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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1992-06-02, Collections de BAnQ.

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Vol.LXXXIII Montréal, mardi 2 juin 1992 No 127 Ensoleillé avec passages nuageux.Max.: 24 Détail page B-6 Toronto 85 cents 65* + TPS + TVQ Montréal Design et graphisme Relations interculturelles Bélanger, Legault As*-y « SOCIÉTÉ La Grèce dans la tourmente des Balkans Les Grecs se demandent ce qu’ils ont bien pu faire aux dieux pour mériter tant de malheurs.La crise économique n’en finit plus et la CEE s’impatiente, les Turcs ont remonté dans l’estime occidentale et voilà que la Macédoine ne serait plus en Grèce.Jocelyn Coulon est allé écouter leurs doléances et a rencontré la plus célèbre des Grecques, Melina Mercouri.Page B-l Ottawa adopte sa loi référendaire demain Chantal Hébert de notre bureau d’Ottawa ALORS QUE les négociations constitutionnelles ne reprendront qu’au milieu de la semaine prochaine, le gouvernement fédéral invoque l’urgence et procédera à toute vapeur demainà l’adoption de la loi qui lui permettrait de tenir un référendum pancanadien sur la Constitution.Sans tambour ni trompette, le gouvernement a en effet de nouveau accéléré la cadence de l’adoption du projet de loi C-81 hier après-midi, annonçant qu’il suspendait toutes les règles parlementaires habituelles pour le faire débattre et adopter dans les 48 heures.Une version amendée du projet sera alors soumise au Parlement.Tel que prévu, le gouvernement fédéral a procédé à quelques changements mineurs au projet de loi présenté il y a deux semaines.Ainsi, la nouvelle version du projet de loi C-81 précise que d’éventuels comités du oui et du non verront leurs dépenses plafonnées à 56 cents par électeur.A l’échelle pancana-dienne, cela équivaut à environ dix millions $ par comité.Selon Élections Canada, de 3000 à 5000 de ces comités pourraient voir le jour si une campagne référendaire devait avoir lieu.Aussi bien le N PD que le Parti libéral et le député conservateur Voir page A-4: Ottawa Les retards d’Ottawa laissent Québec froid Michel Venne de notre bureau de Québec LA DÉCISION d’Ottawa et des autres provinces de remettre au 9 juin la poursuite de leurs pourparlers constitutionnels ne provoque aucune inquiétude à Québec puisque le calendrier prévu à la loi 150 n’est pas compromis, fait-on valoir au bureau du premier ministre M.Robert Bou-rassa.Le premier ministre considère que le reste du Canada « prend les moyens pour soumettre une offre au Québec », affirme sa porte-parole.Une pause à ce stade-ci des discussions peut être saine, ajoute-t-on.Il y aurait eu lieu de s’inquiéter si les 16 s’étaient laissés samedi dans une im- passe.On estime à Québec que ce ne fut pas le cas.Les modifications apportées au calendrier référendaire par un amendement à la Loi sur les consultations populaires, à l’étude à l’Assemblée nationale, donnent plus de temps à la discussion, se réjouit-on.Cet amendement repousse au 9 septembre la date ultime à laquelle un projet de question doit être proposé par le gouvernement pour le référendum prévu par la loi 150 le 26 octobre.La porte-parole du ministre des Affaires canadiennes Gil Rémillard rappelle pour sa part que la période d’ici au 9 juin « ne sera pas un temps mort » puisque les représentants des Voir page A-4: Les retards Les U SA ne signeront pas le traité sur la biodiversité Le Canada annonce au contraire qu’il signera à Rio Des airs de carnaval Louis-Gilles Francoeur LE CANADA a décidé de prendre le contre-pied des États-Unis en annonçant hier qu’il signerait le projet de traité en préparation à Rio sur la protection de la « diversité biologique » de la planète au moment où le président Bush des États-Unis tentait de rescaper l’image de son pays en raison de son refus de signer cette entente.La décision des États-Unis de ne pas signer le traité sur la « biodiversité » porte un dur coup au Sommet de la Terre de Rio.C’est en effet le deuxième grand projet d’entente internationale que les États-Unis torpillent par leur résistance.Us ont en effet accepté, il y a quelques semaines, de signer l’éventuel traité sur le contrôle de l’effet de serre mais à la condition qu’il ne contienne aucun échéancier de réduction des gaz de serre qui soit contraignant.Plusieurs pays, dont la Communauté économique européenne, considèrent que ce traité a ainsi toute sa subsistance.La décision du Canada de signer l’éventuel traité sur la biodiversité a été annoncée hier par le premier ministre canadien, M.Brian Mulroney, à Hull.Ce dernier a annoncé un programme en cinq points destiné à faire en sorte que les traités éventuellement signés par les quelque 160 pays représentés à Rio aient rapidement des suites.Le projet de traité sur la « biodiversité » a pour objectif fondamental d’amener chaque pays à protéger par des mesures concrètes les espèces vivantes, plantes, animaux, Voir page A-4: Les USA Claire de Oliveira de l'agence France Presse RIO DE JANEIRO - Au pied du Pain de Sucre, près de 30 000 personnes venues du monde entier participent, depuis hier, chaque jour au « Forum Global », organisé parallèlement au Sommmet de la Terre à Rio de Janeiro et qui réunit quelque 1500 organisations non gouvernementales (ONG).Dans le Parc du Flamengo, d’une superficie de 105 000 mètres carrés, où sera inauguré officiellement aujourd’hui le plus grand « happening écologique » jamais réalisé, les ouvriers finissaient fébrilement dimanche le montage des 675 stands alors que des représentants des 480 exposants s’attelaient à la décoration : affiches érotiques en noir et blanc au stand du Mouvement d’émancipation homosexuelle (Atoba), posters colorés réclamant la préservation de Bananal (Amazonie brésilienne), la plus grande île fluviale du monde, illustration des mesures mises en oeuvre en faveur de l’environnement dévasté au Koweit.Dans les 35 tentes — d’une capacité de 100 personnes chacune — qui serviront de salles de réunion, où devront s’exprimer librement tous les secteurs de la société, les cabines d'interprétation finissaient d’être installées.Il y a une semaine encore, les organisateurs du « Forum Global » avaient lancé un appel pressant aux autorités brésiliennes car il leur manquait trois millions de dollars pour boucler leur budget et aménager les, tentes.Dans la plus grande des tentes fonctionnera la « Femea Planeta », qui réunira jusqu’au 14 juin, jour de clôture du Sommet de la Terre, quelque 1200 femmes du monde entier.Voir page A-4: Des airs Près de 1000 nouveaux réfugiés haïtiens refoulés Près de 1000 nouveaux réfugiés haïtiens, interceptés en haute mer et refoulés directement par les autorités américaines sont arrivés, hier matin, à Port-au-Prince à bord de trois navires de la garde côtière américaine.Une réfugiée haitienne qui refusait de descendre après avoir poussé des cris hostiles au commandant en chef de l'armée, le général Raoul Cédras, a été débarquée de force par l’équipage (ci-haut), De nombreux réfugiés ont dissimulé leur visage pour ne pas être reconnus.Ce nouveau contingent porte à plus de 2600 le nombre des réfugiés haitiens interceptés en haute mer et refoulés directement à la suite d’une décision prise le 24 mai par le président George Bush.-h PHOTO PC Arthur Dunkel, directeur général du GATT, a profité de son passage à Québec, hier, pour réaffirmer sa position sur la question agricole.Le directeur du GATT avertit les agriculteurs que le libre commerce de leurs produits est inéluctable Claude Turcotte QUÉBEC - Le directeur du GATT, Arthur Dunkel, a déclaré aux agriculteurs réunis en congrès mondial à Québec, hier, qu’il était trop tard pour reculer sur la libéralisation du commerce des produits agricoles.Au cours d’une longue période de questions à la suite de son discours devant les 350 délégués des quatre coins du monde à ce congres, M.Dunkel a déclaré à un certain moment à propos de la ronde Uruguay et des négociations sur la libéralisation du commerce des produits agricoles que « le point de non-retour a été franchi ».Il a aussi beaucoup parlé de la nécessité de faire une percée sur le fond, ce oui implique la nécessité d’une volonté politique, qui n'a pas été évidente jusqu’à maintenant.Il n’en a pas moins manifesté un certain déterminisme ou fatalisme devant la réalité mondiale.