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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1992-10-01, Collections de BAnQ.

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90 ans a expérience i voire serviçj Copieurs NP et Copieurs Personnels PC Canon \Pour renseignements, appelez Vol.LXXXIII — No 228 Probabilité d'averses de neige.Max : 9 Détail page B-6.Montréal, jeudi 1er octobre 1992 2 CAHIERS - Toronto ascents 65* + TPS + TVQ SOCIÉTÉ L’Afrique du Sud et ses vieux démons Notre collaborateur Michel Gué-nard revient d’un séjour en Afrique du Sud, où il a notamment rencontré le chef de l’Inkata.Principal leader noir après Mandela, le prince Mangosuthu Bu-thelezi prône en Afrique du Sud l’application du modèle fédéraliste.Page B-l La Cour permet de publier les secrets de l’affaire Wilhelmy Michel Venne de notre bureau de Québec pARCE QU’IL voulait à tout prix revenir à Québec avec des offres constitutionnelles du Canada et éviter un référendum sur la souveraineté, Robert Bourassa a défendu sans vigueur à Ottawa les demandes traditionnelles du Québec.En outre, il a ignoré des centaines d’avis rédigés par des hauts fonctionnaires du gouvernement durant l’année et qui « démontraient par a + b » pourquoi il aurait dû rejeter ce qui est devenu l’entente de Charlottetown.Voilà deux des nombreuses constatations faites par deux des principaux conseillers constitutionnels du gouvenement, Mme Diane Wilhelmy et M.André Tremblay, dans une conversation privée dont la transcription est parvenue aux médias au début du mois de septembre, et dont la publication avait été bloquée par une injonction qui fut levée hier.(Lire les principaux extraits publiés en page 4) « Il n’en voulait pas de référendum sur la souveraineté.On s’est écrasé, c’est tout », affirme notamment M.Tremblay, qui a participé directement en tant que conseiller senior du premier ministre aux négociations.La publication de cette transcription avait été interdite par la Cour le 14, lorsque la sous-ministre aux Affaires canadiennes, Mme Diane Wilhelmy, a demandé une injonction en Cour supérieure.Elle invoquait le respect de sa vie privée ainsi que des dommages éventuels aux relations entre le Québec et le reste du pays.La Cour a levé partiellement l’injonction, hier soir, suite à une entente entre Mme Wilhelmy et les représentants des médias.La bande enregistrée ne pourra pas toutefois être diffusée sur les ondes de la radio et de la télé.Le premier ministre Robert Bou- Volr page A-4 : Wilhelmy Bob Rae, le premier chef provincial à venir vendre le OUI au Québec Chantal Hébert de notre bureau d'Ottawa LE PREMIER ministre de l’Ontario Bob Rae s’emmène au Québec aujourd’hui pour vendre un projet constitutionnel auquel il doit encore rallier les leaders de sa propre minorité francophone.Premier des chefs de gouvernements provinciaux à s’aventurer en sol québécois pour plaider la cause de l’accord de Charlottetown, M.Rae est également le seul premier ministre à ne pas avoir encore obtenu l’appui des porte-parole officiels de la minorité francophone de sa province.M.Rae est aujourd’hui hanté par une de ses vieilles promesses.À plusieurs reprises au cours de sa carrière politique, il a appuyé, et parfois même plaidé passionnément la cause du bilinguisme officiel pour l’Ontario.À l’automne de 1989, M.Rae insis- Volr page A-4 : Rae Bond de 2 % des taux d’intérêt En contrepartie, le dollar reprend du tonus à 80,24 cents US Serge Truffaut LES BANQUES canadiennes et le Mouvement Desjardins ont commandé hier une majoraüon extrêmement prononcée, voire historique, de 2 % de leur taux préférentiel le fixant ainsi a 8,25 % avant d’imprimer cette augmentation, avec certaines variaüons, à toute la gamme de prêts hypothécaires en fin d’après-midi.Le système de défense développé par la Banque du Canada ces jours-ci aura donc eu l’effet escompté, soit une stabilisation de la volatilité entourant la devise canadienne qui, après la hausse du taux préférentiel, a repris du poil de la bête pour clôturer hier à 80,24 cents américains.Bref, le dollar a vu sa valeur progresser de 0,27 cents US en l’espace d’une séance.Aujourd'hui à midi, la Banque du Canada va en toute logique répondre au signal qu’elle a envoyé mardi pour contrer la dure attaque ordonnée contre la dollar en hissant son taux d’escompte à 7.75 % environ contre 5,69 % au moment d’aller sous presse, soit un écart de 50 points de base avec le taux préférentiel.Si tel est le cas, il s’agira de la plus importante majoration depuis la création de cette institution en 1935.Chef économiste du Mouvement Desjardins, M.Gilles Soucy a confié dans un premier temps avoir été surpris par l'amplitude de la réaction des banques.« Je ne m'attendais pas à une augmentation de 200 points de base en un coup.Compte tenu de la volatilité du marché, on pensait que les banques auraient choisi une voie plus pondérée en demandant une hausse de 1 %.Il n’en demeure pas moins que cette hausse était inévitable.» C’est la CIBC qui, la première, a parti le bal en communiquant sa nouvelle grille de taux dans la matinée d’hier.Geste que le Banque de Montréal, la Banque TD et la Banque Scotia ont imité avant que la Banque Royale, en tout début d’après-midi, réponde à cet appel visant à étrangler le crédit à court terme.La Caisse centrale et la Banque Nationale ont emboîté le pas plus tard dans l’après midi.Pour l’économiste du Mouvement Desjardins, il est probable que la musique financière orchestrée depuis trois semaines par M.John Crow, gouverneur de la Banque du Canada, soit la traduction d’un coup de barre dans la politique monétaire du pays afin d’indiquer clairement aux marchés que Voir page A-4 : Taux CONTRE LA « COMPLICITÉ » DE WASHINGTON 10 m 00 Ç » EST f PHOTO JACQUES NADEAU Un an, jour pour jour, après le coup d’État militaire qui a renversé le président Aristide, un millier de ses partisans montréalais ont manifesté hier dans les rues de Montréal pour dénoncer la répression qui sévit en Haïti.Les manifestants se sont rendus devant le consulat américain où ils ont dénoncé la complicité de Washington.Lueur d’espoir en Bosnie Les trois parties acceptent d’ouvrir les négociations sur la déiiulitarisation d'après AFP et Heuter GENÈVE — La conférencE de Genève sur l’ex-Yougoslavie a ouvert hier une phase nouvelle en obtenant l’ouverture de négociations sur la démilitarisation de Sarajevo et sur la cessation des hostilités en Bosnie-Herzégovine, avec simultanément le déclenchement d’un processus de normalisation accélérée entre la nouvelle Yougoslavie (Serbie et Montenegro) et la Croatie.Tour à tour, les trois parties au conflit bosniaque, le president de Bosnie-Herzégovine, le Musulman Alija Izetbegovic, le leader des Croates bosniaques Mate Boban et le leader des Serbes bosniaques Radovan Karadzic ont donné leur accord pour entamer « immédiatement » des discussions auxquelles participeront leurs responsables militaires et les autorités locales sous les auspices de la Force de protection des Nations unies (FORPRONU) et de la conférence de Genève.Les deux coprésidents, Cyrus Vance pour l’ONU et David Owen pour la Communauté européenne, ont réuni toute la journée à Genève le président de la nouvelle Yougoslavie (Serbie et Monténégro) Do-brica Cosic et le président de la Croatie Franjo Tudjman afin de leur arracher en début de soirée une déclaration commune dans laquelle ils s’engagent a accélérer le processus de normalisation entre leurs deux pays.Cette normalisation comporte trois volets: humain (le retour des réfugiés), militaire (la démilitarisation de la péninsule de Prevlaka) et économique (le rétablissement des voies de communication en particulier entre Belgrade et Zagreb).Voir page A-4 : Botnie POINTS DE VUE RÉFÉRENDAIRES DEUX JEUNES analystes politiques, Stéphane Dion et Christian Dufour, présenteront à nos lecteurs leurs points de vue sur l’entente de Charlottetown dans un face à face amical, une fois la semaine, à compter de demain.Le premier, professeur de science politique à l’Université de Montréal, est favorable à l’entente et entend voter OUI.Le second qui est associé à l’Institut de recherches en politiques publiques et auteur d’un récent ouvrage intitulé La rupture tranquille, votera Non.Ni l’un ni l’autre n’ont de parti pris partisans.Leur seul objectif est de contribuer à mieux faire comprendre les enjeux de l’entente soumise au vote référendaire du 26 ocotobre.Ils ouvrent le débat demain en se penchant sur la question de la société distincte.Plus de protéines pour réussir en math ?Une première étude scientifique associe malnutrition et échec scolaire Pierre Cayouette IL EXISTE un lien incontestable entre la piètre qualité de la nutrition des enfants des quartiers défavorisés de Montréal et leur faible performance à l’école.Une étude scientifique vient de prouver hors de tout doute ce que des centaines d’enseignants soupçonnent depuis toujours.La recherche a démontré qu’une forte proportion des élèves de troisième année primaire qui échouent à leurs examens de mathématiques et de langue souffrent d’apports alimentaires insuffisants, notamment en protéines, en vitamine D, en calcium et en magnésium.De plus, les chercheurs ont établi que les écoliers qui affichent des difficultés de concentration ou divers autres problèmes de comportement souffrent des mêmes carences alimentaires.L’étude a été effectuée à la demande du Conseil scolaire de 111e de Montréal par un professeur de nutrition de l’Université de Montréal, Mme Michèle Houde-Nadeau, et un spécialiste en éducation, le kinan-thropologue Bernard Cotnoir.La recherche a été menée auprès d’un échantillon de 226 élèves de troi-sième année primaire.Leur moyenne d’âge était de 9 ans.Les sujets provenaient de 14 écoles primaires de milieux défavorisés répartis entre trois commissions scolaires de 111e de Montréal.Pour les fins de l’étude, les 226 élèves ont été divisés en deux groupes, en fonction de leur classement dans les « quintiles ».Un premier groupe a été formé d’élèves dits « performants».Un se- Volr page A-4 : Nutrition ’v- • .lit Chez les écoliers qui réussissent, un sur cent, seulement, souffre de carence en protéines.srt»» «le Club médico-sportif possède une approche qui lui est unique.Une visite vous convaincra de la qualité et de la classe de notre organisation.Bienvenue à tous».H euros d’ouverture En sem.i de 7 h A 21 h 30 En fin de sens.: de 9 h à 17 h N.B.: La plupart de nos services sont couverts par des assurances privées.Aussi, nous traitons les accidentés du travail (C.S.S.T.) et de la route. A-2 M Le Devoir, jeudi 1er octobre 1992 POLITIQUE LIBRE-ÉCHANGE Washington nie avoir une politique à l’égard d’un Québec souverain CRISE CONSTITUTIONNELLE Des experts américains craignent la propagation du «virus canadien» Portia Priegert de la Presse canadienne OTTAWA — L'administration américaine n'a encore adopté aucune ligne de conduite sur la question de savoir si une entente de libre-échange serait possible entre les États-Unis et un Québec indépendant C’est ce qu’a déclaré hier l’ambassadeur américain au Canada.