Le devoir, 14 novembre 1987, Cahier D
LE LE LE LE LE ELAgîE des FLÆSm vies anniversaire Montréal, samedi 14 novembre 1987 SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Le Montréal de Michel Tremblay Un parc, quelques rues et deux quartiers ROBERT LÉVESQUE fil' # jstr-s» * «#» %¥41* - / 1 ’*?» ^85 T .3»*.* i.„4 .,Vfc-, .V" îîfi v'" mm Montréalais, Michel Tremblay ?Comme un chat peut l’être.L’auteur des Belles-soeurs, telle la plus petite des poupées russes, habite son Montréal dans d’autres Montréal qui forment un grand Montréal.Sa ville c’est d’abord une ruelle du Plateau Mont-Royal, le parc Lafontaine, le souvenir du p’tit char 52 qui l’amenait voir Y Hollywood Ice Review au Forum, à peine la Main plus imaginée que foulée, sa table de travail, puis la belle ruelle derrière chez lui à Outremont.Il serait le pire guide touristique qui soit.Il ne connait pas trois bars, et ne voit jamais le ciel de nuit.Il se perdrait dans les Ahuntsic et autres pays étrangers.Il va dans le Vieux-Montréal comme on va à Québec.Comme un chat, il ne connait, mais fort bien, que ses traces dans son Montréal à lui.S’il va au carré Saint-Louis, l’Hôtel de l'Institut lui soulève le coeur, mais jamais, au grand jamais, il ne parlerait contre Montréal et irait vivre ailleurs.« La première fois que je suis sorti de Montréal, me raconte-t-il dans un café désert de la rue Bernard, c’est pour aller au Mexique écrire La duchesse de Langeais.C’était en 1968, j’avais 26 ans.Les 26 premières années de ma vie, je n’ai jamais quitté Montréal, sauf pour trois jours d’affilée quand nos parents nous amenaient en Gaspésie.Je suis tout à fait Montréalais ».Mais Montréal ne s’est pas tout de suite imposé à lui.« J’ai passé une adolescence d’écrivain anormal, en ce sens que, jusqu’à 23 ans, jusqu’aux Belles-soeurs, j’écrivais des choses qui se passaient partout, sauf ici, par une espèce d’auto-colonialisme.Et j’ai découvert tard qu’il fallait que je parle de Montréal, ça s’est fait avec les Belles-soeurs.Sauf à 16 ans, j’ai écrit un roman de 26 pages qui s’appelait Les loups se mangent entre eux (rires), mais j’habitais le Plateau et ça se passait dans le méchant Outremont! ».J’ai dit à Brassard que j’essaierais de transcrire la langue qu’on parlait.Le déclencheur ?« Ça pas été Montréal comme tel, c’est plutôt cet après-midi de 1965 où Brassard et moi on a vu un film québécois qu’on a haï.On s’est rendu compte que personne au monde ne parlait la langue de ce film-là.J’ai dit à Brassard que j’essaierais de transcrire la langue qu’on parlait.et cette langue était tellement montréalaise que sans l’avoir choisi j’ai charrié Montréal ».« De 1965 à 1977, j’ai écrit du théâtre qui se passait dans cette ville-là, sans jamais décrire la ville elle-même.Les descriptions ne sont arrivées qu’avec mes romans, avec La grosse femme d’à côté est enceinte ».Michel Tremblay est né au 4690 Fabre en 1942.En 1951, la famille déménage au coin de Cartier et Mont-Royal.Il a 9 ans.En 1963, à 21 ans, il suit la famille rue De Lorimier au coin de Masson.Il y restera jusqu’en 1968.C’est l’époque où il écrit les Belles-soeurs sur son temps de travail, la nuit, dans une imprimerie du coin Wolfe-Lagauchetière.À $4.50 de l’heure.« À cette époque-là fia rue Fabre), Montréal était divise en quartiers beaucoup plus que maintenant.Comme un quadrillé.J’ai jamais su qu’il y avait des Anglais dans mon bout, alors que Maureen Forrester vivait dans la même rue que moi, plus haut que Gilford.Dans mon coin, on était relativement choyés, le Plateau c’était pas la grande pauvreté, qui se trouvait dans le faubourg à m’iasse puis la rue Ontario en bas du parc Lafontaine».« À 9 ans, mon père m’a amené au Forum pour une partie de hockey.Ça été la grande déception de sa vie, parce que je me suis endormi! Et puis dans le temps des Fêtes, c’était pas chez Eaton qu’on allait, c’était chez Dupuis Frères.Je sortais très peu du milieu francophone.Pour moi, Montréal ça finissait rue Saint-Denis.Quand j’étais enfant, mes frères m’avaient fait croire que la ruelle dans laquelle je jouais, derrière Gilford, entre Papineau et Bré-beuf, menait au bout du monde.Je l’ai cru jusqu’à 6 ans.Je disais à mon frère de m’emmener en bycicle jusqu’au bout du monde, il me plaçait sur la barre, il allait à Brébeuf et revenait : j’étais allé au bout du monde! ».Ce qui me faisait suer, c’est qu’il y avait un parc pour les gars et un pour les filles.Et puis, il y eut le parc Lafontaine.« Le parc Laurier, plus proche de chez nous, c’était une punition, et le parc Lafontaine une récompense.Laurier n’avait pas de balancines, comme on disait.Aller au parc Lafontaine, c’est parmi les grandes émotions de mon enfance.Parce que j’y allais presque toujours accompagné de ma cousine Lise ou ma cousine Hélène, mes frères étaient trop vieux, donc c’est les filles qui me gardaient.L’été, presque tous fes jours, ma cousine m’amenait au parc.Le parc était plus campagnard que maintenant ».« Le pavillon-restaurant a été construit dans les années cinquante.Avant, le pont qui traverse le lac était en ciment et imitait une clôture de bois.Et là où est le théâtre de verdure, était le zoo, très mal entretenu ; un ours, un renard, trois tortues, ça sentait le diable! Ce qui me faisait suer, c’est qu’il y avait un parc pour les gars et un pour les filles.J’hais-sais celui des gars parce qu’il y avait des barres parallèles, trois balançoires, et que ce que j’aimais c’était jouer dans le sable, pis le tourniquet, pis les balançoires hautes qui étaient dans le parc des filles.Plus vieux, j’y allais la nuit, j’ai eu mes premières relations sexuelles là ».Le parc Lafontaine, c’est aussi la première pièce de théâtre.« Ce que je connaissais du théâtre, c’était le mercredi soir quand j’avais la permission de me coucher plus tard pour écouter le Théâtre Ford à la radio, puis en 1952 quand la télévision est arrivée, avec les téléthéâtres.Mais au parc Lafontaine, ça été un choc.J’avais 14 ans.Grimpé sur une clôture, j’ai vu le spectacle de Paul Buissonneau, La Tour Eiffel qui tue, tout le décor était fait de séchoir à linges.une telle invention, c’était une révélation.J’ai pensé que c’était ça le théâtre, longtemps, près des enfants, avant de voir des choses comme le Cid».« Je me rappelle de quelques excursions vers l’ouest.J’avais vu un Photo Jacquet Grenier grand musicien au His Majesty’s, qui s’appelait Blackstone et qui avait 80 ans; j’étais allé au Forum voir Barbara Ann Scott dans Y Hollywood Ice Review, mais c’était ailleurs! J'y allais parce que ma mère savait que le p’tit char 52 m’amenait directement, par la rue Mont-Royal, la rue Saint-Laurent vers le sud, la rue Sainte-Catherine vers l’ouest jusqu’à Atwater.S’il n’y avait pas eu un tramway direct, je n’y serais jamais allé ».La « Main », Tremblay ne la fréquentait pas.« La main que j’ai décrite est une main d’imagination.J’ai puisé dans ma mémoire collective personnelle.Les seuls travestis que je connaissais, au début des années 70, c’était Sexy Daniels et Belinda Lee, qu’on voit dans II était une fois dans l’Est.J’ai jamais mis les pieds sur la main, sauf pour un anniversaire de vie artistique d’Alys Robi.J’ai une cousine qui a été waitress au French Casino durant des années (elle est devenue Thérèse), et qui habitait la même maison que ma famille, rue Fabre, et j’ai probablement compris beaucoup de choses avec elle.La main des années 50 était la seule porte ouverte à la femme qui voulait pas être la maman, ni la religieuse, et qui devenait pour les autres la putain.On aboutissait là, ou on commençait par là, dans l’espoir d’aboutir ailleurs, mais c’est un cul-de-sac la main».«J’ai parlé delà main pour cerner des problèmes d’identité, j’ai créé des gens qui se déguisent, comme si tout ce peuple n'avait pas le droit d’ê tre lui-même II fallait qu’ils s’imaginent qu’ils sont autre chose pour pouvoir survivre.Le problème c’est que la main est une fin en soi dans la culture des autres, c'est la liberté avec menottes».Ensuite, il y a le monde d'Outre-mont.« Pour moi.Outremont c'est une autre ville, lin monde qui m’a d’abord fait peur.J’ai écrit /,7m-promptu d'Outremont en réaction à un retour de la droite vers 1979.J’ai imaginé ces 4 femmes à qui la culture échappait après leur avoir appartenu.Mon Outremont est plus réaliste que ma main.J’y habite depuis longtemps, j’ai saisi ce genre de choses-la ».D'autres coins de Montréal l’ont inspiré ?« Non, je ne suis pas un visiteur de ma ville, je suis comme un chat, je retourne aux mêmes en- Voir page D-3 : Tremblay Invité d’honneur Depuis la création des Belles-Soeurs en 1968, au théâtre du Rideau Vert, Michel Tremblay domine le théâtre québécois tout en s’imposant comme romancier, traducteur, adaptateur et scénariste.Plusieurs pièces de Tremblay ont été acclamées à l’étranger, notamment Bonjour là.bonjour à New York, î en 1980 et à Tokyo, en japonais, en 1981, ainsi que Les Belles-Soeursk Chicago en 1982.On a monté ses pièces dans de nombreuses villes du Canada et des États-Unis, ainsi qu’en G rande-Bretagne, en Belgique, en Australie, en Hollande, en Italie, en Suède, au Zaïre, en Finlande, en Allemagne, au Vénézuela et au Brésil.Presque toutes ont été publiées en anglais, comme l’ont été les deux premiers tomes de ses Chroniques du Plateau Mont-Royal et les Contes pour buveurs attardés.Outre son succès sur la scène internationale, Michel Tremblay jouit d’une reconnaissance exceptionnelle du Québec.Son dernier roman, Le Coeur découvert, s’est inscrit rapidement à la liste des best-sellers et toute création d’une nouvelle pièce de théâtre avec son complice, le metteur en scène André Brassard, est attendue impatiemment tant par le public que par la critique.L’oeuvre de Michel Tremblay comprend dix-huit pièces de théâtre, deux comédies musicales, sept romans, un re-; cueil de contes, cinq scénarios de films, dix traductions ou adaptations d’auteurs étran-| gcrs, ainsi que les paroles i d'une douzaine de chansons ! pour Pauline Julien, Renée Claude et Monique Leyrac.L'équipe de rédaction du Devoir vers 1944 * ’?I lï'T 11 i ! CLh % H i Blizzard sur Québec Quand Alice Parizeau imagine une tentative de corruption au DEVOIR LE DEVOIR publie quelques pages inédites de Blizzard sur Québec, le dernier roman d'Alice Parizeau.La scène se passe justement.au DEVOIR, durant la seconde guerre mondiale.Éditions Québec/Amérique.Quand il arriva au journal, la salle de rédaction était vide.Assis dans son coin, une bouteille de bière sur son bureau, Ernest dactylographiait un texte sur sa vieille Remington plus usée que toutes les autres.Il tapait avec deux doigts, les yeux fixés sur les touches et, selon son habi- tude, il avait son chapeau sur la tête, à cause des courants d’air, comme il disait, mais en fait pour cacher sa calvitie.— Te voilà enfin, dit-il, ce n’est pas trop tôt.Ta tante Lucie veut te voir ce soir.Elle vient de téléphoner.Pierre lui tendit la grande enveloppe soigneusement scellée.Brouillon, Ernest Rouleau la déchira sans faire attention et plusieurs billets de banque tombèrent sur le plancher.Pierre se pencha et les ramassa, tandis qu’Ernest continuait à lire sa lettre en ne faisant pas attention à lui.— Pose-ça là ! dit-il finalement.— Vous n’allez pas vous laisser acheter ?