Le devoir, 1 novembre 1986, Cahier C
LE DEVOIR CULTUREL Montréal, samedi 1er novembre 1986 VOS HÔTES GUY ET DODO Dîners d'affaires IMUHNS [MUS Table d’hôte midi et soir Cuisine Bourgeoise^^^^^Service personnalisé 4024 STF-C ATHFRINF OUEST Métro Ah*ater Réservations 935-3277 JC Vous avez dit “culture” ANGÈLE DAGENAIS MALGRÉ son foisonnement de festivals annuels, la créativité délirante de ses artistes locaux, le nombre de troupes professionnelles et d’institutions prestigieuses installées sur son territoire, on dit Montréal en perte de vitesse culturelle par rapport à Toronto.Il se tourne plus de films à Toronto; les artistes y vendent plus de toiles et plus chéries artisans de la scène sont mieux traités.À quoi cela tient-il ?À l’argent, évidemment.La municipalité torontoise est plus généreuse, la communauté urbaine régionale est plus généreuse, le secteur privé est plus généreux.Trois bonnes raisons pour expliquer pourquoi Montréal tire déjà de l’arrière.Quant on sait, de surcroît, que le sort de la « deuxième ville française du monde » (?) est rendu encore plus précaire par le gel qu’impose le gouvernement du Québec sur les équipements et les budgets culturels depuis le début de l’année ; que le milieu artistique s’est enfin mis à lire sérieusement rapports d’enquête et sondages — qui tombent en pluie sur le Québec et le Canada, depuis plusieurs mois — dans le but de soutenir un lobby bien articulé et crédible auprès des différents paliers de gouvernement, le développement culturel ne pouvait simplement pas, cette année, être ignoré des partis durant la campagne électorale municipale.Le Rassemblement des citoyens et citoyennes de Montréal (RCM) en a fait un enjeu majeur de son programme depuis longtemps, rendant publique, en juin déjà, une proposition culturelle complète.Le Parti civique de Montréal (PCM) n’avait pas d’autre choix que de réagir en intégrant dans son Manifeste électoral, publié le mois dernier, un chapitre de trois feuillets et quart sur son « plan d’action dans le domaine de la culture ».Non satisfait de ces énoncés de principe, parfois vagues et inconsistants, parfois plus structurés et réalistes, le milieu culturel, sous l’égide du Conseil québécois du théâtre et de la Conférence canadienne des arts (section Québec), a tenu à interroger en personne les chefs des deux formations.Le débat, de l’avis de plusieurs, a été fort décevant : trop minuté, trop « patenté » en fonction des chefs, trop normalisé; trop peu de temps laissé aux questions de fond, trop de Photo Jacques Grenier .Jean Doré et Claude Dupras au débat du 20 octobre.Ci-dessous : les maisons de la Culture Marie-Uguay (à gauche) et de Maisonneuve.Pour une bonne part, les propositions culturelles du Parti civique s’inspirent directement du programme du RCM.questionneurs : bref, un authentique show électoral d’où il ne ressort finalement rien de neuf sinon une immense frustration face à un système si artificiel et.complaisant.L’administration sortante s’est mis à dos à peu près tout le milieu culturel, au cours de son trop long règne : les artistes visuels, avec le démantèlement nocturne de « Corridart » ; l’annulation de la Biennale des arts de la rue; le mépris affiché et non équivoque pour toute forme d’art contemporain; les acteurs, avec la censure tristement célèbre des Fées ont soif; le prélèvement de la taxe d’amusement, qui rapporte plus dans les coffres de la Ville que ce qu’elle consent en subventions au théâtre; les musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal, qui auraient sans doute leur salle si le maire n’avait pas changé d’idée deux fois; le Festival de jazz, qui n’a pas le soutien qu’il mérite; les muséologues d’ici, qui ne sont jamais invités à concevoir expositions et catalogues des hauts faits de la mairie; les écrivains, qui comptaient autrefois sur une distinction prestigieuse de leur cité (le défunt Grand Prix littéraire de la Ville de Montréal) et qui acceptent très mal que le maire sortant salisse, pour des fins bassement électorales, la réputation d’un des leurs, éditeur de surcroît (l’affaire Jacques Lanctôt, chez VLB); les danseurs, qui ont appris à leurs dépens que la Ville pouvait saboter un festival international en fermant un lieu de performance un soir d’ouverture, etc.Claude Dupras refuse de discuter de ce « passif » culturel.Il insiste pour qu’on discute plutôt d’avenir.C’est la stratégie qu’il a adoptée pour ne pas avoir à répondre des actes de ceux qui l’ont choisi.L’avenir culturel qu’il dessine pour Montréal se résume à quelques éléments : soutenir financièrement et par une aide logistique les promoteurs de grandes manifestations culturelles, lesquels « sauront démontrer la pertinence et l’impact de leur projet sur l’ensemble de la communauté » ; aider au démarrage d’initiatives proposées par de nouveaux créateurs locaux ; relancer le « mécénat » public en conjonction avec le financement privé; tenir annuellement un festival estival multi culturel, d’une durée de dix à quinze jours à Montréal.Dans des dossiers plus précis, le Parti civique prône la construction d’une salle pour l’OSM, sans toutefois y mettre un seul sou — dans le temps, la Ville avait contribué une somme de $ 2.3 millions pour la construction de la Place des arts, sur un financement global de $ 49 millions assumé par l’État québécois, et payait 50 % de son déficit d’opération jusqu’en 1980.Le PCM compte promouvoir également la création d’un musée de la science et de la technologie (en collaboration avec l’entreprise privée) et d’un musée d’histoire à Montréal.Contrairement à son prédécesseur, M.Dupras s’est engagé à augmenter le budget du Conseil des arts de la Communauté urbaine (CACUM) de $ 750,000 par année pour les quatre prochaines années, pour arriver à doubler les sommes reçues par cet organisme d’ici 1990.L’administration Drapeau-Lamarre n’était pas du tout de cet avis, il y a six mois.Elle ne croyait pas davantage à la consultation et aux débats publics que prône le nouveau candidat à la mairie pour définir ses politiques.S’il est élu, M.Dupras veut tenir un grand sommet culturel à Montréal avec la communauté artistique pour s’informer des problèmes et besoins du milieu.Les rapports et enquêtes ne manquent pourtant pas sur le sujet a Montréal.M.Dupras compte compléter le réseau des maisons de la Culture, au cours de son man- Suite à la page C-7 - il r r ?Jf II HHHi * 'J?K J l&'ïmm.