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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
vendredi 17 juillet 1992
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1992-07-17, Collections de BAnQ.

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Vol.LXXXIII — No 164 Averses ou orages tard.Max.: 24 Détail page 8.Montréal, vendredi 17 juillet 1992 ,___ La petite boite où l'on mange bien t j Salons privés 'S X ouvert le dimanche .5 ^ qjcd ^~wj s 2 cd U Toronto 85 cents 65* + TPS + TVQ [IIVMhlj 811 il 'ïrm* rtimini SOCIÉTÉ Dans le premier d’une série de photo-reportages qui seront publiés le vendredi, LE DEVOIR offre aujourd’hui en images à ses lecteurs, tous les charmes du Vieux-Port de Montréal.A voir en page 11.Les charmes du Vieux-Port Négocier serait se faire piéger, dit Parizeau Le chef de l’Opposition presse Bourassa de tenir le référendum sur la souveraineté Gilles Lesage de notre bureau de Québec RISQUANT de se faire piéger, le premier ministre du Québec ne doit pas tenter de négocier l’entente constitutionnelle intervenue entre les neuf autres provinces et le gouvernement fédéral, il y a dix jours, à Ottawa.Il ne doit pas non plus reporter les échéances, comme certains le lui suggèrent déjà, mais bien plutôt mettre en branle le référendum sur la souveraineté pour le 26 octobre, tel que prévu par la loi 150.C’est ce que le chef de l’opposition officielle a fait valoir en conférence de presse hier, à Québec, à son retour de vacances européennes.Le premier ministre doit se ressaisir, explique Jacques Parizeau.« Il ne doit pas reprendre des discussions qui seraient destinées à laisser croire qu’il signera.Un premier ministre du Québec, qui négocierait dans le cadre actuel, il trompe tout le monde.Il trompe les Québécois et il trompe les gens des provinces canadiennes et ses collègues, parce que le premier ministre ne peut pas signer quoi que ce soit qui ressemblerait à ce qu’il y a sur la table.Ces propositions sont invendables au Québec.La seule réponse possible, c’est celle que le quotidien LE DEVOIR a, dans un éditorial, probablement le plus court de l’histoire, symbolisé par un mot.Ce n’est même pas « non, merci.» Cette fois, c’est non tout simplement.» Il faut donc, poursuit le président du Parti québécois, reprendre le cheminement vers la souveraineté, dans le contexte de la loi 150.Libéraux et péquistes, premier ministre et chef de l’opposition, « nous devons reprendre le dessein du genre de souveraineté qu’on doit présenter, dans le cadre du référendum, à nos concitoyens», à l’automne.M.Parizeau tire les conclusions suivantes de l’accord des dix (sans le Québec) et de ce qui s’est passé depuis dix jours.La substance de Meech concernant la société distincte n’y est pas et n’y sera pas non plus, le droit de veto étant réduit à la portion congrue.Ensuite, il n’y aura pas de transferts substantiels de pou voirs envers le Québec, hormis, peut-être, concernant la formation de la main-d’oeuvre.Et puis, selon l’entente Ottawa-provinces anglophones, le Québec serait une province comme les autres, par le truchement du nouveau Sénat, égal et élu.« C’est la première fois qu’on demande au Québec, dans une structure élective, d’être sur le même pied que les neuf autres.Ce n’est jamais arrivé jusqu’à maintenant.» Cette histoire du Sénat a d'ailleurs provoqué un sursaut presque unanime parmi les Québécois, même chez les plus fédéralistes et chez les ministres, aussi bien à Québec (M.André Bourbeau, Mme Lise Bacon) qu’à Ottawa.C’est la première fois, signale M.Parizeau, que la vice-première ministre quitte la ligne de M.Bourassa là-dessus, en disant : Ca, non! Quand même, c’est trop gros! Seul le premier ministre feint d’ignorer les conséquences du projet Voir page 4 : Négocier L esprit du général planait mais n a pas parlé Jean Dion CEUX QUI espéraient que le maire de Paris reprenne à son compte le cri à la gloire du Québec libre lancé il y a 25 ans par Charles de Gaulle du balcon de l’hôtel de ville de Montréal devront repasser.La politique a en effet cédé le terrain aux propos artistiques et historiques et a révocation des hens indissolubles qui unissent les deux plus grandes villes francophones du monde, hier après-midi, a l’occasion de l’inauguration officielle de l’obélisque érigé à la mémoire du général de Gaulle sur la place qui porte son nom, à l’extrémité sud du parc Lafontaine.Le « dévoilement » de la sculpture abstraite haute de 17 mètres, cadeau de la ville de Paris à Montréal à l’occasion de son 350e anniversaire, a été effectué conjointement par MM.Chirac et Jean Doré, en présence de quelques centaines d’invités, dont les maires des grandes villes francophones actuellement en assemblée générale à Montréal, et de quelques autres centaines de spectateurs.La cérémonie se serait déroulée dans le décorum le plus parfait n'eût été la présence quelquefois bruyante d’une poignée de militants indépen-Volr page 4 : Général 01 /;/{/ PHOTO JACQUES NAOEAU Quelques militants souverainistes ont suivi hier les maires Doré et Chirac, après l’inauguration de la Place Charles-de-Gaulle.Le maire de Paris a déclaré.I que Montréal était un endroit agréable pour se promener.b uUEBt • i ipp 4 .H§ fi LA SOUVERAINETE DU QUEBEC -¦ *.Perot ne sera pas candidat à la présidence DALLAS (Reuter) — Le milliardaire américain Ross Perot a annoncé hier qu’il n’était pas candidat à l’élection présidentielle.Ross Perot a expliqué qu’une triangulaire pourrait s’avérer « néfaste » pour le pays.Lors d’une conférence de presse organisée à la hâte, le milliardaire texan a déclaré que sa campagne avait changé le cours de la vie politique américaine, mais qu’il était temps pour lui de se retirer dans l’intérêt du pays.« Je pense qu’il pourrait être néfaste pour nous de continuer notre programme », a déclaré Ross Perot.Si aucun candidat n’obtient de victoire décisive lors du scrutin de novembre, le président est élu par la Chambre des représentants en janvier.Les États-Unis restent donc sans chef d’État pendant cette pré-riode.Un sondage rendu public mercredi par la chaîne ABC et par le Washington Post place Ross Perot en troisième position.Mais le milliardaire texan, qui était en tête dans les sondages il y a encore cinq semaines, n’a pas évoqué ce recul pour expliquer son retrait.Il a seulement expliqué qu’il ne voulait pas qu’une triangulaire repousse l’élection du président au mois de janvier et prive le vainqueur d’un temps précieux pour organiser et galvaniser le pays.Ross Perot n’a voulu accordé son soutien ni au démocrate Bill Clinton ni au républicain George Bush.Il a demandé à ses partisans de continuer leurs efforts afin que les partis républicain et démocrate tiennent le plus grand compte des questions qu’il a soulevées durant sa campagne.« Il est certain que vous avez fait changer la vie politique dans ce pays, et c’est un changement bénéfique.Tout ce qu’il vous reste à faire est d’écouter ce que disent maintenant les candidats des deux partis.Ils se concentrent fondamentalement sur les questions qui vous préoccupent », a-t-il dit à ses supporters.La Maison-Blanche s’est déclarée satisfaite d’obtenir une nouvelle chance de reconquérir le soutien des Voir page 4 : Perot Il est inutile de repousser le référendum, dit Jean Campeau Guy Taillefer CO-PRÉSIDENT de l’ex-commis-sion sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec, Jean Campeau est catégorique : repousser la tenue du référendum, comme semble se préparer à le faire le gouvernement Bourassa, ne constituerait qu’une occasion supplémentaire pour le Canada anglais de bafouer un peu plus encore les intérêts légitimes du peuple québécois.« Plus on avance dans les ébauches (de nouvelle constitution), moins elles sont favorables au Québec », constate M.Campeau.Inutile, donc, de discuter plus longtemps.Le moment est venu de passer aux actes : le premier ministre Robert Bourassa doit tenir le référendum dans les délais législatifs prescrits, sans quoi, dit-il, il trahira la démocratie.« Les conclusions de la Commission Bélanger-Campeau sont le reflet des voeux des Québécois de toutes les régions», a affirmé M.Campeau au DEVOIR.M.Bourassa, affirme-t-il, ne peut pas y échapper, ni politiquement ni législativement.Se défiler ne servirait du reste ni les intérêts du Québec ni ceux du Canada, a pour sa part fait valoir M.Jean Allaire, père de la position constitutionnelle autonomiste du Parti libéral du Québec, dont le gouvernement Bourassa refuse toujours de se réclamer.Ce sont les travaux de la Commission Bélanger-Campeau, combinés à ceux du comité Allaire, qui ont entraîné l’adoption à l’Assemblée nationale de la Loi 150, forçant la tenue, au plus tard le 26 octobre prochain, d’un référendum sur la souveraineté.Une échéance que la vice-première ministre, Lise Bacon, a indiqué mercredi vouloir repousser pour permettre, si besoin est, la poursuite de négociations constitutionnelles sur la base de l’entente à laquelle sont parvenus la semaine dernière Ottawa et les provinces anglophones.« Pourquoi négocier plus longtemps, si c’est pour se faire bafouer davantage », laisse tomber M.Campeau.« Deux ans que le Canada anglais prépare ses propositions, opine M.Allaire.Je ne vois pas quelle différence feraient quelques semaines de plus.» Des propos auxquels a fait écho un autre membre de la défunte Commission Bélanger-Campeau, le président de la CSN, Gérald Larose : « Comment peut-on s’imaginer que ces gens-là changeront maintenant d’avis, alors qu’ils nourrissent la même opinion depuis 30 ans?Us ont une vision (centralisatrice) du pays qui ne correspond tout simplement pas à la nôtre.» M.Campeau n’est pas tendre à l’égard de la plus récente concoction constitutionnelle : le reste du pays, dit-il, « vient de commettre l’erreur de sa vie » en accouchant d’un Sénat égal, élu et efficace qui banalise le Québec.Un Sénat coûteux qui rendra le pays ingouvernable.Inopérant à tel point, prédit M.Campeau, qu’un Québec souverain y pensera deux fois plutôt qu’une avant de s’y associer économiquement.Pour le Québec, ces « offres » canadiennes défient l’entendement : « Auraient-ils délibérément décidé de nous donner l’envers de ce que nous voulons qu’ils n’auraient pas fait mieux.» M.Campeau dit le vérifier à tous les chapitres : Sénat triple E, gouvernement autochtone et société distincte, notion « tellement diluée que ça ne veut plus rien dire ».1,’Accord du lac Meech, dit-il, ne se retrouve pas du tout dans l’entente canadienne anglaise.Meech avait le mérite de faire une place au Québec dans la constitution et de donner le coup d’envoi à de futures négociations sur la réforme du Sénat et la reconnaissance des droits autochtones.L’entente de la semaine dernière, au contraire, vise à clore définitivement le dossier constitutionnel, sans égard aux revendications québécoises.Curieux tout de même, a mentionné de son côté le président du Mouvement Québec français, Guy Bouthillier, que personne en 1990 n’ait proposé de repousser les échéances pour éviter la mort de l’Accord du lac Meech.L’intention manifeste du premier ministre Bourassa de remettre le référendum à plus tard, dans l’espoir de trouver un terrain d’entente avec le reste du pays, illustre bien son à-plat-ven-trisme face au Canada anglais.Même réaction dépitée de la part de Jean Dorion, président de la Société Saint-Jean-Baptiste : « Pour sauver la face, M.Bourassa va faire des revendications extrêmement mineures, mettre de l’avant des enjeux insignifiants auxquels il va tenter d’accorder une importance majeure.» Les forces souverainistes promettent du reste, une fois passées les vacances d’été, de relancer l’attaque contre le gouvernement Bourassa afin qu’il respecte l’échéancier référendaire.AxeIVÉO"/ présente nature de l'art avec Audette, Berlanga, Dubeau, Dutrisac, Musiol, Thibault, Vigneau Au CONFLUENT de l'autoroute 50 ET DE la rue Montcalm, jusqu’au 16 Août 1992 TÉL.: (819) 771-2122 205, rue Montcalm, Hun, (Québec) J8Y 3B7 Nous remercions le Conseil oes Arts ou Canada et le Ministère oesAeeaires culturelles de.leur appui \ 2 B Le Devoir, vendredi 17 juillet 1992 Hydro-Ontario vole au secours d’Hydro-Québec; PHOTO AP Francesco Crucltti a dirigé l’équipe médicale qui a opéré le pape.La tumeur du pape : pourquoi si tard ?ROME (Reuter) — Le pape Jean-Paul II se remet si bien de l’ablation d’une tumeur au côlon qu'il a pu se lever hier, mais un cancérologue romain affirme que la tumeur dont il souffrait aurait pu être détectée plus tôt.Le bulletin de santé publié hier indique que les réactions post-opératoires et les fonctions vitales du pape sont normales.Bien qu’il ait souffert d’une poussée de fièvre mercredi, « ce matin, il a pu se lever brièvement de son lit, faire quelques pas et s’asseoir dans un fauteuil », précise le bulletin de santé.Navarro Valls, porte-parole du Vatican, a déclaré que le fait que le prochain bulletin de santé ne soit prévu que samedi constituait en soi un bon signe.Si le pape, âgé de 72 ans, se remet bien de son opération, ses médecins pourraient en revanche en subir les conséquences.Le professeur Massimo Crespi, qui dirige un institut de recherche sur la cancer, a en effet déclaré à une radio italienne que la tumeur du pape « est une lésion qui a été enlevée à temps mais qui était sûrement là depuis un certain temps (.) depuis des années».Massimo Crespi a fait état de son « incrédulité » devant le manque de soins préventifs dont a souffert le pape.