— Cette affaire ne regarde que moi.Va-t-en ! Fous le camp ! Pierre recula, surpris par sa violence.Jamais il ne l’avait traité de cette façon auparavant.— Vous savez, dit-il, les quatre manifestants qui ont cassé la vitre à la résidence de Holt ont été condamnés à la prison.Aucun journal n’a voulu en parler.Ce n’est pas honnête.— Honnête, honnête, tu n’as que ce mot-là à la bouche, maugréa Ernest.Forcément, tu peux te le permettre, tu n’as rien et tu es assez jeune pour espérer qu’un jour tu auras tout.Mais moi, Ernest, je n’ai plus les moyens d’espérer.Je suis fatigué, je suis usé, mes rêves sont morts et en matière d’avenir il ne me reste plus grand-chose.Ma vieille mère compte Voir page D-12: Parizeau FRa^sacau -àssàtk '«w»tiw FRANÇOISE SAGAN SARAH BERNHARDT Le rire incassable Un portrait bouleversant, un délicieux, un émouvant dialogue de femmes.246 pages 14,95 $ VIENT DE PARAÎTRE EDITIONS ROBERT LAFFONT EN VENTE CHEZ VOTRE FOURNISSEUR margarct atwood MARGARET ATWOOD LA SERVANTE ÉCARLATE Une vision cauchemardesque d'un futur proche post-féministe.362 pages 19,95$ D-2 ¦ Le Devoir, samedi 14 novembre 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR A N NI V r R $ A 1 R E YVES MARGRAFF PARIS — Soixante-cinq ans après sa naissance à Manosque, Pierre Magnan vit, de toute évidence, heureux et serein, un peu plus au nord et un peu plus haut, au lieu dit Le Revest-Saint-Martin.Quelques kilomètres le séparent de Forcalquier, chef lieu d’arrondissement de 3,500 habitants, où il aime à se rendre, quotidiennement, « faire un tour d’horizon avec quelques amis».Face à son pigeonnier de Haute-Provence qu’il habite avec sa femme, deux chats et un chien trouvé; 60 km d’un paysage rude et attachant de garrigue parsemée de chênes tordus, et une cinquantaine d’oliviers plus proches, aussi méritants que lui, qui les exploite.« En réalité, c’est plutôt eux qui m’exploitent », précise-t-il dans un grand éclat de rire.« Ils me donnent beaucoup de tintouin ! Leur huile me coûte probablement trois fois plus cher que dans le commerce.Mais en-fin, elle me permet de faire, aux amis fidèles, un cadeau qu’ils semblent vivement apprécier.» En arrière plan, la montagne de Lure culmine à 900 mètres et influence largement un climat aux importantes sautes de température : « Même en ce début d’automne, nous pouvons très bien subir zéro degré la nuit, et 18 ou 20 dans l’après-midi », moment qu’il choisit volontiers pour faire de grandes promenades dans kmmm ¦ y- *•.—t— iNÂM MT flFNOFf ! Vf OMRF Magnan ntnvtn roman ts courriers de la mort Denoël Deux grands succès de Pierre Magnan.Invité d’honneur Pierre Magnan est né à Ma-nosque, dans les Alpes de Haute-Provence, le pays de Jean Giono dont il fut d’ailleurs l’ami.Autodidacte, il a quitté l’école à l’âge de 12 ans pour devenir typographe mais, toute sa vie, il a beaucoup lu.Vers l'âge de 20 ans, il écrit L'Aube insolite (1946), Le Monde encerclé (1949).Après un hiatus de 25 ans, où il vit à Nice et occupe divers emplois, il revient à Manosque et retrouve l’inspiration, dans un pigeonnier à trois niveaux, d’où il peut voir tout le bassin de la Durance.Récipiendaire de nombreux prix, Pierre Magnan a publié notamment Le Sang des Atrides, Le Secret des Andrônes.Le Tombeau d'Ilélioset Le Commissaire dans la truffière entre 1973 et 1983.En 1984, s’inspirant d’un fait divers des années 20, l’affaire Gaston Dominici qui a eu lieu dans la région de Durs, il écrit La Maison assassinée.Les critiques sont unanimes.Les lecteurs sont conquis.Il obtient le prix RTL grand public 1984 et le Prix Mystère de la critique 85.Le dernier ouvrage de M.Magnan a pour titre La Naine publié chez Denoël.Magnan: un créateur virtuose de personnages d’exception ce décor tourmenté comme ses personnages.Quand il a besoin d’exercice plus violent ?« Je fais du bois », dit-il fièrement.« On me livre, en grande quantité, du hêtre et du chêne que je débite, que je scie, que je fends .» Et on l’imagine très bien réveillant la quiétude des lieux à grands coups de cognée et de « han » convaincus et satisfaits.C’est en 1946 que Pierre Magnan publie son premier livre (« L’Aube insolite », chez Julliard).Il l’avait écrit dans un maquis, où, réfractaire au SIO (*), il s’était réfugié durant la guerre.Viennent ensuite « Lignes de force » (Julliard 1947), « Le Monde ensorcelé » (Julliard 1949), « Périple du cachalot » (Eynard, Suisse, 1950).Puis le silence.Un long silence.« J’en avais écrit d’autres, plusieurs autres.Mais, visiblement, les éditeurs n’étaient pas tentés.» En 1976, alors qu’il gagnait sa vie dans une entreprise de transport, le chômage économique lui sera l’occasion d’un nouveau départ.« Il faut dire qu’à l’époque, un chômeur pouvait prétendre, durant 11 mois, a des indemnités représentant 90 % de son dernier sa-laire.» Pierre Magnan, résolu, en profite et, croyant pouvoir ainsi toucher un plus large public, il commet un « polar ».C’est « Le sang des Atrides » qui lui vaut le « Prix du Quai des Orfèvres» en 1978.-Vous croyez aux prix littéraires ?-Pas du tout.C’est si vrai qu’au lendemain du prix, mon nom était aussi inconnu que la veille, bien que « Le Sang» ait été tiré à 100,000 exemplaires qui se sont finalement bien vendus en un an.Son éditeur de l’époque, Fayard, publiera pourtant, dans la foulée, un autre roman policier, « Le commissaire dans le truffière » qui vaudra à Magnan, quelques années plus tard, le « Prix du meilleur roman étranger » publié en.Suède.(Denoël, 1984), il décroche un autre prix, particulièrement populaire et « porteur » celui-là, le « Prix RTL Grand Public »(*?).« Les courriers de la mort » paraissent également chez Denoël, en février 1986, puis, ce printemps, Pierre Magnan change délibérément de genre et publie « La Naine ».L’auteur n’hésite pas à déclarer : « Avec ce livre, j’ai sans doute perdu la moitié de mes lecteurs.» Il espère toutefois en avoir gagné d’autres qui auront découvert, dans cette oeuvre forte et très littéraire, le véritable Magnan profond.« Au début, je croyais faire biographique.Au bout de 40 pages, pourtant, j’ai commencé à mentir.J’ai forgé de toutes pièces l’histoire de personnages qui ont cependant emprunté les traits physiques d’êtres qui ont existé.» Si ses personnages, comme il le dit en avertissement, sont « dénués d’imgination », on n’en peut dire autant de l’écrivain.Tous sont fascinants, à commencer par cette naine qui exerce sur l’enfant narrateur une attirance-répulsion nullement contradictoire.Pour le garçon, c’est l’été de ses 14 ans.Pourquoi l’avoir appelé Jean Chrisosthome ?« Tout simplement parce qu’il a une bouche d’or.Il parle des choses avec la plus grande simplicité, sans aucune circonlocution.» C’est vrai qu’il est « nature », le jeune apprenti typographe.C’est presque gentiment qu’il glisse son re- gard curieux sous les jupons des dames avant que d’aller, pudiquement, sacrifier au culte d’Onan.« J’étais en pleine écriture de « La Naine », Tannée dernière, alors qu’on m’avait déjà invité au Salon du livre de Montréal.Mais je ne voulais pas briser la tonalité.Un livre a besoin d’un tempo.Si on le perd, il est toujours possible d’en retrouver un autre, mais ce n’est jamais le même.» Il y va, cette année, comme on entreprend un très grand voyage.D’autant que, l’idée de prendre l’avion lui faisant horreur, il traversera l’Atlantique en paquebot.(Comme c’est joli sa manière ensoleillée de dire « pâ queubeau » ! ).U pose une question, légèrement inquiète, sur ce qu’on lui servira à manger.Car il a l’habitude, et le goût, d’une cuisine très simple.Il est curieux de tâter du .sirop d’érable ! i Quand on lui parle de Giono, à qui on Ta souvent comparé, Magnan ne montre aucun agacement, au contraire.« C’est toujours flatteur d’être comparé à un écrivain universel », dit-il.Mais il estime qu’il y a « malentendu ».Et avec une modestie qu’explique sans doute son volontaire éloignement des salons citadins, il affirme que « le vocabulaire de Giono est cent fois plus étendu » que le sien, que « sa palette est bien plus riche ».Ah, ces méridionaux, faut toujours qu’ils exagèrent ! (?) — Service du travail obligatoire, imposé aux jeunes travailleurs des pays occupés dans les usines allemandes.(*?— Première radio commerciale de France, RTL charge, chaque année, ses auditeurs d’élire le livre qu’ils ont préféré.Del Castillo: invité spécial Michel del Castillo Le Salon du Livre de Montréal reçevra aussi un invité spécial, l’écrivain franco-espagnol Michel del Castillo.Né en août 1983 à Madrid de père français et de mère espagnole, Michel del Castillo a obtenu, dès son premier roman Tanguy publié en 1957, un succès important qui depuis ne se dément pas.Prix des libraires en 1973 pour Le Vent de la nuit, il obtient en 1981, le prix Renaudot pour La Nuit du décret.L’auteur de La Guitare et.de La Gloire de Dina, vit, retiré, dans le sud-ouest de la France où il construit, de livre en livre, une oeuvre marquée d’un univers envoûtant.Son plus récent roman, Le Démon de l’oubli.vient de paraître aux Éditions du Seuil.Avec « La Maison assassinée yÉ) Pierre Magnan Encore une fois NDLR : Les rubriques régulières du PLAISIR DES LIVRES (les best-sellers et les recensions) sont regroupées, cette semaine, à partir de la page D 13.LA s COULEUR v DU SANG \ Robe Noire (du ‘fysemi) Brian 14.95 MOORE Découvrez les deux LIBRAIRIES CHAMPIGNY DU SALON DU LIVRE.CLUB DES MASQUES FAYARD GRASSET HACHETTE J.C.LATTÈS LIVRE DE POCHE MARABOUT MAZARINE STOCK STANDS 203 À 207 ALBERT RENÉ BERLITZ BOURGOIS BRETÉCHER 10/18 FLEUVE NOIR G.P.ROUGE ET OR JULLIARD PERRIN PLON PRESSES DE LA CITÉ PRESSES-POCKET QUÉBÉCOR STANDS 3S2 À 356 CHampigny Librairie Champigny inc 4474, rue Saint-Denis Montréal (Qué ) Livres Toundra nous offre deux des plus beaux livres pour enfants publiés cette année en Amérique du Nord.Les Québécois peuvent en être fiers, car les deux livres sont d’artistes montréalais.ANNABEL LEE Edgar Afian Pne Stéphane Ma «armé G«ks TS» Annabel Lee, poème d’Edgar Allan Poe, traduit par Stéphane Mallarmé et illustré par Gilles Tibo Ce poème dEdgar Allan Poe sur l’innocent amour de deux enfants est l’un des plus beaux de toute la langue anglaise, et il en sort une musique comme rarement les mots savent en offrir, et la traduction de Mallarmé respecte toute cette beauté.Dans une série d’illustrations aussi belles que le poème lui-même, Gilles Tibo en a situé le décor dans la Gaspésie des années 1930.Il nous entraîne dans son propre univers en peignant avec force et poésie ces grands espaces où le ciel et la mer se confondent sur la ligne d’horizon.Les 13 tableaux sont vraiment extraordinaires.Uété dernier, à la Conférence des bibliothécaires américains à San Francisco! 