Le devoir, 21 juin 1986, Cahier C
Photo Chris Cutfaro LE DEVOIR CULTUREL C Montréal, samedi 21 juin 1986 Alain Contant ^enri ?roman Jorge Luis Borges : Photo Chartes Philips ( Time, Inc.Nous continuerons d’être immortels : au-delà de rtotre souvenir restent nos actes, nos oeuvres, notre façon d’être .» BORGES ?Un homme travaillé par le temps JEAN ROYER Le E GÉNIE de Jorge Luis Bores ne lui est pas venu tout seul.Très jeune, fréquentant la bibliothèque de son père, il a compris la valeur des livres : sacrée et familière à la fois.Chaque « livre essentiel » porte le monde en même temps qu’il s’est écrit pour quelqu’un d’autre.Le génie de Borges est d’avoir toujours considéré que son écriture s’adresse à des hommes comme lui, c’est-à-dire à ceux qui vont mourir.Écrivain en Argentine, héritier d’une certaine virginité littéraire, puis liseur passionné, il est devenu bibliothécaire de sa ville en fréquentant les grandes oeuvres jusqu’à ce que la dictature de Peron puis la cécité l’en empêchent.Toute sa vie, cependant, il n’a cessé d’écrire et de rêver à des fictions qu’il ordonnait avec un esprit encyclopédique.Au coeur de son oeuvre, la poésie devient le carrefour de ses sources littéraires.Il accordait à ses poèmes la plus haute importance.« J’ai écrit bien des poèmes et si deux ou trois pouvaient perdurer, ce serait déjà beaucoup, disait-il.Ma seule ambition serait celle-là : que l’on pense à moi comme un poète ayant écrit quelques vers acceptables.» De 1923 à 1972, il a publié six livres de poésie qu’on retrouve en traduction chez Gallimard sous les titres Oeuvre poétique 1925-1965 et L'Or des tigres.En fait, ces poèmes ne sont pas seulement traduits, ils sont « mis en vers » par Ibarra, qui nous donne ainsi, dans un français somptueux, (presque) toute la magie de la poésie de Borges écrite en langue castillane.Lire la poésie de Borges, c’est entrer de plain-pied dans le labyrinthe même de sa fiction.C’est avoir accès à la mémoire de l’homme dans ce qu’elle a de plus précieux peut-être : « l’instant », c’est-à-dire ce qui peut seul affronter la mort.« La poésie n’est pas moins mystérieuse que les autres éléments de l’univers », disait-il.Et il s’en servait pour échapper au temps, pour posséder enfin la mémoire que nous sommes, « ce tas de miroirs brisés ».« Le temps d’un de nos jours, c'est tout le temps du monde », écrivait-il.Comme pour nous rappeler que le poème peut contenir toute une vie.Dans la vie de Borges, écrivain, il y avait donc l’obsession de certains thèmes qui ont d’abord nourri sa poésie : la vie des ancêtres, des « gardiens de livres » et des gauchos, la passion des langages et des connaissances, la conscience d’être du temps, l’histoire de l’Argentine et la liberté de Buenos Aires.Mais, surtout, ses poèmes s’écrivent dans « la contradiction du temps qui passe et de l’identité qui demeure ».C’est ce thème permanent qui donne à la poésie de Borges sa valeur de tragédie.Ses poèmes sont des aimants de vie auxquels on a toujours le goût de revenir.Des morceaux pourtant accessibles, appris dans les mots millénaires les plus simples et les plus chargés de sens et d’émotion.Lisons, par exemple, un des deux ou trois poèmes qu’il souhaitait voir entrer dans la mémoire de l’humanité.Ce poème contient l’histoire du monde en six lignes.Il s’in- ?Sa mort: un leurre GUY FERLAND « I.a mort (ou son allusion) rend les hommes précieux et pathétiques » (dans « L'Aleph»), « J'espère que ma mort sera totale.J'espère mourir de corps et d'âme » (dans « Conférences » ).POÈTE, essayiste, traducteur, conférencier, romancier et « philosophe », Jorge Luis Borges nous a perdu dans un des innombrables dédales qui filent dans son oeuvre.Sa mort, a Genève, samedi dernier, n’est qu’un leurre.Qui est mort exactement, ce 14 juin 1986 ?L’écrivain, ou l'autre, celui qui se tenait toujours derrière le personnage public ?Dans un de ses très beaux textes, Borges et moi, il écrivait, en effet : « C’est à l’autre, à Borges, que les choses arrivent.[.]», créant ainsi un double de lui-même.Ce double, on le retrouve, curieusement, un peu partout lorsque Borges parle de la mort.Dans une entrevue, il disait ne rien savoir de Borges, pas même la date de sa mort.Or, maintenant que nous la connaissons, on peut se demander ce qu’elle représente par rapport à l’oeuvre.En fait, pour Borges, il n’y a pas e mort, comme il n’y a pas de temps ni d’identité personnelle.Dans une conférence sur l’immortalité, il affirmait : « Je crois à l’immortalité : à l’immortalité non pas personnelle mais cosmique.Nous continuerons d’être immortels : au-delà de notre mort corporelle reste notre souvenir, et au-delà de notre souvenir restent nos actes, nos oeuvres, notre façon d’être, toute cette merveilleuse partie de l’histoire universelle, mais nous ne le savons pas et c’est mieux ainsi.» Et si nous ne le savons pas, c’est parce que nous l’avons oublié.Car, en faisant référence à l’éternel retour qu’il emprunte à Nietzsche, Borges prône, dans ses essais et ses contes, l’abolition pure et simple de l’identité personnelle et du temps.Si tous les instants ont toujours déjà eu lieu et qu’ils se reproduisent éternellement, le temps n’existe pas.Seul l’oubli nous fait croire à la succession des instants.Et seule la mémoire nous rappelle un passé et nous engage vers un futur.Dans cette vertigineuse vision du temps, l’identité personnelle est annulée.Car, comme le dit ce logicien implacable, dans L’Immortel, « en un temps, infini, toute chose arrive à tout homme ».Ainsi, la différence entre les êtres n’existe plus.Tous les hommes sont le titule « La lune » : « Il y a tant de solitude dans cet or.La lune des nuits N’est pas la lune que vit le premier Adam.Les longs siècles de la vigile humaine l’ont comblée d’un antique chant.Regarde-la : elle est ton miroir.» La poésie de Borges se lit comme le roman des siècles, avec ses miroirs, ses labyrinthes et ses épées pour les actions inoubliables; avec la question de la vieillesse et de l’éthique pour la métaphysique.Borges écrit pour un seul homme, lui-même, mais aussi pour tous les autres.Dans le langage le plus ouvert et le plus vaste, qui contient pourtant le mystère de vivre et de mourir.Tout le monde peut lire la poésie de Borges, aussi passionnément que chacun lit sa prose.« Curieuse destinée que celle de l’écrivain, disait-il dans l’une de ses préfaces.