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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1992-05-16, Collections de BAnQ.

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I r-it- 's), un ciel ‘^rilP.l ii as •W! C«£ OU xi.Si «I -ij-i.,.«*££.» » îifUJÆdàJfeft«B Lt^.jœJPÏ?:¦ ' ’.E DEVOIR ANS OK NiOMKJAL «Afar spétfat MONTREAL S’EXPOSE fvf J tW"*'' Un défilé de nuit ouvre le bal du 350e de Montréal Laurent Soumis illustration marie lafrance Montréal s’expose Dans un cahier spécial encarté aujourd’hui, LE DEVOIR vous guide à travers les dizaines d’expositions et autres événements culturels organisés dans le cadre du 350e anniversaire de Montréal.La superbe illustration de Marie Lafrance, ci-dessus, donne le ton à ce supplément qu’il faudra conserver pour bien profiter de l’été qui vient.Cahier E Ryan donne suite au rapport Yarosky Saint-Germain accepte à contrecoeur la mission de « l’inspecteur » Malouf Paul Cauchon LE DIRECTEUR du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM), Alain St-Ger-main, laisse entendre qu'il n’apprécie pas beaucoup la présence dans son service du juge Albert Malouf, nommé inspecteur par le ministre Ryan pour six mois, mais il entend « regarder vers l’avenir » et collaborer de façon positive.Le ministre de la Sécurité publique Claude Ryan annonçait hier que le juge Malouf, aujourd’hui à la retraite, sera mandaté pour « inspecter» l’administration du SPCUM et ses activités, faisant ainsi suite à une recommandation du coroner Harvey Yarosky dans l’affaire Marcellus François.LE DEVOIR fait relâche lundi LE DEVOIR ne sera pas publié lundi, 18 mai, jour de la Fête de Dollard.Les lecteurs retrouveront leur quotidien préféré mardi prochain, le 19 mai.Bon congé ! Le coroner Yarosky proposait de réviser tout le fonctionnement du Service de police par un organisme indépendant.Le mandat accordé au juge Malouf est assez large : il doit, d’ici le 31 décembre, examiner l’organisation et la conduite des enquêtes, le contrôle et l’utilisation de la section technique (SWAT), les politiques et pratiques relatives à l’utilisation de la force, la manière dont les opérations policières sont contrôlées et supervisées, la qualité des communications à travers la hiérarchie, bref une opération complète de « lubrification », selon le mot de M.Ryan.Le directeur St-Germain, lui, trouve « particulièrement blessante à l’endroit de notre organisation et de tous les policiers et policières qui la composent » la conclusion du coroner à l’effet que le SPCUM a « essuyé un échec dans l’accomplissement du rôle pour lequel il a été créé ».Il estime que ces conclusions du coroner «jettent un discrédit sur l’ensemble du Service de police » et se demande si on peut, « à partir d’un événement tragique, laisser entendre que c’est toute l’organisation qui est déficiente ».Voir page A-4: Ryan MISSION accomplie.Mille deux cent quarante-quatre jours après son lancement, la Corporation des célébrations du 350e anniversaire livre la marchandise et convie aujourd’hui Montréalais et visiteurs au grand coup d’envoi des festivités qui s’échelonneront tout au cours des cinq prochains mois.Ce premier grand week-end, qui coïncide avec le long congé de la fete de Dollard, s’annonce prometteur, d’autant que Dame météo s’est mise de la partie pour assurer le succès des événements dont la plupart se dérouleront en plein air.Pour les trois prochains jours, Environnement Canada prévoit en fait des températures plus tables (23, 27 et 21 ensoleillé, quelques nuages aujourd’hui et demain, avec une probabilité d’averses ou d’orages, mais uniquement en soirée dimanche.Toute la journée hier, les équipes d’organisateurs s’employaient aux derniers préparatifs afin que le Vieux-Montréal et le Vieux-Port revêtent leurs plus beaux atours.Hier soir, le maire de Montréal, M.Jean Doré, a procédé à l’ouverture officielle des fêtes lors d’un concert de l’Orchestre métropolitain à l’église Saint-Jean-Baptiste.Attendus de tous, le grand défilé de nuit et les feux d’artifice donneront vraisemblablement lieu ce soir aux plus grands rassemblements de foule.Formé de dix tableaux conçus par Richard Blackburn et Michel Lemieux sur une musique de Marc Pé-russe, le défilé des 1500 figurants, danseurs et musiciens qui se produiront tout le long du boulevard Saint-Laurent s’ébranlera vers 20 h 30 à Voir page A-4: Fête ?L’itinéraire du défilé : page A-3 À la veille de l’ouverture des festivités entourant le 350e anniversaire de leur ville, des centaines de Montréalais ont envahi le Vieux-Montréal, hier, en guise de prélude à la fête.Le malaise allemand (1) Le Mur en pointillés François Brousseau envoyé spécial BERLIN — Postdammerplatz, grande place berlinoise de l’entre-deux-guerres, est aujourd'hui un terrain vague qui passe là où, il n’y a pas trois ans, s’érigeait encore le Mur de Berlin.Mais, en pointillés, une ligne, sur le sol, reste toujours bien visible.Politiquement, depuis maintenant 19 mois, il n’y a désormais qu’une Allemagne.Mais dans la rue, dans les entreprises, dans les lignes pointil-lées de l’ex-Mur, dans la façon de s’habiller, de conduire sa voiture, il y a encore deux pays, dont les frontières coïncident avec les anciennes limites de l’ex-République fédérale et de l’ex-Allemagne de l’Est.À Berlin, ancienne et future capitale, le contraste reste saisissant entre l’opulence du Kurfürstendamm, les Champs-Élysées de Berlin-Ouest, et la glaciale austérité d’Unter den Linden, le boulevard « Sous les Tilleuls» de l’ex-Berlin-Est, élégante avenue de l’avant-guerre où les rares tilleuls survivants ne font surtout pas oublier l’horrible architecture stalinienne qui la borde.« Chaque fois* que je passe ici, j’ai froid dans le dos; je me souviens du temps où je venais voir mes cousins, avant.C’est comme si j’étais à l’étranger.C’est encore vrai aujourd’hui », dit Boris Chudowski, finissant en études italiennes à Berlin, dont une partie de la famille a vécu les quarante dernières années derrière le Mur.Berlin réunifiée, deux ans et demi après la chute du Mur, c’est encore aujourd’hui un collage de deux mondes qu’on essaie de fondre tant bien que mal, dans une expérience sans aucun précédent historique, et qui est loin d’être achevée.' La funeste « magie noire » du Mur n’opère plus — taxis, autobus et pié- tons franchissent tous les jours la porte de Brandebourg et les autres lieux de passage comme si de rien n’était — mais en même temps, on ne se mêle pas à « l’autre », les gens de l’Ouest fréquentent les gens de l’Ouest, les gens de l’Est ceux de l’Est, et le soir chacun rentre chez soi.Les folles retrouvailles d’une certaine nuit de novembre 1989, où les inconnus fraternisaient dans la rue, ont depuis longtemps refait place aux vieilles habitudes : « Les Ossies et les Wessies ne se mêlent presque pas, c'est comme des classes socia-Voir page A-4: Le Mur LA MARCHE A REBOURS André Pronovost DU REVE AMERICAIN Hanté par l'Amérique, la mémoire encombrée du souvenir cuisant de celle qu'il a aimée, le héros de ce rood novel remonte sac au dos le chemin des origines, ('Appalachian Trail, de la Géorgie au Maine.pOainpignv- Quinzaine de La Pléiade I du 15 au I 20% de rabais sur 30 mai ia plus prestigieuse 1-1 des collections! 