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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1987-12-19, Collections de BAnQ.

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LE LE LE LE LE PLAISIR rfpc PLjfSïk PLÆI vres ¦ Best-sellers .Miroir secret, de Shirley Maclaine/D-2 ¦ Lettres québécoises : La Vie à rebours, d’André Yanasse/D-3 Sous la griffe du sida, de Marthe Gagnon-Thibaudeau/D-4 ¦ Le Feuilleton : La Vie matérielle et Emilv L., de Marguerite Duras/D-5 ¦ Littérature jeunesse : quatre romans pour adolescents dans la collection « Conquêtes » chez Pierre Tisseyre/D- ¦ Trouble-fête : Entre deux fêtes, de Jean-Paul Lefebvre/D-7 ¦ Les Carnets : Tchipayuk ou le chemin du loup, de Ronald Lavallée/D-10 Montréal, samedi 19 décembre 1987 Portrait de joueurs Le Docte Rat: un jeu intelligent où l’humour occupe une place de choix GUY FERLAND C5 EST à cause de leur insatisfaction suscitée par les jeux questionnaires sur le marché que deux professeurs de science politique du collège Montmorency, à Laval, François Therrien et Suzanne Lahaie, ont décidé d’inventer leur propre jeu.À la case de départ, en 1984, ils n’avaient que leur désir de créer un jeu intelligent et amusant dans lequel l’humour aurait une place de choix.Aujourd’hui, « Le Docte rat » est vendu à plus de 18,000 exemplaires, un quotidien le recommande, un magazine de jeu conseille de l’offrir en cadeau pour les Fêtes, l’ACQ (Association des consommateurs québécois) lui décerne son sceau d’excellence 1988 et une nouvelle édition de cartes questionnaires est sur le marché.C’est un succès retentissant.Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.Au début, les auteurs devaient penser à tous les aspects du jeu : recherche des questions, création de la table de jeu, invention du principe de la progression, insertion de l’humour, mise à l’épreuve, etc.« Le plus difficile a été de trouver une certaine unité dans.le ton du jeu, affirment les auteurs.On avait envie de demander aux gens ce qu’ils aimeraient connaître, pas des questions triviales, frustrantes, qui n’apportent rien.On voulait que notre jeu soit un prétexte à rencontres et contacts entre amis ou au sein d’une famille.C’est pourquoi le hasard et l’humour interviennent fréquemment au cours d’une partie.On visait plus les gens curieux que les gens instruits.» Mais, pour arriver au produit final, la partie ne fut pas gagnée d’avance.« Nous avons tout fait.Une fois le jeu élaboré, il nous a fallu prendre les pages jaunes et faire marcher nos doigts pour trouver un cartonnier, un imprimeur, une entreprise de plastiques, etc.Il n’existe aucun fabricant de jeux québécois.Aucun organisme ne pouvait nous renseigner sur les intervenants dans la création d’un jeu.Et il fallait payer cash de notre poche pour produire le jeu.» Les difficultés que rencontrent M.Therrien et Mme Lahaie sont innombrables.Par exemple, le premier imprimeur qu’ils rencontrent leur déclare que le coût de production de leur jeu serait de $ 25 l’unité.Pour les achats de dernière minute, nos collaborateurs offrent cette semaine des suggestions de cadeaux littéraires.Outre l’éventail des livres d’art ci-dessous, on propose une réédition du grand oeuvre de Proust, des « audi-livres » de poètes québécois et de beaux albums sur Hemingway à Cuba, la Chine, le.golf, le cognac, le ski et le génie spatial.Pages D-8 à D-10.Comme il faut multiplier par cinq pour avoir le prix final du produit, il aurait fallu vendre le jeu $ 125 l’unité.C’était impensable et décourageant.Heureusement, les éditions Boréal sont venus donner un coup de main.Elles ont contribué financièrement à la production du jeu et assuré une crédibilité d’approvisionnement et de diffusion du produit en plus d’effectuer un travail d’édition : correction, révision, etc.Mais les deux créateurs ont continué à s’occuper de tout.Ils ont mis la main au montage, à l’assemblage et à la distribution.Sur le premier tirage de 3,000 copies, ils n’ont pas fait de profit.Mais François Therrien et Suzanne Lahaie ne se découragent pas pour autant, car ils croient en leur jeu et en la possibilité d’exploiter un domaine particulièrement riche et vierge au Québec : les jeux de l’esprit.Comment travaillent-ils en collaboration ?« Il y a autant de questions de l’un et l’autre », répondent-ils en choeur.Souvent, Suzanne Lahaie rédige des questions et François Therrien les révise pour leur donner une forme humoristique.Au début, ils s’inspiraient d’encyclopédies pour formuler leurs questions.Maintenant, ils prennent des notes de toutes leurs lectures ( journaux, revues et livres).Et ils s’inspirent principalement de dictionnaires spécialisés.Tout va relativement bien, malgré les difficultés rencontrées, pour les deux créateurs.La première édition de leur jeu, de 3,000 exemplaires, s’est vendue en trois mois.La deuxième édition, de 5,000 exemplaires, s’est vendue en moins de deux Suite à la page D-4 Quand les livres sur les arts sont eux-mêmes des oeuvres d’art Photo Jacques Grenier FRANÇOISE ROUX, responsable de la librairie au musée de la Ville de Montreal.FRANCE LAFUSTE LE LIVRE d’art, c’est le necplus ultra de l’édition.La qualité du papier, la richesse des peintures, gravures ou photographies et l’intelligence du texte lui donnent ses lettres de noblesse.Mais il y a un hic.Le livre d'art coûte cher à produire et, de l’avis de Marcel Brocjuet, propriétaire des éditions du meme nom, « il constitue un véritable défi au' Québec où le marché est limité ».À titre indicatif, son Pellan, sorti l’an dernier, lui a coûté plus de $ 100,000 pour 4,000 exemplaires.Chacun de ses livres de la collection « Signatures » coûte trois à quatre fois plus cher qu’un roman.À la librairie du musée de la Ville • de Montréal, nombreux sont les ouvrages qui parlent de l’art dans ses formes multiples.L’édition québécoise et française y est largement représentée.Françoise Roux, responsable de la librairie, a de nombreux titres en tête.Difficile de faire un choix parmi la multitude d’ouvrages à peine sortis des imprimeries.Elle vient de découvrir L’Oeuvre architecturale, de Henry de Velde, publié conjointement par les Presses de l’Université Laval et l’Atelier Vo-kaer.Elle tient à nous le faire connaître : « Van de Velde est le pionnier de l’Art nouveau, inspirateur du Werkbund et du Bauhaus.Coup de coeur pour Annabel Lee, d’après Edgar Allan Poe, publié chez Toundra, illustré par Gilles Tibo et traduit par Stéphane Mallarmé, $ 19.95 : « Cet ouvrage s’adresse au- Sulte à la page D-4 Photo Jacques Grenier SUZANNE LAHAIE et FRANÇOIS THERRIEN, créateurs du jeu « Le Docte Rat » : 18,000 exemplaires vendus.%* m Dans un essai qui emprunte à l’histoire et à la sociologie, le professeur de l’Université Laval examine les transformations de la « culture » des Québécois au cours des dernières décennies.Le Sort de la culture sera lancé ces jours prochains.Avec l’autorisation de l’Hexagone, nous en publions un extrait où M.Dumont se penche sur la dislocation du rôle de l'Église.FERNAND DUMONT AU COURS des années 1950-1960, nous n’avons pas assisté à de violentes contestations.L’Église s’est désistée de son emprise sur l'éducation, les services sociaux, les organisations syndicales et autres.D’autant plus que des clercs ont pris, en divers domaines, la tête du mouvement.On rappelle souvent Cité libre, le Mouvement laïc de langue française, d’autres courants de l’époque où le procès du rôle de l’Église fut mis à jour.Mais je crois que nous ne savons pas encore l’essentiel sur cette période.Car ce fut au fond des consciences, et dans la clandestinité, que se joua le drame de la croyance.Sur ce drame, nous n’avons que de rares témoignages, dont celui de Laurendeau dans une lettre publiée par sa fille.Laurendeau y raconte qu’ayant perdu la foi vers 1945, il a dû le cacher à tout le monde pendant plusieurs années à cause de ses fonctions de journaliste et d’homme politique.Il n’y a donc pas eu de révolution qui expliquerait l’effritement de la société québécoise comme société religieuse.Un lent glissement, plutôt.