200 visiteurs ont fait la queue pour se procurer des exemplaires de ce splendide livre.Relié: 19,95 $ (Aussi offert en anglais.) Peux-tu attraper Joséphine?de Stéphane Poulin Pour son premier livre sur Joséphine.Stéphane Poulin a reçu le Prix de littérature de jeunesse du Conseil des Arts, ce qui lui valu d’être invité à parler à des enfants d’aussi loin que Vancouver.Cette fois-ci, la chatte espiègle entraîne le petit Daniel dans une autre joyeuse chasse à travers une école de l’est de Montréal, au grand plaisir des élèves.Quand la poursuite prend fin - chez la directrice, comme toutes les grandes aventures du genre - , les surprises se succèdent et nous révèlent, en plus du superbe talent d’illustrateur de Poulin, sa nature créatrice et spirituelle de conteur.13 illustrations pleine couleur.Relié: 12,95 $ (Aussi offert en anglais sous le titre de Can You Catch Josephine?) J Peux-tu attraper Joséphine?ri .r; «is#*! : Venez rencontrer Stéphane Poulin et Gilles Tibo Salon du Livre de Montréal, stand 414 Samedi 21 novembre Dimanche 22 novembre Stéphane Poulin de 15:00 à 17:00 de 13:00 à 15:00 Gilles Tibo de 13:00 à 15:00 de 15:00 à 17:00 Achetez un album autographié et recevez gratuitement une reproduction à encadrer.Et n’oubliez pas nos autres beaux livres pour enfants : AS-TU VU JOSÉPHINE?, de Stéphane Poulin, relié 12,95 $ AH I BELLE CITÉ / A BEAUTIFUL CITY, un abécédaire bilingue sur Montréal, de Stéphane Poulin, 14,95 $ LE CHANDAIL DE HOCKEY, de Roch Carrier, illustré par Sheldon Cohen, relié 14,95 $, broché 5,95 $ QUÉBEC JE T’AIME /1 LOVE YOU, de Miyuki Tanobe, broché 2,95 $ Publiés par Toundra, ces livres ne sont pas uniquement pour les enfants; ce sont de petites oeuvres d’art que les gens de tous âges peuvent se procurer dès maintenant et chérir longtemps.Livres Toundra Ll-s livres toundra sont distribues au Québec pat Diffusion Lougarou, 4657.bout des Grandes Prairies.Montréal H1R 1A5 Tél (51413261431 S»'0" st»0< LARCHTTECTU COMME OUTIL D’APPRENTISSA DE L’HISTOIRE L’HISTOIRE PAR ’ARCHITECTURE Les éléments d’architecture classique à Montréal pJLoc A\t« /Mendier, D’où proviennent les éléments classiques que nous retrouvons dans notre architecture, (religieuse, domestique, commerciale, eu Comment ces éléments classiques sont-ils arrivés jusqu’à nous/ Spécialement conçu pour les étudiants et abondamment illustré, ce volume exceptionnel renferme des textes historiques, un lexique illustré et dix-sept exercices dont un itinéraire dan: le Vieux-Montréal.Testés pour la plupart dans les écoles, les exercices peuvent être exécutés à la maison, individuellement ou en famille.f-r.gr jn t :.oMonfl' Ctmttent unc «Biche en quatre couleur* de format 16 >32 .45 photographies, 55 Illustrations.19,95 iWéridten iwo ¦ "** »«««.„___ Montréal (Québec) H3H 1ER COITIONS OU MÉRIOIEN TB.: (514) 932-9037 t < Le Devoir, samedi 14 novembre 1987 D-3 Tù) ANMVIISAIIC LE PLAISIR //A-LE PL A 1ST-LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR esj • livres Pour ses dix ans Le Salon fait la fête et se donne un objectif: conquérir les jeunes FRANCE LAFUSTE Le Salon du livre a cette année le coeur en liesse.Après tout, 10 ans d’existence, ça ne se passe pas sous silence.Alors, on se donne des airs pimpants, on rajeunit son image, on s’affiche aux couleurs sucre d’orge du livre-polichinelle qui, sur les posters, nous invite à le suivre Place Bo-naventure.Selon Thomas Déri, directeur général du Salon, l’esprit n’a pas changé depuis 1978, date à laquelle le SalonVéouvrait ses portes après une éclipse de 12 ans.L’événement redevenait la fête culturelle qu’il était dans les années soixante au Palais du Commerce.De 1975 à 1978, on lui avait préféré la Foire internationale du livre, rendez-vous des seuls éditeurs, à l’image de la Foire de Francfort.Le public avait peut-être perçu cela comme une trahison.Il fallait lui redonner la pleine jouissance de l’événement, le remettre en contact avec des ouvrages, des auteurs, des écrivains d’ailleurs et de chez lui, pour que la fête soit la sienne.La formule, elle non plus n’a pas changé ; livres à profusion, spectacles d’animation, tables-rondes, lancements rendront hommage au livre-roi source de connaissances mais aussi divertissement, évasion, rendez-vous secret avec soi-même.Cette année cependant, on se met en frais, on en fait un peu plus que par les années passées, anniversaire oblige.« Le slogan 10e anniversaire marque une certaine continuité des activités du Salon, précise M.Déri, et une expansion certaine, ajoute-t-il, afin d’inciter les gens qui lisent à lire encore plus.» On attendait 50,000 visiteurs en 1978, on en prévoit aujourd’hui 80,000.Il y a 10 ans, le Salon comptait 250 stands.Ils seront 400 de cette année.Côté subventions, les rapports sont inversés.En 1977, le ministère des Affaires culturelles encourageait l’implantation de salons du livre un peu partout dans la province ; celui de Montréal profitait de cet élan de fénérosité : la somme de $ 100,000 lui tait octroyée.Mais aujourd’hui, 4 Tremblay droits.C’est comme si ce que je connais de Montréal m'appartenait à tel point que je peux y régner.Mon Montréal est le même que celui de mon oeuvre, le Plateau, Outremont, la rue Sainte-Catherine, la rue Saint-Denis.Le Vieux-Montréal, pour moi, c’est comme aller à Québec.Je le fais une fois par deux ans.Je trouve ça beau.».La qualité de Montréal ?« C’est un défaut pour d’autres, pour moi j’aime que ce soit une métropole tranquille.Les villes où il faut avoir du fun à tout prix, ça me déprime.Je trouve passionnant que Montréal soit une ville lente.Et Montréal est une ville où je suis quelqu’un, égoïstement; mon chum m’appelle ‘monsieur le curé’ parce que tout le monde me dit bonjour dans la rue.J’ai besoin de ça.Quand je m’ennuie à Paris, je vais au Café de la paix, place de l’Opéra, et je reste là tant que des Québécois ne me saluent pas».Sa rue préférée ?« La plus belle, c’est la ruelle derrière chez nous, derrière Davaar.».D’une ruelle l’autre, des années quarante à aujourd’hui, de l’enfance à la maturité, Michel Tremblay trouvera toujours le bout du monde pas trop loin de chez lui.Il est un piéton artiste.APPRENEZ LANGUIS AVEC LE NOUVEAU «PHOTO DICTIONARY» LE DICTIONNAIRE VISUEL Parfait pour maîtriser la base de l’anglais langue seconde D'UN SEUL COUP D'OEIL Cet outil vous offre POUR SEULEMENT $13.95 • 80 TABLEAUX EN COULEUR de situations quotidiennes • 2000 MOTS ESSENTIELS pour maîtriser l'anglais • 80 EXERCICES • UN INDEX ALPHABÉTIQUE ET GRAMMATICAL Déjà populaire dans le milieu scolaire, LE PHOTO DICTIONARY est un cadeau de Noël idéal pour toute la famille.PRÉSENTATION AU SALON OU LIVRE Place Bonaventure, kiosque 516A.du 19 au 24 novembre Disponible dans toutes bonnes librairies ou à la: LIBRAIRIE DIDACTA 2155 Guy / nord du métro Guy Montréal, Qué COMPOSEZ LE (514) 931-0707 pour les commandes téléphoniques cartes de crédit acceptées frais de transport en sus P bi même si le budget a augmenté, il faut faire avec $ 20,000 de moins.Des bouquins et des périodiques, il y en aura cette année plus de 80,000 : de la science à la religion, du livre d’art à la bande dessinée, de l’essai politique au romcn historique.Quant aux invités d’honneur et aux invités spéciaux étrangers, ils s’ap-ellent Henri Laborit, chirurgien et iologiste français, Pierre Magnan, Prix Mystère de la critique 85, Michel del Castillo, Prix Renaudot pour La Nuit du décret en 1981.Mordecai Richler et Michel Tremblay sont les invités d’honneur québécois.L’anglophone et le francophone ont tous deux, à leur façon, contribué à faire connaître Montréal un peu partout dans le monde.Autre manifestation d’importance, celle qui dévoilera le 19 novembre au soir le nom du Lauréat du Grand Prix de la Ville de Montréal ressuscité après cinq ans d’absence.Professionnels du livré et du périodique seront réunis au Gala du livre, ce même 19 novembre.À cette occasion, les noms des 10 lauréats des prix Fleury Mesplet seront annoncés.Ce gala sera, dès 1988, un événement annuel.« 1987 est une année charnière, précise M.Déri.Nous avons servi de catalyseurs pour convaincre et réunir tout le mnde de l’édition, ce qui n’a pas été simple car les associations, si elles ont les mêmes buts, n’ont pas forcément les mêmes intérêts.Il nous a fallu, poursuit-il, rejoindre 6,000 personnes pour les inciter à participer au vote, à venir au Gala, au Salon et à la journée des professionnels du 20 novembre, mieux structurée que par le passé.» Et c’est à « un feu d’artifice d’animation » que le public est convié : un spectacle de danse et de musique autour du livre de Arturo Penon et Javier Garcia Mendez, La petite Histoire du bandonéon et du tango, un spectacle-hommage à Jacques Prévert, une scène de L’Héritage de Victor-Lévy Beaulieu, jouée par Gilles Pelletier et Aubert Pallascio, table-ronde animée par Jeannette Biondi sur le livre Ces femmes qui aiment trop de Robin Norwood, atelier dirigé par le comédien Denis Bouchard sur le cinéma d’interprétation, etc.La Bibliothèque nationale du Québec qui fête, elle, ses 20 ans, n’est pas en reste.L’exposition qu’elle présente du 19 au 24 novembre, a la Place Bonaventure, s’intitule « Regard sur les collections de la Bibliothèque nationale du Québec ».On y apprendra combien valait la tête « a » Papineau, combien de baies James on dessinait sur les cartes géographiques du XVIIe siècle, et le nom de l’artiste québécoise qui a incorporé des momies à son livre.Enfin, « parce que les jeunes sont les lecteurs d’aujourd’hui et ceux de demain, parce que ces dernières an nées, la lecture a été abandonnée avec pertes et fracas au profit de l’audio-visuel, on fait tout cette année pour les reconquérir», commente M.Déri.Génies en herbe, ateliers offerts par Communication-Jeunesse et circuits organisés pour groupes scolaires sont quelques-unes des activités prévues pour familiariser les jeunes avec le livre.Si, en 1978, on leur avait donné en pâture des tonnes de bandes dessi nées — on avait fait venir Greg, père d’Achille Talon et Tibert, créateur de Rie Hochet —, on leur offre cette an née quelque chose de plus consistant à se mettre sous la dent : des rencontres avec des auteurs de littérature jeunesse, des éditeurs de bandes des sinées, des éditeurs de littérature pour enfants.Salon du livre df.Montréal Du 19 au 24 novembre 19X7 • Place Bonaventure Ih’ llh à 22h » Omcruirt lv jeudi |9 uovemUtt a Ph • tVrmctun K mardi 24 a 2oh • Prix dVmive JS • |.5»» aiiwu-m • !>¦ , W* xeulifiit*.