À ses débuts, il est baroque, vaniteusement baroque.Au Suite à la page C-4 même homme et personne n’est quelqu’un.Ici, tout se confond.Borges a su associer dans une conception étonnante, qui parcourt toute son oeuvre, l’éternel retour à l’éternité pour en faire un instant qui contient tous les instants.Ce paradoxe philosophique, Borges va le développer dans différentes directions.Dans ses contes se succèdent les miroirs, les doubles, l’infini, les labyrinthes : bref, toutes les figures de cette conception du temps.Ses meilleures nouvelles seront celles qui amalgameront ces différents thèmes.Comme, par exemple, La Bibliothèque de babel ou Funes ou la mémoire, ou encore L’Aleph.Dans le premier, une bibliothèque qui contiendrait tous les livres annule le temps et l’existence, car tout ce que l’on pourrait faire est déjà écrit.Dans le second, une mémoire absolue arrive aux mêmes résultats.Dans le troisième, un objet contient tout l’univers.Tous ces contes se recoupent et sont issus d’une même préoccupation, d’un même souci, et ils nous renvoient à la notion du temps bor-gésien.Mais il ne faudrait pas prendre trop au sérieux ces paradoxes.Pour Borges, les idées philosophiques n’ont, en effet, qu’une valeur esthétique et, comme pour les métaphysiciens du conte Tlône Uqbar Orbis Tertius, la métaphysique n’est qu’une branche de la littérature fantastique.Car la littérature doit d’abord être un plaisir.« Mes contes, dit-il dans la préface au Rapport de Brodie, comme ceux des Mille et une nuits, veulent distraire ou émouvoir, ils ne cherchent jamais à convaincre.» Cela, il n’avait pas besoin de le dire : on le savait en lisant ses fables fascinantes qui nous emprisonnent comme dans un labyrinthe et nous donnent le vertige.D’après ce lecteur hédoniste, « le plus important dans un livre, c’est la voix de l’auteur, cette voix qui parvient jusqu’à nous ».Et c’est ce qu’il cherchait à nous faire entendre dans ses essais remplis de digressions savantes mais toujours palpitantes, dans ses conférences ou ses nombreux (trop nombreux ?) entretiens.Il voulait nous faire partager sa passion pour Dante, Cervantès, Les Mille et une nuits et les poètes anglo-saxons du Xle siècle.Il voulait nous faire partager son rêve, car « la littérature n’est rien d’autre qu’un rêve di-rigé ».Mais ce rêve est réel car, Suite à la page C-4 JAZZ ?Le «beat» des mordus PAUL CAUCHON VENDREDI PROCHAIN, le centre-ville de Montréal sera saisi d’une véritable frénésie.Prédiction facile à faire : depuis sept ans, le Festival de jazz de Montréal a sans cesse grossi, en ampleur et en impact, pour devenir l’un des événements culturels les plus importants et les plus populaires de l’année (l’autre étant, probablement, le Festival des films du monde).Comme la rue Saint-Denis n’en pouvait plus d’accueillir les festivaliers qui débordent de partout (on en attend 500,000 cette année ! ), un nouveau site sera ouvert, entre la Place des arts, le complexe Desjardins, le TNM et le Spectrum.Un auto- Wayne Shorter.bus reliera continuellement les deux sites, et il sera intéressant de voir si deux publics différents se partageront les lieux.Du 27 juin au 6 juillet, 25 spectacles par jour (10 en salle, 15 gratuits à l’extérieur ou dans les bars de la rue Saint-Denis).Plus de 1,000 musiciens : les expériences les plus actuelles, les grands spectacles tous publics (tels Ginette Reno/Michel Legrand), les stars convoitées (Jo-bim, Piazzola, James Brown, etc.), les étudiants en musique qui commencent.Comment s’y retrouver dans un tel océan ?Que choisir à travers toutes ces sonorités différentes ?« événements » peuvent survenir là où l’on ne s’y attendait pas.Les itinéraires Commençons avec Benoit Boutin, animateur radiophonique (Radio Centre-Ville), passionné de jazz.Son premier choix : le groupe Alive !, cinq femmes de la côte ouest américaine : « Un tel quintette féminin est unique, ce n’est pas toujours du jazz à l’état pur, mais c'est vraiment bien, avec des climats musicaux différents.» Ensuite, le sextet de Steve Lacy, précédé, le même soir, du quartet de Jane Ira Bloom.« Dans le genre “flyé capoté”, Steve Lacy est un classique, il faut voir ça une fois dans sa vie.Quant à Jane Ira Bloom, une saxophoniste au début de la trentaine, elle est remarquable, très estimée dans le milieu du jazz.» Troisième choix : le David Murray Quartet : « À 31 ans, David Murray est très talentueux, c’est son côté jeune loup qui m’intéresse.» Ensuite, le bien connu Michel Petrucciani, « parce que c’est un très très bon pianiste et qu’il créé quelque chose de fort avec la structure du trio.» Enfin, le Brésilien Milton Nascimento, « tout simplement parce que ça fait cinq ans que je le fais jouer, j’ai tellement hâte de le voir ! » Passons maintenant la parole à Alain Brunet, chroniqueur spécialisé (Radio-Canada, La Presse), grand amateur de musique.Son itinéraire passe d’abord par Milton Nascimento, « parce que c’est la première Herbie Hancock.Pour mieux conseiller ses lectrices et lecteurs, LE DEVOIR s’est prêté à un petit jeu : nous avons demandé a cinq spécialistes ou passionnés de jazz de nous tracer leur itinéraire privilégié, les cinq spectacles qu’il ne faudrait absolument pas manquer (pour références exactes, on pourra consulter l’horaire du festival, amplement publicisé dans tous les médias).Une expérience tout à fait subjective mais non dénuée d’intérêt : des noms moins connus du grand public ressortent, et des constantes apparaissent.Si ces choix ne correspondent pas aux vôtres, pas de problème : il y en a pour tous les goûts, et les Michel Petrucciani.fois qu’il vient ici et parce qu’il est extraordinaire ».Ensuite, le David Murray Quartet, lui aussi, « le meilleur sax ténor de sa génération (moins de 35 ans), un des meilleurs blowers depuis Coltrane ».Troisièmément, le Steve Lacy Sextet (« excellent rassembleur de musiciens, un des plus importants exemples de la musique free contemporaine, entre le jazz américain et européen »).Puis, Wayne Shorter, « un des plus importants saxo du ja?z; son dernier disque est excellent »; enfin, le quartette du Québécois Jean Beau-det, « parce que Beaudet est le meilleur pianiste de jazz au Québec, que son groupe est excellent, dans la tradition moderne du jazz».Gilles Boisclair, maintenant.Spécialiste de jazz, disquaire chez Archambault, il considère que, cette année, les surprises ne viennent pas vraiment du jazz mais plutôt de la musique brésilienne.Son palmarès : 1) Milton Nascimento : « J’aurais pu nommer Jobim, sa venue est un événement, j’ai hâte de le voir, mais il est plutôt en fin de carrière.Nascimento, lui, est en pleine création, il a une voix merveilleuse, il possède un univers musical très riche, superluxuriant, des sonorités comme la forêt vierge, loin des clichés bossa-nova.» Gilles Boisclair s’amuse à créer du suspense : comme Nascimento a enregis-tré son dernier disque avec Pat Suite à la page C-4 Henri Moreau, un obscur journaliste travaillant pour un hebdomadaire régional, met à jour un complot visant le ministre des Finances canadien.Disposant de peu de moyens, ridiculisé par son patron, il poursuit néanmoins son enquête avec l'appui d’une amie, Cécile Courey.Faute de preuves suffisantes pour dénoncer publiquement le complot, il décide de mettre en garde le ministre menacé.Véritable thriller, Henri entraîne le lecteur dans un suspense mettant en scène des personnages à la lois ordinaires, étranges et familiers.Un roman qui risque d'étonner même les lecteurs lès plus aguerris.Si vous aimez les livres qui vous captivent du début à la fin, en voilà un.LES ÉDITIONS QUÉBEC/AMÉRIQUE 