À un monde à prédominance rurale avait fait place un monde plus urbanisé.Cela ne s’est pas produit selon les canons de la statistique.La première génération urbaine n’a pas délaissé d’un coup les mentalités et les traditions des campagnes.Ces mentalités et ces traditions se sont continuées en ville; elles s’y sont réaménagées afin de mieux durer.Incidemment, on relit là-dessus avec profit la monographie classique de Hughes sur la ville de Drummondville d’avant la guerre de 1939.Le pouvoir d’en haut n’a pas relâché son contrôle pour qu’enfin la société d’en bas se manifeste.C’est plutôt la canalisation traditionnelle de l’en-haut et de l’en-bas qui s’est modifiée.Une ouverture a été créée, puis est devenue béante, et l’État québécois y a conquis son emprise.Car la montée de l’État au Québec depuis 1960 n’a été, au fond, qu’un simple phénomène de transmission de pouvoir.À mesure que nous avançons dans les années 1980, ce me paraît un truisme que de la constater.D’autres pouvoirs, semblables à celui de l’État, ont émergé de la même manière : ceux des syndicats et des corporations professionnelles notamment.Leurs leaders tiennent un langage d’autorité, font régner des magistères qui n’auraient pas dépaysé les cardinaux d’autrefois.La transmission des pouvoirs, lorsqu’elle s’effectue rapidement et sans trop de heurts, est aussi transmission de symboles.Les idéologies n’ont pas contredit cette règle élémentaire; une certaine scolastique marxiste des années 1960 s’est imposée selon des arguments d’autorité et d’orthodoxie parfaitement comparables à la scolastique thomiste que l’on m’enseignait au collège.Donc, à considérer de près les idéologies des vingt Photo Jacques Grenier Une crèche de Noël d’antan : « La transmission des pouvoirs, lorsqu’elle s’effectue rapidement et sans trop de heurts, est aussi transmission de symboles .» cisives.L’une remonterait au XVIIIé siècle : elle a détaché la faille des communautés plus étendues.La seconde mutation aurait commencé il y a une vingtaine d'années et elle se poursuivrait sous nos yeux.Shorter y voit deux composantes principales : « L’instabilité inhérente au couple lui-même et la perte du contrôle dont les parents disposaient sur les adolescents.» À l’exemple de la famille, c’est de partout que se défont les formes anciennes des solidarités sociales.Cette mutation a atteint la société québécoise plus brusquement que beaucoup d’autres sociétés; elle s’est produite sur un terrain mal préparé à la subir.Mais les conséquences sont partout les mêmes Dès lors, que devient la culture religieuse ?Elle ne peut que traverser elle-même une transition radicale.Au ras du sol, elle n’a pas disparu; mais elle a éclaté dans toutes les directions.De ces voies d’éclatement, j’en retiens trois que je ne pourrai dé- Suite à la page D-4 Le Sort de la culture dernières années, on n’observe pas de révolution, tranquille ou non.On constate plutôt des effets de transposition, que les historiens de l'avenir enregistreront comme ces vagues de surface qui cachent davantage qu’elles ne démasquent les mouvements de fond des sociétés.La société québécoise d’antan s'était édifiée par eii bas; c’est à cette profondeur qu’elle a été détruite.L’ancienne société était trop enracinée dans des solidarités locales pour résister longtemps aux changements qui, de partout, travaillaient l’Occident.Prenons le cas de la famille.Décrivant les transformations de cette institution dans l’Occident moderne, Edward Shorter distingue deux mutations dé- Victor-Lévy Beaulieu L’HÉRITAGE roman Vous aimez l’émission?C’est aussi un livre Victor-Lévy Beaulieu L’HÉRITAGE * L’automne Un beau roman L’HÉRITAGE est un roman dense, fascinant par plusieurs côtés, émouvant et très profond par moments, car l’amour comme les retours vers l’enfance y sont présentés d’une façon telle que les mots rejoignent nos propres souvenirs.Alice Parizeau, Le Devoir 4ɧ§;; Les entreprises Radio-Canada Stankg les Editions internationales Alain Stanke .2127.rue Guy.Montreal H3H 2L9 (514) 935-7452 D-2 ¦ Le Devoir, samedi 19 décembre 1987 LE PLAISIR foc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es J * livres LES LIVRES-CADEAUX «ÇA PLAIT À TOUT COUP!» Francine Noël Myriam première Le roman de notre époque.Le deuxième volet de la grande fresque romanesque commencée avec Maryse.Un roman où l’humour et l’Imagination ne font jamais défaut, avec, en toile de fond, l’année 1983: l'après-référendum.la démobilisation, la désillusion amoureuse.mais aussi l'embrasement de l’Amérique latine, l’affirmation féministe, etc.Un bonheur de lecture garanti.536 pages — 19,95$ Dany Laf arriéra Eroshima Dany Lafemere Éroshima Après Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer, voici que l’inventeur de la «drague immobile» nous invite dans un loft habité par une Japonaise, en plein coeur de Montréal.Cela nous donne de belles pages sur l’érotisme et la beauté de la culture: un mélange explosif.Une bombe.174 pages— 12,95$ Marie Laberge Oublier Le grand succès de l’automne au Théâtre Jean Duceppe.Quatre femmes se retrouvent dans la maison maternelle parce que leur mère va mourir.Quatre soeurs éloignées pour des raisons différentes mais qui, toutes, cherchent à oublier.Quatre ois, quatre enfants, tenus silencieux depuis des années afin de permettre à l’adulte de survivre.142 pages — 9,95$ (illustré de photos de la pièce) Mary Meigs La tête de Méduse vin éditeur Durant un an.Mary et son amie, Marie-Claire, s’enga gèrent dans un ménage à trois avec la belle et domina trice «Andrée».Après la fin de leur liaison tumultueuse chacune des deux romancières, Andrée et Marie-Claire consigna ses souvenirs dans un roman.Quant à la troi sième personne, la biographe, elle s’efforce, dans le présent ouvrage, d’éclaircir les événements de cette année trouble.Un récit passionnant et tourmenté.240 pages — 16,95$ Françoise Iqbal Desafinado Otobiographie de Hubert Aquin Une recherche qui s’échelonne sur plus de dix ans.Quelque 60 personnes ont été approchées et interviewées, qui ont connu et c6toyé de pris ou de loin cet écrivain génial et le plus audacieux du Québec contemporain.Ces regards différents permettent d’esquisser un premier portrait, attachant et troublant, une première biographie de Hubert Aquin.464 pages (plus 6 pages de photos) — 24.95$ Haro Robitailla Des histoires d’hiver, avec de9 rues, des écoles et du hockey récit François* Hnocabés-Iqbal Desafinado Otobiographie de Hubert Aquin Marc Robitaille Des histoires d’hiver, avec des rues, des écoles et du hockey Ce bel album souvenir relate les grands moments, mais surtout les petits, d une année dans la vie d’un petit garçon de dix ans dont l’univers gravite autour de l’école, de la rue et du hockey et cela, pas nécessairement dans l’ordre.Les adultes y retrouveront leur propre enfance et les adolescents seront charmés par cet univers attachant.Abondamment illustré de photos et de cartes de hockey.142 pages — 12,95$ Jeanne Demers, Josée Lambert, Line McMurray Montréal Graffiti Qui n’a pas été interpellé, un jour ou l’autre, par les nombreux graffiti que l’on retrouve à Montréal?Qui n’a pas été tenté, un jour ou l’autre, de prendre le gros stylo-feutre, le pinceau et le pot de peinture ou la bombe aérosol pour inscrire son propre message sur un mur du centre-ville?Ce bel album-photos nous convie à un parcours inhabituel de Montréal.140 pages — 14,95$ Montréal graffiti Jeanne Daaern, Josée Lambert, Lin» Me Murray La part drabîme Réjean Bonenvant La part d’abîme Douze nouvelles habitées par l’étrangeté et le tragique, cette «part d’abîme» que 1 on porte en soi.Une écriture classique, nette et incisive, qui sait déraper, tout en se contrôlant, vers la métaphore et l’image poétique, pour créer un univers fait de folle, douce ou violente, de mort, symbolique ou réelle, et de rêve amoureux.160 pages — 14,95$ Billy Bob Dutrisac Une photo vaut mille morts William est photographe attitré de la police depuis 15 ans.Il en a vu défiler, devant sa caméra, des cadavres: brûlés, battus à mort, écorchés, violés, empalés, égorgés, torturés, déchiquetés, lacérés, etc.Bref, 15 ans d’horreur et de teneur.n y a de quoi devenir dingue, surtout quand un jour on découvre dans un sac vert le cadavre de sa propre fille.200 pages (format poche) — 8,95$ vlb éditeur DE LA grande littérature vlb éditeur BEST LA VIE LITTERAIRE 1 La Nuit sacrée Fiction et biographies Tahar Ben Jelloun Seuil (1)* 2 La Popessa Murphy/Arljngton Lieu commun (3) 3 Les Filles de .Caleb 1 & Il Arlette Cousture Québec/Amér.