4,11(0 St-Denis, Mil, Oc IIIJ 2H Tél.844-25X7 Vol.LXXXIII — No 114 Ensoleillé avec passages nuageux Max : 23 Détail page B-8.Montréal, samedi 16 mai 1992 5 CAHIERS — 1.30 tps tvo Ottawa dépose sa loi pour court-circuiter Québec Le projet référendaire bafoue les traditions démocratiques canadiennes, s’indigne l’opposition Chantai Hébert de notre bureau d’Ottawa LE GOUVERNEMENT fédéral a déposé hier à la Chambre des Communes un projet de loi qui lui donne complètement carte blanche sur un éventuel référendum pan-canadien sur la Constitution, à commencer par la question à poser aux Canadiens et y compris les dépenses à engager pour préserver l’unité canadienne.Si ses calculs sont exacts, le projet de loi C-81 permettra également à Ottawa de tenir sur les chapeaux de roues un référendum pan-canadien sur la Constitution avant la fin de l’été et avant l’échéance québécoise.Tout bien compté, calcule le ministre qui parraine le projet de loi C-81, Harvie André, le gouvernement pourrait faire voter le Canada sur un projet constitutionnel début septembre.Le gouvernement se défend formellement d’avoir arrêté un tel projet, mais alors qu’au bureau des élections on a réclamé trois mois pour s’organiser, « des préparatifs sont déjà en cours au cas où.», a précisé le ministre hier.Entretemps, annoncée, puis reportée, puis réinscrite à l’ordre du jour parlementaire, la présentation du ?« Une escroquerie », écrit Lise Bissonnette : page A» 12 ?Les faits saillants : page A-4 projet de loi C-81 s’est faite hier midi sous le signe de la précipitation et a été chapeautée de surcroît d’un aveu étonnant d’un de ses parrains, à savoir que les règles référendaires qu’il contient ouvriront le flanc à une consultation constitutionnelle fédé- rale à des attaques sur son équité.Et alors que le premier ministre jurait vouloir éviter une bataille parlementaire à ce sujet, tous les partis d’opposition et même un députe conservateur versé en la matière s’entendaient avec une rare unanimité hier pour y réclamer des modifications importantes.Ses dispositions vont en effet à l’encontre de l’avis des propres commissions du gouvernement d’Ottawa et des traditions démocratiques canadiennes les plus respectées.C’est que pour arriver de la façon la plus expéditive à avoir l’autorité légale de consulter les Canadiens sur la Constitution, le gouvernement, dans le projet de loi C-81, réduit à sa plus simple expression l’armature référendaire fédérale.S’il est adopté tel quel, il n’y aura pas de comités-parapluie du « oui » et du « non » pour identifier les deux camps dans un ré- férendum pan-canadien.Leurs dépenses seront illimitées, du jamais vu depuis 20 ans dans un exercice électoral canadien et une disposition qui contredit l’esprit des récentes recommandations de la commission Lortie sur la réforme électorale.Quant aux dépenses des gouvernements, y compris celles d’Ottawa, elles ne seront même pas comptabilisés.Le projet de loi coupe également au plus court le débat référendaire.Trois jours de discussions au maximum aux Communes sur la question à poser aux Canadiens — le gou-Volr page A-4: Ottawa Que la fête commence ! roman 336 P.• 22,95$ EFARGNER OBLIGATION Des précisions sur ce projet militaire doivent être annoncées « dans quelques semaines », a pour sa part signalé le ministre canadien.La frégate de la marine française est amarrée dans le Vieux-Port, pour les fêtes du 350e anniversaire de Montréal.M.Joxe est en visite au Canada jusqu’à aujourd’hui.M.Masse a cependant rappelé que les programmes d’équipement militaire du Canada suivent leur propre cours; ce sont d’abord le programme des frégates, en cours, puis celui des hélicoptères embarqués.Pour le plus long terme, il a été question avec M.Joxe de corvettes (petits navires), dit M.Masse, et « le mot sous-marin a été effectivement soulevé.Mais c’est le genre de projet qui exige au moins deux ans d’études.» Parmi les autres sujets abordés par les deux ministres, les opérations de paix des Nations unies.« J’ai appris que le Canada est champion toutes catégories de ce genre de participations pour l’ONU », a souligné M.Joxe.Depuis quelques mois pour aider au maintien de la paix en Croatie, le Canada compte 1300 hommes et la France, 2000.Le Canada a encore son contingent de Casques bleus à Chypre, rappelle M.Masse, et vient d’envoyer quelques hommes au Cambodge, toujours sous l’égide de l’ONU.Pour le contingent canadien en Croatie, il avait été décidé d’en établir le quartier général dans la république voisine de Bosnie, quand il n’y avait pas encore de guerre civile dans ce territoire.PHOTO JACQUES GRENIER Le ministre français de la Défense, Pierre Joxe, et son homologue canadien, Marcel Masse, ont porté un toast au 350e anniversaire de Montreal, hier, dans le Vieux-Port.Joxe et Masse discutent de missile à Montréal toute la semaine en Chambre, à savoir que ce projet de loi, confirmant « les pires appréhensions », constitue à ses yeux « une parodie de démocratie».Le député trouve inconcevable qu’Ottawa présente une loi référendaire qui ne fixe « aucune limite aux dépenses que pourront faire le gouvernement fédéral, les entreprises et les citoyens lors du référendum canadien, au mépris des traditions, des pratiques et des législations québécoises en cette matière ».Le projet, tel que présenté, pourra ainsi permettre aux forces fédéralistes d’« influencer et de manipuler l’opinion des Québécoises et Québécois », dit M.Brassard.