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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1986-05-03, Collections de BAnQ.

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LE RECIF DU PRINCE BORÉAL/Fiction LE DEVOIR CULTUREL CAHIER Montréal, samedi 3 mai 1986 COSTA-GAVRAS Portrait d’une France molle et corrompue NATHALIE PETROWSKI JE LUI ai demandé de répéter.Je n’étais pas certaine d’avoir bien compris.« Oui, oui, tout a fait, m’a-t-il assuré, la France d’aujourd’hui est une société molle et corrompue.Je ne m’exclus pas quand je dis cela.Je vis en France.Je fais comme tout le monde.» C’était bien Costa-Gavras qui parlait.L’accent, légèrement pimenté par l’air méridional, ne trompait pas.Costa-Gavras, homme d’action, cinéaste engagé, amant de la politique, agent provocateur, auteur de Z, L’Aveu, Etat de siège, Missing.Costa-Gavras, sa conscience politique, ses opinions tranchées, ses prises de position, sa caméra cinglante, son rythme haletant.Que faisait-il à Montréal, rue Saint-Denis, à siroter un Perrier ?Que faisait-il avec Conseil de famille, cette comédie légère, ludique, un tantinet cabotine, qu’un François Truffaut aurait pu réaliser sans se poser de problèmes de conscience ?Que faisait-il si loin de la ligne de feu, subitement orphelin d’une cause, cachant ses désillusions sous le couvert d’une ironie voilée ?Costa-Gavras : « Tous les films sont politiques.» Photo J*oquM Grantor Il n’a pas tout à fait répondu à la question.Il a plutôt pris quelques détours pour expliquer qu’il faisait ce qu’il a toujours fait.Des films.Certains meilleurs que d’autres.Certains pour passer le temps en attendant de trouver le sujet ou plutôt la cause qui le passionnerait comme jadis.Malgré le mot « récréation » qu’il a sert à tous les journalistes, mot qui signifie qu’un cinéaste, aussi engagé soit-il, a le droit de prendre une pause syndicale, Costa-Gavras n’est pas en récréation.« Conseil de famille est moins drôle qu’il en a l’air.Le film essaie de passer en douce des idées qui, présentées autrement, ne passeraient jamais la frontière des bonnes manières françaises.« Mon film n’est pas innocent, même si rien n’y paraît, dit-il.J’ai choisi la comédie parce que la comédie permet de traiter d’un problème en le montrant autrement.J’insiste pour dire que le style vient, même dans ce cas-ci, après le contenu.Le contenu m’a toujours passionné davantage.» Qu’en est-il donc ()u contenu de Conseil de famille ?L’histoire, a priori, est charmante et vaguement immorale du fait que la famille n’est pas tout à fait comme les autres.On y retrouve une maman (Fanny Ardant) qui joue du violoncelle en attendant son mari (Johnny Halliday) parti avec son copain (Guy Marchand) percer des coffres-forts.Les enfants sont encore jeunes mais ils ne sont pas au-dessous de tout soupçon.La petite fille écoute aux portes et peut réciter par coeur tous les secrets de son père.Quant au petit garçon, il menace de dénoncer son père si celui-ci ne l’emmène immédiatement sur le chantier.« Conseil de famille est un film sur la société française d’aujourd’hui, soutient Costa-Gavras.Un tel sujet n’invite pas à l’émotion ni au drame.De toutes façons, il n’y a pas de drame en France.C’est un pays libre.Il y a un peu de chômage, mais ça va; des problèmes économiques, mais ça va aussi.On est loin du Chili.C’est donc un film sur l’embourgeoisement.Plus ça va, plus on en veut.De plus grosses voitures, de plus grosses maisons, des piscines, des villas.Kennedy avait une très belle phrase.Un an après son élection, il avait dit : “Nous vivons dans une société molle et corrompue, sûre d’elle-même.” C’était sévère comme jugement, mais c’était vrai.Nous donnons des leçons à tout le monde et ce qui nouspréoccupe le plus, c’est notre propre bien-être.Nous aidons un peu les Ethiopiens en leur écrivant des chansons, mais s’il fallait que nous renoncions à un beau tableau pour nourrir dix mômes pendant un an, on ne le ferait pas.Je fais comme tout le monde.» Suit* en page C-9 MICHEL BRAUDEAU Le Québec et le Mali vus de Paris JEAN ROYER MICHEL BRAUDEAU est prêt à me raconter sa vie.Il est venu au Québec pour parler de son récent roman, Naissance d'une passion (Seuil), qui lui a mérité le prix Médicis 1985.Bonne raison, peut-être, pour l’interviewer.D’ailleurs, son livre n’est pas mauvais.Et nous avons la réputation, dans les médias du Québec, d’être accueillants pour les écrivains français de passage, au point d’en rendre jaloux nos propres éditeurs ! Michel Braudeau est prêt à me raconter son roman.Mais je l’ai lu.Et ce n’est pas ce que je veux savoir de lui.Nous parlerons d’écriture et de littérature.Puis, ma curiosité l’emportera devant un journaliste à la rubrique cinéma du Monde : « Pourquoi, demandai-je à mon collègue parisien, les médias français ne s’intéressent-ils plus à la littérature québécoise ?Pourquoi ce manque de curiosité envers notre littérature des années 1980?» Question naïve sans doute, puisque mon interlocuteur exprime aussitôt un mépris irrésistible, celui-là même qu’on soupçonne, une fois qu’on a tourné le dos, dans certains milieux parisiens.Je croyais rencontrer en Braudeau un écrivain passionné et me voici devant un journaliste hautain comme il ne s’en fait plus.Fini le charme parisien qu’incarne Hector Bianciotti, par exemple.J’en oublie mes meilleurs amis français (dont plusieurs logent aux éditions du Seuil).Michel Braudeau, lui, me traitera bientôt d’« Africain » et de « petit chaperon rouge ».Derrière sa voix de romancier séducteur se cachait un gros méchant loup ! Il commence par vouloir me charmer avec son enfance.Fils d’un chef d’entreprise, il a voulu faire son chemin tout seul, sans papa.Où ?Dans la littérature.« Vers 12 ans, j’ai pensé qu’un écrivain était ce qu’il y avait de plus beau, de plus intéressant, de plus important et de plus noble au monde.Il me semblait qu’écrire était une vocation, une aristocratie qu’on pouvait emprunter facilement.On n’avait pas besoin de naître duc.On pouvait se forger à soi-même ses lettres de noblesse.» Bien sûr, cette identité d’écrivain, elle se forge au fur et à mesure de l’écriture, répliquai-je.« C’est très mystérieux, dit Braudeau.L’écrivain n’est personne.Il n’est que les mots déposés sur le papier.Lui-même n’est personne.L’auteur vient au monde en même temps que son livre.Je ne crois pas qu’il y ait un auteur qui précède son écriture.» En parlant de naissance, on en arrive au roman primé de Braudeau.Pourquoi avoir fait parler son personnage dans le ventre de sa mère ?Pourquoi ce procédé du foetus qui, on le remarque, est employé dans quelques romans ces mois-ci.Dans La Vie d'un bébé de François Weyergans (Gallimard), dans Une belle journée d’avance de Robert Lalonde (Seuil), par exemple.Là-dessus, Braudeau me fait remarquer que le livre de Weyergans est paru six mois après le sien et que s’il ne l’a pas copié, en tout cas c’est louche ! Je fais remarquer à mon tour à Braudeau que le premier roman récent à employer le procédé du foetus a été celui de Micheline La France, Bleue, publié à Montréal (Libre Expression) un an avant Naissance d’une passion.Cet épisode du « baby boom dans le roman contemporain » se terminera quand même par une réflejflon sérieuse de notre grand romancier : « Je suppose que cela correspond à une inquiétude générale de nos contemporains.De même qu’au début du siècle on s’est interrogé avec Freud sur les vraies frontières de la conscience, de même aujourd’hui se pose-t-on peut-être la question de l’existence.Est-ce que le départ de la vie se situe quand on est dans les mains de l’accoucheur et la fin, quand on se retrouve dans la petite boîte ?Est-ce qu’il y a un avant et un après ?Je ne sais pas.C’est le doute.Mais je constate, en effet, que plusieurs livres récents font parler un foetus.» Puis, nous parlons des autres.Braudeau ne semble pas aimer grand monde.Un vrai Parisien sûr de lui et de lui seul ! « Le roman hexagonal (entendez : français) m’ennuie complètement, dit-il.il me semble être très timoré, très frileux, sans ambition, sans fraîcheur, sans audace.On est tellement écrasé par le poids des ancêtres : Proust, Gide, Sartre, Malraux, etc.On a l’impression qu’après l’école du Nouveau Roman, on n’ose plus raconter des histoires.Moi, mes références ont toujours été Suite en page C-9 Michel Braudeau : « comme des petits-enfants qui se plaignent de leur méchante grand-mère.» PIERRE HENRY Pierre Henry : sur un monument inachevé de Victor Hugo.Dieu.en direct CAROL BERGERON JE NE veux pas succomber à la mode, je désire continuer ma propre musique; si elle a moins de modernité qu’avant, elle a peut-être maintenant plus de coeur.» Cette oeuvre a cependant fait de Pierre Henry (né en 1927) l’un des plus grands compositeurs de musique électroacoustique, genre dont il fut (dès 1948, avec Pierre Schaeffer) l’un des pionniers et auquel il consacra entièrement son activité créatrice.Ce Français que, par-delà tout cloisonnement, certains considèrent comme l’un des plus grands créateurs d’aujourd’hui, sera l’invité du quatrième Printemps électroacoustique de l’Acreq (Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec).Entre le 6 et le 19 mai, trois des cinq concerts au Spectrum seront réservés à la présentation de deux oeuvres majeures de sa production : Dieu, d’après un texte de Victor Hugo et avec la participation du comédien Jean-Paul Farré (les 6 et 9 mai à 20 h), puis L’Apocalypse de Jean, le 8 mai à 20 h.Avec Pierre Henry, on touche donc aux origines de l’électroacousti-que, à cette époque où l’on distinguait la « musique concrète » de la « musique électronique ».Née en France, la « musique concrète » part de l’enregistrement de sons réels (bruits, voix, sons musicaux) qui subissent toutes sortes de traitements : variation de vitesse, inversion de sons, filtrages, réverbération, mélanges, montages, etc., avant le mélange final.La « musique électronique », apparue en 1951 à Cologne (Allemagne), utilise les mêmes méthodes, mais en partant de sons artificiels produits électroniquement (Roland de Candé, Seuil).À partir de 1956, on prend l’habitude de mélanger les deux sortes de musique pour bande magnétique et l’on parle désormais de « musique électroacoustique ».Fille de la technologie moderne, la musique électroacoustique a évolué avec elle.Des premiers magnétophones aux plus récents synthétiseurs, elle a su s’adapter sans problèmes apparents.On la rencontre maintenant un peu partout : dans les salles de concerts, bien sûr, mais également au cinéma, au théâtre, au ballet, dans la publicité, dans le monde pop, etc.Elle n’a pas quarante ans d’existence et pourtant, elle possède déjà de grands ténors, dont Pierre Henry est certes le plus illustre.Beaucoup de gens d’ici ont d’abord connu Pierre Henry par sa longue et fructueuse association avec Maurice Béjart.Dès 1955, il a signe la musique d’une quinzaine de ses ballets, notamment : Symphonie pour un homme seul (1955), Orphée (1958), Variations pour une porte et un soupir (1965), Nijinsky, clown de Dieu ( 1970).Plusieurs de ces ballets ont été présentés à Montréal par la troupe des Ballets du XXe siècle.C'est à cette forme d’art que nous devons la dernière présence du compositeur parmi nous.Cela remonte à 1972, quand les Grands Ballets canadiens demandèrent à Fernand Nault de créer une chorégraphie sur Cérémonie, une oeuvre alors récente, qui intégrait des éléments de musique rock.Dans une récente conversation téléphonique avec Pierre Henry, je lui demandais quel était le lien entre Dieu et L’Apocalypse de Jean, les deux oeuvres qu’il a choisi de nous présenter.« Il n’y a pas de rapport d’idées ou de religion; ce sont uniquement deux oeuvres complémentaires qui font appel à la voix humaine : L’Apocalypse utilise une voix enregistrée et Dieu, une voix en direct.Cela montre donc deux aspects de mon travail vocal.« Dieu a représenté pour moi un énorme travail à partir du texte de Victor Hugo que j'ai restructuré.» Michel Chion (dans Pierre Henry, chez Fayard) précise que le compositeur dut lire et classer ces milliers d’alexandrins épars en blocs inégaux qui constituent Dieu, ce monument inachevé que Victor Hugo a écrit en 1855-56, à Jersey et Guerne-sey.