(6) 4 II y aura toujours des printemps en Amérique Louis-Martin Tard Libre Expression (2) 5 Brume Stephen King Albin (riichel (-) 6 Corps à corps A.-E.Dreuilhe Gallimard (4) 7 Les Grands Désordres Marie Cardinal Grasset (5) 8 Ouragan II James Clavell Stock (-) 9 Le Miroir secret Shirley Maclaine Michel Lafon (10) 10 Blizzard sur Québec Alice Parizeau Québec/Amér.(-) Ouvrages généraux 1 Astérix chez Rahazade R.Gosciny A.Uderzo Albert René (D 2 Dieu ne joue pas aux dés Henri Laborit éd.de de l’Homme (2) 3 La Bombe et l’orchidée Fernand Seguin Libre Expression (4) 4 À la découverte de son corps Linda Madoras Jeannette Bertrand Trois temps trois mouvements (-) 5 Dictionnaire thématique visuel bilingue J.-C.Corbeil Québec/Amér.(-) Compilation faite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Champigny, Flammarion, Raffin, Demarc; Québec : Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières : Clément Morin; Ottawa : Trillium; Sherbrooke : Les Biblairies G.-G.Caza; Joliette : Villeneuve; Drummondville : Librairie française.* Ce chiffre indique la position de l'ouvrage la semaine précédente Les best-sellers Esprit sur un plateau MIROIR SECRET Shirley Maclaine Paris, Michel Lafon 1987, 293 pages SYLVIE MOISAN LA PLUPART des récits autobiographiques de grandes vedettes du ci-’ néma ou du monde du spectacle ont le pouvoir de nous faire rêver.C’est avec un mélange d’admiration et d’envie qu’on découvre les secrets de ces existences trépidantes, les fascinations de cet univers où se côtoient quotidiennement ceux dont les journaux du monde entier parlent tous les jours.Luxe, célébrité et richesse, que demander de plus à la vie ?Pourtant, cela ne semblait pas suffire au bonheur de l’actrice Shirley Maclaine, à tel point qu’elle se tourna un jour vers le monde du spirituel.C’est cette recherche de spiritualité qui constitue un des ingrédients essentiels de son récit autobiographique intitulé Miroir secret.Shirley Maclaine raconte ici les péripéties entourant le tournage d’une série télévisée dont elle a écrit le scénario et qui est réalisée à partir de son premier livre, L’Amour-Fou-dre.Voilà sans doute une expérience très particulière : jouer son propre rôle, « dix ans après », choisir les comédiens qui prendront, le temps du tournage, la place de ses amis d’an-tant et revivre devant la caméra ce grand amour passé et ces expériences majeures qui ont transformé à jamais votre existence.Mais ce n’est pas en cela que réside la partie la plus étonnante de ce récit.En fait, c’est la nature même des expériences vécues par Shirley Maclaine qui nous surprend le plus.Elle nous apprend, en effet, que grâce à ses contacts avec les espnts, par l’intermédiaire d’un médium, elle a découvert en partie les secrets de ses vies antérieures.Au cours d’une séance d’acupuncture spirituelle, elle a même revécu une expérience de « décorporation » s’étant déroulée dans une vie antérieure et qui lui avait alors permis d’entrer dans d’autres corps, et ce durant plusieurs siècles.Les esprits sont très importants dans la vie de la comédienne.Ils lui servent de guide.Ce sont eux qui lui ont appris que nous choisissons tous le moment de notre naissance, le corps dans lequel nous fèa Nouveaux locaux pour la Société historique de Québec QUÉBEC — Le maire de Québec, Jean Pelletier, a inauguré mardi les nouveaux locaux de la Société historique de Québec.Les bureaux de la société seront désormais situés au 43, côte de la Fabrique, sous l’hôtel de ville.Cette année, la société fête le 50e anniversaire de sa fondation.Son entrée dans ces nouveaux locaux et la gestion du Centre d’interprétation de la vie urbaine, qui lui a été confiée le 3 juillet dernier, constituent une fa- çon bien particulière de signaler cette 50e année d’existence.Par cette nouvelle localisation, la Société historique de Québec espère rendre accessible à un plus large public son centre de documentation ainsi que ses nombreuses publications.Les bureaux seront ouverts aux mêmes heures que le Centre d’interprétation de la vie urbaine, soit de 10 h à 17 h tous les jours, sauf le lundi.MARC MORIN Prix Émile-Nelligan 1987 L’UNIO (Uneq), Èmile-N L’UNION des écrivains québécois 'Uneq), qui administre le prix imile-Nelligan pour la fondation du même nom, rappelle que la période d’inscription pour l’édition 1987 du prix est ouverte jusqu’au 10 janvier.Le prix Émile-Nelligan, créé en 1979, couronne un ouvrage de poésie en langue française d’un ou d’une poète d’Amérique du Nord, âgé(e) de 35 ans ou moins.La remise du prix — une bourse de $ 3,000 et une médaille à l’effigie du poète — aura lieu en mars prochain.Pour autres renseignements : Jocelyne Dazé, Union des écrivains québécois, 1030, rue Cherrier, bureau 510, Montréal, H2L1H9; tél.: 526-6653.Photo AP SHIRLEY MACLAINE recevant l’Oscar de la meilleure actrice dans Terms of Endearment, à Hollywood en 1984.naissons, ainsi que le moment de notre mort.Ses bonnes relations avec les esprits lui permettront également de leur demander de participer au tournage du film.Ils se plieront de bonne grâce à l’obligation de répéter plusieurs fois leur texte.Après tout, n’ont-ils pas l’éternité devant eux ?Shirley Maclaine a également eu la chance de rencontrer quelqu’un qui fut très intime avec une extraterrestre; elle possède une icône qui pleure des gouttes d’huile et nous raconte la conversation qu’elle a eue avec son ex-amant, quelque temps après la mort de celui-ci.Elle nous fait aussi le récit de cette fois où, grâce aux enseignements d’un sorcier inca, elle réussit à faire revenir le beau temps, durant le tournage.Pour ceux qui, comme moi, n’ont as lu le précédent livre de la cé-èbre actrice, la surprise risque d’être grande.Si l’auteur nous parait plutôt sympathique dans sa recherche de vérité et de spiritualité (deux mots qui sont pour elle synonymes), les principales caractéristiques de sa personnalité semblent être la naïveté et une très puissante force d’imagination.Photo Gilles Carie La comédienne et auteur ANNE DANDURAND sera à Place aux poètes, mercredi prochain.Lecture Skol DANS le cadre des activités du 10e anniversaire de l’Uneq, les invités des lectures Skol, demain à 13 h, sont Gaétan Brulotte et Monique Proulx.Le premier est l’auteur du roman L’Emprise (prix Robert-Cliche 1979) et du recueil de nouvelles Le Surveillant (prix Adrienne-Choquette et France-Québec 1982).La seconde a écrit deux pièces de théâtre et en prépare une troisième pour le théâtre d’Aujourd’hui ; Conversation, en collaboration avec Marco Micone; elle a publié deux livres ; des nouvelles, Sans coeur et sans reproche (prix Adrienne-Choquette 1983 et Grand Prix du Journal de Montréal 1984), et un roman récent, Le Sexe des étoiles (voir LE PLAISIR DES LIVRES du 12 décembre).Il s’agit de la quatrième lecture Skol cette année.La galerie Skol est au 3981, boulevard Saint-Laurent, espace 222.Pour renseignements : 842-4021 ou 526-6653.Place aux poètes « POÉSIE en fête » : le mercredi 23 décembre, l’animatrice Janou Saint-Denis reçoit la comédienne Anne Dandurand, le poète Yves Gosselin, Céline Delislë, Agathe Génois et Monique Saint-Laurent.C’est à 21 h mercredi prochain, à La Folie du large (1021, rue de Bleury, angle Viger - métro Place-d’Armes ou Place-des-Arts).Pour renseignements : 397-1222.Le 21e Vice versa LE MAGAZINE transculturel Vice versa lançait jeudi son 21e numéro, sous le thème de « Visions américaines».En même temps, l’équipe de rédaction fêtait Noël sur des rythmes italiens et africains au bar Keur Samba de l’avenue du Parc.