-HERGÉ- TINTIN L'ALPH-ART découpage graphique PAUL CAUCHON Cm EST le livre surprise de l’automne.L’album le plus émouvant de toute l’histoire de la bande dessinée.Et le plus frustrant.Tintin et l’Alph-Art, la 23e aventure du célèbre petit reporter, est en librairie au Québec cette semaine.Un album inachevé, qui vient mettre un terme à l’aventure commencée par Hergé en 1929 avec Tintin au pays des Soviets.Entre ces deux dates, tout un univers : de « petit Mickey» tout juste bonne à divertir (sinon pervertir ! ) les enfants, la bande dessinée est devenue art majeur et manifestation culturelle institutionnalisée.Elle a éclaté dans toutes les directions, empruntant toutes les pistes narratives et graphiques possibles.Et elle a assuré la constitution de véritables empires dans le monde de l’édition, tant en Europe qu’aux États-Unis.Chez Casterman, l’édition de Tintin représente actuellement 12 millions d’exemplaires vendus chaque année en 30 langues (dont trois millions en français, quatre millions selon d’autres sources), sans parler des objets de luxe ( Les Archives Hergé), des produits dérivés.Sans parler des montagnes d’études chez tous les autres éditeurs, de l’analyse sémiologique à la moulinette psychanalytique.Et, entre ces deux dates, un homme, Hergé, une galerie de personnages qui a servi de phare à toutes les générations successives de dessinateurs du monde entier, et puis l’oreille cassée d’une statuette, un vaisseau nommé Licorne, sept mystérieuses boules de cristal, un voyage sur la Lune, la splendeur angoissante du Tibet.À la mort d’Hergé, il y a trois ans, le public concluait que la série s’était terminée en 1976 avec Tintin chez les Picaros.Puis, la rumeur a commencé à circuler : le célèbre septuagénaire travaillait à une ultime aventure, une histoire de faux tableaux dans le milieu de l’art moderne.Les lecteurs et lectrices du monde entier se sont mis à fantasmer : après avoir vu ses objets imaginaires devenir des pièces de collection promenées de par le monde (on se rappelle, au Musée des beaux-arts de Montréal, « Le musée imaginaire de Tintin »), Hergé abordait les thèmes de la création, de l’art et de l’imposture.Lui qui, dans la vie privée, était un collectionneur d’art moderne particulièrement averti et auda- cieux.S’engagea alors une bataille de succession, feutrée mais très réelle.De passage au Québec, le collaborateur privilégié d’Hergé depuis 30 ans, Bob de Moor, nous déclarait, il y a un an et demi, qu’il était prêt à terminer cette histoire à partir des informations et croquis laissés par Hergé.Mais Hergé, sans avoir laissé de testament clair, avait souvent déclaré, en entrevue, que Tintin ne continuerait pas sans lui.Sa veuve a veillé au grain, et Casterman a tranché : le dernier Tintin reproduira avec fidélité l’état du travail laissé par Hergé à sa mort, et personne n’y touchera plus.Cela nous donne aujourd’hui un album de luxe, timidement imprimé à 40,000 exemplaires au départ, vendu $59.95 au Québec 1200 francs en France).L’éditeur doutait qu’un tel projet puisse marcher.C’était mal comprendre la ferveur des fans : l’album, sorti il y a moins d’un mois en France, en est à sa troisième édition et tous ceux qui possèdent la collection complète voudront se procurer ce monument ultime, malgré son prix excessif.À l’intérieur d’une grosse reliure aux cou- Sulte à la page C-5 -HERGÉ- TINTIN L'ALPH-ART transcription des dialogues les Editions internationa LE TEMPS DES CHOIX 1960-1968 GERARD PELLETIER dit enfin tout sur les années 60, sur la démarche des «TROIS COLOMBES» et les débuts de l’ère Trudeau Stanke 3753 C-2 Le Devoir, samedi 1er novembre 1986 LE DEVOIR CULTUREL LA VIE LITTERAIRE JEAN ROYER Don d’un million $ — Cette semaine, les administrateurs de la Fondation Émile-Nelligan annonçaient le geste sans précédent du directeur de galerie Gilles Corbeil, décédé accidentellement en mars dernier, de faire don de la plus grande partie de ses biens pour la création d’un prix littéraire et d’autres activités de la fondation dans le domaine des arts et lettres.(Voir notre édition de mardi.) Le prix Gilles-Cor-beil, qu’on peut imaginer autour de $ 50,000 et dont les modalités d’attribution seront connues dans un an, deviendra ainsi le plus important prix littéraire attribué à un écrivain québécois.Espérons que d’autres mécènes suivent l’exemple de Gilles Corbeil, un homme qui aura eu une présence marquante dans l’histoire de la vie culturelle de Montréal.?À Québec — Un colloque international sur l’histoire littéraire (théories, méthodes et pratiques) se tenait, cette semaine, à l’Université Laval de Québec.Nous n’en avons reçu l’information que cette semaine.Les universitaires devraient mieux tenir compte du monde « extérieur ».Parmi les conférenciers invités, notons les noms d’Alain Viala (Paris-III), Laurent Mailhot (U de M), Roger Fayolle (Paris-III), Clément Moisan et Joseph Mélançon (Laval), René Dionne (Ottawa).Par ailleurs, le cégep de Sainte-Foy sera l’hôte du colloque annuel de la Société canadienne d’esthétique, le 7 novembre.Une quarantaine de conférenciers traiteront des thèmes suivants : « Pourquoi l’art aujourd’hui ?», « Esthétique de la musique », « Esthétique et psychothérapie », « Y a-t-il une esthétique féministe ?».Les participants pourront visiter une exposition portant sur « l’esthétique des meilleures images et vidéos par ordinateurs ».Enfin, un récital de musique classique clôturera l’événement.Parmi les conférenciers invités : Marie Carani, le père Louis Morice, Claire Gravel, Guy Parent, Jean-Guy Gaulin, Irène Brisson, Gaétan Brulotte, Jeanne Demers, Pierre Popovici, Cécile Cloutier, Denys Morisset et Manon Brunet.?Peu fréquenté — Le colloque organisé, en fin de semaine dernière, par l’Académie canadienne-fran-çaise, avec la collaboration des autres associations d’écrivains de Montréal, est une réussite, sauf sur le plan de la participation.Les membres de l'Union des écrivains n’étaient pas nombreux.Peut-être l’Uneq devrait-elle faciliter le transport des écrivains vers les Lauren-tides ?Peut-être le colloque de l’Académie devrait-il se déplacer à Montréal ?Quelle que soit la solution adoptée, il convient de mentionner que ce genre de colloques, où les écrivains sont invités à réfléchir sur leur rapport au monde, est essentiel à la vie littéraire du Québec.Le sujet de ce quatrième colloque : « la francophonie ».^ ?Photo Kèro Madeleine Gagnon sera à la Place aux poètes, mercredi soir pro-, chain à La Chaconne.