« Au plus fort, la poche », sera la règle retenue, dé-plorait-t-il dans un communiqué de presse.M.Brassard demande à M.Bou-rassa de se dissocier lui aussi du projet, de le dénoncer sur la place publique et de s’en tenir à la loi 150, qui prévoit la tenue d’un référendum avant le 26 octobre 1992.Le projet de loi référendaire déposé hier à Ottawa ne fixe pas de limite de dépenses aux « groupes et particuliers ».La campagne référendaire fédérale devra durer « au moins 36 jours ».Il n’y est pas question de double majorité, ou de formation de comités-parapluie du « oui » et du « non ».Officiellement, son résultat n’aurait pas pour effet de lier formellement le gouvernement fédéral ou ceux des provinces.Au Québec, la loi prévoit que lors d’un référendum — comme ce fut le cas en 1980 — les forces en présence doivent se regrouper en deux camps, celui du « oui » et celui du « non ».De plus, les dépenses découlant de la tenue du référendum doivent provenir de ces deux groupes, et non d’individus, partis politiques ou autres associations.Il existe également un plafond de dépenses, comme c’est le cas durant une campagne électorale.Pierre Roberge de la Presse Canadienne LES MINISTRES de la Défense de France et du Canada ont discuté du projet de missile Kryx, un engin porté à l’épaule et qui pourrait être fabriqué par des partenaires des deux pays.« Ce programme est en bonne voie d’avancement », a indiqué le ministre français Pierre Joxe, hier sur le pont de la frégate Aconit, où il accueillait son homologue canadien Marcel Masse.Jocelyne Richer de notre bureau de Québec  QUÉBEC, on n’était pas trop pressé, hier, de disséquer le projet référendaire fédéral déposé à la Chambre des communes.Le pre-rpier ministre Bourassa est resté coi, réservant pour plus tard ses réactions sur le projet de loi, une fois qu’il connaîtra mieux son impact sur le Québec.Et ni le ministre responsable de la loi électorale et de la loi sur lès consultations populaires, M.Marc-Yvan Côté, ni le ministre Gil Rémillard, qui pilote le dossier constitutionnel, n’ont voulu émettre de commentaires.M.Bourassa a reçu une copie du projet de loi dès son dépôt en Chambre, hier midi.Il en a pris connaissance, mais a préféré pousser l’ana- lyse avant de commenter plus avant, d’autant plus que son agenda était chargé, a-t-on fait valoir à son cabinet.Le premier ministre rencontrait hier, à son bureau de Montréal, le ministre français délégué aux Affaires étrangères, M.Georges Kiejman, ainsi que le chef de l’Assemblée des Premières Nations, M.Ovide Mercredi.Pour l’heure, le premier ministre Bourassa s’en tient toujours à ce qu’il a déclaré en Chambre cette semaine : le respect de la loi 150 et de la loi québécoise sur les consultations populaires, ainsi que la parole du premier ministre Mulroney, à l'effet qu’il respectera lui aussi la loi 150 et le droit des Québécois de définir eux-mêmes leur avenir.Jeudi, M.Bourassa avait ouvert la porte à l’éventualité que le référendum canadien, s’il est tenu, ne s’ap- plique pas « à toutes les provinces ».Mais le projet de loi ne comporte pas d’article allant en ce sens.Si effectivement le référendum fédéral ne visait pas le Québec, ce dernier pourrait alors tenir son propre référendum sur une question analogue, mais à partir des lois québécoises (loi 150 et loi électorale et sur les consultations populaires).On éviterait ainsi le double référendum, et le gouvernement Bourassa respecterait sa promesse d’appliquer la loi 150.Ce scénario souriait cette semaine au ministre Côté.Du côté de l’opposition officielle, la réaction est venue plus rapidement, de la part du député de Lac-Saint-Jean et critique en matière constitutionnelle, M.Jacques Brassard.Ce dernier a exprimé à nouveau, en substance, ce qu’il avait clamé Nouveau procès pour un policier de LA LOS ANGELES (AP) — Le policier Laurence Powell, qui avait en mars 1991 été filmé avec trois de ses collègues en train de passer à tabac un jeune automobiliste noir, Rodney King, va être rejugé par la Cour supérieure de Californie pour le seul chef d’inculpation de coups et bles-sqres.,Le juge Stanley Weisberg, de la Çpur supérieure, a expliqué que des charges suffisantes existent pour que le policier soit rejugé.Laurence Ppwell, qui risque six ans de prison, comparaîtra en audience vendredi prochain devant un tribunal à Simi Valley.Ce nouveau jugement est la suite logique de la décision des jurés de première instance.Le 29 avril, le jury du tribunal de Simi Valley avait acquitté les quatre policiers de toutes les charges pesant contre eux provoquant des émeutes dans les quartiers noirs de Los Angeles qui ont fait plus de 50 morts et des centaines de millions de dollars de dégâts.i Mais les 12 jurés de Simi Valley n’étaient pas parvenus à se prononcer — comme la loi l’exige — à l’unanimité pour l’acquittement de Laurence Powell sur ce chef d’inculpation de coups et blessures.Huit avaient voté pour et quatre contre.La décision de la Cour supérieure de rejuger ce point de l’affaire ne préjuge pas de l’enquête fédérale an- noncée par George Bush dans le cas du passage à tabac de Rodney King par quatre policiers blancs de Los Angeles.En décidant de répondre favorablement à la requête du procureur général adjoint Alan Yochelson pour le nouveau jugement du policier, le juge Weisberg a affirmé : « Sur la base de la preuve présentée lors du procès qui vient de se conclure, je pense qu’il est de l’intérêt de la justice d’exiger un deuxième procès dans l’affaire ministère public contre Powell ».L’avocat de Laurence Powell, Michael Stone, a affirmé qu’il n’y avait aucune raison de penser que ce nouveau procès se traduira par un verdict différent ou que l’accusation produira de nouvelles preuves contre son client.Mais les combats ont maintenant gagné Sarajevo, capitale de la Bosnie, où le quartier général canadien est installé et le ministère canadien compte donc le déplacer dans les meilleurs délais, a confirmé M.Masse.M.Joxe trouve-t-il « dommage» que le Canada ait décidé de fermer ses bases en Allemagne ?Le ministre français juge que non et que la présence militaire canadienne en Europe reste importante.A ssociation culturelle T.X.Renaud Conférences Mercredi, 20 mai, 2 M.Hénvault fait ressortir une antre incongruité de cette mesure.Les personnes âgées qui bénéficient du supplément de revenu garanti doivent être exemptées de payer ces frais de 2 $.Mais les instructions reçues par les pharmaciens supposent qu’ils fassent payer ce 2 $ à toutes les personnes âgées.Celles qui sont exemptées recevront un remboursement, en janvier 1993.