« Le monde n’est pas statique.GATT ou pas, la structure de la production agricole change rapidement.Il faut choisir entre le changement dans le contexte d’un accord multilatéral, en partageant les coûts et les bénéfices, les mesures de sauvegarde et l'égalité de traitement, et les changements unilatéraux beaucoup plus douloureux qui deviendraient inévitables tôt ou tard, sous la pression des nécessités politique et economique.» M.Dunkel n’a pas cherché à contester que l’agriculture soit maintenant considérée comme la cause de l’arrêt des négociations à Genève, sans pour autant endosser cette explication.« L’agriculture fait partie de la vie personnelle de tout le monde et elle est un sujet émotive-ment chargé à la fine pointe de l’actualité.C’est en plus un sujet qui a longtemps été négligé et c’est une dure noix à casser », a-t-il dit en situant la question dans le cadre des négociations multilatérales.Ayant fait des efforts pour modifier son agenda et venir à Québec, M.Dunkel a voulu montrer aux agriculteurs du monde que le GATT avait un visage humain, bien qu'il ne soit pas évident que cet objectif ait été atteint hier.Il a tout de même déclaré ceci : « Il était très important pour moi de venir entendre vos opinions.Je ne suis pas un personnage sans visage, sans foi, sans loi, pas du tout, et je serai très heureux de vous voir à mon bureau.» Néanmoins, un certain nombre de délégués, dont Jacques Proulx, président de l’UPA et les porte-parole français, italien et japonais ont exprimé leurs réserves.Les Européens en plus ont vivement contesté le projet de réforme énoncé récemment par la Communauté économique européenne (CEE).En revanche, M.Dunkel voit là une bonne nouvelle.Comparant le jeu des grands blocs — les Etats-Unis et la CEE — à une partie de tennis, il a simplement dit « la balle voyage », ce qui fait déjà peur à plusieurs petits pays, qui craignent que les négociations soient devenues bilatérales et non plus multilatérales.Le directeur général a soutenu qu’il est impossible que ces deux blocs parviennent à imposer leurs arrangements à la centaine d’autres pays qui font partie du (i ATT Vo(r a-4: 'Visoire de l’ONU (APRONUC).-è î « Il s’agit d’une très sérieuse vio-a.dation » de l’accord de paix signé à Paris le 23 octobre 1991, a déclaré le ; Japonais M.Yasushi Akashi aux -i journalistes qui l’accompagnaient, u; après avoir été empêché, samedi, de - circuler dans une zone contrôlée par -i, les Khmers rouges.Le représentant -;.au Cambodge du secrétaire général des Nations unies, qui est également .0,le chef de l’APRONUC, a ainsi con-•• firmé que les Khmers rouges blo-“i’iquaient l’application de l’accord de Paris, remettant en cause le début de la démobilisation, prévue pour le 13 juin, des forces militaires en présence.En compagnie du général John Sanderson, le commandant australien des « casques bleus » au Cambodge, M.Akashi terminait une ins-» pection en hélicoptère des postes de «l’ONU installés aux frontières du Cambodge par une visite dans la zone de Païïin, contrôlée par les Khmers rouges.Jusque-là, tout s’était bien passé, sur la frontière du Vietnam comme sur celle de la Thaï-*Mande.5r- À Paîlin, les hélicoptères des Nattions unies ont pu se poser là où est '^installée, depuis fin décembre, la ¦t',hnssion de liaison de l’ONU.Mais, à l’exception de l’officier en perma-c hence sur place, aucun représentant khmer rouge ne s’est déplacé pour uaccueillir M.Akashi; et quand ce dernier a voulu se rendre en voiture, à vingt-deux kilomètres de là, sur la ¦^frontière thaïlandaise, pour inspec-m-ter un poste que doit occuper l’ONU, **>11 en a été empêché par des gardes khmers rouges qui, pourtant, lais-*‘,(Saient passer des véhicules civils im-3’ matriculés en Thaïlande, è r -lir.La Chine et la Thaïlande •9" sans influence .An Contraint de faire demi-tour et de regagner Phnom-Penh, M.Akashi a —également été informé que, dans cette zone, les postes-frontière attribués à l’ONU ont été récemment minés par les Khmers rouges.En outre, arrivé deux jours plus tôt en Thaïlande, le bataillon néerlandais qui sera chargé de contrôler la démobilisation est bloqué à la frontière, et les pistes qu’il devait emprunter pour rejoindre ses emplacements ont été minées.Les éléments avancés de ce bataillon — 71 militaires chargés de préparer l’installation de l’unité — n’ont pas pu pénétrer en territoire khmer rouge.Selon les journalistes qui accompagnaient M.Akashi, la mission de l’ONU a pu constater, en survolant le secteur, que des dizaines de bulldozers et de camions, affectés aux mines de pierres précieuses de Paîlin ou à des concessions forestières, circulent sans problème.Lors de la dernière réunion du Conseil national suprême (CNS), à Phnom-Penh le 26 mai, M.Akashi avait soumis un questionnaire en douze points aux représentants des Khmers rouges.Il leur demandait notamment s’ils étaient prêts à laisser l’APRONUC « circuler sans restriction » dans leurs zones, à « se retenir de violer le cessez-le-feu » et à « délimiter » leurs champs de mines, ainsi qu’à éviter de procéder à de nouveaux minages.Des réponses négatives aux trois questions lui ont été fournies sur le terrain, le week-end dernier, surtout s’il se confirme que les Khmers rouges ont lancé plusieurs attaques au nord de Siem-Réap, ainsi qu’on le signalait, hier, à Phnom-Penh.La radio des Khmers rouges a enfoncé le clou, samedi, en accusant « certains membres » non cités de TAPRONUC de ne pas ère neutres, et de « tenter de détruire par tous les moyens » leur mouvement.Les Khmers rouges demandent que l’APRONUC, avant de démobiliser les forces en présence, s’assure du départ de toutes les forces vietnamiennes du Cambodge.Lors de son inspection, jeudi 28 mai, des postes de l’ONU sur la frontière du Vietnam, M.Akashi a répondu qu’il avait demandé à « toutes les parties » de lui fournir des « indications concrètes » sur une éventuelle présence militaire vietnamienne et que, à cette date, il n’avait reçu aucune information.« Si les Khmers rouges ont des preuves, nous irons « enquêter n’importe où et n’importe quand », a-t-il ajouté.La deuxième phase d’application de l’accord de Paris, qui devait démarrer le 13 juin avec le début de la démobilisation des factions cambodgiennes, risque donc d’être reportée.Phnom-Penh n’acceptera jamais, en effet, de démobiliser ses soldats si les Khmers rouges n’en font pas autant.Pour les contraindre à jouer le jeu, M.Akashi a peu de moyens de pression.Au Conseil de sécurité de l’ONU, la Chine se tient en retrait, et on ne sait plus bien si Pékin peut encore influencer ses alliés.Quant à la Thaïlande, la mieux placée auprès des Khmers rouges, elle est paralysée par sa propre crise politique; de toute façon, les concessions minières et forestières qu’elle détient dans les zones qu’ils contrôlent sont suffisamment importantes pour qu’elle ne souhaite pas intervenir.MOSCOU (Reuter) — Frederik de Klerk, a été reçu hier au Kremlin par le président russe Boris Eltsine lors d’une visite qui marque une percée diplomatique pour le président sud-africain.Les deux hommes ont échangé de chaleureuses poignées de main au sommet de l’escalier d’honneur du grand palais du Kremlin.À son arrivée à Moscou, Frederik de Klerk, confronté à la poursuite des violences dans les cités noires d’Afrique du Sud, s’est félicité de « la nouvelle ère qui a déjà commencé dans les relations entre la Russie et son pays».Arpentant la place Rouge, symbole mondial du marxisme qu’il abhorrait, le président sud-africain a proclamé la mort du communisme en Russie et de l’apartheid dans son pays.« La raison de ma présence ici est la mort du communisme en Russie et de l’apartheid en Afrique du Sud », a-t-il déclaré devant le mausolée de Lénine.