« Nous n’avons aucune politique concernant la souveraineté du Québec — advenant qu’elle se réalise — pour ce qui a trait à l’accord de libre-échange (ALE) ou à toute autre entente commerciale, a dit l’ambassadeur Peter Teeley.Aucune politique n’a été adoptée sur cette question.> Le diplomate tenait ces propos au lepdemain de la publication d’un rapport de la Commission américaine du commerce international qui soutenait qu’advenant la souveraineté du Québec, certains obstacles, comme les subsides du Québec aux PHOTO CP L’ambassadeur américain au Canada, M.Peter Teeley.industries ou d’autres éléments de sa stratégie économique, pourraient rendre impossible une entente de libre-échange entre les États-Unis et le nouvel Etat québécois.Selon ce document, le libre-échange canado-américain ne s’ap- Slierait pas automatiquement à un bec souverain.On y laisse également entendre que Washington pourrait se montrer moins enclin à inclure le Québec dans le libre-échange si l’indépendance se réalisait dans la hargne ou la rancoeur.M.Teeley, un ambassadeur nouvellement nommé qui entretient des liens étroits avec le président George Bush, a expliqué que la commission, un organisme de réglementation indépendant, n’établit pas les politiques du gouvernement.« Qu’on me comprenne bien, ce n’est pas une instance décisionnelle de cette administration ou de toute autre administration passée », a-t-il dit.L’ambassadeur a aussi démenti qu’il y ait quelque connotation politique dans la divulgation du rapport au beau milieu de la campagne référendaire canadienne.Et U a refusé de se laisser entraîner à formuler des hypothèses autour du référendum du 26 octobre.Le président Bush a déjà déclaré que les États-Unis avaient une longue et chaleureuse relation avec un Canada fort et uni, mais M.Teeley a souligné que le président américain « avait continué en disant que la décision que les Canadiens prendront ne concerne que les Canadiens».Plus tôt dans la journée d’hier, le diplomate a défendu l’accord canado-américain existant et le projet d’accord nord-américain de libre-échange incluant le Mexique, décrivant le premier comme une source de prospérité qui a déjà profité au Canada.« Il n’y a pas de doute que l’ALE a permis au Canada de sortir de la plus récente récession en meilleure posture qu’il ne l’aurait autrement fait.» Il a accusé les adversaires de l’entente, qui attribuent à l’accord de libre-échange la piètre performance économique du Canada, de ne pas tenir compte de facteurs externes comme la stagnation économique mondiale.PRIVÉ DE SON DROIT DE VOTE Un Hullois conteste la loi référendaire Maurice Girard de la Presse canadienne OTTAWA — « Il faut être presque un poète pour décrire les mouvements de l’âme quand on apprend qu’on ne pourra voter au référendum dans son propre pays », affirme M.Graham Haig, un avocat d’Ottawa récemment installé à Hull.En 1988, M.Haig partait de Québec pour s’installer dans la capitale fédérale.En août dernier, il décidait de quitter Ottawa pour aller vivre de l’autre côté de la rivière des Oua-taouais, à Hull, où les propriétés sont moins chères et les taxes, moins éle- vées.Il vient de désenchanter après avoir réalisé qu’il ne pourra pas exercer son premier devoir de citoyen, le 26 octobre, puisque la loi québécoise ne permet l’exercice du droit de vote qu’aux résidants ayant séjourné plus de six mois dans la province.Il affirme ne pas être le seul dans ce cas.Au moins 10 000 Canadiens qui se sont installés au Québec depuis la fin avril se retrouveraient eux aussi dans une sorte de vide électoral d’autant plus cruellement senti que d’autres pourront voter deux fois en raison d’une particularité des lois référendaires québécoise et cana- dienne.M.Haig s’adresse donc aux tribunaux pour avoir gain de cause.« On demande un amendement à la loi fédérale, qui ne s'applique pas au Québec, pour permettre aux citoyens dans ma situation de voter de sorte que les résidants du Québec, qui ne pourront exercer leur droit de vote au Québec, puissent participer au vote canadien », a déclaré hier ce Canadien « déçu » en conférence de presse.Dans la négative, il veut une déclaration de la Cour stipulant que ses droits de citoyen seront brimés.À défaut de quoi, il s’adressera aux tribunaux pour faire invalider le scru- tin référendaire du 26 octobre.« H est absurde d’être forcé de s’adresser aux tribunaux pour faire respecter son droit de vote », a-t-il affirmé.M.Haig convient de la légitimité de la loi québécoise, dont il ne conteste pas l’esprit.Une loi similaire, dans les Territoires du Nord-Ouest, exige une résidence de trois ans.« Nous croyons que le gouvernement canadien, qui tient un référendum national, devrait accorder le vote aux Québécois qui ne pourront pas voter chez eux.On ne peut exclure les Canadiens vivant au Québec de se prononcer sur l’entente », a-t-il fait valoir.Les professeurs Morin et Turp trouvent l’entente imprécise Lia Lévesque de la Presse canadienne À PLUSIEURS chapitres, l’entente de Charlottetown est imprécise, soutiennent les professeurs Jacques-Yvan Morin et Daniel Turp.M.Morin soutient même que le fait que le « droit inhérent » à l’autonomie des autochtones ne soit pas défini peut signifier que ces futurs gouvernements jouiront de pouvoirs très étendus.Les professeurs de droit constitutionnel Jacques-Yvan Morin et Daniel Turp s’adressaient hier à un groupe de quelque 250 étudiants de l’Université de Montréal.Chacun s’est attardé à des aspects précis de l’entente : partage des pouvoirs, société distincte et protection des minorités, Sénat, droit de veto, droit à l’autonomie gouvernementale des autochtones et, bien sûr, le fait que les textes juridiques ne soient pas encore disponibles.L’ancien ministre péquiste Jacques-Yvan Morin, notamment, a disséqué le « droit inhérent » à l’autonomie gouvernementale des autochtones, un concept « flou, vague, passe-partout, métaphysique, propre a s’étendre dans toutes les directions ».Selon lui, ou bien le mot inhérent veut dire « inaliénable, absolu, illimité » et comprend donc une très vaste gamme de pouvoirs que pourront exercer les futurs gouvernements autochtones, ou bien il ne veut rien dire, et alors on a leurré les né- APPEL À L’AIDE POUR DES PAYS D’AFRIQUE DONT LE MOZAMBIQUE ET LA SOMALIE La famine frappe Des peuples crient au secours! Caritas recevra et acheminera rapidement et intégralement vos dons via Caritas Internationale.Compte tenu de sa vaste expérience dans ce type d’intervention, cet organisme demeure un canal sûr.Il faut faire vite! Envoyez vos dons à: Caritas-Sherbrooke 636, rue Québec Sherbrooke (Québec) J1H 3M2 (reçu pour déclaration fiscale) gociateurs autochtones.M.Morin croit que le terme « droit inhérent » a été accepté « parce que c’est politically correct, un vocabulaire dans le vent».L’on se retrouve ainsi avec un terme si vague qu’il peut signifier des pouvoirs très étendus.Dans l’entente de Charlottetown, les compétences de ces gouvernements autochtones ne sont pas énumérées comme celles des provinces, note-t-il.M.Morin s’attend donc à ce que les gouvernements autochtones veuillent « exercer des compétences qui appartiennent aux provinces », peut-être même au fédéral.Les soins de santé, l’éducation, le droit civil, la langue, les prisons, l’impôt peuvent y passer, énumère-t-il, parce qu’on n’a pas prévu de limites précises à ces compétences.Jacques-Yvan Morin a pris soin de préciser qu’il était favorable à l’autonomie des autochtones, mais que cette autonomie ne devait pas porter atteinte à l’intégrité territoriale du Québec.Le professeur Daniel Turp, de son côté, s’est surtout attardé au fait que l’on ne dispose pas encore des textes juridiques de l’entente.Et si on les obtient le 15 octobre, il sera bien tard pour un enjeu d’une telle importance, juge-t-il, puisque c’est sur ces textes que se baseront les tribunaux pour juger.« Le Québec n’a pas obtenu de nouveaux pouvoirs, contrairement à ce que prétendent certains », soutient enfin M.Turp.Les Inuit diront OUI Catherine Leconte LES DIRIGEANTS inuit du Nord québécois recommanderont à la population de leur région, le Nunavik, de voter en faveur de l’entente de Charlottetown le 26 octobre.Ils demanderont simplement au directeur général des élections, M.Pierre F.Côté, l’assurance qu’U rendra disponibles les résultats provenant des bureaux de scrutin de la région, où le vote se déroulera dans le cadre de la loi référendaire québécoise.Position nettement plus accommodante, donc, que celle des Mohawks de Kahnawake et d’Akwe-sasne, dont les chefs ont interdit l’accès de leurs réserves aux agents du recensement, ou même que celle des Cris du Québec, qui veulent organiser eux-mêmes, et de la façon qu’ils jugeront la plus appropriée, la consultation populaire sur l’entente constitutionnelle.Pour parvenir à cette décision — prise a l’unanimité — il aura tout de même fallu aux dirigeants inuit une journée et demie de discussion, en une assemblée spéciale convoquée à Montréal par le sénateur Charlie Watt, président de la Société Makivik (la société de développement économique qui gère les fonds versés aux Inuit dans le cadre de la Convention de la Baie James).Et d’après les explications fournies par M.Watt à l’issue de cette réunion, les Inuit ne lisent pas l’entente de Charlottetown de la même façon que les Amérindiens.Ces derniers sont surtout attachés aux dispositions de l’entente qui reconnaissent le droit inhérent des peuples autochtones à un gouvernement autonome, et qui engagent les peuples autochtones et les gouvernements provinciaux et fédéral à né-ocier les arrangements nécessaires l’exercice de ce droit.CARTES D’AFFAIRES Dispositions dont les dirigeants inuit se disent « heureux » et « satisfaits ».Mais le caractère inhérent des droits autochtones a une forte connotation raciale que les Inuit veulent absolument éviter.Si bien qu’en examinant l’entente, leurs dirigeants se sont surtout demandés si elle risquait de compromettre le processus de négociation qu’ils ont déjà engagé depuis plusieurs années avec le gouvernement du Québec en vue de créer un gouvernement régional, non ethnique.Et s’ils se sont prononcés hier en faveur de l’entente, c’est surtout parce qu’ils ont conclu que ce risque pouvait être écarté.