« Les personnes qui sont démunies ne peuvent pas attendre jusqu’en janvier 1993?, croit M.HérivaulL Il y a au Québec 700 000 personnes âgées, dont 80 000 seraient exemptées de payer ces frais, estime M.HérivaulL En conséquence, l’Associatiqn québécoise des pharmaciens propriétaires suggère au gouvernement de suspendre l’application de cette mesure, le temps de « trouver dés modalités d’application acceptables aux usagers et aux dispensateurs h.Cela pourrait prendre quelques semaines, un mois, évalue M.Héri-vault.Le gouvernement devrait d’abord émettre une carte aux personnes âgées qui sont exemptées de payer ces frais, indique le directeur général de l’association.Chose certaine, des échanges sont nécessaires entre le gouvernement, les médecins et les pharmaciens pour parvenir à appliquer cette mesure de façon concertée et harmonieuse.L’Ordre des pharmaciens, de son côté, avait déjà fait parvenir une lettre au ministre de la Santé et des Services sociaux Marc-Y van Côté, le jour précédant le budget, pour le mettre en garde contre les effets d’une telle mesure si elle était mise en vigueur.TROIS ÉTAPES FACILES POUR BIEN CHOISIR VOTRE PRET HYPOTHECAIRE 1*9 I >1 X \ USEZ CECI.COMPAREZ.RENDEZ-VOUS 1ÀLA CAISSE.Vous aurez beau chercher ailleurs, courir à droite et à gauche.Le meilleur prêt hypothécaire, vous le trouverez à la caisse populaire Desjardins.Un point, c’est tout.Ht LE PLUS SOUPLE * possibilité d’effectuer sans frais un ou plusieurs remboursements par anticipation, jusqu’à 15 % de votre emprunt initial, chaque année une fois par année, vous pouvez accroître vos paiements périodiques jusqu'à 100 % • choix de termes de 6 mois à 5 ans, à des taux concurrentiels • renouvellement de votre prêt en tout temps* Ht TRANSFERT SANS FRAIS Ht LE PLUS SÛR • si votre hypothèque arrive à échéance avant le 3 juillet 1992, vous pouvez la transférer à la caisse populaire Desjardins sans frais de demande ni frais légaux • remboursement des frais d’acquittement que pourrait exiger votre ancien établissement financier, jusqu'à concurrence de 150 $" y2% 1 an.Prêt ferme.Taux fixe sujet à changement > la Protection propriétaire exclusive à la caisse populaire Desjardins vous protège des effets éventuels d’une importante hausse des taux d'intérêt * jusqu'au 30 juin 1992, en adhérant à l'Assurance-prêt Desjardins, vous obtenez l'assurance-invalidité gratuitement pour la première année Tou les les conditions ci dessus sont offertes dans les caisses populaires participantes affiliées à la Fédération des caivses populaires Desjardins de Montréal et de IOuest du Québec, et s appliquent aux hypothèques de 4 logements et moins * Le prêt hypothécaire Desjardins peut être renouvelé en tout temps moyennant une indemnité " Pour les prêts hypothécaires échus avant le 3 juillet 1992.0 La caisse populaire Desjardins Desjardins L’incroyable force de la coopération.t A-6 M Le Devoir, samedi 16 mai 1992 Les meilleurs films à Cannes sont souvent hors compétition Francine Laurendeau CANNES — C’est dans une séance spéciale (sélection officielle mais hors compétition) que j’ai vu mon meilleur film de la journée, Le Chêne, d’un grand réalisateur roumain, Lucian Pintilie.La carrière de cet homme de théâtre et de cinéma (né en 1933 à Bucarest) est marquée du sceau de l’exil.Vous avez peut-être vu à Montréal, il y a quelques mois, dans la rétrospective de cinéma roumain, La Reconstitution, un film choc réalisé en 1969 et aussitôt interdit dans son pays.Mais c’est en 1972 qu’après une série de menaces, le spectacle théâtral Le Revizor, de Gogol, était interrompu et son metteur en scène expulsé.C'est le début d’un exil de vingt ans que Pintilie qualifie de royal parce qu’il allait poursuivre, principalement à Paris, une carrière internationale de metteur en scène de théâtre.Mais lors des événements roumains de 1989-90, il ressent très fort l’obligation morale de rentrer et de témoigner.Alors il rentre et il témoigne, ce qui donne Le Chêne, un film percutant.À Bucarest, en 1988, Nela voit mourir son père bien-aimé, son héros, un colonel de la Securitate qui a légué son corps à la science.Mais comment conserver un cadavre quand les réfrigérateurs sont en panne ?C’est le début d’une série de mésaventures loufoques où les maux de la Roumanie sont traités par l’absurde, avec une imagination débordante et une ironie décapante.« Quelle stratégie de survie une communauté humaine adopte-t-elle dans une condition de catastrophes enchaînées, de catastrophe perpétuelle ?se demande Pintilie.Et que reste-t-il encore de valide d’une communauté, d’un être humain lorsqu’ils tâchent de s’adapter à l’Apocalypse, en lui conférant le statut de normalité, lorsque l’incontrôlable devient banal, quotidien ?Et, d’une façon générale, à quel moment la gouaille — l’irresponsabilité assumée, l’esprit macabre de l’humour dont nous autres, Roumains, sommes si fiers — cesse-t-elle d’être un bouclier invulnérable ?» La question est posée avec maestria.Après un moyen métrage remarqué l’an dernier à la Semaine de la critique, le réalisateur français Arnaud Desplechin se retrouve en compétition avec son premier long métrage, La Sentinelle, et je ne suis pas sûre que c’est un service à lui rendre.Certes, son film (l’histoire de la fascination exercée sur un étudiant en médecine par la tête momifiée d’un mort trouvée dans sa valise) révèle une personnalité originale et un talent singulier.Mais apres avoir hésité entre le film d’horreur et le film policier, le scénario se complexifie inutilement, s’encombrant de personnages invraisemblables et de développements abscons.J’attendais beaucoup du seul film italien de la compétition, Il Ladro di bambini, de Gianni Amelio, auteur d’un film captivant sur la peine de mort, Porte Aperte, vu il y a deux ans à la Quinzaine des réalisateurs.C’est cette fois à l’enfance malheureuse qu’il s’attache, à l’enfance bafouée, trahie par ces adultes qui devraient la protéger.Un jeune cara- binier traverse l’Italie en compagnie de deux enfants — Rosetta et son petit frère — qu’il est chargé de reconduire à rétablissement où les a placés la Justice : leur mère est en prison pour avoir livré à la prostitution Rosetta qui a 11 ans.C’est l’apprivoisement mutuel et progressif de ce jeune Calabrais, que rien ne préparait à cette mission, et deux enfants perturbés, cruellement privés d’affection.Reste à savoir si dans la corrida cannoise, avide de révélations fulgurantes et de coups de poing dans l’estomac, il y a de la place pour un film qui n’a d’autre ambition que d’être vrai, tendre et sensible.La pilule anovulante entrave l’usage généralisé du condom Isabelle Paré LA PILULE anovulante joue un rôle important dans le faible succès du condom chez les jeunes.L’usage généralisé de la pilule contraceptive chez les adolescentes pourrait avoir une influence sur le peu de succès qu’obtient le condom comme moyen préventif chez les adolescents.Voilà du moins l’hypothèse qu’ont lancée plusieurs chercheurs au terme d’un colloque sur la sexualité humaine tenu dans le cadre du 60e congrès de l’ACFAS tenu cette semaine à l’Université de Montréal.Les résultats de quelques recherches présentées hier soulèvent en ef-fét l’existence possible d'un lien entile le fait que la pilule soit prônée comme premier moyen de la contra-céption et le fait que peu de jeunes utilisent le condom pour se protéger des maladies transmises sexuelle-nient ou du sida.De fait, des données issues d’une étude transnationale réalisée auprès de 780 filles et garçons sexuellement aètifs du Québec, de France et d’Es-pàgne démontrent que l’usage du condom croît là où la pilule contraceptive est peu utilisée.