Le devoir, 11 novembre 1992, Cahier A
2 CAHIERS Montréal, mercredi 11 novembre 1992 Pluie ou bruine.Max.: 9.Détail page B-6.Les rumeurs sur l’empire des Bronfman accentuent la chute du huard Mais la banque centrale fait preuve de souplesse Gérard Bérubé LE DOLLAR canadien subit des assauts répétés.Celui-ci ne pouvant reposer sur des assises fondamentales solides, la Banque du Canada est prête à concéder sa fragilité pour ne pas compromettre la difficile reprise économique au pays.Le recul de la devise a été accentué par les rumeurs entourant un possible tremblement du côté de l’empire torontois des frères Bronfman.Celui-ci, avec une dette consolidée de 100 milliards?, représente un poids cinq fois plus grand que celui d’Olympia & York.Le dollar a clôturé hier à 79,11 cents US, en baisse de 62 points par rapport à la veille.La dégringolade se chiffre à près de 1 cent depuis vendredi, une séance qui a été dominée par une sérieuse remise en question de la solidité financière de l’empire Hees International.La Banque du Canada est intervenue directement sur les marchés de change, hier, en délestant sa réserve de billets, à un moment où le dollar atteignait 79,08 face à sa contrepartie américaine.La veille, elle avait puisé dans ses réserves au moment où il avoisinait les 79,25 cents US.Le coût de toute cette opération ne sera dévoilé par le ministère des Finances qu’au début du mois prochain.En septembre, la banque centrale avait dépensé une somme record de 4,3 milliards pour soutenir un dollar qui subissait les retombées d’une crise monétaire sans précédent en Europe et d’une campagne référendaire au pays.Le dollar a été frappé, hier, par un vent de spéculation en provenance de Chicago.Les investisseurs étrangers ont vendu massivement le dollar canadien, devenu une devise faible à leurs yeux.Cette vulnérabilité a été amplifiée par le message émis par la Banque du Canada selon lequel elle était prête à s’accommoder d’une devise plus faible pour ne pas tuer dans l’oeuf toute chance de reprise économique au pays.« Le message a été on ne peut plus clair, a fait remarquer Dominique Vachon, économiste à la Banque Nationale.La banque centrale a ramené à 5 % le taux sur les prêts au jour le jour, taux qui se situait à 6,18% lundi, à la fermeture.» Ce taux avait été haussé à 7% sur l’heure du midi, lundi, afin de tempérer les ardeurs spéculatives.Pour illustrer davantage le fait que la Banque du Canada aurait mis de côté sa lutte contre une baisse prononcée du dollar, l’économiste mentionne que le taux des bons du Voir page A-4 : Dollar Hydro-Québec change de cap ?Les tarifs varieront ?La société d’État lance selon les saisons des projets tous azimuts Catherine Leconte DANS SON NOUVEAU plan de développement, présenté aux médias hier, Hydro-Québec prend l’engagement que de 1993 à l’an 2000, le prix de l’électricité n’augmentera pas plus que l’inflation.Et dans sa prochaine proposition de tarifs pour la période 1993-95, qui sera soumise au gouvernement en février prochain, elle introduira pour la première fois au Québec une tarification variable en fonction de la période de consommation de l’électricité, de façon à inciter les consommateurs industriels et résidentiels à modifier leurs comportements.Mais comme la société prévoit des investissements de 52,5 milliards ?au cours des dix prochaines années (dont 26,6 milliards $ en nouveaux équipements de production et de transport), elle devra comprimer sévèrement ses frais d’exploitation pour tenir sa promesse de contenir la hausse moyenne des tarifs au niveau de l’inflation.Ce qui signifie notamment qu’il n’y aura plus d’embauches à 1’Hydro avant le prochain millénaire.L’objectif de la « refonte graduelle » de la structure tarifaire qui sera soumise à l’approbation du gouvernement au printemps prochain est double, ont expliqué hier les dirigeants d’Hydro-Québec.D’une part, « aider davantage le client à gérer sa [facture », car vu le grand nombre de Québécois qui se chauffent à l’électricité, « Hydro-Québec a une grande responsabilité à ce niveau-là », a reconnu André Delisle, vice-président à la Planification générale.Et d’autre part, permettre à la société d’État de réduire ses coûts de production en réduisant la demande de pointe hivernale, qui l’oblige à utiliser les plus coûteux de ses équipements.L’idée de base est donc de déplacer une partie de la consommation de l’hiver vers l’été.Pour ce faire, on propose de « donner un signal de prix 1 plus fidèle en introduisant des tarifs qui varieront selon les saisons».Ce sera fait dès la prochaine proposition tarifaire en ce qui concerne les gros consommateurs industriels, ceux qui paient le tarif « L ».La différence de tarif sera augmentée graduellement pendant une période transitoire pouvant aller de 3 à 5 ans \ et pourra aller jusqu’à 50 % de plus en hiver qu’en été, a précisé Pierre Bolduc, le vice-président exécutif en charge des marchés : ces modalités seront précisées d’ici au printemps après consultation avec les clients concernés.Cette nouvelle tarification s’appliquera obligatoirement à tous ces clients.Du côté résidentiel, le projet est d’introduire un tarif plus élevé entre 7 heures et 21 heures, du lundi au vendredi, pendant la période de pointe hivernale, soit du 1er décembre au 1er avril.Cette tarification, qui resterait optionnelle, suppose I l’installation de nouveaux com- pteurs, plus sophistiqués et donc plus coûteux (200 ?pièce environ).Avant de faire cet investissement, Hydro-Québec tentera donc d’abord une expérience-pilote auprès d’une centaine de clients résidentiels, qu’elle devrait lancer à la fin de 1993 et pour un an.De 1992 à 2000, Hydro-Québec prend pour hypothèse une inflation moyenne de 3,5 % et prévoit que le coût du kilowatt/heure (kWh) passera de 5,3 cents à 6,9 cents, soit une hausse limitée à 3,4 %.Mais cela implique que ses frais d’exploitation n’augmentent que de 0,8 % pendant cette période, puisque ses autres charges et intérêts (à l’exclusion des taxes) grimperont de 4,3%.Pour y Voir page A-4 : Tarifs Louis-Gilles Francoeur AUX PRISES avec les impondérables des systèmes canadiens et québécois d’évaluation environnementale et d’imprévisibles réactions sociales, Hydro-Québec se lançe maintenant dans une véritable loto-projets, activant simultanément tous ses dossiers en préparation, de Grande-Baleine à Sainte-Marguerite en passant par l’Ashuapmushuan.Les projets seront mis en chantier au fur et à mesure que le gouvernement aura désigné les gagnants de cette nouvelle course à obstacle même si la société d’État doute que « les autorisations soient données des années à l’avance », a dit le président du conseil, M.Richard Drouin.Ce changement de cap, très mal accueilli hier par les groupes environnementaux qui y voient un refus de justifier chaque projet comme le prévoit la Loi de l’environnement (voir texte en page A-4), garde dans le colimateur des ingénieurs tous les projets annoncés dans le plan de développement de 1990, officiellement remplacé hier par le nouveau Plan de développement 1993-2002.Ce dernier plan repose sur une prévision de la demande à la baisse, soit 2,2 % en moyenne, qu’Hydro espère ramener à 1,8 % grâce à son programme d’économies d'énergie.Mais si la récession, les barrières tarifaires américaines et la résiliation de contrats d’exportation font fléchir la demande prévisible au cours des prochaines sept années, Hydro-Québec ne démord pas de ses prévisions à long terme, qui rejoignent celles de l’ancien plan d’équipement.On peut mesurer la difficulté de ces prévisions quand on constate que l’ancien plan de développement prévoyait 8 TWh de plus pour 1992.Et que les nouvelles prévisions pour l’an 2000 sont inférieures de presque 5 TWh sur les précédentes.Aux fins de répondre à cette demande, que l'on dit « comparable à celle de l’Ontario », Hydro-Québec annonce qu’elle « privilégie la filière hydro-électrique » plus que jamais, élargissant aussi la brèche amorcée dans ce fief public par une part croissante aux petites centrales privées et en maintenant le cap sur la cogénération thermique (privée), la filière énergétique la plus polluante du nouveau plan de développement.Même si le navire amiral des sociétés d’État québécoises ne modifie en rien son cap vers les grands ou moyens projets et la privatisation par les petites centrales, sa capitainerie estime que le branchement du pilote automatique sur le même azimut est le résultat, cette fois, d’un changement de stratégie majeur.Si de nouvelles portes s’ouvrent, c’est principalement dans le dossier amérindien où le président et chef de l’exploitation, M.Armand Couture, n’a pas fermé la porte à d’autres compensations financières dans le cadre d'une éventuelle convention sur le projet Grande-Baleine.Les pourparlers en cours avec les Cris, a-t-il dit, portent principalent sur les possibilités de développement économique de la région.Mais, a-t-il ajouté, énigmatique, même si personne ne parle de rouvrir la convention générale de la Baie James, qui a subi dix ajouts depuis, rien ne s’oppose à une révision des dispositions générales du document central.Les deux présidents d’Hydro-Québec ainsi que leur nouveau plan sont totalement muets sur la contribution du bassin terre-neuvien de Churchill à la satisfaction des besoins québécois.Ainsi, le nouveau plan de dévelop- Volr page A-4 : Projets PHOTO JACQUES NADEAU Oit) 10 'J II) va a • 1 i 1 1 auprès de plus de 33 000 propriétaires américains et tient compte de deux modèles Infiniti disponibles au Canada.Voici la toute nouvelle Jjo d’Infiniti.Malheureusement, elle ne faisait pas partie du sondage de J.D.Power et Associés sur la qualité initiale des voitures neuves.Mais nous croyons qu'elle représente la plus haute expression d'Infinitijusqu'à maintenant.I N F I N I T I Une création Nissan technologiques.Une voiture qui vous réserve des surprises dignes de la plus élégante berline au monde.Sondage de ).D.Power et Associés sur la qualité initiale mené auprès des consommateurs américains seulement en 1992.Un total de 33 575 réponses indique les problèmes rapportés par les propriétaires durant les 90 premiers jours qui ont suivi l'achat.Pour plus d'informations sur Infmiti.composez le 1 800 361-4792.?1 A-6 U Le Devoir, mercredi 11 novembre 1992 LES SPORTS Jacques Demers est-il un entraîneur révolutionnaire ?Guy Robillard de la Presse Canadienne EAST RUTHERFORD, N.J — Jacques Demers est-il en train de faire une petite révolution dans les méthodes d’entraînement?Le Canadien a peut-être déjà eu autant de journées de congé après 16 matchs que pendant toute une saison complète sous la férule de Pat Burns.Pour la troisième fois de suite hier, l’entraîneur a donné congé de glace à tous ses joueurs réguliers le jour d’un départ pour un match à l’extérieur: du rarement sinon jamais vu sous Bums.La semaine dernière, Demers avait de plus libéré ses joueurs au retour du match à Detroit.Il avait commandé un long et exigeant exercice le lendemain et depuis, le Canadien a vaincu deux bonnes équipes, les Red Wings encore une fois et les Flames de Calgary.Et il y a eu au moins deux autres congés depuis le début de la saison.Et dans certains cas, Demers a ordonné à ses joueurs de rester à la maison.Par le passé, certains se sentaient coupables s’ils ne venaient pas au Forum les jours de prétendu exercice optionnel.«C’est tout planifié, mon calendrier est fait en fonction de 15 à 18 congés, soit deux ou trois par mois», a expliqué l’entraîneur hier.«La saison est plus longue de deux semaines» (et quatre matchs), a rappelé Demers, «et lorsque j’ai rencontré les joueurs cet été, plusieurs m’ont dit qu’ils étaient fatigués.Je suis un des rares coachs qui a mené son équipe trois fois de suite à la finale de conférence et je peux dire que mes équipes terminaient avec beaucoup de force».Même Jean Perron, avant De-mers, avait comme politique de faire patiner ses joueurs au retour d’un voyage ou à l’arrivée dans une nouvelle ville loin du Forum: question de délier les jambes et il n’y avait pas de meilleure recette, a toujours soutenu le diplômé en éducation physique.«J’en ai parlé avec Charles Tif-fault (un autre «docteur») et si la formule n’est pas bonne, je suis ca-able de changer», a dit Demers ier.Mais le contraire risque aussi d’arriver et face aux succès actuels, il pourrait donner encore plus de congés que prévu.«Mais il ne faut pas exagérer, nous avons un travail à faire et les entraînements sont nécessaires pour les jeunes», soutient-il.Ca dépendra aussi de la façon dont les joueurs vont répondre puisque, insiste l’entraîneur, ‘chaque congé est un privilège et je ne m’attends pas à ce qu’ils se couchent à deux heures du matin après avoir traîné dans un bar».