« La force maîtresse qui nous pousse à soutenir l’entente, a expliqué M.Watt, c’est la disposition qui permet aussi aux autochtones, dépendant de qui ils sont, où ils vivent et ce qu’ils veulent, de négocier les arrangements nécessaires à la création de gouvernements autonomes non ethniques.Nous n’avons pas l’intention d’utiliser les dispositions sur le droit inhérent à l’autogouvemement.Peut-être que plus tard, nous voudrons l’envisager, mais le plus important pour nous est de développer un authentique partenariat avec le gouvernement du Québec.C’était notre objectif bien avant que l’entente constitutionnelle soit élaborée.» Tout au plus, l’entente de Charlottetown pourrait, espèrent les Inuit, « compléter et renforcer l’objectif qu’ils partagent avec le gouvernement du Québec de négocier la création d’un gouvernement autonome non ethnique à l’intérieur du Québec pour les habitants des territoires situés au nord du 55e parallèle ».Selon M.Watt, « peut-être que cela nous donne un atout de plus pour négocier un vrai partenariat plutôt qu’une simple délégation d’autorité » de la part de la province.Pour Informations publicitaires contactez: JOHANNE GUIBEAU 1-800 363-0305 (514) 842-9645 [photocopies URGENTES?! En noir?En couleurs?De qualité? bas prix?Vite f.ntcs?Toutes grandeurs?Alors, adresse/ vous j Le Devoir, jeudi 1er octobre 1992 ¦ A-3 EN BREF.47 % des Canadiens souffrent de stress LES CANADIENS souffrent de stress et de dépression, à des degrés inquiétants dans la vie, bien qu’ils admettent mal comprendre la maladie mentale et qu’ils ne prennent pas la santé mentale aussi sérieusement qu’ils le devraient.C’est ce qu’indique un sondage effectué en mai et juin, à l’échelle du pays, par COMPAS Inc.auprès de 1500 adultes, pour le compte de l'Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) et l’Association des psychiatres du Canada.C’était le premier sondage du genre effectué à l’écheüe pancanadienne pour découvrir ce que les Canadiens pensent de la santé mentale, des maladies mentales et de la dépression.Près de la moitié (47 %) des répondants ont déclaré qu’ils se sentaient « vraiment stressés » plusieurs fois par semaine ou tout le temps, et un tiers des répondants (33 %) confiaient qu’ils se sentaient « vraiment déprimés » une fois par mois au moins.« Ce sondage montre bien que la conjoncture économique difficile a des effets négatifs évidents sur la santé mentale des Canadiens », a déclaré le Dr Jean-Yves Gosselin, président de l’Association des psychiatres.Allocation importante pour les futures mères QUÉBEC (PC) — Le Conseil du statut de la femme a qualifié d’inadmissible, hier, la décision du gouvernement du Québec de retirer son allocation de maternité aux travailleuses de la classe moyenne.Selon le CSF, cette décision, qui n’a jamais fait l’objet d’une annonce publique, entre en vigueur aujourd'hui.Elle signifie que l’allocation de 360 $ versée pendant les deux semaines d’attente de l’assurance-chômage ne sera plus accordée aux futures mères quand le revenu brut des deux conjoints dépasse 55 000 $.Quelque 11000 femmes seront touchées cette année par cette décision qui permettra à Québec d’économiser 4 millions $.Le Conseil du statut de la femme juge également ce geste incohérent avec les promesses gouvernementales.« À l’approche de la Semaine nationale de la famille, cette décision s’avère totalement incohérente par rapport aux orientations gouvernementales, tant en matière de condition féminine que de famille », a soutenu une porte-parole du CSF, Francine Lepage.Vote dans 500 écoles DANS PLUS de 500 écoles du Québec, les élèves du primaire et du secondaire pourront eux aussi voter.pour élire leur conseil d’élèves.C’est le 5 octobre que les jeunes électeurs pourront exercer leur droit démocratique dans 370 écoles de niveau primaire et 171 écoles de niveau secondaire du Québec.Ce projet est parrainé par le directeur général des élections du Québec, M.Pierre F.Côté, et le ministre de l’Éducation Michel Pagé.Il vise à permettre aux jeunes du primaire et du secondaire de se familiariser avec le système électoral québécois et la vie démocratique, tout en choisissant leurs représentants au conseil d'élèves.Tout comme dans une véritable campagne électorale, les jeunes ont d’abord été recensés et le reste de la campagne suit le calendrier électoral.Les candidats peuvent faire valoir leurs idées, leur personnalité, et ce, durant la semaine.Pour calquer le plus possible une vraie campagne électorale, on disposera d’affiches, d’urnes et d’isoloirs pour voter, le 5 octobre.(PC) Moins d’alcool au volant OTTAWA (PC) — Le nombre de personnes accusées de conduite avec des facultés affaiblies a diminué de près du tiers au cours de la dernière décennie au Canada, démontre une enquête rendue publique lundi par Statistique Canada.Plus précisément, 11 1307 personnes ont été accusées de conduite avec des facultés affaiblies en 1991, soit 31 % de moins qu’en 1981.Au Québec, 23 1 30 accusations de conduite avec des facultés affaiblies ont été portées l’an dernier, contre 29 744 en 1981.Le Centre attribue ces baisses à une législation plus sévère, une surveillance policière accrue, des campagnes d’éducation et une diminution de la consommation de boisson.Le Gout de la Thaïlande.cuisine Srhailandaise Le premier restaurant Thai landais où l'on peut apporter son propre vin.Tous les lundis, mardis et mercredis soir: la soupe du jour est incluse avec le plat principal.2229 Mont-Royal est Montréal, Que.H2H 1K5 Tel.: (514) 527-5035 1110 Boul.Curé libelle 973-7902 Le blues des jeunes anglophones les pousse à l’exil Danny Year SI ELLE VEUT assurer sa vitalité économique, Montréal doit tout mettre en oeuvre pour garder ses jeunes anglophones.Et elle doit faire vite.Ses jeunes, « bilingues, compétents et éduqués », songent sérieusement à quitter le Québec : 73 % d’entre eux seraient même prêts à passer aux actes d’ici 10 ans.Décidément, le groupe de travail sur les possibilités d’emploi des jeunes d’expression anglaise au Québec ne voit pas l'avenir en rose.« Si rien ne change, le Québec souffrira de la perte des membres de sa minorité linguistique », a expliqué Don Wells, président du groupe de travail et vice-président principal de la Banque Royale.M.Wells, qui juge que la publication de ce rapport ces jours-ci n’est qu’un hasard, n’a pas voulu se prononcer sur le rôle de la plus importante institution financière au pays dans le présent débat référendaire.Créé en décembre 1991 par Alliance Québec, le groupe de travail, qui devait remettre son rapport en mai, puis en juillet, a finalement dé- voilé hier ses dix recommandations, autant de remèdes proposées à la situation « difficile » que vivent les jeunes anglophones.Selon le rapport, les jeunes anglophones ont l’impression qu’il est • politiquement correct » au sein des entreprises d’engager des francophones.D’ici cinq ans, 62 % des jeunes Anglo-Québécois prévoient quitter le Québec, révèle une étude menée auprès de 4082 étudiants du secondaire et du collégial.Presque la moitié des Anglo-Québécois questionnés invoquent les lois linguistiques pour expliquer leur choix.D’autres croient qu’ils ne sont pas le bienvenu au Québec, plusieurs croient qu’ils n’ont pas la possibilité de travailler en anglais, souligne le rapport.Seuls 9 % des jeunes Anglo-Québécois invoquent les difficultés économiques comme raison de quitter le Québec.« Il est difficile de quantifier la proportion des jeunes anglophones qui quittent le Québec parce qu’il n’y a pas d’emplois », a lancé le vice-président de la Banque Royale.Cette perception de « rejet » des jeunes Anglo-Québécois n’est pas nécessairement fondée, souligne le rap- port.En fait, le rapport admet que l’anglais est actuellement utilisé dans de nombreux secteurs de l’économie.Alliance Québec ne se croit pas responsable de ce problème de perception.< Nous défendons les anglophones.Nous accuser, c’est comme le médecin qui blâme le patient pour la maladie », a relevé Robert Keaton, président de l’organisme.Selon le rapport, le tiers des entreprises du Québec sont d’origine étrangère et plus de 200 entreprises sont exemptées des exigences de l’Office de la langue française.Dans le secteur privé à Montréal, 17 % de tous les travailleurs oeuvrent en anglais plus de 50% du temps.Mieux, 56 % des travailleurs anglophones de Montréal travaillent en anglais la moitié du temps.« Une proportion importante du travail est effectuée en anglais», note le rapport.Le groupe de travail explique ce problème de perception par une diminution des liens traditionnels entre la communauté anglophone et le monde du travail.Les jeunes Anglo-Québécois auraient perdu confiance dans leur capacité de s’exprimer en français.Comment corriger le problème ?Les entreprises doivent aider les jeunes Anglo-Québécois.Ainsi, les entreprises québécoises devraient réviser leurs exigences en matière de langue française.Elles devraient également assurer que leurs politiques d’embauche soient équitables — et perçues comme équitables — « envers les gens qui n’ont pas un nom à consonnance française».Elles devraient favoriser l’anglais en tant que compétence importante pour l’emploi et donner des cours de français aux anglophones qui le parlent mal.Enfin, le groupe de travail propose la création d’un organisme de concertation qui se pencherait sur la question.L’étude d’Alliance Québec a coûté 100000$.Dans une étude du ministère des Communautés culturelles sur les déplacements de population entre les provinces, en janvier dernier, le démographe Marc Tremblay, de l’Université de Montréal, estimait qu’on ne pouvait parler d’exode des Anglo-Québécois.Le règlement fédéral sur les BPC empiète sur les droits provinciaux, statue la Cour supérieure Louis-Gilles Francoeur LA COUR supérieure a récemment statué que le règlement fédéral sur les BPC constituait un empiétement inconstitutionnel dans des « matières qui relèvent des provinces ».Cet arrêt, qui pourrait avoir des répercussions sur la section 2 de la Loi canadienne de l’environnement portant sur la gestion des toxiques, confirmait un verdict du juge Michel Babin, de la Cour du Québec, rendu en faveur d’Hydro-QïïSbec, le 12 août 1991.La société d’Etat avait été libérée de l’accusation d’avoir déversé des BPC dans la rivière Saint-Maurice parce que l’accusation avait été portée en vertu d’un règlement inconstitutionnel.Ottawa, qui a plaidé en vain la théorie de « l’intérêt national » et sa compétence en matière criminelle ur justifier son règlement, a porté e verdict du juge André Trotier, de la Cour supérieure, devant la Cour d’appel du Québec.I?Le gouvernement fédéral avait fait valoir qu’il avait le droit de réglementer les BPC car le rejet des substances toxiques dépasse, du moins théoriquement, les intérêts locaux ou provinciaux.La Couronne fédérale a aussi fait valoir qu’elle pouvait dédoubler sans problème les règlements provinciaux dans ce domaine dans la mesure où il n’y avait pas incompatibilité ou contradiction.Enfin, Ottawa a justifié le dédoublement de la réglementation québécoise en invoquant sa compétence en Un autre coûteux cadeau contaminé des années 60 Louis-Gilles Francoeur LE MINISTÈRE québécois de l’Environnement a lancé hier un appel d’offres en vue de décontaminer le dépotoir du « Vidangeur de Montréal », situé