« Nous combattons toujours le communisme dans notre pays, mais nous sommes convaincus que nous gagnerons », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.Cette visite apparaît comme le symbole du rétablissement des relations diplomatiques entre Moscou et Prétoria, qui avaient été rompues il y a 35 ans.Signe du rapprochement entre les deux pays, les avenues conduisant au PÉKIN (AFP) — Les autorités chinoises ont renforcé les mesures de sécurité dans la capitale, à deux jours du 3e anniversaire de l’écrasement du Printemps de Pékin, de crainte que ne soit commémoré le souvenir des centaines de personnes tuées par l’armée et la police dans la nuit du 3 au 4 juin 1989.Toute personne déposant des fleurs, accrochant des banderoles, s’asseyant ou même riant près de l’obélisque de marbre blanc et de granit, sur l’immense esplanade du coeur de la ville, sera poursuivie et punie, est-il notamment indiqué.Théâtre des manifestations monstres du printemps 1989, la place était quadrillée hier par des dizaines de policiers en civil équipés de caméras vidéo et d’appareils de transmission.Dans toute la capitale, les effectifs des forces de sécurité ont été augmentés.Mais le dispositif est moins visible que les deux années précédentes, selon divers témoignages.Les patrouilles motorisées et les policiers en faction sont les plus palais du Kremlin ont été pavoisées aux couleurs de l’Afrique du Sud, ce qui aurait été impensable il y quelques années, à l’époque où l’Union soviétique aidait les mouvements marxistes du continent noir.Pendant des décennies, la presse soviétique a attaqué l’Afrique du Sud en la qualifiant d’« instrument raciste de l’impérialisme occidental ».Pendant toutes ces années de rupture officielle, l’Afrique du Sud et l’Union soviétique ont toutefois partagé de nombreux intérêts économiques.Les deux pays dominent la production mondiale de diamants et d’or.En outre, Moscou a un grand besoin d’assistance pour l’extraction de minerai, vitale pour la relance de l’économie et la poursuite des réformes financières.Les deux pays sont également confrontés à d’importants défis sociaux.La Russie doit supprimer la centralisation communiste et l’Afrique du Sud doit démanteler le politique d’apartheid basée sur la ségrégation raciale.La visite du président De Klerk a déchainé la colere des communistes sud-africains, qui estiment que Boris Eltsine aurait du d’abord recevoir Nelson Mandela, le chef du Congrès national africain (ANC).À Johannesburg, l’ANC a vivement critiqué les déclarations de Frederik De Klerk sur la fin de l’apartheid, affirmant que la ségrégation raciale était encore bien vivante nombreux dans le quartier de Ilai-dian, au nord-ouest, où se trouve l’université de Pékin (Beida), berceau du mouvement de contestation populaire de 1989.Des membres d’un groupe dissident clandestin ont annonce des di-tributions de tracts et des étudiants un jeûne pour jeudi prochain.Quelques affiches avaient été posées à Beida il ya une dizaine de jours, arrachées peu après par les services de sécurité de l’université, selon des témoins.La présence policière est aussi très visible près du cimetière de Ba-baoshan, à l’ouest de Pékin, où reposent nombre de victimes de la répression.Aucun incident sérieux n’avait marqué le 2e anniversaire de l’écrasement du Printemps de Pékin, à l’exception de quelques bris de bouteille a Beida, geste rituel des contestataires chinois.Le mot xiaoping, qui signifie petite bouteille, est en effet l’homophone chinois du prénom du patriarche Deng Xiaoping.en Afrique du Sud.Le mouvement de Nelson Mandela a rappelé qu’il ne souhaitait pas la venue de Boris Eltsine en Afrique du Sud avant que les Noirs participent au gouvernement.« Nous n’accepterons aucune visite de chefs d’Etat étrangers avant qu’un gouvernement intérimaire soit établi », a déclaré Gill Marcus, le porte-parole de l’ANC.Pour sa part, le président sud-africain a déclaré lors d’une conférence La municipalité a aussi ordonné aux Pékinois de ne pas se rendre sur la place jeudi prochain.Depuis quelques semaines, des policiers « rendent visite » aux dissidents, à leurs proches et aux membres des familles de prisonniers politiques pour les mettre en garde contre toute manifestation publique le jour de l’anniversaire, a-t-on indiqué de sources diplomatiques.La journaliste dissidente Dai Qing, qui avait reçu cette année l’autorisation d’aller étudier aux États-Unis, a été empêchée samedi par les responsables de la compagnie aérienne chinoise de quitter Hong Kong pour Pékin où elle était attendue par sa famille, à l’occasion des vacances universitaires américaines.Quelque 4000 personnes ont manifesté dimanche dans la colonie britannique derrière une banderole proclamant: « N’oubliez pas le 4 juin ».Aucun dirigeant n’a fait ces jours-ci de déclaration sur la répression du « chaos et de l’émeute contre-révolutionnaires », selon la terminologie de presse suivant ses entretiens avec Boris Eltsine que « M.Mandela pouvait voir de ses yeux les conséquences d’une telle politique (économique marxiste) appliquée durant une longue période ».« Peut-être que l’ANC amendera un peu plus qu’il ne l’a fait jusqu’à présent sa politique et qu’il se rangera sur la même ligne que le reste du monde », a-t-il ajouté.Après Moscou, le président de Klerk se rendra au Japon et à Singapour.officielle.Quelque 1300 personnes, selon des estimations concordantes, furent tuées dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, essentiellement à Pékin, et des milliers d’autres blessées.I^es journalistes chinois ont reçu pour consigne de ne pas rencontrer de confrères étrangers, dans le cadre d’une campagne de lutte contre les fuites de documents confidentiels du parti communiste, a-t-on ajouté de sources diplomatiques.La surveillance de certains correspondants étrangers a aussi été renforcée de même que celle d’autres résidents étrangers.Des policiers en civil, non invités, participaient ainsi samedi soir à une réception dans un grand hôtel des environs de Pékin pour le mariage de deux Français, en présence de centaines de convives, parmi lesquels des diplomates.Les autorités avaient au préalable demandé aux organisateurs la liste des invités et des morceaux de musique qui seraient diffusés.Renforcement de la sécurité à Pékin à la veille du 3e anniversaire de Tiananmen Règlement militaire toujours hors de portée au Soudan Après neuf ans de guerre civile, un règlement n’est pas pour bientôt Le « oui » en tête du référendum d’aujourd’hui sur Maastricht au Danemark Malgré la résistance des Danoises LOKICHOGGIO (KENYA) (Reuter) — Les forces gouvernementales soudanaises se sont emparés d’une douzaine de villes dans le sud rebelle, mais les observateurs estiment que la guerre civile, qui a duré neuf ans, ne se réglera par sur le terrain.« La perte de ces villes signifiera seulement que l’APLS (l’Armée populaire de libération du Soudan) retournera dans la brousse pour continuer la guerilla », a déclaré un Soudanais membre d’une organisation humanitaire.Alors que les combats font rage dans les marais et déserts du sud, le gouvernement de Khartoum, dominé par les musulmans, et deux factions de l’APLS, ont fait état de timides progrès dans leurs négociations de paix dans la capitale du Nigéria, Abuja.Jeudi dernier, les troupes gouvernementales soudanaises ont pris Ka-poeta, située à 74 km au nord de la frontière kenyane et jusqu’alors aux mains des rebelles sudistes.La ville de Torit, quartier général du chef de l’APLS, John Garang, situé à 120 km de Kapoeta, est maintenant menacé sur deux fronts.Des réfugiés fuyant devant les combats affluent vers le Kenya, et des responsables d’organisations humanitaires disent craindre que des milliers d’autres ne se dirigent vers la frontière ougandaise si les autorités de Khartoum s’emparent de Torit.Les forces gouvernementales ont saisi l’occasion de plusieurs défaites de l’APLS pour lancer une offensive sur le terrain et pour entamer de nouvelles négociations.La perte de Kapoeta prive les rebelles du sud d’une route d’approvisionnement vitale vers le Kenya, soutien tacite de l’APLS.Les forces de John Garang, repoussées vers la frontière ougandaise, ne peuvent pas espérer recevoir le soutien de l’Ouganda, ont déclaré des diplomates.Mais les officiers de l’APLS ayant évacué Kapoeta déclarent contrôler d’autres villes dans les environs, et annoncent une contre-attaque.La situation est similaire dans d’autres villes prises par les autorités de Khartoum, affirment-ils.Alors que les soldats gouvernementaux, privés de vivres, vivent dans des conditions extrêmement difficiles, les rebelles peuvent continuer à circuler dans la brousse, précisent- ils.L’APLS lutte pour l’autonomie du Sud-Soudan principalement chrétien et animiste, contre le gouvernement de plus en plus islamique de Khartoum.Les représentants du gouvernement ont proposé une autonomie pour le sud dans le