(Ce travail littéraire, Henry vient tout juste de le publier aux éditions Actes Sud ) Le poème de Hugo nous est resté comme un immense ’opposent, en tirades splendi-l’Etre et le sens de la vie.« chantier poétique » (Jean Massin) où s' des, les thèses les pli Dès le départ, Pierre Henry a adapté le texte de Hugo pour en faire une continuité théâtrale.Il y pense dès les années 50, mais l’oeuvre ne sera créée qu’en décembre 1977.« Dieu a donc un spécificité scénique avec un comédien qu’on voit pendant tout le temps et qui déploie une activité extraordinaire de clown, d’homme de théâtre, de diseur, de poète : c’est une sorte de “one-man show".» C’est Jean-Paul Farré, que Henry découvrit en 1976, qui a tenu depuis le début ce rôle écrasant et qui accompagnera le compositeur à Montréal pour la première nord-américaine de l’oeuvre.Suite en page C-5 if-V «Uvkilii'ili «Wk> !»**" rt < < if»M 4 *'nW # * Ç-2 B Le Devoir, samedi 3 mai 1986 LE DEVOIR CULTUREL La 14e Rencontre des écrivains ?L’autobiographie ou l’illusion du moi JEAN ROYER LA 14e RENCONTRE des écrivains, qui se tenait à Québec du 18 au 22 avril, a permis à une cinquantaine d’auteurs appartenant à quinze littératures d’Europe et d’Amérique d’interroger le sort et les ressorts de l’autobiographie en littérature.Les organisateurs de la rencontre leur avaient, en effet, proposé comme thème : « la tentation de l’autobiographie », c’est-à-dire le rapport du JE de l’écrivain à l’écriture et à la fiction, à l’autre, à l’art, à l’histoire des idées et des théories à la mode, par exemple.Les écrivains présents a la rencontre se sont mis alors à réfléchir sur les mots « tentation, autobiographie, fiction, je, nous, mémoire, voix et personnage».On peut dire que cette 14e Rencontre des écrivains fut l’une des plus intéressantes des dernières années, même si elle a donné lieu à des duels stériles entre écrivains (les Argentins H ector Bianciotti et J uan J osé Saer), à un dialogue de sourds entre des écrivains français qui établissent leur code sans se mettre à l’écoute des autres, ou à une timidité silencieuse de la plupart des écrivains québécois invités.Parmi les communications les plus intéressantes, il faut mentionner celles de Madeleine Ouellette-Michalska, Nicole Bros-sard, Micheline La France, Lucien Francoeur, Alain Borer, Vassilis Alexakis, Jean-Claude Pirotte et Alain Demouzon.Parmi les interventions les plus pertinentes durant les discussions, mentionnons Alain Borer et Leila Sebbar, Guy Cloutier, Jean-Jacques Brochier et Jean-Claude Charles.D’autre part, on pourrait noter que certains écrivains invités, comme Denise Bombardier et Roger Lemelin, n’ont pas cru bon d’être présents plus d’une demi-jour-née à cette rencontre qui fut, comme l’avait bien souhaité le secrétaire général Pierre Morency, « une fête de l’amitié et de stimulation intellectuelle ».Le coup d’envoi de la rencontre a été donne de façon magistrale par Madeleine Ouellette-Michalska, qui a exploré les territoires de l’anecdote, ce « leurre », et de l’écriture, tantôt historique, poétique ou autobiographique.« La tentation autobiographique, dit-elle, c’est la tentation du temps rassemblé » du dedans et du dehors, de la mémoire et du présent, de soi et des autres.Pour Nicole Brossard, il ne faudrait pas parler de « tentation » mais plutôt de « tentative de ranimer le désir ».Et ce qui a toujours été dans ce désir, ce qui a toujours été là, c’est « l’intime de l’espace biographique ».Ainsi, l’écrivain a succombé « au défi de la tentation romanesque ».Témoignant de son cheminement, Brossard ajoute : « J’avais quinze ans et je regardais la réalité empiéter sur les êtres comme une distorsion tragique de la beauté.La beauté était avant la réalité et la réalité était dans l’écriture, un jour.» De son côté, la romancière Micheline La France s’est attachée à la « qualité du regard » de l’écrivain.Mettant en scène les divers « Je » de l’écriture, l’auteur de Bleue a défini son regard d’écrivain.« Je ne sais pas qui je suis, mais j’y adhère.Je suis un point dans l’espace d’où je regarde.» Mais il ne faut pas confondre ce « Je » avec sa seule représentation.Si le siècle est au théâtre du « Je », il ne faut pas oublier le « Je » tragique.Ne pas le confondre avec le masque du « Je » qui est obèse et se nourrit de fast-food : téléromans, confessions d’artistes, révélations de politiciens déchus.« Pendant que le masque du JE s’empiffre de téléromans en rêvassant sur la chaise berçante de son imaginaire, le JE ne consent pas au JE, dit Micheline La France.Le JE réel de l’écrivain se pense et se construit dans l’espace de l’imaginaire.» Le « Je » de l’écrivain concerne l’identité, puis l’imaginaire.C’est bien ce qu’a explique à son tour le poète Lucien Francoeur.Aucune oeuvre n’échappe à la tentation autobiographique mais, aussi, « il n’y a pas moyen d’échapper à l’omniprésence de l’inconscient collectif en soi ».Le « Je » fragile est aussi un « nous».D’ailleurs, concluait Alain Demouzon dans une des plus brillantes communications de la rencontre, « la vérité s’installe au carrefour, là où se fait l’échange du JE-écrivant au JE-lisant.Carrefour de la communication, bien sûr, là où mon autobiographie supposée devient monnaie entre les humains, don, troc, poignée de main, fraternité, amour, un plaisir partagé ».Mais l’écrivain doit alors raconter un histoire, « la tienne ou Les ondes littéraires Voici un aperçu des principales émissions de radio et de télévision d’intérêt littéraire qui doivent être diffusées cette semaine.À l’écran de TVFQ, demain à 21 h 30 (et en reprise le dimanche 11 mai à 14 h), l’émission Apostrophes a Bour thème : « Des hommes de ieu ».Bernard Pivot reçoit le cardinal Lustiger, Jean-Marie de Reville, Jacques Dalarun, Bruno Racine et Philippe Boutry.À la radio AM de Radio-Canada, l’émission Les Belles Heures, réalisée par André Hamelin, accueille des écrivains presque chaque jour entre 13 h et 14 h.Suzanne Giguère recevra, lundi, le romancier Jean Forest.Mardi, ce sera au tour de Jean Jonassaint, auteur d’un magnifique recueil d’entretiens avec des écrivains haïtiens intitulé Le Pouvoir des mots, les maux du pouvoir.Mercredi, on reçoit Jacques Savoie, l’auteur du roman Le Récif du prince.Enfin, vendredi, Suzanne Giguère interviewe l’écrivain péruvien Alfredo Bryce-Echenique.Au réseau FM de Radio-Canada, on peut entendre, chaque jour à 17 h, l’émission Libre Parcours et, le Les Belles Rencontres de la librairie HERMES aujourd'hui 3 mai de 1 4h à 1 6h JACQUES FOLCH-RiBAS Tous les dimanches après-midi venez regarder avec nous APOSTROPHES"à 14h ! à TVFQ-99 avec Bernard Pivot mardi à 19 h, le magazine de l’actualité littéraire québécoise intitulé En toutes lettres, animé par Réjane Bougé.À l’écran de Vidéotron (câble 9), Ghila-B.Sroka présente Le plaisir de lire, une rencontre hebdomadaire avec un écrivain.L’émission est diffusée le lundi à midi, le jeudi à 19 h et le samedi à 9 h.Sur les ondes de CINQ-FM (102,3), le jeudi matin à 9 h 30, Danielle Roger présente l’émission L’oreille dans les livres.Enfin, sur les ondes de CIBL-FM, demain à 19 h 30, Yves Boisvert lit des pages de Gilles Hénault.— JEAN ROYER celle que tu rêves », peu importe, pourvu qu’elle intéresse et passionne le lecteur.L’autobiographie comme genre littéraire ou comme élément de la fiction ?Voilà une première distinction à faire.Pour Juan José Saer, écrivain argentin vivant en France, l’autobiographie ne peut plus exister comme genre aujourd’hui.« Toute l’illusion du je ou du moi a été broyée dans l’histoire contemporaine.L’histoire nous a volé l’autobiographie comme genre.» Il nous reste à nous servir d’éléments autobiographiques dans les autres genres.D’ailleurs, ajoutera Hector Bianciotti, « si l’on parle vraiment de soi et en profondeur, on finira par rejoindre les autres.La biographie précède récriture».D’autre part, Jean-Jacques Brochier citera deux exemples d’autobiographies qui tournent au romanesque : celle de Robbe-Grillet et celle de Roland Barthes.Nous avons là des cas où l’autobiographie crée un personnage qui peut être tout à fait un mensonge, précise le rédacteur en chef du Magazine littéraire.« Se raconter, c’est s’inventer, se vanter et s’éventer, s’évader », continuera l’auteur de romans policiers Alain Demouzon.« Décrire son microcosme comme hologramme de l’univers macrocosmique, c’est aussi la justification indiscutable de l’autobiographie.» D’autres écrivains, comme Béatrice Shalit, de Lituanie, Mario Munoz, du Mexique, Leïla Sebbar, de France, Vassilis Alexakis, de Grèce, Susan Ludvigson, des États-Unis, ou Édith Habersaat, de Suisse, et Sun Axellsonn, de Suède, l’autobiographie, c’est l’expérience personnelle à la source de la fiction .expérience violente et coupable pour les uns, mémoire ou révolte pour les autres.« Il faut considérer la réalité comme une sorte de roman mal écrit certes et infiniment bavard, où il y a cependant quelques bonnes idées, dit Alexakis.Un livre peut être bourré d’éléments autobiographiques sans être une autobiographie.» D’autre part, ajoute l’écrivain grec, « quand je suis de bonne humeur, je crois que i’écris l’autobiographie des autres.Écrire, c’est un métier qui consiste notamment à observer les autres, à les écouter.Je crois qu’on peut écrire une oeuvre très personnelle en faisant parler les autres.» Mais qui est donc ce « Je » de l’écrivain ?Ici, il faut suivre la distinction d’Alain Borer, l’auteur de l’étonnant Rimbaud en Abyssinie.Il y a le Moi, qui est psychologique, et le Je, qui est ontologique, nous rappelle Borer.Tous les éditeurs regorgent de manuscrits qui sont psychologiques.Seul le Je ontologique permet d’atteindre l’universel et, par conséquent, les autres.Il faut dépas- ser le moi psychologique comme les peintres dans leurs autoportraits.En somme, l’écrivain doit arriver à l’écriture de sa propre voix.Et plus un texte est écrit, plus il y a de la voix.Ainsi, dit Alain Borer, il y a deux sortes d’écrivains : ceux de l’oralité (les liquides) et ceux de l’écriture (les solides).Ces derniers, comme des termites, savent q’il est nécessaire de remâcher un texte pour arriver à la matière.C’est là, dans la matière même du texte, qu’il y a de la voix.Par exemple, la voix de Rimbaud est partout dans Une saison en enfer.Cette voix profonde, on y arrive par le travail le plus musculaire : de la parole à l’écriture.Cette voix profonde, on la reconnaît à deux pôles : celui du cri, comme chez Artaud, ou dans un retour à l’inaudible.Quiconque n’est pas en relation avec l’inaudible n’est pas en relation avec l’écriture.Par contre, ajoute Borer, le « Je » d’un écrivain peut se moduler comme sur la console d’un technicien.Si la manette est en haut, on peut entendre le « Je » d’Henry Miller, un « Je » posé sans arrêt, près du moi psychologique.Si la manette est gardée en bas, on y entend le « Je » profond de Proust.La voix d’un écrivain s’entend dans son texte.Celle de Montaigne ou de Rimbaud n’a pas été enregistrée mais on la lit.Joyce et Apollinaire ont enregistré leurs voix mais cela ne nous donne rien.Leur voix est dans la scription, dans leurs textes.À ces questions s’ajoutent celles de l’identité et du mélange des genres, qu’ont effleurées sans les débattre vraiment les écrivains présents à la rencontre.Mais, de toute façon, ne faudrait-il pas conclure avec cette bonne pirouette du peintre et poète belge Jean-Claude Pirotte : « La littérature est un lieu commun et l’autobiographie, le lieu commun des lieux communs.» LA VITRINE DU LIVRE GUY FERLAND SCIENCE Jacques Dufresne, La Reproduction humaine Industrialisée, Institut québécois de recherche sur la culture, coil.