le directeur, parti de rien pour arriver au dernier étage de LETTRES À LOUIS-PIERRE Johanne David Montréal, Bellarmin 1988, 62 pages JACQUES GAUTHIER C’EST à un récit plein de tendresse et de foi que Johanne David, mère de quatre enfants, engagée en pastorale, nous invite avec ses Lettres à Louis-Pierre.Louis-Pierre est le quatrième en fant de la famille; il est né un jour de printemps 1980.C’est un enfant trisomique, donc affecté d’un handicap mental important.La venue de ce bouton d’or imprévu dans le jardin organisé des vies a bouleversé la famille.Les Lettres à Louis-Pierre sont le récit de ce bouleversement.Elles disent qu’il n'y a pas que les roses qui soient belles.Ce petit livre ne raconte pas l’histoire de Louis-Pierre.Il est le prétexte pour témoigner de la richesse que cet enfant a apportée à la famille.Sous forme de lettres écrites à Louis-Pierre, Johanne David nous li vre ses réflexions sur la vie avec un enfant pas comme les autres.Elle reconnaît que la vie avec un enfant handicapé porte une souffrance qui ne s’en va jamais.« Je sais qu’un coin de mon coeur pleurera toujours la partie de toi qui m’a été refusée » l'institution d’enseignement en triomphant des scandales, en rédut sant les budgets de la bibliothèque au grand dam de Wayne Applebaum, le bibliothécaire homosexuel; et les étudiants Taraapolsky, qui n’ara de cesse de manoeuvrer pour entraîner la jolie Grace Pappas dans un réduit au sous-sol; Mme Kopnick, qui écrit son enfance des camps de concentra lion pendant ses visites quotidiennes à son mari branché sur un lit d'hôpital, réduit à l’état de légume par un accident; il y a Reg, le gardien \ é téran de la guerre de Corée; Gene viève Wu, qui n'a pas de visa, et une grosse fille qui va accoucher comme d’autres avortent dans une cabine de la salle de toilette.Il y aura un orage pour que le roman connaisse sa catharsis comme dans un drame classique, mais la tragédie est active ment effacée par la narration de ce qui n’est apres tout que quelques soirs dans la vie d’un collège.La romancière sait si bien donner à chacun de ses personnages leur quote-part de drames intimes qu'on en vient à ne plus savoir distinguer les héros des protagonistes Un ro man plein d'humour et de compas sion pour ses personnages tous at teints à divers degrés par un certain mal de l’âme.Toronto, en fin de siè de.(p 54) L’enfant impose son rythme, sa loi.Il demande notre temps.Mais quand un enfant a un handicap mental, nous sommes en présence d’un secret à découvrir, d’une différence qui remet en question, du mystère d'un coffre jeté à la mer, pour reprendre une image de Johanne David L’amour prend alors visage de respect, d’accueil, de partage, de foi, de joie et d’espérance.L’enfant handi capé nous provoque au cheminement intérieur.Ces Lettres à Louis Pierre contiennent une réflexion dense sur la vie en profondeur.Elles sont un hymne à l’enfant.L’enfant qui dérange le projet que la société s’est donné.L’enfant qui, étant un men diant de l’amour, libère en l’autre tout l'amour qui s’y cache.« Quand un être est dépendant de tous et dé taché de tout, que lui reste-t-il, sinon l’amour?» (p.11).Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Aujourd'hui 25 février de 14h à 16h DENISE BOMBARDIER .et CLAUDE SAINT-LAURENT LE MAL DE L’ÂME Éditions Robert Laffont Samedi 4 mars de 14h à 16h JULES DESCHÊNES SUR LA LIGNE DE FEU Stankç Vendredi 10 mars de 17h à 19h CLAUDE LÉVESQUE ' DISSONANCE lil hurtubise hmh Mardi 14 mars de 17h à 19h JOHN SAUL PARADIS BLUES PAYOT 1120, av.laurier ouest outremont, montréal téL: 274-3669 rophes Vene* dimanche 362 joutai LES ECRITS DES FORGES c.p.335 TROlS-RlVlÈRES C'EST PARTI La Jeune poésie g9a 5g4 COME LACHAPELLE LA RÉPLIQUE IU DOUTE CHRiSTiANE FRENETTE CÉRÉMONIE MÉMOIRE MARIO CHOLETTE RADIUM Jean perron UN SClNTiLLEMENT DE GUiTARES FRANÇOIS VÎCNEAIILT CROQUiS POUR UN SOURÎRE Gouvernement du Québec.Ministère des affaires culturelles du Québec Le visage de la différence Les Éditions GUÉRIN retiennent pour leurs différentes collections, les titres suivants: OEUVRES