À Montréal — Ultimatum et le magazine L'Oeil rechargeable présenteront l’écrivain Kathy Acker, de Londres, le mardi 4 novembre au cabaret Les Foufounes électriques (97, rue Sainte-Catherine est).?Société littéraire de Laval — Un second atelier d’écriture est proposé aux membres de la Société littéraire de Laval, le 4 novembre à 19 h 45, à l’école Val-des-Arbres (Duvernay).Entrée de $ 2 pour les non-membres.L’atelier sera donné par Renée Thi-vierge et Patrick Coppens.Par ailleurs, la SLL recevra, le mardi 18 novembre à 20 h, l’écrivain Claude Jasmin.Ce dernier « sur- anime » l’émission du réseau Quatre Saisons sur les livres ( Claude, Albert et les autres).?Prix littéraires — L’Association des auteurs des cantons de l’Est a décerné le prix Alfred-Desrochers à Michel Gosselin pour son roman La Fin des jeux, publié aux éditions Triptyque.Le prix Gaston-Gouin a été remis, cette année, à Bertrand Bergeron pour son manuscrit Fausses Adresses.Le jury se composait de Michel Clément, Renée-Berthe Drapeau et André Marquis.?Place aux poètes — Le mercredi 5 novembre à 21 h, à La Chaconne, Ja-nou Saint-Denis reçoit Madeleine Gagnon à Place aux poètes, à l’enseigne de « la lettre d’amour ».?Les ondes littéraires — L’émission de Quatre Saisons, Claude, Albert et les autres, diffusée le dimanche à 22 h 30, sera désormais présentée en reprise le dimanche à 13 h et ne fera plus« concurrence » à celle de Bernard Pivot, en reprise à TVFQ le dimanche à 14 h.Demain soir à 21 h 30, Apostrophes nous propose les livres du mois avec Régine Deforges, Philippe Labro et Jean Lacouture, entre autres invités de Pivot.D’autre part, au réseau Vidéotron, Ghila-B.Sroka reçoit, cette semaine, l’écrivain Ma-rilù Mallet (Miami Trip, chez Québec/Amérique).Les émissions sont diffusées le lundi à midi, le mardi à 6 h, le vendredi à 22 h 30 et le dimanche à 13 h.Enfin, Rencontres, diffusé à Radio-Canada le dimanche à 13 h : cette semaine, Marcel Brisebois reçoit l’écrivain français Jean-Pierre Maurel.Pour sa 500e émission, le réalisateur Raymond Beaugrand-Champagne nous proposera, le 9 novembre, une rencontre avec l’écrivain Gabrielle Chevassus.LA LANGUE AU CHAT MARC MORIN DÈS LUNDI et jusqu’au 22 novembre, sur les ondes de CKOI-FM, les Éditions françaises, qui diffusent au Québec les ouvrages de Larousse, lancent le concours « À la recherche du plus vieux Petit Larousse ».Le concours est assorti de trois prix : un Grand Dictionnaire encyclopédique Larousse, en 10 volumes, d’une valeur de $ 1,495; un Larousse Ll, en deux volumes, d’une valeur de % 200; et un Petit Larousse en couleurs, d’une valeur de $ 70.La remise des prix se fera au Salon du livre de Montréal, place Bo-naventure, sur la scène centrale, le 23 novembre à 14 h 30.On peut se procurer les règlements et formulaires de participation, dès lundi, aux endroits suivants : — les Éditions françaises, inc., 1411, rue Ampère, C.p.395, Boucherville, J4B5W2; — CKOI-FM, 211, rue Gordon.Verdun, H4G 2R2; — aux kiosques des Éditions françaises, Salon du livre de Montréal, place Bonaventure.L’heure de fermeture du concours est fixée à 22 h, le samedi 22 novembre.* Cent pétales.Les diffuseurs du Petit Larousse illustré, dont nous parlions à la rentrée de septembre, ont poussé l’amabilité jusqu’à recenser pour nous les ajouts majeurs à l’édition 1987 du P.l.i.Dans la partie « langue », 48 mots, 11 sens et 21 expressions ont ainsi acquis droit de cité dans cette bible des amateurs de Scrabble.Citons, comme exemples de mots nouveaux dont la formation nous semble conforme à l’esprit de la langue fran- LE MAGICIEN SGBD la base de données qui met de l’ordre dans vos idées IBM PC et compatibles 449.99 S Laiousse dictionnaire USUEL 42n( XI mots noms communs noms propres JSfvp,« wm- 'T u 11“ A ^ £ U"'HISSC çaise : « aromathérapie » (thérapeutique par les huiles essentielles végétales), bien connue des adeptes des médecines dites « douces » ; « chalandise » (aire d’attraction commerciale d’un magasin, d’une localité); « graphiose » (maladie de l’orme) ; « rétrovirus » (rendu familier par les recherches sur le sida) ; « vidéogramme » (support d’un programme audiovisuel).Salade de pissenlits La conjoncture géo-politique nous vaut les mots « austral» (nouvelle unité monétaire adoptée par l’Argentine après le retour a la démocratie), « burkinabé » (pour désigner les habitants du Burkina-Faso, nouveau nom de la Haute-Volta) et « zimbab-wéen » (du nom de l’ex-Rhodésie).On se surprend à trouver dans l’édition 1987 des termes déjà familiers chez nous et qu’on eût cru depuis longtemps admis au Larousse ; « annualiser », « bioéthique », désin-dexer », « finaliser », « monoparental », « syntoniseur ».On s’interroge, enfin, sur l’opportunité de verser au Larousse et, partant, d’accréditer les mots anglais « bicross » (on dit ici vélo tout terrain), « briefer » (informer), « fioul » (version francisée de « fuel», connu ici sous le vocable de « mazout »), et « rafting» (descente en eaux vives à bord d’un canot pneumatique).Dans la partie « histoire », les acteurs Jean-Paul Belmondo et Alain Delon, l’actrice Catherine Deneuve, l’artiste de variétés Raymond Devos et le Bulgare Christo, célèbre pour ses oeuvres plastiques « enveloppantes », font leur entrée au P.l.i.1987, parmi les hommes d’État Alan Gar- «(.) France Huser crée un univers féminin très sensuel qui séduit et déconcerte à la fois.Un très ' beau roman, audacieux et remarquablement bien écrit.».Christiane Charette — Bon Dimanche ¦(.) rédigées avec une grande justesse de ton, les pages les plus nouvelles, ___— les plus étonnamment belles de la littérature dite féminine des dernières années.Une grande réussite.» Lisette Morin — Le Devoir 1 9 8 2 1 9 8 7 D’EXCELLENCE il LOGI DISQUE me C.P 485, suce.Place d'Armes Montréal (Québec) H2Y 3H3 (514)842-5221 1(800)361-7633 FRANCE HUSER La chambre ouverte Roman M X 1-1)1 I IONS 1)1 SH II cia (Pérou), Saddam Hussein (Irak), Daniel Ortega (Nicaragua) et José Sarney (Brésil).?Dites D.u.l.Larousse, enfin, lance un nouveau produit : le Dictionnaire usuel Larousse, dont la particularité principale est d’intégrer alphabétiquement 33,000 des mots les plus courants de la langue française (le Petit Larousse illustré en compte 52,000) et 9,500 noms propres (il y en a 24,000 dans le P.l.i.), des éléments de grammaire et tableaux de conjugaison, et un atlas de 48 pages couleurs.L’ouvrage, d’un format compact, sous reliure souple mais solide, est en vente au prix (fort raisonnable) de $ 19.95, « dans les meilleures librairies », comme on dit.Estuaire Le poème en revue VOUS ÊTES CORDIALEMENT INVITÉ à fêter NOS 10 ANS d’existence 4 • A cette occasion, nous vous ferons CA DEA U d’un RÉCITAL de 10 AN S DE POÉSIE, avec, par ordre d’entrée sur scène; Gilles HÉNAULT PaulCHAMBERLAND Nicole BROSSA RD Jean ROYER Pierre NEPVEU François CHARRON Claude BEAUSOLEIL Madeleine GAGNON Yolande VILLEMAJRE Denise DESAUTELS France THÉORET Louky BERSIANIK Jean-Paul DAOUST Hélène DORION Mario CHOLETTE Gérald GAUDET À ce premier cadeau, nous ajoutons quelques verres de vin et UN RABAIS EXTRAORDINAIRE [SUR NOS ABONNEMENTS.Où?