450, rue Sherbrooke est, 3e étage Montréal, Québec, H2L 1J8, TéL.: 288-2371 __________________ En vente chez votre libraire, te professionnel du livre 193 pages -12,95$ Le Devoir, samedi 21 juin 1986 LE DEVOIR CULTUREL LA VITRINE DU LIVRE GUY FERLAND CINÉMA Serge Daney, Ciné journal, Cahiers du cinéma, 312 pages.Cette série d'articles parus dans le quotidien Libération entre 1981 et 1986 nous fait voir le cinéma de l’autre côté de l’écran.Ces analyses profondes et difficiles essaient de dégager la fonction esthétique du cinéma.Serge Daney critique des films, récents et anciens, il nous raconte des voyages et oppose le cinéma à la télévision.ESSAI E.M.Cioran, Syllogismes de l’amertume, Gallimard, 184 pages.Cette réédition, qui accompagne la parution des Exercices d’admiration, nous ramène aux meilleurs jours du scepticisme de Cioran.Ces aphorismes jettent un éclairage implacable et humoristique sur notre époque et nos manières de vivre.Une réserve souriante parcourt toute l’oeuvre.Jean Baudrillard, La Société de consommation, Folio, coll.« Essais » n" 35, 316 pages, et Les Stratégies fatales, Le Livre de poche, coll.« Bi-blio/essais » n" 4039, 222 pages.Ces deux essais se complètent très bien.Le premier dresse un portrait de notre société de surproduction et de consommation, tandis que le second en analyse les conséquences désastreuses : perte de valeurs et de références Ce penseur original et inclassable qu'est Jean Baudrillard nous dérange en nous forçant à regarder, sans complaisance, notre monde actuel.LITTÉRATURE Claude Jasmin, Alice vous fait dire bonsoir, Leméac, 144 pages.L’auteur de La Petite Patrie nous propose une quatrième enquête de l'inspecteur Charles Asselin.L'action se déroule dans le chic quartier d'Outremont.L’inspecteur ne sait pas sur quoi il enquête, mais il fait tout de même des rapports à sa mystérieuse cliente d'Ottawa.Il élabore des pistes, il imagine .et tout à coup, il y a un meurtre .Bernard-Henri Lévy, Le Diable en tête, Le Livre de poche, n° 6168, 605 pages.Dans ses premiers livres.B.-H.L.règle, péremptoirement, le cas des philosophes français qui l’ont précédés; il tue le père, comme on dit.Depuis, il s'engage _______________continuellement dans diverses causes.Ce premier roman fait un tour d’horizon du monde géo-politique du dernier demi-siècle.Cette édition de poche est l’occasion idéale de voir pourquoi le beau B.-H.L.a obtenu le prix Médicis 1984 avec ce récit.Witold Gombrowicz, Les Envoûtés, Seuil, coll.« Points/roman », n° r236, 365 pages.L'auteur de Ferdydurke nous présente un récit mythique dans lequel il allie toute son énergie dévastatrice, ses fantasmes et sa légende personnelle, à une histoire sombre de la féodalité.Gombrowicz prend goût à ces murailles maudites de Myslotch et au fantastique de l’alchimie.AUTOBIOGRAPHIE Klaus Mann, Le Tournant, Seuil, coll.« Points », n° r240, 689 pages.Cette autobiographie nous fait revivre l'histoire d'un intellectuel vivant dans un vide social et spirituel entre les deux guerres.Le fils de Thomas Mann relate, par la même occasion, les événements marquants de son époque.Sans aucune concession, il souligne tout ce qui a pu le déterminer à vivre comme il l’a fait : entre autres, le lourd héritage paternel qu'il avait à supporter.Klaus Mann s’est suicidé à Cannes le 21 mai 1949, un mois après l’achèvement de ce livre .LA VIE LITTERAIRE JEAN ROYER Catien Lapointe — La publication récente d’une édition pirate et anonyme des derniers textes de Gatien Lapointe (voir notre édition de samedi dernier) nous fait voir que l’ensemble de l’oeuvre de ce poète important reste absente de nos librairies, depuis sa disparition.Qu’en est-il?Disons, d’abord, qu’à la veille de sa mort, Gatien Lapointe se préparait à donner à l’Hexagone le manuscrit définitif de ses Poèmes, 1956-1976 pour publication dans la prestigieuse collection « Rétrospectives », tel qu’il le déclarait dans une lettre à l’éditeur, le 25 juillet 1983, et dans une entrevue à Donald Smith parue dans Lettres québécoises.Ce projet de « rétrospective » de l’oeuvre du poète décédé reste dans les plans d’Alain Horic, de l’Hexagone, mais ce dernier attend que la succession termine «l’étude du dossier».Par ailleurs, l’Hexagone a l’intention de publier éventuellement, dans la collection de poche « Typo », les titres de Gatien Lapointe achetés des éditions du Jour en 1975 : Ode au Saint-Laurent et Le Premier Mot.L’Hexagone détient les droits de ces livres après une transaction effectuée en 1975 avec M.Claude Béland, des éditions du Jour, avec le consentement du poète.On comprend alors que la publication de l’Ode au Saint-Laurent par les éditions du Zéphyr, de Trois-Rivières, cette année, est en quelque sorte illégale, si les droits appartiennent à l’Hexagone, selon les documents de la transaction qui a eu lieu NOUVEAUTE Sept propos sur le septième ange 13,05$ AGENCE DU LIVRE 1246, rue Saint-Denis, Montréal Tél.: 844-6896, 844-4967 la plut grands librairie _____k V jJ 251 Ste Catherine E.entre Gatien Lapointe, l’Hexagone et les éditions du Jour.L’Hexagone a publié également Arbre-Radar de Lapointe.Ce titre pourrait aussi prendre place dans l’édition de poche de la collection « Typo », pour laquelle l’Hexagone attend la collaboration ue la succession du poète.Quoi qu’il en soit, il faudrait que tous les intervenants dans le dossier se rendent compte que l’oeuvre de Gatien Lapointe mérite une meilleure diffusion, étant donnée la place importante qu’elle occupe dans l’histoire de la poésie québécoise.?Salons du livre — L’Association québécoise des salons du livre ( AQSL) entend mettre l’accent, au cours des prochaines années, sur rélargissement de sa clientèle, en particulier celle des enfants.Réunis dans le cadre de l’assemblée annuelle de l’AQSL, en fin de semaine dernière à Jonquière, une trentaine de délégués des neuf salons québécois du livre sont, en outre, convenus de mieux collaborer avec l’Union des écrivains québécois (Unéq) dans l’organisation des expositions.Des représentants de l’Unéq, du ministère des Affaires culturelles et du milieu de l’édition ont également participé à la rencontre.« De façon générale, la situation dans les salons s’améliore à chaque année.Nous avons un public régulier, mais nous devons trouver le moyen d’attirer les non-lecteurs », a affirmé M.Thomas Déry, président de l’AQSL et directeur général du Salon du livre de Montréal.