¦ Les résultats dévoilés par le professeur Jean-Marc Samson, du département de sexologie de 1UQAM, démontrent que les jeunes qui sont le mieux informés sur les risques et les modes de transmission dèis MTS et du sida ne sont pas nécessairement ceux qui utilisent le plus les préservatifs.Bien au contraire.Ainsi, même s'ils obtiennent les meilleures réponses aux questionnaires testant leur connaissance du sida, les jeunes Québécois sont ceux qui utilisent moins le condom.Seulement la moitié d’entre eux en font usage à l'occasion, alors qu’il est utilisé par 57 % des jeunes Français et 91 % des jeunes Espagnols.Or, ces derniers sont ceux qui ont reçu le moins d’information sur les moyens de prévenir le sida à l’école ou ailleurs.Plus encore, il appert aussi que c’est en Espagne que la pilule est la moins couramment utilisée comme moyen contraceptif dans les trois pays sondés.Seulement 22 % des adolescentes espagnoles optent pour la pilule, comparativement à 67 % des jeunes Françaises et 87 % des jeunes Québécoises.En ce sens, souligne le professeur Samson, le succès du condom est très fortement lié au fait qu’il soit choisi comme premier moyen contraceptif en Espagne.En contrepartie, l’échec relatif que connaît l’usage du condom chez les jeunes au Québec peut être relié au très grand succès que connaît la pilule.« Il faudrait davantage lier la prévention de la grossesse à la prévention du sida, car la perception du risque de tomber enceinte chez les jeunes est beaucoup plus forte que celle d’attrapper le sida », a-t-il fait valoir.De la même manière, le chercheur Michel Perreault, du DSC Maisonneuve-Rosemont, qui a scruté les comportements de quelque 334 jeunes de l’est de Montréal, soutient lui aussi que les choix contraceptifs influencent grandement le sort que réservent les jeunes aux condoms.À l’heure actuelle, la pilule étant conseillée prioritairement aux jeunes adolescentes comme moyen contraceptif, les jeunes considèrent bien souvent le condom comme une « double sécurité» souvent surperflue.« D y a un double message envoyé aux jeunes.La pilule pour la contraception, alors que le condom n’est lié qu’au danger », a soulevé ce dernier.Pour atteindre les objectifs de prévention du sida, faut-il alors faire la promotion du condom comme premier moyen de contraception ?Certains semblent maintenant pencher en faveur de cette solution, d’autres préconisent les campagnes qui ne sont plus uniquement axées sur les aspects prophylactiques du condom.L’efficacité qu’a eue la pilule pour réduire le nombre de grossesses chez les adolescentes est telle qu’on hésite sérieusement à prôner le condom comme premier moyen contraceptif.Mais la pilule n’est pas non plus une panacée.L’une des recherches présentées hier dans le cadre de ce colloque sur un groupe de jeunes adolescentes considérées à risque d’avoir une grosssesse prématurée démontre que même si la plupart d’entre elles prennent la pilule, 37 % en font un mauvais usage, sautant une ou plusieurs journées au cours du mois.-m* m JfP-V PHOTO AP L’acteur italien Roberto Bagnini paradait hier à Cannes pour promouvoir le film de Blake Edwards, Le fils de la panthère rose, qui est en nomination au 45e Festival de Cannes.Banc]uet national de la Saint-Jean o o ne le patronage du Premier min Litre du Québec, en presence du Chef de POpposition officielle et du Maire de Montréal, Le jeudi ! H juin 1992, ! H heures.Reconstitution d’un grand dîner d’au Ire foui dans un décor raffiné fait de guirlandes d’iris flancs et rubans bleus, organûé au profil de la Fête nationale du Québec 1992, /Montréal.Lieu : Palais de la Civiluiation, île Notre-Dame Pillet: 250S labié : 2 000 $ (d placée) Réservations avant le 10juin : Mme Nicole Body (5H) Hé9-2560 RICHARD Fin de tournée Bye Bye Merci! DESJARDI NS ' llliealic Kfücuis LE DEVOIR PiMli* SI Omit *lrt t 1\ CKAC73AM SOÉHOiAGEÀIK 40 ans de carrière 1952-1992 E » i 1 ivi E U R T R E «riàtii Un scénario de Suzanne Aubry avec la bénédiction de Marcel Dubé et la collaboration de personnages marquants comme Tarzan, Florence, Margot et William Larose, Joseph et Ledoux avec Raymond Arpin, Yvon Bilodeau, Danielle Bissonnette, Suzanne Champagne, Pierre Collin, Michèle Deslauriers, Jacques Désy, Pierre Drolet, Johanne Fontaine, Jacques Cirard, Chantal Lamarre, Marie-France Lambert, Claude Laroche, Diane Lavallée, Jacques Lavallée, Jean L'Italien, Brigitte Paquette, Jean Petitclerc, Pierrette Robitaille, Denis Roy, Luc Senay, Daniel Simard, Gilbert Turp et Julie Vincent dirigés par Josée Beaulieu Cocktail hommage à 19h, suivi d’un banquet Meurtre et mystère et d’une soirée dansante, le tout à l’Hôtel Hilton de la Place Bonaventure, le jeudi 21 mai 1992 a Soirée-bénéfice, au profit Hydro-Québec ^tu Fonds Gratien Gclinas, organisée par le Centre des auteurs dramatiques i,e meilleur de nous mêmes Informations : (514) 288-3384 \ Le Devoir, samedi 16 mai 1992 ¦ A-7- L’ACTUALITE INTERNATIONALE Azerbaïdjan: Moutalibov instaure l’état d’urgence et suspend les partis politiques J an Krauze Le Monde Conséquence directe des revers subis par l’armée azerbaïdjanaise dans le Haut Karabakh, l'ancien président de la République, M.Ayaz Moutalibov, chassé du pouvoir début mars, a été rétabli, jeudi 14 mai, à la tête de son pays par le Parlement.Il a aussitôt déclaré l'état d’urgence et suspendu les partis politiques, tandis qu'était annulée l’élection présidentielle prévue pour le 6 juin.Hier, l'opposition a publié un « ultimatum » exigeant la démission de M.Moutalibov.MOSCOU — Acculé à la démission à la suite du désastre de Khodjali, début mars, M.Ayaz Moutalibov a repris le pouvoir deux mois plus tard dans le sillage d’une autre défaite majeure des forces azéries, la prise de Choucha par les Arméniens.Le Parlement, qui avait alors entériné sa démission sous la pression de puissantes manifestations de l’opposition nationaliste, a voté jeudi 14 mai son rétablissement dans ses fonctions de président de la République, tandis que les représentants du Front populaire dénonçaient ce « coup d’État des communistes conservateurs ».Par la même occasion, le Parlement, largement représentatif de l’ancienne nomenklatura, a annulé