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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1989-06-17, Collections de BAnQ.

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• le plaisir des ivres l Ikinipisnv Librairie Champigny 4474.rue St Denis Montréal (Quebec) 844-2587 Montréal, samedi 17 juin 1989 Paul Zumthor sans frontières Des livres à lire sous le parasol suffis GUY FERLAND PAUL ZUMTHOR est un homme de limites.11 a franchi bien des frontières dans sa longue vie de nomade.Il a également pratiqué plusieurs genres littéraires : essais théoriques, critiques, romans, poésie et nouvelles, en plus d’être un médiéviste de réputation mondiale.Le livre qu’il vient de publier aux éditions de l’Hexagone, Les Contrebandiers, offre un panorama des éléments disparates de sa vie riche en rebondLssements.La première limite qu’a connue Paul Zumthor vient de son origine.Son grand-père était allemand, et, du côté de sa mère, il a une quelconque origine italienne.Toutefois, il est né à Genève en 1915 et a eu une éducation tout à fait francophone.À six ans, sa famille déménage en banlieu de Paris où il grandit.À l’école, on lui fait sentir sa différence, que son nom accentue, et on ne l’accepte pas.Il apprend que la limite des frontières délimite une frontière plus profonde : celle de la nationalité.C'est à l’université, en droit, que Paul Zumthor a la révélation de sa vocation de médiéviste et qu’il rencontre sa deuxième limite : celle du temps.C’est un professeur d’histoire du droit qui lui inculque le goût pour les recherches sur le Moyen Âge en lui montrant les liens qui unissent une société et ses récits.Après la mort de son père, Paul Zumthor change d'orientation et entre en faculté de lettres où il s’intéresse particulièrement à la littérature du Moyen Âge.L'esprit de l’époque, 1935-1939, était au romantisme et favorisait l’intérêt pour la chevalerie.Après une maîtrise sur Lancelot et un doctorat sur Merlin l’enchanteur, Paul Zumthor déniche un poste d’assistant à l’Université de Bâle.Il y demeure cinq ans.En 48, il obtient une chaire à l’Université d’Amsterdam.Il y dirige pendant 19 ans l’Institut des langues romanes.Tout ce temps, il voyage abondamment, tant en Amérique du Sud qu’en Asie et en Afrique.Les frontières géographiques n’ont plus de secret pour lui.En 62, Paul Zumthor est invité au Québec pour donner un cours d’été.Immédiatement, c’est le coup de foudre pour le pays, les gens et l’histoire.Il rencontre des jeunes appartenant au Front de libération du Québec.La Révolution tranquille l’enthousiasme car il sent qu’on franchit une autre limite, politique celle-là.Mais il retourne en Hollande où il enseigne jusqu’en 1970.Après 19 ans d’enseignement au même endroit, il se sent des fourmis dans les jambes.Il va donc donner des cours à l’université Yale, aux États-Unis.Il y reste un an.Le temps que met l’Université de Montréal pour lui offrir une chaire en littérature comparée, d’excellentes conditions de travail et un gros défi à relever.En s’installant au Québec, la première impression de Paul Zumthor fut de sentir qu’il récupérait enfin sa langue matemélle.Il avait travaillé en néerlandais, en anglais et enfin en allemand pendant plus de 20 ans.Le français lui manquait.D’autant plus qu’il ne l’avait jamais abandonné, écrivant constam-mant de la poésie et des romans.La poésie est, d’ailleurs, sa passion constante depuis qu’il a huit ou neuf ans.• Voir page D -12 : Zumthor • PHOTO JACQUES GRENIER ¦mi Paul Zumthor GUY FERLAND UN GLAÇON tinte dans un verre de punch.Une main arrosée de gouttes de sueur se retire.Une cigarette abandonnée dans un cendrier se consume.L’ombre d’un parasol se déplace imperceptiblement.Il fait chaud.Le mercure indique 33 degrés et la pression atmosphérique est à 101 kilo-pascals, à la hausse.La main termine le bras droit d’un corps svelte dégoulinant d’eau salee.La mer taquine quelques grains de sable paresseux d’une plage immense.Au milieu de ce décor enchanteur, un livre trône.C’est l’été : la saison idéale pour lire un gros bouquin en vacances, reprendre les lectures manquées de l’hiver ou relire quelques classiques.Mais que doit-on lire ?Les libraires sont les mieux placés pour répondre à cette question.L’expérience leur a montré que l’été est la saison des gros bouquins.Les gens en veulent pour leur argent et n’apportent généralement qu’un ou deux livres en vacances.De plus, les lecteurs de la période estivale désirent s’évader de leurs soucis quotidiens.Ils choisissent donc en majorité des romans policiers ou des récits d’aventures.Ce qui produit un paradoxe étonnant : l’été, on veut lire de la littérature légère mais dans un format « pesant ».Preuve par l’absurde de l’insoupçonnable légèreté de la lecture.« Il y a bien sûr quelques mordus de lecture qui profitent de l’été pour s’acheter une vingtaine de livres de poche, nuance Yolande Martel, de la librairie Re-naud-Bray.Mais, en général, les clients veulent des livres qui durent.C’est pourquoi le dernier John Irving, Une prière pour Owen (Seuil), est parfait pour cet été.C’est un livre drôle par endroit, triste d’autres fois, long, avec un côté historique troublant et bien écrit.Il y a aussi le roman de Larry Collins sur la guerre de Troie, Dédale (Robert Laffont), qui devrait bien se vendre.C’est un suspense intelligent.» Jesus Vega, de la librairie Le Parchemin, abonde dans le même sens.D’après lui, les lecteurs abandonnent les lectures difficiles (essais, philosophie, histoire, etc.) pour se contenter de romans consistants avec un arrière-plan historique.Claire Tail-lon, de la librairie Pantoute, à Québec, signale que l’été est une saison chaude en librairie et qu’elle est la seconde pointe de vente de l’année.Pour Elizabeth Marchaudon, de la librairie Hermès, l’été devrait être la saison des livres en format de poche parce qu’il sont plus pratiques en voyage.Des libraires nous ont suggéré quelques valeurs sûres à lire cet été.Pour Sylvain Neault, de la librairie Flammarion, Une prière pour Owen, de John Irving, Juliette Pomerleau, d’Yves Beau-chemin, La Mort d'un expert, de P.D.James, Le Médianoche amoureux, de Michel Tournier, et Belle Ombre, de Flora Groult, devraient étancher la soif insatiable des vacanciers.D’après Louise Tremblay, de la librairie Demarc, Dédale, de Larry Collins, La Trahison des dieux, de Marion Zimmer Brad ley.Une prière pour Owen, de John Irving, Un phantasme de Voir page D - 2 : Lectures d’été Vive les vacances C’est le temps des vacances pour LE PLAISIR DES LIVRES.Au fil des semaines, nos lecteurs retrouveront durant l’été quelques pages consacrées à la littérature dans le CAHIER DU SAMEDI.LE PLAISIR DES LIVRES reviendra à la mi-septembre.Bonnes vacances et bonnes lectures.