« De plus, dans l’avenir, nous allons accorder une attention spéciale aux enfants car nous avons remarqué, depuis deux ou trois ans, un renouveau, et nous voulons les encourager à la lecture», a-t-il ajouté.Le premier Salon du livre de la prochaine saison se tiendra au Saguenay - Lac-Saint-Jean du 24 au 28 septembre prochain.Il sera suivi de ceux de l’Estrie (15 au 19 octobre); de Rimouski (30 octobre au 2 novembre) ; de Montréal (20 au 25 novembre); de la Côte-Nord (19 au 22 février 1987); du centre du Québec (26 février au 1er mars); de l’Outaouais Hi LIVRES RÉCENT ET ANCIENS Achat at vanta ' LE FEUILLETON Comment accoucher d’un roman dans toutes les règles de l’art LISETTE MORIN ?John Irving, L'Oeuvre de Dieu, la part du Diable, Le Seuil, 629 pages.AVANT TOUTE autre considération sur « l’oeuvre » elle-même et « la part » du talent de son auteur, il faut louer John Irving pour sa grande honnêteté d’écrivain.Profiter, et largement, de deux énormes succès de librairie, en dix ans ( Le Monde selon Garp et L’Hôtel New Hampshire), de même que de leurs retombées cinématrophiques, aurait pu l’inciter à se reposer quelque temps sur ses lauriers.Ou encore — cela s’est vu et se verra encore — à exploiter la veine picaresque du « monde » garpien ou des « hôtelleries » bizarres de la Nouvelle-Angleterre.Tout comme, par exemple, certain romancier français avec sa saga louisianaise, qui n’en finissait plus.de finir (Maurice Denuzière et son quatuor Louisiane).Or, dans L’Oeuvre de Dieu, la part du Diable, John Irving a choisi de nous émouvoir autrement.Non pas que le sujet, un orphelinat dans une bourgade de l’Etat du Maine, ne soit, encore et toujours, du bon matériel romanesque typiquement américain.Mais bien parce que le vieux médecin éthéromane, accoucheur et avor-teur, qui y fait régner la loi et l'ordre — sa loi et son ordre — est éminemment sympathique.Tout comme son fils spirituel et disciple, un orphelin qui résista victorieusement à quatre tentatives d’adoption, mais que tout lecteur, au contraire, ne pourra que se hâter.d’adopter i On en arrive, dans ce roman tissé de bonnes intentions, à rejeter l’axiome gidien voulant qu’on ne puisse faire de la bonne littérature avec de bons sentiments.L’orphelinat où officie le bon Dr Wilbur Larch est donc situé dans une agglomération qui porte le nom de Saint Cloud’s et qui fut tout d’abord un campement de bûcherons dont « les premiers habitants (furent) des Canadiens français — trappeurs, bûcherons, scieurs de long ».La chanson est bien connue.Quel est le Québécois qui ne possède, parmi ses ancêtres, un oncle ou un cousin « des États » ?L’orphelinat de Saint Cloud’s est, cependant, tout le contraire d’une institution pour travailleurs émigrés.Il fait face, du premier ou dernier jour de l’année, aux difficultés des femmes enceintes.Illégitimement, pour le plus grand nombre, et qui ont recours au « faiseur d’anges » compatissant qu’est le Dr Larch.Comment Homer Wells, pensionnaire véritablement adopté par la maison, son directeur, ses infirmières dévouées, la nurse Angela et la nurse Edna, apprendra tout sur « la procédure » de l’accouchement, devenant médecin obstétricien « sur le tas », c’est l’aventure la plus « homérique » du roman d’Irving.Qui s’est documenté dans un bouquin rédigé par son grand-père, le Dr Frederick C.Irving, intitulé Expectant Mother Handbook, et dans deux autres manuels du même auteur : A Textbook of Obstetrics et Safe Deliverance.D’où, sans doute, la qualité de l’information médicale qui sous-tend L’Oeuvre de Dieu, la part du Diable.Qu’on ne devrait pas prendre, pour autant, pour un ouvrage didactique.C’est un roman-roman passionnant.Qui n’a rien à envier aux précédents romans de l’auteur.Quand il quitte, enfin ! Saint Cloud’s, son bon maître, les orphelins et les orphelines qui l’ont entouré jusque là, Homer Wells devient.pomiculteur.Et spécialiste de la fabrication du cidre.D’où le titre original du roman : The Cider House Rules.Mais réduire le dernier roman de John Irving à deux « emplois » successifs, et même simultanés, pour le héros, serait faire bon mar- Photo Patrick Jacob John Irving.ché de la multitude de personnages qui grouillent dans L’Oeuvre de Dieu, la part du Diable.Irving n’a rien perdu de sa merveilleuse faculté d’invention, de plus en plus et de mieux en mieux soutenue, d’un roman à l’autre, par sa sourcilleuse attention aujc détails.Ce que le pire Hugo appelait « les choses vues », quand il se livrait au journalisme.La famille qui l’heberge, dans le grand domaine et le verger d’Ocean View, ces Worthingthon tout à fait américains par leur gentillesse, la générosité de leur accueil et l’application qu’ils mettent à « faciliter » la vie de leur pupille, rappelleront beaucoup de souvenirs aux pomiculteurs d’ici, de ceux de la région montérégienne.N’y a-t-il pas jusqu’aux variétés de fruits dont les noms nous sont depuis toujours familiers : les McIntosh, les Delicious, et même les Northern Spy et les Gravenstein (pour les tartes.) Avec ce presque sorcier qu’est John Irving, quand il s’agit de nous lier d’affection avec les enfants de son imagination, on ne pourra plus oublier l’orpheline costaude, aux dents brisées, qui se prénomme Melony; les orphelins, ceux qui partent et ceux qui arrivent, dans la section des garçons et dans celle des filles; Olive et son mari Senior Worthington, leur fils Wally et leur future belle-fille Candy Kendall (qui sera femme et mère, grâce à Homer Wells, avant d’accomplir ce que lui réservait de toute éternité son destin avec un Wally revenu de guerre paralysé.) ; les travailleurs agricoles saisonniers (autre métier bien connu des Canadiens français) que dirige, avec autorité, M.Rose, un Noir de bonne extraction, et combien d’autres qui seront, quand le roman deviendra — ça ne saurait manquer ! — un film, de simples figurants.Irving, dans les entrevues qu’il livre d’abondance à la pâture des chroniqueurs littéraires, par les temps qui courent, a déjà subodoré le reproche qu’on ne manquera pas de lui faire.Tout comme pour Graham Greene, autrefois, soupçonné d’être, pour chacun de ses livres, à la remorque des grands remous politiques de l’actualité, on dira que le thème de l’avortement, trand sujet de L’Oeuvre de Dieu, la part du Diable, tait déjà dans l’air.Qu’il l’est de plus en plus depuis que le Congrès des États-Unis en est de nouveau saisi.Cela ne trouble pas son auteur.Et ne troublera pas davantage les innombrables lecteurs de langue anglaise, pas plus que ses « nouveaux » lecteurs de langue française.Un grand roman, tout imprégné de fraternité humaine, enfin dégagé de certaines « folies » qui hantaient peut-être trop de pages des précédents romans de John Irving.