COMPLÈTES DE LOUIS HÉMON GUIDE DE PROMENADES À PIED DANS LE VIEUX QUÉBEC L'HABITATION SAINT-IBARS DICTIONNAIRE ALEXANDRE DUMAS AGENDA LITTÉRAIRE DU QUÉBEC 1990 LA DOUBLURE LA S’MAINE DES QUATRE JEUDIS LA GRANDE AVENTURE DES NATIONS UNIES LES ENSEIGNEMENTS DE LA VIE POLITIQUE L’ÉQUIPEMENT ARATOIRE ET HORTICOLE DU QUÉBEC ANCIEN (XVIIc, XVIIIe et XIXe SIÈCLE) Les éditions GUÉRIN 166, rue Sainte-Catherine esi Montréal (QC) H2X 1K9 (514) 393-1375 D-4 ¦ Le Devoir, samedi 25 février 1989 LS C • le plaisir des ivres en elle-même Chantal LA PETITE FILLE QUI NE PARLAIT PAS Rollande Cloutier Montréal, Libre Expression 1989, 345 pages RENÉE ROWAN ON LA CROYAIT sourde, mais après quelques années de recherche, on a appris que Chantal était une enfant autistique.Il y a de cela 25 ans.À l’époque, on ignorait presque tout de cette maladie.Même si Dustin Hoffman, dans son dernier film à succès, Rainman, aura contribué à mieux faire connaître l’autisme — ce repli pathologique sur L’esprit loge UN JOUR, en 1910, une grande assemblée politique eut lieu à Saint-Hyacinthe.Henri Bourassa , le grand tribun populaire, était l'orateur principal.Tout comme Wilfrid Laurier, il attirait des foules de loin.Il venait de fonder le journal LE DEVOIR et profita de l’occasion, au début de son discours, pour faire un peu de publicité à son nouveau journal.« Lisez LE DEVOIR ! C’est le journal des gens intelligents », dit-il.Un adversaire, mal dégrossi, lui lança « à pleine tête » : — « LE DEVOIR, moé, j’me tore .avec ! » soi accompagné de la perte du contact avec le monde extérieur — la maladie est encore mal connue.Et pourtant, on compte cinq cas d’autisme pour 10,000 naissances.Si Rollande Cloutier, la mère de Chantal, a accepté d’ouvrir toutes grandes les portes de sa vie privée, c’est pour répondre aux besoins manifestés par beaucoup de gens qui veulent savoir comment on peut contribuer au développement de ces enfants.L’auteur raconte pas à pas l’histoire de sa fille, son grand repli sur elle-même, ses gestes répétitifs, ses manies, ses crises de colère disproportionnées par rapport à ce qui les provoque, son attachement obsessif où il peut Stupeur dans la salle .puis une espèce d’angoisse collective.suivie d’un silence réprobateur.Le grand orateur, les yeux pleins de flamme, pointant d'un index dévastateur le grossier personnage, l’apostropha ainsi : — « Continuez, mon ami.Continuez ! Dans trente jours, vous aurez plus d’esprit au cul que vous n’en avez jamais eu dans la tête ! » La salle explosa.Et Henri Bourassa gagna.Extrait de La Fromagerie de Picoudie, récit de Jean Paul Pepin à certaines routines et à des objets.Elle évoque aussi ses réactions, celles de la famille, de l’entourage qui vont de l’amour au découragement en passant par l’exaspération et les frustrations de toutes sortes.Elle le fait avec honnêteté et beaucoup de franchise, sans misérabilisme ni apitoiement sur son sort.Elle s’en tient aux faits tout en ne cachant pas les nombreuses difficultés de parcours : difficultés, dès le départ, pour obtenir un diagnostic; difficultés pour trouver les ressources voulues; incompréhension des médecins et spécialistes, dont certains Chàtoirnd* estiment même qu’il ne sert à rien de faire quelque chose (Chantal, croit-elle, a autant le droit d’être soignée qu’un autre enfant); réticences dans le milieu scolaire où il n’y a pas de place pour elle.« L’école complète l’éducation donnée à la maison, assure le développement des facultés intellectuelles et les apprentissages systématiques.Cela j’y crois.Après tout, c’est mon métier », écrit Rollande Cloutier, enseignante.L’auteur travaille depuis plusieurs années à démystifier l’autisme et elle est très active au sein de la Société québécoise de l’autisme.Elle a été membre du conseil d’administration, puis vice-présidente de l’Office des personnes handicapées (OPHQ), avant d’être nommée, en 1985, ministre déléguée aux Relations avec les citoyens et citoyennes et responsable de l’OPHQ dans le gouvernement péquiste.Grâce à la détermination de ses parents qui ont toujours refusé de la placer en institution, Chantal est maintenant capable de communiquer.Elle parle couramment et se fait comprendre, même si parfois ses phrases sont incomplètes.Elle désire établir un contact avec son entourage.Du côté académique, ses progrès sont plus minces.Fortement encouragée à l’autonomie par sa famille, elle travaille dans un atelier adapté.Fille a ses propres activités de loisir.En un mot, « elle continue sa marche vers un mieux-être».