«Pour le moment», doit-il cependant avouer, «nous sommes une des meilleures équipes à la troisième période».L’engouement pour le basket arrive au Canada TORONTO (PC) — Les meilleurs joueurs canadiens de basketball ne joueront sans doute pas dans la nouvelle Ligue canadienne qui doit voir le jour en mai prochain.Mais l’idée est un pas dans la bonne direction, déclare l’entraîneur de l’équipe nationale, Ken Shields.La ligue compterait six concessions situées à Cap Breton, Halifax, Montréal, Toronto, Winnipeg et Calgary.Mais l’horaire d’été empêchera les membres de l’équipe nationale de faire partie du nouveau circuit.Shields estime que cette nouvelle ligue aidera au développe- ment du basketball au Canada même si aucun joueur de l’équipe nationale n’en fera partie.«Depuis des années, je déplore que le Canada n’ait pas une ligue professionnelle.C’est pourquoi j’y suis très favorable», a indiqué Shields, lundi, depuis sa demeure de Victoria.It; ! lu*-.i"ii LE DEVOIR N .AG Ml au 2050 De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec) H3A 3M9 Informations : 985-3333 Publicité : 985-3399 Service à la clientèle : 985-3355 Annonces classées : 985-3322 Avis publics : 985-3344 r PHOTO AP Face à face hawaïen Cette photo du 21 mars dernier montre on ne peu plus clairement ce «face à face» de style hawaïen entre Konisniki, à gauche, et Akebono à Osaka durant le tournoi du printemps de Grand Sumo.Prise par le 1 photographe Toyoyuki Sato du journal sportif Sankei, la photo lut choisie hier comme étant la meilleure 1 photographie de sport de l'année par l'Association des photographes de presse de 77 quotidiens de la région de 1 Kansai, dans l’ouest du Japon.En passant, Konishiki a remporté le match en poussant son adversaire au plancher.Les posters de Duncan Wilkie «Bien plus qu’une p’tite carte ou tu vois le gars avec son record en arrière.» Gilles Marcotte Duncan Wilkie a cinquante-quatre ans.Jeune grand-père: déjà deux petits enfants.Mordu de sport.Par certains beaux soirs d’hiver, Duncan part encore, patins en bandoulliè-re, vers quelque patinoire du voisinage.Même qu’avant l’arrivée du grand mateau blanc, grand-père patine.Le mercredi soir, à Etienne-Desmarteaux .C’est la soirée des 40 ans et plus .Duncan y zigzague, alerte, courtois, vigilant, comme quand il est au volant d’un bolide dont on lui a confié la conduite.Oui, Duncan est chauffeur.Taxi, pendant longtemps, limousine maintenant, à l’occasion.Vous avez besoin qu’on vous conduise au Ritz, à Baie-Comeau, à Fort Lauderdale?Duncan est là, toujours prêt à vous amener à bon port, vite fait, et bien.Dans les moments creux, comme il s’en trouve beaucoup ces temps-ci, Duncan s’enferme dans son atelier de fortune de la rue d’Iberville, sort crayons, plumes, pinceaux, colle, ciseaux.Il dessine, peint, découpe , colle.Il peut passer des journées dans son salon double, à jongler avec ses images, qu’il finit, avec bien peu de moyens, par assembler à sa manière pour en faire des posters.Pas n’importe lesquels.Des posters qui parlent de sport.L’hiver dernier, Duncan a exposé ses travaux aux «Bobards», rue Saint-Laurent.Des collages ingénieux, avec toutes sortes de clins d’oeil et des petites surprises, qui parlent des grands athlètes, québécois, internatianaux ou encore du Canadien d’hier à aujourd’hui.Ou encore des grands de la boxe, du baseball, du golf.Ce sont des genres de fresques, des centaines d’images sorties de cinquante-six magazines d’occasion, qui font le bonheur de Duncan.Vous pouvez passer de longues minutes devant ces posters, à repérer Maurcice Richard, Marcel Bonin, Babe Ruth, Wiilie Mays, Yogi Berra, Mohammed Ali, Archie Moore, Yvon Durelle, Armand Savoie, Robert Cléroux, puis oups ! Tiens ! Le volubile Reggie «pro-vie» Char-trand, gros amateur de boxe, preux chevalier de l’indépendance et grand adversaire de l’avortement.Certains des posters contiennent jusqu’à deux cents de ces images qu’il a ramassées à gauche, à droite, chez des amis, au Colisée du livre, dans des marchés aux puces.Il en a vendu quelques-uns pour quelques bouchées de pain, évidemment.Aujourd’hui, le monde est tellement cassé que Duncan est passé au troc en attendant des jours meilleurs.Des cigarettes, du fromage, des conserves.Ou encore, un poster pour une couple de caisses de coke: pas d’alcool.Patin, hockey, grand-père, grand marcheur, Duncan fuit les spiritueux.Il garde forme, quoi.Et Duncan en a besoin pour continuer, sans le sou, avec des moyens dérisoires, son travail, dont il parle, modestement.Mais non sans fébrilité.quand il pense à tous les posters qu’il a en tête.Et ca fait une bonne douzaine d’années qu’il s’amuse à faire des trucs avec les moyens du bord.«J’ai commencé à faires des dessins sur papier, raconte-t-il.Quelque part j’ai toujours aimé crayonner.J’ai commencé à colorier au Prismacolor et à un moment donné j’ai vu quelqu’un qui faisait de la peinture sur vitre.J’ai trouvé ça intéressant.J’en ai fait beaucoup et à un moment donné, ça fait a peu près un an, j’ai commencé à faire des montages.«J’ai toujours aimé le sport, continue-t-il.Ça toujours été ma vie, le sport, le baseball, le hockey, le bicycle.Ça fait 40 ans que je surveille ce qui se passe dans le sport, sans être un fanatique, mais d’assez proche.Mais le temps qui me restait en dehors du sport pis des femmes, je faisais du dessin.«Ce que j’ai toujours en tête, c’est de monter une histoire en images, ou tu vois tout le cartoon.Comme par exemple faire le résumé de l’histoire des Expos, ça va faire 25 ans bientôt.Mais ce que je veux arriver à faire, c’est des murales, plus grandes.Un bon pan de mur où tu pourrais distinguer les détails à une dizaine de pieds», ex-plique-t-il.« Di tans le moment ,je I prends des magazines, 'je découpe, je ramasse des photos ou je peux, je fais des montages comme je peux avec ce que j’ai.Je suis limité.«Je veux aller vers des plus grandes dimensions pour mettre de plus en plus de photos avec du mouvement.Le gars glisse au deuxième, l’arbitre qui dit Safe, l’autre qui est mort, l’autre oui pogne une balle accoté à la clotu- re.«Je veux montrer l’action qui se passe dans la game.Comme quand Demers a lancé ses lunettes.Comme le gars à Ottawa qui passe la Zamboni en habit de soirée.Amèt ne moi ça.Si tu aimes le sport, tu ne veux pas juste avoir une p’tite carte ou tu vois le gars avec son record en arrière.Y en a un livre pour les records.C’est du mouvement que ça prend.» Un beau programme.Et puis, Duncan aime ajouter aux images des petites choses de son cru.Des commentaires, de ses dessins.La binette des amis.Puis là, c’est qui celui-là, qui a l’air d’un méchant tannant?«Ah! lui, c’est mon petit fils.Mario.» Sacré grand-père.Allez Duncan, faites-nous donc encore des beaux posters.EN BREF.Daigle suspendu MONTRÉAL (PC) — Alexandre Daigle, le joueur junior le mieux coté en Amérique du Nord a été suspendu pour une période indéfinie hier par les dirigeants de la Ligue junior majeur du Québec pour avoir frappé un adversaire par derrière.Daigle, la grande vedette des Tigres de Victoriaville, avait été chassé à 17:01 du match de dimanche à Drummondville après avoir servi un double échec au défenseur Denis Gauthier.Ce dernier a subi une commotion cérébrale et a dû passer la nuit à l’hôpital.Il a obtenu son congé dès le lendemain.Fllion, vice-président et préfet de discipline de la ligue, a mentionné qu’il reccontrerait les dirigeants des Tigres et des Voltigeurs et qu’il rendrait une décision finale vendredi.Filion a mentionné qu’il avait rendu cette décision préliminaire après avoir revu le film de l’incident et en se basant sur le reapport de l’arbitre Guy Joubert.Daigle n’a donc pas participé au match d’hier soir contre Shawinigan en attendant d’en savoir plus long.HOCKEY Ligue nationale Lundi Montréal 5, Calgary 2 Toronto 3, Ottawa 1 Tampa Bay 5, NY Rangers 1 Hier Pittsburgh au Minnesota Edmonton à Saint-Louis Los Angeles à Winnipeg San José à Vancouver LIGUE NATIONALE Conférence Prince de Galles Section Charles Adam MONTRÉAL Pi g P n bp bc pts 16 11 3 2 71 51 24 BOSTON 12 8 2 2 59 38 18 QUÉBEC 15 7 5 3 68 56 17 BUFFALO .14 6 6 2 71 58 14 HARTFORD 14 3 10 1 37 61 7 OTTAWA 15 1 13 Section Patrick 1 33 81 3 PITTSBURGH 16 11 3 2 79 56 24 NY RANGERS 16 9 5 2 60 52 20 NEW JERSEY .14 8 6 0 50 49 16 NY ISLANDERS 15 6 8 1 51 53 13 WASHINGTON 15 6 8 1 48 49 13 PHILADELPHIA 15 4 8 3 56 65 11 Conférence Clarence-Campbell TORONTO Section Norris 15 8 5 2 50 45 18 CHICAGO 16 7 6 3 61 53 17 MINNESOTA 14 7 5 2 48 47 16 DETROIT 15 8 7 0 58 55 16 TAMPA BAY 17 7 8 2 62 55 16 SAINT-LOUIS 15 5 9 1 53 68 11 CALGARY Section Smythe .17 10 5 3 74 57 22 LOS ANGELES 15 10 4 1 72 54 21 VANCOUVER 14 7 5 2 57 44 16 EDMONTON 15 5 8 2 46 59 12 WINNIPEG 15 4 11 0 47 66 8 SAN JOSE 15 3 11 1 43 78 7 Aujourd'hui Boston à Buftalo Calgary à Hartford Québec à Ottawa Montréal au New Jersey Washington à NY Rangers Detroit à Tampa Bay Demain Calgary à Boston Québec à Pittsburgh NY Islanders à Philadelphie Winnipeg au Minnesota Saint-Louis à Chicago Edmonton à San José Les meneurs B P Pts Lemieux, Pgh.21 24 45 LaFontaine, But 10 25 35 Stevens, Pgh 14 19 33 Kurri LA 11 20 31 Sakic, Qué 14 15 20 Robitaille, LA 15 12 2/ Gilmour, Tor 9 18 2 i ; Roberts, Cal 10 15 25 J Andreychuk, But 10 14 24 Messier, NYR.7 17 24 Savard, Mtl 6 18 24 Sundin, Qué 11 12 23 ! Recchi.Phi 9 14 23 Fleury, Cal 8 15 23 Turgeon, NYI 7 16 23 1 Muller, Mtl 3 17 20 ' Lebeau, Mtl 5 14 19 ' Ricci, Qué 8 9 17 Nolan, Qué 8 9 17 Duchesne, Qué.5 10 15 .Kovalenko, Qué.4 10 14 ^ Bellows, Mtl 11 7 18 Damphousse, Mtl 4 10 14 ; Keane, Mtl 4 10 14 Young, Qué 5 5 10 Le Devoir, mercredi 11 novembre 1992 ¦ A-7 POLITIQUE Une centaine de médecins francophones accusent le Québec de discrimination * * fM j: Pierre Roberge___________ de la Presse canadienne « « H UNE CENTAINE de médecins > • ayant fait leurs études à l’extérieur > < du Québec qualifient d’obstacle dis-! » criminatoire le concours annuel de la ?Corporation professionnelle des mé-i ; decins du Québec (CPMQ).Institué il y a quatre ans par la t * CPMQ, ce concours attribue 10 pos-tes de résidence hospitalière à des î* médecins ainsi diplômés.« Aucun Zl professionnel québécois n’accepte-£* rait de jouer sa profession dans une iï " loterie semblable.Car je devrai finir ; onzième ou douzième pendant com- Ibien d’années ?» s’est demandé Maria Karras, hier, en conférence de ï presse.t Regroupés en Association des mé-J i decins diplômés hors Québec, la cen-î ’ taine de praticiens — certains atten-I ! dent depuis cinq ans — voient en ce î concours un « facteur d’exclusion » H'‘ de ceux ayant étudié et pratiqué hors Québec.Tous nantis au départ d’un di-i, plôme reconnu par l’Organisation , mondiale de la santé, ces médecins ,, j sont citoyens canadiens, sinon im-migrants reçus, et ont tous réussi ,, l’examen d’évaluation du Conseil médical du Canada, l’épreuve nationale pour être admis à pratiquer au pays.Les médecins inscrits à la CPMQ avant le 19 octobre 1988 ont obtenu un poste de résidence sans concours préalable.Maintenant « une politique discriminatoire du ministère de la Santé du Québec nous octroie des postes au compte-gouttes », déplore Marie-Carmel Fernandez, également de l’association.Cette situation d’attente « pénible, frustrante, intolérable et injuste s’explique, paraît-il, par une entente tacite entre le ministère et la CPMQ », lit-on aussi dans un dossier établi par l’association.Ces médecins acceptent de pratiquer en région.« Nous sommes prêts à nous y engager par écrit, pour qua- tre ans », souügne l’un d’eux, Aladin Boulad, référant à la pénurie en région, récemment estimée à 1600 médecins.À Québec, une porte-parole du ministre Marc-Yvan Côté a observé que le concours de la Corporation des médecins et la pénurie d’effectifs en région, « ce sont deux problèmes différents ».L’admission à la pratique relève de la la Corporation, ajoute Marie-Claire Ouellette, « il faut une formation rigoureuse pour que les gens soient traités convenablement partout au Québec».De plus, le ministère, les fédérations (omnipraticiens, spécialistes) et autres acteurs négocient en vue du 1er avril 1993.« La répartition des effectifs en région est en voie de règlement », indique-t-elle.Par ailleurs, M.Boulad a décrit les conditions particulières du concours de la CPMQ.Un candidat doit d’abord verser 900 $ aux titres des frais et de « l’ouverture de dossier » ; en cas d’échec au premier concours, s’inscrire aux suivants coûtera 500 $ chaque fois.Tenu d’habitude en mai, dans la région de Québec, le concours comprend une première partie écrite, répartie sur deux jours.La seconde partie, orale, est administrée par « de jeunes internes, suivant les méthodologie et terminologie québécoises, que nous ne connaissons pas », signale Aladin Boulad.