« Winnie ille pu » SI VOUS croyiez que les aventures d’Astérix le Gaulois constituaient un cas unique d’oéiivre contemporaine offerte en version latine, détrompez-vous.Le classique anglais de la littérature enfantine Wirmie-the-Poo, texte de E.E.Milne et illustrations de E.H.Shepard, en est déjà, dans sa version latine réalisée par Alexander Lenard, à une 22e impression et quelque 135,000 exemplaires vendus.C’est même le seul ouvrage en latin qui se soit jamais retrouvé sur la liste des best-sellers du New York Times.Pour ceux qui n’ont pas perdu leur latin, la réédition de septembre des aventures de l’ourson Winnie, Winnie ille pu (Obelisk éditeur, 160 pages, 90 illustrations, notes et glossaire, $ 9.95), est distribuée au Canada par Beaverbooks, à Markham (Ontario).RtvIScD ÉDITION • WITH NOIES ¦ AND • CIOSSAK1 TÉLÉVISION Au réseau français de Radio-Canada, dimanche à 9 h 30, Livre ouvert, une série conçue pour promouvoir le goût de la lecture chez l’enfant.Au réseau de Télé-Métropole, dimanche entre midi et 14 h, Reine Malo propose, à Bon Dimànche, la chronique des livres par Christiane Charette et la chronique des magazines par Serge Grenier.Au réseau français de Radio-Canada, dimanche à 13 h, à l’émission Rencontres, Marcel Brisebois reçoit Jacques Guillèt, jésuite et bibliste, auteur de Entre Jésus et l’Église (Seuil).Au réseau français de Radio-Canada, dimanche à 16 h, Nathalie Petrowski et Daniel Pinard animent La Grande Visite, une émission où l’on reçoit parfois un écrivain.À TVFQ (câble 30), dimanche à 21 h, c’est la 600e émission d’Apostrophes.Bernard Pivot reçoit Michel Serres, Jorge Sem-prun, John Fowles, Mario Vargas Llosa et François-Bernard Huy-gue.(Reprise le dimanche 27 décembre à 14 h.) Au réseau Vidéotron, lundi à 21 h 30, à l’émission Écriture d’ici, Christine Champagne reçoit un écrivain.(En reprise mardi à 13 h 30, vendredi à 4 h 30 et samedi à 14 h 30.) RADIO AM À la radio AM de Radio-Canada, tous les jours de la semaine, aux Belles Heures, entre 13 h et 15 h, Suzanne Giguère parle de littérature.RADIO FM À CIBL-FM, Montréal, dimanche à 17 h 30, à l’émission Textes, Yves Boisvert lit des pages d’Antonio d’Alfonso.L’émission est une présentation des Ecrits des Forges.À Radio-Canada, du lundi au vendredi à 16 h : La Francophonie raconte (série de 10 émissions produites par Radio France).À Radio-Canada, lundi à 16 h 30 ; Documents.« Exil et mouvances d'Acadie », récits tirés de la petite histoire acadienne, racontés par Claude LeBouthillier, écrivain et psychologue (4e de cinq émissions).À Radio-Canada, mardi à 21 h 30 ; En toutes lettres, magazine consacré à la littérature québécoise, animé par Marie-Claire Girard.À Radio-Canada, mercredi à 21 h 30 : Le Jardin secret Marcel Dubé est l'invité de Gilles Archambault.À Radio-Canada, mercredi à 22 h : Littératures.« Les poètes dans la Résistance » (3e de quatre émissions).À Radio-Canada, vendredi à 22 h : Trajets et recherches.Claude Lévesque s’entretient avec Raymond Beaugrand-Champagne, réalisateur de l'émission Rencontres.__M M ALAIN GRANDBOIS LETTRES À LUCIENNE AVEC AVANT-PROPOS, INTRODUCTION ET ROTES DE LUCIENNE B « Des lettres de passion.» Jean Basile, La Presse B « Le récit d’une passion secrète et douloureuse.» Quy Cloutier, Le Soleil HEINZ WEINMANN DU CANADA AU QUÉBEC GÉNÉALOGIE D’UNE HISTOIRE ?ci ne grande synthèse historique post-référendaire qui se lit comme un véritable roman.?«Le livre de Heinz Weinmann n’a rien de rassurant.L’histoire du Québec n’est plus un cantique, mais une tragédie.» Jean Basile, La Presse HEINZ WEINMANN DU CANADA • AU QUÉBEC GÉNÉALOGIE D UNE HISTOIRE % LETTRES 1 Hexagone lieu distinctif d ESSAI lieu distinctif d'édition littéraire québécoise Le Devoir, samedi 19 décembre 1987 ¦ D-3 LE PLAISIR ,]pc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es w • livres Le complexe de Jonas Neuf mois dans la vie d’une femme LA VIE A REBOURS André Vanasse Montréal, Québec/Amérique 1987, 182 pages LETTRES QUEBECOISES JEAN-ROCH BOIVIN EN 1980, André Vanasse faisait paraître La Saga des Lagacé, son premier roman.Le tirage en étant épuisé, ce n’est que l’automne dernier, grâce à la réédition qu’en faisait Leméac dans sa collection de poche (n° 11), que j’ai enfin pu le lire.Je dis « enfin » parce que, au cours de ces six années, je ne sais combien de personnes m’ont promis de me le prêter ou m’ont simplement dit : tu devrais le lire.J’éprouve toujours un sentiment ambigu quand je reçois ce genre d’exhortation.J’ai ma théorie que les grands romans finissent un jour par vous rejoindre.C’est ce qui arriva et je compris qu’on me l’avait recommandé connaissant mon goût pour les personnages excessifs, les aventures démesurées charriant les petites et les grandes violences de la vie.André Vanasse s’y révélait un écrivain à la plume alerte, efficace, à la langue vigoureuse, juteuse, sensuelle, et, dès ce premier roman, en pleine possession de ses moyens.Ces mêmes qualités se retrouvent dans La Vie à rebours, d’autant mieux mises en évidence que, délaissant l’aspect saga, il nous fait vivre le drame intime d’une grossesse.Modulant en contrepoint, d’une façon aussi originale qu’habile, la narration au passé et à la troisième personne et le style direct au présent et au « je », il arrive à nous faire vivre de l’intérieur, littéralement, l’aventure de Vénoussa.(Vanasse/Vénoussa : pas de clé là, un simple clin d’oeil à la M adame-Bo vary-c’est-moi.) Toute grossesse est une aventure particulière en soi.Celle de Vénoussa est aussi particulière que celle de Mia Farrow dans Rosema-ry’s Baby, sauf que Vénoussa est tellement plus sympathique et moins bête ! Pas mariée du tout et pas du tout frustrée, c’est une femme indépendante de fortune et d’esprit, ce qui lui permet d’être intelligente sans faire peur aux hommes.Grassouillette, elle n’en a trop cure; elle est jolie et elle plaît.Un soir, comme ça, elle drague son voisin de palier.Ils baisent et c’est l’explosion tantrique.Leurs molécules orgasmisent tant et si bien qu’ils remettent ça illico.Faut dire que le voisin de palier, pas si beau, militant mystico-mar-xiste (ça, elle l’apprendra plus tard quand elle voudra connaître ce foetus avec lequel elle veut maintenir un dialogue constant), lui avait fait mâchouiller du peyotl ! Au moment où éclate la jouissance de Serge, il est comme aspiré dans ses jus substantiels et se retrouve au paradis amniotique dans le ventre de Vénoussa.La grasse fille est maintenant grosse et passablement abasourdie.Une fois ramenée sur terre par le Photo Jacques Grenier ANDRÉ VANASSE.langage du pharmacien, Vénoussa vivra son état de grossesse comme un état de grâce.Et nous avec.Elle a l’avantage, si l’on peut dire, d’être habitée par un foetus adulte.Il lui joue « du piano temporel » sur les parois intérieures.Il suffit qu’elle pense pour qu’il l’entende.Elle aurait tendance à se couper du monde pour vivre exclusivement son dialogue amoureux avec son Serge intérieur.Lui, remontant à rebours le cours de la vie, connaît presque une année de bonheur liquide dont il ne lui restera qu’un trou noir.Un blanc de mémoire.Le complexe de Jonas ! Cette histoire d’amour schizo entre Vénoussa et son Serge incorporé est racontée avec une telle finesse qu’on est vite prêt à avaler des couleuvres.Évidemment, ça finira mal.En attendant, on s’amuse bien avec Vénoussa qui doit bien, malgré tout, affronter de temps en temps le monde extérieur.Cela nous vaudra une confrontation épique avec deux policiers, des rencontres dans les boutiques de vêtements pour enfants, avec un disciple de Serge pour en apprendre un peu plus sur lui et, surtout, une journée merveilleuse où Vénoussa se paie la traite.Elle nous emmène d’abord chez Lise Watier, rue Laurier (où je n’irai jamais et ne m’en consolerai pas !), puis à la Place des arts pour un spectacle de danse et, enfin, dîner au restaurant avec un ami « gay » pas très gai.Et l’on souhaiterait que Vénoussa restât enceinte toute la vie ! Mais elle est épileptique et cette histoire de possession tournera mal.Il fallait beaucoup d’audace, peut-être même de la témérité pour aborder un pareil sujet.Il fallait surtout beaucoup de talent à l’écrivain pour que le roman ne dérape pas dans le loufoque mais s’inscrive si bien dans cette fin de siècle qu’il en devient presque une allégorie.C’est de la prouesse.| Gis et silences il 1 des poètes d’automne : I.