à Mascouche, un héritage des raffineurs des années 60 dont les contribuables écopent aujourd’hui.L’appel d’offres demande aux entreprises de soumettre au ministère des plans et devis pour l’excavation et le confinement temporaire des sols contaminés de l’endroit et des poches d’hydro-carbures que l’on trouve encore dans le sol.Cette première phase, une fois terminée, sera suivie de l’élimination de ces produits dangereux, affirmait hier la porte-parole du ministère, Mme Lise Théberge, et « il n’est pas question d’en faire un entreposage permanent ou presque ».Le site de ce qui s’appelait explicitement le « Vidangeur de Montréal » est situé à quelques centaines de mètres de l’autoroute 640.Le terrain a accueilli durant les années 60 les boues de raffinage des pétrolières de l’Est.Au début des années 70, le « Vidangeur » a exploité un incinérateur sur place tout en procédant à l’enfouissement de déchets solides et d’autres reliques de la pétrochimie.Le terrain, propriété de Roger Broeckaert, Rolland Grenier, Denis et Michel Lambert ainsi que de Mme Diane Lambert, contient aujourd’hui, selon le devis, 810 mètres de boues entreposées dans 31 réservoirs, dont 24 contiennent 568 m3 de BPC.La contamination du sol à cet endroit est impressionnante et ce site figure dans la liste des priorités de décontamination en raison des dangers qu’il fait peser sur la santé et l'environnment.Même si le site appartient encore à des propriétaires identifiés, le ministère québécois de l’Environnement (MENVIQ) y injectera des fonds provenant de l’entente fédé-rale-provinciale sur les sites orphelins.Invitée à dire pourquoi, la porte- parole du ministère a déclaré que, conformément à la loi, ces propriétaires avaient été avisés de décontaminer mais qu’ils n’avaient pas bougé.Le ministère est donc habilité, maintenant, à passer unilatéralement à l’action parce que « les propriétaires ne semblent pas avoir l’argent pour le faire ».Les solutions d’entreposage que requiert le MENVIQ devront, selon l’appel d’offres, avoir une vie utile de cinq ans.La décontamination du site de Mascouche survient au lendemain de l’annonce par BPC Québec d’aller en appel d’offres pour éliminer les BPC de Saint-Basile-le-Grand.Cette décision n’a pas fait que des heureux et le Comité de vigilance des citoyens, formé à la demande de Québec, s’en allait hier porter l’affaire devant les citoyens en assemblée d'information.Selon le porte-parole de ce comité, M.Yves Lessard, BPC Québec s’est lancé dans un appel d’offres sans attendre les recommandations du Comité de vigilance, dont les membres ont pourtant investi des centaines d’heures de travail pour maîtriser le dossier avec les représentants de Québec.Selon M.Lessard, le ministère a unilatéralement décidé d’éliminer les BPC sur deux sites et d’ajouter probablement dans l’incinérateur ceux de Motréal-Est et de Shawinigan.Les citoyens, dit-il, s’opposent au choix du site d’entreposage actuel comme site d’élimination, explique M.Lessard.Ils n’ont pas d’idée encore sur la valeur du terrain de la CIL, situé juste à côté, mais ils se surprennent de ce choix car on y fabrique.des explosifs ! Selon M.Côte, le ministère estime que les citoyens de Saint-Basile, comme tous les autres de la province, pourront faire valoir leur point de vue devant le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).On s’attendait explicitement à négocier ces questions avec Québec avant d’aller en audience : le communiqué du Comité était d’ailleurs intitulé : Impasse dans les négociations.La dangereuse nuit des taxis Danny Year À PARIS, des chauffeurs de taxi ont pensé se doter d’un chien pour assurer leur sécurité.À Boston, une vitre de séparation obligatoire les isole de leurs clients.Partout, et Montréal est du bal, les chauffeurs de taxi pratiquent un métier risqué.La Conférence internationale sur la réglementation du taxi qui se terminait hier à Montréal a abordé la délicate question de la sécurité des chauffeurs de taxi.Isolés, les chauffeurs de taxi constituent une cible facile pour les criminels, a expliqué Denis Lemieux, coordonnateur du dossier du taxi au Service de police de la Communauté urbaine de Montréal.« Surtout la nuit.».En effet, 95 % des vols qualifiés dont ils sont victimes surviennent entre 18 h et 7 h.« Les rues résidentielles et achalandées constituent le premier choix des suspects pour commettre leurs méfaits», a-t-il dit.La nuit, leur clientèle est moins stable.« Leurs clients sortent, consomment de l’alcool ou des drogues.Us deviennent audacieux ».À Montréal, au cours des huit premiers mois de cette année, les vols qualifiés à leur endroit ont connu une hausse notoire : 105 vols qualifiés.Or, ces vols avaient baissé de 32 %, passant de 187 vols qualifiés en 1990 à 123 en 1991.Cet été, un chauffeur a même perdu la vie lors d’une agression.Il faut mettre ces chiffres en perspective, insiste M.Lemieux.Ces vols qualifiés ne constituent que 1 % de tous les vols qualifiés qui sont commis sur le territoire de la CUM dans une année.« C’est déjà beaucoup trop », note Serge Brisson, directeur général adjoint des taxis Diamond, Veterans et Candare qui représente quelque 1200 taxis à Montréal.Il ne faut pas oublier que beaucoup de ces crimes ne sont pas rapportés parce que les chauffeurs ne veulent pas perdre leur temps avec la police, a précisé M.Brisson.À l’aide d’une table de concertation, les chauffeurs de taxi ont donc reçu des conseils en matière de sécurité.Un outil bibliographique indispensable sur l'histoire de Montréal CLÉS POUR LHISTOIRE DE MONTRÉAL £n (olloborolion ovec lo Fondation Lionel-Croulx 1.11 SIO t I lu \l Clés pour l’histoire de Montréal permettra aux chercheurs et à tous les amateurs d’histoire de découvrir tout ce qui a été publié sur cette grande n métropole.248 pages 29,95$ JOANNE BURGESS LOUISE DECHÊNE PAUL-ANDRÉ LINTEAU JEAN-CLAUDE ROBERT Boréal matière criminelle, au sens large, qui lui permet de rechercher un « objectif public légitime».Pour Québec et Hydro-Québec, le règlement fédéral sur les BPC est inconstitutionnel dans la mesure où il vise des rejets localisés à l’intérieur d’une province et dont il n’est pas démontré qu’ils vont déborder, par leurs effets, sur d’autres territoires.Dans son jugement, le juge Trotier estime que « la théorie de l’intérêt national ne s’applique pas » ici car l’objet de la loi fédérale n’est pas différent des objectifs visés par la réglementation provinciale.En somme, Ottawa n’a pas démontré que son intervention réglementaire en matière de BPC n’était pas qu’un dédoublement et qu’il était le prolongement de compétences qui lui revenaient en propre.« Il faudrait, écrit le juge 'lYotier, que pour que le rejet de substances toxiques dans l’environnement au sens large (air, eau, sol) puisse constituer une matière d’intérêt national, que les provinces ne soient pas en mesure de faire face à ce problème, que le sujet en soi intéresse le Canada tout entier et que l’incapacité provinciale ait des conséquences réelles en dehors des limites provinciales.» Pour le juge Trotier, en se dotant d’une loi très vaste portant sur tout ce qui peut avoir immédiatement ou à long terme un effet nocif sur l’environnement, « le Parlement (fédéral) s’est arrogé un pouvoir réglementaire indéfini dans toutes circonstances, lui permettant ainsi de réglementer substantiellement les entreprises provinciales susceptibles d’utiliser des substances toxiques sous tous les aspects de leur exploitation, fabrication, utilisation, mise en vente, transports, etc.», toutes matières relatives au commerce, qui relèvent des provinces en vertu de l’article 92 de la Constitution et du droit de propriété, provincial par définition.* Trefflé Lacombe STCUM Trefflé Lacombe succédera à Louise Roy Jean Chartier M.TREFFLÉ LACOMBE succédera à Mme Louise Roy à la tête flè la Société de transport de la CU M.Le poste de Mme Roy sera cependant amputé, puisque M.Berthiaume ne sera pas président-directeur général mais plutôt directeur général.Le poste était ouvert depuis juillet et il sera comblé à compter du 2 novembre.C’est M.Michel Sainte-Marie qui assure l’intérim.M.Berthiaume avait auparavant un poste de cadre dans la fonction publique fédérale.Il était en effet directeur exécutif de la Commission de l’emploi et de l’immigration du Canada pour le Québec.Cette commission est composée de 7000 employés fédéraux affectés au fonctionnement du système d’assurance-chômage et des divers programmes de formation de main-d’oeuvre et de l’immigration.Le nouveau directeur général de la STCUM a été commissaire à la Commission de la fonction publique du Canada, vice-recteur adjoint à l’Université d’Ottawa et directeur des services aux étudiants de l’Université de Montréal.M.Michel llamelin, président du comité exécutif de la CUM, a annoncé la décision de saisir le conseil de la Communauté d’un projet de modification de la Loi constitutive de la Communauté pour que le poste de M.Lacombe soit dorénavant celui de directeur général, « comme c’est le cas dans toutes les autres sociétés de transport du Québec ».Le communiqué de presse émis par la STCUM précise que « cette concordance ne modifiera aucunement les rôles respectifs du conseil d’administration et du directeur général, qui sont d’orienter dans le cas du conseil et de gérer dans le cas du directeur général, tels que définis à l’article 276 de la Loi de la CUM ».Concordia: trop de projectiles d’après la Presse canadienne ABASOURDI par le nombre de projectiles et de douilles trouvés à l’Université Concordia après la fusillade du 24 août, l’accuse de meurtres, Valéry Fabrikant, a prétendu hier, le plus sérieusement du monde, que quelqu’un s’était rendu sur les lieux du crime, après son départ, pour tirer des coups additionnels dans le dessein de le faire passer pour fou.