— la rédaction Sulitzer vend ses livres comme des pièces d’étoffe FRANÇOISE LAFLEUR « J E N E cherche pas à réinventer l’écriture, je n’ai aucune prétention à un prix de littérature, je ne suis pas Marcel Proust; n’empêche que je suis bien un écrivain, au même titre que l’était Dumas.Pour être plus précis, je suis une feuilletoniste.Je fais des romans à grand spectacle.Je privilégie l’histoire et les personnages.» Paul-Loup Sulitzer, romancier très contesté en France par le sérail littéraire, semble au-dessus de toute critique.Il a le regard fier, porte en lui la marque de l’assurance et aime bien faire voir aux yeux de tous et chacun sa réussite.Traduit dans 47 pays, y compris la Chine populaire, Paul-Loup Sulitzer vient de publier sa 1 le saga, Sur les routes de Pékin : une histoire d’amour entre un grand reporter et une journaliste américaine, propriétaire d’un quotidien, le tout sur fond des années 30 et de mafia new-yorkaise.« Dix de mes romans ont été numéro un sur la liste des best-sellers.» En fait, Paul-Loup Sulitzer étale ses livres comme un marchand ses pièces d’étoffe.De long en large et sous toutes les coutures, il en vante les mérites.Et Sulitzer est bon commerçant, très bon commerçant.Pour la promotion de son dernier-né, il a conçu une publicité projetée dans 860 salles de cinéma.Pour mieux vendre, Paul-Loup s’affiche sur les panneaux de Paris et prend la parole à la radio.Au cinéma, il se met lui-même en vedette dans un film de 35 secondes tourné en 35 mm par Gérard Krawczyk.Pour mousser son produit, il reprend les propos mêmes de la critique, virulente à son endroit : « Êtes-vous bien l’auteur de vos livres ?.Avez-vous lu votre dernier roman ?.» Rien n’arrête Paul-Loup.Félicité ou critiqué, il sait faire tourner le tout en sa faveur.« Vous savez, toute cette polémique à savoir si je suis bien l’auteur de mes livres, c’est en partie de la jalousie, de l’envie.car je vends beaucoup dans un domaine où peu de gens font de l’argent.On-me fait un mauvais procès.Mes méthodes de travail sont banales; elles sont celles de beaucoup de romanciers américains qui ont des collaborateurs, des documentalistes, des réviseurs.Alexandre Dumas travaillait ainsi, et beaucoup d’autres, même au XIXe siècle.Ça me met sur le même pied que Dumas, Daudet, Michel-Ange, Léonard de Vinci, Rodin; je suis en bonne compagnie, vous ne trouvez pas ?Mais, rassurez-vous, je suis bien l’auteur de mes livres.» Homme d’affaires dès l’âge de 18 ans, il met sur pied les premiers clubs de collectionneurs de PHOTO CHANTAL KEYSER Paul-Loup Sulitzer porte-clefs et importe mille et un gadgets inutiles avant de diriger des sociétés d’import-export et de se lancer dans l’immobilier.Depuis, Paul-Loup Sulitzer est devenu expert économique et conseiller financier reconnu à l’échelle internationale.Il a fait de la finance et de toutes ses manigances le fond de trame de ses romans d’aventures.Ici encore, Paul-Loup Sulitzer se vante d’être le premier.« J’ai invente un nouveau genre qui n’existait pas dans le monde francophone : le western financier.» Avec Afoney (1980), Cash (1981) et Fortune (1982), parus aux éditions Denoël, les héros sont bâtisseurs d’empire.Bien avant que soient étalés à la Une des grands quotidiens les scandales de Wall Street, Sulitzer racontait à travers ses personnages les OPA, les bagarres monétaires, les grands coups financiers où les poignées de dollars servent d’arme tranchante.C’est avec Le Roi vert (éditions Stock, 1983), vendu à près de 650,000 exemplaires en France ei à 500,000 aux États-Unis, que Sulitzer commence vraiment à faire fortune avec ses bouquins.En 1984, nouveau best-seller, Popov, vendu à 700,000 exemplaires.Suivent Hannah en 1985 et L’Impératrice en 1986 dont les ventes prennent le même chemin : plus d’un million d’exemplaires.Paul-Loup Sulitzer a récemment créé une société, P.L.S.International, par laquelle il gère ses droits d’auteur.En parlant de la critique à son sujet, il dit : « Si je n’avais pas vendu 18 millions d’exemplaires de mes livres, on me laisserait tranquille .Je ne fais pas beaucoup d’affaires, je gère mon argent tout simplement.Je n'ai pas honti?de mes revenus, 100,000 dollars canadiens par mois en droits d’auteur, et je ne joue pas, comme certains critiques littéraires, les désintéressés humanistes.Et je paie mes impôts, beaucoup d’impôts.Pourquoi faudrait-il qu’un écrivain soit nécessairement pauvre ?» Il reprend à sonr compte les propos de Dumas qui disait : « Pourquoi un écrivain doit-il être pauvre, pourquoi faut-il qu’il reste dans une chambre de bonne en train de pleurer une bougie à la main ?» Sulitzer continue : « Vous savez ce qui me choque ?C’est que Van Gogh soit mort dans la misère la plus totale, et que presqu’un siècle après sa mort, on ait vendu Les Iris180 millions à un Japonais.Voilà ce qui me choque.Je souhaite que les gens qui créent puissent bien profiter de leur vivant de ce qu’ils créent.» Sulitzer fait aussi preuve d’humour.« Lorsqu’on m’a attaqué, que j’ai été mal ciblé par le milieu littéraire en France, certains de mes amis ont été lâches.Avec de tels amis, on n’a pas besoin d’ennemis ! Et je remercie mes ennemis, ceux qui m’ont violemment critiqué.Car on ne peut en vouloir à des gens dont les propos désobligeants vous permettent finalement d’obtenir $ 10 millions de publicité gratuite .Ils ont fait tripler mes tirages.Alors, je les remercie et je souhaite une seule chose, c’est qu’ils recommencent.» Avec quelque brin d'amertume dans la voix, Paul-Loup ajoute, cependant : « Ce sont des ayatollahs culturels; ils ne vous condamnent pas à mort, mais ils essaient de vous tuer intellectuellement.