l’élection présidentielle prévue pour le 7 juin, et désormais sans objet, puisque M.Moutalibov, ancien premier secrétaire du Parti communiste, avait pris la précaution de se faire élire président (avec 90% des suffrages) en septembre dernier, c’est-à-dire aussitôt après le putsch de Moscou et l’écroulement du système soviétique.M.Moutalibov a immédiatement obtenu l’instauration de l’état d’urgence pour deux mois, un couvre feu à Bakou où tous les rassemblements sont interdits, et la suspension des organisations politiques, toutes mesures justifiées, selon lui, par la nécessité de faire face « à l’escalade des agressions arméniennes ».Hier matin, selon plusieurs témoins, la situation était encore relativement calme dans la capitale, où, la veille, on n’avait entendu que quelques coups de feu d’origine indéterminée.Des responsables du Front national avaient annoncé, jeudi, une vague de protestations de masse, mais l’opposition semble hésiter à passer à l’acte, tant les risques d’affrontements sanglants sont élevés.Plusieurs milliers de personnes se sont cependant rassemblées hier matin devant le siège du Front populaire, dont les dirigeants ont publié un « ul- timatum » exigeant la démission de M.Moutalibov et menaçant de recourir à des « mesures extrêmes».Fin revanche, M.Yakoub Mamedov, qui exerçait, en tant que président du Parlement, les fonctions de chef de l’État par intérim, a affiché sa grande satisfaction de voire ainsi comblé « le vide politique dans la république ».Le retour de M.Moutalibov était réclamé depuis une quinzaine de jours par plusieurs centaines de ses artisans qui manifestaient dans Ba-ou, mais a visiblement surpris l'opposition, et plus généralement l’opinion publique.Accusé de mollesse dans la conduite des opérations militaires, il revient à un moment où la situation sur le front du Karabakh est plus mauvaise que jamais.« Exceptionnelle énergie » Mais, à en croire un témoin, il a donné jeudi une impression « d’exceptionnelle énergie », et de sa détermination à sauver l’Azerbaïdjan du désastre.La veille, une commission d’enquête avait livré les premières conclusions sur les circonstances de la prise par les Arméniens de Khodjali, suivie d’un véritable massacre de la population, et estimé que M.Moutalibov ne pouvait en être tenu pour responsable (après sa démission, l’intéressé, avait même vu dans l’abandon de Khodjali une sombre machination destinée à lui faire perdre le pouvoir).Entretemps, une autre enquête a été ouverte sur la perte de la place forte de Choucha, dernière ville tenue par les forces azéries au Haut Karabakh.Là encore, il est question de trahison, on affirme que les Arméniens connaissaient le dispositif de défense de la ville, que les réservoirs des blindés azéris étaient remplis d’eau, etc.Les combattants étant pour l’essentiel des volontaires, en général membres de milices constituées par le Front populaire, ces accusations peuvent tout aussi bien être fondées que simplement « politiques ».Une chose au moins est certaine : l’Azerbaïdjan ne s’est jamais vraiment remis de l’intervention exceptionnellement brutale des troupes soviétiques en janvier 1990 venues empêcher, à la suite d’une vague de pogroms anti-arméniens à l’origine douteuse, une prise de pouvoir des nationalistes.Les échecs successifs subis dans le Haut Karabakh agissent comme une gangrène, et le soutien politique de la Turquie ne suffit pas a empêcher le pays d’aller à la dérive.« Si la confrontation se poursuit, nous allons périr comme nation, et l’Azerbaïdjan sera démembré », affirme une journaliste locale, qui, personnellement, se félicite du retour de M.Moutalibov et de l’annulation des élections « qui auraient conduit à la guerre civile».Le moins qu’on puisse dire pourtant est que M.Moutalibov, dont la personnalité semble plus complexe que celle d'un apparatchik classique, n’a pas donné l’impression jusqu’à présent d’être en mesure de tirer son pays de l’ornière.Dans son intervention devant le Parlement, il a manifesté l’intention de jouer la carte de la coopération avec la Russie, et avec la CEI.Il a même affirmé que si l’Azerbaïdjan ne s’était pas opposé à la Russie sur les questions militaires, et avait intégré ses forces à celles de la Communauté, il n’aurait pas perdu Choucha.Autant de déclarations qui risquent de confirmer ses adversaires dans l’idée qu’il est désormais un instrument de Moscou.M.Moutalibov a même annoncé son intention de participer au sommet de Tachkent, mais, hier matin, il n’était pas présent à l’ouverture de la conférence, et sa participation aux sommets précédents n’a pas toujours été sans nuage.Il avait, par exemple, quitté la réunion de Minsk, en février dernier, à la suite d’un accrochage avec le commandant en chef des forces de la CEI, le maréchal Chapoch-nikov.Dans l’immédiat, le retour au pou- voir de M.Moutalibov risque surtout d'être marqué par de nouvelles dé-l faites militaires.Selon certaines in-1 ’ formations rapportées par l’agence 1 Nega, un certain nombre de soldats azéris seraient en train de quitter lèM front pour aller soutenir l’opposition.’ En tout état de cause, la ville de Lat-' chiné, qui contrôle la route reliant l’enclave du Haut Karabakh à l’Ar-1 ménie est encerclée et pourrait tomber à tout moment aux mains des combattants arméniens.Le carac-1 tère du conflit en serait radicale- [ ment changé, l’Azerbaïdjan n’ayant alors plus le choix qu’entre une guerre ouverte et un renoncement-au Haut Karabakh.LE MONDE EN BREF 30 ministres arrêtés en Sierra Leone FREETOWN (Reuter) — Trente ministres en fonctions ces dernières années en Sierra Leone figurent parmi les 53 personnes détenues à la prison centrale de Freetown à la suite du coup d’État militaire qui a chassé du pouvoir le mois dernier le président Joseph Momoh, rapporte hier le journal du gouvernement.Le chef de l’État déposé et ses proches se sont réfugiés en Guinée voisine.La Croatie et la Slovénie admises à l’ONU NATIONS UNIES (Reuter) - Les anciennes républiques yougoslaves de Croatie et de Slovénie sont assurées de leur admission à l’ON U après l’approbation, hier, de leur candidature par la commission des admissions du Conseil de sécurité.Les recommandations de la commission ont été transmises au Conseil de sécurité qui devrait les approuver, probablement lundi.Les deux républiques pourront alors être admises officiellement par l’Assemblée générale, au cours d’une séance dont la date reste à fixer.Pas d’intervention turque en Azerbaïdjan ANKARA (Reuter) — La Turquie s’inquiète de la situation en Azerbaïdjan, mais elle n’a pas l’intention d’intervenir dans le déroulement