« Qu’est ce qui me garantit qu’une fois le crime commis quelqu’un n’a pas pris mon arme et tiré pour me faire paraître fou », a-t-il dit.Les témoignages rendus hier par deux policiers qui ont retrouvé les armes, les douilles et les projectiles, au neuvième étage de l’Université Concordia où s’est produite la tuerie, démontraient que les coups de feu avaient été nombreux et que les projectiles et douilles avaient été trouvés dans des endroits étonnants laissant croire que le tireur n’avait pas pleine maîtrise de ses armes.Lors de la reprise des auditions, en après-midi, le pathologiste Claude Pothel a dit avoir retiré un total de neuf projectiles des corps de trois victimes; l’accusé Fabrikant a suivi le témoignage du pathologiste d’un air froid.Il a regardé sans broncher les schémas des corps des, victimes qu’on lui avait remis ou étaient‘indiqués les points d’entrée et de sortie des projectiles.i ( Dans ses représentations au juge, M.Fabrikant a prétendu que lui refuser les services d’un dentiste constituait un cas de torture susceptible d’intéresser Amnestie Internationale.Nous DEBLAYONS les Hondas 1992 DERNIÈRE SEMAINE pour acheter les .j™™™ dernières Accords et Préludes 1992 A POUR Prix coûtant Laval, 266 boul.Labslle Bivd.Tél: 625-1953 Vous viendrez pour nos prix mais resterez pour notre SERVICEgBgBg Montreal, 1110 rue Bleury, Tél: 879-1550 Venez voir les Civics ’93, offertes avec coussins gonflables! A-4 M Le Devoir, jeudi 1er octobre 1992 « Nous marchons sur les genoux » — André Tremblay LE DEVOIR publie de larges extraits de la transcription d’un enregistrement d'une conversation téléphonique entre deux hauts conseillers constitutionnels du gouvernement du Québec, l’avocat André Tremblay et la sous-ministre aux Affaires canadiennes, Mme Diane Wil-helmy.LE DEVOIR s’apprêtait à publier le contenu de cette conversation dans son édition du 15 septembre dernier, mais une injonction de la Cour supérieure du Québec l’en empêcha.L’injonction fut levée hier soir.La conversation a eu lieu le 28 août 1992, elle a duré 27 minutes et a débuté à 22 h 24.M.Tremblay utilisait un appareil cellulaire; Mme Wil-helmy était chez elle à Sainte-Foy.Ils discutent des dessous des plus récentes négociations constitutionnelles; auxquelles M.Tremblay a participé directement.Mme Wilhelmy Çtâit en congé de maladie depuis juin.L’enregistrement ne commence pas au début de la conversation.: Dlane Wilhelmy: C’est un peu dan$ la lignée de ce qui se passe depuis trois semaines, hein ?Qu’est-ce que tu veux, à un moment donné, c'est parti.On se demandait pendant des mois c’était quoi le bottom line de-notre premier ministre.Aye, ayayaye.Quand tu penses (rires) au travail qui s’est fait depuis un an, du monde à moitié mort-André Tremblay: Il faut te dire qu’on a tenu le coup sur bien des affaires, on est détesté là, on n’est pas aimé là.:PW: Oui mais tenu le coup sur bien des affaires, qu’est-ce tu veux, le résultat net quand même.» > < i • AT: On les a fait reculer sur bien bien des questions, mais on rapporte pas des grosses prises, là.DW: Je vous ai suivi à NewsWorld (rires).AT: Tu nous voyais la bette de temps en temps, là.DW: Oui, oui.Je vous voyais.Puis j’avais bien de la misère à comprendre.C’est-à-dire ça m’a pris quasiment trois jours avant d’accepter le fait qu’on avait réglé bas comme ça.Je me disais ça se peut pas.Je dois pas comprendre.Il doit y avoir une stratégie derrière ça.Puis d’une fois à l’autre je me disais : Ah non, encore ! Puis là évidemment arrivé au vendredi sur le partage des pouvoirs, ayoye ! puis le samedi sur la dualité, ah bien là, j’ai dit franchement.Enfin.(soupir) AT: J’ai désobéi au ministre.Hier il m’a demandé des affaires.J’ai dit : Non, Jamais.Il a insisté ; j’ai dit non, j’y vais pas.Il voulait m’envoyer à une réunion de high officials, j’ai dit je vais pas là.J’ai dit mes genoux sont usés.On marche sur les genoux comme tu sais.Je pense qu’ils sont troués.DW: Mais il y a des problèmes.C’est ça, le premier ministre, c’est qu’au fond, par exemple, quand on pense au modèle de Meech, j’oublierai jamais le rôle de Louis Bernard (NDLR: ancien secrétaire général du gouvernement sous René Lévesque, recruté par M.Bourassa comme conseiller dans les négociations de l’accord du lac Meech).Un peu comme le coach à la boxe.Mais il était plus rough que nous tous, oui, quand il disait : « Non Robert, je le sais que tu veux dire OUI, mais il faut que tu dises NON.Retourne pendant une heure dans la salle puis dis NON ».Puis il le tutoyait.En ce sens-là, cette espèce de body guard, juste de dire une heure après l’autre : « NON, NON, mets-toi dans la tête que tu vas continuer à dire NON, tu vas continuer à dire NON.Rentre dans la salle, puis dis-toi ils vont t’haïr tu vas dire NON.Puis si tu veux dire OUI, sors de la salle, viens nous voir ».Il lâchait jamais Louis, pour ça.Faut quasiment que tu fasses ça à un moment donné.Mais il faut pas le faire tout le temps.Mais, ça ça a dû à un moment donné.Veux veux pas, Jacques Chamberland (NDLR: le sous-ministre à la Justice) connaissait pas assez M.Bourassa pour faire ça.AT: NON, NON DW: Puis M.Rémillard (Gil, le ministre, NDLR) est pas dans ce « moodai-là.AT: Ah lui.l’équitation.DW: Oui, oui.Puis Benoît (Morin, secrétaire général du gouvernement du Québec) a pas ce tempérament-là.Fait que c’était toi qui étais pogné tout seul.Tu peux pas toujours faire ça.Tu peux pas être à toutes les tables.AT: C’est lourd à supporter dans le contexte.Tu vas à la toilette, à côté de toi il y a un anglophone du Québec, un gars d’Alliance Québec.Et tu parles de Constitution dans la toilette.Tu sors de la toilette, et puis tu rencontres un francophone hors Québec, tu te fais interpeller.Ils ont toujours des choses à te demander.Parce que t’es l’enfant de chienne de service, toi là.Et c’est toi qui bloques, qui empêches les gens de tourner en rond, là.Alors c’était comme ça tout le temps.On était agressé, harcelé, fatigué.Alors bref, beaucoup, beaucoup de ce type de problèmes-là.C’est lourd à supporter au plan psychologique, tout ce monde contre toi.Et ils sont tous contre nous.Et les Ontariens là, c’est les plus enfants de chienne que tu puisses imaginer.Plus que ça c’est terrible.DW: Ouf, quelle folie.Mais quand hier j’ai vu à la télévision aux nouvelles que ça repartait le bal.Puis même qu’ils revenaient sur la Cour suprême et l’immigration.Là j’ai dit, ça c’est la honte nationale.On devrait s’absenter.M.Bourassa devrait prendre l’avion tout de suite et s’en venir ici.Comme humiliation, en arriver là.AT: Diane, la réalité c’est que Bourassa n’avait aucune marge de négociation.DW: Mais il en avait plein avant d’arriver là.C’est parce qu’il s’est mis dans cette situation-là.AT: .dans cette situation-là.Et puis, il n’avait pas le choix, il voulait des offres puis fallait qu’il revienne à Québec avec des offres.DW: Parce qu’il en avait (de la marge, NDLR), avec la loi 150 et son retrait des tables.Au début du mois de juillet il en avait en maudit.Pour leur dire écoutez, vous autres vous avez compris.AT: Mais en revenant aux tables, il savait ce qu’il faisait.C’est un grand garçon en politique.Alors il s’est interdit d’avoir beaucoup de marge de manoeuvre.DW : Il en avait beaucoup de cartes.C’est parce qu’il ne les a pas jouées.AT: Non, non.DW: Parce que, comme premier ministre du Québec avec les demandes historiques du Québec, puis tout ce qu’il y avait comme pression ici, il pouvait très bien dire no way.AT: Les demandes traditionnelles du Québec, mon oeil, hein.Mon oeil, mon oeil, mon oeil, mon oeiL II ne l’a pas, ne les a pas défendues avec vigueur.Puis ensuite dans la salle, il soulève des affaires, mais pas tout le temps.Il travaille toujours en pensant que Brian (Mulroney, le premier ministre du Canada, NDLR) va le faire, en pensant que Bob Rae (premier ministre de l’Ontario, NDLR) va le faire.Il s'acoquine avec Wells (Clyde, premier ministre de Terre-Neuve, NDLR).Puis il parle pas, tu comprends.Il veut régler ça en bilatérale, ou refile les questions aux avocats en pensant que ceux-ci vont faire le travail de nettoyage pour que lui puisse se la fermer.DW: Ah Seigneur.AT: Ah il a pas changé.C’est vraiment lui, ça.DW : Mais comme il n’y avait pas eu de travail fait dans les premières vagues de fond par les fonctionnaires, bien là c’est un désastre.Parce que quand on était à des tables multilatérales et qu’on préparait ça, on faisait les batailles avant et on disait no way.Mais là personne avait été là dans le multilatéral.AT: Le bonhomme arrive, il entre, il est en conflit direct avec ses collègues.C’était une drôle de dynamique.DW : En tout cas.Je sais pas comment ça va finir tout ça.Avec le référendum canadien.AT: Ah.la population du Québec est tellement ambivalente.Ils vont faire un gros show médiatique puis ils vont réussir à vendre.Le ministre est parti, là.C’est un communicateur.Puis là, écoute, ça va être bon, positif demain (au congrès du Parti libéral, NDLR), puis ça va bien sortir tu vas voir.DW : Ah, ils n’auront pas de misère avec leur parti, ça c’est attaché.AT: Puis la semaine prochaine, ça va être rendu 55 % pour les offres, tu verras.DW: Jean-Claude (Rivest, conseiller personnel du premier ministre, NDLR) il doit être découragé, avec tout ce qu'on a dit depuis un an, il y a pas une ligne dans les documents du Cosmos (Comité de stratégie du gou-vernemnt, NDLR), avec laquelle Jean-Claude était pas d’accord.AT: Mais Jean-Claude, dans le crunch, il va toujours être pour son boss.DW : Parce que c’est pas compliqué, l’entente, quand tu la regardes — je viens de la recevoir, tantôt, il y a à peu près trois heures, la version finale ou celle de la semaine passée —, il y a à peu près pas une ligne sur laquelle on n’a pas écrit depuis un an que ça avait pas de bon sens.Il existe des centaines de papiers dans les classeurs — les archives vont parler dans 25 ans, t’as fait des centaines de notes, toi —, que l’administration publique du Québec a démontré par a plus b pourquoi ça avait pas de bon sens : autochtones, puis partage des pouvoirs, puis clause de sauvegarde pour le standing, puis la charte sociale, puis tout.On a tout écrit ça, des centaines de fois, qu’il fallait pas accepter ça.Des fois on peut dire : « Il y a dix % de ce qu’on a écrit qui est pas accepté ».Mais là c’est quasiment 100%.Fait que, Jean-Claude.je peux-tu croire, quand il a fait des shows à Mme Bourgon (sous-ministre fédérale aux Affaires constitutionnelles, NDLR); y a rien qu’il n’a pas dit, dans le dossier autochtone.Notre réunion incendiaire, le 2 juin, comment aujourd’hui il peut vivre avec ça, je le sais pas.Demande-moi pas, comment la semaine passée il pouvait même imaginer que ça se pouvait par rap-rt aux intérêts supérieurs du Qué-c.Parce que, c’est pas pour les dix prochaines années qu’on fait ça là, c’est pour les cinquante puis les soixante-quinze à venir.AT: Il en voulait pas de référendum.sur la souveraineté.En tout cas, on s’est écrasé, c’est tout.DW : Oui, mais ce que je veux dire c’est que dans le contexte actuel où tout est en débandade, il ne faut pas que tu prennes tout sur tes épaules non plus.Il y a une décision du PM puis je veux dire à un moment donné t’es obligé de vivre avec.Mais de là à dire qife ta crédibilité personnelle est atteinte, je pense qu’il y a un gros pas qu’il faut pas franchir allègrement comme ça.AT: Ah mais, je suis pas porté à rester bien longtemps.