« Bernard Pivot, c’est autre chose, continue Sulitzer.Lui, il a au moins un point commun avec moi, c’est un bon commerçant.Lorsqu’il a fait de Sulitzer le sujet de son émission Apostrophes, il voulait faire grimper sa cote d’écoute.Je n’ai d’ailleurs même pas été invité à cette émission Voir page D -12 : Sulitzer ?4 4 4 4 4 i Graham Greene LE CAPITAINE ET L'ENNEMI Hoîiett ixf iurA •>a»**;j.ca*'AN Or AAEIVIN KINDER Graham Greene 19,95 S Un père joue son fils au backgammon.Un roman qui bascule dans le thriller.LES FEmmES QU’ILS dimetT LES FEmmES QU’îlS QUITTEÎfT MAREK RCîfKT IàFPONT L'été Robert Laffont i Marek Halter 29,95 S La premiere grande fresque du judaïsme contemporain.D' Connell Cowan Larry Collins D' Melvin Kinder 23,95 S 24,95 S Dédale mm Comment les hommes voient-ils l'amour?par les auteurs de «Belles, intelligentes et seules».Après «Fortitude», un thriller sur l'arme ultime: la manipulation des cerveaux. D-2 ¦ Le Devoir, samedi 17 juin 1989 • le plaisir des ivres Tout un monde erre sur les routes de Pékin SUR LES ROUTES DE PÉKIN Paul-Loup Sulitzer Éditions 1 Stock 1989, 432 pages FRANÇOISE LAFLEUR Dernier tome d’une trilogie, Sur les routes de Pékin est déjà à la une sur la liste des best sellers en France, suivant le meme tracé que la plupart des romans de l’auteur.Faisant suite à La Femme pressée (1987) et à Kate (1988), le livre raconte plusieurs histoires.Avec Kate Rillinger, journaliste et directrice d’un quotidien, et Rourke, reporter qui se ballade en Europe et en Chine, l’auteur peint un tableau des années trente, riches en événements historiques.Sous forme de meurtres, de suicides avoués ou masqués, de cancer ou autres maladies, la mort est présente Sur les routes de Pékin.On ne peut y échapper, car les années trente sont une époque de bruit et de fureur.La guerre d’Espagne, la montée du nazisme, la mafia new-yorkaise, la venue de Mao, la guerre sino-japonaise, voilà autant d’éléments sur lesquels se trame l’histoire de coeur entre Kate et Rourke.Le titre du livre correspond à la fin de l’histoire, c’est-à-dire au lieu où les deux principaux personnages se sont aimes, où ils ont eu un enfant et où ils se retrouveront au bout de leur vie après avoir passé leur temps à se perdre l’un l’autre.Ici, l’amour triomphe de tout, avec le temps.Sauf de la mort.Continuellement tourmentée et après avoir perdu son père, Kate continue de mener un train d’enfer.Il n’y a que le travail qui compte, jour et nuit, du moins en apparence.S’arrêtera-t-elle un jour pour mieux profiter de la vie ?Sulitzer l’avoue lui-même.Il n’est pas un grand classique.Il écrit du roman populaire.Et son écriture n’a rien de recherché.Il veut distraire les gens, et surtout, il cherche à mettre en scène des personnages qui souvent, tout comme lui, sont partis de rien.Et qui, à force de courage, de persévérance et de temps, ont fini par bâtir leur propre entreprise.Les intrigues sont fondées sur l’histoire, et les personnages y défilent en filigrane se débattant avec leur destin.Alors que plusieurs des sagas de marque Sulitzer ont été adaptées au cinéma, une série télévisée sera réalisée à partir des Routes de Pékin.+ Lectures d’été Bella B., de Raymond Jean, La Mort d'un expert, de P.D.James, Les Étoiles du sud, de Julien Green, et la tri- # logie new-yorkaise de Paul Auster sont des lectures tout indiquées pour la belle saison.Yolande Martel, de Renaud-Bray, suggère pour sa part le John Irving, le volume de Mishima dans la collection « Biblios » qui rassemble quatre romans à un prix modique, la Juliette Pomerleau de Beauchemin, Le Zèbre, d’Alexandre Jardin, et C’est moi qui souligne, de Nina Berberova.Jesus Vega, du Parchemin, propose La Trahison des dieux, de Bradley, • Paris-France, de Louis-Bernard Ro-bitaille, Le Médianoche amoureux, de Tournier, Dédale, de Larry Collins, et L'Héritage d'Emma Parle, de Bradford.Quant à nous, nous vous suggérons quelques livres de poche qui pourront chasser les moustiques et faire oublier les coups de soleil : Bartleby et Les îles enchantées, de Melville (GF-f’lammarion), Au coeur des ténèbres, de Conrad (GF-Flamma-rion), Dimanches d'août, de Modiano (Folio), Voyage en Bretagne, de Gus- • tave Flaubert (Le Regard littéraire), Le Grand Khan, de Jean Basile (Typo) Dagon, de Lovecraft (J’ai lu), L’Ere du vide, de Gilles Li-povetsky ( Folio), Les Liaisons dangereuses, de Choderlos de Laclos (J’ai lu), Le Navire Argo, de Richard Jorif (Folio), Les Hypocrites, de Berthelot Brunet (Typo), Quant les hommes vivront d'amour., de Raymond Lévesque (Typo), Nuit noire, de Kurt Vonnegut (10/18), Le Mépris, de Moravia (GF-Flamma-rion), Oviri, de Paul Gauguin (Folio), Frankenstein, de Mary Shelley (GF-Flammarion), et Ah I Berlin, de Patrick Besson (Folio).SB J/ Désirons acheter livres «encore utiles» .Tél.: 845-5698 ] LA GRANDE LIBRAIRIE A CONNAITRE 251 Ste-Catherine E GUY FERLAND Des livres latino-américains dans le métro UNE EXPOSITION de livres latino-américains se déroule présentement à la librairie Le Parchemain, située à la station de métro Berri-Uqam, jusqu’au 10 juin.On peut y admirer des livres de toutes sortes : romans, essais, théâtre, guides touristiques, etc.Le tout est coordonné par Jesus Vega.Gérald Godin à la Place aux poètes GÉRALI) GODIN sera à la Place aux poètes, mercredi prochain à 21 h au bar La Folie du large (1021, rue de Bleury).Né aux Trois-Rivières en 1938, député du Parti québécois et ministre, Gérald Godin a oeuvré dans le domaine de l’information.Journaliste au Nouvelliste et au Nouveau Journal, recherchiste et chef des nouvelles à Radio-Canada, il a travaillé à l’hebdomadaire Québec-Presse de 1969 à 1972.Il a participé à la fondation de la revue Parti pris et a dirigé de 1969 à 1976 les éditions du même nom.Il a fait paraître depuis 1960 sept recueils de poésie, dont les plus connus sont Les Cantouques, Sarzène et Soirs sans atout.Sa rétrospective de poèmes, intitulée Ils ne demandaient qu'à brûler ( Hexagone), a obtenu le grand prix du livre de la Ville de Montréal et le prix Québec-Paris en 1988.Poèmes de route (Hexagone) est son neuvième titre et un des meilleurs recueils de poésie publiés récemment.Louis-Martin Tard dans un jury à Sète LOUIS-MARTIN TARD, auteur de II y aura toujours des printemps en Amérique, publié aux éditions Libre Expression, sera membre du jury du prix littéraire aux Journées