ÉCLATS D’ÂME Ronald Lemieux Montréal, sans éditeur, 1987 BENOÎT LACROIX QUI, de ma génération du moins, ne se souvient du temps où il y avait dans les journaux du matin et même du soir publication d’un poème, d’un court récit ou d’une nouvelle in extenso ?Signe des temps, la parole aujourd’hui est plutôt aux lettres ou- ’ vertes.La démocratie y gagne, mais la culture ?Les poètes, avec les mots de leurs rêves, n’ont-ils pas été, en histoire de l’H umanité, images et reflets, prophètes et souvent hérauts de bonne aventure ?Même sur une société aussi fragile que la jeune société québécoise toujours aux prises avec ses obstinations et ses astinations, le pouvoir du poète correspond à une sorte de pensée magique qui laisse entrevoir, à travers toutes les vicis-— situdes que l’on sait, comment un peu de lumière sur le pays ne sera ja-g mais de trop.Depuis que la poésie ne se lit presque plus, les poètes, eux, v persistent à crier à temps et à coni'»-; tre-temps.Bravo ! Ils arrivent, la ; plupart, à pas feutrés, peu connus, - mal connus, inconnus même.Grâce v à quelques rares éditeurs témérai-5 res, grâce aux petits tirages à ’ -Compte d’auteur réservés aux pro ' ches, ces hommes et ces femmes appellent de nouveau le peuple à se réveiller et à chercher une route sa-_*crée, fût-elle celle du désert.K * C’est ainsi que, par un amical ha-; sard, au moment où le goût est à re- • lire les admirables pages de Fernand ; Ouellette (Les Heures) et de Jean • Royer (Depuisl’amour), tombent ; sur ma table les textes d’un autre ï poète plutôt inconnu et même sans adresse d’éditeur.Éclats d’âme ( 1987) aurait été tiré à quelques dizaines d’exemplaires.Héritier sûrement involontaire de tant de poètes du début du siècle qui ont chanté notre automne — qu’on pense à Desrochers, Lemay, Ferland, Lozeau et à tant d’autres — Ronald Lemieux nous enveloppe dans une tout autre perspective que celle des mélancolies et des tristesses saisonnières : « Errant en plein désert, il va, il vient, il ne sait trop où il habite.» « Sans arme ni compas », mais apportant fièrement au dos le baluchon de la liberté, il s’avance de peine et de misère en son jardin imaginaire « sans trop savoir le nom des fleurs ».« Un enfant veut sauver la ville.» « Marées de rêves et d’étoiles.» « Je sais ma démesure.» « Comment aimer la vie quand à la moindre vague la mer peut tout effacer du sentier nouvellement tracé ?» Peut-être faut-il toujours partir, repartir pour survivre.Parce qu’il est défeuillé et même enneigé, l’arbre ne signifie pas nécessairement sa mort.Il y a toujours les racines.Le poète doit à l’occasion savoir ne rien dire pour écouter le meilleur en lui, l’invisible racine du pays.Un instinct sacré lui dit : « L’hiver m’appelle au silence.» Mais non ! Il faut encore crier pour réveiller le pays.Comme dirait Borduas : « Un magnifique devoir nous incombe : conserver le précieux trésor qui nous échoit.Lui aussi est dans la lignée de l’histoire.Ce trésor est la réserve poétique, le renouvellement émotif où puiseront les siècles à venir.Il ne peut être transmis que transformé, sans quoi c’est le gauchissement.» Place aux poètes ?Sûrement.'m 1 ‘Si F* J m • H *'''¦*'j m m >&>1 m A-sgj.- • »••• m m Wl=K \ ?-j \ f.?>T Champieny abuse du Père Noël! ,a?«5! h' *•>1 yv/v ¦n'A ,v.*3 H 11 J *’.*• -N HA T:>3 Petit Robert 2 r*:;4 Noms propres ¦7.-.VI *.î i# J tes} -Ti #;1 J I .*.»•••¦] C S m •Al 1 m PETIT ROBERH » reg.69,95 51,95 Le Robert Dictionnaire de la langue française 9 volumes rég.810,00 '699,95 Atlas historique du Canada Des origines à 1800 P.U.M.rég.95,00 70,95 Petit Larousse en couleurs 1988 .— < V; ••.X: 1 rég.79,95 59,95 Chronique de la France et des Français Larousse s siast» de la France rég.95,00 70,95 Chronique du 20e siècle Larousse reg.95,00 70,95 Grand Larousse en 5 volumes "L5" Prix au 1er janvier 1988 535,00 I t GRAND Larcxisse EN .5 VOLUMES .> le I 345,95 Encyclopédie du Canada Stanké nu CANADA reg 250,00 149,95 Dictionnaire thématique visuel bilingue (coffret) J.-C.Corbeil et A.Archambault Québec-Amérique Dictionnaire Thimââqu* Visuel reg 59,95 31,95 La part du lion Linda McOuaig Éd.du Roseau \KJ reg 22,95 17,95 Histoire naturelle et morale de la nourriture M.Toussaint-samat Bordas histoire; NATUREUE'iP MORALE DELA NOURRITURE reg.97,00 75,95 Miroir secret Shirley Maclaine Michel Lafon Corps à corps A.E.Dreuilhe Gallimard/Lacombe CORPS A CORPS ALAIN EMMANUft WtfUIlHf La Popessa P.l.Murphy et R.Arlington Lieu Commun LaFbpessa PAUL 1.MUKPHY it «e»F m mcTOft ém À la recherche du temps perdu, tome l Marcel Proust Nouvelle Édition La Pléiade/Galllmard Sur toute La Pléiade 25% de remise Le Québec en poésie Jean Royer Folio Junior/Gai imard le Québeç rég.7,75 5,95 Il y aura toujours des printemps en Amérique Louis-Martin Tard LIL/I C CA|JI Cddl Ull Ti Ç g * 1"^ La grande sultane B.Chase-Riboud Albin-Michel HRI| H La nuit sacrée Tahar Ben Jelloun seuil Prix Concourt 1987 La nu* | I L* i*J Les éblouissements Pierre Mertens Seuil Prix Mêdlcis 1987 sa Mouflets Susan Minot Gallimard Prix Fémlna étranger 1987 BOULETS atSasr , m 9* Les possédés de wall Street Dominique Nora Denoël Les animaux et leurs petits Livre-jeu Marc Mongeau Éd.Michel Quintin Boule et Bill (Toute la collection) RgL Billets de Bill Dupuis reg.8,95 ch.6,95 Ch.Yoko Tsuno (Toute la collection) Dupuis B m II DRAGON K HONG KONG I i rë rJm’- rég.8,95 ch.6,95 ch.Gaston Lagaffe (Toute la collection) Dupuis GASTON reg.8,95 ch.6,95 Ch.Astérix Le grand fossé L’odyssée d’Astérix Le fils d’Astérix Astérix chez Rahàzade Éd.Albert René cijcz reg.8,95 ch.6,95 Ch.\ r -.V i / L — -o .N I r s n I ^ ' US m Mafaida (Toute la collection) Éd.Glénatl Mafaida s en va! - k-G reg 8,95 ch 6,95 ch.Aller r$*dqr D.schinkel et Y.Beauchesne Pierre Tisseyre ALLER >m1T reg.10,95 m 7,95 venir au monde Livre-jeu m.-f.Hébert et D.Labrosse La courte-échelle reg 19,95 15,95 Où est Charlie?Martin Handford Gründ où reg.16,50 12,95 Larousse gastronomique LAROU reg 110,00 84,95 Amour et sexualité Master et Johnsons interÉditions 4 j.jtaMUtfiMKf.A j reg.47,95 39,95 Guide d’identification des oiseaux National Geographic society/M.Broquet Le grand livre de la cuisine de Pol Martin Brimar Le Grand MLivre Vll'W DE LA CUISINE La renaissance italienne Coll.Les grandes époques de l’art/ Metropolitan Museum Gründ IFS GRAM 1 S(i, XjijS • mt • r LA RENAISSANT f JTA I.IÇMMl" rég.32,95 25,95 Profitez de^ notre service h d'emballage l gratuit! Champisny « .* Champigny au bout du fil! Utilisez votre téléphoné, et votre carte de crédit puis recevez votre commande directement a domicile.Librairie Champigny inc.OUVERT 7 JOURS 4474, rue Saint-Denis de 9H à 21 h Montréal g - _ lÿAv] «a vwA tel m fcM m P-4 B Le Devoir, samedi 19 décembre 1987 LE PLAISIR rffc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es J • livres Le syndrome du best-seller SOUS LA GRIFFE DU SIDA Marthe Gagnon-Thibaudeau Chicoutimi, éditions JCL 1987, 363 pages LETTRES QUEBECOISES ALICE PARIZEAU PENDANT des années, on se plaignait que les livres des écrivains québécois étaient trop complexes, trop hermétiques, mal diffusés et mal distribués.Bref, ils se vendaient mal, sauf exception, et ne rejoignaient qu’un public limité.Désormais, la preuve est faite qu’un livre d’ici peut devenir un roman à succès et l’approche très américaine, copiée d’ailleurs en Europe, en France en particulier, consiste à parler, au moment du lancement, des best-sellers en devenir.Par conséquent, tout y passe, des romans intéressants comme ceux qui ne le sont pas, mais, quand on annonce que le livre de Marthe Gagnon-Thibaudeau est le premier roman québécois sur le sida, « ce mal du siècle », on peut s’attendre à un succès de librairie.Sur la couverture, le visage d’une jolie fille triste, bien maquillée, bonne présentation, travail soigné de l’éditeur et, à l’intérieur, l’auteur explique en 363 pages que seule la bonté peut effacer le drame.Solange Malenfant, une femme riche, une professionnelle, apprend qu’elle est atteinte du sida.Elle porte en elle le virus depuis cette nuit passée en compagnie d’un homme qu’elle n’a eu ni le temps ni l’envie d’aimer.Une vraie passade, comme on disait au Grand Siècle, qui ne mérite pas le terme de « péché ».Il ne s’agit donc pas pour l’héroïne d’avoir des remords ou même des regrets.Une dimension des réactions humaines est ainsi atténuée dès le départ.Solange n’éprouve à l’égard de l’homme qui l’a contaminée aucun ressentiment et s’applique plutôt à prendre en main la situation.Précis, factuel et jamais scabreux, le roman contient des.renseignements précieux sur une maladie relativement mal connue.L’histoire est édifiante, en outre, puisque l’héroïne vend sa compagnie pour créer un centre où elle va recevoir les gens marqués comme elle par la griffe du sida.Ce