« Mon but, en écrivant ce livre, dit Rollande Cloutier, était de sensibiliser, d’informer, de nourrir une réflexion sur l’autisme .mais aussi de susciter de l’espoir chez les parents et les divers intervenants.» Fille y a réussi ! La révolution française à la devanture des librairies Y » » Marat dans sa baignoire (Antonin Artaud) dans le film Napoléon, d’Abel Gance.YOLAND SENÉCAL C’FIST le bicentenaire de la révolution française.Si cette célébration revêt moins d’éclat qu’il y a un siècle, elle n’en suscite pas moins beaucoup de vagues, allant même jusqu’à influencer la mode vestimentaire ! Dans le domaine des livres, les publications sont innombrables, comme le soulignait récemment dans LFI DEVOIR notre correspondante à Paris, Sylvianne Tramier.Il ne saurait donc être question de tout receaser : LE PLAISIR DES LIVRES n’y-suffirait pas ! On présentera plutôt différents types d’ouvrages : dictionnaires, publications nouvelles, rééditions de livres anciens ou de textes d’époque.Les dictionnaires constituent d’abord des références indispensables.Les éditions Le Pré aux clercs viennent de publier le Dictionnaire des personnages de la Révolution, par Roger Caratini (Paris, 1988, 580 pages).On y trouve, outre plusieurs centaines de noms, une introduction de l’auteur sur l’histoire de la révolution, une orientation bibliographique, une excellente chronologie des événements.Si ce dictionnaire n’est pas dénué d’utilité, il déçoit à plusieurs égards.Ainsi, les notices biographiques manquent parfois de consistance : du général Bonchamp, par exemple, outre ses dates et lieux de naissance et de décès, voici tout ce qu’on peut savoir : « On cite de ce général un trait de générosité : il s’opposa à ce que ces hommes, vaincus à Cholet, exécutassent les cinq mille prisonniers républicains qu’ils détenaient » (p.111).Plus grave, le prisme idéologique de Caratini (qui est un philosophe) reflète les vieilles thèses robespierristes, ce qui transparaît dans les notices.L’auteur va jusqu’à écrire que «.l’instauration de la République a exigé que le sang coule, et il ne pouvait pas ne pas couler» (pp.18-19).?C’est surtout en comparaison du Dictionnaire critique de la Révolution française, publié sous la direction de François Furet et Mona Ozouf chez Flammarion gue le dictionnaire de Caratini fait pale figure.Plus de 1,000 pages de texte serré, de belles illustrations : tant dans sa forme que dans le fond, le Dictionnaire critique de Furet et Ozouf est l’ouvrage de référence par excellence sur la révolution en cette année du bicentenaire, ce qu’il demeurera sans doute longtemps.François Furet — un des intellectuels les mieux cotés actuellement en France — peut également être considéré comme l’historien majeur de la révolution depuis quelque quelques années.Il opte pour une histoire critique.Il y a un clivage qui coupe en deux l’historiographie, « non pas en droite et gauche, comme le veulent, des deux côtés, les esprits pa resseux, mais entre une histoire cri tique, qui privilégie l’analyse concep- rections ?Tout cela, avec un calendrier nouveau en plus ! Les décrets de prairial an II, ça vous dit quelque chose ?Si bien qu'aux dictionnaires, il faudra adjoindre, pour une compréhension adéquate de la révolution française, un bon précis de son histoire.Est-ce un effet de mode, mais il n’existe pas — pour le moment du moins et a notre connaissance — une nouvelle synthèse du processus révolutionnaire français.Les éditions Complexe (diffusion P.U.F.) viennent cependant de rééditer un classique, La Révolution française de l’académicien Pierre Gaxotte (480 pages).L’ouvrage a été publié pour la première fois en 1928 et alors dédié au grand Georges Dumézil.L’édition du bicentenaire — universitaire — a été établie par le professeur Jean Tulard et comporte de nombreux ajouts.Gaxotte, contrairement à ce que certains ont pu penser, n’était pas un dilettante : agrégé de l’université, il sortit premier de sa promotion.Son style est admirable, ce qui ne gâche rien.