À LA GALERIE SKOL 3981 St-Laurent Suite 222, Montréal Tél.: 842-4021 Quand?Dimanche, 2 novembre 1986 à 14h BIENVENUE LA VITRINE DU LIVRE GUY FERLAND .LITTÉRATURE Doris Lessing, La Terroriste, Albin Michel, 407 pages.Le titre anglais, The Good Terrorist U La Bonne Terroriste »), était plus ambigu et donnait une meilleure idée du ton utilisé dans le roman.Une femme qui, au départ, n'avait rien d'une révoltée, s'intégre à une groupe de terroristes pour résoudre ses inhibitions affectives.Cela l'entraînera dans de malheureuses aventures qui tournent àr la tragédie.POLÉMIQUE Jean Dutourd (de l'Académie française), Le Spectre de la rose, Flammarion, 290 pages.Au départ, l’académicien voulait taire une chronique humoristique de l’année 1985 en France.Bien vite, son dessein s’est transformé en tableau noir.La révolte en Nouvelle-Calédonie, l'affaire Greenpeace, la réception du général Jaruzelski à Paris, etc., ont servi à mettre la gauche à la porte l'année suivante.Dutourd rit de tout cela.Neil Postman, Se distraire à en mourir, Flammarion, 225 pages.Postman est pour Huxley contre Orwell.Dans ce pamphlet drôle et argumenté, il montre les effets pervers d’un changement de médium, en l'occurence, l'arrivée de la télévision, sur le message.D'après lui, la répression, aujourd'hui, a pris la forme de la jouissance qui nous pousse à la passivité et à aimer notre oppression.ESSAI Les Pratiques culturelles des Québécois, une autre Image de nous-mêmes, collectif sous la direction de Jean-Paul Baillargeon, Institut québécois de recherche sur la culture, 394 pages.Pour tout savoir sur nos activités culturelles, depuis 1971, cet ouvrage réunit une série d’études qui traitent aussi bien du cinéma, de la littérature, du théâtre, de la danse, de la musique, de la télévision et de la radio que des sports, du patrimoine et de l'industrie touristique.En suivant l'évolution de nos pratiques culturelles, c'est l'évolution de notre société qu’on lit.Jean-Claude Bologne, Histoirè de ta pudeur, Olivier Orban, 376 pages.À travers les temps, l'homme n’a jamais eu le même rapport à son corps.La meilleure façon de constater cela, c’est de voir comment le sentiment de la pudeur a évolué au cours de l'Histoire.A travers les arts, la vie quotidienne et de multiples anecdotes farfelues, Bologne montre quelles ont été les différentes conceptions de la pudeur et de la décence depuis Charlemagne.Augustin Bergue, Le Sauvage et l’artifice.Les Japonais devant la nature, Gallimard, coll.« Bibliothèque des sciences humaines », 314 pages.Cet ouvrage traite de la relation du Japon à l'espace et à la nature.L'auteur analyse, en particulier, la notion complexe et ambiguë de fûdo, dans laquelle nature, culture et société sont inséparables.Des très belles photographies illustrent ce livre.ART Francis Haskell, La Norme et le caprice.Redécouvertes en art, Flammarion, coll.« Art, Histoire, Société », 277 pages.Ce livre retrace l'histoire des changements du goût artistique en Angleterre et en France, de la révolution française à la Première Guerre mondiale.Haskell examine les facteurs importants qui modifient le goût d'un époque et, au-delà des données économiques et sociales, il dresse une série de portraits pittoresques de collectionneurs, de critiques d'art, d’écrivains, etc.L'ouvrage est abondamment illustré.LE DEVOIR CULTUREL est dirige par Robert Lévesque • «ROBE NOIRE est un roman extraordinaire.» — N.Y.Times Book Review • «.Économie de style, personnages vivants, histoire ensorcelante et touche de maître.» — Chicago Tribune • «Un roman mémorable et d’une grande puissance, par un écrivain extraordinairement versatile.» — Globe and Mail BRIAN MOORE «Des romanciers écrivant aujourd’hui, Brian Moore est mon favori; il est amusant, audacieux et imprévisible.» — Graham Greene «S’est mérité, en Angleterre, le prix de la Royal Society of Literature accordé au meilleur roman de langue anglaise publié en 1985, pour «Robe Noire».Traduit par Ivan Steanhout 239 pages *13,95$ BILAN DU NATIONALISME Al QUÉBEC.LOUIS BALTHAZAR LOUIS BALTHAZAR .BILAN DU NATIONALISME AU QUÉBEC • Voici un premier bilan du phénomène nationaliste dans sa dimension historique.• Enfin une synthèse objective de l’évolution du nationalisme dans la vie collective des Québécois à travers deux cents ans d’histoire.• Dans un style clair et concis voici un premier bilan positif du nationalisme au Québec, une véritable leçon d’histoire.• Un livre fondamental, indispensable, qui arrive à point.-O po tilt tj u c c t s o cl fif #.l'HEXAGONE ESSAI COLLECTION POLITIQUE ET SOCIÉTÉ DIFFUSION; QUÉBEC LIVRES LE DEVOIR CULTUREL Le Devoir, samedi 1er novembre 1986 ¦ C-3 LE FEUILLETON Un beau chant a cappella inspiré du lamento de Didon LISETTE MORIN * Pascal Quignard, Le Salon du Wurtemberg, Gallimard, 367 pages.m OUS LES ANS, un jour d’hi-// I ver proche des illumina-v -¦- tions de Noël, ces frères torturés ressuscitent dans la fièvre de Paris, au restaurant Drouant, parmi la végétation des câbles de la télévision et les éclairs des photographes.Sur l’autel de la publicité, dans l’apothéose de la gloire, qu’ils convoitèrent si désespérément, la messe barbare du prix Goncourt invoque ces orientalistes et ces japoniseurs avec des sauvageries de ma-cumba.» C’est ainsi que Paul Guth, avec une ironie cinglante qui convient mal à sa benoîte et rondouillarde silhouette de prof de français, décrivait un jour la fête annuelle de l’édition, créée par le plus célèbre des duos de la littérature française, et qui fonctionne comme sur des bielles bien huilées depuis 1903.Le tintamarre qui entoure le prix Goncourt ne convient guère au ton et au style du très beau roman de Pascal Quignard.Mais il faut, néanmoins, souhaiter — pour que des centaines de milliers de lecteurs le lisent — que Le Salon du Wurtemberg l’obtienne ce mois-ci.Et que, passée la saison frénétique des « prix », on découvre dans le calme, la sérénité de notre froide et morte saison, cette très grande et très belle oeuvre d’un romancier.Qui pourrait être un musicien.Et qui devrait enchanter les soirées et les nuits (on ne s’arrache guère à Quignard, peu importe l’heure tardive) du plus grand nombre possible de Québécois.Car un nombre important de nos compatriotes, tomme l’écrit Charles (ou Karl) Chenogne, le narrateur de ce roman, sont véritablement les frères