qui manque, toutefois, c’est le niveau de transposition, ce symbolisme des romans inoubliables qui racontaient les maladies de l’époque, vaincues depuis par les progrès de la Photo éditions JCL MARTHE GAGNON-THIBAUDEAU.médecine.Maladies sociales, telle la tuberculose, maladies industrielles, dont l’amiantose, maladies honteuses, telle la syphylis.Le roman de Marthe Gagnon-Thibaudeau ne se situe pas, en somme, sur le même plan que ceux d’un Thomas Mann, pour ne citer que ce grand écrivain, et on ne le lira pas pour réfléchir sur les diverses dimensions de la condition humaine, ni même pour se poser des questions sur la culture, superficielle à plusieurs égards, de notre époque.N’empêche qu’il peut devenir, la curiosité aidant, un best-seller et faire connaître rapidement son auteur dont c’est le premier livre.Les livres sur les arts Suite de la page D-1 tant aux enfants qu’aux adultes.Les dessins rappellent par leur fraîcheur ceux de Saint-Exupéry.» Les éditions Broquet viennent de sortir Nérée de Grâce, peintre du Nouveau-Brunswick, natif de Chip-pagan, collection «Signatures», $ 29.95.La libraire aime beaucoup « l’allure hiératique de ses personnages, la singulière scénographie de ses compositions, le fond mythique de son inspiration ».Le texte est signé Pierre-H.Savignac.Les éditions Graff nous offrent leur vision du monde de 1966 à 1986, ou la vision d’une génération.Pierre Ayot, l’un des piliers de l’atelier de gravure situé sur la rue Rachel, et Madeleine Forcier retracent les principaux événements artistiques, politiques qui ont eu lieu depuis 1966, soulignent des dates importantes comme le 50e anniversaire du mouvement dadaïste ou l’exposition de Molinari, avec, en parallèle, des photos représentant sculptures, gravures, installations, témoins de l’évolution de l’atelier.L’ouvrage porte le titre humoristique de Le Monde selon Graff, tout simplement, $45.LE DE Faut pour le cioliel Françoise Roux nous fait découvrir, avec un plaisir non feint, Medium : photocopie, publié par Copie-Art : « Il s’agit ici d’un catalogue réalisé pour une exposition au centre Saidye-Bronfman; l’approche est novatrice et la photocopie couleur, grand format, illustre les possibilités créatrices de ce médium qu’est la photocopie.On y trouve des oeuvres de Dominique Blain, d’Evergon connu pour ses polaroïds géants, de J.W.Stewart, aux accents poétiques, et d’Ariane Thézé», $35.Et, dans le lot d’oeuvres publiées par le musée des Beaux-Arts émerge celle de Jean McEwen : La Profondeur de la couleur : « L’oeuvre a été publiée à l’occasion d’une rétrospective des peintures et oeuvres sur papier de rartiste, couvrant la période 1951-1987, $35.Enfin, aux éditions du Méridien viennent de paraître trois ouvrages importants qui « témoignent de l'originalité architecturale et du patrimoine québécois : Découvrir l’histoire par l’architecture, à $ 19.95'; Maisons de campagne des Montréalais, 1892-1924, ou l'architecture des frères Maxwell et Les Grandes Places publiques de Montréal, qui raconte et illustre l’histoire de la place d’Armes et des squares Victoria, Vi-ger et Dominion, de leur origine à nos jours, $ 29.95 broché, $ 49.95 relié.«Le Docte Rat» Suite de la page D-1 mois.La troisième édition, de 6,000 exemplaires, est maintenant écoulée et, sur la dernière édition, de 20,000 exemplaires, plus de 4,000 jeux étaient vendus au moment de l’entretien.Pour un total de plus de 18,000 exemplaires en 15 mois.Le profit réalisé à chaque édition du jeu est réinvesti dans l’édition suivante.Rien n’arrête nos deux créateurs.Ils ont plusieurs projets en tête.D’abord, exploiter a fond le marché québécois en éditant des séries de cartes questionnaires sur des thèmes précis : la langue française, l’histoire du Québec, etc.Ensuite, éventuellement, conquérir d’autres marchés.Le marché européen les tente particulièrement.On n’a donc pas fini d’entendre parler des productions Ludica .— Guy Ferland Le Sort de la culture Suite de la page D-1 crire que d’une façon très sommaire.La première, la plus évidente, se traduit dans la multiplication des sectes, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Église catholique.Pourquoi s’en surprendre ?Là où la société globale fait défaut, là où les larges communautés sont devenues des organisations trop structurées au regard de la mouvance des consciences et des opinions, des regroupements prennent la suite, tantôt parce qu’ils apportent satisfaction à une quête plus intime, tantôt parce qu’ils consolident une rigidité de doctrines et de pratiques que les Églises ont abandonnée.Selon une deuxième direction, les anciens supports de la culture religieuse n’ont pas disparu ; ils changent de portée et de sens.Surtout dans les milieux populaires, la paroisse demeure un lieu important de rassemblement.Je connais des gens qui ne pratiquent plus ou qui ne pratiquent guère et qui participent pourtant aux oeuvres et aux associations paroissiales.Je soupçonne que ce qui vaut pour la paroisse concerne aussi la famille.Les recherches manquent sur ce pint.Mais, si je me fie à des observations personnelles, la rupture de l’héritage religieux n’est pas aussi abrupte que l’on pourrait croire.Dans beaucoup de familles, l'héritage religieux ne se transmet pas de la même façon qu’autrefois; cependant, la distance entre générations ne s’identifie par nécessairement avec des conflits.Il arrive que parents et enfants, à cause justement de la différence, engagent des dialogues plus nets et plus abandonnés que naguère.Cela ne fait pas des pratiquants plus nombreux ; cela porte plus loin l’interrogation religieuse.J’en arrive ainsi à la troisième observation que je veux retenir : le désistement des lieux communautaires a rejeté l’individu vers lui-même.À ce proposées sociologues et d’autres spécialistes parlent de narcissisme.Phénomène ambigu, là encore.D’une part, et c’est ce qu’on en retient d’habitude, ce narcissisme engage à la réalisation exaspérée de soi-même : la beauté, la santé, la domination d’autrui.Sous ces revêtements du désir ou en marge, par dégoût ou par compensation, le narcissisme fait voir la recherche angoissante d’un salut.Narcisse rôde autour de lui-même, ne perd jamais de vue son miroir, compte ses rides et ses années; il rêve, du même coup, d’être immortel .Ma recension des directions que prend la culture religieuse d’aujourd’hui, après reffacement de l’ancienne, est incomplète et superficielle.Une fois de plus, faisons appel à la recherche, à des investigations minutieuses.De mes remarques, il ressort néanmoins une dernière interrogation, et qui me ramène à mon point de départ par un circuit obligé.Au Québec, la culture religieuse se cherche désor- FERNAND DUMONT.mais au ras du sol.Comment, à un autre niveau, le relais est-il pris par rapport à la société de jadis ?En d’autres termes, par quoi sont remplacées les idé(v logies défuntes, quel discours est possible pour que la société québécoise d’aujourd’hui se dise et se reconnaisse ?Un temps, on a cru qu’un néo-nationalisme élaborerait le discours de la nouvelle société québécoise la ferveur politique remplaçant la ferveur religieuse On sait ce qu’il en est advenu au cours des années dernières.Certes, le nationalisme n’est pas disparu Mais il n’a plus, dans les débats publics tout au moins la résonance qu’on a connue.Il est rentré dans la vie privée.Une génération en est meurtrie.Il faut entendre, à ce sujet, les aveux de beaucoup d’hommes et de femmes dans la quarantaine pour qui la politique avait servi de religion et qui se retrouvent, comme me le disait l’un d’entre eux, « orphelins et sans espérance ».C’est un drame rehgieux, celui-là aussi.