des événements, a-t-on appris hier au ministère des Affaires étrangères à Ankara.De source autorisée, on souligne que « la situation est très tendue » à Bakou et « ne peut que se détériorer », mais on fait valoir que la Turquie ne dispose pas de moyens particuliers d’intervention dans ce pays, où elle souhaite seulement le rétablissement de la démocratie.La Turquie, dont l’Azerbaïdjan est proche des points de vue linguistique, ethnique et culturel, souhaite d’une manière générale que capitalisme et démocratie apportent la stabilité aux ex-Républiques musulmanes d’Union soviétique.La DC absente aux présidentielles italiennes ROME (AFP) — Au troisième jour de l’élection du neuvième président de la république italienne, aucun élu n’est attendu au terme du 4ème tour de scrutin, prévu pour hier en fin d’après-midi, indique-t-on dans les milieux politiques italiens.La démocratie chrétienne, parti de majorité relative, a indiqué qu’elle ne participerait pas au vote des 1014 grands électeurs, étant elle-même engagée dans un vote interne (313 députés et sénateurs) pour désigner son candidat officiel à la présidence de la république.CARTES D’AFFAIRES ROBIC AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE 55 Sl-Jacques.Montréal.Québec H2Y 3X2 fa» (514) 84578/4 Tél.: (514) 98 R O B I C / r/ //M/S/n/lir r/fii RIG N N’ARRÇ '""«WW* mmm gü.3» .moins A PARTUM d6 De RÊWIIS6 Rien n'arrête le Tracker de GEO, même pas votre journal préféré.Et avec son moteur à 4 cylindres de 1,6 litre, il roule sans que ça vous coûte une fortune.À ce prix-là, vous avez toutes les raisons du monde de vous offrir, vous aussi, un peu de liberté.En passant, toutes nos excuses au journal pour le dérangement.• Moteur 4 cylindres rie 1,6 lilre, à • Pneus radiaux P195/75R-15 ceinturés d'acier toutes de carburanl saisoos • Boîte manuelle 5 vitesses •floues de 15 po en acier argent • Deux rétroviseurs sport noirs • Sièges-baquets avant à dossier haut inclinable • Pare-brise teinté • Console centrale • Roue de secours classique verrouillable • Dêsembueurs de glaces latérales • Housse de coue rie secours •lapis intégral • Essuie glace à balayage intermittent •Compteur journalier • Crochets de remorquage (avant/arrière) • Système de freinage antiblocage aux roues arrière O CHEVROLET Oldsmobile "Prix de detail suggern gai le labncant pour le modèle de base à 1 mues mollîtes le concessionnaue peut vendre a gin momdie laies el liansporl en sus "Demise de 500 $ olleile gai Geneial Molois du Canada, applicable sui les nouveaui modèles Iracker 1997 Celle ollie ne dure qu'un temps limite Consulte/ voue concessionnaue GU pailicipant poui plus de détails.i 5217850^8065 A-8 M Le Devoir, samedi 16 mai 1992 V ACTUALITE INTERNATIONALE Six pays de la CEI signent un accord de sécurité TACHKENT (Ouzbékistan) (Reuter) — Six anciennes républiques soviétiques réunies au sommet de la CEI, à Tachkent, ont signé hier un accord de sécurité et de défense mutuelle.Le président russe Boris Eltsine a déploré le refus des cinq autres républiques, Ukraine, Biélorussie, Azerbaïdjan, Moldavie et Kirghizie, de signer le document.Le chef de l’État kazakh, Nursultan Nazarbaiev, hôte du sommet, a précisé qu’il s’agissait d’une « union de défense » et de non-agression mutuelle.Le Premier ministre ukrainien, Vitold Fokine, a expliqué que son pays était resté à l’écart parce que le texte ne répondait pas aux besoins de sa République en matière de défense.Le sommet a approuvé une série d’autres documents sur l’espace aérien, l’ancien programme spatial soviétique, la création d’une force de maintien de la paix et la création d’une chambre de compensation pour faciliter les paiements entre républiques.Des 11 pays de la CEI, seuls six Présidents ont fait le déplacement de achkent et les raisons invoquées par les cinq autres pour se faire re- PHOTO AP Les leaders des pays membres de la CEI siègent en table ronde à Tashkent, en Uzbekistan.L'enjeu de ce sommet est la mise sur pied d’un système collectif de securité et d’assistance commune qui a donné lieu à un accord entre six anciennes républiques soviétiques.Les pourparlers ont aussi porté sur le budget de la défense de la CEI pour 1992.À droite de la photo, on aperçoit Boris Eltsine, qui a été accusé par ses détracteurs communistes de s’être présenté au sommet avec un verre de trop dans le nez.présenter pourraient se lire comme un catalogue des maux affectant l’ex-URSS.Le président moldave Mircea Sne- AVIS PUBLICS VENTES EN JUSTICE Condition» et renseignements 1.Les ventes judiciaires ont lieu aux adresses ci-dessous mentionnées.2.L'enchérisseur doit en payer le montant immé- .diatement et en argent comptant ou chèque visé.3.II est préférable de téléphoner au bureau de l'officier instrumentant le matin de la vente en cas d'annulation.La Chambre des huissiers du Québec Province de Uutbec, Ujtlric MONTREA1, COUR DU QUEBEC, NO: 500-02-29908-899.SERVICES SANITAIRES CONCORDIA INC., dtfflondartua, -vi- JIMMY MALAPERDAS, Difendereue.Il 27 mai 1992, à 14iC0 de foarès-mid), au lieu Daniel Latouche Opération Jeanne-d’Arc, phase II ¦ L Y A quelque chose d’extrêmement satisfaisant à découvrir que les événements se déroulent selon le plan que vous aviez conçu à leur intention.On jurerait qu’ils vous écoutent et dans un univers où personne n’a l’habitude de porter la moindre attention à vos propos — pas plus vos étudiants que vos enfants — c’est réconfortant de découvrir que vous n’êtes pas toujours à côté de vos pompes.Prenez un cas au hasard, vraiment au hasard, celui de Claude Morin par exemple.Tout va bien.La première partie de l’opération a produit les effets révus et nous sommes maintenant prêts entreprendre la phase II, celle qui va donner le ton aux prochaines semaines.C’est maintenant que l’on marque les points qui comptent et tout semble indiquer qu’à Ottawa, on était prêt.Faisons le point.Dans le petit monde du renseignement, il n'y a que deux façons de déterminer si une personne dont la crédibilité est en jeu dit la vérité : la cohérence interne de son histoire et l’engrenage d’événements que cette personne a pu enclencher.A cet effet, le cas Morin est particulièrement intéressant car il nous permet d’évaluer la capacité individuelle et organisationnelle du mouvement souverainiste à tenir son bout dans la « Grosse ligue », celle des États-nations.Voyons d’abord la question de cohérence.Je m’excuse à l’avance du ton quelque peu pédant de cette démarche, mais devant les attaques d’infantilisme avancé qui se multiplient à droite et à gauche, il n’y a pas d’autre façon de procéder qu’en reprenant l’affaire à la base et en jouant au professeur.La cohérence donc.Elle n’a rien à voir avec les preuves que la personne incriminée peut fournir quant à la pureté de ses intentions ou de ses comportements passés.Ce qui importe, c’est la qualité des trous, des imprécisions, des contradictions et des erreurs que son histoire comporte.Oui, vous avez bien lu : les trous, les imprécisions, les contradictions et les erreurs.C’est là que tous les agents doubles et triples se font prendre.Dans certains cas leur couverture est parfaite et ils peuvent vous dire avec exactitude ce qu’ils faisaient et où ils étaient le 12 juillet 1969.L'agent le moindrement intelligent a appris à éviter cette erreur dès le deuxième jour de sa formation.Trop de précisions et d’alibis vous perdront à coup sûr.