de ces « enfants à deux langues », c'est-à-dire enfants dédiés à quatre oreilles, à deux amours, c’est-à-dire sans amours, c’est-à-dire sans langues .» puisqu’ils sont condamnés, dès leur naissance, au bilinguisme.Il n’y a pas que cette parenté du héros, né de mère française et de père allemand, qui séduira quelques lecteurs et lectrices d’ici.Quignard, avec une subtile, une séduisante habileté, utilise les mots anciens de la langue française — « nos » mots, et emprunte même au parler des Belges : comme ce « taiseux », qui.dé-signe là-bas quelqu’un qui parle peu, qui est taciturne.Comme toutes les réussites, le livre de Pascal Quignard échappe aux définitions, aux classements, si chers aux « professionnels » de la lecture.C’est un roman de souvenance, de nostalgie, un livre nourri de la mémoire, plus longue que son histoire relativement courte, d’un quadragénaire et.de ceux et celles qui furent de sa famille et de ses amis.Parmi ces êtres fraternels, une sorte de mentor, connu au régiment, pendant le service militaire, qui se nomme Florent Seinecé, et que Chenogne, qui raconte leur longue et souvent torturante amitié, n’aura de cesse d’admirer.Ce livre a une autre particularité, bien attachante pour ceux qui rêvent de vraies maisons, de vrais jardins, de vraies campagnes.Il a pour cadre, non seulement le salon du Wurtemberg où Chenogne, violiste célèbre, se réfugie pour écrire, mais cinq, six, dix, douze « salons ».Depuis la grande pièce rose (mais qui était peinte en bleu.) de Saint-Germain-en-Laye, depuis le salon vieillot de mademoiselle Clotilde Aubier — l’un des personnages les plus attachants de ce livre, qui en compte pourtant quelques autres — en passant par les divers salons parisiens ou provinciaux que Charles Chenogne fréquentera, de son enfance à sa maturité, changeant de logis comme on change de chemise et s’évertuant, REEVES L’intelligence est-elle un cadeau empoisonné?L’absurde est-il encore évitable?L'éveil de la jubilation ne serait-il pas l'antidote le plus efficace?288 p.19,95$ Par l’auteur de: Patience dans l’azur Poussières d’étoiies SEUIL Pascal Quignard.Photo Gallimard chaque fois, à la description savoureuse des lieux.Chenogne, qui succomba au charme d’Isabelle, surnommée Ibelle, et perdit du coup — et pour de longues années — son ami Florent qui en était l’époux, est un amant fort épisodique.Contant sa vie, il « compte » aussi les femmes de sa vie, sur les doigts d’une seule main.Mais il ne faut pas en conclure que ce mu sicien, savant, traducteur de biogra phies, professeur de viole de gambe concertiste recherché sur tous les continents, est un être volage.Sa fi délité est, au contraire, exemplaire et de toute nature : fidélité à la grande maison de son enfance, au souvenir de sa mère, morte jeune et qui « visitait » ses enfants, confiés à une tante wurtembourgeoise, au heu de vivre avec eux; fidélité à son ami Seneicé, qu’il reverra, aimera de nouveau jusqu’à le veiller agonisant; fidélité aux charmes très anciens mais très prenants des instruments de musique qu’il connaît et qu’il confie précautionneusement aux luthiers; fidélité, enfin, à toute une série de comptines, de chansons anciennes, de bonbons et de friandises qu’il s’évertue à offrir et à faire goûter.Bref, Chenogne est un être fidèle et le romancier qui l’a inventé, et sans doute créé de ses propres souvenirs, est un grand écrivain.De son personnage, violiste et violoncelliste, il écrit, après avoir chanté la louange de l’archet : « Qu’as-tu fait de ta vie ?J’ai frotté un poil de cheval sur un boyau de chèvre.» « Ce que nous avons vécu n’est pas mémorable, écrit encore Quignard-Chenogne.Je ne sais pas pourquoi je prends plaisir à noter ces scènes du passé.» La lectrice que je suis sait fort bien, pour sa part, quel immense plaisir elle a pris à lire autant qu’à revivre, pour son compte, « ces scènes du passé ».Tous les chapitres du Salon du Wurtemberg m'ont émue.Y compris cette sorte de « lamento », digne du grand Purcell, sur la mort de la petite chatte Didon.Et je défie tout amoureux et toute amoureuse des chats de ne pas essuyer une larme furtive en lisant les pages 202 et 203 où Chenogne se souvient de la mort de Didon : « Un chat, c’est un poids chaud qui respire, qui vient à l’improviste sur le corps, qui pèse sur le corps, et qui fait qu’on est là encore alors qu’on avait oublié qu’on était là.» Par une fort curieuse association, le héros de Quignard, revenant au salon du Wurtemberg, s’asseyant à Bergheim, près du petit pavillon de musique, m’a fait souvenir de la terrasse-souvenir de San Miniato (Le Vent du soir, Tous les hommes en sont fous).Peut-être bien parce que, tout simplement, Charles (Karl) a quatre soeurs, aux prénoms au moins aussi exotiques que ceux des soeurs O’Shaughnessy .Que Chenogne voyage aussi à travers le siècle et le vaste monde.Mais, alors que d’Ormesson traverse le temps en papillonnant, en mettant la grande Histoire au service de ses « petites histoires », l’auteur du Salon du Wur- temberg tresse, avec quel talent, mais également quelle mesure, des guirlandes de fleurs et se penche sur son passé sans éprouver le besoin d’y mêler d’autres personnages que ceux et celles qu’il a aimés longtemps après s’en être détaché.Ce roman, en forme de souvenir lancinant, est un livre de sagesse et de raison.Et c’est également le livre d'un lettré, modeste et souvent humilié, considérant que « les langues sont indéchiffrables, toujours lointaines, toujours intimidantes et intraitables, d’une exigence sans fin.» Qui peut, au Québec, ne pas être d'accord ?—Quatrième— grand album de Mia et Klaus: Canada Texte de Roch Carrier Préface de Jeanne Sauvé, Gouverneur général du Canada PERSQIÏIÏEL EuÜl R + DE LUXE Le traitement de texte plein de bon sens HIM IV et compatibles s D’EXCELLENCE RLOGIDISQUEr C P.485.Suce.Place d’Armes Montreal (Québec) H2Y 5II5 (514 ) 842-5221 — 1-800-361-7633 U Ifiü 'W Après Québec, Montréal et Le Saint- Laurent voici Canada, le quatrième grand album des photographes Mia et Klaus, enrichissant ainsi la déjà très imposante collection de leurs oeuvres.Fidèles à leur démarche artistique Mia et Klaus présentent dans Canada des images tout à fait uniques voire des points de vue absolument inédits de ce pays si vaste.189 photographies couleurs • 256 pages • un album de30x23cm* édition reliée pleine toile avec vignette dans une cuvette • disponible en version française et anglaise • en vente dans toutes les librairies au prix de 80$ • une coédition Libre Expression/Art Global 244 rue St-Jacques, bureau 200, Montréal, Québec H2Y 1L9, (514) 849-5259 h f ?