*«»; *»«:>$• esvCSfSÎW (*»«*• ykw ., «aàîâssœ répéta bêtement Pierre.Cela serait mal.Sans attendre sa réaction, il le quitta ensuite et passa le reste de la journée à l’imprimerie à aider les typographes.Sous l’effet de la chaleur, l’odeur de l’encre lui montait à la tête.Au moment où il se préparait à partir pour arriver à temps chez sa tante Lucie, Ernest Rouleau poussa la porte et entra d’un pas vacillant.Avec son chapeau planté en arrière de la tête, le mégot de sa cigarette entre les dents, il avait l’air d’un noceur.Il donna un paquet de feuilles à la composition et se conduisit comme s’il ne remarquait pas sa présence.Lui qui d’habitude ne manquait jamais de lui glisser un mot en passant, un sourire, un clin d’oeil complice, agissait soudain comme s’il ne le connaissait pas.Pierre pensa à leurs longues discussions, a sa façon bourrue de corriger ses textes, à tout ce qui existait entre eux depuis qu’il habitait le sous-sol de la maison qui appartenait à la mère d’Ernest et il eut peur.Sans Ernest, il ne pouvait espérer apprendre son métier de journaliste, ni même de continuer à travailler au Devoir.Grâce à lui, le rédacteur en chef fermait les yeux sur ses tentatives maladroites de composer des légendes pour des photos, sur sa façon de fouiner partout et de lire dans les coins des livres et des journaux, au lieu de découper des dépêches.Jour après jour, Ernest le protégeait, le guidait et maintenant tout cela était fini, par sa faute.Pierre sortit dans la rue.Il avait du chagrin, mais il ne regrettait rien.Il fallait qu’il dise à Ernest qu’il n’avait ni le droit d’accepter l’argent de la Shawinigan ni, à plus forte raison, d’écrire des faussetés pour faire plaisir aux administrateurs de cette compagnie.C’était son devoir ![.] Soudain, il revit devant ses yeux le visage de sa mère, son sourire, puis ses mains restées douces et délicates malgré les travaux domestiques qu’elle exécutait jour après jour.Il avait eu tort de l’abandonner, de partir pour Montréal et de cesser de se soucier de ce qu’elle pouvait penser et ressentir.Après tout, c’était sa mère qui l’avait poussé et encouragé gUIDE COIQIJ LAVIGUEUR a HUTCHISON DK Q^KBKC * • v*MiU m ", < ; % , es et en I s P MH ittrofef : .t *ü %* A « ° ' - ' * * x- itU.ai- 19 VA A N" C J A ÜttKVI •foc à écrire.Pétri de remords, Pierre marcha longtemps cette nuit-là dans les rues.Autrefois, à la campagne, il lui suffisait de s’enfoncer dans le bois, de suivre le sentier qui menait à la prairie, pour éprouver un calme bienfaisant.Ici, rien de semblable.Découragé, vaincu par la fatigue, il fut obligé de chercher longtemps par la suite le chemin du retour.Quand U arriva enfin à destination, toutes les lumières dans sa rue étaient éteintes.Il tourna la clef dans la serrure de la porte qui donnait directement au sous-sol où il avait sa chambre, se jeta sur le lit sans se déshabiller et plongea dans une sorte de trou noir.Dans la salle de rédaction, les journalistes discutaient.La dernière édition du journal était sur tous les bureaux.En première page s’étalait le gros titre « La tentative de corruption d’un des journalistes du Devoir échoue ».Ernest n’a pas accepté l’argent, pensa Pierre et aussitôt il regretta sa conduite de la veille, mais Ernest Rouleau n’était pas là et il ne pouvait s’excuser.C’était pourtant son jour de gloire ! Tout le monde parlait de son article, de son courage et de son style incisif.— Le Shawinigan Water and Power va réagir, disait quelqu’un.— Ils vont nous attaquer dans cette feuille de choux de Montréal Herald qui se prétend impartiale, mais qui publie ce que veulent les compagnies.On va être obligés de se défendre.— Voici les munitions, annonça triomphalement le rédacteur en chef en traversant la salle en trombe.Philippe Hamel vient d’accoucher d’une série de trois articles.C’est formidable, messieurs ! Je vous recommande de les lire.Tenez, j’en ai justement une copie pour vous.On l’entourait, on lisait les feuilles une à une, et dans le tohu-bohu général, Pierre se sentit mieux.Ici, on l’aimait et on l’acceptait.Un journaliste recula pour lui laisser un peu de place, un autre lui donna une tape sur l’épaule.Désormais, il faisait partie de l’équipe, et son rêve de voir un jour son nom à côté de celui d’Ernest Rouleau n’avait plus rien d’irréaliste, liliife lOO® Se Code de secoolé (OUi'èfe Les Publications du Québec stand nos 400 et 401 Québec a a NOS PUBLICATIONS ONT DU i, ATîylcT Erê GENGISKHAN L AMOUR COURTOIS • J.MARKALE GENGIS KHAN • F.ADRAVANTI PUBLICITÉ ET SOCIÉTÉ • B.CATHELAT LE GOÛT ET LES MOTS • P.GILLET L'ÉCOLE EN MUTATION • B.CHARLOT Philippe Gillet LE GOUT LES MOTS 01 «II»» i; AMOUR HA*ysm°7 COURTOIS En analyse VIENT de PARAÎTRE avec Freud WIDT IMÀQO CHEZ aewa» ji-ntm.Publicité et Société NOSTRADAMU5 Vlaiot Icnesaj 1/6N1A RI ü pi» elimination EN ANALYSE AVEC FREUD • H.STROEKEIT LÊVETOi, MULÂTRE! • M.ZAPATA OUVELLA NOSTRADAMUS • V.IONESCO LES INDIENS BLANCS • P.JACQUIN LE CRÉPUSCULE DES DIEUX DU NIL • P.LANGLOISMAIRE LES INDIENS BLANCS LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR Le Devoir, samedi 14 novembre 1987 ¦ D-13 Claude Charron, complice de la liberté Faire vibrer les humains là où la politique échoue ISABELLE PARÉ MKM K dans sa nouvelle peau d'écrivain, Claude Charron ne s’assagit pas.Après 15 années passées aux premières loges du pouvoir.terminées par un pied de nez maladroit, l’ancien enfant terrible de la politique québécoise brandit maintenant sa plume comme une nouvelle arme pour apprivoiser la vie.« Maintenant, je peux parler des vraies choses, des pulsions profondes des êtres.Comme l’un de mes personnages, je ressens par l’écriture une liberté nouvelle.Celle de ne plus être esclave de l’image que les gens nous font », clame l’enfant terrible.Après une brève incursion dans le monde littéraire avec Désobéir qui, comme le dit l’auteur lui-même, tenait plus de la thérapie que de l’écriture, Claude Charron dit maintenant avoir la piqûre du roman.Être écrivain à temps plein, c’est la nouvelle peau qu’il reluque pour pouvoir profiter pleinement d’une liberté de parole autrefois conditionnelle.Une liberté qu’il savoure pleinement en explorant les recoins les plus sombres de la condition humaine, dans son premier roman de plus de 300 pages, où s’entremêlent sensualité, drogue, prostitution, amour et lâcheté.Où un mari et une femme se partagent le même amant sans même le savoir.Comme il le dit si bien, Claude Charron ne travaille plus pour obtenir 51 % d’adhésion a une idée vague, mais pour frapper de plein fouet une minorité précieuse.S’il a réalisé quelque chose, de sa retraite forcée de la politique, c’est bien que les structures ne sont pas les plus fidèles servantes du changement, avoue-t-il aujourd’hui.S’il écrit, c’est que Claude Charron croit maintenant que le changement survient parfois entre les pages d’un livre, dans la complicité que protège le calme d’une maison.Aux oubliettes, les discours modérés et les paroles pesées; le message que veut transmettre l’auteur est maintenant franc, cru, direct.EL surtout, personnel.« Dans Probablement l’Espagne, j’ai voulu parler du refus de s’assumer qui torture tous mes personnages.Si j’ai choisi de mettre en scène un homme dans la cinquantaine qui découvre à retardement son homosexualité, c’est parce que je crois qu’à notre époque, il y a une sorte d’explosion que vivent plusieurs hommes de cet âge.» (Voir la recension de Jean Roch Boivin en page D-15.) Albert, le personnage principal de son roman, est l’incarnation même du drame qui enveloppe la vie d’une foule d’êtres humains, explique Claude Charron.Petit mari docile et sans intérêt, Albert vit reclus dans son sous-sol, secoué par la moindre petite vague qui agite son existence, sans aucune emprise sur sa vie et celle des autres.Comme le décrit l’auteur, « l’homme est une pâte molle, qui vit au sous-sol de son etre et qui découvre chaque fois que la montagne qui le paralyse n’est qu’une colline où les autres pique-niquent ».Allergique à cette impuissance, Claude Charron ne cache pas sa préférence pour le personnage de Marcel, un « bum », danseur à gogo et bisexuel, qui mène une existence éclatée mais croque dans la vie à pleines dents.« C’est fondamental dans ma vie.Il vaut mieux assumer sa différence que de chercher toute sa vie à s’intégrer à ce qu’on n’est pas.Car, dans mon roman, cette peur obnubile cha cun des personnages.Il n’y a que Marcel qui flotte, indemne, au dessus de la melée.» Dans ce roman qui transpire l’amertume et met en scène des personnages torturés par leur propre impuissance à se donner le bonheur, on ne peut s’empêcher de faire le lien avec l’aventure politique de Claude Charron.Comme si l’histoire de chaque petite défaite personnelle n’était que le reflet d’une impuissance collective à se prendre en main.Comme si le « manque de couilles » de chacun de ses personnages illustrait la mollesse d’une société en attente, à la recherche d’une ferveur perdue.Coïncidence pleine de sens, au moment de l’interview, Claude Charron s’apprêtait, comme des milliers de Québécois, à aller se recueillir sur la tombe de René Lévesque.Il se rap- rïlle ses yeux perçants, sa capacité « faire un rayon X de la vie », à con naître la vitesse de croisière de la société.Celui qu’on a souvent appelé « le fils » de Lévesque y voit une raison de plus de croire à la force des émotions pour rejoindre les gens.« La mort de cet homme, c’est le message le plus puissant qu’il ait transmis.C’est la preuve qu’on touche les gens plus souvent par le coeur que par la raison Ce qui est important, c’est de retrouver le souffle qui faisait la force de ce person nage et non pas de ressortir les mêmes rengaines de nos vieux tiroirs.» Si son roman peut paraître amer, Claude Charron, lui, ne l’est pas.Dé sabusé de la politique, peut-être, mais surtout pas de la vie.« L’échec de la défaite est encore présent dans notre société.Je crois qu’on souffre de cela à petites doses, sans s’en rendre compte.Moi aussi, je sui échaudé et ça se reflète dans la vie de tous les jours.Mais je crois que ça ne veut pas dire qu’il ne faut plus rien entreprendre.Je ne suis pas amer.Les défaites, c’est aussi une merveilleuse école pour faire vibrer les humains.» Faire vibrer les humains, c’est bien ce à quoi aspire l’ex-enfant terrible du Parti québécois, qui dit avoir déjà dans la tete l’idée de son prochain roman.PHOTQ JACQUES GRENIER CLAUDE CHARRON : « Comme l'un de mes personnages, je ressens par récriture une liberté nouvelle.Celle de ne plus être esclave de l’image que les gens nous font .» Marie Cardinal: la drogue comme révélateur «Nous cherchons tous à réduire et à contrôler le désordre» # ?* * ?* ¦% * » V # m "V % S *4 PAUL CAUCHON LA DROGUE comme révélateur,’ la drogue comme extase absolue, la drogue/orgasme.Fascination et répulsion pour un des plus « grands désordres de la modernité ».Le dernier livre de Marie Cardinal chez Grasset, Les Grands Désordres, étonne : on ne s’attendait pas à un propos de Marie Cardinal sur la drogue, propos truffé de considérations scientifiques sur la notion d’entropie et de désordre.Mais Marie Cardinal a trouvé là une certaine logique pour sa fiction.Les Grands Désordres raconte une histoire à la fois banale et affreuse : une professionnelle dans la quarantaine, Klsa, découvre que sa fille Laure est accrochée à l’héroïne.Psychologue reconnue et chercheuse qui HHUIU JACUUtS lànCWCn MARIE CARDINAL : « Dès qu’on range quelque chose, on met du désordre.C’est une loi de la nature .» donne des conférences à travers le monde, Klsa réagit en bonne « pro » bien dressée, malgré l’horreur de la découverte : elle a confiance en ses moyens, elle décide d’écouter sa fille et de s’en occuper elle-même.Commence alors une descente aux enfers où Eisa perd pied peu à peu, tout l’univers social et psychologique patiemment édifié au cours des ans s’écroulant.Commencent alors les doutes, commence alors la panique — doit-elle se sentir coupable ?pourquoi son discours scientifique ne fonctionne-t-il plus?Pour Marie Cardinal, la drogue est un révélateur.« Nous cherchons tous à réduire et à contrôler le désordre », écrit-elle.Eisa « a toujours eu peur de la folie.C’est peut-être pour ça qu’elle est psychologue, f.] L’errance mentale l’attire.trouble l’ordre en dedans.(.) Plus on met de l’ordre, plus on crée le désordre.[ • ] Le désordre mental est un ordre en soi.» Et pour Eisa, l’héroïne de Laure lui fait prendre conscience de la prétention de ses connaissances, de l’étroitesse de son savoir.Marie Cardinal a travaillé cinq ans à ce nouveau texte.D’emblée, elle reconnaît que le livre n’est pas parfait, que plus elle s’en détacne, plus ses imperfections grandissent.