« La misère peut susciter des émeutes, écrit Gaxotte.Fille ne cause point de révolutions.» La France était riche, mais l’État était pauvre, explique-t-il.Ainsi, Pierre Gaxotte s’attarde à montrer les origines intellectuelles de la révolution française.Dans le déroulement de celle-ci, il attachera de même beaucoup de poids au jacobinisme.Ses analyses ne sont pas éloignées de celles d’Augustin Cochin, un auteur du début de ce siècle tant estimé par.Furet.Royaliste, on ne peut pas dire que Gaxotte est pro-révolutionnaire.On pourra rééquilibrer avec La Révolution française de François Furet et Denis Richet, qui se situe au centre-gauche de l’échiquier idéologique.C’est également une très bonne synthèse historique de la révolution qui a été rééditée il y a quelques années.L’ouvrage est toujours disponible dans Le Livre de poche, collection « Pluriel ».à suivre MUSÉE CARNAVALET, PARIS Cholat, La prise de la Bastille le H juillet 1789.tuelle par rapport au vécu, et une histoire descriptive, centrée sur les représentations des acteurs » ( F.Furet, Penser la Révolution française, coll.« Folio-histoire », 1985, p.267).D’où l’exigence de revenir sur une certaine tradition « hagiographique » de la révolution, tout en la considérant comme un acte fondateur de notre modernité.Du reste, ce n’est pas le lieu d’élaborer sur les approches conceptuelles de Furet, mais, à quelques exceptions près, la dimension critique domine l’ouvrage, justement intitulé dictionnaire critique.Quant à Mona Ozouf, elle est surtout connue comme l’auteur de La Fête révolutionnaire, qu’on vient de rééditer et dont nous reparlerons la semaine prochaine.Furet et Ozouf ont obtenu la collaboration de 22 autres spécialistes, dont les plus connus sont Denis Richet, Pierre Nora et Pierre Rosan-vallon.Le dictionnaire s’articule autour de cinq grands thèmes qui englobent des notices de plusieurs pages sur des entités spécifiques.D’abord, les événements (par exemple, les États généraux, la Terreur, la Vendée, etc.).Ensuite, les acteurs, individuels (notamment Danton, Robespierre, Mirabeau) et collectifs (Girondins, Sans-culottes).Le troisième thème est constitué par les Institutions et créations telles la Commune de Paris, le département, le code civil.Ensuite, viennent les idées, parmi lesquelles l'Ancien Régime, le jacobinisme, les droits de l’Homme.Enfin, les interprètes et historiens, de Marx à Michelet en passant par J.de Maistre, l’historiographie universitaire et d’autres encore.On le voit, la structure du Dictionnaire critique est fort différente de celui de Caratini, car on n'y retrouve pas des centaines de noms; c'est dans ce sens que le dictionnaire de Caratini pourrait compléter le Dictionnaire critique.L’unité de toutes ces notices — outre la dimension critique déjà évoquée — est « l’accent mis sur l’événement politique et sa capacité créatrice » (p.8) ainsi que la place fondamentale accordée à l’historiographie.Des défauts ?Il y a des recoupements et d’inévitables répétitions; c’est dire que certaines notices auraient gagné à être plus courtes.Le Dictionnaire critique n’en reste pas moins, jusqu’à maintenant, la plus importante contribution historiographique de ce bicentenaire.?Il demeure que l’histoire de la révolution est extrêmement complexe.Comment démêler les uns des autres les multiples clans qui se sont entre-tués (dantonistes, hébertistes, jacobins, thermidoriens .); comment distinguer les journées révolutionnaires des coups d'État et des insur- LES MÉDICAMENTS, FAUT PAS EN ABUSER! Santé et Services sociaux s zi —“ — ; r sr 5 r z '.GUY FERLAND LE TAO Marie Thérèse Lambert Éditions Seghers, coll.