(.) Et puis, je veux pas non plus m’imposer trop d’obligations démesurées.Surtout que je me demande si ça vaut la peine.SUITES DE LA PREMIERE PAGE + Rae tait ainsi encore dans ses discours sur l’obligation morale qu’aurait sa province à accepter des obligations constitutionnelles à l’égard de la plus importante minorité francophone hors Québec en termes numériques.Mais depuis qu’il est devenu premier ministre en septembre 1990, Bob Rae s’est ravisé, affirmant que l’opinion publique ontarienne était réfractaire à un tel geste.Avant d’appuyer l’accord de Charlottetown, l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) voudrait maintenant que Queen’s Park accepte d’enchâsser les droits linguistiques des Franco-Ontariens dans la Constitution.Alors que le bureau du premier ministre mettait la dernière main à sa visite d'une journée dans les Cantons de l’Est, les dirigeants de l’ACFO multipliaient encore les pressions en ce sens, irritant considérablement son gouvernement.Le climat était tel que des membres de l’entourage du premier ministre ontarien ne se gênaient pas hier pour dénoncer comme du « chantage » l’approche adoptée par lés militants francophones depuis le début de la campagne référendaire.« Ils sont venus voir le premier ministre et ils l’ont menacé de l’embarrasser s’il ne leur donnait pas ce qu’ils veulent », raconte l’un d’entre eux au sujet d’un entretien la semaine dernière entre Bob Rae et plusieurs chefs de file de la communauté francophone ontarienne.La visite de Bob Rae n’est pas sans rappeler pareille excursion du conservateur Bill Davis en 1980.À l’époque, le gouvernement Davis était à couteaux tirés avec la communauté franco-ontarienne au sujet de la construction d'une école secon-dairé de langue française à Penetan-guisl^ene.' tyenacé d’être pourchassé jus-gji’àd Québec par des militants francophones, Bill DavLs avait donné le feu vert au projet d’école une se-' Mafn’e avant son passage à Montréal.' ^our l’essentiel, les militants franco-ontariens voudraient cette fois-ci que l’Ontario imite le Nou-veaurBruaswick et mette à l'abri de la Constitution canadienne les droits que leur donne la loi provinciale, i, Même si le français n’a pas un statut officiel en Ontario, le droit d’utiliser cette langue à la législature ontarienne, devant la plupart des tribunaux et lors de la prestation de servjces gouvernementaux dans la pjupârt des régions de la province où yjyçnt d’importantes communautés francophones, est assuré par une loi., .Selon un projet préparé par deux juristes franco-ontariens, l’Ontario pourrait enchâsser, avec l’accord d’Ottawa, ces dispositions dans la Constitution, sans nécessairement se déclarer officiellement bilingue.Mais, selon des sources à Queen’s j^ark, les conseillers politiques du premier ministre ontarien lui au raient fortement déconseillé un tel geste, susceptible selon eux de soulever une partie de l’opinion publique contre l’accord de Charlottetown.Samedi matin, le premier ministre Rae s’expliquera d’ailleurs de vive voix devant l’Association cana-dienne-française de l’Ontario, la quelle sè réunit pour prendre officiel lement position en vue du référendum de Charlottetown.¦ Plusieurs militants au sein de l’or ganisme ont également l’intention d’y plaider en faveur du OUI le 26 octobre.4 Bosnie Enfin, comme preuve de leur bonne volonté, les deux présidents ont souhaité le déploiement rapide d’observateurs internationaux sur les aérodromes des deux pays en tant que « mesure tendant à restaurer la confiance».La démilitarisation de la péninsule de Prevlaka, revendiquée par les Croates, mais qui est une véritable plate-forme militaire grâce à laquelle l’armée fédérale yougoslave tient sous la menace de ses canons Boka Kotorska et Dubrovnik, devra être effective dans trois semaines, le 20 octobre prochain.C’est à cette date précisément que les deux présidents se sont engagés à se retrouver en présence de MM.Vance et Owen.L’accord sur Prevlaka, qui doit encore être approuvé par le siège des Nations unies à New York, est dans l’esprit de la conférence de Genève la première pièce d’une cessation des hostilités dans tout le pays qui doit se faire secteur par secteur, selon l’expression utilisée par le secrétaire au Foreign Office, Douglas Hurd.Le retour des réfugiés a constitué une part importante des discussions, chacun des deux pays ayant accepté le retour de ses réfugiés respectifs dans leurs foyers, que ce soit sur le territoire de la république de Croatie ou encore sur celui de la RFY.À cette fin, un mécanisme quadripartite comprenant les autorités de Croatie, les représentants serbes locaux ainsi que la FORPRONU et le HCR va être mis en place afin d’obtenir la mise en oeuvre de ce processus.• Toutes les spoliations obtenues par la terreur à l’encontre des victimes de la politique du « nettoyage ethnique » sont déclarées nulles et non avenues par les deux chefs d’Etat qui demandent également la libération rapide de tous les prisonniers et la suppression de tous les camps sous les auspices du Comité international de la Croix-Rouge et du Haut commissariat aux réfugiés (HCR).« De toute évidence, nous n’avons pas surmonté toutes les difficultés concernant les causes de cette crise », a déclaré le président Franjo Tudjman qui avait, mardi soir à Zagreb, passé un accord avec le président bosniaque Alija Izetbegovic en vue de propositions communes en faveur d’un règlement politique de la crise.« Mais a ajouté le chef de l’État croate, nous sommes mutuellement prêts a parvenir à la paix ».De son côté, le président Dobrica Cosic a déclaré que ces premiers accords devaient « instiller l’espoir que nous serons capables de faire plus dans le futur».M.Douglas llurd, a estimé, hier à l’issue d’entretiens à Genève, que la résence de la nouvelle Yougoslavie la Conférence de Genève était la preuve que les sanctions mises en place par la communauté internationale à l’encontre de ce pays commençaient à porter leurs fruits.Selon le chef de la diplomatie britannique, pays qui préside la Communauté européenne, ces sanctions doivent conduire la RFY à une politique plus saine vis-à-vis des républiques voisines.Par ailleurs, des combats étaient signalés dans l’ensemble de la Bosnie-Herzégovine, hier, mais le calme prévalait à Sarajevo, dont la population compte sur un rétablissement du pont aérien de l’ONU.Mardi, un responsable américain avait estimé que la reprise des vols interviendrait en seconde moitié de semaine.Les 380 000 habitants assiégés de Sarajevo sont privés de livraisons aériennes depuis près d’un mois.Radio-Sarajevo a entretenu l’espoir en annonçant à plusieurs reprises une reprise imminente du pont aérien, interrompu le 3 septembre après la destruction en vol d’un avion italien.Mais les 19 pays qui assuraient les vols humanitaires hésitent à les rétablir sans recevoir des garanties de sécurité plus fermes.Leurs craintes ont été renforcées par un incident survenu mardi en Croatie, où deux hélicoptères de l’ONU ont essuyé des tirs.Le soldat croate jugé responsable a été arrêté.Les besoins alimentaires de Sarajevo s’accusent de jour en jour.Les stocks de vivres des organisations humanitaires sont presque épuisés et les habitants de la ville sont privés d’électricité et d’eau courante depuis trois jours.La radio, ajoutant à l’insatisfaction qu’inspire la présence de l’ONU à nombre d’habitants, a affirmé que le courant n’était pas rétabli parce que les Casques bleus refusaient de protéger les techniciens chargés de procéder à des réparations.Hormis quelques tirs de mortier au nord de Sarajevo, un calme inhabituel régnait hier dans la ville, et le centre de commandement de l’armée n’a pas signalé de combats ailleurs.4 Taux la valeur plancher du dollar canadien est de 80 cents américains environ.De son côté, M.Benoît Durocher, économiste à la Banque Royale, a souligné que l’addition des politiques arrêtées récemment par la Banque du Canada précisait une fois de plus que cette dernière entendait maintenir l’inflation à l’intérieur de 3 % d’ici la fin de l’année.Dans cette perspective, de souligner M.Normand Faubert, cambiste à la CIBC, le gouverneur fera tout pour contrer les pressions inflationnistes qu’elles viennent par le flan des importations ou par celui des exportations.Pour l’heure, cette brusque modification du profil financier canadien va ébranler sérieusement 11 confiance des consommateurs.C’est du moins la conviction exprimée par M.Soucy qui s’est empressé d’ailleurs de souligner que l’économie canadienne va être écorchée là où le manque de tonus faisait cruellement défaut.« Cette majoration, de confier M.Soucy, c’est rien de moins qu’un solide coup de frein dans la consommation de biens.» Selon ce spécialiste, le dollar canadien, contrairement par exemple au dollar américain, a subi coup sur coup les échos négatifs de deux phénomènes.« Pendant une quinzaine de jours, le dollar canadien était prisonnier de la tourmente qui avait frappé le système monétaire européen.Concrètement, en ayant augmenté son taux la Bundesbank (en Allemagne) a attiré les investisseurs aux dépens des monnaies nord-américaines.» « Après quoi, de poursuivre M.Soucy, nous avons écopé des déclarations dramatiques des politiciens canadiens qui, en faisant des corn paraisons avec l’ex-Yougoslavie et le Liban, ont favorisé des pressions à la baisse que la communication de l’étude de la Banque Royale n’a fait qu’amplifier.Cet ensemble de facteurs aura eu un résultat : rendre les marchés très nerveux.Actuellement, c’est l’émotivité qui a la priorité.Si la rationalité avait le dessus, le taux préférentiel serait demeuré à son niveau.» Au cours d’une tournée dans la région de Québec, le premier ministre Bourassa a déclaré que « ce n’était pas sérieux » de laisser entendre qu’il avait « contribué à détériorer le climat économique » pour avoir énonçé certaines chiffres afin d’illustrer son propos.En attendant que la rationalité économique reprenne ses droits, ce que d’ailleurs tous les experts prédi sent en soulignant que le taux préfé rentiel retournera aux environs de 6,25 % d’ici la fin de l’année, les con sommateurs qui en avaient la possibilité se sont empressés de fermer leurs hypothèques dans la journée d’hier.S’il n’était pas possible de quantifier avec exactitude le nombre de consommateurs qui ont décidé d’agir de la sorte, on a signalé, tant à la Banque Nationale qu’à la CIBC, une « cohue téléphonique.» 4 Nutrition cond regroupait les élèves présentant des difficultés.Les 226 sujets partageaient cependant tous les memes caractéristiques sociales et démographiques.Les chercheurs ont d’abord évalué l’état de l'alimentation de ces enfants.Ils ont ensuite observé leur comportement en classe.Finalement, ils ont étudié leurs résultats aux examens de mathématiques et aux tests de français à la fin de l’année 1991.Chez les écoliers dits « performants », le pourcentage de ceux qui ne rencontraient pas les normes alimentaires fixées par le ministère canadien de la Santé était pratiquement toujours plus faible — du moins dans plus de la moitié des cas — que chez les écoliers qui éprouvent des difficultés.L’exemple de l’apport en protéines illustre bien les conclusions de l’étude.Chez les écoliers qui réusissent bien, un sur 100 souffre de carences en protéines.Chez les élèves en difficulté, un sur 10 ne reçoit pas l’apport protéinique nécessaire.Le même phénomène a été observé pour le magnésium.