— pAsfüï 1 »***£&+ rare'» auteur* alxirdi ni le ; |Kir une prohlcmalHitu 1 ensuite une applicatmn d recherche: le rôle d.I urbanisai u*n au M internat mnales populism.17(1 prises Distribution exclusii I >if till i\ re Inc.Ville Saint-Laurent.17' ii.Canari Sarielo INK II «7.1 I'11)1 < >1 < K ,11 i r i \ * Kl PROIH ( 1 K >\ 1)1 ( API I \l 1 cillions di tUniversité il < )tmua.Estuaire L’ART POÉTIQUE NUMÉRO 40-41 La séduction triste de l’approche bourdieusienne revêt, dans l’article de Bernard Andrés, un caractère moins orthodoxe, car l’analyse n’est pas exclusivement centrée sur la dictature de l’avant-garde, ultime dispositif sanglant de la littérature des 15 dernières années.Avec une certaine prétention à l’objectivité, Pierre Milot « construit l’espace objectif dans lequel s’est constituée l’avant-garde » a travers deux revues : la nbj et Les Herbes rouges.Les deux figures dominantes de cet espace : Roger Des Roches et François Charron.Leurs activités prennent, dans ce texte, une connotation guerrière.Mais à la guerre de classe se substituent les conflits de légitimité.Ici, on cherche inutilement avec des dispositifs conceptuels inouïs à créer une institution littéraire qui doit répondre à un modèle théorique pour le moins discutable.Ces articles ont parfois tendance à dresser un portrait peu crédible de notre paysage intellectuel.?En amont des courants, des chapelles et des réseaux, il y a aussi les anniversaires qui, depuis deux ans, déferlent sur le territoire des périodiques culturels.Demain, la revue Estuaire invite ses fidèles lecteurs et supporters à un récital de poésie, qui a lieu à la galerie Skol.Fondée en 1976 par Claude Fleury, Pauline Geoffrion, Jean-Pierre Guay, Pierre Morency et Jean Rover, Estuaire présente, pour son numéro anniversaire, 38 « arts poétiques » de factures et de tendances diverses.Elle entend ainsi faire le point, en quelque sorte, sur la dernière décennie poétique.On a souvent reproché à cette re- POUR OBTENIR DES CANDIDATES DE QUALITÉ UTILISEZ LES CARRIÈRES ET PROFESSIONS DU DEVOIR 842-9645 O Tous les enfants aiment MIMI IBM PC cl compatibles J lecteur de disque X4.Q5S Aussi disponibles sur Commodore M-I2K MIMI el MIMI a la Mlle 1 9 8 2 1 9 8 7 N D’EXCELLENCE ü LOGIDISQUE r C.P 485, Suce.Place d’Armes Montréal (Québec) H2Y 3H3 (SU) 842-5221 — 1-800-361-7633 vue son caractère éclectique, voire « son refus de se définir comme projet idéologique » (Pierre Nepveu).« L’art poétique » (numéro 40-41) ne fera pas démentir les détracteurs de cette revue.Au sommaire, des poètes qui ont publié ailleurs, dans d’autres revues comme la nbj, Les Herbes rouges, Moebius, et dans des maisons d’édition aussi différentes que Le Noroît, VLB, Les Herbes rouges, noj, Triptyque, L’Hexagone, etc.Certains ont préféré témoigner de leur expérience poétique : Lucien Francoeur, Juan Garcia; d’autres — Louise Cotnoir, Paul Chanel Malenfant — ont livré des extraits de leur travail en cours, et les plus audacieux — Renaud Longchamps, Nicole Brossard — ont écrit des textes à saveur de manifeste.De cet ensemble de textes, on retiendra ceux des auteurs qui se font plus discrets sur la scène littéraire ou qui n’ont pas souvent l’occasion d’écrire « au sujet de la poésie ».Geneviève Amyot, Fulvio Caccia, Gilles Hénault et France Théoret, pour ne nommer que ceux-là, parviennent, dans un style qui leur est propre, à conjuguer l’essentiel de la poésie contemporaine.HH LIVRES RÉCENT ET ANCIENS Achat et vente la plus grande librairie 1- V/^ 251 Ste Catherine E.l académie uança ment et qui, comme des fleurs, « flétrissent dans des vases où l’eau stagne ».?L’autobiographie et la nouvelle sont devenues, ici comme ailleurs, des genres majeurs, s’étant quasi substituées au roman.Bob Oré^Abitbol unit les deux.Dans Le Goût des confitures, l’auteur se réfléchit en de multiples visages, tous plus ou moins idylliques, de son enfance et de son Maroc d’origine.Dans cette oeuvre intime, mue par sa propre nécessité et par le désir de communiquer (l’expression y prime toujours sur la forme), c’est ce qui a été perdu et que Ton tente de recréer artificiellement par la mémoire — souvenirs, paris ou idéaux d'enfance, odeurs, goûts et sensations diverses — qui devient le sujet principal.Le Goût des confitures ressemble, en fait, à un petit film super-8 réalisé en tamille et fait de courtes séquences autobiographiques.Sans doute parce que l’autobiographie est ce qu’il y a de plus proche, de plus accessible à écrire, ce livre se présente comme une vie écrite par bribes mais sans la cohérence d’un projet d’ensemble.C’est une boîte de souvenirs qui s’entassent pêle-mêle et que l’on regarde avec humour et tendresse.Cela commence avec l’entrée à l’école d’un jeune Marocain; le recueil retrace ensuite l’histoire de ce garçon à travers les anecdotes les plus significatives ou les plus marquantes de sa vie, depuis l’Afrique du Nord jusqu’au Québec.Certes, il faut beaucoup de talent pour conquérir le public avec des récits de jeunesse, pour l’amuser avec des souvenirs et des anecdotes.Mais le sentiment de séparation et d’exil comme sujet et facteur d’introspection, plus qu’un simple embrayeur, donne aux récits relatés une tonalité affective suffisante pour retenir le lecteur.On sent, à la lecture de ce re- conGtures cueü, un besoin urgent de témoigner, comme si le sursaut d’énergie que l’auteur mobilise contre son travail de deuil était à même de lever le voile de pudeur qui recouvre habituellement ses souvenirs.La remontée dans l’histoire individuelle est, d’abord et avant tout, une remontée vers les saveurs, les odeurs, les petits riens qui constituaient le paradis perdu.Nous aurions apprécié que l’histoire collective (le contexte politique, le milieu social et historique, tout l’arrière-fond de cette introspection) soit davantage sollicitée, mise en lumière mais c’est à un regard naïf que Bob Oré Abitbol nous convie.Toutefois, cette naïveté et cette absence de perspective acceptées, le livre d’Abitbol reste d’une fraîcheur et d’une générosité indéniables.On y retrouve les multiples facettes d’une vie d’enfant et d’adolescent et, comme c’était le cas chez Hélène Rioux, de vrais sentiments.LE DEVOIR CAHIER SPÉCIAL Salon du livre de Montréal 1986 Ce cahier spécial du Devoir aura pour thème ÉCRAN, un jeu littéraire à partir du mot «ÉCRAN».Les écrivains invités sont: — Suzanne Jacob — Jean Royer — Gilles Archambault — Marco Micone — Dany Laferrière — Jacques Godbout — Marie-Josée Thériault — Yollande Villemaire — Émile Olivier Et plusieurs autres.Et plus: entrevues et reportages