cadre d’un système fédéral où la Charia, la loi islamique, ne s’appliquerait pas dans les régions non musulmanes.Khartoum affirme avoir déjà fait une concession en n’appliquant pas la Charia dans le sud, bien que des musulmans y vivent.Les rebelles menés par John Garang exigent pour leur part une constitution laique, tandis que la faction Nasir de l’APLS réclame la sécession pure et simple du sud.COPENHAGUE (AFP) - La campagne référendaire au Danemark a été close hier soir après plusieurs mois d’affrontements et de débats entre partisans et opposants au traité de Maastricht avec la publication de sondages qui donnent une avance confortable au « oui ».Un ultime sondage pourra être publié aujourd’hui, jour même de la consultation, une pratique admise par la loi.L’opposition la plus farouche à Maastricht est venue des femmes dont une sur trois seulement se déclare favorable au traité alors que, pour la population dans son ensemble, les « oui » l’emporteraient avec une marge confortable.Une enquête Gallup donne 44 % de « oui » contre 35 % de « non » et un sondage Sonar 49% de «oui» et 40% de «non».L’attitude des Danoises s’explique par leur crainte de perdre « certains de leurs droits durement acquis après tant d’années de lutte », selon Drude Dahlerup, du mouvement « Danmark 92» (anti-Maastricht).« Pour les femmes danoises il s’agit d’une perte de pouvoir quand de plus en plus de décisions sont transférées du Parlement danois vers Bruxelles où les femmes sont très mal représentées », a-t-elle souligné.Elles sont préoccupées également par la détérioration de l’État-provi-dence danois en cas d’harmonisation avec les autres États de la Communauté.Mais les derniers sondages ont Aide à l'enfance-( aniida Save lhe ( hildreil-C anada conforté la position des partisans du «oui» et rassuré le gouvernement d'autant plus que la proportion d’indécis est relativement faible.Les Danois qui, dans leur très grande majorité (70%), pensent que le traité est « trop compliqué et inapproprié à une consultation populaire », ont cependant pris nettement position pour ou contre le traité dont le texte a été tiré à 500 000 exemplaires, un record pour une population de 5,2 millions d’habitants.Le référendum d’aujourd’hui sera suivi de près non seulement dans les autres pays de la CEE et mais aussi dans les pays Scandinaves qui ont déposé une demande d’adhésion officielle à la Communauté, la Suède en 1991 et la Finlande il y a quelques mois.En Suède, où un référendum doit être organisé sur l’adhésion du pays à la CEE en 1994, le Premier ministre conservateur Cari Bildt a réaffirmé récemment qu'un « non » danois « ralentirait le processus d’intégration » de son pays à la Communauté européenne.L’hostilité à la CEE a gagné récemment du terrain dans le pays.40% des personnes interrogées se sont déclarées hostiles à l’adhésion à la Communauté dans un sondage SI FO publié début mai alors qu’en fin d’année dernière les partisans de l’Europe atteignaient 48% de l’échantillon.Des médias proches du parti social démocrate et une grande partie (47 %) des membres de ce parti, font campagne ou se prononcent désormais contre une adhésion de la Suède à la CEE.En Norvège, un sondage publié le mois dernier montre que 47% des personnes sont opposées à l’adhésion de leur pays à la CEE alors que 39 % y sont favorables.En ce qui concerne le Danemark, les derniers sondages sont réconfortants.Une victoire du « non » risquerait en effet non seulement de « marginaliser » le pays dans des domaines comme la pêche et l’agriculture mais aussi de freiner la construction européenne, relève-t-on à Copenhague.rr H» $ *«» S «H Pr°fit!e ¦W LE DEVOIR OFFRE D’ABONNEMENT ?Oui je m’abonne au journal Le Devoir Lundi au Samedi Samedi seulement (TPS et TVQ incluses) (TPS et TVQ incluses) ?52 semaines, 196,45$ ?52 semaines, ?26 semaines, 103,66$ ?26 semaines, ?1 3 semaines, 55,76$ ?1 3 semaines, 66,45$ 36,05$ 18,78$ J’inclus mon paiement par: ?Chèque ?Visa No carte:________________________ ?Mastercard _____Date d'expiration:.?American Express ____ /_______/_____ Signature:.Voici mon adresse: Nom: Adresse:.Ville:___ -App.:_ -Province:.Code postal:.Tél.(domicile):.Tel.(bureau):.Indications particulières pour la livraison:.Poster à: Journal Le Devoir C.P.6033, suce.Place d’Armes Montréal (Québec) H2Y 9Z9 Service à la clientèle: (514) 844-5738 ou 1-800-463-7559 Le Devoir, mardi 2 juin 1992 M A-7 IV ACTUALITE INTERNATIONALE LE MONDE EN BREF Budget triplé pour renverser Hussein LOS ANGELES (AFP) — Le gouvernement américain se propose de tripler le budget consacré aux tentatives secrètes de renversement du président irakien Saddam Hussein, rapporte le Los Angeles Times de dimanche.Selon des sources gouvernementales non identifiées cités par le journal, le budget de la CIA (services américains de renseignement) pour le renversement de Saddam Hussein pourrait passer de 15 à 40 millions de dollars, pour l’année fiscale 1993.Le Times écrit que cette augmentation reflète la frustration grandissante de Washington dont tous les efforts pour renverser le président irakien ont échoué à ce jour.Imelda Marcos accusée de dissimuler 24 millions de dollars MANILLE (AFP) — L’ex-première dame des Philippines Imelda Marcos a été accusée hier devant un tribunal de Manille d’avoir dissimulé plus de 24 millions de dollars d’intérêts sur des dépôts dans des banques suisses.Mme Marcos, 62 ans, candidate battue lors de l’élection présidentielle du mois dernier, a gardé le silence lors de la lecture des actes d’accusation.Son avocat a expliqué que Mme Marcos avait décidé de rester muette.Mais un juge du tribunal a déclaré que le silence de Mme Marcos serait enregistré comme une déclaration de « non culpabilité ».Mme Marcos risque jusqu’à 70 ans de prison si elle est reconnue coupable de 14 chefs d’accusation notamment pour n’avoir pas déclaré les intérêts que six fondations du clan Marcos ont reçus pour leurs dépôts dans trois banques suisses, a déclaré le procureur.Portraits robots des assassins de Falcone PALERME (AFP) — Les habitants de la région de Palerme ont apporté un nombre de témoignages inhabituel, dans ce pays de l’« omerta », qui ont permis de tracer les portraits-robots des cinq hommes qui auraient installé sous l’autoroute Punta Raisi-Palerme l’explosif qui a tué il y a dix jours le juge anti-mafia Giovanni Falcone, a-t-on appris hier auprès des enquêteurs.« Jamais comme cette fois-ci nous n’avons reçu en Sicile autant de témoignages, alors que d'habitude les gens observent la loi du silence imposé par la mafia », a souligné un des enquêteurs.Les témoignages arrivent spontanément, un certain nombre de manière anonyme, indiquent les spécialistes de la police scientifique.Ces témoignages seraient concentrés sur l’apparence des hommes déguisés en préposés à l’entretien de l’autoroute qui ont installé quelques jours avant l’attentat les 500 kg de tritol dont l’explosion a été déclenchée par télécommande au passage de la voiture du juge Falcone.Soell élu à la tête de l’UEO PARIS (Reuter) — L’Allemand Hartmut Soell a été élu hier à Paris président de l’Assemblée de l'Union de l’Europe occidentale, a annoncé l’UEO.Membre du SPD, Hartmut Soell succède au Français Robert Pontillon, membre du Parti socialiste, décédé en mars dernier.il a été élu par acclamation à l’ouverture de la session plénière de l’Assemblée de l’U EO, qui se déroule jusqu’au 4 juin dans la capitale française, précise un communiqué de l'organisation, seule instance européenne compétente en matière de défense.Tapie contre-attaque au tribunal de commerce PARIS (Reuter) — Bernard Tapie a lancé une contre-attaque contre son ancien associé, Georges Tranchant, qu’il affrontera le 15 juin prochain au tribunal de commerce.L’ex-ministre de la Ville, inculpé mercredi par le juge d’instruction Edith Boizette, conteste la validité de la plainte du député RPR, qui l’accuse d’avoir détourné une partie de la somme provenant de la vente de leur société commune à Toshiba.Bernard Tapie demande au tribunal de commerce de reconnaître la liquidation de la société Investold de Georges Tranchant, prononcée selon lui le 11 janvier 1989.Le tribunal de commerce a fixé hier à la date du 15 juin l’audience publique à laquelle se plaidera l’affaire.Bernard Tapie, qui est inculpe de complicité et de recel d’abus de biens