« De nos jours, on peut détecter les tumeurs au côlon.Les examens pratiqués pour prévenir ces tumeurs sont extrêmement simples », a-t-il déclaré.Les médecins qui ont opéré Jean-Paul II et Navarro Valls ont rejeté ces critiques.« Je ne crois pas qu’il y ait eu une quelconque négligence, que ce soit dans le passé ou aujourd'hui », a déclaré le professeur Luigi Candia, qui dirige l’hôpital Gemelli, au nom de l’équipe qui a opéré le pape.Navarro Valls a déclare pour sa part que « le pape ne s’était jamais plaint auparavant de douleurs abdominales » et que les examens antérieurs, effectués à moins de six mois d’intervalle, n’avaient permis de détecter aucun symptôme de blocage intestinal.Les résultats des analyses de la tumeur, « grosse comme une orange » selon l’un des chirurgiens mais bénigne, seront connus la semaine prochaine, a-t-il précisé.Le Vatican a par ailleurs révélé hier que le souverain pontife avait reçu l’extrême onction avant son entrée à l’hôpital.L’Église catholique recommande depuis quelques années que ce sacrement, ordinairement administré aux mourants, soit administré aux malades dont la santé n’est pas nécessairement en danger.Catherine Leconte ENTRE gens du métier, on se comprend.Invitée à commenter le projet de directive d’étude d’impact émis par les comités d’évaluation environnementale qui examinent conjointement le projet Gande-Baleine, Hydro-Ontario a volé au secours d’Hy-dro-Québec, dans un mémoire remis le 15 juillet au bureau de soutien des comités et signé de Carole Burnham, directrice de la division Environ- Danny Year RÉSERVANT un accueil « favorable » au rapport du Bureau de consultation de Montréal sur la gestion intégrée des déche's, la Coalition Action Re-buts et le Front commun québécois pour une gestion démocratique des déchets demandent au ministère de l’Environnement d’entreprendre une vaste consultation publique sur la gestion des déchets et, dans l’intervalle, de décréter un moratoire sur la construction de tout nouvel incinérateur, notamment celui que projette de construire la Régie intermunicipale de gestion des déchets dans l’est de l’île de Montréal.« Le gouvernement se doit de mettre en place les mécanismes d’une concertation qui va mener à une stratégie globale de gestion des déchets », a indiqué, hier, Liliane Cot-noir, présidente du Front commun, qui regroupe une quarantaine d’organismes environnementaux.Pour eux, le rapport du BCM est une « analyse importante » du problème de la gestion des déchets.Ils acceptent l’esprit général du rapport même s’il « est loin d’être parfait ».« Tous les maires, tous les politiciens devraient le lire.Cependant, il faut maintenant agir », a lancé Michel Séguin, porte-parole d’Action Rebuts.En demandant un moratoire et une enquête publique, les deux groupes ont endossé deux des principales WINNIPEG (PC) — Un vérificateur du ministère du Revenu a déposé une plainte privée devant la Cour fédérale, hier, alléguant qu’Ottawa a permis à des entreprises commerciales d’empocher des millions de dollars en modifiant sa politique sur la taxe de vente, en 1986.M.Jim Weiten a donc demandé au tribunal d’ordonner au gouvernement fédéral de verser 1 milliard $ dans un fonds en fidéicommis, où pourront puiser les personnes qui ont payé en trop.Au bureau de la GRC de Winnipeg, un porte-parole a fait savoir qu’une enquête avait été faite, à ce sujet, et VANCOUVER (PC) - La contrebande de tabac a pris les proportions d’une véritable épidémie au Canada, a constaté le ministre du Revenu Otto Jelinek, qui a annoncé hier une intensification de la lutte contre la contrebande.Au cours d’une conférence de presse tenue sur le front de mer à Vancouver, le ministre a expliqué les nouvelles mesures: affectation d’employés supplémentaires à la lutte contre la contrebande, (de 80 à nement d’Hydro-Ontario.«Indéfendable», «injustifié» « déraisonnable », Mme Burnham semble parfois à court d’éphithètes pour démolir certains aspects du projet de directive, qui dresse la liste des informations, études, analyses et évaluations qu’Hydro-Québec devra fournir aux comités à propos du complexe hydroélectrique que la société d’État veut construire sur la rivière Grande-Baleine.Publié le 30 avril, ce document de 115 pages était soumis jusqu’au 15 recommandations du rapport du BCM: celles-ci représentent d’ailleurs pour eux des revendications de longue date.Le BCM recommandait à la ville de Montréal de demander au ministère de l’Environnement de tenir une audience publique sur la gestion des déchets et de décréter un moratoire de 18 à 24 mois sur toute construction ou rénovation d’incinérateur.Le ministre de l’Environnement, Pierre Paradis, a déjà souscrit à l’idée d’un débat public sur la gestion des déchets, a indiqué sa porte-parole, Sylvie Marier.Un tel dialogue nécessitera cependant la participation des municipalités, responsables de la gestion des déchets sur leur territoire.Pour le moment, à Québec, on attend toutefois la demande de la ville de Montréal, a indiqué la porte-parole du ministre de l’Environnement.Cette attente risque de se prolonger un certain temps puisque ce n’est qu’à la fin de 1992 que l’administration municipale entend donner suite aux recommandations du BCM, a noté Daniel Bussières, attaché aux communications au bureau du maire de Montréal.Michel Séguin, d’Action Re buts, a salué l’esprit d’ouverture dont a témoigné la ville de Montréal en mettant sur pied cette consultation de la population.Selon lui, le rapport du BCM reconnaît l’importance d’une gestion écologique et « démocratique » des déchets.Action Re-buts n’a pas manqué de qu’on avait conclu qu’il n’y avait pas heu de porter des accusations.En février dernier, un ancien vérificateur du même ministère, Ted Reid, a tenté sans succès de porter une plainte privée d’abus de confiance contre le haut fonctionnaire responsable du changement de politique.En mars, le député libéral Don Boudria a soulevé la question au Parlement, soutenant que cette affaire devait être examinée par un comité des Communes.« Cela a constitué une manne pour certaines personnes aux dépens des contribuables canadiens», a accusé M.Boudria.90 années-personnes), distribution de 45 nouveaux appareils de détection perfectionnés aux postes frontière du pays, dont une dizaine d’appareils de radioscopie spécialement adaptés.Il a expliqué que le ministère entend renforcer les succès remportés dans sa lutte contre la contrebande en général, et plus expressément la contrebande de tabac.La mise en oeuvre de ces mesures entraînera initialement des dépenses de 8 millions $.Il en coûtera ensuite 7,5 millions $ par an.« La contre- juillet à une période de consultation écrite, toute personne ou organisme intéressé pouvant y aller de ses commentaires.Hydro-Québec a pris l’initiative d’en envoyer copie à Hydro-Ontario parce qu’elle est indirectement concernée.Le projet de directive réclame en effet une étude des impacts cumulatifs du projet Grande-Baleine — une première, semble-t-il, au Canada — en synergie avec ceux de tous les projets des trois provinces riveraines de la baie James et de la relever quelques failles dans le rapport du BCM, notamment en ce qui concerne l’enfouissement et l’incinération des déchets.Pour Action Re-buts, l'enfouissement et l’incinération ne sont pas des méthodes satisfaisantes d’élimination des déchets.Le groupement croit ainsi que l’enfouissement des déchets bio-dégra-dables, toxiques et recyclables doit cesser immédiatement à la carrière Miron.« Il faut arrêter de voir nos déchets comme quelque chose qu’on laisse de côté.On doit les voir comme une ressource », a expliqué Michel Séguin.Action Re-buts préfère parler d’une gestion écologique des déchets.En ce sens, on propose la création de « ressourceries », heu de recyclage communautaire des déchets.Action Re-buts a noté qu’elle prônait une gestion triple « R » des déchets: réduction à la source, réutilisation, recyclage-compostage.Action Re-buts se fait le promoteur de la collecte sec-humide des déchets.Par cette méthode, il est possible d’éliminer 60% des déchets du sac vert, croit l’organisme, forte des résultats d’une expérience pilote qui s’est déroulée à Guelph, en Ontario.Les deux groupements ont déploré que la Régie intermunicipale de gestion des déchets ne fassent pas preuve d’une même transparence que celle dont a fait preuve la ville de Montréal.MM.Weiten et Reid affirment que les changements ont permis à des entreprises commerciales de conserver les revenus de la taxe de vente qu’ils avaient perçue des clients.Pendant des années, a rappelé M.Weiten, les hommes d’affaires ont dû remettre à Ottawa le produit de la taxe de vente imposée en trop.En 1986, cependant, un haut fonctionnaire du ministère du Revenu a fait savoir que les entreprises commerciales pourraient maintenant conserver la taxe perçue en trop.Finalement, la loi fut changée par l’entrée en vigueur de la taxe sur les produits et services (TPS), en 1990.bande attaque notre économie et nous prive des revenus qui servent à financer le régime de santé et autres programmes prioritaires», a souligné M.Jelinek en faisant allusion aux cigarettes de fabrication canadienne qui sont achetées à bas prix aux États-Unis puis repassées en contrebande au Canada, particulièrement depuis que le prix des cigarettes est devenu prohibitif à la suite d’augmentations de taxes.Au cours des cinq premiers mois de l’année 1992, le nombre de saisies effectuées par Douanes Canada a baie d’Hudson.« Nous considérons que c’est déraisonnable, peu réaliste sinon impossible, et bien au-delà du mandat et des capacités du promoteur d’un seul projet », écrit Hydro-Ontario dans son commentaire de sept pages, qu’elle dit « fondé sur notre expérience des méthodes d’évaluation environnementale ».Le projet de directive « laisse entendre que les effets cumulatifs sont une science exacte qui produira des résultats quantitatifs concluants.C’est hautement improbable », dénonce Hydro-Ontario.Et au-delà de ce problème méthodologique, « Hydro-Québec ne peut pas être tenue responsable d’identifier et de définir avec un degré raisonnable de certitude ou de crédibilité les possibles projets de développement d’autres utilisateurs de ressources naturelles.Le gouvernement est le seul organisme qui puisse faire cela », affirme Hydro-Ontario.Cette dernière voit dans le projet de directive « une tentative de faire porter au promoteur d’un seul projet l’évaluation des effets cumulatifs d’une politique globale » alors que Maurice Girard de la presse canadienne OTTAWA — Le premier ministre du Yukon refuse qu’on modifie l’entente de principe du 7 juillet sur la réforme constitutionnelle et qu’on accorde au Québec un droit de veto sur la création de nouvelles provinces.Tony Penikett a qualifié d’inacceptable la position du premier ministre québécois: « C’est une grave injustice parce que tout le monde, à part nous les premiers touchés, a le droit de décider de notre avenir constitutionnel.Non seulement c’est injuste, mais c’est profondément anti-démocratique », a-t-il fait valoir.Il se demande « quel intérêt le Québec a-t-il à décider de l’avenir de notre communauté située à 4000 miles au nord ?Quel intérêt a-t-il à nous traiter comme des valets ?» C’est un « mystère » que le premier ministre du Yukon affirme n’avoir pas réussi à élucider en 10 ans de négociations constitutionnelles.Territoire grand comme la Suède, le Yukon compte 30 000 habitants pris en sandwich entre l’Alaska et les Territoires du Nord-Ouest.La région compte une école française, mais ses citoyens sont généralement opposés à la reconnaissance du Québec comme société distincte.Position que ne partage pas M.Penikett.Pour le premier ministre du Yukon, la province de la société distincte aurait tout intérêt à changer de refrain sur la création de nouvelles provinces.« Le Québec se comporte comme un membre d’un vieux club anglais qui voudrait pouvoir blackbouler tout nouveau membre et M.Bou-rassa ressemble à la reine Victoria, qui donnait à ses sujets la permission d’évoluer selon sa volonté et selon ses priorités.Dans ce cas-ci, ce n’est pas la reine Victoria, mais le premier Bourassa que nous avons dans les jambes.« A notre époque, en 1992, poursuit- grimpé de 134 % par rapport à la même période, l’an dernier, alors que le nombre de voyageurs n’a augmenté que de 1,1 %.Cela représente plus de 9 millions $ en évasion de droits et de taxes, a souligné le ministre.Les cigarettes fabriquées au Canada porteront désormais des numéros d’identification, grâce auxquels on pourra plus facilement retracer les réseaux de distribution de cigarettes de contrebande, a dit M.Jelinek.