[.] (Tous droits réservés, éditions de l’Hexagone, 1987.) Anticosti: le rêve colonial Archives nationales du Québec Retour d’une chasse à l’ours à l’île d’Anticosti en 190L ÉPOQUE DES MENIER À ANTICOSTI, 1895-1926 Lionel Lejeune Saint-Hyacinthe éditions JML, 1987 MARC-FERNAND ARCHAMBAULT VOICI une évocation à la fois précise et sobre d’une époque déterminante de l’histoire de llle d’Anticosti par un membre d’une des plus vieilles familles de l’île et qui participa de très près à son développement.On a pu croire que Ménier, l’industriel français qui était jusqu’alors surtout connu par sa chocolaterie, fut presque le premier découvreur de l’île.Ce n’est pas tout à fait le cas.Il y avait des habitants, des squatters qui formaient une population bigarrée par ses origines et qui tentaient de mettre en valeur les ressources de l’île.Menier, à la suite de la lecture d’une petite brochure publiée à Paris, décide de prendre une option d’achat sur l’île et d’envoyer une équipe sous la direction de son ami et homme de confiance Georges Zédé-Martin pour inventorier les possibilités de l’îlet Malgré des difficultés, Menier se porte acquéreur de l’île en 1895 pour la somme de $ 125,000.Les choses vont alors très vite, surtout que l’entreprise bénéficie de l’appui inconditionnel des autorités de Québec et d’Ottawa.Zédé-Martin se voit confier la direction de l’affaire.On se lance alors dans une vaste entreprise de construction, dans des travaux d’infrastructure qui ne cesseront pas jusqu’à la mort d’Henri Menier en 1913.Celui-ci ne viendra que six fois dans son île.On engage une main-d’oeuvre locale, si l’on peut dire, malgré la résistance de quelques squatters qui ne veulent pas du régime par trop autoritaire de Menier.On est un peu étonné de constater que Menier confie les postes de contremaîtres, de responsabilité, exclusivèment à des Français, dans la plus pure tradition coloniale.L’auteur est fort discret sur cette entreprise qui se situe tout à fait dans la conception coloniale française.Systématiquement, on ne tient pas compte des avis et des connaissances des autochtones.Les relations sont fort tendues avec les squatterset leur expulsion crée un sérieux problème diplomatique entre Paris et Londres et ameute la presse.On va même jusqu’à prétendre que Menier construit des casemates dans l’éventualité d’une guerre entre la France et l’Angleterre.Menier se voit contraint de recevoir le gouverneur général du Canada qui vient inspecter les travaux.Les choses vont si loin qu’on interdit à Menier de construire les fondations de sa villa en pierre pour éviter qu’on parle à nouveau de forteresse.Menier est tout de même fort bien vu des autorités politiques et ecclésiastiques.Tout ce beau monde se retrouve aux excursions de pêche au saumon qu’organise tous les ans celui qui restera toujours le maître d’oeuvre et l’homme de confiance Zédé-Martin.Sous sa direction et pendant des années, des centaines d’hommes travailleront, dans un enthousiasme un peu fou, à la construction d’un rêve.Le rêve d’un homme, certes, mais qui rencontrait le désir de tous et chacun d’édifier un'pays, de faire du monde un grand jardin où l’on recontrerait son empreinte.Les limites n’existent pas.On défriche, on cons- truit une ferme expérimentale, des habitations, une école.On tente l’ac-climation de diverses espèces animales comme le chevreuil, le renne, le castor, le renard.On construit une homarderie qui s’avère très prospère.Les projets ne manquent pas.On décide de se lancer dans l’exploitation forestière, ce qui demande de gros investissements.On fait l’inventaire des ressources minières.On pense déjà au tourisme américain pour l’exploitation des rivières à saumon.Un enthousiasme qui.sera brisé net à la mort d’Henri Menier.Gaston Menier, qui jugeait l’entreprise de son frère quelque peu extravagante, abandonne les grands projets industriels et touristiques.Est-ce une question de confiance à l’endroit de Zédé-Martin ?Ce n’est pas très clair.N’empêche que Gaston Menier et sa famille passent plus de temps dans l’île au personnel réduit et nouent des relations amicales avec les Lejeune, entre autres.Cela jusqu’en 1926, l’année où Gaston Menier cédera l’île à 1’Anticosti Corporation, dans des circonstances un peu étranges sur lesquelles l’auteur ne s’étend pas outre mesure.C’est la fin d’une époque, certes, mais la vie dans l’île ne cesse pas.Et c’est ce que l’auteur se propose de décrire dans un prochain ouvrage.Un livre sans aucune pretention, direct malgré certaines allusions qu’il serait peut-être inutile d’éclaircir.C’est un bel hommage à la fois aux hommes et femmes sans qui le rêve d’hommes comme Henri Menier ou Zédé-Martin n’aurait jamais été possible.VOTRE CULTURE PERSONNELLE.C’EST IMPORTANT! LA PLUS GRANDE LIBRAIRIE RELIGIEUSE EN AMÉRIQUE DU NORD LE SERVICE DE DOCUMENTATION PASTORALE Noël c’est Dieu parmi les Hommes.Pour que votre cadeau puisse rappeler et faire vivre ce mystère chrétien, allez le choisir à la librairie du S.D.P.Pour trouver un grand inventaire de • livres religieux • disques • cassettes • partitions musicales • cartes de souhaits, etc.Un choix de qualité et de goût! •Le livre, ce n’est pas un luxe.c’est une nécessité» .f SERVICE DE DOCUMENTATION PASTORALE 312, Sherbrooke Est, Montréal, P.Q.H2X 1E6 (métro Sherbrooke) Tél.: (514) 844-1753 Heures du lundi au vendredi de 9h à 17h, d'affaires: le samedi de 10h à 13h.Cette année à Noël, offrez un cadeau exceptionnel.Jean Faubert et Ghislaine Paradis interprètent pour vous les plus beaux textes de Gilles Vigneault, Émile Nelligan, Anne Hébert, Félix Leclerc, Marte Ugiiav.tjESIES, CONTES NOUVELLES DE QUÉBEC AU' Poésies, contes et nouvelles du Québec Interprétés par Jean Faubert et Ghislaine Paradis Musique originale de Jean Musy.( hoi\ des textes et commentaires Aurétîen Boivin.I ne sélection des plus beaux textes du répertoire littéraire québécois.31 textes de 17 auteurs, disponibles en coffrets de disques ou de cassettes, accompagnés d'un livre.120 minutes d'écoute.Profitez du prix de lancement: 29,95$ l .n vente chez votre libraire et votre disquaire’ nmmm c K P: » i K.W- .*• u- r?#5 î?LIBRAIRIE HERMES choix Van Go$\.André Mairau*.la création d un < Van Gogh, le soleil en face De la Grèce àJ'O Alexandre le Con Entre ciel et mer, le Mont Saint-M Les fossiles SBES** Mémoire d Montaigne gué sais-jf 15,95$ à librairie ités perdues Ï0JMk «jrnm «S&gST.Èfej»*' IMM c h a c 1 roman ic Julien Dtnyèle Patcnaude Roger Cantin QUÉBIC AMÉRIQUE QlifBEC AMERIQUE 'irattW #8 Découvertes Gallimard • nr» ressemble «Une action u, est déjà à aucune autre ^^de) un événement.- LE PLAISIR d(,c LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es T • livres Le Devoir, samedi 19 décembre 1987 ¦ D-5 ALICE PARIZEAU GUY ROHOU a déjà fait sa marque dans le monde des lettres.En effet, il a à son actif huit romans publiés aux éditions Calmann-Lévy, Marrim-pouey et Gallimard, dont Le Bateau des îles qui a obtenu en 1971 le prix Valery-Larbaud.Son style est beau, grave, convaincant et Mer belle à peu agitée est un roman qu’on lira avec beaucoup de plaisir.On y trouvera, en outre, des réflexions dont le symbolisme rejoindra plusieurs, comme on peut juger par ce petit extrait.: « En approchant du mur de l’ouest, la jeune femme découvrit les traces, sur quelques centaines de mètres carrés, de l’aménagement d’un jardin.L’entreprise paraissait à la fois chimérique et dérisoire, le rêve d’un utopiste embastillé qui tracerait des sillons et dès allées avec le plâtre tombé des murs.Catherine savait qu’un jardin se construit comme une maison, se dessine comme une ville.En quelques mois, et parfois en plusieurs siècles.Un oncle chez lequel, enfant, elle avait souvent passé ses vacances, possédait un jardin minuscule pris entre le rocher et la rivière, dans une reculée du Jura.» Les lecteurs québécois vont retrouver certainement dans ce petit livre un peu de cette nostalgie qui atteint à l’universel.l’éenturu ux titres £jSÏdMUi.Ordre ¦* désordre Sur des mers inconnues unnêuvear* monde _Vinmmes Duras: sa vie et son mode mais son art.sans mode d’emploi d’emploi LA VIE MATÉRIELLE Marguerite Duras Paris, P.O.L., 1987,156 pages EMILY L.Marguerite Duras Paris, éditions de Minuit 1987, 153 pages LE FEUILLETON LISETTE MORIN LA VIE matérielle ?Il ne faut pas tçop se fier au titre.Bien sûr, Marguerite Duras nous parle de ses maisons, de Neauphle-le-Château à Trouville, après avoir évoqué la maison de sa mère, « aux Colonies », à Hanoï ou à Vinh-Long, sans oublier tous ses logis transitoires.Elle nous parle encore de la cuisine devenue « petite, de plus en plus petite » en soulignant qu’« on voudrait désapprendre aux gens à manger dans la cuisine et c’est là qu’ils se retrouvent, qu’ils vont tous le soir venu.» Elle énumère également les 25 denrées indispensables à la survie et dont la liste est toujours sur le mur.