« Miroir du monde » 108 pages.Les livres de la collection « Miroir du monde » sont de vrais petits bijoux.Comme le fait remarquer l’éditeur, « relié pleine soie d'Orient, tête dorée, chaque volume est offert sous étui cristal, au prix d’un livre broché.» Cet ouvrage sur le tao (on devrait écrire Dao), illustré par de nombreuses miniatures reproduites en couleurs, est une introduction à cette philosophie orientale.L’auteur nous propose une excellente synthèse de la sagesse du non-vouloir en passant en revue les grands classiques de la littérature taoiste.Elle fournit en plus un aperçu de la grande gamme de textes reliés au tao par de nombreux extraits.Une bibliographie permettra à ceux qui veulent approfondir la matière de le faire.ANTOINE BLONDIN \ LINE LE FLANEUR DE LA RIVE GAUCHE Antoine Blondin et Pierre Assouline Éditions François Bourin 171 pages.Plus désabusé que ça, tu meurs.L’auteur de Les en fants du Bon Dieu ne veut pas entrer à l’Académie française, dit-il, parce qu’il y a trop de bistros de chez lui au lieu des 40 immortels et qu’il ne pourrait jamais s’y rendre.D’autres remarques savoureuses sur la vie parisienne viennent émail-ler les propos de ce cynique pour qui seuls comptent les amis et l’alcool.LES ANGES Philippe Faure L’AFFAIRE GALILÉE Jean-Pierre Longchamp RELIGION DE GUÉRISON Régis Debricquebourg TANTRA Anand Nayak Fides et Cerf, coll.« Bref » Ces petits livres de format pratique font le point sur des questions à saveur religieuse.On s’in-terrroge sur les anges; ce qu'en on dit l’Orient Ancien, la Bible, l’Islam, l’Occident médiéval, l’époque moderne et contemporaine.On traite des circonstances et des vraies raisons de la condamnation de Galilée en 1633.On analyse l’Antoinisme, la science chrétienne, la scientologie.On examine une vision mys- tique du monde, l’expérience de plusieurs niveaux de conscience, une attitude envers soi-même.HISTOIRE DU SYNDICALISME QUÉBÉCOIS Jacques Rouillard Boréal, 535 pages.Cet ouvrage présente une histoire de l’institution syndicale et non pas celle du mouvement ouvrier ou de la classe ouvrière.Contrairement à ce qu’on a cru, cette histoire remonte au début du XIXe siècle et évolue au même rythme des autres mouvements syndicaux en Amérique du Nord.L’auteur s’attarde particulièrement aux dernières décennies fertiles en événements.LA MÉDECINE AU QUÉBEC Naissance et évolution d’une profession Jacques Bernier Les Presses de l'Université Laval 207 pages.« On peut distinguer trois grandes étapes dans l’histoire de la professionnalisation de la médecine québécoise, dit l’auteur en introduction.La première, qui couvre les années 1788 à 1909, constitue la période d’émergence, c’est-à-dire la période d’obtention des pouvoirs qui vont permettre l’autonomie et l'hégémonie du corps médical (.).Vint ensuite ‘la belle époque’, qui va de 1910 à 1960.Flnfin, la dernière période couvre les années 1960 à nos jours.» L’ouvrage porte essentiellement sur la période 1788 à 1909 et tente de vérifier à quels besoins répondent les corporations médicales.LA SCIENCE AMUSANTE Tom Tit Présentation de François Caradec Les éditions 1900 248 pages.Vous voulez savoir comment faire tenir en équilibre trois verres sur une carafe et les surmonter d’une bouteille ?Comment faire voler des papiUons avec du bicarbonate de soude et de l’acide tartrique ?Ou comment souffler des bulles de savon cubique ?Vous apprendrez cela et bien d’autres tours pour épater vos amis avec ce classique des expériences physiques de cuisine.Petit renseignement : Torn Tit est né en 1853 à Montivilliers et avait pour nom Arthur Good.