« Mais je ne pouvais faire mieux, pour m’en sortir il fallait que je le donne.» Le sujet était difficile, mais Marie Cardinal y livre plusieurs passages bouleversants sur la vie des junkies et sur la douleur de cette mère.Au départ, ce texte devait être un essai sur l’entropie et le désordre.« Mais je ne suis pas une bonne essayiste », a-t-elle conclu.Sa première idée ne concernait pas la drogue.Le « grand désordre idéal de la modernité » aurait été une mère avec un enfant terroriste.« Mais ça m’entraînait trop loin, je devais développer des situations politiques, une réflexion historique, je m’y perdais.La drogue m’est apparue comme un désordre courant.Cette façon actuelle de consommer, qui consiste à s’annuler de la société, est typiquement occiden- Voir page D-19 : Marie Cardinal L ’ assurance - santé : une loi et puis après?De 1979 à 1984, le système d'assurance-santé mis sur pied au Canada a vécu une véritable crise, illustrée notamment par la question de la sur-tarification Titulaire de ce ministère durant cette période, Monique Bégin retrace les grandes lignes de cet affrontement complexe dans un ouvrage intitulé L Assurance-santé (Plaidoyer pour le modèle canadien).Les éditions du Boréal, qui lanceront ce livre dans les prochains jours, nous ont aimablemnent autorisés à reproduire des extraits de sa conclusion MONIQUE BÉGIN LE GOUVERNEMENT fédéral vient tout récemment encore, cavalièrement et sous couvert de réduction de déficit, de couper carrément dans ses contributions à la santé.D’abord, c’est gravement manquer à la parole donnée aux provinces par Mul-roney d’augmenter les budgets de la santé; c’est aussi se laver les mains d’un problème comme s’il n’appartenait pas au fédéral.Qu’on joue sur les mots tant qu’on voudra, qu’on invoque le partage des pou voirs respectifs, il reste que les deux paliers de gouvernement se sont unis pour développer l’assurance-santé canadienne et qu’ils en sont conjointement res ponsables.J’étais portée à croire que le système n’était pas vraiment sous-financé (sauf en recherche médicale) et que l’indexation des contributions fédérales et leur croissance liée à celle du PNB était une position défendable.Mais de là à couper $ 4 milliards des contributions à la santé sur cinq ans depuis avril 1986, il y a une marge.Le projet de loi fédéral C-96 qu’Ottawa a adopté (fin juin 1986) l’a outrepassée.Le gouvernement Mulroney a écouté les mandarins fédéraux et les tenants du « budget équilibré », mais il a montré son ignorance de la gouverne des institutions.Il n’est d’ailleurs pas seul à faire l’autruche ; bien des provinces jouent le même petit jeu avec les hôpitaux.Quand un gouvernement provincial traite ses institutions hospitalières comme des créatures autonomes, distinctes de lui-même, leur refilant des coupures budgétaires globales et les laissant dé cider de leur distribution, il s’abuse en rêvant que ces restrictions réorienteront le système des soins de santé et en changeront la structure de pouvoir, ce que lui-même comme gouvernement n’est pas capable de faire.Même la Saskatchewan et le Québec, les deux provinces qui ont historiquement montré une volonté politique d’orienter le système des soins de santé en fonction de priorités claires, n’ont pas renouvelé le système.PHOTO CP MONIQUE BÉGIN : « La paix entre associations médicales et gouvernements n'est qu'apparente et fragile .» Quant à l’autre point de tension, il passe entre les médecins et les gouvernements provinciaux, et là encore, c’est à qui pousserait l’autre à l’eau.Il s’agit pour les partenaires de décider d’un mode de rémunération reconnaissant l’excellence, c’est-à-dire d’un système de mérite.[.] Le sujet est à prendre avec des pincettes et ni l'un ni l’autre des partenaires ne veut se mouiller el décider quels spécialistes, quels médecins, sont les meilleurs.Ainsi, une fois de plus, a-t-on pu voir le problème en filigrane tout au long de l’amère lutte de la médecine organisée ontarienne contre l’interdiction de surfacturer.Vue sous un angle simple, la surfacturation est une pure affaire de gros sous pour plusieurs.Mais c’est aussi, pour certains, le moyen laissé à leur disposition pour souligner que, spécialiste expérimenté, le docteur Untel vaut plus que le jeune médecin qui vient de terminer Voir page D-19 : Assurance-santé ta* SWm-MARIf MADAME BOURDON l'Histoire veritable de la frame nouvelle GUERIN L 1 rortwn f * Madame Bourdon v î a $ de Paule Sainte-Marie « 1 % 1 w Roman historique %, J 1» * » i ’X ?^ % Une histoire concrète, voire charnelle, écrite avec une sensibilité fine et subtile sur la vie de la Nouvelle France.f w y* Une présentation tout à fait moderne de l’époque de Madame Bourdon.Notre-Dame du Colportage de Georges Cartier Roman C’est tout le Québec des années 30 qui revit, toutes les moeurs de cette époque qui renaissent avec un souci d’exactitude remarquable.Une écriture faite de raffinement et d’invention.226 pages — 13,95$ Distributeur exclusif: Québec Livres m ¦nr s"*\ XI S A l.\Y< >\\ ALICE PARIZEAU ALICE PARIZEAU IIS LILAS i li:i rissi:\ i A \ \RS()\ Il LA CHARGE DES SANGLIERS 16,95$ ALICE PARIZEAU 256 p.12,95$ 368 p.16,95$ AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL I^I^J /] Éditions Pierre Tisseyre 400 p.19,95$ 384 p.14,95$ ( STAND 364 VJl J 8925 bout St-Laurent, Suite 100, ^ Montréal, P.Q.H2N 1M5 tél.: (514) 384-4131 P-18 ¦ Le Devoir, samedi 14 novembre 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR L’histoire de Québec, cette longue marche vers un mieux-être urbain HISTOIRE DE LA VILLE DE QUÉBEC, 1608-1871 John Hare, Marc Lafrance et David-Thiery Ruddel Boréal/Musée canadien des civilisations, 1987, 399 pages JEAN PROVENCHER ON A beaucoup chanté Québec.De toutes les manières et à toutes les époques.Des premiers voyageurs aux plus récents visiteurs.Quel site ! Quelle vue imprenable ! Tout à l’avant, ce fleuve immense qui traverse l’écran pour aller se perdre dans l’océan.Tout à l’arrière, les plus vieilles montagnes du monde qui n'en finissent plus de s’user et s’alignent maintenant comme des dos d’ânes.L'Unesco vient de consacrer la vieille ville « joyau du patrimoine mondial ».Une véritable reconnaissance internationale ! En ouvrant VHistoire de la ville de Québec, que viennent de publier John Hare, Marc Lafrance et David-Thiery Ruddel, je me dis que le passé doit bien être garant de la situation présente, que Québec, sans doute, a eu la vie facile.Il en est peut-être des villes comme des individus, certaines mieux aisément portées par l’histoire que d’autres.Mais, sitôt le livre entrepris, il faut corriger le tir.Québec n’a pas eu la vie facile.Pas Québec ! Non, monsieur, pas Québec ! Québec, d’abord, a mis du temps à naître.Ses débuts s’éternisent.On n’en finit plus de n’être qu’une poignée d’habitants.Le climat est impitoyable.Cinq mois l’an, Québec, ville maritime, se retrouve prisonnière des glaces.Tout en haut du cap, dominent le château du gouverneur et le palais épiscopal.C’est, pour le moins, l’appropriation du paysage.La mise en place des pouvoirs.Mais du « petit monde » aussi s’active : les pauvres, les domestiques, les soldats, les engagés.L’ouvrage y fait écho.On remarque l’importance de l’eau dans la vie de tous les jours.Il se trouve des boulangers-navigateurs.Une vraie conscience urbaine tarde pourtant à se développer.On n’arrive pas à s’entendre sur le nettoyage des rues et le ramassage des ordures.Pas de solide organisation municipale qui permettrait de se prendre en charge, de s’administrer soi-même.Le roi de France le défend.La ville relève des officiers du roi et les lois, du Conseil souverain ou de l’intendant.Si bien qu’en 1760, « Québec demeure une petite ville près du terroir et près de la forêt ».Gens de Montréal, ne vous exclamez pas trop vite ! Il n’en va sans doute pas autrement de Montréal.À Québec, signalons tout de même un 18e siècle religieux moins austère que le précédent, plus tolérant, par exemple, touchant la morale sexuelle.Sans compter que, durant les dix dernières années du régime français, le taux d’alphabétisation atteint un sommet, alors que les bibliothèques personnelles ou institutionnelles montrent une belle ouverture sur le monde.Après 1763, la nouvelle sujétion britannique ne change guère la vie de Québec.Jusqu'en 1800, nos trois historiens parlent de stagnation.L’administration de la ville repose entre les mains de la Commission de la paix, un organisme bien peu efficace, dominé par des marchands, dont les membres sont nommés par le gouverneur.Les statistiques mises à jour laissent croire qu’à Québec — comme ailleurs — on commence à « boire » beaucoup après 1760.On tarde aussi toujours à assainir le milieu.De 1781 à 1790, jamais la mortalité infantile n’a été aussi élevée.Un enfant sur deux meurt avant l’âge de cinq ans.À partir de 1800, les problèmes urbains sont toujours les mêmes, mais Québec connaît une forte poussée démographique.Favorisé par les conditions politiques internationales, alors que l’Angleterre est soudainement coupée des forêts de la Bal- tique, Québec, véritable port de mer intérieur, devient l’une des grandes capitales occidentales du bois.L’Angleterre trouve ici et dans ses colonies voisines tout le bois qu’il lui faut.Là-bas, c’est l’époque de la révolution industrielle, des grandes constructions de chemins de fer, de canaux, de ports et de manufactures.La construction des bateaux de bois à voiles est à son zénith.Québec devient un des trois plus importants chantiers navals du monde.On y construit certains des plus grands bateaux de l’heure, les Titanic de l’époque.Généralement, les historiens répugnent à parler d’âge d’or.En un sens, on est toujours l’âge d’or de quelque chose.Toutefois, s’il fallait en accoler un à l’histoire de Québec, il faudrait qu’il vienne de 1820 à 1860.Mais, au même moment, les institutions locales sont débordées, y compris l’Église.On remarque, par exemple, une désaffection des fidèles a l’égard des sacrements.Durant les premières décennies du siècle, les ventes de spiritueux décuplent.De plus, à plusieurs égards, la population s’acharne à maintenir en ville des habitudes de vie rurales, sans reconnaître le prix qu’il faut en payer.Le milieu est contaminé.Durant les années 1820, on retrouve 700 chevaux à Québec, sans compter les vaches, les porcs, les poules et les chiens.De 1820 à 1840, le taux de mortalité infantile est un des plus hauts d’Occident.Il faut maintenant intervenir.La Commission de la paix, sur qui repose l’administration de la ville, n’a jamais rien résolu.Place au conseil de ville, avec un maire et ses échevins.En 1832, en même temps que Montréal, Québec obtient sa charte d’incorporation.Lentement, sans guère de moyens financiers, on s’attaque aux problèmes les plus criants, les uns après les autres : assainissement du milieu, protection contre le crime et contre les incendies, réglementation du com- merce de l’alimentation, entretien des voies publiques, nouvel éclairage des rues au gaz, mise en place d’un aqueduc, etc.Bref, on entreprend d’organiser la ville.Mais, au même moment, le déplacement graduel des activités economiques principales vers l’ouest, le peuplement de la plaine de Montréal et celui, de plus en plus important, du Haut-Canada font que Québec doit céder à Montréal le premier rang des villes canadiennes et bientôt le deuxième à Toronto.Sans compter qu’après 1860, Québec est frappée de plein fouet par le déclin rapide du commerce du bois et, à toutes fins utiles, la fin de la construction des grands bateaux de bois.Place maintenant aux bateaux de fer, et bientôt d’acier, mûs à la vapeur ! L’ouvrage de nos trois historiens se termine avec les années 1870, alors que Québec se cherche de nouvelles vocations et doit sa survie économique immédiate à l’expansion des industries reliées aux produits du cuir, aux fabriques de meubles et aux fonderies.Aujourd’hui, tous urbains que nous sommes, on n’a pas idée du chemin qu’il a fallu parcourir pour arriver à habiter, par exemple, un milieu relativement sain.A aucune époque, personne ne disposait d’un vade-mecum, d’un manuel du parfait petit citadin.Il nous a fallu apprendre sur le tas, au gré des crises ou simplement des emmerdements.Nous donner les instruments voulus pour organiser la ville.D’ailleurs, peut-être n’a-t-on pas fini d’apprendre en ce domaine, jeunes urbains que nous sommes ?Je retiens de ce livre cette longue marche vers un mieux-être urbain.