« l’évaluation cumulative devrai^ commencer au niveau politique et sp; traduire ensuite, à travers program mes et plans, jusqu'au niveau du projet.L’idée que ce soit fait en sens inverse, et par un promoteur individuel, est dure à avaler.» Hydro-Ontario fait d’ailleurs remarquer que le gouvernement fédéral dispose déjà;, de tout l’arsenal législatif nécessaire^ « En résumé, nous croyons que ce.-projet de directive est trop vaste et; comme tel, ne permettra pas une ré- .; solution définitive et en temps utile: de l’évaluation du projet » conclut : Hydro-Ontario, qui recommande:, d’en supprimer toutes les exigences.' : globales et d’en réviser les exigences régionales.;q La directive définitive devait ink: tialement être émise à la mi-juillet'; ar les deux administrateurs prévus-: la Convention de la Baie James, soit Michel Dorais, président du Bu-::; reau fédéral d’examen des évaluations environnementales (BFEEE):,: et Pierre Paradis, ministre québé- : cois de l’Environnement.Renseigne-:.; ment pris auprès des comités d’eva-,: luation, elle ne le sera vraisembla- ¦: blement pas avant la fin août.il, alors que la démocratie prend racine un peu partout sur terre, il est inconcevable que le Canada ait ce genre de règlement inspiré du colq-nialisme et qui permet à des gens : que nous n’avons pas élus ni même.jamais vus de décider de nôtre avenir.Comment M.Bourassa peut-il -prétendre décider de notre avenir,., lui qui n’a jamais mis les pieds ici ?;: Nous, nous n’oserons jamais décider ! pour le Québec.» La déclaration de M.Penikett.pourrait rendre encore plus difficile • le retour du Québec à la table constitutionnelle puisque, selon Ottawa, la création de nouvelles provinces, la ' définition de la société distincte et ' l’immigration forment le triptyque des « clarifications » préalables exigées par Québec pour mettre un terme à son boycottage des conférences fédérales pronvinciales.Québec exige la « substance » de la ' défunte entente du lac Meech, qui ac- ’ cordait aux provinces un veto de re-' gard sur la création de nouvelles provinces.L’entente du 7 juillet « répare' cette injustice», selon M.Penikett; " et remet la décision entre les mains ’” du gouvernement fédéral et des ter- ’1 ritoires.• *|r» Comme pour le Québec, le droit à .'-, l’auto-détermination est sacro-saint .pour les Territoires.« Que ce soient .les citoyens du Yukon ou les Québé-cois, ce sont les citoyens des régions touchées qui exercent ce droit.Quand les gens des Territoires du Nord-Ouest ou du Yukon seront prêts à confier à leur gouvernement le mandat de négocier avec le gouver- .nement fédéral la transformation dçjj leur territoire en province, ils de-'i j vraient pouvoir le faire de la même.ti façon qu’on a procédé à la création* “ des provinces comme la Saskatche-.;.; wan, l’Alberta, Terre-Neuve par ex-;;;-emple.» M.Penickett est disposé à dépê-'• cher des émissaires auprès du gou-‘“' vernement du Québec, souhaitant qu’entre-temps ils auront plus de1”: chances que dans leurs tentatives J\ passées.,l'‘ « Nous avons dépêché des foncr tionnaires qui parlent français pour,,,, discuter avec le gouvernement du Québec.Mais nous n’avons pas en: .core réussi à obtenir des précisions,,, sur ce qu’il (M.Bourassa) pense;,,! vraiment.Peut-être que nous aurons une plus grande chance la prochaine ¦.fois », dit M.Penikett., , i À l’exemple des neuf provinces an- v glophones, le Yukon affirme avoir ,v obtenu gain de cause sur les trois questions qui tenaient à coeur au gouvernement du premier ministre Penikett.La création de nouvelles adaptation de Denis Chouinard du roman de Jean Giono, du 27 juin au 29 août jeu.au sam.à 20h.30— Spectacle de marionnettes pour enfants du 28 juin au 30 août les dim.à 16h.THÉÂTRE DE LA BUTTE: 2554 Monty, VaFOavid (818322-3474)-.U Virée des Pirates., du 26 juin au 5 sept.— < Boutie et frisson •, du 26 juin au 5 sept.THÉÂTRE DES CASCADES: Autoroute 40 ouest jusqu'à Vaudreuil, routa 540 direction Toronto, sortie Dorion, route 338 direction Pointe-des-Cascades (514-4556855)— < Corn Rakes • de Jack Sharkee, m.en s.Denise Flliatrault, du 5 juin au 29 août, mar.au ven.à 20h.30, sam.à 19h.et 22h.THÉÂTRE LE CHANTECLER: Hôtel Le Chante-cler, sortie 67 de l’autoroute des Laurentides, Ste-Adèle (514-2283591)— « Cherchez l'homme > de Jean-Raymond Marcoux, m.en s.Louis Lalande, du 18 juin au 23 août mar.au dim.à 20h.30 THÉÂTRE DU CHENAL-DU-MOINE: 1645 chemin du ChenaFdu-Moine, Ste-Anne-de-Sorel (748 8446, Mtl 3989022)— < Sous-sol à louer • de Anthony Marriott et Bob Grant traduction et adaptation Robert Lavoie, m.en s.André Montmorency, à compter du 12 juin, sem.20h.30, sam.21 h.THÉÂTRE DE LA CHÉVRERIE: route 263, St-Fortunat (418428-3797)— < Je n'alme que toi < de Renée Taylor et Joseph Bologna, du 24 juin au 29 août THÉÂTRE CHEZ BRAZEAU: Rang St-Chartos.Papineauvilta (818427-5611)- < Un cadavre è l'entracte > de Pierre-Yves Lemieux, m.en s.Serge Paquette, du 25 juin au 8 août jeu.au sam.à 20h.THÉÂTRE DE LA DAME DE CŒUR: 611 rang delà Carrière, Upton (514-5485828)— < Histoire fantastique d'une nuit blanche.de R.Blackburn, du 19 juin au 23 août THÉÂTRE DES ÉRABLES: 870 Montée taurin, SFEustache (473-3357)— < J’rève d'étre vedette • di 19 juin au 30 août, mer.jeu.20h.30, ven.sam.à 21 h.THÉÂTRE D’ÉTÉ DE BELŒIL: 600 rue Richelieu, Betoeil (46447721- < U chatte et le hibou.de Bill Manhoff, m.en s.Fernand Rouville, à compter du 23 juin, mar.au sam.i 20h.30 THÉÂTRE D'ÉTÉ LES FEMMES COLLIN: 248 rang des Continuations, St-Esprit (514-839-6105 ou 5894552)— < TFcul Lavoie journalier > de Bertrand B.Leblanc, m.en s.Yvon Leroux, du 12 juin au 29 août, mer.au sam.à 20h.30 THÉÂTRE D’ÉTÉ DE ST-OURS: 2555 rang du Ruisseau, St-Ours (1-7882732)— Le Théâtre Optique présente < C'est-y-dair 7 Joualvert I > de Julie Poulin et Catherine Jalbert, m.en s.Michel Valls, du 19 juin au 6 sept, ven.au dim.à 20h.30 THÉÂTRE LA GRANGE DES SOEURS DE MARIEVILLE: sortie 37, autoroute des Cantons de l'Est, Marieville (4682161, Mtl 4476026)- < Du sang bleu dans les veines > de Georges Dor, m.en a.Septimlu Sever, du 2 juin au 31 aoOt, mar.au ven.â 20h.30, sam.19h.et 22h.THÉÂTRE LAC BROME: 267 Knowlton Road, Knowlton (2480381)- < Cabaret • comédie musicale de Kander and Ebb, m.en s.Corey Castle, du 15 juillet au 8 août— mar.au sam.è 20h.30, matinées les mar.et jeu.à 14h.THÉÂTRE DE MARJOLAINE: Autoroute des Gouvernement du Québec Ministère du Tourisme Cantons de l'Est sortie 106, Eartnan (514-297-2880 ou 297-2862)— • Premières de classe < de Casey Kurtti, traduction de Michel Tremblay, m.en s.René Richard Cyr, du 27 juin au 22 août, mar.au ven.â 20h.30, sam 19h et 22h., dim.à 20h THÉÂTRE MOLSON: 191 chemin du Domaine, autoroute 40, sorbe Berthier 144, St-GabrtaFde-Bnn-don (635-3441 )— < Urgence en totto.texte et m.en s Larry-Michel Demers, du 17 juin au 5 sept THÉÂTRE MONT-AVILA: Chemin Avila.Piedmont (3484426)— < Chômage > du 19 juin au 8 sept., mar.au dim.THÉÂTRE PALACE DE GRANBY: Granby (MD 9385161, extérieur 1-800-361-8020)— < Fleurs d’acier < traduction et adaptation de François Tttaâ, m.en s.Michéle Magny, du 26 juin au 29 août, mer.au sam.i 20h.30 THÉÂTRE LE PATRIOTE: 21 est Prétantaine, Ste-Agathe (8183283656, Md 861-2244)- .Décru-che-moi la lune • de Lawrence Roman, m.an s Monique Duceppe, du 18 juin au 6eept, mar.au ven.â 20h.30, sam.à19h.et 22h.THÉÂTRE PIGGERY THEATRE INC.: North Hatley (8188482431)— < Bedside Manners.de Da rek Ben field, m.en s Perry Schnektarman, du 24 juin au 25 juillet— < Perfect Crime < de Warren ManzL m.en s.Brian Dooley, du 30 juâ.au 29 aoûL THÉÂTRE PONT-CHATEAU: autoroute 20, sortie 17, Côteau-du-Lac (4583224)— < Qu'est-ce qu'on va taire avec!!! > de Bertrand B.Leblanc, m.en s.Yvan Canuel, du 2 juin au 29 août, mar.au ven.â 20h.30, sam.à 19h.et 22h.THÉÂTRE DE STE-ADÉLE: 1066 boul.StaAdéto, Ste-Adèle (514-2287611, Mtl 3989070)- .Lee dix petits nègres < du 13 juin au 22 aoûL mar.au van.à 20h.30, sam.19h.et 221)30 THÉÂTRE DE ST-8AUVEUR: 22 rue Claude, Si- Sauveur (514-2276486, Md 4301812)- .Ci K* on danse > à compter du 12 juin, mar.au ven.â 20h.30, sam.19h.el22h.30 THÉÂTRE DE LA SUCRERIE: 1292 chemin du Théâtre, route Trans-Canadtonne, direction Ottawa, Casselman (618764-5580)— « Week-end de râve • de Jeanne et Sam Bobrick, m.en a.Richard NF quette, du 26 juin au 5 sept, mer.au sam.â 20hJ0 THÉÂTRE DU VIEUX ROCHER: Centre de la culture de Grand-Mère, 15,6e ave, Grand-Mère (818 5381716)— < Un mari à tout prix • de Donald Churchill, m.en s.Claude Colbert, du 17 juin au 29 aoûL mar.au ven.à 20h.30, sam.â 21 h.THÉÂTRE DU VIEUX-TERREBONNE: 867 St- Pierre, Terrebonne (492-4777)— < Harold el Maude > de Colin Higgins, m.en s.Jacquet Rossi, du 17 juin au 29 aoûL mer.au sam.â 20h.30 THÉÂTRE DE LA VILLE: 180 est de GenttHy, Longueuil (6781616)— < La mandragore • de Jean-Ptorre Rorfard, m.en s.Jacques Roaai, du 25 juin tu 29 août.mer.au sam.à 20h.30 MUSIQUE Populaire BAR BRAQUE: 980 est Rachel, Montréal (528 9738)— Tous les dimanches de 20h.â Olh.le Trio Randy Doherty BAR STATION 10: 2071 ouest Ste-Catherine, Montréal (9346484)- Ehris Impersonator ContosL to 17 juillet— Furious Stiles, rock, to 18 juüiet— Pria Thomas, rock, le 19 juillet LES BEAUX E8PRIT8: 2073 St-Denis, Montréal (8446882)- Angel, les 17-1819 juMet â 22hJ0 BIDDLES JAZZ AND RIBS: 2060 Aylmer.Montréal (8426656)— Le quatuor da Johnny Scott el Geoffrey Lapp, en permanence, km.mar.de 19h.â 24h„ mer.au ven.17h.30 â 22h — U Trio de Charito Biddle, en permanence, du mar.au ven.â compter de 22h„ le sam.à compter de 21h.30- Trio BHy Georgette, sam.de 18h.â 21h.30— Le trio de Bernard Primeau, to dim.de 18h.30 â 24h.CAFÉ THÉLÉME: 311 est Ontario, Montrée (848 7932)— Jazz les ven.et sam.â 21h.30 CLUB BALATTOU: 4372 St-Laurant, Montréal (8485447)- Festival Nuits d'Afrique 92: le 19 juütoL Mzwakhe Mbuli, (Afrique du Sud) CLUB CONTINENTAL: 4171 St-Denis, Montré* (844-4481)— Jazz les ven.sam.à 22h.RESTO-BAR DES GOUVERNEURS: 458 Place Jacques-Cartier, Montréal (8616188)- L'Enaambto de Dave Turner, les jeu.à 20h.30, les ven.sam.â 21h.30 RESTAURANT CHAR-B-QUE: 1476 CrescenL Montréal (2881943)— Michelle Sweeney, les ven.al sam.à 21 h.30 SOCIÉTÉ CAFÉ: 1415 rue de la Montagne, Montréal (9876168)- Lé Petit Club: Musiciens de rhythm â blues, Jeri Brown les 17-18 juWeL â compter de Classique CENTRE D’ARTS ORFORD: Sortie 118, Autoroute des Cantons de l’Est, Orlord (1-808587-6155)— Les Grands Concerts: Moshe Hammer, violon, Suzanne Blondin, piano, oeuvres de Stravtraki, Mozart, Bloch, Bach et Prokofiev, le 17 juillet à 20h.ÉGLISE ST-JEAN-BAPTI8TE: angle RacheF /Henri-Julien, Montréal— L'organiste Jacques Boucher aux messes de sam.â 17h.el 10h.el 11h.to dim.FESTIVAL LANAUDIÊRE: Amphithéâtre, 1500 boul.Base-de-Roc, Joliette— L'Orchestre symphonique de Montréal, dir.Charles Dutoit, oeuvres de Mozart, Mendelssohn et Brahms, le 17 juillet â 20h.— Paul McCartney Beatto, sa vie, McCartney: Oratorio Liverpool, L'Orchestre du Festival de Québec, dir.Cari Davis, choeurs: Petite Maîtrise de Québec, Choeur du Festival de Québec, sokstoe: Lyne Fortin, soprano, Sonia Racine, mazzoeoprano, Mark Du-Bots, ténor, Gary Retyea, basse, to 18 junto! â 20h.— Journée des nations: le 19 juillet, mena â 10h.— Animation de 11h.30 à 14h.30— Orchestre franco-québécois, dir.Raffi Armenian, oeuvra* de Berlioz, Mercure, Chausson el MouaeorgskFRavel, à 14h.30 ORATOIRE ST-JOSEPH: 4300 Queen Msry, Montréal (7336211)— Les Petits Chanteurs du Mont-Royal, dir.Gilbert Palenaude, tous les dkn.â 11h.— Le 19 julltoL la messe Misse Grégoriens da Alfred Toiler, et le motel Nos Qui Sumus in Hoc Mundo.de De Lassus- A 15h.30, Raymond Davekry à l'orgue PAVILLON DES ARTS DE STE-ADÉLE: 1364 chemin Ste-Marguerite, Ste-Marguerite Station — Marie Laçasse en concert, oeuvres de Mendetoschn, Brahms, Tchaikovski, Paganini, Beethoven « Sara-sate.le 25 juillet è 20h.PLACE BERRI: Montréal— Diane Boekl en spectacle, airs de jazz et de comédies musicales, le 24 juillet à 21 h 30 La télévision du vendredi soir en un elin d’oeil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23H30 OOhOO OSES01 Ce soir L’enfer c’est nous autres Ma g maison Cinéma : J'ai rivi d'un paya —Can.88 Avec Josette Simon et Lyman Ward LeTéléjoumaig Le Point/météo/spori L’enfer c'est nous autres Cinéma :Proteuk>n: loumallate—Am.88 rô-j WCAX (CBS) Burlington News News g The Golden Girls The Bert Reynolds Special g Cinéma : Blood River—Am.91 Avec Rick Schroder et Willord Brimley News Dark Justice rë-j WPTZ(NBC) Plattsburgh News News g Jeopardy g Wheel ol Fortune g Matlock g Law & Order g News The Tonight Show g CBMT(CBC) •î» Montréal Newswatch CBC Newsmagazine Cinéma : Tommy Trlcker and The Stamp Traveler Can.88 —Avec Lucas Evans et Anthony Rogers Newhaitg The National g The Journal News Good Rockin' Tonlte Œ) EST1 Le TVA g éd.18 tires Jeopardy! Secrets de famille 9-1-1 Crimes en solde Vie privée Fauteux.Prise 2 Le TVA g réseau sports Loterie (23045) œ ÏÏS£"> Puise g Entertainment Tonight Tarzan g Family g Matters Nurses g Cinéma : Mob Story—Can.89 Avec John Vernon et Diana Barrington News g Arsenlog Hall Show m TVS (Télé «w Francophones Vlslontarlo Des chiffres sides lettres Journal deTFI Visions Autant savoir Pour l’amour de Dieu Bouillon de culture Laurette ® SHT1 Passe- Partout L'étalon noir Le monde merveilleux de Disney Racines, les nouvelles générations (2e/14) Beau et chaud Parler pour parler g Beau et chaud m Sf" Musique vidéo Fax: L'Intoplus Le décompte Coca-Cold Combat des dips/ VJ :Paul Sarrasin Rock en bulle Musique vidéo Vldéodanse fôo] WVNY(ABC) Burlington News News g SUr Trek g Family g Matters !