internationales Georges-Brassens qui se tiendront à Sète, en France, du 19 au 25 juin.Les autres membres du jury présidé par François Cavanna sont Yvan Audouard, Gisèle Halimi, Marco Koskas, Ysabelle Lacamp, Érik Orsenna, François Pascal, Jean-Didier Wolfromm et Georges Wolinski.Le remise du prix Georges-Brassens aura lieu le samedi 24 juin.Les livres en compétition sont 2 -1 = 0, de Michel Embareck, Mourir idiot, de Yves Gibeau, Le Gouverneur distrait, de Stéphane Hoffmann, Bella ciao, de Marie Muller, et Le couleàu court de décembre, d’Orlando de Rudder.La ville en revues QUATRE REVUES culturelles ont pris pour thème de leur plus récent numéro la ville de Montréal.Moebius, la revue d’écritures et de littérature, a intitulé son numéro 40 « Montréal jazz ».On y retrouve un entretien avec Alain Gerber, des textes de Patrick Straram le bison ravi, Gilles Archambault, Jean Derome, Danielle Roger, Raymond Gervais, Lisa Carducci, Yves Préfontaine, Charles Collard, Guy Marchanmps, Josée Yvon, Marc-A.Chénard, Gilles Lepage et plusieurs autres.Le cahier de théâtre JEU propose une livraison ayant pour titre « Le théâtre dans la cité ».Des textes de Pierre Lavoie, Diane Pavlovic, Solange Lévesque, Dennis O’Sullivan, Jean La-rose, Hélène Padneau, Carole Fréchette, Serge Ouaknine, Pierre Gravel, Josette Féral, etc., offrent diver-, ses approches du thème en question.Le numéro huit du magazine thématique de photographie Ciel variable s’intitule tout simplement « La ville ».Des textes de Danielle Roger, Jean Doré, Christian Mistral, Daniel Gagnon, Michel Ouellet, Jean-François Somain, Jean-Claude Marsan, Pierre Guimond, François Charron, Hélène Rioux, Denis Bélanger, Yves Boivert, Sylvain Dubois, Yvonne América Turque et Hélène Denon-court agrémentent les sections photo de cette revue aussi intéressante à lire qu’à regarder.Enfin, la revue de l’actualité littéraire Lettres québécoises propose, comme entrée en matière de ses chroniques habituelles, deux entrevues avec des écrivains citadins : Jean Éthier-Blais et Marie Laberge.Bredin dans le fauteuil de Marguerite Yourcenar PARIS (AFP) - L’avocat et écrivain Jean-Denis Bredin a été élu jeudi à l’Académie française au fauteuil de l’écrivain Marguerite Yourcenar, première femme académicienne, décédée en décembre 1987.Sur 32 votants, Me Bredin a obtenu seize voix au premier tour, contre onze pour l’écrivain Jean Raspail.Écrivain solitaire, pour qui l’écriture « ce n’est pas un métier », Me Bredin, 60 ans, a publié une dizaine d’ouvrages dont plusieurs romans.Avocat au barreau de Paris depuis 1950, il a longtemps été l’associe de M.Robert Badinter, ancien ministre de la J ustice et actuel président du Conseil constitutionnel, plus haute instance juridictionnelle française.Depuis octobre dernier, il est médiateur dans le litige opposant la France et la Nouvelle-Zélande dans l’affaire du bateau de Greenpeace, le Rainbow Warrior, coulé par les services secrets français dans le port d’Auckland en 1985.Jean-Denis Bredin a publié plusieurs ouvrages historiques dont L’Affaire (1983) consacré à l’affaire Dreyfus, du nom de cet officier juif accusé à tort à la fin du siècle dernier de haute trahison et dont le sort divisa la France.En 1985, il a publié son premier roman, Un coupable, récit bouleversant d’une erreur judiciaire-, suivi de L’Absence (1986).\~Pourla fête -Les librairies- Flammarion Scorpion 4380 St-Denis 284-3688 Galeries d'Anjou 351-8763 Carrefour Angrignon 365-4432 Galeries de Terrebonne 492-5688 Centre Laval 688-5422 Mail Champlain 465-2242 Place Montréal Trust (Niveau 1) 499-9675 éditeur de poésie c.p.335 TROIS-RIVIÈRES g9a 5g4 POUR VOUS PARTIR EN VACANCES ¦ BUIN, YVES Fou-l’Art-Noir 10,00 $ co-édition Le Castor Astral ¦ LE GOUIC, GÉRARD Fermé pour cause de poésie 10,00 $ ¦ TREMBLAY, YVAN L’espace heureux 5,00 $ Prix Octave-Crémazie —1989 Salon International du Livre de Québec ¦ POZIER, BERNARD Choisir la poésie en France 12,00 $ (sous la direction de) ¦ JOUBERT LUCIE Des Forges # 27 5,00 S (sous la direction de) Lauréat(e)s du Prix A Iphonse Piché Distribution en librairies: Prologue (514) 332-5860 Autres: Diffusion Collective Radisson (819) 379-9813 r y-s.-s Fiction et biographies 1 Une prière pour Owen John Irving Seuil (2) 2 Juliette Pomerleau Yves Beauchemin Québec/ Amérique (1)* 3 Le Médianoche amoureux Michel Tournier Gallimard (7) 4 L’Héritage d’Emma Harte Barbara Taylor-Bradford Belfond (4) 5 L’ange de la solitude Marie-Claire Blais VLB éditeur (-) 6 La Nuit des perséides Jean-Alain Tremblay Quinze 0) 7 2061 Odyssée III A.C.Clarke Albin-Michel (8) 8 Le Zèbre Alexandre Jardin Gallimard (3) 9 Esclaves de New York Tama Janowitz Gallimard (10) 10 C’est mol qui souligne Nina Berberova Actes Sud (-) Ouvrages généraux 1 Mol, je m’en souviens Pierre Bourgault Stanké (1) 2 Douces Colères Gil Courtemanche VLB (2) 3 Père manquant, fils manqué Guy Corneau Éditions de l’Homme (3) 4 Jésus de Montréal Denys Arcand Boréal (-) 5 Le Mal de l’âme D.Bombardier et C.St-Laurent Robert Laffont (5) Compilation laite à partir des données loumies par les libraires suivante : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Le Parchemin, Champigny, Flammarion, Ral-fin, Demarc; Québec: Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi: Les Bouquinistes; Trois-Rivières: Clément Morin; Ottawa: Trillium; Sherbrooke: Les Bi-blairies G.-G.Caza; Jollette : Villeneuve; Dmmmondvllle : Librairie française.