« Le tout, c’est de cocher sur leur grille si nous avons effectué tel ou tel geste», explique M.Boulad; cette partie se déroule en présence de plusieurs malades présumés, que les candidats doivent examiner en succesion rapide.L’Association des médecins diplômés hors Québec regrette le « manque de transparence entourant le concours, le comité de sélection de la CPMQ n’ayant jamais publié les noms des gagnants à cette loterie ».Les candidats reçoivent un simple avis, disant qu’ils sont ou non parmi les 10 admis.La CEQ se démarque de la CSN D’accord avec l’évaluation externe et une autonomie accrue pour les cégeps Isabelle Paré CONTRAIREMENT à la CSN, les 2000 professeurs du collégial affiliés à la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ) ne craignent pas l’évaluation des cégeps et jugent que ces derniers doivent obtenir plus d’autonomie.« Le personnel des cégeps est compétent et nous n’avons pas peur (de l’autonomie).Ça ne veut pas dire que les directeurs devront décider seuls, mais que le travail d’équipe sera valorisé», a soutenu hier Mme Lorraine Pagé, présidente de la CEQ, dont le mémoire sera rendu public aujourd’hui.Ce mémoire, dont Le DEVOIR a obtenu copie, presse Québec de donner une plus grande marge de manoeuvre aux cégeps, notamment dans les domaines de la formation professionnelle et de l’éducation aux adultes.Toutefois, cette autonomie accrue ne saurait être concédée sans qu’un organisme d’évaluation externe ne jette un regard critique sur les cégeps, soutient la CÉQ.« Je pense que ça fait partie des comptes à rendre lorsqu'on est un service public.Il faut que l’évaluation devienne transparente si on veut finir par se préoccupper d’autre chose », a ajouté Mme Pagé.Invitée à commenter l’opposition farouche des 10 000 professeurs affiliés à la CSN face à l’évaluation externe, Mme Pagé a soutenu qu’il était plus sage de se rallier à cette approche plutôt que d’« être sur la défensive et de laisser aller les choses dans tous les sens».La présidente de la CEQ dit préférer cette avenue à celle d’examens nationaux ou de « palmarès publiés par des magazines ».« L’évaluation fait partie du processus d’apprentissage », insiste la présidente de la Centrale.Cette dernière s’inscrit d’ailleurs en faux à la crainte exprimée par la CSN de voir les professeurs devenir les victimes de la réforme des cégeps.« Il n’y a pas de groupe en train de se transformer en bouc émissaire.On est plus apte à demander des conditions quand on est prêt à mettre l’épaule à la roue.Quand on a une approche frileuse, on est mal placé pour venir réclamer des choses », a-t-elle dit.Aussi, la CEQ se dit clairement en faveur d’une « approche-programme » au détriment de l’approche actuelle, centrée sur les disciplines.« Le mode de fonctionnement (.) en vigueur dans les collèges n’a pas réussi à introduire toute la cohérence requise dans les programmes de formation », note le mémoire de la CEQ.À ce chapitre, Mme Pagé admet que cette position suppose des changements profonds dans l'organisation du travail.« Les professeurs de disciplines différentes doivent élaborer collectivement leurs programmes, car les étudiants n’apprennent pas à faire des liens», ajoute Mme Pagé, convenant que cela ne fait partie de la « culture des cégeps ».Par ailleurs, la CEQ s’oppose toujours aux frais de scolarité au collégial et établit à 72 % le taux d’accès au cégep que devrait viser la société québécoise.« C’est le taux d’accès actuel chez les anglophones.Celui des francophones est de 61 %.Et la gratuité est une façon de combler ce retard», rappelle Mme Pagé.Quant à la formation fondamentale, la CEQ souhaite la voir renforcée, tant au secteur technique que pré-universitaire, mais ne prend pas position sur le contenu des cours obligatoires.Le débat sur le curriculum de cours, intimement lié aux autres ordres d’enseignement, devrait faire l'objet d’un large débat public à part, estime la Centrale.Les philosophes espèrent sauver leur discipline Isabelle Paré ÊTRE ou ne pas être, voilà le dilemme qui plane plus que jamais sur les cours de philosophie au cégep à l’occasion du débat amorcé en commission parlementaire sur l’avenir du réseau collégial.Et ce matin, les porte-parole des professeurs de philosophie du réseau collégial viendront dire qu’ils ne veulent pas l’être qu’à moitié.Le mémoire de Philosophie au collège viendra s’inscrire en faux contre la proposition du Conseil des collèges visant à sabrer de moitié dans le temps consacré à cette discipline au cégep.« La vision du Conseil des collèges réduit la philosophie à l’éthique.On veut nous intégrer au modèle ontarien ou américain des ‘humanités’ », a déploré hier M.Jean-Marc Thér- rien, porte-parole de Philosophie au collège.« Comme la maîtrise de la langue est un objectif de formation très important qui se rajoute aux cours obligatoires de littérature, le développement de la capacité de raisonnement doit être un objectif majeur qui se rajoute à la mission des cours obligatoires de philosophie », a fait valoir ce dernier.C’est pourquoi, Philosophie au collège et le comité de coordination provincial de philosophie, qui représente environ 700 professeurs de cette discipline, viendront plaider pour le maintien des quatre cours obligatoires de philosophie au cégep.En fait, la proposition du Conseil des collèges, qui suggère de réduire et d’assujettir l’enseignement de la philosophie aux grands thèmes prioritaires que sont les valeurs morales et éthiques, les grandes questions de société et la culture scientifique, va à l’encontre de l’idée même d’une « discipline philosophie », estime les philosophes.« On oublie de donner l’importance qu’il mérite au développement du raisonnement.Nous voulons donner des armes aux étudiants pour être critiques et pouvoir penser plus librement.On nous réduit à l’objet d’outil », a relancé M.Therrien, professeur de philosophie au cégep Rosemont.Le Conseil des collèges n’est pas le seul organisme à remettre en question l’enseignement actuel de la philosophie, héritage du curriculum des colleges classiques.Les Chambres de commerce de Québec et du Montréal métropolitain proposent aussi d’intégrer cette discipline à un bloc « humanités » plus approprié aux besoins de la société d’aujourd’hui.Un sondage réalisé par le Conseil per- manent de la jeunesse révèle que plusieurs jeunes ont l’impression « d’y perdre leur temps ».Face à ces critiques, M.Therrien rétorque que des travaux sont déjà entamés pour faire en sorte que des contenus communs obligatoires se retrouvent d’un collège à l’autre.Histoire d'éviter l’éparpillement tant reproché à l’heure actuelle.« En mai dernier, les départements de philosophie ont adopté à l'unanimité, après trois ans de travail, des séquences de développement des habiletés intellectuelles jumelées aux quatre cours de philosophie », a-t-il soutenu.Comme le cours de littérature, ajoute M.Therrien, le cours de philosophie doit demeurer un lieu de contact privilégié des étudiants avec les grands textes, plutôt que de s'intéresser à des débats ponctuels.L’indépendance du Québec devra être «autorisée» par le Canada anglais, prévient Preston Manning Sang contaminé: Ottawa étudie l’impact sur la confiance du public Maurice Girard de la Presse canadienne OTTAWA — Le chef du Reform Party affirme qu’un OUI du Québec en faveur de la souveraineté ne signifiera pas automatiquement l’indépendance.Avant que le Québec ne devienne le premier État francophone d’Amérique du Nord, il devra avoir reçu auparavant l’autorisation du Canada anglais.Les Québécois pourront bien répondre à une question « sur l’indépendance mais pas sur la souveraineté-association », il n’en reste pas moins, aux yeux de M.Preston Manning, que « la question la plus importante pour le reste du Canada sera Manon Cornellicr de la Presse canadienne OTTAWA — La série controversée La Bravoure et le Mépris recèle des lacunes, des omissions et des inexactitudes, soutient l’ombudsman de la Société Radio-Canada, Willian Morgan.« La série, telle qu’elle est à l’heure actuelle, est imparfaite et n’est pas conforme aux politiques et aux normes exigeantes de la SRC », conclut-il dans son rapport rendu public hier.C’est à la demande du président-directeur général de la SRC, Gérard Veilleux, que M.Morgan a entrepris en mai dernier l’examen approfondi de la série de trois émissions diffusées au cours de l'hiver.de savoir s’ils (les Canadiens) approuvent les modalités» de l’accession du Québec à la souveraineté.Le leader réformiste a précisé, hier, que ces « modalités » seront en fait si « onéreuses » pour la province francophone que les Québécois choisiront d’emblée de rester membres à part entière de la fédération.En cas d’impasse — le Québec dit OUI et le reste du Canada dit NON —, M.Manning exclut tout recours à la force.Un peu embêté par le sujet — la question québécoise ne fait pas partie de ses priorités —, le leader réformiste écarte cette hypothèse même si elle est fondée sur le scénario en deux temps prévu par le Parti québécois, qui veut faire porter les pro- Après avoir pris connaissance du rapport, M.Gérard Veilleux a fait savoir, hier, que Radio-Canada acceptait l’entière responsabilité des faits énoncés et qu’elle allait procéder à un examen approfondi de ses pratiques journalistiques.La série ne sera plus diffusée sur les ondes publiques tant et aussi longtemps qu'elle ne sera pas remaniée de façon à respecter la politique journalistique de Radio-Canada, a ajouté M.Veilleux.La controverse autour de cette série sur la Deuxième Guerre mondiale a débuté peu de temps après sa première diffusion, en anglais.Les anciens combattants estimaient alors que la série déformait la réalité et portait atteinte à la réputation de certains officiers.chaines élections sur la souveraineté puis, dans un délai d’un an, tenir un référendum sur l’indépendance.Comme il qualifie de « mythe» cette idée que ses électeurs de l'Ouest canadien font de l’urticaire à la seule vue du français sur les boîtes de céréales.Et il invoque « l’incompréhension » de ses interlocuteurs quand on lui fait remarquer que son leadership semble plus enclin à attiser les instincts grégaires de ses commettants qu’à faire leur éducation sur la réalité du bilinguisme canadien.Et le chef réformiste de répéter son engagement : les députés du Reform Party transformeront le paysage visuel canadien en laissant « la Ils ont lancé une campagne qui a abouti, entre autres, à la tenue d’audiences tout aussi controversées d’un sous-comité du Sénat.La série est une coproduction de Galafilm, de Montréal, de la SRC et de l’Office national du film.La firme Galafilm et le réalisateur Brian McKenna ont fait savoir, hier, qu'ils jugeaient les conclusions de M.Morgan inéquitables.Ils nient que la série soit entachée d’omissions ou d'erreurs.« Nous croyons que le processus suivi par l’ombudsman de la SRC équivaut à un déni de droit », peut-on lire dans la réponse détaillée de Galafilm.Celle-ci demande qu’un comité de journalistes réexamine les conclusions de M.Morgan.loi du marché » dicter la politique linguistique, dorénavant administrée par les provinces.« Il n’y aura plus de bilinguisme canadien officiel.Il sera remplacé par un bilinguisme territorial », a-t-il indiqué.Le fédéral se retirera, sauf pour aider les anglophones de Montreal à obtenir le droit d’afficher dans leur langue, en ayant recours à la Charte des droits et libertés.Et même, ajoute-t-il, en ayant recours au « pouvoir de désaveu » du gouvernement fédéral, mesure législative d’exception que n’a jamais même menacé d’utiliser l’ex-premier ministre Pierre Trudeau contre les péquistes de René Lévesque.Par son propos sur la langue et l’autodétermination du Québec, M.Manning se situe en marge des grands partis politiques fédéraux et exploite avec l'adresse qu’on lui connaît le ressac anti-Québec, responsable en partie de la défaite de l’entente de Charlottetown dans l’Ouest.Cette image de la marginalité accrochée à ce parti de droite, Preston Manning la cultive avec toute l’habileté d’un politicien rompu aux sophismes et aux demi-vérités qu’impose à l’occasion la profession de chef de parti.Si la cible de choix de M.Manning reste le premier ministre Brian Mul-roney, dont il a exploité l’impopularité pendant la campagne référendaire, il s’en prend maintenant au chef libéral Jean Chrétien, qü’il a qualifié, hier, de « leader en réserve de la patrie » et de « leader terré dans sa planque ».L’explication de l’ouverture de ce nouveau front : le Parti libéral menacerait de faire une percée dans le château fort réformiste qu’est l’Alberta.Le chef du Reform Party poursuit aujourd’hui sa tournée de l’Ontario.Manon Cornellier de la Presse canadienne OTTAWA — Le ministre fédéral de la Santé et du Bien-être social Benoît Bouchard a demandé à son personnel d’examiner le dossier du sang contaminé afin de déterminer si la confiance du public s’en trouvait diminuée.Si tel était le cas, il pourrait alors annoncer de nouvelles mesures.