ï?“'g Dinosaurs Perfect g Strangers 20/20 g News Nlghtline Commercial Programs 19h / Spotlight / Wilson Phillips Fax Coca-Cola Countdown Big Ticket /Kim Mitchell Vldéoflow rôôj VERMONT ^ ETV(PBS) The MacNell-Lehrer Newshour g The Nightly Business.Vermont this week Ir II Wall Street Week.g 16 Days of Glory Sûtes of Mind g Cinéma : Starman— Am.84 Avec Jeff Bridges et Karen Allen La roue chanceuse Zizanie Urgences Cinéma : Ultime épreuve-km.87 Avec Matt Adler etGregory Harrison Coup de foudre Le Grand Journal Sports plus Sports plus extra Cinéma 17 h/Children Programs The Nightly Business.The MacNell-Lehref Newshourg Mystery I g The London Embassy Blackadder Allot Allô! Sneak Previews Cinéma : Sml SummerNIgh let ota 7-Suéd.55 EN IMAGES Le Devoir, vendredi 17 juillet 1992 Le Vieux-Port «REVAMPÉ», reboisé, nettoyé, sauvé des eaux, le Vieux-Port de Montréal, avec sa marina, ses écluses, ses bâtiments nouveaux, est l’endroit le plus couru de l’été.Ses sections est et ouest, qui n’étaient l’an dernier encore que désert de bitume, en l’honneur du 350e ont refleuri pour la plus grande joie des Montréalais.PHOTOGRAPHIE JACQUES NADEAU Ht ««i l l ¦ -jmmra.tri' s irrsM itm ;r ¦ s\vv'\ W\\u\ \"'A' \ ai Z'Si.itlt'IMIII isim i.«r m ¦¦ii ¦HPÜMIMj ri '«Mit lift is 4m La Tour de l’Horloge monte la garde à l’entrée est du Vieux-Port.On peut y lire l’heure, mais surtout la visiter, en escaladant, si on a le coeur solide, les 192 marches qui mènent à son sommet.Aux braves, s’offre alors une vue imprenable non seulement sur Montréal mais également sur l’Ile Ste-Hélène.À couper le souffle.Il M M til mu uni K 1 f i".y %it M wmrnrmmrnm.m §§g, J K.SBjnl "si SÉaT'"v*- i i - v •»»’ æL Tv je las « t htm i ''ipTiiîiLâ f sS^ÜSSH Uàk1 üiftr *5» iïf i •S*- .line nouvelle marina sert de dortoir aux yachts de plaisance et aux grands voiliers qui ont envahi le Vieux-Port.On les voit glisser nonchalamment sous le regard des badauds de la Place Jacques-Cartier.Histoire de ne pas couper la vue, les architectes se sont contentés de reboiser Plie Bonsecours sans l’alourdir de gros bâtiments.L’été, on en fait le tour en pédalo; l’hiver, la surface deviendra patinoire, avec une section maintenue toujours glacée, même par temps doux.TTTTTnnTi] MS IBItMau, LE GUIDE DU WEEK-END Le Devoir, vendredi 17 juillet 1992 -L'ÉVÉNEMENT DE LA SEMAI N E-Montréal, ville francophone PLUSIEURS bonnes raisons pourraient vous inciter à passer la journée de samedi dans llle Sainte-Hélène.Nostalgique, vous pourrez retrouver le parc de l’Expo sous ses nouveaux atours.Naturiste, vous pourrez faire un détour pour vous faire bronzer le nombril sur le sable de la plage Doré.Aventurier, vous pourrez tenter d’entrer dans le bastion-châ-,teau d’eau qui la domine.Compulsif, 'vous ne résisterez pas aux attractions de La Ronde.Linguiste, amou- Ceux, romantique et musicien, vous •ez écouter les trois concerts de ‘^Montréal, ville francophone, un des 'multiples événements de cet été plu-îvieux du 350e anniversaire de la métropole.Dès 13 h, il y en aura pour tous les {goûts.Petite primeur, les prestations {acoustiques.En français dans le (texte.Juste des voix, des pianos, des {guitares, des percussions, des harmonicas.Laurence Jalbert, Hart {Rouge, La Bande Magnétik, Richard {Séguin, Michel Rivard, Gilles Vi-igneault, Julien Clerc et Renaud.{Bienvenue aux dames, aux longues •jupes fleuries et aux marguerites {dans les cheveux ! I À partir de 16h30, ce sera au tour {des francophones du monde de venir {pousser la chansonnette.Du plus {foncé au plus clair, Papa Wemba du •Zaïre, Francisco de Martinique et {Zap Marna de Belgique.En hôtes •chaleureux qui offrent le café, Ri-îvard, Séguin et Vilain Pingouin.! Enfin, si cette année les Franco-j Folies de La Rochelle donnent l’ac-îcolade aux non-francophones, le {Parc des îles lui s’ouvrira dès 19 h, {sur des maîtres de la langue de Mo-Ilière.Aux Jalbert, Rivard, Séguin, jVigneault, Clerc, Séchan se joindront i- * PHOTO:ARCHIVES Gilles Vigneault fait partie des dizaines de vedettes de tous les horizons de la francophonie qui viendront animer le nouveau Parc des lies samedi, de 13 h à minuit, en faisant la preuve par A plus B que, oui, Montréal est bien une ville francophone ! Maurane, Diane Dufresne, Maxime Le Forestier et Michel Pagliaro.Bien que les différents invités de cette francofête donnent essentiellement des prestations individuelles, il est fort à parier que quelques duos et autres réunions inédites ponctueront le tout.Ne comptez toutefois pas trop sur des surprises hasardeuses.La production est signée Guy Latraverse, la mise en scène sera réglée par Mouffe et René-Richard Cyr.des rois de l’impro bien connus ! Pour ceux qui préfèrent dormir, Montréal, ville francophone sera retransmis sur les ondes de Radio-Canada le 26 juillet prochain.La Place du 350e en poulailler Lyne Crevier {ALORS QUE le Festival de Jazz battait toujours son plein, samedi dernier, la Place du 350e s’était remplie jl’un public familial, bon enfant, venu assister au spectacle de Carmen Campagne suivi de Bilbo le Hobbit u Théâtre Sans Fil, responsable ussi de l’ambitieux Grand Jeu de Nuit présenté jusqu’au 2 août à la Place d’Armes.{ Dès 20 h 30, Carmen Campagne, pccompagnée de trois musiciens, de son frère et trois de ses soeurs du groupe Hart-Rouge, livrait pour la première fois à Montréal l’essentiel pe son répertoire, composé de chansons traditionnelles et contemporaines, destinées aux enfants de trois à dix ans.• C’est à coup de « Je vais à l’étable |»ur tirer ma vache » ou « Mon père m’envoie au marché pour une vache lui acheter», ou encore « Je m’appelle Delvina et je suis une poule, on me dit souvent que j’ai perdu la t>oule », que l’interprète, originaire de Willow Bunch, petit village du sud de la Saskatchewan, n’a pas trahi ses éacines.Avec un léger accent anglais, une voix juste — elle ne vient pas d’une famille musicale pour rien — c’est en français qu’elle a choisi de faire carrière.• Pour la plus grande joie des tout-itits auxquels, à tour de rôle, elle emandait de hennir, de meugler, de miauler, de japper, dans un choeur de chant improvisé qui la faisait rire tout en lui faisant perdre un tantinet le fil des couplets.Ça participait en ferand, même les adultes imitaient le cri des animaux de la ferme.I i Plus tard en soirée, la bande de PHOTO THÉÂTRE SANS FIL Thorin, Goudalf et Bilbo dans Bilbo le Hobbit.Hart-Rouge a entonné avec Carmen un « cot, cot, cot » des plus délirants.Ça « cot-cot-cottait » ferme donc, avec de grands gestes à l’appui et de parfaites envolées vocales, déridant la foule massée du parterre au « poulailler» si vous me passez l’expression.La famille Campagne formait le groupe Folle Avoine bien avant de se rebaptiser Hart-Rouge.Carmen s’en est dissociée le temps d’enseigner et de mettre au monde deux enfants.Puis, elle revient à la chanson.En 1989, avec la chanteuse Connie Kol-dor, elle produit un album bilingue de berceuses qui remporte des prix — le Juno du meilleur disque pour enfants "La Reine Blanche; une histoire d'amour des plus émouvantes" - Yvn Hamel, JOURNAL DE MONTRÉAL CATHERINE DENEUVE KM» GlfWIMI 4 JE» MD « RICHAUD DriHHIM.fR JL C^QlancL eine ^s^jumcne un film écrit cl réalisé par JEAN-LOUP HUBERT m ALLEGRO SELECTION OFFICIELLE CANNES • NEW YORK TORONTO GRAND PRIX FESTIVAL DE QUÉBEC 1991 SECTION HUMOUR TROIS GENERATIONS DE FEMMES QUI ONT FAIT DE L’AMOUR LA VRAIE RÉVOLUTION! "Un VÉRITABLE PETIT BIJOU!" -DrnwMinrl.llltHX.\IM0M ° LA COTE DADAM GEOmD LE DEVOIR CENTRE-VILLE 8^lm 2001 Université metro McGill ?(ï> au pays et le Parent Choice Award aux États-Unis.Entièrement en français, son second microsillon, Une voix pour les enfants présente une douzaine de titres avec notamment le groupe Hart-Rouge et la participation de Daniel Lavoie qui y interprète La chanson du petit voilier et Au clair de la lune.Carmen Campagne terminait d’ailleurs son heure de spectacle avec cette célèbre berceuse dans un ciel bleu d’encre éclairé d’une lune ronde.À ce moment précis, certains enfants ont cru déjà être dans leur lit mais ils étaient toujours à la Place du 350e.Des parents ont préféré alors revenir à la maison avec leur progéniture.Une partie de la foule s’est ainsi sagement dispersée.La soirée s’étant rafraîchie, des milliers de spectateurs y sont quand même restes pour assister à la représentation de Bilbo le Hobbit qui suivait juste après.Cette épopée écrite par Tolkien en 1937, et adaptée par Marielle Bernard pour le compte du Théâtre Sans Fil, met en scène près d’une cinquantaine de marionnettes de toutes tail- les incarnant des personnages réalistes ou purement imaginaires.Créé en 1979, Bilbo a été joué plus de 650 fois aussi bien en Amérique du Nord qu’en Asie.Né en Afrique du Sud en 1892, l’auteur anglais, dont l’oeuvre est universellement reconnue, spécialiste de philologie et professeur d’université, a rédigé les aventures de Bilbo antérieurement à la trilogie, mondialement diffusée, Le Seigneur des Anneaux.Le monde d’un hobbit, de taille inférieure à celle d’un nain, est tissé d’habitudes.Or Monsieur Baggins (Bilbo), qui adore son trou de hobbit au point de ne vouloir jamais en sortir, est appelé à vivre une série d’aventures fantastiques auprès de méchants trolls, ces lutins des légendes Scandinaves, de terribles araignées ou des êtres repoussants de laideur.Des nains l’ont en effet embauché comme cambrioleur afin de dérober un riche butin enfoui depuis des millénaires sous une montagne isolée.« La magie n’opère que si l’on veut bien consentir à se laisser emporter par elle », écrit Tolkien.Confortablement assis dans une salle, d’accord.Or voir un spectacle de marionnettes sur la Place du 350e — avec son va-et-vient continuel, où des gens demeurent debout alors qu’ils pourraient avoir la délicatesse de s’asseoir par terre pour ne pas cacher la vue aux autres, placés derrière eux — n’est pas de tout repos.J’avoue avoir perdu souvent des bribes de l’histoire, enregistrée pourtant sur bande sonore, qui s’entremêlait à celle, hors contexte, de mes voisins qui s’en allèrent d’ailleurs assez vite.Ils cédèrent la place à un adorable petit monstre à culottes courtes qui allait résoudre son problème de visibilité em moins de deux.Bien assis sur les épaules de papa, c’est bouche bée avec des yeux ecarquillés qu’il dévorait Bilbo le Hobbit, en croquant du mais soufflé, son gobelet venant parfois boucher la vue à son paternel.CLASSIQUE Prestation somptueuse dans le grand vaisseau Les Concerts Spirituels Monique Gendron à l’orgue Beckerath de la basilique Saint-Joseph : Anonyme, « Livre d’orgue de Montréal », Magnificat en « ré »; Alain, Postlude pour l’office de complies (1930), Première fantaisie (1932), Deuxième fantaisie (1936); Mendelssohn, Sonate no.6; Radulescu, Ricercari op.28 (1984); Bach, Choral • Schmücke dich, o liebe seele », BWV.648, Passacaille et fugue BWV.582.Mercredi 15 juillet, Oratoire Saint-Joseph.Carol Bergeron « LES CONCERTS spirituels», entendons les récitals d’orgue de la.basilique Saint-Joseph, sont déjà engagés dans leur 21e saison estivale.Cette année, pour répondre au voeu du directeur artistique, Raymond Daveluy, la programmation se caractérise non seulement par la diversité des oeuvres et des styles, mais encore, détail original, des neuf lectures de la Passacaille et fugue de Bach que devront exécuter les neuf organistes invités.C’est sur cette page monumentale que s’acheva la remarquable prestation de Monique Gendron.Cet élément de comparaison devrait à lui seul piquer la curiosité non seulement des inconditionnels qui demeurent fidèles à cette tribune de l’orgue, mais à de nombreux mélomanes qui y trouveront une occasion unique d’assister, voire de participer à une expérience aussi stimulante que formatrice.Guidées par des considérations formelles et stylistiques, les limites sont celles de l’imagination de l’interprète et des immenses ressources de l’instrument de la basilique.D’une grande rigueur, sobre dans sa « registration » et unitaire dans son « tempo », c’est une architecture majestueuse et solidement construite que Monique Gendron élabora.Cette conception qui cherche à englober tous les éléments dans un souffle continu — les 20 Variations et la Fugue qui s’échafaudent sur le thème de la Passacaille énoncé d’abord au pédalier — exige une technique instrumentale très sûre.Cette suprême maîtrise est d’ailleurs l’une des qualités dominantes du jeu de cette éminente organiste montréalaise.L’exécution de la très belle Sixième sonate de Félix Mendelssohn en fut une autre démonstration éblouissante.Construite sur le Choral * Vater unser im himmel-reich » (« Notre-Père »), cette partition fait une large place à une série de variations qui débouchent sur une Fugue — comme chez Bach.On y remarque aussi cette fluidité qui caractérise l’écriture pianistique viT-tuose du compositeur.Une musique que Gendron sert avec une aisance confondante.