« Diagnostic », 125 pages.Insémination artificielle, mères porteuses, embryons congelés, manipulation génétique, avortements préventifs, fabrication en laboratoire d’animaux identiques, etc.Bref, l’homme semble enfin maître de son destin.Ou presque .Jacques Dufresne pose des questions essentielles et urgentes.HISTOIRE Duc de Castries, La du Barry, Albin Michel, 285 pages.Une ascension abrupte après une jeunesse agitée (c’est le moins qu’on puisse dire), une chute brutale et une fin tragique ont marqué la vie de Jeanne Bécu, comtesse du Barry.Elle fut la favorite de Louis XV et se retrouva au milieu de nombreuses controverses.L’académicien nous dresse son portrait.LITTÉRATURE Patrick Süskind, Le Parfum, histoire d’un meurtrier, Fayard.Conte philosophique à la Voltaire, conte cruel à la Villier de l’isie-Adam, roman de haute fragrance, il se dégage de ce livre un arôme irrésistible qui a fait dire à Bernard Pivot : « À vue de nez, un chef-d’oeuvre.» Il y est beaucoup question de meurtres et d’odeurs.Muriel Spark, Ne pas déranger, Fayard, 130 pages.Au bord du lac Léman, Cuba ne coule plus en flamme, mais la tempête hurle dans une bibliothèque où se promènent d’étranges personnages.Lister, le majordome féru de poésie, Éléonor, sa tante et son amante, Clovis, le cuisinier aux gestes gracieux, et bien d’autres, se renvoient la balle et changent de personnages au gré de la fantaisie dans cette tragico-comédie.ESSAI Qu’est-ce que la liberté de presse ?, textes réunis sous la direction d’Alain Prujiner et Florian Sauvageau, avec la collaboration de Vivianne Haeberlé, Boréal, 258 pages.Ce volume fait suite au colloque « Droit et journalisme : nature et limites de la liberté de la presse », qui a eu lieu les 25 et 26 octobre 1984.Il rassemble des textes de Claude Ryan, Laurent Laplante, Claude-Jean Devirieux, Yves Gagnon, Louis Falardeau, Peter Desbarats, et plusieurs autres.Garantie par la charte canadienne des droits et par la charte des droits et libertés de la personne, la liberté de presse reste mal définie.Est-ce celle des propriétaires ?Celle des journalistes ?Du droit du public à l’information ?On le voit, le problème est plus large et complexe que la simple concentration des entreprises à laquelle on le réduit souvent.Ce livre fait le tour de la question.Mieke Bal, Femmes Imaginaires : l’Ancien Testament au risque d’une narratologle critique, HMH, coll.« Brèches », 281 pages.L’auteur nous propose une lecture féminine critique des récits bibliques qui remet en question le rôle et la situation de la femme dans la Bible et la narratologie.Un livre qui peut se lire d’un trait ou par bribes, selon la volonté du lecteur.THEATRE René-Daniel Dubois, Being at home with Claude, Leméac, 125 pages.Enfin, le texte de cette véritable tragédie est édité.Pour Aristote, l’effet produit par la tragédie est le même qu’elle soit vue, lue ou entendue.C’est l’occasion idéale de confronter la pratique à la théorie en lisant le texte de cette admirable pièce, avant d’aller la revoir à la Quinzaine de théâtre, au début du mois prochain.NDLR Par manque d’espace, les chroniques « La vie littéraire » et ¦ La langue au chat » font relâche cette semaine._ M.M.Faut-il refuser le développement?ESSAI SUR L’ANTI-ÉCONOMIQUE DU TIERS MONDE Par Serge Latouche A l’heure où la famine et la misère guettent une partie de l’humanité, l’auteur dénonce les mythes de l’industrialisation et du développement pour s’attaquer aux véritables raisons : la destruction des âSSi sources de créativité et le mimétisme suicidaire.Collection “Economie en liberté” dirigée par Jacques Attali et Marc Guillaume, 224 pages - 35,55$ * LES U VRES DES PUF QUESTIONNENT LE MONDE 1120.av.laurier ouest outremont, montréal tel 274-3669 Vient de paraître en Livre de Poche Les médecines différentes s Les médecines différentes Acupuncture, sophrologie, homéopathie, phytothérapie, oligothérapie, cet ouvrage répond aux interrogations devant les multiples choix thérapeutiques d’une médecine mieux ajustée à chaque individu.En vente chez votre libraire Diane Turcotte LES OS DE L’ANSE AUX MOUQUES Plein de rebondissements, de découvertes et de mystères, lo livre nous plonge dans l’atmosphère d'un village gaspésien, où vont se |ouor, pour trois adolescents et finalement pour toute une population, des événements extraordinaires.154 pages, 5 illustrations ISBN 2-89084-033-6 PRIX.9,95$ Jacquet Nadeau LE FRUIT NOIR Ce roman viendra éveiller en vous des questions sur la comportement humain, le développement des êtres et sur le viaillard qui pour plusieurs devient un ob|et attendant ’anéantlssamont.Lo héros, infirmier dans un hôpital, raconta comment certains Individus vivant leurs espoirs ot leurs désillusions.146 pages Angéllne Saint-Pierre EUGÈNE LECLERC batelier miniaturiste Ce livre vient rendre hommage à un artiste do chez nous qui consacra plusieurs années de sa vie à la sculpture de voiliers miniatures.Nous découvrons un homme que lo talent, le goût du risqua ot l’amour du travail ont élevé très haut dans lo rang des artistes do sa catégorie.138 pages ISBN 2-89084-030-1 PRIX.10,00$ ANGÉUNE SAINT-PIERRE Eugène Leclerc batelier-miniaturiste U VlHinm^Mr ISBN 2-89084-029-8 PRIX.9,95$ Jacqueline Bouchard le rocher 1 LE ROCHER apprivoisé 1 APPRIVOISÉ MENEUSE EN BASSE COTE-MMO H Lo récit fictif pormot A l'autour do réaliser un JaequolMB aSBBÊB Vk B portrait global, authentique ot vivant do .™ ¦¦ I cette région méconnue qui s’étend do Natashquan A Blanc Sablon, aux limites i mjÊjjsÈjjgm ,*B du Labrador.I 142 pages, 21 Illustrations fl 1 ISBN 2-89084-006-9 PRIX.7,95$ £ EN VENTE DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES LES ÉDITIONS LA LIBERTÉ INC.3020 Chemin Sainte-Foy, Sainte-Foy, Québec, Canada G1X 3V6 Téléphone: (418) 658-3763 £)eforgeS VIENT DE PARAÎTRE OUR L’AMOUR DE MARIE SALAT par Régine Deforges Albin Michel À partir de cartes postales anciennes, achetées chez un libraire-brocanteur, Régine Deforges a imaginé la suite d’une correspondance échangée en 1903 et 1904 entre deux jeunes femmes mariées, habitant un petit village de trois cents habitants; des lettres d’amour d’une femme à une autre, et quel amour! Roman 160 pages / 9,95 $ En vente dans toutes les librairies 4 9 Le Devoir, samedi 3 mai 1986 ¦ C-3 r LE DEVOIR CULTUREL LE FEUILLETON L’ennui inventa la littérature LISETTE MORIN * François Nourissier, La Fête des pères, Grasset, 248 pages.EN TITRE de ce feuilleton, non pas un aphorisme tiré de La Fête des pères, le dernier roman de François Nourissier, mais bien plutôt de son autobiographie, réelle celle-là, selon son auteur, et intitulée : Un petit bourgeois (Grasset, 1963).Qu’il est nécessaire de replacer dans son contexte : « C’est la grisaille des jours et l’envie de leur donner de la couleur qui me décidèrent à écrire.L’ennui inventa la littérature.[.] Ce qui est intéressant, dans la littérature, c’est le turbin, le bricolage.Ou encore la discipline, l’énorme quantité de patience nécessaire.Le jeune homme n’imagine meme pas ces austères séductions.» Parce qu’on l’a réédité, en même temps que paraissait son dernier, on a beaucoup parlé, ces dernières semaines, du premier livre de Nourissier : L’Eau grise.Or j’ai préféré, pour ma part,relire Un petit bourgeois.J’y ai trouvé cent raisons de comprendre pourquoi, en trente ans et plus d’exercice quotidien, souvent douloureux, la littérature est toujours, pour l’auteur de La Fête des pères, une activité empreinte de « fragilité ».Le mot est encore du « petit bourgeois », pour qui chaque livre, aujourd’hui tout comme hier, apparaît « vraiment comme l’enfant du miracle.On arrache, écrivait-il encore en 1963, ces petits exercices au néant dont rien ni personne n’exigeait qu’on les en sortît.» Pas plus que les précédents ouvrages, donc, La Fête des pères n’a échappé à « ce qui entre de pari dans la rédaction d’un livre, la part de jeu un peu fou : rien d’autre ne me paraît vouloir qu’on s’échine à point », concluait alors Nourissier.Avec un romancier qui continue de savamment diluer, en la distillant, l’histoire de sa vie dans ses récits dits « romanesques », il n’est rien de plus facile que d’identifier l’homme, de nommer ses tourments existentiels et considérer l’âpre plaisir qu’il prend à s’en confesser, à s’en accuser.Peu de romanciers français de nos jours s’adonnent à l’autoculpabilité avec autant de sourcilleuse sincérité.N., le romancier de La Fête des pères, est, cette fois — mais est-ce bien la première fois ?—, coupable de mal aimer son fils.C’est le sujet de son chagrin, qu’il ressassera en trente-six heures de voyage et pendant le séjour dans une ville de langue allemande où le conduit son métier d’homme de lettres.« Le dépaysement, avoue N., rend les littérateurs avides de considération.[.] Les présente:t-on, avant de leur donner la parole, avec une discrétion de bon ton, que la voix leur manque : la flagornerie seule les met en confiance.Je ne fais pas exception à la règle.» Curieusement, la crise de confiance et le détachement que son fils Lucas manifeste envers lui, donc le conflit somme tout banal des générations, m’ont moins intéressée, dans le dernier roman de François Nourissier, que le tableau incisif, cruel, mais si véridique et vérifiable de la bonne société alémanique qui le reçoit dans la ville de B.Le cocktail, le débat-conférence, le dîner chez la préposée d’office à ces agapes — qui se trouve être, roman oblige ! l’ex-maîtresse du romancier, il y a dix-sept ans, et la mère de sa « possible fille » —, c’est, à mon sens, ce qui donne son caractère autant que son ironique authenticité à l’ouvrage.Les provinciales de ma génération, qui est aussi celle de Nourissier, connaissent bien, ou plutôt connaissaient bien (elles ont disparu de notre panorama culturel.) ces fêtes que l’on devait à l’Alliance fran- Photo U If Andersen François Nourissier.çaise, un peu partout dans le monde mais particulièrement dans les pays francophones.Combien de romanciers, d’hommes de théâtre, d’essayistes, de critiques nous auront ainsi « favorisés » de leur présence, donnant à des lecteurs d’ordinaire si lointains l’occasion de la rencontre avec un auteur et d’un dialogue sur le vif, avant ou après la conférence.François Nourissier fut de ceux-là, dans les villes du Québec.C’était, je crois m’en souvenir, l’année du roman Le Maître de maison (1968).Il y a donc, pour ces lecteurs qui les rencontrèrent, un jour, dans son rôle de brillant causeur, un intérêt supplémentaire à lire, avec le recul et les transformations que leur apporte la mémoire, le récit d’une de ces activités culturelles qui sont la rançon de la renommée.« Rien qu’une de ces batailles dérisoires, parlote et papier, dont nos carrières tirent gloire », se dit N., le romancier qui trompe la monotonie du trajet en train en tirant de son bagage un livre : « Les gens de ma sorte s’usent le bras à coltiner, et les yeux à dévorer, leur éternelle lecture.'.» Pour quelques portraits, bien burinés, de ces femmes « cultivées », celles qui le reçoivent avec une froide politesse, dans la ville de B.; pour le débat, qui tourne à l’acide, avec ses hôtes d’un soir; pour les retrouvailles avec cette Nicole Henner, devenue Lapey-rat, mais que N.avait accoutumé de nommer « mademoiselle Muette » ; pour, finalement, quelques bonnes pages sur les rapports père-fils quand la famille est éclatée, il faut lire La Fête des pères, de François Nourissier.Mais il y a peut-être, dans ce roman, superbement écrit, trop de bavardage « autour » de la littérature.C’est pourtant ce même Nourissier qui observait, toujours dans Le Petit Bourgeois : « Nous crevons de voisinage et de conversation.Que les fanatiques de la conversation ne lisent pas ce livre.Il n’est écrit que pour couvrir au-dedans de moi leur bruit.Je récuse pour lecteurs les fins causeurs.» Le néo-réalisme koltésien STÉPHANE LÉPINE ?Bernard-Marie Koltès, Quai ouest, éditions de Minuit, 1985, .108 pages.T MAINTENANT : où *.\( ¦’ comment ?Seigneur ! Par V -*-4ci ! C’est un mur, on ne peut plus avancer; ce n’est même pas un mur, non, ce n’est rien du tout.» Le début de Quai ouest rappelle immanquablement Beckett et L’Innommable.Ces interrogations sur le temps, le lieu, la destination, cette errance au milieu de nulle part, cette nuit enveloppante qui brouille le réel et sa perception se retrouvent aussi chez Beckett.Mais Koltès est d’abord'un écrivain réaliste ou, plus précisément, un écrivain qui travaille le réel, s’amuse à bouleverser nos schémas de perception, à faire de la réalité et du monde un vécu multidimensionnel où coexistent des temps et des espaces différents qui se montrent et se jouent simultanément.À mi-chemin entre le théâtre américain d’un Sam Shepard et le théâtre allemand de Botho Strauss ou de Handke, la nouvelle dramaturgie française, représentée par des auteurs comme Vinaver, Gildas Bour-det ou Koltès, cherche elle aussi à s’ancrer dans le réel.Mais, incapable d’imposer à la scène une reproduction mimétique de la réalité et de la langue parlée, cette dramaturgie, quoique désireuse de représenter des « tranches de vie », se fait ou hyperréaliste (jusqu’à la déformation du regard'à la loupe) ou expressionniste.Bernard-Marie Koltès, dramaturge et romancier, pencherait plutôt du côté du néo-réalisme qui, comme le dit Freddy Buache dans son ouvrage sur le cinéma italien, est à la fois critique et lyrique.