Le devoir, 27 septembre 1986, Cahier C
LE DEVOIR CULTUREL _C Montréal, samedi 27 septembre 1986 Une rentrée littéraire de qualité JEAN ROYER Gérald Godin.merciales est-elle forte, mais nos éditeurs, prisonniers de l’exiguïté du marché, n’ont pas toujours les moyens de se déployer en marketing.Quoi qu’il en soit, on sait que la qualité finit par gagner son public.La nouvelle attitude des éditeurs québécois devant l’exigence d’une édition de meilleure qualité démontre la maturité de notre appareil éditorial.D’ailleurs, cette confiance en eux-mêmes des éditeurs provo- Suite à la page C-4 LA RENTRÉE littéraire s’annonce passionnante.On compte moins de titres, mais les éditeurs recherchent la qualité.Dans leur prudence, ils font preuve d’un dynamisme pour séduire le lecteur.Car, il faut bien le dire, la littérature québécoise n’a pas toujours la popularité qu’elle mérite.Non seulement la concurrence des grosses machines corn- < Photo ‘ Guy Dubois Antonine Maillet.MARIE JOSÉ THÉRIAULT JEAN ROYER MARIE JOSÉ Thériault ne manque pas de vocabulaire : ses livres foisonnent de mots rares et précis.Mais, cette fois, le rêve l'a emporté sur le dictionnaire : il lui a fallu inventer un néologisme pour désigner celui qui fait voler les chevaux : l’envoleur.Et L'Envoleur de chevaux donne son titre à un nouveau recueil de contes, parmi les plus achevés qu’on puisse lire dans la littérature québécoise (au Boréal).Stéphane Lé-pine signe une critique enthousiaste en page 3 de ce cahier, et je suis d’accord avec lui pour y reconnaître un des plus beaux livres de la rentrée.En page couverture du livre, on reconnaît cet envoleur de chevaux et divers éléments du conte regroupés dans la tradition de la miniature persane.Cette oeuvre de finesse et de couleurs ressemble à l’écriture de Marie José Thériault.Rien d’étonnant à cela : le dessin est bien d’elle.Depuis longtemps, elle pratique la miniature persane et la calligraphie orientale.Depuis quatre ans, elle apprend cette langue difficile qu’est le persan, qu’elle trouve plus élégante que l’arabe.Marie José Thériault fréquente le Moyen-Orient comme son monde de rêve.Cela finit par transparaître dans son monde littéraire.Un de ses contes, « Le trente et unième oiseau », devient même un pastiche des Mille et une nuits.Mais là doit, s'arrêter la comparaison.Marie José Thériault écrit des contes originaux, séduisants sinon envoûtants, pleins de verve et de vie.Ces contes illustrent la quête du «centième nom de l’amour», celui qu’on ne connaît pas, dirait son personnage Radko.Ce sont des contes volontiers fantastiques, parfois drôles, parfois cruels, où l’écrivain s’empresse de faire disparaître les personnages qui s’ennuient ou qui trichent.Seul subsiste le rêve amoureux.D’ailleurs, l/blnvoleur de chevaux, comme plusieurs des contes de ce recueil, est sorti des rêves de l’auteur.« Je rêve beaucoup les contes avant de les écrire, me dit-elle.’ Cinquante pour cent de ce recueil-là est rêvé.Et, dans certains cas, c’est une transcription sans ajout ou très peu modifiée qu'on peut lire.Cela m’est donné comme ça.Je remercie le ciel ! Que veux-tu ?Quand tu te réveilles avec un conte comme L'Envoleur de chevaux, si tu ne l’écris pas, t’es pas drôle ! « Il faut pouvoir se faire ses propres voyages.Ce ne sont pas les autres qui vont nous les donner ! Écrire, c’est donner une matière brute aux autres qui ne sont pas capables de se la faire eux-mêmes.Cette matière brute, je la prends aussi chez d’autres, pour moi.Ce que j’écris, cela revient à dire : voici un petit manuel de rêves.Mes livres seraient une invitation au rêve comme au voyage.Le rêve, mode d’emploi.» Pour Marie José Thériault, avant l’écriture, il y a eu la danse et la chanson.Elle dansait le flamenco sous le pseudonyme de Maria Vargas.Les journaux lui rappelaient alors son vrai nom et, surtout, celui de son père, Yves Thériault.Elle chantait sous le nom de Marie José.Les journaux lui rappelaient encore Suite à la page C-4 ¦HMMH Photo Boréal/Afra Malanottl Le rêve, mode d’emploi Marie José Thériault : « Il faut pouvoir se faire ses propres voyages .» ?ipii ?Photo Jean Gladu The Art Institute of Chicago, l’un des hauts lieux de la muséologie américaine.CHICAGO ANGÈLE DAGENAIS l'un des animateurs les plus respectés de Chicago, Joe Segal, les plus grands artistes du jazz depuis 40 ans.Tout se déroule dans un seul lieu, sur une seule scène, conçue à l’origine comme lieu scénique temporaire mais qui n’a jamais été démonté après avoir servi à la Ville de Chicago pour rendre un ultime hommage à Duke Ellington, décédé en 1974.Le festival est conçu comme un événement populaire sans prétention.Le public prend place sur de petites chaises de métal bien ordinaires, placées en hémicycle devant la scène, ou étend ses couvertures dans un coin plus éloigné du parc et n’a qu’à se laisser bercer par la magie d’un son amplifié, bien sûr, mais parfaitement balancé.Les effluves parfumés des bouffes créole, mexicaine, louisianaise, américaine ou autres, s’échappant des kiosques à proximité, tout en excitant les papilles, rehaussent le caractère de fête de l’événement.Écouter la grande Sarah Vaughan, un samedi soir, entourée de dizaines de milliers de personnes émues, admiratives, recueillies ou hypnotisées par ce qui se déroule sur la scène, est certainement l’une des choses les plus fascinantes qui puissent vous arriver par une chaude soirée d'août.Le Festival de jazz de Chicago n’est pas une manifestation isolée de la fin de l’été.Il est soutenu par l’activité de cinq ou six clubs de jazz de la ville qui offrent de bons spectacles tout au cours de l’année ; par trois stations de radio — dont une « ail-jazz», WBEE — qui programment régulièrement des émissions de musique et d’information sur le jazz; par une école renommée, The Association for the Advancement of Creative Musicians ( AACM), qui a imprimé sa marque sur les Muhal Abrams, Joseph Jarman, Roscoe Mitchell, The Art Ensemble of Chicago, etc.Il faut dire que l’amour de la « ville des vents » — Suite à la page D-8 CHICAGO — Chicago et Montréal ont plusieurs choses en commun : chacune a le statut de « deuxième » ville plus populeuse de son pays et chacune se distingue comme chef de file culturel, l’une du Midwest américain, l'autre de l’Amérique francophone.Mais, plus que cela, elles ont en commun un festival de jazz estival fort apprécié de la population locale, et, coïncidence intéressante, chacune avait, l’été dernier, une exposition majeure d’art oriental à présenter.Mais là s’arrêtent les similitudes.Entièrement gratuit, le Festival de jazz de Chicago attire, en cinq jours, 360,000 personnes dans un lieu unique, Grant Park, immense îlot de verdure en plein coeur de la ville, le long de cette vaste mer intérieure appelée lac Michigan.À sa huitième édition, cette année, le Festival de Chicago, dont le budget atteint le demi-million de dollars, est produit et financé à 100 % par la Ville de Chicago (The Mayor’s Office of Special Events) et le Jazz Institute of Chicago, qui en determine la programmation.Une dizaine de commanditaires prêtent également leur concours à l’événement: A T & T, un brasseur, trois sociétés aériennes, trois stations de radio et un hôtel du centre-ville — mais pas des moindres puisqu’il s’agit du Blackstone Hotel, qui présente, grâce à Michigan blues.EDGAR MORIN Photo Jacques Grenier Edgar Morin : « Les conditions de la connaissance sont en même temps ses limites.» ?L’aventure de la connaissance HEINZ WEINMANN CERISY-LA-SALLE — La gigantesque boucle ga-laxique et épistémique, que La Méthode d’Edgar Morin a commencé par décrire avec La Nature de la nature (en 1977), se boucle finalement sur elle-même.Débutant dans le bruit et la fureur de l’éclatement de notre cosmos, il y a 15 milliards d’années, elle aboutit maintenant dans les circonvolutions de notre cerveau qui, après coup, a pu concevoir ce big bang de l’origine de l’univers.Or ce cerveau humain, apparu il y a plus de cent mille ans, marque le début d'une aventure, celle de l’hominisation, qui n’a d’égale que celle de l’émergence de notre galaxie.Machine neuronale computante d'une hypercomplexité qui dépasse l’entendement — entendement dont il est pourtant le support matériel —, réunissant cent milliards de neurones à raison de mille synapses par neurone, le cerveau tire un feu d’artifice permanent de 10 puissance 14 synapses.Voilà le cadre cosmo-bio-anthropologique qui situe l’aventure de La Connaissance de la connaissance (Seuil, 1986), troisième partie de La Méthode, qui nous fait découvrir l’aventure à la fois la plus universelle et la plus intime de chacun d’entre nous.Si, physiologiquement, le cerveau de l’homme de Neandertal est déjà le même que celui de Léonard de Vinci, ils