• : Écrits pour elle par Michaël Radulescu, un compositeur autrichien d’origine roumaine, les trois Ricercari op.28 et les trois morceaux du compositeur français Jehan Alain permettaient d’explorer les couleurs de l’instrument dans une forme de complémentarité avec les dimensions colossales du grand vaisseau de l’oratoire Saint-Joseph.Car il est en effet souhaitable que, par le choix des pièces ou par la manière de les jouer, l’organiste tienne compte du temps de réverbération exceptionnellement long.Je dirais même qu’il faut au soliste, comme à l’auditeur, le temps de s’habituer à cette acoustique qui prend un sensuel plaisir à se délecter le plus longtemps possible des harmonies qui s’échappent du royal instrument qui trône au jubé.Une entrée en matière s’impose, qui fait souvent les frais de cet ajustement.C’est à cela que fut sacrifié le Magnificat en «ré» du Livre d’orgue de Montréal.D’un auteur français inconnu de la fin du 17e siècle, l’oeuvre est extraite d’un volumineux manuscrit venu de France, en 1724, dans les bagages de Jean Girard, un clerc tonsuré sulpicien né à Bourges en 1696, qui fut maître d’école et organiste à l’église Notre-Dame de Montréal.LES FESTIVALS aujourd'hui CENTRE D’ART ORFORD Les Grands Concerts : Moshe Hammer, violon, Suzanne Blouin, piano, oeuvres de Stravinski, Mozart, Bloch, Bach et Prokofieff, à 20 h.?FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC Salle de bal du Château Frontenac : Quatuor Emerson et Quatuor St-Lawrence, à 20 h 30.Scène Interurbain Bell ; Jane Birkin en spectacle.Place d’Youville : Kashtin en spectacle, à 21 h 30.?MUSÉE DE LA CIVILISATION Dans le cadre du Festival d’été international de Québec, 3e Forum de la chanson francophone, à 11 h.Musique traditionnelle Africaine, Francis Bebey, à 15 h.?PLACE D’ARMES Devant la Basilique Notre-Dame, la Corporation des célébrations du 350e anniversaire de Montréal et la Banque de Montréal présentent Le grand jeu de nuit, spectacle son et lumière, réalisation du Théâtre sans Fil, du 14 juillet au 2 août, mar.au dim.à 21 h 30.?DOMAINE FORGET DE CHARLEVOIX Contes médiévaux de France, d’Ari-gleterre, d’Allemagne et d’Espagne interprétés ce soir par l’Ensemble Sequentia formé de Benjamin Bagby, harpe médiévale, Barbara Thornton, chanteuse, Roy Whelden, cordes médiévales.À l’Église des Éboulements.?, FESTIVAL DE LANAUDIÈRE Pour le 2e concert de l’Orchestre symphonique de Montréal ce soir à 20 h à l’Amphithéâtre de l.anaudière à Joliette, la soliste invitée est Leila Josefowicz, violoniste.Au programme : des oeuvres de Mozart, Mendelssohn et Brahms.?CITÉ DE DORVAL La Cité de Dorval, section bibliothèque et activités culturelles, présente jusqu’au 31 juillet Claude Champagne, compositeur, pédagogue et musicien, une exposition qui rend hommage à un pionnier inlassable dans le domaine de la musique au Canada, de même qu’un artiste de réputation internationale.La galerie est ou verte lundi et vendredi de 14 h à 17 h et mardi, mercredi et jeudi de 14 h à 17 h et de 19 h à 21 h.Renseignements : 633-4170.NOS CHOIX TÉLÉ î FAMOUS PLAY! RS LA VIEILLE OUI MARCHAIT DANS LA MER PARISIEN ‘IL51,1* 480 Ste CjP'F'in* O C\ 12 30-3:00-5.10-7 20-îfcX AUTANT EN EMPORTE INDOCHINE La grande histoire d amour continue! Catherine Deneuve Vincent INDOCHINE lüi IMLMSFlBugll IfflMMf 12 00-3 004 00-900 1 004 3OA00 12 103 104 10-9 10 AUSSI AUX PARIS ST-HYACWTHE ET PINE STE-ADÈLE CE SOIR J’ai rêvé d’un pays Un film « social » canadien-anglais tourné en 1988 et qui raconte l’histoire d’une Jamaïcaine venue travailler comme domestique au Canada.Radio-Canada, 20 h.Bouillon de culture Pivot reçoit l’équipe du nouveau film de Beineix (dont le réalisateur lui-même), film qui demeure très mystérieux pour le moment, mais qui est déjà passé à l’histoire comme étant le dernier d’Yves Montand.TV5, 21 h.POUR OBTENIR DES CANDIDATES DE QUALITÉ UTILISEZ LES CARRIÈRES ET PROFESSIONS DU DEVOIR 842-9645 Profession : journaliste Martin Sheen dans un téléfilm récent qui veut démonter les coulisses de l’information télévisée.Radio-Canada, 23 h 40.?* ?SAMEDI Montréal Blues Un film témoin : en 1972 les membres du Grand Cirque Ordinaire se lancent dans une (autre) création collective autour de leurs histoires d’amour réciproques, leurs attentes, leurs rêves, leurs déceptions.Pascal Gélinas filme tout ça dans une histoire un peu éparpillée mais qui traduit bien l’esprit du moment.On peut y voir Paule Baillargeon, Raymond Cloutier, Guy Thauvette et les autres.Quatre Saisons, 20 h.Offenbach : Marct ! Le spectacle d’Offenbach en 1985 au Forum de Montréal.« Faut que j’me pousse » et Gerry Boulet l’a fait il y a deux ans déjà.Quatre Saisons, 22 h.Cuervo Un film québécois un peu extravagant, avec une vielle madame qui veut retrouver sa jumelle en Amérique du sud grâce à un détective.Avec Kim Yaroshevskaya et Élisabeth Chouvalidzé.Radio-Québec, 22 h.?DIMANCHE C’est ma vie après tout Richard Dreyfuss et le droit à la mort, celui d’un artiste paralysé à la suite d’un accident et qui veut avoir la paix définitive.Quatre Saisons, 20 h.40 mètres carrés d’Allemagne Un film dur qui a fait sensation en Allemagne en 1986, l’histoire d’un im migré turc isolé à Hambourg qui en ferme sa femme à double tour lors qu’il part travailler.Radio-Québec, 22 h.— Paul Cauchon Le Devoir, vendredi 17 juillet 1992 ¦ 13 DES IDEES, DES EVENEMENTS Détruire le mythe de Meech Pierre Vadeboncoeur TRENTE ans de discussions, d’agitations, de manifestations québécoises, de dénonciations, d’études, de représentations, d’actions de toutes sortes, autour de la constitution canadienne, n’ont jamais mené finalement qu’à la constitution canadienne .La même, grosso modo, si ce n’est qu’empirée.Cette marche est une longue marche du statu quo au statu quo.Une marche d’ailleurs descendante.Comment s’articule donc ce monotone engrenage, à l’heure actuelle ?Cette paralysie résulte de l’emploi constant d’artifices et de leurres, en partie délibérés, en partie inconscients.U n de ces artifices consiste à prétendre que Meech aurait fourni une réponse valable au problème constitutionnel.Cet invraisemblable mythe, qui semble installé à demeure, monument arbitraire d’une solution fictive et invention médiatique énorme, a pour fonction d’occulter ce problème et les dimensions de ce dernier, en se présentant précisément comme une réponse plus ou moins adéquate à celui-ci, à compléter par quelques accommodements.Cette fumisterie a atteint des proportions étonnantes.En faisant, à l’instar de M.Bou-rassa et de M.Rémillard, référence à Meech, commentateurs, politicologues, journalistes, ne font qu’entretenir ce persistant simulacre.Us contribuent à accréditer l’idée que l’accord du lac Meech ne souffre pas d’un manque radical de proportion avec le problème constitutionnel du Québec et notre question nationale.Us détournent l’attention du fait que l’accord de Meech, opportunément placé sur un chemin censé nous mener quelque part, soit à la souveraineté complète, soit à une large refonte de la constitution fédérale, n’est qu’une chausse-trappe, destinée à empêcher l’une, à faire oublier l’autre.Qu’est-ce que Meech ?Qu’était l’accord du lac Meech, en effet ?A-t-on plus ou rnoips viré le Québec à l’envers pendant 30 ans simplement pour nous voir conférer un droit de veto nous garantissant .le statu quo ?Trente ans d’histoire inquiète, tumultueuse, revendicatrice et à visées libératrices ne devaient-ils aboutir également qu’au petit mot distinct, qui ne vaut guère plus qu’un voeu pieux ?Ces deux « victoires » ridicules, même agrémentées d’un article douteux sur la limitation du pouvoir fédéral de dépenser, ou d’une compétence partagée sur l’immigration, ou d’une petite arithmétique concernant la Cour suprême, qu’était-ce donc ?On voit bien que ce n’était rien.Meech, en gros, c’était le statu quo, une sorte d’inauguration nouvelle du statu quo.Or, de brandir cet accord bidon fait le fond de la politique de M.Bourassa et de sa stratégie.Cette insistance détermine pratiquement le niveau approximatif des prétentions officielles du Québec, comme on vient de le voir par la réponse du Canada anglais, qui bien sûr est revenu avec l’accord, mais en le vidant naturellement de son peu de contenu.Bourassa applaudit et parle de progrès considérable .Trois réalités que je vais relier font une sorte de dispositif de défense dont la conséquence commune est de nous figer dans une politique perdante et démissionnaire.Le fédéralisme fictif — La première de ces réalités, c’est le fédéralisme canadien lui-même, lequel, étant en vérité un système de domination d'une partie forte et impérialiste sur une partie faible et historiquement subordonnée, se révèle de plus en plus sans souplesse, incapable d’évoluer, c’est-à-dire inapte à permettre une certaine égalité relative de ses deux composantes, puisque la première, suivant la loi de domination et non selon la loi du fédéralisme, ne veut point laisser aller le moindre élément de supériorité.Le fédéralisme, au Canada, est largement un artifice, décoré du nom d’un système politique.La nullité de Meech — Le second de ces artifices, simple produit du premier, c’est Meech, le mythe de Meech.Meech, n’étant rien mais étant donné pour quelque chose, bloque tout progrès constitutionnel important.U faut dire plus, du reste : la politique de Meech, le repli constant de M.Bourassa sur Meech, empêche même la négociation d’aller jusqu’à Meech.Autrement dit, elle empêche le Canada anglais d’aller même jusqu’à rien.La stratégie de l’insignifiance — U y a un troisième artifice.C’est de l’insignifiance.Elle s’accorde avec les deux réalités ci-haut.M.Bourassa, pendant deux ans, n’a pas cessé de laisser entendre au Canada anglais que, malgré l’excitation d’après juin 1990, il continuait de ne vouloir que fort peu de choses et que, en conséquence, il suffirait de laisser couler le tempspour que le Québec, sans réel leader à la tete de l’État, finisse, lassé, désorienté, par ne plus guère comprendre le bien-fondé de sa propre lutte.Le peuple québécois comprendrait surtout son impuissance ainsi entretenue.Alors, au bout de la course et proche des échéances, comment se referait-il une force ?On voit que tout cela se tient : 1) un fédéralisme qui, en réalité, est un système de domination et par conséquent résiste aux changements, même de nature fédéraliste; 2), Meech, un accord qui, entériné, n’aurait fait que nous immobiliser dans le statu quo ; 3) une stratégie défaitiste, troisième élément de ce jeu d’échec au sens propre.Ces trois facteurs s’étayent les uns les autres.Us constituent l’armature étonnamment rigide et fermement établie d’une situation dans laquelle le Québec actuellement se trouve coincé.C’est cette triple coïncidence qui résiste.Chacun de ses trois éléments soutient le tout.Comment défaire cette imbrications ?Encerclés, comment sortir du cercle ?M.Bourassa entend nous y piéger.U semble y réussir, quoiqu’avec difficulté.Mais, je crois qu’il y a un point faible.Je pense qu’il y a une clé.Ce point faible, c’est Meech et c’est conséquemment ce qui s’appuie précairement sur lui, s’articule sur lui.Ruinez le faux crédit de Meech et alors la politique astucieuse et capitularde du gouvernement Bourassa n’a plus d’appui sur rien.U n’y a pas de substance de Meech.Meech, c’est le vide.Abolissez le mythe de Meech et alors le faux édifice de cette politique roublarde s’écroule.Le décor supprimé, la réalité reparaîtra, et les vrais enjeux : la question des pouvoirs, la volonté politique.Les Iroquoiens de Tutonaguy Une vision ethnocentrique et méprisante Gérard Gagné, Ph.D.Pierre Bibeau, M.Sc.Anthropologues JEAN-CLAUDE MARSAN, architecte et urbaniste de formation, signe depuis quelque temps dans LE DEVOIR une chronique intitulée « Voir Montréal ».Sa contribution du lundi 25 mai dernier, intitulé « Ilochelaga, capitale de la Nella Nova Francia » avait pour thème le Montréal des Amérindiens, celui d’avant l’arrivée de Jacques Cartier et des autres habitants de l’Ancien Monde.Si l’intention est louable, le produit èèt malheureusement tout autre.U est en ef-lët étonnant et tout à fait dommage de voir un universitaire de réputation mondiale comme M.Marsan traiter d’un sujet qu’il maîtrise si mal, avec comme résultat de telles imprécisions et inexactitudes concernant les cultures autochtones.