•9 TOM TIT fï/pl Mâmte Presentation de François Caradec Terreur en Inde et au Canada LE CHAGRIN ET LA TERREUR Clark Biaise et Bharati Mukherjee traduit de l'anglais par Jean Chapdelaine Gagnon Montréal, éd.du Roseau, 1989 JEAN-CLAUDE LECLERC LFI PLUS SANGLANT attentat politique de l’histoire canadienne, l’affaire du Boeing d’Air India, n’a toujours pas été résolu, bien que la Grande-Bretagne vienne d’accepter l’extradition au Canada d’un des principaux suspecLs.La lecture que nous en proposent, en excellente traduction, les editions du Roseau avec Le clfagrin et la terreur, de Clark Biaise et Bharati Mukherjee, est cependant plus qu’une « enquête sur un acte terroriste ».Il s’agit d’un reportage humain et politique tout à fait bouleversant.FInquete minutieuse sur la mécanique des valises piégées laissées sans passager dans deux avions transcontinentaux.Mais, surtout, témoignage attentif sur la vie déchirée des familles des victimes et sur l’exceptionnelle sympathie humaine qu’elles ont trouvée en Irlande.L’origine des auteurs (citoyens canadiens : lui est né aux États-Unis, elle en Inde) doublée d’un extraordinaire don d’observation des gens et des cultures donne au livre une qualité d’émotiori et de pénétration rare.Ce qui ne veut pas dire que l’enquête soit sans préjugé ni lacune dans l’interprétation des événements.Ainsi, dans le jugement sévère qu’ils portent sur la sécurité canadienne, les auteurs distinguent mal, par exemple, entre la Gendarmerie royale (GRC) et le Service de renseignement (SCRS).De même, sur les politiques de l’immigration et du multiculturalisme au Canada qui auraient contribué de façon éloignée à la catastrophe, les auteurs font des observations négatives qui mériteraient davantage de nuances.Toutefois, sur les réactions du gouvernement canadien, les mesures tragiques prises à l’époque par Indira Ghandi, la naissance du terrorisme khalistanais au Pendjab, les transformations de la diaspora sikh et le choc subi, depuis, par la communauté indienne, sur tous ces phé-nomèmes complexes l’ouvrage fait une analyse qui est à mains égards éclairante, profonde et pertinente.Car l'ambition politique et le fanatisme religieux n’expliquent qu’en partie les flambées de violences comme celles qui ont menée jusqu’à des massacres de populations civiles.Les bouleversements sociaux et culturels provoqués aussi bien par la pauvreté que par le « développement » font partie de la tragédie qui perdure là-bas et qui pourrait donner lieu à d'autres drames au Canada.Le mystère de l’attentat demeure, certes, de même que l’ambiguïté des forces qui auraient pu également agir dans l’ombre.Mais la démonstration est convaincante quant à la complexité de la crise qui a éclaté dans la communauté sikh, et gui n’a pas fini d’avoir des retombées en Inde et au Canada.Le Chagrin et la terreur est donc une lecture obligatoire pour qui veut comprendre les problèmes auxquels peuvent s’attendre les pays aux prises avec des conflits interculturels. Le Devoir, samedi 25 février 1989 M D-5 ! • le plaisir des ivres Du passé comme une longue route à l’abandon.SEULES LES LARMES SERONT COMPTÉES Hector Bianciotti Paris, Gallimard, 1988, 365 pages Lisette Kl AlORIN xli A .e 'e*O0 UN K ROUTE à l’abandon .C’est ainsi que le narrateur recherche et retrouve le temps perdu, dans ce deuxième roman rédigé directement en français par Hector Bianciotti.Qui est argentin d’origine mais d’ascendance italienne, devenu écrivain français et l’un des plus exigeants, des plus scrupuleusement soucieux de la pureté de sa langue apprise, langue maternelle pour nous, qui l’utilisons, hélas ! avec trop de désinvolture, et que tant de nos jeunes romanciers dévoient sans scrupule.Frère de celui qui assistait, dans Sans la miséricorde du Christ (prix Femina 1985), sa « compatriote » Adélaïde Marese, ce narrateur est persuadé « que nous vivons mais nous ne sommes pas »(.)« que nous aimerions laisser une trace, transmettre quelque chose avant que la mort ne nous cueille » ; il s’attache donc au destin d’un couturier, autrefois célèbre, rencontré dans un palace de la Riviera et qu'il suivra attentivement jusqu’à la fin.Ce narrateur est un spectateur privilégié, sans doute, puisque directeur d’un giand hôpital parisien, il justifie pleinement le double sens du verbe « assister » : il fut présent dans la fin de vie de M.Moralès mais il lui porta également aide et secours.La minutie du traitement romanesque, les longues descriptions, l’at- tachement presque abusif aux temps du subjonctif, le retour sur les années fastueuses du personnage — avec détour