sont séparés par le gouffre de l’esprit qui, lui, va se développer par \'imprinting culturel (langage, écriture, etc.), lequel avait déjà fait se développer le cerveau.Quiconque veut comprendre à fond la connaissance humaine doit entrer dans celte boucle ré troagissante qui relie le cerveau, la culture, l’esprit.Après Le Paradigme perdu, pas de doute pour Edgar Morin : la connaissance de la connaissance doit commencer avec une connaissance de l’hominisation pour déboucher sur une humanisation de la connaissance.D’où le sous-titre du livre : Anthropologie de la connaissance.Dans cette perspective morinienne, les vieilles questions de la matière et de l’esprit, du signe et du symbole, de la rationalité et de la pensée mytho-poétiqûe, de l’imagination, de l’intelligence, de la pensée, de la conscience — que philosophes et spécialistes avaient séparées, mutilées — sont de nouveau réarticulées, réunies dans ce lieu privilégié qu’est La Connaissance de la connaissance, puisque, originellement, elles sont toutes issues de L'Unité de l’homme.Edgar Morin est un homme comblé cette année.La sortie de ce livre coïncidait avec le colloque de Cerisy consacré à son oeuvre.La place me manque ici pour faire un compte-rendu du colloque qui s’est déroulé dans la passion intellectuelle la plus intense et dans la convivialité la plus amicale.La présence de nombreux Québécois témoigne de l’implantation solide de l'oeuvre morinienne ici.— Après les colloques sur Nietzsche, sur Bataille, sur Bateson, voilà maintenant des colloques sur des vivants.Hier sur Derrida, sur Girard, aujourd’hui sur Morin.Qu’est-ce qu’un auteur ressent quand on lui consacre un colloque ?« D’un côté, je me sens sur-vivant dans le sens où le mot “sur” veut dire vivant à l’excès, avoir un surcroît de vie parce qu’on est fêté.Mais, d’un autre côté, cela me fait un effet quelque peu funèbre ou nécrologique.On parle de moi comme de quelqu’un qui pourrait etre mort.Les choses qui ont été dites sur moi auraient pu être dites dans un colloque post mortem.J’ai l'impression que j’ai plus profondément un pied dans la vie et plus profondément un pied dans la mort.Ce sentiment contradictoire fait un tourbillon en moi.» — Ce colloque coïncide avec la sortie du tome III de La Méthode, La Connaissance de la connaissance, qui, elle, prévoit quatre livres et fait donc ainsi éclater les cadres fixés d’avance, témoignant par là de l’aventure de la connaissance et de son imprévisibilité, une fois qu’on s’est mis en quête.« Il y a des gens qui peuvent très bien programmer leur travail.Moi, je ne l’ai jamais pu.Mon travail n’est pas préfixé dans mon esprit.Ma pensée — si je peux employer ce terme un peu pompeux — ne se crée pas au moment où je réfléchis, prends des notes, etc., mais elle se fait dans l’acte d’écriture.Au moment où je commence à écrire, les choses ne sont pas encore cristallisées.Écrire participe à la cristallisation.C’est un peu comme une nébuleuse spirale qui, après, in extremis, se cristallise, au moment seulement d’être projetée sur la page imprimée.Vous savez que maintenant les éditeurs sont terribles, ils ne tolèrent presque plus les corrections d’auteur.Avec les systèmes actuels de photocomposition, ils mettent aussitôt en page.C’est un crime contre l’esprit, parce que les oeuvres ne peuvent s’achever qu’après l'ultime objectivation qui est celle de l’imprimé.« Si Proust avait vécu aujourd’hui avec les moyens Suite à la page D-7 Pierre Gravel La Fin de l’Histoire Récit • l’Hexagone Robert Baillie Les Voyants Roman » l’Hexagone PIERRE GRAVEL LA FIN DE L’HISTOIRE ROBERT BAILLIE LES VOYANTS % l'HEXAGONE RÉCIT COLLECTION FICTIONS ROMAN diffusion: Québec livres % C-2 ¦ Le Devoir, samedi 27 septembre 1986 LE DEVOIR CULTUREL LA VITRINE DU LIVRE GUY FERLAND CINÉMA Denys Arcand, Le Déclin de l'empire américain, Boréal, 173 pages.Pour ceux qui voudraient entrer dans le débat entourant le film d'Arcand, voici enfin la publication du scénario.De nombreuses photos du tournage et du film agrémentent le tout.Avec, en prime, l’affiche non castrée sur la couverture ! THÉÂTRE Hélène Cixous, Théâtre : Portrait de Dora, La Prise de l’école de Madhu- baî, Éditions des femmes, 102 pages.Un des plus importants écrivains contemporains nous donne, dans la première pièce, son interprétation du Cas de Dora.Freud en prend pour son rhume.Dans la deuxième pièce, elle nous parle de l'Inde, cet autre monde qui peut être aussi en nous.D'ailleurs, comme le dit Hélène Cixous dans son magnifique texte, « Le chemin de légende » (inséré entre les deux pièces), le théâtre est une perte de soi et de son monde, une ouverture vers l'infini.LITTÉRATURE Marcel Pagnol, Jean de Florette, suivi de Manon des sources, Julliard, 487 pages.Cette réédition de L'Eau des collines en un seul volume, et la sortie prochaine du film Jean de Florette de Claude Berri, est l’événement de la rentrée.Marcel Pagnol considérait ce livre, publié la première fois en 1963, comme son chef-d’oeuvre.Le roman relate une lutte à mort entre des paysans et un homme de la ville, dans la Provence des années 20, et la vengeance de la fille du citadin.Pascal Ouignard, Le Salon du Wurtemberg, Gallimard, 368 pages.À son troisième roman, l'auteur de Cams s'est attiré l'éloge unanime de la critique française.Le Salon du Wurtemberg raconte les souvenirs du violoncelliste Charles Chenogne.L’écriture de Quignard épouse la musicalité des sentiments éprouvés par le musicien à l'évocation de ses réminiscences.Jean Markale, Chateaubriand au-delà du miroir, Imago, 206 pages.Contrairement à son apparence, ce livre n'est pas une biographie, encore moins un essai littéraire, nous confie l'auteur.Il s'agit plutôt d'une promenade, en compagnie de Chateaubriand, à la recherche de l’insaisissable René.FEMMES Maternité en mouvement.Les femmes, la re-productlon et les hommes de science, collectif sous la direction de A.-M.de Vilaine, L.Gavarini, M.Le Coadic, éditions Saint-Martin, 244 pages.A l'heure où les progrès dans le domaine des sciences biologiques bouleversent les données fondamentales de la maternité, des femmes s'interrogent sur leur rapport avec la natalité.À côté des points de vue masculin, féministe et scientifique sur cette question, ces femmes tentent de tracer une nouvelle voie.ÉCONOMIE Charles Goldfinger, La Géoflnanca.Pour comprendre la mutation financière, Seuil, coll.« Odyssée », 423 pages.La géofinance, c'est l'espace-temps financier d'aujourd’hui, au confluent de trois évolutions majeures : la globalisation de l'argent et des marchés; l’irruption de la monnaie et de la banque électronique; et la déréglementation des banques et des services financiers.L’auteur nous explique tous les tenants et aboutissants de cette révolution économique.LA VIE LITTERAIRE JEAN ROYER Une vieille légende — Faut-il toujours et encore opposer Québec et Montréal comme étant les lieux de deux écoles littéraires ?C’est ce à quoi tend Jacques Pelletier, dans le dernier numéro de la revue Voix & Images de l’Uqam.Son essai s’intitule « La littérature ?Quelle littérature ?».L'auteur compare deux livres comme deux façons de voir la littérature : celui de François Ricard, La Littérature contre elle-même (Boréal-Express, Montréal), et celui de Maurice Arguin, Le Roman québécois de 1944 à 1965.Symptômes du colonialisme et signes de libération (Centre de recherche en littérature québécoise de l’Université Laval).Pour Pelletier, Ricard représente une vision « internationale » spécifique à Montréal et Arguin serait membre de l’école « nationaliste » et « nationaleuse » de Québec.Pour l’essayiste, la vision de la littérature à Québec se réduit à une idéologie, ce qui sous-tend que la compétence littéraire serait pauvre tant à la revue Québec français et au Dictionnaire des oeuvres littéraires dirigé par Maurice Lemire qu’au Creliq, qu’administre Jacques Blais.Ce jugement réducteur oublie que le fait de se spécialiser en littérature québécoise à Québec n’est pas plus honteux que celui de se spécialiser en littérature française à Paris.D’autre part, il me semble qu’il n’y a pas nécessairement d’école « nationaleuse » à Québec mais bien des chercheurs littéraires spécialisés dans le corpus québécois.Ce qui, d’ailleurs, n’exclut pas qu’à Québec on puisse trouver des revues universitaires et autres s’intéressant à la littérature « internationale » : pensons à Nuit blanche, par exemple.D’autre part, Pelletier pourrait équilibrer sa comparaison en accolant une étiquette idéologique au travail de Ricard comme a celui d’Ar-guin.S’il fallait dire que M.Arguin est « nationaleux », faudrait-il préciser que M.Ricard préfère « l’exotisme » ?Analyser l’institution littéraire ne Photo Jacques Grenier 10mm.Jean-Guy Pilon, réalisateur de la série Le pouvoir des mots au FM de Radio-Canada.doit pas se limiter, il me semble, à réveiller de vieilles légendes ! M.Pelletier devrait relire la phrase de Berthelot Brunet : « L’histoire littéraire exclut le chauvinisme.» ?