sur les activités du Salon du Livre de Montréal de 1986.Ce media publicitaire représente un véhicule de choix pour les intervenants du secteur.Date de tombée-publicité: 7 novembre 1986 Contactez Jacqueline Avril au (514) 842-9645 Date de parution: 15 novembre 1986 Commandez vos copies supplémentaires au (514) 844-3361 LE DEVOIR ESSENTIEL! vous invite à venir rencontrer Monsieur René Lévesque en personne le jeudi le 6 novembre de 18.00 à 21.00 hres À cette occasion M.Lévesque dédicacera son livre (K» Attende, que je nie rappelle VOUS POURREZ ÉGALEMENT DÉCOUVRIR LE NOUVEAU LOOK DE LA LIBRAIRIE RAFFIN 6722 rue St-Hubert, Montréal, Québec, H2S 2M6 - 274-2870 LE DEVOIR CULTUREL Le Devoir, samedi 1er novembre 1986 ¦ C-5 LE CONCEPT DE LA FRANCOPHONIE À RÉINVENTER 1.Ecrivains et intellectuels doivent s’impliquer JEAN ROYER LA FRANCOPHONIE est un concept à réinventer et a réinvestir de ses réalités culturelles.Il revient aux écrivains et aux intellectuels de ne pas tourner le dos au politique et de s’y impliquer, pour réaliser une véritable francophonie.Ce souhait sert de conclusion au colloque qu’organisait, le week-end dernier, l’Académie canadienne-fran-çaise avec la collaboration des associations d’écrivains du Québec, soit le Pen Club, l’Union des écrivains et la Société des écrivains.Ce colloque, qui se tenait dans les Laurentides, n’a pas attiré une participation nombreuse et active d’écrivains (une trentaine) mais il a donné lieu à des communications qui ont fait le tour de la question.Y aurait-il deux francophonies ?Celle des politiques et celle des intellectuels ?Faut-il parler de l’ancienne et de la nouvelle francophonie ?Faut-il la définir de Paris ou de la périphérie ?La francophonie est-elle une notion dépassée ?Ne faut-il pas réinventer la francophonie en l’investissant de ses réalités culturelles diverses ?Les écrivains ont voulu affirmer une redéfinition de la francophonie en signant une résolution qui, à la veille du second sommet francophone de septembre 1987 à Québec, incite les divers niveaux de gouvernement à « renforcer leurs appuis structurels et financiers aux organismes qui oeuvrent dans le domaine de l’information, de la diffusion et de la circulation des auteurs et des oeuvres au sein de l’ensemble des pays, États et régions de cet ensemble de langue française ».Les écrivains « appuient tout particulièrement les priorités des organismes qui ont actuellement, en Amérique et en Afri- Photo Jacques Grenier M.Denis Héroux.que, le besoin le plus pressant d’instruments de développement qui visent à réduire les inégalités criantes ».La pratique d’une francophonie politique qui ne tienne pas assez compte de l’ensemble des réalités et des disparités, économiques et culturelles, a fait l’objet de nombreuses critiques et démonstrations convaincantes, tout au long du colloque.On souhaitait « éclairer la nature des liens qui relient la culture québécoise aux autres cultures francophones dans le monde », selon l’invitation de l’Académie.Le colloque Le dernier Hergé Suite de la page C-1 leurs bleu pervenche et vert pastel, on trouve deux cahiers de travail.À gauche, un cahier avec la transcription des dialogues des 42 premières planches.À droite, une merveille : une tablette à dessin qui reproduit ces 42 planches initiales de la main d’Hergé.Des esquisses déjà divisées en cases, à l’occasion un crayonné quasi définitif.Les personnages sont dessinés à la va-vite, on retrouve des traits de couleur ici et là, et puis, partout, des notes de la main d’Hergé, où il s’interroge sur la valeur de telle case, teste des noms de famille, résume l’action, hésite, reprend, recrée sans cesse.Notre ville a même droit à une mention : la marge de gauche d’une des planches porte cette inscription rapide : « Montréal next ».Hergé, rêvassant sur sa table à dessin, pensait à son « musée imaginaire » qui allait bientôt passer par le Québec.Cet album est extraordinaire à plus d’un titre.Il s’agit, d’abord, d’une succession de petits dessins malhabiles, de petites têtes rondes proches du dessin d’enfant, alors qu’Hergé incarnait pourtant la perfection d’un univers graphique unifié et sans cesse repoli (il a retravaillé tous ses anciens albums pour donner à l’ensemble une cohérence intemporelle).Et puis, Hergé représentait la perfection de cet art qui tient son équilibre dans les rapports entre le texte et l’image, mais L’Alph-Art est l’album le plus éclaté et le moins représentatif de toute l’histoire de la bédé : le texte et l’image y sont présentés en deux mini-albums séparés.C’est aussi la première fois qu’on pénètre aussi loin dans l’intimité de son geste créateur, lui qui avait toujours jalousement protégé des croquis qui auraient atteints des chiffres faramineux sur le marché de l’art.Et puis, c’est le seul album de Tintin qui sera éternellement ouvert vers l’inconnu.Car il se termine abruptement, en pleine action, à la 42e page, alors qu’un album habituel en comporte 62.D’après ce qu’on peut en juger, il s’agissait d’une histoire policière, où un enchaînement compliqué d’événements menait Tintin sur un île en face de Naples, repère d’un réseau de faussaires dans le monde de l’art.On y croise la Castafiore, l’émir Ben Kalish Ézab qui veut construire dans son Khemed natal un musée d’art qui ressemblera à une raffinerie (« pour rester dans l’esprit de Beaubourg »).On y aurait rencontré de nouveaux personnages, tel ce Ramo Nash, peintre d’art moderne spécialisé dans l’« alph-art » (Haddock lui achète une sculpture représentant la lettre H.« Ça sert à quoi ?», lui demande Tournesol.« À rien, c’est de l’art », répond le coloré capitaine).Et puis, un mage mystérieux, Endaddine Akass, qui donne des conférences sur la conscience spirituelle tout en coordonnant la production de faux tableaux.La 42e planche comporte seulement quatre cases en haut de page.Dont ce dernier dialogue : « En avant », prononce un agresseur de Tintin en lui pointant un revolver dans le dos, « l’heure a sonné de vous transformer en César ».Vous y verrez le symbole que vous voulez.Pour ma part, c’est plutôt le reste de la page qui me hante.Blanche, tellement blanche, silencieuse à jamais.m 4474, rue Saint-Denis 844-2587 Ü ?René Lévesque rég.l»’*11 Champiôny aura réussi à faire voir que le Québec, comme d’autre groupes francophones, doit améliorer la qualité de sa présence culturelle auprès de la francophonie, et particulièrement chez les communautés voisines de cette terre d’Amérique.Posant l’état de la question, Fernande Saint-Martin a fait valoir que la francophonie met à contribution une langue commune mais aussi des cultures diverses.Pour elle, la francophonie ne se pratique pas à sens unique, comme l’ont fait le gouvernement canadien et l’Académie française dans cette histoire de Prix de la francophonie dont les seuls juges sont à Paris.Nous n’avons pas que des dollars à offrir à l’étranger.Il existe ici un dynamisme culturel, une maturité et une assurance qui donnent voix au chapitre.Rappelant la visite de Maurice Druon, Mme Saint-Martin a contesté cette décision de ne confier qu’à une institution parisienne le jugement sur la valeur des productions littéraires de la francophonie.La francophonie ne se définit plus par les « parlant français » mais par la culture.Dans la mémoire commune se révèlent des histoires culturelles diverses.Ainsi, la mémoire de la francophonie est-elle de moins en moins commune, comme l’a démontré la conférencière.