• Ce chiffre Indique la position de l’ouvrage la semaine précédente Sur Alex : Delir la suite et la fin Le PLAISIR DES LIVRES prend des vacances bien méritées, et profite de l’occasion pour souhaiter un bon été à tous les écrivains qui ont participé à cette expérience de roman interactif, à tous ceux qui, piqués par la curiosité, ont regardé le roman se bâtir phrase par phrase, à ceux qui ont voté et au maître du jeu, Mme Marie Fortier, de l’université McGill, qui a patiemment suivi la gestation de cette aventure.En gras, les interventions retenues au cours des dernières semaines, et en italique les trois interventions choisies cette semaine.au bas de la fenêtre s’était garée une remorque remplie de matelas.Notre ami n’eut donc aucun mal et pu filer à l’anglaise.Mais ses problèmes étaient loin d’être terminés 1 Où allait-il aller.Chez Rowena, la soeur de la Salamandre.Je revois l’éclat céleste de ses yeux.Elle a toujours accueilli les membres du groupe .avec fanatisme.Malheureusement, le Doc a effacé tout souvenir de sa mémoire de Rowena lors de la dernière visite.Le reconnaîtra-t-elle ?Il marchait depuis deux heures.L’aube se levait dans les rues calmes de Saint-Germain .Il n’avait pas été suivi.La Salamandre devait l’attendre chez sa soeur.Quelle rencontre .matinale ! CIn homme vêtu d’un survêtement bleu courait devant lui, dans ses cheveux noirs un bandeau blanc avec le sigle du groupe.Arrivé à sa hauteur, il dit en russe: « Les chevaliers sont en lice ».Il avait reconnu La Devine à sa voix de baryton, unique.Les cheveux teints, il était en grande forme.Le Doc s’enfonça aussitôt dans le bois du Prince.Il attendrait au relais de chasse.La Devine allait donc prévenir La Salamandre de ma présence au relais.Cette odeur de terre mouillée .cette brume au ras des champs .nous avons tant de chasses en commun .et ses chiens qui aboient.comme le jour ou sa femme avait dégringolé d'un rocher.Une épaisseur de mousse cachait le danger.Sa tête avait heurté une branche.Les chiens s’affolaient comme s'ils avaient pu savoir qu'elle.ADELAIDE était devenue une proie .Rowena était une amazone, excellente chasseresse, elle ne ratait jamais sa cible.SONIA Il était ce matin en plein coeur.La Salamandre avait eu accès à la mémoire de Rowena .Ils savaient donc qui était Le Doc .La Devine l'avait prévenu.Il ne pouvait plus reculer.Ils approchaient.CÊDRIC Ce texte devient la propriété exclusive de Delir.C’est la Télématique d’affaires qui assure le bon déroulement de Délir.I ffr •• sa mm 2>V’.V ’ ; m, < i ' « a DA hm < A m ù.* Jean-François Somain DERNIER DÉPART Ils étaient neuf.Neuf survivants.Avec leurs rêves et leurs habitudes pourront-ils refaire le monde?Y a-t-il vraiment un modèle de société conciliable avec la liberté individuelle?En vente chez votre libraire Éditions Pierre Tisseyre ¦ - m y Photo KËRO Le Devoir, samedi 17 juin 1989 ¦ D-3 • leplaisirdes ivres Roman dangereux: risque de ne pas en revenir VAVA Yolande Villemaire Montréal, éd.de l'Hexagone 1989, 712 pages w JÊL.Jean-Roch BOI7IN Lettres ?québécoises CINQ JOURS avec Vava, à cause du nombre de pages.Dix-huit ans de sa vie.Chronique minutieuse dans laquelle elle raconte de façon très factuelle toutes ces années passées à convoiter et à tenter d’oublier son amour impossible pour Michel Saint-Jacques.Ç’a commencé en mai 68 dans la cafétéria de l’université quand Vava Lafleur a senti une étrange présence à l’autre bout de la salle : « Quelqu’un est effectivement sorti, que je ne connais pas.Quelqu’un qui sera mon destin.» Fin du premier chapitre.Je triche, pour celles et ceux qui aiment les happy ends.Dernière page, 1986,18 ans plus tard.Vava Lafleur et Michel Saint-Jacques, au restaurant.Elle croit voir de l’amour dans ses yeux et que lui aussi en voit dans les siens : « Je ne sais plus comment on se retrouve à parler de bonheur, d’art de vivre et.de vies antérieures.Il dit que lui, ces affaires-là .Je dis que je sais, mais que moi.Que, par exemple, ce n’est pas un hasard qu’on soit ici : qu’on s’est connu autrefois en Grèce.Il veut savoir ce qui s’est passé.Je dis que j’aimerais lui parler de ça une autre fois.[.] Je revois tout le déroulement du rite orgiaque, à Éleusis, dans l’antiquité.La caverne, le dieu Dionysos bruissant de feuillages, mon humiliation, ma terreur.Mais je ne lui révélerai rien de tout ça.Je sais qu’il nous reste du karma à brûler à cause de cette vie-là.Je sais qu’on paiera notre karma, qu’on le veuille ou pas.» Dix-huit ans, Vava va chercher activement, infatigablement, cet amour comme une « lumière » révélée à elle un jour dans un champ comme la foi le fut à Claudel.Mais la seule foi de Vava est en l’amour qu’elle pratique comme une religion Église souffrante HISTOIRE DU CATHOLICISME QUÉBÉCOIS Les XVIIIe et XIXe siècles tome 1 : Les années difficiles (1760-1839) Lucien Lemieux Montréal, Boréal 1989, 438 pages YVAN LAMONDE ALORS que les deux tomes parus sur l’histoire du catholicisme québécois au XXe siècle par Jean Hamelin et Nicole Gagnon se situaient dans le courant « Eglise et société » de l’historiographie religieuse québécoise récente, ce premier tome sur le XIXe siècle serait à ranger dans le courant plus traditionnel de « l’histoire de l’Église ».(Pour ces distinctions, voir le bilan de Guy Laperrière dans le dernier numéro de la Revue d’histoire de l’Amérique française).Théologien, Lucien Lemieux a privilégié une approche plus organisationnelle de l’Eglise.La période 1760-1839 est complexe : l’Église qui y est « souf frante » deviendra « militante » de 1840 à 1880 pour triompher ensuite.L’auteur est tout à fait conscient d’une navigation difficile entre les écueils du pouvoir anglais et de l’ascension d’une bourgeoisie laïque.L’analyse d’une période où la « temporisation » est de mise n’est pas aisée.Conquête, révolutions américaine et française, crise sous Craig, insurrections : les événements bousculent une Église sans effectifs et obligée de payer de son loyalisme au pouvoir anglais et protestant sa reconnaissance sociale.En ce sens, il fallait bien montrer, en conclusion, ce que pouvait être ce nationalisme d’une église loyaliste.Dans l'ensemble, l’analyste confère à l’Église une vocation de représentation populaire discutable (pp.102 et 370, par exemple) qui disqualifie un peu trop la vraie représentation populaire à la Chambre d’assemblée.Il est révélateur que l’auteur fasse silence sur l’attitude de l’Église face à cette assemblée démocratique.Les intérêts « temporels » de l’Église paraissent minimisés dans cette étude.On en prendra pour indice le silence sur les revenus du clergé et des communautés — les seigneuries du séminaire de Québec ou des sulpiciens.Tout en tenant compte des motifs d’humanité, il faut bien reconnaître que les oeuvres scolaires et sociales sont économiquement possibles et idéologiquement désirables pour l’Église.On en prendra encore pour indice l’analyse du déclin des écoles de l’Assemblée sans que mention soit faite du lobbying clérical.Une synthèse à lire sur une période complexe.dont le culte serait une forme d’art.Dit