À la description de milieux marginaux, défavorisés, d’une population qui échappe à la norme, a la représentation critique d’une micro-société s’associent toujours chez lui un traitement métaphorique et formel, une composition lyrique très impressionnants.Cette association à un courant cinématographique, qui peut être étonnante ou même choquante au premier abord, apparaît toutefois évidente à la lecture de ces textes qui sont tous marqués, tant par leur technique, leurs découpages que leur montage, d’une filiation très forte avec le langage cinématographique.Koltès ne s’en défend pas.Dans une entrevue récente, il soulignait d’ailleurs comment le cinéma, dont il est un grand consommateur, avait fini par lui donner le goût de multiplier les points de vue, de montrer un personnage vu par un autre, de faire des champs et des contre-champs, et de donner une grande importance au Éditions le Préambule Tel.: (514 ) 651-3646 DÉSIREZ-VOUS GRAN diR de 2 à 5 centimètres ou plus?Quel que soit votre âge, c’est POSSIBLE, en 15 minutes par jour, grâce à la méthode BERTHELET.?Ce livre de 224 pages contient: • 10 chapitres de précieux conseils; • 100 EXERCICES SPÉCIAUX bien illustrés et clairement expliqués; • 9 tableaux pour contrôler votre entrainement.ACHETEZ-EN UN! En VBnto PARTOUT à seulement 10,95$ Les Éditions de l'Homme (514) 523-1182 VIENT DE PARAÎTRE Collection Le Sens L’ami-chien par Michel Morin ISBN; 2-89133-069-2 - 232 pages •Le sujet se cherche dans son rapport à l’autre mais ne se * “ —A—* *—:-olus.Son expérience lui Amitié?Comment sa-Tendresse?Violence?Dans ce rapport avec un autre être, de son propre sexe cependant, est-ce bien l’autre «qu’il s’agit ou du même?Échappe-t-il aux pièces du narcissisme?Est-il amant ou éducateur?Aussi, pour éclairer sa propre expérience, se tourne-t-il vers ces auteurs aux pensées contrastées que sont Rousseau et Sade, à travers lesquels il réfléchit sur l’extrême altérité du sentiment et du désir.Michel Morin, qui est professeur de philosophie au Cegep de Longueuil, est l’auteur de plusieurs ouvrages, spécialement du Territoire imaginaire de la culture et de L’Amérique du Nord et la culture.15,95$ En vente dans les librairies Diffusion: Messageries Prologue 2975.Sartelon, Montréal II4R 11,6 — Tel.: 332-5860 montage.Dans Quai ouest, comme dans La Fuite à cheval très loin dans la ville publié l’an dernier, le lecteur pénètre un univers particulièrement inquiétant : villes abandonnées, hangar désaffecté, paysages en ruines où règne un climat d’étrangeté et de déroute, personnages tiraillés entre le rêve et la réalité, êtres à demi-éveil-lés, réchappés de la mort, qui luttent contre une lenteur pesante et s’accrochent à une réalité dont les formes sont à peine reconnaissables.Ici, près d’un ancien port, un homme mettra deux lourdes pierres dans les poches de sa veste et se jettera dans le fleuve.Mais il sera repêché.Une foule s’attroupera.Comme toujours chez Koltès, l’anecdote a peu d’intérêt et l’histoire, comme la réalité, offre peu de prise.Livres et pièpes sans sujets, mettant en scène des personnages mal définis et dont on ne connaît pas les motifs, les textes de Koltès racontent sans résoudre.Mais, en même temps, une fascination s’exerce de la première à la dernière page.Et j’imagine qu’à la scène, ces pièces soumettent le spectateur au même ensorcellement.Alanguie, l’action possède une ténébreuse force d’attraction.Impuissants, défaits, sans motivations réelles, les personnages aimantent le lecteur comme une spirale en mouvement dont on tenterait de fixer le centre.Indescriptible, l’atmosphère trouble et embrouillée qui y règne a quelque chose d’obsédant, de cauchemardesque.Il faut dire que Koltès manie savamment la langue.Ainsi, dans Quai ouest, après une ouverture constituée de longs monologues d’êtres qui semblent se chercher dans le langage, chercher quelque chose, n’importe quoi, eux ou le monde, qui cherchent à identifier quelque chose de réel qui leur permettrait de savoir qu’ils existent encore, on apprend que ces hqmmes et ces femmes sont des étrangers qui ne parlent donc pas leur langue maternelle.Toute la pièce s’élabore d'ailleurs sur ce rapport qu’entretiennent les personnages (des immigrants) à la langue de l'autre, celle du pays qui les a recueillis, celle du pouvoir.Cela donne un texte déroutant, écrit dans une langue tortueuse, syncopée, une langue qui s’auto-rep'résente et se retourne sur elle-même comme une bande moebienne.Les personnages (déracinés, exilés de partout), que l’on croit d'abord ivres, endormis ou sous l’effet de la drogue, parlent avec une logique et une structure qui n’appartiennent qu'à leur langue et leur pays d’origine.Il y a donc constamment décalage linguistique, mouvance du texte qui, comme chez Tchékhov, permettent au lecteur d'investir l’espace très vaste entre ce qui est dit et le sens que peuvent prendre ces paroles.Est-il besoin de souligner que Quai ouest (que Patrice Chéreau porte à la scène ces jours-ci à Nanterre) est un texte magnifique qui, comme tous les grands textes théâtraux, joue sur le rapport conflictuel entre l’homme et la/sa langue, sur la fugacité du sens et l’équivoque.OUVERT 7 JOURS JUSQU A 21 HEURES LibraineChamp.qny.ini 4.174 .rue Sami.Denis Montreal (Que ) ¦844 2587 ( licinimsiiv UN JOUR OU L AUTRE I 1-1 A KRISTOF ET SES I0NSTRES" Un son étonnamment neuf.Geneviève Brisac / Le Monde Un roman de I immanence, eau comme un rêve de glace, la première oeuvre, mais magistrale, de Agota Kristof.Dominique Durand Le Canard enchaîné AGOTA KRISTOF Le Grand Cahier K O M A N AUX EDITIONS DU SEUIL 16,95$ “A travers l’histoire de Jumeaux adorables mais diaboliques et de leur terrifiante grand-mère, Agota Kristof porte sur la guerre un regard lucide et Impitoyable.Son “Grand Cahier” est d’une déconcertante beauté Christiane Charette/Bon Dimanche S E U I L PROGRAMMEURS À GAGES un thriller de Jacques Bissonnette AVEC UN N$GKE sans se FVriutTh .• * m >.w r V LA FERRIERE ON PENSE déj* VACANCES CHEZ VLB! Un véritable thriller écrit par un spécialiste de la sécurité informatique.Une histoire tout à fait plausible, bien que toute ressemblance avec.est tout à fait fortuite! 282 pages —14,95$ COMMENT FAIRE L’AMOUR AVEC UN NËGRE SANS SE FATIGUER Le livre le plus commenté de l’heure.Il faut maintenant dire: «Avez-vous lu Dany Laferrière?» Un roman d'humour qui deviendra à coup sûr un «classique» de notre littérature! 156 pages — 12,95$ C-4 ¦ Le Devoir, samedi 3 mai 1986 LE DEVOIR CULTUREL Les lendemains de la Révolution tranquille LETTRES QUEBECOISES STÉPHANE LÉPINE ?Jean-Robert Sansfaçon, Loft story, (prix Robert-Cliche 1986), Quinze, 1986, 219 pages.4 L’EXEMPLE de nombreux f\ pays occidentaux, le Québec Ém.des années 1960 et 1970 fut marqué d’une série de bouleversements.Mais la crise qui fit trembler notre coin de pays et l’Occident tout entier ne fut pas tant économique, comme d’aucuns le prédisaient, que politique et, plus encore, morale et spirituelle.Comme aux Etats-Unis ou en Europe occidentale, les principaux acteurs de notre révolution tranquille furent d’abord les étudiants et les intellectuels.Contestataires de salon et de salles de classe, ceux-ci réinventaient le monde à la Lune de Papel (voir Maryse, de Francine Noël), participaient à des manifestations ou, comme le dit le narrateur de Loft story, « sautaient sur leur petite moto et "se baladaient en ville, marquant de peinture tout ce qu’ils exécraient, tout ce qui pouvait représenter une forme d’autorité .La mode était aux gestes politiques délinquants.Mais c’était surtout de goût de vivre, de complicité dans le risque dont il était question.Ils baignaient dans un climat de révolte et toute forme d’injustice les touchait droit au coeur ».Ces révolutionnaires tranquilles n’ont pu renverser le pouvoir des gouvernements, ni les institutions, mais ont affaibli leur crédibilité et leur prestige.Ils n’ont pas opéré une véritable révolution mais plutôt une rébellion d’ordre culturel, qui n’était donc pas seulement une explosion contre la société de consommation capitaliste, mais aussi un mouvement libertaire, une critique passionnelle et totale de l’État et de l’autorité.Pendant ces 10 « années-déclic », la critique des sociétés canadienne et québécoise fut donc l’oeuvre des poètes, romanciers et philosophes.Une critique parfois violente et lucide.Le mouvement qu’ils dirigeaient, admirable par bien des idées, a oscillé entre la religion et la révolution, entre l’érotisme et l’utopie.Mais soudain, aussi rapidement qu’il avait surgi, il s’est évanoui.La Révolution tranquille est née quand personne ne l’attendait et a disparu de la même façon.Aujourd’hui, si le Phénix ne renaît pas encore de ses cendres, du moins prend-il conscience que ses feux se sont éteints, que sa passion s’est consumée.U ne fois de plus, ce sont les écrivains, les artistes et les intellectuels qui reprennent le flambeau.Francine Noël fut l’une des premières à remuer les cendres de sa génération en voie d’extinction.Roman habile, document socio-historique important, Maryse posait un regard clairvoyant sur les utopies et les contradictions d’une époque pas si lointaine.Récemment, Yves Desgagnés et Louise Roy (Les Nouilles) et le Grand Cirque ordinaire ont tenté de donner une vision théâtrale de notre désillusion, de notre conformisme et du malaise qui frappe notre société qui ne croit plus en rien.Dans Loft story, prix Robert-Cliche 1986, Jean-Robert Sansfaçon aborde à son tour ces questions cruciales.Si la mode était auparavant aux gestes politiques délinquants, aujourd’hui, que camoufle-t-elle ?Autrefois, les freaks fréquentaient le « Red Spot », un lieu clandestin, un bar illégal dont il ne reste plus, à la fin de Loft story, « que le nom, et encore s’était-il francisé, affichant un bien sage “lumière rouge”.En moins de quelques mois, l’endroit s’était métamorphosé.On avait choisi la légalité ».Les changements qui ont marqué cet endroit sont-ils le signe d’une légalisation progressive des forces subversives, d’une victoire aussi, celle de la langue et de la francisation ?Que sont devenus nos amis contestataires ?Est-il donc vrai que « les années s’étaient chargées de les ramener à eux-mêmes comme seuls sujets, seuls objets possibles de ce bonheur difficile » ?Les questions qu’aborde Jean-Robert Sansfaçon dans ce roman ne manquent pas d’intérêt.À travers le portrait 5.rue Berri.Montréal.Québec 112.1 2R6 — 'Ici.: 524-2019 Mais n’est-il pas ainsi quand il se retrouve seul à tenter la création alors que plus personne ne peut rien pour lui, ni rien contre lui ?Alors, ce qui importe, dans l’esprit de Miller par exemple, ce « n’est pas d’avoir écrit, mais d’écrire, écrire, de créer ici-maintenant ».C’est à ce niveau que se situe Pierre Bertrand dans un ouvrage généreux, tout entier traversé par un goût de toucher la vie (créatrice) dans ce qu’elle a de plus débordant.Dans cet ouvrage intitulé L’Artiste, ce qui intéresse Pierre Bertrand, c’est de découvrir et de nommer chez des gens aussi différents que Deleuze, Kafka, Miller, Proust, Lawrence, Beckett, Cézanne, par exemple, cette « force de vie, indomptable, invulnérable » qui passe à travers l’intensité et qui se révèle dans la « capacité de faire corps-à-corps avec le problème ou la question soulevée, de se couler en lui pour ainsi dire, de “s’enfoncer” en lui, d’être tout entier en lui, corps et âme, le corps, le coeur, l’esprit, les nerfs, etc.».Au fond, l’essayiste cherche à reconnaître l’artiste au moment où il passe de l’être, où il cesse d’être le personnage avec ses petites lâchetés, c’est-à-dire au moment où il l’est pleinement.Et peu importe, dans son LIVRES RÉCENT ET ANCIENS Achat st vanta la plut grande librairie 251 Ste Catherine E VIENT DE PARAITRE LIBERTÉ i« EMILY DICKINSON avril 1986 5$ 40 poèmes d'Emily Dickinson (text* original) et traduction de Charlotte Melançon Articles de Charlotte Melançon, Pierre Nepveu, Martin Sylvestre, Robert Melançon, Gilles Farcet et Jacques Brault Chronologie et bibliographie.Aussi nos chroniques habituelles.NUMÉROS récents: L'Orient de l'eeprit (157), Leur littérature (159), l'Hypothèse Dieu (111), Le Tour du Québec par deux entants (163,19) NUMÉROS à venir Vues sur la nature (155), Auteurs méconnus, Poésie hongroise, Philosophie LIBERTE parait six fois l'an.L'exemplaire: 5$ L'abonnement: 20$ Veuillez m'abonner à compter du numéro.NOM.ADRESSE.esprit, qu’il y ait représentation du ratage, de la violence, de la plainte ou de la bureaucratie : ce qui est fondamental, ce n’est pas ce qui est montré, c’est le fait de l’écrire, c’est l’acte, dirait le personnage de René Lapierre dans L’Été Rebecca : c’est la part inaliénable, inviolable, celle qui est branchée sur le courant infinitif de la vie.Miller aimait bien la phrase de René Crevel qui disait : « Nulle audace n’est fatale».Il voyait, dans « ce courage d’oser affronter, c’est-à-dire de créer, à partir d’une base infime et fragile [.] toute la logique de l’univers.» Toute sa joie.