« J’ai demandé que le ministère me fournisse l’ensemble des éléments d’évaluation.Il n’y a pas pour le moment d’éléments qui me laissent croire que je doive aller plus loin.Mais si j’ai l’impression qu’on doive aller plus loin pour s’assurer que le public canadien accorde la même crédibilité au régime, je n’hésiterai pas à le faire », a déclaré le ministre hier avant d’assister à une réunion du comité du cabinet chargé des priorités et de la planification.Pour l’instant, M.Bouchard ne croit pas que le public mette en doute la crédibilité du réseau de collecte et de traitement de sang au Canada.Il a toutefois demandé à son sous-ministre de réunir toute l’information disponible à ce sujet.« Est-ce que la crédibilité du système est entachée ?J’ai demandé au sous-ministre de m’apporter des indications à ce niveau-là.S’il y avait le moindre doute, j’irai sûrement plus loin», a renchéri le ministre.Il n’a pas précisé ce qu’il pourrait faire dans de telles circonstances.Il a toutefois dit qu'une enquête publique n’était pas la solution.À son avis, il faut des raisons très sérieuses pour avoir recours à cette démarche.La controverse autour de l’appro- visionnement en dérivés sanguins pour les hémophiles fait rage depuis environ une semaine.Selon l’ancien président de la section québécoise de la Société d’hémophilie du Canada, M.David Page, certains organismes et le gouvernement fédéral auraient tardé en 1984 et 1985 à s’assurer que les produits sanguins en question soient exempts du virus du sida.Selon lui, on aurait pris plus de temps que nécessaire pour exiger ue les dérivés soient chauffés pour liminer le virus.Il en aurait été de même pour l’introduction du test de dépistage du virus du sida dans les dons de sang, soutient-il.N’eut été de ces délais, plusieurs hémophiles auraient pu éviter de devenir séropositifs entre 1984 et 1987.La Société canadienne de la Croix-Rouge et le gouvernement fédéral ont indiqué depuis ses révélations ue les technologies en question ont té introduites dès qu’elles étaient disponibles.La Croix-Rouge a aussi rappelé que la Société canadienne d’hemophilie avait elle-même établi les critères régissant l’utilisation de produits traités par la chaleur et de ceux qui ne l’étaient pas.M.Bouchard refuse aussi de forcer la main aux provinces qui font face à des demandes d’indemnisation de la part des hémophiles.« Il n’est pas question pour nous de demander aux provinces, particulièrement le Québec, de prendre une décision.Je pense que ça concerne la province», a-t-il déclaré.Le gouvernement fédéral a pour sa part accepté en 1989 de verser une indemnité de 120 000 $ à 800 hémophiles et 400 transfusés qui sont devenus séropositifs.« Lacunes, omissions, inexactitudes » L’ombudsman de Radio-Canada critique une émission controversée L’agenda KdlV le partenaire indispensable pour gérer vos journées avec efficacité.PAPETERIE GUÉRIN 351, Mont Royal Est Montréal (Québec) H2T 1R1 Tél.: (514) 842-6856 Fax: (514) 842-4923 CLUB DIMENSION Les Halles d'Anjou 7500-100, boul.Les Galeries d'Anjou Ville d'Anjou (Québec) HIM 3M4 Tél.: (514) 352-9848 EXCELSIOR PAPETERIE INC.Place Bonaventure, Niveau Métro Montréal (Québec) H5A 1 A3 Tél : (514) 393-1911 Fax: (514) 393-8232 © © © re pour gerer VOS 1.Plastique rigide U.2.Section personnelle 12.3.Calendrier par mois (3 ans) 13.4.Planificateur semaine 14.5.Aujourd’hui 15.6.Comptes 16.7.Planification de projets 17.8.Notes (blanc) 18.9.Notes (jaune) 19.10.Notes (bleu) 20.Nous vous invitons à venir voir nos produits chez les détaillants suivants: LIBRAIRIE LANDRY 329, Duvernay Beloeil (Québec) J3G 5S8 Tél.: (514) 464-1072 Fax: (514) 464-5362 LIBRAIRIE CITATION 7400, boul.Taschereau Brossard (Québec) J4W 1M9 Tél.: (514) 465-0460 Fax: (514) 465-0642 RUBANCO 755, boul.Ste-Foy Longueuil (Québec) J4J 1Z4 Tél : (514) 670-4390 Fax: (514) 670-6000 ARTICLES DE BUREAU SPÉCIALISTE DU STYLO LIBRAIRIE DEMARC PRODUITS DE ST-EUSTACHE INC.170, boul.Sauvé St-Eustache (Québec) J7R 2H9 Tél.: (514) 472-2220 Fax:(514)472-1848 2700, boul.Laurier Place Laurier, Ste-Foy (Québec) J1V2L8 Tél.: (418) 651-7504 Fax:(418)651-4316 1691, rue Fleury Est Montréal (Québec) H2C 1 Tl Tél.: (514) 384-9920 Fax: (514) 384-4377 BUREAU MTC 124 A Notre-Dame Oko (Québec) JON 1E0 Tél.: (514) 479-6500 Fax: (514) 479-1802 EXCELSIOR PAPETERIE INC.1454, Notre-Dame Lachine (Québec) H8S 2E1 Tél.: (514) 637-2555 Fax:(514)637-2557 RUBANCO 135, St-Charles Longueuil (Québec) J4H 1C5 Tél.: (514) 679-3220 Fax: (514) 679-3227 PAPIER MAX 1700, chemin du Fer à Cheval Ste-Julie (Québec) JOL 2CO Tél.: (514) 649-9766 Fax: (514) 649-9793 BARBOUILLE RIE PLUS 5959, boul.Cousineau St-Hubert (Québec) J3Y 7R9 Tél.: (514) 926-1001 Fox: (514) 926-1009 LIBRAIRIE DIMENSION 1500, Atwater Plaza Alexis Nihon Montréal (Québec) H3Z1X5 Tél.: (514) 653-1881 Fax: (514) 653-6956 *t ECONOMIE Le Devoir, mercredi 11 novembre 1992 ROBIC ASENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION OU DROITS K PROPRIETE WTELLECmUf ah aJinpHh 55.SI-Jacques.Monlrâal OC H2Y 3X2 Fa> (514) Ô45-7874 Tél : (514) 96 R O I I C Dunkel se rendra à Bruxelles et Washington pour tenter de sauver l’Uruguay Round GENÈVE (Reuter) — Le Conseil du GATT a demandé hier à son directeur général, Arthur Dunkel, de se rendre à Washington et Bruxelles pour tenter de sauver les négociations commerciales de l’Uruguay Round.Alors que les menaces d’une guerre commerciale transatlantique se précisent, les 108 pays participant à l’Uruguay Round se sont réunis de toute urgence dans le cadre du Comité des négociations commerciales (TNC), organe suprême de l’Uruguay Round.À l’issue de cette réunion, Arthur Dunkel a annoncé avoir été investi d’une mission de bons offices directement auprès des États-Unis et de la Communauté européenne pour sauver ces négociations, jugées vitales pour l’avenir de l’économie mondiale.« Des conflits commerciaux non résolus et croissants menacent l'existence même du système d’échanges multilatéraux, véritable socle des efforts menés actuellement dans le cadre de l’Uruguay Round», a précisé le directeur général du GATT dans un communiqué.Dans les milieux diplomatiques on explique qu’Arthur Dunkel rencontrera les autorités américaines et européennes pour tenter d’obtenir leur coopération afin de relancer des négociations multilatérales à Genève.Le dir ecteur général ne cherchera pas à intervenir dans le contentieux sur les oléagineux, officiellement distinct des négociations.Tran Van Thinh, ambassadeur de la CEE, a confirmé que la mission d’Arthur Dunkel avait pour objectif de sortir l’Uruguay Round de l’impasse et non de régler le contentieux agricole entre Européens et Américains.« Ce n’est pas une mission de médiation.Il va à Washington et Bruxelles pour relancer le processus (de négociations) », a déclaré le diplomate à la presse après la réunion du TNC.« Ce n’est pas seulement l’(U-ruguay) Round mais l’ensemble du système qui pourrait exploser », a-t-il ajouté.Son action, ajoute-t-on, consistera à insister sur l’importance d’un accord sur la libéralisation du commerce international.Tran Van Thinh et le représentant adjoint au commerce américain Rufus Yerxa ont salué l’intervention d’Arthur Dunkel dans la crise actuelle.« Nous ne pouvons nous permettre une faillite de l’ensemble du système commercial mondial », a déclaré un porte-parole du GATT citant Rufus Yerxa.D’autres délégations ont manifesté leur irritation à voir qu’une dispute relativement mineure entre la CEE et les USA menace six ans de négociations pour l’élaboration d’un nouveau pacte commercial mondial.« Il ne s’agit pas simplement d’un accord bilatéral concernant une poignée d’agriculteurs des deux cotés de l’Atlantique », s’est exclamé l’ambassadeur brésilien Celso Amorim.À Bonn, le ministre allemand des Affaires étrangères, Klaus Kinkel, s’est dit confiant dans l’attitude de la France, qui devrait appuyer un compromis pour libéraliser le commerce mondial même si les agriculteurs de l’hexagone « envahissent les hotels de ville».« En résumé, (le président François) Mitterrand s’inquiète de l’invasion éventuelle des hôtels de ville par les paysans français.Nous devons le comprendre », a-t-il dit sur les ondes de Deutschlandfunk.« De l’autre côté, un compromis est nécessaire et la France devra finalement y adhérer.Je suis sur qu’elle le fera», a-t-il dit.) Les négociations de l’Uruguay Round, lancées en septembre 1986 sous les auspices du GATT, devaient à l’origine durer quatre ans mais sont bloquées depuis 1990 par le contentieux sur les subventions agricoles de la CEE.Les États-Unis ont menacé d’appliquer dès le 5 décembre des surtaxes de 200 % aux importations de certains produits européens pour une valeur de 300 millions $ US.La CVMQ s’en prend à des représentants de Globex Robert Dutrisac A LA SUITE de perquisitions massives effectuées en mai dernier, la Commission des valeurs mobilières du Québec vient de porter des accusations contre quatre représentants du Centre financier Globex, une firme de Montréal à la tête d’un vaste réseau occulte d’abris fiscaux en recherche-développement.MM.Denis Roy, de Saint-Jean-sur-Richelieu, Louis Catala, de Beacons-field, Marc Binette, de Terrebonne, et Michel Dion, de Brassard, sont accusés d’avoir vendu des « contrats d'investissement » au sens de Loi des valeurs mobilières sans l’approbation de la CVMQ.Ils devront répondre de ces accusations devant la Cour du Québec au début de l’année prochaine.Aucun des dirigeants de Globex ou de l’autre société impliquée, Produits financiers SERFI, n’a été ennuyé.« L’enquête se poursuit », a indiqué, hier, le porte-parole de la Commission, M.Marc Barrière.Ensemble, les quatre représentants de Globex, cette firme qui avait pignon sur la rue Sainte-Catherine à Westmount, doivent répondre de 44 chefs d’accusation concernant des placements totalisant 884 000 $.La prise est bien mince compte tenu de l’ampleur du réseau.Selon les informations obtenues par LE DEVOIR, Globex et des sociétés affiliées ont vendu pendant plusieurs années, à l’insu de la CVMQ, des parts dans des dizaines de sociétés en nom collectif de recherche-développement.Ces sociétés de recherche, qui promettent d’alléchantes déductions et crédits fiscaux, ont recueilli des centaines de millions auprès de petits investisseurs.Après des mois d’enquête, la CVMQ vient d'apercevoir la pointe de l’iceberg et entame des poursuites sur des placements dont la valeur globale ne dépasse pas le million.Plusieurs autres mois de patientes investigations seront sans doute nécessaires pour faire mieux que cette humble prise, moins de un million au regard de la centaine de millions en cause dans cette affaire.Dans ses quatre poursuites, la CVMQ n’a pu identifer qu'une poignée d'abris fiscaux en recherche-développement, quatre en tout qui portent les sigles suivants : P.O.R.T., A.D.P.E., C.S.I.et C.O.M.P.Ces placements illégaux au sens de la Loi sur les valeurs mobilières ont été faits à la fin de 1991 et au début de 1992.Coup d oeil boursier Or (New York-USS) Dollar canadien (US Cents) MonUéal-XXM TSE-300 Dow Jones (PC) Banque Royale Roland Guay La Banque Royale a le plaisir d’annoncer la nomination de monsieur Roland Guay au poste de premier vice-président.Services de détail, Québec.À ce titre, monsieur Guay est responsable de la prestation des Services aux particuliers, des Centres PME et agricoles ainsi que du réseau de guichets automatiques de la Banque.Natif de l>évis, M.Guay est entré à la Banque Royale en 1957.Il a d’abord oeuvré dans plusieurs succursales du Québec avant d’occuper les fonctions de vice-président, Services de détail pour l’Ouest du Québec.Nommé successivement vice-président, Rémunération et relations avec le personnel, puis vice-président du serv ice Dépôts et services, Secteur détail, au Siège social, il y devient, en 1990, premier vice-président, Services aux particuliers.La Banque Royale est un partenaire de premier plan du développement économique et viciai du Québec depuis plus d’un siècle.Elle y compte quelque 9 000 employés et y possède un actif de plus de 13 5 milliards.Le Vieux-Montréal a reçu 650 millions en investissements immobiliers depuis 4 ans Serge Truffaut L’ADDITION des investissements réalisés dans le Vieux-Montréal par la Société immobilière du patrimoine de Montréal (SIMPA) aux investissements consentis par le secteur privé au cours des quatre dernières années totalisent 650 millions $.Directeur général de la SIMPA, M.Clément Demers a soutenu, lors d’une conférence de presse, que les 105 millions $ investis depuis 1988 dans une douzaine de projets tant résidentiels que commerciaux par l’organisme dont il a la charge, avaient favorisé l’injection de 280 millions $ du privé.La rénovation d’édifices effectuée à la faveur de ces dépenses, et, plus précisément, les affaires que ces opérations ont provoquées permet à l’administration municipale de toucher ou percevoir des revenus fiscaux de 13,4 millions $ par année.De cette somme, les immeubles sur lesquels la SIMPA a imprimé ses empreintes engendrent des bénéfices fiscaux de 7,7 millions !, « soit 21 fois les recettes fiscales avant l’interven- tion de la SIMPA.» Pour la prochaine année d’opérations, la direction de cette société pa-ramunicipale entend concentrer bien des énergies à « la promotion du quartier en élaborant une campagne qui prendra en compte les avis des résidants, des commerçants et des autres utilisateurs du quartier », tout en s’efforçant de mettre l’accent sur les améliorations apportées ces dernières années à bien des services ou besoins comme le stationnement.