comme ça, ça parait emballant, mais faut le vivre avec Vava dont la vie est une vallée de larmes.Vava pleure sous toutes latitudes et elle voyage, à crédit s’il le faut.Vava est séduisante et fantasque.Vava vit son karma et Yolande Villemaire en fait un roman qui courtise tous les dangers.Même celui de faire d’elle la Shirley Maclaine de la littérature québécoise.Pire, que Yolande Villemaire raconte sa vie ! J’ai failli imaginer qu’elle s’amusait à travestir la mienne.J'ai même cru à la fin à un roman-à-clés quand Vava parle de Stella Chevreuil, cette journaliste redoutable qu’elle reçoit dans son loft new-yorkais prêté par l’État du Québec.L’humour de Yolande Villemaire s’exerce à la hauteur qui lui sied.Car ce que ce roman décrit sans avoir l’air d’y toucher, c’est l’éprouvante mission qu’exige la création artistique.La passion de Vava.Je suis tombé amoureux de Vava dès les premières pages, de son obsession magnifique de se sculpter le physique à coup de régimes amaigrissants et de jeûnes, et le mental à coups de trainings sur carte de crédit.Des voyages ! L’Égypte, qui nous vaut des pages qui rajeunissent Dur-rell, Hawaii, les Bermudes, Paris, le Mexique, le Maroc.Quelques trips d’acide, beaucoup de joints, des fleu- ves d’alcool et, quelquefois, un charmant inconnu dans le lit au petit matin.Mais Vava écrit, produit des « performances » à Fredericton et à Vancouver, enseigne le théâtre, rend visite à sa grand-mère et à son grand-père à l’heure de la mort, étreint avec la même passion la petite fille de son frère en souhaitant avoir aussi mari, enfant, maison, piscine.Pas un instant nous ne quittons l'univers de Vava pendant toutes ces pages, mais on ne peut s’en lasser car l’habile romancière nous sert toutes les vies de Vava et surtout celle de Lilian Katz, prostituée d’origine juive qui tombe amoureuse d’un officier allemand, dans Paris, en 44.Ainsi le roman devient-il celui de l’aventure de la création romanesque, au-delà de tout.Pour les amateurs de littérature, c’est l’écriture de La Constellation du Cygne qui s’élabore dans la trame romanesque.L’aventure de Vava Lafleur devient plus exceptionnelle que celle de Juliette Pomerleau et de toutes les grosses femmes de notre littérature.Et pourtant, elle a une vie de cinéma, larmes comprises.Ce même jour de 68 dans la cafétéria, elle a rencontré Benoît, heureusement.Il restera un vrai ami, un homme exceptionnel, même s’il tombe en amour avec Raphaël.Vava a le don PHOTO MICHEL LEMIEUX Yolande Villemaire d’attirer ces hommes-là.Même qu’un jour, dans un training qu’elle a payé, on la renvoie, on la rembourse parce qu’elle est trop « weird » avec ses vies antérieures.Vava n’est pas facile à aimer et c’est là son moindre défaut.Songeons qu’elle est un peu bionique avec son stérilet.Des années plus tard, dans l’ère du condom, je comprends un peu la lourdeur d’une certaine légèreté de l’être, je comprends lourdement.Le pire, c’est qu’elle a aussi des vies parallèles.On a beau être ésotérique ! La grande qualité du roman est de se donner les atours les plus contem porains (Slürley Maclaine, oui, oui ! ) et d’affronter le voyage dans le temps jusqu’à l’Atlantide.Vava fut une prêtresse mormonne et une tenancière de taverne au XlIIe, impératrice et Scarlett O’Hara (j’en rajoute).Cela donne un roman magnifique et redoutable, car on y entre plus facilement qu’on en sort.Un annuaire politique L'ANNÉE POLITIQUE AU QUÉBEC.1987-1988 sous la direction de Denis Monière Montréal, LE DEVOIR-Québec/Amérique 1989, 254 pages YVAN LAMONDE DENIS MONIÈRE et une équipe de professeurs de l’Université de Mont réal ont eu l’heureuse idée de faire un annuaire, à l’instar de l’Année politique en France et du Canadian Annual Review of Politics and Public Affairs, qui fera le bilan d’une année politique, du mois de septembre d’une année au mois d’août de l'autre année.« Description rigoureuse » des faits, chronologie des événements et des adoptions de projets de loi, abondance de photos — sans caricatures — profil statistique permettent un bilan d'autant plus utile qu'il y aura des suivis selon les catégories d’analyse retenues.Les chapitres portent sur la vie parlementaire, les politiques gouvernementales, le bud get, l'administration publique, les relations fédérales-provinciales et internationales, la vie municipale et régionale, la vie des partis, le mouvement syndical et les tendances de l’opinion publique, c’est-à-dire les résultats des sondages effectués.Trois contributions — 1).Monière, « L'héritage de René Lévesque »; G.Boismenu, « Les écueils du lac Meech » (20 pages) ; G.Bouthillier, « La question linguistique » — qu'on perçoit comme portant sur des faits politiques dominants ou constants, ne paraissent pas appartenir au modèle de ce genre qu’est l’annuaire politique Regroupées sous la catégorie « Débats majeurs », ces contributions et d'autres de ce type à venir seraient dès lors lues comme un véritable choix éditorial annuel.D’autant plus qu’ici on comprend mal que les articles de G.Boismenu et de P.-A.Comeau sur les relations fédérales-provinciales ne fassent pas qu’une contribution.Le « Profil du Québec » en 50 pages de statistiques, conçu par Robert Boil y selon le modèle du Québec en chiffres de 1850:1 nos jours, est line mine de renseignements à jour sur la démographie, l’économie, les structures sociales, le rôle de l’État et des forces politiques avec une liste des députés et des ministres.Serait-il utile d'inclure dans les années ultérieures des références à des études essentielles sur des aspects abordés dans les annuaires antérieurs ?Pour tous les I.F.Stone qui veulent savoir ce que le rapport Gobeil, les privatisations ou les commissions parlementaires sont devenus, ces liages jaunes de la vie politique québécoise sont souverainement utiles.