sociaux, devrait être convoqué pour interrogatoire dans les semaines qui viennent.Arafat opéré au cerveau AMMAN (AFP) - Le chef de l’OLP Yasser Arafat a été opéré au cerveau hier à Amman, deux mois après un accident d'avion dans le désert libyen qui avait failli lui coûter la vie, ce qui pourrait relancer le débat sur sa succession.M.Arafat, 62 ans, se remet « sans problème » de l’opération destinée à éliminer un caillot de sang consécutif à son accident, a indiqué à l’AFP le directeur des services médicaux de l’établissement où il a été hospitalisé, le docteur Youssef Koussous.Le porte-parole officiel de l’Organisation de libération de la Palestine à Tunis, M.Ahmed Abdelrahmane a confirmé que l’opération avait « réussi » et que le chef de la centrale palestinienne « se porte bien ».Le terroriste « Carlos » condamné à perpétuité PARIS (AFP) — La Cour d’assises de Paris a condamné hier par contumace, Illich Ramirez-Sanchez, aüas « Carlos », à la réclusion criminelle à perpétuité Ipour le meurtre de deux policiers, le 27 juin 1975 à Paris, et pour tentative de meurtre sur un troisième policier.Les trois policiers des services de contre-espionnage français, le commissaire Jean Herranz et les inspecteurs Raymond Dous et Jean Donatini, enquêtaient sur deux attentats, commis les 13 et 19 janvier 1975 à l’aéroport parisien d’Orly et attribué à un commando du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP dirigé par George llabache) contre des avions de la compagnie israélienne El Al.Un membre présumé du FPLP ayant été interpelle, les policiers se sont rendus avec lui à son domicile parisien et se sont trouvés face à Carlos qui a ouvert le feu.Les deux inspecteurs ont été tués.A l’époque, Carlos était inconnu de la police.Le 9 janvier 1976, un mandat d’arrêt a été lancé contre lui.La procédure de contumace ne permet aux juges que d’acquitter ou de condamner à la peine maximale.Aucun recours en cassation n'est possible tant que le condamné est en fuite.Si Ramirez-Sanchez était arrêté, il serait alors obligatoirement rejugé.— Motion de censure pour I le gouvernement Bérégovoy PARIS (Reuter) — L’opposition de droite et les communistes ont dénoncé hier d’une même voix l’attitude du gouvernement français sur la réforme de la Politique agricole commune ( PAC) lors de l’examen de la motion de censure.« Gouverner, c’est prévoir.C’est aussi vouloir.Il y a des choix à faire.Ni le gouvernement, ni la majorité relative qui le soutient, n’en sont dépositaires », a déclaré Philippe Vasseur, porte-parole de l’UDF.Il a invité l’Assemblée nationale à voter une motion « dont la coloration est particulière » pour que « chacun dise clairement ce qu’il pense de la politique agricole et d’aménagement de l’espace rural».« Le texte signé par Louis Mermaz, voici dix jours à Bruxelles, ne réforme pas mais bouleverse bel et bien les fondements de la politique agricole commune au point d’aboutir à son démantèlement (.) », a surenchéri Jean de Gaulle, porte-parole du groupe RPR.Il a dénoncé « une réforme brutalement imposée » et « une mauvaise réforme, a la fois radicale, hypro-crite et dangereuse ».« Dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, le gouvernement fait de l’immobilisme sa politique », a-t-il dit.Le groupe communiste a été lui aussi très critique.Il en a profité pour dénoncer « le peu d’enthousiasme de la droite à condamner cette réforme ».« Dans la logique de l’accélération de l’intégration européenne contenue dans Maastricht, le pouvoir a participé à une nouvelle capitulation devant les Américains», a déclaré Pierre Goldberg.Le scrutin devait commencer à 22 h 00 ( 20 h 00 GMT).Pour être adoptée, la motion de censure doit obtenir 289 voix, c’est-à-dire la totalité des voix des groupes RPR, UDF, U DC, PC et de quelques non-inscrits.Mais l’ancien Premier ministre Raymond Barre, qui pourrait être suivi par quelques amis de l’UDC, a annoncé qu’il ne la voterait pas.Dans un communiqué publié en fin d’après-midi, le président du groupe RPR, Bernard Pons, déclare que « chacun des membres des groupes RPR, UDF et UDC est placé devant ses responsabilités ».Il a annoncé qu’il « s’opposerait personnellement » à ce que l'investiture pour les prochaines législatives ne soit pas accordée « aux députés qui, en cette circonstance, auraient failli à leur devoir ».La trêve n’est pas respectée à Sarajevo Tandis que se met en place le dispositif de sanctions adopté par l’ONU BELGRADE (Reuter) — Les forces irrégulières serbes ont repris hier soir leurs bombardements sur Sarajevo, la capitale bosniaque, moins de deux heures après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu conclu sous l’égide des Nations unies, ont rapporté des témoins.Le rédacteur en chef de Radio Sarajevo, Zoran Pirovic, a déclaré que les tirs d’artillerie et de mitrailleuse en provenance des collines surplombant la ville avaient repris à 19 h 45 (17 h 45 GMT).Les forces croato-mu-sulmanes ont riposté.La poste principale a été touchée à trois reprises et un nuage de fumée s’élève au-dessus du bâtiment, a-t-il dit, joint par téléphone depuis Belgrade.Des combats de rue ont éclaté dans le quartier de Grbavica, près du centre.« Il n’y a pas de cessez-le-feu à Sarajavo.De ma fenêtre, je peux voir des colonnes de fumée noire », a ajouté le journaliste.Pourtant, l’accalmie constatée la veille a prévalu avant le cessez-le-feu arrangé par les casques bleus, tandis que se mettait en place dans le monde le dispositif de sanctions adopté par l’ONU contre Belgrade.Les Serbes, installés sur les hauteurs alentour, ont brièvement pilonné la capitale bosniaque dans la matinée, faisant deux morts et décevant les habitants de Sarajevo, qui avaient connu leur nuit la plus calme depuis deux mois.Mais le calme est revenu dans l’après-midi et les habitants semblaient confiants que la trêve arrangée par l’ONU, qui entrait en vigueur à 16h00 GMT, serait plus solide que les précédentes, en raison notamment de la pression imposée à Belgrade par les sanctions des Nations unies.À Dubrovnik, que les Serbes ont recommencé à pilonner la semaine dernière après une trêve de six mois, quelques tirs ont été signalés hier matin, malgré un autre cessez-le-feu de l’ONU, mais le calme est revenu en ville dans l’après-midi.La veille, deux personnes avaient été tuées et 13 autres blessées.Le maire de la « perle de l’Adriatique », Pero Poljanic, a lancé un appel au président Bush et à l’Unesco en faveur de l’envoi de bâtiments de guerre autour du port pour le protéger de nouvelles attaques.A Belgrade, les autorités ont annoncé qu’elles préparaient des mesures d’urgence pour faire face aux sanctions de l'ON U dont le volet le plus dissuasif est censé être l’embargo pétrolier.Le ministre des Ressources énergétiques, Nikola Sainovic, n’a pas fourni de précisions sur ce plan d’économies d’énergie, mais a affirmé : « Il n’y aura pas de pénurie de carburant ».Les habitants de Belgrade, prudents, ont toutefois commencé à former des files d’attente devant les stations-service.De source diplomatique occidentale, on estime que les mesures d’urgence que prendra Belgrade peuvent lui permettre de tenir « deux mois ou plus » mais que, in fine, « les sanctions feront leur effet».Après les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, le Japon, l’Allemagne, l’Australie, la Chine et bien d’autres pays ont annoncé hier qu'ils mettaient en place les sanctions décidées samedi par le Conseil de sécurité.Outre un embargo commercial, pétrolier et aérien, celles-ci comprennent un gel des avoirs serbes et monténégrins, la suspension de la Yougoslavie des compétitions sportives et une réduction des effectifs diplomatiques.En tête, avec les États-Unis, de la croisade contre la Serbie et le Monténégro, héritiers d’une fédération yougoslave aux allures de peau de chagrin, la Grande-Bretagne a décidé d’expulser l’ambassadeur de Yougoslavie.Le Conseil de sécurité a recommandé une réduction des effectifs diplomatiques.« Nous appliquons cela en priant l’ambassadeur de partir », a expliqué le Foreign Office.Le diplomate a deux semaines pour partir.