À ce propos, M.Demers a souligné que 2400 places de stationnement avaient été créées au cours des dernières années.En ce qui a trait au plus spectaculaire des projets dans lequel cette société s’est impliquée, soit le Centre de commerce mondial, M.Demers a tenu à spécifier que jamais il n’avait été question que l’inventaire de 500 000 pieds carrés d’espaces proposés serve uniquement à des fins internationales.Selon les informations fournies par le directeur de la SIMPA, aucun des 250 centres qui existent dans le monde n’est occupé uniquement par des sociétés dont les opérations dites internationales sont la raison d’être.À Montréal, il avait été décidé dès le départ que l’ensemble des compagnies internationales monopoliseraient l’équivalent de 100 000 pieds carrés.Actuellement, le taux d’inoccupation est de 70 %.Sur une base mensuelle, l’absorption est de 7 à 8000 pieds.Paradoxalement, et selon maintes informations, la Chambre de commerce de Montréal, détentrice de la franchise Centre de commerce mondial, va emménager à la Place Ville-Marie.Du côté résidentiel, le prochain projet d’envergure, soit « Quai des écluses» dans la partie ouest du Vieux-Montréal, est en attente des permis nécessaires à la construction qui, selon le souhait émis par M.De-mers, devrait s’amorcer au printemps prochain.Lors du dernier exercice financier disponible, soit 1991, la SIMPA a enregistré un déficit de 357 000 $ contre un surplus de 88 000 $ lors de l’exercice antérieur.Au terme de cet exercice, l’actif de cette société était de près de 160 millions $ contre 115 millions $ l’année précédente.Les ventes baissent au Québec Baisse prévisible des taux allemands d’ici 1993 LE SERVICE des études économiques du Crédit commercial de France prédit une légère baisse des taux d’intérêt allemands d’ici la fin de l’année et une autre, plus importante, au printemps, apres les négociations salariales.« La maîtrise de l’inflation reste la priorité numéro un de la Bundesbank.Tant que la banque centrale allemande ne sera pas certaine qu’il n’y a plus aucun risque de ce coté là, il ne faut pas s’attendre à un geste significatif », a précisé une porte-parole, lors de la présentation du numéro d’octobre de la lettre mensuelle de la banque.La Bundesbank s’assurera que les augmentations salariales consenties lors des négociations du printemps n’auront pas de conséquences mécaniques sur révolution des prix.(Reuter) VITA LIT OTTAWA (PC) — Les ventes dans les magasins à rayons ont baissé au Québec au mois de septembre par rapport au même mois de l’an dernier pendant qu’elles progressaient partout ailleurs au Canada, a indiqué, hier, Statistique Canada.Dans La Belle Province, les ventes ont accusé une perte de 5 % à 182,1 millions !, tandis que sur le plan national, elles ont connu une hausse de 4,4% à 1,05 milliard$.En Colombie-Britannique, elles lle-du-Prlnce-Edouard 4,1 Nouvelle-Ecosse 33,4 Nouveau-Brunswick 23,3 Québec 182,1 Ontario 437,4 Manitoba 42,0 Saskatchewan 27,7 Alberta 115,3 Colombie-Britannique 166,1 ont enregistré la plus forte hausse — 11,5% à 166,1 millions $.Vancouver et Toronto ont connu les plus importants gains parmi les dix villes ou l’agence gouvernementale fait enquête — 8,1 % à 89,7 millions! à Vancouver et 2% à 169,4 millions! à Toronto.Les ventes étaient en baisse à Cal-gary (0,2%), à Edmonton (1 %), à llalifax-Dartmouth (3,4%), a Montréal (6,1 %), et à Québec (3,3 %).4,6 34,9 23,7 190.1 421,3 42,3 30,0 120,6 157.1 1 040,1 Canada 1 045,0 Sourcil Statistique Canada 7- Pour une meilleure santé, Cessez de fumer! JPC) Ventes des grands magasins PROVINCE Terre-Neuve Sept.'92 (millions) 14,3 S Août 92 (millions) 15,5$ GATT : les principaux points de discorde BRUXELLES (Reuter) — Voici les principaux points sur lesquels achoppent les discussions entre la CEE et les États-Unis concernant les subventions aux producteurs d’oléagineux : ¦ le conflit concerne un dossier qui officiellement ne fait pas partie des négociations du GATT mais qui entrave les négociations de l’Uruguay Round, actuellement dans sa septième année; ¦ Washington voit dans le règlement de ce vieux conflit un test de la crédibilité du GATT et de ses mécanismes de règlement des différends commerciaux; ¦ l’importance que donne Washington à cette question des oléagineux montre le poids politique de l’Association américaine de soja, qui représente environ 400 000 agriculteurs, surtout pendant une campagne électorale.Les discussions à Chicago avec la CEE ont échoué mardi dernier, le jour de l’élection présidentielle américaine; ¦ les États-Unis se sont plaints par deux fois au GATT des subventions communautaires aux producteurs d’oléagineux en raison des pertes de parts de marché qu’elles occasionnent, selon Washington, aux exportateurs de soja américains; ¦ depuis la première plainte des Etats-Unis au GATT en 1988, la production communautaire de colza, de tournesol et de soja pour la production d’huile de cuisine, de magarine et d’aliments pour animaux - a doublé à 12,5 millions de tonnes en 1991.Mais la CEE estime qu’elle reste un des principaux importateurs nets d’oléagineux, notamment de soja; ¦ des panels du GATT ont émis des décisions favorables aux États-Unis en janvier 1990 et en mars 1992 mais Washington dit que Bruxelles n’a toujours pas mis en oeuvre ces décisions; ¦ la CEE refuse qu’un arbitrage lui soit imposé et a proposé la création d’un groupe du travail pour résoudre le conflit, comme le prévoit l’article 28 du GATT.Ses conclusions seraient ensuite entérinées par le Conseil du GATT; ¦ les Etats-Unis estiment que les subventions européennes coûtent aux exportateurs d’oléagineux du reste du monde 2 milliards ! US par an sous la forme de pertes de marché à l’exportation.La CEE a proposé une compensation de 400 millions! US aux États-Unis et à neuf autres pays exportateurs d’oléagineux; ¦ Washington a annoncé jeudi dernier qu’à partir du 5 décembre des tarifs de 200 % seraient imposés sur 300 millions ! US d’importations en provenance de la CEÉ (surtout du vin blanc, de l’huile de colza et du gluten de blé); ¦ cette décision américaine survient après l’échec des négociations de Chicago en raison du refus de la CEE de s’engager à réduire sa production d’oléagineux; ¦ Washington demandait une réduc- tion de la production d’oléagineux de la CEE à 8,5 millions de tonnes par an contre 11 millions de tonnes en 1992; ¦ la CEE a estimé que cela dépasserait les réductions prévues dans le cadre de la réforme de la Politique agricole commune (PAC) — le maximum auquel la CEE peut consentir; ¦ la Fédération de l’Industrie de l’Huilerie de la Communauté européenne (FEDIOL) estime que la.CEE a déjà fait des concessions importantes aux Etats-Unis sur les subventions aux producteurs d’oléagineux et sur la production, meme si les deux panels du GATT n’ont pas fait de jugement sur ces points; ¦ une solution alternative avancée par la CEE d’une limitation des semences d’oléagineux a été rejetée par Washington parce qu’elle ne donnait aucune garantie sur les futurs niveaux de production.Les rendements dépendent en effet des conditions climatiques, des améliorations dans les variétés de grains et d’au- irpe fart purs • ¦ la CEE déclare qu’elle a réduit de manière importante ses subventions et que les agriculteurs américains ont perdu des parts de marché parce qu’ils ne sont pas compétitifs par rapport aux exportateurs de l’Amérique latine.Caria Hills attend l’Europe WASHINGTON (Reuter) - La déléguée américaine au Commerce extérieur, Caria Hills, a dit hier que les États-Unis attendaient que les dirigeants européens adoptent une position unifiée afin de reprendre les négociations commerciales sur le GATT.Dans des interviews diffusées hier, Caria Hills s’est déclarée ravie de la décision prise la veille par les ministres des Affaires étrangères de la Communauté européenne de reprendre les discussions pour éviter une guerre commerciale.Mais, a-t-elle ajouté, nous attendons que la CEE annonce qu’elle est parvenue à un consensus « afin de pouvoir nous mettre aux négociations ».Parallèlement, le département américain de l’Agriculture a divulgué hier une étude affirmant qu’une suppression des subventions françaises aux céréales et aux oléagineux et les réformes commerciales rendues possibles par une telle mesure permettraient à la France d’augmenter considérablement ses exportations de produits finis.La dette publique totale atteint 685 milliards $ Norman Dellsle de la Presse Canadienne QUEBEC — La dette du Canada, incluant celle des services parapu-blics, atteint 685 milliards !.Chaque famille québécoise est endettée de 73 336 ! à cet égard, a calculé Gilles Soucy, économiste principal du Mouvement Desjardins.Les solutions pour faire face à ce problème sont divergentes, a-t-on pu constater hier au colloque de la Chambre de commerce de Sainte-Foy sur les finances publiques.Pour Richard Le Hir, vice-président de l'Association des manufacturiers du Québec, il faut soumettre toutes les mesures gouvernementales à un test d’efficacité et supprimer celles qui sont inefficaces.Mais pour le président de la FTQ, le syndicaliste Fernand Daoust, il faut investir dans un vaste programme de travaux publics pour relancer l’économie, et abolir la TPS pour stimuler la consommation.L’économiste Gilles Soucy a tracé un portrait sombre des finances publiques au Québec, mais surtout au Canada où la dette atteint des proportions démesurées.La dette des Canadiens, qui atteint presque 700 milliards ! en comptant le paragouvernemental, augmente de 13 % par année depuis 12 ans, tandis que la moyenne du taux d’inflation n’est que de 5,5 %.Optimisme pour Noël LES DÉTAILLANTS sont optimistes pour les Fêtes.Selon un sondage mené par Samson Bélair Deloitte & Touche, 70 % d’entre eux s’attendent à une hausse des ventes au cours de cette période, par rapport à la période correspondante de 1991.Par contre, 20% des consommateurs entendent dépenser davantage durant les Fêtes.Des résultats médiocres conduiraient à d’autres mises à pied et à plusieurs fermetures.À cet effet, 29 % des répondants prévoient un gel des salaires pour 1993.Les causes de cette situation sont un ralentissement économique, une sous-évaluation du coût des programmes sociaux et l’inaction des gouvernements, a expliqué M.Soucy.Pour chaque dollar collecté par le gouvernement fédéral, 36 cents doivent être consacrés au service de la dette.Au gouvernement du Québec, le service de la dette accapare 15 cents pour chaque dollar, a calculé M.Soucy.