* P K D-4 ¦ Le Devoir, samedi 17 juin 1989 Lesage, le Parti libéral et la Révolution tranquille JEAN LESAGE ET L’ÉVEIL D’UNE NATION actes du colloque Lesage Robert Comeau, directeur Sainte-Foy, Presses de l’Université du Québec 1989, 367 pages YOLAND SENÉCAL C’EST encore de la Révolution tranquille que traite cet ouvrage.Les thèmes abordés sont : la démocratisation de la vie politique; les rapports Québec-Canada; la sécularisation et les réformes dans les secteurs de l’éducation et de la santé; les transformations du rôle de l’État; le mouvement syndical et le code du travail; la jeunesse et l’effervescence nationaliste et culturelle; la nationalisation de l’électricité en 1963; s’y ajoutent des témoignages sur Jean Lesage et des bilans et interprétations de la Révolution tranquille de même qu’une présentation approfondie des sources.Bref, nous sommes en présence d’un ouvrage — non pas définitif, mais exhaustif — sur cette fameuse période de la révolution dite tranquille.Mais, à la faveur de ces Actes, il est pertinent de s’interroger : quelle fut la véritable nature de la Révolution tranquille ?Phénomène de modernisation de la société québécoise : les années Lesage sont généralement interprétées de la sorte ; c’est du moins ce qui ressort généralement de la lecture des Actes.Et au-delà ?Roland Parenteau écrit : «.il s’agit d’un processus vraiment révolutionnaire, en ce sens que tout a été remis en question, sur tous les plans » (p.186).Quant à lui, le professeur Robert Boily souligne que la Révolution tranquille fut marquée du sceau de la rupture.En outre, puisqu’il s’agit d’un colloque sur Jean Lesage, il faut bien s’interroger sur son role propre dans cette révolution.Et, là-dessus, les auteurs et témoins divergent.François Aquin, ancien député libéral, affirme : «.toutes les bonnes idées ne venaient pas de lui.Il n’était pas un intellectuel, ce n’était pas non plus un innovateur, il fut le chef d’un parti et d’un gouvernement.Quand une idée jallissait, il l’analysait, il n’était pas toujours d’accord.Par contre, quand elle ralliait la majorité, il l’adoptait.Comme chef de gouvernement, c’est lui qui a rendu certaines réformes possibles» (p.44).Ce qui rejoint les propos d’Henri Dutil, pour qui Lesage était un homme de « consensus » (p.15).Dans le même ordre d’idées, Guy Rocher pense que « Lesage demeure le symbole d’une Révolution tranquille qu’il n’a pas nécessairement souhaitée, du moins telle qu’elle s’est roduite, et qu’il a dû suivre et même certains moments freiner plutôt qu’il n’en a été le leader.Jean Lesage a été porté par une Révolution Jean Lesage tranquille qui avait été longuement préparée par d’autres.» (p.168) En revanche, l’ancien ministre Bernard Landry, en ce qui concerne la nationalisation de l’électricité, « pense que J.Lesage a été l’homme qui a établi les priorités.» (p.280).Pour Jean Deschamps, « la Révolution tranquille, c’est Jean Lesage » (p.184).Le syndicaliste Jean Gérin-Lajoie affirme : « Il n’y a aucun doute que c’était Lesage le chef d’orchestre» (p.221).Comment départager ces opi- nions ?Par ses origines, sa formation, son expérience dans le gouvernement Saint-Laurent, Lesage était plutôt un conservateur, au sens littéral; «.il n’était pas un libéral au sens américain du terme », dit Michel van Schendel (p.250).Il n’a pas été non plus un concepteur de la Révolution tranquille.Ce rôle revient à Georges-Émile La-palme.« Ce n’est d’ailleurs pas ce qu’on demande à un premier ministre », dit Roland Parenteau (p.193).Homme d’action plus que de pensée; entraîné, dans une certaine mesure, par les événements, Jean Lesage, une fois qu’il était convaincu du bien-fondé d’une réforme, savait l’appliquer.Dans son cabinet, il a toujours, en dernier ressort, fait pencher la balance en faveur des progressistes.C’est sous cet angle qu’on peut dire que le rôle de Jean Lesage dans la Révolution tranquille fut éminent.Dans Jean Lesage et l’éveil d'une nation, il y a un élément qui est complètement occulté : c’est le rôle de la Fédération libérale, qui a été néanmoins souligné par Henri Dutil, son ancien secrétaire général.Autant avant qu’après 1960, la fédération joua un rôle fondamental dans le processus de la Révolution tranquille.Avant (et sous l’impulsion de Lapalme) la Fédération libérale, avec d’autres acteurs sociaux, prépara le changement.Après la prise du pouvoir, elle le soutint.Et, en 1964, la Fédération libérale suivit le mouvement nationaliste en coupant tous ses liens organiques avec le parti libéral fédéral.Ainsi, Jean Lesage et l’éveil d’une nation sera désormais un outil de travail indispensable sur la Révolution tranquille et son chef, mais malheureusement pas sur le rôle qu’y joua la Fédération libérale du Québec.GUY FERLAND LES AMOURS INTERDITES Yukio Mishima Gallimard coll.« Du monde entier » 496 pages UN VIEIL écrivain, Shunsuké, devient amoureux d’un jeune homosexuel à la beauté idéale.Il pousse ce dernier à se marier malgré son penchant naturel.Il pourra, dès lors, manipuler le jeune homosexuel àrsa guise et se venger des femmes qu’il hait profondément.Création, esthétisme, sexualité, rapports familiaux et sociaux, théorie philosophique, etc., tout y passe dans ce roman rédigé entre 1950 et 1953 et dont Mishima disait : « J’ai formé le projet insolent de transformer mon tempérament en un roman et d’ensevelir le premier dans le second.» LE DÉSIR COMME CATASTROPHE NATURELLE Claire Dé L'Étincelle 166 pages CE RECUEIL de nouvelles a remporté le prix Stendhal de la nouvelle 1989.L’auteur vit depuis cinq ans entre Montréal et Paris.Son troisième recueil de textes raconte sur divers tons le désir et ses conséquences.Le couple, la haine, l’amour, l’indifférence, la folie, la monotonie, la mort et la cruauté sont quelques-uns des thèmes abordés par la soeur jumelle d’Anne Dandurand.« J’ai rencontré le diable en personne, un 23 février, tard un soir de bonheur dans un bar à peu près vide.Il jouait de l’harmo-nica et sur le coup, je ne l’ai pas reconnu.D’abord parce que, comme tout rejeton de ce siècle qui a engendré les chambres à gaz, les massacres à la scie, les guerres chimiques et la bombe atomique, je ne croyais ni à Dieu ni à diable.» Perspectives diverses sur la vieillesse Sait-on que la maladie d'Alzheimer est la quatrième cause de décès en Amérique du Nord ?