À Lausanne, le Comité international olympique (CIO) a annoncé qu’il se prononcerait avant la fin du mois sur une exclusion éventuelle de la Yougoslavie des Jeux de Barcelone.Le Canada maintient son contingent à Chypre en 1992 NICOSIE (AFP) — Mme Barbara McDougall, secrétaire d’État canadien aux Affaires extérieures, a déclaré hier que son pays maintiendrait en 1992 son contingent de la force de TON U à Chypre mais pourrait le retirer ultérieurement si aucun progrès n’était accompli pour réunifier 111e divisée depuis 1974.Mme McDougall s’est entretenue à Nicosie avec M.George Vassiliou, président de la République de Chypre qui englobe les zones chypriotes-grecques, et a reproché au dirigeant de la communauté chypriote-turque Rauf Denktash d’avoir refusé de la rencontrer sur la ligne de démarcation dans la capitale.Lors d’une conférence de presse, le secrétaire d'État canadien a démenti les rumeurs sur un prochain retrait du contingent canadien des Forces de maintien de la paix de l’ONU (UNFICYP), stationnées sur la ligne verte séparant les zones chy-priote-grecque et chypriote-turque.Elle a cependant indiqué que les 575 Casques bleus canadiens pourraient être retirés en 1993, pour être transférés dans d’autres points chauds comme la Yougoslavie, le Cambodge, où leur présence est sollicitée.Mme McDougall, arrivée dimanche soir à Chypre pour décider de la durée de la mission du contingent canadien, a indiqué qu’elle recommanderait au premier ministre Brian Mulroney le maintien à long terme de ces troupes.Mais elle a indiqué qu’elle adopterait « une autre conclusion » si les négociations sur la réunification de 111e traînaient encore « d’ici un an ou deux ».Les efforts de l’ONU pour un rè- glement du problème de Chypre, divisée depuis l’invasion en 1974 par la Turquie de sa partie nord, n’ont jusqu'à présent pas abouti.Mme McDougall a par ailleurs déploré que M.Denktash, « président de la République Turque de Chypre du Nord » (RTCN), reconnue uniquement par la Turquie, ait refusé de la rencontrer sur la ligne de démarcation comme elle en avait formulé le souhait.« Je n’ai pas beaucoup de patience pour ce genre de choses, et je regrette qu’il ne m’ait pas rencontré.J’aurais été le premier ministre des Affaires étrangères d’une grande puissance à le rencontrer à Chypre.Je pense qu’un tel entretien aurait été utile », a-t-elle dit.M.Denktash a indiqué avoir refusé la demande d’entretien « parce qu’il avait été demandé pour avoir lieu sur la Ligne verte ».Pas de gouvernement * pour l’Italie ROME (Reuter) — Après deux tours de scrutin, les députés italiens ne sont pas parvenus à élire hier le président de la Chambre et à écarter ainsi le dernier obstacle à la formation d’un nouveau gouvernement.Un deuxième tour de scrutin n’a pas donné plus de résultat.Le nouveau chef de l’État, Oscar Luigi Scalfaro, est l’ancien président de l’Assemblée.Aux termes de la Constitution, il ne peut pas désigner le prochain président du Conseil tant que les députés ne lui auront pas trouvé un successeur à la Chambre.Les principaux partis politiques semblent comme pris de torpeur depuis les élections législatives du 5 avril dernier, qui n’ont dégagé aucune majorité politique évidente.Déjà, à l’époque, l’élection du président de la Chambre n’était intervenue qu’après plusieurs jours de débats animes.nn» .«Aujourd’hui, pour savoir ce qui se passe, ce ne sont pas les sources d’information tqui manquent.Mais pour comprendre, je lis Le Devoir.» ’ tflF* ^ A*; ;- -g i -^sÈjà v .\SSv’,OT8j||M Pierre Paquette g Secrétaire général Confédération des syndicats nationaux A-8 B Le Devoir, mardi 2 juin 1992 ÉDITORIAL L’esquisse de l’offre finale JE M’EN VAIS jouer au tennis, et vous feriez bien de faire de même », conseillait samedi à la presse le ministre des Affaires intergouvemementales de l’Alberta, M.James Horsman qui quittait illico la conférence de Toronto.On plaignait d’avance l’adversaire qui essuierait sa colère mal rentrée.Moins sportif, son collègue du Manitoba, James McRae, faisait une tête de noyé.À défaut d’avoir produit avant le 31 mai un accord sur le renouvellement du Canada et une « offre » au Québec, la dernière conférence interministérielle aura sonné le glas du Sénat « triple E ».La résistance absolue de l’Ontario, et les minauderies téléphoniques négatives du Québec ont eu raison de la réforme-fétiche des provinces de l’Ouest.Malgré leurs protestations, le Manitoba et l’Alberta s’apprêtaient à se rendre.M.McRae évoquait l’honneur qu’il y a à perdre en s’étant battu jusqu’au bout, et M.Horsman promettait au gouvernement conservateur une cinglante punition aux prochaines élections fédérales.Mais nul ne menaçait de tuer le Canada pour la perte d’un malheureux E.Si la conférence a ajourné sur cette impasse, alors qu’on la disait terminale, c’est qu’il fallait laisser aux fervents du « triple E » le temps de digérer leur défaite, et à la machine fédérale le soin de concocter une formule de compromis pour rallier le Québec et l’Ontario.Ce sera probablement un Sénat élu, efficace ici et là, et qui assurera une représentation égale aux cinq grandes « régions » du Canada plutôt qu’aux provinces, comme les moins populeuses d’entre elles en rêvaient à partir du modèle américain.Obligeant, M.Bourassa a déjà tendu la perche en ce sens.On se berce donc, à Ottawa d’une dernière illusion de possibilité d’entente, en se donnant huit jours de sursis dans un calendrier qui n’en souffre plus.Mais les choses ne sont évidemment pas si simples.Même si le Sénat à représentation égale y est devenu un souvenir, la conférence de Toronto aura donné au Québec une esquisse troublante du seul règlement final que pourra lui proposer le Canada.Et le problème, désormais, c’est moins la débandade de l’Accord du lac Meech — qui ne revivra entièrement ni dans le texte ni « en substance » comme l’espérait M.Bourassa — que le pays remodelé auquel on demande au Québec d’adhérer.Il serait impossible et moralement impensable que le gouvernement du Québec s’engage dans ce droit constitutionnel nouveau, confus, et potentiellement paralysant, pour recouvrer ce qui reste de l’Accord du lac Meech.La réforme du Sénat, tout d’abord, commence à donner des frissons même aux plus inconditionnels des fédéralistes.Il est désormais évident que cette deuxième chambre, dont l’objectif général est de faire valoir au centre la réflexion et les intérêts des provinces périphériques, n’enlèvera rien au lourd appareil des relations fédérales-provincia-les qui ralentit déjà le processus de décision, et dont les conférences économiques ont donné d’illustres exemples.On superposera plutôt, à la Chambre des Communes, un autre forum de négociations, qui ne sera pas insignifiant même s’il ne dispose pas du veto absolu.Élus, ses membres seront investis d’un mandat d’opposition, qui les portera à utiliser régulièrement un veto dont le Sénat actuel ne fait usage qu’avec prudence.Qui plus est, et pour se faire pardonner la disparition du fameux E de l’Égalité, le ministre fédéral Le Canada se prépare un modèle kafkaïen de gouvernement au dossier, M.Joseph Clark, propose désormais une compensation à l’Ouest : le Sénat aura de réels pouvoirs de blocage sur les questions énergétiques, pour empêcher qu’on lui fasse à nouveau le coup du Programme national de l’Énergie, ce « vol » que l’Alberta n’a jamais pardonné au gouvernement Trudeau.Prévoyons déjà que d’autres « régions » réclameront sur d’autres sujets les mêmes pouvoirs sénatoriaux.Pour un pays qui veut se donner un « gouvernement central fort », la pente actuelle des négociations est un non-sens.Il en va de même pour les revendications des autochtones.La création d’un « troisième niveau de gouvernement», d’abord célébrée comme une victoire de la justice sur des torts immémoriaux, pourrait vite tourner au cauchemar.Difficile de s’y retrouver, puisque les accords ne sont pas publics, mais tous les représentants des groupes autochtones et M.Clark lui-même disaient célébrer, samedi, une percée « historique » qui étendrait non seulement aux nations amérindiennes reconnues mais aussi aux Métis et aux « Indiens non inscrits », vivant hors réserve, le droit inhérent à l’autonomie gouvernementale.Outre la perspective horrifiante qu’une constitution contemporaine fonde de nouvelles institutions sur un principe racial — Ron George, le président du Conseil national des autochtones, parlait clairement samedi d’une inclusion fondée sur la communauté « du sang » — on voit d’ici dans quel inextricable double système de lois le gouvernement fédéral est en train de s’enferrer, même hors des territoires qu’occupent ou que gagneront les nations autochtones.Or rien de cela, ni le fondement de la « citoyenneté autochtone », ni ses modes d’exercice, ne serait défini dans l’entente constitutionnelle.Celle-ci obligerait simplement les provinces et les groupes autochtones à négocier une entente d’ici trois ans, les tribunaux tranchant ensuite en cas d’impasse.Dans l’intervalle, les nations autochtones pourraient toutefois avoir immédiatement recours aux juges pour empêcher tout développement qu’elles jugeraient préjudiciable à leurs droits dans une future entente.Les grands ouvrages publics, fédéraux ou provinciaux, sont évidemment de ceux-là.Il y a près de deux semaines, le chroniqueur torontois Jeffrey Simpson mettait en garde les lecteurs du Globe and Mail.L’entente qui se prépare, écrivait-il, « s’apprête à produire le système de gouvernement le plus compliqué au monde.Si elle devient loi, gouverner efficacement deviendra à peu près impossible.» Il s’inquiétait surtout, pour sa part, de l’impuissance d’un gouvernement fédéral dont l’autorité serait contrainte de partout.