« Il y a une incapacité de maintenir l’État dans les proportions qu’on lui avait données », a diagnostiqué Richard Le Hir.C’est pourquoi ce représentant du milieu des affaires propose que chaque mesure gouvernementale soit soumise à un test de compétitivité qui mesure sa valeur.M.Le Hir estime qu’il est impossible de maintenir l’universalité des programmes sociaux.Couper est, pour un gouvernement, « une mesure peu rentable au plan électoral».Il doute cependant de la capacité des politiciens d’agir ainsi.Mais Fernand Daoust, président de la centrale économique FTQ, croit plutôt que la priorité doit être d'intervenir contre le chômage.M.Daoust a proposé un plan en cinq points pour faire face à la situation.Il faut, a précisé le syndicaliste, mettre en place des mesures de concertation économique, mettre en place un vaste programme de travaux publics, abolir la TPS pour stimuler la consommation, maintenir les taux d’intérêt les plus bas possibles et lancer une vaste enquête sur la fiscalité.M.Daoust estime qu’on ne doit pas toucher aux programmes sociaux car ils permettent une redistribution des richesses en faveur des plus défavorisés de la société.Quant à la Chambre de commerce de Sainte-Foy, elle recommande un plan en 14 points qui comprend notamment une loi pour forcer les gouvernements à réduire leur déficit à zéro d’ici cinq ans et une vaste cure d’amaigrissement de l’État avec abolition de plusieurs ministères, une réduction du nombre de députés et l’abolition du Sénat fédéral.» Le Devoir, mercredi 11 novembre 1992 ¦ A-9 — -CS ECONOMIE Le Québec doit planifier son économie Ottawa n’aidera plus en fonction de la mondialisation Canadien International — Pierre Pettigrew Claude Turcotte LE QUÉBEC doit procéder à une seconde révolution tranquille pour s’ouvrir sur le monde et s’intégrer dans le vaste mouvement de restructuration qui bouleverse la planète depuis quelques années, soutient M.Pierre S.Pettigrew, en soulignant qu’une telle démarche implique des initiatives économiques hors Québec mieux planifiées et une redéfinition du partenariat entre l’État et les entreprises.Par exemple, selon M.Pettigrew, conférencier hier devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la Caisse de dépôt devrait désormais chercher à cibler les investissements qu’elle fait à l’étranger dans des réseaux et des infrastructures susceptibles de donner au Québec une meilleure prise dans le phénomène de la mondialisation.De la même façon, le conférencier avance qu’il faut concevoir les grappes industrielles dans un espace économique qui dépasse les frontières québécoises.« Je serais ravi, a-t-il dit, si le ministre Gérald Tremblay décidait d'aller plus souvent à Toronto.Il n’y a pas de grappe aérospatiale au Québec, mais il y en a une entre le Québec, l’Ontario et l’Alberta.La grappe pharmaceutique est à la fois au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique et au Massachusetts.Les industries de l’équipement de transport urbain du Québec et de l’Ontario pourront faire de grandes choses dans le monde si elles coopèrent et, dans ces secteurs, nous avons un bon départ avec les partenaires de Bombardier, UTDC, de llavilland au Canada et ses entreprises d’Irlande et de Belgique».Cette deuxième révolution tranquille nécessite aussi que l’État s’adapte.« 11 faut passer de l’État Obé-lix, présence musculaire, à l’État Astérix, présence cérébrale », argumente M.Pettigrew, en expliquant que le gouvernement n’est plus l’entrepreneur et le moteur du développement économique et qu’il doit maintenant devenir catalyseur et accompagnateur de ce développement, non seulement vis-à-vis le secteur privé, mais également à l’égard des régions.Selon lui, « trop de ministères sont devenus des institutions fossilisées, presque des États en eux-mêmes, qui par le biais d’une gestion verticale imposent leurs décisions prises » 4 d'après la Presse Canadienne LE GOUVERNEMENT fédéral a fait part de sa décision, hier, de ne plus venir en aide à la société aérienne Canadien International.« Nous croyons avoir fait notre part », a déclaré le ministre des Transports, Jean CorbeiL en rappelant qu’Ottawa avait acheté trois avions de la société-mère PWA, l’été dernier, pour les Forces armées.Les employés de Canadien avaient annoncé, au début de la journée, qu’ils pourraient investir une somme importante dans la compagnie, avec American Airlines, à la condition que le gouvernement fédéral garantisse un emprunt de 100 millions $.Les employés du transporteur de l’Ouest travaillent depuis plusieurs mois sur un montage financier initialement prévu à 450 millions $, mais pouvant atteindre 650 millions j>, comprenant ; une injection de 250 millions $ de la " part d’American Airlines et un support gouvernemental.; ' La députée conservatrice Bobbie ,.Sparrow a annoncé son intention de ,; soulever la question de la participa- ,, tion d’Ottawa dès la reprise de la ses-sion parlementaire, la semaine pro-,,; chaine.« Il faut absolument que le gouvernement fasse quelque chose, a-t-elle dit.Il y a un trop grand nombre „ d’emplois en jeu à Calgary et à Van- ,, couver.» À Victoria, le ministre des Finan- , ces de la Colombie-Britannique, Glen Clark, a demandé lui aussi à Ottawa de participer à la transaction.Il a tenu à préciser que la province,, n’augmentera pas son offre d’aide de ., 20 millions $ à Canadien, si le gouver-, nement fédéral ne fait rien.Bombardier, avec ses partenaires canadien et européens, est bien positionnée pour le défi économique.par des bureaucraties distantes à des réalités régionales qu’elles connaissent mal ».M.Pettigrew, qui est vice-président chez Samson Bélair-/Deloitte & Touche International, constate que le gouvernement québécois a suivi sa suggestion de remplacer les sommets socio-économiques par des exercices rigoureux de planification stratégique régionale.En outre, pour être dans le coup de la mondialisation, précise le conférencier, le Québec doit faire en sorte que Montréal ne soit pas seulement sa métropole, mais qu’elle redevienne une grande ville d’Amérique du Nord.« Si le Québec ne veut pas être condamné aux tâches et aux fonctions les moins nobles de la répartition du travail et de la production dans le monde, propose-t-il, un redéploiement industriel doit en changer la géographie.Sauf pour la Bill Clinton organisera un sommet économique secrétaire d’État James Baker dans ce domaine.M.Stephanopoulos n’a pas exclu celte éventualité, tout en déclarant qu’une telle spéculation était prématurée.LITTLE ROCK (AP) - Le prési-denl-élu Bill Clinton prévoit d’organiser fin novembre-début décembre un sommet de « deux-trois jours » regroupant les meilleurs spécialistes de l’économie pour faire le point de la crise et envisager des solutions.« Il y a beaucoup de signaux très troublants dans l’économie et je pense que c’était au coeur de l’élection », a-t-il déclaré lundi à Little Rock.« Je veux réunir quelques uns des experts les plus brillants, aux origines les plus diverses, leur parler de la gravite de la situation, voir quelles sbnt les options et rassembler le plus d’idées possible.» 1 Ses collaborateurs ont précisé que ce sommet aurait lieu peu après la fêle de Thanksgiving (Action de grâce-26 novembre) et reunirait des économistes, des syndicalistes et des professeurs.« Ce ne sera une réunion tri démocrate, ni républicaine, mais pratique », a déclaré son porte-parole George Stephanopoulos.Une idée qui plaisait à Sandra Shatter, économiste d’une société de prévisions de Philadelphie, pour laquelle « M.Clinton veut montrer qu’il veut être sur la même longueur d’onde que le monde des affaires».« 11 veut convaincre le pays, avant de convaincre le Congrès », relevait un collaborateur de M.Clinton.Son équipe de transition continue à Iravailler mais aucune nomination importante n’est attendue p ,r cette semaine.En outre, selon la Maison-Blanche, cette éqi ,>e n’a pas encore contacté l’admnistration Bush.M.Clinton, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a par ailleurs poursuivi ses •< prises de contact» avec plusieurs responsables internationaux, dont le chancelier allemand Helmut Kohl et le président du conseil israélien Yitzhak Rabin.Il compte continuer dans la semaine et téléphoner notamment à François Mitterrand.Avec M.Rabin, il s’est engagé à ce qu’il n’y ait « aucun ralentissement (lu processus de paix au Proche-Orient », tandis que des collaborateurs envisageaient un rôle pour l’ex- FAMINE EN AFRIQUE Faites parvenir votre contribution à: production de biens de haute technologie, Montréal ne peut plus s’engager dans les fonctions de fabrication et d’assemblage.Ces fonctions reviennent aux régions».Enfin, M.Pettigrew « fait le pari que les éléments de cette nouvelle révolution tranquille n’ont pas de portée constitutionnelle ».Il croit que tout cela est réalisable par le biais d’arrangements administratifs et d’initiatives législatives.« Avec un peu de vision, tout ceci est accessible a un leadership politique », affirme-t-il, tout en constatant cependant qu’un tel leadership est loin d’être évident à l’heure présente.Primo, il considère que le référendum sur la Constitution a été une entreprise « bidon et inutile ».Il trouve par ailleurs que le gouvernement a plutôt l’allure de « lthat Idéfix » en ayant toujours recours à la construction pour améliorer l’économie chancelante.« Au lendemain du référendum, avoue-t-il, j’ai été surpris de voir que les premiers ministres Mul-roney et Bourassa lançaient un programme de construction de routes pour relancer l’économie.Ça fait 35 ans au Québec qu’on fait de la construction chaque fois qu’on a un problème économique.Il serait temps qu’on pense à autre chose ».Quoi qu’il en soit, M.Pettigrew demeure optimiste et en arrive à penser que « le leadership viendra d’où il pourra », des milieux politiques ou économiques.Il s’en explique ainsi : « La mondialisation de l’économie rompt la coïncidence entre espaces politiques et économiques.L’État, institution politique, devient un intervenant économique majeur dans la concurrence industrielle et commerciale à l’échelle mondiale; l’entreprise, institution économique, joue un rôle politique fondamental dans la nouvelle géographie mondiale.D’où la nécessité de repenser et redéfinir le partenariat entre l’État et l’entreprise ».À son avis, le modèle québécois développé depuis les années 60, baptisé Québec Inc., qui a permis de doter des structures financières avec le Caisse de dépôt, le Mouvement Desjardins, etc, qui a permis aussi de dégager un consensus et de susciter l’émergence d’un entrepreneurship, donne au Québec « une génération d’avance » sur le Canada anglais, où une telle approche reste encore purement théorique.Le Québec peut néanmoins, prétend le conférencier, trouver facilement des alliés au Canada anglais au sein de certaines entreprises qui croient au modèle québécois.En revanche, M.Pettigrew considère que le Québec est en retard sur le Canada anglais sur le plan de sa structure économique, qui s’appuie encore beaucoup sur les ressources naturelles.Donohue change son offre pour plaire aux gros investisseurs Robert Dutrisac RÉAGISSANT à la grogne des actionnaires institutionnels, Donohue a modifié, hier, l’offre subtile et complexe de conversion de ses titres qui augmente fortement l’emprise de Québécor sur la papetière.Dans l’avis de modification de son offre envoyé à ses actionnaires, Donohue réduit sensiblement la part du lion que s’arrogeait Québécor à la faveur de cette transaction.« Nous avons rencontré dix de nos actionnaires institutionnels et tenu compte de leurs perceptions », a fait valoir au cours d’un entrevue, hier, M.Daniel Paillé, cet ancien premier vice-président de la Caisse de dépôt qui est passé de l’autre côté de la barrière en se joignant au holding Québécor à titre de vice-président principal.Hier, la porte-parole de la Caisse dépôt et placement du Québec, Mme Suzanne Brochu, indiquait que l’institution donnera son aval à cette offre modifiée, fruit des négociations avec la dizaine d’actionnaires institutionnels qui détiennent 12 des 14,8 millions d’actions de Donohue que ne possède pas Mircor, le holding chapeautant Donohue et contrôlé par Québécor.Le public, avec près de 15 millions de titres, dispose de 46 % des droits de vote de la compagnie et Mircor, du reste.Sans l’assentiment de ces gros actionnaires, l’offre, qui est prolongée jusqu’au 20 novembre prochain, ne pouvait qu’échouer.Cette « fine dentelle » financière a pour objet premier de racheter la participation de 49% qu’une filiale de l’empire volatilisé de Robert Maxwell, MG N, détient dans Mircor.Cet exemple de haute voltige financière qui porte la griffe de Daniel Paillé s’éloigne toutefois quelque peu de l’a- it dage cher à Pierre Péladeau : KISS» pour « Keep it simple, stupid».Dans un premier temps, Québécor a négocié avec les Anglais de MG N le rachat de l’essentiel de leur participation dans Mircor contre 80% de sa valeur en actions de Donohue, a expliqué M.Paillé.Dans un deuxième temps, Québécor a demandé à tous les actionnaires (à une exception près, elle-même) de convertir leurs titres de catégorie B de Donohue, qui comportent chacun 20 droits de vole, en actions de catégorie A dotées chacune d’un seul’ droit de vote.En contrepartie, ces actionnaires se voyaient offrir pour chacune de leurs actions de catégorie B 1,13 action de catégorie A.« C’est un rendement de 12 % qu’aucun investis seur n’a contesté d’ailleurs », a sou— ligné M.Paillé.Au terme de cette offre qui a tout*;; de même provoqué les foudres de .'ft* investisseurs institutionnels, Que*;: becor, par l’entremise de Mircor, au*-" rait récolté 75 % des droits de vote ¦ ; de Donohue, contre 54 % à l’heure actuelle, et éventuellement plus de 85%.