• A , NAISSANCE D’UN VIEILLARD Essai sur l’histoire des rapports entre les vieillards et la société en France Jean-Pierre Gutton Paris, Aubier collection historique 1988, 279 pages VIEILLESSE, SOCIÉTÉ ET DÉMENCE sous la direction de Jean-Claude Pageot Montréal, Association québécoise de gérontologie et éditions du Méridien, 1989, 187 pages RENÉE HOUDE DEUX TITRES.Plusieurs points de vue.Le livre de Jean-Pierre Gutton est un essai historique sur la vieillesse en France.Si vous vous êtes déjà demandé à quel moment nous en sommes venus à considérer la vieillesse telle que nous le concevons maintenant, le livre de Gutton vous montrera comment l’image du vieillard a évolué en France.Analysant le discours médical, scientifique, artistique et littéraire et s’appuyant sur des données démographiques, économiques et sociales (le vieillard dans la famille, le vieillard à l’hôpital), Gutton montre que l’évolution des représentations de la vieillesse en France n’est pas linéaire.Voici ce que l’auteur avance.Au Moyen Âge, le vieillard occupe peu de place dans la médecine et l’ensemble de la société lui accorde peu d’estime; ces images prévalent jusqu'au milieu du XVIIIe siècle.Au temps des Réformes, la préoccupation du salut est au coeur des mentalités et elle crée deux traditions : celle de la retraite spirituelle, pour l’élite, et celle de la préparation a la mort, pour l’ensemble des chrétiens.Ce discours religieux, insistant sur la préparation à la mort, implique qu’il faut se préparer à la vieillesse, et, par conséquent, a des impacts sur le changement dans nos représentations de cet âge de la vie.qui n’en est pas encore un.Toujours selon l’auteur, c’est vers 1750 que la perception de la vieillesse se modifie : on commence à la reconnaître comme un âge spécifique de la vie.Cette nouvelle vision, nous dit Gutton, s’appuie, d’un côté, sur les conceptions scientifiques d’un Buf-fon qui « dans son Histoire naturelle de l'Homme (1749), décrit une lente décrépitude des corps par dessèchement.[.] Ces conceptions d’une mort lente et naturelle avaient pour première conséquence de ne pas isoler le vieillard du reste de la société.Elles entraînent aussi une autre façon de repousser la mort » (p.154).r i STBAIKC.IES I TX VmiGE ’Si Al \ STRATEGIES DU VERTIGE Trois poêles : Nicole Brossard Madeleine Gagnon France Théoret LOI ISF IX l'RF 19.95 $ ISBN : K9II9I OKI 4 Plus qu'une lecture de trois poètes, Louise Dupré nous propose de suivre un trajet amorcé dans les années 70 et qui se poursuit encore aujourd'hui.Sans contredit.Brossard, Gagnon et Théoret auront eu une influence déterminante sur les écritures québécoises au féminin.« Nous avons affaire à trois écrivaines qui se donnent en performance de façon originale et qui demeurent.uniques parce qu elles arrivent à s'élaborer à partir de leurs différences (.)» Trois écrivaines qui «ne se basent plus sur des théories déterminées, mais (qui) tentent au contraire, à partir de leur pratique, d"élaborer leurs propres règles théoriques.» (7/V 5- Tt ! N Ad UN ETE INOUBLIABLE M \RSII \ 111 un i ( I.URI M \( K M 10,95 S ISBN 2 H909I 046 6 Ki’i’dition Été 1946.Vallcyfield.Lucie Laplantc, 13 ans, doit quitter!'école pour aller travailler en usine.Salaire minable, conditions de travail inhumaines, harcèlement sexuel, voilà ce qui l'attend à la Montreal Cottons.Mais bientôt une grève éclate! Elle durera tout l’été 46 et bouleversera toute la population de Vallcyfield.Lucie découvrira pendant cet été inoubliable que justice n'est faite qu'à force de luttes, de volonté, d'action et de solidarité.UN ÉTÉ INOUBLI AB LE.l’histoire d'une grève vue par une fillette de 13 ans.Ce roman pour adolescenl-e-s s'est vu décerner le prix du Meillcurlivrepourcnfantsde l'Association canadienne des librairies en 1982.Bouleversant plusieurs notions traditionnelles sur la sexualité, SEXE.POUVOIR ET PLAISIR examine la vie sexuelle des femmes d'aujourd'hui.Partisane des changements provoqués par la « révolution sexuelle».Mariana Valverde rappelle les débats houleux que cette révolution suscite maintenant : la pornographie, la censure, l'érotisme et le pouvoir.Tant du point de vue théorique que de l'expérience vécue.Valverde aborde franchement l'hétérosexualité, le lesbianisme et la bisexualité.Avec humour et lucidité, elle analyse les changements marquants dans les comportements sexuels des femmes.L’exode rural, l'industrialisation, la modernisation puis la dépression économique ont bouleversé les structures sociales du Québec d'entre les deux guerres.Quelle place les femmes ont-elles eue dans cette société?L'Église et l'État se sont ligués pour montrer aux femmes québécoises leur vocation: mères avant tout et au sein du mariage seulement.Pourtant, plusieurs Québécoises, «déviantes», n'ont pas respecté la norme : grossesses hors mariage.avortements, contraception, infanticides, abandon d'enfants, prostitution, voilà autant de façons de refuser le modèle.Comment s'est vécue leur déviance, comment la société québécoise s'est-elle comportée envers ces femmes?les éditions du remue-ménage Ainsi apparaissent plusieurs régimes de santé dont le leitmotiv est la sobriété.D’un autre côté, cette nouvelle vision s’appuie sur le droit à une existence active et sur les attributs de sagesse (ex.dans l’oeuvre de Voltaire) qu’on accorde désormais à la personne âgée.La fin du volume étudie l’apparition de la notion de retraite, donnée importante pour comprendre le statut du troisième âge.?Le deuxième volume est publié sous la direction de Jean-Claude Pageot et présente les Actes du colloque de l’Association québécoise de gérontologie (1987) sous le titre Vieillesse, Société et Démence.Différentes études y sont regroupées : les rôles des personnes-soutien auprès des personnes âgées souffrant d’Alzheimer, la confusion des personnes âgées vivant en milieu institutionnel, la communication dans le couple et la maladie d’Alzheimer, la satisfaction de vie de personnes âgées vivant seules dans la Petite Patrie, un quartier de Montréal.pour n’en nommer que quelques-unes.Dix-huit spécialistes (sexologues, psychologues, infirmières, médecins) donnent leur point de vue et avancent quelques recommandations.On parle beaucoup de la maladie d’Alzheimer, mais qui sait que c’est, par ordre d’importance, la quatrième cause de décès en Amérique du Nord ?Deux livres qui intéresseront les gérontologues et les gériatres.L’auteur est professeur au département de communications de l’Université du Québec à Montréal.t oiiisc ihipn li STRATEGIES DU VERTIGE ykpoèu*y Nicole Hniswü.NUiIt'lvmi- fi«ign
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