« Ce qui compte, pour Pierre Bertrand, c’est le corps à corps lui-même, comme contact très intense, sans moi et sans toi, sans sujet et sans objet.» C’est qu’il croit à la situation d’un corps « nu » qui ne serait que là, au milieu des choses, en connexion, alors qu’il n’y aurait ni observateur ni observé, ni identification ni séparation.Ce serait, comme dans l.’amour courtois, « un événement plein de lui-même, et qui ne manque d’absolument rien », un événement dégagé de l’image, du concept, du cliché et du fantasme.Disposition d’un dépouillement et d’une sobriété qui est affirmative de la vie comme devenir.« L’essentiel, disait Miller, c’est de se rendre parfaitement inutile, de s’absorber, dans le courant commun, de redevenir poisson et non de jouer les monstres ; le seul profit (se disait-il encore) que je puisse tirer de l’acte d’écrire, c’est de voir disparaître de ce fait les verrières qui me séparent du monde.» Ce livre est généreux autant que la vie peut l’être quand elle veut croire aux forces de créativité qui l’animent.C’est un livre exigeant comme la ferveur seule est capable de l’être quand elle porte au bout son intensité.Mais c’est aussi, malheureusement, un livre qui ne se confronte pas suffisamment à la réalité.Quand il dit que les artistes sont « des gens humbles, qui passent, qui veulent passer inaperçus, (qui) ne recherchent pas les premiers rangs, les postes de “responsabilité”, bien au contraire, ils les laissent aux “serviteurs” fidèles », c’est bien mal connaître les artistes.À ce niveau, le livre n’échappe pas à la tentation mystificatrice.Malgré cette réserve, c’est un livre utile, un livre qui n’est pas dépourvu de courage.Il faut lire chez TRIPTYQUE C.P.670.Succursale «N» Montréal, H2X 3N4 Je connais le contenu de son manuscrit dans les moindres détails; je pourrais vous en faire la lecture les yeux fermés.Ses lettres et ses mots, ses phrases et ses fautes s’agitent dans un espace brisé — quelque part — aux côtés des carnets de son père.Mon fils Simon a écrit ce journal il y a un an, caché dans l’appartement d’Étienne sur la rue de La Montagne, pendant que mon exmari rédigeait ses carnets de voyage dans une chambre d’hôtel en Martinique.Voilà la réalité.Et puis, il y a cette longue lettre de Robert que j’ai reçue quelques mois plus tard.Journal, carnets et lettre devant les yeux.C’est une histoire à finir entre Étienne Brodeur et moi.G D Distribution: Diffusion Prologue Inc.Vient de paraître IB en Livre de Poche - Biblio La cérémonie du Naven Gregory Bateson À la fois récit ethnologique et autobiographie intellectuelle, cet essai est l’un des livres fondateurs de l’anthropologie moderne.Traduit de l’américain.BATESON LA C K R É M O N l E 1) l.r N A N' E N CODE POSTAL.-.Découper al poster avec votre chèque 4 LIBERTE C P .399, SUCC.OUTREMONT MONTRÉAL, QUÉBEC H2V 4N3 En vente chez votre libraire LE DEVOIR CULTUREL Le Devoir, samedi 3 mai 1986 ¦ C-5 LA NOTE BLEUE GILLES ARCHAMBAULT Une bien douce passion LE MOIS dernier, j’ai soumis une fois de plus les auditeurs de Jazz soliloque au supplice du * blindfold test ».Pour ceux d’entre vous qui l’ignoreraient, il s’agit de deviner, selon le cas, le nom d’un musicien ou le titre d’une pièce à la simple écoute d’une pièce donnée.Cette pratique en jazz est tout aussi répandue que celle qui consiste à mettre à l’épreuve le goût des oenologues.L’espace de quelques jours, j’ai reçu bon nombre de lettres dont la caractéristique était l’enthousiasme.Pour le plaisir de concourir et le mince espoir de remporter un prix bien modeste, on avouait s’être torturé l’esprit à soupeser, à jauger, à supputer les nuances d’une interprétation.Je crois connaître l’amateur de jazz.C’est un être fidèle, féroce dans ses admirations comme dans ses condamnations.Il dépense des sommes folles pour acquérir un disque rare, priverait ses enfants de manger pour un inédit de Thelonious Monk, ne connaîtra de Nice que son festival de jazz, etc.Il faut aussi le voir, pendant notre festival a nous, regarder de haut les bouseux qui applaudissent à tous et qui prennent pour argent comptant tout ce qu’une organisation habile leur fait croire.Il se croit futé, l’amateur de jazz, et, très souvent, il l’est.Car, autrement, comment pourrait-il découvrir après une simple écoute que tel solo au saxo ténor est de Don Byas et tel autre à la trompette de Clark Terry.Je me suis souvent demandé comment cet amateur typique qui aime et collectionne les disques de jazz peut faire dans une vüle aussi pauvre à ce chapitre que Montréal.Si son travail ou ses moyens financiers ne lui permettent pas de voyager, je le plains.Comment réussit-il à cacher ses frustrations ?Une tournée à New York ou à Paris lui montrerait l’étendue de ses misères.Ces lettres de doux maniaques, je les ai relues avec attention.Il m’a semblé, une fois de plus, que si l’humanité comprenait plus de ces passionnés de musique, d’art et de littérature, il y aurait moins de fanatiques religieux, d’agitateurs pro-vie, de bellicistes invétérés et de bran-disseurs de pancartes tous azimuts.Anthony Braxton, Seven Standards 1985, volume II.Magenta MA-0205.Cette nouvelle étiquette, parrainée par Windham Hill Records, vient apporter à cette firme discographique le sérieux qui lui manquait encore.Windham Hill, c’est plutôt la guimauve un peu éthérée, la musique méditative pour les classes moyennes.Avec Braxton, c’est autre chose.On sait que ce saxophoniste dont la démarche musicale est très exigeante, très proche de la musique contemporaine, n’a connu jusqu’ici qu’un succès de critique.Le public suit mal un artiste dont les compositions font référence à Webern ou à Hindemith et dont les titres ne sont très souvent que des diagrammes.Le disque dont il est question ici est d’un abord plus facile.Il s’agit de thèmes empruntés à Monk et à Parker, par exemple.La section rythmique comprend Hank Jones au piano, Rugus Reid à la basse et Victor Lewis à la batterie.Bref, on entre facilement dans un répertoire et un jeu pour nous connus.Intrigant parfois, toujours passionnant.Michel Petrucciani et Ron McLure, Cold Blues.Owl 042.Les disques du jeune pianiste niçois continuent de pleuvoir sur nous.La compagnie du contrebassiste vient rehausser d’un cran une session qui se recommandait déjà par son intégrité.Petrucciani n’est pas encore un pianiste original, mais son discours évansien n’ennuie jamais parce que varié et logique.Ralph Towner et Gary Burton, Slide Show.ECM125038.Une fois de plus, un disque ECM dont on peut dire qu’il n’est certes pas mauvais mais qu’il engendre, à plus ou moins brève échéance, un effet légèrement soporifique.À consommer à très petite dose, à moins que vous vous croyiez à l’abri du sommeil.Ne me faites surtout pas dire que Burton joue mal, qu’il est vulgaire, ou que Ralph Towner ne produit pas au moins six ou sept joliesses par minute.MUSICA 29 SEPT.1986 Ensemble PRO MUSICA (Charles Dutoit) 20 0CT.I MUSICI de Montréal /Ensemble TUD0R (à l’église St-Andrew and St-Paul) 24 NOV.MUSICA ANTIQUA KÙLN (Cologne), (à l’église St-Andrew and St-Paul) 15 DÉC.LOUIS LORTIE, pianiste 19JAN.1987 MUSIC FROM MARLBORO 16 MARS MARTTI TALVELA, basse, (Cycle Winterreise de Schubert) 13 AVRIL CLAUDE HELFFER, pianiste II MAI AMERICAN STRING QUARTET/ HEINZ H0LLIGER, hautboïste HUIT CONCERTS Parterre, Corbeille A-B: 80.00$ Corbeille, C, 0, E: 70.00$ Balcon: 55.00$ Étudiants: 30.00$ redevance P D A.incluse Billets à l’unité: 12$, 10$, 8$, 5$ (étudiants) Théâtre Maisonneuve Place des Arts Réservations téléphoniques: 514 842 2112.Frais de service.Redevance de 1 $ sur tout billet de plus de 7$.Société PRO MUSICA (13h à 17h) 845-0532 1410, rue Stanley, bureau 408, Montréal (Québec) Canada H3A1P8 Au bout de chaque cigarette Un seul filtre: vos poumons COURS DE CHANT (SESSION PRINTEMPS-ÉTÉ) René Bergé, ténor canadien, boursier à Rome en 1955, carrière européenne, professeur en province depuis 5 ans et nouvellement installé à Montréal.Pédagogue expérimenté, expert en technique vocale.Aussi cours de théorie musicale et de solfège.Répertoire: opéra, concert et léger.309-7772.Prévert a toujours refusé de devenir edulte et il a bien fait! FFFEfV PRÉSENTE 80 personnages pittoresques, S3 sketches, 1h30 de douce toile.lumière Olivier Gascon DU 8 AU 19 MAI Billetterie |Our el nuit au LUX s^Vlieu Une collaboration du CONSEIL DES ARTS DU CANADA et de l’HYDRO-QUÉBEC PRO MUSICA présente I MUSICI DE MONTREAL directeur et soliste: YULI TUROVSKY, violoncelle LUNDI — 26 MAI 20h00 Programme: Haendel, Rossini, Chostakovitch, J.C.Bach (soliste Yuli Turovsky) Honegger (soliste James Thompson, trompette).BILLETS: 10$, 8$, 6$ Étudiante 5$ Pro Musica, 1410 Stanley #408 845-0532 cft> Théâtre Maisonneuve Place de.s Arts Iles* mvalions toluphoniciuus * ‘>14*842 21 12 f rais'dt» sci^.• RcrloViliH e tir 1 $ sur lout, billet de plus de 7 $ • ¦ CLAUDE GOYETTE ¦ Inventeur d’espaces PAUL LEFEBVRE TOUT COMME l’écriture théâtrale d’ici a trouvé sa respiration propre à la fin des années 60, la scénographie semble être en train, ces années-ci, d’opérer un semblable épanouissement.Non seulement ce qui se donne à voir sur nos scènes a-t-il peu de rapports avec des influences étrangères, mais semble aussi s’y transposer une façon, la nôtre, de vivre l’espace.Parmi les concepteurs visuels, Claude Goyette occupe une place importante, grâce à des scénographies dont la qualité première est un équilibre dynamique entre stylisation et réalisme.À partir d’éléments qui évoquent le réel, Goyette crée des espaces aux lignes fortes, à la géométrie parlante.Ce qui bouleverse, dans son travail, c’est qu’à travers la substance, crie toujours l’essence des choses.Sorti en 1975 de l’option théâtre du collège Lionel-Groulx, Goyette a déjà derrière lui 10 ans de métier.En ce moment, on peut voir son travail sur deux importantes scènes montréalaises au TNM pour Othello et au théâtre Denise-Pelletier pour Une brosse.Cette seule saison-ci, on avait déjà pu voir aussi ses réalisations pour La Mort accidentelle d’un anarchiste chez Duceppe, pour L’Année de la grosse tempête au CNA et pour le Picasso théâtre au Musée des beaux-arts.La seule nomenclature de ses scénographies remarquables serait trop longue; on se contentera ainsi de mentionner : Macbeth ( La Manufacture, 1978; un travail révo-lutionnaire), Britannicus (NCT/CNA, 1982), Le Portrait de Dora (Ubu/ Quat’Sous, 1983), Les Belles-Soeurs (CNA/NCT/Bois-de-Coulonge, 1984) et Le Facteur réalité (théâtre d’Aujourd’hui, 1985).« Une bonne scénographie, dit-il, ce n’est pas un ego-trip.Ce n’est pas une expression artistique pure, non plus.C’est la traduction d’un travail d’équipe qui se concrétise dans l’espace.Ce n’est ni plus ni moins qu’un art appliqué.Tous les jeunes décorateurs commencent par des ego (ripsd’artistes; or le travail, ce n’est pas ça.Il faut être impliqué émoti-vement, jusqu’au bout, comme dans n’importe quel travail artistique digne de ce nom; mais il faut posséder, en même temps, un mécanisme de détachement quand, pour s’ajuster au travail des autres membres de l’équipe, il faut tout jeter à la poubelle et recommencer.« Une bonne scénographie colle au texte, fait corps avec la vision du metteur en scène.Je ne sais jamais comment je vais réagir à la lecture d’un texte : des fois, ce qui s’impose à moi, c’est une atmosphère, d’autres fois, des émotions .Je pars de là ; je rationalise après.