« Trop, c’est trop », ont entonné en : choeur les investisseurs institution- ’ j nels dont la Caisse de dépôt, Jaris-;| lowsky Fraser et Allenvest Group.Québécor a donc remis sur le mé- ; 1 tier son ouvrage.Le holding goûte I maintenant à la médecine qu’il pré- :1 conise en convertissant 70 % de ses .actions de contrôle en actions de ca- i tégorie A.Au terme de l’offre modifiée et de rémission de 6 millions d’actions de catégorie A qui suivra immédiatement, Québécor verra son contrôle sur Donohue s’établir à 65 % ! par rapport à une mise s’élevant à!' 22% du capital de la papetière.-il S6.VI Sherbrooke est, Montréal (QO.HIN IM m (SH) 257-8711 (I n rr\« il tnipôf *ou* vra rrotn* Mir drmandr) Message impartant pour les parents La nouvelle Prestation fiscale pour enfants entrera en vigueur en |anvier 1993 Voici de quoi il s'agit La Prestation fiscale pour enfants regroupera, en un seul versement mensuel non imposable, les allocations familiales fédérales et les crédits d'impôt présentement en vigueur.De plus, les familles de travailleurs à faibles revenus toucheront un nouveau supplément par la même occasion.En vertu de ce programme, les sommes destinées aux enfants augmenteront de 2,1 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années.Ces fonds viseront à aider les familles selon leur besoin.D'ailleurs, la plupart d'entre elles recevront plus d'argent que maintenant.Un programme plus avantageux La Prestation fiscale pour enfants est plus juste et plus simple que le programme actuel.Son objectif premier est de faire parvenir les sommes aux familles à faibles et moyens revenus, dans les meilleurs délais possibles.De plus, • les versements mensuels sont non imposables; • les prestations étant versées chaque mois, les parents n'ont plus besoin d'attendre à la fin de l'année pour réclamer leurs crédits d'impôt pour enfants ; • les prestataires n'auront pas à soumettre une demande chaque année : le montant des prestations sera automatiquement calculé à partir de leur déclaration d'impôt annuelle; • un rajustement des prestations sera effectué rapidement dès qu'un changement surviendra dans la famille, à la naissance d'un enfant par exemple.Que faire pour en profiter ?Surveillez votre courrier.Un envoi spécial est présentement acheminé aux personnes qui touchent des allocations familiales.Veuillez lire l'information attentivement.Vous y apprendrez comment la prestation est calculée et quelle somme touchera votre famille si elle y est admissible.Si l'envoi ne vous est pas parvenu d'ici la fin de novembre, veuillez composer, sans frais, le numéro 1 800 387-1 194.(Le service vous est offert en anglais au 1 800 387-1 1 93.) Les nouvelles prestations mensuelles seront versées à compter du mois de janvier 1 993.Pour demeurer admissible à la Prestation fiscale pour enfants, vous devrez soumettre votre déclaration d'impôt sur le revenu pour l'année 1 992.Le programme « Grandir ensemble La nouvelle Prestation fiscale pour enfants s’inscrit dans le cadre du programme « Grandir ensemble » du gouvernement fédéral.Elle constitue une étape déterminante pour l’avenir de nos enfants.Continuons à collaborer afin d’assurer un meilleur avenir à tous nos enfants.1*1 Gouvernement du Canada Government of Canada Canada J-es , enfants c’est important fr A-10 ¦ Le Devoir, mercredi 11 novembre 1992 EDITORIAL Du dépannage 24 heures sur 24 ?LE DÉBAT sur les heures d’ouverture des établissements commerciaux fait rage à nouveau.Cette fois, après une accalmie de deux ans, il concerne autant l’ouverture générale la nuit et le dimanche que — nouvel élément dans le décor — la vente nocturne d’alcool dans les dépanneurs.Sur ce dernier point, le bon sens et la consultation qui vient de prendre fin laissent entrevoir que le statu quo reste valable.Par contre, en ce qui touche le premier aspect, le plus litigieux, l’évolution de la situation semble autoriser une certaine libéralisation, toutefois mitigée et contrôlée.Contrairement à ce que souhaitent les lobbies des gros commerçants, le consensus ne permet pas encore que le nécessaire dépannage se transforme en liberté totale pour tous, 24 heures sur 24, sept jours par semaine et 365 jours par année.Le projet de loi 182, présenté il y a un an par le ministre de la Sécurité publique, permettait notamment la vente de bière et de vin 24 heures par jour, dans les dépanneurs et épiceries licenciées.Cette disposition soulevant les critiques de l’opposition parlementaire et des inquiétudes dans plusieurs milieux, M.Claude Ryan l’a laissa tomber en cours de route et demanda à la Régie des permis d’alcool de tenir des consultations publiques sur le sujet.Le ministre était sensible aux objections soulevées, dont les suivantes.La vente de bière et de vin en tout temps représente « une occasion de plus pour des gens de se mettre dans un état qui peut comporter des dangers pour la circulation routière ».De plus, le député-ministre d’Argenteuil craignait que, dans son comté comme à Hull et dans les autres régions frontalières, la circulation des assoiffés nocturnes prenne de l’ampleur, avec tous les risques inhérents à ce va-et-vient.Ces deux arguments sont revenus tout au long de la consultation que la Régie a tenue et qui doit faire l’objet d’un rapport au ministre avant la fin de l’année.La loi prévoit que la Régie doit tenir compte de l’intérêt public et de la tranquillité publique, en ce qui a trait aux heures d’exploitation d’un permis.Ces deux objectifs ne concordent pas avec une ouverture tous azimuts, quoi qu’en pense l’Association des détaillants en alimentation (ADA).Les règlements régissant la vente de bière et de vin au Québec sont déjà les plus libéraux qui soient au Canada.Pouvoir faire le plein d’alcool de 8 h à 23 h, tous les jours de la semaine, est amplement suffisant.Les services policiers, notamment celui de la CUM et de Hull, conjurent la Régie de ne pas céder aux pressions mercantiles.Ils font valoir deux raisons solides.À Montréal, par exemple, le seul fait de permettre l’ouverture des dépanneurs 24 heures par jour a donné lieu à une augmentation du nombre de vols qualifiés.D’autre part, l’extension des heures de vente d’alcool anéantirait tous les efforts faits à ce jour pour combattre les abus d’alcool.Les 32 Départements de santé communautaire du Québec sont, évidemment, du même avis.La vente d’alcool sans aucune restriction va à l’encontre de toute sagesse sociale, prend à contre-pied les politiques gouvernementales en matière de santé et ignore la volonté de la population.L’alcool est le produit le plus souvent banalisé, alors même qu’il est le dénominateur commun d’une multitude de problèmes sociaux, qui vont des accidents routiers à la violence, en passant par la toxicomanie.C’est durant Le compromis de 1990 sur les heures d'ouverture reste encore valable la nuit que la consommation devient impulsive.S’il devient plus facile de se procurer la « caisse de 24 » qui aide à terminer le party — plutôt que de rentrer chez soi parce qu’il n’y a plus de bière — les DSC prévoient une augmentation des accidents routiers graves, surtout chez les jeunes.Certains font valoir que la prévention et l’éducation sont préférables à la répression et à la contrainte.Il est quand même nécessaire que l’État intervienne pour assurer la sécurité du public.Il en est d’ailleurs conscient.Dans La politique de la santé et du bien-être, rendue publique en juin dernier, le ministre Côté faisait part d’un objectif ambitieux : d’ici dix ans, réduire de 15 % la consommation d’alcool.L’alcool demeure le psychotrope le plus répandu au Québec, lit-on dans ce document, et sa consommation est fréquemment associée à de graves problèmes : invalidité et mortalité, décès et blessures sur les routes, abus à l’endroit des enfants, inceste.Il serait à tout le moins incohérent, à la lumière de ces problèmes et de l’objectif ministériel, de faciliter davantage la consommation d’alcool.Ce qui, de plus, irait à l’encontre d’un autre objectif de M.Côté, visant à réduire de 20% la mortalité et la morbidité dues aux traumatismes sur la route.En voilà assez pour soutenir que le statu quo est de mise et ne brime en rien la liberté de qui que ce soit.Les voix les plus autorisées le disent clairement : l’extension des heures de vente ne profiterait, si l’on peut dire, qu’à une clientèle à risques déjà élevés, alors que le Québec se distingue tristement à cet égard.Personne n’a le droit de banaliser la vente d’alcool, reconnaît la Régie, avec une bonne majorité des personnes et groupes qui lui ont présenté des mémoires.Cette attitude sage et prudente s’impose dans les recommandations que la Régie s’apprête à présenter au ministre Ryan.Quant à la loi 75 de 1990 sur les heures et les jours d’admission dans les établissements commerciaux, elle constituait un compromis honorable.Comme tout exercice du genre, elle n’a satisfait personne tout à fait.Et, depuis deux ans, les grands magasins ont repris l’offensive pour lever toute contrainte quant aux heures d’ouverture.Qu’en penser ?À l’évidence, la situation a évolué et il faut en tenir compte.Ainsi, le commerce outre-frontières a pris une ampleur phénoménale, surtout à la suite de la mise en vigueur de la TPS.Les provinces voisines, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick, ont libéralisé les heures de commerce, ce qui augmente la concurrence pour les Québécois.Ceux-ci, de moins en moins rébarbatifs à l’ouverture des magasins le dimanche, s’adonnent de plus en plus au magasinage dominical.Quant aux travailleurs et à leurs syndicats, l’expérience menée depuis deux ans n’a pas été aussi désastreuse qu’ils le craignaient et, en conséquence, ils sont moins réfractaires à des heures encore plus longues.À la condition, normale, que leur qualité de vie soit respectée.Outre cet objectif important, la loi de 1990 visait à atteindre un certain équilibre entre l’équité due aux commerçants et la satisfaction des besoins des consommateurs.Cet équilibre serait-il mieux atteint avec plus d’heures d’ouverture, semaine et dimanche ?Grandes surfaces et centres commerciaux le prétendent.Mais cela ne semble pas faire consensus, notamment chez les détaillants en alimentation.De cela aussi le gouvernement doit tenir compte, même si le lobby des grandes chaînes se fait tenace et imposant.Qu’un commerce soit ouvert 24 heures par jour au lieu de 12 ou 15 heures ne donne pas plus d’argent au consommateur.Tout au plus a-t-il plus de « loisirs » à dépenser dans les magasins, avec le luxe de répartir autrement ses achats.Pour aider les plus gros, le jeu en vaut-il la chandelle ?La relance de l’économie sur le dos des plus petits, notamment les dépanneurs, est-ce bien ce que les Québécois veulent, en fin de compte ?Pas sûr.GILLES LESAGE LETTRES AU DEVOIR Bravo .pas certain ! DANS votre édition du 2 novembre dernier, M.Léandre Faguy félicitait le groupe de citoyens « Contestention Portneuf Lotbinière » pour avoir obligé Hydro-Québee à modifier ses plans et faire passer sa ligne sous le fleuve.Cette « amélioration » coûte près de 130 millions $ à la collectivité québécoise.Cette information en tête, pouvons-nous douter du bien-fondé de cette « amélioration »?En ces temps où l'économie aurait bien besoin d’un investissement plus judicieux (lire utilisation d’une technologie japonaise) et la protection de l’environnement d’un coup de pouce plus sérieux, il m’apparaît qu’investir une telle somme pour un caprice d’impact visuel ne mérite pas un bien gros bravo.Si vous voulez vraiment améliorer les choses, monsieur Faguy, utilisez donc vos efforts et l’argent que vous pourrez arracher aux « méchants » promoteurs à la dépollution de ce Fleuve qui semble vous tenir tant à coeur.Vous mériterez alors vraiment un très gros bravo.Louis Bélanger Montréal, 2 novembre 1992 Discours creux AINSI, à en croire nos politiciens et nos gens d’affaires, il faut instruire plus de Québécois (ou de Canadiens, ça dépend du point de vue) sous peine d’être exclus du peloton de tête des pays industrialisés.Pourtant, voilà déjà neuf ans que j’oeuvre en milieu éducatif, à temps partiel et sur une base temporaire (ou contractuelle pour reprendre un terme cher aux gestionnaires), et qu’on me répète que l’embauche de nouveaux enseignants, de nouveaux professeurs et de nouveaux chercheurs ne fait pas partie des priorités budgétaires.Or, tout le problème est là.Tant que le modèle socio-économique dominant fera croire aux jeunes qu’il est plus important d’avoir sa « bagnole » que de poursuivre des études, le taux de fréquentation scolaire ira en diminuant.Tant que la société acceptera de payer un joueur de hockey ou de baseball à coup de millions de dollars plutôt que d’offrir aux diplômés des emplois décents, assortis de plans de carrière véritables, nous nous appauvrirons.Tant qu’un chauffeur d’autobus gagnera autant, sinon plus, qu’un enseignant