« Le bel octobre » — Le cégep de Sainte-Foy, en banlieue de Québec, soulignera avec éclat la poésie et l’automne, le 7 octobre, dans le cadre d’une rencontre-récital réunissant près d’une trentaine de poètes québécois.Baptisé « Le bel octobre », l’événement donnera lieu à un récital de poésie dynamique appuyé par la musique, l’image et la performance, le tout dans une mise en scène professionnelle.Outre les poètes qui participeront à l’événement, les Paul Chamber-land, Paul-Marie Lapointe, Rina Las-nier, Gaston Miron et Jean-Guy Pilon seront présents par leurs textes.Cette rencontre-récital est née d’une idée ambitieuse de deux professeurs de littérature de l’institution, Françoise Cantin et Michèle Pelletier, pour qui la poésie québécoise est non seulement une activité pédagogique, mais aussi une passion.Au fil des mois, le projet s’est développé et il comprend aujourd’hui, en plus du spectacle du 7 octobre, une exposition de poèmes-objets réalisés par les étudiants en arts plastiques du cégep de Sainte-Foy.Un troisième volet comporte la réalisation de vitrines de huit librairies de Québec par les étudiants en esthétique de présentation, illustrant « Le bel octobre » et la poésie québécoise.?Le pouvoir des mots — Dans l’effarant silence des dictionnaires reposent tous les mots du monde.Ils attendent, avec une exemplaire patience, qu’un écrivain vienne en cueillir quelques-uns, qu’un enfant s’amuse à les embrouiller, qu’une femme y choisisse les plus doux.Mais ces mots qui semblent somnoler ont un extraordinaire pouvoir, écrit Jean-Guy Pilon, le réalisateur de la série Le pouvoir des mots, entendue le vendredi soir à 16 h 30 au réseau FM de Radio-Canada.Des linguistes, des psychologues, des journalistes et des écrivains répondent aux questions de Claudette Lambert sur le pouvoir des mots dans différents secteurs de la vie quotidienne.Dans les semaines à venir, on entendra le père Marcel-Marie Desmarais (l’éloquence), Gérard Filion (la politique), Michel Char-trand (les slogans, les syndicats), Paul-André Comeau, le rédacteur en chef du DEVOIR (le journalisme), ainsi que Michèle Rossignol et Marc Favreau (l’humour et le théâtre).?Les ondes littéraires - Demain soir à TVFQ 99 (position 30), Bernard Pivot présente, à Apostrophes, « des romans très attendus », cinq oeuvres dont l’inspiration et le style font de leurs auteurs des candidats aux prix de la rentrée parisienne : Pierre Combescot, Jean-Edern Hal-lier, France H user, Sébastien Japrisot et Jean Raspail.À Quatre Saisons, à 22 h 30, Claude Jasmin présente son émission sur les livres et les créateurs.Laissera-t-il parler ses invités ?La coquille — Dans le texte de Michel van Schendel sur André Belleau, samedi dernier, il fallait lire que tous les deux brinqueballaient leurs « saisons costaudes », non leurs maisons costaudes.Qn nous excusera.N LE DEVOIR CULTUREL est dirigé par Robert Lévesque V_________________________J LE DEVOIR VOUS OFFRE LA QUALITÉ POUR INSÉRER UNE ANNONCE SOUS LA RUBRIQUE CARRIÈRES ET PROFESSIONS 842-9645 V________________ LA LANGUE AU CHAT MARC MORIN La vie entre parenthèses A QUI faut-il imputer la paternité de cette malencontreuse initiative dont un exemple suffira à démontrer la profonde fatuité : « Les étudiant(e)s doué(e)s seront privilégié(e)s »?Il me semble l’avoir surprise d’abord dans la littérature de la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ), dont les effectifs, pourtant, seraient en majorité des « effectives ».Mais je ne saurais le jurer, sauf que la balourdise sent le « syndicocratique » du meilleur cru.L’« e » qui n’est pas « muette », on l’a vu la semaine dernière, ne suffira pas, tant s’en faut, à désexiser notre langue.On pourra, à coeur joie, tripatouiller l’orthographe qu’on n’évacuera pas le problème, aussi furieusement ancré dans le langage qu’une tique dans le cuir d’un saint-bernard.C’est avant tout de moeurs et de syntaxe qu’il s’agit, autrement dit d’esprit plus que de lettre(s).Citons, à ce propos, le mythologue et académicien français Georges Dumézil, doublement vert, si je puis dire, dans ses 88 ans : « Les idées vont bien au-delà du contour des mots.Elles ont les formes multiples et capricieuses que leur donne l’esprit humain » (L'Expressdu 12 septembre 1986).Les Québécois ont, par un curieux phénomène de langage, le féminin facile : des quatre saisons, seul le printemps, pourtant féminin entre toutes, échappe à la féminisation : « On a eu une bien belle été.» On fait « de la belle ouvrage », on met sa « plus belle habit », on va prendre une bière « à la bar d’une hôtel », après quoi on a besoin d’« air fraîche », si l’on ne se retrouve pas dans « une hôpital ».Cette façon de féminiser les mots commençant par une voyelle ou un « h » subsiste dans la langue orale d’ici, surtout chez les aînés.Si, donc, nous avons la féminisation généreuse — le Québec et l’Acadie ne sont-ils pas, après tout, des sociétés essentiellement ma- triarcales, dans la vie quotidienne, sinon dans les institutions ?— il est fort à parier que nous acceptions plus aisément que les Français de donner à Césanne ce qui semblait revenir trop souvent à César ?Les femmes constituent ici la seule majorité absolue (52 % de la population) et l’on pourrait bien, comme lors d’un divorce, séparer notre vocabulaire au prorata des genres.Mais s’agit-il bien de cela ?Du salon à l’office, tout le monde s’est adonné à l’exercice de féminisation, surtout en matière de fonctions et professions.Les linguistes « d’Ëtat », qui n’avaient pas craint de nous « hambourgeoiser », en oubliant que la petite ville américaine de Hamburg où est née la carne du même nom n’avait pas droit à la francisation comme son homonyme ouest-allemande ( London, en Ontario, ne sera jamais « Londres »), y sont allés prudemment, cette fois ; l’Office de la langue française publiait, en juin 1986, Titres et fonc- ¦JSjPgAMATURr^c COLLECTION THEATRE Faut placer pepere Being al hume with Claude La facteur réalitéH Rnir tUrur; Dut*.»* r Les Mille el Une Nulls La tangue marche dans tae ftnataM lean Pierre Rtmljrif Af*1r?Ricard PLUS DE 1S0 TITRES PRÉSENTEMENT EN MONTRE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ZtJlî/L’ MONTREAL •LIBRAIRIE CHAMPIGNY 4474 rue St-Denis • LIBRAIRIE FLAMMARION 1243.rue Université • LIBRAIRIE LEMEAC 371.rue Laurier ouest OTTAWA • LIBRAIRIE DE LA CAPITALE 75.rue Elgin ! • LIBRAIRIE TRILLIUM 321, rue Dalhousie QUEBEC •LIBRAIRIE LAUBERTE 3020 chemin Ste-Foy • LIBRAIRIE PANTOUTE 1100.rue SI-Jean TROIS-RIVIERES •LIBRAIRIE CLEMENT MORIN 4125.bd Des Forges JOLIETTE • LIBRAIRIE RENE MARTIN 598.rue St-Viateur CHICOUTIMI • LIBRAIRIE LES BOUQUINISTES 392.rue Racine est SHERBROOKE • BIBLAIRIE G G C.2500.bd de l'Université SAINTE-THERESE • LIBRAIRIE STE-THERESE 7.rue Turgeon SAINT-HYACINTHE •LIBRAIRIE DAIGNEAULT 548.ave Mondor ., qu’on s’empres-udei lions au féminin.sait de qualifier, avec une prudente humilité, par les mots « essai d’orientation de l’usage ».C’est qu’il s’établit d’abord dans la langue parlée, l’usage.Tous les « e » muets de La Vie en rose ne changeront pas la prononciation d’« ingé-nieur/ingénieure », d’« auteur/au-teure ».Ah l’usage ! alouette ! J’espère qu’on cessera enfin de l’invoquer, ou de le provoquer, avec ces vilain(e)s « étudiant(e)s doué(e) », ces horribles « professeur(e)s com-pétent(e)s » au nom desquel(le)s la moitié (et un peu plus) du monde se voit condamnée à une vie entre parenthèses .La semaine prochaine ; petit essai de « fémin-éthique ».LE GRAND LIVRE 80 pages, 11" x 17", 35 colonnes, 20$ CAHIER COMPTABLE POUR LA TENUE DE LIVRES D’UNE TOUTE PETITE ENTREPRISE de'semaine (514)687-2248 LIVRES , RÉCENT ET ANCIENS Achat vanta la plut gronda librairie 1' V/^ '.- 251 Ste Catherine E.RECHERCHE en septembre: DOSSIER: LA SCIENCE EN INDE par Marline Barrere LES GRANDS ACCÉLÉRATEURS SUPRACONDUCTEURS par Gerard Bonneaud el Stanley Wojcicki QUE SONT DEVENUES LES PREMIERES ÉTOILES?par Beatrice Barlniy, Roger Cayrel et Joseph Silk LES HOMMES DE NÉANDERTAL par Erick Trinkaus LES CHANGEMENTS DE SEXE par Antoine-Louis Lecocq ¦•«ssal N° 180 i 4,25 Si EN VENTE# PARTOUT L F OFFRE SPÉCIALE D’ABONNEMENT • Un an: 36,00* Je souscris un abonnement d'un an (11 mois) à la RECHERCHE, au prix de 36,00$ Veuillez payer par chèque établi à l'ordre de Diffusion Dimédia Inc.Nom.Profession.Adresse- Ville .Code postal.