nostalgique et raccordé avec habileté par le romancier sur la patrie argentine — tout cela pourra décourager le lecteur pressé, qu’on a déshabitué de ces tableaux précis et complets d’une société en délitescence, en désagrégation.Mais pour ceux et celles qui croient en l’avenir d’un beau geste, du roman à l’ancienne non pas rajeuni — le terme a trop servi — mais renouvelé par un Français d’adoption (chroniqueur littéraire au journal Le Monde, après de longues années d’apprentissage du style journalistique au magazine Le Nouvel Observateur), Seules les larmes seront comptées apparaîtra comme la récompense d’un hiver peu fertile en découvertes, en heureuses surprises de lecture., Que raconte ce directeur d’hôpital, après sa villégiature sur la côte d’Azur et la rencontre fortuite du couturier Moralès, de sa soeur, une vieille dame dont le nom seul est promesse d’excentricités : Delalande-Monnier, de la maîtresse elle aussi sur le déclin, au visage lifté sans doute plusieurs fois, de la fille présumée Dolorès et de son amant, musicien raté ironiquement nommé par l’auteur Kuprevicius ?D’étonnantes aventures, celles du couturier qui, sous un faux nom et une défroque élimée, s’en va « piquer une tête dans l’abjection », rue Saint-Denis, alors quartier chaud de Paris; un concert entièrement préparé et défrayé, y compris l’organisation de la salle, pour la pauvre Dolorès et son pianiste luciférien; celles, enfin, de deux étonnants aides soignants, engagés par ce directeur d’hôpital (le narrateur), venus d’Argentine, dont l’un, Nicolas, est manchot et l’autre, Gabriel, masseur aveugle.Hector Bianciotti L’Argentine une fois de plus, et comment le lui reprocher ?est présente dans ce roman bien français par ses mises en situation.On reverra, avec émotion, puisque l’auteur imagine que Moralès lui enseigna l’élégance, Evita Peron, dans l’un des tailleurs cintrés qu’on lui voit dans les photos d'archives, et qui harangue, juchée sur un tracteur,les ouvriers d'une usine de Cordoba.Nicolas y perdit son bras, dans la ruée sanglante qui suivit le départ de l’idole dans Descamisados.Le regard tout compte fait très cruel que le narrateur jette sur cette société, où les apparences recourent à la fangeuse réalité, n’exclut pas la tendresse pour les infirmes et les malades car, outre les frères Gabriel et Nicolas, une infirmière au grand coeur, sous un maintien professionnel et compassé, une bistrotière généreuse hantent les pages de ce roman encore une fois lié, par d’adroites jonctions, au monde des petits et des humiliés.Quant au motif déclencheur, celui qui fera du narrateur un administrateur d’hôpital, il est à la fois d’hier et d’aujourd'hui : la mère, qui se meurt, est exhibée par un professeur insensible devant ses étudiants, dans l’amphithéâtre, que, devenu directeur, le fils s'empressera de faire démolir.Scène atroce, d’où la compassion n’est pourtant pas exclue.Hector Bianciotti n’est pas seulement épris de grands sujets de méditation et, si la maladie, la vieillesse et la mort font cortège aux personnages qu’il a créés, ou recréés, l’ironie, l’humour, mais surtout la grande justesse de la langue font de son second roman une fête incomparable pour lecteurs de romans toujours abonnés, depuis Valéry Larbaud, « à ce vice impuni».Grandeur orientale et misère parisienne LES GRANDS DÉTECTIVES N’ONT PAS FROID AUX YEUX K.Nishima Clancier-Quénaud coll.« 33 », n" 1 LA VICTIME LE DEMI-SEL LE BAISER À LA VEUVE LE FOURGUE LE GOÛT DU SANG LE DONNEUR six récits d’André Héléna tous parus chez Franval noir PIERRE DESCHAMPS « À LA DIFFÉRENCE du meurtre ou de l’agression physique, le cambriolage tenait un peu du jeu ; et les professionnels qui se respectaient le pratiquaient avec suffisamment d’habileté pour mettre à l’épreuve les meilleurs détectives.» Cette pensée tirée de Le Médium a perdu ses esprits (P.Lovesey, Le Masque) convient parfaitement à l’esprit qui anime Les Grands Détectives n’ont pas froid aux yeux, du Japonais Hyo-taro Hishimura, ouvrage inaugural de la
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