(25 au 29 mars); de Québec (27 avril au 3 mai), et de l’Abitibi-Temisca-mingue (28 au 31 mai).i ?Rencontres — L’incomparable série télévisée Rencontres revient à l’antenne, en « reprises », cet été.Elle pourra être vue à l’écran de Radio-Canada du lundi au vendredi à 18 h 30, dès le 16 juin.Réalisée par Raymond Beaugrand-Champagne, Rencontres nous propose des entretiens avec des écrivains, des philosophes, des scientifiques et d’autres intellectuels, par Marcel Brisebois et Denise Bombardier.Parmi les invités de la série, notons les noms de Henri Agel (17 et 18 juin), Benoît Lacroix (23 et 24 juin), Marco Panella (26 juin), Monique Pelletier (4 juillet), Bernard Teys-sèdre (16 juillet), Étienne Borne (21 et 22 juillet), Michel Régnier (25 juil- let), Émile Robichaud (29 juillet), Mireille Nègre (1er août), Edmonde Morin (3 août), Hélène Pelletier-Baillargeon (4 août), Gabriel Matz-neff (5 août), Michel Tournier (8 et 11 août), Marie-Hélène Mathieu (12 août), l’abbé Pierre (13 et 14 août), Émile Poulat (19 août), André Frossard (20 août).Il faut noter que ce palmarès ne constitue qu’un choix parmi les invités de la série complète ! Ajoutons que Rencontres célébrera son quinzième anniversaire la saison prochaine, alors que la série ne sera plus diffusée le mardi soir mais plutôt le dimanche à 13 h, pré- LE PETIT ZODIAQUE ILLUSTRÉ cédant d’autres émissions qui feront les beaux dimanches « culturels » de Radio-Canada, une fois terminée la saison du football commercialisé.?Stop — La revue Stop ne s’est pas arrêtée à son premier numéro.Voici le deuxième, qui réunit nouvelles, récits et contes.Le but de cette revue, animée par André Lemelin et d’autres, est d’encourager la « jeune écriture » de fiction.La revue doit paraître quatre fois l’an.NOUVEAUTÉ JOURNAL DE L’ART ACTUEL 1960-1985 AGENCE DU LIVRE 1246, rue Saint-Denis, Montréal Tél.: 844-6896, 844-4967 M\ERG£ LE PETIT ZODIAQUE ILLUSTR -— 12 beaux livres souriants et colorés 28 pages 5,95$ ch.lin éditions hurtubise hmh Itée 7360 boulevard Newman Ville de-LaSalle (Québec) H8N 1X2 Telephone (514) 364-0323 Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS font relâche cet été, et vous donnent rendez-vous en septembre.dc9à9 362 Tous les dimanches après-midi venez regarder avec nous “APOSTROPHES” à 14h à TVFQ-99 avec Bernard Pivot 1120, av.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 ouv/^\7o'i°v\B Cham 281 page» — 14,98$ UN ROMAN SUR L’ESPIONNAGE INFORMATIQUE PROGRAMMEURS À GAGES de Jacques Blssonnette •Programmeurs i gages, de Jacques Blssonnette, nous plonge en plein coeur de cette guerre feutrée qui se trame autour de l’espionnage informatique, sur fes traces d’Alain Bourque, un spécialiste en sécurité des systèmes informatiques à l’emploi de la Data Security, une firme établie dans la Silicon Valley.Programmeurs i gages obéit au modèle type du cqman d’espionnage.Un véritable roman d’initiation.a Guy Goutter, Le Soleil En vente dans les bonnes librairies, vlb éditeur , la petite maison de la grande littérature Simone &eaUvon Aevnnèn^e YYaïVovse ctn°n ’Uevwes , vides \odes YrAtV°'s 10 t LE DEVOIR CULTUREL en pleine Un coup LETTRES QUEBECOISES STÉPHANE LÉPINE ?Geneviève Letarte, Soleil rauque, éditions de la Pleine Lune, 1986, 176 pages.?Monique Larouche-Thibault, Amorosa, Boréal, 1986, 123 pages.Tr UIN, lune croissante.J’en-// Itends crier dans les rues V tr chaudes, des chants se perdent en rires lointains de carnaval.J'ai ce soir l’appétit donjuanesque.De mon petit promontoire, j’observe dans la rue les incertitudes et les tractations, les actualités, la vie de quartier, j’écoute les dernières nouvelles .» Cette femme penchée à sa fenêtre, « à la limite des mots prononçables », a 30 ans.Branchée sur le présent, sur elle-même, sur la rue et les gens, c’est une femme avide, boulimique, « qui aime avoir des frissons », qui aime les vertiges, les excès, qui dit oui « à la violence de vivre ».On connaissait Geneviève Letarte pour ses spectacles-performances.Les paroles de ses chansons sont celles du quotidien et de la ville, reflètent les préoccupations sociales et amoureuses d’une femme qui cherche à se dévoiler, « à crever la bulle opaque de l’anonymat, à briser les distances imposées».On retrouve chez Geneviève Letarte romancière la même insouciance heureuse, la même ivresse d’écriture, la même de soleil o la pleine lune invention métaphorique jaillissante.On reconnaît, dans Soleil rauque, cette manière de créer des univers ou des émotions non pas en faisant fi des difficultés de composition mais en semblant ignorer qu’il puisse exister de telles difficultés.Sismographe de tous les tremblements de sa génération, elle fait ici le portrait d’une femme « dont le corps est une usine en pleine activité », d’une « performeuse » qui pourrait bien être un reflet fantasme de l’auteur même.Au centre de ce livre, donc, il y a une Montréalaise pure et dure, à l’infatigable énergie, à la sensualité radieuse, qui, accoudée à sa fenêtre ou réfugiée dans un restaurant portugais, « devant la vitre qui l’isolait momentanément de l’orchestre urbain », rêve de la ville comme d’un virage, un rivage, un mirage, parfois assombri par des difficultés financières, par une renommée qui tarde à venir ou quelques liaisons orageuses mais un mirage qui est toujours là, persistant, créateur d’images.Comme Rita Hayworth dans La Dame de Shangaï, cette femme est enjôleuse, aventureuse qui tangue dans la ville érotisée, « une femme aux mille avenues » que la fiction miroitante dépeint sous de multiples visages et que Geneviève Letarte réinvente tendrement, pudiquement, énergiquement, au prisme de plusieurs témoignages successifs, de plusieurs coups de coeur qui la font s’éclater dans tous les sens.Cette femme libre, qui s’accorde le droit de « renifler d’autres peaux, d’autres sexes, (de) s’inventer chaque jour une vie nouvelle au carrefour des autres, (de) pouvoir tout demander, exiger, quêter, (de) survivre dans ces villes aux lits détrempés, (de) refaire l’amour, refaire le monde à chaque fois », est un vrai personnage qui échappe à toute réduction et que l'on aime précisément pour la folle liberté avec laquelle elle échappe à ses images successives.Avec ce deuxième roman, Geneviève Letarte faitVnontre d’une étonnante maturité.L’ombre de Yolande Villemaire et celle de Pauline Harvey se profilent parfois au détour des pages mais jamais ces influences n’empêchent l’affirmation d’une voix personnelle.La liberté dans la narration, la douce anarchie de l’écriture, le style haletant et désordonné donnent à Soleil rauque un charme et une vivacité indiscutables.De plus, cette approche « spectaculaire » du quotidien et de la ville, cette façon de présenter Montréal comme un territoire imaginaire, mi-réel mi-poétique, de faire de la rue un théâtre « avec ses carrefours aux mille vi- NOTES DE LECTURE Histoire, langue et espace .JEAN ROYER ?Dictionnaire historique, thématique et technique dés littératures, française et étrangères, anciennes et modernes, tome I (A à K), sous la direction de Jacques Demougin, Librairie Larousse, 890 pages.UN TEL dictionnaire reste toujours utile, malgré ses partis pris et ses défauts.Ici, la voix populaire l’emporte sur le reste.Guy des Cars remporte, chez Larousse, la plus belle part à côté d’un grand écrivain comme Albert Cohen, par exemple.Mais disons que si les spécialistes des littératures de langue française vont préférer au Larousse le Bordas, le grand public d’étudiants ou de lecteurs trouvera dans ce dictionnaire une foule de renseignements inédits.La littérat ure québécoise y est assez bien représentée.L’ensemble est joliment illustré.On attend la suite.* ?Richard Millet, Le Sentiment de la langue, mélange, Champ Vallon, coll.