« S’il y a une quête centrale dans mon travail, poursuit-il, c’est celle d’une double résonance : avec les acteurs et avec la salle.Je travaille toujours avec le nombre d’or; jusqu’à preuve du contraire, c’est la seule façon de faire résonner un espace en rapport avec des êtres humains.J’utilise le Modulor, qui est la synthèse qu’a fait Le Corbusier des différentes méthodes de calcul de la section d’or.En fait, c’est la codification de choses instinctives : une porte de sept pieds est correcte, une porte de huit pieds est ridicule et une porte de 10 pieds provoque une résonance particulière.Chaque salle de théâtre a ses proportions et son volume propres; ainsi, j’essaie de toujours accorder mes scénographies à l’ensemble salle-scène particulier à chaque lieu théâtral.« C’est en travaillant sur Britannicus avec André Brassard que j’ai pu développer le plus ma pensée et mes techniques par rapport à l’utilisation scénique de la section d’or.Dans cette production, je collaborais avec François Barbeau, qui était responsable des costumes; cet homme est pour moi un maître.À chaque fois que je travaille avec lui, j’apprends de façon incommensurable.« Pour Othello, je travaille avec la costumière Mérédith Caron, qui est de la même chair que François Barbeau.Avec Michel Beaulieu aux éclairages, nous formons une équipe d’une exceptionnelle connivence : les réunions de production ne sont jamais bien longues.Le décor d'Othello n’est pas situé géographiquement, mais il est inspiré par cer- Photo JacqtiM Grenier Claude Goyette.taines harmoniques : Venise, le monde arabe, l’islam.Le metteur en scène Olivier Reichenbach voulait un décor qui évoque l’histoire mais qui soit ouvert sur le contemporain.Les costumes de Mérédith Caron vont dans ce même sens : ils ont l’air de costumes d’époque mais ils ont aussi l’air de créations de haute couture.Il y a des manteaux que je voudrais porter.C’est un décor qui laisse le spectateur libre : il peut croire à l’illusion d’un réel passé comme il peut y voir un habile arrangement de faussetés qui essaient de dire vrai.« Il s’agit toujours, en fait, de créer un heu, conclut-il.Quand on a un lieu, le reste va de soi.J’essaie d’inventer un espace, avec ses atmosphères, ses émotions.J’essaie de donner une impression de vrai, même si le théâtre, c’est faux.» PIERRE HENRY, Dieu et L’Apocalypse Suite de la page C-1 À la présence d’un comédien, ajoutons encore que Dieu se distingue de L’Apocalypse par le vocabulaire sonore qui s’y trouve.Pierre Henry parle, d’ailleurs, de son « propre répertoire de sons hugoliens ».« Dieu est plus instrumental, c’est-à-dire que j’ai beaucoup travaillé avec de petits instruments à vent spécialement fabriqués pour cette oeuvre : des sortes d’appeaux qui imitent le chant des oiseaux.Il y a beaucoup de sons proches de la nature, alors que, dans L’Apocalypse, le travail des sons est plus électronique.» À propos de l’origine des sons, Pierre Henry ajoute : « Dans mon travail, j’ai quand même plus de 50 % des sons qui restent naturels et que j’enregistre spécialement dans mon studio : des sons de piano préparé, de percussion, de harpe, ou des sons vocaux.Je n’aime pas beaucoup les manipulations importantes, les traitements qui transforment trop le son original.Cela ne me gêne pas que l’on reconnaisse un orage, un piano ou une flûte.C’est un orchestre de l’univers, une sorte d’orchestre global pour les sons : c’est cela que je recherche.» Mais qui dit musique électroacoustique dit haut-parleurs et problèmes de spatialisation du son.« Comme pour L’Apocalypse de Jean, d’ailleurs, Dieu engendre les mêmes problèmes de spatialisation.Ce sont des oeuvres comme je les fais toujours; elles requièrent donc un grand nombre de haut-parleurs et un clavier de diffusion à partir duquel j’agis comme un chef d’orchestre.Au concert, j’ai toujours voulu accorder une grande importance à la diffusion.» L’Apocalypse de Jean ne sera diffusée que le 8 mai.Il s’agit d’un classique de l’électroacoustique, conçu dans l’esthétique à la fois naïve et raffinée d’un grand livre d’enluminures, alternant le spectaculaire et l’austérité, écrit Michel Chion.Com-posée.en 1968, c’est une évocation colorée, dramatique et méditative à la fois des principaux épisodes de l’Apocalypse de Jean.Dans de nombreuses séquences, la voix du récitant est « multipliée » (mais jamais déformée), pour créer des trios, des ensembles homophones ou, au contraire, polyphoniques.Pour mieux connaître l’oeuvre de Pierre Henry, il faut lire l’ouvrage que lui a consacré le musicographe Michel Chion, compositeur lui-meme de musique électroacoustique.Concentré sur l’oeuvre plutôt que sur l’homme, ce livre parcourt les 30 premières années de la vie créatrice de ce « créateur à la fois réputé et marginal ».Dans une écriture facile à lire, il parle avec intelligence de « l’oeuvre d’un homme solitaire et absolu, qui a refusé jusqu’ici les compensations du chef d’école ou du maître à penser » ( Pierre Henry, 221 pages, paru chez Fayard dans la collection «Musiciens d’aujourd’hui»).un»«.U» l pimtoch* visuel Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts Réservations téléphoniques: 51 4 842 2112.Frais de service.Redevance de 1 $ sur tout billet de plus de 7 $.RADIO-MUSIQUE ?RADIO-CULTURE ?RADIO-CANADA 24 HEURES SUR 24 AU RÉSEAU FM STÉRÉO DE RADIO-CANADA Samedi 3 mai 1986 12h00 Les Jeunes Artistes Jean-Luc Plourde, vl.Extr.Sonate no 7, op.1 (Veracini); extr.Sonate no 4, op.23 (Beethoven); Sonate pour violon seul no 4, op.27 (Ysaye).- Nancy Pelletier, p.Prélude et tugue en mi bém.- Vol.2 (J.S.Bach)'; Sonate en mi bém.(Haydn); Étude, op.2 no 1 (Scria-bine); Sonate no 3, op.28 (Prokofiev).13hOO Des musiques en mémoire 14h00 L’Opéra du samedi «Demophoon» (Cherubini): Carlo del Bosco, Hakan Hagegard, Unda Kelm, Veriano l.uchetli, William Matteuzzi, Silvano Carrob, Cecilia Gasdia, Choeur de la Radio de Budapest et Orch.de la RAI, dlr.Gianluigi Gelmetti.Anim.Jean Deschamps 18h00 Concert Intime Robert I.angevin et Guy Vanasse, fis.; 3 Duos brillants ( Kuhlau) et -Thème et variations sur un air suédois» (Dahl).18h30 Musique de table Oeuvres de Handel, Rachmaninov, Telemann, J.S.Bach, Brahms et Mendelssohn.Anim.Jean-Paul Nolet.20h00 Orchestres américains Orch.symph.de Chicago, dir.Ivan Fischer.Ouv.- L’Italienne à Alger» (Rossini); Symphonie no 5, D.485 (Schubert); Musique pour instruments à cordes, percussion et célesta (Bartok); -Danses de Galanta» ( Kodaly).22h00 Jazz sur le vif ' Du Festival international de jazz de Montréal 1985.Inv.Dr.John.23hOO Musique de chambre 23h30 Le Voyage Intérieur -Songs of Eternity» (Schawkie Roth).Anim.Yvon Leblanc.Dimanche I niai 1WW OhOO Musiques de nuit Anim.Monique Leblanc.5h55 Méditation «Rien n’est profane» (Michel Quoist).6h00 La Grande Fugue Ire h.: Oeuvres de Rameau, Gaix d’iler-velois, Arrauxo, Cabezon et Cabanilles.2e h.: Oeuvres de Berwald, Beethoven, J.S.Bach.Veivanovskv et Purcell.-3e h,: Oeuvres de Bizet, Debussy, Mozart et Dittersdorf.Amm.Gilles Dupuis.9h00 Musique sacrée «Ave Maria» (Bruckner); «Freischutz-messe» (Weber); «Exsultate Jubilate», K.185 (Mozart); Prélude et choral no 8 (Krebs) 10h00 Récital Dorothy Weldon, harpe, et Rafael Ma-sella, clar.10h30 Les Goûts réunis John Grew, clavecin et orgue de la salle Redpath de l’Université McGill.Suite no 1 en sol (D’Anglebert); Ouv.«Nach Franzosischer Art», BWV 831 (J.S.Bach); Hymne «Pange lingua» (Gri-gny) ; Choral «Notre Père qui êtes aux cieux» (Bohm); Choral «Notre Père qui êtesaux cieux», BWV 682 (J.S.Bach).Anim.Diane Giguère.11h30 Mélodies • Brigitte Toulon, sop , et Lorraine Prieur, p.«Ruhesanft» (Mozart); «Regret» et «Pierrot» (Debussy); «Portrait de l’oiseau qui n’existe pas» (Pascal); extr.«Madchen blumen», op.22, et «Als-mir dein Lied erklan», op.68 (R.Strauss).12h00 Pour Is clavlsr Samson François (2e de 6).Concerto pour piano en sol, 'Gaspard de la nuit» et «Jeux d’eau» (Ravel): Samson François et Orch.du Conservatoire de Paris, dir.André Cluytens.Anim.Jean Perreault.13h00 Los Musiciens par suz-mémss Inv.Otto Joachim, altiste et compositeur.Anim.Renée Larochelle.14h30 Concert dimanche Jaap Schroeder, vl, et Mireille Lagacé, clv.Sonate, BWV 1016, et Partita, BWV 1006 (J.S.Bach); Sonate, op.1 no 10 (Handel); Sonates (Scar- latti); Sonate, BWV 1017 (J.S.Bach).Anim.Jean Deschamps.16h30 Lee Grandet Religions «L’Église orthodoxe- (28e de 45).«Histoire de l’Église de Géorgie».Inv.Père Eli Mélia.Int.Pierre Gariépy.Prés, Jean Deschamps.17h00 Tribune de l’orgue Festival international de Radio France et de Montpellier.André Isoir à l’église Saint-Cuilhemle-Désert.Extr.de la Tablature de Dublin (anon.) ; Chaconne en ré min.(Pachelbel); extr.Premier livre d’orgue ( Dandrieu ) ; «Pièce pour l’Élévation» (Calvière); extr.«Magnificat du 8e ton» (Corrette); «Sept pièces pour horloge à flûtes» (Haydn); Sonate pour orgue à cylindre (Cherubini); 4 «Préludes de Noël sur des cantiques de Denizot» (Boëly); «Prières des orgues» (Satie); «Jeu de quarto» (Ber-thier).Anim.Jean Perreault.18h00 A travers chants Le Choeur de l’ile, dir.Claude Bélisle, Louis Laframboise, p.«Le Retour des chansons» (Bélisle); «La Pendule syncopée» ( Anderson/Parish/Beaure-gard); «La Langue de chez-nous» (Du-teil/Bélisle); «Au coeur d’une chanson» (Dantin/ Beauparlant/ Bélisle ) ; « M arie-Calumet» (folk./Bernard/Bélisle) ; «Ave Maria» (Bélisle); «Si l’on revient moins riche» (Sardou/Revaux/Beau-parlant).18h30 Musique de table Oeuvres de Haydn, Rameau, Saint-Saëns, Schubert et Mompou.Anim.Jean .Paul Nolet.20h00 Musiques actuelles «Le printemps électroacoustique 1986».Concert d’ouverture diffusé directement du Complexe Desjardins à Montréal.André-Luc Desjardins, Bruno Fee-teau, Claude Schryer, Daniel Toussaint et Michel Drapeau, électroacousticiens.Anim.Janine Paquet 22000 Jazz sur le vif De Vancouver.New Acoustic Group.23h00 Musique de chambre 23030 Le Voyage intérieur «Behind Eleven Deserts» (Stephan Mi-cus) et «After the Heat» (Eno-Roede-lius/Moebius).Anim.Yvon Leblanc.Lundi 5 mai ItIHii Oh00 Musiques de nuit Intégrale Gustav Mahler.«Das kla gende lied» ; Elisabeth Soderstrom et Evelyn Lear, sop.; Grace Hoffmann, mezzo; Ernst Haefliger et Stuart Burrows, t.; Gerd Nienstedt, bar ; Choeur et Orch.philh.de Londres, dir.Pierre Boulez.Anim.Michel Keable.5h5S Méditation «Comme la mer.» (Michel Quoist).6000 Lee Notes Inégales Ire h.: Concerto pour pianoforte, op.13 no 2 (J.C.Bach); «Hard Be A Crystal Fountain» (Morley); Nocturnes nos 2 et 3 (Fauré); Concerto à cinq, op, 1 no 11 (B.Marcello).-2eh.: Extr.«Tafelmusik» (Telemann); Sonates pour clavecin, R.73 et 108 (Soler); Ada gio et allegro pour violoncelle et piano, op 70 (Schumann); Marche et scherzo pour hautbois et guitare, op.33 (Coste) ; Symphonie, W.174 (C P E.Bach).Je h.: Trio «Sonatensatz», D.28 (Schubert) ; Concerto a due cori, HWV 333 ( H andel ) ;.Danses slaves», op.46 nos 3 et 8 ( Dvorak) : Symphonie en (a (Ga-lupi ) ; » Mouvement perpétuel» ( Paganini) ; 6 -Écossaises», WoO 83 (Beethoven) Anim.Francine Moreau 9h00 Musique en fête Ouverture du Carnegie Hall de New York.Ouv.Leonore» no 3 (Beethoven); op 18 no 3 (Paderewski); Symphonie no 9 -Du Nouveau Monde» ( Dvorak); Liebeslied, Récitatif, Scherzo et Caprice, op.16 (Kresiler); .Klnderto tenlleder» no 3 et 4 ( Mahler) ; Concerto pour piano en fa (Gershwin); «La Chevauchée des Walkyrtes» (Wagner); Ta- 11h30 Les Jeunes Artistes Alain Desgagné, clar., et Jean Sutherland, p.: 4 Pièces de fantaisie, op, 43 (Gade); extr.«Six Études sur des thèmes folkloriques anglais» (Vaughan Williams); Sonate (Bernstein).12h00 L’Art vocal Arrangeurs de prestige au début du XIXe siècle.Beethoven (1899) et Weber (1825): airs de folklore irlandais, écossais et gallois par Robert White, t.Enrg.récents, acc.piano, flûte et violon.Anim.André Hébert.13h00 Au gré de la fantaisie Tour du monde en musique : Vienne.Également le concours-énigme hebdomadaire.Anim.Sylvia i.’Ecuyer.16h00 En continuité • 6e de 10.«Deux fois un: les jumeaux» par Marie-France Rivière.