À retourner accompagné de votre règlement à: Diffusion Dimédia, 539, Bout.Lebeau, Saint-Laurent H4N 1S2 LA RENTRÉE chez VLB Éditeur PATRICK LOZE Dans un monde qu'il ne reconnaît plus, dans la nuit des bars, le héros.Rodolphe, se laisse déchirer des amours impossibles et par la drogue REBELLES par la poste, envoyer un chèque de 14,95$ + 100$ aux Éditions Rebelles, C.P 753 Verchôres, J0L 2R0 votre nom .adresse disponible en librairie Diffusion PROLOGUE M l*s* PM* I 1 JACQUES FERRON L’Amélanchier Ce merveilleux récit de Jacques Ferron, qui sera bientôt porté à l’écran, paraît enfin dans une nouvelle édition, soignée et agréable.Cette adaptation très québécoise de Alice aux pays des merveilles est A lire et relire, pour le plaisir, l’enchantement et l'immense sagesse qui s’en dégage.208 pages — 7,95$ MARIE CARDINAL La Médée d’Euripide Une histoire merveilleuse, celle de deux femmes qui ont connu l’exil et la différence.Un livre nécessaire pour comprendre l'histoire des femmes et son rapport à l’histoire de l'Humanité.«Le féminisme était et devrait rester un humanisme», car la cause des femmes est la cause des gens et, en général, de tous ceux qui sont exploités.Par l’auteur du best-seller Les mots pour le dire.Un texte qui fera datel 128 Pages — 10,95$ GUYLÊNE SAUCIER Motel Plage Saint-Michel Un petit village, un motel banal perdu au milieu de la campagne, au début de l’été.Une étrange histoire de meurtre vient troubler la douce monotonie estivale: crime crapuleux?drame passionnel?meurtre crapuleux?Trots niveaux de récits, trois façons de raconter le même drame, trois témoins qui donnent leur propre version des faits! 68 pages — 8,95$ Le Devoir, samedi 27 septembre 1986 ¦ C-3 LE DEVOIR CULTUREL Japrisot, LISETTE MORIN ?Sébastien Japrisot, La Passion des femmes, roman, Denoël, 409 pages.J K SUIS rital et j’en suis fier », graillonne — sa voix est, en pire, celle de notre Gilles Vigneault — sur les ondes des radios québécoises un crooner à la française qui se nomme Claude Bar-zetti.Autrefois — c’était hier, en 1977 — le clan des Montecciari, dans L'Été meurtrier, professait, avec la même ardeur, le culte de son origine.Sauf peut-être le prénommé Fiori-mondo, surnommé Pin-Pon, pour qui le culte de la voiture l’emportait sur la nostalgie pieuse de l’Italie natale, Sébastien Japrisot, né Rossi, Jean-Baptiste, prête au héros de La Passion des femmes, son dernier roman, des sentiments moins indulgents pour les ancêtres.À propos d’un soldat de sa compagnie, il dira qu'il est « indiscipliné, sournois, traînant tous les vices des Italiens dans ses veines .» Mais ce n’est là qu’une allusion furtive au passé, celui du roman qui fit connaître son auteur partout là où se trouvent, dans la pratique LE FEUILLETON ciné-romancier fervente d’une même passion, les amateurs de cinéma.Car, pour moi et sans doute pour bien des lecteurs, Japrisot, c’est un auteur qui écrit directement pour le cinéma.Jugement sommaire, qu’il nous a bien fallu nuancer dès les premières pages de La Passion des femmes.Dès que s'inscrivent, comme sur un plan « chrono » de long métrage, les mots « Vingt heures quinze ».Le garçon en polo blanc, taché de rouge, va mourir sur une plage vide.Mais.nous n’apprendrons pourquoi et comment on l’a blessé qu’au chapitre dernier, intitulé « Vingt et une heure dix ».Et encore ne s’agira-t-il, dans ces dernières pages, que du synopsis du film que nous verrons — c'est inévitable ! — dans un an ou deux, quand Japrispt aura bien peaufiné le scénario et qu’un cinéaste, Jean Becker ou un autre, l’aura traduit en images indélébiles.Mais on pourrait imaginer un avenir différent pour La Passion des femmes.Moins ambitieux, plus raffiné, un scénariste — qui ne serait pas Sébastien Japrisot — pourrait, avec le seul « premier témoignage » des femmes de Christophe (ne retenons que ce prénom pour le garçon ui en empruntera bien d’autres) laborer toute l’histoire, en termi- nant avec celui de l’avocate Marie-Martine; il pourrait donc réussir un thriller palpitant, sans un temps mort.Mais, d’Emma, la jeune mariée, jusqu’à Toledo, l’infirmière américaine, en passant par Belinda, Zozo, Caroline, Frou Frou et Yoko, il serait difficile, pour qui a lu le dernier roman de Japrisot, de voir La Passion des femmes avec des yeux neufs.Tout ce réseau de destins féminins, emmaillés au sort du garçon qui va mourir, peu après la guerre de 39-45, sur le sable d’une plage océane, à deux pas de la prison d’où il s’est évadé, est, pour l’instant, tout à fait indispensable à la compréhension du roman qui n'est pas encore un film.On prétend, dans les milieux « avertis » de l’édition et du cinéma, que Japrisot se raconte beaucoup dans La Passion des femmes.Tout comme son héros, il est né à Marseille, il a étudié chez les jésuites et il a beaucoup roulé « sa bosse » dans des milieux divers, se faisant traducteur (c’est lui, le Rossi qui nous aura permis de lire en français The Catcher in the Rye (L’Attrape-coeurs) de Salinger), publicitaire dans une grande agence, avant de débuter dans le roman par des polars, dont s’empareront André Cayatte et Photo Jacques Robert Sébastien Japrisot.Costa-Gavras.C’est, il me semble, nuisible à la réputation d’un romancier que de l’identifier à l’un ou l’autre de ses personnages.Dieu fasse que la très grande majorité de ceux qui liront La Passion des femmes ignorent tout de la jeunesse et du passé de Jean-Baptiste Rossi.Japrisot mérite qu’on admire son talent, l’incroyable diversité des idiomes qu'il prête à ses « femmes ».Pas toujours très convaincante, la langue de Yoko; celle de Belinda et de Zozo, les pensionnaires du bordel « Reine des coeurs », est beaucoup plus réjouissante, splendide dans son étonnante diversité de mots et d’expressions.Mais c'est quand il donne sa chance à l’avocate, qui fut la première « passion » de Christophe, que le romancier nous émeut davantage.Le coeur des femmes est comme l’océan, se dit Marie-Martine, qui a basculé dans la folie, mais qui se sou-• vient de tout dans la maison où on l’a enfermée, ne lui laissant qu'un crayon et quelques rames de papier.« Dieu sait, quand les tempêtes les plus forcenées l’agitent, la survie têtue, l’immuabilité eancérienne de ses profondeurs.» Dans le tissu serré, qu’on pourrait — en ne lui réservant que l’attention distraite que l’on accorde aux romans-romans — trouver inextricable, dans les aventures mi-vécues, mi-rêvées de ces femmes passionnées pour le même garçon, Sébastien Japrisot révèle l'exacte qualité du raconteur d’histoires de notre temps.Qui ne s’embarrasse pas de la vaine psychologie des romanciers d’hier, qui annonce sans doute l’ère de l’auteur complet des prochaines années.Qui fera « son cinéma » avant de nous offrir le nôtre.Sans que nous ayons à nous plaindre ni du romancier ni du scénariste.Puisqu’ils ne feront qu’un seul et même fabulateur.m'ss.Les réalités fabuleuses du désir lemands — je pense à Hoffmann, Ludwig Tieck, Clemens Brentano et Achim von Arnim —, Marie José Thériault a tendance à ouvrir dans ses récits 10 portes dérobées, battant à tous les vents, par où entrent et sortent d’autres histoires.Elle a compris que le conte en tant que forme mobile, rapide, peut agir comme un déclencheur puis comme un accélérateur de l’imagination.Ces histoires courtes, dégagées le plus souvent de références historiques et géographiques, affranchies du réalisme comme du rationalisme, contiennent une énergie comparable à celle des rêves.Elles nous entraînent dans un univers de métamorphoses, dans une traversée des apparences et des frontières du moi.En faisant basculer la réalité vers l'étrange et le merveilleux, en décortiquant faits, gestes et pensées jusqu’à l’abstraction, Marie José Thériault révèle par la littérature l’insaisissabilité des êtres et des choses.Les romantiques allemands ont su, avec leurs contes, inventer un style écrit restituant le style oral sans le mimer ou le parodier, forger une langue écrite orale dans laquelle on peut entendre encore la voix du con-teur invisible : voix qui se donne à Suite à la page C-4 LETTRES QUEBECOISES STÉPHANE LÉPINE * Marie José Thériault, L'Envoleur de chevaux et autres contes, Boréal, 1986,180 pages.ON ENTRE dans l’univers de Marie José Thériault comme on se laisse aller au sommeil ou au rêve, avec la disponibilité et l’écoute de l’enfant à qui on raconte une histoire, avec l’enchantement de celui qui sait s’abandonner aux réalités fabuleuses du désir.L'Envoleur de chevaux est un livre magique qui ouvre les portes d’un palais aux limites imprécises dont chaque salle est un conte.Mais seuls les lecteurs qui savent se laisser bercer par les histoires au charme mystérieux, qui ’acceptent de se plier aux lois du merveilleux et de l’irrationnel peuvent pénétrer l’enceinte de ce palais.Comme une envoleuse, une enjôleuse, Marie José Thériault entraîne son lecteur dans le monde de l’imagination et du rêve, hors de l’espace, avec des retours