Étonnant d’abord par le vocabulaire souvent méprisant utilisé pour décrire la culture iroquoienne (1), puis par le manque de connaissances des recherches archéologiques effectuées au Québec et ep Ontario au cours des 20 dernières années qui ont enrichi la connaissance des Amérindiens et, en particulier, des Iroquoiens qui Vivaient le long du Saint-Laurent.Nous n’abordons que quelques aspects erronés de l’article en question.Tout d’abord, le véritable nom du village visité en 1535 par Cartier est Tutonaguy.Cartier ayant à ce moment attribué à tort au village le nom d’IIoehelaga qui désignait plutôt le territoire.Les estimés de population font référence à quelques 1500 à 2000 individus plutôt qu’aux 3000 avancés.Au point de vue technologique, M.Marsan refoule les Hochela-guéens à l’âge du cuivre et à une horticulture primitive et rudimentaire.La référence à l’âge du cuivre est, premièrement, tout à fait 1 Les chefs indiens concluent un pacte d’alliance avec Jacques Cartier.Gravure sur bois, coloriée à la main, publiée dans Ses et glorieuses découvertes des ; navigateurs et explorateurs français, Paris, 1921.inappropriée puisque les Iroquoiens utilisaient peu ou pas le cuivre natif.Cette appellation est plutôt employée à l’extérieur de notre continent pour désigner une période de développement qui ne correspond pas à l’évolution culturelle et technologique retrouvée en Amérique.D’autre part, en examinant les techniques et surtout les résultats de l’exploitation agricole des colons du XVIIe siècle en Nouvelle-France, il est à se demander qui des colons ou des Iroquoiens étaient le plus désavantagés.D’après l’historienne Louise Dechêne, les revenus tirés des terres cultivées par les colons rapportaient un salaire moindre que celui d’un manoeuvre pour une semaine de travail.Toujours selon cette auteure, les techniques utilisées par les colons les forçaient à travailler pendant 10 ans avant d’obtenir une dizaine d’arpents en labours, soit le minimum pour nourrir une famille.A ce niveau, les champs cultivés par les Iroquoiens avec leurs « moyens primitifs » permettaient de nourrir un village de 2000 âmes et plus, pour une période de 10 à 15 ans.De plus, les analyses ostéologiques de populations iroquoiennes laissent croire que celles-ci étaient beaucoup moins sujettes aux stress alimentaires et aux famines que ne l’étaient les populations européennes du Moyen-Âge.L’hypothèse d’un peuplement de la vallée du Saint-Laurent par des groupes de la région des Grands Lacs au cours du XVe siècle est aujourd’hui désuète.U y a plus de 40 ans que les recherches archéologiques ont démontré un développement in situ de la plupart des groupes iroquoiens dont les Iroquoiens du Saint-Laurent.Leur origine remonte sûrement à 2000 ans et, selon certains chercheurs, peut-être même à 5000 ans.L’idée d’une « race huronne-iroquoise » est également fausse.U ne s’agit tout d’abord pas d’une race mais de nations appartenant à une famille linguistique iroquoienne plus vaste.Cette appellation semble remonter au temps où, pour les historiens, seuls les llu-rons et les Iroquois avaient une importance pour l’histoire de la Nouvelle-France.Contrairement à ce que mentionne M.Marsan, la bourgade d’Ilochelaga-Tuto-naguy n’a jamais été découverte archéologiquement.L’auteur fait sans aucun doute plutôt référence au site Dawson en situant le village dans un espace compris entre les rues Metcalfe, Sherbrooke, Université et le boulevard de Maisonneuve.Le site Dawson fut localisé sur le terrain de l’Université McGill au siècle dernier par J.W.Dawson, alors Principal de cette institution.Pourtant, une analyse détaillée des vestiges de ce site a été publiée en 1972 par MM J.Pendergast et B.Trigger qui ont clairement démontré que le site Dawson n’était d’aucune façon le village visité par Cartier.U en va d’ailleurs de même pour le village de Stadaconé (Québec) qui, jusqu’à ce jour, n’a reçu aucune confirmation archéologique quant à la localisation.Plus important que les erreurs factuelles, la vision que M.Marsan possède de l’univers amérindien est ethnocentrique et méprisante.L’Amérindien d’avant Cartier se voit réduit à un simple ventre sur deux pattes priant les éléments et les dieux pour sa survie.Les recherches archéologiques et ethnohistoriques démontrent au contraire l’ingéniosité et les remarquables facultés d’adaptation des groupes leur permettant de développer les échanges commerciaux et culturels, les loisirs, la vie communautaire, l’art et le monde spirituel.U serait temps que certains historiens cessent de considérer les Autochtones et, jusqu’à un certain point, les archéologues comme de simples faire-valoir de leurs idées préconçues car, à force de trop vouloir parler de n’importe quoi, on risque de dire n’importe quoi.Au moment où les revendications canadiennes, québécoises et autochtones battent le pas, une meilleure compréhension d’autrui pourrait élever le discours.(1) L’appellation iroquoienne fait référence à une famille linguistique comprenant plusieurs groupes dont les Sénécas, Onéidas, Onondagas, Neutres, 1 lurons, Pétuns, etc.^’Hôtel-Dieu, bouc émissaire et panacée Les pouvoirs contre le sens commun Victor Lambert Architecte et urbaniste LES DOCUMENTS d’information sur l’avenir de l’Uôtel-Dieu de Montréal, mis à notre disposition à Accès-Montréal, révèlent deux projets hospitaliers qui impressionnent par leur réalisme, leur cohésion et leur identité propre.Ces projets, à mon avis, d’une solide connaissance de la réalité par la juste perception des besoins de la population en matière d’hospitalisation; ils apportent une réponse cohérente à ces besoins et, tout en s’inspirant de l’esprit qui anime l’Hôtel-Dieu depuis sa fondation, ils se caractérisent par la différenciation des fonctions qu’ils comprennent.Projets magnifiques chacun en leur genre, car ils s’inscrivent tous deux dans le droit fil de l’histoire de cette noble institution.À cet effet, une visite attentive au Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal nous instruit beaucoup en peu de temps, entre autres sur la mission première de i'Hôtel-Dieu, sa croissance dans le milieu urbain, son rayonnement et son renouveau.La mission première est simple et sans détour : prendre soin des pauvres et des malades.C’est ce que les Hospitalières ont fait et font encore avec courage, persévérance et amour après plus de 333 ans d’existence et c’est ça l’esprit de l’Ilôtel-Dieu.Les Hospitalières se sont toujours insérées dans un milieu humain.Dans le cas présent, c’est à Ville-Marie d’abord, devenue Montréal par la suite, afin d’être plus près de sa population et la mieux servir.L’augmentation rapide de la population, l’urbanisation et l’industrialisation entraînent, au milieu du siècle dernier, leur relocalisation à l’emplacement actuel de l’Hôtel-Dieu devenu, quelque temps auparavant, hôpital universitaire.Après 186 ans d’enracinement, les Hospitalières abordent une nouvelle phase de leur évolution : elles essaimeront.Aujourd’hui, on compte quelque 60 maisons ayant tiré leur origine de l’IIôtel-Dieu de Montréal.Le rayonnement de l’oeuvre se continue maintenant en responsabilité partagée avec le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) dans le contexte de la mission renouvelée de l’Hôtel-Dieu.Quant aux Hospitalières de la Maison mère, leur mission demeure la même qu’à l’origine, tout en diversifiant leurs activités pour s’adapter mieux à la société contemporaine.Par exemple, à la mission première se greffent les soins aux personnes défavorisées, aux affamés, aux victimes du sida, aux cancéreux, aux alcooliques, aux femmes en difficulté et aux personnes handicapées.C’est là que la différenciation des fonctions de l’Hôtel-Dieu prend toute sa force et se manifeste par les deux projets hospitaliers qui sont respectivement la construction d'un Hôtel-Dieu hi-tech à Rivière-des-Prairies et la rénovation de l’Hôtel-Dieu de Montréal dans le sens de la mission des Hospitalières.Voilà, en résumé, ce qui me semble avoir été le cheminement de l’Hôtel-Dieu de Montréal depuis sa fondation.Le renouveau de l’institution s’impose donc afin qu’elle s’adapte aux conditions contemporaines et qu’elle continue selon sa compétence à améliorer la qualité de vie de la collectivité montréalaise et à rayonner dans le monde.La consultation publique, qui s’est tenue récemment sur l’avenir de l’Hôtel-Dieu de Montréal, a fait voir une forte opposition à l’un de ces projets, soit celui de la construction de l’Hotel-Dieu hi-tech h Rivière-des-Prairies.De ce fait, et en ces temps de grande morosité de toute nature, l’institution qu’est l’Hôtel-Dieu de Montréal semble être devenue le bouc émissaire de tous les maux que vit Montréal présentement, ceux de son centre-ville en particulier.Cette opposition, formée surtout de divers pouvoirs : pouvoir scientifique, pouvoir académique, pouvoir médical, pouvoir syndical, pouvoir politique, pouvoir patrimonial, cette opposition, dis-je, qui s’est exprimée largement devant les caméras de télévision ne semble être motivée que par un sentiment : la peur.La peur surtout de changer des habitudes de fonctionnement, la peur d’inno- ver, la peur de risquer dans le sens de l’amélioration de la qualité de vie des malades et des miséreux.À bien entendre les arguments de ces pouvoirs, il est à croire que si l’Hôtel-Dieu de Montréal était recyclé et rénové au même endroit selon leurs normes et leurs désirs, cette opération chasserait à coup sûr les inquiétudes profondes de la communauté médico-scientifique et académique de Montréal parce que « la concentration exceptionnelle des institutions en plein coeur du site du patrimoine du Mont-Royal » serait sauvegardée et « les pôles d’activités opérant en synergie » continueraient de se renforcer.Elle réglerait en même temps tous les problèmes — économiques surtout — du centre-ville, ceux de l'urbanisation de la ville de Montréal et elle conserverait un patrimoine architectural si cher aux Montréalais.À les bien entendre, ces pouvoirs, l’Hôtel-Dieu de Montréal serait donc converti de bouc émissaire en panacée.Mais alors, les malades eux ?Riches ou pauvres ?Quelle place occupent-ils dans ce débat ?Je crains fort qu’ils ne soient devenus la partie négligée de toute cette opération.La mise aux normes des bâtiments existants de l'Hôtel-Dieu de Montréal, selon le projet de ces pouvoirs, loin oè préserver les bâtiments plus anciens de la zone sud du site (Olier, Vimont et Marie^Morin), engendre- Le nouveau fléau de la rectitude militante Roch Côté LJ Amérique est envahie d’une nouvelle forme de puritanisme intellectuel et politique qui porte le nom de « correctness » et qu’on peut traduire par le mot de rectitude.II nous est enjoint de pratiquer un moralisme politique strict et de pourchasser les formes les plus sournoises de la dicrimination et de la domination, jusque dans le vocabulaire : ainsi, les infirmes, qu’on avait élevés au rang de handicapés, ont enregistré de nouveaux progrès en devenant des « persons differently able ».Voilà comment le mal (ici l’infirmité) disparaît, gommé par l’effet d’un vocabulaire qui rétablit le bien là où l’oeil humain voyait mal La politique, les arts, l’alimentation sont repensés dans les termes du nouvel ordre moral et tout un vocabulaire de substitution traduit cette conversion.L’esprit de « correctness » s’est répandu sur les campus américains et a envahi, ici même, les groupes qui militent pour les droits des minorités, des homosexuels, des femmes, des autochtones, etc.C’est cet esprit-là, semble-t-il, qui a dominé ou du moins a transpercé cette semaine au congrès sur la violence qui s’est tenu à Montréal Je ne prétends pas ici rendre justice aux 800 communications qui s’y sont faites.Je m’en tiens à l’écho qu’on en a eu dans les médias et qui correspond, malgré ses défauts, à ce que le public en retient.Cet écho m'indique qu’une fois de plus, le mot de violence est employé abusivement pour décrire toute situation de conflit, de compétition et d’affrontement entre les personnes.Il va de soi, ensuite, que le violence règne partout et qu’il y faudra encore de nombreux congrès, ne serait-ce que pour promouvoir « un mourir sans violence en milieu de santé ».On apprend aussi que la violence est acquise, apprise, culturelle.La violence n’est pas inscrite dans les gènes.pas plus sans doute que la tendresse ou la solitude.De là à penser qu’on pourra « rectifier » la nature humaine.Des groupes militants emploient déjà l’expression de « tolérance zéro ».L’être humain « correct » sera débarrassé de la violence.C’est là qu’il faut devenir vigilant.La démangeaison d’imposer le bien, le rassemblement pour le règne de la rectitude, la recherche de « l’homme nouveau » ont toujours été à l’origine des vagues d’intolérance et, à l’extrême limite, des folies meurtrières collectives.La violence, c’est le maL Et le mal existe en nous, à l’état plus ou moins latent, sous toutes sortes de formes dont celle de la violence.Pour éviter le pire, il vaut mieux ne jamais prendre les être humains pour des anges.II faut prendre le mal en compte, le connaître, s’y intéresser, miser sur sa présence pour pouvoir l’endiguer, le contrôler efficacement, le garder dans des bornes.Par exemple, pour n’avoir jamais su comprendre la guerre, pour avoir cru extirper le mal en prêchant le bien, le pacifisme n’a jamais pu l’empêcher.L’échec du pacifisme, c’est celui de toutes les rectitudes militantes.Je ne fais que m’inspirer ici librement, de