Écrit dans un style bien humble, il repose, pourtant, sur une documentation fouillée et souvent originale.Pit les auteurs ont su puiser dans l’abondante iconographie sur Québec les illustrations voulues pour imager cette histoire.La volonté de «travailler autrement» L’ENTREPRISE ALTERNATIVE Harold Bhérer et André Joyal éditions Saint-Martin coll.« Pratiques sociales » 1987, 134 pages FRANÇOISE LAFLEUR DANS L’OUVRAGE intitulé L’Entreprise alternative, mirages et réalités, Harold Bhérer et André Joyal braquent leurs lunettes sur un échantillon de 136 entreprises québécoises dites « alternatives » et tentent de définir le discours alternatif tout en mesurant l’ampleur du phénomène en action dans différents secteurs au Québec depuis une dizaine d’années.Même si le poids économique des entreprises alternatives paraît faible,, tout au moins dans l’immédiat, ne représentant même pas 1 % de l’économie nationale et le nombre de travailleurs par entreprise ne dépassant guère sept, les auteurs démasquent les chiffres et nous montrent pourquoi il vaut la peine de s’intéresser à ces entreprises qui, en dépit de leur apparente faiblesse, jouent un rôle important d’agents de changement social.L’expérience accumulée souligne peut-être l’avènement d’une nouvelle forme d'entrepreneurship et le caractère collectif du fonctionnement de l’entreprise alternative constitue un trait fondamental.Et, si ce nouvel entrepreneurship se distingue par la recherche de rapports de travail différents, les alternatifs se définissent également par une finalité sociale marquée.À titre d’exemple, la librairie alternative cherche d’abord à jouer un rôle de conscientisation.Il en va de même pour tel restaurant communautaire de quartier ou pour telle entreprise de recyclage de produits dont l’objectif premier est la défense d’une cause écologique.Visant une meilleure qualité de vie, les alternatifs s’appuient sur des objectifs à connotation morale et leurs champs d’activité se situent principalement dans le secteur des services : alimentation, logement, éducation, loisirs, santé, édition, etc.Mais les auteurs de l’ouvrage ont axé leur enquête sur l’entreprise plutôt que sur les modes de vie ou de consommation qui la sous-tendent.Afin de préciser les contours de l’entreprise alternative et de mesurer sa place au sein de l’économie québécoise, Harold Bhérer et André Joyal répondent à plusieurs interrogations.Quels sont les champs d’activité privilégiés ?Quels sont les véritables mobiles de démarrage ?Quelles sont les chances de survie à long terme ?Quels rapports ces entreprises entretiennent-elles avec l’entreprise traditionnelle et avec l’État ?Quels sont les modes de financement et de gestion ?Jusqu’où va la fidélité aux objectifs initiaux ?Quelles formes ju-.ridiques empruntent-elles ?Quelles sont les performances économiques de l’entreprise alternative et quel rôle attribuer à la politique économique dans son développement ?Quelle est l’importance de l’économie alternative dans la production sociale ?Bref, les auteurs ont voulu identifier, classer, répertorier et analyser l’entreprise alternative comme une réalité mouvante de notre société, endossant la conclusion « qu’à travers l’Histoire, les minorités agissantes ont souvent pu faire danser les majorités endormies».Feu l’éventuelle intelligence artificielle LES MACHINES A PENSER Des ordinateurs et des hommes Jacques Arsac Paris, Seuil, 1987, 256 pages MICHEL GIGUÈRE LE RESSAC est commencé ! En réaction à un discours dominant en informatique qui assure que l’intelligence artificielle verra le jour bientôt, voilà que certains informaticiens se lèvent pour adopter une position contraire : « On ne fera pas une intelligence artificielle.> Il y a quelque temps, Jean-Paul Jacob, d’IBM, prononçait à Montréal une conférence où il affichait son scepticisme quant à la possibilité de construire un jour des machines fonctionnant exactement de la même façon que le cerveau humain voir LE DEVOIR du 16 octobre 987).Le dernier livre de l’informaticien français Jacques Arsac, Les Machines à penser, traite aussi de ce thème en utilisant sensiblement les mêmes arguments.Arsac fait de la distinction entre information et connaissance le support de sa justification de la différence entre la machine et l’homme.L’ordinateur a le pouvoir de traiter de l’information (c’est-à-dire la forme des données qui lui sont soumises) mais non de transformer cette information en connaissance.C’est le propre de l’être humain, selon Arsac, de saisir le sens de données formelles et ainsi de pouvoir en extraire ce qui peut lui être utile.Il résume ainsi sa thèse : « L’informatique traite les textes à partir de leur seule forme, sans accéder à leur signification» (p.226).Le projet d’Arsac est vaste.Il s’agit, en fait, pour lui de montrer d’abord les possibilités énormes de l’informatique pour ensuite en exposer les limites.Il y va donc, en premier lieu, d’un survol historique truffé d’anecdotes amusantes, qui fournit une vision globale de l’informatique.« Ne voir dans l’informatique qu’un phénomène technique, c’est se condamner à ne rien com- prendre de la façon dont elle bouscule notre culture, secoue l’école, crée des ruptures épistémologiques » (P- 23).Ayant ainsi, en quelque sorte, prouvé qu’il ne s’oppose pas à l’informatique elle-même, il conteste par la suite le discours de « ceux qui, sous couvert de science, veulent imposer leurs idées philosophiques » (p.214) et qui laissent entendre que la venue de l’intelligence artificielle est inéluctable.Pour Arsac, il est philosophiquement inacceptable de croire à cette éventualité.Il utilise donc ses vastes connaissances en informatique pour étayer ses croyances, tout en ayant l’honnêteté de distinguer ce qu’il sait de ce qu’il croit.«Après tant de jours gris, le ciel se décourage, pâleur tavelée.Elle sort de cet univers comateux, la voix adoucie et tiède, marche avec prudence hors de ce temps.Cette femme découvre comme il est simple de ne pas s’embourber dans l’inquiétude.Il suffit de ne pas prendre la terreur avec soi.Ne jamais abolir l’étonnement.» '*A%D livre er dérouv t» (Christiane /lacombf ! 19,95$ llimak» librairie a + Marie Cardinal taie et moderne.« Je voulais montrer qu’on a tendance à croire qu’on sait tout, qu’on pense tout résoudre, et qu’on ne sait pas grand-chose., continue-t-elle.Quand on est en face d’un tel phénomène, très violent et très traumatisant, il y a une incapacité totale d’agir, c’est très troublant.« Et puis, les drogués ne sont pas sympathiques, contrairement aux alcooliques.La drogue est un révélateur de quelque chose qui est en nous et qu’on refuse.La drogue relève de la notion d’extase.La satisfaction absolue, on la cherche tous.On peut la trouver aussi dans l’orgasme, qui est vécu en complète solitude même si on la vit à deux.Qu’est-ce qu’on est loin de tout dans l’orgasme ! On ne veut pas en sortir, on voudrait recommencer tout de suite.C’est comme les dopés.Les vrais dopés, ils n’ont pratiquement pas de sexualité, ça annule les sexes, ce qui est aussi très tentant.» Autant la vie si ordonnée d’Eisa devient marquée par le désordre, autant ce qu’elle vit renvoie au désordre social, et même à un désordre cosmique.Et, derrière Eisa, on retrouve facilement le propos de l’auteur.« Je suis d’une génération qui pensait que le progrès allait tout régler, que n’allions plus mourir.Quand j’étais jeune, j’adorais les mathématiques, j’ai fait la philosophie.J’étais fascinée par la logique, par Aristote.Or, dès qu’on range quelque chose, on met du désordre.C’est une loi de la nature » Les Grands Désordres ne propose pas de morale définitive.L’écriture est plutôt vue comme un processus analytique où l’essentiel pour Eisa est de raconter son histoire.Ce qui Super-solde de livres dans les bibliothèques de la ville POLICIERS, romans sociaux, de science-fiction ou à l’eau de rose, drames d’aventure et histoires fantastiques, telle est l’alléchante marchandise que livrent les bibliothèques de la Ville de Montréal lors d’un super-solde qui se poursuit jusqu’au dimanche 15 novembre, dans toutes les succursales de la bibliothèque municipale.Environ 70,000 ouvrages, dont 40,000 pour adultes, 20,000 pour enfants et 10,000 périodiques, sont ainsi cédés à des prix .dérisoires de nos jours.Ainsi, les livres pour adultes sont vendus $ 1 et les livres pour enfants ainsi que les périodiques trouvent preneur pour la modique somme de $0.25.Cette grande vente annuelle est réalisée dans le but d’élaguer les collections de la bibliothèque centrale et des succursales de quartier pour faire place à de nouveaux ouvrages.Elle constitue également un véhicule de choix pour la promotion des services de la bibliothèque et permet à l’ensemble des Montréalais de se procurer des livres de qualité à des coûts très abordables.Cette vente s’adresse exclusivement aux individus et aucun remboursement ne sera effectué sur les livres défectueux.Les chèques et les cartes de crédit’ne sont pas acceptés.Pour renseignements, consulter la bibliothécaire de votre quartier.venu rigide et il résiste aux tentatives d’innovation et d’évolution.(.) Et j'espérais qu’en une étape ul térieure, par l’entremise d’une tech nique encore à inventer regroupant tous les intervenants et dépassant les relations de pouvoir et d’autorité, l'on puisse lancer le vrai débat de la santé qui pourrait mettre en marche des changements de mentalité et, qui sait, d’attitudes.|.] Différents courants de la contre-culture (le sens de l’environnement, le besoin de renouer avec la nature, en particulier) et la remise en cause de la société de consommation et des produits imposés par le marché ont aussi touché le monde de la santé.Des sondages montrent une relative insatisfaction des clients à l’endroit de la profession médicale et il serait certainement très révélateur d’avoir l’image statistique détaillée de l’usage par une partie du public de ce qu'on appelle les « médecines douces », et ce à leurs propres frais.La profession médicale les considère encore comme du charlatanisme, mais le public, à la recherche de son mieux-être, y a sûrement trouvé une satisfaction qui n’est pas à négliger.