« L’accélération de l’information culturelle aujourd’hui rend chaque jour plus différents les uns des autres les “parlant français” de l’Hexagone et ceux qui vivent dans la francophonie périphérique.Les incompréhensions que provoquent ces décalages culturels entre la France et le Québec expliquent, sans nul doute, la difficulté qu’éprouvent les artistes et les écrivains québécois à percer “le mur du son français”.« Mais il faut être confiant qu’un jour cette différence que nous incarnons, nous Québécois, ne sera plus perçue par les autres comme un simple exotisme folklorique, mais une contribution véritable à la communauté francophone, comme à la communauté tout court », a conclu Mme Saint-Martin.En attendant, les liens qui unissent Québec et Paris doivent surmonter des barrières presque infranchissables, comme l’ont démontré le producteur de cinéma Denis Héroux et l’éditeur Yves Dubé.À cause de la rigidité du marché français, les alliances deviennent difficiles.Par une méconnaissance réciproque des cultures et une non-circulation des oeuvres, la francophonie est difficilement pratiquable, notent les écrivains Lise Gauvin et Michèle La-londe.Selon Denis Héroux, pour dépasser des obstacles techniques insurmontables, il faut se montrer de plus en plus original, viser une multiplicité de médias et tenir compte des divers axes de la réalité internatio- JACQUES BRAULT Prix David 1986 Sois P>|S |V> „ ! Æy jÿ8S>«“‘ 2 s BIENTÔT EN LIBRAIRIE OUVRAGES DE BIBLIOPHILIE: (chez l'éditeur) Vingt-quatre murmures en novembre, avec des eaux-fortes originales de Janine Leroux-Guillaume • Ductus, calligraphie et gravures originales de Martin Dufour ÉDITIONS DU DISTRIBUTION EN LIBRAIRIE Prologue ?975 rue Sarteion Ville Sami Laurent Que H4R 1E6 332 5860 I 800-361-5751 NOROIT Case postale 244 Saint-Lambert (Québec) J4P 3N8 M.Paul-André Comeau.nale.Pour Yves Dubé, les difficultés que rencontrent les éditions nationales sur leur propre terrain les empêchent de se rencontrer sur celui de la francophonie.Une solution pour favoriser la circulation des oeuvres reste celle de la coédition.D’autre part, il est souhaitable que les artisans du prochain sommet francophone choisissent de promouvoir la culture et la littérature plutôt que le seul échange d’ordinateurs ou de plaisirs gastronomiques ! Mais, pour comprendre les difficultés d’une francophonie culturelle, il faut en connaître les origines politiques.Paul Beaulieu, ancien diplomate, et Paul-André Comeau, rédacteur en chef du DEVOIR, ont fait voir l’évolution de cette institution nommée francophonie.M.Beaulieu a retracé l’histoire de l’idée de francophonie, déterminée d’abord par un certain esprit humaniste des Africains.Définie par Senghor, puis par Bourghiba qui y ajouta l’idée du respect de la souveraineté des peuples participants, la francophonie est devenue une institution internationale.Rappelant la création de l’Agence de cooopération culturelle et technique, puis celle de l’Aupelf, M Beaulieu a vanté les mérites des diverses organisations et, surtout, noté la riche contribution des intellectuels québécois à cette francophonie internationale dont Jean-Marc Léger a été l’un des inspirateurs, par ses articles dans LE DEVOIR des années 1960.Aujourd’hui, a conclu M.Beaulieu, nous assistons à la politisation de la francophonie.L’idée d’un Commonwealth francophone exige une par- ticipation accrue des organismes non gouvernementaux, tant des peuples africains, asiatiques et européens que des communautés francophones nord-américaines.C’est un défi de taille, a lancé l’ancien diplomate.De son côté, le rédacteur en chef du DEVOIR invite les écrivains et intellectuels à se préoccuper de façon pressante et réaliste de la francophonie, afin de prévenir des situations comme celle d’un Prix littéraire de la francophonie régi par la seule Académie française.M.Comeau souligne qu’il ne faut pas considérer la francophonie sur le seul plan culturel.Il retrace le cheminement politique de cette nouvelle entité en examinant de plus près le triangle Québec/ Canada-France et Afrique francophone.« Paris demeure toujours le centre du fait français, mais il ne le résume plus tout à fait », note-t-il.Il y eut l’étape du Père Noël d’Amérique en Afrique, puis les turbulences de la guerre des drapeaux entre Ottawa et Québec, jusqu’à la pacification des capitales.La francophonie s’est définie autour des af firmations politiques avant que ne se précisent les rôles respectifs des acteurs du triangle originel.Avec la création de l'Agence de coopération, puis la tenue du premier sommet, le contexte est devenu éminemment politique.Ce que dit bien la répartition des projets entre les partenaires de ce nouveau dialogue Nord Sud, conclut M.Comeau.« La francophonie institutionnelle est lancée.Il ^ SOMMAIRE 3 ti ¦ IawIa CD O GC h- ?Alain Laframboise Vérité dans le/du texte.Marcelin Pleynet Postes frontières Bernard Beugnot Les soupirs de la mémoire: Venises textuelles André Gervals Six barefootnotes René Payant De l’iconologie revisitée — Les questions d'un cas André Martin futour de la disparition LE CABINET DES MERVEILLES Gisèle Prasslnos Les mots disparus (extraits) ORPHEUM Marc Hyland A David Jean-Paul Daoust Des ongles Gloria Escomel Le temps sans mémoire Antonio D'Alfonso Parlons un peu de ma famille Jovette Marchessauît Des cailloux blancs pour des forêts obscures (extraits) EX LIBRIS UT PICTURA POESIS Mona Latlf-Ghattas, Louise Maheux-Forcier, André Roy En vente chez votre libraire Tél.: 729-3300 Abonnement: Éditions Trois Tél.: 663-4028 m\L t, m 1 reste à concrétiser dans des projets ce qui a nourri l’Agence depuis des décennies.» De plus, ajoute M.Comeau,
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.