«Castor et Pollux».Inv.Joelle de Gravelaine, astrologue et éditeur.16h30 Documents • 17h00 Libre parcours • Magazine culturel.Anim.François Ricard, Richard C.ay et Gilles Archambault.17h30 Présent-musique Magazine d’actualité musicale.Anim.André Vigeant.18h30 Libre échange • Pierre Olivier rencontre Yves André Istel, vice-président de la First Boston Bank, USA.19h00 Les Grands Commis de l’Etat • 3e de 13.Inv.Claude Morin et Jacques Parizeau.Int.Gisèle Gallichan.Int.et rech.Jacques Benjamin.20000 Concerts européens Festival de Salzbourg 1985.Quatuor La Salle, Stefan l.itwin, p., et Kenneth Griffiths, récitant.Quatuor, IL III/70 (Haydn): Quintette pour piano et quatuor à cordes (Webern); Quatuor, op.3 ( Berg) ; «Ode à Napoléon Bonaparte» pour quatuor à cordes, piano et recitant (Schoenberg).- De.la Radio polonaise.Orch.symph.de la Radio Katowice, dir.Jerzy Salwarowski.Nocturne et taran-telle”, op.28, et Symphonie no 2, op.19 (Szymanowski).22h00 Jazz-soliloque .En vedette: Wes Montgomery, John Faddis, Denny Christianson, Bud Powell, Red Garland, Don Friedman et Bill Evans.Anim.Gilles Archambault.23h00 Musique de chambre 23h30 Le Voyage intérieur «Silk Road» (Kitaro).Anim.Yvon Leblanc.Mardi 6 mai 1986 OhOO Muslquee de nuit Anim.Michel Keable.5h55 Méditation « La carte de la faim» ( Michel Quoist).6h00 Les Notes Inégales I re h.Sérénade pour flûte et guitare, op.109 no 3 (Carulli); Concerto pour piano no 2 (Field); «Tanz» (Debiasy).-2e h.: Concerto pour violon et flûte en ré min.(Vivaldi); «The Flatt Pavion» pour 2 luths (Johnson); Sonate no t pour basson et b.c.(M.Corrette); «Matins de printemps» pour piano (Masse-net) ; Concerto pour trompette et hautbois (llertel).• 3e h.: Symphonie en la (Vannai); «Sonatina méridional» pour guitare (Ponce); «Spagnoletta nuova al mododi madriglta» (Caroso); »Sca-ramouche» (Mlïhaud); «Bitte-Schon» (J.Strauss).Anim.Francine Moreau 9h00 Musique sn têts Anniversaire de Charles Rosen, planiste et musicologue américain.Extr «Les Noces de Figaro» (Mozart); Fantaisie, op 17 (Schumann), extr.«Le Livre du Jardin suspendu» (Schoenberg); Sonate pour piano (Stravinsky); extr Quatuor no 5 (Bartok); Variations pour piano, op.27 (Webern); extr.«Nlght Fantasies» (Carter).Anim.Renée La-rochelle.11h30 Concert intime Trio PCV (Nicolas Desjardins, clar.; Thérèse Motard, vc.; Louise Andrée Baril, p).Trio, op.94 (Berger).12h00 L’Art vocal La grande tradition française autour de la Première Guerre mondiale.Airs d’opéra rares ou familiers par les Marcel Journet, Fanny Heldy.René Lapelle-trie, Suzanne Brohly et la Canadienne Marie-Louise Edvina.Anim.André Hébert 13h00 Au gré de la fantaisie Biennale d’Helsinki 1985 Choeur de chambre de la Radio finlandaise.«Die Nachtigall» (Berg); «Zwei Phantasien» (Ligeti); «Criesof London» (Berio); «When I Crossed a Bridge of Dreams» (Boyd); «Wind Horse» (Takemitsu).Anim.Sylvia L’Ecuyer.16h00 La Renaissance: ombres et lumières • 10e de 13.«Contradictions de la Renaissance».Inv.Maurice de Gandillac, philosophe Rech.André Belleau.Int Richard Salesses.Texte et anim.Robert Mélançon.16h30 La Vie entière • 6e de 9.« La pêche à la ligne».Conception et anim, Pierre Morency.17h00 Libre parcours • Magazine culturel.Anim.François Ricard, Richard Gay et Gilles Archambault.17h30 Présent-musique Anim.André Vigeant.18h30 Présence de l’art • Trois spécialistes font le point sur l’art actuel.Christiane Charette, Michel Vais et Gilles Daigneault.19h00 En toutes lettres • Magazine consacré exclusivement à la littérature québécoise.Chroniqueurs; Gabrielle Poulin, Richard Giguère, Jean-Marie Poupart, Gilbert David, André Carpentier et Marie-Claude Tré-panier.Anim.Réjane Bougé.20h00 Concerts européens Festival de Salzbourg 1985.Dietrich Fischer-Dieskau, bar., et Harmut Holt.Lieder (Berg et Schoenberg).• De la RAI.Ens.Musica d’Oggi, dir.Salvatore Sciarrino.«Lohengrin» (Sciarrino).22h00 Jazz-soliloque En vedette: John Lewis, Warne Marsh, Lightin’ Hopkins, John Coltrane, Bobby Enriquez, Boulou Ferré et Larry Corel!/ Emily Remler.Anim.Gilles Archambault 23h00 Musique de chambre 23h30 Le Voyage Intérieur «Harps of the Ancient Temples» (Gail Laughton) et «Stlk Road» (Kitaro).Anim Yvon l-eblanc.Mercredi 7 mai I tlHfi OhOO Musiques de nuit Anim.Pierre-Olivier Désilets.5h55 Méditation « Nous avons gâché le travail» ( Michel Quoist) 6h00 I bleaux, op33 no 2 et op.39 no 9 (Rachmaninov).Anim.Renée Larochelle.OhOO Les Notes Inégales Ire h.: Ouverture à 7 en fa (Zelenka); «Magnificat anima mea» (Couperin); Danses espagnoles nos 7 et 9 (Grana dos).- 2e h.: Concerto pour hautbois et basson en mi bém (Wagenseil); Sonate pour viole de gambe et luth en sol (Abel); Concerto pour 2 clavecins no 1 (Soler); Concerto grosso, op.6 no 1 (Handel).-Je h.Sonate à 4 pour trompette (Gabrieli); 8 danses juives (anon XVIIe); «Valse triste», op.44 (Sibelius); Polonaise pour violon, D.580 ( Schubert ) ; «Chanson d’amour» pour flûte et piano,op.20 (Doppler); extr.«Le Bourgeois gentilhomme», op.80 (R Strauss).Anim.Francine Moreau.BhOO Musique en léte Karl Slamltzet l’école de Mannheim Symphonie en ré «La Chasse» (Sta-mitz); Caprlcclo pour violon et piano (Vogler); Symphonie en si bém.(Can-nablch); Quatuor pour flûte et cordes.K.285 (Mozart); Symphonie concertante en si bém.( Haydn) ; Sonate, op.53 «Waldsleln» (Beethoven); «Klnderto- tenlieder» (Mahler).Anim.Renée Larochelle.11h30 Récitai d’orgue Michelle Quintal, orgue Casavant-Lé-tourneau, église Saint-Slanislas-de-Champlain.Prélude (Delorme); «Rhapsodie sur 4 noëls» (Piché); «Quatre pièces pour un jour sombre» ( Bé-dard); Introduction et chaconne (Perrin).Anim.Jean Perreault.12h00 L’Art vocal Cesare Valetti, t., en récital: classiques italiens (Paisiello); mélodies (Grieg, Rachmaninov) et airs anglais, arr.Quilter.Reprise de l’émission Mélodies (voir dimanche, llh30).Anim.André Hébert.13hOO Au gré de la fantaisie Une heure «satanique»: musiques et légendes inspirées par Satan au cours des siècles.Anim.Sylvia L’Ecuyer.16h00 Inédits • «À l'été ’85 Hiroshima avait 40 ans» de Paul Chamberland et lu par l’auteur.16h30 Questions de notre temps • «Télévision et culture».Inv.Madeleine Ouellette-Michalska, Claude Jasmin et Gilles Marcotte, critiques et écrivains.Anim.Jacques Folch-Ribas.17hOO Libre parcoure • Magazine culturel.Anim.François Ricard, Richard Gay et Gilles Archambault.17h30 Présent-musique Anim.André Vigeant.18h30 Progrès et perspectives • «L’épilepsie».Inv.Jean Lapresle, chel du service de neurologie de Bicêtre.Prod.Radio France.19h00 Premières • «Le livre des insultes se termine par Je t’aime » de Suzanne-Jules Lefort.Distr.: Sophie Faucher, Patrice I.’Ecuyer, Marie-Andrée Corneille, Jean Fontaine, Margarita Stocker, Jean-Louis Millette et Johanne Léveillé.20hOO Concerts européens Festival de Salzbourg 1985.Orch.du Mozarteum de Salzbourg, dir.Theodor Guschlbauer, Jeanne Piland, mezzo, et Karl Engel, p.Oeuvres de Mozart: Symphonie en sol, K.124; Concerto no 9, K.271 ; extr.«La Clémence de Titus», K.621 (Mozart).- Festival de Lugano.Academy of St.Martin-in-the-Fields, dir.Iona Brown, George Malcolm, clv.Concerto en ré min., BWV 297 (J.S.Bach).22hOO Jazz-soliloque En vedette: Artie Shaw, Sonny Rollins, Michel Petrucciani, Modern Jazz Quartet, Bennie Wallace, Joanne Brackeen et Marian McPartland.Anim.Gilles Archambault.23hOO Musique de chambre 23h30 Le Voyage Intérieur «Transce-Formation» (Eberhard Schoener).Anim.Yvon Leblanc.Jeudi 8 mai IttHii OhOO Musiques de nuit Anim.Pierre-Olivier DésileLs.5h55 Méditation «Que pas un cheveu de leur tête ne tombe» ( Michel Quoist).6hOO Les Notes Inégales Ire h.: Suite no 9 (De la Barre); Concerto pour piano no 2, op.40 ( Mendelssohn); Romance et Tarentelle pour guitare (Mertz); Symphonie en do (Mys-liveeek).- 2e h.: Suite pour cuivres (Pezel); Concerto pour 2 claviers, BWV 1060 (J.S.Bach); Sonate pour pianoforte no 4 (Cherubini); Sonate terza Sour violon, basson, et b.c.( Fontana ) ; ymphonle no 4 en do (Van Maldere) -3e h.Concertos pour violoncelle, R 411 et 412 (Vivaldi); «Jeux d’eau i la Villa d’Kste» (Liszt); «Une barque sur l’océan.(Ravel) ; Sonate en trio en do min.(Telemann); «Hey Trolly Lolly Lo» (anon.); •WeddIng'Scottisch» et .Prima donna Waltz.(Foster).Anim.Francine Moreau.9h00 Musique en fête Anniversaire de Louis-Moreau Gotts-chalk, pianiste, compositeur et grand voyageur américain.Anim.Renée La-i rochelle.11h30 Récital Michel Kozlovsky, p.Sonate en ré, L.461, et Sonate en la, L.345(1).Scarlatti); extr.«Iberia» (Albeniz); «Rhapsodie espagnole» (Liszt); Sonate en ré min., L.413 (D.Scarlatti).12h00 L'Art vocal Schubertiade.«Sérénade», «Soir d’hiver» et «Fischerweise», etc.Lieder choisis de Schubert par Felicity Lott et autres solistes, acc.Graham Johnson, p Anim.André Hébert.13h00 Au gré de la fantaisie Anim.Sylvia L’Ecuyer.16hOO La Créativité au présent • 6e de 9.«Les stratégies non-verbales».Inv.Denise Renaud-Duaneret René Bernèche.Rech., int.et anim.Richard Bourdeau.16h30 Des animaux et des hommes du Québec • 7e de 10.« Les hommes qui avaient vu i ours».Rech.et anim.Jacques Folch-Ribas.17h00 Libre parcours • Magazine culturel.Anim.François Ricard, Richard Gay et Gilles Archambault.17h30 Présent-musique Anim.André Vigeant.18h30 Du monde entier au coeur du monde • 19h00 Sous le regard des sociologues • 16e de 19.«À propos de travail».Inv.Alain Touraine, prof, à l’Université de Paris.Texte et anim.Pierre Villon.19h30 Littératures: la modernité littéraire au Québec • 8e de 12.«La modernité et le féminisme».Inv.Anne-Marie Alonzo.Textes, rech.et int.Claude Beausoleil et Michael Delisle.20h00 Orchestres canadiens Orch.symph.de Montréal, dir.Charles Dutoit, Alicia De Larroeha, p., et Robert Verebes, alto.«Concerto sacro» pour alto (Lothar); Concerto pour piano no 1, op.15 (Beethoven); «Iberia» ( Debussy ) ; « Daphnis et Chioé», suite no 2 (Ravel).Anim.Jean-Paul Nolet.22hOO Jazz-soliloque En vedette; Barney Kessel, Rosemary Clooney, Art Taylor, Christian Escou-dé/Boulou Ferré/Babik Reinhardt, Freddie Hubbard.Sir Charles Thompson, John Young, Lenny Breauet Ray Brown.Anim.Gules Archambault.23h00 Musique de chambre 23h30 La Voyage Intérieur «On Land - Ambient 4» ( Brian Eno) et «Pathless Path» (Charles I Joyd).Anim.Yvon Leblanc._____________ Yrndivdi 9 mai 198b OhOO Musiques de nuit Anim.Pierre-Olivier Désilets.5h55 Méditation «.Mais je n’ai pas le temps» (Michel Quoist).ShOOt 6h00 Les Notas inégales Ire h.: Quintette pour instr à vent et piano, op.34 (Danzi); «Sonate à la Ma-réslenne» (Marais); Romance pour violon et piano, op.28 (Svendsen); «A Fantasy» el .Twenty Wales Upon the Bells» (Robinson).-2e h.: Concerto pour pianoforte, op.7 no 1 (J.C.Bach); .Quien armores tiene» (Vasquez); Thème et variations pour violon et clavecin (Tar-tlnl); Fantaisie pour flûte et piano, op.79 ( Fauré) ; Concerto grosso op.8 no 3 (Corelli) - Je h.: «Concerto alla Polo-noise» en sol (Telemann); »Hamabe No Uta» (Narita); «Valse Mephlsto.no 1 (Liszt), Duo pour harpe et pianoforte no 1, op.7 ( Krumpholtz); Symphonie, K.19(Mozart); «By Strauss» (Gershwin).Anim.Francine Moreau.BhOO Musique sn têts Anniversaire du chef d’orchestre Italien Carlo Maria Giulini.Extr.«Don Gio- vanni» (Mozart); Symphonie no 3 «Hé-roîca» (Beethoven); Concerto pour violon en ré (Prokofiev); extr.Quatre chants sacrés» (Verdi) ; extr.«Ma mère l’Oye» (Ravel).Anim.Renée Larochelle.11h30 Orchestre de chambre de Québec Dir.Pierre Morin, Anna-Marie Glo-benski, p.Concerto no 12, K.414 (Mo-, zart).12h00 L'Art vocal Évocation du mouvement ‘À Coeur Joie’ avec la Psalette de Lyon, dir.César Geoffray.- Extr.d'opéras de Mozart par Christina Deutekom, grand prix du disque lyrique.- Madrigaux de Gesuaido par le Collegium vocale de Cologne.Anim.André Hébert.13h00 Au gré de la fantaisie Jean-Guy Gaulin.directeur de la Vie étudiante au Cégep Garneau à Québec, vient nous parler de la musique qu’il aime.Anim.Gilles Dupuis.16h00 L'Homme et la vérité dans la philosophie contemporaine • 18e de 22.«Lacan et l’impossible vérité».Inv.François Péraldi, psychanalyste et professeur à rUniversité de Montréal.Rech., texte et anim.Claude Lévesque.16h30 Gourmandises • 17e de 18.«Fast-food: l’invasion pacifique».Inv.Michel Smith.Rech.Isabelle Leduc.Texte et int.René Viau.Lecl.Jean Perreault.17hOO Libre parcours • Magazine culturel.Anim.François Ricard, Richard Gay et Gilles Archambault.17h30 Présent-musique Anim.André Vigeant.18h30 C.R.P.L.F.• «Histoire du futur»; entretien avec Abraham Moles.Prod.Radio France.19h30 La Feuillaison • 20h00 Las Grands Concerts En direct de la salle Claude-Champagne.Ronald Turini, p.