À ses craintes sur le Sénat et sur les gouvernements autochtones, s’ajoutait sa résistance à une dévolution des pouvoirs en faveur des provinces.( Sur ce point, il peut dormir tranquille, Ottawa n’étant désormais disposé à se retirer que de champs marginaux qu’il a envahis illégitimement depuis 1867.) Mais la conférence de Toronto aura jeté une lumière plus crue encore sur la paralysie où le Canada s’apprête à figer ses institutions, et pour longtemps.Bientôt on ne parlera plus de chevauchements et de dédoublements, mais de triples et de quadruples collisions permanentes.Ces développements sont de loin plus graves que la danse funèbre autour de la clause de « société distincte ».Même s’il obtenait « la substance de Meech », cette chose indéfinissable avec laquelle M.Bourassa fait des ronds, le Québec pourrait tomber de Charybde en Scylla en s’accrochant aux compromis boiteux qui vont faire du système canadien de gouvernement une telle superposition de chantages permanents.Et au cas où personne ne s’en souviendrait, ce que cherche minimalement le Québec, dans cette jungle, c’est une autonomie accrue, la plus large possible, une « souveraineté partagée » prétend même son premier ministre.Ce qui se prépare n’a toutefois rien à voir avec le modèle européen, si cher à M.Bourassa.Et tout avec un modèle kafkaïen.LISE BISSONNETTE LETTRES AU DEVOIR Nous dénonçons avec rage .NOUS, SOUSSIGNÉS, écrivains, dénonçons avec rage, angoisse et indignation, le sort fait au poète Gatien Lapointe à la télévision fédérale, lors de la diffusion du message visant à justifier l’unité canadienne qu’il méprisa et que nous méprisons depuis l’origine jusqu’à toujours, ce message se lisant comme suit : ma langue est d'Amérique je suis de ce paysage Nous ne sommes pas de votre paysage et nous vous expulserons de notre vie à jamais, car ce message est le cri d’un homme qui a voué sa vie à la liberté de son pays, ce pays est le Québec.Et, dans le monde entier, ce pays portera nos noms puisque nous portons le sien.Yves Boisvert Guy Marchamps Serge Mongrain Réjean Bonenfant Louis Jacob Trois-Rivières, 21 mai 1992 (In homme présent SILLERY VIENT de perdre un citoyen dont l’oeuvre touchant la petite histoire et le patrimoine est plus que remarquable.Il est celui qui a fait changer le nom de la résidence et du domaine Spencerwood pour Bois de Coulonge.Il a été l’initiateur de la fondation de « La Société d'histoire de Sillery » en 1984.Il a rédigé plusieurs écrits historiques concernant particulièrement Sillery, sans oublier sa place natale Les Écureuils maintenant fusionnée à Donnacona.Le Summum de ses écrits est sûrement Sillery l'An Un 1856.Clément Dussault était un homme présent dans toutes les sphères de la société, tant locale que régionale.Mon épouse et moi désirons présenter à sa famille nos plus sincères condoléances.D’un ancien élève qui se souvient ! Léandre Faguy Sillery, 22 mai 1992 Très facile ! QU’EST-CE qu’ils se débattent les péquistes pour se tirer du pétrin dans lequel les a embarqués le fin stratège, Claude Morin, l’homme qui a déjà fait partie du gouvernement le plus pur que nous ayons eu au Québec et qui a si souvent reproché à ses adversaires de manquer de transparence ! M.Paul Laquerre de Maskinongé illustre bien l’affolement qui s’est emparé du club dans une récente communication au DEVOIR en affirmant que pareille infiltration par les services secrets canadiens n’aurait jamais pu se produire dans un Québec indépendant.Pourquoi ?Très facile ! Dans un Québec indépendant, prétend-il, les agents secrets du renseignement, on les aurait tout simplement renvoyés chez eux, au Ca- nada .M.Laquerre ne fait qu’ignorer que la police secrète de même que les informateurs agissent toujours dans la clandestinité.En plus d'oublier que, même dans un Québec indépendant, il pourrait très bien se trouver d’autres Claude Morin intéressés à jouer les finfins avec les agents secrets, histoire d’arrondir leurs fins de mois.Robert Berthiaume Québec, 23 mai 1992 Encadrement et enseignement LA QUESTION du temps de travail que les professeurs des universités du Québec consacrent à l’enseignement a été soulevée par Mme Isabelle Paré dans LE DEVOIR du 13 mai 1992 dans le cadre de son rapport sur le 60e congrès de l’ACFAS.Mme Paré signale que, selon une étude sur les tâches des professeurs d’université du Québec, ceux-ci consacrent 27 % de leur temps à l’enseignement.Il faut néanmoins préciser que ce chiffre ne tient pas compte de l’encadrement des étudiants de 2e/3e cycles.L’étude à laquelle Mme Paré fait référence précise pourtant que 13 % du temps est consacré aux étudiants de 2e/3e cycles.Or, l’encadrement des étudiants fait partie de l’enseignement.Il s’agit d’un enseignement individuel ou en petit groupe.Il convient donc de tenir compte du temps d’encadrement dans l’évaluation du temps consacré à l’enseignement, ce qui le porte à 40% en moyenne.Nos professeurs d’université sont tenus de faire connaître les dernières percées de leur discipline à leurs étudiants de premier, deuxième et troisième cycles.Pour se maintenir à l’avant-garde de leur discipline et pour que leur enseignement soit valable, il faut qu’ils fassent des recherches.Par conséquent, la recherche contribue à la qualité de l’enseignement.LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice : USE BISSONNETTE Rédacteur en chef et directeur de l’information Bernard Descôteaux Directeur délégué A l'administration André Leclerc Rédacteur en chef adjoint Jean Francoeur Directeurs adjoints de l’information Pierre Cayouette, Roch Côté Guy Deshaies Directeur des publications spéciales Pierre Beaulieu FAIS CE QUE DOIS Enfin, les professeurs d’université sont tenus de participer à l’administration de leur établissement et de servir la communauté.Certaines de leurs activités portent sur l’élaboration de programmes universitaires pour les étudiants et sur les stages que font leurs étudiants dans le cadre de leurs études ou après l’obtention de leur diplôme.Même s’il ne s’agit pas d’enseignement à proprement parler, ces activités contribuent à la qualité du milieu pédagogique.Au vu des multiples taches auxquelles doivent s’atteler les professeurs d’université, il est en fait remarquable qu’ils puissent consacrer 40 % de leur temps directement à l’enseignement de premier, deuxième et troisième cycles.Roger Prichard Vice-principal (recherche) et doyen des études supérieures Université McGill Montréal, 20 mai 1992 Deux systèmes de triage MADAME BISSONNETTE, j’ai lu avec étonnement l’opinion que me prête votre journaliste, M.Jean Francoeur, dans son article intitulé « Un nouveau système de triage des appels », dans votre édition du jeudi 21 mai.Les médecins d’Urgences-santé considèrent qu’en effet le système de Clawson permet de répondre rapidement aux appels d’urgence vitale, caractéristique que possède d’ailleurs aussi le tri professionnel fait par des infirmières tel quactuellement.Ce nouveau système américain n'a pas été conçu, contrairement à ce qu’il écrit, pour avoir une quelconque capacité de jugement sur l’opportunité d’envoi des ressources dans certains cas.Le développement, désirable selon nous si nous acquérons ce