Évidemment, la satisfaction engendre souvent un engouement aveugle, voire un prosélytisme en faveur de tel ou tel type de soins non inclus dans le régime de l’assurance-santé.L’approche globale, l’acupuncture, la chiropraxie, tel régime de nutrition, deviennent vite des mythes.Mais les sceptiques devront reconnaître que ces nouvlles voies se développent à partir d’intuitions valables et posi- rappelle Les Mots pour le dire, et ce que ne nie pas Marie Cardinal.« Je crois que les écrivains écrivent toujours le même livre.On creuse un trou, on l’élargit et, à l’intérieur de ce trou, on arrive à faire son travail.Écrire, c’est tenter de faire rejoindre deux choses contraires : d’un côté, on a un matériel très précis et très logique (autant par la qualité des objets — papier, dactylo, ordinateur — que par le langage, l’outil le plus perfectionné qui soit), et avec ce matériel très structuré, on essaie d’ouvrir la porte à l’inconscient, la chose la plus fluctuante et insaisissable qui soit.L’écriture, c’est faire la jonction entre ces deux choses.Cela implique une compromission complète de la personne; il faut se mettre en danger.Je me sens en danger quand j’écris, en danger de ne pas m’investir complètement dans l’écriture, de trouver des artifices.J’ai beaucoup de mal à lire des romans où l’on sent que ç’a été “écrit pour être écrit”.Vous savez, je pourrais écrire très bien.Mais je ne défoncerais pas les murs, je n’irais pas au bout.« Et je ne crois pas que la vie de quelqu’un soit plus intéressante parce qu’elle s’exprime par un moyen noble.Je crois profondément qu’on peut trouver son truc dans l’écriture comme dans la fabrication du ragoût de pattes ou le tricot ! Ma grand-mère disait, d’ailleurs : “Ah, si mes tricots pouvaient parler !” Il faut trouver sa propre drogue.» — Paul Cauchon + Assurance-santé son internat.Or le barème des honoraires provinciaux renégocié annuellement entre les deux partenaires (par exemple, l’OHIP en Ontario, la RAMQ au Québec) offre un montant selon l’acte médical, sans tenir compte de la qualité du médecin ou du spécialiste qui l’effectue.Il n’est pas surprenant que le sujet soit demeuré tabou : l’unique critère, tant soit peu objectif du mérite, ce sont les années d’expérience.Et encore est-il bien hasardeux ! Les autres facettes de l’excellence — l’habileté, le dévouement, l’innovation, la relation avec le patient — relèvent toutes du jugement de valeur.Mais qui osera poser ce jugement ?Peut-être les comités de pairs, comme c’est la pratique établie pour l’attribution de toute subvention en recherche médicale.La procédure n’est pas parfaite, et il faut une volonté d’éviter les chapelles et de laisser circuler le sang neuf, mais elle a fait ses preuves.Car la paix entre associations médicales et gouvernements n’est qu’apparente et fragile.On le voit très bien en Ontario, où des « frais administratifs » se sont substitués à la surfacturation, sans changer grand-chose pour l’usager.En parlant des médecins, je crois important de rejeter ici l’argument type dont l’AMC a fait son cheval de bataille : la surfacturation est l’unique arme de négociation disponible pour obtenir une juste rémunération.Le raisonnement est boiteux car il appli- que des pressions sur des tiers qui n’ont aucun lien structurel avec les négociateurs.Le pouvoir politique des médecins dans nos sociétés est énorme, sinon disproportionné.Ce fait sociologique doit aussi entrer en ligne de compte.Peut-être devrait-on remplacer la procédure de paiement de l’acte médical, rconnaissant qu’un « processus » a lieu, par un concept basé plutôt sur les résultats, « 1 ’output», comme l’expérimentent les Health Maintenance Organizations (HMO).Le quantitatif est alors remplacé par le qualitatif et c’est l’état général de santé maintenu qui devient le critère de paiement.Le paiement à l’acte est alors remplacé par des honoraires selon la population dont le médecin est responsable (capitalisation).On peut y intégrer différentes incitations à l’excellence.Car le dieu « Santé » est le grand oublié de ce débat.Sauf les épisodiques campagnes contre le tabagisme ou pour une saine nutrition lancées par les ministères de la Santé des deux paliers de gouvernement, et la promotion commercialisée de la bonne forme physique, le Canada n’a pas eu de grand débat sur la santé depuis 25 ans.La prévention de la maladie et la promotion de la santé n’ont qu’un petit cercle de fidèles et c’est à l’étranger que nous sommes connus pour cet objectif important.Notre système de soins de santé est un des meilleurs au monde, peut-être le meilleur, de quelque point de vue qu’on l’étudie : efficacité, coût, qualité, distribution.Mais il est aussi de- tives auxquelles il faut donner une chance.( Tous droits réservés.19X7, les édit ions du Boréal) Le vélo de Scarlet PARIS (AFP) — L un des plus grands best sellers de ces dernières années en France, le roman de é>/2gine Deforges La Bicyclette bleue, n’esl il qu’une simple contrefaçon de l’oeuvre de Margaret Mit chell, Autant en emporte le vent ?Me Olivier Carmel, avocat de la Trust Company Bank (TCB), une société américaine chargée de défendre les droits de nombreux auteurs dans le monde entier, vient d’assigner Régine Deforges et les éditions Ramsay devant le tribunal de Grande Instance de Paris.H leur demande une provision de cinq millions de francs ($ 1 million) de dommages-intérêts.Autant en emporte le vent est toujours protégé par une loi sur la propriété littéraire, qui protège les droits d’un romancier jusqu'à 50 ans après sa mort.Selon TCB, Mme Deforges aurait reproduit de nombreux éléments de l’oeuvre de Margaret Mitchell.L'intrigue serait identique, bien que située dans un autre contexte historique, et il en irait de même pour la progression dramatique, les personnages et plusieurs scènes.3cW - tHwUeUc «Wû** Sùutte - A*e ZWrf- i ^ StaUeéi - IcaCrté - aiiuAeyc* - TCemi SkZV - *____ir i TKaryaUrac ?HcT>tru*»tt Téteéet - 'HUXHeU* 24TW** - TUeaU ^ %s« Alain Emm anuel Dreuilhe A CORPS .sida Réflexion le sens M à toul pour combat talent d'écrivain d Alain *»»» remarquât.le (¦-I .mwnchc) V-Zo Les Éditions internationales ALAIN STANKÉ, 2127 rue Guy, Montréal, (514) 935-7452 D-20 ¦ Le Devoir, samedi 14 novembre 1987 PUBLICITÉ t « Ces femmes qui aiment trop un succès rarement égalé CES FEMMES QUI AIMENT TROP Robin Norwood Stanké, 1986, 303 pages JOSETTE STANKÉ Dans une vie, quelques livres nous transforment.Ces femmes qui aiment trop réussit ce défi.Un phénomène jamais vu Vendu depuis 12 mois à près de 100 000 exemplaires, en liste des best-sellers québécois depuis 45 semaines et aux États-Unis sur le New York Times depuis plus de 80 semaines, traduit dans presque toutes les langues du monde occidental, Ces femmes qui aiment trop est un phénomène social.Les médias en discutent sur tous les tons, les thérapeutes s’en servent pour accélérer chez leurs clientes la prise de conscience des ramifications du problème, les femmes se l’arrachent, les bibliothèques ont des listes d’attente.Voilà que le livre se prolonge dans des groupes de soutien qui depuis janvier s’essaiment à la surface de la province.On aime trop quand on ne s’aime pas.Le succès de ce livre dit quelque chose de fondamental même si l’on ne comprend pas tout de suite ni complètement.Mon ami B parle d’alchimie, de miraculeux mélange au bon moment qui change le plomb en or.Pour moi je distingue deux aspects dans cette réussite.Le premier et le plus évident, le livre provoque une prise de conscience individuelle et même collective, d’un état déplorable des relations amoureuses visible à l’oeil nu.Aimer trop, se torturer d’amour pour un être inaccessible et égo- centrique, plonger dans une détresse qui pousse à des comportements de dépendance, à des malaises psychosomatiques est logiquement inadmissible.Pointer cette situation réveille une révolte légitime mais elle recouvre une seconde réalité beaucoup plus dramatique.C’est la deuxième clé du succès du livre.Robin Norwood a su bien la cerner pour l’avoir vécue et l’avoir soignée chez les autres et en elle-même, c’est l’envers d’aimer trop, c’est ne pas s’aimer soi-même.Manquer d’amour pour soi donne à toutes nos relations priorité à l’autre, attitude qui nous porte à idolâtrer l’homme pour qu’il soit le centre que nous ne trouvons pas en nous-même.Aimer trop est une situation sans issue, dévastatrice, répétitive jusqu’à ce qu’ayant pris conscience on puisse agir pour soi.C’est en cela que la lecture de Ces femmes qui aiment trop nous transforme, nous accompagne dans notre changement qu’il devient pressant d’entreprendre: se réapproprier l’amour de soi pour recréer des relations à égalité de priorité et avoir quelque chose à donner autant qu’à recevoir.Aimer trop n’est pas sexiste Les hommes commencent à le découvrir.Tout ce qui nous fait souffrir de ce problème leur apporte les mêmes douleurs.Un groupe Entre hommes vient de se constituer à Montréal pour regarder la situation ensemble et de près.Michel Laflamme est l’initiateur du groupe de soutien masculin qui a débuté le 27 octobre au 1425 Jarry est.Les rencontres se répètent tous les mardis à 19 h 30.Entre hommes s’adresse à ceux qui aiment trop ou qui vivent avec des femmes qui aiment trop.« Si nous ne nous prenons pas en main comme le font courageusement les femmes, bientôt le dialogue entre nous ne sera plus possible.Qui veut cette rupture?Et puis il faut explorer les propres sources et manifestations du problème chez les hommes pour en déduire nos propres solutions.» remarque Michel Laflamme.ROBIN NORWOOD CES FEMMES QUI AIMENT TROP La radioscopie des amours excessives Besi-seiter aux États-Unis depuis plus d'un an! En liste des best-sellers depuis 45 semaines.En choisissant de publier Ces femmes qui aiment trop, je visais l’amélioration des relations amoureuses, l’apaisement des souffrances inutiles pour les couples, mais je n’osais pas verbaliser de souhait plus précis.Ces initiatives qui naissent pour affirmer l’autonomie de l’être me comblent car elles nous préparent à ce meilleur dialogue entre hommes et femmes.Plus de bourreaux et de victimes, mais des compagnons (ceux du Nouvel âge?) qui ne demandent plus l’impossible: l’obligation pour l’autre de remplir notre vide d’amour pour nous-même, la tolérance de l’intolérable par peur de la solitude.Quand des êtres entiers et égaux s’aiment, leur dons sont inépuisables.À ce moment-là, « plus personne ne peut se plaindre d’aimer trop».Deux appels: — Que les volontaires se pressent pour organiser des groupes supplémentaires.La pénurie est encore énorme.Ano-sep, 309 Mont-Royal est, prête aux groupes de Monique Dansereau des locaux supplémentaires pour les mardi, mercredi et jeudi à 19 h 30.— Que les groupes existants se fassent tous connaître pour que je centralise nos fichiers.Appelez au 935-7455.Un livre qu’on attendait À travers les groupes de soutien, les conférences, les rencontres de toutes sortes, je réalise combien le sujet de Ces femmes qui aiment trop a su rallier les énergies des femmes qui veulent changer les situations pénibles des couples actuels.Monique Dansereau a bien résumé ce que nous pensons toutes intimement: « Après la lecture de ce livre je n’ai pas pu en rester là.séparée et seule depuis cinq ans mais toujours prête à retomber dans le panneau de ces femmes qui aiment trop, il m’est devenu urgent d’agir pour moi mais aussi pour mes compagnes.c’est comme ça que j’ai initié les groupes de soutien.» C’était de toute évidence un livre qu’on attendait.