« On a gardé cette liste; elle est toujours exhaustive.Aucun des cinq à six cents nouveaux produits qui ont été créés depuis l’établissement de cette liste, en vingt ans; n’a été adopté », conclut, péremptoire, la « bonne ménagère » qu’est « la Duras».Mais puisque, elle nous en prévient en une page liminaire, « ce livre n’a ni commencement ni fin », qu’il n’est pas un journal « puisqu’il est dégagé de l’événement quotidien », croyons l’auteur quand elle affirme que c’est tout simplement « un livre de lecture ».Et, l’ayant lu, observons que lectrices et lecteurs y trouveront cent portraits en pied et en cap de Marguerite.Adolescente en Indochine, comme au temps de L’Amant et du Barrage, femme passionnée qui s’éprend et se déprend de ses amants, alcoolique non guérie mais qui a cessé de boire, et, finalement, romancière et auteur dramatique.À ce propos très spécifique de l'écrivain dont on a d’abord adapté les oeuvres pour le théâtre.Duras nous apprend que, « depuis 1900, on n’avait pas joué une pièce de femme à la Comédie-Française, ni chez Vilar au TNP, ni à l’Odéon, ni à Villeurbanne, ni à la Schaubühne, ni au Piccolo Teatro de Strehler, pas un auteur femme ni un metteur en scène femme ».Enfin Sar-raute vint, puis Des journées entières dans les arbres, grâce à Barrault.Refusée par la censure et enfin jouée en 1965, Duras rappelle aussi que « Gëorge Sand était jouée dans les théâtres, il y a 70 ans, 80 ans, 90 ans.» Toutes sortes de sujets, des plus intimes aux plus graves, se chevauchent et s’entrecroisent dans La Vie matérielle, que l’auteur se refuse à cataloguer.On y retrouvera même certains faits divers, de ceux qui ont inspiré, notamment, Les Viaducs de Seine-et-Oise ou L’Amante anglaise.Mais les pages les plus heureuses, les mieux venues, concernent les rapports de Marguerite Duras avec la mer; pourtant, le chapitre intitulé ironiquement « La Grande Bleue » n’a rien.de maritime.On y parle plutôt d’imprimerie et d’hôtellerie.Enfin, pour les plumitifs que.nous sommes, il y a, dans le recueil de Duras, un paragraphe très dur : « Je vois les journalistes, juge-t-elle, comme des manuels de la parole, des ouvriers de la parole.Le journalisme ne relève de la littérature que lorsqu’il est exercé de Photo Jacques Grenier MARGUERITE DURAS.façon passionnelle .» Et cet autre jugement, tout à fait inattendu : « Quelquefois je pense que le journalisme tendancieux, flétri comme tel, est le meilleur journalisme, au moins il rétablit l’ignorance, il fait douter de la version de l’événement.» Tout cela, et je ne vous révélerai pas pourquoi, rattaché à la femme de Walesa, recevant le prix Nobel pour et à la place de son mari à Stockholm ! ?Ce n’est pas pour éviter le coq-à-l’âne que je passe de la page 92 de La Vie materielle pour aborder Emily L.C’est qu’il est question de Quilleboeuf, où, installée au café de la Marine, la narratrice, comme souvent, vouvoie et interpelle le compagnon qui regarde avec elle « les habitués » et bientôt le couple qui survient et prend toute la place dans le café comme dans le roman.C’est donc avant Les Yeux bleus cheveux noirs — ça, du moins, on l’apprend en lisant La Vie matérielle — que l’auteur avait •« pensé » Emily L.Mais il ne faut pas croire, admirateurs souvent incrédules de la manière Duras, que vous en apprendrez davantage.L’art de cet auteur inclassable, qu’on adopte ou qu'on rejette, avec la même intransigeance, ne se définit guère en formules rationnelles.Venus de l’ile de Wight, cette femme qui boit du whisky et cet homme qui boit de la Pilsen noire forte, deviendront pour nous comme pour celle qui les voit et qui écrit, en l’inventant, on pourrait dire « en la réinventant », leur histoire, des personnages vraiment et indiscutablement durasiens.Et peut-on vraiment résumer un roman de Duras ?Elle-même, dans La Vie matérielle, essaie de percer le mystère de la création, de « sa » création littéraire, en évoquant les lieux de ses premiers livres, en rappelant Loi V.Stein, Anne-Marie Stretter et combien d'autres de ses héroïnes inoubliables mais qui continuent d’être profondément énigmatiques.Emily L.et son mari sont de vieilles gens.Ils ont traversé lec mers, les orages — ceux de l’océan mais également ceux de leur vie difficile.Quand ils échouent à Quilleboeuf, ils sont déjà condamnés puisqu’ils sont sous le regard et dans l’imagination de Marguerite Duras.Qui en fait ce qu’elle veut bien : une poétesse qui a perdu, ou qu’on a privée de son dernier et certainement plus magnifique poème.Et lui un Captain qui l’a enlevée et la gardera jusqu’à la fin.Deux Anglais égarés sur le continent ! Pour le bonheur d’écrire de Duras et le grand plaisir de lire de ceux qui sont nés et ont vécu au bord de la mer.Et que cette histoire, lente et troublante, d’un naufrage et de deux naufragés ne peut qu’enchanter pour longtemps.MER BELLE A PEU AGITÉE Guy Rohou Paris, Actes sud, 1987,152 pages vêle un conteur remarquable.Son talent explose surtout à travers sa patiente et presque machiavélique analyse des rapports qu’entretiennent les deux hommes parachutés eh Syrie.C’est le thème des relations masculines qui est abordé ici, relations où s’entremêlent la réserve, la haine, l’estime et la rivalité.Entre le photographe glouton et renfermé qui démontre un courage inouï tenaillé par la peur des mitraillettes, on voit se tisser peu à peu des liens finalement indéfectibles.D’autant plus que les deux personnages se révèlent, au bout du compte, obsédés par la même femme.Creuset d’émotions diverses dont la moindre n’est pas cette terreur de la mort traquant le quotidien des correspondants de guerre, Les Bas noirs est aussi le témoignage d’un auteur qui parle en connaissance de cause, puisqu’il a vraiment « couvert » comme journaliste le conflit Syrie-Israël.Cynique, grinçant et tendre, son livre dégage le parfum inimitable des histoires vécues.-1UU1 1UV OV It Bernadette Renaud Vous avez aimé le film.vouS' allez dévorer ie roman! QUÉBEC/AMERIQUE 163 pages, 4,95$ mm.168 pages, 4,95$ QUEBEC AMERIQUE QUEBEC AMERIQUE 192 pages, 5,95$ 226 pages, 4,95$ BACH ET BOTTINE Bernadette Renaud OPÉRATION BEURRE DE PINOTTES Michael Rubbo LE JEUNE MAGICIEN Viviane Julien LA GUERRE DES TUQUES Danyèle Patenaude • Roger Cantin C’EST PAS PARCE QU’ON EST PETIT QU’ON PEUT PAS ÊTRE GRAND Viviane Julien jfc QUÉBEC/AMËRIQUE % 160 pages, 5,95* 1120, av.laurier ouest (entre querbes et de l’épée) outremont, montréal H2V 2L4 tél.: 274-3669 (autobus 51 et 129) ' de 9 à 9,362 jours par année Épopée virile LES BAS NOIRS Michel Tauriac Paris, La Table ronde 1987, 283 pages LETTRES FRANÇAISES ODILE TREMBLAY ON DIT qu’en chacun de nous cohabitent, dans l’harmonie ou la discorde, des éléments masculins et féminins.Trouver trace d’une féminité enfouie chez Michel Tauriac relèverait pourtant du défi.Avec lui, nous entrons de plain-pied en pays viril, pour ne pas dire macho.Ponctué de phrases en coup de poing et de réflexions haletantes volées aux moments d’action, son roman Les Bas Jardin de rêve noirs entreprend de scruter, avec une indéniable efficacité, la face masculine de la médaille humaine.Version moderne, c’est le grand mythe de l’Odyssée qui ressurgit ici.Le thème : un journaliste, Bernard Brossart, flanqué d’un photographe, est envoyé en Syrie à l’heure des combats sanglants avec Israël.Sa mission : donner le frisson aux lecteurs de son journal parisien.Ulysse du 20e siècle assoiffé d’aventures, cet homme emporte avec lui et l’image de sa douce épouse Monique tissant sa toile en attendant son re7 tour, et le souvenir de Lili, une sirène ensorceleuse qui a enflammé son coeur.À cheval entre remords et désirs, coincé au milieu de son amour conj ugal et de sa passion, sa vie tumultueuse l’entraîne à sa suite presque malgré lui : « Il se demandait aussi ce qui incite les hommes à conquérir, à séduire, à s’approprier.Et ce qui les empêche de contenter à jamais leur désir.» En déroulant son épopée virile où action et réflexion se succèdent constammpnt Mirhpl Tanrian CA 1015 P-6 M Le Devoir, samedi 19-décembre 1987 *•‘LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR ;LE PLAISIR mvrmn u«j Scphen Menndl FRANÇAIS ET ANGLAIS ATABLE du moyen âge à nos jours *'1*' éYit
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