système, de cette capacité, requerrait une validation professionnelle sérieuse.J’aurais souhaité que M.Francoeur ait la rigueur professionnelle de me contacter avant de m’attribuer ces propos, comme les médecins d’Urgences-sante auraient souhaité être consultés par les autorités avant que l’on ne propose le système Clawson.Néanmoins, nous sommes prêts à associer l’expertise que nous avons acquise avec celle du groupe du Dr Clawson pour évaluer de façon scientifique, en compagnie de consultants universitaires, la possibilité de développer une approche combinant les avantages du tri type Clawson et ceux du tri professionnel.Mario Ostiguy, m.d.Représentant syndical des médecins d’Urgences-santé Association des médecins omnipraticiens de Montréal Montréal, 21 mai 1992 C’est une erreur de transcription qui nous a fait attribuer au Dr Ostiguy des propos tenus par mon collègue, le docteur Mathias Kalina, dans le cadre de la consultation faite par la commission parlemantaire des affaires sociales.Nos excuses à l’un et à l'autre.Jean Francoeur ‘syjst V/ ,i.rfrrQ.m v > Sylviane Tramier Comment résister ?IL EST FINI, le joli mois de mai.Dommage.A Paris, on souhaite toujours qu’il dure encore un peu.Cela commence par une brusque efflorescence au-dessus des Champs-Élysées : les marronniers mettent leurs feuilles, et puis très vite, leurs fleurs en pyramide blanches.« Vous avez vu, les marronniers ont mis leurs chandelles ! », s’attendrit un chauffeur de taxi parisien, corporation d’ordinaire peu portée aux effusions bucoliques.Sous la densité du feuillage des marronniers, il fait soudain sombre et presque froid.Pour prendre le soleil, il faut aller sur les berges de la Seine.La plage de Paris est là, du Trocadéro à Bercy.Le kiosque à billets du Batobus est vide.Le préposé est quelques mètres plus loin.Il joue au lézard au bord de l’eau, surveillant du coin de l’oeil les clients.C’est aussi à ce moment-là que les amateurs de terrasse de café se mettent à se prendre pour des tournesols.Exemple : café-croissants au « Café Français », place de la Bastille.On peut s’y attarder jusqu’à l’heure de l’apéritif.Ensuite, pour le midi et la sieste, tous les cafés du boulevard Saint-Germain, côté nord, sont bons.Encore faut-il s’y installer assez tôt : au Flore et aux Deux Magots, les places sont chères.Tout l’après-midi, le Café Coste près du centre Georges-Pompidou est stratégiquement bien placé pour le culte solaire.Pour le coucher du soleil, on peut encore recommander la Place de la Bastille, mais de l’autre côté.À moins que l’on préfère la spectaculaire vue du café-restaurant de l’Institut du Monde Arabe, au 9e étage, la Seine à ses pieds, la cathédrale Notre-Dame à portée de voix et l’Arche de la Défense dans le lointain.D’autres ne prennent même pas la peine de monter et se contentent d’observer sur la façade de l’Institut le mouvement des moucharabieh métalliques, qui s’ouvrent et se ferment sous la lumière du soleil, grâce à leurs cellules photo-sensibles.Mais, bon !.Je ne vais pas vous donner toutes mes adresses.LE MOIS DE MAI, c’est aussi Cannes : la télévision, les journaux braquent les projecteurs sur la croisette.Le cinéma est le beau sujet de conversation et la France entière se sent cinéphile.Quelques jours plus tard, elle se sent une âme de joueur de fond de cour : la terre battue de Roland Garros la fait autant chavirer que les films du festival.Pendant ce temps, à Paris, au centre-ville, les garçons de café rivalisent d’adresse et de souffle.D’habitude, ils rivalisent plutôt de fines réparties et de commandes sibyllines (« Trois demis dont un, et deux cafés noisette ! »).Mais ce jour-là, ils courent dans les rues de la ville, pour la célèbre « course des garçons de café ».Ils sont peut-être une centaine à participer à cette course unique en son genre : 8,1 kilomètres de Saint-Germain-des-Prés à l’hôtel de ville, un plateau à la main, une bouteille d’eau ouverte et pleine et trois verres dessus.L’objectif est d’arriver en tête et sans casse.Le record est de 25 minutes.Cette année, le vainqueur a mis un peu plus de 30 minutes.Cela n’est pas simple et rares sont les sans-faute.Mais, il faut croire que la technique particulière que cela exige est une affaire de famille car, depuis plusieurs années, ce sont les membres d’une même famille, garçons de café de père en fils, qui se couvrent de gloire en remportant la course.À partir du mois de mai, il fait bon voyager en autobus dans Paris, surtout si on peut emprunter ceux qui sont pourvus d'une section ouverte à l’arrière.On y reste debout, le nez au vent, à savourer la vue panoramique sur le paysage parisien.Le mois de mai voit aussi briller et se perpétuer la solide tradition architecturale et néanmoins immatérielle de la construction de ponts.Un jour ouvrable entre deux jours de congé étant une insupportable offense à l’intelligence et au savoir-vivre, on saute par-dessus la journée de travail.Reconnaissons-le : cette année, le mois de mai, d’ordinaire propice aux ponts, n’a pas été très faste.Le premier et le huit mai, jours fériés, ayant eu le mauvais goût de tomber un vendredi.Mais, le jeudi de l’Ascension, Dieu merci, est toujours confortablement installé au milieu de la semaine pour permettre d’installer une jolie passerelle de congé qui va du mercredi soir au lundi suivant.Lettre de Paris Ne croyez pas que seuls les Français excellent à l’exercice.Ayant eu des informations à demander au Centre japonais du commerce extérieur à Paris (le fameux Jetro qui sert d’antenne aux exportateurs japonais), j’ai été gentiment priée de passer mercredi « parce qu’après on fait le pont ».Et, que fait-on quand on fait le ont ?Beaucoup de Parisiens s’évadent la campagne.Les autres viennent grossir les rangs des promeneurs et des flâneurs qui tournent avec le soleil de terrasse en terrasse.Sur les marchés, au mois de mai, ont fait leur apparition les asperges, les fèves, les petits pois et les artichauts poivrade.Et bien d’autres gourmandises encore qui font s’exclamer les visiteurs : « Oh ! les belles cerises de France ! », dit cette dame.— « Ah ! mais non Madame ! » corrige le marchand, implacable.« Elles viennent d’Espagne.Les françaises, c’est plus tard.» — « Oui, mais c’est des cerises de France », poursuit la dame à mi-voix, ses convictions quelque peu ébranlées pourtant.SUR LES BERG ES du « Bassin de l’Arsenal », port de plaisance de Bastille, on se croirait quelque part en Bretagne.Les bateaux se balancent mollement au gré du faible courant.À la terrasse du restaurant Le Grand Bleu, on déguste des langoustines arrosées de vin blanc.La mer est loin : en aval c’est la Seine à plus de 200 kilomètres de son embouchure.En amont, c’est la place de Bastille, au-dessous de laquelle se cache le canal Saint-Martin, avant de ressortir à l’air libre, un ou deux kilomètres plus loin, après l’écluse de la rue Dieu ( ! ).Si l’on suit le canal, sous les acacias qui le bordent, on arrive au bassin de la Villette, puis au canal de l’Ourcq qui relie la Seine à la Marne dans l’est de la France.Chemin faisant, on aura révisé ses classiques cinématographiques et retrouvé le souvenir du film de Carné Hôtel du Nord où l’inimitable Arletty, sur un des petits ponts qui enjambent le canal Saint-Martin, lançait à Louis Jouvet sa réplique historique : « Atmosphère, atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?» La scène avait été tournée en studio, mais le décor était une soigneuse reconstitution de cet endroit précis de Paris.La façade du modeste Hôtel du Nord, dont l’enseigne servait de titre et de toile de fond au film, a été finalement préservée après une rude bataille avec les promoteurs immobiliers.Le mois de mai, c'était bien sûr aussi le mois du muguet.Pour le premier jour du mois, et ce jour-là seulement, tout le monde peut s’improviser marchand de la petite fleur porte-bonheur.Certains vont la cueillir dans les sous-bois de la région parisienne, les autres l’achètent en gros et la revendent en petits bouquets de deux ou trois brins, et aucun Parisien ne manquerait d’en acheter.On trouve alors des vendeurs de muguet partout : sur les trottoirs tous les 20 mètres, dans le métro et aux arrêts d’autobus.Ils vous l’affirment tous : le muguet, c’est le bonheur à 20 francs.Comment résister ?
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