réflexions puisées chez des auteurs comme René Girard, André Glucksmann, Jean-Claude Chesnais, dont les travaux sur la violence ont marqué le dernier quart de siècle.Curieusement, leurs réflexions n’ont pas l’air de trouver écho dans un grand congrès sur la violence.rait un processus d’usure plus rapide encore* en raison d’un haut régime de fréquentation* les bâtiments anciens, comme les personne» âgées, ne peuvent fonctionner que selon leiti£ capacité et le danger dans ce projet seraif; de les charger plus qu’il ne faut.Les autre» pavillons (Le Royer, De Bullion et Jeanne-’ Mance) situés dans la zone centre, quoique* d’une nature plus jeune, plus costaude et! mieux adaptée, subiraient éventuellement^ un sort semblable, car les espaces ouvert* au niveau du sol déjà restreints et très con-' gestionnés, le seraient encore davantage à> moins que leur utilisation ne soit règlement tée que sur une base de priorités ou de privilèges comme c’est peut-être le cas present tement.Le seul pavillon neuf serait celui dq.Centre de recherche, dont la construction^ est rêvée par les mêmes pouvoirs sur le terij rain vacant de la zone nord.Tout serait donc bien, selon l’orthodoxie prêchée : plus d’efn ficacité, plus de synergie, plus d’avancement?et plus de résultats éventuels dans le soin des spécimens ou bénéficiaires, c’est-à-direÜ les malades.Vraiment, il n’y a pas de quoi se réjouir.II est temps que les pouvoirs cèdent-le pas au gros bon sens.L équipe du DEVOIR LA REDACTION Journalistes : A l'Information générale : Jean Chartier, Yves d'Avignon, Jean-Denis Lamoureux, Louis-G.L'Heureux, Bernard Morrier, Laurent Soumis; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l'information culturelle : Michel Bélair (directeur), Paule des Rivières.Marie Laurier, Robert Lévesque.Nathalie Petrowski, Odile Tremblay (Le Plaisir des livres); è l'Information économique: Robert Dutrisac, Catherine Leconte.Jean-Pierre Legault, Serge Trutfaut, Claude Turcotte; h l'Information politique : Josée Boileau.Pierre O'Neill (partis politiques).Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste A Québec).Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec), Chantal Hébert (correspondante parlementaire A Ottawa), Jocelyn Coulon (politique Internationale), François Brousseau (éditorialiste politique internationale et responsable de la page Idées et événements), aux affaires sociales : Paul Cauchon (questions sociales), Caroline Montpetit (enseignement primaire et secondaire), Isabelle Paré (enseignement supérieur), Louls-G.Francoeur (environnement), Sylvain Blanchard (relations de travail), Clément Trudel (affaires juridiques), Suzanne Marchand (adjointe A la direction), Marie-Josée Hudon, Jean Sébastien (commis), Danielle Cantara, Thérèse Champagne, Monique Isabelle.Christiane Vaillant (clavistes), Marie-Hélène Alario (secrétaire A la rédaction), Isabelle Baril (secrétaire A In direction) LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur)-, Manon Scott.Sylvie Scott, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ Lise Millette (directrice),Jacqueline Avril, Francine Gingras, Johanne Guibeau, Lucie Lacroix, Chris- liane Legault.Lise Major (publicitaires)-, Marie-France Turgeon, Micheline Turgeon (maquettistes): Johanne Brunet (secrétaire).L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordonnatrice des services comptables): Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Marie-France Légaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, Linda Thériault (secrétaire A l'administration), Raymonde Quay (responsable du financement privé).LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE Christlanne Benjamin (directrice).Monique Corbetl (adjointe), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Olivier Zuida, Rachel Leclerc-Venne, Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements), Louise Paquette LES ANNONCES CLASSÉES ET LES AVIS PUBLICS Yves Williams (superviseur), Françoise Blanc, Manon Blanchette, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Françoise Coulombe, France Grenier, Josée Lapointe, Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland.LE DEVOIR esl publié par l'Imprimerie Populaire Limitée, société à responsabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 211, rue du Seint-Secrement, Montréal H2Y 1X1.Il est composé et imprimé par Imprimerie Dumont.7743, rue Bourdeau, une division de Imprlmeries^QuebecorJnc^, 612 ouest rue Saint-ï Près Jacques.Montréal L'Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les Informations publiées dans LE DEVOIR.LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., située au 775, boul.Lebeau, St-Laurent.Envoi de publication - Enregistrement no 0858.Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec Téléphone général (514) 844-3361 ; Abonnements (514) 844-5738.LE DEVOIR (USPS = 003708) is published daily by L'Imprimerie Populaire, Limitée.211.rue du St-Sacrement, Montréal, Québec H2Y 1X1.Subscription rate per year is $439.00 USD.Second Class Postage paid at Champlain.N Y US POSTMASTER : send address changes to : Insa, P.Q.Box 1518, Champlain.N.Y.12919-1518. 14 ¦ Le Devoir, vendredi 17 juillet 1992 ÉDITORIAL Le temps de la clarté De Yellowknife à Toronto, on ne décolère pas contre le Québec depuis quelques jours.Courroux d’un nouveau genre, plutôt que reflux de la vieille hostilité fondatrice du Canada.C’est la rage toute simple qu’on éprouve lorsqu’on se sent filouté.Elle se cristallise autour d’une personne, celle du premier ministre du Québec.De partout, on accuse M.Bourassa d’avoir tenu un double langage, d’avoir induit ses interlocuteurs des autres provinces en erreur en laissant entendre qu’il y avait « moyen de moyenner » avec lui pour qu’il achète le Sénat triple E, d’avoir littéralement accompagné l’accord du Canada anglais jusqu’à sa conclusion, pour le laisser tomber le lendemain.Encore le mal canadien, en deux volets.D’un côté, des leaders politiques qui sont incapables d’interpréter le Québec par eux-mêmes, qui ont l’aveuglement ou la paresse de prendre Robert Bourassa pour le Québec comme ils le faisaient hier avec Pierre Elliot Trudeau, et qui ainsi ne cessent de marginaliser le message québécois qu’ils devraient écouter.De l’autre, un leader québécois qui ne leur dit pas toute la vérité, tout ce qu’il sait du Québec, et qui promet la pax canadiana sans pouvoir la livrer.Pierre Trudeau le faisait en matamore, Robert Bourassa le fait en fin-finaud.Et chaque fois que le Canada anglais voit le terme arriver, qu’il croit un règlement en vue, la réaction du Québec le renverse.Dans tout ce gâchis, une chose paraît assez claire.C’est la tactique du gouvernement du Québec qui a fait échouer sa grande stratégie, celle d’exiger des « offres » du Canada anglais à défaut de quoi la province s’engageait sur la voie de la souveraineté.Après avoir signé ce grand plan, M.Bourassa s’est acharné à le défaire petit à petit, à le détricoter au jour le jour.D’abord en assurant ses vis-à-vis que la menace n’était pas sérieuse, qu’il ne se résoudrait jamais à mettre le Québec sur la voie de la souveraineté.Et surtout en leur laissant entendre, deviner, supputer que des offres inacceptables à leur face même pourraient devenir acceptables.Aujourd’hui, il se retrouve devant un trou noir.Il n’a rien gagné, il a même perdu du terrain, et il a indisposé ses partenaires à un point tel qu’on finit, même au Québec, par éprouver de la sympathie à leur égard.On comprend d’instinct leur frustration.Sur la table, à cause des jeux québécois de coulisses qui accréditaient un recul, le Canada n’a même pas jugé utile de poser à nouveau, dans leur intégrité, les acquis de l’accord du lac Meech.Et les quelques « ajustements » qu’on évoque pour y arriver, à Québec comme à Ottawa, sont en réalité des morceaux majeurs.Le droit de veto sur les changements aux institutions est revenu, mais conditionnel à l’acceptation d’une catastrophique réforme du Sénat.Il est aussi incomplet, car le Québec n’aurait plus droit de regard sur la création de nouvelles provinces.La clause dite de « société distincte » est loin d’être celle de 1987, et même le bricolage dont on discute ces jours-ci — autre leurre que lance le Québec — n’en sera pas l’équi- M.Bourassa n 'a pas de mandat pour mettre le Québec en danger valent.Avec ce Meech-moins, le Canada offre une parodie de décentralisation des pouvoirs, et une réforme des institutions qui neutraliserait l’influence québécoise au sein du gouvernement fédéral, et réduirait à terme le rôle de l’État québécois à celui d’un État américain, législature de troisième classe pour une grosse région.Le refus a été retentissant, quasiment unanime, et est venu de partout.De sénateurs et ministres fédéraux, des rangs du Parti libéral du Québec, de constitutionnalistes, d’analystes, de gens d’affaires, de citoyens à travers les premiers sondages.Ce faisant, les carences du leadership du premier ministre du Québec ont pris un relief marqué, et sa conférence de presse du surlendemain de l’accord, toute en guimauve, n’a réussi qu’à miner encore son autorité.Réalise-t-on que même le quotidien The Gazette, qui ne fourmille pourtant pas de séparatistes, a réfute mieux que M.Bourassa la proposition de Sénat triple E ?Ce retentissant échec tactique du premier ministre ne signifie pas qu’il aurait dû se présenter à la table de négocia- tions, comme tant de voix le prétendent aujourd’hui au Canada.Il rappelle simplement ceci : la seule fois ou M.Bourassa a obtenu des résultats, c’est quand il a parlé clair.Un moment unique, en juin 1990, où il a affirmé la volonté et la liberté du Québec, sur un ton dont on croit aujourd’hui qu’on l’a rêvé.Demandons-nous maintenant si le Canada en serait où il en est, engoncé dans un accord absurde et explosif, si le Québec avait conservé ce ton et régulièrement rappelé, publiquement, ses positions aussi historiques qu’actuelles.Des positions que le pays décode et découvre aujourd’hui en murmures à peine audibles d’un premier ministre que même ses administrés ne saisissent pas en français.Les négociateurs québécois n’avaient pas à se présenter à table pour donner des messages utiles, et éviter le pire à défaut de pouvoir obtenir le meilleur.Us pouvaient parler de la capitale québécoise, et ils auraient été mieux compris que dans les chuchotements téléphoniques dont les autres provinces ont dû, pendant des mois, faire l’énervante exégèse contradictoire.Se résoudre à la clarté, c’est douloureux pour M.Bourassa, mais c’est désormais indispensable.Il a contribué à effriter encore plus le pays qu’il prétend sauver, et l’impasse risque même d’avoir raison du seul gouvernement fédéral, celui de M.Mulroney, qui ait sérieusement tenté d’amener le Canada anglais à répondre aux exigences québécoises, de mémoire des générations présentes.Personne ne tolérera d’autres petits jeux de chaud-froid, d’autres minauderies qu’il devra retirer le lendemain.Ou il met le grand plan en oeuvre, référendum à la clé, ou il y renonce et risque de faire régresser le Québec avec cette proposition canadienne, qui peut être améliorée à la marge seulement.Pour cela, qui le tente visiblement puisqu’il craint par-dessus tout la rupture, il n’a toutefois pas de mandat.Il n’a pas récupéré les accords de 1987, et ne peut retourner à la table fédérale-provinciale.Il n’a aucune autorité pour vendre la boutique, ou même pour la mettre en danger.S’il veut un tel mandat, s’il croit qu’il peut convaincre les Québécois de sa capacité de renverser la machine en marche, il ne lui reste qu’à le leur demander, par des moyens aussi clairs que démocratiques.LISE BISSONNETTE LETTRES AQ DEVOIR Un petit coup dfaudace J’AI APPRÉCIÉ l’esprit de synthèse de Mme Bissonnette dans son « bref » éditorial du 9 juillet.Je crois que ce petit coup d’audace suscitera pas mal de commentaires et il faut s’en réjouir.Il faut se réjouir entre autres de ce petit souffle de liberté journalistique dans un journal comme LE DEVOIR.Espérons que ce genre de surprise se renouvelle.Merci, Mme Bissonnette.Vous savez provoquer quand vous le voulez.N’hésitez pas et que vos collègues se « laissent aller » de temps en temps ! Raymond Landry Québec, 9 juillet 1992 Ne pas confondre JE DÉSIRE apporter une correction à votre article à propos de la collection Lavalin et intitulé : « La ministre a fait le bon choix : fallait-il renier une aventure d’un quart de siècle?» (LE DEVOIR, 11 juillet 1992).Je vous cite : « Il est vrai que ses expositions (celles de Lavalin), et sa participation à « Images du futur » reflétaient mieux que sa collection une certaine partie de l’avant-garde, qu’est la vidéo et l’installation».L’exposition « Images du futur », qui a lieu dans le Vieux-Port, n’a rien à voir avec Lavalin.Celle-ci est organisée par la Cité des Arts et des Nouvelles Technologies de Montréal.Sans doute, comme plusieurs, avez-vous confondu « Images du futur », une exposition internationale sur les nouvelles technologies dans le domaine des arts et des communications, et Expotec, exposition