de mathématiques ou qu’un jeune chercheur universitaire, nous n’irons nulle part.Tant qu’on nous présentera des gens comme Raymond Malenfant ou Marcel Outil (ce dernier affirmait, dans une publicité de la Banque Nationale, avoir eu la « chance de ne pas aller à l’université» !) pour modèle de réussite professionnelle au lieu de nous parler d’un Armand Frappier ou d’un Pierre Dansereau, nous vé géterons dans la médiocrité.Enfin, tant que les gouvernements préférerons subventionner des artistes, tels Céline Dion et Roch Voisine (il y en a plusieurs autres), sous le prétexte bassement mercantile que ces vedettes « vendent des disques », plutôt que de supporter financièrement de jeunes cerveaux qui ne demandent qu’à mettre en pratique des idées nouvelles et innovatrices, nous demeurerons médiocres.Notre déclin en tant que société plonge ses racines dans un substrat beaucoup plus profond que le simple terrain de l’école.L’éducation est un reflet de la société : on y retrouve donc les mêmes tendances, les bonnes comme les mauvaises.Or, c’est toute la conception du monde (la « Weltanschaung ») présentement à l’honneur en Occident, mais surtout en Amérique du Nord où la vision à court terme et l’appât du gain monétaire sont élevés au rang de vertus, qu’il faut repenser, pas seulement l’éducation.J’appelle de tous mes voeux la venue d’une personne, puissante, influente et fermement convaincue de l’importance de l’éducation pour une société.Quelqu’un qui n’aura pas peur de bousculer un certain « ordre » établi, qui profite à quelques-uns plutôt qu’au plus grand nombre.Ce jour-là, je serai heureux, comme beaucoup d’autres, de mettre l’épaule à la roue.Louis Pilon Ste-Thérèse, 4 novembre 1992 Des fuites nécessaires MAINTENANT que la poussière est retombée, trop vite pour que les vraies leçons soient tirées, il convient de parler du viol des secrets du gouvernement.Il s’agit bien sûr de la conversation de Mme Wilhelmy et des documents de Vactualité.On peut se retrancher dans deux attitudes opposées mais à très courte vue.La première consiste à se réjouir de façon partisane que l’impuissance de M.Bourassa aient éclaté au grand jour; la seconde condamnerait les hauts fonctionnaires, plus probablement les ministres, qui LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le lOjanvier 1910 Directrice : USE BISSOMNETTE Rédacteur en chef Bernard Descôteaux Directeur délégué i l'administration André Leclerc Rédacteur en chef adjoint Jean Francoeur Directeur de l'information Benoit Aubin Directeurs adjoints de l'information Pierre Beaulieu, Roch Côté Directeur des publications spéciales Guy Deshaies FAIS CE QUE DOIS ont laissé tomber dans le public ces informations.Le Québec ne possède aucune défense, ni politique ni juridique, contre Ottawa, à part la bonne volonté des individus sur laquelle on ne peut systématiquement compter.On trahit le Québec toutes les fois que l’on accepte la subordination de l’État québécois à Ottawa en des matières vitales, comme la langue, la culture, l’immigration.Ce sont les domaines que notre conscience politique désigne pour l’instant comme essentiels.On trahit le Québec quand l’on accepte de reconnaître les empiètements du fédéral sur les juridictions québécoises, quand on reconnaît le Canada Bill de 1982.Or l’« entente » de Charlottetown reconnaissait les empiètements passés d’Ottawa et subordonnait entièrement à Ottawa ces trois domaines jugés essentiels à leur survie par les Québécois : langue, culture, immigration.Ce n’est pas la déloyauté ni l’intérêt partisan qui sont les auteurs des fuites de septembre dernier mais la conscience patriotique de quelques inconnus qui ont placé au-dessus de tout l’amour et la défense du Québec.En d’autres termes, ceux qui ont révélé les secrets du gouvernement ont suppléé à la défaillance de M.Bourassa, et celui-ci devrait être le premier à les remercier de lui avoir évité, pour un temps du moins, le vent plus que froid de l’Histoire.Hubert Larocque Hull, 1er novembre 1992 Une certaine gêne MONSIEUR Côté, c’est avec une certaine gêne que beaucoup de femmes et quelques hommes voient votre gouvernement continuer à paralyser l’intégration des sages-femmes québécoises aux équipes de paranata-lité de nos hôpitaux.Nous savons que vous avez été très occupé ces derniers temps.Le leadership du Comité du OUI, la tentative de forcer le déménagement de l’Hôtel-Dieu de Montréal vers des propriétés sur lesquelles certains voiles restent à être levés, une certaine chasse aux sorcières dans les rangs du Parti libéral.tous ces dossiers semblent avoir retenu votre attention, alors que l’expertise et l’attention bien particulière que réclament les mères continuent à être contrées par l’inertie de votre ministère.Pourtant, il y a plus de quinze ans que les femmes d’ici réclament les services des sages-femmes et la fin de la guerre d’usure que leur mènent certains intérêts corporatistes.Il y a trois ans que vous affirmez que ce dossier est « une de vos priorités ».Promesse électorale ?Allons-nous devoir comprendre que, dans ce domaine aussi, votre gouvernement « s’est écrasé » face aux privilèges des puissants ?Vous ne nous faites pas honneur, monsieur.Martin Dufresne Montréal, 3 novembre 1992 i 'ftEUÉOLJTRH M - E LTSÎ1Œ.¦* Sîï\ kbTT3K ' à TKEWTE btfUSl Ariane Émond Pol la magnifique J} AI TROP tardé à aller la voir et le temps se fait rare maintenant.J’ai trop reporté le moment de me réserver cette Joie, incandescente qui, soir après soir, embrase la petite salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d’Aujourd’hui.Jeudi dernier, j’étais là pour voir, seule en scène, une actrice magnifiquement vivante, irradier et contaminer de son énergie un public ravi.EUe, c’est Pol Pelletier, une actrice comme on n’en fait plus, sans bon sens.Une comédienne qui chante, qui danse, qui s’entraîne trois heures par jour et qui sait raconter comme on aime se faire raconter.« Je m’ennuie des chants d’espoir », dit-elle, au cours du spectacle.Et nous donc ! Ça tombe bien, en voici un magistral.Avec un humour terrible et une fièvre totale, elle nous captive avec une histoire, la sienne, mariée à celle du théâtre et à celle des années 80 « où nous avons cessé d’expérimenter », dit-elle.Bouleversant, sans complaisance, son récit fleuve coule torrentiel, comme une musique envoûtante dont on ne veut pas perdre un mot, une note, un son, qu’il soit français, anglais ou espagnol, balancé au rythme d’une samba, d’un tango ou d’une danse à claquettes ! Mais, si Pol Pelletier est si belle à voir, si stimulante à écouter dans ce dernier spectacle qu’elle vient offrir après sept ans de silence, c’est parce qu’elle livre avec son corps, sa voix, son intelligence dissonante une des plus belles lettres d’amour au théâtre et aux risques de ce métier, vieux et neuf comme le monde.Vous ne connaissiez pas Pol Pelletier ?Tant mieux, vous serez moins mal pris à trier tout ce qu’on raconte sur elle.Son spectacle qui prend fin dimanche, Joie, elle chantera, elle dansera et elle rira beaucoup est, je le crois, l’événement théâtral en cours actuellement.Le plus inattendu, le plus énergisant.Personne n’en parle de cette manière dans les médias, mais le public lui, soir après soir depuis un mois, remplit inlassablement la salle, rit, pleure et crie bravo ! Fit, la plupart du temps, il repart sous le coup du charme, plus heureux, comme réconforté.Pol Pelletier nous refile une boule de chaleur au ventre pour éviter que nous ne prenions froid en rentrant à la maison.Quand cela vous est-il arrivé la dernière fois ?Toute la richesse de la production tient à celle qui est debout devant, sans décor sinon une passerelle, sans accessoires sinon une bougie, un mouchoir et une converture.Sans clinquant, jamais.Fit, sous nos yeux ébahis, c’est pourtant la fête les trois quarts du temps.Dès les premiers instants, elle nous attrape le coeur à travers le regard, le retourne à l’envers et fait de nous ce qu’elle veut.On ne résiste pas longtemps et on va jouer dans sa cour, on remonte avec elle le fil de sa mémoire et de cette époque, devenue si terne et désenchantée.Fit, sans relâche, le public fait ce qu’il fait toujours quand il aime : il le dit, aux amis, aux parents, aux collègues qui, le soir suivant, s’installent à leur tour dans la petite salle dépouillée et pourtant si habitée, devant une actrice au sommet de sa forme et de son art.Quand j’ai racheté des billets pour les offrir, on m’a dit : « Vous savez, il y a des gens qui sont venus deux, trois fois.Comme au cinéma.» Et cela, bien malgré les critiques souvent réductrices qui, dès le départ, ont étalé leur tiédeur, leur peur, souvent, leurs préjugés envers celle qui fut longtemps, indûment et injustement, perçue comme une féministe sectaire.Elle fut plutôt et sans relâche, ce qui n’est pas de tout repos, libre-penseuse et féministe discordante, amoureuse du changement, empêcheuse de jouer en rond, passionnée par la recherche et le travail bien fait, nécessaire.Le théâtre de consommation, vite écrit, vite monté, vite digéré, vite oublié, la déprime toujours.Parce qu’il ne laisse pas de traces, qu’il n’aide pas à mieux vivre, ni à être plus heureux.« Mais, il y a moyen de faire autrement, nous l’avons déjà fait, nous nous sommes fatigués.Les transformations, c’est fatigant ».DE NOS JOURS, les gens du métier sont réticents à recevoir pareilles observations.Mais, Pol Pelletier ne juge pas, elle prend position, pour elle-même.Les acteurs auraient tort de ne pas se payer la traite, de ne pas faire confiance à celle-là qui leur propose un hymne torride à leur passion de jouer et à leur quête d’amour.« Je suis une infirme de l’amour », dit-elle en bout de pièce.Quel acteur n’a pas rêvé de faire pareil aveu.Joie, c’est aussi une sorte de leçon d’histoire sur les à-côtés du métier d’hier et d’aujourd’hui, un regard cru et hilarant sur les hauts et les bas des créations collectives, sur les sensibilités écorchées, les égos omniprésents, le manque de courage parfois.On assiste à des engueulades, des déprimes, des déchirures, mais aussi à des soirs de magie ou de triomphe qu’on avait ratés peut-être.On rit à gorge déployée des maladresses, des tics, des tâtonnements, « des boules, des sacs et des noeuds » qui ont jalonné l’entrée en force des femmes au théâtre dans les années 70.Et on sourit au malaise et à la joie de l’entrée des acteurs dans les pièces féministes.Pol Pelletier, là-dessus, a été pionnière.« L’absence d’hommes au théâtre, c’est comme l’absence de Dieu.Ça crée le non-sens », dit-elle dans un sourire.Dommage que les critiques aient refroidi l’envie des hommes de venir au Théâtre d’Aujourd’hui, eux qui sont déjà souvent si mal à l’aise de se pointer à des shows de femmes.Osez, beaux messieurs, vous risquez d’être conquis.Mon amoureux, aussi, était réticent.Jeudi dernier, il retrouvait cette empathie jubilatoire qui en avait fait jadis un complice empressé du féminisme.Quand l’actrice laisse tomber cette évidence qu’on oublie trop souvent : « On a fait cette révolution parce que les hommes n’aimaient pas les femmes.Vous n’allez pas vous mettre à nous aimer moins ?» Un frisson parcourt la salle et l’homme assis à mes côtés.Mis à part son engagement et son enthousiasme, Pol Pelletier est une sorte de diamant brut de sa profession qui ne sait pas toujours trop quoi faire de ses facettes et de ses éclats.C’est une immense actrice, comme on le répète souvent.On a encore rien dit quand on a dit ça.Je regrette d’arriver si tard avec cette chronique.C’est une lettre d’un lecteur (merci M.Serge Thibodeau, de Québec), parue dans ces pages jeudi dernier, qui m’a secouée de ma torpeur et m’a fait rendre compte que j’étais en train de passer à côté d’un de ces moments bénis que la culture distille parfois.Si la salle n’avait déjà été louée pour le F'estival du Théâtre à risques, Joie aurait sans doute pu durer et durer encore un long moment, même s’il a obtenu trois prolongations déjà.Il quittera l’affiche du Théâtre d’Aujourd’hui ce dimanche.Hâtez-vous.Vous m’en donnerez des nouvelles.Qui le reprendra après à Montréal, Québec, Sherbrooke ou ailleurs ?Ne sommes-nous pas prêts pour encore plus de Joie ?Nos excuses ’V\ Une fâcheuse distraction nous a fait coiffer du titre Bonne chance, M.Ryan la libre opinion de M.Gérald Raymond, publiée dans cette page, hier, sous la forme d’une lettre ouverte à la nouvelle ministre de l’Éducation, Mme Lucienne Robillard.Nos excuses à l’ancien ministre de l’Éducation, à Mme Robil-lard et, surtout, à l’auteur qui terminait pourtant sa lettre en écrivant ;« Bonne chance, monsieur le ministr », référant sans doute à l’avant-dernier ministre de l’Éducation, Michel Pagé.4
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.