¦ Victor-Lévy Beaulieu: pour lire et pour voir VICTOR-LÉVY BEAULIEU (collaboration spéciale) J’ai d’abord écrit un bon millier de pages de La grande tribu, en ai fait ensuite sept versions fort différentes les unes des autres puis, lassé parce que tout restait encore à écrire, j’ai mis ce roman dans un tiroir de ma mémoire désenchantée parce que trop fébrile : quand l’urgence vous serre de trop près, l’écriture devient une monstruosité: elle siphone en vous tout le méchant du corps et de l’âme et si l’oeuvre entreprise reste encore à venir, elle vous libère de votre mal à être et vous fait le don précieux d’une autre sensibilité.C’est ainsi que La grande tribu remisée dans ce tiroir de ma mémoire désenchantée, j’ai retrouvé L’héritage, roman que j’avais commencé aux lendemains peu chantants du référendum et que j’avais aussi abandonné après en avoir écrit une centaine de pages: quand l’urgence vous serre de trop près, il n’y a plus que la mort qui guette, et cela aime mieux se passer de mots.Mais en relisant les cent premières pages de L’héritage, le personnage de Xavier Galameau et celui de Philippe Couture revinrent me hanter et avec tant de générosité que je me retrouvai de nouveau porté par les fulgurances de l’écriture, réconcilié enfin avec cette idée que parfois l’on croit faire un livre alors que c’est d’un autre dont on est plein.Je me remis donc au travail et me suis souvenu que dès la première description de Xavier Ga-larneau écrite, tout comme celle de Philippe Couture d’ailleurs, c’était à Gilles Pelletier que je pensais, et à Jean-Louis Millette.Je les admirais tous deux : quand j’ai écrit ma première pièce de théâtre, dans l’âge naïf de mes dix-huit ans, ce sont ces deux grands acteurs-là que je voyais dans la soupe de mes mots.Aussi l’idée m’est-elle venue en retravaillant le roman L’héritage d’en faire une série télévisée, ne serait-ce que pour assouvir ma photo Alain Stanké F Wr passion de Gilles Pelletier et de Jean-Louis Millette.Je présentai le projet à Richard Martin et à Léo Benoît de Radio-Canada, qui l’acceptèrent.Alors, je besognai tout à la fois sur le roman et la série télévisée, me servant de l’un pour faire avancer l’autre, à moins que ce ne soit le contraire.J’y mis une belle fureur, dont le téléroman témoigne, je pense, tout comme le roman d’ailleurs, et peut-être ex- cessivement par moments.Mais il ne saurait y avoir de descente réelle dans la conscience québécoise sans excès: il y a un au-delà du réel par lequel se transfigure la banale vie du banal quotidien.Et, me semble-t-il, c’est ce qu’expriment mes personnages, que ce soit Xavier, ou Philippe (lisant Paul-Marie Lapointe), ou Miriam, ou Albertine et sa longue chevelure noire de princesse malécite déchue, ou bien les grandes oreilles décollées de Tï-Bob Cayouette, on bien ce James Dean qu’est parfois Junior, ou bien encore Gabriel, l’homme-cheval rêvant au royaume des centaures aux confins des Trois-Pistoles.Tous ces personnages qui vivent à la télévision grâce à de fabuleux comédiens pour qui ma reconnaissance est sans limites, ils grouillent aussi, grenouillent et scribouillent dans ce roman dont on me demande aujourd’hui de faire la présentation.Tout ce que je peux en dire, c’est qu’il est venu d’un grand plaisir d’écriture et que je souhaite au lecteur qu’il soit aussi libérant pour lui qu’il l’a été pour moi, dans ses parties sombres comme dans ses parties joyeuses.Et si je n’y avais pas appris la modestie, j’ajouterais tout simplement que d’avoir peut-être contribué grâce à L’héritage à dessiner un peu mieux la cartographie québécoise, ma satisfaction n’aurait pas de bornes.Et pour l’avenir, je voudrais donner encore davantage à ce pays, à ce peuple, à ces acteurs et à ces lecteurs qui, eux, me font don de tout cet imaginaire fécond, stimulant et, par-dessus tout, amical pour ne pas dire tout simplement québécois.À tous, merci, très chers.¦ Entre deux fêtes Jean-Paul Lefebvre préface de Pierre Dansereau Stanké, 227 pages Les deux têtes figurant sur la couverture, celle de Jean Lesage et celle de René Lévesque, rappellent, dans cette période propice aü souvenir, des moments essentiels dans révolution du Québec : la révolution tranquille et la prise du pouvoir par un parti indépendantiste.C’est ce temps de profondes transformations que l'auteur baptise Entre deux fêtes.Il le remémore avec humour, féroce ou bon enfant, utilisant ses écrits sur le vif mais aussi ses réflexions au fil des ans.Un témoignage qui redonne de l’espoir à ceux qui seraient tentés de le perdre.¦ ÉCHOS.Novembre, le mois de l'ostéoporose Le livre OSTÉOPOROSE de Wendy Smith sort à point chez Stanké pour accompagner la campagne de sensibilisation orchestrée par la Société ostéoporose du Canada Ce livre présente les trois moyens que nous avons pour combattre l’affection qui frappe une femme sur quatre et qui se caractérise par la perte progressive de la masse osseuse : la prise de calcium dans une alimentation appropriée, l’hormonothérapie et l’exercice.¦ ¦ ¦ Existe-t-il une chirurgie du bonheur?Samedi 21 novembre à la tribune du Salon du livre de Montréal, Place Bonaventure, les coauteurs d7-MAGE DE SOI ET CHIRURGIE ESTHÉTIQUE paru chez Stanké, Dr Alphonse Roy, chirurgien plastique et directeur du centre des grands brûlés et Sophie-Laurence Lamontagne, docteur en ethnologie débattront en compagnie de Josette Stanké de la symbolique « jeunesse et beauté » dans notre société d’image.¦ ¦ ¦ Marc Favreau D’un Sol à l’autre L’UNIVERS EST DANS LA POMME Marc Favreau (Sol) la grande force de Sol remarque Favreau c’est de n’ê-tre rien.ça lui permet tout- illustrations de Marie-Claude Favreau Stanké, 1987, 205 pages L’éternel pérégrinateur Marc Favreau papillonne de théâtre en théâtre entre Molière et Racine, passant par Marivaux, Murray Schisgall, Dario Fo et Pavel Kohout.tandis que Sol s’élabore, se concrétise, s’égoexcentrise et gravit au pas de course les échelons de la célébrité.ce rien tout dépenaillé qui n’a pas eu même la chance d’aller à l’adversité, qui tra-versouille la vie en ne comprenant rien à rien, Sol sans bravoure mais sans frime.qui nous donne aujourd’hui son quatrième livre-délice: L’univers est dans la pomme .Sol c’est le cadeau que nous fait Marc Favreau.Québec Bientôt Par Roch Carrier 10/10: 100 titres Il y a quelques années, M.Alain Stanké m’a fait venir à son bureau.Un peu solennel, il me dit : « Je veux donner un nouveau souffle à la collection Québec 10/10, voudrais-tu en prendre la responsabilité?».« Oui » ai-je répondu.Et nous avons tenu notre première réunion de travail.Bientôt, Québec 10/10 publiera son centième numéro.Les auteurs de la collection sont à vous concocter une délicieuse surprise: leur sourire cache de ces secrets.Une culture se bâtit par une certaine permanence.Il faut assurer une continuité de la lecture.En remettant sur le marché des oeuvres contemporaines ou des oeuvres du passé, Québec 10/10 établit cette continuité de la présence des oeuvres littéraires, donc de leur lecture.Les produits d’une culture doivent être accessibles.Par sa dis- tribution de plus en plus étendue, par ses bas prix, Québec 10/10 facilite l’accès aux oeuvres littéraires.Une culture doit s’affirmer: parce que nous sommes fiers de nos auteurs, nous avons des programmes spéciaux de diffusion à l’étranger où ils étonnent.Un auteur de Québec 10/10 est un auteur accessible.Et, ces principes assurés, quel plaisir de lire et de relire Jacques Poulin, Victor-Lévy Beau-lieu, Michel Tremblay, Marie-Claire Blais, Georges Boucher de Boucherville, Clément Marchand, Jacques Benoît, André Major, Félix Leclerc, Yves Thé-riault, Marcel Dubé, Roger Le-melin, Gabrielle Roy, Jacques Hébert, Claude Jasmin.« On va vers le numéro 200, M.Stanké?» — Prenons le temps de célébrer le 100e! — Pour moi, chaque livre de Québec 10/10 est une fête ! ¦ La première encyclopédie visuelle bilingue Elle a déjà deux ans.Elle fait tout découvrir d’un seul coup d’oeil ce que l’on cherche.Elle est pratiquement universelle.Tout y est.meme abat-jour.des index français et anglais composés de 300 000 mots la rendent facile d’accès.Elle est pluridisciplinaire et thématique.QU’EST CE QUE C’EST/ WHAT’S WH AT paru aux éditions Stanké est une banque de données unique qui révolutionne l’univers de la connaissance et de la communication.Il faut parler au foetus .Pour que l’enfant développe la conscience de vivre et celle de lui-même.C’est la révolution qu’a démontrée le Dr Gilles Racicot dans son livre LAISSEZ MOI DEVENIR paru aux éditions Stanké il y a un an et dont le succès ne dérougit pas.L’auteur prépare un prochain volume sur l’homosexualité qu’il fait remonter tôt, peut-être jusqu’à la vie foetale.quelque chose à suivre.¦ ¦ ¦ Non, ce n’est pas fini Le samedi 17 octobre, décédait Clément Gélinas d’un infarctus massif.Il avait subi quatre pontages et s’était, à force de volonté et de rééducation de son corps remis d’une hémiplégie qui l’handicapait dans la poursuite de ses nombreuses activités.Clément Gélinas venait de publier NON, CE N’EST PAS FINI.Un roman d’amour avec mon corps, se plaisait-il à reconnaître.Parallèlement il avait fondé une oeuvre qui le prolonge, l’Association pour le rétablissement des cérébro-lésés.¦ ¦ ¦ À qui la faute Est-ce l’enfant ou l’école?se questionne authentiquement Moncef Guitouni, président fondateur de la Société de recherche en orientation humaine tout au long des PUNIS DE LA SOCIÉTÉ.Paru cet automne aux éditions Stanké.Ce livre s’adresse aux parents et éducateurs et à tous ceux qui souhaitent un meilleur avenir à nos enfants.¦ ¦ ¦ Le prix Arthur-Buies Lors du Salon du Livre de Ri-mouski, Victor-Lévy Beaulieu s’est vu décerner le prix littéraire Arthur-Buies pour l’ensemble de son oeuvre.Le prix littéraire Arthur-Buies est remis annuellement à un artiste québécois dont l’oeuvre a une portée exceptionnelle pour le Bas du fleuve.Rappelons que Victor-Lévy Beaulieu est originaire du Bas du fleuve, qu’il habite aux Trois-Pistoles et que plusieurs de ses ouvrages, dont L'HÉRITAGE, s’inspirent de son pays natal.¦ ¦ ¦ t FNCVCTjÔPEdÏÈ DU CANADA L’ENCYCLOPÉDIE DU CANADA réalisée par 2 500 spécialistes de notre pays dans laquelle on trouve des articles passionnants sur NOTRE HISTOIRE, tous les grands faits politiques, sociaux, depuis l’origine du Canada jusqu’à nos jours.NOTRE GÉOGRAPHIE, la géologie, l’agriculture, les climats.NOTRE ÉCONOMIE, les industries, les richesses minérales, le système monétaire.NOTRE VIE CULTURELLE, les mondes des lettres, de la musique, de la peinture, du cinéma.NOTRE NATURE, la flore merveilleuse, la faune unique.NOS SCIENCES, la physique, l’électronique, la génétique, la médecine, NOS PERSONNAGES CÉLÈBRES passés et présents, les hommes d’État, les savants, les gens du spectacle ou du sport qui ont marqué leur époque ou leur spécialité présentée en 3 tomes dans un boîtier.à découvrir chez votre libraire L’ouvrage qui manquait aux étudiants, aux parents, à tous! Stanké
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