pilotée par Lavalin.Ginette Major co-présidente, La Cité des Arts et des Nouvelles Technologies de Montréal Montréal, 15 juillet 1992 Biod’hommes LES FÉDÉRALISTES devraient confier à Pierre Bourque le soin de concevoir un Canada où pourraient coexister pacifiquement des espèces aussi différentes que celles qu’il a réussi à concentrer dans le Biodôme de MontréaL Dans un immense Biod'hommes canadien, il pourrait fabriquer des climats culturels différents pour accommoder sous un même I toit constitutionnel : — des Anglais loyalistes qui refusent d-’abandonner la monarchie britannique afin d’éviter d’être réduits à un simple statut de citoyen canadien; — des Amérindiens qui réclament les terres ancestrales pour continuer d’y vivre comme si la planète ne contenait que deux milliards d’individus; — des Québécois qui veulent maintenir et développer une culture issue d’un héritage français dans un sol en glaise qui n’est pas assez perméable; — des Néo-Canadiens qui aspirent à se tailler une place dans un continent où près de 99 % sont des anglophones.Si M.Bourque ne réussissait pas mieux que nos politiciens, U faudrait alors faire comprendre à nos voisins du Sud que les desseins séparatistes des Québécois répondent bien plus à un besoin d’obtenir à leur tour une Déclaration d'indépendance qu’à un désir de répéter une guerre de sécession.Gaston Gravel MontréaL 10 juillet 1992 Le droit de remariage JE NE PUIS qu’applaudir aux vues exprimées par Jacques Duplessis (LE DEVOIR, 25 juin 1992), sous le titre : Questions sur le divorce.Ce n’est pas seulement l’Église, c’est l’humanité entière, en un sens, qui a accepté la loi de la monogamie au prix d’un long apprentissage et progrès de la conscience.Rares sont aujourd’hui les peuples polygames.L’éclatement des foyers est, en effet pour un peuple, la fin de sa survie et donc de son avenir.Il reste un point discutable cependant concernant la sagesse de la position évangélique, qui est l’application du principe : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » Pour être bref, je dirai que ce précepte, comme tous les autres, doit être régi par le principe de l’amour-charité, qui commande toute la loi divine.Le principe négatif : « Que l’homme ne sépare pas.», n’est pas un absolu : il joue dans les limites de l’amour que les humains doivent avoir entre eux, — non pas un amour chameL mais un amour qui est respect des droits de l’autre et du plus grand bien de l’autre.Et l’autre ici inclus n’est pas seulement le partenaire conjugal : c’est aussi les enfants, qui ont droit à un foyer stable, qu’ils ne soient pas tentés de fuir par le suicide ou le déséquilibre mental.C’est dans ce sens qu’un progrès se fait et doit se continuer.Pourquoi garder uni de force, un couple sans enfants, dont il est évident que jamais les relations ne seront heureuses ?Un couple dont l’une des parties, mutilée par accident ou autrement, ne pourra jamais accomplir l’acte conjugal, si la partie mutilée y consent ?PourquoL de même, refuser le droit du remariage à la partie trompée, quand il n’y a plus d’espoir de réconciliation, et pourquoi alors punir la partie innocente seulement, quand l’autre partie a déjà obtenu ou obtiendra facilement un mariage civil ?Pourquoi forcer une épouse à élever seule ses enfants, quand il est prouvé que le mari est alcoolique dangereux ou incestueux et qu’elle pourrait trouver ailleurs un meilleur protecteur pour ses enfants ?En tout cela, il ne s’agit pas de fausser le principe évangélique, mais de lui donner toute son extension véritable.Dieu ne veut LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice : USE BISSONNETTE Rédacteur en chef et directeur de I information Bernard Descôteaux Directeur délégué à l'administration André Leclerc Rédacteur en chef adjoint Jean Francoeur Directeurs adjoints de l'information Pierre Cayouette, Roch Côté Guy Deshaies Directeur des publications spéciales Pierre Beaulieu FAIS CE QUE DOIS pas empêcher les humains d’être heureux, mais plutôt leur indiquer les voies selon lesquelles ils pourront l’être, autant que « des humains peuvent l’être », comme disait Aristote.Edmond Robillard, o.p.MontréaL 25 juin 1992 Cfn pas vite franchi LES ASSISTÉS sociaux se voient encore brimés.Non seulement notre gouvernement provincial se montre incapable de gérer le Québec de façon à ce que chacun puisse y trouver du travail et se réaliser mais, en plus, il écrase les plus démunis et fait payer la facture de son inertie économique aux plus défavorisés.Je crois sincèrement que les favorisés que nous sommes, ceux qui ont la chance d’avoir un emploL que nous devons appuyer les assistés sociaux dans leurs revendications.Après tout, qu’est-ce qui est plus près d’un chômeur qu’un travailleur.Par les temps qui courent, tous les travailleurs, tels que nous sommes, peuvent facilement se retrouver sans emploi du jour au lendemain.Et, les prestations d’assurance chômage ne durent qu’un an, vous savez, c’est très vite passé.Après les premières six semaines, durant lesquelles on se sent en vacances, viennent le stress et l’angoisse de devoir se chercher un nouvel emploi et de ne pas en trouver.Le malaise de l’inactivité s’installe et, en moins de six mois, vous vous sentez inutile, vous voyez arriver, avec une grande appréhension, le jour où vous devrez vous présenter au bureau d’aide sociale où un fonctionnaire condescendant vous traitera comme rien de plus que l’un des milliers d’inactifs qui lui fournissent un job.Il y a près d’un an déjà que ces gens demandent à rencontrer le premier ministre.Le moins que M.Bourassa puisse faire serait d’accepter de les voir.François Landry Val d’Or, 17 juin 1992 L’obligation alimentaire EN MAI dernier, le juge Ginette Piché rendait un jugement condamnant le père d’une personne handicapée intellectuelle à payer à cette dernière une pension alimentaire de 175$ par semaine.Outre le fait que les aliments étaient accordés à un homme de 35 ans, rappelant ainsi jusqu’où peut aller l’obligation alimentaire entre parents en ligne directe, le juge déclare que : « Une personne handicapée mentalement a droit à la même qualité de vie qu’une personne ayant toutes ses facultés.Tous les hommes ont les mêmes droits et c’est manquer d’humanisme que de penser le contraire.Il est d’ailleurs de la responsabilité de ceux qui ont eu la chance de naître en pleine possession de leurs facultés d’aider ceux qui n’ont pas eu cette chance.» Au-delà des efforts d’apprentissage dont doivent faire preuve les personnes handicapées intellectuelles pour devenir le plus autonomes possible, ces personnes doivent composer avec un environnement social rébarbatif.Ce jugement favorise le développement d’une conscience sociale qui, à son tour, favorisera l’intégration de ces personnes.Sébastien Bédard Montréal, 6 juillet 1992 ÇA \A CLARVÇ?Jean O’Neil Les îles de Sorel, de Vivaldi à Stradivarius Ü N JOUR que je voulais visiter les îles de Sorel, mon épouse m’a joué un vilain tour et ne m’a pas avoué qu’elle avait déjà fait l’itinéraire.Nous voici donc partis et elle voyage en silence, faisant semblant de partager mon émerveillement qui, pour elle, était un peu émoussé.J’avais travaillé avec Michel Lord, chasseur assidu, qui fréquentait les marais avec son Labrador et qui m’avait souvent parlé du chenal du Moine.J’avais travaillé avec le journaliste Jean-Yvon Houle, qui s’ennuyait souvent de Sorel et qui nous y emmena une couple de fois pour manger de la gibelotte.La gibelotte est un horrible mélange de légumes en conserve servis avec des filets frits de perchaudes, des tranches d’oignons crus grandes comme ça et des tartines de pains abondamment beurrées.Une horreur délicieuse et combien revigorante.Il y a une trentaine d’années, les grands de Montréal qui avaient trop fêté se faisaient conduire à Sorel aux petites heures du matin pour manger de la gibelotte et dépomper un tant soit peu.Je pense surtout aux filets de perchaude, plus doux que des biscuits.Et à l’eau qui coulait au bord de la porte parmi les roseaux et sous les saules.Quand je voulus aller y voir de plus près, l’embarcation de promenade qui emmenait les touristes dans ce dédale de chenaux était dirigée par un capitaine à l’humour très populaire, sans jamais être grossier.— L’îlot que vous voyez là-bas a été créé de toutes pièces par le dragage du lac Saint-Pierre pour le passage des grands navires.Personne ne va jamais là, sauf pour un bronzage absolument intégral.Llle du Moine, que nous côtoyons maintenant, était une pâture commune pour les cultivateurs de la région.Ils allaient porter leurs bêtes au printemps, ne s’en occupaient plus de tout l’été et allaient les rechercher à l’automne.Il est arrivé un drame la semaine dernière.Après la grande averse de deux jours, il y a eu un grand soleil de deux jours aussi.La laine des agneaux a foulé et ils sont morts étouffés.Llle du Moine est toute rouge de la salicaire qui fleurit sur ses berges et ça sent déjà le miel un peu âcre que les abeilles en tirent.— Les canards noirs que vous voyez au bord sont des canards aveugles.C’est pour ça qu’ils se promènent avec des canes blanches.Puis, l’embarcation s’engagea dans un chenal encore plus étroit, toujours parmi des roseaux et sous des saules.C’est ici que venait passer l’été Germaine Guèvremont, qui écrivit Le Survenant et Marie-Didace, deux livres qui sont devenus des téléromans, des chefs-d’oeuvres du genre avec le gros père Didace, son Acayenne, son lourdaud de fils Amable, sa bru Phonsine et, enfin, cette charmante Marie-Didace.Sans parler du Survenant lui-même et d’Angélina qui s’en mourait d’amour.Ly ENTRÉE et la sortie du téléroman se faisaient sur le deuxième mouvement du concerto en ré majeur d’Antonio Vivaldi, le larghetto, et je l’entends encore avec la caméra qui se promenait parmi les roseaux et sous les saules où nous sommes aujourd’hui.Je l’entendais encore tandis que l’embarcation se faufilait dans les chenaux, des chenaux plutôt vaseux créés par trois rivières qui drainent une partie du continent vers le Saint-Laurent et qui ne ménagent pas les alluvions : le Richelieu, la Saint-François et la Yamaska qui se rencontrent presque à l’embouchure du lac Saint-Pierre et qui, sur une carte, ressemblent à un système cardiovasculaire.C’en est un.Au retour, nous arrêtâmes à l'église de Sainte-Anne-de-Sorel pour voir le chemin de croix du peintre Marc-Aurèle De Foy Suzor-Côté.L’église était fermée comme le sont désormais toutes les églises, mais le curé était au presbytère et nous fit visiter.Ensuite ce fut le quai et la traversée vers Saint-Ignace, avec une bonne pensée pour les Hell’s Angels qui s’envoyaient au fond, une balle dans la tête et un bloc de ciment aux pieds.Un spectacle extraordinaire nous attendait à llle Dupas.Des millions d’oiseaux que nous n’avions jamais vus et qui virevoltaient autour de nous.Des hirondelles de rivage qui vivent des insectes becquetés au-dessus de l’eau et qui nidifient dans de profonds terriers qu’elles creusent dans le sable des falaises.Roman-fleuve Elles voletaient partout comme ça parmi des pêcheurs de brochets en grandes bottes, les pêcheurs, qui pataugeaient comme des hérons solitaires dans les hautes herbes.De l’autre côté, ce fut Berthier avec son église qui constitue un des joyaux du patrimoine québécois.Bien sûr, elle était fermée elle aussi mais, à cause d’un sens unique, nous dûmes prendre la rue qui la longe de côté et nous vîmes une porte entrouverte, la porte de la sacristie.On ne fit ni un ni deux, on entra et on gagna l'église comme le prêtre, en contournant le maître-autel.MAJESTÉ de l’église ! Quel témoignage de l’art de nos ancêtres quand il s’agissait de cintrer le bois pour lui faire épouser les voûtes ! Or le sacristain passait la balayeuse dans l’église et, en nous voyant, il interrompit brusquement son travail pour nous demander : — Qu’est-ce que vous faites ici ?— Nous voulions voir l'église et vous avez laissé la porte de la sacristie entrouverte alors nous en avons profité.— Vous n’avez pas d’affaire ici.— C’est ici que se donne une partie du Festival de musique de Lanaudière ?— Oui ! D’ailleurs, à chaque fois, nous avons une peur bleue.S’il fallait qu’un imbécile fume en cachette et jette son mégot entre les lattes du plancher, l’église flamberait comme un paquet d’alumettes.— Mais vous tenez quand même à donner des concerts dans un trésor pareil ?— Monsieur,vous n’avez aucune idée de l’acdtistique dans cette église.Là, vous ne faites que voir toutes les boiseries.Quand la musique commence, vous vous croiriez à l’intérieur d’un Stradivarius.Stradivarius, Antonio de son prénom comme Vivaldi, est, bien sûr un des plus fameux luthiers de l’histoire de la musique.J’allai m’agenouiller un moment pour me recueillir.Je sais qu’il y a un certain nombre d’imbéciles dans mon pays, mais quand d’humbles travailleurs comparent leur église à un Stradivarius, l’émotion me coupe les jambes.Ainsi ai-je eu droit à Vivaldi et à Stradivarius le même jour, dans un décor d’une infinie douceur.
de

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