\ L’AUTRE EXTRÊME, il y a ceux dont les trous et les contradictions i\ ne « concordent » pas.Ceux-là sont plus difficiles à repérer.Prenons un cas simple.Si quelqu'un vous dit qu’il a eu exactement six rencontres avec un informateur, mais qu'il ne se souvient pas où et quand ces rencontres ont eu lieu, vous savez qu’il ment.Mais c’est là que cela se complique.En effet, toute personne prise dans une « affaire » va nécessairement oublier certains faits et en reconstruire d’autres.C’est inévitable et c’est le cas de Claude Morin.Son histoire respire la vérité précisément parce qu’elle n’est pas parfaite.Selon le point de vue où vous vous placez, elle ne constitue peut-être pas toute la vérité ou encore elle peut vous sembler une vérité inacceptable, mais cela ne change rien à sa qualité première.Et puis, il y a le deuxième critère : le déroulement des faits et des événements.Ce déroulement s’évalue à un double niveau.Voyons d’abord le déroulement historique.Ceux qui pensent que des décisions personnelles de l’ancien ministre ou l’information qu’il aurait pu transmettre à Ottawa sont susceptibles d’avoir modifié le cours de l’histoire prennent leurs désirs pour des réalités et sont bien ignorants du rôle de l’information et du renseignement dans les gouvernements modernes.Revenons une fols de plus au manuel.C'est vrai que cette fois, c’est au chapitre trois.Il est donc compréhensible que nos experts n’aient pas lu jusque-là.En la matière, les deux règles de base sont les suivantes : (1) dans le domaine militaire et du contre-renseignement, la ualité de l’information dont vous isposez sur un adversaire est inversement proportionnelle au caractère public qui entoure cette information, (2) dans le domaine politique, c’est la publicité d’une information qui en fait sa force.C’est évidemment le deuxième cas qui nous intéresse, hormis que vous considériez comme hautement géostratégique le fait que Claude Morin ait été au parfum de l’identité des Dunking Donuts préférés de notre Police provinciale.Dans le cas d’un ministre aussi « politique » que lui, la meilleure façon de l’utiliser est au jour le jour dans des révélations de petits et grands scandales internes au gouvernement ainsi que dans une autodénonciation savamment orchestrée pour mettre le gouvernement dans l’embarras.Il faudrait évidemment une enquête approfondie, mais de mémoire je ne me souviens d’aucun mini-scandale ayant affecté le gouvernement Lévesque qui aurait pu être attribué à Claude Morin.À l’époque, je fréquentais assidûment le petit monde journalistique de Québec — ce qui avait le don d’irriter mon patron — mais je n’ai jamais rencontré un seul journaliste disposant d’une information ou posant des questions qui laisseraient entendre qu’il disposait de renseignements privilégiés qui auraient pu venir d’un quelconque coulage ministériel.Et puis, il y a le comportement du Parti québécois depuis le début de l’affaire.C’est l’autre niveau et sans un seul doute ma plus grande source de satisfaction.S’il avait fallu que le parti se rallie derrière Claude Morin en criant à l’indignation et en tournant l’incident à son avantage, toute la thèse d’une habile manoeuvre d’Ottawa tombait à l’eau.Mais le parti se comporte selon le plan prévu sans penser une seconde qu’il est en train de se clouer l’autre pied.On peut toujours compter sur ce bon PQ au moment choisi.La chasse aux sorcières a donc commencé et le Parti québécois risque fort de se retrouver dans le rôle de Jeanne d’Arc, une allumette à la main.C’est à se demander si toute l’opération n’a pas été conçue par Ottawa à cette fin.Dans l’immédiat, le parti va être appelé à se remettre à l’heure de 1980 et de 1985.On va refaire ses comptes et tenter de régler les « factures » encore en suspens.C’est 1 non seulement une perte de temps et d’énergie, mais c’est aussi une démarche hautement décapante.Elle rend impossible le pansement définitif de vieilles blessures.DJ ICI QUELQUES JOURS, si ce n’est pas déjà fait, on peut s'attendre à voir resurgir le nom de Pierre Marc Johnson.À qui cela profite-t-il ?Deuxième conséquence de l’Opération Jeanne-d’Arc, l’impossibilité dans laquelle va se trouver le PQ d’élargir sa coalition.On peut déjà dire adieu à une entente efficace avec le Bloc québécois.Pensez-y un instant.Tous les membres du Bloc ont i déjà été des fédéralistes convaincus.Un | d’entre eux a déjà été ministre de Robert Bourassa et l’autre ambassadeur à Paris.> Compte tenu du climat, il est peu probable t qu’on s’allie de très près avec ces gens.Troisième conséquence, le repu du PQ sur son option dure et pure ainsi que l'impossibilité où vont se trouver plusieurs des représentants du milieu des affaires de rejoindre publiquement la mouvance , souverainiste.Ils vont y penser deux fois avant de s’embarquer dans une équipe aussi « religieuse » et qui n’hésitera pas à les dénoncer à la moindre provocation.Et puts, il y a le climat de suspicion permanente que cela va causer.En effet, la tentation va être forte de pointer du , doigt les uns et les autres.Bientôt on va se poser des questions sur ceux-là mêmes qui crient le plus fort et demandent l’exécution publique de Claude Morin.Pourquoi cet acharnement ?Comment expliquer qu’ils fassent aussi facilement le jeu des « faiseurs d’opinion » fédéraux, » les fameux spin doctors.Certains dossiers : vont vraisemblablement devoir être rouverts, celui du départ de Pierre Marc Johnson par exemple.Cet amateurisme a quelque chose de navrant.Avoir travaille si fort pour une option et accepter en bout de ligne de se laisser manoeuvrer aussi facilement Mais si c’est ainsi que les péquistes voient ! la vie, autant le savoir tout de suite.Il nous reste cependant la satisfaction de I constater que tout se déroule selon le scénario prévu.Jeanne aurait été fière.
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