« Recueil », Paris, 1986, 124 pages.Dans cette nouvelle collection qu’il dirige, Richard Millet nous propose une méditation sur la langue qui passe par la littérature et la fiction, par la musique et la poésie.Composé de divers carnets, ce livre d’une ferveur exemplaire envers le langage est tout simplement irrésistible.Millet y est aussi un prosateur admirable.On peut noter un certain manque d’information de l’auteur au chapitre de « l’écrivain français et sa langue » quand il tente d’évoquer la réalité de la langue au Québec.Mais il reste que voici un superbe livre d’écrivain (-^ LE DEVOIR CULTUREL est dirigé par Robert Lévesque v J qui ne cesse d’interroger avec brio son « sentiment » de la langue.Notons que Richard Millet avait publié un extrait de ce livre, un texte intitulé « D’une fenêtre sans éclat ».dans le numéro de la revue Possibles intitulé « Le mal du siècle » et regroupant une vingtaine d’écrivains québécois et européens.?L’Écrivain et l’espace, communications de la douzième Rencontre québécoise internationale des écrivains, éditions de l'Hexagone, Montréal, 188 pages.Voici les textes d’une des plus belles rencontres d’écrivains, celle qui s’est tenue sur le thème de l’espace, à Québec, en avril 1984.On y lit des textes d’une quinzaine d’écrivains du Québec et d’ailleurs.En plus de la magistrale conférence de Pierre Perrault, qui connaît bien le sujet, on peut lire des pages magnifiques de Rachid Boudjedra, Louis Caron, Herbert Gold, Edith Habersaat, Jeanne Hyviard, Monique La Rue, Jean Rousselot, Virgil Tanase et bien d’autres.Rappelons que l’Hexagone a publié dans la même collection les communications de la Rencontre de 1983 sous le thème « Écrire l’amour ».y «F P 6® Nb’ 4V EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE Le Devoir, samedi 21 juin 1986 ¦ C-3 face sages » donnent au roman une force « performative » hors du commun.Finalement, on se soucie bien peu de savoir si Soleil rauque est un grand roman, quand on songe à l’immense plaisir qu’il procure.Un plaisir intelligent, il va sans dire.Car.derrière la trajectoire amoureuse d’une femme qui s’abandonne à la magie pure, aux métamorphoses, aux surprises, au hasard, aux moments inattendus, aux rencontres fortuites, se dessine un portrait lucide, subtil et pénétrant des désirs, des utopies et des échecs d’une génération.?Alors que la rage de vivre traverse le roman de Geneviève Letarte de part en part, Amorosa, de Monique Larouche-Thibault, met en scène un échantillonnage de néants divers, juxtapose les douleurs et les misères humaines.Pour l’auteur de Quelle douleur !, la moindre misère est la source de malheurs infiniment plus considérables, qu’elle goûte avec complaisance et acharnement.Ici, cinq femmes meurtries et déshonorées, cinq solitudes se croisent dans une clinique d’avortement.D’une plume désabusée et corrosive, Monique Larouche-Thibault nous raconte, sans mélanger les effets et les simplifications grossières, leurs tristes histoires.Toutes victimes de la vie, ces femmes appartiennent à un univers d’abjection et d’avilissement où régnent la culpabilité et l’ignorance.Infirmités, bâtardises, viols, tous les thèmes de prédilection du mélodrame sont réunis.D’ailleurs, dans Le Mélodrame hollywoodien, Jean-Loup Bourget nous rappelle que l’authentique mélodrame met obligatoirement en scène une victime entraînée dans une intrigue aux péripéties catastrophiques ou providentielles, mais qui ne sauraient en aucun cas procéder de circonstances réalistes et dont le pathétique ou la violence doivent être mis en évidence.Monique Larouche-Thibault, formée à l’école du mélodrame et du téléroman, nous présente un ouvrage qui, plus près des Deux Orphelines que d’Une saison dans la vie d’Emmanuel ou Bonheur d’occasion à qui il emprunte certains traits, se consacre au culte de la douleur.Mais il aurait fallu nuancer un peu la chose au beu de verser, comme elle l’a fait, dans la gravité ostentatoire.Le ton grandiloquent et moralisateur, « grandguignolesque » pourrait-on dire, l’écriture grossière et les portais équarris à la hache viennent enlever toute crédibilité à ces personnages.Monique Larouche-Thibault ne fait pas partie de ces écrivains qui traitent la matière romanesque en demi-teintes.Écrivain du bruit et de la fureur, elle signe des ouvrages outrageusement appuyés qui sont autant de descentes aux enfers et où un malaise constant, un mélange d’horreur et d’angoisse, une sensation de fatalité morbide imprègnent les êtres et les choses.Pour ma part, je trouve que la sobriété a bien meilleur goût.Un «thriller» dans la meilleure veine, conjuguant qualité d’écriture et intrigue à rebondissements qui conduira le lecteur de Halifax et ses brumes à Leningrad, en passant par Washington, Paris.Comparé à Deighton, Graham Greene, Le Carré et Forsyth.Voici RED FOX.S I L P°S5r U e&E o C-4 ¦ Le Devoir, samedi 21 juin 1986 LE DEVOIR CULTUREL BORGES ¦ Un homme travaillé par le temps Suite de la page C-1 bout de longues années il peut atteindre, si les astres sont favorables, non pas la simplicité, qui n’est rien, mais la complexité modeste et secrète.» Voilà qui décrit bien la démarche poétique de Borges, de Ferveur de Buenos Aires (1923) jusqu’à L’Or des tigres ( 1972), où la parabole succède à la confidence et le vers libre au sonnet, épousant les grands rythmes des poésies occidentales mais avec la voix la plus personnelle.Car si Borges, admirant les poète^ an-¦ glais et les expressionnistes allemands, a trouvé en lui assez d’humilité pour fréquenter ses modèles, il a su leur donner un souffle unique dans des poèmes tout simplement admirables.Ra-’ res sont les poètes comme Borges chez qui chaque page reste aussi intense et différente, toujours émouvante, quel que soit le sujet abordé.D’ailleurs, comme tous les grands écrivains, Borges ne prétendait pas porter tout seul sa poésie.Il respectait le poème comme une forme de vie et non comme du langage pour le langage.Selon lui, l’esthétique de la poésie n’existe que dans l’écriture et la lecture.11 n’érige pas en système sa façon d’écrire.« Je ne suis pas en possession d’une esthétique quelconque.Le temps m’a appris quelques ruses, disait-il en préface à son beau recueil • Éloge de l’ombre.D’ailleurs, je ne crois pas aux esthétiques en général : elles vont rarement plus loin que l’inutile abstraction, varient avec chaque écrivain et ne peuvent être autre chose que des aiguillons ou que des instruments occasionnels.» Pour Borges, la poésie, c’est « l’or des tigres », comme « l’or du commencement » qui règne sur Le Monde f» ^ fc-H ° "Tki; Borges vu par Pancho.les derniers vers qu’il a publiés en 1972 : « Ô couchants, ô splendeurs du mythe et de l’épique, ô tigres.Et cet or sans prix, ô tes cheveux sous mes mains désireuses.» Jorge Luis Borges était « un homme travaillé par le temps ».Car, disait-il, « seul est vrai le présent, ce désert».Ou encore : « C’est aux choses du temps qu’est l’éternel/ Dans cela qui se hâte et qui passe et qui bouge.» Pour Borges, la littérature est une affaire d’identité.La poésie renferme en son mystère celui de la vie.Comme la mer peut renfermer en son mystère celui de la mort.Ainsi a-t-il encore écrit ces vers inoubliables : « Qui sommes-nous, la mer et moi ?