incessants a une réalité où tout s’entremêle, les rencontres fugitives mais passionnées, les aventures plus ou moins fantastiques, les personnages, les paysages, chaque vision et chaque conte se l’Inde et les histoires de bazar de Bagdad.Elle a visiblement lu et assimilé tous ces contes, emprunté aux arts populaires orientaux une délicatesse, une sûreté, un foisonnement et une richesse hors du commun mais, lectrice intelligente, elle a su faire de ces textes et de cette tradition un puits de ravitaillement et non un objet de culte.Comme une Schéhéra-zade ayant traversé les siècles et les continents, Marie José Thériault écrit au temps présent mais garde vivantes une mémoire et une culture dont l'origine se perd dans la Perse du roi Shahriyâr.Ses personnages n'ont donc rien perdu du pouvoir de l’imagination et de la poésie qu’ils avaient il y a des siècles.Si les contes rassemblés dans ce recueil ne commencent pas par « Il était une fois.», Marie José Thériault démontre indéniablement un sens élevé de la narration, un don du récit.Elle a su aussi, qualité suprême, révéler ce qui se tient entre le fabuleux et le réel, entre la poésie, le rêve et le fantasme, dans une sorte d'espace de jeu.Comme certains romantiques al- est installé chez moi à demeure.Il influence de nombreux aspects de mon existence.Il s’est même glissé dans mes styles d’écriture.» Et, décrivant une miniature moghole du XIVe siècle, elle disait : « Tête.Homme ou femme ?Peu importe.Le regard seul compte ici : rehaussé de khôl, il se tourne vers l’absence.Vers le manque.Vers le vide.Vers la partie détruite de la miniature.J’invente depuis des années l’objet de ce regard qui semble tout à la fois subjugué et méfiant.» L’inscription orientale est frappante à la lecture de L’Envoleur de chevaux.Comme le personnage de cette miniature, Marie José Thériault, à la fois subjuguée et méfiante, semble porter un regard désirant sur l’Orient, sa littérature, sa symbolique et son imaginaire.Il n’y a pourtant pas de savetiers malins dans ses contes, pas de fées, d’ogres affamés, d'hommes volants, de demoiselles prisonnières d’un flacon de cristal.Les quarante voleurs, les magiciens méchants et les bons enchanteurs sont restés là où ils sont, dans les contes persans et les fables juives, dans les textes sanscrits de perdant dans le lointain d’une quête désirante.Dans un texte publié l’année dernière dans la revue Liberté, Marie José Thériault écrivait : « L’Orient ELISABETH BADINTER ELISABETH BADINTER L’UN EST L AUTRE DES RELATIONS ENTRE HOMMES ET FEMMES L’analyse des relations hommes femmes d'hier à demain I RIIONS OCREE |ACOB\ En vente chez votre libraire 368 p.22.95$ Élisabeth Badinter prononcera une conférence publique organisée par hnstitut Simone de Beauvoir (Université Concordia), suivie d’une période de discussion animée* par Claire Lamarche, le lundi 29 septembre 1986, de 12h00 à 13h30, la Bibliothèque Nationale du Québec (Salie Salnt-Sulpice), 1700, rue Saint-Denis, Montréal.Entrée libre Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS En collaboration C avecf .KJttiœ , dess''ronds v tr'rus aujourd'hui 27 septembre de 14h à15h ELISABETH BADINTER Samedi 4 octobre de14h à16h JEAN RENAUD Le secret d'Êma aux Éditions du BÉFFROI samedi le 11 octobre de 14h à 16h MICHEL FARDOULIS-LAGRANGE samedi 18 octobre de 14h a16h EMILE OLLIVIER La discorde aux cent voix aux Éditions ALBIN-MICHEL samedi 25 octobre de 14h à16h MARIE-LOUISE GAY samedi 1er novembre de 14h à16h 10ième Anniversaire de ia REVUE ESTUAIRE___________ 1120, av.laurier ouest outremont, rnontréal tél.: 274-3669 pierre galtther LES NOUVELLES Qui no connaît pas aujourd’hui une femme seule avec des enfants?Qui n'a pas entendu parler d'un homme qui a la (tarde des siens, ou d’une famille «reconstituée», c'est-à-dire composée de plusieurs enfants issus d'unions antérieures?le livre l.es nouvelles familles, en plus d’examiner ces nouvelles structures, étudie les mutations quelles entraînent dans la vie des adultes et des enfants.NttiMtunMtvit LA RENTREE SAINT-MARTIN Conçu comme un outil de travail pour les chercheurs et les chercheuses qui s'intéressent à la méthode biographique, le livre Les récits Je vie soulève également d’importantes questions sur la recherche en sciences humaines et sociales, telles que le rapport du chercheur à son objet et le rapport chercheur/informateur.(Tiicoiitimi: Bouquiniste: Rimmtski: Blais.I rois-Rivièros: I ihfac.méthodologie des récits de vie.SS EDITIONS VCV SAINT-MARTIN 4073, rue Saint Hubert, suite 201 Montréal, Quebec H2L 4A7 (514) 525-4346 Librairie.s participante INVITÉS SUR SCÈNE DR AUGUSTIN ROY Président de la Corporation des médecins du Québec DR SERGE MONCEAU Auteur LISE LANGEV1N Directrice du CLSC Centre-Ville DR MICHEL LEVASSEUR Président de la FQAPSI Une série de débats-rencontres MÉDECINES DOUCES, MÉDECINE TRADITIONNELLE MÉDECINE COMMUNAUTAIRE: QUELS SONT LES ENJEUX?Lundi 29 septembre à 20h30 Billets en rente au Cinéma OUTREMONT 1248 ouest, me Bernard 277-4145 - 277-2001 C-4 M Le Devoir, samedi 27 septembre 1986 LE DEVOIR CULTUREL Une rentrée littéraire de qualité Marie José Suite de la page C-1 que, cette année, un phénomène neuf.Nous sommes habitués de voir des têtes d’affiche comme Michel Tremblay et Jacques Godbout publier en France; désormais, l’inverse est possible : des vedettes de France sont d’abord publiées au Québec.Cette année, la récolte est étonnante : Gertrude Stein (Remue-Ménage), Marie Cardinal (VLB éditeur), Hélène Cixous (Trois), Mikel Dufrenne (l’Hexagone), Paul Zum-thor (Trois) et deux poètes français, Eugène Guillevic et Frank Venaille (Écrits des Forges).Côté français, on retrouve, à l'inverse, des auteurs québécois.Le roman de Godbout, Une histoire américaine, a'lancé la saison au Seuil, où l’on lira plus tard le premier roman de Georges-André Vachon.Chez Albin Michel, on retrouve La Discorde à cent voix, le roman d’Émile Olli-vier, un Haïtien qui enseigne à l’Université de Montréal.Bien sûr, des écrivains comme Maillet et Tremblay poursuivent l’édition de leur oeuvre chez Leméac en même temps que leurs livres paraissent en France.D’autre part, la co édition franco-québécoise devient populaire cette année, du moins du cote de la poésie, où les Écrits des Forges et Le Noroît publient plusieurs titres avec des éditeurs français comme La Table rase et Le Castor astral.La rentrée québécoise réunit la production d’une vingtaine d'éditeurs qui nous promettent entre 150 et 200 titres.La quinzaine d’éditeurs rejoints annoncent 60 titres de fiction (roman et nouvelle), 35 essais divers, 30 recueils de poésie, 20 titres en poche, le reste de la production concernant le théâtre et la littérature pour enfants.Les éditeurs les plus dynamiques et productifs restent l’Hexagone (23 titres), Boréal (18 titres), Leméac (16 titres), Québec/Amérique (13 titres), les Écrits des Forges (12 titres), VLB éditeur (11 titres) et Hur-tubise/HMH (10 titres).Suivent les autres maisons qui produiront moins de dix titres cet automne : Le Noroît, Triptyque, La Pleine Lune, Les Herbes rouges, Saint-Martin, Remue-Ménage, Quinze, Fides, Stanké, La Presse, Pierre Tisseyre, La Courte Échelle .et une nouvelle majson, Trois, qui démarre avec deux vedettes comme Hélène Cixous et Paul Zumthor.On lira seulement cinq premiers romans ou récits, ceux de Guylène Saucier ( Motel Plage Saint-Michel, chez VLB), Marie-Claude Bourdon ’(Le Temps brûlé, HMH), Pierre Nepveu (L’Hiver de Mira Christophe, Boreal), Carole David ( Terroristes d’amour, récit-essai, VLB) et Pauline Vaillancourt (Les Points sur les i, HMH).Parmi les écrivains connus qui publient cette année en roman et poésie, notons les noms de Lise Harou, Gérald Godin, Marcel Godin, Fernand Ouellette, Michel van Schendel, Jean Basile, Yves Beauchemin, Yvon Rivaçd, Marie José Thériault, Jean Éthier-Blais, Madeleine Gagnon et Louise Warren.En poésie, on publie d’importantes « rétrospectives ;> de Marie Uguay et Jacques Brault au Noroît et de Cé- cile Cloutier à l'Hexagone.D’autre part, parmi les nouveaux poètes, il faudra surveiller les recueils de Marie Bélisle, Gérald Gaudet, Alain Blanchet et Rachel Leclerc.Fin roman, un nouveau titre de F’rançois Barcelo, (Aaa, Aàh, Ha) à l'Hexagone.Cette maison d’édition, qui développe sa collection « Fie-, tion », nous annonce un recueil de nouvelles de Marcel Godin, Après l’Êden.Parmi les 23 titres d’Alain Horic, à l’Hexagone, on note des essais importants de Louis Balthazar (Bilan du nationalisme au Québec), Heinz Weinmann (Du Canada au Québec, généalogie de notre histoire des origines à nos jours), Mikel Dufrenne ( De l’oeil et de l’oreille) et Jean-Marie Therrien ( Parole et pouvoir).L’Hexagone renaît en poésie avec six titres : L’Écouté, rétrospective de Cécile Cloutier; Les Heures, de Fernand Ouellette; Extrême Livre des voyages, de Michel van Schendel; Chevelure de Bérénice, de Pierre Trottier, ainsi que les recueils de deux nouveaux poètes, Gérald Gaudet ( Lignes de nuit) et Luc Le-compte ( Ces étirements du regard).Le même éditeur accueille le romancier Jean Basile, dans' sa collection de poche « Typo », avec la trilogie Les Mongols et une pièce de théâtre intitulée Adieu.je pars pour Viazma.La collection « Typo » donnera d’autres classiques de la littérature québécoise : La Question du Québec, par Marcel Rioux; La Poésie québécoise des origines à nos jours, l’anthologie de Mailhot et Nepveu; La Main au feu, du poète Roland Giguère; un roman de Madeleine Ouellette-Michalska, Le Plat de lentilles, ainsi que des recueils de nouvelles d’Andrée Maillet (Les Montréalais) et Jacques Renaud (Le Cassé).La collection « Typo » accueille deux autres titres sous l’éti-uette des Herbes rouges : Meurtres blanc, un roman de Yolande Vil-lemaire, et l’essai d’André-G.Bou-rassa, Surréalisme et littérature québécoise.Les frères Hébert annoncent trois romans aux Herbes rouges, de Roger Magini (Saint Cooper-black), Monique La Rue (La Cohorte fictive, en réédition) et France Du-casse (Le Corps du crime).Chez Boréal, l’essai l’emporte (10 titres) sur le roman (4).Fin plus des romans et contes de Pierre Nepveu (L’Hiver de Mira Christophe) et Marie José Thériault (L'Envoleur de chevaux), on publie un nouveau roman d’Yvon Rivard (Les Silences du corbeau).Du côté des essais, Boréal publie, entre autres, des livres de Gérard Bergeron ( La Guerre froide recommencée), Jean Provencher ( C’était l’hiver), Constance Lamarche (L’Enfant inattendu), Huguette Lapointe-Roy ( L Église et les pauvres).Deux collectifs concernant les couventines et les femmes immigrées au Québec, de même que le deuxième tome de l’Histoire du Québec contemporain, par Linteau et Durocher, complètent le catalogue d’automne.Chez Leméac, on a lancé Le Huitième Jour, d’Antonine Maillet.On annonce des nouvelles de Jean Éthier-Blais ( Le Désert blanc), des romans de Daniel Gagnon (Mon mari le docteur) et Michel Tremblay ( Coeur à découvert).On lira aussi un recueil de poésie de Suzanne Paradis et un témoignage de F'rançoise Gau- DU NOUVEAU POUR LES JEUNES! fAu pays des gouttes #40 « ep AU PAYS DES GOUTTES Texte de Madeleine Gagnon Illustrations de Mireille Lanctôt 24 pages en couleurs 5,5$ Un comte poétique où la fraîcheur et les couleurs des mots se reflètent dans les illustrations pleines de charme et de surprises.En vente chez votre libraire 3%5, boul.Uenri-Bourassa est Montréal, Qué.H1H IL1 Tél.: (514) 322-7341 EDITIONS PAULINES Siff".Æ5- UN GRAND ROMAN.POUR LA RENTRÉE! LA DISCORDE AUX CEINT VOIX par Émile Ollivier De» «cène» qui donnent lieu A un spectacle à 1a foi» réel ce fantasti- que, tragique et loufoque; des personnages colorés et excentriques, au comportement parfois extravagant.C'est IA DISCORDE AUX CENT VOIX.Dans une ville de province, à la fois nulle part et partout, se déroule l'histoire universelle et étemelle des marionnettes humaines animées par le» ficelles de l'argent, du pouvoir et du sexe.Après Mûre-Solitude, son premier roman, dont l'originalité et la maîtrise avaient été remarquées.Émile Ollivier confirme son grand talent.Albin Michel En vente dont toute» le» librairie.» det-Smet, qui vient de mourir (Par coeur).Aux éditions Québec/Amérique, Jacques Fortin, l’éditeur du Matou, prévoit pour l’automne le Journal d’Yves Beauchemin, des nouvelles d’Hélène Rioux, L’Homme de Hong Kong, un roman de Claire de Lamirande, Voirie jour, et la suite des Filles de Caleb, d’Arlette Cousture.On annonce des traductions d’oeuvres de Lucy Maud Montgomery, Stephen Leacock, Scott Symons et Joan Bar-foot.Chez VLB, la maison dirigée par Jacques Lantôt, on publie La Medée d’Euripide, de Marie Cardinal, et cinq titres dont le premier roman de Guylène Saucier, un nouveau récit de Lise Harou (À propos de Maude), des nouvelles de François Piazza, le troisième roman de Renaud Long-champ et un récit-essai de Carole David (Terroristesd’amour).VLB éditeur fera aussi paraître le premier recueil de poèmes d’Alain Blanchet, (Amérique intérieure), entre autres titres.Aux Écrits des Forges, on publie, cet automne, pas moins de 12 recueils de poésie.Le directeur littéraire, Bernard Pozier, a réussi des co-éditions importantes avec la.F'rance et est allé chercher des poètes-vedettes.Guillevic (Timbres) et F'rank Venaille (L’Apprenti foudroyé) se retrouvent a côté de Gérald Godin (Soirs sans atout) et Madeleine Gagnon (L’Infante immémoriale).Parmi les autres poètes aux F'orges, les noms de Dominique Lauzon (un retour), Jean Chapde-laine Gagnon (Les Langues d’aimer), Monique Juteau, Clarisse Tremblay, Jean Perron, Daniel Dar-gis et Denuis Saint-Y ves.On publie aussi un collectif, Choisir la poésie, qui réunira les témoignages de différents poètes québécois.Les Écrits des Forges fêtent cette année leur quinzième anniversaire, tout comme Le Noroît, animé par Célyne Fortin et René Bonenfant, dont l’anniversaire était souligné cette semaine à la Bibliothèque nationale.Le Noroît annonce sept titres pour l’automne, dont les recueils de Ger-.maine Beaulieu, Robert Yergeau, Rachel Leclerc, Marie Bélisle, Louise Larose et Pierre Laberge.Le Noroît publie aussi deux rétrospectives, de Jacques Brault et Marie Uguay.Flnfin, Denise Desautels inaugure une nouvelle collection avec Écriture/ratures, des textes accompagnant dés dessins de Francine Simonin.Desautels fera le même genre de travail avec la photographe Raymonde April aux éditions Trois.Trois, cette maison animée par Anne-Marie Alonzo, ne manque pas son coup d’envoi avec un roman d’Hélène Cixous et un recueil de poèmes de Paul Zumthor.La saison s’ouvrira aussi avec un texte de Monique Latif-Ghattas.Une autre petite maison qui semble prendre de l’ampleur, c’est Triptyque.En plus d’éditer la revue Moebius, elle propose, pour la rentrée, trois fictions de Jacqueline Déry-Mo-chon (Clara), Pierre-Yves Pépin (La Terre émue) et Taziana Beccarelli-Saad (Les Passantes).Triptyque annonce aussi quatre recueils de poèmes de Robert Berrouet-Orlol, Marthe Jalbert, Robert Giroux et Louise Warren.Enfin, Renée Berthe-Dra-peau fera paraître un essai intitulé Féminins pluriels (autour de N.Brossard et F.Théorêt).Du côté de l’essai, Hurtubi-se/HMH reste en première ligne avec au moins huit titres dont deux littéraires, soit un Naïm Kattan (Le Repos et l’oubli) et un Clément Moi-san sur la littérature comparée.Un essai de Christie V.McDonald traitera des rapprochements de la musique et du texte (Dispositions) et un ouvrage de Louise Bail-Milot tracera un portrait du compositeur Jean Papineau-Couture.La fiction, chez HMH, propose deux titres : Le Temps brûlé, le premier roman de Marie-Claude Bourdon, et Le Goût des confitures, un recueil de nouvelles de Bob Oré-Abit-zol, écrivain d’origine marocaine.Aux éditions Saint-Martin, qui fêtent leur dixième anniversaire, six essais : Le Guide des lois sociales, de Beauchemin-Leroux-Racicot; Maternité en mouvement (les femmes, la re production et les hommes de science), par un collectif ; L’Entrée dans la modernité, par Marcel Fournier; L’Action communautaire, par F’rançois Marcotte; Les Nouvelles Familles, par Pierre Gauthier, et Les Récits de vie, sous la direction de Danielle Desmarais et Paul Grell.Les éditions féministes du Remue-Ménage annoncent un inédit de Gertrude Stein (Q E D .), une prose poétique de Louise Dupré (Chambre), l’Agenda des femmes et les actes du colloque « Femmes et mathématiques ».Aux éditions de la Pleine Lune, un recueil de nouvelles d’Esther Rochon et un roman de Louise Fréchette.Marie-Madeleine Raoult propose un essai dans sa nouvelle collection « Faits et gestes » : S’il me revient, d’Élizabeth Camden, sur la question de la violence familiale.Au Cercle du livre de France, Pierre Tisseyre propose trois titres littéraires : un roman d’Alice Parizeau ( La Journée de Jeanne), un roman de Pauline Vaillancourt (Les Points sur les i) et un essai de Jean Tétreau sur la vie et l’oeuvre de François Hertel.Les éditions Quinze publient six ouvrages, dont deux recueils de nouvelles par dix auteurs sur les thèmes « Aimer » et « Crever l’écran ».Les romans des Quinze seront ceux de Réjean Vigneault ( Baby Boomers), Marc Gendron (Jérémie ou le bal des pupilles), Marcel Larché (So-Uk) et Sylvain Trudel ( Le Souffle de l’Harmattan).Chez Stanké, on publie le second tome des mémoires de Gérard Pelletier et on poursuit la collection de poche « 10/10 » avec Une de perdue, deux de trouvées, de Georges Boucher de Boucherville, Ah l’amour l’amour, de Noël Audet, Les Écoeurants, de Jacques Hébert, La Noël au