« Liszt et l’art de la transcription.».Prélude et fugue en la min. hier et aujourd’hui, jusqu'au 4 mai— « Le Canada dans l'art du potier.exposition permanente— « La St-Andrew's society of Montréal, 150e anniversaire » jusqu'en oct.86— • Les albums de S.H.Coward » en permanence— * Métis * du 28 mars au 18 mai— * Ménagerie de bois » collection d’art populaire de Maurice Lemay, à compter du 28 mars— Les archives photographiques Notman de mars à septembre MUSÉE DAVID M.STEWART: Vieux Fort, Ile Ste-Hélène (861-6701)— Exposition permanente, globes, cartes, maquette de Montréal en 1760, ustensiles de cuisine et de foyer, documents signés de Champlain, Paul Chomedey de Maisonneuve, Pierre de La Vérendrye MUSÉE UNIVERSEL DE LA CHASSE ET DE LA NATURE: Parc Mont-Royal, 1260 Camilien-Houde (843-6942)— Présentation d'artistes animaliers internationaux, histoire des Appelants du Québec— 40 dessins originaux de Malaya Akulukjuk, art esquimau, du 11 mars au 1 juin OPTICA: 3981 St-Laurent, ste 501, Mtl (287-1574)— « City Detour.exposition de groupe, Medrie Mac-Phee, Vicky Marshall, Carol Wainio et Shirley Wiita-salo, du 26 avril au 24 mai PALAIS DE LA CIVILISATION DE MONTRÉAL: ile Notre-Dame, Montréal— « Chine: trésors et splendeurs.du 18 mai au 19 oct.PARC HISTORIQUE NATIONAL SIR GEORGE-ETIENNE CARTIER: 458 est Notre-Dame, Mtl (283-2282)— Exposition qui relate la vie et l'oeuvre politique de Sir George-Etienne Cartier, du mer.audim.de 10h.à17h.PLACE DES ARTS: Hall d’entrée Salle Wilfrid Pelletier, Montréal— * Danse dans la neige » de Françoise Sullivan— Estampes de Jean-Paul Riopelle, du 10 mars au 4 mai STUDIO ART ET ARTE: 5709 Darlington, bureau 2, Mtl (737-1085)— Oeuvres d'art importées du Mexique, de l’Amérique Centrale, de l'Amérique du Sud, huiles, aquarelles, sérigraphies, céramiques LE STUDIO BLANC: 645 rue Wellington ste 407, Montréal (861-3289)— Oeuvres récentes de Thomas Corriveau, Peter Krausz, Robert H.Murray et Irene F.Whittome.du 23 avril au 31 mai, du mer.au sam.de 12h.à 17h WADDINGTON AND GORCE INC.: 1504 ouest rue Sherbrooke, Montréal (933-3653)— Oeuvres récentes de Michael Craig-Martin, du 3 au 24 mai.VARIETES BISTRO D'AUTREFOIS: 1229 St-Hubéft.Mtl (842-2808)— La Boite è Lily: Brunch en couleur et en chanson, le dim avec Marie-Perle Cantin, au piano, et musiciens invités, de 11h.30 à 15h.30— Souper intime avec Marie-Perle Ouintin, pianiste, du lundi au vendredi, de 17h.à 20h — Serge Côté chante Vian.Brel, à 22h — Le Bal du Samedi Soir, avec Didier à accordéon, 24h.le 3 mai— Auditions publiques, è 21 h — Place au public, 22h.30— Liliane Sabourin, 23h30le4mai CAFÉ-CONCERT LA CHACONNE: 342 est rue Ontario.Mtl (843-8620)— Tous les dim.à 15h , spectacle de marionnettes avec Claire et René qui présentent un conte de Grimm, Rapunzel CAFÉ-THÉÂTRE QUARTIER LATIN: 4303 St-Denis, Mil (843-4384)— Jacques Berlin, auteur-compositeur-interprète, du 6 au 25 mai è 20h CAFÉ TIMÉNÉS: 4857 ave du Parc (272-1734)— Brunch tous les dimanches, le 4 mai Quintet té soupir.flûte, hautbois, clarinette, basson et cor, è 14h.CENTRE SHERATON DE MONTRÉAL: 1201 Dorchester (872-2000): Au rendez-vous des danseurs du Tout-Montréal.du mardi au dimanche, de 21h à 3h GO: 5066 rue Clark, Montréal (271-5381 )— • La dragonne rouge • performance multidisciplinaire de Suzanne Valotaire, s'adresse aux lemmes exclusivement, les 3-4 mai à 20h LE GYMNASE: 75 Sir George-Etienne Cartier ste 204, Montréal (766-3590)- Les Jeudis du Glm, avec Gérard-Chartes Valente, les jeudis de mai à 19h.30 GYMNASE DE L’ÉCOLE ST-WILLIBROO: 300 rue McLeod, Chéteauguay— Passe-Partout et Passe-Montagne en spectacle, le sam.3 mal è 11h„ 13h.et 14h 30 HOTEL MERIDIEN: 4 Complexe Desjerdlns.Montréal— Le Théâtre: spectacle de Fred Little, imitateur, les 3-8-9-10 mal à 20630 HOTEL QUATRE SAISONS: centre-ville, Montréal— Opération porte-ouverte, pour le 10e anniversaire de l'hotel.visites guidées, de 14h.i I7h.L'ENTRACTE: 74 rue Principale, Granby (375-2060)— Les sam chansonnier invité— les dim.guitare seule, avec Clément Duquette L'ESKABEL: 1237 Sanguinet.Montréal- < Jam-mee/Jammed > spectacle de mime moderne, du 23 avril au 11 mai à 20h.30 MUSEE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL: Cité du Hâvre.Montréal Jocelyne l epago I.A PRESSE «On peut parler de resurrection au Musée d'art conte ni p o ra in».Gilles DaigneauH PRÉSENCE DE L’ART CB F Jusqu’au 18mai Cité du Havre 873 2878 Exposition des travaux rie deux artistes parmi les plus importants de la scène artistique contemporaine en France - MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL nrttemporain C-10 ¦ Le Devoir, samedi 3 mai 1986 LE DEVOIR CULTUREL HUMEURS NATHALIE PETROWSKI Place aux nids vides CERTAINS seront heureux d’apprendre que les yuppies sont désormais une race en voie d’extinction.Inutile de glisser leur nom dans la conversation, histoire de faire chic et branché.Les yuppies sont dépassés, démodés, complètement out.Les yuppies n’intéressent plus personne, sinon les médias, éternellement en retard d’une révolution dans le domaine des mutations sociales.Rayez le mot yuppie de votre vocabulaire.Remplacez-le par empty nesters ou par son équivalent français, nids vides.Quant à l’abréviation affectueuse de nesters, tradui-sez-là par nestors, encore que cette dernière appellation soit légèrement dégradante pour des citoyens aussi puissants et de plus en plus nombreux.C’est René Lépine, un jeune yuppie en pleine ascension, qui m’a révélé l’existence de cette nouvelle classe économique.Il savait de quoi il parlait.Les nids vides le font vivre.Et grassement.Ce sont eux qui peuplent le complexe d’habitation de René Lépine et père, au Sanctuaire du Mont-Royal.Ses 700 « condos » de luxe, avec marbre et bain tourbillon obligatoires, se sont envolés avant même la dernière coulée de béton.Les nids vides d’Outremont et d’ailleurs y ont refait leur.nid, moyennant $ 200,000 ou un demi-million.Qui sont-ils ?Qu’importe.Ce qui compte, c’est leur âge et leur revenu annuel.Les nids vides ont entre 45 et 60 ans mais paraissent dix ans de moins, quel que soit leur âge.Leur revenu n’est ni moyen ni ordinaire.Il donne plutôt dans le moyennement extraordinaire.La particularité de leur race tient au fait qu’ils sont en période de transition.Hier encore, ils habitaient de super-palaces nichés dans la brousse outremontoise.Les chiens, les bonnes et les enfants leur tenaient compagnie.Le temps a passé, la fortune a prospéré.Les chiens sont morts de surdose alimentaire.Les bonnes se sont émancipées à force de bouquiner en cachette dans leurs somptueuses bibliotèques.Quant aux enfants, il leur est arrivé ce qui arrive à tous les enfants.Ils ont grandi.En grandissant, ils se sont mis à mijoter des plans d’évasion.Résultat : les nids vides se sont mis à flotter dans leur cage dorée trois fois trop grande pour leurs besoins.C’est alors que René Lépine a volé à leur secours.Le jeune loup de l’immobilier les a tout de suite compris.Il a vu en eux des yuppies vieillissants mais encore trop verts pour appartenir au « pouvoir gris ».Il a vu en eux la première seconde génération de la télévision.Contrairement aux quinquagénaires d’antan, ceux d’aujourd’hui ont été formés par la télévision.Ils sont conscients de tous les dangers qui les attendent.Ils en font presque une maladie.Mais, plutôt que de chercher à fuire dans l’excès, ils fuient maintenant dans l’ascèse.Dans leurs frigidaires électroniques, on ne trouve ni foie gras, ni caviar, ni sauce béarnaise.Au plus, quelques carottes, trois céleris et plusieurs pots de yogourt.Les nids vides ne fument plus par crainte du cancer.Ils ne boivent plus par crainte de la cirrhose.Ils mangent maigre pour éviter de devenir gras.Ils passent plusieurs heures chez leur medécin à se faire osculter le coeur et tâter le foie.Ils aimeraient bien faire davantage d’exercice, mais les clubs de santé les dépri- ment.D’un côté, la peur de la crise cardiaque devant public.De l’autre, l’humiliation d’avoir à se mesurer à des plus jeunes et des plus musclés que soi.Les nids vides ont beau vouloir, leur orgueil les retient à chaque fois au seuil de ces salad bars pour célibataires.C’est en pensant à leurs muscles en chômage que René Lépine a conçu le sporting club du Sanctuaire.L’idée n’est pas de lui.Il a seulement eu l’idée de la transplanter de la Californie à Outremont.Courts de tennis intérieurs, piscine olympique, piste de jogging olympienne, racketball, sessions d’ae-robic, golf électronique.Sans compter des vestiaires dignes des salons du Ritz, des salles de massothérapie, d’hydrothérapie, des frictions au loofah( ?), des bains tourbillons et les bains turcs dont — comble du luxe — l’eau sera renouvelée pour chaque client.Le sporting club n’est pas un vulgaire club de santé.C’est le nec plus ultra en conditionnement physique.Son originalité tient moins à l’équipement dernier cri qu’à l’atmosphère de camp scout et de temple zen.Au sporting club, tout sera mis en oeuvre pour apaiser les peurs et reconstruire l’orgueil des nids vides.Ils pourront faire de l’exercice à leur propre rythme.Ils pourront, surtout, socialiser en toute santé, enfin libérés de l’obligation de fréquenter Le Nôtre et le café Laurier pour se désennuyer.Selon René Lépine, les nids vides sont l’avenir.C’est ce qui m’inquiète le plus.La philosophie des yuppies était déjà insupportable.» 1983, Su un n» Wlntarbarger • M»rtf>.- Frtond Celle des nids vides n’en est que le prolongement.On ne pourra plus vieillir en paix ni se laisser aller aux petits plaisirs de la vie.Il faudra désormais suer, s’entraîner, se remonter, performer, être en forme et socialiser jusqu’à la fin.La perspective m’épuise déjà.Je me demande s’il ne vaudrait pas mieux en finir tout de suite.ARTIST POWER .à-bric-à-bracadabranbrant MARIE DÉCARY a RTIST POWER, c’est la nou-/M velle formule améliorée de xl l’événement « Interface ».Du concentré, de l’énergie crue.À consommer comme un tonique à action renforcée, d’ici le 11 mai.Pour la troisième année consécutive, « Interface III » réunit les étudiants en arts de l’université Concor- 6 WL ment, du multi-disciplinaire et du mix media.Pour résumer le millénaire qui s’achève, tous les moyens sont bons, depuis la fresque jusqu’à l’hologramme.À bric-à-bracada-brants, tous les matériaux encore disponibles sur la planète ont été recensés, utilisés.Circulant d’un espace à l’autre dans cette espèce de labyrinthe de foire, les spectateurs frôleront le masonite, le velours, le plexi, le sable, le verre, le bois, le métal, le plâtre, le papier, le ciment, les matériaux végétaux, et même certains organismes vivants tels les vers (ne dites pas « ouache », il pourrait s’agir de l’embryon d’une nouvelle pratique artistique).Bref, ces futurs diplômés des « zarts » ont dû s’amuser comme des petits fous lorsqu’ils ont envahi les lieux pour finaliser leurs projets.(Contenu dans une boîte de détergent, le catalogue d’Artist Power vous en apprendra, d’ailleurs, beaucoup plus long sur toute l’opération.À consulter.) Au premier abord, l’endroit se présente un peu comme une so04 me SIhm brooke ( )ucst *>44-0414 t— ‘>44-4654 terme le dimanche cl lundi ACHETONS PEINTURES ET SCULPTURES DE QUALITÉ MAR.AU VEN.DE 9 À 17h30, SAMEDI DE 9 À 171».FERMÉ DIM.ET LUN.GALERIE DOMINION I *• plus Lfund choix de hron/es.peinhires et sculplurcs su ( uneda dans la plus i^nde R*Irrie marchand d art au ( anada 1438 ouest, rue Sherbrooke 845-7471 el 845-7833 Nous célébrons notre 1er anniversaire avec OFIRA BARAK Vernissage mercredi, le 7 mai 1986, 19h, 22h L’artiste sera présente ^S^nis le patronage du VICK CONSUL D’ISRAËL, Mme RUTH YARON ^—GALERIE—s.ATARA 1622.O.rue Sherbrooke gallery Art contemporain d'Israël Tél.933-1964 Jusqu’au 18 mai Cité du Havre 873-2878 MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Le Musée d'art contemporain de Montréal est subventionné par Is Ministère des Affaires culturelles du Québec et les Musées nationaux du Canada.STAGES DE CRÉATION EN GASPÉSIE Peintures et dessins avec Kittie BRUNEAU et Pierre-Léon TÉTRAULT du 1 er au 1 2 août aquarelle: avec Jacques-Adrien TREMBLE nombre maximum de participants: 7 in formations : Stage peinture: Stage aquarelle: 276-3870 785-2733 | 2
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