/ J’attends encore pour le savoir.J’attends/ le jour d’après ma mort.» ¦ Sa mort: un leurre Suite de la page C-1 pour lui, la réalité est totale, le rêve en fait partie.Borges avait une conception très particulière de la lecture qui recoupe toute sa conception du monde.Non seulement lit-on un texte par plaisir, mais on le transforme nécessairement.En cela, il rejoint un grand nombre de théoriciens.Mais, chez lui, cela prend des proportions insoupçonnées.Fin correspondance avec sa notion du temps, on retrouve un panthéisme ésotérique dans son esthétique.En commentant Mallarmé, Léon Bloy et Paul Valéry, il reprend, dans Le Culte des livres, leur idée du monde comme texte chiffré pour en arriver, dans La Fleur de Coleridge, à l’idée d’un immense texte écrit par tous.Le lecteur transformant à son tour le texte, il le réécrit ad vitam aeternam.Ce système de renvois en littérature (tout texte n’est qu’un ensemble de citations) nous amène à un aspect majeur des contes de Borges : la mystification littéraire.Borges était passé maître dans l’art de la supercherie.Ses fausses citations et ses attributions erronées ont souvent porté à confusion.Mais elles font partie intégrante de son oeuvre.C’est dans ce registre qu’il faut situer les livres de Bustos Domecq et.de Suarez Lynch, écrits en collaboration avec son grand ami Adolfo Bioy Ca-sares.N’oublions pas que les ophtalmologistees lui avaient défendu de lire et d’écrire depuis 1956.Ce qui l’avait obligé à s’adjoindre un grand nombre de collaborateurs et à dicter surtout de la poésie.Mais les livres de Bustos Domecq et de Suarez Lynch forment vraiment un tout distinct qu’il faudrait étudier spécifiquement.On comprend aisément qu’avec ces idées esthétiques et philosophiques (ne faisons plus de différence), Borges se soit tenu assez loin de la politique.Son anti-péronisme notoire lui ayant suffisamment nui, il a toujours gardé une distance avec ce monde.Il ne pensait pas, d’ailleurs, qu’un homme de lettres fût plus apte qu’un autre pour s’occuper de politique.L’importance de son oeuvre restera longtemps gravée dans les mémoires.Sa manière d’aborder une oeuvre, par le plaisir du texte, a influencé un grand nombre de commentateurs, dont Barthes et Sollers.Ses citations apocryphes sont entrées quelquefois dans des bibliographies.On se rappellera, entre autres, que Les Mots et les choses, de Michel F’oucault, s’ouvre sur une de ses citations.Son influence a été déterminante pour le « nouveau roman » qui s’en réclame ouvertement.Alphaville, de Godard, débute par une citation de La Nouvelle Réfutation du temps.Et, finalement, son désir incessant d’abolir la notion de sujet a eu un écho retentissant dans la philosophie contemporaine.Tout cela a contribué à façonner le mythe de Borges, vieux poète argentin aveugle rempli de sagesse.Et sa mort ne peut que renforcer ce mythe.Ne disait-il pas : « Alors nous pourrions dire que l’immortalité est nécessaire, non pas au plan personnel mais au plan général.[.] L’immortalité est dans la mémoire des autres et dans l’oeuvre que nous faisons.» C’est pourquoi Jorge Luis Borges n’est pas mort.LES INFANTS MAL AIMÉS ON EN RETROUVE DANS VOTRE QUARTO! ET CHEZ VOUS.Québec Editions de l'Université d Ottawa,, MARCUSE : LA RÉVOLUTION RADICALE ET LE NOUVEAU SOCIALISME André Vachet Synthèse de la pensée d’un homme qui a (grandement influencé notre époque.L’ouvrage vise à cemer l’originalité et la complexité de l’oeuvre de Marcuse prise en elle-même, selon sa cohérence propre.230 pages 19.95 $ Distribution exclusive au Canada : Diffuüvre Inc., 2973, rue Sartelon, Ville Saint-Laurent.Qc, H4R 1E6 (514) 336-2663 m h MARC I SI : LA.Kl VI II.CI ION RADK Al I LT I I.MU A I.M SOCIALISM! 4 JAZZ : le « beat » des mordus Tsrrj Yves ^ Navarre /ns hurbus muges mxm.Photo Irene POUR L’AMOUR DE MARIE SALAT par REGINE DEFORGES roman 160 pages / 9,95 $ Régine Veforges bu R L’AMOUR marie SALAT man ’ .,t — Miche) À partir de cartes postales anciennes, achetées chez un libraire-brocanteur, Régine Deforges a imaginé la suite d’une correspondance échangée en 1903 et 1904 entre deux jeunes femmes mariées, habitant un petit village de trois cents habitants; des lettres d’amour d’une femme à une autre, et quel amour! le,s herbes ronges HEBERT BOUCHARD ¦ Marie-Francine Hébert, Slurch — 5,00 $ ¦ Louise Bouchard, Des voix la même — 3,00 $ ¦ abonnement: KPnos, 20,00 S ¦ci-joint ¦ chèque Hmandat postal les herbes rouges gOBTRT SABATIER DAVID HT OLIVIER m.nn MO»» DAVID ET OLIVIER par ROBERT SABATIER roman 364 pages / 18,95 $ Montmartre 1930: retrouvez le petit Olivier des Allumettes suédoises, durant l’année la plus souriante de son enfance; celle de sa première grande amitié.DAVID ET OLIVIER: deux enfants délicieux dépeints avec amour! Suite de la page C-1 Metheny, il se demande si le célèbre guitariste ne viendra faire un petit tour .(Benoît Boutin a lancé la même idée ! ) Fin 2) et 3), le quintette américain Alive .' et Jane Ira Bloom.« Il est très rare de voir beaucoup de femmes en jazz; je suis donc très curieux d’entendre Alive ! dont je connais un disque.Ce sont tous des instrumentistes.La chanteuse est extraordinaire, et il est à noter que la trompettiste Stacey Rowles est la fille du célèbre pianiste Jimmy Rowles.Jane Ira Bloom, elle, est une saxophoniste soprano qui s’exprime très bien, qui a beaucoup d’idées dans ses impros, et qui pourrait être un des grands moments du festival.» Gilles Boisclair privilégie aussi le Wayne Shorter Quartet, « un merveilleux saxophoniste, et c’est bien qu’il puisse s’exprimer avec son propre groupe » et, enfin, le groupe Oregon, pour une raison précise : « Leur nouveau percussionniste est un Indien, Trilok Gurtu, dont j’attends beaucoup.Il crée des sons extraordinaires avec des instruments très simples, et il va donner beaucoup plus de swing au groupe.» Gilles Boisclair ajoute que si vous vous intéressez au jazz français, il ne faudras pas manquer le pianiste René Urtreger, le trio d’Antoine Hervé et le trompettiste Éric Lelann dans la série des concerts gratuits.Pauline Desautels est le type même de la « maniaque ».Professeur de cégep en sciences humaines, « jazzophile » qui planifie ses vacances annuelles en fonction du festival, elle prend actuellement du repos pour mieux se préparer à cette dure semaine.Depuis des années, elle achète un carte de membre honoraire et une deuxième carte pour la série « Jazz dans la nuit », au Saint-Denis à 23 h.Plutôt que d’établir un palmarès, elle conseille ceci : « Suivre tous les concerts de la série “Jazz dans la nuit”, c’est ce qui correspond le mieux à la culture jazz, c’est la série qui démontre le plus de créativité.» Pauline Desautels ajoute que la programmation de 86 lui semble présenter moins de gros noms traditionnels « qui permettent de faire un choix historique » (par exemple, Miles Davis, Omette Coleman) et elle répétera tout au long de notre entretien que les médias n’accordent pas une place assez importante au jazz durant l’année.