À peine 2,6 % des enfants qui « performent » bien ne rencontrent pas les besoins fixés par le ministère de la Santé.Chez les écoliers en difficulté, 16,8 % souffrent de carences en magnésium.Il en va de même pour d’autres éléments nutritifs, comme le phosphore, le potassium et l’acide folique.« Celà nous a convaincus qu’il y avait une association très forte entre la qualité de l'alimentation et la performance scolaire chez les enfants défavorisés de Montréal », a dit hier Mme Michèle Houde-Nadeau, coauteur de l’étude.Les chercheurs se sont par ailleurs attardés à la « prévalence de certains comportements alimentaires associés à des niveaux de performance différents ».L’omission du petit déjeuner, par exemple.Plus de 25 % des enfants qui ont participé à l’étude ne déjeunent pas tous les jours.« C’est une proportion importante.Dans l’ensemble de la population québécoise, la proportion varie de 15 % à 20 %.Cela inclut les adultes et les adolescents oui peuvent, eux, se permettre des écarts plus grands que les enfants», a dit Mme Houde-Nadeau.Le pourcentage d’écoliers « performants » qui ne déjeunent pas régulièrement s’élève à 14,5 %.Chez les écoliers en difficulté, cette proportion atteint à 35%.« Le déjeuner a un impact sur la performance scolaire», concluent les auteurs de l’étude.La consommation d’aliments sucrés a également un effet sur les résultats scolaires.Il ressort de l’étude que les enfants dits « performants » consomment moins d’aliments sucrés que les élèves qui affichent de meilleurs résultats.La recherche fait par ailleurs ressortir une forte corrélation entre les carences alimentaires et les problèmes de comportement scolaire.Ainsi, les écoliers les plus turbulents souffrent très souvent d’un apport insuffisant de plusieurs éléments nutritifs, dont le potassium, le calcium et le magnésium.Il en va de même pour les élèves qui sont souvent « fatigués » à l’école.« Un enfant qui ne mange pas correctement peut difficilement avoir un comportement ouvert à l’apprentissage», estime Mme Houde-Nadeau.Le président du Conseil scolaire de nie de Montréal, M.Jacques Mon-geau, a insisté sur l’importance de la recherche publiée hier.« À ce jour, les intervenants scolaires ne disposaient que de données empiriques sur le sujet, aucune étayant vraiment les caractéristiques de l’échantillon montréalais.Les résultats de la présente recherche apportent un éclairage inédit au problème de la faim des enfants d’âge scolaire », a-t-il dit.Il y a un an, le ministère de l’Éducation du Québec avait octroyé au Conseil scolaire de 111e de Montréal un budget de 9,3 millions $ pour la mise en place de mesures additionnelles en milieux défavorisés, dont 4 millions?pour un programme de mesures alimentaires.Depuis, une soixantaine d’écoles primaires et secondaires offrent des repas du midi aux élèves des familles défavorisées.Dans 36 de ces écoles, des organismes communautaires ont pris en charge le programme.Le Conseil scolaire de l’île de Montréal estime à 50000 le nombre d’enfants de milieux défavorisés sur son territoire.4 Wilhelmy rassa a immédiatement réagi à cette affaire, devenue l’Affaire Wilhelmy, en disant que le jugement de la population et de l’Histoire portera sur l’entente elle-même et non sur une conversation privée qui s’est déroulée tard en soirée.« Comme négociateur, on m’attaque, dit-il.Ma réponse c’est la réalité.Si c’est ça l’écrasement, 31 gains, la société distincte.si c’est ça que dire d’un gouvernement (le PQ) qui a laissé tomber le droit de veto du Québec».M.Bourassa ajoute que si ce « fait divers » peut attirer l’attention du public sur le contenu de l’entente et inciter les gens à la lire, eh bien « tant mieux ».« Ils constateront que nous avons obtenu plus que tous les autres gouvernements depuis 125 ans ».M.Bourassa ajoute que M.Tremblay a tenu publiquement des propos contraires à ceux relatés dans la transcription.Le conseiller avait dit, en conférence de presse, que le Québec obtenait la meilleure entente possible dans le contexte et que c’était « ça ou l’indépendance ».La conversation a eu lieu le 28 août.M.Tremblay avait un appareil cellulaire.Mme Wilhelmy était chez elle.Ils ont parlé durant 27 minutes à compter de 22 h 24 ce vendredi soir, la veille du congrès du Parti libéral.Cet échange montre par ailleurs que le premier ministre a souffert, à son retour aux tables, du boycott des négociations qu’il avait décrété en juin 1990.Ses fonctionnaires n’ayant pu participer aux négociations préalables, pour faire le tri de ce qui était acceptable ou non pour le Québec, M.Bourassa se trouvait en conflit direct avec tous ses homologues qui venaient de signer une entente sans le Québec le 7 juillet.M.Bourassa a souffert également de l’absence de ce que Mme Wilhelmy appelle « un coach comme à la boxe », pour le stimuler, le convaincre de continuer à tenir tête à ses homologues, à l’intérieur d’une Rectificatif UNE MALENCONTREUSE coquille nous a fait écrire hier que la CSN fait partie de la Coalition en faveur du projet Grande-Baleine, alors qu’il s’agit de la CSD.Toutes nos excuses à l’une et à l’autre.salle de négociations surchauffée, même s’il les contrariait.Mme Wilhelmy relate que ce rôle était joué par M.Louis Bernard, ancien secrétaire général du gouvernement sous René Lévesque, lors de la négociation de l’accord du lac Meech.M.Bernard tutoyait M.Bourassa et lui disait : « Non Robert, je le sais que tu veux dire oui, mais il faut que tu dises non.Retourne pendant une heure dans la salle puis dis non.Rentre et si tu veux dire oui, sors de la salle viens nous voir».Selon Mme Wilhelmy, aucun des conseillers qui étaient avec M.Bourassa à Ottawa ne le connaissait assez bien ou pouvait exercer une telle autorité sur lui.M.Tremblay, qui a participé directement aux négociations, relate que dans la salle, M.Bourassa parlait le moins possible et comptait sur Brian Mulroney et Bob Rae, il « s’acoquinait à Clyde Wells » pour défendre ses points de vue.« Les demandes traditionnelles du Québec, dit-il, il ne les a pas défendues avec vigueur ».Mme Wilhelmy opine que M.Bourassa avait pourtant des cartes dans sa manche, avec la loi 150, la pression au Québec, pour dire no way, mais qu’il « ne les a pas jouées ».M.Tremblay avoue dans cet échange ne pas etre « porté à rester bien longtemps » encore dans ses fonctions car il se demande si « ça en vaut la peine ».Il affirme que « ses genoux sont usés », car, « nous marchons sur les genoux, comme tu sais», dit-il à son interlocutrice.Mme Wilhelmy rapport qu’il existe dans les classeurs du gouvernement des « centaines de papiers » écrits par les fonctionnaires du gouvernement qui « démontrent par a + b pourquoi ça avait pas de bon sens ».Elle cite les chapitres sur les autochtones, le partage des pouvoirs et la charte sociale notamment.« Il y a à peu près pas une ligne sur laquelle on n’a pas écrit depuis un an que ça avait pas de bon sens, dit-elle.On a tout écrit ça des centaines de fois qu’il fallait pas accepter ça.Des fois, ajoute la sous-ministre, on peut dire qu’il y a dix pour cent de ce qu’on a écrit qui n’est pas accepté.Mais là c’est quasiment 100 pour cent ».La sous-ministre relate une rencontre « incendiaire » où elle a participé à Ottawa avec le conseiller du premier ministre où ce dernier (M.Jean-Claude Rivest) a fait un « show » du tonnerre pour dire que le Québec ne voulait pas de ce qui était proposé sur les autochtones.Fille se demande comment M.Rivest peut vivre aujourd’hui avec cette entente.« Parce que c’est pas pour les dix prochaines années qu’on fait ça là, c’est pour les 50 ou les 75 prochaines années ».M.Tremblay raconte que la pression psychologique était terrible à Ottawa.« Ils sont tous contre nous, dit-il.On est détesté ».Le Québec passait pour « l’enfant de chienne de service », qui empêche une entente.Puis il s’en prend à la délégation ontarienne, dont les membres sont « des visages à deux faces, trois faces ».1 er octobre par la PC et l’AP ¦*88: le premier ministre Brian Mulroney déclenche des élections pour le 21 novembre.1*87: un tremblement de terre secoue la région de Los Angeles: six morts et plus de 100 blessés.1*86 John Fraser est élu président de la Chambre des communes à Ottawa.1*85: Raid de l'aviation israélienne sur le quartier général de l’OLP à Tunis: plus de 70 morts. POLITIQUE Le Devoir, jeudi 1er octobre 1992 ¦ A-5 Le référendum Dans le coin de la patinoire LJ ANCIENNE vedette de hockey Guy Laneur a volé le show aux politiciens, dimanche dernier, au lancement de la campagne du OUI dans la capitale québécoise.Plus que le ministre Marc-Yvan Côté, plus même que le premier ministre, le Démon blond de la Sainte Flanelle et des Nordiques a été ovationné et acclamé par la foule libérale, scandant, comme aux grands soirs du Forum et du Colisée : Guy ! Guy ! Guy ! Celui-ci, qui a du toupet et le sens de la répartie, corrige le tir : « Ce n’est pas Guy ! C’est OUI ! » Ravis, les militants en redemandent, Laneur en redonne, explique son choix en quelques phrases bien senties, concluant : « J’ai toujours été fier d’être Québécois et Canadien.C’est avec cette fierté que je dirai OUI.» M.Bourassa, qui a l’habitude de se faire voler la rondelle et ne s’en offusque pas, apprécie le coup de patin du directeur des affaires publiques des Nordiques et commente, goguenard : Il est aussi habile que moi dans le patinage.politique.Mais la glace est mince et les coins de patinoire parfois abrupts.Le hockeyeur a exercé son droit le plus strict en se prononçant comme il l’a fait.De la même manière, les dirigeants de Molson-O’Keefe peuvent sauter sur la glace référendaire.Par contre, le mutisme du président des Nordiques, M.Marcel Aubut — encore hier, à l’inauguration de l’Institut national d’optique qu’il préside, le naguère volubile avocat fuyait les journalistes — a quelque chose d’étonnant.Il ne veut même pas dire si sa vedette a été promue des affaires publiques aux affaires.politiques.Peut-être veut-il, désormais, éviter la controverse, de peur d’être contredit ou de recevoir un coup d’épaule.UY LAFLEUR // It votera OUI, so V what ! » s’est exclamé M.Lucien Bouchard, à Rimouski lundi soir.Le président du Bloc québécois et vice-président du comité du NON explique qu’il a toujours admiré Lafleur pour ses prouesses sur la patinoire.Mais il ne croit pas que sa prise de position ait beaucoup d’impact auprès des électeurs.Il estime que les gens sauront faire la distinction entre la renommée du hockeyeur et ses opinions politiques.Propos sensés, nullement blessants, ni envers la légende de Thurso ni envers ses adulateurs.M.Bouchard fait une mise en échec aussi loyale que la montée fulgurante de l’homme au toupet.Pourtant, le premier ministre Mulroney se sent offusqué, choqué, ulcéré.Mardi, aux reporters qui le suivent, on fait savoir qu’il serait disposé à répondre à des questions sur l'affront de son ancien ami.Les