Canada français, de Louis Fréchette, et Quand j’parl’ tout seul, de Jean Narrache.Chez Fides, on publie F'rançoise Laurent, L’Oeuvre romanesque de Marie-Claire Blais.On fait paraître aussi une étude sociologique sur les communautés culturelles du Québec ainsi que la traduction française d’un recueil de nouvelles d’auteurs cana-diens-anglais : Mots et merveilles.Lettres québécoises Suite de la page C-3 lire, musique du racontage.Sauf erreur, les contes de Marie José Thériault ne s’inspirent pas des traditions orales.Toutefois, la musicalité de ces récits n’en est pas pour le moins présente, les formes musicales allant parfois même jusqu’à déterminer la construction des textes.On pourrait, bien sûr, faire comme on a fait avec les contes de Grimm ou de Perrault et tenter de dévoiler le symbolisme, la morphologie et le fonctionnement des textes de Thériault mais, pourtant, on a l’impression que quelque chose se dérobera toujours à toutes ces interprétations.Il semble, en fait, que ces contes ne sont pas une obscurité qu’il faudrait éclaircir : ils sont, comme tous les Contes, clairs-obscurs.Il ne faut pas braquer sur eux une lumière trop vive sous peine de les voir s’effacer, se dissoudre.F'orêt vierge poétique, livre à la fois classique et foisonnant, sensuel et élégant, précis, méticuleux et ludique, L’Envoleur de chevaux a la force des écrits qui suggèrent sans trop dire, écriture de dévoilement qui sait nous entraîner, par petites touches; écriture haletante, charmante, ensorcelante qui nous laisse goûter les saveurs des contes oraux; écriture précise et raffinée, précieuse meme, qui a la qualité de la broderie ou des étoffes orientales.Une écriture non pas en demi-teintes mais en teintes claires, délicates et sûres qui attisent l’imaginaire et happent nos sensations.Suite de la page C-1 qu’elle était la nièce de Jacques Blanchet.Dans les salons, on la présentait comme « la fille d’Yves Thériault ».« Je n’avais pas d’identité propre.Je n’avais même pas de prénom, se rappelle-t-elle aujourd’hui.Je me demandais ce qui allait arriver quand je commencerais à écrire, si cela allait être un combat sans cesse à contre-courant de mon identité.« C’est à partir du jour où j’ai commencé à publier qu’on a cessé de me prendre pour la fille de mon père et que je suis devenue Marie José Thériault.Mais le problème s’est déplacé : on ne m’a rien pardonné.Rien.T’es la fille d’un écrivain, tu dois savoir écrire déjà au berceau ! Demande-t-on à un fils de plombier de savoir faire des joints de tuyaux au berceau ?Mais c’est ce qu’on demande à un fils ou à une fille d’écrivain, de comédien, d’artiste ou de cfêateur ! On ne nous pardonne rien.On est censé posséder la science in» fuse ! « C’est faux ! Il faut faire son expérience soi-même.Certes, il y avait l’avantage d’être dans un milieu où c’est difficile de pénétrer.Mais cela ne m’a pas aidée vraiment.J’ai ouvert mes propres portes.Papa avait tellement mauvais caractère que, de toute façon, au lieu d’ouvrir les portes, il se les fermait souvent.Il me fallait plutôt les rouvrir dans certains cas ! « Être la fille d’Yves Thériault a été important pour moi à un tout autre point de vue.Cela m’a évité les écueils qu’on rencontre quand on commence à écrire : la première page blanche, la première panique et certains phénomènes psychologiques liés à la création.Je pouvais prendre le téléphone, appeler papa et lui demander de m’expliquer ce qui se passait.En même temps, je suis très consciente que lui n’avait jamais eu personne pour lui expliquer ce qui arrivait dans la création.Moi, j’avais un compüce dans l’écriture, qui était plus qu’un ami ou un collègue écrivain.Il y avait entre nous un lien très profond, dont j’ai pris conscience très tardivement, peu de temps avant sa mort.Cette complicité n’était pas du tout d’ordre intellectuel, puisque papa n’était pas un intellectuel mais un artisan.Notre entente littéraire n’était absolument pas faite d’envols académiques ou de tortures cérébrales ! C’était un rapport très matériel, presque palpable, comme celui d’un maître et d’un apprenti qui travailleraient la-terre ensemble.D’ailleurs, depuis qu’il est parti, ce rapport viscéral me manque.N’importe qui d’autre dans le métier ne pouvait pas remplacer ce lien privilégié qui était aussi le lien du sang.» Aujourd’hui qu’elle a publié une douzaine de livres de contes et de poèmes, Marie José Thériault peut parler avec un certain détachement de cette situation doublement difficile : celle de devenir écrivain quand on est une fille et qu’on a comme père Yves Thériault.Plus jeune, elle avait longtemps fui l’écriture.« L’écriture a d’abord commencé chez moi par un refus systématique de l’écriture.Qui était dû à l’omniprésence de papa et au fait que le métier d’écrivain m’apparaissait très pénible, pour soi et pour les autres.D’instinct, je me disais que l’homme que j’avais devant moi n’était pas vraiment heureux, en tout cas pas serein.C’était un homme torture.Puis, je voyais les moments d’avant la publication, où maman travaillait beaucoup avec papa, chargés de tensions très vives comme cela se passe entre tout écrivain et son correcteur.Alors, j’ai fait un lien très net entre la torture et l’écriture, entre le métier de publier et celui d’écrire.« J’ai donc fait toutes sortes de choses, sauf écrire pour publier.J’ai dansé, j’ai chanté, j’ai dessiné.J’avais cependant commencé d’écrire pour moi très jeune.Vers l’âge de huit ans, le premier déclencheur de récriture fut Saint-John-Perse.On m’a, d’ailleurs, souvent reproché par la suite d’écrire sous son influence.Très jeune, je le lisais sans CERTIFICAT EN LANGUES ET CULTURES DANS LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE Le caractère multiethnique de Montréal et du Québec est un fait majeur qui prend de plus en plus d'importance dans l’opinion publique.Le certificat en langues et cultures dans la société québécoise aide les intervenants à comprendre ce phénomène dans toute sa variété.Les domaines étudiés touchent: • l’immigration en Amérique du Nord et au Québqc; • les groupes ethniques de Montréal, leurs langues, leurs cultures, leurs besoins et leurs aspirations; • l’intervention interculturelle au sein des organismes Le certificat en langues et cultures dans la société québécoise est un programme du module de linguistique Ce module pilote aussi les programmes suivants: • Baccalauréat en linguistique; • Certificat en études du langage; • Certificat en alphabétisation; • Certificat en terminologie.Pour être inscrit dès janvier 1987 à l’un de ces programmes, il faut vous y faire admettre avant le 1er novembre 1986 Pour de plus amples renseignements, communiquez avec: Paul Pupier, directeur Module de linguistique Tél.: (614) 282-3647 Université du Québec à Montréal Thériault comprendre.Mais je me laissais porter par la musique de ses mots.Je me laissais imprégner par son rythme particulier, par l’envol de sa poésie.« J’ai commencé à écrire vraiment quand ma mère est tombée malade, en Italie, entre la vie et la mort.Je lui ai alors apporté un poème.L’Italie a été mon lieu de naissance à l’écriture.Ensuite, il y eut le refus.Ce qui ne m’a pas empêchée de tenir un journal, d’écrire des poèmes pour moi, puis des lettres a n’en plus finir vers des amours imaginaires ou réelles.En 1970, je ne sais pas ce qui s’est passé, mais il y a eu un déclencheur qui m’a fait accepter d’avoir besoin d’écrire.« Ce qui m’a longtemps manqué, dans l’écriture, c’est l’espace scénique que je pouvais utiliser comme danseuse.Je n’ai pas l’inspiration très visuelle et je n’ai donc pas écrit pour le théâtre afin de pouvoir compenser ce manque.Car, pour devenir visuel, mon imaginaire doit passer par les mots.« Il m’est arrivé une seule fois d’écrire le texte en ayant l’impression de transcrire ce qui se passait devant mes yeux comme sur un écran, où j’avais une lentille de caméra à la place de la tête.Cela a d’ailleurs donné un texte très cinématographique ; “La gare”, qui inaugure le recueil L’Envoleur de chevaux.J’ai été incapable par la suite’ de reproduire ce phénomène.« Normalement, quand j’écris, ce n’est pas cela qui se passe.J’ai un écran blanc dans la tête et ce sont des agencements de mots qui me viennent.C’est plus par sons, par musicalité et par rythmes que les mots vont me venir.Les sonorités ont toujours beaucoup de sens pour moi, elles sont chargées d’images.C’est en agençant ces images sonores que j’obtiens une image visuelle.» Peinture, danse, chant, écriture : c’est la vie de Marie José Thériault.Car, sans l’oeuvre d’art, il n’y a pas pour elle de réconciliation possible avec le monde.