« Il est impossible d’être “jazzologue” ici, on parle trop de Céline Dion », lance-t-elle.Notre dernière intervenante : Katie Malloch, qui anime, depuis des années, des émissions de jazz à la radio d’État anglophone, qui animait également Stepping Out à la CBC, une autre passionnée de jazz.Son itinéraire : 1) Amina Claudine Myers : « Une voix à la fois riche et sombre, un chant fascinant (il y a peu de chanteuses, cette année), une pianiste entre le moderne et le classique, une grande représentante de la tendance AACM.» 2) Clarinet Summit : « Il y a longtemps, la clarinette était un des instruments les plus représentatifs du jazz.C’est bien d’assister à une “renaissance” de la clarinette : ce groupe est très représentatif de ce qui se fait actuellement, avec des talents de tous les horizons.» 3) Paris Reunion Band : « Un regroupement de talents d’une “génération perdue”, un peu ignorée au festival : ce ne sont ni de jeunes lions comme les Marsalis, ni de grandes vedettes consacrées, et pourtant ce sont de merveilleux talents, tel Le groupe Oregon.Photo ‘ Jojl Sawa, 1986 Le groupe Alive : « des climats musicaux différents .» Woody Shaw, qu’on ignore trop.» Fin 4) Wayne Shorter : « Très fascinant et talentueux, il n’a jamais joué comme on le voulait, à l’époque de Weather Report.Il écrit toujours des airs mystérieux, surprenants.» Enfin, en 5) Pepper Adams, un choix affectif : « Il est très malade, il a le cancer, je crois bien que c’est la dernière fois qu’on pourra le voir.Il a perdu tous ses cheveux à cause de la chimiothérapie, mais il refuse d’arrêter de jouer.On ne reverra pas de sitôt une telle force au saxophone baryton.À mon avis, il a plus de “tripes” que Jerry Mulligan.» ?Qu’en pensez-vous ?Il y aurait tellement de spectacles à conseiller ! Mentionnons tout de même quelques événements intéressants qui risquent de passer inaperçus dans le tourbillon de noms prestigieux : à 22 h tous les soirs, au Saint-Denis II, les concerts de l’Union européenne des radiodiffuseurs, qui présentent quelques-uns des meilleurs ensembles hollandais, britanniques, danois, etc.Mentionnons aussi la soirée de clôture, à la Place des arts, où la crème des musiciens montréalais se produira en compagnie de Dizzy Gillespie.Et aussi, pour les passionnés de blues, la série « Lwenbrau », à 21 h sur la scène Maisonneuve, des spectacles gratuits qui sont repris à 23 h 30 au Club Soda (entrée libre).Dès vendredi prochain, Gilles Archambault, écrivain et chroniqueur de jazz qui n’est plus à présenter, vous tracera quotidiennement dans nos pages son propre itinéraire.Pour ma part, je compléterai la couverture du festival par différents reportages, et je vous livre, en terminant, mes coups de coeur préliminaires : Nascimento, bien sur; Michel Pe-trucciani, parce qu’il est bouleversant; le guitariste espagnol Paco de Lucia, parce que sa musique enchante presque quotidiennement mes petits déjeuners, et Van Morrison, qui est un des chanteurs les plus intéressants au monde, même s’il appartient moins à l’univers jazz.Bon festival ! Prix de poésie L’inscription se termine le 27 juin pour le Grand Prix de poésie de la Fondation des F’orges, en mémoire du regretté poète Galien Lapointe.Lè prix sera attribué au cours du second l'estival national de la poésie, qui se tiendra à Trois-Rivières du 7 au 12 octobre prochain.Sont admis au concours les manuscrits de 48 pages dactylographiées ou plus d’un poète ayant déjà publié au moins trois ouvrages, ainsi que les ouvrages déjà publiés depuis le 31 mai dernier.Le poète ou l’éditeur qui soumet une candidature doit fournir en trois exemplaires un dossier de presse et un curriculum vitae se rapportant aux publications antérieures.La participation doit être adressée à M.Gaston Bel-lemarre, Fondation des Forges, 3231, rue Notre-Dame ouest, C.p.232, Pointe-du-Lac, GOX 1Z0.NOUVEAUTÉ Danielle Odette Le Bricquir Thibault FEMINISME ET PACIFISME: MEME COMBAT 17,15 $ AGENCE DU LIVRE 1246, rue Saint-Denis, Montréal Tél.: 844-6896, 844-49é7 par VACANCES-ROMANCES-VACANCES-ROMANCES UNE VIE DE CHAT YVES NAVARRE roman 225 pages / 14,95 $ VOICI UN ROMAN ÉCRIT PAR.UN CHAT! Oui, les chats savent écrire.Ce roman, écrit par le chat Tiffauges est un chant d’amour, et d’humour, à ses épouses et à son maître.C’est aussi et surtout, un chant de tous les jours, UNE VIE DE CHAT, rien qu’UNE VIE DE CHAT, et ce n’est pas rien, du début à la fin.C P 81, bureau E, Montréal, Québec H2T 3A5 Nom.Adresse.:.Code postal EDITIONS ALBIN MICHEL En vente dans toutes les librairies Le Devoir, samedi 21 juin 1986 M C-5 r •*?£! paissance fune passion ,LON»> tournée (j'avance Milena w wkwstoi e Grand Cabrer $8*1, tUltlONS GOliGAUD de Vogre est UI1 ï *vérité,!'“1 ère de Jgagg ' nauisiteul-, aïïTûi hTI2 du Moyen Age ¦ ten notre temps 19,95* Ufflsi chercheur n cela le fri «•-ffflSS»* ,~=?ss H n'est pas, Comédie obscène d’une nuit d’ète parisienne Rczvani La nuit transûgurèe Roman Poirot- HUTIONS SSRSSSS?Points pointe Points Potato Potato cllch**.de tou» ïsSîssüssjSr.^•owd'au* « mmbour- nen* P?L P»* «• ï i*'0"’",).tou» P» u,stf In Session Entertainment this Week IE J MacGYVERg Simon & Simon g News Pulse The Fall Guy Pêche à la ll7J CIVM (R.-Q.) Montréal ligne Pinocchio National Geographic Media Mag Télé-film : 1.'Oasis —Fr.1982 Avec Charles Vanel et Raymond Bussières Des grilles dans la tête (Î22) WVNY (ABC) Burlington AB< Ncws O Omaha's Wild Kingdom ’Hie Disney Sunday Movie : Candleshoe —Ê.-IJ.1977 g Avec Jodie Foster, David Niven et Helen Hayes Movie : The Final Countdown —Ê.-U.1980 Q Avec Kirk Douglas, Martin Sheen et James Farentino ABC News g News 22 Jim & Tammy le Robinson (24J CICO (TVO) Ontario Suisse Profession ; Écrivain la; Moyen- Orient Scènes et Miroirs Cinémas & Cinémas ; /.’amie —All.1982 Avec Hanna Schygulla, Angela Winkler et Peter Striebeck Profession : Écrivain Vue Globale @D VERMONT ETV (PBS) Firing-Line The Nature of Things g Nature Q Masterpiece Theatre g The Irish K.M.The Heart of th e Dragon g Masterpiece Theatre g (rep.de 2lh.) The Heart of the Dragon /jïXs L’École des 199J TVFQ (télévision française) ^ j La ( ornouail-1 les I8h 45 : A nous deux Télé-série ; Le ( rime de Mathilde les habits du dimanche Les aventures Apostrophes ; Zoom arrière de T.(Jordon 22h 45 : Projection privée 1 la; Journal %ÈAé M'&ÊÈËÊtÊÊSÈmM«fer- #.i-:^ÆÈÈm HPHHHHHI l^|ip|.|.w|x^*|.|||| I8h45—Cinéma : Octopussy (Drame d'espionnage) Cinéma : À la recherche de Garbo —É.-U.1984 Avec Anne Bancroft, Ron Silver et Carrie Fisher Cinéma ; Starman (Science-Fict lion) FirsMDhoiee Movie ; Eletch (Comédie policière) Mov ie ; A Piew to a Kill —G.-B.Drame d’espionnage avec Ro 1985 qer Moore et Grace Jones Movie : The Naked Face (Drame policier) 0h30 :Grand¦ view, U.S.A.— — ~~ — -¦ — • ' 1 ( 084011
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