scribes font la sourde oreille; le chef du OUI ignore leurs interpellations sur d’autres sujets, nettement d’intérêt public.En Gaspésie, en soirée, le ministre Côté saute sur la glace en commentant ce qu’il appelle l’affaire Lafleur.M.Mulroney, se dépêtrant quelque peu de l’apocalypse selon la Banque Royale, se lance à l’attaque.Il réclame rien de moins que des excuses de son ancien ministre à Lafleur et à ses partisans pour avoir suggéré, selon lui, que le hockeyeur n’était pas assez intelligent pour comprendre l’enjeu du référendum du 26 octobre.Quelle attitude méprisante, clame-t-il, la main sur le coeur, comme s’il avait été dardé.P IRE encore, M.Mulroney tente de recréer une autre affaire des Yvette, si dommageable au camp du OUI en 1980.Cette année-là, Mme Lise Payette avait comparé Mme Madeleine Ryan, épouse du chef libéral d’alors, à la pauvre Yvette des manuels scolaires, on ne peut plus stéréotypée et conservatrice.Fort injuste, l’allusion avait été dénoncée par Lise Bissonnette, dans LE DEVOIR, et donné des ailes au Mouvement des Yvettes pour le NON, remplissant même le Forum de Montréal.La manoeuvre de M.Mulroney est cousue de fil blanc, pour ne pas dire grossière.Le parallèle ne tient pas, si ce n’est, ô coïncidence, que le mari de l’Yvette de Mme Payette se prénommait.Guy.La rondelle du OUI ne saurait se rendre bien loin.Pourtant, lancée si fermement par M.Mulroney, elle pourrait se rendre jusqu’à l’embouchure du filet.Aussi, pour éviter tout dérapage ultérieur, M.Bouchard a fait hier une mise au point appropriée, qui replace l’incident dans une perspective plus sobre et juste.Il redit son admiration pour Michel Venne Lafleur et son droit de prendre position comme il l’entend.« Ceci étant dit, en bonne démocratie, toutes les opinions politiques sont égales, quels que soient la célébrité et le champ d’expertise de leurs auteurs.À la fin, c’est l’opinion de l’ensemble de la population qui compte.» On ne saurait mieux dire.D’autant que, comme le note M.Bouchard, la vraie question est ailleurs.Au lieu de détourner l’attention sur des trivialités, le premier ministre devrait faire en sorte que les textes juridiques découlant de l’entente de Charlottetown soient rendus disponibles sans délai à l’ensemble des Canadiens.Au fait, c’est le premier ministre, et non son ancien ministre Bouchard, qui devrait présenter des excuses à la population.M.Mulroney a raille mardi ceux qui veulent avoir les fameux textes, probablement pour approfondir les clauses dérogatoires, le samedi soir, après le hockey, ou pour faire les délices des avocats.Si vous voulez garder ces textes juridiques secrets, rendez-les publics dès maintenant, ironise-t-il.Il laisse ainsi entendre que les Canadiens n’ont ni l’intérêt ni le besoin de lire l’entente, à moins qu’il ne doute de leur capacité à la comprendre .DJ UNE certaine manière, cet incident qui fait boomerang sur M.Mulroney fait penser à un mot de l’ancien premier ministre Lesage.Prié de faire campagne pour bien faire comprendre les tenants et aboutissants de la formule Fulton-Favreau, en 1965, M.Lesage s’était exclamé que les non-instruits n’y comprendraient rien.M.Mulroney pense-t-il qu’il en serait ainsi avec les textes sur lesquels les avocats des 17 parties en cause s’esquintent depuis cinq semaines ?En attendant, le texte de l’entente politique du 28 août ne serait sûrement pas inutile.Interrogé mardi sur les ondes de CJRP, à Québec, Guy Lafleur a prétendu qu’il l’avait lue.Toutefois, a Robert Gillet qui le grillait, le porte-parole des Nordiques a prétendu que le droit de veto équivalait au droit de.vote.Soyons bons princes.Fort occupé à la promotion de Molson-O’Keefe et, désormais, à la campagne du OUI, le Démon blond n’a probablement eu accès qu’à un court résumé de l’entente.S’il a finalement le temps de lire le texte de 12 pages, il finira par découvrir, peut-être, la demi-douzaine de veto que MM.Bourassa et Gil Rémillard prétendent avoir récupérés pour nous.Il a quand même du toupet, ce Guy national et fleurdelisé ! Un rassemblement des ethnies Paul Cauchon JACQUES PARIZEAU se déclarait « secoué » et « bouleversé » par ce qu’il venait d’entendre.Car il venait d’écouter les discours des porte-paroles de 75 personnalités de différentes communautés culturelles québécoises, qui lançaient, dans un geste qualifié d'« historique », le Rassemblement des communautés culturelles pour le NON en invitant leurs compatriotes des minorités ethniques à résister aux campagnes de peur.L’une des ces porte paroles, Carmen Sabag-Vaillancourt, déclarait d'emblée que « nous sommes en train de détruire un mythe trop longtemps entretenu au Québec, celui voulant que les communautés culturelles forment un bloc homogène».La déclaration émise hier veut ainsi faire contrepoids à la prise de position en faveur du OUI adoptée par trois puissantes organisations dont le Congrès juif canadien et le Congrès italo-canadien.Les 75 signataires écrivent que « nous connaissons plus que quiconque les difficultés énormes que doivent traverser les peuples qui veulent se tenir debout.Comprenant l'histoire de nos hôtes et nous associant à leur démarche, nous croyons qu’il est temps de mettre fin aux chaos constitutionnels en s’exprimant clairement par un rejet massif de ces offres humiliantes pour tous les Québécois».Les leaders invités hier ont repris quelques idées déjà avancées par les tenants du NON - l’entente n’apporte pas de nouveaux pouvoirs, c’est un brouillon, un chèque en blanc — mais leur propos prenaient une tournure originale puisqu’ils reliaient tous cette prise de position à leur histoire personnelle d’immigration.Ainsi Osvaldo Nunez, un leader de la communauté chilienne, a rappelé sa propre lutte au Chili avant sa fuite en 1974 « pour notre identité et notre culture », ajoutant être devenu « solidaire de la lutte des Québécois ».Rafael Delli Gatti, qui s’occupe mise sur l’économie pour «paix» constitutionnelle Bourassa vendre la Michel Venne de notre bureau de Québec DEPUIS le début de sa tournée, Robert Bourassa cherche à créer, en fond de scène d’une campagne morne, l’impression qu’il peut, lorsqu’il est libéré du débat constitutionnel, attirer des investisseurs et des emplois d’avenir.Jour après jour, comme hier à Québec, il saute d’usines en centres de recherche financés par l’État pour étaler des réalisations concrètes de son gouvernement, illustrées ensuite par des images aux téléjournaux.Il prononce quelques mots devant les employés.Ses discours sont modérés.Il essaie d’éviter les foules hostiles.C’est lorsqu’il répond aux questions des journalistes que le ton peut monter un peu.Comme hier, lorsqu’il a accusé les leaders du NON de cacher leurs véritables intentions : « Voter NON, c’est voter pour ceux qui veulent la souveraineté».Ou quand il s’est défendu d’être responsable des soubresauts du dollar et des taux d’intérêt, parce qu’il ose parler des « risques » d’une rupture du pays si le NON gagne : « C’est pas sérieux, dit-il.A-t-on le droit de dire la vérité dans une campagne référendaire ?».A certains égards, la campagne sur le terrain de M.Bourassa emprunte au style dont voulait imprégner la sienne M.René Lévesque en 1980.Ce dernier faisait lui aussi le tour des usines ou des centres créés par le gouvernement, d’une part pour montrer ce qu’un gouvernement indépendantiste était capable de faire.Et pour induire d’autre part qu’il pourrait en faire bien davantage s’il disposait de tous les outils, c’est-à-dire la souveraineté.M.Bourassa, pour sa part, fait miroiter combien il pourra en faire plus si la paix constitutionnelle et la stabilité politique reviennent, si le OUI l’emporte le 26 octobre.En contrepartie dans ses discours, il oppose ses réalisations concrètes à l’incertitude que provoquerait, selon lui, le rejet de l’entente de Charlottetown.Du même coup, le premier ministre s’attribue des succès, ce qui peut contribuer à rétablir la confiance du peuple en leur chef politique.L'affaire Wilhelmy-Tremblay, la saga des textes incomplets et l’absence de textes juridiques ont nourri méfiance et scepticisme à l’égard de l’entente et du négociateur en chef du Québec.À l’Institut national d’optique, à l’occasion d’une visite du parc technologique de Québec, hier, il a commencé par dire aux employés : « Je vous félicite », pour se reprendre et dire : « Je ‘nous’ félicite, parce que nous avons réalisé cela tous ensem- titut de technologie du magnésium, il a pointé le fait qu'avant meme d’être réélu premier ministre, il avait, en septembre 1985, commencé à prospecter des investissements dans ce secteur industriel auprès des dirigeants de Norsk Hydro, à Oslo, en Norvège.Aujourd’hui, Norsk Hydro a une usine à Bécancour.Ces deux instituts sont des centres de recherche dans deux domaines de haute technologie qui ont été créés avec l’aide du gouvernement du Québec, de même que le parc technologique de Québec, où ont été créés 450 emplois en 4 ans.La confiance est un élément clé dans cette campagne, c’est en tout cas l’un des principaux arguments invoqués par le député Rémy Poulin pour convaincre ses commettants du comté de Chauveau de voter OUI.Le député a relaté hier que lorsque les gens l’interrogent sur l’absence de textes juridiques il leur répond : « Est-ce que vous avez déjà lu toutes les clauses de votre contrat de mariage ou de votre contrat d'assurance ?Non.mais vous vous sentez protégé quand même.Dans ce cas-ci, c’est la même chose : il faut faire confiance.» C’est également pour rétablir la crédibilité de M.Bourassa que, dès qu’ils en ont l’occasion, des ministres vantent ses compétences en public.Lors de l’inauguration du comité du OUI dans Jean-Talon, la circonscription de Gil Rémillard, ce dernier a présenté son chef comme « un négociateur exceptionnel ».Dénigrant les tenants du NON, qui seraient corn tre n’importe quelle entente puisqu’ils veulent la souveraineté, le ministre conclut que « la vraie question, au fond, c’est : croit-on ou ne croition pas dans ce pays (le Canada).?*.Le ministre d’Êtat aux Finances,à Ottawa, M.Gilles Loiselle, a également fait l’éloge du premier ministre.Les demandes du Québec ont été nombreuses depuis 30 ans, dit-il.Peu d’entre elles ont été satisfaites.« lia fallu M.Bourassa pour que le déblocage se fasse », dit-il.• .Le premier ministre a pour sa part soutenu que les critiques des oppo» sauts à l’entente sont autant de ballons dégonglés.Aussi bien les craintes que la clause de société distincte ne protège pas la loi 101 que les cri1 tiques sur le Sénat égal ou sur le fait que nous obtenions moins que l’accord du lac Meech ne résistent pas'à l’analyse.Tant et si bien, dit M.Bou?rassa, que le camp du NON s’acharne maintenant a réclamer des textes juridiques, lesquels, promet-il, vont simplement confirmer l’entente politique.;.‘ Il répète enfin qu’il est faüx
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