« Je trouve la vie de plus en plus absurde.L’art m’aide à avaler le morceau, dit-elle.Je me demande si j’aurais le courage de passer à travers la vie, s’il n’y avait pas la littérature.Je suis constamment à la recherche d’un déclencheur.Trouver le mot, la phrase qui me donnent ces états de grâce trop brefs, qui peuvent durer une minute ou trois jours.Entre ces moments, il y a de grands trous.Fit je trouve que, plus on avance dans la vie, dans le métier, dans le milieu, plus on vit, plus on voit des choses, plus on écrit soi-même, plus on se rend compte qu’il y a une quantité phénoménale de médiocrité pour le petit moment de grâce et que c’est payer rudement cher ! « Moi, je ne serais pas capable de passer à travers si je n’avais pas ce talent de créer des choses et d’absor-der la création des autres, de m’en nourrir et de trouver une sorte de rédemption dans une toile, dans une photo, dans un livre.Si je n’avais pas l’art, je pense que tout de suite j’irais mesurer la longueur de la corde.» le cercle jungde montréol SYMPOSIUM SUR L’ANGOISSE Exposés et discussions sur l'angoisse, d'un point de vue théorique, mais surtout pratique, dans le vécu personnel et collectif.PARTICIPANTS: , • M.Jean-Pierre Bonhomme, journaliste , • Dr Pierre Migneault, psychiatre • Dr Ginette Paris, psjrchosociohgue • M.Jean Roy, militant sociol, membre-fondateur du RCM • Mme Jocelyne Toilhn, psychothérapeute Vendredi 3 octobre de 30 h à 22 h 30 et Samedi 4 octobre de 10 h à 16 h 30 Lieu: Université du Québec à Montréal Pavillon Judith-Jasmin, Salle J M 400 (salle Alfred laliberté) 400 est, rue Sainte-Catherine (Métro Berri) Entrée: 20 $ non membres 15 $ membres et étudionts à temps plein Renseignements: 388-5436 1936- 1986 LA SOCIÉTÉ DES ÉCRIVAINS CANADIENS (MONTRÉAL) présente YVES BEAUCHEMIN romancier, auteur du Matou DÎNER-CAUSERIE "chez ta Mère Tucker" (angle Dorchester O.et Beaver Hall) LE JEUDI 2 OCTOBRE, 18h30 Membres: 15$ Autres: 18$ Renseignements et réservations: 733-0754 ou 733-6911 s Le Devoir, samedi 27 septembre 1986 ¦ C-5 LE DEVOIR CULTUREL Le Tchaikovski de Dutoit Guerre et paix, et.synthétiseur DISGLUES CAROL BERGERON Petr Ilitch Tchaikovski (1840-1893) : Ouverture 1812, op.49; Capriccio italien, op.45; Casse-noisette, op.71 a, suite extraite du ballet op.71; Marche slave, op.31 Orchestre symphonique de Montréal (OSM), dir.Charles Dutoit.London 417 300-1 (disque noir), 417 300-2 (disque compact) et 417 300-3 (cassette), texte de présentation en français.Tchaikovski : Roméo et Juliette, ouverture-fantaisie d'après Shakespeare; Casse-noisette, op.71 a, suite extraite du ballet op.71.Orchestre philharmonique de Berlin, dir Herbert von Karajan.Deutsche Grammophon 410 873-1, texte de présentation en français.E'" TAIT-IL nécessaire d’enregistrer encore l’Ouverture 1812 et la suite Casse-noisette de Tchaikovski ?Qu’il soit permis d’en douter.Ces oeuvres ont été jouées dans tous les sens, elles ont déjà livré tous leurs secrets.Elles en sont en ce point où même ce qu’un Charles Dutoit peut leur apporter de différent ou de « nouveau » ne peut vraiment pas valoir la peine de les regraver sur disque.Pour s’offrir le luxe d’une entreprise aussi inutile, il faut déjà avoir parcouru un répertoire plus substantiel, comme celui d’un Karajan, par exemple.L’aventure discographique Dutoit/OSM est à la fois trop jeune et trop prestigieuse pour ainsi gaspiller ses énergies.Rien sûr, la commercialisation de l’OSM vaut bien les canonades et les carillonnements de l’Ouverture 1812.Si c’est là le prix à payer, il faut avouer qu’on aurait eu tort de s’en priver, car on pouvait faire pire en donnant dans le pop symphonique.Cela dit, il y a des limites au bon goût qu’il est préférable de ne pas dépasser, même dans une oeuvre mineure.Le coup du synthétiseur, à la fin de l'Ouverture, est, ici, non seulement un anachronisme flagrant, mais en- POUR OBTENIR DES * CANDIDATES DE QUALITÉ UTILISEZ LES CARRIÈRES ET PROFESSIONS DU DEVOIR ^_______842-9645 m&Mjjijsi de Jean Racine du 25 sept, au 27 oct.à 20h.Dimanche: 15h.Relâche: mar.et mer.Bain Laviolette 1570 de Lorimier Angle: de Maisonneuve Métro Papineau Réservations; 276-8091 Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?Ôociété PRO MUâICA CHARLES DUTOIT THÉÂTRE MAISONNEUVE LUNDI,.29 SEPTEMBRE, 20H CHARLES DUTOIT et I Ensemble PRO MUSICA lormé uniquement dinslrumenls à vent R.Strauss: Sérénade en mi bémol C.Gounod: Petite Symphonie pour instruments à vent Mozart: Sérénade # 10 (Gran Partita).Billets l?$ 10$ 6$ Étudiants 5$ PRO MUSICA 1410 rue Stanley *408 845-0532 Avec la collaboration de la §§ BANQUE NATIONALE et des Lignes Aérien nés Canadien fàcifique core un effet sonore d’une laideur consternante.Comment une incongruité de la sorte a-t-elle pu se glisser dans une partition qui, au demeurant, offre au chef d’orchestre l’occasion de faire, si cela l’amuse, plus de bruit que de musique ?On dit que les ingénieurs de la maison London ont pris l'initiative de cette fâcheuse intrusion du synthétiseur et que Charles Dutoit n’en serait pas responsable.Étrange conception de l’éthique professionnelle qui autorise un ingénieur du son à modifier à ce point le travail d’un interprète.Pour faire « différent », peut-on faire n’importe quoi ?Et ou est l’autorité de Dutoit ?Fort'heureusement, l’Ouverture 1812 n’occupe pas tout le disque et l’errance du mauvais goût s’achève avec elle.Ailleurs, dans la suite du ballet Casse-noisette, Dutoit devient méticuleux dans la précision et la clarté.Au-delà, il n’y a rien.La sensualité de cette musique : disparue, exorcisée.Il nous donne un Tchaikovski pur, « aseptisé ».Dommage.Avec son orchestre, Karajan ose aller plus loin.Il n’a pas peur de séduire.Dans Casse-noisette, on peut facilement comparer l’OSM à l’Orchestre philharmonique de Berlin.Les deux phalanges traversent avec une égale aisance cette partition si connue.La différence majeure réside dans l’approche des deux chefs d’orchestre.Karajan fait respirer, il sculpte les reliefs de manière à frap; per l’imagination et à toucher la sensibilité de l'auditeur.Dutoit reste discret, pudique et froid devant cette musique.Même si ce 17e disque de l’OSM n’a que fort peu d’intérêt, il se vend fort bien.20,000 amateurs en ont fait leurs délices.Bien peu d’entre eux, m’a-t-on dit, se sont formalisés de l’utilisation déformante du synthétiseur.On a acheté cette bizarrerie en disque noir, en disque compact et même en cassette.Or, si les deux premiers supports se comparent favorablement l’un à l’autre, la piètre qualité du troisième (sur un bon appareil reproducteur) gêne l’écoute.Pour fêter le 50e anniversaire de Charles Dutoit, London sortira, le 7 octobre, trois nouveaux disques.Consacré à Stravinsky, le premier comprendra le ballet complet (version 1910) de L’Oiseau de feu, le Scherzo fantastique et Feu d’artifice.La Symphonie funèbre et triomphale, op.15, et Roméo et Juliette, op.17, de Berlioz, occuperont l’espace des .deux autres.COURRIER ¦ L’air des bijoux PEUT-ÊTRE le fait d’être abonné à l’Opéra de Montréal depuis quatre ans a-t-il une influence sur ma perception des critiques de M.Carol Bergeron; toujours je m’empresse de dévorer ce que la presse montréalaise peut trouver à gloser, les lendemains d’une première : chante-t-elle, déchantent-ils?Autant l’apport des Claude Gin-gras et des Eric McLean peut stimuler la curiosité, séduire l’amateur, intéresser le connaisseur, à chaque fois M.Bergeron donne l’impression pénible de s’être ennuyé.Le contraste entre ces trois critiques est frappant et tenace, j’ai pu le vérifier souvent : il ré- dige assidûment un banal constat et le ton blasé surprend.Parmi les critiques hauts en couleurs de ce journal, en voici finalement un tout ce qu’il y a de « drabe ».Peut-être M.Bergeron est-il une machine à traitement de texte reprogrammée en fonction de chaque nouvelle production et des commentaires qu’elle a suscités.Mais faut-il absolument, sous prétexte de modernisme, privilégier le toc ?« Aaaah je ris.» — GAÉTAN « CASTAFIORE » PERRAS Montréal, le 17 septembre.¦ Cher monsieur de la Caslafiore, continuez d’avoir le « courage » de me lire; si je ne suis pas d'accord avec mes collègues, je finirai peut-être par vous convaincre que l'on peut s’en-nuver, même à l’Opéra de Montréal ! C.B.OCTOBRE A L'OSM Dimanche 5 octobre', 14 h 30 CHARI,KS DUTOIT.chef .RICHARD ROBERTS.violon LES CONCERTS ESSO .¦H Montréal 46 ^ \1i*nif»rc «U- l‘ \s\ociation H' Professionnelles des (Paieries d* \r».du ( anada Int exposition des oeuvres du peintre HENRI MESSAGER du 26 octobre au 15 novembre 1986 Vernissage le dimanche 26 octobre à 14 h.Service de laminage ou d'encadrement disponible.Du mardi au samedi de 12h à 17h -galerie frédéric palardy EXPOSITION GÉRARD TREMBLAY jusqu’au 9 octobre 1170 rue Victoria, St-l-ambert, 465-3337 Du mai.m
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